❌

Vue normale

Reçu — 24 septembre 2026 ⏭ Actualités numériques

Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

24 septembre 2026 à 15:23
Où sont les usines ?
Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

Frank Heemskerk, responsable des affaires publiques mondiales d’ASML, a déclaré que le groupe ne vend actuellement aucune machine en Europe, faute d’usines de semi-conducteurs en construction. Un constat que confirment les résultats trimestriels d’ASML, alors que l’Europe travaille à réviser sa législation sur les puces.

ASML est l’une des entreprises les plus importantes au monde actuellement. Elle fabrique et commercialise des machines de lithographie par rayonnement UV, qui permettent à leur tour la gravure des puces les plus avancées. ASML occupe ainsi une place de choix dans l’industrie des semiconducteurs.

L’entreprise vient de faire parler d’elle, par l’intermédiaire de son directeur des relations publiques, Frank Heemskerk (qui fut également ministre aux Pays-Bas). « Nous ne vendons rien du tout en Europe. C’est parce que l’Europe n’investit pas et qu’aucune usine de puces n’est construite ici. Et c’est vraiment inquiétant », a-t-il déclaré durant un débat le 22 septembre. Une position remarquée, alors que l’Europe travaille sur son Chips Act 2.0 et que certains tentent de dérouler le tapis rouge à ASML.

ASML fustige l’absence d’usines de pointe

Selon Frank Heemskerk, l’Europe risque un décrochage pendant que les États-Unis, la Chine et l’Inde investissent massivement dans leur propre industrie des semi-conducteurs. Il explique l’absence de vente en Europe par le manque d’investissements et l’absence de nouvelles usines de puces sur le continent.

Quand ASML pointe l’absence de vente en Europe, elle ne signifie pas un refus de vendre aux clients européens, mais bien l’absence de demande. Pour nuancer le propos, il y a bien des usines en construction, comme ESMC (partenariat entre TSMC, Bosch, Infineon et NXP) à Dresde en Allemagne, avec une production en volume prévue pour fin 2027, puis une pleine capacité en 2029. Mais on parle de finesse de gravure oscillant entre 28/22 nm et 16/12 nm, alors qu’ASML évoque surtout les gravures de pointe, comme le 2 nm de TSMC utilisé pour les nouvelles puces Apple.

La position tranchée d’ASML se reflète dans ses bilans financiers. Dans un document publié mi-juillet en même temps que les derniers résultats trimestriels, on peut lire l’état des ventes sur tout le premier semestre 2026, avec une ventilation géographique. Sur environ 18 milliards d’euros de ventes diverses, seuls 407 millions viennent de la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), soit 2,24 %. Or, non seulement la part de l’Europe n’apparait pas seule, mais il s’agit du chiffre d’affaires total, services compris.

Dans son rapport financier annuel 2025, ASML affichait déjà une nette cassure entre 2024 et 2025. On ne connait pas exactement la raison de cette chute brutale. Rappelons tout de même qu’ASML a vendu des machines à Intel, qui a ouvert sa Fab 34 en Irlande en 2023.

Rien dans l’absolu ne permet de contredire l’affirmation de Frank Heemskerk. D’autant que certains projets ont disparu en cours de route, comme les usines Intel en Allemagne.

La situation complexe de l’Europe

La déclaration d’ASML vient appuyer sur une situation délicate pour l’Europe actuellement. Elle se trouve dans une dépendance technologique à de nombreuses entreprises étrangères, notamment pour la plupart des puces qui ont le vent en poupe aujourd’hui, dont les GPU ou encore les puces spécialisées dans l’inférence.

Un rapport de la Cour des comptes française, sorti en avril 2026, évoquait ainsi le danger pour l’Europe de se retrouver entre le marteau américain et l’enclume asiatique. Notant que l’Europe ne réalisait que 7 % des ventes mondiales de puces (toutes catégories confondues), elle dressait un sombre bilan : les usines sont pratiquement toutes en Asie, la conception se fait en grande partie aux États-Unis, les CPU et GPU ne sont pas fabriqués en Europe. Elle relevait également qu’en 2020, les deux seules entreprises au monde à produire des puces en 5 nm étaient Samsung et TSMC, via les machines vendues par ASML. L’Europe, elle, ne disposait d’aucune capacité de production pour des semiconducteurs de moins de 22 nm.

