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Reçu — 27 août 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Haiku Release 1 Beta 6

Environ une semaine après le 25ème anniversaire de Haiku, c'est le moment de publier la sixième version beta de Haiku R1. Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis le lancement du projet en 2001, il y a un quart de siècle. Merci à toutes les personnes qui nous ont soutenus et encouragés dans cette aventure, et souhaitons plein de belles choses pour les 25 prochaines années de Haiku !

Haiku est développé par une petite équipe principalement bénévole, et sans utilisation d'"intelligence artificielle" dans les composants développés au sein du projet. Si notre mission, le développement d'un système d'exploitation pour les ordinateurs personnels, vous attire, n'hésitez pas à nous rejoindre !

Cette version est le résultat de plus de deux ans de travail de l'équipe de développeurs de Haiku pour améliorer la stabilité, ajouter de nouvelles fonctionnalités, et rendre possible le portage de nombreux logiciels. Plus de 530 rapports de bugs et demandes d'améliorations ont été traitées.

Haiku reste en version beta, ce qui signifie que toutes les fonctionnalités prévues pour la version R1 sont disponibles, mais qu'il reste des bugs (connus et inconnus). Nous sommes de plus en plus confiant en ce qui concerne la stabilité du système, mais il n'y a aucune garantie par exemple contre les pertes de données.

Durant ce cycle de publicaction, waddlesplash a été embauché et rémunéré pour travailler sur Haiku. Ce contrat se poursuit, grâce aux donations généreuses d'utilisateurs et autres soutiens de Haiku à l'association Haiku, inc. (association à but non lucratif sous le statut États-Unien 501(c)3).

Sommaire

Configuration matérielle

Cette version est disponible pour les machines utilisant un processeur compatible x86, 32 ou 64-bit.

Seule la version 32-bit permet de lancer les exécutables compilés pour BeOS R5.

MINIMUM (32-bit)

  • Processeur : Intel Pentium II; AMD Athlon
  • Mémoire : 256Mio
  • Écran : 800x600
  • Espace disque : 2Gio

RECOMMANDÉE (64-bit)

  • Processeur : Intel Core i3; AMD Phenom II
  • Mémoire : 2Gio
  • Écran : 1366x768
  • Espace disque : 16Gio

Le jeu d'instructions SSE2 est nécessaire pour lancer le navigateur web WebPositive. Sur les machines où SSE2 n'est pas disponible, le navigateur NetSurf peut être utilisé à la place.

Nouvelles fonctionnalités

Mozilla Firefox

Firefox pour Haiku

Quelques mois après la publication de la version R1 beta5, les premiers navigateurs basés sur Mozilla Firefox ont fait leur apparition dans les dépôts logiciels de Haikuports. Ils étaient assez instables et n'utilisaient pas les marques officielles de Mozilla. Au cours des deux années suivantes, la stabilité s'est beaucoup améliorée, avec du travail aussi bien du côté de Haiku que du côté du portage. La dernière étape a été d'obtenir la permission de Mozilla pour utiliser le nom et le logo "Firefox". Donc, si quelqu'un vous demande "Mais est-ce que Firefox fonctionne sur Haiku?", maintenant vous pouvez répondre : "Oui, bien sûr !"

Un large choix de logiciels basés sur le code de Firefox est également disponible dans HaikuDepot, comprenant LibreWolf, Waterfox, Floorp, Icedove (une version de Thunderbird dégriffée) et quelques autres.

(Notez que Firefox est disponible uniquement pour les systèmes x86_64 pour l'instant. Et, puisque Haiku est toujours en version beta, si vous rencontrez des fonctionnalités manquantes ou incomplètes par rapport aux versions de Firefox pour d'autres systèmes, c'est probablement de notre faute et pas celle de Mozilla. Merci de remonter ces problèmes dans l'outil de suivi de bugs de HaikuPorts).

Virtualisation matérielle pour QEMU (sur x86_64)

QEMU avec accélération NVMM

Haiku permet maintenant d'utiliser "NVMM", le NetBSD Virtual Machine Monitor (qui a été développé pour NetBSD, mais a déjà été porté également vers DragonflyBSD avant Haiku). Cela permet d'utiliser l'accélération matérielle de la virtualisation dans QEMU, sur les systèmes x86_64 qui disposent des instructions Intel VT-x ou AMD-V. Les machines virtualisées peuvent être en 32 ou 64 bits, avec SMP, et le large choix de périphériques matériels émulés par QEMU, le tout pour un large choix de systèmes invités. Ajoutez simplement -accel nvmm aux arguments en ligne de commande de QEMU.

(L'accélération NVMM est encore en phase expérimentale. Merci de remonter tous les problèmes rencontrés sur le bug tracker de Haiku.)

Logiciels portés

Florilège de logiciels portés

Le projet HaikuPorts continue de maintenir une large sélection de logiciels pour Haiku. Il y en a beaucoup trop pour tout lister ici, y compris de nombreuses applications KDE et GTK. Mais voici l'un des plus remarquables :

Go

Le compilateur et l'environnement d'exécution pour le langage Go sont disponibles dans les dépôts de paquets. C'est une version un peu ancienne (1.26.1) et le code n'a pas encore été soumis aux développeurs de Go; mais de nombreux paquets fonctionnent bien sous Haiku, avec éventuellement quelques ajustements. Par exemple, il est possible d'utiliser Hugo, l'outil de génération de sites statique qui permet d'éditer le site de Haiku.

Modifications & corrections de bugs

Des centaines de bugs, corrections mineures et demandes d'améliorations ont été traitées depuis la version précédente. Il y en a beaucoup trop pour tout énumérer, les rapports d'activité trimestriels sur Linuxfr (ou mensuels en version originale) vous permettront d'avoir une vision plus détaillée de ces changements.

Presque toutes les parties du système ont bénéficié d'au moins un peu d'attention, et le résultat est que cette version beta 6 et la plus stable et la mieux finie jusqu'à présent. Il reste cependant encore quelques points de friction à certains endroits, ce qui explique que cela reste une version beta.

Optimisation des performances du système

Cette version comprend un grand nombre de changements et de refactorisations pour améliorer les performances générales. Voici une liste (assez technique) des principaux points:

  • Refonte de la gestion des tampons mémoire du renifleur de types MIME (la détection des types de fichiers est au moins 5 à 10 fois plus rapide)
  • Fonctions de hachage de chaîne de caractères plus rapides (et avec de meilleures propriétés)
  • granularité des verrous dans plusieurs composants du noyau : le gestionnaire de mémoire (réservations et dé-réservations de mémoire), le VFS (recherche de descripteurs de fichiers, changement d'état des vnode inutilisés, recherhce de la racine des contexte E/S), timers utilisateur, et encore d'autres.
  • évitement d'un verrou exclusif dans les FIFO (pipe()), ce qui permet de traiter des données à plusieurs Gio/s au lieu de quelques centaines de Mio/s auparavant
  • utilisation d'allocateurs "arena" pour les allocations de mémoire de travail (par exemple dans les FIFOs, et dans packagef`), ce qui permet d'esquiver tout un tas de changements et d'invalidation de la table des pages dans le noyau
  • omission de certaines tâches réalisées par une opération fork traditionelle lors de l'utilisation de vfork (il ne s'agit pas d'un vrai vfork, mais d'une approximation compatible avec les utilisations raisonnables)
  • remplacement ou réécriture de fonctions de bases de la bibliothèque C par des versions optimisées : memmove, strlen, strcmp, memcmp, et bien d'autres
  • recalibration des classes de taille de l'allocateur malloc du noyau (les valeurs utilisées avaient été sélectionnées en 2007 et pas vérifiées depuis)
  • ajout d'heuristiques pour pré-mapper les gros fichiers (ce qui bénéficie aux grosses applications qui sont lancées à mainte reprises, par exemple gcc)
  • utilisation de verrous non-exclusif et d'opérations atomiques lorsque c'est possible dans les primitives du noyau pour l'envoi de messages entre cœurs de processeur
  • Le cache d'entrées de répertoire n'a plus besoin d'un verrou en écriture pour insérer des éléments. De plus, il stocke la valeur de hash des chaînes pour éviter des comparaisons de chaînes inutiles
  • Utilisation de verrous en lecture-écriture dans le cache de blocs disque (utiliser pour mettre en cache les inodes et métadonnées des systèmes de fichiers).

Les deux derniers points en particulier ont un effet spectaculaire sur les opérations qui accèdent à beaucoup de fichiers d'affilée, comme git status. Lors d'un test de ces modifications, la durée d'exécution de git status sur un dépôt comportant plus de 160000 fichiers est passé de 33 à 20 secondes sans préchargement du cache disque, et de 15 à 2.5 secondes une fois le cache préchargé !

L'effet cumulé de toutes ces optimisations (et aussi des changements sur la gestion de la mémoire, détaillés plus bas) sur le temps de compilation est assez significatif. Les travaux de compilation assez simples ne sont qu'un peu plus rapide qu'avant (on partait d'assez loin, avec environ 40% de performance en moins par rapport à Linux), mais pour des tâches plus complexes, cela change tout. La compilation de HaikuWebKit (même version, même compilateur, même machine, ensemble de dépendances très proche) durait 4h53 avec la version beta 5, mais seulement 2h33 avec la version beta 6, soit une réduction presque de moitié !

Amélioration de l'interface utilisateur

Tracker: Mise à jour en direct des menus lors de l'utilisation de modificateurs clavier

Mise à jour en direct

Dans Tracker - le navigateur de fichiers de Haiku -, certains opérations modifient leur comportement lorsqu'elles (ou leur raccourci clavier) sont invoquées avec la touche Shift enfoncée. Maintenant, si vous enfoncez ou relachez cette touche alors qu'un menu est ouvert, les éléments du menu se mettent à jour pour montrer ce qu'il va effectivement se passer si vous cliquez dessus.

Tracker : Filtrage par dossier des résultats de requêtes

Filtrage des requêtes par dossier

Haiku a hérité certaines fonctionnalités uniques de BeOS. L'une d'entre elles est un système de fichiers qui se comporte également comme une base de données, permettant l'indexation des attributs étendus des fichiers et permettant d'exécuter des requêtes sur l'ensemble d'un système de fichier pour trouver rapidement les fichiers correspondant à certains critères.

Ces requêtes fonctionnent nécessairement sur l'ensemble du système de fichiers (car l'indexation ne stocke pas d'informations sur le chemin du fichier). Cependant, il est parfois utile de restreindre les résultats à une hiérarchie de dossiers spécifique. Cela est maintenant possible via la fenêtre de recherche du Tracker, qui effectuera un filtrage des résultats de requêtes aux dossiers sélectionnés.

(L'outil en ligne de commande query permet maintenant également de filtrer les résultats par dossier.)

Nettoyage disque dans SoftwareUpdater & pkgman

Les paquets logiciels pour Haiku sont des images de système de fichier compressées par blocs. Elles sont montée au démarrage dans une "union" permettant de construire le système de fichier du dossier système. Cela signifie que l'installation et la désinstallation de logiciels sont des opérations peu coûteuses, il s'agit s'implement d'ajouter ou d'enlever des paquets du point de montage en union. De plus, le système peut conserver les anciens paquets et l'état précédent du système. Cela permet de revenir facilement à une ancienne version d'un logiciel, ou même de rembobiner l'état complet du système, via le menu de démarrage.

Jusqu'à présent, ces points de restauration n'étaient jamais supprimés automatiquement (à moins d'utiliser un outil tiers pour s'en charger), et ils pouvaient donc s'accumuler indéfiniment, remplissant petit à petit tout l'espace disque disponible. Maintenant, SoftwareUpdater nettoie automatiquement les états les plus anciens (ce comportement est désactivable dans la fenêtre de réglages), et l'outil en ligne de commande pkgman affiche un message lorsqu'il y a beaucoup d'états sauvegardés, recommandant de lancer la commande pkgman cleanup pour faire du ménage.

# pkgman install/uninstall/full-sync...
[system] Changes applied. Old activation state backed up in "state_2026-08-22_22:38:28"
[system] Cleaning up ...
[system] Done.
[system] 3 old state(s) can be cleaned up. Use "pkgman cleanup" to remove them.

$ pkgman cleanup
Clean up 3 old states (166.27 MiB)? [yes/no] (yes) :

Screenshot : sélection de zone à capturer

Capture d'une zone de l'écran

L'outil de capture d'écran (déclanché par la touche Impr Écr de votre clavier) peut maintenant vous laisser sélectionner une zone rectangulaire de l'écran à capturer. Cela se rajoute aux possibilités existantes : capture de tout l'écran ou d'une seule fenêtre.

Team monitor : regroupement des équipes de processus

Groupement de processus

"Team monitor", l'outil de gestion des processus qui apparaît lorque vous appuyez sur Ctrl+Alt+Suppr, groupe maintenant les processus en tâche de fond lancés par une application graphique dans une liste en-dessous de cette application. Cela rend plus confortable l'utilisation de cette fenêtre lorsqu'un terminal est ouvert avec de très nombreux onglets, ou encore un navigateur web multiprocessus.

DriveSetup : menu "Images disque"

DriveSetup, l'outil de configuration des partitions, sait maintenant utiliser des images de disques. Le nouveau menu ajouté à cet effet permet de créer une image disque à partir d'une partition, d'écrire une image disque sur une partition, et aussi d'"enregistrer" une image disque dans le noyau pour y accéder directement comme à un disque réel (montage, démontage, création de partitions, etc).

app_server : récupération des applications au redémarrage

app_server, le serveur d'applications de Haiku (qui est aussi le serveur d'affichage, gestionnaire de fenêtres et responsable du tracé du contenu des fenêtres), est un composant central de Haiku. En cas de crash ou de redémarrage intentionnel, il peut maintenant se reconnecter aux applications en cours d'exécution et remettre en place leurs fenêtres comme si de rien n'était. Il n'est donc plus nécessaire de redémarrer le système ou la session utilisateur en cas de plantage. Dans la plupart des cas, les applications pourront reprendre leur fonctionnement normal après seulement une poignée de secondes.

PowerStatus : Meilleure gestion des machines avec plusieurs batteries

PowerStatus, l'application qui affiche l'information sur les batteries et l'icône de batterie dans la Deskbar, fonctionne mieux sur les machines avec plusieurs batteries, en particulier si certaines batteries sont enlevées alors que la machine est en fonctionnement, ou si une batterie se chage pendant qu'une autre se décharge.

