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Reçu — 8 avril 2024 L'Économiste Sceptique

Y a-t-il un problème généralisé avec les avions de Boeing ?

En janvier 2024, quelques minutes après son décollage de Portland (Oregon), un Boeing 737-9 de Alaska Airlines a perdu une porte condamnée.

Etats-Unis : un hublot s’envole après le décollage, Alaska Airlines cloue au sol ses Boeing 737-9
Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré le hublot d’un avion soufflé, avec des masques à oxygène pendant du plafond de l’appareil. L’incident est survenu vendredi soir.
Franceinfofranceinfo avec AFP
Figure 1 - Localisation de l'état de l'Oregon aux États-Unis.

Depuis, les médias relatent un nombre inquiétant d'incidents impliquant des avions de Boeing.

Pour autant, y a-t-il un problème généralisé avec les avions de Boeing ?

Dans une récente vidéo, Xavier Tytelman explique que l'importante couverture médiatique des incidents impliquant des avions de Boeing est en réalité trompeuse.

Certains incidents sont dûs à une maintenance défaillante, qui n'est pas le fait de Boeing. D'autres sont dûs à des problèmes sur les moteurs, qui ne sont pas construits par Boeing. Enfin, des incidents identiques à ceux connus par des avions de Boeing, mais impliquant des avions de Airbus, ne font l'objet d'aucune couverture médiatique particulière.

De mon point de vue, cette série d'incidents ressemble à un biais de confirmation : un certain nombre de médias cherchent les incidents impliquant des avions de Boeing. Et forcément, ils en trouvent. Compte tenu du nombre important d'avions en circulation, et du nombre important de vols chaque jour, même si le taux d'incident est quasiment de 0 %, il y aura forcément quelques incidents chaque semaine.

Boeing a semble-t-il un authentique problème de contrôle-qualité de ses chaînes de production. Des questions se posent également sur l'inefficacité de la régulation américaine : faute de moyens, les autorités de régulation ont en effet délégué des pans entiers de la régulation de Boeing à… Boeing. Ce qui peut créer un (évident) problème dans l'implémentation et le suivi des régulations par Boeing.

Ces problèmes sont sérieux, et doivent être traités comme tel. Pour autant, couvrir le moindre incident, y compris lorsque Boeing n'y est pour rien, contribue à propager une lecture trompeuse de la situation, et alimente les peurs des passagers des compagnies aériennes.

N'oublions pas que l'aérien, comme le ferroviaire, sont des modes de transport largement plus sûrs que la voiture.

Figure 2 - Risque des modes de transport dans l'Union Européenne.
Reçu — 6 avril 2024 L'Économiste Sceptique

⭐️ Point #2 - Semaine du 1 avril 2024

⭐️ Point #2 - Semaine du 1 avril 2024

Chère abonnée, cher abonné,

Voici ce que j'ai publié au cours de la semaine sur ma newsletter.

J'ai notamment publié la première partie d'une enquête sur une loi conspirationniste votée par le Sénat du Tennessee visant à interdire les chemtrails.

Par ailleurs, vos retours sur le premier numéro du Point ont été excellents. Merci ! Je continue à expérimenter avec le format, ainsi qu'avec la revue de presse.

Je vous souhaite un excellent week-end, et une bonne lecture.

Olivier

Reçu — 4 avril 2024 L'Économiste Sceptique

Attention aux prélèvements sauvages de la SFAM

Vous, ou l'un de vos proches, avez peut-être été récemment prélevé de plusieurs dizaines d'euros par une énigmatique "Société française d'assurance multirisques", ou SFAM.

L'entreprise existe bel et bien, et est connue pour prélever, sans autorisation, d'anciens clients pour des services d'assurance qui n'existent pas. Elle a une importante ardoise à régler auprès de l'Urssaf, et apparement, ses dirigeants se sont dit que prélever sans autorisation les comptes d'anciens clients était une stratégie viable pour rétablir les finances de l'entreprise.

D'après 60 Millions de Consommateurs, voici comment faire si vous êtes victime des pratiques scélérates de cette entreprise :

Vous êtes un ancien client de la Sfam ? Consultez sans tarder vos derniers relevés bancaires. Si vous constatez un prélèvement indu, faites opposition au paiement auprès de votre banque. Bloquez-le avec le numéro de mandat, inscrit à côté du libellé qui figure sur votre relevé. Cela empêchera l’entreprise de vous débiter.

N’hésitez pas non plus à signaler l’entreprise et ses autres marques commerciales (Foriou, Hubside, Celside, Serena, Info Presse) auprès de la Répression des fraudes, sur le site SignalConso. Le plus important est de rester vigilant et de régulièrement regarder ses comptes pour stopper ces prélèvements dès qu’ils surviennent.
Les prélèvements sauvages de la Sfam reprennent de plus belle | 60 Millions de Consommateurs
La filiale d’Indexia prélève des sommes – parfois élevées – sur les comptes d’anciens clients qui ont résilié leur assurance. Sans leur autorisation.
Institut National de la Consommation60 Millions de Consommateurs
Reçu — 3 avril 2024 L'Économiste Sceptique

Air Canada obligée de rembourser un client après une hallucination de l'IA de son service client

En février 2024, une cour canadienne a obligé Air Canada à partiellement rembourser le billet d'avion acheté par l'un de ses clients. Le client avait demandé au bot du support client les conditions dans lesquelles Air Canada rembourse les billets d'avion achetés en urgence lorsqu'un proche décède. Or, le bot a répondu en hallucinant une politique de remboursement qui n'existe pas.

Air Canada a proposé un bon d'achat de 200 dollars canadiens à son client, qui l'a refusé et a porté l'affaire devant un tribunal. Air Canada a combattu la plainte, en argumentant que le client aurait dû se référer aux pages expliquant la politique de remboursement plutôt qu'aux propos du bot. Le juge n'a manifestement pas été réceptif à l'argument, considérant que les propos du bot ont la même valeur juridique que les pages rédigées par des humains.

Suite à ce jugement, Air Canada a semble-t-il rapidement arrêté son bot, dont la mise en place a pourtant été coûteuse. Le bot avait pour objectifs de diminuer les coûts du service client et d'améliorer la qualité du service rendu.

Air Canada must honor refund policy invented by airline’s chatbot
Air Canada appears to have quietly killed its costly chatbot support.
Ars TechnicaAshley Belanger

De mon point de vue, ce qui est intéressant dans cette anecdote est la confiance déraisonnable qu'Air Canada a accordé à son bot. Il est documenté, y compris dans la littérature scientifique, que les IA basées sur des large language models comme ChatGPT sont susceptibles d'hallucinations. Elles ont tendance à inventer des informations qui n'existent pas. Or, Air Canada a semble-t-il fait comme si cette limite, pourtant documentée, n'existait pas, ou était suffisamment mineure pour ne pas poser de problème.

