Postal Service to Impose Its First-Ever Fuel Surcharge on Packages
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Si la mode est de plus en plus à la sortie des configurations recommandées très peu de temps avant le lancement des jeux vidéos, les développeurs de Playground Games (aidés par Turn10 Studios) n'ont visiblement pas décidé de céder à cette facilité concernant Forza Horizon 6. Alors que le jeu ne sort...
Si vous lorgnez la NVIDIA GeForce RTX 5070, et n'êtes pas contre un "petit" Resident Evil Requiem offert en prime, voici un prix sympathique chez un revendeur français. Cdiscount propose en effet la GIGABYTE GeForce RTX 5070 WINDFORCE OC SFF au prix de base de 599,99 €, ce qui est déjà vraiment corr...
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Hier, NVIDIA déployait son pilote GeForce Game Ready pour corriger quelques bugs connus. Mais il était également signalé deux bugs connus, mais pas encore corrigés. Un des deux vient de connaitre une triste fin en étant éradiqué dans le hotfix 596.02 qui vient de paraitre. Contrairement à ce qui pa...
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Pour la deuxième fois en trois semaines, le dépôt GitHub du scanner de vulnérabilité Trivy a été compromis. Une autre application, LiteLLM, en fait les frais et infecte à son tour d’autres projets qui se font dérober leurs identifiants et secrets. Un effet boule de neige qui montre bien les dangers de la supply chain. On vous raconte cette histoire assez folle et inquiétante.
Début mars, nous relations une affaire inquiétante : un bot avait exploité GitHub Actions pour vider un dépôt, celui de Trivy ; ironie du sort, c’est un scanner de vulnérabilité. Le bot avait également publié une extension VS Code malveillante. Trivy avait repris le contrôle et publié une version 0.69.2 jugée comme sûre. Trois semaines plus tard, on découvre que ce n’est pas terminé, loin de là.
Pour Stéphane Robert, ingénieur DevOps et architecte cloud chez 3DS Outscale, c’était une alerte de plus, à ajouter à toutes les précédentes : « Vos pipelines sont une surface d’attaque. Ils ont des permissions d’écriture sur vos repos, accèdent à des secrets, et s’exécutent à chaque push. Vous ne pourrez plus dire “je ne savais pas” ».
Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que l’histoire lui donne de nouveau raison. Dans un billet de blog intitulé « 20 jours plus tard : Trivy est compromis, acte II », Boost Security Labs détaille une nouvelle attaque contre Trivy : « Le pirate a retrouvé l’accès à Aqua Security (via un vecteur encore sous enquête) […] Le 19 mars 2026, des versions empoisonnées de Trivy (v0.69.4) ont été diffusées ».
Stéphane Robert ajoute que « les versions 0.69.5 et 0.69.6, poussées le 22 mars sans publications GitHub associées, contiennent elles aussi des indicateurs de compromission ». Elles étaient disponibles sur Docker Hub.
Sur GitHub, Aqua Security (éditeur de Trivy) confirme : « Le 19 mars, nous avons observé qu’un acteur malveillant avait utilisé des identifiants compromis pour publier des versions malveillantes de trivy (v0.69.4), trivy-action et setup-trivy. Il s’agissait d’une suite à l’incident récent du 1er mars qui avait entraîné l’exfiltration d’identifiants. Le confinement du premier incident était incomplet. Nous avons renouvelé les secrets et les jetons, mais le processus n’était pas atomique et des attaquants ont pu avoir accès aux jetons mis à jour ».
Un GitHub Advisory (GHSA) dédié a été mis en ligne, qui précise à ce sujet que « toutes les accréditations n’ont pas été révoquées simultanément », la fenêtre rotation durait quelques jours, ce qui a suffi à l’attaquant pour exfiltrer les nouveaux secrets.
Face à cette situation, Trivy serre encore la vis : « Nous adoptons désormais une approche plus restrictive et bloquons toutes les actions automatisées et tous les jetons afin d’éliminer complètement le problème […] Toutes les dernières versions pointent désormais vers une version sûre ». En espérant que cette fois ce soit la bonne.
