Vue normale

☕️ Piratage de la DGFiP : deux suspects interpellés, l’enquête se poursuit

4 septembre 2026 à 15:59


L’enquête lancée par la section cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’office anti-cybercriminalité (Ofac) suite au piratage de la plateforme cet été de la Direction générale des finances publiques a débouché sur l’interpellation de deux suspects, rapporte Franceinfo.

Illustration : Flock

Suite à son interpellation le 18 août, un homme de 18 ans a été mis en examen le 20 août et placé en détention provisoire. Un second suspect âgé de 16 ans, interpellé le 26 août, a été libéré après sa garde à vue. Son matériel sera cependant utilisé par les enquêteurs. Le premier suspect, domicilié en région parisienne, ferait partie du groupe de pirates ZeroBytes bien connu des services. Outre la DGFiP, il serait derrière les piratages ces derniers mois de l’Éducation nationale, France Travail, ou encore SFR.

Le suspect n’est pas un perdreau de l’année : il avait en effet été mis en examen en juin 2024 et janvier 2025 dans deux dossiers concernant des attaques informatiques, et placé sous contrôle judiciaire dans ces deux cas.

Il a été mis en examen pour les chefs d’accusation d’« accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données (STAD) à caractère personnel en bande organisée », pour « modification frauduleuse, extraction, transmission, reproduction et détention de données contenues dans un STAD à caractère personnel en bande organisée », ainsi que pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».

L’enquête se poursuit pour interpeller les autres personnes mises en cause dans le piratage du fisc.

☕️ Sync-in 2.5 ajoute des favoris et renforce la sécurité autour des comptes OIDC

4 septembre 2026 à 15:42


Sync-in est une solution d’hébergement et de synchronisation de fichiers libre et open source (licence AGPL 3). Après une version 2.4 en juin, la 2.5 vient de paraître, avec à son bord plusieurs nouveautés importantes.

Elle introduit d’abord un système de favoris, une vue dédiée dans laquelle on peut placer aussi bien des fichiers que des espaces collaboratifs et des partages. On y trouve également des filtres, options de tri, informations sur leur emplacement ainsi qu’un affichage en liste ou en galerie.

Sync-in 2.5 introduit aussi un panneau de sélection. Il s’ouvre automatiquement lorsqu’on clique sur l’icône d’un fichier, avec ou sans sélection multiple. Dans le panneau, on trouve des informations sur les éléments choisis, dont la taille totale et un accès aux fonctions disponibles.

L’activité récente a été unifiée : les fichiers et commentaires sont réunis dans la même chronologie, que l’on peut organiser par période, avec possibilité de filtrer par type d’activité. La nouvelle mouture améliore aussi les copies, déplacements et envois, avec un volet repensé et la possibilité d’ignorer les fichiers quand des conflits sont détectés. Citons en outre une amélioration générale de l’accessibilité, ainsi qu’une meilleure recherche en texte intégral.

La version 2.5 comporte en outre quelques changements importants liés à la sécurité. Le plus significatif est sans doute l’obligation par défaut d’avoir une adresse e-mail vérifiée lorsque l’on passe par un fournisseur OIDC (OpenID Connect). Si c’est impossible pour une raison ou une autre, la personne chargée de l’administration du serveur devra modifier la valeur de l’option auth.oidc.security.requireVerifiedEmail pour false.

☕️ France2030 : 18 millions d’euros pour relancer la recherche sur la fission nucléaire

4 septembre 2026 à 14:53


L’État français a décidé de rebooster sa recherche dans le nucléaire de fission en lançant un nouveau programme de recherche sur le thème financé par le plan d’investissement public France 2030. Dans son communiqué de presse annonçant la création de ce programme, le CNRS l’ancre dans une « volonté d’accompagner la transition énergétique ».

Le programme est doté de 18 millions d’euros sur six ans et est piloté par le CNRS en collaboration avec le CEA.

Réacteur nucléaire
Réacteur centrale nucléaire. Nicolas HIPPERT, Unsplash

L’idée du programme semble de réactiver une recherche sur le nucléaire en perte de vitesse, avec la volonté de :

  • Produire de nouvelles connaissances fondamentales ;
  • Renforcer les infrastructures expérimentales indispensables à ces recherches ;
  • Former une nouvelle génération de scientifiques spécialisés dans l’énergie nucléaire.

La moitié des 18 millions d’euros partira directement dans le financement de personnels de recherche, notamment de contrats doctoraux et postdoctoraux (les postes de chercheurs titulaires étant très peu financés sur des programmes de recherche de ce genre en France).

L’autre moitié du financement servira aux équipements et infrastructures scientifiques « comme des accélérateurs de particules, des réacteurs expérimentaux ou des laboratoires de radiochimie ».

Concernant les objectifs de recherche, le programme se donne l’ambition de produire des données fondamentales sur les processus nucléaires mais aussi d’analyser le comportement du corium, « un mélange de matériaux formé lorsqu’un cœur de réacteur fond durant un accident ». Les chercheurs devront aussi aller à la découverte du devenir des noyaux radioactifs (pour comprendre comment gérer leur fin d’utilisation).

Enfin, le programme prévoit le développement de « nouveaux matériaux capables de résister durablement aux fortes irradiations auxquelles sont soumis les réacteurs nucléaires ».

