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Renault Group : comment expliquer un bénéfice hors Nissan mais une perte nette record en 2025 ?

22 février 2026 à 16:08

Malgré une activité en croissance et un free cash-flow positif, Renault Group affiche une perte nette de 10,9 milliards d’euros en 2025. En cause : l’impact comptable lié à Nissan.
Le constructeur maintient toutefois ses objectifs pour 2026 et vise une amélioration progressive de sa rentabilité à moyen terme.

Une activité en hausse dans un marché difficile

En 2025, Renault Group a vendu 2 336 807 véhicules dans le monde, soit une hausse de 3,2 % dans un marché en progression de 1,6 %. En cela, c’est un bon exercice.

Le chiffre d’affaires atteint 57,9 milliards d’euros, en croissance de 3,0 % (+4,5 % à taux de change constants). Les trois marques du groupe — Renault, Dacia et Alpine — progressent toutes.

Selon le communiqué, en Europe, Renault se positionne comme première marque française dans le monde et deuxième sur le marché VP + VU. Dacia atteint la deuxième place des ventes à particuliers. La Sandero devient le véhicule particulier le plus vendu en Europe tous canaux confondus. Ce n’est pas une première pour Dacia, c’est la confirmation d’un marché automobile à deux vitesses.

À l’international, la marque Renault enregistre une hausse de 11,7 %, notamment en Amérique latine, en Corée du Sud et au Maroc.

Une électrification en forte accélération

Le groupe poursuit son offensive sur les motorisations électrifiées. Attention, on parle de véhicules électrifiés et pas uniquement des 100 % électriques. Ainsi :

  • Ventes de véhicules électriques : +77,3 %
  • Ventes de véhicules hybrides : +35,2 %
  • Mix électrique : 14 % des ventes totales
  • Mix hybride : 30 %

La marque Renault atteint un mix électrique de 20,3 %. La Renault 5 a porté ce segment 100 % électrique.
Chez Dacia, les ventes d’hybrides progressent de 122 %.

Parmi les lancements récents cités figurent notamment la Renault 5 (leader du segment B électrique en Europe), la Renault Symbioz, la Dacia Bigster ou encore l’Alpine A290.

Une marge solide, mais un résultat net plombé par Nissan

La marge opérationnelle du groupe s’établit à 3,6 milliards d’euros, soit 6,3 % du chiffre d’affaires (contre 7,6 % en 2024). Une marge en recul, symptôme d’efforts consentis pour baisser les prix tout en augmentant les dotations des véhicules, a priori.

En revanche, le résultat net part du groupe ressort à -10,9 milliards d’euros. Un chiffre qui fait forcément peur. Cependant, il faut relativiser.

En effet, cette perte s’explique principalement par :

  • Une perte non cash de -9,3 milliards d’euros liée à l’évolution du traitement comptable de la participation dans Nissan
  • Une contribution négative de -2,3 milliards d’euros des entreprises associées

Hors impacts de Nissan, le résultat net s’élève à 715 millions d’euros. Ce n’est pas Byzance, mais c’est positif. Renault continue de payer la réorganisation de l’Alliance et le retraitement de la participation dans le constructeur japonais.

Un free cash-flow élevé et une trésorerie record

Le free cash-flow de l’Automobile atteint 1,5 milliard d’euros en 2025. Il inclut 300 millions d’euros de dividendes versés par Mobilize Financial Services.

La position financière nette de l’Automobile atteint un niveau record de 7,4 milliards d’euros au 31 décembre 2025.

Les stocks totaux s’établissent à 539 000 véhicules, considérés comme équilibrés par le groupe.

Objectifs 2026 : marge attendue à 5,5 %

Pour 2026, Renault Group vise :

  • Une marge opérationnelle d’environ 5,5 % traduisant un marché mondial compliqué
  • Un free cash-flow d’environ 1 milliard d’euros

Le groupe prévoit une croissance du chiffre d’affaires, portée par :

  • L’international
  • Les ventes à partenaires
  • La hausse du mix électrique
  • L’intégration complète de RNAIPL (Inde)

À moyen terme, Renault Group cible :

  • Une marge opérationnelle comprise entre 5 % et 7 %
  • Un free cash-flow moyen d’au moins 1,5 milliard d’euros par an

Une note de crédit relevée

Le 18 décembre 2025, S&P Global Ratings a relevé la note long terme de Renault SA au statut « BBB- » (investment grade), avec perspective stable.

