Vue normale

Reçu — 1 juillet 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Podcast Projets Libres saison 4 épisode 19 : surveiller les grandes plateformes grâce à Open Terms Archive

Titre de l'image

Comment rendre plus transparents les changements des conditions d'utilisation des grands services numériques ?
Pour ce nouvel épisode sur les communs numériques, nous partons à la découverte d'Open Terms Archive !

Open Terms Archive permet de suivre et alerter des changements qui se cachent dans ces documents peu compréhensibles.

Avec Sydney Wheeler et Matti Schneider nous revenons sur :

  • la genèse du projet
  • sa gouvernance et sa communauté
  • son fonctionnement
  • ses défis de structuration après sa phase d'incubation au sein du ministère des affaires étrangères jusqu'à janvier 2026
  • son utilisation en dehors de la France

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Reçu — 23 juin 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Migrer de WordPress vers Hugo

Passer du système de gestion de contenu WordPress au générateur de sites statiques Hugo c’est changer de paradigme, il faut savoir ce que l’on va gagner et ce que l’on va perdre et il faut retrousser ses manches, un jour viendra où cela se fera en un clic, mais ce n’est pas aujourd’hui !

Sommaire

Avant même de se poser la question comment, on peut se poser la question : pourquoi ?

Avec WordPress chaque page repose sur du PHP, un programme est exécuté qui peut faire de nombreuses actions, il y a une base de données. WordPress est un des classiques LAMP (Linux, Apache, MySql, PHP) et consorts, il nécessite l’installation de multiples composants. Quand le contenu à délivrer doit s’adapter au contexte utilisateur et à d’autres facteurs, c’est approprié, pour un site de commerce ça l’est, s’il s’agit d’une vitrine statique, ça ne l’est pas. Entre les deux on trouve le blog, qui peut se balancer d’un côté ou de l’autre si l’on souhaite gérer des accès utilisateurs, suivre les pages ou ajouter des interactions.

Avec Hugo, le site est généré une seule fois puis les pages sont délivrées, à l’ancienne dirait-on. À la grande époque où l’on éditait le HTML à la main et on publiait son site via FTP. Sauf qu’avec Hugo on manipule du Markdown plutôt que du HTML. Le Markdown est pratique, c’est l’héritage pragmatique d’Aaron Schwartz dont on peut encore trouver la trace dans le code PHP de génération. Le Markdown lui-même porte une étincelle de liberté, il est désormais normalisé dans la RFC 7763. Et on utilise le programme Hugo qui est un binaire fourni, ou bien compilé depuis du code Go, pour générer des pages HTML. Le site généré peut être délivré en http par Hugo ou bien par n’importe quel serveur web. Hugo repose aussi sur des en-têtes front-matter dans les fichiers Markdown qui est une extension plus récente.

Sortir de WordPress c’est sortir d’une zone de confort et ce sera nécessairement perdre des fonctionnalités, comme l’édition en ligne directe intégrée par exemple, le suivi de vues et les formulaires.

C’est aussi faire un choix simplificateur, économe et efficace. Beaucoup moins énergivore il est aussi beaucoup plus efficace et rapide. Il est aussi beaucoup plus facile à déployer qu’un WordPress puisqu’en définitive ce n’est qu’un binaire et un thème.
Une autre bonne raison de migrer est la sécurité, comme a pu le faire le projet Xubuntu à la fin de l’année dernière suite à la compromission de leur site de téléchargement sous WordPress

Mais pourquoi Hugo et pas une autre solution, par exemple Jekyll ?

Hugo est la version la plus efficace, écrit en Go et compilé, les performances se rapprochent sans les égaler de celles de Rust ou de C. Et il est maintenu, dispose d’une communauté qui maintient des thèmes permettant de facilement avoir un rendu à la mode. Jekyll est en Ruby qui n’est pas le plus performant des langages mais est très versatile. Jekyll est apparu avant Hugo ce qui explique sa notoriété.

Ces deux logiciels ont popularisé la génération de sites statiques, mais ce ne sont pas les seuls, eleventry par exemple a déjà été couvert par un journal sur LinuxFr.org.

Ma vie, mon œuvre

Dans mon cas je ne me suis pas posé la question puisque je réponds à une demande d’une personne qui a déjà fait son choix, il faut migrer !

Avant de me lancer dans l’aventure j’ai dû me renseigner, parce que j’opère bien un site statique qui me sert de vitrine et celui-ci est en Markdown sous Git, mais tout est fait à la main et je ne connais pas Hugo. Je ne suis pas non plus un grand utilisateur de WordPress, que j’ai toujours trouvé lourd, et d’ailleurs j’ai toujours eu un faible pour les challengers, et je m’étais penché sur Joomla qui a les mêmes défauts. Utiliser ces CMS c’est déjà avoir appris une façon de penser, avec les pages et les posts, cela ne m’a jamais paru intuitif.

Donc j’étais absolument et résolument prêt pour cette migration !

Vous pouvez à ce moment me demander pourquoi donc l’ai-je fait ?

Parce qu’un ami me l’a demandé, parce qu’il rémunère pour cela et parce que je trouve que cela va dans le bon sens. Celui de l’éco-responsabilité, une sobriété qui ne transige pas avec la qualité et un mouvement vers plus d’indépendance.

Donc je me renseigne.

WordPress via le navigateur, Hugo via le terminal

Si vous ne souhaitez pas utiliser de terminal et des scripts shells, alors je serais d’avis de vous déconseiller fortement de vous lancer dans l’aventure Hugo.
Parce qu’Hugo c’est du Web as code, très exactement l’inverse du WYSIWYG le PETALE Pris à l’écrit tel à l’écran. Tout se fait en Markdown dans votre éditeur favori.
Cela s’opère souvent via Git et le fait de pousser le commit git vers le serveur régénère le contenu du site.
S’il est possible de le faire via un VSCodium, je reste sur mon Emacs favori, mais évidemment ceci un choix très personnel.
Un bon éditeur de texte capable de te laisser saisir des codes Markdown est absolument nécessaire, un éditeur de texte dans ce cas ce n’est pas un traitement de texte, Libreoffice par exemple ne m’apparait pas comme l’outil adapté, mais je vous laisse juge.