Le vrai prix de Claude : notre analyse de 11 modèles, avec 3 prompts et 200 requêtes

4 septembre 2026 à 13:45
Les pensées sont aussi facturées
Le vrai prix de Claude : notre analyse de 11 modèles, avec 3 prompts et 200 requêtes

Haiku est le modèle le moins cher d’Anthropic, contrairement à Fable, mais dans quelles proportions ? Où se placent Sonnet et Opus ? Les versions 5 changent-elles la donne ? Next a testé près de 200 combinaisons différentes afin d’apporter un peu de clarté dans l’obscurité de la facturation des IA génératives.

On entend beaucoup parler de tokens, de raisonnement, de limites et de prix autour des IA génératives. Chez Next, on a décidé de mettre les mains dans le cambouis et de lancer des batteries de tests pour vous donner des chiffres.

Nous commençons cette série d’articles avec Anthropic et son IA générative Claude. Le prochain article sera évidemment consacré à ChatGPT, l’IA générative d’OpenAI. Nous testerons également Gemini de Google par la suite.

Fable, Opus, Sonnet et Haiku face à trois prompts bien différents

Afin d’avoir un décompte précis des capacités de raisonnement utilisées par les modèles (via le nombre de tokens), nous passons par l’API d’Anthropic. Le modèle de facturation est clair : on paye par millions de tokens en entrée (le prompt) ou en sortie (le raisonnement et la réponse).

Ce n’est pas le cas des forfaits Claude : Pro et Max qui incluent des limites d’utilisation aux contours flous. C’est un gloubi-boulga dont les utilisateurs peinent parfois à comprendre le fonctionnement : certains ont parfois l’impression de cramer leur crédit en quelques prompts, que les limites changent régulièrement, etc.

L’API permet d’avoir des chiffres précis, c’est ce qui nous intéresse. Quatre familles de modèles sont disponibles, avec parfois plusieurs versions. Au total, nous avons passé à la moulinette 11 IA génératives d’Anthropic : Haiku 4.5, Sonnet 4.5, 4.6 et 5, Opus 4.5, 4.6, 4.7, 4.8 et 5, et enfin Fable 5 et 5.1.

Haiku est le modèle d’entrée de gamme ; c’est le plus léger pour des « réponses rapides, des résumés et de l’extraction simple ». Sonnet se place au-dessus pour « coder, écrire, analyser et des flux de travail en plusieurs étapes ». Les modèles sont présentés par ici.

Opus est plus lourd, pour de la « recherche approfondie et du raisonnement complexe qui nécessitent véritablement une réflexion soutenue ». Enfin, Fable est le modèle le plus lourd et le plus cher, pour « les projets les plus importants et les plus critiques : des tâches longues et complexes ».

Les modèles ont des paramètres pour définir des niveaux de raisonnement, généralement avec cinq paliers de low à max (nous expliquons un peu plus le protocole en fin d’article). Combiné aux onze modèles, cela donne plus de 60 possibilités. Avec trois prompts à chaque fois, cela donne près de 200 combinaisons au total.

Voici les prompts et, en gras, le petit nom que nous leur avons attribué pour les identifier facilement :

Devinette : « Ô frère, fils de ma mère, ton père est le frère de mon enfant. Qui suis-je ? »

Carnet de voyage : « L’été prochain je vais avoir trois semaines de vacances. Je suis avec ma petite voiture électrique Sprind (charge à 30 kW max) et je voudrais visiter le sud de Bayonne a Montpellier en prenant mon temps. Propose moi un carnet de voyage »

Extension : « Je veux une extension pour Chrome et Firefox qui me permet d’inverser les titres et les sous titres sur le site d’actualité Next.ink. S’il n’y a pas de sous-titre, c’est que c’est un brief. Alors fais en sorte d’en inventer un à partir du titre du brief. L’extension doit avoir un sélecteur pour activer/désactiver l’inversion en direct sur la page »

De 1,3 centime en moyenne sur Haiku à 60 centimes sur Fable

Un premier résultat brut, avec la moyenne d’une requête suivant les modèles. Haiku est de loin le moins cher avec seulement 1,3 centime en moyenne. Sonnet passe à 15 centimes, Opus à 20 centimes et Fable monte à 60 centimes.

Une autre manière de voir les choses : Sonnet est en moyenne 11 fois plus cher que Haiku. Passer de Sonnet à Opus fait grimper la facture de 40 %. Enfin, Fable coûte trois fois plus cher qu’Opus. Au final, le rapport entre Haiku et Fable est presque de x50 !

Voici les moyennes des dernières versions de chaque modèle :

  • Haiku 4.5 : 1,3 centime
  • Sonnet 5 : 19,3 centimes
  • Opus 5 : 27,8 centimes
  • Fable 5.1 : 92,1 centimes

L’écart entre Haiku et Fable est encore plus important : près de 100 fois ! On voit également que les dernières versions des modèles coûtent en moyenne plus cher, mais nous y reviendrons un peu plus tard dans cette actualité.

Passons maintenant à toutes les données détaillées. Pour commencer, voici toutes les réponses des différents modèles, avec le nombre de tokens en entrée, ceux utilisés pendant le raisonnement et enfin ceux en sortie.