Sur Threads, Gergely Orosz évoque une anecdote similaire dans ces deux posts.

I enjoy hearing companies use GenAI / LLMs as experiments (that can fail!) to improve developer productivity.

Lately, I'm hearing more stories of even large companies where leadership is treating it as a (desperate) solution that must succeed in increasing productivity.

Like there's ~$10B company, losing money big time, where they are pushing devs to dump what they know into the wiki; and hope their internal LLM can scoop it up and e.g. launch new features in new regions, autonomously, and without the need to have a dev involved.

Ugh.

En français :

J'aime bien entendre les entreprises utiliser les IA génératives / les LLM comme des expérimentations (qui peuvent échouer !) pour améliorer la productivité des développeurs.

Dernièrement, j'entends de plus en plus d'histoires de grandes entreprises dont les dirigeants traitent les IA génératives comme une solution (désespérée) qui doit réussir à tout prix à améliorer la productivité.

Par exemple, il y a une entreprise de 10 milliards de dollars qui perd beaucoup d'argent et qui pousse les développeurs à déverser tout ce qu'ils savent dans le wiki, en espérant que leur LLM interne puisse récupérer ces informations et, par exemple, lancer de nouvelles fonctionnalités dans de nouvelles régions [du monde], de manière autonome et sans avoir besoin d'impliquer un développeur.

Ugh.

Quiconque ayant déjà demandé à une IA générative de générer du code informatique sait que le code généré doit être revu méticuleusement. Souvent, c'est du code qui ressemble à du code qui tourne, mais qui ne tourne pas. Ou c'est du code qui tourne, mais qui ne fait pas ce qu'il est censé faire.

Comme pour Air Canada et son bot de service client, croire qu'une technologie aussi sujette à halluciner puisse servir à développer de nouvelles fonctionnalités sans intervention humaine relève de la pensée désidérative. Les IA génératives seront peut-être capables d'écrire du code fiable à 100 %, ou de ne pas halluciner des politiques de remboursement qui n'existent pas. Mais dans sa forme actuelle, la technologie n'en est pas capable.

Comme je l'écrivais l'été dernier, les IA génératives méritent mieux que des paniques morales.

#136 - Les IA génératives méritent mieux que des paniques morales
Ou pourquoi il est important de correctement poser le débat public sur les IA génératives
Olivier Simard-CasanovaOlivier Simard-Casanova

Mais elles ne méritent pas non plus d'être traitées comme des solutions miracles, en oubliant leurs limites pourtant largement documentées. Le risque est alors de commettre des erreurs parfois coûteuses, pourtant faciles à éviter. Je présume qu'Air Canada ne sera pas la seule organisation à prendre ce genre de décision.

Reçu — 30 mars 2024 L'Économiste Sceptique

⭐️ Point #1 - Semaine du 25 mars 2024

⭐️ Point #1 - Semaine du 25 mars 2024

Chère abonnée, cher abonné,

Je suis très heureux de partager avec vous le premier numéro du Point.

Le Point est un nouveau format que j'ai prévu de publier chaque samedi, normalement à 10 h (heure de Paris). Chaque numéro liste ce que j'ai publié au cours de la semaine dans la newsletter. J'expérimentale également une revue de presse ainsi qu'une section musicale.

Compte tenu du volume important d'articles et de Notes que je publie, l'un des objectifs du Point est de vous permettre de recevoir un email récapitulatif par semaine, plutôt qu'un email pour chaque article ou chaque Note. Vous êtes un certain nombre à m'avoir demandé cette option, la voici désormais disponible.

Vous pouvez paramétrer les emails que vous recevez dans votre compte.

Si vous avez connu les numéros du Fil que je publiais sur L'Économiste Sceptique, la revue de presse du Point s'en rapproche. La différence est que la revue de presse du Point couvre davantage de thématiques, est mieux organisée, et ne porte pas sur la littérature scientifique. J'ai prévu de partager la littérature scientifique dans des Notes ainsi que dans des articles.

Enfin, la section musicale me permet de partager sans prétention la musique que j'écoute en ce moment.

En fonction de vos retours et de la simplicité à maintenir la revue de presse et la section musicale, il est possible que ces deux sections du Point évoluent — voire disparaissent si l'expérimentation n'est pas concluante. Par contre, le récapitulatif hebdomadaire est un format pérenne, qui n'est pas expérimental.

L'accès au Point nécessite un abonnement à l'une des formules payantes de ma newsletter.

Bonne lecture !

Olivier

Reçu — 27 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Daniel Kahneman est décédé

J'apprends sur Bluesky que le psychologue et économiste américano-israélien Daniel Kahneman est décédé à l'âge de 90 ans.

Au cours de sa longue carrière scientifique, Daniel Kahneman a contribué à montrer que les mécanismes psychologiques influencent substantiellement les décisions humaines, dont les biais cognitifs. Psychologue de formation, ses travaux ont participé à fonder l'économie comportementale, une branche de la science économique à la frontière avec la psychologie.

Il a reçu le Prix Nobel en 2002.

Mes condoléances à sa famille ainsi qu'à ses proches.

Best-selling psychologist of Thinking, Fast and Slow, dies at 90
One of the founders of behavioral economics, who incorporated human quirks into the study of how people make economic decisions, has died. Daniel Kahneman was 90.
NPRScott Horsley

Via Paul Hünermund sur Bluesky

Reçu — 25 mars 2024 L'Économiste Sceptique

La plainte de X contre une association luttant contre la haine en ligne classée sans suite

En juillet 2023, le Center for Countering Digital Hate (CCDH), une association luttant contre la haine en ligne, a publié une série de rapports prétendant que X, anciennement Twitter, ne modère pas, ou très peu, certains discours de haine. En réponse, Elon Musk a annoncé que X allait porter plainte contre le CCDH, au prétexte que les rapports seraient fallacieux et destinés à nuire à X en faisant fuir les annonceurs.

Je me permets de noter que le comportement dérangé de Elon Musk, le fait qu'il propage constamment des théories conspirationnistes et des idées d'extrême-droite, et le délabrement de la plateforme depuis qu'il a racheté Twitter en octobre 2022, sont des explications sans doute convaincantes à la fuite des annonceurs. Mais là n'est pas le sujet.

