Le projet d’acquisition d’Electronic Arts par un consortium emmené par le PIF, le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, est en bonne voie. Du moins du côté de l’Union européenne, qui a donné son feu vert à l’opération maousse costaud de 55 milliards de dollars.
Illustration : Flock
La Commission européenne a approuvé le projet d’acquisition du géant du jeu vidéo EA par un consortium composé du PIF et de deux sociétés américaines : le fonds de private equity Silver Lake Capital et Affinity Partners, le fonds géré par Jared Kushner (ci-devant gendre de Donald Trump).
Bruxelles a conclu que l’opération ne soulevait pas de problèmes de concurrence, « compte tenu de son impact limité sur les marchés où les entreprises sont actives ». Comme le rapporte Reuters, il reste toutefois une procédure à terminer, celle du règlement sur les subventions étrangères. La décision, attendue au plus tard le 30 juillet, devra déterminer si le soutien financier du fonds souverain saoudien confère au consortium un avantage susceptible de fausser le marché.
Néanmoins, l’opération semble bien engagée. Outre-Atlantique, l’absence d’intervention de la FTC, le régulateur à la concurrence, ou du ministère de la Justice équivaut à un feu vert. En revanche, il faut encore obtenir l’aval du CFIUS, le comité chargé d’examiner les investissements étrangers aux États-Unis sous l’angle de la sécurité nationale (PDF). Un examen nécessaire, le PIF étant de très loin le partenaire majeur du consortium.
Si le consortium parvient à ses fins, il s’agira de la deuxième plus importante acquisition de l’histoire de l’industrie du jeu vidéo, après les 69 milliards de Microsoft pour Activision Blizzard King. Au terme de l’opération, EA s’alourdira d’une dette de 20 milliards de dollars qui forcera l’éditeur à mettre en œuvre des politiques d’économies drastiques (des fermetures de studios et licenciements sont à craindre) tout en maintenant un niveau élevé de rentabilité. Une sacrée gageure dans un secteur en crise profonde.
Le projet d’acquisition d’Electronic Arts par un consortium emmené par le PIF, le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, est en bonne voie. Du moins du côté de l’Union européenne, qui a donné son feu vert à l’opération maousse costaud de 55 milliards de dollars.
Illustration : Flock
La Commission européenne a approuvé le projet d’acquisition du géant du jeu vidéo EA par un consortium composé du PIF et de deux sociétés américaines : le fonds de private equity Silver Lake Capital et Affinity Partners, le fonds géré par Jared Kushner (ci-devant gendre de Donald Trump).
Bruxelles a conclu que l’opération ne soulevait pas de problèmes de concurrence, « compte tenu de son impact limité sur les marchés où les entreprises sont actives ». Comme le rapporte Reuters, il reste toutefois une procédure à terminer, celle du règlement sur les subventions étrangères. La décision, attendue au plus tard le 30 juillet, devra déterminer si le soutien financier du fonds souverain saoudien confère au consortium un avantage susceptible de fausser le marché.
Néanmoins, l’opération semble bien engagée. Outre-Atlantique, l’absence d’intervention de la FTC, le régulateur à la concurrence, ou du ministère de la Justice équivaut à un feu vert. En revanche, il faut encore obtenir l’aval du CFIUS, le comité chargé d’examiner les investissements étrangers aux États-Unis sous l’angle de la sécurité nationale (PDF). Un examen nécessaire, le PIF étant de très loin le partenaire majeur du consortium.
Si le consortium parvient à ses fins, il s’agira de la deuxième plus importante acquisition de l’histoire de l’industrie du jeu vidéo, après les 69 milliards de Microsoft pour Activision Blizzard King. Au terme de l’opération, EA s’alourdira d’une dette de 20 milliards de dollars qui forcera l’éditeur à mettre en œuvre des politiques d’économies drastiques (des fermetures de studios et licenciements sont à craindre) tout en maintenant un niveau élevé de rentabilité. Une sacrée gageure dans un secteur en crise profonde.
Jamais les gens n’avaient autant voyagé à l’étranger qu’en 2025. Pourtant, les touristes, quelle que soit leur nationalité, sont confrontés à une prolifération d’obstacles : espaces aériens fermés, guerre, visas interdits, envol des prix des carburants… La géopolitique ne les freine pas, constate “The Economist”, mais oriente leurs destinations.
Le monde politique et les médias canadiens se sont levés d’un bloc pour dénoncer la décision du président américain d’imposer, dès le 19 août, des droits additionnels de 50 % sur un large éventail d’exportations du pays, qui avait riposté aux droits de douane imposés précédemment par les États-Unis. Une “escalade majeure” dans le conflit commercial entre le Canada et son “voisin déréglé”.
Les drapeaux du Canada et des États-Unis à Point Edward, dans l’Ontario (Canada), à proximité du Blue Water Bridge, qui franchit la rivière Sainte-Claire, qui marque la frontière entre les deux pays, le 24 octobre 2025.
ENTRETIEN - Le PDG du groupe Colisée, 4e opérateur de maisons de retraite en Europe, appelle l’État à mettre en place une stratégie nationale du grand âge pour assurer le financement et l’accueil des personnes âgées. Leur nombre va exploser dans les années à venir.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a annoncé le 19 juillet le lancement progressif de l’eco. En projet depuis vingt ans, cette nouvelle monnaie devrait remplacer le franc CFA et accélérer l’intégration économique régionale. Mais l’organisation reconnaît que de nombreuses questions restent en suspens.