Il reste 66% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Le scam du support informatique via Teams, nouvelle route de piratage des infrastructures

4 septembre 2026 à 13:29
Fake IT crowd
Le scam du support informatique via Teams, nouvelle route de piratage des infrastructures

Les scammers migrent de plus en plus de l’email vers les plateformes de collaboration d’entreprise comme Microsoft Teams pour mettre en place leurs attaques. En se faisant passer pour le support informatique, ils peuvent aller très loin dans l’infrastructure de l’entreprise visée.

Le laboratoire de recherche en cybersécurité Unit 42 de l’entreprise Palo Alto Networks a alerté ce mardi 1er septembre : des pirates ont mis en place des campagnes pour cibler le système informatique d’entreprises via des appels vocaux sur Microsoft Teams.

Comme souvent quand il s’agit de scam, les pirates utilisent leurs compétences en social engineering. « Ce qui semble être une conversation anodine est en réalité un appel de hameçonnage vocal (vishing), au cours duquel les cybercriminels tentent de contraindre leurs victimes à exécuter des outils de surveillance et de gestion à distance (RMM) ou des virus sur mesure », explique Unit 42.

Utiliser le pouvoir social du support informatique

Notamment, pour que l’utilisateur se laisse manipuler, les pirates se font passer pour le support informatique de l’entreprise. Les chercheurs de Palo Alto Networks signalent avoir repéré une campagne particulière, qu’ils nomment Spring Ring, qui a ciblé entre janvier et avril 2026 plus de 150 employés d’au moins 10 entreprises. Pour certains, les pirates sont allés jusqu’à essayer d’atteindre le contrôleur de domaine de l’entreprise, le serveur qui permet de répondre aux demandes d’authentification et donne les accès aux employés.

Pour Unit 42, cette campagne illustre « la manière dont les plateformes de communication sont utilisées comme armes, l’identité devenant un vecteur d’attaque majeur ».

Les chercheurs de Unit 42 expliquent qu’ils ont détecté cette campagne après avoir observé un schéma suspect de création de discussions. De fait, l’attaque passe d’abord en chat où l’attaquant crée une discussion sous une identité qui semble demander une attention particulière (service d’assistance informatique ou personnel de support) avec un email au domaine proche de Microsoft (ici .onmicrosoft[.]com) et dont il maitrise le sous-domaine (par exemple : ithelp@InternalSystemsDaily[.]onmicrosoft[.]com).

L’attaquant lançait ensuite un appel audio pour lui faire faire des actions présentées comme de l’assistance technique. En fait, l’utilisateur lui donnait le contrôle à distance ou exécutait un virus sans le savoir. Pour mettre la pression sur l’utilisateur, l’attaquant peut appeler plusieurs fois si l’utilisateur ne répond pas.

Deux formes d’attaques : le contrôle à distance ou l’envoi vers un faux cloud de l’entreprise

Lors de la campagne Spring Ring, Unit 42 a repéré deux formes d’attaques. Dans la première, l’attaquant incite la victime à exécuter le logiciel de gestion à distance de son entreprise et ensuite à lui donner le contrôle à distance de son ordinateur. Après avoir vérifié les informations sur l’environnement, il utilise PowerShell pour télécharger un cheval de Troie à distance qui désactive l’antivirus, envoie des données de l’utilisateur et récupère ensuite d’autres virus.

Dans l’autre forme d’attaque, le pirate envoie l’employé vers un lien pointant vers un faux cloud de son entreprise, téléchargeant un virus dont l’exécutable mentionnait le nom de cette entreprise (par exemple : nomdelentreprise-org-filters-update-nomdelavictime.exe). Dès que celui-ci est exécuté, il assure sa persistance dans le système de Windows. Puis il lance une instance cachée et sans interface graphique de Edge pour installer une extension du navigateur de Microsoft. Un script Python est enfin lancé pour scanner les ports SMB, cibler le contrôleur de domaine de l’entreprise via Microsoft NT LAN Manager et tenter « une attaque avec PetitPotam [une preuve de concept (PoC) permettant de forcer des hôtes Windows à s’authentifier auprès d’autres machines, ndlr] afin de contraindre le contrôleur de domaine à s’authentifier auprès d’une machine contrôlée par l’attaquant ».

Pour l’Unit 42, cette campagne montre un « tournant stratégique en matière d’ingénierie sociale, les attaquants allant désormais au-delà du hameçonnage par e-mail pour cibler les outils de collaboration d’entreprise ».

Microsoft alerte aussi

Cela semble aussi le cas du côté de Microsoft. En effet, quelques jours plus tard, les chercheurs de l’entreprise de Redmond ont décrit le même genre d’attaques utilisant les outils de surveillance et de gestion à distance. Ici, PowerShell était utilisé pour télécharger un paquet MSI malveillant qui met ensuite en place un environnement Node.js et un script JavaScript permettant, de façon persistante, l’exécution de commandes.

L’éditeur de Teams semble désemparé devant ce genre d’attaques, affirmant que « cette campagne repose moins sur l’exploitation de la plateforme que sur la persuasion des utilisateurs de mettre en place des processus d’accès à distance sécurisés au sein d’outils de collaboration légitimes ». Microsoft ajoute que les entreprises « doivent considérer toute demande d’assistance externe non sollicitée comme intrinsèquement suspecte et mettre en place des défenses à plusieurs niveaux, couvrant l’identité, les terminaux et la collaboration ».