Les versions considérées par Aqua Security comme fiables sont les 0.69.3 pour Trivy, 0.2.6 pour aquasecurity/setup-trivy (GitHub Actions) et 0.35.0 aquasecurity/trivy-action (GitHub Actions). Les versions malveillantes sont restées entre 3 et 12 heures en ligne, selon les développeurs.

L’attaque ciblait donc Trivy directement, mais il y avait également « deux commits imposteurs non rattachés à une branche. L’un visait actions/checkout, l’autre aquasecurity/trivy. Ces commits utilisaient des auteurs crédibles, des messages plausibles et des modifications volontairement discrètes pour se fondre dans le bruit d’un diff ordinaire », explique Stéphane Robert.
L’attaquant utilisait aussi un nom de domaine proche de celui de l’entreprise : scan.aquasecurtiy.org… avez-vous remarqué l’inversion entre le i et le t dans securtiy ? Le nom de domaine a été acheté le 17 mars, juste avant l’attaque. Boost Security explique que cette adresse était utilisée pour récupérer des fichiers malveillants qui venaient remplacer certains composants de Trivy.
Conclusion et leçon à retenir selon Stéphane Robert : « une fois qu’un attaquant tient un credential puissant, il peut revenir plus tard, se fondre dans les automatismes du projet, puis transformer l’écosystème de build et de distribution en vecteur d’attaque ». En conséquence, tout ce qui touche au CI/CD (CI pour intégration continue et CD pour déploiement continu) doit être « administré comme un système critique ».
Les revues des derniers Intel Core Ultra 200 S Plus — à savoir les Core Ultra 5 250 K Plus et Core Ultra 7 270 K Plus - sont sorties il y a deux jours déjà. Attendu pour certains, inutile pour d’autres, ce refresh a en tout cas la qualité majeure d’améliorer le ratio performances/prix avec l’ajout d...
Meta a déployé des outils dangereux pour la santé mentale des mineurs en toute connaissance de cause et retenu des informations sur des cas d’exploitation sexuelle de mineurs, a tranché ce 24 mars un jury états-unien.
Au Nouveau-Mexique, le tribunal a condamné l’entreprise à 375 millions de dollars de dommages civils, une décision que le procureur qualifie d’ « historique », quand bien même les plaignants visaient un montant cinq fois plus élevé. C’est la première fois que l’entreprise de Mark Zuckerberg est déclaré coupable d’actes commis sur ses plateformes, note the Guardian.

L’affaire a été portée devant les tribunaux en décembre 2023, après que des enquêtes eurent détaillé comment Facebook et Instagram s’étaient transformés en place de marché de l’exploitation sexuelle de mineurs.
L’entreprise ne devra pas pour autant adapter ses pratiques tout de suite : ce sera un juge, et non un jury populaire, qui pourra se prononcer sur ce type d’évolution, rappelle AP. Meta a indiqué se pourvoir en appel.
Cette affaire est la première d’une série de plaintes déposées contre le groupe. Plus de 40 procureurs états-uniens ont par exemple déposé des plaintes fin 2023 pour le manque de protection des internautes mineurs de la part de la société.
Meta a déployé des outils dangereux pour la santé mentale des mineurs en toute connaissance de cause et retenu des informations sur des cas d’exploitation sexuelle de mineurs, a tranché ce 24 mars un jury états-unien.
Au Nouveau-Mexique, le tribunal a condamné l’entreprise à 375 millions de dollars de dommages civils, une décision que le procureur qualifie d’ « historique », quand bien même les plaignants visaient un montant cinq fois plus élevé. C’est la première fois que l’entreprise de Mark Zuckerberg est déclaré coupable d’actes commis sur ses plateformes, note the Guardian.

L’affaire a été portée devant les tribunaux en décembre 2023, après que des enquêtes eurent détaillé comment Facebook et Instagram s’étaient transformés en place de marché de l’exploitation sexuelle de mineurs.
L’entreprise ne devra pas pour autant adapter ses pratiques tout de suite : ce sera un juge, et non un jury populaire, qui pourra se prononcer sur ce type d’évolution, rappelle AP. Meta a indiqué se pourvoir en appel.
Cette affaire est la première d’une série de plaintes déposées contre le groupe. Plus de 40 procureurs états-uniens ont par exemple déposé des plaintes fin 2023 pour le manque de protection des internautes mineurs de la part de la société.
