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Libera Suite, une suite bureautique libre et locale fondée sur Euro-Office, passe en bêta publique

17 octobre 2026 à 14:07

Libera Suite est une « nouvelle » suite bureautique libre pour Linux, Windows et macOS. Elle comprend actuellement un traitement de texte, un tableur, un logiciel de présentation et une visionneuse de fichiers Visio. Elle fonctionne sur votre ordinateur, sans compte, sans service en ligne et sans télémétrie. Elle sait ouvrir et enregistrer les formats de Microsoft Office et OpenDocument. Comparées à d’autres applications similaires, elle est relativement rapide à démarrer et légère.

Elle est bâtie sur les composants d’Euro-Office, le fork d’ONLYOFFICE lancé en avril par une coalition d’entreprises européennes, dont Abilian (société de l’auteur de cette dépêche), qui développe Libera Suite. Elle est en bêta publique depuis le 1ᵉʳ octobre.

Libera Words, avec un document ouvert

Quatre applications

Une seule commande, libera, ouvre chaque document dans l’application qui lui correspond :

  • Libera Words, le traitement de texte : .docx, .odt, .rtf, .txt, .md ;
  • Libera Tables, le tableur : .xlsx, .ods, .csv ;
  • Libera Slides, les présentations : .pptx, .odp ;
  • Libera Diagrams, la visionneuse de fichiers Visio : .vsdx.

Les quatre applications partagent des fonctions comme l’export PDF, l’impression, la correction orthographique en cinq langues et la récupération du travail après un plantage.

Addition pratique: la commande libera --convert permet de convertir entre les différents formats pris en charge, ou d’exporter vers PDF. Par exemple, libera --convert *.docx -t pdf convertit un lot de documents vers PDF sans ouvrir de fenêtre. Son ergonomie est inspirée de Pandoc.

Comment l’installer

  • Linux (Ubuntu 22.04, Debian 12, Fedora 36, RHEL 9 et plus récents, x86_64 et arm64) : curl -fsSL https://cdn.abilian.com/libera/install.sh | sh. Si Flatpak est présent, le script installe un paquet Flatpak qui contient tout ; sinon, il installe la commande libera.
  • macOS (Apple Silicon) : brew install abilian/tap/libera, ou le même script. Homebrew fonctionne aussi sous Linux (à condition évidemment de l’avoir installé).
  • Windows 10 et 11 : un installateur, sans droits d’administration.

Pour les utilisateurs et les utilisatrices de Python, Libera Suite est aussi publiée sur PyPI. Sous macOS et Windows, uvx libera suffit : au premier lancement, la commande propose de télécharger les composants d’Euro-Office. Sous Linux, un environnement Python isolé ne voit pas les liaisons GTK de la distribution : il faut passer par pipx install --python /usr/bin/python3 --system-site-packages libera.

La page d’installation de la doc donne le détail des principales méthodes d’installation ; la page autres façons d’installer couvre le reste.

Architecture

Euro-Office fournit ses outils d’édition sous forme de composants Web, écrits en JavaScript. Ces composants s’exécutent dans un moteur de navigateur et confient les conversions de fichiers, l’accès au disque et les autres aspects de l’intégration au système d’exploitation et à l’environnement graphique hôte (menus, boîtes de dialogue…) à l’application qui les héberge. Libera Suite est cette application hôte, écrite en Python. Elle affiche les composants dans le moteur de rendu web fourni par le système (WebKit sous Linux et macOS, WebView2 sous Windows) et confie les conversions de formats (y compris l’import/export de fichiers) au convertisseur d’Euro-Office.

Près de 700 tests automatisés vérifient son fonctionnement. Une partie d’entre eux ouvre de vrais documents dans ces composants et contrôle le résultat affiché.

Nous compilons nous-mêmes les composants d’Euro-Office, depuis ses sources, pour Linux, macOS et Windows. Les correctifs nécessaires sont tous publiés et expliqués. Nous avons aussi corrigé (à ce jour) 68 défauts du convertisseur dans la lecture et l’écriture des fichiers OpenDocument, repérés grâce aux fichiers de test de LibreOffice.

L’application hôte est sous licence Apache 2.0. Les composants issus d’Euro-Office / ONLYOFFICE restent sous licence AGPL 3.0.

Réseau

Libera Suite se connecte pour télécharger les composants d’Euro-Office à l’installation. Une fois par jour au plus, elle vérifie aussi si une nouvelle version existe, sans rien télécharger ; la ligne check_updates = false du fichier de configuration désactive cette vérification.

Les limites de la bêta

L’interface est en anglais. Chaque document a sa propre fenêtre, sans onglets. Microsoft Office ne voit pas les verrous de Libera Suite. L’application Diagrams est en lecture seule. Ni l’édition des PDF ni le publipostage ne sont encore disponibles. L’installateur Windows et l’application macOS ne sont pas encore signées. La page État des lieux en donne la liste complète.