Un an plus tôt, la Cour des comptes européenne tirait elle aussi la sonnette d’alarme. Elle fustigeait alors le premier Chips Act et ses investissements insuffisants, son manque d’envergure et son absence de réponse à plusieurs problématiques liées, notamment celle de l’écosystème. Il ne suffit pas en effet d’implanter une usine de pointe : mieux vaut que les fournisseurs soient proches. La Cour déplorait un texte « né dans l’urgence », sans évaluation complète ni étude d’impact.

L’objectif de 20 % de parts de marché en 2030 lui paraissait irréalisable. De fait, Emmanuel Macron a confirmé en mai que c’était raté : « L’objectif que l’on s’était fixé […] ne sera pas atteint. Nous sommes encore en retard sur ce Plan de début de reconquête de souveraineté ».

Depuis, le Chips Act 2.0 a été présenté en juin dernier. Le texte met davantage l’accent sur la demande, rejoignant le discours de Frank Heemskerk. Il prévoit aussi des procédures d’autorisation limitées à 12 mois au maximum. Le dossier est à l’ordre du jour du Conseil Compétitivité du 24 septembre 2026, c’est-à-dire aujourd’hui. La déclaration d’ASML tombe donc en pleine négociation, éclairant la portée de son plaidoyer.

Dans le débat, Frank Heemskerk était d’avis que l’Europe devrait moins se concentrer sur son rapport de force avec les Etats-Unis et la Chine et s’occuper davantage de renforcer son propre appareil de production, en supprimant notamment les barrières au sein du marché commun. La solution n’est pas, selon lui, dans l’argent public, les subventions n’entrainant pas automatiquement d’effet levier. Il imagine davantage des regroupements de besoins en cloud et datacenters entre entreprises et gouvernements, capables de générer des demandes suffisamment fortes. De quoi amorcer la pompe, en quelque sorte. En outre, il milite pour des politiques prévisibles, ajoutant : « Plus c’est ennuyeux, mieux c’est ».

Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

24 septembre 2026 à 15:23
Où sont les usines ?
Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

Frank Heemskerk, responsable des affaires publiques mondiales d’ASML, a déclaré que le groupe ne vend actuellement aucune machine en Europe, faute d’usines de semi-conducteurs en construction. Un constat que confirment les résultats trimestriels d’ASML, alors que l’Europe travaille à réviser sa législation sur les puces.

ASML est l’une des entreprises les plus importantes au monde actuellement. Elle fabrique et commercialise des machines de lithographie par rayonnement UV, qui permettent à leur tour la gravure des puces les plus avancées. ASML occupe ainsi une place de choix dans l’industrie des semiconducteurs.

L’entreprise vient de faire parler d’elle, par l’intermédiaire de son directeur des relations publiques, Frank Heemskerk (qui fut également ministre aux Pays-Bas). « Nous ne vendons rien du tout en Europe. C’est parce que l’Europe n’investit pas et qu’aucune usine de puces n’est construite ici. Et c’est vraiment inquiétant », a-t-il déclaré durant un débat le 22 septembre. Une position remarquée, alors que l’Europe travaille sur son Chips Act 2.0 et que certains tentent de dérouler le tapis rouge à ASML.

ASML fustige l’absence d’usines de pointe

Selon Frank Heemskerk, l’Europe risque un décrochage pendant que les États-Unis, la Chine et l’Inde investissent massivement dans leur propre industrie des semi-conducteurs. Il explique l’absence de vente en Europe par le manque d’investissements et l’absence de nouvelles usines de puces sur le continent.

Quand ASML pointe l’absence de vente en Europe, elle ne signifie pas un refus de vendre aux clients européens, mais bien l’absence de demande. Pour nuancer le propos, il y a bien des usines en construction, comme ESMC (partenariat entre TSMC, Bosch, Infineon et NXP) à Dresde en Allemagne, avec une production en volume prévue pour fin 2027, puis une pleine capacité en 2029. Mais on parle de finesse de gravure oscillant entre 28/22 nm et 16/12 nm, alors qu’ASML évoque surtout les gravures de pointe, comme le 2 nm de TSMC utilisé pour les nouvelles puces Apple.