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Alors qu’elle subissait depuis des années des diffusions non consenties d’images à caractère sexuel en ligne, l’actrice allemande Collien Fernandes a découvert et fait savoir publiquement que l’auteur de ces manipulations était son ex-mari, une autre star du petit écran allemand, Christian Ulmen. Ces révélations défraient la chronique, alors que l’Allemagne se prépare à débattre d’une loi de protection des internautes contres les deepfakes pornographiques et d’autres types de violences numériques.
Très engagée contre les diffusions non consenties d’images à caractère sexuel, l’animatrice et actrice allemande Collien Fernandes a déposé plainte contre son ex-mari, l’acteur Christian Ulmen, pour « agression, usurpation d’identité et diffamation ». Ensemble depuis 2010, mariés depuis l’été suivant, les deux formaient l’un des couples les plus populaires du pays jusqu’à leur séparation, annoncée en septembre 2025.
Ce 20 mars, une longue enquête du magazine Der Spiegel détaille les raisons de cette séparation : pendant des années, son ex-mari avait recouru à toutes sortes d’outils technologiques, notamment d’intelligence artificielle, pour se faire passer pour Collien Fernandes et la faire interagir dans des échanges à caractère sexuel avec des inconnus. Ces discussions recouraient par ailleurs à des images, des vidéos et des sons générés par IA à caractère sexuel.
Qualifiant le phénomène de « viol virtuel », Der Spiegel compare les débats soulevés par cette agression répétée en ligne à ceux qui entourent l’affaire Pélicot ou l’affaire Espstein, dans lesquels les victimes se battent pour être entendues.
En l’occurrence, loin d’être isolées, les violences numériques touchent des personnes de tous les âges, dans des contextes publics ou privés. Dans le cadre du foyer, le centre Hubertine Auclert constatait en 2018 (.pdf) que 9 victimes de violences conjugales sur 10 essuyaient aussi des formes de violences numériques, allant de la diffusion non consentie de contenus variés au harcèlement ou à la surveillance.
Sur Instagram, Collien Fernandes a aussi pris la parole pour exposer ce qu’elle a subi : « Pendant des années, de faux profils ont été créés à mon nom (…) qui contactaient avant tout des hommes. Après des débuts de conversation normaux, les discussions prenaient un ton de flirt, et la personne envoyait de (fausses) images dénudées et vidéos sexuelles de moi, qui semblaient prises dans le cadre privé, comme si je m’étais moi-même photographiée dénudée et m’étais filmée en plein acte sexuel. »

Le phénomène, qui impliquait par ailleurs des conversations téléphoniques à caractère sexuel, là encore tenues via de la génération de voix par IA, a duré « pendant dix ans (!) », écrit Collien Fernandes. À plusieurs de ces hommes, l’auteur de l’usurpation d’identité a envoyé une « histoire érotique » évoquant un viol de la présentatrice « par 21 hommes ».
Le phénomène n’a pas cessé alors qu’en 2023, elle prenait la parole publiquement, puis, en 2024, publiait un documentaire sur la question. Seule la suspension des comptes par les plateformes concernées a permis de freiner l’agression, mais l’actrice et ses avocats n’ont jamais réussi à faire supprimer certains contenus, dont une vidéo qui a déjà enregistré plus de 270 000 vues.
Quoiqu’il arrive, raconte Der Spiegel, l’ancienne présentatrice de télévision voulait savoir qui était derrière ces diffusions, ces faux comptes LinkedIn, ces manipulations répétées de son image et son nom. En 2024, elle avait déjà déposé plainte contre X.
Et lors des fêtes de Noël de la même année, son monde s’est effondré lorsque son époux de l’époque lui a avoué être l’auteur de cette manipulation de longue durée. Outre le fait d’illustrer brutalement un phénomène vécu par d’autres femmes, l’affaire choque d’autant plus l’opinion allemande que le couple Fernandes-Ulmen, très populaire dans le paysage médiatique local, s’est exprimé à plusieurs reprises sur les enjeux d’égalités des droits.