Un dividende de 2,20 euros par action sera soumis à l’assemblée générale du 30 avril 2026.

Notre avis, par leblogauto.com

Le bilan 2025 peut paraître très mauvais à première vue. Mais, si on ôte le poids négatif de Nissan, ce bilan n’est pas si mauvais. Toutefois, il semble demander quelques « ajustements » de la part de la direction et de François Provost. Ces ajustements risquent de « piquer » un peu avec des coupes budgétaires.

Du côté d’Alpine, l’avenir est – pour le moment – toujours 100 % électrique. La prochaine A110 sera un VEB et partagera sa plateforme avec la Renault 5 Turbo 3E. De la puissance, mais hélas du poids. Est-ce que ce sera la bonne équation ? Sans parler de survie de la marque, on ne peut s’empêcher de penser qu’il faudra que les ventes suivent sous peine de prises de décision radicales éventuelles.

Pour Dacia, la transformation d’une marque low cost en « achat malin » semble fonctionner. De quoi se dire qu’il y a de la place pour une déclinaison « entry » ou une nouvelle / ancienne marque pour remplacer les Logan et Sandero à moins de 8 000 € à l’époque.

Glossaire

Marge opérationnelle
Indicateur de rentabilité. Elle correspond au résultat d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires.

Free cash-flow
Flux de trésorerie disponible après investissements. Il mesure la capacité d’une entreprise à générer du cash.

Taux de change constants
Comparaison financière neutralisant l’impact des variations de devises.

Mix produit / mix électrique
Répartition des ventes par type de véhicules (segments, motorisations).

Besoin en fonds de roulement (BFR)
Montant nécessaire pour financer le cycle d’exploitation (stocks, créances, dettes fournisseurs).

Investment grade
Notation financière indiquant qu’une entreprise présente un risque de crédit modéré.

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Rétro – 25 ans : la NASCAR subissait son « 1er mai 1994 » avec la perte de Dale Earnhardt

22 février 2026 à 08:48

Au 173e tour des Daytona 500 2001, un énorme carambolage, un “big one” comme on dit dans le jargon, provoque une neutralisation de la course.  Avant que la course ne redémarre au 180e tour, Dale Earnhardt communique par radio avec son équipe. Le propriétaire de sa voiture, Richard  Childress , rapporta une remarque faite par Earnhardt à ce moment-là : « Richard, si on ne fait rien à ces voitures, ça va finir par tuer quelqu’un. » Quelques tours plus tard, la prédiction se révéla cruellement juste… 

Intimidator

Si la Formule 1 a subi son plus grand traumatisme le 1er mai 1994 à Imola, avec le décès d’Ayrton Senna, précédé de celui de Roland Ratzenberger la veille, la NASCAR a connu un choc équivalent le 18 février 2001. Ce jour-là, l’un des plus grands champions de l’histoire de la discipline, Dale Earnhardt, mourait brutalement dans le dernier tour du Daytona 500. 

Dale Earnhardt, c’était un pilote qui aurait pu être imaginé pour le film “Jours de tonnerre” avec Tom Cruise : un pilote charismatique mais énigmatique, une sorte d’Iceman version yankee, au pilotage agressif, une voiture noire qui faisait trembler ses adversaires quand ils l’apercevaient dans leurs rétros et des surnoms, ceux de « Iron head” et surtout “Intimidator”.  

Ayant perdu son père assez tôt d’une crise cardiaque, Dale Earnhardt, né en plein cœur de la Caroline du Nord, est un bosseur acharné, quelqu’un qui a dû trimer pour arriver au sommet, travaillant à l’usine en parallèle de sa carrière de pilote lors des premières années. C’est sans doute cela qui a forgé ce tempérament si dur. Si une partie du public n’aimait pas ça, d’autres adoraient ce “bad guy” de la piste, et la renommée de la NASCAR lui doit sans doute beaucoup.   

Un drame et une prise de conscience

En 1998, Earnhardt remporte enfin la Daytona 500, après 20 ans de déceptions et de frustrations.  Le 18 février 2001, il est bien placé à l’entame du dernier tour, en 3e position, mais il protège surtout les deux pilotes de son équipe qui le précèdent : Michael Waltrip et son propre fils, Dale Junior.  Dans le dernier virage, Dale Earnhardt perd le contrôle de sa voiture, sa Chevrolet étant déstabilisée de l’arrière par celle de Stirling Marlin. 