Amélioration du "mode sombre" et de l'affichage HiDPI dans de nombreuses applications

Il y a eu un grand nombre de corrections et d'améliorations dans les applications inclues dans Haiku pour l'affichage en mode sombre et sur les écrans à haute densité : certaines couleurs étaient codées en dur, des dégradés n'étaient pas cohérents, des tailles d'éléments en nombre de pixels fixes, et ainsi de suite.

launch_roster : résumé du statut

L'outil en ligne de commande launch_roster permet d'interagir avec le gestionnaire de services de Haiku (launch_daemon). Il a reçu une grosse mise à jour, pour afficher une table réacapitulant l'état de tous les jobs et services :

$ launch_roster
                           Name  Type     State    Enabled
----------------------------------------------------------
     check-daylight-saving-time  job      stopped  yes
                    first-login  job      stopped  yes
                    update-time  job      stopped  yes
                  x-vnd.be-trak  service  running  yes
                  x-vnd.be-tskb  service  running  yes
         x-vnd.haiku-app_server  service  running  yes
          x-vnd.haiku-autologin  job      stopped  yes
       x-vnd.haiku-debug_server  service  running  yes
       x-vnd.haiku-media_server  service  running  yes
       x-vnd.haiku-mount_server  service  running  yes
         x-vnd.haiku-net_server  service  running  yes
x-vnd.haiku-notification_server  service  stopped  yes
     x-vnd.haiku-package_daemon  service  running  yes
       x-vnd.haiku-power_daemon  service  running  yes
          x-vnd.haiku-registrar  service  running  yes

Amélioration de la gestion de la mémoire

En plus des autres optimisations de performances déjà mentionnées, il y a eu un gros travail sur plusieurs aspects liés à la gestion de la mémoire, dont certains pour rendre les choses plus rapides, et d'autres simplement pour simplifier le code ou pour réduire la consommation de mémoire. Voici quelques-uns des plus intéressants :

  • optimisation des structures de données de packagefs, réduisant l'occupation mémoire d'environ 20% (la quantité exacte dépend du nombre de paquets installés, par exemple environ 15Mio sur une installation représentative utilisée pour tester ces changements)
  • gestion plus rapide et plus correcte des attributs de la mémoire (sur x86 et x86_64)
  • correction de la gestion du copy-on-write pour les zones protégées par mprotect. Le nouveau code est plus rapide et moins buggé.
  • plusieurs améliorations pour pouvoir démarrer Haiku sur des machines avec beaucoup de RAM (plus de 128Gio)
  • Tracker ne surveille plus les fichiers un par un via le node monitor, il surveille plutôt des dossiers entiers, ce qui économise de la mémoire du côté du noyau
  • unification du système de réservation de zones mémoires pour la mémoire RAM et la swap
  • correction d'allocations faites avec le mauvais allocateur dans le bootloader, des allocations qui devaient être temporaires n'étaient pas libérées avant le démarrage du noyau et restaient réservées pour toute la vie du système (jusqu'à 100Mio de mémoire perdus et rendus inutilisables par le noyau dans certains cas)

L'accumulation de tous ces changements fait qu'il est maintenant possible de démarrer la version 32-bit de Haiku avec seulement 128Mio de mémoire (et même encore moins si on utilise un système dégraissé), et arriver à lancer quelques applications. Bien sûr, difficile de lancer un navigateur web moderne dans ces conditions !

Mais ce n'est pas fini, certains changements encore plus importants méritent leurs propres paragraphes d'explications:

Nouvelle implémentation de malloc pour l'espace utilisateur

Haiku utilisait depuis très longtemps une version modifiée de l'allocateur hoard2 pour implémenter la famille de fonctions malloc dans la bibliothèque C standard. Cet allocateur est d'une conception assez ancienne, et ne tient plus la comparaison avec les derniers développements dans le domaine (y compris les versions plus récentes de hoard). Le remplacement de cet allocateur était donc un sujet de discussion parmi les développeurs depuis quelques années déjà.

Aprés l'évaluation et l'expérimentation de plusieurs alternatives, le choix s'est finalement porté sur la réutilisation de code écrit par OpenBSD, avec des perfectionnements supplémentaires pour l'adapter à notre usage (par exemple, un cache global limitant la nécessité d'appels système). Ce nouvel allocateur est légèrement plus rapide dans la plupart des cas, et beaucoup plus rapide dans certains cas particuliers qui mettaient en évidence les problèmes de l'architecture de hoard2. Surtout, cet allocateur est bien meilleur que ses concurrents pour remettre rapidement la mémoire inutilisée par une application à la disposition du reste du système, ce qui est particulièrement utile pour des applications qui restent lancées longtemps, et sur du matériel où la quantité de mémoire disponible est limitée. Il est également économe en termes d'utilisation de l'espace d'adressage, ce qui est important pour les systèmes 32 bits qui sont laissés de côté par d'autres allocateurs récents.

Améliorations sur le découpage de zones mémoire (areas)

Lorsqu'une application demande un gros morceau de mémoire (par exemple avec la fonction mmap), puis libère un petit morceau situé au milieu de cette zone (avec munmap), le noyau doit réorganiser ses structures de données et remplacer la gestion d'une zone unique et contigüe par deux zones séparées. Cette opération n'est pas simple à implémenter, surtout si la zone mémoire concernée est partagée avec d'autres processus, a des restrictons d'accès par pages (mprotect), ou d'autres cas particuliers.

L'implémentation de cette opération de découpage dans Haiku était incomplète, mais l'implémentation précédente de Haiku n'en faisait pas usage. Les problèmes éventuels ne concernaient donc que les applications implémentant leur propre gestion de la mémoire: ramasse-miettes, ou utilisation d'une implémentation alternative de malloc par exemple. Ces cas sont relativement rares, donc les problèmes n'avaient pas forcément été détectés. Le nouvel allocateur, ainsi que plusieurs navigateurs web récemment portés sur Haiku, quant à eux, font un usage beaucoup plus important de cette possibilité. Le code a donc du être repris pour pouvoir réagir correctement dans toutes les situations.

Amélioration du comportement lorsque la mémoire est presque pleine

Haiku n'implémente pas d'overcommit de la mémoire par défaut (et ne dispose donc pas d'un "OOM killer"). Les applications qui ont besoin de zones allouées avec overcommitting doivent le demander explicitement, avec un contrôle par area ou par region, et le manque de mémoire lors de l'accès effectif à ces zones n'impacte que les applications concernées (qui peuvent alors intercepter le problème et réagir en libérant des ressources si possible). Dans tous les autres cas, la mémoire est réservée (mais pas allouée) dès que l'application en fait la demande, et s'il n'y a pas de mémoire disponible, la fonction d'allocation retourne une erreur (par exemple ENOMEM).

Cependant, il ne suffit pas de retourner une erreur, encore faut-il que tous les composants du système sachent comment y réagir. Puisque toutes les allocations qui ne sont pas faites avec de la mémoire réservée à l'avance peuvent échouer, le noyau et tous les pilotes de périphériques doivent traiter le cas ou une fonction comme malloc retourne une erreur ENOMEM. Certains autres systèmes garantissent que l'implémentation de malloc dans le noyau n'échoue jamais (quitte à tuer des applications pour faire de la place).

Une mauvaise gestion de ces erreurs - ou de leurs conséquences qui peuvent mettre le système dans un état inhabituel - peuvent déclencher des comportements inattendus, dans le pire des cas, des crash ou des softlock (le système devient tellement lent qu'il est inutilisable). Un certain nombre de problème de ce type ont été corrigés, et il y a de bonnes chances que le système finisse par retourner dans un état stable une fois la mémoire libérée.

Améliorations de guarded_heap

En plus des implémentations par défaut de malloc dans l'espace utilisateur et dans le noyau, qui sont conçues pour une utilisation généraliste "en production", Haiku offre un choix d'implémentations de malloc pour l'aide au débuggage. L'une d'entre elles s'appelle guarded_heap, et place chaque allocation à la fin d'une page de mémoire et juste avant une autre page qui n'est pas mappée. Ceci gaspille énormément de place, mais permet de détecter immédiatement 100% des débordements de tampons. Cet allocateur permet même de désactiver la réutilisation de la mémoire libérée, dans ce cas il détecte en plus l'accès à de la mémoire libérée. Tout ceci se fait sans avoir besoin d'instrumenter le code, et donc, sans avoir besoin de recompiler l'application ou les bibliothèques concernées (contrairement par exemple aux options -fsanitize de gcc et llvm).

L'implémentation de guarded_heap pour le noyau a été complètement réécrite, pour y ajouter toutes les fonctionnalités disponibles dans la version pour l'espace utilisateur. Elle peut maintenant être activée sans recompiler le noyau (via une option du bootloader). Ceci n'est cependant possible que dans les versions "nightly builds" de Haiku, les versions stables désactivant cette option pour améliorer les performances.

Améliorations sur les systèmes de fichiers

Les systèmes de fichiers ont bien avancés dans cette version de Haiku. Les changements principaux sont :

  • FAT : gestion des disques de plus de 2Tio, gestion des secteurs disque de 4 Kio, préchargement des blocs pour accélérer le montage
  • NFSv4 : nettoyage et corrections de bugs, meilleure gestion des opérations E/S asynchrones
  • BFS : optimisation de la recherche de blocs libres, meilleure sélection d'index pour accélérer les requêtes, évitement des enchaînements de get/put inutiles pour des blocs de cache identiques
  • RAMFS (utilisé pour /var/shared_memory & shm_open) : nombreuses corrections, nettoyage, améliorations, dont une grande partie suite à l'utilisation intensive de mémoire partagée par Gecko/Firefox

En dehors des systèmes de fichiers eux-mêmes, des changements concernent de façon plus générale la mise en cache du contenu des fichiers. En particulier, la file d'attente des données à écrire a été découpée pour avoir une file par disque au lieu d'une seule file globale. Ces files peuvent estimer la vitesse d'écriture du disque associé, et le cache disque utilise cette information pour éviter d'accumuler trop d'écritures en attente (par exemple, lors de la copie de fichiers d'un disque rapide vers un autre plus lent).

Cela corrige le problème, également constaté sur certains systèmes Linux, où l'écriture vers un disque semble incroyablement rapide, mais le démontage ou l'exécution de sync est très lent, puisque l'écriture sur disque n'a réellement lieu qu'à ce moment là. À présent, le cache disque va détecter cette situation et bloquer les écritures sur le disque concerné le temps que les écritures en attente puissent être traitées. La progression de la copie de fichiers est donc représentative de l'écriture effective sur disque, et l'exécution de sync ne devrait jamais nécessiter plus de quelques secondes.

Compatibilité matérielle

Cette version de Haiku met à jour de nombreux pilotes, en particulier pour les machines fabriquées ces 5 dernières années. Si vous n'aviez pas réussi à installer une version précédente de Haiku, c'est l'occasion de refaire un essai et de voir si les choses se sont améliorées.

Cartes son

Des problèmes de son distordu ou complètement silencieux ont été corrigés, en particulier pour les machines les moins puissantes. Dans ce cadre, l'initialisation de la carte son est désormais faite à la demande, lorsqu'une application a effectivement besoin d'émettre un son. Cela économise de l'énergie et du temps de calcul pour le CPU.

Modifications volatile du BIOS VESA

Lorsqu'il n'existe pas de pilote speçifique pour une carte graphique, Haiku doit utiliser une solution de secours: un framebuffer minimal pour EFI, et VESA pour les systèmes BIOS. VESA permet de changer de mode vidéo pendant l'exécution du système, mais ne permet que de choisir parmi une liste de modes prédéfinis par le fabricant de la carte graphique. Cette liste est souvent assez limitée et n'inclus parfois même pas la résolution native du matériel.

La solution idéale est bien sûr le développement d'un pilote graphique pouvant programmer directement la carte graphique. Cependant, cette solution peut être assez complexe à mettre en oeuvre, surtout si le fabricant du chipset graphique ne fournit pas de documentation. Une solution plus simple est de modifier le BIOS VESA, pour y injecter de nouveaux modes vidéo à la demande. Haiku est maintenant capable de faire cette modification (de façon volatile, dans une copie en RAM du BIOS original) sur certains modèles de cartes graphiques où les modifications à faire ont pu être identifiées.

Pilotes pour toujours plus d'interfaces USB ethernet & WiFi

Haiku dispose d'une couche de compatibilité permettant de réutiliser les pilotes réseau de FreeBSD et OpenBSD, quasiment sans les modifier. Cette couche de compatibilité était limitée aux pilotes PCI, mais elle permet maintenant d'utiliser également des adaptateurs USB. De plus, les pilotes ont été synchronisés avec les dernières versions développées par FreeBSD et OpenBSD, ce qui augmente encore la compatibilité matérielle.

Compatibilité POSIX améliorée

Haiku essaie de suivre autant que possible le standard POSIX, afin de faciliter l'interopérabilité et le portage de logiciels existants. La spécification POSIX a été mise à jour quelques mois avant la version beta 5, et donc les nouveautés correspondantes arrivent seulement maintenant dans Haiku. Ici encore, il est impossible de lister l'immense nombre de changements liés à ce travail, mais voici quelques exemples :

  • O_CLOFORK
  • MSG_CMSG_CLOEXEC, MSG_CMSG_CLOFORK pour les sockets
  • SOCK_SEQPACKET, MSG_TRUNC, MSG_PEEK pour les sockets de la famille AF_UNIX
  • WCOREDUMP
  • getresuid, setresuid, getresgid, setresgid
  • pipe3, dup2, mkostemp
  • reallocarray, memmem, qsort_r
  • posix_devctl
  • pthread_getcpuclockid
  • posix_spawn_file_actions_add[f]chdir

En plus de la spécification POSIX, Haiku implémente également des fonctions supplémentaires disponibles dans les systèmes GNU, BSD ou même Solaris lorsqu'elles sont nécessaires ou pertinentes. Dans cette catégorie on trouve les nouveautés suivantes :

  • RTLD_NOLOAD, RTLD_GROUP
  • getloadavg
  • closefrom, closerange
  • EV_RECEIPT et l'utilisation d'objets spécifiques à Haiku (ports, sémaphores) avec kqueue
  • utilisation de baudrates arbitraires pour les ports série (via cfsetspeed)
  • meilleure compatibilité avec l'API FUSE

Ces extensions sont maintenant activées par défaut dans les en-tête C et C++, sauf dans le cas où l'environnement de compilation a demandé l'application d'un standard spécifique. Par exemple, la définition de __STRICT_ANSI__ ou _POSIX_C_SOURCE désactive ces extensions. Ces macros sont activées automatiquement par l'utilisation d'options comme -std=c++11, pour bénéficier des extensions on peut par exemple utiliser -std=gnu++11.

Stabilisation du système

De façon générale, un effort conséquent a été porté sur la stabilisation du système, en corrigeant des crash du noyau et des pilotes, des gels du système, des corruptions, l'échec du démarrage sur certaines machines. Ces problèmes ont été investigués, identifiés et corrigés pour fournir une version plus stable que toutes les précédentes.

Les scènes coupées

Malheureusement, une partie du travail en cours ces deux dernières années n'a pas pu être terminé à temps pour être intégré dans cette version. Certaines choses sont encore en chantier, d'autres sont trop expérimentales et désactivées par défaut. Cela donne peut-être une idée de ce à quoi s'attendre dans la prochaine version !

ARM64

Suite au travail de plusieurs personnes, la version ARM64 de Haiku démarre jusqu'au bureau sur les systèmes virtualisés ! Il existe même une branche de développement, en cours d'intégration, qui permet de démarrer Haiku sur les machines Apple M1. Ce travail est loin d'être terminé, mais les progrès sont remarquables par rapport à l'état des choses lors de la publication de la version beta 5.

