Vue normale

Reçu — 24 août 2026 Actualités numériques

Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

24 août 2026 à 09:45
RGPD pour tous
Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

L’autorité de protection des données néerlandaise a infligé à Uber une amende de 825 millions d’euros pour avoir enfreint le RGPD. Uber avait mis en place un système qui suspendait automatiquement les chauffeurs sans aucune décision humaine.

L’Autoriteit Persoonsgegevens (AP, l’équivalent de la CNIL néerlandaise) a infligé à Uber l’une des plus importantes amendes s’appuyant sur le RGPD.

En effet, AP a confirmé ce vendredi 21 août avoir prononcé une amende d’un montant exact de 824 990 000 euros à Uber, car la multinationale « a pris des décisions entièrement automatisées concernant ses chauffeurs ».

« Uber a commis de graves infractions », estime Monique Verdier, responsable de l’autorité. « Des chauffeurs ont été désactivés sans aucune clémence, ajoute-t-elle. « Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans aucun revenu provenant d’Uber. C’est interdit. Un ordinateur ne devrait pas prendre de lui-même des décisions qui ont des conséquences majeures pour vous. Ces décisions auraient dû être examinées au préalable par un être humain ».

Décision suite à une plainte de la LDH en France

Cette affaire remonte à 2021, lorsque la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déposé plainte auprès de la CNIL contre l’entreprise, mandatée par 171 chauffeurs VTC. L’ONG accusait Uber de bannir les chauffeurs de son application après « l’envoi de messages automatiques et strictement identiques, tous établis sur le même modèle », expliquait la plainte qu’avait pu consulter l’AFP à l’époque.

La LDH avait pris cette décision en soutien aux chauffeurs VTC du syndicat FO-INV qui, aidés par l’association suisse PersonalData.IO, avaient établi qu’une partie d’entre eux avait été déconnectée de façon temporaire ou définitive.

Cinq chauffeurs VTC représentés par ce syndicat ont récemment déposé une nouvelle plainte contre Uber.

Dans le message automatique envoyé aux chauffeurs, l’entreprise justifiait la plupart du temps la déconnexion par une « violation de l’un des principes de la charte de la communauté Uber » ou une « anomalie », sans ajouter d’information sur le cas spécifique.

L’avocat de la LDH, Jérôme Giusti, suspectait l’entreprise de vouloir faire le ménage alors que le gouvernement venait de signer une ordonnance organisant le dialogue social de secteur, et notamment des élections professionnelles.

« Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus »

Le siège social d’Uber pour l’Europe étant à Amsterdam, la CNIL a transmis le dossier à son homologue néerlandaise tout en expliquant avoir « étroitement coopéré » avec elle. L’AP avait déjà infligé une première amende de 10 millions d’euros à Uber en 2023 pour des manquements à l’information des chauffeurs ainsi qu’une deuxième dans ce dossier en 2024, cette fois-ci pour 290 millions d’euros pour avoir transféré les données personnelles des conducteurs européens vers des serveurs installés aux États-Unis.

Pour cette troisième amende, encore plus salée, l’autorité néerlandaise a constaté qu’Uber utilisait un logiciel pour surveiller le comportement des chauffeurs au volant et analyser les avis des clients. « Si ce logiciel détectait un soupçon de fraude ou si les avis des clients étaient trop négatifs, les comptes des chauffeurs concernés étaient automatiquement désactivés », explique-t-elle. « Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus » de 2018 à 2022, ajoute l’autorité.

Elle s’appuie (sans le dire explicitement dans son communiqué de presse) sur l’article 22 du RGPD pour justifier sa décision. Cet article affirme que « la personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ».

Dans sa décision formelle, que l’autorité n’a pas encore rendue publique mais à laquelle le Financial Times a eu accès, l’AP ajoute aussi qu’ « Uber a également porté atteinte au droit d’être pleinement informé de ces décisions automatisées ». À nos confrères, Uber a affirmé sa volonté de faire appel de cette amende qu’elle qualifie de « disproportionnée » sur « des politiques anciennes qui avaient été abandonnées il y a des années ».

L’entreprise ajoute : « Nous prenons très au sérieux les décisions qui affectent la capacité des chauffeurs à gagner leur vie et nous nous engageons pleinement à leur garantir un traitement équitable. Cela inclut des contrôles effectués par des humains, des mesures de protection solides et la possibilité pour les chauffeurs de faire appel de nos décisions s’ils estiment que nous avons commis une erreur ».

Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

24 août 2026 à 09:45
RGPD pour tous
Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

L’autorité de protection des données néerlandaise a infligé à Uber une amende de 825 millions d’euros pour avoir enfreint le RGPD. Uber avait mis en place un système qui suspendait automatiquement les chauffeurs sans aucune décision humaine.

L’Autoriteit Persoonsgegevens (AP, l’équivalent de la CNIL néerlandaise) a infligé à Uber l’une des plus importantes amendes s’appuyant sur le RGPD.

En effet, AP a confirmé ce vendredi 21 août avoir prononcé une amende d’un montant exact de 824 990 000 euros à Uber, car la multinationale « a pris des décisions entièrement automatisées concernant ses chauffeurs ».

« Uber a commis de graves infractions », estime Monique Verdier, responsable de l’autorité. « Des chauffeurs ont été désactivés sans aucune clémence, ajoute-t-elle. « Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans aucun revenu provenant d’Uber. C’est interdit. Un ordinateur ne devrait pas prendre de lui-même des décisions qui ont des conséquences majeures pour vous. Ces décisions auraient dû être examinées au préalable par un être humain ».

Décision suite à une plainte de la LDH en France

Cette affaire remonte à 2021, lorsque la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déposé plainte auprès de la CNIL contre l’entreprise, mandatée par 171 chauffeurs VTC. L’ONG accusait Uber de bannir les chauffeurs de son application après « l’envoi de messages automatiques et strictement identiques, tous établis sur le même modèle », expliquait la plainte qu’avait pu consulter l’AFP à l’époque.

La LDH avait pris cette décision en soutien aux chauffeurs VTC du syndicat FO-INV qui, aidés par l’association suisse PersonalData.IO, avaient établi qu’une partie d’entre eux avait été déconnectée de façon temporaire ou définitive.

Cinq chauffeurs VTC représentés par ce syndicat ont récemment déposé une nouvelle plainte contre Uber.

Dans le message automatique envoyé aux chauffeurs, l’entreprise justifiait la plupart du temps la déconnexion par une « violation de l’un des principes de la charte de la communauté Uber » ou une « anomalie », sans ajouter d’information sur le cas spécifique.

L’avocat de la LDH, Jérôme Giusti, suspectait l’entreprise de vouloir faire le ménage alors que le gouvernement venait de signer une ordonnance organisant le dialogue social de secteur, et notamment des élections professionnelles.

« Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus »

Le siège social d’Uber pour l’Europe étant à Amsterdam, la CNIL a transmis le dossier à son homologue néerlandaise tout en expliquant avoir « étroitement coopéré » avec elle. L’AP avait déjà infligé une première amende de 10 millions d’euros à Uber en 2023 pour des manquements à l’information des chauffeurs ainsi qu’une deuxième dans ce dossier en 2024, cette fois-ci pour 290 millions d’euros pour avoir transféré les données personnelles des conducteurs européens vers des serveurs installés aux États-Unis.

Pour cette troisième amende, encore plus salée, l’autorité néerlandaise a constaté qu’Uber utilisait un logiciel pour surveiller le comportement des chauffeurs au volant et analyser les avis des clients. « Si ce logiciel détectait un soupçon de fraude ou si les avis des clients étaient trop négatifs, les comptes des chauffeurs concernés étaient automatiquement désactivés », explique-t-elle. « Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus » de 2018 à 2022, ajoute l’autorité.