Les chefs d’Etats de la Cédéao lors d’un sommet à Abuja (Nigeria), le 24 février 2024. Au premier rang, de gauche à droite : le président sénégalais, Macky Sall, le président ivoirien, Alassane Ouattara, le président de la Cedeao, Omar Touray, le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, le président du Togo, Faure Gnassingbe, le président du Ghana, Nana Akufo-Addo. Au second rang : le vice-président de la Gambie, Muhammad B. S. Jallow, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, le président du Bénin, Patrice Talon, et le président de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo.
La vie des salons automobiles n’est pas un long fleuve tranquille. Le Salon de Genève peut en témoigner. Le Mondial de l’Automobile de Paris se tiendra du 12 au 18 octobre 2026, Porte de Versailles à Paris, mais un constructeur qui avait annoncé sa venue vient d’annuler.
L’Europe est un trop bon marché pour BMW
C’est le groupe BMW (marques BMW + MINI) qui a décidé de ne pas venir malgré des nouveautés comme la « Neue Klasse ». Las, la marque à l’hélice ne viendra pas en terres parisiennes.
On a tout de même vu BMW et MINI en force au Festival of Speed de Goodwood début juillet. En effet, le groupe explique : « En raison d’un changement de priorités, BMW Group a décidé d’annuler sa participation au Mondial de l’auto de Paris 2026 et de se concentrer sur d’autres formats ».
En clair : il faut faire des économies, et comme bien souvent, la communication est un levier « facile ». Les salons coûtent relativement cher et n’ont plus la même aura qu’avant. S’ils restent très courus, les constructeurs communiquent désormais énormément sur les réseaux sociaux en direct avec leurs followers.
Des budgets en baisse, répartis sur d’autres moyens de communication
D’autres modes de communication sont aussi apparus au fil des années. Et par exemple une participation à un événement comme Goodwood est un bon moyen d’avoir de nombreuses publications tout en coûtant moins cher qu’un salon automobile, encore plus Mondial.
Pour le groupe BMW, le premier semestre 2026 est contrasté : la marque BMW affiche -6,2 % avec un gros point noir, la Chine (-20,4 %). MINI, l’Europe et l’Amérique du Nord affichent de bons chiffres, mais c’est insuffisant et il faut visiblement économiser BMW France trouvera certainement des alternatives pour compenser le manque d’exposition durant le Mondial 2026.
Notre avis, par leblogauto.com
L’Europe va-t-elle trop bien pour BMW ? On peut se le dire. Comme les ventes sont bonnes, pourquoi dépenser des sous dans un salon alors qu’on peut rediriger les budgets vers les marchés en crise ? Les constructeurs chinois tenteront-ils de prendre la place?
Notre rappel Mondial 2026: le groupe Renault et le groupe Stellantis seront présents en force. Mercedes, Hyundai/Kia ou Volvo également et Smart devrait y dévoiler en première mondiale la nouvelle smart #2. Ford y fera son grand retour tout comme Honda. Enfin, on y retrouvera aussi BYD, Zeekr (première), Denza, etc.
1,5 milliards de dollars. C'est la somme qu'Anthropic va payer pour faire cesser son procès pour violation de droit d'auteur. Croyez bien que ça ne sera pas le dernier, c'est justement une jurisprudence.
Certains pensent que c'est même ce qui pourrait ruiner totalement les sociétés d'IA (vu que toutes, absolument toutes, ont volé des données pour entraîner leurs IAs). (Permalink)
Microsoft va donner un coup de main à Mistral pour construire des centres de données en Europe, au travers d’un accord à plusieurs milliards de dollars. Les derniers modèles du labo IA français vont également être distribués dans les plateformes Azure, Foundry et Copilot Studio de l’éditeur américain.
Mistral renforce ses liens avec Microsoft. Les deux entreprises sont partenaires depuis 2024, dans le cadre d’un accord de distribution des modèles IA du labo sur la plateforme Azure. Cette fois, cela va encore plus loin : Microsoft s’engage en effet sur « plusieurs milliards de dollars » pour développer l’infrastructure IA en Europe.
Des centres de données et beaucoup de souveraineté
Le communiqué donne peu de détails concrets, mais avec cet argent frais, Mistral va pouvoir augmenter ses capacités GPU « grâce à des milliers de GPU NVIDIA Vera Rubin de dernière génération ». La société a annoncé plusieurs investissements pour bâtir des datacenters, en France comme ailleurs en Europe.
L’accord donne donc du muscle à Mistral pour l’entraînement, l’inférence et le déploiement à grande échelle de ses modèles, mais Microsoft y voit aussi son intérêt, bien sûr. Le géant américain renforce ainsi ses capacités en Europe « tout en soutenant les engagements numériques » annoncés l’an dernier pour le vieux continent.
Brad Smith, le président de Microsoft, avait publié en mai 2025 une tribune dans laquelle le groupe prenait des engagements, notamment en matière de gouvernance, de confidentialité des données et de collaboration avec les institutions européennes. « L’Europe doit avoir accès aux capacités d’IA les plus avancées au monde, sans compromettre la maîtrise de ses données, de ses opérations ou de son avenir numérique », avance aujourd’hui le dirigeant.
Le nouvel accord avec Mistral contient également une partie importante sur les modèles du labo français. Medium 3.5 est désormais distribué dans Microsoft Foundry et Azure (au niveau applicatif, le modèle est aussi disponible dans Copilot Studio). OCR 4, la dernière version du modèle dédié à la reconnaissance de texte et désormais parseur documentaire sémantique, est lui aussi proposé dans Foundry.