La position tranchée d’ASML se reflète dans ses bilans financiers. Dans un document publié mi-juillet en même temps que les derniers résultats trimestriels, on peut lire l’état des ventes sur tout le premier semestre 2026, avec une ventilation géographique. Sur environ 18 milliards d’euros de ventes diverses, seuls 407 millions viennent de la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), soit 2,24 %. Or, non seulement la part de l’Europe n’apparait pas seule, mais il s’agit du chiffre d’affaires total, services compris.

Dans son rapport financier annuel 2025, ASML affichait déjà une nette cassure entre 2024 et 2025. On ne connait pas exactement la raison de cette chute brutale. Rappelons tout de même qu’ASML a vendu des machines à Intel, qui a ouvert sa Fab 34 en Irlande en 2023.

Rien dans l’absolu ne permet de contredire l’affirmation de Frank Heemskerk. D’autant que certains projets ont disparu en cours de route, comme les usines Intel en Allemagne.

La situation complexe de l’Europe

La déclaration d’ASML vient appuyer sur une situation délicate pour l’Europe actuellement. Elle se trouve dans une dépendance technologique à de nombreuses entreprises étrangères, notamment pour la plupart des puces qui ont le vent en poupe aujourd’hui, dont les GPU ou encore les puces spécialisées dans l’inférence.

Un rapport de la Cour des comptes française, sorti en avril 2026, évoquait ainsi le danger pour l’Europe de se retrouver entre le marteau américain et l’enclume asiatique. Notant que l’Europe ne réalisait que 7 % des ventes mondiales de puces (toutes catégories confondues), elle dressait un sombre bilan : les usines sont pratiquement toutes en Asie, la conception se fait en grande partie aux États-Unis, les CPU et GPU ne sont pas fabriqués en Europe. Elle relevait également qu’en 2020, les deux seules entreprises au monde à produire des puces en 5 nm étaient Samsung et TSMC, via les machines vendues par ASML. L’Europe, elle, ne disposait d’aucune capacité de production pour des semiconducteurs de moins de 22 nm.

Un an plus tôt, la Cour des comptes européenne tirait elle aussi la sonnette d’alarme. Elle fustigeait alors le premier Chips Act et ses investissements insuffisants, son manque d’envergure et son absence de réponse à plusieurs problématiques liées, notamment celle de l’écosystème. Il ne suffit pas en effet d’implanter une usine de pointe : mieux vaut que les fournisseurs soient proches. La Cour déplorait un texte « né dans l’urgence », sans évaluation complète ni étude d’impact.

L’objectif de 20 % de parts de marché en 2030 lui paraissait irréalisable. De fait, Emmanuel Macron a confirmé en mai que c’était raté : « L’objectif que l’on s’était fixé […] ne sera pas atteint. Nous sommes encore en retard sur ce Plan de début de reconquête de souveraineté ».

Depuis, le Chips Act 2.0 a été présenté en juin dernier. Le texte met davantage l’accent sur la demande, rejoignant le discours de Frank Heemskerk. Il prévoit aussi des procédures d’autorisation limitées à 12 mois au maximum. Le dossier est à l’ordre du jour du Conseil Compétitivité du 24 septembre 2026, c’est-à-dire aujourd’hui. La déclaration d’ASML tombe donc en pleine négociation, éclairant la portée de son plaidoyer.

Dans le débat, Frank Heemskerk était d’avis que l’Europe devrait moins se concentrer sur son rapport de force avec les Etats-Unis et la Chine et s’occuper davantage de renforcer son propre appareil de production, en supprimant notamment les barrières au sein du marché commun. La solution n’est pas, selon lui, dans l’argent public, les subventions n’entrainant pas automatiquement d’effet levier. Il imagine davantage des regroupements de besoins en cloud et datacenters entre entreprises et gouvernements, capables de générer des demandes suffisamment fortes. De quoi amorcer la pompe, en quelque sorte. En outre, il milite pour des politiques prévisibles, ajoutant : « Plus c’est ennuyeux, mieux c’est ».