WebKit multiprocessus

Le navigateur WebPositive fourni avec Haiku utilise encore une version de WebKit s'exécutant intégralement dans un seul processus. Le travail sur la version multiprocessus est bien avancé, cela fonctionne pour l'affichage de site simples, mais ce n'est pas encore prêt pour convertir WebPositive à ce nouveau mode de fonctionnement.

Nouveau contributeurs

Depuis la publication de la version précédente, un nouveau contributeur de Haiku a obtenu les permissions de commit : il s'agit de Zardshard, qui a travaillé par exemple sur Icon-O-Matic et sur d'autres applications natives. Bienvenue à lui !

On peut également mentionner le retour de Philippe Houdoin, qui avait laissé de côté le projet pendant quelques temps pour se consacrer à d'autres choses, mais a récemment recommencé à participer.

Le nombre de contributeurs est relativement stable depuis plusieurs années, entre 50 et 65 personnes participent à Haiku chaque année avec au moins un patch. Du côté de HaikuPorts, l'activité a tendance à augmenter, avec un record de 82 participants en 2024 et une deuxième position pour l'année 2025 avec 75 personnes. L'amélioration continue du système permet de plus en plus aux développeurs de se consacrer au développement et au portage de logiciels, sans tomber dans des bugs critiques nécessitant de mettre les mains dans les couches plus bas niveau du système.

Code source

Le code source est téléchargeable via un mirroir sur Github (si le site n'est pas cassé) ou alors depuis le serveur Git auto-hébergé de Haiku. Les patchs et contributions sont les bienvenus via Gerrit.

Remonter des problèmes

La sortie d'une nouvelle version de Haiku déclenche habituellement un déluge de nouveaux rapports de bugs. Il y a actuellement plus de 3900 tickets ouverts (et plus de 16000 déjà fermés) dans l'outil de suivi. Si vous pensez avoir identifié un problème, vous pouvez faire une recherche dans l'outil pour voir si le problème a déjà été remonté (ou même déjà corrigé), et dans le cas contraire, créer un ticket sur l'outil de suivi de bugs.

En cas de gros problèmes identifiés avec cette version, ils seront ajoutés sur la page notes de versions additionnelles.

Si vous avez besoin d'aide, commencez par la 'Visite Rapide' puis consultez le manuel d'utilisation, ils sont tous les deux accessibles via des raccourcis sur le bureau de toute nouvelle installation de Haiku. WebPositive s'ouvre par défaut sur notre page de bienvenue qui offre des informations utiles et de nombreux liens, de même que le site web du projet.

Si vous ne trouvez toujours pas de réponse à vos questions ou si vous souhaitez rencontrer d'autres utilisateurs et développeurs de Haiku, vous pouvez rejoindre les forums de discussion, l'un des canaux IRC (accessibles aussi par Matrix ou XMPP), ou envoyer un message sur l'une de nos listes de diffusion où une communauté sympathique pourra vous aider.

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Reçu — 23 août 2026 LinuxFr.org : les dépêches

Nouvelles de Haiku - été 2026

Haiku a 25 ans!

Le projet a démarré le 18 août 2001 avec l’ouverture d’une liste de diffusion et le premier fil de discussion « Ok, let's start » (Ok, allons-y). Le projet a été lancé suite à l’annonce de l’abandon de BeOS par Be, inc.

Depuis, le développement continue et plusieurs versions alpha et beta ont été publiées. Le système d’exploitation Haiku reprend les idées et l’architecture de BeOS, au point d’assurer la compatibilité binaire avec les applications existantes. Il modernise l’architecture du système et apporte de nombreux perfectionnements et améliorations, tout en restant dans l’esprit original.

L’objectif est de fournir un système pour l’informatique personnelle, facile à utiliser, léger et performant mais sans faire de compromis sur les fonctionnalités avancées.

Ce trimestre, les grosses nouveautés sont l’arrivée de la virtualisation avec NVMM, et les préparatifs pour la version beta 6 qui arrive bientôt!

    Sommaire

    Ce rapport correspond aux changements effectués en mai, juin et juillet 2026 : il s’agit des révisions hrev59672 à hrev59921 du code source.

    Entre parenthèses à la fin de chaque note, le pseudonyme de la personne qui a effectué le changement. Certains développeurs contribuent uniquement sous pseudonymes, d’autres utilisent leur nom légal, mais par habitude c’est le pseudonyme qui est utilisé par défaut.

    Virtualisation NVMM

    Le portage de NVMM (le virtualiseur de NetBSD) réalisé par DalmeGNU pendant le Google Summer of Code 2024 a été mergé. Cela permet en principe de lancer des machines virtuelles (avec QEMU) bénéficiant de l’accélération matérielle du CPU, et donc avec de bonnes performances.

    Le code est intégré dans la branche principale des sources de Haiku et sera disponible dans la bêta 6, avec tous les changements dans le noyau (y compris quelques fonctionnalités supplémentaires et un certain nombre de corrections de bugs). Waddlesplash a ajouté le code nécessaire pour les processeurs AMD (le projet GSoC s’était concentré sur les processeurs Intel), et a commencé à améliorer les performances (les premiers essais de virtualisation donnaient des résultats plus lents que l’émulation purement logicielle de QEMU).

    La virtualisation semblait ne pas fonctionner, ni pour lancer Haiku ni diverses distributions Linux, ce qui semblait pointer vers un problème général dans le virtualiseur. Finalement, après investigation par SED4906, le problème déclenché par un système invité Haiku était en fait un bug n’ayant rien à voir avec la virtualisation. Des modifications sur le pilote VESA pour implémenter le « live patching » et l’injection de modes vidéo supplémentaire dans le BIOS des cartes graphiques essayait de copier une zone de mémoire physique dans laquelle il n’y a rien. Cela ne pose pas problème sur une vraie machine, mais déclenche une erreur de NVMM (PulkoMandy).

    Les problèmes pour Linux et d’autres systèmes n’étaient pas liés, mais ont également pu être corrigés.

    Une version de QEMU utilisant l’accélération NVMM est désormais disponible dans les dépôts de paquets. Cela fournit une solution pour lancer les logiciels pas encore portés vers Haiku, et facilite également le développement de Haiku en auto-hébergé sans avoir à constamment redémarrer la machine pour lancer une version de test du noyau.

    Applications

    Correction de plusieurs problèmes de messages et textes impossibles à traduire suite à de mauvaises utilisations des API d’internationalisation (Madmax).

    Tracker

    Tracker est le navigateur de fichiers de Haiku. Il est basé sur les sources du Tracker original de BeOS avec de très nombreuses améliorations. Le code est un peu daté et fait l’objet depuis plusieurs années d’un gros travail d’amélioration et de nettoyage.

    jscipione poursuit les améliorations du Tracker:

    • Correction de régressions sur la position du défilement lorsqu’on passe d’un répertoire à l’autre.
    • Glisser-déposer d’un fichier sur un autre fichier (par exemple pour l’ouvrir dans une application).
    • Correction d’un bug d’affichage lors du glisser-déposer entre fenêtres du Tracker dont les icônes ne sont pas de la même taille.
    • Retour en arrière sur une modification de l’affichage du « drag bitmap » pour en limiter la taille (sinon l’affichage est trop lent et consomme beaucoup de CPU).
    • Encore des corrections sur l’affichage de la poubelle (icône qui doit changer selon qu’il y a des fichiers ou pas dans la poubelle) sur le bureau et dans les panneaux de navigation Ouvrir/Enregistrer.
    • Correction de problèmes de glisser-déplacer dans la fenêtre “racine” et désactivation du menu de choix des disques dans les panneaux d’enregistrement et ouverture de fichiers.

    Traduction du nom de la poubelle lorsque l’option pour traduire les noms des dossiers système est active (humdinger).

    Correction de plantage (récursion infinie) dans du code de debug (non activé par défaut, même dans les versions “nightly” de Haiku, donc cela ne concerne que les développeurs) (PulkoMandy).

    Correction de problèmes de synchronisation entre threads dans BFilePanel qui cassaient parfois la mise en page de la fenêtre (des boutons et champs de texte se retrouvant en dessous d’autres contrôles ou en dehors de la partie visible de la fenêtre) (PulkoMandy et waddlesplash).

    Amélioration du placement des noms de fichiers édités (lors d’un renommage) et de la zone de sélection tracée autour (k32n13).

    Correction d’un problème d’affichage du nombre d’éléments dans les dossiers ainsi que de la fenêtre d’informations détaillées sur les fichiers (Madmax).

    DeskBar

    DeskBar est la barre des tâches, également récupérée des sources de BeOS et grandement améliorée. Elle est cependant plus simple que le Tracker et ne nécessite pas autant de maintenance.

    Petite amélioration de la fenêtre permettant de configurer le nombre d’éléments “récents” à afficher dans la DeskBar (jscipione).

    HaikuDepot

    HaikuDepot est le gestionnaire de paquets et magasin d’applications de Haiku. Il permet de découvrir et d’installer des logiciels, de les évaluer et de laisser des commentaires.

    apl continue le développement de HaikuDepot avec ce mois-ci :

    • Régression déclenchant un crash lors de l’ouverture de fichiers hpkg.
    • Simplification des vues “indisponibles” (par exemple si un paquet n’a aucune revue par les utilisateurs, ou pas de capture d’écran disponible).
    • Amélioration de la sélection de paquets dans la liste (pour pouvoir installer ou désinstaller plusieurs paquets d’un coup).
    • Amélioration de la navigation au clavier.
    • La fenêtre demandant l’autorisation d’envoyer des statistiques anonymes a le bouton “refuser” activé par défaut.
    • Vérification que la date du système est assez proche de celle du serveur (nécessaire pour éviter des problèmes de connexion SSL pour cause de certificat apparemment expiré).
    • Désélection des paquets dans la liste des résultats lorsqu’ils sont cachés par un filtre de recherche.

    SoftwareUpdater

    SoftwareUpdater permet de lancer les mises à jour du système et des paquets installés.

    Au trimestre dernier, une option pour supprimer automatiquement les points de restauration anciens a été ajoutée. Elle a été renommée avec un label moins technique et plus facile à comprendre (humdinger).

    L’option « afficher plus de détails » a été déplacée de la fenêtre principale vers la fenêtre de réglages (humdinger).

    Icon-O-Matic

    Icon-O-Matic permet d’éditer des icônes au format vectoriel HVIF. Ce format très compact permet de stocker les icônes dans l’espace disponible dans l’inode de chaque fichier, permettant un accès très rapide par Tracker et les autres applications ayant besoin d’afficher des fichiers avec leur icône.

    Correction d’un crash (Zardshard).

    ShowImage

    ShowImage est un visualiseur d’images.

    La barre d’outils était partiellement en dehors de l’écran lors de l’affichage en mode plein écran (nipos).

    ActivityMonitor

    ActivityMonitor permet d’afficher des graphes de charge CPU, température des composants, utilisation mémoire, et toutes sortes de statistiques de la machine.

    Amélioration du calcul de taille minimale de la fenêtre (nipos).

    StyledEdit

    StyledEdit est un éditeur de texte. Il permet d’utiliser du formatage qui est enregistré dans les attributs étendus des fichiers texte, ainsi le contenu peut toujours être manipulé par des outils manipulant du texte.

    Amélioration des menus pour configurer le style de texte : choix de couleurs, séparation des menus pour les polices de caractères et les styles (gras, très gras, fin, etc) pour éviter d’avoir un menu avec plusieurs douzaines de variations, peu pratique à naviguer (humdinger).

    WebPositive

    WebPositive est le navigateur web de Haiku. Il utilise le moteur WebKit, co-développé par Apple, Sony et Igalia.

    Les URLs utilisées pour faire des recherches Google et DuckDuckGo sont maintenant les versions « no-AI » désactivant les résultats générés par LLM (nephele).

    Correction du dimensionnement des boutons de la barre d’adresse et des onglets pour les écrans à très haute densité de pixels (nephele, PulkoMandy). Mise à l’échelle du bouton pour fermer la barre de recherche (Madmax).

    Lorsque WebPositive est ouvert en cliquant sur un lien dans une autre application, correction d’un bug qui pouvait aboutir à ouvrir un onglet supplémentaire avec la page d’accueil par défaut, en plus du lien cliqué (nipos).

    Suppression du code inutilisé qui implémentait un prototype d’interface à base de menu hamburger. Amélioration de la barre d’adresse : meilleure gestion du cas d’une barre d’adresse vide, et de l’apparence du bouton “Go” (nephele).

    TextSearch

    Textsearch permet de faire des recherches dans le contenu de fichiers avec des expressions régulières. Il s’agit d’un équivalent graphique de grep.

    Le menu affichant l’historique des recherches tronque les textes très longs, pour éviter d’avoir un menu plus large que l’écran (humdinger).

    Media Player

    Media Player est un lecteur de fichier multimédia (son et vidéo).

    Correction d’un bug empêchant de lire des vidéos en boucle (x512)

    Cortex

    Cortex est un gestionnaire d’application média, permettant de router la sortie d’une application dans l’entrée d’une autre et de manipuler les flux audio et vidéo de toutes sortes de façons intéressantes.

    Retrait d’un contournement de bug de BeOS (plus nécessaire pour Haiku) et correction du gel de l’application lors de la suppression de nœuds média (x512).

    Devices

    L'application Devices affiche la liste des périphériques matériels de la machine.

    Aquamatic est en train de travailler sur cette application dans le cadre du Google Summer of Code. Voir son article de blog pour tous les détails.

    • Affichage du pilote utilisé et du chemin du périphérique publié dans /dev
    • Amélioration de la disposition des éléments dans la fenêtre
    • Affichage détaillé des descripteurs USB et décodage des descripteurs HID
    • Affichage des périphériques Bluetooth

    Changements de quelques textes dans l’interface pour rendre les choses plus claires et utiliser le vocabulaire en usage dans le reste du système (humdinger).

    Mise à jour des listes d’identifiants PNP et ACPI avec les dernières versions disponibles (PulkoMandy).

    Workspaces

    Workspaces permet de visualiser les différents bureaux virtuels et de plus facilement naviguer entre eux.

    Amélioration du texte de quelques éléments de l’interface pour les rendre plus compréhensibles et pour la cohérence du style d’écriture avec le reste du système (humdinger).

    DriveSetup

    DriveSetup permet de modifier la table de partition et de formater des partitions disque.

    Il est maintenant possible de modifier le type de partition d’une partition existante, étape nécessaire pour une installation de Haiku en réutilisant une partition existante dédiée auparavant à un autre système (Nathan242).

    AboutSystem

    Aboutsystem affiche quelques infos sur la machine, sur la version de Haiku installée, ainsi que les noms de tous les développeurs ayant participé au projet et les mentions légales obligatoires.

    Mise à jour de la liste des participants au projet : ajout de plusieurs participants au Google Summer of Code qui avaient été oubliés, et déplacement de Philippe Houdoin de la section « ancien développeurs » vers « développeurs actifs » puisqu’il est de retour (PulkoMandy).