Les modèles de Mistral peuvent aussi être installés via Azure Local (Azure Stack HCI jusqu’en 2024) sur les infrastructures de l’entreprise plutôt que dans les centres de données de Microsoft. Cela permet aux clients de conserver une partie des outils et du fonctionnement de la plateforme cloud de Microsoft, mais sur des serveurs contrôlés par l’organisation – y compris dans des environnements complètement coupés d’internet. Les modèles Mistral utilisés de la sorte peuvent fonctionner au travers de Foundry Local, pour exécuter les apps IA.
Microsoft soigne son image en Europe
Ces nouvelles capacités permettent aux modèles de Mistral d’être « déployés par les entreprises et les institutions publiques du monde entier sur une plateforme de confiance, conçue pour répondre aux exigences des environnements les plus critiques et réglementés, partout où nos clients exercent leurs activités », précise Arthur Mensch, le directeur général de Mistral.
Brad Smith se fait encore plus clair auprès du Wall Street Journal. « Les clients [qui veulent] s’appuyer sur les modèles de Mistral (…) n’ont pas besoin de choisir un modèle d’Anthropic, d’OpenAI ou d’un autre fournisseur américain », explique-t-il. « Ils bénéficient de notre technologie, qui vient évidemment des États-Unis, mais peuvent l’exécuter dans un environnement déconnecté », ajoute le dirigeant.
En soutenant Mistral de la sorte, Microsoft espère bien montrer patte blanche et marquer des points auprès des régulateurs. « En intégrant les modèles européens de pointe de Mistral à notre portefeuille cloud souverain et en les rendant disponibles dans des environnements cloud public, connectés au cloud ou entièrement déconnectés, nous concrétisons les engagements numériques pour l’Europe que nous avons pris et offrons à nos clients une base de confiance pour déployer l’IA selon leurs propres conditions », décrypte le président du mastodonte US.
Azure et Amazon Web Services pourraient bientôt recevoir leur carte du club du DMA. La Commission européenne prépare en effet une extension du règlement sur les marchés numériques au cloud. Les plateformes épinglées doivent se plier à une série d’obligations pour limiter les pratiques anticoncurrentielles et faciliter le passage d’un service à un autre.
Microsoft va donner un coup de main à Mistral pour construire des centres de données en Europe, au travers d’un accord à plusieurs milliards de dollars. Les derniers modèles du labo IA français vont également être distribués dans les plateformes Azure, Foundry et Copilot Studio de l’éditeur américain.
Mistral renforce ses liens avec Microsoft. Les deux entreprises sont partenaires depuis 2024, dans le cadre d’un accord de distribution des modèles IA du labo sur la plateforme Azure. Cette fois, cela va encore plus loin : Microsoft s’engage en effet sur « plusieurs milliards de dollars » pour développer l’infrastructure IA en Europe.
Des centres de données et beaucoup de souveraineté
Le communiqué donne peu de détails concrets, mais avec cet argent frais, Mistral va pouvoir augmenter ses capacités GPU « grâce à des milliers de GPU NVIDIA Vera Rubin de dernière génération ». La société a annoncé plusieurs investissements pour bâtir des datacenters, en France comme ailleurs en Europe.
L’accord donne donc du muscle à Mistral pour l’entraînement, l’inférence et le déploiement à grande échelle de ses modèles, mais Microsoft y voit aussi son intérêt, bien sûr. Le géant américain renforce ainsi ses capacités en Europe « tout en soutenant les engagements numériques » annoncés l’an dernier pour le vieux continent.
Brad Smith, le président de Microsoft, avait publié en mai 2025 une tribune dans laquelle le groupe prenait des engagements, notamment en matière de gouvernance, de confidentialité des données et de collaboration avec les institutions européennes. « L’Europe doit avoir accès aux capacités d’IA les plus avancées au monde, sans compromettre la maîtrise de ses données, de ses opérations ou de son avenir numérique », avance aujourd’hui le dirigeant.
Le nouvel accord avec Mistral contient également une partie importante sur les modèles du labo français. Medium 3.5 est désormais distribué dans Microsoft Foundry et Azure (au niveau applicatif, le modèle est aussi disponible dans Copilot Studio). OCR 4, la dernière version du modèle dédié à la reconnaissance de texte et désormais parseur documentaire sémantique, est lui aussi proposé dans Foundry.
Les modèles de Mistral peuvent aussi être installés via Azure Local (Azure Stack HCI jusqu’en 2024) sur les infrastructures de l’entreprise plutôt que dans les centres de données de Microsoft. Cela permet aux clients de conserver une partie des outils et du fonctionnement de la plateforme cloud de Microsoft, mais sur des serveurs contrôlés par l’organisation – y compris dans des environnements complètement coupés d’internet. Les modèles Mistral utilisés de la sorte peuvent fonctionner au travers de Foundry Local, pour exécuter les apps IA.
Microsoft soigne son image en Europe
Ces nouvelles capacités permettent aux modèles de Mistral d’être « déployés par les entreprises et les institutions publiques du monde entier sur une plateforme de confiance, conçue pour répondre aux exigences des environnements les plus critiques et réglementés, partout où nos clients exercent leurs activités », précise Arthur Mensch, le directeur général de Mistral.
Brad Smith se fait encore plus clair auprès du Wall Street Journal. « Les clients [qui veulent] s’appuyer sur les modèles de Mistral (…) n’ont pas besoin de choisir un modèle d’Anthropic, d’OpenAI ou d’un autre fournisseur américain », explique-t-il. « Ils bénéficient de notre technologie, qui vient évidemment des États-Unis, mais peuvent l’exécuter dans un environnement déconnecté », ajoute le dirigeant.