Christian Ulmen a notamment donné des interviews dans lesquelles il expliquait le rôle qu’il jouait au foyer, lorsque sa femme était en tournage, ou indiquait dédaigner les hommes qui se comportent comme de « prétendus petits mâles dominants ». Auprès du Westdeutschen Allegmeinen Zeitung, l’acteur s’est par ailleurs décrit comme « le genre d’homme que le féminisme a toujours souhaité ».
En ligne, majeurs et mineurs sont régulièrement visés par diverses formes de violences. Ce 23 mars, l’ONG britannique Internet Watch Foundation alertait par exemple sur l’évolution rapide des contenus représentant des agressions sexuelles sur mineurs (CSAM, Child sexual abuse material), dans lesquels on trouve de plus en plus d’images et de vidéos hautement crédibles générées par IA.
De même, depuis l’explosion des robots conversationnels et des outils de génération d’image, nombreuses sont les spécialistes ou les victimes de deepfakes pornographiques qui alertent contre l’explosion du phénomène, qui frappe ultra-majoritairement les femmes.
Outre ces évolutions récentes, les occurrences de diffusions non consenties d’images à caractère sexuelles de personnalités ou de personnes moins exposées, les scandales d’upskirting (prises de photo sous les jupes), de sextorsion, ou encore ceux de captation d’images à l’insu de clientes de magasins ou d’hôtel se sont répétés, au fil des années écoulées.
Si la France s’est peu à peu dotée de différents outils légaux pour lutter contre les diverses formes de cyberviolences numériques, l’Allemagne reste, à l’heure actuelle, relativement démunie sur le sujet.
Alors que plusieurs milliers de personnes se réunissaient ce week-end près de la Brandenburger Tor, à Berlin, pour soutenir Collien Fernandes, le pays attend un débat réglementaire sur une proposition de loi relative à la protection contre les violences numériques. Le texte est « presque prêt », a déclaré un porte-parole du ministère fédéral de la Justice et de la protection des consommateurs au média Heise.
Il devrait couvrir deux volets : un pénal, dans lequel les deepfakes pornographiques et diverses autres formes d’agressions numériques deviendront condamnables, et un civil, pensé pour faciliter la réaction des victimes.
Concrètement, pour ces dernières, il s’agirait de renforcer le droit à être informé par les plateformes dans les cas de violations des droits de la personnalité (qui protègent un individu contre toute ingérence dans sa vie et sa liberté).
Du côté des agresseurs, le gouvernement compte menacer de bloquer les comptes des auteurs de ce type d’agression numérique des plateformes sur lesquelles ils agissent. Le but général est de « réduire le sentiment d’impunité », a indiqué la ministre fédérale de la Justice.
Si les plateformes numériques sont principalement régulées à l’échelle européenne, tout ce qui relève du droit pénal est laissé à l’appréciation des États membres. En l’espèce, l’Allemagne manque actuellement de certaines dispositions, que cette proposition de loi pourrait permettre d’accélérer.
À défaut, les victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel ne peuvent pour le moment s’appuyer que sur des actions au civil, en demandant des compensations aux auteurs et le retrait des contenus incriminés. Mais ces procédures sont longues, et peuvent constituer une charge supplémentaire pour les victimes de violences numériques.
En attendant les évolutions allemandes, Collien Fernandes a déposé plainte devant la justice espagnole, où elle a vécu, pour usurpation d’identité, injure publique, divulgation de secrets, coups et blessures répétés dans le cadre familial et menaces graves.
Au-delà du pan numérique des agressions dont elle témoigne, elle accuse en effet son ex-mari de lui avoir fait subir des violences psychologiques et émotionnelles, ainsi que des agressions physiques.
Comme Gisèle Pélicot et d’autres victimes de violences sexistes et sexuelles, qui prennent plus facilement la parole depuis la vague #MeToo, Collien Fernandes indique au Spiegel vouloir faire « changer la honte de camp » : que les internautes qui ressentent de la honte, face à la diffusion de ce type de contenu, ne soient plus celles et ceux représentés sur les images ou vidéos, mais bien ceux qui les créent.
C’est notamment pour cela qu’elle soutient, depuis 2023, les travaux d’une association comme HateAid, qui vise à faire évoluer l’opinion publique et à pousser les législateurs allemands à mieux protéger les internautes contre les deepfakes pornographiques.