#126 - Elon Musk est en train de détruire Twitter
Voici un résumé de ce qui est arrivé à Twitter depuis son rachat par Musk en octobre 2022. Accrochez-vous, c’est édifiant.
Olivier Simard-CasanovaOlivier Simard-Casanova

Le juge fédéral Charles R. Brayer a rendu son jugement aujourd'hui : la plainte de X est classée sans suite (via Best of Dying Twitter sur Threads). En parcourant la décision du juge, la décision n'a semble-t-il pas été difficile à prendre…

Judge tosses Elon Musk’s X lawsuit against anti-hate group
A judge dismissed all of X’s claims.
The Verge

Pour le juge, il ne fait aucun doute que l'objectif de la plainte de X n'était pas de tenter de faire réparer un dommage que le CCDH aurait causé à X, mais de faire taire le CCDH — et potentiellement, les autres groupes ou individus susceptibles de critiquer la plateforme. Pour le juge, l'objectif de la plainte était de nuire à la liberté d'expression du CCDH. On notera l'ironie de la situation : alors que Elon Musk se présente comme un défenseur de la "liberté d'expression", un juge classe sans suite la plainte de son entreprise parce que l'objectif de la plainte est de… limiter la liberté d'expression d'un tiers.

D'un point de vue juridique, les procédures destinées à faire taire les critiques par l'intimidation, ou en forçant leurs auteurs à des dépenses d'avocat considérables, s'appellent des procédures bâillons (SLAPP en anglais). Or, la Californie a des lois qui protègent la liberté d'expression contre les procédures bâillons. Si j'ai bien compris la décision du juge, c'est au titre de l'une de ces lois qu'il a classé sans suite la plainte de X.

Pour finir, je vous propose la pépite avec laquelle le juge introduit sa décision :

Sometimes it is unclear what is driving a litigation, and only by reading between the lines of a complaint can one attempt to surmise a plaintiff’s true purpose. Other times, a complaint is so unabashedly and vociferously about one thing that there can be no mistaking that purpose. This case represents the latter circumstance. This case is about punishing the Defendants for their speech.

En français :

Parfois, il n’est pas clair ce qui motive une procédure, et ce n’est qu’en lisant entre les lignes d’une plainte que l’on peut essayer de deviner le véritable objectif d’un plaignant. D’autres fois, une plainte est si éhonteusement et si bruyament centrée sur un seul élément qu’il ne peut y avoir aucun doute sur son objectif. Cette affaire représente la dernière situation. Cette affaire vise à punir le défendeur [le CCDH] pour ses propos.

Si le détail de la décision vous intéresse, vous trouverez le fichier PDF ci-dessous. Notez cependant qu'il s'agit d'un long document, qu'il est technique, et qu'il nécessite des compétences pointues en droit américain pour être correctement compris.

Reçu — 24 mars 2024 L'Économiste Sceptique

La rhétorique de Donald Trump sur l'émeute du 6 Janvier se radicalise

D'après des données compilées par le Washington Post, Donald Trump utilise des propos de plus en plus radicaux dans ses discours pour décrire les émeutiers qui ont attaqué le Capitole le 6 janvier 2021.

Après les avoir qualifiés de "prisonniers politiques", ce qu'ils ne sont pas, Donald Trump appelle désormais les émeutiers des "otages", ce qu'ils ne sont pas non plus.

Figure 1 - Nombre de discours dans lesquels Donald Trump appelle au moins une fois les émeutiers du 6 Janvier des "otages". Source : Washington Post.

En plus de ces qualifications fallacieuses, Donald Trump promet également une amnistie des émeutiers.

www.washingtonpost.com via Michael Clemens sur Bluesky

En plus de l'évident problème moral que pose la rhétorique de Donald Trump, la radicalisation de son discours est sans doute une mauvaise stratégie politique. J'ai vu passer au moins deux sondages récents qui montrent qu'une large majorité des américains condamnent l'émeute, ce qu'illustre la Figure 2.

Figure 2 - 22 % des sondés "approuvent" les actions de ceux qui sont entrés de force dans le Capitole le 6 janvier 2021, 78 % "désapprouvent". Source : CBS News et YouGov.

Pire, la Figure 3 montre que la majorité des sympathisants républicains désapprouvent l'émeute. Y compris les sympathisants MAGA ("Make America Great Again"), qui sont pourtant les sympathisants républicains les plus alignés sur Donald Trump.

Figure 3 - 43 % des sympathisants républicains MAGA ("Make America Great Again") "approuvent" les actions de ceux qui sont entrés de force dans le Capitole le 6 janvier 2021, contre 22 % des sympathisants républicains non-MAGA. Source : CBS News et YouGov.

Un second sondage, que je n'arrive pas à retrouver, montrait que seulement un tiers des sympathisants républicains avaient une vision positive des émeutiers (il me semble que la question posée était "diriez-vous que les personnes ayant participé au 6 Janvier sont des patriotes ?").

Les émeutiers du Capitole sont particulièrement impopulaires dans l'électorat américain. Les défendre comme le fait Donald Trump va à l'encontre de l'opinion publique, ce qui pourrait coûter cher dans les urnes. Le Parti républicain continue par exemple de payer très cher la suppression de la protection fédérale de l'avortement par la Cour Suprême dont il est à l'origine.

Les propos de Donald Trump sont d'autant moins une bonne stratégie politique que les démocrates ont tout intérêt à utiliser sa rhétorique contre lui dans leur communication. Et compte tenu de l'impopularité des émeutiers dans l'opinion publique américaine, on peut se dire que la stratégie sera probablement efficace.

Reçu — 23 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Avez-vous déjà vu le Taj Mahal depuis l'espace ?

Sur Bluesky, le CNES a partagé une spectaculaire photographie du Taj Mahal, prise depuis l'espace par l'un des deux satellites Pléiades.

Le Taj Mahal en Inde, observé par un satellite Pléiades à près de 700 km d'altitude ! Ce mausolée de marbre blanc est considéré comme un joyau de l'architecture moghole. La longue bande noire située au nord du bâtiment est un méandre de la rivière Yamuna.

En un an et demi, le nombre d'utilisateurs de X a diminué d'environ 25 %

Sensor Tower a récemment publié des données sur le nombre d'utilisateurs quotidiens actifs de l'application mobile de X, anciennement Twitter. Les données montrent qu'aux États-Unis, le nombre d'utilisateurs quotidiens actifs de l'application mobile a diminué d'un peu moins de 25 % depuis que la plateforme a été rachetée par Elon Musk.

Figure 1

Au niveau mondial, les données de Sensor Tower montrent une baisse du nombre d'utilisateurs quotidiens actifs de X de 15 %.

La Figure 1 montre une tendance générale à la baisse : les applications mobiles de TikTok et Instagram voient également le nombre d'utilisateurs quotidiens actifs diminuer. Pour autant, X est la plateforme qui connaît, et de loin, la baisse la plus importante. La baisse s'est accélérée à l'été 2023, lorsque Elon Musk a renommé Twitter en X.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une variable directement comparable à celle mesurée par Sensor Tower, X prétend avoir 250 millions d'utilisateurs quotidiens actifs. Si la donnée est vraie, elle montre une stagnation depuis que Elon Musk a racheté la plateforme : Twitter rapportait à l'époque avoir 258 utilisateurs quotidiens actifs monétisables (qui est encore une variable différente).