    OverlayImage

    OverlayImage permet de placer une image en sur-impression sur le bureau ou dans tout autre endroit pouvant accueillir des _réplicants (NdM: leur faire passer le test Voight-Kampff ? Le terme est utilisé dans toutes les dernières nouvelles Haiku mais pas défini ou explicite. Pour vous appâter vers la documentation, sachez que c’est le nouvel ActiveX)._

    Correction d’un crash (Waddlesplash).

    Préférences Bluetooth

    La fenêtre de préférences permettant de configurer le Bluetooth. Vous aviez deviné.

    Mise en conformité du texte de l’interface graphique avec les règles de style (humdinger).

    Outils en ligne de commande

    Mise à jour de la base de données des IDs USB, et ajout du décodage des descripteurs CDC-NCM dans listusb (PulkoMandy).

    Dans l’outil “workspaces”, ajout d’options pour se déplacer “géographiquement” (vers le haut, à droite, à gauche…) entre les espaces de travail. Ces paramètres peuvent être utilisés pour définir des raccourcis claviers personnalisés (korli).

    Kits

    Haiku offre une API assez complète aux développeurs d’application en C++. Cette API est découpée en “kits” qui regroupe des grandes catégories de fonctionnalités. Certains de ces kits sont dans des bibliothèques séparées, d’autres sont trop interdépendants et donc liés ensemble dans la bibliothèque libbe.so.

    Interface kit

    L'interface kit regroupe toutes les fonctionnalités liées à l’utilisation d’interface graphiques : fenêtres, vues, contrôles standardisés, pointeurs de souris…

    Correction de plusieurs bugs lié au « mouse tracking » dans BListView, par exemple des changements de sélection inattendus (X512).

    Une régression dans BTab:: SetEnabled empêchait de désactiver un onglet avant de l’attacher à une BTabView (waddlesplash).

    Ajout de l’espace de couleur RGB 30 bit, utilisé par certaines machines Apple (smrobtzz).

    Correction de problèmes de curseur invisible, mauvais affichage des marges, et utilisation systématique des tailles de polices de caractères mises en cache pour améliorer les performances dans BTextView (k32n13).

    Correction d’un bug empêchant les raccourcis clavier de fonctionner lorsque la touche caps lock est active (Philippe Houdoin).

    Correction d’un bug d’affichage des bordures des barres de progression avec le « control look » par défaut (Bill Hayden).

    Package kit

    Le Package Kit permet de manipuler les paquets logiciels et les dépôts permettant de les télécharger.

    Correction d’une fuite mémoire dans la gestion des jobs du Package Kit (waddlesplash).

    Support kit

    Le support kit contient toutes les fonctions et structures de base indispensables: gestion des chaînes de caractères, listes, maps, et autres conteneurs utiles à toutes les applications.

    Correction de l’échappement des chaînes de caractères lors de la conversion d’un BMessage en fichier driver_settings. Ce problème empêchait d’enregistrer les paramètres des réseaux wifi dont le nom contenait un espace ou certains autres caractères spéciaux. Cependant, il reste d’autres problèmes qui empêchent la connexion wifi de s’établir automatiquement au démarrage (madmax).

    Dans BStringList, ajout d’une variante de la fonction de tri Sort() utilisant une fonction utilisateur pour comparer les chaînes (par exemple pour faire un tri “naturel” de texte contenant des nombres) (korli).

    Modification du code générant un nom de CPU standardisé à partir du CPUID (sur les plateformes x86) pour faire confiance au champ « brand string » lorsqu’il est disponible (KevinAdams).

    Correction de bugs dans BBufferIO (korli).

    Network kit

    Le Network Kit regroupe toutes les fonctions permettant la communication en réseau : gestion des interfaces, ouverture de sockets, client HTTP, etc.

    Correction d’un bug dans la comparaison d’objets BNetworkAddress de type AF_LINK (adresses MAC) (madmax).

    Media kit

    Le Media Kit permet de gérer les fichiers et les flux multimédia. Il traite principalement de l’audio et de la vidéo mais pourrait être étendu pour d’autres usages impliquant des flux de données temps réel.

    Correction d’un crash dans le code de conversion d’espace de couleurs pour la lecture de vidéos (PulkoMandy).

    Serveurs

    Les “serveurs” sont des applications système complétant le fonctionnement des kits. Ils sont l’équivalent des démons ou des services UNIX.

    app_server

    app_server est le serveur graphique se chargeant de l’affichage des applications à l’écran.

    Refonte de la façon dont les configurations d’écrans sont enregistrées dans app_server, de façon à restaurer la bonne résolution d’écran en cas de crash d’une application qui avait changé la résolution de façon temporaire (par exemple un jeu lancé en plein écran avec une résolution spécifique) (waddlesplash).

    Ajout de code pour une meilleure gestion des curseurs de souris accélérés par le matériel : sur les anciennes cartes graphiques, seul un curseur à 2 bits est disponible (pixels noir, blancs, transparents, ou inversés par rapport à ce qui est en dessous). Certains pilotes n’implémentent l’accélération que pour ce type de curseur, mais les curseurs utilisés par Haiku sont plus perfectionnés (niveaux de gris et canal apha). Dans ce cas, app_server peut convertir le curseur dans le format supporté par le pilote et la carte graphique (PulkoMandy).

    Correction de problème d’accès au « frame buffer » pour afficher le curseur pendant un changement de mode écran. Cela corrige un plantage dans le cas où on change de résolution d’écran et qu’on déplace la souris en même temps (waddlesplash).

    Correction de l’affichage du dernier pixel lors de l’affichage d’un bitmap avec un redimensionnement à filtrage bilinéaire (madmax).

    Correction d’une inversion de verrous dans le code de gestion des curseurs de souris (Waddlesplash).

    Sauvegarde des réglages de luminosité de l’écran même si le fichier de préférences des espaces de travail n’existe pas (PulkoMandy).

    Print server

    Le print server se charge de tout ce qui concerne les imprimantes et les impressions.

    Suppression de l’imprimante « Enregistrer en PDF » installée par défaut, car elle ne fonctionne pas si le paquet « PDF Writer » n’est pas installé. Cette imprimante peut être configurée automatiquement lors de l’installation du paquet (KevinAdams05).

    Ajout d’un test d’existence des add-ons d’impression avant de les charger. Auparavant, le serveur d’impression appelait load_add_on sans vérifier au préalable l’existence du fichier, puis détectait l’échec de cet appel. Ce qui fonctionne bien, mais émet un message dans le syslog pour indiquer une erreur de chargement. Cette erreur pouvait perturber certains utilisateurs (Philippe Houdoin).

    Net server

    net server est responsable de toutes les opérations concernant le réseau : configuration des interfaces, obtention et renouvellement des baux DHCP par exemple.

    Correction d’un plantage lors du chargement d’un fichier network_settings ne comportant aucune option, ce qui peut arriver si on efface la configuration de tous les réseaux connus (madmax).

    Bluetooth server

    Le serveur Bluetooth se charge de la découverte et de l’appairage des périphériques Bluetooth.

    Mohapped R. Attia est en train d’implémenter diverses fonctions et commandes Bluetooth dans le cadre du GSoC 2026.

    Madmax a quant à lui corrigé un crash dans la fenêtre de préférences du Bluetooth et plusieurs dans le serveur.

    Power daemon

    Le power daemon est responsable de toutes les tâches liées à la gestion de l’énergie : déclenchement d’évènements lorsque la machine est connectée ou déconnectée du secteur, choix de l’algorithme d’ordonnancement à haute performance ou du mode économique. Il s’occupera plus tard de la mise en veille et de la remise en route du système.

    Surveillance du statut de acpi_ac pour déterminer si la machine est reliée à une alimentation électrique, plutôt que de se baser sur l’état de charge ou décharge de la batterie (korli).

    Systèmes de fichiers

    Haiku implémente de nombreux systèmes de fichiers permettant l’interopérabilité et l’échange de données avec d’autres systèmes. Le système de fichier natif et indispensable pour installer Haiku est BFS, hérité de BeOS et qui a la particularité de pouvoir requêter les fichiers à partir d’attributs étendus indexés, à la façon d’une base de données.

    Envoi d’une notification « node monitor » (équivalent de inotify sous Linux) lorsqu’un fichier est vidé par l’utilisation de O_TRUNC (nathan242).

    Correction de plantages de BFS (jessicah):

    • lors de la création d’un volume (formatage d’un disque) sans index d’attributs,
    • lors de l’exécution de checkfs sur un volume sans index d’attributs.

    Dans BFS également, mise à jour des dates de modifications remontées par stat lorsqu’un fichier est tronqué ou redimensionné. Le comportement n’était pas celui demandé par POSIX et cela causait par exemple des recompilations inutiles lors de l’utilisation de ninja (waddlesplash).

    Correction du code permettant de déplacer ou de renommer des fichiers au travers d’un bindfs. Le code existant n’a jamais pu fonctionner, et n’a probablement jamais été utilisé ou testé (waddlesplash).

    La troncation d’un fichier (suppression de tout le contenu) ne mettait pas à jour la date de modification si le fichier était stocké dans un ramfs (waddlesplash).

    Correction de bugs dans les comparaisons de dates et d’une mauvaise gestion des erreurs dans le pilote NFSv4 (kallisti5).

    Lors de l’initialisation d’un disque avec une table de partition Intel, effacement de quelques secteurs supplémentaires pour ne pas laisser un éventuel en-tête ISO9660 sur le disque (Nathan242).

    Calcul de l’espace libre sur les disques btrfs (Abdullah Zulfiqar).

    Pilotes matériels

    Péripéhriques HID

    Correction d’un plantage dans le pilote I2C HID sur certains appareils. Le pilote n’est toujours pas fonctionnel et reste désactivé par défaut (PulkoMandy).

    Supports de stockage

    Poursuite du travail sur les supports de stockage MMC et eMMC, avec l’implémentation d’une partie de la séquence d’initialisation pour ces cartes. Le pilote n’est pas fonctionnel pour ces cartes, l’initialisation n’aboutit pas. Il est par contre utilisable pour les cartes SD et SDHC (PulkoMandy).

    Correction de bugs pour les périphériques de stockage USB présentant plusieurs “LUNs” SCSI, par exemple les lecteurs multi-cartes (SD, compact flash…) et la gestion de l’absence de média. Cela corrige en particulier un crash lorsqu’on débranche un tel lecteur du port USB (waddlesplash).

    Bluetooth

    Traitement de plus d’informations sur les périphériques Bluetooth dans le serveur Bluetooth pour affichage dans les résultats de scan (shivamsinghydv).

    Vighnesh Sawant travaille sur le support des périphériques Bluetooth audio dans le cadre du GSoC 2026:

    • Début d’implémentation des transferts isochrones
    • Gestion des connexions de type SCO

    Mohammed R. Attia travaille, également dans le cadre du GSoC 2026, sur les périphériques Bluetooth HID:

    • Implémentation de l’appairage.

    Correction d’une mauvaise utilisation de macros de manipulation de bits dans le pilote Bluetooth USB (korli).

    Réseau

    Intégration du pilote FreeBSD urtw (nommé realtekwifi8187 pour Haiku), ce qui permet d’utiliser certaines anciennes clés USB Wifi de chez Realtek (nathan242).

    Ajout de nouveaux descripteurs et constantes dans les en-têtes liés à l’Ethernet par USB, en préparation pour l’intégration du pilote NCM. Encore un nouveau protocole standard pour l’Ethernet par USB, qui vient se placer aux côtés de ECM et RNDIS (PulkoMandy).

    Nettoyage et correction de petits problèmes dans le pilote usb_rndis (PulkoMandy).

    Remplacement des listes chaînées utilisées dans la pile réseau par une implémentation plus récente déjà utilisée dans d’autres composants. Cela permet de bénéficier d’assertions vérifiant que la liste n’est pas corrompue, et le code est inliné pour de meilleures performances (waddlesplash).

    Correction d’un problème dans l’implémentation des sockets UNIX qui causaient un blocage lors de tentatives d’écrire plus de données que le tampon mémoire du socket ne peut en contenir (waddlesplash).

    Cartes graphiques

    Désactivation du “tiling” du framebuffer qui est activé par défaut par le BIOS sur certaines machines. Le pilote de Haiku a besoin d’un framebuffer linéaire, mais ne faisait pas la réinitialisation nécessaire de la configuration (smrobtzz).

    Correction d’une régression dans le pilote VESA : les changements de mode vidéo n’étaient pas pris en compte par la console du débugger noyau, conduisant à un affichage illisible (Waddlesplash).

    Ajout des identifiants PCI de quelques cartes graphiques Intel de la génération “Skylake” dans le pilote correspondant (KevinAdams05) et dans le pilote intel_gart (Waddlesplash).

    Corrections du pilote pour les cartes graphiques S3 pour être compatible avec les machines 64 bit. Cette configuration est anachronique, mais réalisable (certaines cartes mères supportent à la fois un processeur 64 bit et un port PCI, ou bien il existe toutes sortes d’adaptateurs). Le bon fonctionnement de ce pilote ayant pu être confirmé, il est maintenant inclus dans la version 64 bit de Haiku (waddlesplash).

    ACPI

    Correction de problèmes d’ordonnancement dans l’initialisation de ACPI, ce qui a corrigé l’appel de méthodes ACPI (lecture de l’état de la batterie, arrêt de la machine…) sur plusieurs machines affectées par le problème (smrobtzz).

    Réorganisation du code d’initialisation pour éviter une dépendance circulaire entre les pilotes ACPI et PCI (chacun ayant besoin de l’autre à différentes étapes dans l’initialisation) (smrobtzz). Ajout d’assertions pour s’assurer que le problème ne se reproduit pas, car il était particulièrement complexe à investiguer, avec un crash se produisant uniquement à l’arrêt de la machine alors que le problème était au démarrage (waddlesplash).

    Correction du fonctionnement de read pour les pilotes acpi_lid et acpi_ac, et ajout d’une implémentation de select pour acpi_ac (korli).

    HDA Audio

    Tentative d’implémentation de l’envoi du son vers les ports HDMI de la carte graphique. Le code fonctionne pour le HDMI, mais ne fonctionne plus pour les sorties analogiques, il a donc été désactivé pour l’instant (x512).

    PCI

    Déplacement du code traitant l’espace I/O du driver générique vers le driver spécifique pour x86. La notion d’espace dédié aux entrées-sorties avec des instructions assembleur spécifiques pour y accéder n’existe sur aucune autre famille de CPU actuelle (smrobtzz).

    libroot

    La libroot implémente les fonctions standard C et POSIX ainsi que quelques extensions spécifiques à BeOS ou à Haiku. Elle est complétée par les libbsd et libgnu qui complètent cette API avec des extensions communes disponibles dans les systèmes BSD et dans la glibc, respectivement.

    Ajout des définitions liés à la visibilité des symboles dans elf.h (jessicah).