Elle s’appuie (sans le dire explicitement dans son communiqué de presse) sur l’article 22 du RGPD pour justifier sa décision. Cet article affirme que « la personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ».

Dans sa décision formelle, que l’autorité n’a pas encore rendue publique mais à laquelle le Financial Times a eu accès, l’AP ajoute aussi qu’ « Uber a également porté atteinte au droit d’être pleinement informé de ces décisions automatisées ». À nos confrères, Uber a affirmé sa volonté de faire appel de cette amende qu’elle qualifie de « disproportionnée » sur « des politiques anciennes qui avaient été abandonnées il y a des années ».

L’entreprise ajoute : « Nous prenons très au sérieux les décisions qui affectent la capacité des chauffeurs à gagner leur vie et nous nous engageons pleinement à leur garantir un traitement équitable. Cela inclut des contrôles effectués par des humains, des mesures de protection solides et la possibilité pour les chauffeurs de faire appel de nos décisions s’ils estiment que nous avons commis une erreur ».

Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

24 août 2026 à 06:04
Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

24 août 2026 à 06:04
Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

Reçu — 21 août 2026 Actualités numériques

☕️ L’IRD confirme un piratage, les données de 7 500 personnes exposées

21 août 2026 à 08:46


L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a annoncé ce mardi 18 aout à son personnel, via une lettre en PDF que Next a pu se procurer, qu’une « intrusion d’origine externe dans son système d’information » a eu lieu cet été. Ce piratage a conduit, selon la PDG de l’institut, Valérie Verdier, qui signe ce courrier, « à l’exposition des données de 7 500 personnes ».

Ce chiffre est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au nombre d’agents travaillant pour l’organisme. En effet, le rapport d’activité de l’IRD de 2025 publié en juin dernier indique que l’organisme compte 2 249 agents.

Dans ce courrier, la responsable fait la liste des données qui ont été exposées :

  • « vos données d’identification : nom, prénom(s), sexe, nationalité, date et lieu de naissance ;
  • vos données relatives à la vie personnelle : adresse postale et numéro de téléphone personnels ;
  • vos données relatives à la vie professionnelle : matricule agent, rattachement administratif, affectation géographique, statut, corps, grade, poste, niveau, échelon, emploi, discipline, adresse
    électronique professionnelle, numéro de téléphone pofessionnel ;
  • votre numéro de sécurité sociale ».

Toujours selon le document, l’incident aurait été détecté par l’IRD le 24 juillet. C’est le 6 aout que l’enquête menée en interne a permis d’établir que ces données ont été exposées. Néanmoins, « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces données aient été exfiltrées », précise la lettre.

Valérie Verdier ajoute que son organisme de recherche a « immédiatement engagé des investigations afin d’en déterminer l’origine, l’étendue et les conséquences. Elle assure que « les mesures nécessaires pour contenir l’incident, sécuriser les systèmes concernés et rétablir progressivement les services ont été appliquées depuis cette date ».

La direction explique que la « situation est susceptible d’entraîner notamment des risques de piratage de compte, d’usurpation d’identité ou de fraude ».

Elle assure aussi avoir signalé l’incident aux autorités compétentes, porté plainte et mis en place une cellule de crise. De façon pratique, elle signale avoir mis à l’isolement des serveurs informatiques concernés afin de limiter les risques et travailler en coopération avec l’ANSSI, le CERT RENATER, le Centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information (COSSI) et le fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FSSI).

L’IRD vient aussi de publier un communiqué plus succinct.

Ce n’est pas la première institution de recherche française à subir un incident de ce genre cette année. En effet, le CNRS a fait part en février dernier d’une fuite de données concernant les personnels recrutés avant le 1/1/2007.

☕️ L’IRD confirme un piratage, les données de 7 500 personnes exposées

21 août 2026 à 08:46


L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a annoncé ce mardi 18 aout à son personnel, via une lettre en PDF que Next a pu se procurer, qu’une « intrusion d’origine externe dans son système d’information » a eu lieu cet été. Ce piratage a conduit, selon la PDG de l’institut, Valérie Verdier, qui signe ce courrier, « à l’exposition des données de 7 500 personnes ».

Ce chiffre est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au nombre d’agents travaillant pour l’organisme. En effet, le rapport d’activité de l’IRD de 2025 publié en juin dernier indique que l’organisme compte 2 249 agents.

Dans ce courrier, la responsable fait la liste des données qui ont été exposées :

  • « vos données d’identification : nom, prénom(s), sexe, nationalité, date et lieu de naissance ;
  • vos données relatives à la vie personnelle : adresse postale et numéro de téléphone personnels ;
  • vos données relatives à la vie professionnelle : matricule agent, rattachement administratif, affectation géographique, statut, corps, grade, poste, niveau, échelon, emploi, discipline, adresse
    électronique professionnelle, numéro de téléphone pofessionnel ;
  • votre numéro de sécurité sociale ».

Toujours selon le document, l’incident aurait été détecté par l’IRD le 24 juillet. C’est le 6 aout que l’enquête menée en interne a permis d’établir que ces données ont été exposées. Néanmoins, « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces données aient été exfiltrées », précise la lettre.

Valérie Verdier ajoute que son organisme de recherche a « immédiatement engagé des investigations afin d’en déterminer l’origine, l’étendue et les conséquences. Elle assure que « les mesures nécessaires pour contenir l’incident, sécuriser les systèmes concernés et rétablir progressivement les services ont été appliquées depuis cette date ».

La direction explique que la « situation est susceptible d’entraîner notamment des risques de piratage de compte, d’usurpation d’identité ou de fraude ».

Elle assure aussi avoir signalé l’incident aux autorités compétentes, porté plainte et mis en place une cellule de crise. De façon pratique, elle signale avoir mis à l’isolement des serveurs informatiques concernés afin de limiter les risques et travailler en coopération avec l’ANSSI, le CERT RENATER, le Centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information (COSSI) et le fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FSSI).

L’IRD vient aussi de publier un communiqué plus succinct.

Ce n’est pas la première institution de recherche française à subir un incident de ce genre cette année. En effet, le CNRS a fait part en février dernier d’une fuite de données concernant les personnels recrutés avant le 1/1/2007.

Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

21 août 2026 à 07:55
Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).

La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.

Une relation parents enfants altérée

On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.

Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.

Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.

Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.

Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.

Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.

Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.

Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».

Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

21 août 2026 à 07:55
Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).

La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.

Une relation parents enfants altérée

On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.

Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.

Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.

Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.

Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.

Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.

Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.

Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».

Reçu — 20 août 2026 Actualités numériques

La FCC a approuvé le premier satellite d’une constellation pour éclairer sur Terre la nuit

20 août 2026 à 11:17
Pollution lumineuse as a Service
La FCC a approuvé le premier satellite d’une constellation pour éclairer sur Terre la nuit

L’agence de régulation américaine a autorisé la startup Reflect Orbital à lancer son premier satellite. L’entreprise projette de lancer des milliers de satellites capables d’éclairer des parcelles de Terre pour rendre possibles la nuit des activités qui sont normalement diurnes. Des associations et l’European Southern Observatory alertent sur la pollution lumineuse que ce projet engendrera.

Cet été, la Federal Communications Commission, l’agence américaine qui régule les telecommunications, a autorisé Reflect Orbital à « construire, lancer et exploiter » un satellite miroir en orbite terrestre basse.

Reflect Orbital est une startup créée par deux Américains, Ben Nowack (CEO) et Tristan Semmelhack, en 2021 pour mettre en place ce projet. Elle n’a donc pour l’instant pas grand-chose à mettre à son actif mais elle a le soutien financier de plusieurs entreprises de capital risque connues dans la Silicon Valley comme Sequoia, lui permettant des levées de 6,5 puis 20 millions de dollars en 2024 et 2025.