Alors qu’elle subissait depuis des années des diffusions non consenties d’images à caractère sexuel en ligne, l’actrice allemande Collien Fernandes a découvert et fait savoir publiquement que l’auteur de ces manipulations était son ex-mari, une autre star du petit écran allemand, Christian Ulmen. Ces révélations défraient la chronique, alors que l’Allemagne se prépare à débattre d’une loi de protection des internautes contres les deepfakes pornographiques et d’autres types de violences numériques.
Très engagée contre les diffusions non consenties d’images à caractère sexuel, l’animatrice et actrice allemande Collien Fernandes a déposé plainte contre son ex-mari, l’acteur Christian Ulmen, pour « agression, usurpation d’identité et diffamation ». Ensemble depuis 2010, mariés depuis l’été suivant, les deux formaient l’un des couples les plus populaires du pays jusqu’à leur séparation, annoncée en septembre 2025.
Ce 20 mars, une longue enquête du magazine Der Spiegel détaille les raisons de cette séparation : pendant des années, son ex-mari avait recouru à toutes sortes d’outils technologiques, notamment d’intelligence artificielle, pour se faire passer pour Collien Fernandes et la faire interagir dans des échanges à caractère sexuel avec des inconnus. Ces discussions recouraient par ailleurs à des images, des vidéos et des sons générés par IA à caractère sexuel.
Qualifiant le phénomène de « viol virtuel », Der Spiegel compare les débats soulevés par cette agression répétée en ligne à ceux qui entourent l’affaire Pélicot ou l’affaire Espstein, dans lesquels les victimes se battent pour être entendues.
En l’occurrence, loin d’être isolées, les violences numériques touchent des personnes de tous les âges, dans des contextes publics ou privés. Dans le cadre du foyer, le centre Hubertine Auclert constatait en 2018 (.pdf) que 9 victimes de violences conjugales sur 10 essuyaient aussi des formes de violences numériques, allant de la diffusion non consentie de contenus variés au harcèlement ou à la surveillance.
Sur Instagram, Collien Fernandes a aussi pris la parole pour exposer ce qu’elle a subi : « Pendant des années, de faux profils ont été créés à mon nom (…) qui contactaient avant tout des hommes. Après des débuts de conversation normaux, les discussions prenaient un ton de flirt, et la personne envoyait de (fausses) images dénudées et vidéos sexuelles de moi, qui semblaient prises dans le cadre privé, comme si je m’étais moi-même photographiée dénudée et m’étais filmée en plein acte sexuel. »

Le phénomène, qui impliquait par ailleurs des conversations téléphoniques à caractère sexuel, là encore tenues via de la génération de voix par IA, a duré « pendant dix ans (!) », écrit Collien Fernandes. À plusieurs de ces hommes, l’auteur de l’usurpation d’identité a envoyé une « histoire érotique » évoquant un viol de la présentatrice « par 21 hommes ».
Le phénomène n’a pas cessé alors qu’en 2023, elle prenait la parole publiquement, puis, en 2024, publiait un documentaire sur la question. Seule la suspension des comptes par les plateformes concernées a permis de freiner l’agression, mais l’actrice et ses avocats n’ont jamais réussi à faire supprimer certains contenus, dont une vidéo qui a déjà enregistré plus de 270 000 vues.
Quoiqu’il arrive, raconte Der Spiegel, l’ancienne présentatrice de télévision voulait savoir qui était derrière ces diffusions, ces faux comptes LinkedIn, ces manipulations répétées de son image et son nom. En 2024, elle avait déjà déposé plainte contre X.
Et lors des fêtes de Noël de la même année, son monde s’est effondré lorsque son époux de l’époque lui a avoué être l’auteur de cette manipulation de longue durée. Outre le fait d’illustrer brutalement un phénomène vécu par d’autres femmes, l’affaire choque d’autant plus l’opinion allemande que le couple Fernandes-Ulmen, très populaire dans le paysage médiatique local, s’est exprimé à plusieurs reprises sur les enjeux d’égalités des droits.
