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Reçu — 3 juin 2026 Actualités numériques

Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

3 juin 2026 à 15:04
Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

3 juin 2026 à 15:04
Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

3 juin 2026 à 13:58
Une petite annonce qui coûte cher à Bruxelles
La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

Revers pour la Commission européenne et le règlement sur les marchés numériques (DMA). La Cour de justice de l’UE a en effet jugé que Meta n’était pas un contrôleur d’accès pour la Marketplace de Facebook. En revanche, l’institution confirme le statut du géant des réseaux sociaux pour Messenger.

Le 5 septembre 2023, la Commission européenne désignait les contrôleurs d’accès au titre du DMA, un club très fermé qui oblige les membres à respecter des règles contraignantes sur l’ouverture à la concurrence. Plusieurs critères ont été mis en place pour recevoir son rond de serviette : au moins 45 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’UE et au moins 10 000 utilisateurs professionnels par an dans l’UE au cours des trois derniers exercices ; réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 7,5 milliards d’euros durant les trois derniers exercices.

Au même titre qu’Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance et Microsoft, Meta a donc été désigné contrôleur d’accès. Six de ses activités étaient considérées comme des services de plateforme essentiels : Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Meta Ads et Marketplace.

« Étaient », car en avril 2025 la Commission déterminait que la plateforme de petites annonces en ligne ne devait plus faire partie des services essentiels contrôlés par le DMA. Meta avait demandé un réexamen de son service d’intermédiation en ligne en mars 2024, un pari gagnant : le régulateur européen a constaté que Marketplace comptait moins de 10 000 entreprises utilisatrices en 2024.

Des éléments « hypothétiques et incomplets »

Meta avait également introduit un recours auprès de la justice européenne pour annuler la décision prise par la Commission en septembre 2023 de qualifier Messenger et Marketplace comme points d’accès majeurs du DMA. L’entreprise a obtenu partiellement raison : la Cour de justice de l’UE annule la désignation de Meta comme contrôleur d’accès en ce qui concerne la Marketplace (PDF). En revanche, le groupe américain conserve ce statut pour Messenger.

La CJUE juge que la Commission a commis « une erreur de droit » : elle avait considéré qu’elle pouvait se fonder uniquement sur des données concernant les trois dernières années ayant précédé la désignation, sans tenir compte de modifications intervenues fin juillet 2023. Meta avait en effet limité le nombre d’annonces pouvant être publiées par utilisateur, ce qui entraînait la disparition du critère de Bruxelles pour identifier les entreprises utilisatrices.

Le tribunal a aussi constaté que la décision de la Commission était « insuffisamment motivée » : elle n’a en effet exposé « aucune analyse concrète de ces modifications », ni expliqué en quoi elles remettaient en cause ou confirmaient la qualification de Marketplace comme service d’intermédiation en ligne. « Les éléments invoqués dans la décision à cet égard demeurent notamment hypothétiques et incomplets », assène l’institution.

La Commission européenne se consolera en observant que la désignation de Messenger comme point d’accès majeur du DMA a été confirmée par la justice. Les arguments avancés par Meta n’étaient pas suffisamment étayés pour remettre en cause la qualification du service. L’entreprise peut toujours faire appel de cette décision.

La Marketplace de Facebook a fait l’objet d’une lourde sanction en novembre 2024 : la Commission avait infligé à Meta une amende de 798 millions d’euros pour pratiques abusives. Cette affaire n’avait cependant rien à voir avec le DMA, Meta ayant été condamnée pour infraction aux règles de l’Union européenne en matière de pratiques anticoncurrentielles. En avril 2025, l’entreprise a en revanche bien été sanctionnée pour violation du DMA, à hauteur de 500 millions d’euros, en l’occurrence sur le dossier des abonnements payants.

La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

3 juin 2026 à 13:58
Une petite annonce qui coûte cher à Bruxelles
La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

Revers pour la Commission européenne et le règlement sur les marchés numériques (DMA). La Cour de justice de l’UE a en effet jugé que Meta n’était pas un contrôleur d’accès pour la Marketplace de Facebook. En revanche, l’institution confirme le statut du géant des réseaux sociaux pour Messenger.