Vos retours

Nous cherchons des testeurs. Le moteur de mise en page est relativement éprouvé (plus pour les formats MS-Office que pour ODF, mais on y travaille). La cause des bugs éventuels se trouve le plus probablement dans notre processus de build, de paquetage et de distribution, dans l’absence d’une police ou d’une ressource. Ces défauts se corrigent vite, à condition de les voir. Le retour le plus utile est donc un document qui s’affiche mal, joint à un ticket avec la sortie de libera --diagnose.

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Quelle chaise de bureau ergonomique choisir en 2026 ? Notre comparatif

11 septembre 2026 à 13:00

Si vous passez le plus clair de votre temps assis devant un bureau, investir dans une chaise de bureau ergonomique est aussi crucial que de choisir un bon matelas. Voici les modèles que l'on vous recommande en 2026.

Radinus : tenir sa comptabilité personnelle sous Linux

15 août 2026 à 07:13

Radinus écran principal

Il existe deux façons de savoir combien il reste sur son compte : ouvrir vingt-six onglets de son tableur préféré, ou confier ses relevés à une application qui les enverra gentiment sur un serveur inconnu en échange d'un abonnement mensuel. Radinus propose une troisième voie, nettement moins tendance : un logiciel qui tourne sur votre machine, garde vos données sur votre disque, ne parle à personne, et ne vous demande rien. Libre sous GPL v3, écrit en Rust avec Tauri, disponible pour Linux, et gratuit — les deux à la fois, ce qui mérite qu'on s'y arrête.

NdM: il s'agit d'une réécriture d'une précédente version 1.9.3 en WinDev sous MIT. Le README dit « le dépôt est actuellement privé et sous la seule direction de son auteur » : on supposera qu'il ne s'agit pas d'accès privé ici sinon on ne verrait pas le code, mais juste du fait que l'auteur souhaite être en charge de tous les commits. Par contre la partie « sole direction of its (sic) author_ », tout en ayant une traduction en 18 langues, des commits non informatifs du type « maj1 » à « maj9 », etc. il est clair qu'il y a écriture ou assistance par une IA. Ainsi que pour le site du projet. Le projet initial date de juillet 2024 d'après le premier commit, et comme la date d'un commit n'est pas fiable, on peut vérifier le site du projet à la même époque via Archive.org (et l'absence du dépôt auparavant). Vous pourriez aussi trouver intéressantes les dépêches Logiciels libres pour la comptabilité d'entreprise (2025) et Logiciels libres de finances personnelles (2023).

Ce qu'il fait

Plusieurs comptes bancaires, la saisie des opérations, le pointage et le rapprochement de vos relevés, l'importation des fichiers que votre banque met à disposition (OFX, CSV, tableurs), les chèques, les opérations périodiques, un budget annuel et son contrôle, six statistiques croisées, un tableau de bord et la courbe de vos soldes.

De la comptabilité domestique, faite sérieusement. Son nom vient de « radin » et sa mascotte est un écureuil en costume : le positionnement est assumé.

Libre et totalement, absolument gratuit !

Deux mots distincts, et ici les deux sont vrais.

Libre : GPL v3 ou ultérieure, sources publiques. La licence a été choisie pour que personne, pas même l'auteur, ne puisse refermer la porte plus tard.

Gratuit : pas de version amputée, pas de fonction réservée aux donateurs, pas d'abonnement, pas de compte, pas de courriel à laisser.

Et la liste de ce qu'il ne fait pas, qui vaut bien la première : aucune connexion à votre banque, aucune télémétrie, aucune publicité, aucune synchronisation. Le réseau ne sert qu'à une chose, ouvrir le site si vous cliquez dessus. Vos opérations vivent dans un fichier SQLite sur votre disque.

Sous le capot

Cœur métier et contrôleur en Rust, interface en HTML/CSS/TypeScript servie par Tauri v2. Tauri s'appuie sur WebKitGTK, le moteur déjà présent sur votre système, au lieu d'embarquer un navigateur complet : un binaire natif, pas de runtime à déployer, pas de Chromium par application.

Stockage SQLite en fichier unique, que vous pouvez copier et lire avec vos propres outils. Sauvegarde en zip avec un JSON par table. Chiffrement de la base par mot de passe si vous le souhaitez.

Pour Linux

Ubuntu 22.04, Debian 12, Fedora 36 ou plus récent.
Disponible en 18 langues (français, anglais, italien, espagnol, allemand…).

Bonne comptabilité personnelle , et pensez à pointer vos relevés.

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Application mobile pour Nextcloud Calendar, l'outil manquant de l'écosystème

Ceux qui recherchent une alternative européenne et auto-hébergeable aux deux leaders mondiaux des suites bureautiques, Google Workspace et Microsoft 365, connaissent très certainement Nextcloud.

Illustration de Nextcloud Calendar

Sommaire

Qu’est-ce que Nextcloud ?

Nextcloud est un dérivé d'ownCloud, lancé en 2016 par l'Allemand Frank Karlitschek, lui-même créateur d'ownCloud. D'abord centré sur la gestion de documents, l'écosystème s'est peu à peu étendu pour intégrer tous les modules bureautiques : e-mail, visioconférence, messagerie instantanée, etc.