En soutenant Mistral de la sorte, Microsoft espère bien montrer patte blanche et marquer des points auprès des régulateurs. « En intégrant les modèles européens de pointe de Mistral à notre portefeuille cloud souverain et en les rendant disponibles dans des environnements cloud public, connectés au cloud ou entièrement déconnectés, nous concrétisons les engagements numériques pour l’Europe que nous avons pris et offrons à nos clients une base de confiance pour déployer l’IA selon leurs propres conditions », décrypte le président du mastodonte US.
Azure et Amazon Web Services pourraient bientôt recevoir leur carte du club du DMA. La Commission européenne prépare en effet une extension du règlement sur les marchés numériques au cloud. Les plateformes épinglées doivent se plier à une série d’obligations pour limiter les pratiques anticoncurrentielles et faciliter le passage d’un service à un autre.
Le 13 juillet, à la surprise générale, la raffinerie du milliardaire nigérian Aliko Dangote, la plus grande d’Afrique, a mis en place un nouveau système de tarification de son pétrole raffiné en dollars américains au lieu du naira, la monnaie nationale. Une transition qui fait craindre une hausse des prix aux distributeurs et aux consommateurs nigérians.
EXCLUSIF - Alors que les indicateurs virent au rouge et que le budget 2027 prévoit un large coup de rabot dans l’enveloppe du ministère du Travail, une étude du Meti révèle l’inquiétude des chefs d’entreprise.
La Commission européenne a proposé vendredi 17 juillet une refonte du système d’échange de quotas d’émissions de dioxyde de carbone pour soutenir la compétitivité des entreprises. Cet allègement pour les industries du continent va à l’encontre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Un nouveau rapport de la banque des banques centrales analyse dans le détail les conséquences potentielles de la course à l’investissement dans l’IA. Il estime que le secteur est déjà en situation de surinvestissement, et que le mouvement en cours pourrait passer d’une « explosion » à un « effondrement » d’autant plus intense qu’il est financé par de multiples leviers financiers.
La « banque des banques centrales » l’avait laissé transparaître dès son rapport annuel. Lors de la publication du document, fin juin, la directrice adjointe de la Banque des règlements internationaux (BRI) Andrea Maechler avait listé auprès de l’AFP quatre points d’attention pour l’économie planétaire : l’inflation provoquée par le conflit au Moyen-Orient et la hausse des cours du pétrole, des plastiques ou encore des engrais, l’ « appétit exubérant pour le risque » des marchés financiers, les niveaux d’endettement élevés des États et… la course aux investissements dans l’intelligence artificielle.
Quelques jours plus tard, l’institution a publié le travail de l’un de ses économistes, Phurichai Rungcharoenkitkul, entièrement dédié à cette course. Sur 56 pages, celui-ci détaille les dynamiques d’investissement dans l’IA et les effets qu’elles pourraient avoir sur la stabilité financière. Et d’exprimer un constat clair : les surinvestissements constatés « exposent le secteur à une baisse des recettes qui pourrait transformer le boom » du secteur « en effondrement ». Et de préciser que « la course à l’engagement précoce par le biais de l’endettement et du financement circulaire augmente le risque d’effondrement ».
En d’autres termes, l’institution s’inquiète ouvertement de voir la course à l’IA dépasser de précédents booms technologiques qui s’étaient déjà, à l’époque, soldés par d’importantes perturbations de marché. Elle alerte sur le fait que les difficultés d’une seule entreprise pourraient « se répercuter sur d’autres par le biais de chaînes d’expositions financières ».
Qu’une innovation technologique produise une vague d’investissements n’a rien de spécifique en soi. L’invention du rail, la multiplication de canaux financés par les États-Unis, même la bulle Internet des années 2000 ont, à des mesures variables, enregistré ce genre d’excitation financière. Le problème, constate néanmoins l’économiste, est qu’elles ont régulièrement enregistré des corrections plus ou moins sévères sur les marchés. Par ailleurs, comparé à « son niveau le plus bas avant le boom, le développement actuel [de l’IA] est en passe de dépasser tous les épisodes précédents en seulement trois ans ».
En s’appuyant sur les bilans des entreprises d’IA et les données publiques disponibles sur les transactions, l’économiste cherche à estimer l’ampleur des investissements réalisés. « La concentration du secteur offre une visibilité inhabituelle, bien qu’incomplète, sur la situation financière des entreprises », relève-t-il, avant d’estimer que les investissements réalisés dans l’industrie représentent « environ 1,5 fois l’optimum social », c’est-à-dire la meilleure répartition possible des actifs pour satisfaire au plus grand nombre. Dans certains cas de figure, ce surinvestissement peut grimper jusqu’à trois fois au-dessus du niveau le plus efficace d’allocation de capital, estime la BRI.
Cette lecture au prisme de l’efficacité économique fait écho à des travaux menés au prisme environnemental. Ainsi d’une récente étude menée par l’analyste Ketan Joshi sur les activités de Google dans le domaine de l’IA : début juillet, ce dernier calculait qu’en quelques années à peine, Google avait multiplié par 1,5 ses dépenses énergétiques pour dégager le même volume de chiffre d’affaires. Une explosion directement liée aux besoins d’infrastructures (des puces jusqu’aux centres de données) de l’IA.
