Vue normale

Stellantis Fastlane 2030 : les grandes lignes du plan produit

21 mai 2026 à 19:09
Le nouvel ordre Stellantis. Allo, Abarth ?

STLA One, l’arme miracle de la rentabilité ?

C’est une architecture de véhicule modulaire conçue pour accueillir plusieurs motorisations et gabarits de véhicule. STLA One repose sur une architecture évolutive dotée d’interfaces communes, visant à réduire la complexité, accélérer les cycles de développement (de 44 à 24 mois en moyenne) et atteindre une rentabilité de 20 %, grâce à une modularité intégrée dès la conception et à de nouveaux choix de batteries. La STLA One prend donc la place des STLA Small et Medium précédemment édifiées.

D’ici 2030, l’entreprise ambitionne de réaliser 50 % de ses volumes sur trois plateformes mondiales, avec jusqu’à 70 % de réutilisation des composants. Cette approche vise à raccourcir les délais de mise sur le marché, renforcer la stabilité de la chaine d’approvisionnement fournisseurs et améliorer la performance économique globale. Mais attention à la politique trop poussé de clonage…

STLA One couvre les segments B, C et D grâce à une architecture modulaire conçue dès l’origine avec une conception spécifique par type d’énergie.  Elle sera la première plateforme Stellantis prévue pour intégrer STLA Brain, le STLA SmartCockpit et la technologie de steer-by-wire. Là aussi, il faut attendre pour en savoir plus sur le contenu technologique.

Marques américaines : un effort massif 

Stellantis met le paquet sur le marché nord-américain, qui représente une part importante de ses ventes (1,5 million d’unités) et surtout 40% de ses profits. D’ici 2030, 23 lancements sont prévus, pour couvrir 90% du marché. Trois plateformes vont structurer l’offre, dont une inédite REEV à prolongation d’autonomie.  

Dodge : on pourrait résumer la formule à “back to basics”, en recentrant la marque sur la performance à l’état pur. Aux Durango et Charger s’ajouteront un nouveau GLH et une muscle car « mid size”. Et si la Viper revenait ? 

Jeep : la situation solide de l’emblématique marque lui permet d’étendre sa gamme, qui doit s’élargir avec un Wrangler Scrambler et un véhicule électrique Recon.  

Ram va intensifier son identité sur les “pick up” avec un pick-up “mid size”, un truck grand gabarit avec prolongateur d’autonomie (REEV)et un grand SUV. Le RAM 1500 va également être décliner dans une gamme très puissante “Bumble Bee”, qui culminera avec une version SRT de 777CV disposant du fameux V8 5.7 Hemi. Ram ambitionne d’être le pionnier des “Muscle Truck”. 

Petite surprise, Stellantis n’a pas encore enterré Chrysler. La vénérable marque américaine vivote depuis quelques années sur son seul monospace Pacifica mais deux modèles sont prévus pour élargir l’offre sur le segment compact : une “Airflow” et une “Arrow”, qui sera déclinée en version Cross. Chrysler devient en quelque sorte le “Citroën” de Stellantis aux USA, avec un positionnement de plus en plus revendiqué vers l’entrée de gamme et des produits qui commenceront sous la barre des 30.000 dollars. 

Europe : la STLA One en première ligne 

A l’horizon 2030, Stellantis prévoit 25 nouveautés et 25 renouvellements, l’effort se concentrant surtout sur les segments A et B (23 modèles) et C (20 modèles). Les deux marques leader y sont Peugeot et Fiat, tandis que Opel, Citroën et Alfa Romeo ont le statut de marques “régionales”.  DS repasse sous la tutelle des chevrons, tandis  

La plateforme STLAOne sera le fer de lance de cette offensive produit, avec 6 modèles et un début dès 2027 pour un objectif d’un million d’unités d’ici 2030. Peugeot sera la première à étrenner cette STLA, suivie d’Opel (avec la nouvelle Corsa), Jeep et Alfa Romeo. 

Quant à FIAT et Citroën, elles seront mobilisées sur les “E-Car”, une plateforme électrique accessible qui doit permettre de proposer des modèles sous la barre des 15.000 euros. Dès 2028, ces véhicules devront être alignés sur le thermique en termes de prix, et cela va passer évidemment par des partenariats renforcés.  

FIAT : le constructeur turinois semble enfin sortir de la “monoculture 500” du passé et veut retrouver ses fondamentaux historiques : proposer des voitures familiales, populaires et variées. Fiat élargira son offre sur la “mobilité urbaine” avec une Quattrolino (une Topolino 4 portes) et même un tricycle (nostalgie de l’Ape ?). Une nouvelle 500 et une nouvelle Pandina sont aussi au programme, tandis que la Grande Panda verra l’arrivée d’un grand frère, le Grizzly, qui serait décliné en deux carrosseries SUV et Crossover coupé selon les marchés.  

