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Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

9 juin 2026 à 15:26
« We rely on your feedback »
Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

Pris à parti pour avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur d’extrême-droite, Proton s’excuse et indique chercher la neutralité.

Proton qui diffuse ses publicités sur la chaîne d’un youtubeur d’extrême-droite ? C’est le scénario qui a surpris plus d’un internaute, ces derniers jours.

Alors que la société suisse est régulièrement citée comme alternative européenne et chiffrée à la plupart des grandes suites de mail et services logiciels états-uniens, voilà qu’elle s’offre une coupure publicitaire de deux minutes vingt dans une vidéo du « réinformateur » Vincent Lapierre.

Interpellée sur Reddit, LinkedIn et ailleurs en ligne, l’entreprise a présenté ce 8 juin ses excuses au public. D’après Vincent Lapierre, elle a mis fin au partenariat qu’elle avait conclu avec lui pour une seule vidéo.

Une publicité chez un ancien soralien

Fort de 672 000 abonnés sur YouTube, 216 000 sur Instagram et 185 000 sur TikTok, ce dernier a travaillé au mitan des années 2010 pour l’association Égalité et Réconciliation fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise reportages et vidéos pour le site d’extrême-droite, avant de cofonder, en 2018, le Média pour tous, sur lequel il continue de cultiver des obsessions classiques de sa famille politique, sur un ton conspirationniste.

Autant dire que pour les internautes qui voyaient en Proton un fournisseur de service numérique alternatif aux Microsoft et Google états-unien, tout en y plaçant des espoirs politiques de résistance au projet autoritaire de Donald Trump, la pilule passe difficilement. Sur Reddit, plusieurs fils de discussion sont ouverts, dont l’un, dans le subreddit r/ProtonMail, dépasse désormais les 4 000 upvotes et le millier de commentaires.

Ce 8 juin, le vidéaste indique sur X que la société a « choisi de mettre fin à son partenariat […] à la suite d’une campagne menée par des militants qui contestent mon travail et mes prises de position ». Il critique ensuite une campagne « d’extrême-gauche ».

Une entreprise qui cherche la neutralité

« Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre, lui répond le PDG de Proton Andy Yen. Nous défendons et protégeons les utilisateurs de tous bords politiques, mais les partenariats exigent une forme de neutralité. Celui-ci n’aurait pas dû passer notre processus de vérification, indépendamment des campagnes publiques. »

Plus loin, il répète à plusieurs reprises que la société ne souhaite pas prendre part au débat politique français. À ce titre, elle ne peut nouer de partenariat « ni avec des figures de la gauche politique, ni de la droite politique, qui pourrait diviser notre communauté ».

Sur LinkedIn, son responsable des politiques publiques Romain Digneaux l’admet : « Nous avons clairement failli à respecter nos propres standards en matière de vérification du profil de M. Lapierre, et ce partenariat n’aurait jamais dû avoir lieu. » Au nom de l’entreprise, il déclare que Proton présente ses « plus sincères excuses aux personnes qui ont été (légitimement) choquées de voir Proton associée à des valeurs qui ne sont pas les [siennes] » et travailler « en interne à ce que ce genre d’erreur ne se reproduise plus ».

Deux messages qui correspondent en tout point à la réponse officielle publiée par la « Proton_team » sur Reddit, et vers lequel ses équipes redirigent Next lorsque nous tentons d’obtenir plus d’information. Elle y indique que la chaîne de Vincent Lapierre n’aurait « jamais dû faire partie de nos programmes d’affiliation ou de partenariat, car nous évitons expressément les associations avec des chaînes dont le contenu pourrait détourner de notre message et diviser notre communauté ».

Capture d’écran de la réponse de l’équipe de Proton sur Reddit (r/ProtonMail)

Alors que des internautes demandent à l’entreprise de publier un « post-mortem », c’est-à-dire un retour d’expérience « similaire à ce que fait la communauté de la cybersécurité en cas de fuite ou de hack », pour reprendre les mots du compte Reddit @ThinandFeminine, celle-ci indique : « Proton opère à échelle mondiale, et si nos services sont disponibles pour tout le monde sans considération des opinions politiques, et que notre mission est cohérente partout, notre connaissance de chaque paysage médiatique ne l’est pas. Dans ce cas, notre équipe n’avait pas suffisamment de contexte sur le paysage français pour prendre une décision bien informée, et c’est une erreur de notre part. »

Forte de plus de 100 millions d’utilisateurs et d’environ 650 salariés, portée par la politique trumpiste qui motive de plus en plus d’Européens à chercher des services numériques alternatifs, ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve prise à partie. En 2021, alors qu’elle avait fourni l’adresse IP d’un internaute à la police française, l’entreprise avait expliqué se plier aux décisions de la Justice suisse. En l’occurrence, cette dernière avait décidé d’accéder à une requête d’Europol, donc, en remontant le fil, aux forces de l’ordre hexagonales.

En 2024, dans une autre affaire, la police espagnole avait réussi à identifier un activiste sous pseudonyme, notamment parce que celui-ci avait fourni à la société une adresse de récupération. Proton avait indiqué ne pas exiger ce type d’information, « mais dans ce cas, le terroriste présumé en [avait] ajouté une de son propre chef », qu’elle avait donc pu transmettre.

En février 2025, alors qu’il commentait l’ouverture d’enquête antitrust contre plusieurs géants numériques par la première administration Trump, Andy Yen avait par ailleurs été pris à partie sur les réseaux sociaux et accusé de se soumettre au président des États-Unis. S’il énonçait un fait, il avait à l’époque indiqué, sur Reddit, que sa publication pouvait être perçue comme un positionnement politique et qu’il se montrerait plus prudent dans le futur.

☕️ NIS2 : l’Europe s’apprêterait à déposer plainte contre la France pour son retard

9 juin 2026 à 15:02


Selon Politico, la Commission européenne préparerait un dépôt de plainte contre la France, l’Espagne et plusieurs autres pays. La raison ? Le retard pris sur la transposition de la directive NIS2, qui doit entrainer une hausse massive du niveau de cybersécurité sur le Vieux continent.

Toujours selon nos confrères, la Commission prévoirait de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) soit juste avant les congés d’été, soit juste après. Politico cite un responsable de la Commission, qui a souhaité garder l’anonymat.

Illustration : Flock

La Commission n’a pas directement confirmé, le porte-parole Thomas Regnier indiquant simplement que « la Commission pourrait saisir la Cour de justice à l’encontre de certains États membres », puisque le délai de transposition a expiré en octobre 2024. Cependant, Politico cite un responsable français selon lequel le secrétariat général des affaires européennes « prépare sa défense devant la CJUE ».

Pourquoi un tel retard en France ? Parce que la directive NIS2 n’est pas transposée seule. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises en 2025, elle s’effectue sur trois textes en même temps : NIS2, qui élargit radicalement le périmètre d’action (de 600 entités sous NIS1 à 15 000), DORA pour la résilience du secteur financier et REC pour les entités critiques.

Or, comme nous le relations en mars dernier, il existe un point de clivage : l’article 16 bis, qui consacre la protection du chiffrement et interdit l’imposition de portes dérobées dans les messageries. La Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) évoquait alors une opposition du gouvernement. Le député Philippe Latombe, impliqué dans la transposition, critiquait pour sa part vertement la DGSI, qui cherchait à supprimer cet article.

☕️ Compatibilité matérielle : le grand écart des nouveaux OS 27 d’Apple

9 juin 2026 à 14:35


Apple a dévoilé hier son nouvel arsenal de systèmes d’exploitation, ainsi que les appareils sur lesquels on pourra les installer. Il y a des surprises, bonnes et moins bonnes.

Image : Apple

À tout seigneur tout honneur, la compatibilité d’iOS 27 est aussi la plus simple à résumer : tous les iPhone capables de faire tourner iOS 26 pourront installer la nouvelle version. Cela inclut l’iPhone 11, lancé en 2019 avec sa puce A13. Une bonne nouvelle pour les propriétaires de ce modèle, qui n’auront pas à se contenter de simples correctifs de sécurité : leur smartphone aura aussi droit aux nouveautés du système (pas toutes, certes).

Apple continue certes d’assurer le service après-vente logiciel de très vieux appareils – l’iPhone 5 s a reçu une mise à jour de sécurité en janvier dernier –, mais voir l’iPhone 11 rester dans la course six ans après sa sortie est un signal encourageant pour la longévité générale des smartphones Apple. Au passage, iOS 27 pourra aussi s’installer sur ce bon vieux iPhone SE de 2e génération.

La liste de compatibilité pour iPadOS 27 est moins généreuse. Les derniers iPad Pro (M4 et M5) sont évidemment supportés, mais l’iPad Pro 12,9 pouces de 3e génération (2018, avec une puce A12X) passe à l’as : il faudra une tablette de 4e génération au minimum, ou plus récente. Idem du côté de l’iPad Pro 11 pouces : iPadOS 27 réclame au minimum un modèle de 2e génération. Exit la mouture précédente sortie en même temps que le 12,9 pouces de 3e gen.