Risque de « récession à l’échelle de l’ensemble de l’économie »
De fait, la concentration du secteur implique que les difficultés touchant l’une des sociétés de l’IA se répercutent à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur : elles pourraient s’étendre aux constructeurs de centres de données, aux laboratoires d’IA, aux fabricants de puces ou encore aux fournisseurs de services cloud, pour commencer. D’après la BRI, cette dynamique constitue une vulnérabilité à part entière puisqu’un « choc subi par une société pourrait se propager et devenir systémique ».
L’explosion de l’IA « partage de nombreuses caractéristiques clé » observées dans des booms technologiques historiques, rappelle Phurichai Rungcharoenkitkul : les entrepreneurs investissent lourdement dans la nouvelle technologie dans l’espoir de « gagner » la course, leurs sociétés cherchant à obtenir des effets de levier capitalistique en recourant à de multiples modes de financement, tandis que l’important recours au financement spécialisé (le capital-risque) pourrait aggraver l’ampleur des pertes en cas de ralentissement économique.
Les cinq plus grands hyperscalers devraient allouer plus de mille milliards de dollars à de l’investissement dans l’IA sur la seule année 2026, calculait la BRI dans son rapport annuel (.pdf), un montant tiré à la fois par la surenchère entre concurrents et par la hausse du prix des mémoires. Or, ces montants dépassent largement leurs bénéfices comme leurs flux de trésorerie, ce qui les conduit à se tourner de plus en plus vers l’émission de titres de créance.
En définitive, la différence la plus notable entre la bulle actuelle et les précédentes se situe dans l’ampleur du phénomène actuellement à l’œuvre. Or, plusieurs des précédentes bulles de ce type ont entraîné « des récessions à l’échelle de l’ensemble de l’économie », alerte la BRI. Et d’insister sur le fait que la course actuelle présente des « risques de ralentissement à court terme ».
Le rapport est publié alors qu’aux États-Unis, terre d’origine de la poignée des sociétés les plus engagées dans cette course à l’investissement, la Réserve fédérale a créé un groupe de travail « Productivité et emplois » dédié notamment à étudier les impacts de l’IA générative sur ces domaines. Celui-ci intègre notamment plusieurs leaders du secteur, dont le capital-risqueur Marc Andreessen, l’ancien directeur de Microsoft CoreAI et l’économiste Charles Irving Jones, détaché chez Anthropic. Autant de liens directs avec l’industrie de l’IA qui interrogent sur l’indépendance réelle de la banque centrale des États-Unis.
Un nouveau rapport de la banque des banques centrales analyse dans le détail les conséquences potentielles de la course à l’investissement dans l’IA. Il estime que le secteur est déjà en situation de surinvestissement, et que le mouvement en cours pourrait passer d’une « explosion » à un « effondrement » d’autant plus intense qu’il est financé par de multiples leviers financiers.
La « banque des banques centrales » l’avait laissé transparaître dès son rapport annuel. Lors de la publication du document, fin juin, la directrice adjointe de la Banque des règlements internationaux (BRI) Andrea Maechler avait listé auprès de l’AFP quatre points d’attention pour l’économie planétaire : l’inflation provoquée par le conflit au Moyen-Orient et la hausse des cours du pétrole, des plastiques ou encore des engrais, l’ « appétit exubérant pour le risque » des marchés financiers, les niveaux d’endettement élevés des États et… la course aux investissements dans l’intelligence artificielle.
Quelques jours plus tard, l’institution a publié le travail de l’un de ses économistes, Phurichai Rungcharoenkitkul, entièrement dédié à cette course. Sur 56 pages, celui-ci détaille les dynamiques d’investissement dans l’IA et les effets qu’elles pourraient avoir sur la stabilité financière. Et d’exprimer un constat clair : les surinvestissements constatés « exposent le secteur à une baisse des recettes qui pourrait transformer le boom » du secteur « en effondrement ». Et de préciser que « la course à l’engagement précoce par le biais de l’endettement et du financement circulaire augmente le risque d’effondrement ».
En d’autres termes, l’institution s’inquiète ouvertement de voir la course à l’IA dépasser de précédents booms technologiques qui s’étaient déjà, à l’époque, soldés par d’importantes perturbations de marché. Elle alerte sur le fait que les difficultés d’une seule entreprise pourraient « se répercuter sur d’autres par le biais de chaînes d’expositions financières ».
Qu’une innovation technologique produise une vague d’investissements n’a rien de spécifique en soi. L’invention du rail, la multiplication de canaux financés par les États-Unis, même la bulle Internet des années 2000 ont, à des mesures variables, enregistré ce genre d’excitation financière. Le problème, constate néanmoins l’économiste, est qu’elles ont régulièrement enregistré des corrections plus ou moins sévères sur les marchés. Par ailleurs, comparé à « son niveau le plus bas avant le boom, le développement actuel [de l’IA] est en passe de dépasser tous les épisodes précédents en seulement trois ans ».
En s’appuyant sur les bilans des entreprises d’IA et les données publiques disponibles sur les transactions, l’économiste cherche à estimer l’ampleur des investissements réalisés. « La concentration du secteur offre une visibilité inhabituelle, bien qu’incomplète, sur la situation financière des entreprises », relève-t-il, avant d’estimer que les investissements réalisés dans l’industrie représentent « environ 1,5 fois l’optimum social », c’est-à-dire la meilleure répartition possible des actifs pour satisfaire au plus grand nombre. Dans certains cas de figure, ce surinvestissement peut grimper jusqu’à trois fois au-dessus du niveau le plus efficace d’allocation de capital, estime la BRI.