Le projet d’éclairer des parcelles de Terre pendant la nuit

Quel est le projet de Reflect Orbital ? Ce satellite doit être le premier d’une constellation qui prévoir d’en réunir 50 000 à horizon 2035 pour éclairer, la nuit, des parcelles de terre en réfléchissant la lumière du soleil. Ce genre de projets n’est pas inédit. Ainsi, dans les années 90, les Russes ont lancé le projet Znamia, prévu notamment pour éclairer des villes de l’Arctique russe l’hiver, saison pendant laquelle le Soleil ne les éclaire jamais.


Il reste 78% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Reçu — 19 août 2026 Actualités numériques

Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite

19 août 2026 à 16:06
À la va-vite
Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite

Après l’arrêt de l’offre gratuite à 365 Business Premium et Office 365 E1 pour les organismes sans but lucratif, nombre d’entre eux ont perdu leurs données. Microsoft avait prévenu, mais la communication de l’entreprise a été bien confuse et les données non récupérables.

Pendant des années, Microsoft a offert un accès gratuit à son offre 365 Business Premium aux organismes sans but lucratif qui le demandaient. L’année dernière, l’entreprise a décidé d’arrêter ce programme de « subvention » et l’a fait savoir. Mais elle a ensuite validé les renouvellements annuels de licences des associations, laissant ainsi penser que les comptes seraient maintenus. Résultat : de nombreuses associations ont perdu leurs données.

L’abandon annoncé il y a un an mais des renouvellements qui laissent les utilisateurs dans le flou

En mai 2025, Microsoft annonçait qu’elle supprimait, pour les organismes à but non lucratif, la gratuité des offres MS 365 Business Premium et Office 365 E1 « afin de rationaliser [son] offre d’aides et de simplifier [son] portefeuille d’aides ». Elle poussait ces organisations à passer à d’autres offres, notamment MS 365 Business Basic pour laquelle elle promettait d’offrir 300 licences. Elle ajoutait qu’elle mettrait quand même en place, pour les anciens bénéficiaires des offres gratuites, un programme de remises « pouvant atteindre 75 % » visant notamment les produits MS 365 Business Premium et Office 365 E1.

Bref, après avoir attiré de nombreuses organisations à but non lucratif, Microsoft voulait qu’une bonne partie d’entre elles passe à la caisse. Mais un an après, beaucoup de responsables de ces organisations se plaignent d’avoir perdu leurs données, comme on peut le lire sur le forum de Microsoft. Ainsi, l’un d’eux écrit : « Nous sommes une association à but non lucratif qui a reçu 10 licences gratuites de Microsoft 365 Business Premium. Depuis le 21 mai 2026, nous ne parvenons plus à accéder aux logiciels Microsoft. Plus grave encore, nous ne pouvons plus accéder à OneDrive, où sont stockés tous nos fichiers ».

Un autre signale que l’abonnement à l’offre a été arrêté alors qu’un email envoyé par Microsoft lui indiquait que la date d’expiration de l’abonnement était le 5 mai 2027. Sur Facebook, encore un autre explique que, pour l’abonnement de son organisation, cette date était prévue le 12 septembre 2026 : « J’apprécie énormément ce qu’ils ont fait pour nous grâce à cette subvention ces deux dernières années. Je leur en suis très reconnaissant ! Mais on ne dit pas aux gens, il y a 10 jours, qu’ils ont jusqu’au 12 septembre 2026 pour ensuite mettre fin à la subvention sans aucun préavis. Ils pourraient vraiment faire beaucoup mieux, surtout envers les associations à but non lucratif… ».

Des données supprimées alors que l’abonnement a bien été renouvelé

C’est aussi arrivé à Ronald Khosla, le responsable d’un petit organisme à but non lucratif nommé Canopy. Celui-ci propose d’aider des startups dont le but est de protéger l’environnement. Interrogé par Slate, Ronald Khosla a expliqué à nos confrères que, depuis des années, Canopy dépend des licences de ce genre offertes par Microsoft. Mais le 11 juin dernier, il s’est aperçu que toutes les données de l’organisme stockées dans OneDrive avaient été supprimées. Au téléphone, un représentant du service client lui aurait affirmé qu’environ 171 000 organisations de ce type ont « tout perdu » sur leurs comptes OneDrive.

En octobre 2025, il avait pu renouveler sa licence, recevant un email lui confirmant le maintien de son accès jusqu’au 4 octobre 2026. Et l’email de confirmation ne donnait aucune information complémentaire sur le processus progressif de suppression de ces offres. Il n’a reçu aucun rappel ensuite, a-t-il expliqué à la publication.

Dans un communiqué envoyé en réponse à Slate, Microsoft a répondu : « Nous avons vivement conseillé à nos clients et partenaires à but non lucratif de passer à une autre offre Microsoft 365 destinée aux organisations à but non lucratif avant la date de renouvellement de leur abonnement, afin d’éviter toute interruption de service et toute perte de données ».

Des alternatives dans l’associatif

Rappelons qu’en dehors des offres de ce genre d’entreprises comme Microsoft, le milieu associatif peut bénéficier de services hébergés par des associations comme Framasoft. L’année dernière, Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numérique de Framasoft, nous annonçait le chiffre de 2 100 associations qui ont un espace sur Framaspace, l’environnement de travail collaboratif proposé exclusivement aux associations par Framasoft depuis 2023.

Il nous expliquait alors : « on s’est dit qu’il y a plein d’associations qui n’ont pas les moyens de développer leurs propres outils et donc c’est peut-être à nous, association 1901, de faciliter la première marche pour que ces associations puissent agir et amener la société vers plus de progrès social et de justice sociale, ce qui est un des objectifs de Framasoft ».

Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite

19 août 2026 à 16:06
À la va-vite
Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite

Après l’arrêt de l’offre gratuite à 365 Business Premium et Office 365 E1 pour les organismes sans but lucratif, nombre d’entre eux ont perdu leurs données. Microsoft avait prévenu, mais la communication de l’entreprise a été bien confuse et les données non récupérables.

Pendant des années, Microsoft a offert un accès gratuit à son offre 365 Business Premium aux organismes sans but lucratif qui le demandaient. L’année dernière, l’entreprise a décidé d’arrêter ce programme de « subvention » et l’a fait savoir. Mais elle a ensuite validé les renouvellements annuels de licences des associations, laissant ainsi penser que les comptes seraient maintenus. Résultat : de nombreuses associations ont perdu leurs données.

L’abandon annoncé il y a un an mais des renouvellements qui laissent les utilisateurs dans le flou

En mai 2025, Microsoft annonçait qu’elle supprimait, pour les organismes à but non lucratif, la gratuité des offres MS 365 Business Premium et Office 365 E1 « afin de rationaliser [son] offre d’aides et de simplifier [son] portefeuille d’aides ». Elle poussait ces organisations à passer à d’autres offres, notamment MS 365 Business Basic pour laquelle elle promettait d’offrir 300 licences. Elle ajoutait qu’elle mettrait quand même en place, pour les anciens bénéficiaires des offres gratuites, un programme de remises « pouvant atteindre 75 % » visant notamment les produits MS 365 Business Premium et Office 365 E1.