Dis Next, c’est quoi un paquet reproductible ?

24 septembre 2026 à 13:03
Determinism is sexy
Dis Next, c’est quoi un paquet reproductible ?

Dans le domaine du libre, particulièrement des distributions Linux, la notion de « paquets reproductibles » est souvent présente. De quoi parle-t-on ? À quoi ça sert ? Quels sont les avantages, les limites ? On vous explique, en toute simplicité.

Vous venez d’installer un système Linux. Vous savez que tout le code (pour simplifier) est libre et open source. Soudain, une question vous assaille : comment être sûr que ce que vous venez d’installer correspond bien à ce code ?

Il s’agit autant d’une question de confiance envers l’éditeur ou la communauté concerné que de sécurité. On trouve depuis longtemps par exemple des empreintes cryptographiques (SHA-256 par exemple), qui permettent de comparer un téléchargement à la version présente sur le site. En comparant les deux empreintes, on peut s’assurer de la correspondance. Le site vous dit « L’empreinte de ce fichier est XYZ », vous permettant de vérifier que ce que vous avez récupéré est bien la même chose.

Toutefois, cette méthode ne dit rien de la manière dont ce fichier a été produit. Quand on télécharge une application par exemple, on ne sait rien de ce qui s’est passé avant sa mise à disposition. Et si le serveur de compilation avait été compromis ? Si des pirates se sont emparés d’une partie de l’infrastructure, les fichiers produits peuvent être compromis. La comparaison de l’empreinte ne sera alors d’aucun secours.

C’est quoi la reproductibilité ?

Pour avancer dans la vérification, on veut aller plus loin. Dans le monde du libre, on part du principe que n’importe qui peut regarder le code. En revanche, dans l’immense majorité des cas, les utilisateurs récupèrent des binaires, c’est-à-dire des versions compilées, prêtes à l’emploi. Un exemple classique est le noyau Linux : tout le monde peut voir ses sources, mais dans l’utilisation quotidienne, on se contente de récupérer les nouvelles versions via les mises à jour du système sous forme binaire, livrées sous forme de paquets.


Il reste 79% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

☕️ Ubuntu : un noyau toutes les deux semaines pour suivre la cadence des correctifs

24 septembre 2026 à 11:12


Dans le schéma actuel d’Ubuntu, estampillé « 4/2 », les nouveaux noyaux sont fournis toutes les quatre semaines. C’est le cycle stable classique, en place depuis 2023. À mi-chemin, donc deux semaines après la dernière publication ordinaire, il peut y avoir une publication d’urgence quand la situation l’exige.

Ce rythme va changer. Dans un billet publié ce 23 septembre, Canonical indique qu’Ubuntu va basculer sur un rythme unifié de deux semaines. Durant la première semaine, les développeurs prépareront les patchs et builds pour les mettre à disposition des testeurs. Durant la seconde, les tests et certifications seront terminés et le nouveau noyau sera envoyé en tant que mise à jour. Pour les plus aventureux, il sera possible d’activer la récupération automatique toutes les semaines.

Source : Canonical

Pourquoi un tel changement ? Pour les mêmes raisons que dans les changements annoncés dans les rythmes de Chrome ou Firefox : tenir compte du déluge de corrections entrainé par l’utilisation des LLM dans la recherche de failles. On voit depuis plusieurs mois une explosion des correctifs, par exemple chez Mozilla (qui a bénéficié de Mythos 5 d’Anthropic, via Glasswing), ou encore chez Microsoft et son infrastructure Perception.

Canonical mentionne très clairement dans son billet qu’il s’agit de s’adapter. La préparation des nouveaux noyaux se transforme en chaudron : les correctifs sont intégrés en continu, puis l’arbre des modifications est figé à une date fixe, les compilations étant alors envoyées dans un dépôt dédié, nommé « -proposed ». Quand un noyau entre dans sa phase finale, le suivant est déjà en préparation.