Dans ses conseils, en plus du renfort de la sensibilisation des employés, Microsoft pousse quand même à utiliser des outils contre les attaques de type « ingénierie sociale », contre le phishing en général, et d’activer les règles ASR de réduction de la surface d’attaque « qui bloquent le contenu exécutable provenant des e-mails et des interpréteurs de scripts, la création de processus à partir de PowerShell/WScript/cmd, ainsi que l’exécution de contenu téléchargé, afin d’empêcher la mise en place de scripts et de fichiers MSI ». L’éditeur pousse aussi les DSI des entreprises à limiter ou surveiller l’utilisation des logiciels de gestion (et d’assistance) à distance et à contrôler quels outils sont autorisés dans leurs environnements.

☕️ Audacity 4.0 fait peau neuve et le plein de nouveautés

4 septembre 2026 à 13:02


L’éditeur audio multiplateforme et open source Audacity était connu pour son interface très « old school ». Les développeurs ne voulaient manifestement plus de cette étiquette : la nouvelle version 4.0 modernise largement l’interface.

Dans Audacity 4.0, l’interface a été réécrite en Qt. Esthétiquement beaucoup plus actuelle, elle permet la réorganisation libre des panneaux et la création d’espaces de travail, qui enregistrent les dispositions personnalisées. Des thèmes clair, sombre et haut contraste apparaissent également. Signalons aussi un spectrogramme redessiné au rendu plus rapide et des effets retravaillés, sur le plan esthétique et des performances.

Outre le changement visuel, les nouveautés sont nombreuses. Par exemple, l’édition par clips a été repensée. On peut maintenant sélectionner directement les clips, en modifier plusieurs simultanément, les grouper ou encore les déplacer librement entre les pistes. Le découpage se veut plus intuitif en proposant son propre outil et des commandes dédiées. De même, la tête de lecture reste visible pendant la navigation et peut être déplacée pendant la lecture. Chaque en-tête dispose en outre de vumètres pour l’enregistrement et la lecture.

La nouvelle mouture améliore aussi sa gestion des périphériques système, leur actualisation et le mapping personnalisé des canaux. Les changements opérés au niveau du système se reflètent maintenant dans l’application. De plus, la version Windows supporte désormais le protocole ASIO (Audio Stream Input/Output), permettant à Audacity une communication plus directe avec la carte son, avec à la clé une amélioration de la latence et de la fiabilité.

Attention cependant, car toutes les fonctions d’Audacity 3 ne sont pas encore présentes dans la branche 4.X, dont les Time Tracks, les pistes MIDI/Note, le Mixer, le Macro Manager, VAMP/LADSPA ou encore Play-at-speed. Les développeurs promettent leur retour dans de prochaines versions, signe du chantier conséquent qu’a été cette version.

Elle s’accompagne d’ailleurs d’un nouveau format de fichier, logiquement nommé .aup4, pour prendre la relève des fichiers .aup3. Ces derniers peuvent être ouverts avec Audacity 4.0 et seront automatiquement convertis.

La nouvelle mouture peut être téléchargée depuis le site officiel. Des versions Windows, macOS et Linux sont comme d’habitude fournies. On remarque que l’application s’est dotée pour l’occasion d’une nouvelle icône, reprise désormais partout sur le site.

Omarchy : une distribution qui séduit, un créateur et une fondation qui divisent

4 septembre 2026 à 10:01
Un système, des moutons, des millions
Omarchy : une distribution qui séduit, un créateur et une fondation qui divisent

La distribution Linux Omarchy attire un nombre croissant de regards. Bâtie sur Arch Linux, elle se distingue notamment par un parti pris graphique tranché et une esthétique soignée, en plus d’être très orientée vers le développement agentique. En arrière-plan cependant, son créateur est contesté pour ses positions sociales tranchées, tout comme le financement de la fondation qui accompagne Omarchy.

Omarchy est une distribution Linux créée par le Danois David Heinemeier Hansson, le plus souvent surnommé « DHH ». Créateur du célèbre framework de développement Ruby on Rails, il est également le directeur technique de 37signals, l’éditeur de Basecamp et HEY). Nous reviendrons sur DHH plus loin.

L’objectif d’Omarchy est de transformer une installation Arch Linux vierge en un système entièrement configuré, moderne et esthétique, fondé sur le compositeur Wayland Hyprland. Le projet a un prédécesseur, Omakub, qui avait la même logique mais était basé sur Ubuntu. Cette distribution se réclame de la philosophie « omakase » : le système impose des choix tranchés et s’adresse surtout à des personnes « capables » de l’apprécier.

Concrètement, cette philosophie s’illustre par des choix très marqués sur les thèmes ou encore les applications embarquées (comme Neovim, Alacritty et Chromium), ainsi qu’une interface globalement pensée pour un pilotage au clavier plutôt qu’à la souris. Comme certaines autres distributions Linux, les mises à jour passent par un système de snapshots (instantanés) au lieu d’un gestionnaire plus classique de paquets.