Bref, après avoir attiré de nombreuses organisations à but non lucratif, Microsoft voulait qu’une bonne partie d’entre elles passe à la caisse. Mais un an après, beaucoup de responsables de ces organisations se plaignent d’avoir perdu leurs données, comme on peut le lire sur le forum de Microsoft. Ainsi, l’un d’eux écrit : « Nous sommes une association à but non lucratif qui a reçu 10 licences gratuites de Microsoft 365 Business Premium. Depuis le 21 mai 2026, nous ne parvenons plus à accéder aux logiciels Microsoft. Plus grave encore, nous ne pouvons plus accéder à OneDrive, où sont stockés tous nos fichiers ».

Un autre signale que l’abonnement à l’offre a été arrêté alors qu’un email envoyé par Microsoft lui indiquait que la date d’expiration de l’abonnement était le 5 mai 2027. Sur Facebook, encore un autre explique que, pour l’abonnement de son organisation, cette date était prévue le 12 septembre 2026 : « J’apprécie énormément ce qu’ils ont fait pour nous grâce à cette subvention ces deux dernières années. Je leur en suis très reconnaissant ! Mais on ne dit pas aux gens, il y a 10 jours, qu’ils ont jusqu’au 12 septembre 2026 pour ensuite mettre fin à la subvention sans aucun préavis. Ils pourraient vraiment faire beaucoup mieux, surtout envers les associations à but non lucratif… ».

Des données supprimées alors que l’abonnement a bien été renouvelé

C’est aussi arrivé à Ronald Khosla, le responsable d’un petit organisme à but non lucratif nommé Canopy. Celui-ci propose d’aider des startups dont le but est de protéger l’environnement. Interrogé par Slate, Ronald Khosla a expliqué à nos confrères que, depuis des années, Canopy dépend des licences de ce genre offertes par Microsoft. Mais le 11 juin dernier, il s’est aperçu que toutes les données de l’organisme stockées dans OneDrive avaient été supprimées. Au téléphone, un représentant du service client lui aurait affirmé qu’environ 171 000 organisations de ce type ont « tout perdu » sur leurs comptes OneDrive.

En octobre 2025, il avait pu renouveler sa licence, recevant un email lui confirmant le maintien de son accès jusqu’au 4 octobre 2026. Et l’email de confirmation ne donnait aucune information complémentaire sur le processus progressif de suppression de ces offres. Il n’a reçu aucun rappel ensuite, a-t-il expliqué à la publication.

Dans un communiqué envoyé en réponse à Slate, Microsoft a répondu : « Nous avons vivement conseillé à nos clients et partenaires à but non lucratif de passer à une autre offre Microsoft 365 destinée aux organisations à but non lucratif avant la date de renouvellement de leur abonnement, afin d’éviter toute interruption de service et toute perte de données ».

Des alternatives dans l’associatif

Rappelons qu’en dehors des offres de ce genre d’entreprises comme Microsoft, le milieu associatif peut bénéficier de services hébergés par des associations comme Framasoft. L’année dernière, Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numérique de Framasoft, nous annonçait le chiffre de 2 100 associations qui ont un espace sur Framaspace, l’environnement de travail collaboratif proposé exclusivement aux associations par Framasoft depuis 2023.

Il nous expliquait alors : « on s’est dit qu’il y a plein d’associations qui n’ont pas les moyens de développer leurs propres outils et donc c’est peut-être à nous, association 1901, de faciliter la première marche pour que ces associations puissent agir et amener la société vers plus de progrès social et de justice sociale, ce qui est un des objectifs de Framasoft ».

Des chercheurs ont fait « revivre » des cartes VISA sans contact après expiration

19 août 2026 à 13:17
Oups
Des chercheurs ont fait « revivre » des cartes VISA sans contact après expiration

Grâce à des failles dans le protocole de paiement sans contact et à son implémentation par VISA, il est possible d’effectuer des paiements sans contact alors que les cartes ont expiré.

Des cartes de crédits « zombies », c’est ainsi que des chercheurs de l’Université du Massachusetts Amherst qualifient certaines cartes de crédits VISA qui permettent de payer en mode sans contact alors qu’elles sont périmées.

Lorsqu’une carte de crédit arrive à péremption et qu’elle est remplacée par une nouvelle, on peut avoir tendance à se dire qu’elle est définitivement inutilisable par quiconque et s’en défaire sans trop de soucis. Mais ce n’est pas forcément le cas.

Raja Hasnain Anwar, Gerard DeCunha et Muhammad Taqi Raza ont expliqué comment ils ont réussi à passer outre cette date de péremption sur certaines cartes à la conférence Usenix qui s’est tenue à Baltimore la semaine dernière. Leur article, relu par des pairs, est en ligne sur le site de Usenix.

Ils y expliquent que les cartes qu’ils ont pu faire « revivre » ont bien toutes des dates de péremption mais que le protocole sans contact EMV créé par Europay, Mastercard et Visa (d’où son nom) et surtout son implémentation par VISA permettent de passer outre.

L’implémentation de VISA laisse particulièrement à désirer


Il reste 75% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Reçu — 18 août 2026 Actualités numériques

Après avoir mis sur pause la version adulte de ChatGPT, OpenAI lance sa version ado

18 août 2026 à 15:26
Ça dépend du point de vue où on se place
Après avoir mis sur pause la version adulte de ChatGPT, OpenAI lance sa version ado

Alors que sa responsabilité a été plusieurs fois mise en cause concernant l’utilisation de son chatbot par des adolescents, l’entreprise de Sam Altman met en place une version réservée aux ados, qui s’active si l’utilisateur déclare avoir moins de 18 ans ou si l’outil considère que son expression est celle d’un adolescent.

Sam Altman affirmait en octobre dernier vouloir « traiter les utilisateurs adultes comme des adultes » en mettant en chantier un mode pornographique qualifié d’« adulte » pour ChatGPT, mis sur pause en mars dernier. Finalement, l’entreprise pivote sa communication et sort une version « adolescent » du chatbot.

L’année dernière, OpenAI a été attaquée en justice dans plusieurs affaires concernant notamment le suicide de plusieurs adolescents. En novembre dernier, devant l’un des tribunaux, l’entreprise plaidait que les dommages causés à la victime sont le fait du « mésusage, de l’usage non autorisé, non voulu, imprévisible et impropre de ChatGPT ». Si devant la justice, l’entreprise de Sam Altman veut prendre le moins de responsabilités possible, ces cas ont dû infléchir la politique d’OpenAI concernant les adolescents.

Sécurité, études et contrôle parental

Et pour éviter toute interdiction de son outil aux mineurs, rien de mieux que de proposer une version qui leur est destinée. Ainsi, OpenAI présente ce mode comme une version qui « donne la priorité à la sécurité des adolescents, favorise un accompagnement concret, traite les adolescents comme tels et fait preuve de transparence quant au fonctionnement de nos systèmes ». Notamment, l’entreprise met en avant un mode « étude » pour accompagner les ados dans leurs devoirs, mais aussi « des mesures de protection adaptées à leur âge, conçues pour limiter leur exposition à des contenus susceptibles d’être préjudiciables ».

OpenAI y ajoute un contrôle parental qui permet de régler certains paramètres sans pour autant permettre aux parents d’accéder aux discussions de leurs enfants.

Basé sur un système de prédiction d’âge

Pour déterminer si un utilisateur est mineur, OpenAI se basera sur la date de naissance, si elle a été renseignée ou sur l’analyse des discussions de l’utilisateur faite par son système de prédiction d’âge. Au New York Times, OpenAI affirme utiliser plus de 2 000 indicateurs pour détecter si un utilisateur a moins de 18 ans. Si c’est le cas, le compte bascule automatiquement en mode « adolescent ».