Fewer people are using Elon Musk’s X as the platform struggles to attract and keep users, according to analysts
X usage has declined as downloads of Threads have surged in recent weeks.
NBC NewsDavid Ingram

Via Parker Molloy sur Threads et Mathieu E. Rebeaud sur Bluesky

À ma connaissance, les seules données qui ne montrent pas une diminution substantielle du nombre d'utilisateurs de X sont celles de X, de Elon Musk et de Linda Yaccarino.

Sans dire qu'elles sont nécessairement fausses, de mon point de vue, les données publiées par X ne sont pas crédibles. Dans la mesure où l'entreprise n'est plus cotée en bourse, elle ne prend aucun risque juridique à publier des données manipulées, voire fausses. Les données publiées par X vont à rebours de toutes les autres. Elon Musk comme Linda Yaccarino sont réputés pour tordre la réalité pour la faire correspondre à ce qu'ils aimeraient qu'elle soit. Enfin, les anecdotes montrant que des communautés entières ont quitté la plateforme s'accumulent.

Pour ma part, le nombre d'abonnés à mon compte Twitter francophone @EcoSceptique a commencé à diminuer depuis octobre 2022. Depuis 2016, je n'ai jamais connu un tel phénomène.

Figure 2 - Nombre de personnes abonnées à mon compte X francophone @EcoSceptique entre le 24 mars 2023 et le 24 mars 2024.

Pour finir, je serais curieux d'avoir d'autres données sur l'activité sur la plateforme que celles mesurant les utilisateurs actifs.

Par exemple, sur Mastodon, le nombre d'utilisateurs mensuels actifs diminue (Figure 3a), ce qui pourrait laisser penser que la plateforme devient une sorte de ville fantôme. Or, le nombre de publications se maintient à un niveau élevé (Figure 3b), ce qui fait augmenter le nombre moyen de publications par utilisateur mensuel actif et contredit l'hypothèse de la ville fantôme.

Figure 3 - Nombre d'utilisateurs mensuels actifs (a) et nombre de publications mensuelles sur Mastodon (b). Source : fedidb.org.

En admettant que les données sur le nombre d'utilisateurs publiées par X, Elon Musk et Linda Yaccarino soient vraies, que disent les autres données d'activité comme le nombre de publications quotidiennes ou mensuelles ? Si j'avais à parier, je suppose que ces dernières montrent, elles aussi, une réduction de l'activité sur X.

Reçu — 19 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Une sécheresse perturbe le transit du canal du Panama

Comme le montre la Figure 1, le lac Gatun est un composant essentiel du canal du Panama.

Figure 1

Or, comme le montre la Figure 2, le niveau de l'eau dans le lac Gatun connaît un niveau historiquement bas.

Figure 2. Source : @piie sur Bluesky.

En réalité, il s'agit du niveau le plus bas mesuré depuis 1965. En cause, une importante sécheresse en Amazonie, que la déforestation contribue à faire empirer.

Le niveau d'eau bas a contraint la Panama Canal Authority à réduire le transit quotidien de 36 bateaux à 24, ainsi que le tirant d'eau maximum (le tirant d'eau est la "profondeur" avec laquelle la coque d'un bateau peut s'enfoncer dans l'eau).

La réduction du transit a un impact négatif sur de nombreux secteurs, tels que l'énergie, les porte-conteneurs ou le transport du grain.

Because of historically low water levels at Gatun Lake, the Panama Canal Authority has reduced daily traffic from 36 to 24 vessels & limited allowable draft size, affecting energy product carriers, container vessels, & ships transporting grain from the US.

@piie sur Bluesky

Ce type de perturbation va devenir de plus en plus fréquente à mesure que les effets du réchauffement climatique vont se manifester. Le Canal du Panama, comme de nombreuses autres infrastructures, a été conçu pour un climat différent de celui qui est en train de s'installer.

Reçu — 12 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Le débunking : pour ou contre ?

Dans une intéressante vidéo publiée sur Nota Bonus le 20 mai 2023, vidéo que j’ai récemment découverte, Benjamin Brillaud offre une réflexion intéressante sur le débunking.

Faut-il débunker ? Si oui, qui ? Et comment ? Quels sont les avantages et les inconvénients du débunking ? Peut-on utiliser d’autres méthodes pour lutter contre la désinformation et la mésinformation ?

Pour ma part, je n’ai jamais été un grand producteur de débunking. Ça m’est arrivé d’en écrire, et j’ai quelques brouillons de débunking en économie de l’environnement dans des états variés d’avancement. Pour autant, c’est un exercice qui ne m’attire plus. Il est peu probable que je publie un jour ces brouillons.

Du point de vue des finances de la newsletter, publier des débunkings est sans doute une meilleure stratégie que de ne pas en publier. Comme le dit Benjamin dans la vidéo, le débunking a une apparence de confrontation qui attire. Mais ça n’est pas une « ambiance » que je veux favoriser sur la newsletter.

À la place, je préfère adopter l’approche pédagogique dont Benjamin parle également, même si elle fait moins de vues : transmettre des savoirs, issus de sources de qualité, sur des thèmes où la désinformation et la mésinformation prolifèrent, le tout dans une ambiance calme et apaisée.

Pour autant, je ne nie pas l'intérêt du débunking. Je dis encore moins qu’il ne faut pas en faire. Le débunking est utile. Je partage l’opinion de Benjamin lorsqu'il explique qu’opposer débunking et pédagogie n’a guère de sens. Les deux approches ont leur intérêt, et se complètent.

À l’avenir, j’aimerais explorer davantage la littérature scientifique qui étudie l’efficacité du débunking. J’avais déjà publié un premier article de vulgarisation à ce sujet, à partir d’un working paper de science économique. Je souhaite continuer.

💎 #111 - Des preuves de l’efficacité du débunking
Et aussi : la réforme du marché carbone européen, les dérives des influenceurs financiers et des questions sur les capacités industrielles occidentales dans la guerre en Ukraine
Olivier Simard-CasanovaOlivier Simard-Casanova

Au-delà des analyses de praticiennes et praticiens de la médiation scientifique et du débunking, analyses qui sont bien sûr utiles, il me semble important d’avoir des réponses plus systématiques. Des réponses que seule la méthode scientifique permet d’obtenir.

J’ai d’ores et déjà mis de côté un certain nombre de références scientifiques. Attendez-vous à ce que je publie de prochains articles sur le sujet. Si ça n’est pas déjà fait, ne les manquez pas en vous abonnant à ma newsletter.

Reçu — 8 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Le budget de la défense à l’heure où l’Europe se réarme - Podcast #4

Le budget de la défense à l’heure où l’Europe se réarme - Podcast #4

À quoi sert la défense ? Combien coûte l’armée chaque année ? Est-ce que les budgets militaires européens sont réellement en augmentation ? À quels autres services publics faut-il renoncer pour financer le réarmement ?