On installe le plugin, clic ! On importe le résultat et c’est fini !

C’est assez évident en fait il suffit de suivre ce que propose le projet Hugo en matière de migration vers Hugo.

Ça c’est ce que l’on souhaite et j’y ai presque cru.

Il n’y a pas de plugin WordPress officiel pour exporter vers Hugo, mais il y en a pour exporter en Jekyll. Sachant que Hugo sait importer du Jekyll, cela semble évident.

Tout d’abord il faut importer le plugin sous WordPress.
Si cela semble évident quand le plugin est disponible dans le magasin des plugins WordPress, cela ne l’est plus quand il faut l’installer à la main.

Dans mon cas, et peut être dans le vôtre aussi vous n’avez pas installé le WordPress, il vous a été fourni en tant que service hébergé, et c’est pourquoi vous êtes limités aux plugins officiels, quand encore, on vous y autorise.

Donc en suivant le lien de migration depuis WordPress je lis (en anglais, mais je vous offre gratuitement la traduction) :

wordpress-to-hugo-exporter

Un plugin en un clic qui convertit tous les posts, pages, taxonomies, metadata, et settings en Markdown et YAML et déposable dans Hugo. (Note: Si vous avez des difficultés avec ce plugin, vous pouvez exporter le site pour Jekyll et utiliser le convertisseur intégré à Hugo listé ci-dessus)

Oui mais non, je n’ai pas accès au backend.

Et pourquoi ne pas juste installer un plugin officiel comme celui dont wordpress-to-hugo-exporter dérive ? Le jekyll-exporter

Ce n’est pas un échec, mais ça n’a pas marché.

Après l’installation du plugin et l’utilisation de l’export le site me réponds avec aplomb : 500 Internal ERROR.

Plutôt que d’abandonner, je cherche sur le projet source s’il y a un bug en cours et effectivement : Issue #400 sur wordpress-static-site-exporter. Sur ce, je rajoute mes informations sur le bug et j’attends une réponse.

Donc le ça fonctionne en un clic n’aura pas tenu bien longtemps, en attendant un correctif je me penche sur une alternative. Mais ne vous inquiétez pas, nous y reviendrons, si vous avez suivi le lien de l’issue vous le savez déjà !

Exportez votre site WordPress et appliquez un outil magique !

Ce n’est pas bien grave, il y a d’autres outils…

blog2md
Fonctionne sur l’XML exporté depuis le site gratuit votre VOTRE-DOMAIN.wordpress.com. Cela sauve aussi les commentaires approuvés sous forme YOUR-POST-NAME-comments.md à côté des posts.

Ce projet n’a pas évolué depuis quatre ans, je ne vais pas choisir cette option.

wordhugopress
Un petit utilitaire écrit en Java qui exporte le site WordPress depuis la base de donnée et les resources (c’est-à-dire par exemple les images) stockées localement ou à distance. Ainsi la migration depuis des backups est possible. Support de multiples sites vers un seul site Hugo.

Je n’ai pas accès à la base de données où à l’export des backups, je ne vais pas choisir cette option non plus.

wp2hugo

Celui-ci est un très bon candidat, sauf que je vends mon travail et la licence de cet outil est Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International, donc je ne vais pas choisir cette option. Si mon budget avait été très important j’aurais envisagé de contacter l’auteur pour négocier, mais ce n’est pas le cas.

Donc aucun de ces autres outils ne répond à mes besoins.

La vérité est ailleurs ?

Oui, mais il n’y a pas que site Hugo de référence non plus.

Les forums et en particulier https://discourse.gohugo.io/t/wordpress-migration-url-rewriting/3827, mais il a été écrit il y a presque dix ans…
Et dans mes pérégrinations hors des sentiers battus des scripts Python émergent https://www.infinitescript.com/2024/01/migrate-from-wordpress-to-hugo/.
Ce guide aussi m’a inspiré https://fr.benchwiseunderflow.in/blog/guide-complet-migration-wordpress-hugo/ ceci dit fournir les scripts Python dans son blog sans l’indentation, ce n’est pas ce qui se fait de mieux.

Voici la liste des projets que j’ai regardés, je n’en ai testé qu’une sous partie entre ceux utilisant de l’IA ou pour lesquelles mon utilisation ne respecterait pas la licence et celles dont le contenu semble trop vieux…

Site Commentaire langage html -> markdown license testé
https://github.com/benbalter/wordpress-to-jekyll-exporter plugin officiel nécessite une migration supplémentaire jekyll -> hugo php wordpress plugin Markdownify GPL-3.0
https://github.com/SchumacherFM/wordpress-to-hugo-exporter basée sur une version du projet ci-dessus mais datant de 2014, a dérivé depuis. Ce n’est hélas pas un plugin officiel php wordpress plugin Markdownify GPL-3.0-or-later
https://github.com/lonekorean/wordpress-export-to-markdown travailler sur l’export en XML it won’t migrate GUID correctly nodeJs javascript turndown -
https://github.com/bradfeld/wp-to-hugo plus complet mais : IA generated Claude / typescript via API strip WordPress block comments nodeJs typescript turndown MIT License (& IA ?) Non : IA
https://github.com/ashishb/wp2hugo attachment page post wp_navigation wp comments footnote go [[site_scrapping_vers_Hugo#johanneskaufmann_html_to_markdown]] Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 Non, licence non commerciale et c’est un travail commercialisé
https://github.com/helgeklein/WordPress-Hugo-Migration-Scripts-HTML-Markdown/ https://helgeklein.com/blog/scripted-wordpress-html-to-hugo-markdown-migration/ post_type in (“post”, “page”)… donc pas de gestion des blocks python BeautifulSoup MIT
https://github.com/some-programs/exitwp https://web.archive.org/web/20221120194327/https://www.justindunham.net/migrating-from-wordpress-to-hugo/ 2019 ? page et post + item_type_filter python beautifulsoup html2text ~ GNU GPL 3
https://github.com/dreikanter/wp2md issues https://github.com/dreikanter/wp2md/issues python html2text
https://fr.benchwiseunderflow.in/blog/guide-complet-migration-wordpress-hugo/ status “publish” post_type “post”, “page” le code fourni est à copier coller et non fonctionnel python pandoc
https://www.infinitescript.com/2024/01/migrate-from-wordpress-to-hugo/ post de blog contenant le code python utilisé python re (regular expression python)
https://github.com/palaniraja/blog2md Le projet a 4 ans et part de blogger et non de WordPress javascript ? absence de licence non testé

C’est wordpress-export-to-markdown qui a remporté une partie du travail. Cela a nécessité l’installation de node puisque le code est en javascript.