Le 5 septembre 2023, la Commission européenne désignait les contrôleurs d’accès au titre du DMA, un club très fermé qui oblige les membres à respecter des règles contraignantes sur l’ouverture à la concurrence. Plusieurs critères ont été mis en place pour recevoir son rond de serviette : au moins 45 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’UE et au moins 10 000 utilisateurs professionnels par an dans l’UE au cours des trois derniers exercices ; réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 7,5 milliards d’euros durant les trois derniers exercices.

Au même titre qu’Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance et Microsoft, Meta a donc été désigné contrôleur d’accès. Six de ses activités étaient considérées comme des services de plateforme essentiels : Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Meta Ads et Marketplace.

« Étaient », car en avril 2025 la Commission déterminait que la plateforme de petites annonces en ligne ne devait plus faire partie des services essentiels contrôlés par le DMA. Meta avait demandé un réexamen de son service d’intermédiation en ligne en mars 2024, un pari gagnant : le régulateur européen a constaté que Marketplace comptait moins de 10 000 entreprises utilisatrices en 2024.

Des éléments « hypothétiques et incomplets »

Meta avait également introduit un recours auprès de la justice européenne pour annuler la décision prise par la Commission en septembre 2023 de qualifier Messenger et Marketplace comme points d’accès majeurs du DMA. L’entreprise a obtenu partiellement raison : la Cour de justice de l’UE annule la désignation de Meta comme contrôleur d’accès en ce qui concerne la Marketplace (PDF). En revanche, le groupe américain conserve ce statut pour Messenger.

La CJUE juge que la Commission a commis « une erreur de droit » : elle avait considéré qu’elle pouvait se fonder uniquement sur des données concernant les trois dernières années ayant précédé la désignation, sans tenir compte de modifications intervenues fin juillet 2023. Meta avait en effet limité le nombre d’annonces pouvant être publiées par utilisateur, ce qui entraînait la disparition du critère de Bruxelles pour identifier les entreprises utilisatrices.

Le tribunal a aussi constaté que la décision de la Commission était « insuffisamment motivée » : elle n’a en effet exposé « aucune analyse concrète de ces modifications », ni expliqué en quoi elles remettaient en cause ou confirmaient la qualification de Marketplace comme service d’intermédiation en ligne. « Les éléments invoqués dans la décision à cet égard demeurent notamment hypothétiques et incomplets », assène l’institution.

La Commission européenne se consolera en observant que la désignation de Messenger comme point d’accès majeur du DMA a été confirmée par la justice. Les arguments avancés par Meta n’étaient pas suffisamment étayés pour remettre en cause la qualification du service. L’entreprise peut toujours faire appel de cette décision.

La Marketplace de Facebook a fait l’objet d’une lourde sanction en novembre 2024 : la Commission avait infligé à Meta une amende de 798 millions d’euros pour pratiques abusives. Cette affaire n’avait cependant rien à voir avec le DMA, Meta ayant été condamnée pour infraction aux règles de l’Union européenne en matière de pratiques anticoncurrentielles. En avril 2025, l’entreprise a en revanche bien été sanctionnée pour violation du DMA, à hauteur de 500 millions d’euros, en l’occurrence sur le dossier des abonnements payants.

Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

3 juin 2026 à 07:09
L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

3 juin 2026 à 07:09
L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

3 juin 2026 à 06:26
Windows 11 au régime sec
Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

Qualcomm a fait résonner les tambours et les trompettes pour annoncer la Snapdragon C, nouvelle puce qui va équiper des PC portables à partir de 300 dollars. L’entreprise n’est pas entrée dans les détails, mais Acer a quelques réponses.

Crise de la mémoire aidant, les constructeurs PC misent beaucoup sur les machines très haut de gamme, comme cela devrait être le cas du Surface Laptop Ultra de Microsoft équipé du nouveau « superchip » RTX Spark de NVIDIA. Il n’y en a cependant pas que pour le premium hors de prix. À l’autre bout du spectre tarifaire, Qualcomm positionne la Snapdragon C pour des PC sous Windows on Arm à partir de 300 petits dollars.

Au-delà de l’effet d’annonce, Qualcomm s’est fait très discret sur les composants et les capacités de cette nouvelle plateforme silicium. Si les premiers portables dotés de la Snapdragon C feront leur apparition dans le courant de l’année, on peut déjà avoir une idée de ce qui attendra les utilisateurs au budget serré.