Apple liste également l’iPad Air 11 pouces 4e génération (2020, puce A14), excluant de fait la génération précédente. Bizarrement, le constructeur prend la peine de préciser que les iPad Air 11 et 13 pouces M2 et au-delà sont compatibles avec iPadOS 27, ce qui tombe sous le sens… en omettant le modèle avec puce M1. Qu’on se rassure, il est bien pris en charge également.

Pour le reste, on pourra installer le nouvel OS sur l’iPad de 9e génération (2024) ou plus, l’iPad mini (A17 Pro) ou l’iPad mini 6e génération. iPadOS 27 fait l’impasse sur l’iPad 8e génération (2020) et l’iPad mini 5e génération (2019), deux tablettes équipées d’une A12 et qui étaient compatibles avec iPadOS 26.

Pour macOS 27 Golden Gate, la situation est simple : tous les Mac équipés d’une puce Apple (à partir de la M1) sont pris en charge, ainsi que le MacBook Neo avec sa puce A18 Pro. macOS 26 Tahoe aura été l’ultime version compatible avec les Mac Intel. Néanmoins, Apple s’engage sur trois années de mises à jour de sécurité pour ces modèles, comme l’explique MacGeneration.

Rosetta, la couche de traduction qui fait tourner les applications Intel sur les Mac à puce Apple, continuera de fonctionner sur macOS 27. Ensuite, le constructeur ne conservera qu’une partie des fonctions prenant en charge d’anciens jeux conçus pour des frameworks Intel.

Du côté de watchOS 27, c’est la douche froide pour les possesseurs d’Apple Watch Ultra 1ʳᵉ génération. Ce modèle n’est pourtant pas si vieux (2022), mais il est privé de la prochaine version de l’OS ! Le système d’exploitation fait aussi l’impasse sur l’Apple Watch SE 2ᵉ génération et l’Apple Watch Series 8. Il faudra posséder une SE 3, une Series 9 ou une Ultra 2.

tvOS 27 n’a pas vraiment eu droit aux feux de la rampe durant la keynote, mais il existe ! Et pour l’occasion, Apple en a réduit la compatibilité aux seules Apple TV 4K de 2ᵉ et 3ᵉ générations (2021 et 2022), tvOS 26 prenant en charge l’Apple TV HD de 2015 et les modèles suivants.

Enfin, sans surprise, visionOS 27 est compatible avec tous les modèles de Vision Pro, autrement dit les versions M2 et M5. Rappelons pour finir que les OS en « 27 » mettent surtout l’accent sur les optimisations de performance et la stabilité, ce qui devrait profiter à tous les appareils compatibles.

[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

9 juin 2026 à 14:12
S'en Fout Royalement
[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

SFR devrait, sauf revirement de situation, être vendu à la découpe à Bouygues Telecom, Free et Orange. Cette opération soulève de nombreuses questions, aussi bien réglementaires que pratiques. Les clients SFR vont-ils par exemple devoir changer de forfait ? Les tarifs vont-ils augmenter avec le passage de quatre à trois opérateurs ? Nous avons des réponses.

La France pourrait revenir à trois opérateurs dans les prochains mois, c’est en tout cas le sens de l’annonce faite par un consortium composé de Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange pour racheter SFR à Altice. Cette opération de concentration soulève de nombreuses questions, aussi bien pour les particuliers que les professionnels et l’ensemble des acteurs du marché.

SFR est en effet le second opérateur national et revendique plus de 25 millions de clients : un peu moins de 20 millions sur le mobile et 6 millions sur le fixe. En cas de finalisation de l’accord, ils seront répartis entre les trois opérateurs restants.

C’est fait, SFR a été racheté ?

Non, ce week-end c’est « la signature d’un protocole d’accord avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR » qui a été annoncée. Un accord a été trouvé, mais il faut le mener à terme. Cela prendra encore des mois avant d’être finalisé… si tout se passe comme prévu. Une des parties peut en effet se rétracter, mais elle aurait alors de lourdes pénalités à payer.

Cette étape importante est faite suite à plusieurs mois de négociations. Officiellement, une offre de rachat de SFR avait été déposée par les trois partenaires mi-octobre 2025, pour 17 milliards d’euros. C’était déjà un secret de polichinelle : la vente de SFR était sur toutes les lèvres depuis des mois. Altice avait rapidement répondu « non » à cette proposition, mais il s’agissait de faire monter les enchères, pas de fermer la porte.

Mi-avril, une nouvelle offre à 20,35 milliards d’euros était déposée. Altice, Bouygues Telecom, iliad et Orange sont alors entrés en négociations exclusives pour finaliser les termes du rachat. Désormais, l’accord est signé, mais la vente est loin d’être finalisée. Rappel utile du communiqué : « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ».

Des obstacles réglementaires à prévoir en cours de route ?

Oui, au nom de la « concurrence », comme l’explique le régulateur des télécoms (Arcep) dans son communiqué suite à la signature de cet accord : « L’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne [notez le « ou » et pas « et », ndlr] seront en charge d’examiner le projet de fusion et de l’autoriser ou non. Dans un cas comme dans l’autre, l’Arcep pourra être saisie par l’une de ces autorités et sera alors amenée à rendre un avis sur le projet de fusion ».

Qui de l’Autorité de la concurrence ou de la Commission européenne va devoir trancher ? Ce sera l’un ou l’autre, pas les deux. La question reste en suspens et ne sera pas simple à trancher. Nul doute qu’une armée de juristes et d’experts se penche sur la question.

L’Autorité de la concurrence explique que « lorsque l’opération concerne le territoire de plusieurs États membres et que les chiffres d’affaires des entreprises concernées sont très importants (notamment lorsque le chiffre d’affaires mondial dépasse 5 milliards d’euros pour l’ensemble des parties à l’opération et 250 millions d’euros réalisés par au moins deux des sociétés dans l’Union européenne), la Commission européenne est compétente ».

« Elle peut cependant décider d’en renvoyer l’examen à l’Autorité de la concurrence si elle l’estime mieux placée pour examiner l’affaire. Tel est le cas lorsque les effets de l’opération interviennent principalement sur le territoire français ». L’Autorité de la concurrence, par le biais de son président, avait déjà annoncé que, « si cette opération devait être notifiée, nous la regarderions sans camper sur nos positions d’il y a neuf ans ». Elle se tient donc prête à enquêter.

Orange et iliad sont présentes dans plusieurs pays d’Europe, la dimension européenne est une réalité. Dans le même temps, cette vente concerne au premier plan le marché français avec un passage de quatre à trois opérateurs. D’ailleurs, est-ce une ou trois ventes (une à chaque opérateur) ? Tous les scénarios semblent ouverts à ce stade, y compris celui d’une notification devant la Commission européenne qui déciderait de renvoyer l’affaire à l’Autorité de la concurrence.

L’Arcep garde la main sur les fréquences et devra donner son accord pour « autoriser les cessions d’autorisations d’utilisation de fréquences (AUF Autorisation d’utilisation de fréquences) entre opérateurs mobiles ». Il y a plus de 150 MHz de spectre à se répartir.

Laure de la Raudière, présidente de l’Arcep en profite pour adresser un message à SFR sur le respect de ses obligations sur les déploiements et la qualité de ses réseaux : elles « demeurent bien évidemment en vigueur : continuité de service, couverture du territoire, qualité de service doivent être maintenues au profit de l’expérience des utilisateurs ».

20 milliards d’euros… pour quoi exactement ?

La signature de l’accord prévoit une valorisation des actifs d’Altice France à hauteur de 20,35 milliards d’euros « en valeur d’entreprise ». La répartition actuelle est la suivante : 42 % pour Bouygues Telecom (8,55 milliards d’euros), 31 % pour Free-iliad (6,2 milliards d’euros) et 27 % pour Orange (5,6 milliards d’euros). Elle pourra « varier d’ici au closing en fonction de l’évolution des bases clients ».

L’accord prévoit que certains actifs ne sont pas dans l’accord signé. Sont ainsi « exclues les participations dans les sociétés XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer ». C’est la même liste qu’en octobre dernier, pas de surprise sur ce point.

UltraEdge est une entreprise de datacenters de proximité en France. XP Fibre, anciennement SFR FTTH, est un opérateur d’infrastructure (OI) qui déploie la fibre en France, créé après l’acquisition de Covage par SFR FTTH. Altice en détient 50,01 %, un consortium de trois investisseurs (Allianz, Axa et Omers) a les 49,99 % restant. Enfin, ATS (Altice Technical Services) développe, exploite et assure la maintenance d’infrastructures réseaux.

Il y a bien Intelcia qui a disparu entre-temps, mais c’est logique puisque l’entreprise marocaine spécialisée dans les centres d’appels a été vendue en novembre 2025. La principale différence visible de l’extérieur est donc la hausse de 3 milliards d’euros.

Le consortium explique que les actifs non repris (notamment les réseaux Fixe et Mobile hors Crozon, une partie du réseau de distribution et l’IT hors B2B) « resteraient gérés pendant une phase transitoire de minimum 30 mois au sein de SFR SA, qui sera détenue à parts égales par les trois membres du Consortium afin d’assurer la continuité des opérations pendant la période de transition ».