J’exporte donc le site via la fonction standard d’export de site WordPpress qui fourni un fichier XML.

Cet export contient tout sauf les images et les autres ressources, donc il faudra que l’outil puisse les rechercher, et donc que le site WordPress soit toujours activé. Ceci ne peut donc pas se faire sur un site indisponible ou bien même déjà arrêté.

On installe Hugo

Et il faut un serveur, une vraie machine avec une adresse IP publique, un serveur web.
Là où pour du WordPress un hébergeur fournit la solution, en Hugo le plus classique est tout de même de mettre en place son propre serveur. Avec tout ce qui va bien, et le certificat pour HTTPS.

Mais avant de faire le pas, cela s'installe en local sur une machine de développement avec docker, podman, inclus ou bien même directement puisque ce n’est qu’un exécutable.

sur une machine Linux :

sudo apt install hugo

ou

snap install hugo

Il suffit de lancer hugo server dans le répertoire du projet hugo et se connecter sur localhost avec l’URL qui a été fournie dans le terminal.

Dans le cas d’une migration vous aurez forcément à modifier de nombreuses pages de votre site qui comportent des problèmes de code markdown mal converti depuis le HTML.

Et il vous faudra utiliser des scripts, dans votre langage préféré, mais dans tous les cas l’utilisation d’expressions régulières sera nécessaire. C’est-à-dire : il faut connaître un minimum de programmation.

Voici le genre de commande qui recherche tous les fichiers avec l’extension.md et supprime le 'Proudly powered by WordPress' dedans :

text='Proudly powered by <a href="https://wordpress.org" rel="nofollow">WordPress</a>'
find content -name '*.md' -print0 | xargs -0 sed -i 's|'"$text"'||g'

Attention cette commande fonctionne, car le texte $text est compatible avec la syntaxe de commande sed en particulier utiliser un '|' dans la variable text serait problématique.

En suivant la procédure d’installation rapide https://gohugo.io/getting-started/quick-start/ on va créer un dépôt git. Si par la suite on souhaite le répliquer pour le tester ailleurs alors il ne faudra pas oublier les submodules pour le thème, sinon la génération du site rendra un site vide.

git clone user@server:quickstart --recurse-submodules mon_site
cd mon_site
hugo server

On termine avec un firefox http://localhost:1313 par exemple pour voir en local.

on pourra alors éditer le contenu sous content avec notre éditeur préféré et créer un commit git quand nous sommes contents de notre résultat local.

git add content
git commit -m 'édition numero xx du site'
git push

Cela doit pousser sur le git parent le contenu. Si le git parent est attaché à la production alors la production est mise à jour ainsi.

C’est pas beau hein ?

Le contenu généré par l’outil de migration ayant été copié dans le répertoire content du projet Hugo, il suffit de lancer le serveur Hugo pour qu’il soit délivré sur le port indiqué en console. En se connectant avec un navigateur firefox https://localhost:1313, le contenu apparait…

Ah j’oubliais, en Hugo toute la présentation est contrôlée par le thème, ici le thème choisi est ananke, c’est celui proposé dans la documentation de démarrage rapide de Hugo

Il y a du contenu, certes mais quand même il y a eu des dégâts collatéraux.

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo.

vue comparée du site avant et pendant migration

Les blocs réutilisables de WordPress

Il s’agit d’une fonctionnalité ajoutée dans l’éditeur de WordPress Gutemberg, la possibilité de créer des blocs réutilisables qui seront référencés dans d’autres pages ou bien même dans d’autres blocs

Pratiquement tous les outils d’export ne conservent pas les items qui ne sont ni de type page ni de type post et quand ils conservent les autres type, ils ne gèrent pas les blocs réutilisables.

Dans le fichier d’export.xml de WordPress on les retrouve ainsi :

<item>
…
<wp:post_id>610</wp:post_id>
…
</item>

et sont utilisés par référence :

<!-- wp:block {"ref":610} /-->

Dans mon cas pour l’outil wordpress-export-to-markdown, j’ai créé une demande de fonctionnalité pour le support des blocs réutilisables.

En pratique les outils perdent complètement le contenu de ces blocs.

Une façon de résoudre le problème est d’utiliser la source HTML générée par WordPress directement et de la convertir en Markdown.

Les <figure>

Hugo ne gère pas le tag <figure>, il faut supprimer ces tags, sinon les images qu’ils contiennent n’apparaissent juste pas. Or WordPress génère souvent des blocks HTML avec des tags figure.

Voici un script bash qui supprime le tag figure partout dans tous les fichiers.md de content.

find_files=(find content -name '*.md' -print0)
command2=(xargs -0 sed -i 's|</\?figure[^>]*[>]||g;')
"${find_files[@]}" | "${command2[@]}"

URL permanentes

Il est crucial que les pages migrées se retrouvent au même endroit après migration. C’est crucial car cela fait partie du SEO, votre référencement, si vos pages changent de place, les moteurs de recherche vont vous perdre, tout comme les références depuis tout autre site.

En Hugo c’est le champ urldans l’entête front-matter du fichier markdown qui sert à indiquer où la page destinée à être délivrée.
Cette URL peut être totalement différente du répertoire dans lequel le fichier se trouve, même s’il est conseillé de conserver la mẽme hiérarchie, c’est une solution pratique.