De la technique et des agents

Omarchy se destine largement aux développeurs et utilisateurs techniques. Cette orientation se reflète dans le choix des applications embarquées et dans la configuration de l’environnement. Le choix d’Hyprland est par exemple marquant, car ce compositeur a été créé avec le « tiling » en tête, c’est-à-dire l’organisation automatique des fenêtres. Le clavier est alors utilisé pour passer de l’une à l’autre, changer leur taille ou encore les déplacer vers d’autres espaces de travail. Le tout s’accompagne de nombreux visuels appréciés aujourd’hui : animations, coins arrondis, ombres, etc.

Si Hyprland s’occupe des fenêtres et de leur gestion, les éléments graphiques sont construits avec Quickshell. Ce framework (cadriciel) permet de développer des éléments graphiques, en l’occurrence la barre de menu, les widgets, le menu de lancement, les notifications, l’écran de verrouillage, les contrôles audio et ainsi de suite. Omarchy a donc une identité visuelle forte, sans passer par KDE ou GNOME. La distribution se sert d’Hyprland et Quickshell pour aboutir au résultat voulu.

Source : Dashen Tech

Cette identité visuelle et ce maniement peuvent rebuter les nouveaux venus, mais ils peuvent s’apprendre, même pour les personnes n’ayant pas d’expérience de ce type d’interface. Omarchy affiche un positionnement différent de la plupart des distributions qui sont initialement « génériques » et doivent souvent être personnalisées pour correspondre aux usages. L’environnement d’Omarchy est pensé comme un tout, le système trahissant l’idée de ce que doit être un « bon environnement », avec les avantages et inconvénients que cela comporte. La distribution est d’ailleurs souvent qualifiée d’« opiniated », c’est-à-dire avec une position assumée.

« Moins de configuration et plus d’utilisation » pourrait être la devise d’Omarchy, mais une utilisation basée sur le clavier et le terminal.

Avec la version 4.0 du système, nommée Quatro, Omarchy a d’ailleurs fait un pas supplémentaire vers les développeurs. Le système se fait plus agentique, avec un shell de bureau réécrit en un seul processus, des mises à jour maintenant basées sur pacman et un agent maintenant aux premières loges, avec une place fixe. Il dispose d’un panneau de quota et intègre un diagnostic automatique des plantages, ainsi qu’une compétence (skill) dédiée pour reconfigurer la machine. On peut choisir parmi neuf agents par défaut, dont Claude, Codex, Gemini, Grok et Copilot (aucun n’est présélectionné). Il vous faut un module particulier sur le bureau ? Demandez à l’agent.

Une fondation, des millions de dollars

La sortie de Quatro le 14 aout a été suivie une semaine plus tard d’une annonce importante pour la distribution : le lancement de la fondation Omacom. Les fondations sont des outils courants dans le monde de l’open source, car elles permettent de gérer l’avenir d’un projet de manière collégiale ou non, ainsi que d’engranger des donations. En lançant la fondation, David Heinemeier Hansson a indiqué vouloir concrétiser cette fois la « prophétie de l’année de Linux ». Il estime que « toutes les pièces sont en place ».

Douze membres fondateurs sont nommés : Tobi Lütke (Shopify), Patrick Collison (Stripe), Michael Dell (Dell Technologies), Jack Dorsey (Block), Matthew Prince (Cloudflare), Brendan Iribe (Sesame, ancien cofondateur d’Oculus), Jason Fried (37signals), Drew Houston (Dropbox), Peter Steinberger (créateur de l’outil d’IA OpenClaw), Brian Armstrong (Coinbase), Yunjie Dai (TapTap) et DHH lui-même. Chaque membre a apporté un million de dollars sur la table.

La somme, déjà conséquente, a été encore augmentée par l’arrivée de plusieurs autres personnes, avec chacune 100 000 dollars : Ryan R. Hughes (Oodle), Ed Huang (PingCAP), Adrien Treccani (Metaco/Ripple) et Max Schoening (Notion). Deux entreprises, 1Password et 37signals, participent également en leur nom propre, avec un budget de 100 000 dollars par an pendant trois ans.

Depuis, les critiques fusent de toute part.

Un créateur très contesté

Si Omarchy semble actuellement la star des réseaux sociaux avec son esthétique et son environnement pensé pour les développeurs, les discussions autour de la distribution ne sont pas que techniques. La figure de DHH est très contestée.

En 2021, il s’était déjà illustré chez Basecamp, dont il était le créateur et patron. Il avait alors interdit toutes les discussions politiques et sociales au sein de l’entreprise, y compris sur les outils utilisés. À l’époque, cette seule mesure avait provoqué le départ d’environ un tiers des effectifs en quelques semaines, dont la responsable design et la responsable marketing. À l’extérieur, beaucoup s’étaient également dit déçus.


Il reste 59% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Failles chez Mammotion : des milliers de robots tondeuses étaient contrôlables à distance

4 septembre 2026 à 07:21
Christine de Stephen King, version tondeuse à gazon
Failles chez Mammotion : des milliers de robots tondeuses étaient contrôlables à distance

Trois chercheurs indépendants en cybersécurité ont découvert 14 failles de sécurité critiques au sein de l’infrastructure qui sous-tend le fonctionnement des robots tondeuses Mammotion. Elles exposaient potentiellement jusqu’à 337 000 comptes utilisateurs, ouvraient l’accès aux infos des réseaux connectés, et permettaient accessoirement la prise de contrôle à distance.