La voiture noire glisse vers la gauche mais Earnhardt corrige en contre-braquant, la voiture retrouve son grip et file droit dans le mur, coupant la trajectoire de celle de Ken Schrader. Elle percute le mur presque de face à plus de 250 Km/h. Un choc peu violent et peu spectaculaire via les images du direct, mais aux conséquences dramatiques car Dale Earnhardt est tué sur le coup, d’une fracture basilaire du crâne. 

Ce drame soulève une polémique sur la sécurité du sport automobile, accentuée par l’enquête sur l’accident qui indique que sa ceinture de sécurité a été retrouvée cassée sur le côté gauche, probablement par l’installation modifiée effectuée sur instruction du pilote pour son confort, provoquant le choc fatal de la poitrine et de la tête du pilote sur son volant. Le système HANS devient obligatoire en NASCAR en 2002. 

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Podcast 369: L’essentiel de la semaine 8

22 février 2026 à 06:41

Bonjour à toutes et à tous !
Bienvenue dans votre rendez-vous hebdomadaire avec l’actualité automobile. Cette semaine : géopolitique et importations détournées, retour des modèles abordables, révolution des interfaces, bras de fer industriels et grands plans d’économies. Le monde auto est en pleine recomposition… et on vous décrypte tout ça !

Russie : les voitures passent par la Chine

Sous l’effet des sanctions, la Russie réorganise ses importations automobiles en transitant massivement par la Chine. Les flux commerciaux se redessinent, favorisant les constructeurs chinois. Ce contournement illustre la nouvelle géographie industrielle du secteur. Un bouleversement durable pour le marché russe.

La Chine interdit le volant yoke et met fin au tout tactile

La Chine durcit sa réglementation en interdisant les volants type “yoke” et en limitant le tout tactile. Pékin privilégie des commandes physiques pour des raisons de sécurité. Un signal fort envoyé aux constructeurs adeptes d’intérieurs minimalistes. L’ergonomie redevient un enjeu réglementaire majeur.

USA : retour en force des modèles de base

Aux États-Unis, les versions d’entrée de gamme retrouvent la faveur des consommateurs. Inflation et taux élevés poussent à la rationalité budgétaire. Les constructeurs réintroduisent des finitions plus simples et abordables. Le low-cost redevient stratégique sur le premier marché mondial.

L’État utilise enfin les radars pour traquer les non-assurés… mais seulement dans certains cas

En France, l’État exploite désormais certains radars pour identifier les véhicules non assurés. Le dispositif reste toutefois limité à des situations précises. Objectif : lutter contre un phénomène en hausse. Une évolution technologique au service de la sécurité routière.

Ford dépassé par BYD : un tournant mondial

Le constructeur américain Ford est dépassé en volumes par le géant chinois BYD. Un symbole fort du basculement industriel mondial vers l’Asie. L’électrique redistribue les cartes. La hiérarchie historique du secteur est en pleine mutation.

Bilan Volkswagen Group 2025 : nos entretiens exclusifs avec les dirigeants

Le Volkswagen Group dresse le bilan 2025 dans une série d’entretiens exclusifs. Entre transition électrique, pression concurrentielle et enjeux de rentabilité, les défis sont nombreux. Les dirigeants détaillent leur feuille de route stratégique. Un moment clé pour le premier groupe européen.

De la citadine à la familiale : Nissan propose une gamme électrique complète

Nissan déploie une offre électrique couvrant tous les segments, de la citadine à la familiale. La marque japonaise renforce sa position sur un marché ultra concurrentiel. L’objectif : capter un public élargi en quête d’alternatives thermiques. Une stratégie de couverture totale pour rester dans la course.

Entre recomposition géopolitique, montée en puissance chinoise, retour au pragmatisme budgétaire et grands plans d’économies européens, l’automobile vit une période charnière. Les équilibres historiques vacillent et de nouveaux лидeurs émergent.

C’était La semaine automobile par Leblogauto.com.
Merci de votre écoute, et à très vite pour une nouvelle plongée au cœur de l’actualité automobile ! 

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