Selon Canonical, il est impossible de publier plus vite des noyaux tout en testant à fond chaque version candidate. Pour les plus exigeants, il sera donc possible de lancer leurs propres tests de validation depuis le nouveau dépôt, qui sera mis à jour chaque semaine.

La politique sur les mesures d’atténuation ne changera pas en revanche. Pendant la préparation d’un correctif, Canonical continuera de travailler sur ces mesures. Quand rien de spécifique ne sera possible, l’éditeur renverra simplement vers des mesures plus générales de durcissement. Canonical se fixe un objectif de remettre un système dans un état « défendable » en 24 à 48 heures.

Il faut dire que les chiffres donnent raison à l’entreprise. Fin août, Greg Kroah-Hartman, mainteneur principal du noyau, relevait qu’une version du noyau corrigeait en moyenne 500 vulnérabilités (CVE) entre les moutures 6.9 et 6.19. Mais la version 7.0 en a corrigé plus de 1 000 et la 7.2 a dépassé les 1 500. À ce rythme, le noyau 7.3 pourrait passer la barre des 2 000.

☕️ Ubuntu : un noyau toutes les deux semaines pour suivre la cadence des correctifs

24 septembre 2026 à 11:12


Dans le schéma actuel d’Ubuntu, estampillé « 4/2 », les nouveaux noyaux sont fournis toutes les quatre semaines. C’est le cycle stable classique, en place depuis 2023. À mi-chemin, donc deux semaines après la dernière publication ordinaire, il peut y avoir une publication d’urgence quand la situation l’exige.

Ce rythme va changer. Dans un billet publié ce 23 septembre, Canonical indique qu’Ubuntu va basculer sur un rythme unifié de deux semaines. Durant la première semaine, les développeurs prépareront les patchs et builds pour les mettre à disposition des testeurs. Durant la seconde, les tests et certifications seront terminés et le nouveau noyau sera envoyé en tant que mise à jour. Pour les plus aventureux, il sera possible d’activer la récupération automatique toutes les semaines.

Source : Canonical

Pourquoi un tel changement ? Pour les mêmes raisons que dans les changements annoncés dans les rythmes de Chrome ou Firefox : tenir compte du déluge de corrections entrainé par l’utilisation des LLM dans la recherche de failles. On voit depuis plusieurs mois une explosion des correctifs, par exemple chez Mozilla (qui a bénéficié de Mythos 5 d’Anthropic, via Glasswing), ou encore chez Microsoft et son infrastructure Perception.

Canonical mentionne très clairement dans son billet qu’il s’agit de s’adapter. La préparation des nouveaux noyaux se transforme en chaudron : les correctifs sont intégrés en continu, puis l’arbre des modifications est figé à une date fixe, les compilations étant alors envoyées dans un dépôt dédié, nommé « -proposed ». Quand un noyau entre dans sa phase finale, le suivant est déjà en préparation.

Selon Canonical, il est impossible de publier plus vite des noyaux tout en testant à fond chaque version candidate. Pour les plus exigeants, il sera donc possible de lancer leurs propres tests de validation depuis le nouveau dépôt, qui sera mis à jour chaque semaine.

La politique sur les mesures d’atténuation ne changera pas en revanche. Pendant la préparation d’un correctif, Canonical continuera de travailler sur ces mesures. Quand rien de spécifique ne sera possible, l’éditeur renverra simplement vers des mesures plus générales de durcissement. Canonical se fixe un objectif de remettre un système dans un état « défendable » en 24 à 48 heures.

Il faut dire que les chiffres donnent raison à l’entreprise. Fin août, Greg Kroah-Hartman, mainteneur principal du noyau, relevait qu’une version du noyau corrigeait en moyenne 500 vulnérabilités (CVE) entre les moutures 6.9 et 6.19. Mais la version 7.0 en a corrigé plus de 1 000 et la 7.2 a dépassé les 1 500. À ce rythme, le noyau 7.3 pourrait passer la barre des 2 000.

Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

24 septembre 2026 à 09:11
Believe
Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

En plus des annonces autour de ses produits, Qualcomm a annoncé des progrès à venir sur la prise en charge de ses puces Snapdragon X2 par Linux. Le constructeur l’assure, le support de Linux fait désormais partie de ses plans, avec des étapes majeures au cours des prochains mois.