URL relatives

WordPress délivre toutes ses pages avec des URL absolues dans le corps c’est-à-dire avec le nom du site intégré dans l’URL, ceci est un souci quand on souhaite déplacer le site, ou bien avec un site réplica lui aussi accessible en ligne mais sous une autre URL.

Les expressions régulières sont là pour ça, il faut supprimer http://monsite du début des toutes les URL. Pour rappel, à l’intérieur d’une page HTML un lien href='/article/linuxfr.html' est une référence relative dans le site courant, si l’URL du site est https://example.com alors le lien avec l’URL absolue est au lien `href='https://example.com/article/linuxfr.html'.

Si vous ne faites pas vous pourriez avoir la surprise lors de l’arrêt du site WordPress de ne plus avoir les images et autres ressources, car elles étaient sur le site original et non sur le nouveau site migré !

voici un exemple en bash

find_files=(find content -name '*.md' -print0)
command2=(xargs -0 sed -i "s|https://${site_domain}||g")
"${find_files[@]}" | "${command2[@]}"

Le menu

Le menu a été perdu, c’est ballot !
Via l’export Hugo il n’y a pas de menu du tout, il est perdu.
Dans WordPress le menu est supporté par du CSS les classes wp-block-navigation…
En Hugo c’est le thème qui le gère, ici avec ananke il faut rajouter des entrées de menu avec menu.main, dans mon cas j’ai rajouté le menu globalement dans le fichier de configuration Hugo, mais il y a plusieurs façons de définir les menus en Hugo.

Un site WordPress c’est un site web comme un autre

Une autre approche est de considérer qu’un site WordPress c’est un site web comme un autre.
Un navigateur n’a pas de code particulier pour visualiser un site WordPress, donc un site WordPress est juste un site web, certes avec beaucoup de JavaScript et CSS, mais un site web.
Et un site web, ça se siphonne, et c’est facile, il suffit de regarder le projet internet archive, par exemple le site de LinuxFr.org le 2 avril 2018 pour s’en convaincre, il est très facile de récupérer le contenu visible d’un site web, à condition de connaître tous les points d’entrée et en pratique il suffit de partir de la page principale.
Puisque vous migrez un site que vous possédez, il n’y a pas de souci à utiliser un aspirateur de site.

Une fois le site récupéré, il y a des convertisseurs Markdown.

En particulier j’ai employé le convertisseur de HTML vers Markdown de Johannes Kaufmann, qui est aussi une base pour d’autres projets de conversion pour des applications particulières dont WordPress.

Et le tour est joué ! Ou presque…

On repart de zéro et on mélange tout

Si aucune des solutions ne fonctionne, chacune permet de créer une partie du site. En utilisant toutes les générations on peut récupérer les meilleurs pages.

Dans mon cas le plugin officiel de migration de jekyll vers hugo a été corrigé et j’ai donc pu l’utiliser.

En utilisant aussi des parties générées depuis le site statique, j’ai obtenu un résultat acceptable, mais cela ne s’est pas fait sans une série de petits scripts en bash à base de find et de sed et donc d’expression régulières, les fameuses regex.

Variations mais pas sur le même thème

Une fois le contenu cohérent, il est temps de tester d’autres thèmes Hugo pour donner au site une apparence différente.
Ces thèmes aussi peuvent être personnalisés. La notion de thème existe déjà dans WordPress, donc vous ne devez pas être surpris, mais les thèmes de WordPress ne peuvent pas être transposés tels quels dans Hugo, par exemple le thème twentytwo désormais classique ne se résout pas en la copie de son continu sur Hugo.
Mais passer à Hugo c’est aussi l’opportunité de se démarquer.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Reçu — 8 juin 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Podcast Projets Libres saison 4 épisode 19 : facturation électronique, état d’avancement pour les communautés Dolibarr et Odoo

Titre de l'image
Dans ce nouvel épisode, on reparle de la facturation électronique, qui arrive en France à partir de septembre 2026 ! 📢 🎧

Après avoir introduit le sujet dans un épisode précédent, nous voyons aujourd'hui :

  • les évolutions de la réforme en elle-même avec l'introduction du projet de loi finance 2026
  • l'état des implémentations dans Dolibarr, Odoo et module OCA
  • le déploiement de PDP Libre, sa gouvernance et son choix de plate-forme agréée.

Autour de la table :

  • Alexis de Lattre (Akretion), membre de l'Odoo Community Association (OCA)
  • Maxime Kohlhass (ATM Consulting), membre de la communauté Dolibarr
  • Philippe Scoffoni (OpenDSI), membre de la communauté Dolibarr et président de PDP Libre

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Reçu — 29 mai 2026 LinuxFr.org : les dépêches

SelfRecover — protocole AGPL de récupération de compte sans email

Je suis agriculteur en Creuse et je code sur mon temps libre. J'ai commencé à m'intéresser à la question de la récupération de compte en développant ARC PVE Hub, un site destiné à fédérer une communauté de joueurs. Je n'ai jamais compris pourquoi il fallait transmettre son email pour régénérer un mot de passe — ça déplace la sécurité du compte vers un fournisseur SMTP tiers, qui n'est pas contrôlé par l'utilisateur.

J'ai donc imaginé un protocole de récupération sans email, sans SMS et sans tiers. Le travail s'est étoffé en partenariat avec un assistant IA (Claude), comme outil de réflexion et de mise en forme — j'y reviens en fin de dépêche dans une note de transparence.

L'incident de sécurité ANTS du 15 avril 2026 a publiquement illustré le problème. J'en ai eu connaissance après avoir développé SelfRecover, ce qui m'a confirmé la pertinence d'un protocole sans dépendance à l'email. SelfRecover est publié sous AGPL-3.0-or-later sur GitHub.

Cette dépêche présente le protocole, ses choix de conception, ses limites assumées, et la comparaison avec les approches existantes (Keycloak Recovery Codes en particulier, qui m'a été suggéré en relecture). Audit communautaire bienvenu.