En début d’année, lorsqu’elle pensait encore s’appuyer sur ce système pour lancer son mode « adulte », selon des informations du Wall Street Journal, il classait à tort 12 % des mineurs comme des adultes. Si tel est encore le cas, cela permettrait à des millions d’utilisateurs de moins de 18 ans d’accéder à des services qui ne leur sont pas adaptés. La page d’explication concernant le système sur le site de l’entreprise n’a pas été mise à jour depuis janvier et n’indique donc pas le nombre de faux négatifs actuel de ce système.

Si la communication d’OpenAI a fait un volte-face important, la mise en place du mode « adolescent » n’hypothèque en rien celle d’un mode pornographique qualifié d’« adulte » plus tard. Au contraire, après avoir testé et ajusté la fiabilité de son système, il sera d’autant plus facile pour OpenAI d’activer un mode pornographique pour les adultes. Rappelons néanmoins qu’en allant sur ce terrain, son concurrent SpaceXAI a massivement poussé à la génération de deepfakes et a été utilisé pour créer des images pédocriminelles.

Après avoir mis sur pause la version adulte de ChatGPT, OpenAI lance sa version ado

18 août 2026 à 15:26
Ça dépend du point de vue où on se place
Après avoir mis sur pause la version adulte de ChatGPT, OpenAI lance sa version ado

Alors que sa responsabilité a été plusieurs fois mise en cause concernant l’utilisation de son chatbot par des adolescents, l’entreprise de Sam Altman met en place une version réservée aux ados, qui s’active si l’utilisateur déclare avoir moins de 18 ans ou si l’outil considère que son expression est celle d’un adolescent.

Sam Altman affirmait en octobre dernier vouloir « traiter les utilisateurs adultes comme des adultes » en mettant en chantier un mode pornographique qualifié d’« adulte » pour ChatGPT, mis sur pause en mars dernier. Finalement, l’entreprise pivote sa communication et sort une version « adolescent » du chatbot.

L’année dernière, OpenAI a été attaquée en justice dans plusieurs affaires concernant notamment le suicide de plusieurs adolescents. En novembre dernier, devant l’un des tribunaux, l’entreprise plaidait que les dommages causés à la victime sont le fait du « mésusage, de l’usage non autorisé, non voulu, imprévisible et impropre de ChatGPT ». Si devant la justice, l’entreprise de Sam Altman veut prendre le moins de responsabilités possible, ces cas ont dû infléchir la politique d’OpenAI concernant les adolescents.

Sécurité, études et contrôle parental

Et pour éviter toute interdiction de son outil aux mineurs, rien de mieux que de proposer une version qui leur est destinée. Ainsi, OpenAI présente ce mode comme une version qui « donne la priorité à la sécurité des adolescents, favorise un accompagnement concret, traite les adolescents comme tels et fait preuve de transparence quant au fonctionnement de nos systèmes ». Notamment, l’entreprise met en avant un mode « étude » pour accompagner les ados dans leurs devoirs, mais aussi « des mesures de protection adaptées à leur âge, conçues pour limiter leur exposition à des contenus susceptibles d’être préjudiciables ».

OpenAI y ajoute un contrôle parental qui permet de régler certains paramètres sans pour autant permettre aux parents d’accéder aux discussions de leurs enfants.

Basé sur un système de prédiction d’âge

Pour déterminer si un utilisateur est mineur, OpenAI se basera sur la date de naissance, si elle a été renseignée ou sur l’analyse des discussions de l’utilisateur faite par son système de prédiction d’âge. Au New York Times, OpenAI affirme utiliser plus de 2 000 indicateurs pour détecter si un utilisateur a moins de 18 ans. Si c’est le cas, le compte bascule automatiquement en mode « adolescent ».

En début d’année, lorsqu’elle pensait encore s’appuyer sur ce système pour lancer son mode « adulte », selon des informations du Wall Street Journal, il classait à tort 12 % des mineurs comme des adultes. Si tel est encore le cas, cela permettrait à des millions d’utilisateurs de moins de 18 ans d’accéder à des services qui ne leur sont pas adaptés. La page d’explication concernant le système sur le site de l’entreprise n’a pas été mise à jour depuis janvier et n’indique donc pas le nombre de faux négatifs actuel de ce système.

Si la communication d’OpenAI a fait un volte-face important, la mise en place du mode « adolescent » n’hypothèque en rien celle d’un mode pornographique qualifié d’« adulte » plus tard. Au contraire, après avoir testé et ajusté la fiabilité de son système, il sera d’autant plus facile pour OpenAI d’activer un mode pornographique pour les adultes. Rappelons néanmoins qu’en allant sur ce terrain, son concurrent SpaceXAI a massivement poussé à la génération de deepfakes et a été utilisé pour créer des images pédocriminelles.

☕️ Une enquête lancée suite aux ingérences contre Gabriel Attal et Édouard Philippe

18 août 2026 à 13:14


Le parquet de Paris vient d’annoncer l’ouverture d’une enquête à propos des soupçons d’ingérences numériques visant les campagnes de Gabriel Attal et Édouard Philippe.

À l’AFP, la section protection des libertés fondamentales du parquet a expliqué s’être « saisie d’initiative ». Début août, plusieurs candidats, dont Gabriel Attal et Édouard Philippe, mais aussi Raphaël Glucksmann ont signalé avoir été ciblés par ce genre d’attaques. Le parquet parisien avait déjà communiqué sur l’ouverture d’une enquête sur les faits concernant Raphaël Glucksmann. Les ingérences concernant les deux autres candidats concernés font donc aussi l’objet d’une enquête.

Le parquet a voulu préciser que, « pour les trois personnalités évoquées », sa section protection des libertés fondamentales s’était « saisie d’initiative (…) avant même réception des plaintes adressées au parquet ».

Illustration : Flock

Si ces ingérences, une fois détectées, font beaucoup de bruit, il est difficile de savoir si elles ont une réelle portée avant, puisqu’elles sont souvent très relayées sur les réseaux sociaux, mais par des comptes qui n’ont que très peu d’audience.

☕️ Une enquête lancée suite aux ingérences contre Gabriel Attal et Édouard Philippe

18 août 2026 à 13:14


Le parquet de Paris vient d’annoncer l’ouverture d’une enquête à propos des soupçons d’ingérences numériques visant les campagnes de Gabriel Attal et Édouard Philippe.

À l’AFP, la section protection des libertés fondamentales du parquet a expliqué s’être « saisie d’initiative ». Début août, plusieurs candidats, dont Gabriel Attal et Édouard Philippe, mais aussi Raphaël Glucksmann ont signalé avoir été ciblés par ce genre d’attaques. Le parquet parisien avait déjà communiqué sur l’ouverture d’une enquête sur les faits concernant Raphaël Glucksmann. Les ingérences concernant les deux autres candidats concernés font donc aussi l’objet d’une enquête.

Le parquet a voulu préciser que, « pour les trois personnalités évoquées », sa section protection des libertés fondamentales s’était « saisie d’initiative (…) avant même réception des plaintes adressées au parquet ».

Illustration : Flock

Si ces ingérences, une fois détectées, font beaucoup de bruit, il est difficile de savoir si elles ont une réelle portée avant, puisqu’elles sont souvent très relayées sur les réseaux sociaux, mais par des comptes qui n’ont que très peu d’audience.

Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots

18 août 2026 à 12:36
Bullshit Institute
Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots

Par l’intermédiaire de l’agence de publicité Piro, Havas a monté de toutes pièces le site d’un faux « think tank » pour le compte d’Israël. Toutes les soi-disant études sont rédigées de manière à influencer les chatbots sur certaines questions concernant notamment Israël ou Gaza. Une autre agence de communication gérée par l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Clock Tower X, aide Havas à diffuser la propagande israélienne dans les chatbots IA.

Des agences de communication qui ont pignon sur rue commencent à organiser des campagnes d’influence visant les chatbots pour le compte d’États.