Un PC Snapdragon C sous cloche

Sur son stand du Computex, Acer présente le premier portable équipé de cette fameuse puce. L’Aspire Go 15 (AG15-Q31P) est visible, uniquement sous cloche. Plusieurs médias ont cependant obtenu un accès privilégié à l’ordinateur. Pas suffisamment pour réaliser des benchmarks, mais assez pour se faire une meilleure idée de la machine.

Ce modèle peut ainsi embarquer « jusqu’à » 8 Go de mémoire vive LPDDR5X et 512 Go de stockage SSD, indique ainsi PC Mag. Pas vraiment de surprise côté stockage, sachant que le MacBook Neo — cible principale de Qualcomm ici — débute à 256 Go. L’enveloppe de RAM interroge en revanche : la formulation laisse entendre que des PC Snapdragon C pourraient tourner avec moins de 8 Go.

Une gageure avec un Windows 11 qui n’est pas spécialement connu pour sa sobriété. Officiellement, le système d’exploitation exige un minimum de 4 Go de RAM pour l’installation, ce qui ne veut pas dire que l’OS fonctionnera de manière satisfaisante avec si peu de mémoire. Jusqu’à présent, les PC fonctionnant sous Windows 11 sur Arm avec une puce Qualcomm (Snapdragon X) bénéficient d’un minimum de 16 Go de mémoire ; ce qui est, au passage, un des critères pour prétendre au statut de Copilot+.

Étrangement, le clavier de l’Aspire Go 15 intègre une touche Copilot, bien que la Snapdragon C n’ait pas été conçue pour prendre en charge toutes les fonctions d’IA en local de Microsoft. La puce embarque néanmoins son propre NPU, mais le composant n’offrira pas les 40 TOPS de base. La présence de cette touche est donc étonnante, à moins que l’éditeur de Windows ait revu ses prétentions à la baisse. Ou pousse tout simplement à une uniformisation des claviers Windows.

Des cœurs de smartphones

Qualcomm a précisé à Tom’s Hardware que le CPU de la Snapdragon C intégrait bien des cœurs Kryo « custom », une architecture déjà utilisée sur ses plateformes mobiles et sur plusieurs générations de puces PC Arm. Ce n’est pas une grande surprise : après tout, le MacBook Neo tourne avec une puce d’iPhone, en l’occurrence l’A18 Pro (6 cœurs CPU).

Image : Tom’s Hardware

Les 8 cœurs de la Snapdragon C affichent une fréquence d’horloge de 1,67 GHz en idle, avec une fréquence de base de 3,01 GHz selon le gestionnaire des tâches. Bizarrement, la puce est appelée Snapdragon 8c Gen 3.

Ce modèle n’existe pas officiellement, mais Qualcomm a bel et bien lancé une plateforme Snapdragon 8cx Gen 3 fin 2021. Il semble qu’il y ait eu un pataquès ici, l’entreprise ayant indiqué à nos confrères que ce n’était pas le nom de la puce.

Dans la série des Snapdragon 8, c’est de toute façon le bazar au niveau des références… Il y a aussi eu pour rappel un Snapdragon 8c en 2019 (avec huit cœurs Kryo 490) dont le but était de « redonner vie aux PC grand public », mais rien depuis sous cette dénomination.

Image : Tom’s Hardware

Châssis en plastique recyclé avec… un ventilateur

Toujours au chapitre des découvertes, la Snapdragon C de ce portable annonce 512 Ko de cache L1, 1,5 Mo de cache L2, 2 Mo de cache L3, soit moins que ce que l’on peut trouver dans des puces 8cx. Il pourrait là aussi s’agir d’une erreur ou de données provisoires. Le circuit graphique affiché est un Adreno 8c gen 3 (peut-être un nom temporaire) avec 1 Mo de mémoire dédiée et 3,9 Go de mémoire partagée.

Pour le reste, l’Aspire Go 15 propose un écran de 16,5 pouces (1 920 × 1 080) avec un ratio 16:9, une batterie d’une capacité de 53 Wh (Qualcomm promet une autonomie d’une journée), deux ports USB-C, un port USB-A, une sortie HDMI 1.4, un port jack, une webcam 1080p avec un cache, ainsi que la prise en charge du Wi-Fi 6E.