Sommaire

Le contexte

Depuis l'essor du web, la réponse standard à « l'utilisateur a oublié son mot de passe » est « on lui envoie un lien de réinitialisation par email ». C'est devenu si universel qu'on oublie ce que ça implique :

  • La sécurité du compte est déléguée au fournisseur de la boîte mail (Gmail, Outlook, ProtonMail). Si la boîte mail tombe, le compte aussi.
  • Le canal email est régulièrement exploité par phishing : campagnes imitant des mails de réinitialisation légitimes pour capturer les mots de passe.
  • Les bases de données qui stockent les emails des utilisateurs deviennent une cible massive : leur fuite expose à la fois l'identité et les vecteurs de récupération.

L'incident de sécurité ANTS illustre une autre facette du problème de gestion des données d'authentification dans les services en ligne. Détecté le 15 avril 2026 et rendu public le 20 avril, il a touché 11,7 millions de comptes selon les communiqués officiels. La cause technique identifiée est une faille d'énumération de type IDOR (Insecure Direct Object Reference) : il était possible d'accéder aux données d'un autre compte en modifiant un identifiant dans une URL. La fuite ne concerne ni les mots de passe, ni les pièces justificatives, mais les données personnelles associées aux demandes de titres.

Devant ces limites structurelles autour de l'authentification web, SelfRecover propose une inversion : conserver le secret de récupération chez l'utilisateur, et utiliser le navigateur pour faire les calculs cryptographiques nécessaires à la vérification. Le serveur ne détient plus que des dérivés, jamais les secrets bruts.

Le protocole en deux phrases

Côté navigateur, on calcule HMAC-SHA256(secret, domaine) : une fonction cryptographique standard qui combine le secret de l'utilisateur avec le nom de domaine du site, et produit une empreinte impossible à inverser. Côté serveur, on ne stocke que cette empreinte, en plus protégée par un hash adaptatif et memory-hard : Argon2id, qui est le standard moderne recommandé contre les attaques par brute force.

Deux propriétés découlent de cette construction :

  • Le secret brut ne quitte jamais le poste de l'utilisateur.
  • Un secret capturé sur un site A (par exemple via phishing) est mathématiquement inutilisable sur un site B : la dérivation HMAC produit des empreintes différentes pour des domaines différents. C'est de l'anti-phishing par construction, pas par convention.

Note conceptuelle : l'inspiration vient des machines à rotors historiques type Enigma. Le principe partagé est qu'une même configuration secrète, présente des deux côtés (émetteur et récepteur), permet de produire et vérifier un message dérivé. La cryptographie moderne (HMAC-SHA256 ici) repose sur des fondations mathématiques différentes, mais ce principe de dérivation contrôlée par un secret commun est resté.

Deux modes d'adoption

SelfRecover propose deux modes selon le contexte de déploiement.

Mode Full — Sans email

L'application abandonne entièrement le flow de réinitialisation par email. L'utilisateur génère une passphrase diceware à l'inscription (liste EFF de 7 776 mots, 4 à 7 mots par défaut), qu'il mémorise ou stocke dans son gestionnaire de mots de passe. Cette passphrase, combinée au nom de domaine du site via HMAC-SHA256, permet de réinitialiser le mot de passe sans aucune dépendance externe.

Pour qui : nouveaux projets qui veulent s'affranchir de SMTP dès la conception, ou services qui adoptent un modèle de menace post-fuite (l'email n'est plus considéré comme un canal de confiance).

Mode Lite — Avec email + mot mémorisé

L'application conserve le flow de réinitialisation par email habituel, mais y ajoute une étape supplémentaire : l'utilisateur saisit un mot mémorisé (choisi à l'inscription) qui est dérivé HMAC-SHA256 côté navigateur. Le mot brut n'est jamais transmis au serveur. La validation combine donc deux facteurs :

  1. La possession de la boîte mail (lien reset reçu)
  2. La connaissance du mot mémorisé (dérivé HMAC côté client)

Pour qui : applications existantes qui ne peuvent abandonner SMTP du jour au lendemain, mais veulent durcir progressivement leur flow de récupération. Conséquence : un email intercepté seul ne suffit plus à compromettre un compte — il faut aussi connaître le mot mémorisé.

Synthèse

Mode Canal email Crypto utilisateur Cible
Full Aucun Passphrase diceware EFF + HMAC Nouveaux projets
Lite Conservé Mot mémorisé + HMAC Applications existantes

SelfRecover vs Keycloak Recovery Codes

Lors de la relecture de cette dépêche, devnewton a soulevé une question importante : quelle est la différence avec les Recovery Codes de Keycloak ?

Keycloak est l'IAM (Identity and Access Management) open-source de référence, maintenu par Red Hat sous licence Apache 2.0, déployé dans de nombreuses organisations depuis plus d'une décennie. Son mécanisme de Recovery Codes est un fallback d'authentification à deux facteurs : si l'utilisateur perd son téléphone TOTP, il peut saisir un code de secours préalablement généré côté serveur.

Note importante de positionnement : les Recovery Codes Keycloak adressent le cas « j'ai perdu mon 2FA mais je connais toujours mon mot de passe principal ». Le password reset principal de Keycloak utilise, lui, le canal email standard (configuration SMTP dans l'onglet Email de l'admin console).