Le Hanover Institute qui n’existait pas

Et en l’occurrence, l’agence n’est pas n’importe laquelle. Puis qu’avec l’aide de l’agence Piro, Havas a confectionné le site d’un faux think tank pour Israël. Sous le nom de Hanover Institute for public policy, ces deux agences publient de nombreux textes présentés comme des « data reports », leur contenu est pensé pour diffuser largement les éléments de langage du pays dirigé par Benyamin Nétanyahou.

Avec son nom qui semble porter un discours académique, la reprise de ses contenus peut passer inaperçue dans la restitution d’un sujet généré par un chatbot comme Perplexity, ChatGPT ou Claude dont certains ont commencé à le citer.

Une campagne déclarée aux autorités états-uniennes

Politico a repéré que l’agence Piro a déclaré cette campagne aux autorités américaines. En effet, aux États-Unis, le Foreign Agents Registration Act (FARA) impose aux personnes physiques et morales qui exercent des activités de lobbying pour un autre pays de se déclarer au Département de la Justice (DOJ) en détaillant ces activités ainsi que les rémunérations liées.

Piro a ainsi signalé, dans le document obtenu par Politico, avoir été mandaté par la filiale allemande d’Havas (Havas Media Germany GmbH), « pour le compte de l’Agence de publicité du gouvernement israélien » afin de « fournir des services de stratégie, de recherche, de développement éditorial, de création, de production, de planification de la diffusion et autres services connexes dans le cadre d’une initiative de contenu d’information publique fondée sur des faits, menée pour le compte du ministère israélien des Affaires étrangères ». Un deuxième document transmis aux autorités américaines liste des dizaines d’articles publiés sur le site du Hanover Institute for public policy.

Selon le premier document, cette campagne, pour laquelle Piro doit toucher 100 000 dollars, fait partie d’une mission plus large de communication numérique commandée par Havas dont le montant total est d’un million de dollars.

Outre de la communication numérique « classique », le site de Piro met en avant une nouvelle section nommée « AI story optimization » dans laquelle l’entreprise se targue de créer du storytelling visant les agents IA.

Une influence efficace notamment sur Perplexity

Concernant le faux site de think tank Hanover Institute for public policy, les résultats ne sont pas nécessairement au rendez-vous. Politico indique que ChatGPT et Perplexity ont cité la propagande du site créé par Piro et Havas, en réponse à certains de leurs tests.

De notre côté, après quelques tests, ChatGPT et Claude n’ont pas cité ce faux think tank. Par contre, Perplexity l’a référencé à plusieurs reprises lorsque nous avons repris des questions (en anglais) qui servent de titres aux articles publiés sur ce site :

Quand on navigue sur le site du Hanover Institute, tout le design est fait pour le présenter comme celui d’un think tank étudiant « les facteurs qui alimentent l’antisémitisme aux États-Unis ». Aucun article n’est signé et ne fait référence à une commande du gouvernement israélien. L’agence de communication indique par contre dans le pied de page : « Ce document est diffusé par Piro, Inc. pour le compte de Havas Media Germany GmbH, agissant pour le compte de l’Agence de publicité du gouvernement israélien (LaPam) ». La page « about » mentionne aussi ces trois entités.

L’ancien directeur de la campagne de Trump fait de même avec une fausse association pour la paix

Le partenariat d’Israël avec Havas concernant l’influence des chatbots IA ne s’arrête pas là. Comme l’avait révélé le Time mi-juillet, l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Brad Parcale et son entreprise Clock Tower X ont créé un site nommé Pax Point. Celui-ci ressemble à celui d’une organisation humanitaire israélienne qui serait engagée pour la paix.

De la même façon que pour le site du faux Hanover Institute, dans le pied de page est indiqué : « Ce document est diffusé par Clock Tower X LLC pour le compte de l’État d’Israël » sans pour autant mentionner Havas. Pour retrouver les traces de la multinationale de la communication, il faut aussi passer par l’enregistrement FARA déposé par Clock Tower X. Cet enregistrement, daté de décembre 2025, (mis en ligne ensuite par Politico) explique que l’entreprise de l’ancien conseiller de Donald Trump a passé un contrat avec la filiale allemande d’Havas, encore, pour mener des opérations d’influence numérique. Ainsi, l’entreprise doit assurer la mise en ligne de sites web et de contenus destinés à influencer les conversations des modèles IA.

Le contrat comporte aussi un volet réseaux sociaux dans lequel Clock Tower X s’engage à produire 100 contenus originaux chaque mois, dont au moins 80 % destinés à la Gen Z sur TikTok, Instagram, YouTube et dans des podcasts.

Contactées par Next, Havas, Clock Tower X et Piro ne nous ont pas encore répondu. Nous ne manquerons pas de mettre à jour cet article le cas échéant.

Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots

18 août 2026 à 12:36
Bullshit Institute
Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots

Par l’intermédiaire de l’agence de publicité Piro, Havas a monté de toutes pièces le site d’un faux « think tank » pour le compte d’Israël. Toutes les soi-disant études sont rédigées de manière à influencer les chatbots sur certaines questions concernant notamment Israël ou Gaza. Une autre agence de communication gérée par l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Clock Tower X, aide Havas à diffuser la propagande israélienne dans les chatbots IA.

Des agences de communication qui ont pignon sur rue commencent à organiser des campagnes d’influence visant les chatbots pour le compte d’États.

Le Hanover Institute qui n’existait pas

Et en l’occurrence, l’agence n’est pas n’importe laquelle. Puis qu’avec l’aide de l’agence Piro, Havas a confectionné le site d’un faux think tank pour Israël. Sous le nom de Hanover Institute for public policy, ces deux agences publient de nombreux textes présentés comme des « data reports », leur contenu est pensé pour diffuser largement les éléments de langage du pays dirigé par Benyamin Nétanyahou.

Avec son nom qui semble porter un discours académique, la reprise de ses contenus peut passer inaperçue dans la restitution d’un sujet généré par un chatbot comme Perplexity, ChatGPT ou Claude dont certains ont commencé à le citer.

Une campagne déclarée aux autorités états-uniennes

Politico a repéré que l’agence Piro a déclaré cette campagne aux autorités américaines. En effet, aux États-Unis, le Foreign Agents Registration Act (FARA) impose aux personnes physiques et morales qui exercent des activités de lobbying pour un autre pays de se déclarer au Département de la Justice (DOJ) en détaillant ces activités ainsi que les rémunérations liées.

Piro a ainsi signalé, dans le document obtenu par Politico, avoir été mandaté par la filiale allemande d’Havas (Havas Media Germany GmbH), « pour le compte de l’Agence de publicité du gouvernement israélien » afin de « fournir des services de stratégie, de recherche, de développement éditorial, de création, de production, de planification de la diffusion et autres services connexes dans le cadre d’une initiative de contenu d’information publique fondée sur des faits, menée pour le compte du ministère israélien des Affaires étrangères ». Un deuxième document transmis aux autorités américaines liste des dizaines d’articles publiés sur le site du Hanover Institute for public policy.

Selon le premier document, cette campagne, pour laquelle Piro doit toucher 100 000 dollars, fait partie d’une mission plus large de communication numérique commandée par Havas dont le montant total est d’un million de dollars.

Outre de la communication numérique « classique », le site de Piro met en avant une nouvelle section nommée « AI story optimization » dans laquelle l’entreprise se targue de créer du storytelling visant les agents IA.

Une influence efficace notamment sur Perplexity

Concernant le faux site de think tank Hanover Institute for public policy, les résultats ne sont pas nécessairement au rendez-vous. Politico indique que ChatGPT et Perplexity ont cité la propagande du site créé par Piro et Havas, en réponse à certains de leurs tests.