Un gazon sans doute coupé au cordeau, mais une véritable porte ouverte sur le jardin. Trois chercheurs en cybersécurité se sont penchés sur l’application mobile fournie par Mammotion pour le pilotage de ses robots tondeuses.

Ils y ont découvert comment accéder en seulement deux requêtes à un compte admin branché sur l’infrastructure cloud qui en sous tend les fonctions connectées. De là, les failles se sont enchaînées, jusqu’à représenter un total de 14 vulnérabilités, présentées dans un rapport dédié.

Des robots ouverts aux quatre vents

À l’appui de leurs travaux, les trois chercheurs, Sammy Azdoufal (@n0tsa), Andreas Makris (@Bin4ryDigit) et Kevin Finisterre (@d0tslash), ont réalisé une attaque par piratage de compte sur un robot tondeuse détenu en propre. Ils revendiquent une prise de contrôle quasi totale, avec possibilité de piloter le robot à distance et visualiser les images transmises par la caméra.

Image : Mammotion

S’ils affirment ne pas avoir avoir parcouru l’ensemble des services cloud exposés, ils donnent un aperçu de la surface potentielle de l’attaque, estimée à 337 000 comptes utilisateurs énumérables sans authentification, répartis sur quatre serveurs régionaux, dont un serveur EU servant 85 pays, avec une « forte concentration en Allemagne, France et Suède ». Sammy Azdoufal, qui avait déjà mis au jour les failles de sécurité béantes des babyphones et caméras IP Meari et dix CVE dans des produits connectés Aqara, précise à Next qu’environ 49 000 comptes correspondent à des utilisateurs français.

Pour chaque appareil, l’accès découvert donnait selon eux la possibilité d’interroger le robot à distance et d’en faire remonter, sans vérification de propriété, les informations réseau telles que les coordonnées GPS, l’adresse IP sur le réseau local, l’adresse MAC, ou l’IMEI de la connexion mobile, mais aussi le SSID du Wi-Fi domestique, et le numéro IMSI de la carte SIM utilisée pour les communications en cas d’absence de Wi-Fi.

Les chercheurs affirment par ailleurs avoir pu énumérer 46 785 stations RTK dont les clés de chiffrement RSA-2048 étaient récupérables sans vérification de propriété. Ces stations sont un accessoire commercialisé par Mammotion (et d’autres fabricants) pour offrir une référence de positionnement plus précise que celle du GPS et donc améliorer la capacité du robot tondeuse à s’orienter dans le jardin ou respecter les instructions de tonte.

« La flotte RTK européenne de Mammotion fonctionne avec des cartes SIM M2M d’Orange France. Chaque station de base équipée d’un module 4G (IMSI 208012xxxxxxx) transmet des données d’identité cellulaire à tout utilisateur authentifié de l’application », affirment à ce sujet les chercheurs.

Si les données GPS d’un robot individuel suffisent pour localiser son emplacement, les chercheurs suggèrent, sans l’affirmer explicitement, que l’exposition de cette infrastructure de communication mobile ouvrait la voie à des attaques à plus grande échelle.

Une communication assez limitée

La première et peut-être la plus inquiétante découverte tient à la façon dont les chercheurs ont pu accéder au cloud de Mammotion. D’après leur rapport, le fabricant référençait dans son application un endpoint (un point de terminaison pour se connecter à l’infra) lié à son serveur situé en Chine qui retournait, sans authentification ou token préalable, un mot de passe à usage unique (on parle de code OTP, pour One-Time Password), qui en réalité n’expirait pas.

Ce code à usage unique est lié à la récupération en cas de mot de passe oublié. Pour un utilisateur lambda, il faut en principe une demande de réinitialisation pour que ce code soit généré, puis reconnu au niveau du endpoint. « Pour admin@mammotion.com, la situation était différente. L’administrateur n’avait apparemment jamais déclenché sa propre procédure de mot de passe oublié ; son code OTP enregistré n’avait donc ni durée de vie ni renouvellement. Il était juste là », décrivent les trois auteurs, avant de résumer : « Deux requêtes HTTP non authentifiées et vous possédez le compte administrateur Mammotion ».

Les vulnérabilités corrigées par Mammotion selon les trois chercheurs – capture d’écran

Le dépôt GitHub créé pour l’occasion liste également les échanges par écrit entre les trois chercheurs et les services techniques de Mammotion. La conversation achoppe principalement sur des questions de forme, peut-être motivées par le passif de Kevin Finisterre avec la marque, quelques années plus tôt. Ce dernier s’était en effet inquiété de voir un service SSH tourner sur son robot, et avait donc demandé à la marque le mot de passe permettant de s’y connecter pour investiguer le sujet. Il s’était vu opposer une fin de non recevoir.

D’après la transcription publiée dans ce rapport, Mammotion indique avoir pris en compte les remarques des chercheurs et implémenté des « mesures de protection » adaptées. Affirmant travailler avec des institutions externes dédiées à la sécurité, elle a en revanche refusé d’ouvrir un canal technique avec les intéressés qui réclamaient la mise en place d’un processus de divulgation responsable. Elle ne livre par ailleurs aucune réponse sur le fond, mais a tout de même fini par corriger les failles les plus sérieuses. C’est ce constat qui a conduit les trois auteurs à publier leur rapport, daté du 21 août et mis en ligne sur GitHub le 24 août dernier.