Crozon est, pour rappel, une mutualisation, depuis 2014, des réseaux de SFR et Bouygues Telecom pour la fourniture de services 2G, 3G et 4G sur une partie du territoire. Il s’est étendu en 2023 à la 5G, sous la surveillance de l’Arcep.

Une découpe en trois parts égales ? (Non, à la Obélix)


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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

9 juin 2026 à 12:52
L'histoire sans fin
Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

Microsoft a dû bloquer l’accès aux dépôts GitHub de plus de 70 de ses propres projets. Certains d’entre eux ont été piratés au cours d’une campagne de vols d’identifiants d’outils d’IA générative nommée Miasma.

L’éditeur de GitHub n’est pas épargné par les attaques actuelles contre la supply chain de logiciels open source. Ainsi, Microsoft a dû désactiver l’accès à plus de 70 de ses propres dépôts sur GitHub, comme l’expliquait le site Open Source Malware.

Dans le lot, le dépôt d’Azure nommé « functions-action » qui permet de déployer le code d’un projet utilisant « Azure Functions » ou encore le framework Durable Task, « utilisé activement en production par de nombreuses équipes, y compris les équipes d’ingénierie au sein de Microsoft ». Ceux-ci sont maintenant de nouveau accessibles comme d’autres, Microsoft redonnant accès à ses projets au fur et à mesure des corrections et vérifications.

Microsoft avait identifié l’attaque chez Red Hat

Une bonne partie de ces dépôts ont été touchés par la campagne de vol d’identifiants « Miasma », selon Open Source Malware et l’entreprise de sécurité StepSecurity. Ironiquement, l’équipe de recherche en sécurité de Microsoft avait détecté que cette attaque visait la chaîne d’approvisionnement npm de Red Hat, touchant « 32 paquets modifiés de manière malveillante dans plus de 90 versions relevant du périmètre npm @redhat-cloud-services », expliquait l’entreprise le 2 juin dernier.

« Un pipeline CI/CD (Continuous Integration/Continuous Delivery) a permis à des pirates de publier des paquets infectés par des chevaux de Troie via le flux de publication légitime OpenID Connect (OIDC) de GitHub Actions. Ainsi, ces paquets malveillants portaient des signatures de provenance authentiques tout en intégrant le marqueur de campagne « Miasma : The Spreading Blight » », expliquait Microsoft concernant les paquets npm de Red Hat.

Mais l’entreprise de Redmond a été attaquée à son tour. StepSecurity a identifié le commit poussé dans le dépôt Azure/durabletask à l’aide d’un compte de contributeur piraté. « Cette modification a ajouté cinq fichiers destinés à permettre l’exécution automatique du code dans quatre outils de développement différents », explique l’entreprise dans son billet de blog et ajoute : « Cloner le dépôt ne présente aucun risque. L’ouvrir, en revanche, n’est pas sans danger ». Le code s’exécute automatiquement lorsqu’un développeur ouvre le dépôt dans Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code et cherche à récupérer des identifiants.

Step Security fait le lien avec l’attaque Mini Shai-Hulud menée par TeamPCP, notamment car les deux utilisent un même domaine secondaire : C2 t.m-kosche[.]com. Elle explique aussi que « le compte piraté est celui du même contributeur dont les identifiants ont été utilisés lors de l’attaque contre PyPI du 19 mai » que l’entreprise de sécurité avait identifiée dans le dépôt du SDK durabletask maintenu par Microsoft.

La compromission des identifiants développeurs comme porte d’entrée

« Le génie de ce ver Miasma réside dans la manière dont il s’est fondu dans les flux de travail légitimes », explique Cloudsmith, une autre entreprise de sécurité qui a analysé le problème. « Il n’exploite aucune faille logicielle de GitHub ou de npm. Il tire plutôt parti du modèle de confiance sous-jacent de l’écosystème d’ingénierie moderne. La compromission des identifiants de développeurs a permis de demander un jeton OIDC GitHub légitime. Cela a été suivi de la publication d’une version malveillante dotée d’une provenance SLSA valide, ce qui a finalement conduit les scanners conventionnels à la considérer comme une mise à jour de routine fiable. En volant les identifiants légitimes du responsable de maintenance, le ver a pu agir exactement comme l’aurait fait un éditeur authentifié », ajoute Cloudsmith.

Le billet de l’entreprise explique aussi que Miasma génère une charge utile chiffrée de manière unique pour chaque infection, ce qui permet de passer outre les outils de détection traditionnels.

Microsoft a confirmé à 404 Media avoir désactivé les dépôts concernés. Interrogée par TechCrunch, l’entreprise explique : « Nous avons temporairement supprimé certains dépôts pendant que nous enquêtions sur la présence éventuelle de contenus malveillants ». « Certains de ces dépôts ont été rétablis après vérification, tandis que d’autres pourraient rester hors ligne pendant la poursuite des travaux », explique le porte-parole de l’entreprise, Ben Hope.

« Dans le cadre de notre enquête, nous avons contacté un petit nombre de clients susceptibles d’avoir téléchargé du contenu provenant des dépôts concernés. Nous poursuivrons notre enquête et, si nous identifions d’autres éléments nécessitant une intervention de la part des clients, nous les contacterons directement via nos canaux d’assistance habituels », ajoute-t-il, sans préciser ce « petit nombre ».

Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

9 juin 2026 à 09:00
Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

[Màj] Pas de Siri AI en Europe : Apple et la Commission s’accusent mutuellement

9 juin 2026 à 08:37
Hey ? Aïe...
[Màj] Pas de Siri AI en Europe : Apple et la Commission s’accusent mutuellement

Durant la conférence d’ouverture de la WWDC hier soir, Apple a confirmé que la nouvelle version de Siri et ses fonctions IA plus avancées ne seront pas disponibles sur iOS et iPadOS jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué, Apple se justifie : l’entreprise dit avoir tout tenté, essuyant refus après refus. Du côté de la Commission européenne, la réponse est cinglante.

La keynote d’ouverture de la WWDC 2026 a fait la part belle à l’IA. Les fonctions montrées rappellent furieusement ce qu’Apple avait déjà présenté il y a deux ans. Cette fois cependant, l’entreprise s’est assurée que la caméra montrait une utilisation « réelle » de son nouvel assistant Siri AI, délais de réponse inclus.

Siri AI est donc la fameuse version remaniée promise en 2024. Il aura fallu deux ans supplémentaires à Apple pour réaliser sa vision. Les démonstrations étaient donc intéressantes par leur haut niveau d’intégration, mais pas ébouriffantes. Dans sa communication, la société s’est concentrée sur une longue liste de cas pratiques du quotidien.

La disponibilité réelle de Siri AI sera cependant très inégale en Europe.

Oui pour les Mac, non pour les iPhone, iPad (et a priori Apple Watch)

Siri AI sera disponible en Europe pour les Mac, tant qu’ils sont équipés d’au moins une puce M1 (correspondant à la liste de compatibilité de macOS 27, nommé Golden Gate). Le nombre de fonctions dépendra cependant de l’âge de la machine : les fonctions les plus avancées (dont la personnalisation de la voix de Siri) et le LLM local seront réservés aux configurations disposant au moins d’une puce M3 et de 12 Go de mémoire.

Pour les iPhone et iPad, c’est beaucoup plus compliqué. Pourquoi ? Parce qu’ils sont, au sens du DMA, des « gatekeepers ». Des responsabilités supplémentaires incombent à Apple, notamment de s’assurer que certaines fonctions peuvent être exploitées de la même manière par les concurrents. Et pour Apple, c’est bien là que le bât blesse.

La foire à la saucisse

« Nous sommes profondément déçus que nos utilisateurs européens n’aient pas Siri AI sur iPhone ou iPad lorsque nous partagerons nos nouvelles sorties logicielles plus tard cette année. Nous espérons finalement intégrer Siri AI dans l’Union européenne, et nous continuerons à dialoguer avec les régulateurs européens sur la voie à suivre. Cependant, leur refus de s’engager de manière constructive sur des solutions qui préservent la vie privée et la sécurité signifie que nous n’avons pas encore de calendrier pour la disponibilité de Siri AI sur iOS et iPadOS dans l’UE ».

Le ton est donné par Craig Federighi, vice-président senior de l’ingénierie logicielle chez Apple, dans un communiqué publié hier soir. L’entreprise et la Commission européenne ont des vues opposées et assez tranchées sur l’interprétation du DMA, Apple jugeant « extrême » celle de son adversaire. iOS et iPadOS étant des contrôleurs d’accès, une fonction aussi importante que Siri AI devrait être ouverte à tous les concurrents, pour assurer l’interopérabilité.