Cette lecture au prisme de l’efficacité économique fait écho à des travaux menés au prisme environnemental. Ainsi d’une récente étude menée par l’analyste Ketan Joshi sur les activités de Google dans le domaine de l’IA : début juillet, ce dernier calculait qu’en quelques années à peine, Google avait multiplié par 1,5 ses dépenses énergétiques pour dégager le même volume de chiffre d’affaires. Une explosion directement liée aux besoins d’infrastructures (des puces jusqu’aux centres de données) de l’IA.
Risque de « récession à l’échelle de l’ensemble de l’économie »
De fait, la concentration du secteur implique que les difficultés touchant l’une des sociétés de l’IA se répercutent à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur : elles pourraient s’étendre aux constructeurs de centres de données, aux laboratoires d’IA, aux fabricants de puces ou encore aux fournisseurs de services cloud, pour commencer. D’après la BRI, cette dynamique constitue une vulnérabilité à part entière puisqu’un « choc subi par une société pourrait se propager et devenir systémique ».
L’explosion de l’IA « partage de nombreuses caractéristiques clé » observées dans des booms technologiques historiques, rappelle Phurichai Rungcharoenkitkul : les entrepreneurs investissent lourdement dans la nouvelle technologie dans l’espoir de « gagner » la course, leurs sociétés cherchant à obtenir des effets de levier capitalistique en recourant à de multiples modes de financement, tandis que l’important recours au financement spécialisé (le capital-risque) pourrait aggraver l’ampleur des pertes en cas de ralentissement économique.
Les cinq plus grands hyperscalers devraient allouer plus de mille milliards de dollars à de l’investissement dans l’IA sur la seule année 2026, calculait la BRI dans son rapport annuel (.pdf), un montant tiré à la fois par la surenchère entre concurrents et par la hausse du prix des mémoires. Or, ces montants dépassent largement leurs bénéfices comme leurs flux de trésorerie, ce qui les conduit à se tourner de plus en plus vers l’émission de titres de créance.
En définitive, la différence la plus notable entre la bulle actuelle et les précédentes se situe dans l’ampleur du phénomène actuellement à l’œuvre. Or, plusieurs des précédentes bulles de ce type ont entraîné « des récessions à l’échelle de l’ensemble de l’économie », alerte la BRI. Et d’insister sur le fait que la course actuelle présente des « risques de ralentissement à court terme ».
Le rapport est publié alors qu’aux États-Unis, terre d’origine de la poignée des sociétés les plus engagées dans cette course à l’investissement, la Réserve fédérale a créé un groupe de travail « Productivité et emplois » dédié notamment à étudier les impacts de l’IA générative sur ces domaines. Celui-ci intègre notamment plusieurs leaders du secteur, dont le capital-risqueur Marc Andreessen, l’ancien directeur de Microsoft CoreAI et l’économiste Charles Irving Jones, détaché chez Anthropic. Autant de liens directs avec l’industrie de l’IA qui interrogent sur l’indépendance réelle de la banque centrale des États-Unis.
Le rachat de SFR sera intégralement examiné par l’Autorité de la concurrence française ; la Commission européenne ayant décidé de laisser sa place. Une annonce sans surprise puisque Bouygues Telecom et Orange discutaient déjà avec l’Autorité, tandis qu’iliad avait demandé le renvoi vers Paris de son dossier déposé à Bruxelles.
Début juin, Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange annonçaient la signature d’un protocole d’accord afin de racheter SFR à Altice. C’était la première étape d’un marathon qui a débuté officiellement en octobre 2025. Une opération à plus de 20 milliards d’euros, qui soulève évidemment de nombreuses questions, notamment réglementaires.
Comme indiqué dans notre foire aux questions sur ce rachat, l’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne (l’une ou l’autre, pas les deux) doit examiner ce projet de fusion afin de l’autoriser – avec éventuellement des conditions – ou de le rejeter. Les opérateurs préféraient que le dossier soit traité à Paris plutôt qu’à Bruxelles ; leur souhait est exaucé.
Bouygues Telecom, Orange et iliad : trois opérations distinctes
La semaine dernière, via un communiqué de presse, l’institution présidée par Benoît Cœuré remportait la mise : « l’Autorité de la concurrence sera l’autorité en charge de l’examen du rachat de SFR ». En effet, « le 15 juillet 2026, la Commission européenne a renvoyé à l’Autorité de la concurrence l’examen de la prise de contrôle exclusif par le groupe iliad de certains actifs détenus par le groupe Altice France ».
Mais pourquoi n’est-il question que du groupe iliad ? Parce que ce rachat est en fait « trois opérations de concentration distinctes, mais contractuellement liées ». L’Autorité de la concurrence précise qu’Orange et Bouygues Telecom « ont déjà engagé des échanges » avec ses services depuis le 30 juin. Il s’agit pour le moment d’éléments de pré-notification afin de préparer les dossiers de notifications formelles qui arriveront dans un second temps.
Bouygues Telecom est un opérateur qui n’est présent que sur le marché français, la Commission européenne n’a donc pas grand-chose à étudier sur son opération avec SFR au niveau européen. Orange aussi a envoyé directement son dossier à l’Autorité de la concurrence car, comme le rappellent nos confrères du Monde, « à la signature du protocole d’accord pour racheter SFR, il réalisait encore plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total dans l’Union européenne sur le seul marché français ».
En effet, selon le bilan du premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Orange était de 10,1 milliards d’euros, dont 4,4 milliards en France et 1,8 milliard dans le reste de l’Europe. Mais, la situation a certainement changé le 8 juin avec l’annonce de la finalisation de l’acquisition (prévue) des 50 % restants de l’opérateur espagnol MasOrange. Le calendrier était favorable à Orange.
iliad est présent en Italie et en Pologne – avec près d’un milliard d’euros cumulés pour les deux marchés, contre 1,6 milliard en France – et a donc envoyé son dossier à Bruxelles, mais en sollicitant un renvoi vers l’autorité de la concurrence française.