Leurs conclusions relèvent d’ailleurs que trois problèmes restent en suspens : un secret codé en dur dans un élément JavaScript public, un processus d’auto-enregistrement de clients avec une adresse de redirection arbitraire ouvrant, par exemple, la voie à des tentatives de phishing, et des sous domaines internes résolus via des DNS publics.

Sur sa page de support, Mammotion s’engage à assurer des mises à jour de sécurité continues pour tous ses produits pendant les cinq ans qui suivent leur mise sur le marché. Contactée par nos soins le 24 août et relancée depuis, l’entreprise n’a pas répondu à nos questions.

☕️ Claude, ChatGPT, Gemini et Grok sont simultanément tombés en panne, SpaceXAI s’excuse

4 septembre 2026 à 06:59


Dans la soirée de ce jeudi 3 septembre, quatre des principaux fournisseurs de services d’IA générative étaient inaccessibles.

Anthropic a d’abord signalé un problème sur Claude Sonnet 5 puis un nombre d’erreurs anormal sur Claude Mythos 5.1, Claude Fable 5.1, et Claude Opus 5. De son côté, OpenAI a relevé une hausse du nombre d’erreurs sur ChatGPT et Codex. Le statut de Grok indiquait hier soir aussi des problèmes. Et les utilisateurs de Gemini ont signalé des problèmes d’accès via le site Downdetector.

Cette panne simultanée de services d’entreprises indépendantes peut paraitre étonnante. Mais, dans la soirée (vers 21h38 heure française), SpaceXAI a publié un tweet pour s’excuser : « Nous sommes désolés pour les problèmes que vous avez pu rencontrer avec Grok à la suite d’une panne survenue ce matin dans notre centre de données de Memphis. Nous tenons également à présenter nos excuses à nos partenaires informatiques concernés ». L’entreprise d’Elon Musk ajoutait que « tous les systèmes ont désormais été rétablis et fonctionnent normalement ». « Et nous prenons des mesures correctives pour veiller à ce que cela ne se reproduise plus » a précisé sobrement Elon Musk.

Le gouvernement américain vole au secours d’OpenAI dans son litige avec le New York Times
Illustration : Flock

Rappelons que xAI (maintenant SpaceXAI) a ouvert en septembre 2024 au sud de Memphis un énorme datacenter nommé Colossus. L’entreprise d’Elon Musk en loue maintenant des parties à la plupart des acteurs du secteur, comme Anthropic.

NVIDIA : les premiers PC Windows à « superpuce » RTX Spark arrivent en octobre

4 septembre 2026 à 06:45
L'étincelle pour Windows sur Arm
NVIDIA : les premiers PC Windows à « superpuce » RTX Spark arrivent en octobre

Les premiers PC dotés d’une « superpuce » RTX Spark de NVIDIA sortiront au mois d’octobre. Les premiers modèles seront visibles durant l’IFA de Berlin qui ouvre ses portes aujourd’hui. Hélas, ni NVIDIA ni aucun partenaire n’annoncent de prix pour ces ordinateurs très haut de gamme.

Un « nouveau départ pour les PC Windows », rien de moins. C’est ainsi que NVIDIA présente de nouveau RTX Spark, un « Superchip » qui combine CPU, GPU et mémoire unifiée, à l’image des puces d’Apple. Les ordinateurs équipés de ce SoC seront tout spécialement à leur aise avec les agents IA, mais aussi le montage vidéo et les jeux. L’entreprise avait déjà largement communiqué sur RTX Spark début juin.

Les premiers PC Spark seront disponibles en octobre, mais on sait déjà à quelle sauce les premiers clients seront mangés. À l’occasion de l’IFA, Lenovo a levé le voile sur deux modèles de portables, le Yoga Pro 9n (15 pouces) et l’hybride Yoga 9n 2-in-1 (écran OLED de 16 pouces) qui peut devenir une tablette.

Acer présente de son côté un concept de PC de bureau compact qui affiche un design rétro pour le moins original. Aucun prix n’a été communiqué pour tous ces appareils, tandis que Dell, Asus, HP et Microsoft sont également partenaires du lancement.

Pour l’IA… et les jeux

NVIDIA a révélé deux spécifications. Le GPU de la RTX Spark haut de gamme intègre 6 144 cœurs CUDA Blackwell, le CPU 20 cœurs CUDA Grace, et il peut embarquer de 24 à 128 Go de mémoire unifiée. C’est une puce que l’on retrouvera non seulement dans les portables, mais aussi dans les PC de bureau.

L’autre modèle, destiné cette fois uniquement aux portables, contient un GPU de 5 120 cœurs CUDA Blackwell, un CPU de 18 cœurs CUDA Grace, et de 24 à 32 Go de mémoire unifiée. Selon Windows Central, cela permettrait d’avoir des machines autour des 2 000 dollars.

Ces puces feront tourner le système d’exploitation Windows sur Arm, qui finit petit à petit par gagner ses galons face au grand frère x86. Notamment en matière d’IA : les ordinateurs Spark seront ainsi « les premiers PC Windows au monde conçus spécialement pour les agents personnels », avait affirmé NVIDIA au printemps. Ils sauront ainsi utiliser le framework Windows Agent qui permet aux agents de travailler « en toute sécurité en arrière-plan, sous le contrôle du système d’exploitation ».