Qualcomm l’affirme : les développeurs réclamaient depuis longtemps le support de Linux sur les puces Snapdragon, ils ont été entendus. À partir de la série X2, que l’on trouve actuellement dans les ordinateurs Copilot+ (donc avec Windows 11 Arm), Linux fait désormais partie des plateformes à prendre en charge, au même titre que le système de Microsoft. Le constructeur ajoute que le travail a commencé dès la présentation des puces X2 en 2025.

Tout irait très vite, avec une prise en charge de Debian avant la fin de l’année, puis une certification Ubuntu tablant sur le premier semestre 2027, en partenariat avec Canonical. En outre, des constructeurs comme HP, ASUS et HUMAIN ont annoncé travailler sur des offres adaptées. Par exemple, ASUS a indiqué que des versions Ubuntu des Zenbook A14 et A16 seront proposées. Aucune date n’a été annoncée, mais puisqu’il s’agit d’Ubuntu, il est probable qu’ils soient disponibles durant le premier semestre 2027, en même temps que la certification.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Sur le plan technique, il existe dès maintenant une préversion pour développeurs. L’environnement de référence et de test associe Debian 13 à un noyau spécifique. Selon Qualcomm, il est assez fonctionnel pour que des développeurs contribuent, mais il faut posséder un portable X2 pour y participer.

L’entreprise indique que la priorité est l’intégration en amont (upstream) des pilotes nécessaires aux charges réelles : le NPU Hexagon via fastRPC pour l’inférence locale, et le GPU Adreno via les pilotes libres de Mesa, Freedreno, Turnip et Rusticl. « En amont » signifie une intégration dans le noyau Linux lui-même, contrairement à l’utilisation d’un noyau spécifique.

Selon XDA Developers, les éléments fournis par Qualcomm ne sont pas encore simples à utiliser, mais sont « un bon début ». Ils permettent le démarrage de Debian, le chargement du bureau et une utilisation classique. Qualcomm se sert notamment de systemd-boot pour le démarrage. Tous les fichiers nécessaires sont disponibles dans le dépôt GitHub dédié de Qualcomm.

Selon le calendrier envisagé, les modifications apparaitraient dans le noyau Linux lui-même en novembre.

Tout n’est pas rose pour autant

Il faut préciser plusieurs points importants. D’une part, comme noté par Phoronix (qui a hâte de lancer des benchmarks sur ces futures machines), une bonne part du travail est déjà en place, mais des travaux restent à mener sur la gestion de l’énergie, la gestion thermique et la fiabilité de l’ensemble. L’énergie est un facteur capital pour l’architecture Arm, qui a tendance à briller dans le domaine performances/watt.

D’autre part, même si Debian et Ubuntu sont dans la boucle, aucune annonce n’a été faite côté Red Hat et son écosystème (dont Fedora aussi). En outre, le travail lancé par Qualcomm ne concerne que les puces Snapdragon X2, rien ne sera a priori reversé sur le support de la série X1. Ce n’est pas anodin, car Qualcomm avait aussi annoncé la prise en charge en amont il y a deux ans pour ses puces X1 dans les PC, mais le support reste aujourd’hui bancal. La présence cette fois de plusieurs partenaires pourrait changer la donne.

Enfin, il reste une grande inconnue sur les microgiciels (firmwares). Certes l’inclusion dans le noyau Linux permettra à toutes les distributions de profiter de ce support, et le rôle de Mesa comme pile graphique de référence en sortira renforcé avec les pilotes Freedreno, Turnip et Rusticl. Mais les microgiciels sont indispensables pour que les différentes composantes du noyau (GPU, NPU, DSP audio, modem…) puissent fonctionner correctement.

Ces firmwares sont signés numériquement et sont propriétaires à l’heure actuelle. Or, comme Tom’s Hardware le signalait en 2024, la présence de ces microgiciels est obligatoire pour que l’ensemble fonctionne correctement. Sur le support de la première puce X, l’absence par défaut de ces fichiers avait même conduit à la désactivation dans le noyau Linux de la partie GPU.