SelfRecover s'attaque à un cas différent : « j'ai oublié mon mot de passe principal et je ne veux pas dépendre de l'email pour le récupérer ». Concrètement :

Aspect Keycloak Recovery Codes SelfRecover
Cible Fallback 2FA Password recovery sans email
Architecture Serveur IAM standalone (Java + BDD + admin) Bibliothèque à intégrer dans le code de l'application
Source du secret Serveur génère, utilisateur sauvegarde Utilisateur génère/mémorise (diceware ou mot mémorisé)
Stockage utilisateur Codes à sauvegarder physiquement Passphrase mémorisable (mode Full) ou mot mémorisé (mode Lite)
Email reset principal Reste nécessaire (SMTP configuré dans l'admin) Aucun (mode Full) ou en complément (mode Lite)
Anti-phishing crypto Pas spécifique au mécanisme Dérivation HMAC par domaine : un secret capturé sur un site est mathématiquement inutilisable ailleurs
Licence Apache 2.0 AGPL-3.0-or-later
Maturité 10+ ans, audité, déployé largement Récent, audit communautaire bienvenu

Pour la majorité des projets qui acceptent l'email comme canal de récupération, Keycloak (et son écosystème) reste le bon choix. SelfRecover s'adresse aux applications qui veulent réduire ou supprimer leur dépendance à SMTP, et qui n'ont pas besoin de la richesse d'un IAM complet (multi-realm, OIDC/SAML, fédération d'identité, etc.).

Que se passe-t-il si l'utilisateur perd son secret ?

C'est la question critique d'un protocole de récupération. SelfRecover y répond par escalade progressive sur trois niveaux, complétée par un système de litiges et un chat administrateur pour les cas extrêmes.

Niveau 1 — Passphrase oubliée

L'utilisateur saisit son username + sa passphrase diceware (match exact). Sur succès, un nouveau mot de passe est généré et affiché une seule fois. Anti-brute force : 3 tentatives par 15 minutes, 3 blocages successifs → éjection vers L2.

Niveau 2 — Passphrase perdue, mais identifiant + mot de récupération retenus

L'utilisateur saisit son identifiant public (numéro client, identifiant métier — fourni par le site) et son mot de récupération dérivé HMAC-SHA256 côté navigateur. 3 tentatives maximum avec compteur visible. Sur 3 échecs → redirection vers L3. Un litige est automatiquement créé (LIT-XXXX), tracé en base, admin notifié. Les litiges auto-résolus sont purgés après 24 heures.

Niveau 3 — Accès complètement perdu

Entrée par un lien discret « accès perdu » sur la page de connexion. L'utilisateur saisit son identifiant public en premier (anti-timing : délai forcé de 2 à 3 secondes), puis remplit un formulaire de scoring multi-facteur :

Catégorie Champs Points
Identifiant public 4 20
Mot de récupération (dérivé HMAC) 5 25
Username 3 30
Passphrase (fragments) 3 25

Bonus passifs : IP connue (+5), fingerprint connu (+5).

  • Score ≥ 60/100 → compte récupéré, nouveau mot de passe généré
  • Score < 60/100 après 3 tentatives → le compte passe en mode restreint : l'utilisateur n'a plus accès qu'au chat administrateur, le compte n'est ni utilisable ni écrasable tant que l'admin n'a pas validé
  • Cooldown : 1 heure entre tentatives

Chat administrateur humain en mode restreint — état actuel

Dans l'implémentation actuelle (déployée en production sur ARC PVE Hub), le chat L3 est un canal direct entre l'utilisateur en mode restreint et un administrateur humain du site. Pas d'intermédiaire automatisé, pas de bot.

Le canal de chat est bidirectionnel et fonctionne en polling (pas WebSocket temps réel, pour rester simple). L'admin vérifie l'identité par l'échange et décide manuellement :

Accorder la récupération : mot de passe régénéré, compteurs réinitialisés, litige clôturé, mode restreint levé.

Refuser la récupération : ban temporaire de 24 heures, pas de nouveau litige possible pendant cette fenêtre, compteur de refus incrémenté (1/3, 2/3, 3/3). À chaque clic, l'interface admin rappelle explicitement les conséquences via une modale de confirmation (ban 24h aux refus 1 et 2, suppression définitive au 3e refus).

Au 3e refus, le compte est définitivement supprimé : décision exclusivement humaine, prise en pleine connaissance de cause par l'admin via la modale d'avertissement explicite. La suppression libère l'identifiant public pour une nouvelle inscription.

Principe de design MySelf : aucune destruction de données utilisateur n'est déclenchée sans validation humaine consciente. L'interface admin explicite systématiquement les conséquences avant chaque action irréversible. Une IA peut se tromper ou être manipulée ; lui déléguer la décision de supprimer un compte créerait une surface d'attaque.

Ce mécanisme empêche un attaquant de spammer les litiges indéfiniment : chaque refus lui coûte 24 h, et trois échecs effacent toute trace. Un propriétaire légitime bloqué par erreur peut retenter après chaque fenêtre de ban, ou se réinscrire depuis zéro si totalement verrouillé.

Évolution prévue (en réflexion) : pré-traitement optionnel par chatbot LLM local

En complément du chat admin humain (qui resterait toujours disponible), une couche de pré-traitement par un agent conversationnel local (Ollama auto-hébergé) est en cours de design. Le chatbot poserait les questions initiales de vérification d'identité et estimerait si la demande est légitime. Sur estimation positive, le mot de passe serait régénéré directement ; sur doute, l'admin humain reprendrait la main.

Cette option serait configurable par site qui déploie (activable ou non), et le chatbot ne se substituerait jamais à l'admin pour les décisions destructives (suppression de compte) — ces décisions resteraient exclusivement humaines, conformément au principe MySelf énoncé plus haut.

L'enjeu principal en cours de réflexion : calibrer le seuil de confiance du chatbot pour ne pas créer un nouveau vecteur d'attaque par social engineering (un attaquant pourrait essayer de manipuler le LLM par prompts).

Démo standalone vs implémentation de référence

La démo publique (bi-self.my-self.fr/selfrecover/) ne couvre que les niveaux L1 et L2, car L3 nécessite une interface admin, un système de disputes et un dashboard — trop pour une démo à page unique.

L'implémentation de référence en production se trouve sur ARC PVE Hub, un site communautaire de joueurs ARC RAIDERS qui sert de terrain de test à l'écosystème MySelf. L1 + L2 + L3 + mode restreint + chat admin + dispute system y sont fonctionnels.