Alors que la Russie a illégalement envahi l’Ukraine, ces questions, et d’autres, sont devenues des questions d’actualité. En plus de fournir un soutien militaire à l’Ukraine, l’hostilité de la Russie oblige les pays européens à se réarmer, afin de renforcer leur dissuasion.

Découvrez comment un chercheur en science économique répond à ces questions dans cet entretien.

Pour s'abonner à la newsletter de la Chaire Économie de défense :

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Reçu — 6 mars 2024 L'Économiste Sceptique

L’importante croissance du vélo à Londres

J’ai trouvé cet intéressant graphique dans un récent article de Laura Laker sur Bloomberg :

Figure 1 – Nombre de déplacements quotidiens en voiture individuelle (à gauche) et à vélo (à droite) à Londres. Données : Transport for London. Graphique : Bloomberg.

La Figure 1 montre que depuis les années 2000, le nombre de déplacements quotidiens à vélo à Londres a été multipliée par 4. D’environ 300.000 déplacements en 2000, il y a désormais entre 1.1 et 1.3 million de déplacements quotidiens à vélo selon les années.

Sur la même période, les déplacements quotidiens en voiture individuelle se sont lentement érodés, passant de 10.9 millions de déplacements à 9.2 millions de déplacements.

Bien sûr, il ne s’agit de données que pour une ville. Ces données illustrent cependant bien la tendance de fond de transformation des modes de transport urbains.

www.bloomberg.com

Reçu — 1 mars 2024 L'Économiste Sceptique

Retrouvez-moi chaque semaine sur France Bleu Sud Lorraine

Retrouvez-moi chaque semaine sur France Bleu Sud Lorraine

Chère lectrice, cher lecteur,

C'est avec grand plaisir que je vous annonce que depuis le mercredi 7 février 2024, je tiens une courte chronique hebdomadaire de médiation scientifique sur France Bleu Sud Lorraine. J'y aborde des travaux scientifiques qui permettent d'éclairer les sujets d'actualité et les thématiques lorrains.

Je partagerai régulièrement les chroniques sur mon site. Même si vous ne vivez pas en Lorraine, je pense qu’elles peuvent vous intéresser.

Participer à un média est une expérience nouvelle pour moi, que je prends avec curiosité et intérêt. En tant que nancéien et lorrain, c'est par ailleurs un réel plaisir que de participer à un grand média local comme France Bleu Sud Lorraine — qui plus est, un média du service public.

Je précise que je ne suis pas rémunéré pour ces chroniques.

J'en profite pour remercier Olivier Damette, Julien Lhuillier ainsi que toute l'équipe de France Bleu Sud Lorraine pour son chaleureux accueil.

Olivier

Reçu — 26 février 2024 L'Économiste Sceptique

Un Café sur l'économie de la défense

26 février 2024 à 14:53

Combien coûte la défense nationale chaque année ? Qu’est-ce qu’implique l’augmentation du budget de l’armée pour les autres dépenses publiques, comme l’éducation, la justice, la santé ou encore l’environnement ? Comment l'invasion de l'Ukraine par la Russie modifie-t-elle la trajectoire du budget de la défense, en France mais aussi en Europe ?

Avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ces questions, et d’autres, sont devenues des questions d’actualité. En plus de fournir un soutien militaire à l’Ukraine, l’hostilité de la Russie oblige les pays européens à se doter de forces armées robustes, afin de renforcer leur dissuasion.

Je vais enregistrer dans les prochains jours un Café portant sur l'économie de la défense, où nous aborderons ces questions — et d’autres. Mon invité sera Julien Malizard, chercheur en économie de la défense, titulaire-adjoint de la Chaire Économie de défense à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN).

Accueil - Chaire Économie de défense - IHEDN
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Chaire Économie de défense - IHEDNBertrand Demandre

Si vous avez des questions sur l’économie de la défense que vous aimeriez que je pose à mon invité, n’hésitez pas à m’en faire part — par exemple, en publiant un commentaire sous cette Note.

Pour rappel, les Cafés sont un format où pendant environ une heure, j’échange avec une personne experte sur l’un des thèmes que je couvre dans ma newsletter. Auparavant, les Cafés étaient enregistrés en public. Pour des raisons logistiques, j’ai récemment annoncé qu’ils seront désormais diffusés en différé.

L'émission sera diffusée plus tard dans l’année sur mon site. Pour ne pas la manquer, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.

Reçu — 24 février 2024 L'Économiste Sceptique

Quiz #1 - À la découverte de la macroéconomie

🖋️
Mise à jour le 2 mars 2024 à 15 h 25 : à la suite de vos retours (encore merci !), j'ai substantiellement réécrit le quiz.

Date de publication initiale : le 24 février 2024 à 14 h.
Quiz #1 - À la découverte de la macroéconomie

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Reçu — 22 février 2024 L'Économiste Sceptique

Je suis de retour

22 février 2024 à 15:30
Je suis de retour

Chère lectrice, cher lecteur,

En novembre 2023, j'ai publié un article afin de vous rassurer : non, je n'ai pas abandonné L'Économiste Sceptique. Entre la déliquescence de Twitter et d'importants problèmes de santé qui m'ont occupé de l'été 2022 à la fin de 2023, 2023 a été une année difficile pour mon activité de médiation scientifique.

Ai-je abandonné L’Économiste Sceptique ?
Après une année pleine de turbulences, il est temps de faire le point
Je suis de retourOlivier Simard-CasanovaOlivier Simard-Casanova
Je suis de retour

Pour autant, ces péripéties sont derrière moi. En coulisses, le travail a continué. Il a été considérable. Le gros du chantier est désormais terminé. Ce qui me permet de vous annoncer que je reprends le rythme normal de publication de mon contenu de médiation scientifique. Avec trois importants changements.

Par ailleurs, j'ai conscience qu'au cours des derniers mois, ma communication n'a pas été idéale. Je vous propose de faire le point.

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En bref

• Je reprends la publication de mon contenu de médiation scientifique sur la science économique, l'esprit critique, l'environnement et les États-Unis à un rythme normal.
• Même chose pour mon contenu sur la création de contenu sur Internet.

• Annonce #1 : j'ai fusionné mes différentes newsletters et sites sur un site unique, olivier.simardcasanova.net. Vos abonnements ont été migré, ainsi que mon contenu.
• Annonce #2 : je mets à la retraite le nom de mes différentes newsletters, y compris celui de "L'Économiste Sceptique", pour écrire directement sous mon nom. Le retrait des différents noms est sans conséquence sur mon contenu.
• Annonce #3 : ma ligne éditoriale évolue. Moins d'analyses personnelles, davantage de littérature scientifique, et davantage de graphiques.

• Si vous aviez un abonnement à l'une de mes newsletters, choisissez quels articles recevoir dans votre compte.

Qui suis-je ?