Si Apple ne nie pas ce point, elle en donne les implications : l’obligation d’accorder aux autres assistants les mêmes accès sur les données privées. Or, Apple insiste depuis deux ans sur son Private Compute Cloud, assurant régulièrement qu’elle-même n’a pas accès aux données des utilisateurs et qu’aucune trace n’est laissée. Il serait alors impossible de garantir la sécurité des utilisateurs, Siri AI étant pensé pour interagir avec l’ensemble des composants, réglages et sources de données dans le système. « Cela inclut la possibilité de lire et d’envoyer des messages, d’effectuer des achats, d’accéder à des fichiers et d’exécuter des actions sur n’importe quelle application », indique Apple.

Apple affirme avoir cherché une voie du milieu

L’entreprise dit avoir cherché à concilier ses nouvelles technologies avec ses obligations européennes dès 2025. Elle indique par exemple avoir proposé une solution nommée Trusted System Agent, pensée comme un intermédiaire de confiance devant s’assurer que les autres assistants puissent accéder aux données « en toute sécurité ».

Apple affirme aussi avoir proposé un lancement de Siri AI en Europe étalé sur 18 mois, pour un déploiement progressif qui aurait – a priori – permis de prendre en compte les retours.

« La Commission européenne a dit non. En fait, la Commission européenne n’a accepté aucune des propositions d’Apple », assène l’entreprise. Selon elle, il y a un « manque de reconnaissance » des risques de sécurité par les régulateurs. Un point sur lequel la société californienne s’était déjà agacée à plusieurs reprises, notamment pour l’ouverture forcée sur les périphériques et la transmission des notifications vers les montres connectées concurrentes.

Mêmes joueurs jouent encore

Les affrontements entre Apple et la Commission européenne durent depuis des années. La firme ne cache pas sa détestation profonde du DMA (Digital Markets Act) et ses obligations liées à iOS, iPadOS et l’App Store mobile.

En mars 2024, trois mois avant une WWDC très optimiste qui lui vaudra bien des problèmes, Apple avait ainsi publié un document de 30 pages expliquant tout le mal qu’elle pensait du règlement européen. Principe point d’accrochage : la Commission européenne ne semblait pas comprendre les risques omniprésents pour la sécurité et la vie privée. Et d’expliquer que les demandes de la Commission revenaient à ouvrir grandes les portes des données de ses utilisateurs à des acteurs sans pitié. Elle s’était déjà plainte des abus de Meta dans ce domaine, au nom de l’interopérabilité.

La conséquence pour les utilisateurs européens est claire : il n’est prévu aucun Siri AI pour les iPhone et iPad européens pour l’instant et tout semble au point mort. Comme indiqué précédemment, macOS n’est pas un contrôleur d’accès et n’est donc pas soumis à ces obligations. Le cas de l’Apple Watch reste en suspens : watchOS n’est pas un gatekeeper, mais son fonctionnement dépend étroitement de l’iPhone lié.

Nous avons contacté la Commission européenne et mettrons cette actualité à jour en cas de réponse.

La réponse cinglante de la Commission européenne

Pour la Commission européenne, la situation est tout aussi claire, mais en miroir. Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole Thomas Régnier a déclaré : « D’abord, la décision de ne pas déployer Siri AI en Europe vient d’Apple, et d’Apple uniquement. Car absolument rien dans le DMA n’interdit à Apple d’introduire de nouveaux produits en Europe. Ce qui est interdit à Apple, comme à n’importe quel autre contrôleur d’accès, est de verrouiller le marché. Ce n’est pas à eux de décider qui innove en Europe, ni quels outils IA nos citoyens peuvent utiliser ou non. Et c’est précisément là que la DMA et son obligation d’interopérabilité entrent en jeu ».

Qu’en est-il alors des propos avancés par Apple sur les négociations depuis l’année dernière, l’idée d’agents spécifiques et le plan de déploiement sur 18 mois ? Le porte-parole donne une autre version :

« Nous avons quelques contacts avec Apple à ce sujet, cela je peux le confirmer. Mais Apple n’a tout simplement pas été capable de développer des solutions d’interopérabilité au niveau des standards européens essentiels en matière de vie privée et de sécurité. Au lieu d’essayer de trouver une solution adaptée, Apple a simplement fait une demande à la Commission européenne pour être exemptée de ses obligations envers le DMA. Et cela pour au moins 18 mois. Devinez quoi ? Ce n’est pas une option »

Thomas Régner a ajouté que la Commission ne faisait d’exception pour personne. Une situation où chaque camp accuse l’autre de mauvaise volonté.

☕️ Visitez le musée virtuel des systèmes d’exploitation

9 juin 2026 à 08:22


Nostalgiques d’OS/2 d’IBM, de Mac OS 1.0 ou encore de Windows Me (si, ça doit bien exister) ? Voilà un site qui devrait vous intéresser : The Virtual OS Museum, un musée virtuel consacré aux systèmes d’exploitation.

Andrew Warkentin, qui se présente comme développeur et historien de ces systèmes, explique qu’il collectionne des images d’OS émulés depuis 2003. Actuellement, sa liste en contient déjà plus de 1 700.

« Bien que la situation en matière de préservation des logiciels se soit considérablement améliorée au cours des deux dernières décennies, bon nombre des projets de préservation existants restent encore peu accessibles », explique-t-il. « Lorsque j’ai commencé à collecter des images d’émulateurs (en 2003), il n’existait que quelques petites archives d’images de logiciels et de la documentation correspondante, et relativement peu d’émulateurs pour des plateformes autres que les plateformes grand public bien connues, ajoute-t-il. « Aujourd’hui, il existe de nombreuses archives importantes de logiciels et de documentation historiques, ainsi que de nombreux émulateurs, même pour des plateformes très obscures ».

Le Virtual OS Museum passe en revue une grande partie de l’histoire de l’informatique, de la Small-Scale Experimental Machine surnommée « Manchester baby » aux premières versions d’Android et d’iOS, en passant par les premières versions bêta de Windows Longhorn ou l’Amiga UNIX (AMIX) 2.1c :

Amiga UNIX (AMIX) 2.1c – 00 OpenLook desktop with applications

Le projet existe en deux versions : une « full » de 179 Go, qui permet d’accéder à toutes les archives en étant déconnecté, et une « lite » de 21 Go qui nécessite de télécharger ce qui correspond aux disquettes, bandes, etc. Et les sources sont disponibles sur Gitlab.

Ce projet n’est pas sans rappeler celui d’Internet Archive. Andrew Warkentin utilise d’ailleurs le site pour les fichiers Zip de son projet pour le téléchargement direct. Ils sont aussi disponibles en .torrent. Il vient également en parallèle d’un autre projet d’archivage de logiciels lancé il y a plus de 10 ans par l’Inria : Software Heritage.

WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

9 juin 2026 à 06:45
« Fighting Spyware », as usual
WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

Placée sur liste noire par l’administration Biden depuis 2021, l’ex-entreprise israélienne NSO avait été condamnée l’an passé à ne plus tenter de pirater la messagerie de Meta. Depuis rachetée par un ancien avocat de Donald Trump, elle viendrait pourtant de recommencer.

Dans un communiqué intitulé « Lutte contre les logiciels espions : une mise à jour de WhatsApp », la messagerie de Meta vient d’annoncer avoir de nouveau détecté et déjoué des tentatives d’hameçonnage personnalisé (ou « spear phishing ») liées à NSO, l’ex-entreprise israélienne connue pour son logiciel espion Pegasus et figurant sur la liste noire du gouvernement américain depuis 2021.

L’administration Biden lui avait alors reproché d’avoir « commercialisé un outil numérique mis au service de la répression de dissidents, militants et journalistes » et d’avoir « participé à des activités contraires à la sécurité nationale ou aux intérêts de politique étrangère des États-Unis ».

WhatsApp avait pourtant réussi à faire condamner NSO par la justice états-unienne, en juillet 2025, aux termes d’un procès entamé par Meta il y a six ans, pour avoir infecté environ 1 400 smartphones, dont des journalistes, militants des droits humains et dissidents.

En octobre, l’amende de 168 millions de dollars avait été réduite à 4 millions, mais le juge avait ordonné à NSO de cesser de cibler WhatsApp. Une décision qui, selon la société lors de sa défense, risquait de la conduire à la faillite. NSO avait fait appel de la décision, et demandé un sursis.

Le nouveau président de NSO est un ancien avocat de Donald Trump

En novembre, l’entreprise annonçait qu’un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien venait d’investir des dizaines de millions de dollars afin de prendre le contrôle de l’entreprise israélienne.

Mais, et surtout, NSO se dotait d’un nouveau président exécutif, David Friedman, un ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City.

Il avait ensuite été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump. Une nomination qui avait alors été dénoncée par cinq anciens ambassadeurs des États-Unis en Israël, notamment parce que l’impétrant se présentait comme un fervent partisan des implantations israéliennes et de l’annexion de la Cisjordanie.