Pourquoi assumer cette friction

Dans la vie réelle, si l'on perd sa carte bancaire, son code, sa pièce d'identité, son adresse et sa date de naissance, on ne récupère pas son compte bancaire par email. On passe en agence avec preuve d'identité.

SelfRecover applique la même logique en ligne : la sécurité réelle nécessite parfois un passage par l'humain ou un processus d'identification rigoureux. Cette friction est assumée comme un trade-off conscient, pas comme une limitation à compenser.

Pour quel public

Adapté :
- Applications avec un administrateur actif et disponible pour traiter les litiges (forum communautaire, association, e-commerce indépendant, boutique en ligne militante)
- Sites où la sécurité prime sur la fluidité de récupération (services manipulant des données sensibles)
- Communautés à taille humaine (du forum de 50 membres au service de quelques milliers d'utilisateurs)

Non adapté :
- Plateformes à très grande échelle sans admin individuel (réseaux sociaux massifs, services publics avec millions d'utilisateurs) — le volume de litiges dépasse les capacités d'un humain réactif
- Services où une friction de récupération est inacceptable (gaming compétitif, services temps-réel)
- Projets sans maintenance active (l'admin doit pouvoir répondre aux litiges dans des délais raisonnables)

Pour ces cas, un IAM mature comme Keycloak avec ses mécanismes éprouvés reste plus adapté.

Modèle de menace assumé

Pour la transparence, voici les classes d'adversaires explicitement hors périmètre du protocole :

  • Compromission du poste utilisateur (logiciels malveillants, RAT, keyloggers) — un attaquant qui contrôle le poste peut capturer la passphrase à la saisie, indépendamment du protocole.
  • Compromission du navigateur (extensions malveillantes, exploits 0-day) — même cause, même effet : si le moteur JS qui calcule HMAC est compromis, la sortie l'est aussi.
  • Coercition physique — SelfRecover n'offre pas de plausible deniability (pas de second compte caché ou décoy).
  • Cryptanalyse théorique de SHA-256 / HMAC / Argon2id — un cassage mathématique de ces primitives mettrait à mal la quasi-totalité des systèmes cryptographiques modernes, pas seulement SelfRecover.

Ces limitations sont le périmètre normal d'un protocole côté navigateur. Pour les usages à plus haute exigence (cérémonies cryptographiques sensibles, génération initiale de clé maître), MySelf-Live est annoncé dans la roadmap V0.2 : une distribution Linux Live USB minimale, RAM-only, signée GPG, qui isolerait les opérations sensibles du système hôte. Pour les usages courants à fort enjeu, Tails ou Qubes OS offrent déjà ce niveau d'isolation et sont recommandés.

Démos en ligne

Aucune inscription préalable n'est requise. Les données sont éphémères côté serveur.

Code et image Docker

docker run -p 8080:8080 ghcr.io/pierroons/selfrecover:v0.1.1

La démo de référence tourne sur PHP 8.0+ et SQLite (~600 lignes auditables, zéro dépendance externe). Tag GPG-signé v0.1.1, release datée du 5 mai 2026.

Licence et philosophie

AGPL-3.0-or-later. Toute version déployée publiquement doit publier ses modifications sous la même licence. Pas de capture SaaS possible.

SelfRecover est une brique du méta-projet MySelf, un écosystème de modules auto-hébergés qui couvre l'identité, la modération communautaire, le droit, et l'agriculture.

Un module complémentaire répond de manière directe à la problématique illustrée par l'incident ANTS : SelfDataGuard chiffre les données utilisateur côté client de telle sorte qu'une fuite de base de données ne livre que des blobs inexploitables. Le code est public, AGPL, en v0.1.0-beta — une dépêche dédiée pourra suivre quand le module aura plus de maturité (audit communautaire, retours d'intégration).

Note de transparence

Conception en partenariat avec un assistant IA

Ce protocole a été conçu et codé en partenariat avec un assistant IA (Claude), comme outil de réflexion, de revue critique, et d'écriture de code.

Pour être totalement transparent : je ne suis pas développeur de formation. Mon expérience technique vient du dev web amateur (ARC PVE Hub, un site destiné à fédérer une communauté de joueurs ; un outil de gestion de stock pour mon entreprise ; quelques sites perso). Pour SelfRecover, l'écriture des primitives cryptographiques et la mise en œuvre du protocole ont été largement assistées par l'IA, sur la base de mes choix architecturaux et de ma vision.

Ce qui vient de moi (humain) :
- La vision (souveraineté numérique, refus du SMTP comme canal de récupération)
- Les choix philosophiques (AGPL-3.0-or-later, fallback humain assumé, aucune destruction de données sans validation humaine consciente)
- Le contexte initial (besoin né en développant ARC PVE Hub)
- Chaque décision de trade-off d'architecture
- La responsabilité juridique et morale du code publié sous mon nom et signé GPG

Ce qui vient de l'IA :
- L'écriture des primitives cryptographiques (HMAC, dérivations, vérifications)
- L'agencement du code, la structure des fichiers
- La formalisation des paragraphes du whitepaper et de cette dépêche
- La génération de tests unitaires
- La vérification de cohérence interne

Plan d'audit

  • Auto-audit interne : en cours et continu (chaque modification est relue critiquement)
  • Audit communautaire : ouvert dès maintenant, je réponds aux remarques techniques avec sérieux (cette dépêche en est l'illustration directe)
  • Audit tiers certifié : envisagé à moyen terme via un cabinet agréé CESTI ANSSI (Synacktiv, Quarkslab, Wavestone, ou équivalent), sous réserve de financement

Statut du projet

SelfRecover en est à la version 0.1.1, taguée GPG et signée. C'est un état PoC fonctionnel + déployé en production sur un site réel (ARC PVE Hub), mais pas encore mature pour une adoption massive dans des contextes à fort enjeu. La roadmap V0.2 (MySelf-Live, finalisation du chatbot L3, audit tiers) précisera ce périmètre.