Le châssis est en plastique recyclé. Selon Tom’s Hardware, le portable « dispose d’un refroidissement actif avec un ventilateur niché sous les bouches d’extraction au bas de la machine ». C’est un point décevant, d’autant que le MacBook Neo est passif et qu’il existe aussi des portables sous Windows avec de (tout) petits CPU en version fanless.

En dehors d’Acer, HP et Lenovo vont également proposer des PC « à partir de » 300 dollars avec la puce Snapdragon C.

Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

3 juin 2026 à 06:26
Windows 11 au régime sec
Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

Qualcomm a fait résonner les tambours et les trompettes pour annoncer la Snapdragon C, nouvelle puce qui va équiper des PC portables à partir de 300 dollars. L’entreprise n’est pas entrée dans les détails, mais Acer a quelques réponses.

Crise de la mémoire aidant, les constructeurs PC misent beaucoup sur les machines très haut de gamme, comme cela devrait être le cas du Surface Laptop Ultra de Microsoft équipé du nouveau « superchip » RTX Spark de NVIDIA. Il n’y en a cependant pas que pour le premium hors de prix. À l’autre bout du spectre tarifaire, Qualcomm positionne la Snapdragon C pour des PC sous Windows on Arm à partir de 300 petits dollars.

Au-delà de l’effet d’annonce, Qualcomm s’est fait très discret sur les composants et les capacités de cette nouvelle plateforme silicium. Si les premiers portables dotés de la Snapdragon C feront leur apparition dans le courant de l’année, on peut déjà avoir une idée de ce qui attendra les utilisateurs au budget serré.

Un PC Snapdragon C sous cloche

Sur son stand du Computex, Acer présente le premier portable équipé de cette fameuse puce. L’Aspire Go 15 (AG15-Q31P) est visible, uniquement sous cloche. Plusieurs médias ont cependant obtenu un accès privilégié à l’ordinateur. Pas suffisamment pour réaliser des benchmarks, mais assez pour se faire une meilleure idée de la machine.

Ce modèle peut ainsi embarquer « jusqu’à » 8 Go de mémoire vive LPDDR5X et 512 Go de stockage SSD, indique ainsi PC Mag. Pas vraiment de surprise côté stockage, sachant que le MacBook Neo — cible principale de Qualcomm ici — débute à 256 Go. L’enveloppe de RAM interroge en revanche : la formulation laisse entendre que des PC Snapdragon C pourraient tourner avec moins de 8 Go.

Une gageure avec un Windows 11 qui n’est pas spécialement connu pour sa sobriété. Officiellement, le système d’exploitation exige un minimum de 4 Go de RAM pour l’installation, ce qui ne veut pas dire que l’OS fonctionnera de manière satisfaisante avec si peu de mémoire. Jusqu’à présent, les PC fonctionnant sous Windows 11 sur Arm avec une puce Qualcomm (Snapdragon X) bénéficient d’un minimum de 16 Go de mémoire ; ce qui est, au passage, un des critères pour prétendre au statut de Copilot+.

Étrangement, le clavier de l’Aspire Go 15 intègre une touche Copilot, bien que la Snapdragon C n’ait pas été conçue pour prendre en charge toutes les fonctions d’IA en local de Microsoft. La puce embarque néanmoins son propre NPU, mais le composant n’offrira pas les 40 TOPS de base. La présence de cette touche est donc étonnante, à moins que l’éditeur de Windows ait revu ses prétentions à la baisse. Ou pousse tout simplement à une uniformisation des claviers Windows.

Des cœurs de smartphones

Qualcomm a précisé à Tom’s Hardware que le CPU de la Snapdragon C intégrait bien des cœurs Kryo « custom », une architecture déjà utilisée sur ses plateformes mobiles et sur plusieurs générations de puces PC Arm. Ce n’est pas une grande surprise : après tout, le MacBook Neo tourne avec une puce d’iPhone, en l’occurrence l’A18 Pro (6 cœurs CPU).