    Retrait d’en-têtes non-standard obsolètes (par exemple: null.h), déplacement des définitions aux bons endroits dans les en-têtes standards, correction de la définition de SIZE_MAX pour être du type size_t, divers autres nettoyages (waddlesplash).

    Augmentation de la valeur de PTHREADS_KEYS_MAX à 512 pour pouvoir lancer les versions actuelles de Rust qui nécessitent beaucoup de clés TLS. Des changements similaires ont été faits par FreeBSD et OpenBSD, en attendant une éventuelle correction du problème du côté de Rust (PulkoMandy).

    Correction du chemin d’accès à un fichier de configuration du résolveur DNS pour pointer vers un dossier accessible en écriture par l’utilisateur (Philippe Houdoin).

    Mise en conformité POSIX des définitions de fonctions et types pour les caractères larges wchar, et mise à jour des stubs de la libroot (korli).

    Ajout d’un cache stockant en espace utilisateur les informations sur les areas utilisées par l’allocateur mémoire malloc. Cela évite de faire un appel système pour retrouver cette information lors de l’appel à free (waddlesplash).

    Mise en conformité POSIX de pthread_mutexattr_getprotocol (korli).

    Noyau

    Le noyau de Haiku est un noyau monolithique avec un système de modules, assez classique de nos jours. Il implémente des appels systèmes assez similaire à d’autres systèmes de la famille UNIX. Sa principale particularité est d’être implémenté en C++ comme le reste du système, ce qui améliore la lisibilité du code et les performances.

    Autorisation d’une taille de pile jusqu’à 64MiB pour les threads utilisateurs, nécessaire pour le compilateur du langage Zig (ypsvlq).

    Ajout d’une vérification de pointeur NULL manquante dans l’implémentation de ioctl qui permettait de faire planter le noyau (waddlesplash).

    Correction d’un problème d’entrée dans le debugger noyau lorsque certains coeurs de CPU sont bloqués dans une boucle d’attente active et ne peuvent pas répondre au message « start KDL ». Dans ce cas, le debugger est tout de même démarré et un message d’avertissement indiquant qu’un coeur est toujours occupé s’affiche. Ceci devrait permettre d’investiguer certains cas où tout le système semble gelé. Nettoyage au passage de l’information sur le « dernier appelant » dans les spinlocks, qui n’était plus du tout en phase avec l’implémentation actuelle des spinlocks (waddlesplash).

    Ajout de fonctions utilitaires pour la conversion entre UTF8 et UTF16, qui seront utilisées par les pilotes FAT et exFAT, car ces systèmes de fichiers stockent des noms de fichier en UTF16 qui doivent être convertis (jim906, jscipione).

    Options du noyau et des drivers

    Les fichiers driver_settings de 0 octet sont maintenant considérés comme valides et ne contenant aucune option. Ces fichiers (variante des fichiers ini) sont utilisés entre autres par le launch_daemon et les fichiers vides déclenchaient des erreurs inutiles (nathan242).

    L’option « Don't call the BIOS » empêche effectivement d’appeler le BIOS. Jusqu’à présent, elle était présente dans le menu de démarrage mais ne servait à rien (Waddlesplash).

    Correction d’un pointeur de cookie mal géré dans le device manager qui pouvait faire planter le noyau (waddlesplash).

    Gestion du stockage et des systèmes de fichiers

    Correction d’un bug très ancien où le renommage d’une partition n’était pas propagé partout dans le noyau, ce qui causait l’apparition de l’ancien nom à certains endroits (nathan242).

    Correction d’un gros problème dans l’I/O scheduler qui pouvait aboutir à des corruptions de données, dans le cas où un système de fichier utilise des blocs plus petits que les blocs du support de stockage sous-jacent. Par exemple, dans le cas d’un système de fichiers BFS avec des blocs de 2K, stocké sur un disque utilisant des secteurs de 4K. Cette configuration est toutefois peu probable : d’une part parce que les disques avec des secteurs de 4K ne sont pas courants, et d’autre part parce que les systèmes de fichiers BFS sur des disques de grande capacité vont utiliser par défaut une taille de bloc plus large. Le cas qui a permis de détecter ce problème est l’utilisation d’un ram disk : dans ce cas, les blocs disque font nécessairement 4Ko (taille d’une page mémoire) et le disque est de relativement petite capacité (quelques gigaoctets au maximum) (nathan242).

    Ajout d’un système de quotas pour la mise en cache des fichiers modifiés. Ceci évite de remplir toute la mémoire lors de l’écriture vers un périphérique lent (par exemple une clé USB). Cela permet de supprimer un contournement dans le Tracker (appel périodique à sync) et d’améliorer les performances (waddlesplash).

    Gestion de la mémoire

    Correction d’assertions incorrectes dans le traitement des pages de mémoire virtuelle, qui déclenchaient des kernel panic lorsque la mémoire est très sollicitée (waddlesplash).

    Correction d’un interblocage dans les fonctions de gestion de la mémoire virtuelle pour gérer les permissions page par page (par exemple lors de l’utilisation de mprotect()). Au passage, correction de problèmes de performances et ajout d’assertions supplémentaires pour détecter d’autres cas inattendus. Ce qui a débouché sur la détection d’un autre problème qui n’est pas encore complètement identifié… (waddlesplash).

    Correction d’une inversion de flags dans le code de verrouillage de la mémoire, qui déclenchait des fausses erreurs IO lorsqu’il restait trop peu de mémoire libre. Au passage, nettoyage du code et ajout d’assertions (waddlesplash).

    Améliorations des commandes du debugger noyau pour investiguer l’allocateur “slab” et le tas gardé. Optimisation de l’allocateur d’espace d’adressage pour réduire encore un peu la consommation mémoire de Haiku et changement de constantes dans l’allocateur général (ces changements ne sont pas inclus dans la version beta 6, ils seront pour la prochaine car trop risqués) (waddlesplash).

    Correction de l’utilisation d’une variable 32 bit pour gérer la mémoire libre sur les systèmes 32 bit, y compris lorsque PAE est actif et permet de disposer de plus de 4GB de mémoire libre au total (RAM physique ou swap) (waddlesplash).

    Dans get_memory_map, correction d’un bug lorsqu’on demande à récupérer des informations pour une adresse qui n’est pas alignée sur le début d’une page. Cette fonction est utilisée entre autres dans les transferts DMA par les pilotes de stockage de masse. Dans ce cas, le bug peut apparaître seulement lors de combinaisons relativement inhabituelles de supports de stockage et de systèmes de fichiers. Cela l’a rendu assez difficile à identifier. La conséquence était une corruption de la mémoire du noyau, des crash à des endroits pas forcément directement liés, et cela seulement lorsque certaines options de debug (désactivées par défaut, y compris dans les nightly builds) étaient activées (waddlesplash).

    Nettoyage du code de comptage des références dans VMArea (waddlesplash).

    Gestion des évènements

    Modification du comportement de select sur un descripteur de fichier FIFO pour ne pas remonter d’évènements qui n’ont pas de sens dans ce cas (Waddlesplash).

    Améliorations de l’API event_queue et implémentation de EV_RECEIPT de façon compatible avec kqueue. Ajout dans kqueue de la possibilité de recevoir des évènements concernant les ports et sémaphores (extension par rapport à ce qui est disponible dans BSD) (waddlesplash).

    Ordonnanceur

    Ajout d’une assertion pour vérifier que le compteur « pinned to CPU » des threads n’est jamais négatif (waddlesplash).

    Ajout de barrières mémoire manquantes dans les fonctions de “pinning” des threads, qui déclenchaient des kernel panics (rares) et d’autres problèmes (korli).

    Ajout d’un mécanisme dans le scheduler pour interdire l’activation d’autres threads (nécessaire pour le virtualiseur NVMM) (waddlesplash).

    Refonte de la gestion des verrous sur les « user timers », pour corriger des cas de gel complet du système mais aussi améliorer la performance et nettoyer le code : les verrous sont plus fins, il y a des assertions supplémentaires, et plein d’autres changements (waddlesplash).

    Processeurs x86

    Modifications dans la sauvegarde de l’état du FPU pour pouvoir utiliser AVX-512 sur les processeurs où il est disponible. Cela nécessite de réserver plus de place pour la sauvegarde des registres CPU lors des changements de contexte, puisque AVX-512 ajoute des registres supplémentaires (waddlesplash et trungnt2910).

    Nettoyage de la gestion des timers spécifiques à un coeur de CPU pour x86 : moins de lectures de registres matériels, et ré-activation de certains cas d’optimisation qui permettent d’éviter une réinitialisation des timers (waddlesplash).

    Suppression d’un branchement inutile dans le code de changement de contexte (SED4906).

    Modification de l’initialisation pour que le raccourci clavier permettant d’accéder au débugger noyau soit disponible beaucoup plus tôt dans le démarrage du système (waddlesplash).

    Bootloader

    Le chargeur de démarrage fournit un menu permettant de configurer diverses options du système. Il est dérivé en plusieurs versions pour différentes interfaces avec le matériel : BIOS, PXE, EFI, OpenFirmware.

    Ajout d’une vérification pour déclencher une erreur dès qu’il n’y a plus de place dans les structures de gestion de la mémoire. Ce cas n’était pas bien intercepté auparavant et causait des erreurs, voire des corruptions de mémoire plus tard dans le processus de démarrage, rendant les choses plus difficiles à investiguer (smrobtzz).

    Correction de l’initialisation d’un registre de contrôle sur les processeurs x86 qui configure la gestion de la mémoire virtuelle (entre autres choses). Le chargeur de démarrage BIOS l’initialisait bien, mais le chargeur EFI ne l’initialisait que pour le premier cœur de CPU, laissant les autres dans un état indéterminé. Ce problème a été détecté par le code NVMM importé de NetBSD, qui refuse de s’initialiser si ce registre n’a pas une valeur cohérente. Mais cela corrige probablement d’autres problèmes jusqu’ici inexpliqués sur les machines démarrant en EFI (waddlesplash).

    Outils de compilation

    Haiku est compilé avec le compilateur gcc. Il utilise à la fois une version moderne et un fork de gcc 2.95.3, ce dernier permettant d’assurer la compatibilité avec BeOS. L’outil de compilation est Jam, un concurrent de make mieux adapté aux besoins d’un projet complexe comme Haiku.

    Adaptations pour la sortie de gcc16 : reconnaissance de cette version lorsqu’elle est utilisée comme compilateur hôte (SED4906) et modifications de paramètres de compilation dans les scripts de gcc2 pour permettre de le compiler avec un compilateur moderne (en précisant qu’il est écrit en C89, qui n’est plus le standard par défaut dans la plupart des compilateurs) (waddlesplash).

    Premiers ajouts dans le système de build pour prendre en considération l’existence d’une tentative de portage de Haiku sur l’architecture PowerPC 64 bits (SED4906).

    Suppression de scripts de build inutilisés pour la gestion et la décompression de certains types d’archives (PulkoMandy).

    Ajout de règles de détections des formats MS Office (docx, xlsx…) dans le renifleur de types MIME (Philippe Houdoin).

    Ajout dans l’image de release d’un ensemble de sons à utiliser pour les diverses notifications du système (humdinger).

    Documentation

    La documentation est découpée en trois parties : un guide de l’utilisateur, un guide pour les développeurs d’applications (appelé « Haiku Book » en référence au « Be Book » qui remplissait le même rôle pour BeOS), et une documentation interne pour les développeurs souhaitant modifier Haiku lui-même.

    Ajout d’un fichier AGENTS.md rappelant aux LLMs que leur utilisation est interdite avec Haiku et qu’ils doivent refuser de travailler (kallisti5, waddlesplash).

    Documentation interne

    Correction de fautes d’orthographe dans la documentation et grosse amélioration de la documentation des pilotes SD et MMC (PulkoMandy).

    Correction de warnings levés par Sphinx lors de la génération de la documentation (PulkoMandy).

    Ajout d’une page expliquant le fonctionnement des pilotes réseau et d’une autre sur les principes des pilotes de périphériques en général (PulkoMandy).

    Ajout d’un pilote d’exemple pour le périphérique QEMU “edu” qui est justement prévu pour servir d’exemple et d’exercice (dridiha).

    Haiku Book

    Clarification de la documentation des valeurs de retour de BListView:: CurrentSelection (madmax).

    Cafeina poursuit son travail pour compléter la documentation et couvrir tous les sujets:

    • ajout du chapitre sur l’USB Kit,
    • première partie de la documentation du Network Kit,
    • ajout des fonctions du Kernel Kit concernant la gestion des “images” ELF chargées en mémoire (get_image_info et compagnie).

    Correction d’une typo dans la documentation de BBufferIO (waddlesplash).

    ARM & RISC-V

    Actuellement, seuls les processeurs X86 (32 et 64 bits) sont officiellement supportés par Haiku. Le portage RISC-V est fonctionnel sur certaines machines mais pas au point de l’officialiser. Le portage ARM64 est en très bonne voie et commence également à être utilisable.

    Quelques corrections simples pour les premières étapes du démarrage sur Raspberry Pi 5 (vous excitez pas trop, c’est encore très loin d’avoir une version fonctionnelle). En particulier, des améliorations sur le séquencement de démarrage des différents coeurs de processeur SMP (smrobtzz).

    Quelques avancées également pour les machines Apple (smrobtzz).

    Correction d’offsets dans le code de génération des images de carte SD et rétrogradation de la version de l’architecture ARMv8 nécessaire pour démarrer Haiku (kallisti5).

    Et alors, ça vient, cette bêta 6 ?

    La branche bêta va être créée fin juillet, avec un objectif de publication pour mi-août.

    La phase de test a eu lieu durant le mois d’août, de nombreux petits problèmes ont été corrigés et la publication est toute proche. Bientôt une autre dépêche annonçant les nouveautés principales de cette version!

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    Reçu — 29 juillet 2026 LinuxFr.org : les dépêches

    G’MIC 4.0 : La quadrature du pixel, plus facile que jamais !

    Dix-huit ans après ses débuts, G’MIC, cadriciel libre pour le traitement des images numériques, franchit une étape importante avec la sortie d'une nouvelle version majeure, numérotée 4.0, la version de la maturité !

    L'occasion, comme chaque année, de faire le point sur les évolutions récentes de ce projet, depuis notre dernière dépêche publiée en août 2025.

    G´MIC 4.0 Teaser

    N. D. A. : Cliquez sur les images pour en obtenir une version en pleine résolution, ou une vidéo correspondante lorsque les images contiennent l’icône Icône 'Play Video'

    Sommaire

    1. G’MIC : Un cadriciel libre pour l'image numérique

    Le projet G'MIC (GREYC's Magic for Image Computing) est né en juillet 2008, et a grandi au sein de l'équipe IMAGE du laboratoire GREYC de Caen (Unité Mixte de Recherche placée sous la triple tutelle du CNRS, de l'ENSICAEN et de l'Université de Caen).

    Sa vocation : offrir un cadriciel libre, ouvert et extensible pour la manipulation, le traitement et la création d'images numériques. Pour ce faire, il s'appuie sur les fonctionnalités de la bibliothèque libre C++ de traitement d'images CImg, développée depuis 1999 d'abord au sein de l'INRIA, puis de l'équipe IMAGE du GREYC (également par votre serviteur).