Après la (longue) semi-absence qui s'achève aujourd'hui, c'est sans doute utile de refaire les présentations. Il est également possible que vous m'ayez découvert sur Threads, Bluesky ou Mastodon. C'est l'occasion d'en savoir plus sur qui je suis.

Je m'appelle Olivier Simard-Casanova, je suis économiste (depuis 2012), statisticien (depuis 2014) et médiateur scientifique (depuis 2015). J'ai une expérience dans le milieu de la recherche et de l'enseignement supérieur, et depuis 2019, je suis indépendant.

Je suis de retour

Au cours des dernières années, j'ai été le créateur et l'auteur de plusieurs newsletters :

  • L'Économiste Sceptique, sur la science économique, le scepticisme scientifique et l'économie de l'environnement
  • L'Heure Américaine, sur la société et la politique des États-Unis
  • Cities 2100, sur les mobilités urbaines en Amérique du Nord
  • IndieNotes, sur la création de contenu indépendante en ligne

Pour en savoir plus sur moi, n'hésitez pas à consulter la page À propos.

Ma communication

Avant d'aborder les newsletters, j'aimerais faire un point sur mon manque de communication.

Comme je l'expliquais dans mon article de novembre, j'ai pris de plein fouet la destruction de Twitter par Elon Musk. Twitter jouait un rôle central dans mon activité d'indépendant. Sa destruction a eu un impact négatif considérable sur mon travail. Et en particulier, sur mon travail de médiation scientifique.

Concernant ma capacité à communiquer, c'est comme si Elon Musk m'avait pris de force le mégaphone des mains en exigeant que je lui donne de l'argent pour le récupérer. Ça n'est rien de moins que de l'extorsion, extorsion que je ne peux pas accepter.

Or, ça n'a pas été possible de vous dire "je quitte Twitter, retrouvez-moi sur la plateforme Y".

D'une part, je n'ai pas toujours eu des expériences heureuses sur les plateformes alternatives à Twitter, qui ont par ailleurs mis du temps à émerger et à atteindre une masse critique d'utilisateurs.

D'autre part, ni Mastodon, ni Threads, ni Bluesky ne sont des clones de Twitter. Après tout, Twitter était un lieu toxique bien avant son rachat par Elon Musk. Je comprends que les plateformes alternatives tentent d'emprunter un chemin différent. Mais ce chemin différent suppose de comprendre comment ces nouvelles plateformes fonctionnent, et de s'y adapter. Ce qui prend forcément du temps.

Je me suis donc retrouvé dépourvu et orphelin, ne sachant plus trop ni où, ni comment, m'exprimer. Quand s'ajoutent à la destruction de Twitter mes problèmes de santé, devoir gérer ce qui ont été les deux pires crises de ma vie en même temps n'a pas été simple. Sans mes problèmes de santé, j'aurais probablement pu trouver un nouvel équilibre plus rapidement, et me remettre à communiquer efficacement plus rapidement.

Et puis, petit à petit, je me suis souvenu que j'avais déjà un espace où je peux m'exprimer librement : mes newsletters.

Annonce #1 : les newsletters

L'un des avantages des périodes difficiles est qu'elles permettent de s'interroger en profondeur, et d'introduire des changements parfois importants.

La destruction de Twitter m'a obligé à refondre des pans entiers de ma manière de travailler, Elon Musk ayant détruit la plupart de mes outils. Mes problèmes de santé m'ont par ailleurs donné une nouvelle vision de moi-même, encore plus saine et encore plus robuste que la précédente. Je me suis dit que j'avais une occasion idéale, et sans doute unique, pour repenser en profondeur mon activité de médiation scientifique.

Jusqu'ici, je publiais, ou de manière plus objective, j'ai essayé de publier, plusieurs newsletters thématiques distinctes, chacune avec un site Internet et une identité différente : L'Économiste Sceptique, L'Heure Américaine et IndieNotes . Pour moi, c'était lourd à gérer. Pour vous, c'était confus et dispersé. Afin de simplifier aussi bien ma vie que la vôtre, j'ai fusionné mes newsletters en un site unique.

Concrètement, mon contenu précédemment publié sur mes différentes newsletters est désormais hébergé sur mon nouveau site, qui est à mon nom : olivier.simardcasanova.net. Si vous aviez un abonnement à l'une de mes précédentes newsletters, j'ai migré votre abonnement vers le nouveau site.

Sur le nouveau site, j'écrirai, et en réalité, j'écris déjà, sur les mêmes sujets que précédemment : la science économique, l'esprit critique, l'environnement, les États-Unis, la création de contenu indépendante sur Internet, et quelques autres encore. C'est d'ailleurs un peu abusif de parler de "nouveau" site : le nouveau site contient l'essentiel du contenu de médiation scientifique que j'ai publié depuis 2015, soit plus de 600 articles !

Au lieu d'avoir plusieurs sites avec chacun une newsletter thématique, il y a désormais un site unique qui héberge tous mes articles et toutes mes newsletters.

Bien sûr, j'ai conscience que tout le monde n'est pas intéressé par tous les sujets sur lesquels j'écris. J'ai ainsi séparé les anciennes newsletters en Univers, dont vous pouvez retrouver la liste sur la page Explorer. Si vous avez un abonnement à la newsletter, vous pouvez choisir de ne recevoir que les articles de certains Univers.

Lors de la fusion des newsletters, je n'ai pas pu préserver vos préférences d'abonnement aux courriels.

Si vous aviez déjà un abonnement à l'une de mes newsletters, merci de vous rendre dans votre compte grâce au bouton ci-dessus pour choisir quels articles vous souhaitez recevoir par courriel.

Toutes mes excuses pour la gêne occasionnée.

Annonce #2 : L'Économiste Sceptique

L'Économiste Sceptique étant, et de très loin, ma newsletter la plus lue, il me semble important de lui consacrer quelques mots. D'autant que la deuxième annonce concerne L'Économiste Sceptique.

Fondamentalement, la fusion des différentes newsletters en un site unique est une démarche de simplification. À la fusion, j'ai associé le retrait du nom des différentes newsletters préexistantes. Y compris pour "L'Économiste Sceptique". En d'autres termes, je mets à la retraite le nom "L'Économiste Sceptique".

J'aurais pu titrer mon annonce "La fin de L'Économiste Sceptique". Un tel titre aurait sans aucun doute fait parler. Mais il aurait été trompeur. Le seul Économiste Sceptique qui disparaît, c'est le nom. Le contenu, lui, reste intact. Tous les articles que j'ai publiés depuis 2021 sur www.ecosceptique.com sont disponibles en intégralité sur le nouveau site. Surtout, je continue à écrire sur la science économique, l'esprit critique et l'environnement à un rythme similaire, voire supérieur, au rythme de croisière que j'avais sur L'Économiste Sceptique.