Tout dépend en fait des constructeurs, et non de Qualcomm seul. Toutefois, l’engagement de HP, ASUS et HUMAIN et la certification Ubuntu laissent penser que les modèles concernés auront leurs micrologiciels publiés, car une certification n’aurait guère de sens dans le cas contraire.

Pourquoi maintenant ?

Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer le choix de Qualcomm. Le plus évident est de ne pas dépendre que de Windows pour écouler ses machines. L’attraction de Linux s’amplifie continuellement et la communication de Qualcomm vise clairement les développeurs. L’entreprise espère sans doute faire mouche avec des puces réputées pour leurs performances CPU et leur consommation mesurée. Avec en bonus la perspective d’ordinateurs portables capables de tenir au moins une journée de travail.

Qualcomm arriverait également sur le marché plus large des ordinateurs Arm sans Windows, largement dominé par Apple et Google. Selon la gamme de la puce et le niveau d’équipement, on pourrait ainsi voir arriver tantôt des concurrents des MacBook Pro, tantôt des concurrents des Chromebook ou des récents Googlebook.

De plus, les serveurs Arm (Graviton, Ampere, Grace, Cobalt…) sont aujourd’hui courants dans les centres de données. Un X2 sous Debian ou Ubuntu permettrait alors de compiler et de tester nativement du code pour arm64, sans émulation ni compilation croisée. L’accès au NPU sous Linux ajouterait une inférence locale peu gourmande en énergie. Rappelons quand même que Windows 11 permet d’installer WSL (Windows Subsystem for Linux) sur des machines Arm, à condition que la distribution utilisée soit elle-même compilée pour Arm.

Une bonne partie de l’éventuel succès de cette initiative dépendra cependant de la gestion de l’énergie. Qualcomm, en aplanissant le terrain, pourrait proposer une alternative viable aux MacBook, dont le support par Linux fait l’objet d’un effort communautaire, via surtout le projet Asahi.

Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

24 septembre 2026 à 09:11
Believe
Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

En plus des annonces autour de ses produits, Qualcomm a annoncé des progrès à venir sur la prise en charge de ses puces Snapdragon X2 par Linux. Le constructeur l’assure, le support de Linux fait désormais partie de ses plans, avec des étapes majeures au cours des prochains mois.

Qualcomm l’affirme : les développeurs réclamaient depuis longtemps le support de Linux sur les puces Snapdragon, ils ont été entendus. À partir de la série X2, que l’on trouve actuellement dans les ordinateurs Copilot+ (donc avec Windows 11 Arm), Linux fait désormais partie des plateformes à prendre en charge, au même titre que le système de Microsoft. Le constructeur ajoute que le travail a commencé dès la présentation des puces X2 en 2025.

Tout irait très vite, avec une prise en charge de Debian avant la fin de l’année, puis une certification Ubuntu tablant sur le premier semestre 2027, en partenariat avec Canonical. En outre, des constructeurs comme HP, ASUS et HUMAIN ont annoncé travailler sur des offres adaptées. Par exemple, ASUS a indiqué que des versions Ubuntu des Zenbook A14 et A16 seront proposées. Aucune date n’a été annoncée, mais puisqu’il s’agit d’Ubuntu, il est probable qu’ils soient disponibles durant le premier semestre 2027, en même temps que la certification.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Sur le plan technique, il existe dès maintenant une préversion pour développeurs. L’environnement de référence et de test associe Debian 13 à un noyau spécifique. Selon Qualcomm, il est assez fonctionnel pour que des développeurs contribuent, mais il faut posséder un portable X2 pour y participer.

L’entreprise indique que la priorité est l’intégration en amont (upstream) des pilotes nécessaires aux charges réelles : le NPU Hexagon via fastRPC pour l’inférence locale, et le GPU Adreno via les pilotes libres de Mesa, Freedreno, Turnip et Rusticl. « En amont » signifie une intégration dans le noyau Linux lui-même, contrairement à l’utilisation d’un noyau spécifique.