Engagement communauté LinuxFr et culture du libre

Mon compte LinuxFr est récent, mais mon ancrage dans la culture du libre ne l'est pas : utilisateur exclusif de distributions Linux depuis quinze ans (principalement Debian), j'ai aidé plusieurs proches à migrer des PC anciens vers Debian pour leur donner une seconde vie au lieu de la déchèterie. J'arrive sur LinuxFr depuis le monde agricole/permaculture et le jeu vidéo (ARC PVE Hub), pas du milieu dev historique.

Je suis salarié couvreur dans une PME et installé en agriculture à temps partiel — mon temps libre pour le développement et la participation communautaire est compté. Je m'engage à répondre aux retours techniques sur cette dépêche et à suivre les disputes sur l'état du projet. Pour le reste (commentaires réguliers, dépêches futures sur d'autres modules MySelf — en particulier SelfDataGuard quand il sera plus mature), ce sera au gré du temps disponible, sans promesse.

Toute critique technique constructive est bienvenue. Pour les critiques sur la légitimité du projet ou la nature humain/IA de la collaboration, j'invite à juger sur les choix concrets, le code public, et la qualité des réponses à vos questions.

Pour aller plus loin

SelfRecover est un module de l'écosystème MySelf, expérimentation citoyenne sur la souveraineté numérique sous licence AGPL-3.0-or-later.

Les retours techniques, audits communautaires, propositions d'intégration et questions de fond sont les bienvenus — en commentaire de cette dépêche ou en issue sur le repo GitHub.

Si une administration ou une organisation souhaite tester le protocole en environnement isolé, l'image Docker et le Dockerfile sont à disposition. Aucune démarche commerciale n'est associée à cette publication.

Merci aux modérateurs et contributeurs de LinuxFr — Pierre Jarillon, devnewton, Florent Zara, bobble bubble — dont les retours pendant la phase de rédaction ont substantiellement amélioré cette dépêche.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Migrer de Windows vers un système libre — « Libre à vous ! » du 19 mai 2026 — Podcasts et références

276e émission « Libre à vous ! » de l’April. Podcast et programme :

  • sujet principal : Migrer de Windows vers un système libre sur le poste de travail avec Magali Garnero, présidente de l’April, membre de Framasoft ; Zoé Pélegry, porte-parole des mouvements Alternatiba et ANV-COP21 ; David Frissard de l’association Désobsolescence
  • chronique de Gee sur « Pourquoi je fais de l’art libre »
  • chronique de Benjamin Bellamy sur « La nouvelle série à la mode dont tout le monde parle sur les réseaux sociaux »
  • Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du libre

Rendez‐vous en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h sur 93,1 MHz en Île‐de‐France. L’émission est diffusée simultanément sur le site Web de la radio Cause Commune. Vous pouvez nous laisser un message sur le répondeur de la radio : pour réagir à l’un des sujets de l’émission, pour partager un témoignage, vos idées, vos suggestions, vos encouragements ou pour nous poser une question. Le numéro du répondeur : +33 9 72 51 55 46. La prochaine émission sera diffusée mardi 2 juin à 15h30 (puis en podcast). Nos invitées seront la LDH et Amnesty International France. Pour avoir le regard d'assocations dont l'objet premier n'est pas "le numérique", mais qui pour autant ont développé une analyse de ces enjeux à l'aune de leur propre combat. Et plus particulièrement, des associations de défense des droits humains.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Reçu — 12 mai 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Courrier à madame la présidente de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) sur les dépendances numériques extra-européennes

Le collectif Linux Quimper vient d'envoyer un courriel à madame la présidente de la Communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) pour lui proposer d'engager une étude sur les dépendances numériques extra-européennes qui pourraient exister dans les services de QBO afin de trouver des solutions européennes de remplacement comme l'a demandé l'État français à ses ministères lors du séminaire interministériel du 8 avril 2026

Courriel adressé à madame la présidente de la communauté d'agglomération de Quimper Bretagne Occidentale (QBO) par Linux Quimper, collectif quimpérois de défense et de promotion des logiciels libres

Objet : Proposition d’étude sur les dépendances numériques extra-européennes

Madame la Présidente de QBO,

À la suite du séminaire interministériel (1) du mercredi 8 avril 2026, consacré notamment à la réduction des dépendances numériques extra-européennes, nous souhaitons attirer votre attention sur l’intérêt qu’une telle démarche pourrait également présenter à l’échelle de notre agglomération.

Notre collectif qui participe depuis 2006 à la promotion des logiciels libres et de Linux en particulier, sur Quimper et ses environs, suit avec attention les enjeux liés à la souveraineté numérique, à la maîtrise des coûts et à la pérennité des systèmes d’exploitation et des logiciels. Dans un contexte de fortes évolutions technologiques et de dépendances parfois peu visibles, il nous paraît utile qu’une collectivité puisse disposer d’une vision claire et partagée de ses propres dépendances numériques.

Dans cet esprit, nous nous permettons de suggérer que Quimper Bretagne Occidentale puisse engager une étude portant sur les dépendances numériques extra-européennes de ses services comme précisées dans le compte-rendu du séminaire interministériel : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et équipements réseau. Une telle démarche permettrait de dresser un état des lieux objectif, d’identifier les points de vulnérabilité éventuels et de dégager des pistes d’évolution adaptées aux besoins de la collectivité.

Cette réflexion pourrait, à terme, permettre de définir un objectif chiffré de réduction de ces dépendances, accompagné d’un calendrier progressif et réaliste. Elle offrirait également l’occasion de valoriser les solutions ouvertes, interopérables et maîtrisées, dans une logique de continuité de service et d’efficacité budgétaire.

Dans un esprit de transparence et de dialogue, nous vous serions reconnaissants de veiller à ce que l’évolution de cette réflexion fasse l’objet d’une information accessible aux citoyennes et citoyens.

Nous restons à votre disposition pour, si nécessaire, vous apporter des explications complémentaires.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente de QBO, l’expression de notre considération distinguée.

pour Linux Quimper, collectif Quimpérois de défense et de promotion des Logiciels Libres,
https://linuxquimper.org/
contact at linuxquimper.org

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

❌