De notre côté, après quelques tests, ChatGPT et Claude n’ont pas cité ce faux think tank. Par contre, Perplexity l’a référencé à plusieurs reprises lorsque nous avons repris des questions (en anglais) qui servent de titres aux articles publiés sur ce site :

Quand on navigue sur le site du Hanover Institute, tout le design est fait pour le présenter comme celui d’un think tank étudiant « les facteurs qui alimentent l’antisémitisme aux États-Unis ». Aucun article n’est signé et ne fait référence à une commande du gouvernement israélien. L’agence de communication indique par contre dans le pied de page : « Ce document est diffusé par Piro, Inc. pour le compte de Havas Media Germany GmbH, agissant pour le compte de l’Agence de publicité du gouvernement israélien (LaPam) ». La page « about » mentionne aussi ces trois entités.

L’ancien directeur de la campagne de Trump fait de même avec une fausse association pour la paix

Le partenariat d’Israël avec Havas concernant l’influence des chatbots IA ne s’arrête pas là. Comme l’avait révélé le Time mi-juillet, l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Brad Parcale et son entreprise Clock Tower X ont créé un site nommé Pax Point. Celui-ci ressemble à celui d’une organisation humanitaire israélienne qui serait engagée pour la paix.

De la même façon que pour le site du faux Hanover Institute, dans le pied de page est indiqué : « Ce document est diffusé par Clock Tower X LLC pour le compte de l’État d’Israël » sans pour autant mentionner Havas. Pour retrouver les traces de la multinationale de la communication, il faut aussi passer par l’enregistrement FARA déposé par Clock Tower X. Cet enregistrement, daté de décembre 2025, (mis en ligne ensuite par Politico) explique que l’entreprise de l’ancien conseiller de Donald Trump a passé un contrat avec la filiale allemande d’Havas, encore, pour mener des opérations d’influence numérique. Ainsi, l’entreprise doit assurer la mise en ligne de sites web et de contenus destinés à influencer les conversations des modèles IA.

Le contrat comporte aussi un volet réseaux sociaux dans lequel Clock Tower X s’engage à produire 100 contenus originaux chaque mois, dont au moins 80 % destinés à la Gen Z sur TikTok, Instagram, YouTube et dans des podcasts.

Contactées par Next, Havas, Clock Tower X et Piro ne nous ont pas encore répondu. Nous ne manquerons pas de mettre à jour cet article le cas échéant.

Reçu — 17 août 2026 Actualités numériques

Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

17 août 2026 à 12:41
🤢️
Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

Après la vague de deepfakes sur Grok fin 2025-début 2026, des enquêtes ont été lancées et plusieurs adolescentes et jeunes femmes ont porté plainte contre SpaceXAI mais aussi Stability AI. Cinq plaignantes, toutes mineures au moment des faits, les accusent d’avoir produit des contenus pédocriminels pour leurs utilisateurs. L’un d’entre eux était le beau-père d’une des victimes, un autre l’un de ses amis.

Attention : le sujet de cet article est particulièrement difficile et certains détails évoqués peuvent heurter.

Pendant plus de six mois, Elon Musk et son entreprise d’IA générative ont incité leurs utilisateurs à générer avec Grok des images de femmes mises à nu et/ou dans des positions sexuelles. SpaceXAI (le nouveau nom de xAI) est maintenant accusée, aux États-Unis, d’avoir laissé Grok générer des milliers de photos pédocriminelles de cinq plaignantes, à la demande de ses utilisateurs.

« Les puissants outils de l’intelligence artificielle peuvent produire des résultats stupéfiants », commence la plainte de ces cinq jeunes femmes :

« Imaginez : la vidéo d’une véritable enfant transformée par une plateforme d’IA pour représenter une scène entièrement nouvelle. Le visage de l’enfant reste le même ; ses membres bougent comme ceux de l’enfant réel ; même son rire conserve la même intonation. »

« Telle une poupée de chiffon à qui la magie noire aurait donné vie, cette enfant peut être manipulée pour prendre n’importe quelle posture, aussi malsaine, fétichiste ou illégale soit-elle », continue la plainte. « Pour le spectateur, la vidéo qui en résulte semble tout à fait réelle. Quant à l’enfant, ses traits distinctifs seront désormais à jamais associés à une vidéo montrant les abus sexuels dont elle a été victime ».

Grok et d’autres IA génératives peuvent ainsi créer des images très réalistes (même si complètement irréelles) d’enfants existants dans des positions lascives, les dénuder ou même les inclure dans des images sur lesquelles ils (et très souvent elles) subissent des violences sexuelles.

Trois jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits (une d’entre elles l’est encore), ont porté plainte aux États-Unis en mars dernier. Elles ont été rejointes par deux autres (mineures aussi au moment des faits) en juillet dernier. Le document [PDF] décrit la génération de milliers de contenus pédocriminels (CSAM).

L’utilisation d’une photo d’une victime prise lorsqu’elle avait 11 ans

L’une d’entre elles accuse notamment SpaceXAI d’avoir généré plus de 7 000 fausses images la représentant dans des scènes de viol pour son beau-père. Celui-ci a utilisé le chatbot Grok de l’entreprise pour les obtenir en uploadant une photo d’elle prise lorsqu’elle avait 11 ans. La plainte détaille des images très explicites, le sous-titre d’une d’entre elles décrit le viol par le beau-père.

« Ma vie était tout à fait normale », explique la plaignante de manière anonyme auprès du Washington Post, « moins de 48 heures plus tard, c’était devenu un véritable cauchemar ». « L’accès illimité à ces outils se généralise à une vitesse fulgurante », ajoute-t-elle : « Cela transforme la vie quotidienne en une situation d’abus sexuel sur mineur ».

Ce cas a été découvert par les autorités américaines qui ont lancé une enquête contre le beau-père pour détention de contenus pédocriminels. Mais deux jours après les investigations sur les disques durs utilisés par le beau-père, celui-ci s’est suicidé. La plainte explique qu’à la suite de ce suicide, la victime a traversé une période de crise personnelle très grave : « Elle a dû faire face au traumatisme lié à sa propre exploitation sexuelle tout en aidant sa mère à surmonter la perte de son beau-père ».

De plus, selon son témoignage auprès de nos confrères, il n’a pas été inculpé car, si SpaceXAI a fait un signalement, l’entreprise n’a pas fourni aux autorités les deepfakes en question. L’entreprise aurait même, dans un premier temps, transmis l’information à la cellule de lutte contre la cybercriminalité du mauvais État.

Selon le Washington Post, le beau-père aurait uploadé la première photo de sa belle-fille quelques semaines après qu’Elon Musk a, mi-janvier, certifié que son outil « refuserait de produire quoi que ce soit d’illégal ». SpaceXAI n’a pas voulu répondre à nos confrères.

Stability AI ajoutée à la plainte

Les deepfakes concernant les autres plaignantes sont aussi décrits, dans la plainte, comme des contenus pédocriminels. Pour l’une d’entre elles, c’est aussi un proche qui a utilisé l’IA générative pour créer des images d’elle : « L’auteur des faits avait accès aux photos de [la jeune fille] car il entretenait une relation étroite et amicale avec elle, profitant de la confiance qu’elle lui accordait pour l’inciter à lui envoyer des photos d’elle-même », explique la plainte.