Des noms de domaine inspirés de Gaza, des Frères musulmans et de France24

« Lorsqu’une entreprise malveillante figurant sur la liste des entités du gouvernement américain continue de défier les tribunaux américains, les restrictions en vigueur doivent rester strictement en vigueur », rappelle Meta dans son communiqué :

« Les assouplir compromettrait la sécurité nationale des États-Unis et mettrait en danger les entreprises américaines ainsi que des milliards de personnes à travers le monde qui dépendent de communications sécurisées. »

Meta indique avoir demandé au tribunal de « condamner NSO pour outrage au tribunal pour avoir enfreint une injonction permanente qui lui interdisait de cibler WhatsApp et ses utilisateurs ».

L’entreprise souligne qu’elle a reçu le mois dernier le soutien de 12 ONG de premier plan spécialisées dans la défense des droits civiques – dont Access Now et le Knight Institute – afin de s’opposer à l’appel interjeté par NSO contre l’injonction permanente.

Meta a par ailleurs rendu public les noms de domaine utilisés par NSO pour tenter d’installer son logiciel espion sur les terminaux de ses cibles : hxxps://ghazacast[.]com (pouvant potentiellement faire penser à un dispositif de broadcast associé à la bande de Ghaza), hxxps://ikhwancast[.]com (inspiré des noms de domaine des sites web des Frères musulmans), et hxxps://fr24cast[.]com (en lien avec France24 ?).

Un représentant de Meta précise au New York Times avoir été alerté de ces tentatives de « spear phishing » suspectes par des victimes potentielles, qu’elles ont échoué et semblaient concerner moins de dix utilisateurs de WhatsApp, principalement en Jordanie et au Liban.

Apple veut de nouveau sauver le soldat Siri, cette fois avec l’aide de Google

9 juin 2026 à 06:08
Siri, take two
Apple veut de nouveau sauver le soldat Siri, cette fois avec l’aide de Google

Pour présenter les nouveautés Apple Intelligence et Siri, Apple a rejoué la partition de la WWDC 2024. Deux ans après des débuts laborieux, le constructeur promet enfin de livrer l’assistant intelligent qu’il avait alors promis.

On efface tout, et on recommence. Il y a deux ans, Apple avait présenté sa « vision » de l’intelligence artificielle « pour le reste du monde ». Comprendre : une IA qui sert au quotidien pour faciliter la vie des utilisateurs, loin des discours exaltés des grands acteurs de l’IA. Malheureusement, les premiers pas d’Apple Intelligence n’ont guère été encourageants, sans compter la crise ouverte autour de Siri.

Siri AI arrive… mais pas pour tout le monde

En dehors des optimisations plutôt bienvenues pour ses systèmes d’exploitation en « 27 », Apple a donc levé le voile sur une batterie de nouveautés liées à sa plateforme d’IA… qui ressemblent furieusement à celles de 2024. Mais cette fois, grâce aux modèles de langage de Google, ça va aller beaucoup mieux… surtout du côté de Siri, où les promesses devraient finalement être tenues, du moins le constructeur l’espère.

Apple n’a cette fois pas joué au plus malin. Les démonstrations vues durant la keynote n’ont pas été coupées au montage : les temps de réflexion de Siri ont semblé bien réels, et plutôt longs. Bien sûr, il faudra voir sur pièce, ce qui ne risque pas d’arriver tout de suite ; les développeurs pourront tester immédiatement « Siri AI » (c’est le nouveau nom de l’assistant) via la première bêta d’iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 et visionOS 27. Mais c’est sur liste d’attente.

Les utilisateurs attendront « plus tard dans l’année » de mettre les mains sur Siri AI, qui leur sera proposé en bêta. Est-ce à dire que le nouvel assistant ne sera pas disponible dès l’automne, en même temps que les versions finales des OS ? Par ailleurs, seul l’anglais sera pris en compte. D’autres langues suivront.

Pire encore, les utilisateurs européens d’iOS et d’iPadOS seront privés de Siri AI, le temps que le constructeur accorde ses violons avec l’Union européenne. « Apple œuvre sans relâche pour trouver une voie permettant de préserver la vie privée et la sécurité de ses utilisateurs », précise l’entreprise qui s’est même fendue d’un communiqué contre le DMA fourré à la rage froide. macOS 27 Golden Gate et watchOS 27 ne sont pas concernés par le règlement sur les marchés numériques.

Siri AI nécessite aussi une certaine puissance. Apple annonce une compatibilité à partir de l’iPhone 15 Pro et de l’iPhone 16e ; il faudra au minimum un iPad mini (A17 Pro), un iPad Air ou un iPad Pro M1 ; un Mac avec puce M1 ou plus ; une Apple Watch Series 10, une Ultra 2 ou une Apple Watch SE (3e génération).

Les mêmes promesses qu’en 2024

Ceci étant dit, à quoi ressemble ce nouveau Siri ? Apple le présente comme « plus utile, plus compétent et plus intelligent ». Il gagne en capacités conversationnelles, il peut aussi répondre à des questions relatives au contenu affiché à l’écran et piocher dans les données de l’utilisateur (photos, emails, messages…) pour comprendre le « contexte personnel ». Il sait enfin fureter sur le web pour répondre de la manière la plus pertinente possible.

Les exemples donnés par Apple sont convaincants, sur le papier. On peut ainsi demander à Siri les détails d’un concert à venir, obtenir des informations à son sujet (où acheter des tickets ?), créer un rappel pour l’ouverture de la billetterie, puis finalement écouter la nouvelle chanson du groupe. Tout cela dans une fenêtre qui se déroule depuis la Dynamic Island de l’iPhone. Et il est possible d’en discuter avec l’assistant.

L’« intelligence visuelle » est une des rares fonctions d’Apple Intelligence qui a su trouver son public rapidement : avec un iPhone compatible, des informations peuvent être obtenues à partir d’une photo (ChatGPT peut également être autorisé à scruter l’image). Apple l’étend franchement dans l’app Appareil photo avec un nouveau mode Siri qui sait par exemple afficher des infos nutritionnelles sur un plat ou diviser une addition entre amis avec Apple Cash (toujours pas dispo en France hélas).

Sur iPad et sur Mac, Siri AI vit maintenant dans Spotlight, il fait même partie des menus contextuels des systèmes (control + clic sur un fichier, une photo…). L’assistant est également présent sur Apple Watch, CarPlay et les AirPods. Une application dédiée à Siri complète le dispositif, afin de remettre la main sur une conversation passée, ou pour en entamer une nouvelle. L’intelligence visuelle fait son apparition sur ces deux plateformes : sur Mac, en passant par un raccourci clavier permettant d’entourer un objet ; sur iPad, via une capture d’écran.

Les outils d’aide à l’écriture sont toujours bien en place, ils s’améliorent en intégrant Siri qui peut rédiger un brouillon de texte au complet. Mieux encore (ou peut-être pas ?), l’assistant « comprend » le style d’écriture employé en fonction des correspondants : plus professionnel avec le boss, plus cool avec les amis. Les textes générés par Siri peuvent s’y adapter – ne pas oublier de relire, quand même.

Le constructeur a truffé ses apps de fonctions étiquetées « Apple Intelligence ». Impossible de toutes les énumérer ici, mais relevons :

  • Spatial Reframing, qui va recomposer une photo en exploitant les données de profondeur et en générant les contenus manquants ;
  • l’organisation des onglets par rubriques pertinentes et une fonction de création d’extension web dans Safari ;
  • le changement automatique de mots par passe par lot, en cas de mots de passe faibles ou compromis ;
  • la construction d’une automatisation dans l’app Raccourcis via une requête texte ;
  • la recherche d’un événement dans une vidéo enregistrée par l’app Maison…

Pour bénéficier de ces fonctionnalités Apple Intelligence, les configurations minimales sont l’iPhone 15 Pro et l’iPhone 16, l’iPad mini (A17 Pro), iPad M1, MacBook Neo (A18 Pro), ou une Apple Watch Series 10, Ultra 2 ou SE (3e génération) pour peu que ces modèles de montres soient connectés à un iPhone compatible Apple Intelligence.

Il faudra cependant posséder une configuration musclée pour bénéficier du modèle IA embarqué le plus avancé, autrement dit un appareil équipé de 12 Go de mémoire. Cela comprend les iPhone 17 Pro ou iPhone Air (mais pas l’iPhone 17 qui se contente de 8 Go), un iPad avec puce M4 ou un Mac avec une puce M3 avec au moins cette enveloppe de mémoire, ou un Vision Pro M5. Les bienheureux propriétaires de ces terminaux auront droit à une voix plus expressive de Siri AI, la personnalisation et le débit de cette même voix, ainsi qu’une plus grande précision de la dictée partout dans le système.

Apple précise qu’il faudra posséder un abonnement iCloud+ payant pour obtenir un accès accru à certaines fonctions, comme la génération d’images dans l’app Image Playground.

Gemini sous le capot d’Apple Intelligence

Toutes ces nouveautés (et ces fonctions promises il y a deux ans) sont le résultat d’un travail de fond sur les Foundation Models d’Apple, dont l’architecture repose sur les modèles Gemini. Certaines fonctions tournent en local, d’autres sur des serveurs avec le système Private Cloud Compute. Ce dernier remonte à 2024 et au lancement d’Apple Intelligence (Google s’en est d’ailleurs inspiré pour son propre Private AI Compute).