Image : Tom’s Hardware

Les 8 cœurs de la Snapdragon C affichent une fréquence d’horloge de 1,67 GHz en idle, avec une fréquence de base de 3,01 GHz selon le gestionnaire des tâches. Bizarrement, la puce est appelée Snapdragon 8c Gen 3.

Ce modèle n’existe pas officiellement, mais Qualcomm a bel et bien lancé une plateforme Snapdragon 8cx Gen 3 fin 2021. Il semble qu’il y ait eu un pataquès ici, l’entreprise ayant indiqué à nos confrères que ce n’était pas le nom de la puce.

Dans la série des Snapdragon 8, c’est de toute façon le bazar au niveau des références… Il y a aussi eu pour rappel un Snapdragon 8c en 2019 (avec huit cœurs Kryo 490) dont le but était de « redonner vie aux PC grand public », mais rien depuis sous cette dénomination.

Image : Tom’s Hardware

Châssis en plastique recyclé avec… un ventilateur

Toujours au chapitre des découvertes, la Snapdragon C de ce portable annonce 512 Ko de cache L1, 1,5 Mo de cache L2, 2 Mo de cache L3, soit moins que ce que l’on peut trouver dans des puces 8cx. Il pourrait là aussi s’agir d’une erreur ou de données provisoires. Le circuit graphique affiché est un Adreno 8c gen 3 (peut-être un nom temporaire) avec 1 Mo de mémoire dédiée et 3,9 Go de mémoire partagée.

Pour le reste, l’Aspire Go 15 propose un écran de 16,5 pouces (1 920 × 1 080) avec un ratio 16:9, une batterie d’une capacité de 53 Wh (Qualcomm promet une autonomie d’une journée), deux ports USB-C, un port USB-A, une sortie HDMI 1.4, un port jack, une webcam 1080p avec un cache, ainsi que la prise en charge du Wi-Fi 6E.

Le châssis est en plastique recyclé. Selon Tom’s Hardware, le portable « dispose d’un refroidissement actif avec un ventilateur niché sous les bouches d’extraction au bas de la machine ». C’est un point décevant, d’autant que le MacBook Neo est passif et qu’il existe aussi des portables sous Windows avec de (tout) petits CPU en version fanless.

En dehors d’Acer, HP et Lenovo vont également proposer des PC « à partir de » 300 dollars avec la puce Snapdragon C.

Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

3 juin 2026 à 05:55
Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

3 juin 2026 à 05:55
Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

☕️ Qwant sera le moteur de recherche par défaut des députés européens

3 juin 2026 à 05:20


Les députés européens accrocs à la recherche Google vont devoir se faire une raison. Le Parlement européen change de moteur par défaut : à partir de ce jeudi, les résultats d’une recherche en ligne proviendront de Qwant, le moteur de recherche français « axé sur la protection de la vie privée, conçu pour éviter le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles », explique l’e-mail envoyé ce mardi aux parlementaires.

Selon le courriel, révélé par Euractiv et Politico, les raisons de ce changement sont simples : l’engagement déjà pris par le Parlement en faveur de la souveraineté numérique et la protection des données personnelles. Qu’on se rassure, les députés internautes pourront toujours changer le moteur de recherche par défaut, et pourquoi pas choisir Google.

Qwant s’est longtemps appuyé sur son partenaire Bing — détenu par Microsoft — pour ses résultats web. Le moteur français s’est associé à l’allemand Ecosia fin 2024 en vue de développer un index de recherche européen. De son petit nom Staan, il alimente désormais une partie des résultats du moteur, à côté de plusieurs autres sources.

Ce changement est un symbole important, mais ce n’est que ça. Euractiv rappelle en effet que les députés européens utilisent toujours beaucoup de solutions américaines, celles de Microsoft et de Google en particulier. En novembre dernier, des parlementaires avaient demandé à la présidente Roberta Metsola de basculer plusieurs services en ligne vers des fournisseurs européens. « Avec suffisamment de volonté politique », écrivaient-ils, « cette institution sera affranchie du risque de dépendance aux technologies étrangères d’ici à la fin du mandat ».

En février, le Parlement bloquait aussi l’accès aux outils d’IA générative sur les appareils fournis aux députés et à leurs équipes, pour des raisons de sécurité et de protection des données.