    Au cœur du projet se trouve un interpréteur de langage de script dédié, le « langage G'MIC », spécialement conçu pour prototyper rapidement de nouveaux algorithmes de traitement d'images, et les enchaîner au sein de pipelines (ou filtres) personnalisés. Autour de ce noyau viennent se greffer plusieurs interfaces, donnant à l'utilisateur accès à des centaines d'opérateurs de traitement d'images prédéfinis, comme par exemple l'outil en ligne de commande gmic ; le service Web G'MIC Online ; et le greffon G'MIC-Qt, qu'il est possible d'intégrer dans plusieurs logiciels de création et d'édition d'images, tels que GIMP, Krita, digiKam, Paint.net, Adobe Photoshop ou Affinity Photo. C'est aujourd'hui ce greffon qui est l'interface du projet la plus utilisée, avec plus de 1200 téléchargements quotidiens, en progression depuis un an. Il propose plus de 640 filtres variés pour triturer vos images et enrichir les possibilités des logiciels de retouche, et semble particulièrement apprécié des artistes numériques.

    Cette version majeure 4.0 marque un tournant dans la vie du projet : la syntaxe du langage G'MIC, le code de l'interpréteur et des algorithmes de traitement d'images associés sont maintenant éprouvés. Nous souhaitons donc ralentir un peu le rythme des nouvelles releases et de l'ajout de nouvelles fonctionnalités, pour nous concentrer sur la stabilité, la robustesse, et les performances du cadriciel.

    Aperçu du greffon G'MIC-Qt Fig. 1.1. Aperçu de quelques-unes des interfaces proposées par le projet G'MIC : Greffon G'MIC-Qt pour GIMP (en haut à gauche), Outil CLI gmic (en haut à droite), Service web G'MIC Online (en bas).

    2. Nouveaux filtres du greffon G'MIC-Qt

    Côté greffon G'MIC-Qt, l'essentiel des nouveautés se concentre sur l'apparition de nouveaux filtres de traitement d'images. La version 4.0 porte leur nombre à 644, tous accessibles directement depuis l'interface graphique. Je liste ci-dessous les derniers filtres ajoutés.

    2.1. Filtre « Rendering / Pixel Stretch »

    Le filtre « Rendering / Pixel Stretch » permet de sélectionner une « bande de pixels », et la duplique dans l'image en lui faisant suivre une trajectoire personnalisable, définie par deux courbes splines (une pour chaque bord de la bande).

    Filtre 'Rendering/Pixel Stretch' (G'MIC-Qt) Fig. 2.1.1. Le filtre « Rendering / Pixel Stretch » tel qu'il apparait dans le greffon G'MIC-Qt.

    Filtre 'Rendering/Pixel Stretch' (rendu 1) Fig. 2.1.2. Exemple de rendu du filtre « Rendering / Pixel Stretch », ici avec deux traînées de pixels ajoutées par le filtre.

    Cet effet donne l'impression que l'image a été étirée localement, un peu comme une pâte élastique. Il peut servir à suggèrer ou styliser un mouvement dans une image, comme sur l'exemple ci-dessous (extrait de la vidéo tutorielle que Miguel Pineau a spécialement dédiée à ce filtre).
    On peut également imaginer son utilisation pour du Glitch art ou de la création de textures abstraites.

    Filtre 'Rendering/Pixel Stretch' (rendu 2) Fig. 2.1.3. Le filtre « Rendering / Pixel Stretch » appliqué pour styliser le mouvement d'une danseuse (Crédits : Miguel Pineau).

    2.2. Filtre « Rendering / Gradients [Poles] »

    Toujours dans cette section « Rendering », notons l'arrivée de « Rendering / Gradients [Poles] », un filtre générant des dégradés de couleurs en interpolant spatialement des points-clés colorés, dont les positions et les couleurs sont laissées au choix de l'utilisateur. Ici, l'interpolation fait usage des fonctions de base radiale qui produisent des dégradés de couleurs lisses et harmonieux. L'utilisateur a également le choix de l'espace de couleurs dans lequel l'interpolation s'effectue. L'animation ci-dessous illustre le fonctionnement de ce filtre au sein du greffon.

    Filtre 'Rendering/Gradient (Poles)' (G'MIC-Qt) Fig. 2.2.1. Le filtre « Rendering / Gradient [Poles] » crée des gradients spatiaux de couleurs possiblement complexes, à partir de quelques points de contrôle.

    2.3. Filtre « Artistic / Marker Drawing »

    Passons maintenant au filtre « Artistic / Marker Drawing », qui comme son nom l'indique, essaye de redessiner une image d'entrée sous la forme de traits de stylos feutres colorés. L'algorithme sous-jacent trace effectivement des splines colorées aléatoires sur une feuille blanche, le long des contours des structures géométriques présentes dans l'image à reproduire.

    Filtre 'Artistic/Marker Drawing' (G'MIC-Qt) Fig. 2.3.1. Le filtre « Artistic / Marker Drawing » redessine une image en simulant l'utilisation de stylos feutres colorés.

    Les nombreux paramètres réglables de ce filtre permettent d'obtenir des rendus potentiellement variés, plus ou moins abstraits, comme l'illustre la figure comparative suivante :

    Filtre 'Artistic/Marker Drawing' (rendus) Fig. 2.3.2. Trois types de rendus du filtre « Artistic / Marker Drawing », utilisant trois jeux de paramètres différents.

    2.4. Filtre « Deformations / Heightfield Warp »

    Changeons maintenant de thématique avec le filtre « Deformations / Heightfield Warp » qui crée un effet 3D, en déformant une image d'entrée comme si elle était plaquée sur une carte d'élévation (définie de manière paramétrique). Un effet d'éclairage additionnel, de type ombrage de Phong, peut être activé pour accentuer davantage l'effet de volume 3D produit par ce filtre.

    Filtre 'Deformations/Heightfield Warp (G'MIC-Qt) Fig. 2.4.1. Le filtre « Deformations / Heightfield Warp », tel qu'il apparait dans le greffon G'MIC-Qt, ici avec une élévation correspondant à une demi-sphère bombée vers la caméra.

    Ce filtre est particulièrement flexible : il laisse la possibilité à l'utilisateur de définir explicitement des formules mathématiques personnalisées pour les cartes d'élévations. Les mathématiciens en herbe peuvent ainsi laisser libre cours à leur imagination pour déformer leurs images !

    Filtre 'Deformations/Heightfield Warp (rendus) Fig. 2.4.2. Application de trois formules personnalisés de cartes d'élévations 3D, avec le filtre « Deformations / Heightfield Warp ».

    2.5. Filtre « Degradations / Offset Stripes »

    Les amateurs de Glitch art pourront être séduits par le nouveau filtre « Degradations / Offset Stripes », qui crée un effet de décalage de bandes d'images, horizontales et/ou verticales, avec des amplitudes de décalage aléatoires.

    Filtre 'Degradations/Offset Stripes (G'MIC-Qt) Fig. 2.5.1. Le filtre « Degradations / Offset Stripes » applique des décalages aléatoires sur des bandes d'images horizontales et/ou verticales.

    Ce principe de base est tout simple, mais là encore, les nombreux paramètres du filtre donnent accès à des décalages décorrélés sur chaque canal, pour des espaces couleurs variés, en pouvant itérer ces décalages aléatoires, et autorisent ainsi une grande variété de dégradations d'images de type « Glitch », comme illustré sur la figure ci-dessous.

    Filtre 'Degradations/Offset Stripes (rendus) Fig. 2.5.2. Résultats de différents jeux de paramètres du filtre « Degradations / Offset Stripes », appliqués sur une même image de portrait.

    2.6. Filtre « Colors / Transfer Colors [Multi] »

    Et pour terminer ce résumé des nouveaux filtres du greffon G'MIC-Qt, j'ai gardé le plus intéressant pour la fin : le filtre « Colors / Transfer Colors [Multi] » est un nouveau filtre de transfert de couleurs entre deux images.

    Le transfert de couleur consiste à appliquer une transformation couleur à une image « Source », en prenant comme référence une deuxième image (image dite de « Style ») dont on veut reproduire le style ou l'ambiance colorimétrique, et ceci bien sûr en préservant autant que possible les structures importantes (contours, objets, contenu sémantique) présentes dans l'image « Source » d'origine.

    Principe du transfert couleur entre images Fig. 2.6.1. Principe du transfert de couleur entre images: une image « _Source » (à gauche) est modifiée (à droite) de telle façon qu'elle « emprunte » les couleurs d'une image de « Style » (au centre)._

    D'un point de vue algorithmique, il y a de nombreuses façons d'aborder ce type de transfert. Le filtre « Colors / Transfer Colors [Multi] », comme son nom le suggère, implémente trois méthodes différentes pour ce faire : une méthode ACP ; une méthode de transfert d'histogrammes ; et enfin une méthode variationnelle. Pour utiliser ce filtre dans le greffon G'MIC-Qt, il suffit de l'appeler sur une image contenant deux calques superposés : un calque contenant l'image « Source » à modifier, et un calque avec l'image « Style » contenant les couleurs de référence à transférer.

    Filtre 'Colors/Transfer Colors (Multi) Fig. 2.6.2. Le filtre « Colors / Transfer Colors [Multi] » tel qu'il se présente dans le greffon G'MIC-Qt.

    L'algorithme variationnel de transfert de couleur implémenté dans ce filtre est une production totalement originale : il est le fruit d'une collaboration de recherche entre deux membres de l'équipe IMAGE du laboratoire GREYC de Caen (D. Tschumperlé et J. Rabin), et d'une professeure du laboratoire de mathématiques LMI de l'INSA de Rouen (C. Le Guyader).

    Bref, un algorithme 100 % normand, qui fonctionne forcément « vachement 🐄 bien » 😉, et que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
    On remercie chaleureusement la Fédération Normande de Recherche en Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication (NormaSTIC) pour son aide financière qui a accéléré la mise en contact et le démarrage de cette collaboration fructueuse !

    Notre méthode a plusieurs caractéristiques propres permettant de calculer des transferts de couleurs souvent pertinents, et de bonne qualité comparativement à ses concurrentes, et ce, de manière rapide et complètement automatique. La figure ci-dessous illustre des exemples de transferts de couleurs qu'il est possible d'obtenir pour une même image « Source », en choisissant des images de « Style » différentes (et en laissant les paramètres par défaut du filtre).

    Filtre 'Colors/Transfer Colors (Multi) (rendus) Fig. 2.6.3. Exemples de transferts de couleurs réalisés par le filtre « Colors / Transfer Colors [Multi] » sur une même image « Source », avec plusieurs images « Style » différentes.

    La technique que nous proposons autorise également un mode « semi-supervisé » qui permet à l'utilisateur de forcer certaines correspondances de couleurs, et donc de « guider » l'algorithme pour calculer une solution de transfert plus contrainte et personnalisée.
    Les deux exemples ci-dessous illustrent ce mode de contrôle de manière assez parlante :

    Filtre 'Colors/Transfer Colors (Multi) (rendu guidé 1) Fig. 2.6.4. Guidage de l'algorithme de transfert de couleurs par mise en correspondance forcée de couleurs (Perruche → Mésange).

    Ici, les plumes vertes du corps de la perruche (a) sont perceptuellement plus proches de la couleur jaune du corps de la mésange (b), et c'est donc cette mise en correspondance qui est réalisée par défaut par l'algorithme de transfert (résultat (c)). En explicitant des correspondances de couleurs souhaitées (liens symbolisés entre les images (a) et (b)), on peut modifier ce comportement et contraindre le transfert à assigner la couleur bleue de la mésange aux plumes de la perruche (résultat (d)).

    Filtre 'Colors/Transfer Colors (Multi) (rendu guidé 2) Fig. 2.6.5. Guidage de l'algorithme de transfert de couleurs par mise en correspondance forcée de couleurs (Coccinelle → Formule 1).

    Dans ce deuxième exemple, on note que la couleur rouge de la Coccinelle (a) se retrouve ailleurs dans l'image « Style » de la Formule 1 (b) : au bord de la route, sur les coquelicots… L'algorithme décide donc naturellement de conserver cette couleur quasiment telle quelle lors du transfert automatique (résultat (c)). Forcer des correspondances de couleurs explicites permet de guider l'algorithme pour lui faire changer la couleur de la Coccinelle en vert (résultat (d)).

    Vous l'aurez compris, ce filtre représente l'aboutissement d'un travail de recherche de longue haleine en algorithmique du traitement d'images. Pour des chercheurs comme nous, il est réjouissant d'être arrivé au bout du processus complet : élaborer un nouvel algorithme complexe sur un bout de papier, le développer, l'implémenter, le peaufiner, en obtenir des résultats encourageants, le peaufiner encore et encore, en écrire une description détaillée dans un article scientifique (en cours de finalisation), l'intégrer proprement et le rendre utilisable par tout un chacun dans un logiciel libre, en sachant qu'il pourra être testé et utilisé potentiellement des milliers de fois !

    Notons que ce n'est pas la première fois qu'une méthode de traitement d'images développée au sein de notre laboratoire de recherche se retrouve valorisée dans G'MIC. Cette page recense plusieurs publications scientifiques décrivant des algorithmes élaborés au sein de l'équipe IMAGE du GREYC, et qui sont accessibles comme filtres du greffon G'MIC-Qt.

    3. Nouveautés et améliorations du cœur du logiciel et de sa bibliothèque standard

    Comme évoqué précédemment, le terme G'MIC peut faire référence au langage de script du même nom. Ce langage est doté de son propre interpréteur et de sa bibliothèque standard de fonctions. Il est utilisé pour implémenter tous les filtres et opérateurs de traitement d'images mis à disposition des utilisateurs des différentes interfaces du projet.

    Durant l'année écoulée, un grand nombre de petites améliorations ont été implémentées conjointement sur ce langage et sa bibliothèque standard.
    En réalité, l'ensemble de ces contributions représente même la majorité du travail de développement réalisé, et en même temps ce sont des choses qu'il est difficile de valoriser dans une dépêche grand public : elles concernent principalement des points très précis et techniques du projet, comme par exemple des optimisations du parsing ou des algorithmes, du nettoyage de code, de nouvelles fonctions ou options pour l'évaluateur d'expressions mathématiques, etc.
    Ce sont bien sûr des ajouts utiles pour les développeurs de nouveaux filtres dans ce langage, mais il est difficile de les mettre en valeur de manière réellement plaisante.

    J'ai donc pris le parti de lister ci-dessous uniquement les quelques nouveautés facilement « illustrables » :

    • La nouvelle commande random_patches réalise un rendu procédural d'images carrées contenant des formes géométriques et des textures synthétiques aléatoires. À quoi cela peut-il bien servir, me direz-vous ? Eh bien par exemple, à générer des ensembles d'images pour l'entrainement de réseaux de neurones convolutionnels, pour des tâches de débruitage et de super-résolution (ces réseaux sont ceux utilisés par les commandes denoise_cnn et scale2x_cnn).