Demande acceptée, les trois dossiers seront donc traités en France, mais l’Autorité continuera « à coopérer avec la Commission européenne pendant l’instruction ». L’AdlC précise enfin qu’il « s’agit de la 50ᵉ opération renvoyée par la Commission européenne à l’Autorité de la concurrence depuis 2009 ».
L’instruction des dossiers devrait prendre « au moins 18 mois »
« À l’issue de l’instruction de ces trois opérations, au cours de laquelle seront consultés l’ensemble des acteurs concernés, en particulier les associations de défense des consommateurs, ainsi que les autorités sectorielles compétentes, l’Autorité se prononcera sur chacune d’elles ». L’Autorité prévient que, compte tenu de la complexité des dossiers et des marchés concernés, « leur instruction devrait durer au moins 18 mois ».
Dans un entretien au Monde le 10 juin, le président de l’Autorité, Benoît Cœuré, rappelait que cette opération « ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré ». Il ajoutait néanmoins qu’elle n’était pas nécessairement anticoncurrentiel : sinon « nous l’aurions dit, et nous n’aurions pas laissé les opérateurs s’épuiser pour trouver un accord et dépenser des millions d’euros en frais de conseil d’avocats et de banques d’affaires ».
Le rachat de SFR sera intégralement examiné par l’Autorité de la concurrence française ; la Commission européenne ayant décidé de laisser sa place. Une annonce sans surprise puisque Bouygues Telecom et Orange discutaient déjà avec l’Autorité, tandis qu’iliad avait demandé le renvoi vers Paris de son dossier déposé à Bruxelles.
Début juin, Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange annonçaient la signature d’un protocole d’accord afin de racheter SFR à Altice. C’était la première étape d’un marathon qui a débuté officiellement en octobre 2025. Une opération à plus de 20 milliards d’euros, qui soulève évidemment de nombreuses questions, notamment réglementaires.
Comme indiqué dans notre foire aux questions sur ce rachat, l’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne (l’une ou l’autre, pas les deux) doit examiner ce projet de fusion afin de l’autoriser – avec éventuellement des conditions – ou de le rejeter. Les opérateurs préféraient que le dossier soit traité à Paris plutôt qu’à Bruxelles ; leur souhait est exaucé.
Bouygues Telecom, Orange et iliad : trois opérations distinctes
La semaine dernière, via un communiqué de presse, l’institution présidée par Benoît Cœuré remportait la mise : « l’Autorité de la concurrence sera l’autorité en charge de l’examen du rachat de SFR ». En effet, « le 15 juillet 2026, la Commission européenne a renvoyé à l’Autorité de la concurrence l’examen de la prise de contrôle exclusif par le groupe iliad de certains actifs détenus par le groupe Altice France ».
Mais pourquoi n’est-il question que du groupe iliad ? Parce que ce rachat est en fait « trois opérations de concentration distinctes, mais contractuellement liées ». L’Autorité de la concurrence précise qu’Orange et Bouygues Telecom « ont déjà engagé des échanges » avec ses services depuis le 30 juin. Il s’agit pour le moment d’éléments de pré-notification afin de préparer les dossiers de notifications formelles qui arriveront dans un second temps.
Bouygues Telecom est un opérateur qui n’est présent que sur le marché français, la Commission européenne n’a donc pas grand-chose à étudier sur son opération avec SFR au niveau européen. Orange aussi a envoyé directement son dossier à l’Autorité de la concurrence car, comme le rappellent nos confrères du Monde, « à la signature du protocole d’accord pour racheter SFR, il réalisait encore plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total dans l’Union européenne sur le seul marché français ».
En effet, selon le bilan du premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Orange était de 10,1 milliards d’euros, dont 4,4 milliards en France et 1,8 milliard dans le reste de l’Europe. Mais, la situation a certainement changé le 8 juin avec l’annonce de la finalisation de l’acquisition (prévue) des 50 % restants de l’opérateur espagnol MasOrange. Le calendrier était favorable à Orange.
iliad est présent en Italie et en Pologne – avec près d’un milliard d’euros cumulés pour les deux marchés, contre 1,6 milliard en France – et a donc envoyé son dossier à Bruxelles, mais en sollicitant un renvoi vers l’autorité de la concurrence française.
Demande acceptée, les trois dossiers seront donc traités en France, mais l’Autorité continuera « à coopérer avec la Commission européenne pendant l’instruction ». L’AdlC précise enfin qu’il « s’agit de la 50ᵉ opération renvoyée par la Commission européenne à l’Autorité de la concurrence depuis 2009 ».
L’instruction des dossiers devrait prendre « au moins 18 mois »
« À l’issue de l’instruction de ces trois opérations, au cours de laquelle seront consultés l’ensemble des acteurs concernés, en particulier les associations de défense des consommateurs, ainsi que les autorités sectorielles compétentes, l’Autorité se prononcera sur chacune d’elles ». L’Autorité prévient que, compte tenu de la complexité des dossiers et des marchés concernés, « leur instruction devrait durer au moins 18 mois ».
Dans un entretien au Monde le 10 juin, le président de l’Autorité, Benoît Cœuré, rappelait que cette opération « ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré ». Il ajoutait néanmoins qu’elle n’était pas nécessairement anticoncurrentiel : sinon « nous l’aurions dit, et nous n’aurions pas laissé les opérateurs s’épuiser pour trouver un accord et dépenser des millions d’euros en frais de conseil d’avocats et de banques d’affaires ».