Pourquoi retirer le nom "L'Économiste Sceptique" ? Après tout, c'est un nom qui commençait à être connu. C'est une décision importante, que j'ai mûrement réfléchie. Elle est motivée par trois raisons principales.

La première raison est que c'est un nom parfois confus, en particulier pour les personnes qui ne sont pas familières avec le scepticisme scientifique. Le retrait du nom permet de mettre un terme à cette confusion. La deuxième raison est que parfois, les gens m'appellent "L'Économiste Sceptique". Or, "L'Économiste Sceptique" n'a jamais été un pseudonyme. C'est le nom de la newsletter. Retirer le nom permet de mettre un terme à cette seconde confusion. La troisième raison est que je me sens désormais à l'aise d'écrire directement sous mon nom, plutôt que de me "cacher" derrière un nom impersonnel et dans une certaine mesure, artificiel.

Sur le nouveau site, trois Univers remplacent L'Économiste Sceptique :

La séparation en trois Univers vous donne davantage de contrôle : vous pouvez choisir plus finement les articles que vous souhaitez recevoir par courriel.

La création d'un Univers spécifique à l'esprit critique va également me permettre de partager des travaux scientifiques en lien avec l'esprit critique issus d'autres disciplines que la science économique. J'en ai d'ores et déjà plusieurs dizaines que j'aimerais partager avec vous, et j'en découvre chaque semaine de nouveaux.

Si un ou plusieurs de ces Univers vous intéressent, ne manquez pas mes prochains articles en vous abonnant à la newsletter.

Annonce #3 : la ligne éditoriale

Depuis plusieurs mois, j'expérimente avec une nouvelle ligne éditoriale. Si vous consultez la liste chronologique de mes publications, vous constaterez que malgré mon manque de communication, j'ai en réalité été particulièrement actif depuis l'été 2023. Ces expérimentations ont porté leurs fruits. Leurs résultats sont même allés au-delà de mes espérances.

Je peux donc vous annoncer ce qui est sans doute le plus important changement : la ligne éditoriale de mon travail de médiation scientifique évolue. À compter de maintenant, je publierai moins d'analyses personnelles, davantage d'articles portant directement sur la littérature scientifique, et davantage de graphiques.

Pourquoi cette nouvelle ligne éditoriale en particulier ?

Contrairement à ce que certains allumés toxiques qui ne savent manifestement pas lire prétendent à longueur de vidéos insultantes et fallacieuses sur YouTube, je ne suis pas un commentateur. Je ne suis pas un éditorialiste. Je ne suis pas un économiste de plateau télé qui vient donner son avis mésinformé sur la dernière polémique en cours, ou qui dit à son audience exactement ce qu'elle veut entendre au mépris des faits.

Depuis 2015, ma démarche, que j'ai régulièrement répété, a toujours été celle d'un médiateur scientifique. Mon objectif n'est pas de vous convaincre. Mon objectif n'est pas de vous faire changer d'avis. Mon objectif n'est pas de faire la guerre à quiconque ayant l'audace de ne pas penser exactement comme moi. Mon objectif n'est pas d'être connu, ni de me bâtir une influence sur votre dos.

Mon objectif a toujours été, est encore, et continuera à être, de partager avec vous la littérature scientifique qui m'intéresse, qui m'interpelle, qui m'étonne, qui m'émerveille, qui me surprend ou qui me fait réfléchir. Et c'est tout. Je n'ai pas d'autre objectif. Le reste ne m'intéresse pas.

Sans renier mon travail, il m'a semblé que la ligne éditoriale des anciennes newsletters, et celle de L'Économiste Sceptique en particulier, était encore trop souvent dans l'analyse personnelle plutôt que dans le partage de la littérature scientifique. Le recours à l'analyse personnelle m'a également conduit à écrire des articles contenant d'importantes erreurs et d'importants oublis. Commettre des erreurs n'est pas en soi une catastrophe. Les erreurs sont des occasions d'apprendre. Mais en tant que médiateur scientifique soucieux de faire du bon travail, je me devais de tirer les leçons de ces erreurs. La nouvelle ligne éditoriale a pour objectif d'éviter qu'elles ne se reproduisent.

Enfin, à un niveau plus personnel, la nouvelle ligne éditoriale est davantage en phase avec mes aspirations profondes de médiateur scientifique : la curiosité, l'émerveillement, et l'envie de partager ma passion pour les sciences.

Concrètement, je vais davantage partager et expliquer des articles de recherche publiés par des économistes, et par des scientifiques issus d'autres sciences humaines et sociales. Il y aura toujours de l'éditorial, mais il sera plus explicitement identifié comme tel.

Concernant les formats, je n'ai pas prévu de changer les formats existants. Il y aura toujours des articles, et il y aura toujours des vidéos. Les Cafés continueront, même si pour des raisons logistiques, j'ai pris la décision de ne plus les enregistrer en direct. Vous aurez la possibilité de me transmettre à l'avance vos questions, que je poserai à l'invité·e pendant l'enregistrement.

Depuis l'été 2023, j'expérimente avec un format court, les Notes. Plus courtes et plus simples à écrire que les articles, les Notes ont pour objectif de remplacer les publications sous forme de fils que dans le passé, j'aurais publié sur Twitter. Les Notes ont vocation à prendre une place importante dans mon contenu. C'est un format qui s'ajoute aux formats existants, en les complétant.

Enfin, j'expérimente avec des directs en vidéo sur YouTube. L'expérimentation est prometteuse, et a vocation à continuer au cours des prochains mois.

Qu'en est-il des formules payantes ?

Comme pour L'Économiste Sceptique, la newsletter fusionnée est également une newsletter partiellement payante. Si vous vous étiez abonné à l'une des formules payantes de L'Économiste Sceptique, j'ai migré votre abonnement payant vers le nouveau site. Vous n'avez rien à faire.

💡
Sur le nouveau site, vous avez accès au même contenu que celui auquel vous aviez accès sur le site de L'Économiste Sceptique. Le contenu qui était gratuit reste gratuit, le contenu qui était derrière le paywall reste derrière le paywall.

Les formules payantes vous donnent accès à l'intégralité de mon contenu, passé comme à venir. Elles vous permettent également de soutenir mon travail, et de m'aider à pérenniser mon activité de médiation scientifique. Enfin, elles vous permettent de recevoir toutes les Notes par courriel dès leur publication, ainsi que le Point mensuel.

J'en profite pour remercier du fond du cœur celles et ceux d'entre vous qui avez continué à me soutenir financièrement malgré cette longue période de creux. Sans votre précieux soutien, je n'aurais pas pu refondre mon activité de médiateur scientifique comme j'ai pu le faire. J'aurais même sans doute été contraint de mettre un terme à mon activité de médiateur scientifique. Un grand merci ! Je me considère chanceux d'avoir une communauté bienveillante, intéressante et intéressée, et engagée comme vous l'êtes.