    Commande 'random_patches' (rendus) Fig. 3.1. La commande random_patches synthétise des images carrées contenant des formes géométriques et des textures aléatoires.

    Ces images sont en réalité suffisamment complexes pour qu'un réseau de neurones puisse apprendre des filtres convolutionnels pertinents pour l'analyse semi-locale de la géométrie des structures présentes dans des images plus naturelles. Ces filtres appris peuvent ensuite être utilisés dans des tâches de débruitage ou de super-résolution, qui sont des problèmes très géométriques et qui ne nécessitent pas vraiment une analyse sémantique du contenu des images. Utiliser ces données synthétiques pour entrainer des réseaux simples est donc largement suffisant pour ce type d'applications. D'une part, cela évite de stocker de grandes bases d'images volumineuses lors de l'entrainement (les images synthétiques étant générées à la volée). Et d'autre part, on évite automatiquement d'enfreindre le copyright éventuel des images présentes dans les ensembles d'apprentissage prédéfinis (dont la provenance n'est pas toujours clairement citée, avouons-le).

    Commande 'shape_hilbert (rendus) Fig. 3.2. La commande shape_hilbert trace une courbe de Hilbert dans une image, commande illustrée ici avec des niveaux croissants de récursions.

    • La nouvelle commande pca calcule une analyse en composantes principales (ACP) d'un ensemble de vecteurs. Ce type d'analyse permet à la fois de déterminer la dimensionnalité représentative de données vectorielles, ainsi que leurs orientations principales dans l'espace. L'ACP a de nombreuses applications en traitement d'images et plus généralement en analyse de données : débruitage, compression, reconnaissance de visages, analyse de textures, recalage géométrique, etc. L'exemple ci-dessous illustre son utilisation pour déterminer l'orientation des axes principaux (dessinés en pointillés) d'une silhouette de libellule.

    Commande 'pca') Fig. 3.3. La commande pca est utilisée ici pour calculer les orientations des axes principaux d'une silhouette binaire 2D.

    • Les nouvelles commandes depthmap3d et normalmap3d viennent enrichir les possibilités de rendus d'objets 3D maillés de G'MIC, en synthésisant des rendus d'un objet respectivement sous la forme de cartes de profondeurs et de normales 3D.

    Commandes 'depthmap3d' et 'normalmap3d') Fig. 3.4. Les commandes depthmap3d et normalmap3d appliquées sur un modèle 3D en rotation.

    • Mentionnons enfin le travail d'amélioration général ciblé sur les algorithmes d'opérations matricielles présents dans G'MIC : arrivée de la décomposition QR (avec pivot), amélioration de la précision de calcul pour l'inversion de matrices et la résolution de systèmes linéaires… Et même s'il est difficile de rendre ça visuel, je vous propose cette petite ligne de commande qui crée une matrice carrée 40×40 aléatoire, qui l'inverse et qui calcule le produit des deux pour vérifier que l'on retrouve bien la matrice identité.
    $ gmic 40,40 rand -1,1 +invert +mmul name A,invA,'A*invA'

    Commande 'invert') Fig. 3.5. Exemple de l'utilisation de gmic en ligne de commande pour l'inversion d'une matrice aléatoire.

    Tout ceci n'est bien sûr qu'un aperçu succinct de ce qui a été réalisé sur le cœur de G'MIC cette année. Pour plus de détails techniques, la consultation des Changelog est recommandée.

    4. Nouveau dépôt de codes sources: gmic-interactive-demos

    En tant que membre d'un laboratoire public de recherche, j'ai l'occasion de participer ponctuellement à des évènements de vulgarisation scientifique (tels que la Fête de la science, le FÉNO, etc.), où l'on présente certaines de nos activités de recherche au grand public (en algorithmique du traitement d'images en ce qui me concerne). Pour rendre ces présentations plus attractives et ludiques, j'ai élaboré au fil des ans, différents programmes et bornes de démonstration interactifs, en me reposant sur les possibilités offertes par le langage G'MIC.

    Ces applications libres (sous licence CeCILL) sont maintenant accessibles sur ce dépôt logiciel : github.com/GreycLab/gmic-interactive-demos

    Elles pourront intéresser des enseignants et/ou chercheurs souhaitant illustrer différents concepts du traitement d'images à des publics de néophytes. Ces codes illustrent aussi les capacités du langage G'MIC pour la création de programmes interactifs, et ceci indépendamment du greffon G'MIC-Qt.

    Pour le moment, trois démonstrateurs sont présents dans ce dépôt logiciel. Ils sont détaillés ci-dessous.

    4.1. The SteamFace Machine

    « The SteamFace Machine » est le démonstrateur le plus récent. Il montre le fonctionnement des réseaux de neurones convolutionnels pour la détection d'un visage dans une image, et l'analyse de caractéristiques propres à ce visage, le tout enrobé dans un style SteamPunk du plus bel effet !

    The SteamFace Machine (intro) Fig. 4.1.1. Écran de lancement du démonstrateur « The SteamFace Machine ».

    Le flux vidéo capturé par la webcam s'affiche à l'écran, et lorsqu'un visage est placé au centre de l'image, la jauge de détection faciale s'active. En bas à droite, on peut apercevoir la sortie de différentes couches intermédiaires du réseau de neurones réalisant la détection (classifieur binaire avec une architecture de type LeNet-5).

    The SteamFace Machine (main) Fig. 4.1.2. Détection du visage par un réseau de neurones convolutionnel dans le démonstrateur « _The SteamFace Machine »._

    Une fois la détection opérée, un deuxième réseau est inféré pour en extraire différentes caractéristiques faciales : genre, âge, type de cheveux, port de lunettes ou de chapeau, taille du nez…

    The SteamFace Machine (caractéristiques) Fig. 4.1.3. Analyse de quelques caractéristiques liées au visage détecté.

    C'est une manière visuellement amusante de présenter le fonctionnement de classifieurs neuronaux au grand public, leurs capacités mais aussi leurs limites et les biais inhérents aux bases d'apprentissage utilisées pour les entrainer (dans le cas de ce démonstrateur, la base CelebA, qui contient des images assez éloignées de celles que l'on acquiert via la webcam dans un environnement non-contrôlé tel qu'un parc des expositions).

    Mentionnons également la belle contribution de notre cher collègue Philippe Bernard, du service Administration système et réseaux du GREYC, qui a réalisé une borne physique de démonstration intégrant « The SteamFace Machine », facilement transportable à des évènements de médiation scientifique !

    The SteamFace Machine (borne) Fig. 4.1.4. Vidéo de démonstration de la borne « The SteamFace Machine » quand elle était en cours d'élaboration.

    4.2. Virtual Artist

    « Virtual Artist » est un deuxième démonstrateur interactif, qui cherche à illustrer le principe du « transfert de style » entre deux images.
    Nous avons précédemment évoqué le transfert de couleurs (en section 2.6). Le transfert de style en est une extension naturelle : au lieu de transférer uniquement les couleurs, on cherche à transférer tout le style graphique d'une image « Style » vers l'image « Source ».
    C'est bien sûr un problème autrement plus complexe, et les méthodes les plus performantes du domaine utilisent généralement de gros réseaux de neurones.

    « Virtual Artist » n'a pas la prétention d'être à la pointe de l'état de l'art : c'est avant tout un démonstrateur pédagogique pour expliquer le principe général du transfert de style en traitement d'images. L'utilisateur peut jouer avec différentes images de « Source » et de « Style » prédéfinies. La figure ci-dessous illustre quelques-uns des écrans principaux de l'application.

    Virtual Artist Fig. 4.2.1. L'application « Virtual Artist » illustre le principe du transfert de style entre deux images.

    Ce démonstrateur a été utilisé de nombreuses fois sur une grande table tactile, dans des évènements grand public, et fait toujours son petit effet !

    Virtual Artist (FÉNO) Fig. 4.2.2. L'application « Virtual Artist » utilisée comme démonstrateur, ici au Festival de l'Excellence Normande (FÉNO) en 2021.

    4.3. GREYC Warp

    « GREYC Warp », le dernier démonstrateur de ce nouveau dépôt logiciel, implémente un miroir déformant interactif. L'utilisateur voit en direct le flux de la webcam et peut créer, déplacer ou supprimer des points clés qui définissent une déformation appliquée en temps réel. Une dizaine de transformations pré-définies sont également proposées.

    GREYC Warp Fig. 4.3.1. L'application « GREYC Warp » vous laisse déformer le flux vidéo de votre webcam, de manière interactive, et non sans humour !

    Pour avoir testé ce démonstrateur en situation réelle lors d'expositions, ça fait beaucoup rire les enfants (mais pas les plus jeunes qui pensent que ça reflète vraiment l'apparence de leur tête et qui peuvent se mettre à pleurer). Une application toute simple mais néanmoins amusante !

    5 G'MIC et le code créatif

    Ces quelques démonstrateurs esquissent déjà l'image d'un langage G'MIC adapté au code créatif, qui consiste, selon Wikipedia, à « utiliser la programmation informatique comme un moyen d'expression artistique (visuel, musical, littéraire, interactif, performatif…) à part entière ».

    5.1. Codes créatifs courts

    En tant qu'ancien demomaker, le code créatif est forcément un domaine qui me tient à cœur, et j'écris et partage régulièrement des scripts courts sur le forum de G'MIC pour expérimenter de nouvelles idées d'effets graphiques, ou en reproduire certains sur lesquels je suis tombé et que je trouve captivants.
    Quelques-uns de ces effets récents sont décrits ci-dessous, avec à chaque fois, un accès vers le code source correspondant (script .gmic).

    • Agrégation limitée par diffusion tournoyante : Cet effet est une variante de l'agrégation limitée par diffusion, implémentant un système de particules en mouvement qui sont stoppées dès lors qu'elles rencontrent une masse d'éléments plus anciens, déjà immobiles. On ajoute à tout ça une rotation, un zoom inverse, une palette de couleurs, et le tour est joué ! Le code source de cet effet atteint difficilement les 36 lignes, commentaires inclus !

    Diffusion-Limited-Aggregation (animation) Fig. 5.1.1. L'effet animé « Agrégation limitée par diffusion tournoyante », rendu par G'MIC.

    • Courbe de Hilbert néon : Cette animation stylise le dessin d'une courbe de Hilbert par un tracé incrémental faisant songer à un néon. Ici, le code source est beaucoup plus conséquent (52 lignes 😉).

    Hilbert-Curve (animation) Fig. 5.1.2. L'effet animé « Courbe de Hilbert néon », rendu par G'MIC.

    • Morphing de formes : Ici, deux silhouettes se transforment l'une vers l'autre via un morphing continu. On utilise des edgels pour l'extraction et la paramétrisation du contour des deux silhouettes à transformer. Le code source de cet effet revient à un nombre de lignes de code quand même plus raisonnable que précédemment (36 lignes).

    Morph Shape (animation) Fig. 5.1.3. L'effet animé « Morphing de formes », rendu par G'MIC.

    • Tunnel 3D : Celui-ci est l'un de mes préférés. C'est certes un effet ultra-classique dans le monde de la scène démo, mais le rendu est sympa. Et avec ses 68 lignes, le code source pour générer cette animation de 256 frames (qui cyclent parfaitement) reste dans les limites du raisonnable !

    Tunnel 3D (animation) Fig. 5.1.4. L'effet animé « Tunnel 3D », rendu par G'MIC.

    • One-liner géométrique : Le langage G'MIC, grâce à sa syntaxe délibérément concise, est un candidat idéal pour la création de one-liners. Une section entière de la documentation de référence est d'ailleurs dédiée à quelques one-liners amusants. Étant tombé par hasard sur cette belle image créée avec GeoGebra par Georg Wengler, j'ai souhaité la retranscrire en langage G'MIC sous la forme d'une unique ligne de commande affichant une animation, et voici le résultat (et heureusement qu'une ligne de code ne se limite pas à 80 caractères !)
    $ gmic 12,12,256,2,"a = 1 + x; b = 1 + y; t = lerp(0,2*pi*b,z/d); cos(a/b*t)*cexp([0,t])" 12,12,1,2,"S = crop(#-1,x,y,0,c,1,1,d#0,1); S = round(45*(S - avg(S)) + 50); draw(#-1,S,x,y,0,c,1,1,d#0,1)" rm. 1200,1200,1,3,255 repeat 256 { 12,12,1,1,"repeat (16,l, X = 100*[x,y] + round(I(#0,x,y,$> + l/16,2,2)); ellipse(#-1,X,1,1,0,1,0))" rm. +rs. 600 w. rm. wait 20 } rm

    cos(ab) (animation) Fig. 5.1.5. L'effet animé « cos(ab) », rendu par G'MIC.

    L'ensemble de ces nouvelles animations se retrouve dans la section Gallery du site web de G'MIC.

    5.2. Continuation de la série « G'MIC Adventures »

    De temps en temps, j'essaie aussi de partager l'ensemble du processus permettant d'arriver (en partant de zéro) à un résultat de code créatif.
    Et cela, rédigé sous la forme d'un petit article partagé sur le forum de G'MIC. Cette série d'articles est nommée « G'MIC Adventures ». Je l'avais évoquée dans notre dernière dépêche. Deux nouveaux épisodes de cette série sont parus depuis :

    • Apprentissage d'un perceptron multi-couches pour la reproduction d'une image couleur (G'MIC Adventure #5) :

    Dans ce cinquième épisode, on cherche à entrainer un réseau de neurones simple (un perceptron multi-couches) capable d'apprendre une fonction image entière (x,y)\to(R,G,B), c'est-à-dire un réseau capable de prédire une couleur (R,G,B) correcte à partir d'un vecteur de coordonnées (x,y) donné en entrée. Il est particulièrement intéressant de visualiser l'image couleur que le réseau est capable de reproduire à chaque itération de son apprentissage (figure ci-dessous), et ce, jusqu'à convergence.

    MLP (animation) Fig. 5.2.1. Reconstruction itérative d'une image couleur obtenue par l'apprentissage d'un perceptron multi-couches.

    Dans ce sixième épisode, on s'intéresse à l'implémentation en G'MIC de l'équation d'ondes et ses possibilités pour appliquer des effets de déformations amusants sur des images, comme l'illustre la figure suivante qui correspond au résultat obtenu à la toute fin de l'article.

    Wave equation (animation) Fig. 5.2.2. Application d'une équation d'ondes anisotrope pour la déformation d'une image le long de ses contours.

    Les exemples présentés dans cette section montrent que G'MIC a du potentiel pour le code créatif, notamment pour l'expérimentation rapide de codes d'effets graphiques. Le fait qu'il soit utilisable en ligne de commande (via la commande gmic) en fait un allié précieux pour générer des animations ou pour modifier des lots d'images de manière automatisée.