L’idée générale est de protéger les données des utilisateurs qui transitent par ces serveurs ; elles ne sont « jamais stockées ni communiquées » à Apple ou à quiconque. Durant un « tech talk » inédit après la keynote, Craig Federighi, le grand manitou du logiciel chez le constructeur californien, a affirmé qu’Apple Intelligence n’utilise ni Google Assistant, ni l’app Gemini, ni la recherche Google. La collaboration avec Google porte uniquement sur certains modèles d’IA utilisés par Apple, intégrés dans son propre système et exécutés sur son infrastructure.

Image : Apple

Un composant central, le System Orchestrator, analyse les requêtes et décide quelles ressources utiliser : applications, données personnelles indexées par Spotlight, contexte affiché à l’écran, etc. De nombreuses tâches sont traitées directement sur l’appareil, grâce à des modèles locaux (compréhension vocale, synthèse de la voix, analyse d’images et de texte). Les demandes plus complexes sont envoyées vers le nuage du Private Cloud Compute.

Les nouveaux modèles Apple Foundation Models (AFM) de troisième génération sont le fruit d’un partenariat avec Google. Les modèles AFM Core, Core Advanced, Cloud et Cloud Image sont des modèles Apple entraînés avec des données propriétaires et affinés à partir des modèles Gemini les plus avancés. Le modèle le plus puissant, AFM Cloud Pro, affiche selon Apple un niveau de qualité comparable aux modèles Gemini les plus avancés. Des GPU NVIDIA hébergés dans le cloud de Google sont utilisés pour l’inférence d’AFM Cloud Pro.

Enfin, quand une requête nécessite des informations d’actualité ou des connaissances générales, Apple s’appuie sur son propre service World Knowledge Service, pas sur la recherche Google.

Est-ce que c’est la bonne cette fois pour Siri et Apple Intelligence ? Impossible à dire pour l’instant, et puis les utilisateurs européens vont devoir prendre leur mal en patience. C’est cependant la dernière chance pour Apple de revenir dans le peloton de tête dans la course à l’IA avec son architecture maison.

☕️ [màj] Londres veut empêcher les mineurs d’échanger des photos intimes

9 juin 2026 à 05:45


Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.

« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?

Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.

La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.

Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »

Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.

Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.

Mise à jour : Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.

Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».

☕️ OpenAI veut officiellement entrer en Bourse

9 juin 2026 à 05:11


Après Anthropic, OpenAI. Le créateur de ChatGPT a déposé auprès du gendarme américain de la Bourse, la SEC, un formulaire S-1, première étape officielle avant une introduction en Bourse (IPO). Et comme pour Anthropic, il faut se contenter d’un message sibyllin (mais un peu plus coloré) de la part de la startup :

« Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous nous attendons à ce que l’information fuite, alors autant l’annoncer nous-mêmes. Nous n’avons pas encore décidé du calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car il y a certaines choses que nous souhaitons accomplir et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant qu’entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un ensemble complexe de compromis, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus rapidement si nous estimons finalement que c’est la meilleure option. »

Au vu de la confidentialité du dépôt, aucune information financière n’a été révélée, le temps que la SEC examine le dossier à l’abri des yeux indiscrets. OpenAI se réserve le droit de reporter ou d’annuler l’opération. À moins d’une énorme catastrophe toujours possible en ces temps troubles, une annulation pure et simple semble impossible : le labo IA étant valorisé à hauteur de 852 milliards de dollars, les investisseurs historiques et les salariés poussent certainement pour récupérer une partie de leur mise.

Par ailleurs, OpenAI a besoin d’argent frais, et de beaucoup pour financer ses infrastructures : les centres de données et les GPU indispensables pour entraîner ses modèles IA et pour l’inférence. Une IPO permettrait de lever des dizaines de milliards de dollars.

Il y a aussi la pression venue de la concurrence. Anthropic se prépare également à y aller, et SpaceX s’est déclaré aussi. Ces trois entreprises veulent capter la plus grosse part du gâteau. Si l’appétit des investisseurs pour l’IA est fort aujourd’hui, chacun veut éviter d’arriver trop tard.

iOS 27, macOS 27 : Apple met le paquet sur l’optimisation et la lisibilité de Liquid Glass

8 juin 2026 à 19:06
Ça sent le Snow Leopard
iOS 27, macOS 27 : Apple met le paquet sur l’optimisation et la lisibilité de Liquid Glass

Les rumeurs l’avaient promis, les utilisateurs Apple ont été servis : iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 » misent d’abord et avant tout sur l’optimisation de l’existant, au détriment des nouveautés. Difficile toutefois de s’en plaindre, ce d’autant que le constructeur en profite pour corriger les excès de Liquid Glass.

Une année « Snow Leopard ». L’expression est bien connue des utilisateurs de Mac (d’un certain âge, disons !). En 2009, Apple avait triomphalement annoncé que Mac OS X 10.6 (Snow Leopard) comptait très exactement… zéro nouvelles fonctions. Apple avait bourré son prédécesseur, Mac OS X 10.5 Leopard, de nouveautés et il était temps de faire le ménage.

Optimisations à gogo

iOS 27, macOS 27 et les autres systèmes d’exploitation fraîchement présentés durant la keynote de la WWDC 2026 suivent une feuille de route similaire. À tel point qu’aucun de ces OS n’a eu droit à une séquence à part, tout le monde a été mis dans le même sac de l’optimisation ! Apple promet ainsi un gain de performances pour l’iPhone, l’iPad et le Mac, des transferts AirDrop plus rapides (jusqu’à 80 %), des apps qui se lancent plus vite (jusqu’à 30 %), tout comme les photos après leur prise de vue (jusqu’à 70 %).

Au même rayon des améliorations, le constructeur met en avant une meilleure transition entre réseaux Wi-Fi et cellulaire, ainsi qu’un gros travail sur la recherche dans ses systèmes. De petits changements certes, mais très importants pour l’utilisation des appareils au quotidien. La recherche en particulier — dans Mail, Photos et Spotlight, autrement dit les fichiers en local — est souvent défaillante ou ne donne pas les résultats escomptés. Toute amélioration est donc bonne à prendre.

Mieux encore, iOS 27 devrait se montrer plus réactif sur des modèles d’iPhone un peu anciens grâce à l’optimisation pour ces terminaux du gestionnaire des tâches du processeur (CPU scheduler) qui fonctionnait jusqu’à présent sur les modèles récents. La bonne surprise, c’est qu’iOS 27 pourra être installé sur les mêmes iPhone qu’iOS 26 : le système est toujours compatible avec l’iPhone 11 de 2019 (et les suivants bien sûr).

Un verre beaucoup plus opaque

Apple a inauguré l’an dernier Liquid Glass, un « langage de design » pour toutes ses plateformes. Pour le meilleur comme pour le pire : la nouvelle interface basée sur des effets de transparence peut provoquer des problèmes de lisibilité vite pénibles ; il est parfois impossible de lire le libellé d’un bouton quand une image passe dessous.

Le bonheur…
… simple comme une réglette !

Le constructeur a légèrement revu sa copie dans la foulée d’iOS 26, mais le fait est que beaucoup d’utilisateurs n’apprécient toujours pas ces effets. iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 – baptisé cette année « Golden Gate » – et watchOS 27 intègrent une réglette pour modifier la transparence de l’ensemble des éléments graphiques Liquid Glass. On devait donc retrouver des boutons opaques.

macOS bénéficie d’améliorations spécifiques. Les barres de menu perdent leur flou un peu bizarre et surtout, le panneau latéral du Finder et des apps (celui avec les trois boutons rouge, orange et vert) ne flotte plus par-dessus la fenêtre. Les utilisateurs Mac retrouveront donc un peu de leur sérénité perdue avec macOS 26 Tahoe.

L’optimisation et la fiabilité ont été un point important de cette keynote, mais pas le seul. Apple Intelligence et Siri ont eu droit à la part du lion, on y revient très vite.

☕️ Tchap, la messagerie sécurisée de la fonction publique, victime d’un incident de sécurité

8 juin 2026 à 17:03


La direction interministérielle du numérique (Dinum) a signalé lundi 8 juin après-midi un incident de sécurité constaté au niveau de Tchap, l’application de messagerie sécurisée consacrée à l’été 2025 comme l’outil de référence à utiliser pour toute la fonction publique.

L’incident aurait été constaté la veille, dimanche 7 juin, par l’ANSSI. Celle-ci a « détecté une compromission du service Tchap de messagerie instantanée chiffrée de l’État, à la suite d’une usurpation de compte ».

« A ce stade, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a été identifié. Il a été immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant et permettre une analyse approfondie des données auxquelles il a pu accéder. Les investigations se poursuivent, notamment par l’étude des journaux d’événements (logs), pour identifier les conversations auxquelles l’attaquant a pu accéder et la nature des données exfiltrées. », écrit la Dinum.