Dix ans plus tard, Nextcloud est l'un des leaders open source des suites bureautiques, collabore avec d'autres acteurs majeurs européens comme IONOS Cloud ou OpenProject, et s'engage à investir 250 millions d'euros d'ici 2030 dans la souveraineté numérique.

Un beau parcours qui a commencé, comme beaucoup, par un simple commit.

Nextcloud doit donc fournir des alternatives crédibles à des outils comme Google Drive, Microsoft Teams, Google Meet ou SharePoint. Pour cela, il lui faut un écosystème extrêmement complet, doublé d'une expérience d'usage très qualitative, afin de faciliter et d'accélérer l'adoption auprès des publics non techniques, qui constituent en réalité la majorité du public visé.

Pourquoi une application de calendrier ?

Contrairement à Google avec Google Agenda ou à Microsoft avec Outlook et Teams, Nextcloud ne propose pas d'application mobile dédiée à son calendrier.

Vous me direz d'abord : « C'est inutile, il suffit d'utiliser la web app. » Oui, mais non.

Imaginez un commercial en déplacement : il doit consulter son agenda, créer un rendez-vous avec un prospect et envoyer une invitation, parfois avec une connexion réseau très limitée. Dans cette situation, une application mobile, accessible en un clic et capable de fonctionner hors ligne, fait la différence.

Vous me direz ensuite : « C'est inutile, il suffit de connecter son calendrier à une application existante avec un lien CalDAV. » Encore une fois, oui, mais non.

Une application générique peut synchroniser les événements, mais elle ne sait pas créer un lien de visioconférence Nextcloud Talk, ni intégrer les fonctionnalités spécifiques de la plateforme (comme la récupération des contacts par exemple). C’est exactement ce qui fait la force des applications de Google et Microsoft : chaque brique est conçue pour fonctionner avec les autres.

Et c’est ce manque que nous avons voulu combler.

La création d’une première version en quelques semaines

Sur un coup de tête et un peu au hasard, nous avons réalisé un premier prototype.

La technologie multiplateforme React Native a été choisie dans cette optique : aller vite pour tester la faisabilité. Si l'application n'avait jamais été créée auparavant, c'était peut-être qu'il existait un verrou technique que nous n'avions pas identifié.

Nous avons créé une première version fonctionnelle et très basique en quelques jours en nous appuyant sur l'API de Nextcloud, puis nous avons amélioré l'expérience et ajouté quelques fonctionnalités (afficher ou masquer un agenda, créer un nouvel événement, ajouter des participants).

Après des tests rapides en cas réel sur Android et iOS, nous avons créé les fiches App Store et Play Store, puis publié. Trois jours plus tard, les applications étaient disponibles pour le grand public.

Un succès inattendu

L'application a été publiée sur les magasins d'applications (App Store et Play Store) en avril 2026.

Trois semaines plus tard, avec un article Reddit comme seul moyen de communication, l’application avait déjà atteint 3.500 téléchargements.

Une heureuse surprise, mais qui allait demander du travail !

L'application était avant tout destinée aux besoins internes de notre entreprise et n'avait pas été pensée pour une telle adoption.

Il a fallu transformer ce prototype réalisé rapidement en un produit capable de répondre aux besoins de milliers de personnes tout en respectant les standards de l'open source :

  • structurer une vision moyen-terme et créer une feuille de route publique
  • récolter et répondre aux retours des utilisateurs (GitHub, App Store, Play Store)
  • publier un APK à chaque version pour ceux qui n’ont pas accès au Play Store
  • renforcer les performances et l’expérience utilisateur sur tous supports (notamment sur la navigation dans le calendrier et la gestion des données)

Et maintenant ?

Avec environ 15.000 téléchargements à fin juillet 2026, l'application est utilisée au quotidien par des milliers d'utilisateurs et dispose déjà des fonctionnalités principales :

  • Visualisation des agendas personnels et partagés dans différentes vues (jour, semaine, mois, etc.)
  • Édition des événements avec ajout d’un lien de visioconférence, d’un lieu et de participants
  • Notifications configurables pour les rappels avant un événement
  • Traductions en 8 langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, néerlandais et russe
  • Support de plusieurs comptes connectés simultanément (par exemple, pour les ceux utilisant Nextcloud à titre pro et perso)
  • Widgets (iOS et Android) pour visualiser rapidement les événements à venir

Nous avons pu échanger récemment avec les équipes techniques de Nextcloud afin de confronter notre produit à leur expérience de l'écosystème, aux bonnes pratiques et aux attentes des utilisateurs.

Leurs retours nous ont permis de repenser notre feuille de route, qui sera mise à jour en conséquence dans les semaines à venir.

En attendant, pour celles et ceux qui disposent d'une instance Nextcloud et qui souhaitent télécharger l'application :

Et pour les plus motivés qui voudraient contribuer (ou simplement étudier le code source), voici le lien du dépôt GitHub :
https://github.com/SoluceTechnologies/nextcloud-calendar-mobile

N. D. M. : GPLv3

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