PEUGEOT lancera 4 nouveautés basées sur la STLA One : deux BEV sur le segment B (dont la très attendue 208) et 3 nouveautés multi- énergies sur le segment C, dont un C-SUV et deux modèles “ conduite basse”. Au sommet de la gamme, un break de chasse est attendu, mais cette fois-ci sur une base Dongfeng. Les Peugeot chinoises seront bientôt une réalité… 

CITROEN : du côté des chevrons, la grosse annonce, c’est le retour confirmé de la 2CV en électrique. Surfant sur la vague nostalgique, et constatant le succès de la R5 et celui imminent de la Twingo, Stellantis veut aussi surfer sur ce revivalisme électrifié. Pour l’instant, un petit teaser a laissé deviner dans la pénombre une voiture dont la silhouette rappelle évidemment sa célèbre aïeule.  

Autres marques italiennes : il est urgent d’attendre

Alfa Romeo, Lancia et Maserati sont trois marques historiques, à forte valeur émotionnelle, mais dont la situation est fragile voire critique. Quant à Abarth, on l’a oublié visiblement. Et l’Investor Day d’aujourd’hui n’a sans doute pas rassuré les fans… 

Alfa Romeo : « More to come ». Donc pas grand chose à se mettre sous la dent. En 20 secondes, c’était plié…Le binôme Giulia/Stelvio, dont le renouvellement a été reporté , est attendue pour 2027-2028, mais ne figurait plus sur le visuel de la gamme. Deux autres nouveautés seulement sont au programme d’ici 2030 : un C-SUV, qui pourrait être le remplaçant du Tonale ou alors une sorte de crossover coupé typé sportif (un bref visuel a été aperçu) et un modèle spécial “Bottega Fuoriserie”, le second après la 33 Stradale. Et c’est tout.

Ceux qui espéraient le retour d’une Giulietta ou d’un coupé GTV peuvent retourner se coucher…Avec à peine plus de 70.000 ventes en 2025, le Biscione n’arrive pas à redécoller. Le Junior a été un “petit succès” qui s’essouffle déjà, le Tonale a mangé son pain blanc et les Stelvio et Giulia sont désormais des vieilles dames. Le Biscione n’est clairement plus une priorité du groupe, et son retrait des USA semble acté. Est-ce le prélude à une cession ? On murmure que BYD s’intéresse… 

Lancia : le SUV Gamma est attendu en fin d’année, suivi éventuellement de la Detla. Mais lors de la conférence, la vénérable marque turinoise n’a été mentionnée que pour rappeller sa mise sous tutelle de Fiat et sa marginalisation comme “marque de spécialitéé, une expression étrange. La relance du “Calice” ne donne pas les résultats escomptés, la nouvelle Ypsilon se vendant peu.  

Maserati : certes, deux modèles semblent enfin confirmés : le Levante et la Quattroporte devraient avoir une descendance, mais on ne sait rien sur les motorisations ou la plateforme. Nous restons dans les intentions, sans rien de concret. Le temps presse, car les usines Italiennes tournent au ralenti.

On en est à seulement 5 modèles fabriques par jour…à moins que Stellantis ne soit en train de finaliser une reprise ? Là aussi, la piste chinoise s’avance… 

Et puisque l’on parle de plan industriel, on a compris que les capacités de production allaient sans doute se renforcer au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ce qui laisse augurer de nouvelles délocalisations depuis l’Europe, où Stellantis prévoit de diminuer sa production de 800.000 unités…

L’article Stellantis Fastlane 2030 : les grandes lignes du plan produit est apparu en premier sur Le Blog Auto.

Stellantis dévoile son plan de relance « Fastlane 2030 »

21 mai 2026 à 15:01

Stellantisa annoncé jeudi son intention d’investir 60 milliards d’euros (69,7 milliards de dollars ) dans le cadre d’un nouveau plan stratégique quinquennal préparé par le PDG Antonio Filosa. Baptisé “FastLane 2030”, ce plan vise également des économies annuelles de 6 milliards d’euros d’ici 2028. 

L’objectif est de rétablir la confiance et de relancer l’entité sur des bases saines, après avoir liquidé durement en février l’héritage de Carlos Tavarès avec des charges exceptionnelles de 22 milliards qui ont plombé les finances et fait dévisser le titre en bourse. Autant dire que c’est quasiment un reset ! 

Plan produit et technologique ambitieux (pas pour toutes les marques)

Ce plan prévoit d’investir 36 milliards d’euros dans le vaste portefeuille de marques afin de lancer plus de 60 nouveaux véhicules ainsi que des mises à jour de 50 autres modèles, dont des véhicules tout électriques, hybrides et à moteur à combustion interne traditionnel. 

Les 24 milliards d’euros restants seront consacrés aux plateformes mondiales et aux nouvelles technologies. L’entreprise a annoncé en ce sens des partenariats stratégiques avec les géants Qualcomm et Wayve afin de développer la connectivité et la conduite autonome.

Le groupe table aussi sur une réduction sensible des coûts, non pas en rognant sur la qualité, mais en intensifiant la modularité des plateformes, raison d‘être notamment de la nouvelle STLA One destinée aux véhicules des segments A-B-C et fer de lance d’une bonne partie des nouveautés dévolues à l’Europe.