☕️ Qwant sera le moteur de recherche par défaut des députés européens

3 juin 2026 à 05:20


Les députés européens accrocs à la recherche Google vont devoir se faire une raison. Le Parlement européen change de moteur par défaut : à partir de ce jeudi, les résultats d’une recherche en ligne proviendront de Qwant, le moteur de recherche français « axé sur la protection de la vie privée, conçu pour éviter le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles », explique l’e-mail envoyé ce mardi aux parlementaires.

Selon le courriel, révélé par Euractiv et Politico, les raisons de ce changement sont simples : l’engagement déjà pris par le Parlement en faveur de la souveraineté numérique et la protection des données personnelles. Qu’on se rassure, les députés internautes pourront toujours changer le moteur de recherche par défaut, et pourquoi pas choisir Google.

Qwant s’est longtemps appuyé sur son partenaire Bing — détenu par Microsoft — pour ses résultats web. Le moteur français s’est associé à l’allemand Ecosia fin 2024 en vue de développer un index de recherche européen. De son petit nom Staan, il alimente désormais une partie des résultats du moteur, à côté de plusieurs autres sources.

Ce changement est un symbole important, mais ce n’est que ça. Euractiv rappelle en effet que les députés européens utilisent toujours beaucoup de solutions américaines, celles de Microsoft et de Google en particulier. En novembre dernier, des parlementaires avaient demandé à la présidente Roberta Metsola de basculer plusieurs services en ligne vers des fournisseurs européens. « Avec suffisamment de volonté politique », écrivaient-ils, « cette institution sera affranchie du risque de dépendance aux technologies étrangères d’ici à la fin du mandat ».

En février, le Parlement bloquait aussi l’accès aux outils d’IA générative sur les appareils fournis aux députés et à leurs équipes, pour des raisons de sécurité et de protection des données.

Reçu — 2 juin 2026 Actualités numériques

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
Les androïdes rêvent-ils de moutons (de poils) électriques ?
Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
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L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

☕️ L’assistant IA de Meta permettait de voler des comptes Instagram

2 juin 2026 à 05:54


L’assistance IA mise en place par Meta pour la gestion des comptes Instagram a autorisé pendant plusieurs semaines n’importe qui d’assez malin à changer l’adresse e-mail associée à un compte. Les propriétaires légitimes se retrouvaient donc « enfermés dehors », incapables de se connecter à leur compte et de reprendre la main.

Depuis le mois de mars, les utilisateurs de Facebook et d’Instagram qui ont besoin d’aide pour gérer leur compte peuvent faire appel à un assistant IA spécialisé, « fiable, rapide, efficace, disponible en tout temps », promettait Meta. Un soutien « axé sur l’action » pour résoudre les problèmes de compte « de A à Z ». Ce qui signifie réaliser des opérations particulièrement sensibles comme la réinitialisation du mot de passe ou le changement de l’e-mail associé au compte.

Capture d’écran : 404media

Depuis la mise en place de ce nouveau mécanisme IA, plusieurs profils Instagram de premier plan, comme un compte appartenant à Barack Obama, celui de la marque Sephora ou du chef des sous-officiers de la Space Force, ont été piratés ces dernières semaines. Les propriétaires légitimes de ces comptes ne pouvaient plus y accéder et pour cause, l’adresse e-mail associée avait changé sans leur autorisation.

Le « nouveau » propriétaire du compte était alors en mesure de publier n’importe quel contenu, contacter les abonnés, diffuser des arnaques, revendre le compte à des tiers… 404media rapporte que Meta aurait corrigé la vulnérabilité qui ouvrait la porte à ces margoulins. C’est la méthode qui est intéressante ici : il ne s’agit pas d’une faille de sécurité à proprement parler, mais d’ingénierie sociale appliquée aux agents IA.

Sur Telegram, des chercheurs en sécurité et des groupes de hackers ont partagé des vidéos et des captures d’écran explicitant le mode opératoire pour voler un compte Instagram. Le scénario est le suivant : l’attaquant connaît le nom d’utilisateur Instagram de la cible ; armé d’un VPN, qui lui permet d’apparaître dans le même pays ou la même région que la victime, il lance une procédure de récupération de compte.