L’incident n’aurait donc pas affecté les serveurs de la messagerie : il semble localisé au niveau d’un compte utilisateur, qui a donc pu être utilisé pour consulter les salons publics hébergés sur Tchap. Rappelons que cette messagerie est basée sur le protocole Matrix, qui permet un chiffrement bout en bout des échanges. Dans l’implémentation retenue pour Tchap, celui-ci ne concerne cependant pas les conversations publiques.

« Un message a été transmis à l’ensemble des utilisateurs de Tchap rappelant qu’une conversation publique (ou « salon public ») peut être trouvée et rejointe par tout utilisateur et que son contenu n’y est pas chiffré. Conformément aux modalités d’utilisation de Tchap, aucune information personnelle, sensible ou couverte par le secret professionnel ne doit y être échangée : ces échanges doivent être réservés aux salons privés », rappelle à ce sujet la Dinum, qui ajoute avoir notifié l’incident à la Cnil.

Une annonce publiée sur un forum dédié aux vols de données revendiquait, dimanche, l’exfiltration d’un jeu de données issues de la messagerie Tchap comprenant notamment les profils de 73 000 agents avec un certain nombre d’informations professionnelles (email, institution de rattachement, etc.), un solde de 643 000 messages, et de nombreux fichiers multimédias. La véracité de ces allégations n’a pas été confirmée.

Un coq chantant un message chiffré
Illustration : Flock

Datacenters, eau, électricité, carbone : explorez notre carte mondiale interactive !

8 juin 2026 à 15:14
Next, à votre service !
Datacenters, eau, électricité, carbone : explorez notre carte mondiale interactive !

Au sein d’une même carte, nous avons regroupé un maximum d’informations autour des datacenters : installation électrique, niveau de stress hydrique, intensité carbone, mais également d’autres données comme des photos satellites avec un mode « voyage dans le temps » qui remonte jusqu’aux années 60 pour la France.

Le sujet des datacenters est relativement sensible, notamment depuis l’explosion de l’IA générative et des demandes en puissance de calcul toujours plus importantes. Il faut donc toujours plus de GPU, de place pour installer les serveurs et de puissance électrique.

Qu’en est-il près de chez vous ? Un datacenter est-il installé ? Si oui, est-il à proximité de lignes électriques haute tension, dans une zone de stress hydrique ? Comment les bâtiments ont-ils évolué au cours des dernières décennies ? Plus loin, qu’en est-il dans d’autres pays européens ou aux États-Unis, berceau de plusieurs géants du Net ?

Next vous propose une carte pour y voir clair. Elle a été développée avec Claude Code. Il s’agit pour le moment d’une version 0.9 qui doit être finalisée grâce à vos retours. Le code sera ensuite publié sur GitHub. Elle est en accès libre à tous les visiteurs. Abonnez-vous pour nous soutenir et nous permettre de proposer ce genre d’outil à tout le monde !

N’hésitez pas à partager le lien autour de vous. Nous détaillons ci-après les sources des données et des bibliothèques utilisées, ainsi que les principales fonctionnalités de la carte. D’autres sont à découvrir et à tester en direct.

OSM, PeeringDB, WRI… la longue liste des données intégrées dans la carte !

Nous avons agrégé, au niveau mondial, des informations provenant de plusieurs sources ouvertes, sur un fond de carte d’OpenStreetMap, complété par Natural Earth pour les contours des pays et la recherche. Tout d’abord, la liste des datacenters d’OSM, complétée avec ceux de PeeringDB pour les datacenters et points d’échange. Les câbles sous-marins sont aussi présents, ils viennent de Submarine Cable Map (TeleGeography).

Maintenant que les datacenters sont sur la carte, qu’en est-il de l’eau ? Direction le World Resources Institute (WRI), un organisme non lucratif étatsunien qui propose des cartes de tension hydrique (Aqueduct 3.0 et 4.0). Elles sont utilisées par certains géants du numérique pour établir leurs statistiques. Nous avons intégré les relevés de 2010 et 2019, ainsi que les estimations de 2030, 2050 et 2080.

Pour la partie électrique, nous avons directement pioché chez RTE pour la France (via Open Data Réseaux Énergies ou ODRÉ), nous avons récupéré les données de PyPSA-Eur pour l’Europe ainsi que celles de Homeland Infrastructure Foundation-Level Data pour les États-Unis. La liste des centrales électriques vient de nouveau du WRI et de l’ODRÉ. Pour l’intensité carbone, nous avons pris les données Ember Energy, une ONG britannique.

Nous avons également une couche des températures avec les relevés de Copernicus, plus précisément ERA5 pour la 5ᵉ génération d’ECMWF ReAnalysis. La « référence » est la moyenne entre 1950 et 1980, puis s’affiche la différence (± xx°C) sur la carte pour l’année choisie.

Voyagez dans le temps avec les photos satellites IGN et Wayback

Avoir une vision actuelle est une chose, voyager dans le temps en est une autre tout aussi utile. Les vues satellites permettent de se rendre compte de l’évolution des paysages, de voir comment certains bâtiments sont recyclés ou bien sortent de terre comme des champignons, etc.

Trois sources ont été intégrées dans la carte, chacune avec ses spécificités. Celles de l’IGN pour commencer, avec des cartes qui remontent aux années 50/60 pour les plus anciennes, mais pour la France seulement. Copernicus pour l’Europe (il faut vous créer un compte gratuit) et enfin la World Imagery Wayback d’ESRI pour avoir des cartes au niveau mondial, avec jusqu’à 12 ans d’ancienneté. Zoomez un peu sur la carte pour que les boutons des vues satellites deviennent disponibles (ils sont grisés si la surface est trop large).

Des bibliothèques ont également été utilisées : celles de Leaflet (MarkerCluster) pour la cartographie, Shapely pour les calculs géométriques, Nominatim pour le géocodage, Web Map Tile Service de la Géoplateforme.

Les consommations détaillées rentrées à la main

Nous avons aussi ajouté à la main le détail de la consommation en eau et électricité de certains géants américains (Google, Meta et Microsoft) et français (OVHcloud et Scaleway). D’un coup d’œil (en activant la couche DC détaillée), on voit facilement où un opérateur consomme le plus d’eau, avec le niveau de tension hydrique local. Idem avec l’électricité.

Un bouton « Partager » permet de prendre un instantané de la vue en cours et de l’envoyer à un de vos contacts. Cliquez sur « Carte ultime des datacenters » pour revenir à la version de départ.

Cette carte nous sert en interne, mais elle est aussi pensée pour vous. N’hésitez donc pas à nous indiquer de nouvelles données à intégrer, des fonctionnalités à ajouter, etc. Idem pour les bugs : les commentaires sont à votre disposition !

Accessibilité : le numérique public exclut encore des millions de Français

8 juin 2026 à 14:14
Une plainte pour ouvrir les yeux à la DGFiP
Accessibilité : le numérique public exclut encore des millions de Français

L’accessibilité reste un problème pour les sites web de l’administration. Après de belles promesses non tenues, le Collectif Français du Handicap Visuel a décidé de passer à l’action, en portant plainte contre la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) : deux millions de personnes aveugles ou malvoyantes sont toujours privées d’un accès normal et autonome à des fonctionnalités pourtant essentielles, comme la déclaration de revenus.

La campagne de déclaration de revenus s’est terminée le 4 juin. Pour une majorité de contribuables, la formalité se réalise en ligne, mais pour deux millions d’aveugles ou malvoyants, le processus est toujours aussi compliqué, voire impossible. Bien que le site impots.gouv.fr fasse partie des 250 démarches administratives essentielles que l’État s’est engagé de longue date à rendre accessibles, ce n’est toujours pas le cas.

L’accessibilité toujours en rade

L’observatoire officiel de suivi trimestriel de la qualité des démarches essentielles (qui n’a pas été mis à jour depuis le mois de janvier) confirme en effet que la déclaration de revenus en ligne ne prend toujours pas en compte le handicap. Pour un aveugle ou un malvoyant, il est impossible d’utiliser la messagerie du site des impôts ; le formulaire de déclaration n’est pas non plus compatible avec les logiciels de lecture d’écran.

« Avec des données pré-remplies, les déclarations étant en grande partie remplies de façon automatique, on se retrouve avec des listes de chiffres qui sont effectivement visuellement dans des tableaux, mais pas du tout interprétées comme des tableaux par la synthèse vocale », déplore Pierre Marragou, président de l’association apiDV, membre du collectif handicap visuel.


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☕️ Drift de la Switch : 35 millions d’euros d’amende contre Nintendo en France

8 juin 2026 à 12:42


Faire la sourde oreille a fini par coûter cher à Nintendo. Le constructeur japonais a accepté de payer une amende transactionnelle de 35 millions d’euros, après une enquête de la DGCCRF portant sur le fameux « drift » (un problème mécanique) qui affecte les manettes Joy-Con de la Switch première génération.

Ce drift est extrêmement pénible : mouvements fantômes et intempestifs, caméra ou personnages qui ne vont pas dans la direction voulue par le joueur… Ce problème mécanique affecte le joystick analogique des manettes. Nintendo a rechigné à reconnaitre le problème pendant des années, ce qui lui vaut aujourd’hui une amende salée que la filiale européenne a accepté de verser.