Netflix veut changer la manière dont l’engagement est perçu par les investisseurs et les observateurs. Dans l’esprit de la plateforme de streaming, une heure de compétition sportive diffusée en direct qui déclenche le recrutement d’un nouvel abonné a plus de valeur qu’une heure de programme regardée par un abonné fidèle. Plus de qualitatif, moins de quantitatif : à l’heure où Netflix fait face à l’essoufflement relatif de cette métrique essentielle, ce nouveau discours est tout aussi pragmatique qu’opportuniste.
À première vue, tout va très bien pour Netflix. Le deuxième trimestre est solide (PDF), avec des résultats globalement conformes aux prévisions du groupe. Le chiffre d’affaires progresse de 13 % sur un an (12,56 milliards de dollars), le bénéfice net s’établit à 3,4 milliards (+ 8 %), la marge opérationnelle atteint 33,4 % – c’est certes 0,7 point de moins qu’il y a un an, mais la plateforme prévoit une amélioration au second semestre.
Les bons résultats financiers ne suffisent pas
Il y a bien eu un coup de froid sur la trésorerie forte de 1,53 milliard de dollars (740 millions de moins qu’il y a un an), mais cela s’explique en partie par l’indemnité de rupture versée à Warner Bros. Discovery, après l’abandon du projet d’acquisition.
Sur l’ensemble de l’exercice fiscal, Netflix resserre sa prévision de chiffre d’affaires entre 51 et 51,4 milliards de dollars, soit une croissance attendue de 13 à 14 %. La marge opérationnelle devrait atteindre 31,5 %. Les revenus publicitaires devraient, eux, presque doubler pour approcher 3 milliards de dollars. Mais alors, tout va bien ? Non ! Il y a un gros nuage à l’horizon : l’engagement.
En même temps que ses résultats trimestriels, Netflix a aussi annoncé que son rapport « What We Watched », actuellement livré chaque semestre, allait passer à une publication annuelle à partir de 2027 (il sera publié chaque premier trimestre). Ce rapport est scruté de très près, il détaille en effet les heures de visionnage titre par titre.
L’entreprise veut éviter que cette information détourne l’attention de ses autres indicateurs, notamment financiers. Elle continuera cependant de publier des classements chaque semaine, et des données titre par titre.
Au premier semestre 2026, les abonnés à Netflix ont regardé plus de 97 milliards d’heures de programmes. Cela représente une hausse de 2 % sur un an, elle est légèrement supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’an dernier (1,5 %). Une performance souligne la plateforme, car la concurrence a été rude entre les JO d’hiver et la Coupe du monde de foot.
La peur de l’engagement
Même si Netflix a voulu rassurer, l’annonce de l’annualisation de son rapport a contribué au recul du cours de l’action de plus de 7 % vendredi dernier. Le signe que l’engagement est devenu une variable de première importance pour les investisseurs, et pour cause : les heures regardées constituent une donnée simple, mesurable et que l’on peut aisément comparer d’un semestre à l’autre.
L’engagement mesure la place réelle du service dans les habitudes des abonnés. Plus les membres trouvent régulièrement des programmes qui les intéressent, plus ils sont susceptibles de conserver leur abonnement, d’accepter une hausse de prix et de générer des revenus supplémentaires via la formule avec pub.
Netflix veut faire passer l’idée que « toutes les heures ne se valent pas ». Certains programmes servent à recruter de nouveaux abonnés, d’autres à les fidéliser. Le service prend l’exemple de ses contenus en direct : ils représentent un peu plus de 5 % des dépenses, mais seulement 1 % des heures vues. Et pourtant, ces événements ont généré six des dix journées qui ont compté le plus d’inscriptions depuis cinq ans.
Cette notion qualitative est moins visible que des chiffres bruts. Elle est aussi plus difficile à faire passer mais Netflix va s’y employer. En attendant, la plateforme met en avant d’autres formes d’engagement, par exemple son offre de podcasts vidéo qui est un moyen d’ajouter du temps de visionnage, et ses jeux mobiles.
L’app de jeux destinée aux enfants, Netflix Playground, a vu son nombre d’utilisateurs quotidiens tripler depuis avril, et l’engagement auprès des enfants a bondi de 600 % sur un an. Une croissance impressionnante, mais qui part d’une base modeste (à tel point que les heures consacrées aux jeux ne sont pas intégrées dans le rapport « What We Watched »). L’enjeu est moins de remplacer une heure de série par une autre activité que d’ajouter de nouveaux moments de consommation dans l’app.
TF1 est même appelé à la rescousse : le partenariat qui permet à Netflix de diffuser les chaînes en direct du groupe français, ainsi que ses programmes à la carte, satisfait pleinement la plateforme. TF1 a aussi eu l’occasion de se féliciter de cet accord ; les objectifs d’audience ont été atteints en moins de trois semaines, alors que la chaîne s’était donnée 18 mois pour y parvenir.
Pour Netflix, le temps de visionnage demeure une mesure importante. Mais elle ne suffit plus à mesurer la valeur de sa proposition, qui s’est étendue à d’autres formats (directs, podcasts, jeux, et même télévision linéaire). L’arrêt de la publication semestrielle du rapport sur l’engagement des abonnés, tout comme le changement sémantique sur la notion d’engagement n’aide pas non plus, au moment où la progression des heures regardées est relativement modeste.