Après avoir ouvert une conversation avec l’assistant IA de Meta, le pirate convainc le bot de remplacer l’adresse e-mail associée au compte par une adresse qu’il contrôle. L’IA envoie alors un code de validation à cette nouvelle adresse. Une fois l’adresse modifiée, l’attaquant peut demander une réinitialisation du mot de passe et prendre le contrôle du compte.

L’IA de Meta aurait accepté une opération extrêmement sensible sans vérifier correctement que l’utilisateur était bien le propriétaire du compte. Cette technique d’injection de prompts contourne les sécurités habituelles liées à un changement d’adresse e-mail, une opération qui ne peut normalement pas être effectuée sans une authentification forte et un délai ou une validation depuis l’ancienne adresse. L’assistance de Meta bénéficiait donc manifestement de privilèges extrêmement élevés, sans qu’aucun garde-fou ne vienne mettre le holà.

En décembre dernier, OpenAI abordait les injections de prompts sur le fond, et admettait qu’il s’agissait d’un problème à long terme. Meta n’est pas le seul acteur IA à y faire face.

☕️ L’assistant IA de Meta permettait de voler des comptes Instagram

2 juin 2026 à 05:54


L’assistance IA mise en place par Meta pour la gestion des comptes Instagram a autorisé pendant plusieurs semaines n’importe qui d’assez malin à changer l’adresse e-mail associée à un compte. Les propriétaires légitimes se retrouvaient donc « enfermés dehors », incapables de se connecter à leur compte et de reprendre la main.

Depuis le mois de mars, les utilisateurs de Facebook et d’Instagram qui ont besoin d’aide pour gérer leur compte peuvent faire appel à un assistant IA spécialisé, « fiable, rapide, efficace, disponible en tout temps », promettait Meta. Un soutien « axé sur l’action » pour résoudre les problèmes de compte « de A à Z ». Ce qui signifie réaliser des opérations particulièrement sensibles comme la réinitialisation du mot de passe ou le changement de l’e-mail associé au compte.

Capture d’écran : 404media

Depuis la mise en place de ce nouveau mécanisme IA, plusieurs profils Instagram de premier plan, comme un compte appartenant à Barack Obama, celui de la marque Sephora ou du chef des sous-officiers de la Space Force, ont été piratés ces dernières semaines. Les propriétaires légitimes de ces comptes ne pouvaient plus y accéder et pour cause, l’adresse e-mail associée avait changé sans leur autorisation.

Le « nouveau » propriétaire du compte était alors en mesure de publier n’importe quel contenu, contacter les abonnés, diffuser des arnaques, revendre le compte à des tiers… 404media rapporte que Meta aurait corrigé la vulnérabilité qui ouvrait la porte à ces margoulins. C’est la méthode qui est intéressante ici : il ne s’agit pas d’une faille de sécurité à proprement parler, mais d’ingénierie sociale appliquée aux agents IA.

Sur Telegram, des chercheurs en sécurité et des groupes de hackers ont partagé des vidéos et des captures d’écran explicitant le mode opératoire pour voler un compte Instagram. Le scénario est le suivant : l’attaquant connaît le nom d’utilisateur Instagram de la cible ; armé d’un VPN, qui lui permet d’apparaître dans le même pays ou la même région que la victime, il lance une procédure de récupération de compte.

Après avoir ouvert une conversation avec l’assistant IA de Meta, le pirate convainc le bot de remplacer l’adresse e-mail associée au compte par une adresse qu’il contrôle. L’IA envoie alors un code de validation à cette nouvelle adresse. Une fois l’adresse modifiée, l’attaquant peut demander une réinitialisation du mot de passe et prendre le contrôle du compte.

L’IA de Meta aurait accepté une opération extrêmement sensible sans vérifier correctement que l’utilisateur était bien le propriétaire du compte. Cette technique d’injection de prompts contourne les sécurités habituelles liées à un changement d’adresse e-mail, une opération qui ne peut normalement pas être effectuée sans une authentification forte et un délai ou une validation depuis l’ancienne adresse. L’assistance de Meta bénéficiait donc manifestement de privilèges extrêmement élevés, sans qu’aucun garde-fou ne vienne mettre le holà.

En décembre dernier, OpenAI abordait les injections de prompts sur le fond, et admettait qu’il s’agissait d’un problème à long terme. Meta n’est pas le seul acteur IA à y faire face.

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