L’autre volet d’efficience, c’est en développant le “digital engineering” et le recours à IA de conception pour ramener de 44 à 24 mois en moyenne le temps de gestation d’un nouveau modèle.  Les ingénieurs ont-ils du souci à se faire ? ça commence déjà chez Opel…

America First

L’Amérique du Nord, qui représente 60% de ses ventes mondiales, est au cœur de la stratégie de relance du groupe, avec les plus importantes perspectives de croissance. Ce n’est pas un hasard si c’est depuis le siège américain à Auburn Hills, dans le  Michigan, que cet “Investors Day” a été présenté par Antonio Filosa.  

D’ici 2030, le marché nord-américain accueillera 23 lancements de produits, avec 11 nouveautés et 12 renouvellements. Aux États-Unis, l’augmentation de la production devrait permettre d’augmenter le taux d’utilisation des capacités de production de 80 % en 2030. Le groupe peut s’appuyer sur des marques fortes, Jeep, RAM, Dodge et tentera de revivifier Chrysler, dont la gamme est aujourd’hui restreinte au Pacifica. 

Réorganisation des marques : FIAT sauve l’honneur Italien

Un autre sujet, c’est la gestion des marques. 14 entités à repositionner, Là aussi, des évolutions sont actées.  

Stellantis s’appuie désormais sur quatre marques mondiales présentant le plus fort potentiel en termes de volume et de rentabilité : Jeep, Ram, Peugeot et FIAT. Ces marques, avec leur présence multirégionale, sont les premiers bénéficiaires des nouveaux programmes et technologies à vocation mondiale. 70 % des investissements dans les marques et les produits du plan leur seront consacrés,  ainsi qu’à Pro One, la Business Unit dédiée aux véhicules utilitaires de Stellantis. 

Les cinq marques régionales de l’entreprise – Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo – bénéficieront des mêmes programmes et technologies et doivent “accentuer leur différenciation” afin de mieux répondre aux attentes de leurs clients. Néanmoins, on a remarqué que le cas Alfa Romeo a été expédié en quelques secondes, signe d’un relatif désintérêt du groupe, sans grosse annonce produit particulière. Le retrait du marché US semble acté pour le Biscione. 

DS Automobiles et Lancia sont placées sous la tutelle respective de Citroën et FIAT, et développées en tant que “marques de spécialité”. C’est assez vague…et Abarth n’a même pas été évoquée. Le scorpion devrait peu à peu redevenir ce qu’il fut, c’est à dire une griffe sportive et non pas une marque à part entière.  

L’entreprise annonce vouloir aussi “renforcer l’avenir de Maserati”, en ajoutant deux nouveaux véhicules du segment E. Une feuille de route détaillée sera présentée à Modène en décembre 2026, mais les rumeurs vont bon train pour une reprise chinoise… 

Le plan industriel

Avec FaSTLAne 2030, Stellantis veut améliorer le taux d’utilisation des capacités de production de l’entreprise dans toutes les régions. Ceci sera rendu possible par l’augmentation des volumes liée à l’offensive produit, ainsi que par des actions locales ciblées. Les objectifs fixés sont de 80% en Amérique du Nord, une pleine capacité dans la zone Moyen Orient-Afrique et une capacité de production réduite en Europe, qui baisserait de 800 000 unités.

Tout cela devrait se faire via la reconversion de certains sites (comme à Poissy, en France) et par le développement de partenariats (comme à Madrid et Saragosse, en Espagne, et à Rennes, en France), tout en veillant à préserver les emplois industriels. Le taux d’utilisation des capacités de production passera ainsi de 60 % à 80 % en 2030. 

Partenariats renforcés, surtout avec la Chine

Concernant les partenariats, Stellantis veut renforcer ceux déjà en cours avec Leapmotor (détenue à 51 % par Stellantis)en s’appuyant sur leurs bases de fournisseurs respectives afin d’améliorer la compétitivité des coûts. Elles prévoient également de coopérer sur le plan industriel, notamment via le partage de capacités dans les usines de Madrid et de Saragosse (Espagne), conformément aux futures exigences du « Made-in-Europe ».  

Avec son partenaire historique Dongfeng, Stellantis ouvre une nouvelle ère de coopération au sein de la coentreprise DPCA, basée en Chine, afin de produire deux modèles Peugeot et deux modèles Jeep destinés aux marchés chinois et à d’autres régions. La nouveauté vient de la création d’une coentreprise européenne avec Dongfeng, détenue à 51 % par Stellantis, avec un démarrage prévu sur le site de Rennes (France). 

La Chine met un pied de plus en plus grand en Europe : Stellantis en a besoin à la fois pour remplir ses usines et bénéficier des apports technologiques. Par contre, l’inquiétude reste de mise en Italie, où beaucoup d’usines sont en sous-utilisation. Et ce ne sont pas les plans produits vaseux concernant Alfa et Maserati qui vont rassurer…

En partenariat avec Tata, l’entreprise veut renforcer sa compétitivité en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Afrique, ainsi qu’en Amérique du Sud, en s’appuyant sur des synergies dans les domaines de la production, de la chaine d’approvisionnement, des produits et des technologies. 

L’article Stellantis dévoile son plan de relance « Fastlane 2030 » est apparu en premier sur Le Blog Auto.

❌