Si ça n'est pas déjà le cas, vous pouvez vous aussi vous abonner à l'une des formules payantes, et ainsi m'aider à relancer sereinement mon activité de médiateur scientifique.

Une nouvelle aventure, ensemble

Entre le retour à un rythme de publication normal, et les trois changements que je viens d'annoncer, c'est sans aucune doute une nouvelle aventure qui commence ! Une nouvelle aventure qui est, et de très loin, la plus enthousiasmante de toute ma carrière de médiateur scientifique. Elle fait suite à une période vraiment difficile, ce qui la rend d'autant plus savoureuse. J'espère que vous serez nombreuses et nombreux à la partager avec moi.

Si vous n'êtes pas déjà abonné·e à la newsletter, n'hésitez pas à rejoindre les milliers d'autres personnes qui font déjà partie de l'aventure. Vous ne manquerez aucun de mes prochains articles.

Pour discuter sereinement de ces changements, pour répondre à vos questions, et pour discuter de mes projets à venir, je vous donne rendez-vous mardi 27 février 2024 de 20 h 30 à 21 h 30 (heure de Paris) sur YouTube pour un direct.

Si vous recevez cet article par courriel, n'hésitez pas à répondre au courriel pour me faire part de vos retours, de vos questions et de vos remarques. Vous pouvez également publier un commentaire sur le site.

À très bientôt,
Olivier

Reçu — 17 février 2024 L'Économiste Sceptique

Des données illustrent que X, anciennement Twitter, a un sérieux problème de bots

17 février 2024 à 11:07

Quiconque utilise encore X en aura fait l'expérience : la plateforme est submergée par des acteurs inauthentiques — concrètement, des bots. Qui n'a pas eu des quantités industrielles de "Hannah" dans ses notifications au cours des derniers mois ?

Pour autant, les anecdotes personnelles ne suffisent pas pour affirmer que X a un problème généralisé d'activité inauthentique. Pour faire une telle affirmation, il est nécessaire de recourir à des données. Une entreprise spécialisée vient de publier de telles données. Ce qu'elles montrent est aussi choquant que catastrophique.

La semaine dernière, aux États-Unis a eu lieu le Super Bowl. Il s'agit d'un évènement majeur de football américain. L'édition de cette année a battu des records d'audience. Y compris sur X, c'est en tout cas ce qu'a déclaré l'entreprise. Pour autant, dans quelle mesure l'activité sur X lors du Super Bowl était réellement de l'activité humaine ?

D'après CHEQ, une entreprise spécialisée dans la détection de trafic inauthentique et la lutte contre la fraude publicitaire en ligne, pendant le Super Bowl de 2024, le trafic provenant de X à destination des sites Internet de ses clients était constitué de bots à hauteur de 75 %. Vous avez bien lu : les trois-quarts du trafic provenant de X à destination du site Internet des clients de CHEQ était inauthentique.

The majority of traffic from Elon Musk’s X may have been fake during the Super Bowl, report suggests
These numbers are legitimately shocking.
MashableMatt Binder

Via dalfen sur Mastodon

À titre de comparaison, voici la part de trafic inauthentique mesuré par CHEQ pour d'autres plateformes :

  • TikTok, Super Bowl de 2024 : 2.56 %
  • Facebook, Super Bowl de 2024 : 2.01 %
  • Instagram, Super Bowl de 2024 : 0.73 %
  • Twitter, Super Bowl de 2023 : 2.81 %

J'ai fait deux graphiques pour illustrer l'ampleur du problème. La Figure 1 reprend les données ci-dessus.

Figure 1

La Figure 2 reprend les mêmes données que la Figure 1, et j'ai ajouté les données de X pour 2024.

Figure 2

Il ne me semble pas utile de commenter ce qui différencie la Figure 1 de la Figure 2.

CHEQ a également publié des données portant sur la part du trafic inauthentique pendant le mois de janvier 2024 :

  • TikTok : un peu plus de 2.6 %
  • Facebook : un peu plus de 2 %
  • Instagram : 0.96 %
  • X : 31.82 %

Même en dehors d'évènements majeurs comme le Super Bowl, la Figure 3 montre à quel point X se distingue par le volume considérable de trafic inauthentique qui provient de la plateforme.

Figure 3

Voici comment Guy Tytunovich, le fondateur et PDG de CHEQ, commente les données :

I've never seen anything even remotely close to 50 percent, not to mention 76 percent. I'm amazed… I've never, ever, ever, ever seen anything even remotely close.

Ma traduction :

Je n’ai jamais rien vu de même vaguement proche de 50 %, sans parler de 76 %. Je suis estomaqué… Je n’ai jamais, jamais, jamais, jamais vu quelque chose de même vaguement proche.

Deux importantes précisions méthodologiques. La première est que l'on ne sait pas si les données de CHEQ sont représentatives : les données sont issues d'un échantillon constitué des sites Internet des clients de l'entreprise, plutôt que d'une sélection variée de sites Internet. La deuxième est que les données de CHEQ ne mesurent pas l'activité inauthentique directement sur X. Ce que mesurent les données de CHEQ, c'est la proportion du trafic provenant de X vers les sites de ses clients qui n'est pas authentique.

Ces précisions faites, les données de CHEQ vont néanmoins dans le sens de ce que rapportent de nombreux utilisateurs de X depuis des mois. Si X génère autant de trafic inauthentique vers des sites tiers, cela implique que l'activité inauthentique sur la plateforme est importante.

Les données de CHEQ montrent a minima que l'activité inauthentique sur X a significativement augmenté : à méthodologie relativement constante (les outils de détection de CHEQ) et à échantillon relativement constant (les sites Internet des clients de CHEQ), le trafic inauthentique en provenance de Twitter en 2023, puis de X en 2024, au cours du Super Bowl a été multiplié par… quasiment 27 !

Figure 4

En plus de sévèrement dégrader l'expérience utilisateur, et donc de diminuer encore l'utilité de la plateforme, l'augmentation significative de l'activité inauthentique sur X pose également un problème financier pour l'entreprise. Si des annonceurs achètent de la publicité, comment savoir si la publicité a été vue par des humains ou par des bots ? Acheter de la publicité pour qu'elle soit vue par des bots n'intéressera personne.

La lutte contre l'activité inauthentique était présentée par Elon Musk comme un objectif majeur lorsqu'il a racheté l'entreprise. C'est par exemple dans cet objectif qu'il a dynamité le système de vérification d'identité. Quasiment un an et demi plus tard, il me semble clair que l'activité inauthentique n'a pas disparue de X. Pire : la situation s'est considérablement dégradée. L'effort à faire pour corriger le tir sera sans doute considérable, s'il est un jour entrepris.

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Mise à jour le 17 février 2024 à 14:55 : la Figure 4 est triée dans l'ordre chronologique.
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