    6. Autres nouvelles liées au projet

    Pour finir cette longue dépêche, voici en vrac quelques autres nouvelles notables liées au projet :

    • Diffusion de G'MIC : Avec le temps, la diffusion de G'MIC s'accélère et son installation se simplifie. Notons tout d'abord que G'MIC-Qt a été parmi les premiers greffons disponibles lors de la sortie de la version majeure 3.2 de GIMP. L'installation de ce greffon est maintenant aussi largement simplifiée pour les utilisateurs de macOS, grâce au travail remarquable des empaqueteurs de MacPorts, qui en proposent une version toujours très à jour.

    Nous avons également appris que G'MIC suscite l'intérêt des projets suivants :

    1. Le projet G'MIC-GEGL a pour objectif d'exposer les différents filtres du greffon G'MIC-Qt directement sous forme de nœuds GEGL, qui est la bibliothèque de traitement utilisée en interne dans GIMP. Cela voudrait dire que les effets de G'MIC-Qt pourraient à terme être utilisés dans des calques d'effets non-destructifs de GIMP.
    2. Le projet PhotoFlare est un nouvel éditeur d'images numériques multi-plateformes, et son développeur a annoncé y avoir intégré le greffon G'MIC-Qt afin de profiter de ses centaines de filtres proposés.
    3. Le projet gmic-affinity se propose de développer un greffon en Rust pour Affinity Photo, pour exposer le greffon G'MIC-Qt aux utilisateurs. Ce dernier est normalement déjà fonctionnel pour ce logiciel, via l'API 8bf (comme le montre cette vidéo), mais malheureusement pas encore pour les utilisateurs de macOS.
    4. Enfin, notons l'arrivée de G'MIC-Qt sur le Snap Store, proposant ainsi une façon alternative d'installer notre greffon pour GIMP.
    • Exposé : Début mai 2026, j'ai eu l'occasion de faire un bref passage au laboratoire LRDE de l'EPITA, sympathiquement invité par Marc Espie (enseignant et l'un des développeurs du projet OpenBSD), où j'ai donné une présentation intitulée « 25 ans de développement libre pour le traitement des images numériques ». Une vidéo de cette présentation a été captée et mise sur YouTube.

    7. Conclusion

    Cette version 4.0 marque un jalon important pour G'MIC : dix-huit ans après la première ligne de code, le projet a montré qu'un logiciel open-source né au sein d'un laboratoire de recherche public, et aux ressources modestes, peut s'installer durablement dans le paysage du graphisme numérique libre, et continuer à innover grâce à son écosystème ouvert et extensible.

    Cette dépêche a cherché a montrer la maturité et la polyvalence de G'MIC. C'est un cadriciel multi-usages dont les interfaces variées peuvent toucher des publics différents, de l'artiste numérique au bidouilleur de la ligne de commande, en passant par le chercheur en traitement d'images, à partir du moment où une image numérique entre en jeu !

    C'est aussi l'occasion de rappeler que rien de tout cela n'aurait été possible sans l'écosystème bienveillant qui gravite autour du projet. Nous tenons à remercier chaleureusement nos partenaires académiques (le CNRS, l'ENSICAEN, l'Université de Caen, la direction du GREYC), ainsi que l'ensemble de la communauté (testeurs, empaqueteurs, vidéastes et utilisateurs du quotidien). Votre soutien est très apprécié.

    Les idées fourmillent, l'envie de triturer des pixels est toujours aussi présente, et on espère donc pouvoir continuer à développer et valoriser ce cadriciel libre comme il se doit dans le futur.

    Y aura-t-il une nouvelle dépêche l'année prochaine ? L'avenir nous le dira !

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    Reçu — 28 juin 2026 LinuxFr.org : les dépêches

    Les raccourcis, du 3270 à AutoHotKey en passant par Clavier+

    Je travaille depuis plus de vingt ans sur site central (mainframe), et ça fait quasiment autant de temps que ma marotte, c'est me faciliter la vie au travail en automatisant le plus possible les actions répétitives.

    Vous me direz rien de bien nouveau, c'est l'essence même de l'informatique…

    Certes, mais je me rends compte qu'il existe tout un univers plutôt confidentiel à mon sens qui gravite autour l'aménagement de ses propres raccourcis clavier.

    Sommaire

    Un peu d'historique

    Comme déjà écrit, je travaille sur site central, et pendant longtemps, ça voulait dire utiliser un émulateur 3270 (même si ça sert encore beaucoup pour les tâches d'administration, Eclipse et VSCode sont de plus en plus présents, notamment pour développer). C'est un logiciel qui simule un terminal passif (qui se contente d'afficher un écran, et de réagir au clavier, point barre - mais qui dispose du 24 touches fonction physiques), et qui dispose de fonctionnalités « modernes », tel le copier-coller (oui, oui, point de copier-coller sur terminal passif).
    Ce qu'il y a de chouette avec un émulateur, et ça rejoint (enfin) le sujet de cette dépêche, c'est que ça permet de lancer des séquences de frappes de touche.

    Menu principal d'ISPF

    Prenons comme exemple l'affichage d'une table de paramétrage, pour afficher le contenu d'une table il faut :

    • Appuyer sur la touche ECHAP (qui efface l'écran)
    • Taper X RCD071
    • Valider avec Enter
    • Saisir le nom de la table de paramétrage
    • Interroger son contenu avec PF3

    L'émulateur permet de lancer des séquence de touches de plusieurs manières :

    • à l'aide d'un raccourci clavier ;
    • à l'aide d'un pad, ensemble paramétrables de boutons auxquels on peut associer des actions, dont une séquence de frappes de touche. C'est là que ça commence à devenir intéressant, je vais y revenir.

    En reprenant l'exemple du listage d'une table de paramétrage, je peux facilement associer le listage de la table1 à un raccourci, et celui de la table2 à un autre.

    Problème de place

    Et c'est là qu'on s'aperçoit vite des limites des raccourcis claviers : leur nombre est forcément limité, d'autant plus que bon nombre de combinaisons sont déjà prises : il est illusoire de vouloir se passer de CTRl+C et de CTRL+V par exemple.
    L'autre problème est celui de la mémoire, pas celle du PC, mais celle de celui ou celle qui est derrière le clavier : pas facile de mémoriser toutes ces combinaisons.

    Le pad

    J'ai gardé pour maintenant cette histoire de pad : mais qu'est-ce que ça apporte ? Et bien ça « libère » de la mémoire : la vocation du raccourci est disponible sous les yeux, et ça, j'achète !

    Moyennant un petit travail de classification en sous-groupes, je retrouve facilement tous mes raccourcis en un clin d'œil.
    Mais n'avoir à disposition que des boutons, est-ce suffisant ?
    Pas vraiment, parce que libellé d'un bouton, c'est statique.

    Le cas Pacbase

    PACbase est un AGL (NdM: propriétaire) générant du COBOL, intégrant un dictionnaire de données. On y stocke :

    • des données ;
    • des structures de données ;
    • des programmes ;
    • des textes pour la documentation ;
    • etc.

    Ce qui est important pour le sujet que j'évoque que la navigation dans ce référentiel est entièrement textuelle, on accède aux entités au travers d'une ligne de commande :

    • j'affiche la donnée toto en tapant E toto ;
    • j'affiche la documentation de donnée toto en tapant e toto gc (ou si je suis déjà en train de consulter la donnée toto en tapant -gc) ;
    • j'affiche un programme titi en tapant p titi, sa documentation en tapant p titi gc
    • etc.

    C'est là qu'on s'aperçoit de limite des boutons (même si c'est mieux que les raccourcis) : pas question de créer autant de boutons que d'entités à accéder.

    L'invite de commande « universelle »

    Il se trouve que l'interface principale du site central (hors applications métiers) qui s'appelle ISPF (NdM: propriétaire) est également textuelle est qu'elle possède également une ligne de commande.

    J'ai donc cherché à mettre au point une interface dans laquelle je taperai mes commandes, qui seraient mémorisées et qui, à l'instar du comportement d'un terminal, faciliterait le rappel de commandes.

    Au passage, j'ai écrit une macro « universelle » qui permet d'interagir de manière scriptée avec l'émulateur, en utilisant un pseudo langage très basique, mais permettant des actions reproductibles : saisie de paramétrage (permettant une « saisie » d'environnement en environnement), réinitialisation de mot de passe avec envoi de courriel avec les mots de passe provisoire, etc.

    Je me suis appuyé sur différents modules proposés par l'émulateur 3270, avec comme limites l'univers site central. Or il se trouve que j'avais envie d'automatiser plein d'autres actions sur d'autres logiciels (comme lancer les règles dans Outlook par exemple).

    Les logiciels de raccourcis sous Windows

    Clavier+

    C'est alors que j'ai découvert :

    • Clavier+ (GPLv3), un logiciel libre qui a la bonne idée de pouvoir être lancé en ligne commande avec une documentation tout en français ;
    • les pages HTA, qui sont des fenêtres écrites en HTML / Javascript / CSS.

    Clavier+

    J'écris mes pads en HTA, avec des liens qui lancent des actions via Clavier+. Et là, c'est quasi parfait : je paramètre Clavier+ pour lancer une fenêtre HTA quand je tape sur la touche PAUSE (facile d'accès et peu utilisée en standard) qui m'affiche des boutons d'actions et des invites de commandes, fenêtre qui se masque une fois l'action lancée et que je rappelle en rappuyant sur PAUSE. J'ai donc Clavier+ qui lance une fenêtre qui permet de lancer plein d'actions via Clavier+. Pas toujours facile de s'en sortir avec du Javascript pas toujours reconnu dans ses dernières fonctions pourtant bien pratique, et surtout, pas simple de gérer la persistance des données, même si je m'en suis sorti à l'aide de cookies.

    AutoHotKey

    Je change d'entité dans le groupe qui m'emploie, et patatras, pas de Clavier+ dans le centre logiciel ! Je me lance dans une demande d'intégration de Clavier+, demande qui traîne, et voilà que je découvre que si Clavier+ n'est pas proposé, c'est qu'à sa place figure AutoHotKey (GPLv2)
    Exemple de GUI AHK

    \o/ : apothéose : Autohotkey (AHK), c'est clavier+ puissance 1 000 ! Ça gère les raccourcis — heureusement —, mais aussi et surtout les interfaces graphiques, les fichiers, etc. C'est très puissant, mais la documentation — tout en anglais — est parfois un peu absconse (Clavier+ c'est juste génial à ce niveau).

    Fonctionnalités communes

    • Activation d'une fenêtre par son titre
    • Restriction de l'usage d'un raccourci à une fenêtre donnée (via son titre)
    • des configurations séparables par fichiers

    Ce qu'apporte AHK

    • les interfaces graphiques
    • interaction avec le système de fichiers
    • la superposition des configurations
    • et beaucoup plus encore

    En résumé

    Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir comment facilement paramétrer des raccourcis claviers, Clavier+ et fait pour vous. Pour aller (beaucoup beaucoup) plus loin AutoHotKey ouvre tout un univers de possibilités.

    PS

    Quelque raccourcis que j'utilise tout le temps

    • rappel des commandes passées (PACbase et ISPF)
    • lancement des règles sous Outlook
    • recherche des erreurs de compilation COBOL sous VScode
    • configuration et tri des SYSOUT sous SDSF

    Tip

    Ne pas rager pas si votre tout dernier raccourci ne fonctionne pas avec Clavier+ : vous avez certainement laissé la fenêtre de configuration ouverte…

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    Kernel Recipes 2026 – 13e édition : c'est reparti !

    Nous sommes fiers de vous annoncer la 13ᵉ édition de Kernel Recipes. Elle aura lieu du 21 au 23 septembre 2026 à Paris, à la Fondation Biermans-Lapôtre, 9A boulevard Jourdan dans le 14ᵉ, RER Cité universitaire. Comme les années précédentes, une vingtaine d’interventions autour du fonctionnement de la communauté, des outils, de Rust, de la sécurité… et, pour la première fois (mais de façon raisonnée), de l’IA appliquée au développement noyau.

    Le parrain de cette édition : Jonathan Corbet

    Cette année, nous avons l’immense honneur d’accueillir Jonathan Corbet en tant que parrain de l’édition. Rédacteur en chef de LWN.net et observateur privilégié du développement du noyau depuis des décennies, il a participé grandement à la construction du programme – autant dire que l’édition s’annonce très bien !

    Logo

    Les conférences : variées, avec un peu d’IA, du Rust, de la sécurité, des outils…

    Le programme mêle, comme d’habitude, mainteneurs historiques et nouvelles têtes :

    • Steven Rostedt revient sur les coulisses peu glorieuses des futex (Futex: The good, the bad and the ugly! (mostly ugly)) ;
    • côté Rust, Miguel Ojeda fait le point sur Rust for Linux et Danilo Krummrich (Red Hat, fondateur du driver Nova pour GPU NVIDIA) détaille comment imposer à la compilation les règles de cycle de vie des drivers ;
    • côté sécurité, Marta Rybczynska se demande si Linux est enfin secure by default, et Greg Kroah-Hartman abordera la sécurité à l’ère des LLM ;
    • côté outils, on retrouve Patrick Steinhardt (GitLab) sur l’actualité de Git, Konstantin Ryabitsev sur l’infrastructure kernel.org, et Matthieu Baerts sur MPTCP ;
    • côté ordonnancement et mémoire, SeongJae Park présente DAMOS, Changwoo Min et Gavin Guo (Igalia) parlent de leur ordonnanceur BPF LAVD, Victor Laforet (Inria) de verrouillage et ordonnancement, et Roman Guschchin de la gestion mémoire des cgroups ;
    • et bien sûr, Martin Uecker, Arnd Bergmann, Detlev Casanova (Collabora) et d’autres viendront compléter ce menu copieux.

    Et la fameuse touche IA, justement : oui, le sujet est au programme cette année, mais on est resté raisonnable :

    • Greg Kroah-Hartman, « You are holding it wrong! » : comment obtenir d’un LLM un correctif de bug réellement valide, ce qui marche, ce qui ne marche pas, et pourquoi la plupart des gens s’y prennent mal ;
    • Roman Guschchin, The Sashiko review system : un système de revue de patchs assisté par IA, conçu spécifiquement pour le noyau, qui aurait détecté plus de la moitié des bugs dans un corpus de 1000 correctifs historiques ayant pourtant passé la revue humaine.

    Deux conférences, une seule vraie question : à quoi ressemble l’outillage assisté par IA quand il se confronte à la rigueur du développement noyau ?

    Comme chaque année, Kernel Recipes organise ses enchères caritatives ! Cette année, nous avons souhaité mettre à nouveau en lumière le travail de la Software Freedom Conservancy. Bradley Kühn interviendra sur ce sujet le 22 septembre, juste avant le lancement des enchères.

    Dans la salle

    Frank sera bien sûr de la partie pour croquer sur le fait les orateurs et oratrices, mais aussi participants, perpétuant une tradition désormais incontournable de la conférence.

    Notre mascotte est en train de se faire une beauté et devrait apparaître prochainement dans de nouveaux habits.

    Mascotte

    Sponsors

    La conférence ne pourrait pas avoir lieu sans nos sponsors. Ils nous supportent en 2026 : Meta, ARM, PremDay, Jump Trading, HaProxy, Igalia, Collabora et d’autres à venir très bientôt.

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