Le Service National des Enquêtes (SNE) de la Direction générale de la répression des fraudes s’était saisi du dossier, suite à une plainte de l’UFC-Que Choisir en 2020. Les enquêteurs ont considéré que Nintendo of Europe, en n’informant pas les consommateurs « de manière loyale » sur les dysfonctionnements de certains Joy-Con, a commis une pratique commerciale trompeuse entre 2018 et 2023.

Nintendo n’a en fait commencé à communiquer sur le sujet qu’à partir de 2020, soit trois ans après le lancement de la Switch 1, alors que le phénomène du drift était connu de l’entreprise depuis 2018 explique la DGCCRF. Une communication qualifiée de « tardive et parcellaire », reproche la SNE. Ce qui a pu conduire des consommateurs à se débrouiller pour faire réparer leurs manettes sans passer par le SAV de Nintendo, voire à en acheter de nouveaux.

Les enquêteurs avaient transmis les conclusions de leurs investigations l’an dernier au procureur de la République de Nanterre. Un accord a donc été trouvé avec Nintendo of Europe, contre un gros chèque.

Ce n’est qu’en 2023, et après une action coordonnée au niveau européen, que Nintendo a mis en place un programme de réparation sans frais des manettes affectées par le problème et ce, « jusqu’à nouvel ordre », y compris hors garantie constructeur.

Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

8 juin 2026 à 12:14
Casser le thermomètre, littéralement
Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Donald Trump continue sa politique consistant à couper les budgets de la recherche états-unienne. Visant particulièrement les recherches sur le changement climatique, son administration vient de décider le démantèlement d’un réseau de bouées particulièrement crucial pour la récolte de données sur le sujet.

La recherche, et notamment celle sur le climat, continue d’être attaquée par l’administration Trump. En effet, après les coupes dans les budgets et dans les effectifs mises en place depuis l’année dernière, la National Science Foundation (NSF) a annoncé le 21 mai dernier le démantèlement d’une grande partie du réseau d’instruments scientifiques du projet Ocean Observatories Initiative (OOI) qu’elle a financé depuis 10 ans.

« Ce plan prévoit le retrait de toutes les infrastructures sous-marines de la mer d’Irminger, ainsi que des réseaux de la station Papa, d’Endurance et de Pioneer, sous réserve des contraintes liées au calendrier des navires et d’autres contraintes opérationnelles. Tout le matériel récupéré sera conservé par l’organisme responsable de l’exploitation dans l’attente de nouvelles instructions », explique la NSF, la principale agence de financement de la recherche aux États-Unis. Cette annonce a été faite moins d’un mois après que Donald Trump a viré tous les membres du conseil d’administration de l’agence (qui étaient des chercheurs ou ingénieurs).

Selon le New York Times, ce n’est pas moins de 900 instruments d’observation qui vont être enlevés. Et la NSF prévoit d’envoyer des bateaux pour les récupérer dès ce mois de juin.

Le fonds ajoute garder pour l’instant le « réseau câblé régional » du projet qui se situe au large de Portland ainsi que le data center de l’OOI pour les opérations en cours. Ironiquement, dans son communiqué, la NSF continue à souligner l’importance du projet : « Nous encourageons la communauté à exploiter les données de l’OOI, accumulées depuis plus de dix ans, en les intégrant dans leurs propositions, publications, présentations et échanges avec leurs collègues. Cet engagement continu met en évidence l’impact scientifique et les applications très variées rendues possibles par l’OOI et ses données, soulignant ainsi son importance en tant que ressource pour la communauté océanographique ».

Le système d’observation océanique le plus avancé au monde

Ce réseau d’instruments scientifiques qui a coûté 365 millions de dollars est un outil très utile pour comprendre le changement climatique. L’OOI est le « système d’observation océanique en fonctionnement continu le plus avancé au monde », estime Jim Edson, qui en était responsable en 2022, au New York Times. Comme l’explique l’Institut océanographique de Woods Hole, dans l’océan Austral par exemple, « les premiers déploiements de balises OOI en 2015 ont permis d’obtenir les premières séries chronologiques jamais enregistrées sur les mouvements de chaleur et de masses d’eau dans la région — des données qui revêtent un intérêt particulier pour la population chilienne, alors que le pays est confronté à une sécheresse persistante due à l’évolution des régimes de vent et de pression atmosphérique au-dessus de l’océan ».

La partie du projet située en mer d’Irminger a permis, elle, de mieux comprendre le fonctionnement de l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le système de circulation océanique profonde situé dans l’Atlantique à l’origine des courants. « Ce vaste système de courants marins, dont fait partie le Gulf Stream, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, notamment en transportant de la chaleur des tropiques vers l’Atlantique Nord », explique le CNRS.

Quel pays sera capable de développer un réseau similaire ?

« Cela témoigne une fois de plus du manque de compréhension de la valeur et du mérite scientifiques dont fait preuve l’administration actuelle », se lamente au New York Times Craig McLean, le chercheur qui était le responsable scientifique de la National Oceanic & Atmospheric Administration lors du premier mandat de Donald Trump. « En démantelant un tel système, nous reléguons une nouvelle fois les États-Unis au second plan dans le domaine du leadership scientifique mondial », ajoute-t-il.

Le problème est que le projet n’est pas seulement abandonné mais qu’il est aussi démantelé. Ainsi, pour qu’un autre pays reprenne le relais, il lui faudrait redéployer un réseau d’outils très onéreux.

En mai 2025, en France, des chercheuses et chercheurs tiraient la sonnette d’alarme devant les sénateurs pour que notre pays propose une alternative pour héberger les données menacées par Trump. Le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl, affirmait que les bases de données étaient « l’urgence absolue ». Mais le sénateur Pierre Ouzoulias (PCF) attirait aussi l’attention sur « les bouées de surface dans l’hémisphère nord [qui mesurent paramètres météorologiques et océanographiques], c’est 50 % ».

«Si on perd ces bouées, on est incapables de prévoir des phénomènes extrêmes. Je ne parle même pas du Pacifique, où là, on est totalement dépendants des données météorologiques américaines et nous serions incapables de prévoir des cyclones à Mayotte, à la Réunion ou en Polynésie. Il y a un souci majeur », expliquait-il.

Mais depuis, la France a continué à baisser, elle aussi, les budgets de recherche. Ainsi, l’océanographe et directrice de recherche au CNRS Katell Guizien se plaignait de ne plus pouvoir payer les contrats de travail de chercheurs de son équipe à cause des restrictions budgétaires au sein de l’organisme de recherche. Et le gouvernement a annoncé récemment des coupes budgétaires plus importantes touchant les universités, la recherche et France 2030.

☕️ La Document Foundation (LibreOffice) s’agace de la présentation d’Euro-Office

8 juin 2026 à 10:09


La Document Foundation, responsable de la suite libre et open source LibreOffice, vient de publier une lettre ouverte « aux utilisateurs de la suite Office ». Elle prévient : même si des annonces vont dans le sens de la souveraineté numérique, qui a le vent en poupe en Europe, elles ne sont pas les premières.

La fondation s’agace en particulier des annonces relayées dans la presse autour d’Euro-Office, parfois présentée comme la première suite souveraine développée en Europe. Faux, rappelle la fondation : OpenOffice.org a été créée en 2001, en partant du code de StarOffice, puis LibreOffice a pris le relais en 2010. Les deux sont développées en Europe.

Logo de LibreOffice

Une certaine amertume se fait sentir dans la communication de la fondation. Selon elle, les personnes qui militent aujourd’hui pour la souveraineté numérique « sont restées silencieuses en 2006 quand la norme ouverte ISO/IEC ODF […] a été annoncée ». La fondation affirme n’avoir pas été écoutée « pendant toutes ces années », certains membres ayant été « accueillis avec un sourire condescendant » :

« Si l’on peut parler de la souveraineté numérique en Europe aujourd’hui, c’est grâce à The Document Foundation et aux membres de la communauté LibreOffice en général, qui ont maintenu le drapeau des suites bureautiques open source alors que tout le monde prédisait leur disparition, et qui ont continué à développer le seul format véritablement ouvert et standard garantissant la souveraineté numérique, car il offre un contrôle total aux utilisateurs sur le contenu »

La lettre ouverte précise qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre Microsoft, mais que l’entreprise peut tirer parti de cette situation, car la suite Euro-Office doit se servir du format OOXML, présenté comme un standard ouvert, mais contre lequel la fondation s’est toujours battue. Elle avait déjà dénoncé ce choix dans un billet du 2 avril.

La suite Euro-Office a également été critiquée par OnlyOffice, qui a dénoncé « un fork hostile » du code de sa suite (sous AGPL V3). Ses développeurs ont argué qu’ils voulaient prendre leurs propres décisions. Pour rappel, Euro-Office est un projet soutenu notamment par IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic. Des acteurs de poids qui pourraient peser dans la balance et pourraient « rassurer » les institutions dans ces temps changeants.

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