☕️ ownCloud, Nextcloud… : les vols de données se multiplient, activez la double authentification
Dans un rapport pour Infostealers, la société spécialisée en cybersécurité Hudson Rock explique qu’un pirate est « en train de mettre aux enchères des données exfiltrées des portails de partage de fichiers d’environ 50 grandes entreprises mondiales ». Le pirate est entré dans des applications comme ShareFile, OwnCloud et Nextcloud qui permettent de stocker et partager des fichiers. Il n’avait plus qu’à se servir.
Le rapport explique que « ces défaillances catastrophiques de sécurité n’étaient pas le résultat d’exploitation de faille zero-day dans l’architecture de la plateforme, mais plutôt des suites d’infections malveillantes sur les appareils des employés, combiné à manque cruel de mise en place de l’authentification multi-facteurs (MFA) ».
Une des plateformes concernées, ownCloud, s’est fendue d’un billet de blog pour alerter ses utilisateurs. Elle rappelle qu’il ne s’agit pas d’une faille ni d’un piratage. Elle enjoint ses utilisateurs à activer la double authentification (ou authentification multi-facteurs) au plus vite si ce n’est pas déjà fait : « Des acteurs malveillants ont obtenu des identifiants utilisateurs via des logiciels malveillants de type infostealer installés sur les appareils des employés ». Sans double authentification, le pirate peut accéder au compte.
Ce rapport n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des manquements liés à la cybersécurité, mais il illustre bien les risques causés par un problème sur un compte. Si la double authentification n’est pas une protection absolue contre le piratage, c’est déjà une barrière de sécurité robuste et facile à mettre en œuvre, du moins si le service la propose.

La CNIL recommande évidemment d’utiliser l’authentification multifacteurs et va même plus loin. « En raison du grand nombre de violations intervenues l’an dernier [il était question de 2024, mais 2025 n’était pas mieux, ndlr] sur des bases de clients/prospects et usagers, la CNIL estime qu’un effort spécifique de sécurisation est nécessaire », expliquait-elle en avril dernier.
Ainsi, elle « renforcera dès 2026 sa politique de contrôle pour s’assurer de la mise en place de l’authentification multifacteur pour ces grandes bases de données. L’absence de cette mesure pourra justifier que soit initiée une procédure de sanction ».
Enfin, la Commission rappelle « que la mise en place d’une authentification multifacteur était déjà jugée en principe nécessaire au titre du RGPD pour des bases de données comprenant des données sensibles ou des données dont la violation exposerait les personnes à des risques importants (données bancaires et numéro de sécurité sociale notamment) ».