Christian Ulmen a notamment donné des interviews dans lesquelles il expliquait le rôle qu’il jouait au foyer, lorsque sa femme était en tournage, ou indiquait dédaigner les hommes qui se comportent comme de « prétendus petits mâles dominants ». Auprès du Westdeutschen Allegmeinen Zeitung, l’acteur s’est par ailleurs décrit comme « le genre d’homme que le féminisme a toujours souhaité ».
En ligne, majeurs et mineurs sont régulièrement visés par diverses formes de violences. Ce 23 mars, l’ONG britannique Internet Watch Foundation alertait par exemple sur l’évolution rapide des contenus représentant des agressions sexuelles sur mineurs (CSAM, Child sexual abuse material), dans lesquels on trouve de plus en plus d’images et de vidéos hautement crédibles générées par IA.
De même, depuis l’explosion des robots conversationnels et des outils de génération d’image, nombreuses sont les spécialistes ou les victimes de deepfakes pornographiques qui alertent contre l’explosion du phénomène, qui frappe ultra-majoritairement les femmes.
Outre ces évolutions récentes, les occurrences de diffusions non consenties d’images à caractère sexuelles de personnalités ou de personnes moins exposées, les scandales d’upskirting (prises de photo sous les jupes), de sextorsion, ou encore ceux de captation d’images à l’insu de clientes de magasins ou d’hôtel se sont répétés, au fil des années écoulées.
Si la France s’est peu à peu dotée de différents outils légaux pour lutter contre les diverses formes de cyberviolences numériques, l’Allemagne reste, à l’heure actuelle, relativement démunie sur le sujet.
Alors que plusieurs milliers de personnes se réunissaient ce week-end près de la Brandenburger Tor, à Berlin, pour soutenir Collien Fernandes, le pays attend un débat réglementaire sur une proposition de loi relative à la protection contre les violences numériques. Le texte est « presque prêt », a déclaré un porte-parole du ministère fédéral de la Justice et de la protection des consommateurs au média Heise.
Il devrait couvrir deux volets : un pénal, dans lequel les deepfakes pornographiques et diverses autres formes d’agressions numériques deviendront condamnables, et un civil, pensé pour faciliter la réaction des victimes.
Concrètement, pour ces dernières, il s’agirait de renforcer le droit à être informé par les plateformes dans les cas de violations des droits de la personnalité (qui protègent un individu contre toute ingérence dans sa vie et sa liberté).
Du côté des agresseurs, le gouvernement compte menacer de bloquer les comptes des auteurs de ce type d’agression numérique des plateformes sur lesquelles ils agissent. Le but général est de « réduire le sentiment d’impunité », a indiqué la ministre fédérale de la Justice.
Si les plateformes numériques sont principalement régulées à l’échelle européenne, tout ce qui relève du droit pénal est laissé à l’appréciation des États membres. En l’espèce, l’Allemagne manque actuellement de certaines dispositions, que cette proposition de loi pourrait permettre d’accélérer.
À défaut, les victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel ne peuvent pour le moment s’appuyer que sur des actions au civil, en demandant des compensations aux auteurs et le retrait des contenus incriminés. Mais ces procédures sont longues, et peuvent constituer une charge supplémentaire pour les victimes de violences numériques.
En attendant les évolutions allemandes, Collien Fernandes a déposé plainte devant la justice espagnole, où elle a vécu, pour usurpation d’identité, injure publique, divulgation de secrets, coups et blessures répétés dans le cadre familial et menaces graves.
Au-delà du pan numérique des agressions dont elle témoigne, elle accuse en effet son ex-mari de lui avoir fait subir des violences psychologiques et émotionnelles, ainsi que des agressions physiques.
Comme Gisèle Pélicot et d’autres victimes de violences sexistes et sexuelles, qui prennent plus facilement la parole depuis la vague #MeToo, Collien Fernandes indique au Spiegel vouloir faire « changer la honte de camp » : que les internautes qui ressentent de la honte, face à la diffusion de ce type de contenu, ne soient plus celles et ceux représentés sur les images ou vidéos, mais bien ceux qui les créent.
C’est notamment pour cela qu’elle soutient, depuis 2023, les travaux d’une association comme HateAid, qui vise à faire évoluer l’opinion publique et à pousser les législateurs allemands à mieux protéger les internautes contre les deepfakes pornographiques.