Selon XDA Developers, les éléments fournis par Qualcomm ne sont pas encore simples à utiliser, mais sont « un bon début ». Ils permettent le démarrage de Debian, le chargement du bureau et une utilisation classique. Qualcomm se sert notamment de systemd-boot pour le démarrage. Tous les fichiers nécessaires sont disponibles dans le dépôt GitHub dédié de Qualcomm.

Selon le calendrier envisagé, les modifications apparaitraient dans le noyau Linux lui-même en novembre.

Tout n’est pas rose pour autant

Il faut préciser plusieurs points importants. D’une part, comme noté par Phoronix (qui a hâte de lancer des benchmarks sur ces futures machines), une bonne part du travail est déjà en place, mais des travaux restent à mener sur la gestion de l’énergie, la gestion thermique et la fiabilité de l’ensemble. L’énergie est un facteur capital pour l’architecture Arm, qui a tendance à briller dans le domaine performances/watt.

D’autre part, même si Debian et Ubuntu sont dans la boucle, aucune annonce n’a été faite côté Red Hat et son écosystème (dont Fedora aussi). En outre, le travail lancé par Qualcomm ne concerne que les puces Snapdragon X2, rien ne sera a priori reversé sur le support de la série X1. Ce n’est pas anodin, car Qualcomm avait aussi annoncé la prise en charge en amont il y a deux ans pour ses puces X1 dans les PC, mais le support reste aujourd’hui bancal. La présence cette fois de plusieurs partenaires pourrait changer la donne.

Enfin, il reste une grande inconnue sur les microgiciels (firmwares). Certes l’inclusion dans le noyau Linux permettra à toutes les distributions de profiter de ce support, et le rôle de Mesa comme pile graphique de référence en sortira renforcé avec les pilotes Freedreno, Turnip et Rusticl. Mais les microgiciels sont indispensables pour que les différentes composantes du noyau (GPU, NPU, DSP audio, modem…) puissent fonctionner correctement.

Ces firmwares sont signés numériquement et sont propriétaires à l’heure actuelle. Or, comme Tom’s Hardware le signalait en 2024, la présence de ces microgiciels est obligatoire pour que l’ensemble fonctionne correctement. Sur le support de la première puce X, l’absence par défaut de ces fichiers avait même conduit à la désactivation dans le noyau Linux de la partie GPU.

Tout dépend en fait des constructeurs, et non de Qualcomm seul. Toutefois, l’engagement de HP, ASUS et HUMAIN et la certification Ubuntu laissent penser que les modèles concernés auront leurs micrologiciels publiés, car une certification n’aurait guère de sens dans le cas contraire.

Pourquoi maintenant ?

Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer le choix de Qualcomm. Le plus évident est de ne pas dépendre que de Windows pour écouler ses machines. L’attraction de Linux s’amplifie continuellement et la communication de Qualcomm vise clairement les développeurs. L’entreprise espère sans doute faire mouche avec des puces réputées pour leurs performances CPU et leur consommation mesurée. Avec en bonus la perspective d’ordinateurs portables capables de tenir au moins une journée de travail.

Qualcomm arriverait également sur le marché plus large des ordinateurs Arm sans Windows, largement dominé par Apple et Google. Selon la gamme de la puce et le niveau d’équipement, on pourrait ainsi voir arriver tantôt des concurrents des MacBook Pro, tantôt des concurrents des Chromebook ou des récents Googlebook.

De plus, les serveurs Arm (Graviton, Ampere, Grace, Cobalt…) sont aujourd’hui courants dans les centres de données. Un X2 sous Debian ou Ubuntu permettrait alors de compiler et de tester nativement du code pour arm64, sans émulation ni compilation croisée. L’accès au NPU sous Linux ajouterait une inférence locale peu gourmande en énergie. Rappelons quand même que Windows 11 permet d’installer WSL (Windows Subsystem for Linux) sur des machines Arm, à condition que la distribution utilisée soit elle-même compilée pour Arm.

Une bonne partie de l’éventuel succès de cette initiative dépendra cependant de la gestion de l’énergie. Qualcomm, en aplanissant le terrain, pourrait proposer une alternative viable aux MacBook, dont le support par Linux fait l’objet d’un effort communautaire, via surtout le projet Asahi.

❌