Dans la nouvelle version de la plainte, les avocats des plaignantes ont ajouté une autre entreprise au banc des accusés : Stability AI, qui diffuse son modèle en « open-weight » (on parle de modèle à poids ouverts quand ses paramètres internes – les « poids » – calculés lors de l’apprentissage sont partagés publiquement). Les applications installées sur le téléphone de plusieurs auteurs des faits, utilisées pour créer les contenus pédocriminels générés par IA représentant les plaignantes, s’appuyaient « sur les outils de génération d’images de Stability AI pour produire ces contenus illicites », affirment les avocats des plaignantes.

« La capacité d’un modèle à poids ouvert à générer du contenu CSAM, que ce soit « tel quel » ou après un ajustement par l’utilisateur, dépend fortement de la familiarité du modèle avec les contenus de nudité présents dans ses données d’entraînement initiales », expliquent-ils. Et ils ajoutent que les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ont été entrainés sur les données de LAION-5B, une base de données qui a pendant, un certain temps, listé des contenus pédocriminels.

« Les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ayant été entraînés sur du contenu pédocriminels, ils étaient capables de générer ce type de contenu », commentent les avocats. « Lorsqu’un modèle à poids ouverts a été entraîné sur du contenu pédopornographique, comme ce fut le cas pour Stable Diffusion, ces barrières s’avèrent faciles à contourner ».

Les deux entreprises n’ont pas encore été entendues par la justice. D’abord prévues le 13 aout dernier, l’audience préliminaire concernant ce procès a été reportée [PDF] au 15 octobre.

Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

17 août 2026 à 12:41
🤢️
Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

Après la vague de deepfakes sur Grok fin 2025-début 2026, des enquêtes ont été lancées et plusieurs adolescentes et jeunes femmes ont porté plainte contre SpaceXAI mais aussi Stability AI. Cinq plaignantes, toutes mineures au moment des faits, les accusent d’avoir produit des contenus pédocriminels pour leurs utilisateurs. L’un d’entre eux était le beau-père d’une des victimes, un autre l’un de ses amis.

Attention : le sujet de cet article est particulièrement difficile et certains détails évoqués peuvent heurter.

Pendant plus de six mois, Elon Musk et son entreprise d’IA générative ont incité leurs utilisateurs à générer avec Grok des images de femmes mises à nu et/ou dans des positions sexuelles. SpaceXAI (le nouveau nom de xAI) est maintenant accusée, aux États-Unis, d’avoir laissé Grok générer des milliers de photos pédocriminelles de cinq plaignantes, à la demande de ses utilisateurs.

« Les puissants outils de l’intelligence artificielle peuvent produire des résultats stupéfiants », commence la plainte de ces cinq jeunes femmes :

« Imaginez : la vidéo d’une véritable enfant transformée par une plateforme d’IA pour représenter une scène entièrement nouvelle. Le visage de l’enfant reste le même ; ses membres bougent comme ceux de l’enfant réel ; même son rire conserve la même intonation. »

« Telle une poupée de chiffon à qui la magie noire aurait donné vie, cette enfant peut être manipulée pour prendre n’importe quelle posture, aussi malsaine, fétichiste ou illégale soit-elle », continue la plainte. « Pour le spectateur, la vidéo qui en résulte semble tout à fait réelle. Quant à l’enfant, ses traits distinctifs seront désormais à jamais associés à une vidéo montrant les abus sexuels dont elle a été victime ».

Grok et d’autres IA génératives peuvent ainsi créer des images très réalistes (même si complètement irréelles) d’enfants existants dans des positions lascives, les dénuder ou même les inclure dans des images sur lesquelles ils (et très souvent elles) subissent des violences sexuelles.

Trois jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits (une d’entre elles l’est encore), ont porté plainte aux États-Unis en mars dernier. Elles ont été rejointes par deux autres (mineures aussi au moment des faits) en juillet dernier. Le document [PDF] décrit la génération de milliers de contenus pédocriminels (CSAM).

L’utilisation d’une photo d’une victime prise lorsqu’elle avait 11 ans

L’une d’entre elles accuse notamment SpaceXAI d’avoir généré plus de 7 000 fausses images la représentant dans des scènes de viol pour son beau-père. Celui-ci a utilisé le chatbot Grok de l’entreprise pour les obtenir en uploadant une photo d’elle prise lorsqu’elle avait 11 ans. La plainte détaille des images très explicites, le sous-titre d’une d’entre elles décrit le viol par le beau-père.

« Ma vie était tout à fait normale », explique la plaignante de manière anonyme auprès du Washington Post, « moins de 48 heures plus tard, c’était devenu un véritable cauchemar ». « L’accès illimité à ces outils se généralise à une vitesse fulgurante », ajoute-t-elle : « Cela transforme la vie quotidienne en une situation d’abus sexuel sur mineur ».

Ce cas a été découvert par les autorités américaines qui ont lancé une enquête contre le beau-père pour détention de contenus pédocriminels. Mais deux jours après les investigations sur les disques durs utilisés par le beau-père, celui-ci s’est suicidé. La plainte explique qu’à la suite de ce suicide, la victime a traversé une période de crise personnelle très grave : « Elle a dû faire face au traumatisme lié à sa propre exploitation sexuelle tout en aidant sa mère à surmonter la perte de son beau-père ».

De plus, selon son témoignage auprès de nos confrères, il n’a pas été inculpé car, si SpaceXAI a fait un signalement, l’entreprise n’a pas fourni aux autorités les deepfakes en question. L’entreprise aurait même, dans un premier temps, transmis l’information à la cellule de lutte contre la cybercriminalité du mauvais État.

Selon le Washington Post, le beau-père aurait uploadé la première photo de sa belle-fille quelques semaines après qu’Elon Musk a, mi-janvier, certifié que son outil « refuserait de produire quoi que ce soit d’illégal ». SpaceXAI n’a pas voulu répondre à nos confrères.

Stability AI ajoutée à la plainte

Les deepfakes concernant les autres plaignantes sont aussi décrits, dans la plainte, comme des contenus pédocriminels. Pour l’une d’entre elles, c’est aussi un proche qui a utilisé l’IA générative pour créer des images d’elle : « L’auteur des faits avait accès aux photos de [la jeune fille] car il entretenait une relation étroite et amicale avec elle, profitant de la confiance qu’elle lui accordait pour l’inciter à lui envoyer des photos d’elle-même », explique la plainte.

Dans la nouvelle version de la plainte, les avocats des plaignantes ont ajouté une autre entreprise au banc des accusés : Stability AI, qui diffuse son modèle en « open-weight » (on parle de modèle à poids ouverts quand ses paramètres internes – les « poids » – calculés lors de l’apprentissage sont partagés publiquement). Les applications installées sur le téléphone de plusieurs auteurs des faits, utilisées pour créer les contenus pédocriminels générés par IA représentant les plaignantes, s’appuyaient « sur les outils de génération d’images de Stability AI pour produire ces contenus illicites », affirment les avocats des plaignantes.

« La capacité d’un modèle à poids ouvert à générer du contenu CSAM, que ce soit « tel quel » ou après un ajustement par l’utilisateur, dépend fortement de la familiarité du modèle avec les contenus de nudité présents dans ses données d’entraînement initiales », expliquent-ils. Et ils ajoutent que les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ont été entrainés sur les données de LAION-5B, une base de données qui a pendant, un certain temps, listé des contenus pédocriminels.

« Les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ayant été entraînés sur du contenu pédocriminels, ils étaient capables de générer ce type de contenu », commentent les avocats. « Lorsqu’un modèle à poids ouverts a été entraîné sur du contenu pédopornographique, comme ce fut le cas pour Stable Diffusion, ces barrières s’avèrent faciles à contourner ».

Les deux entreprises n’ont pas encore été entendues par la justice. D’abord prévues le 13 aout dernier, l’audience préliminaire concernant ce procès a été reportée [PDF] au 15 octobre.

❌