En plus des capacités IA, les PC Spark se présentent comme des champions du montage vidéo, des rendus 3D, de la compilation logicielle, et même… des jeux vidéo. Après tout, il s’agit d’une puce NVIDIA ! Electronic Arts, Embark, Krafton, Riot, NetEase, Ubisoft et Xbox sont partenaires de cette nouvelle puce ; plusieurs jeux prennent ou vont prendre en charge l’architecture, comme EA Sports F1 25, Apex Legends, Anno 117: Pax Romana, Arc Raiders

NVIDIA et EA ont également travaillé à la compatibilité de l’outil anti-triche Javelin, qui équipe de nombreux jeux multi. Ce support pour les jeux est une barrière supplémentaire qui tombe en faveur de Windows sur Arm.

☕️ Microsoft limite sévèrement le Xbox Cloud Gaming

4 septembre 2026 à 06:17


Microsoft rabote Xbox Cloud Gaming. Le service de streaming de jeux va imposer un quota d’heures à compter du mois de novembre.

Les abonnés Game Pass Essential devront ainsi se contenter de 5 heures par mois. La formule Premium sera limitée à 10 heures. Quant à l’enveloppe de l’offre Ultimate, elle dégonfle à 15 heures.

Actuellement, le cloud gaming est illimité, même si les temps d’attente sont plus longs pour les abonnés Essential. « Nous savons que l’introduction de limites constitue un changement important, en particulier pour les joueurs qui passent régulièrement davantage de temps à jouer via le cloud », écrit Xbox. Le changement devrait concerner 4 % des abonnés, selon l’entreprise.

Une fois le quota d’heures dépassé, le joueur dans le cloud pourra acheter du temps de jeu supplémentaire dans la boutique Xbox. Les prix ne sont pas encore connus. Cette nouveauté réduit encore l’intérêt du Game Pass, alors que Microsoft a exclu les épisodes de Call of Duty le jour de leur sortie en avril dernier (pour une bonne cause : réduire le prix des abonnements).

La petite PME qu’est Microsoft manque de moyens pour maintenir les serveurs et investir dans la fiabilité et les performances de son service. « Les coûts liés au cloud gaming augmentent à mesure que davantage de personnes utilisent le service et jouent plus longtemps », justifie l’entreprise. « Nous comprenons que, pour certains joueurs, cela revient concrètement à payer plus cher », ajoute-t-elle pour s’excuser.

En novembre, Xbox lancera également une nouvelle offre qui permettra aux joueurs non abonnés au Game Pass d’acheter du temps de jeu de streaming pour les jeux qu’ils possèdent (et qui sont compatibles). C’est une option pour ceux qui ont besoin d’un accès occasionnel au cloud et qui ne veulent pas du boulet d’un abonnement. Là encore, les détails sont inconnus.

GPT-6 Astra : quand OpenAI annonce l’AGI, l’API présente la facture

4 septembre 2026 à 05:54
L'AGI a une drôle de tête
GPT-6 Astra : quand OpenAI annonce l’AGI, l’API présente la facture

Avec GPT-6 Astra, OpenAI ressort le grand mot : AGI. Le nouveau modèle affiche des résultats spectaculaires sur un benchmark indépendant, mais il reste très cher, personne ou presque ne peut s’en servir, et il n’est certainement pas la preuve que l’intelligence artificielle générale est arrivée.

GPT-6 Astra fait entrer OpenAI dans l’ère de l’AGI, l’intelligence artificielle générale. C’est le message qu’a voulu faire passer Greg Brockman, le président de l’entreprise, qui a fait la tournée des popotes pour propager la bonne parole. On attendra d’en savoir plus, et surtout les tests indépendants, pour déterminer si Astra répond réellement aux critères pour le moins flous de l’AGI.

Ce modèle, aussi annoncé comme « un saut générationnel en matière de capacités », rien de moins, se limite pour le moment à la poignée d’organisations qui participent au programme Daybreak. OpenAI promet cependant que GPT-6 sera déployé « dans les prochains jours » auprès des abonnés Plus, Pro, Business et Entreprise, ainsi que via l’API et AWS.

Attention toutefois au coût, en particulier pour la tarification à l’usage avec l’API. GPT-6 Astra revient en effet au même prix que Fable 5.1 : 10 dollars par million de tokens en entrée, 50 dollars en sortie. La hausse est vertigineuse (+ 150 % en entrée comme en sortie) par rapport à GPT-5.6 Sol. Mais « j’ai l’impression que nous avons franchi un changement qualitatif », a déclaré Greg Brockman. Ça se paie.

OpenAI a tout de même souligné que grâce à sa grosse tête bien faite, Astra utilise « nettement moins de tokens au total par tâche », mais on ignore encore concrètement dans quelle mesure cette efficacité se traduira par des coûts plus bas. En tout cas, sur les benchs réalisés par OpenAI, Astra présente plutôt bien :

Le 1er septembre, OpenAI avait fait un point d’étape sur Astra et ses capacités en matière de cybersécurité. Le modèle n’est pas impliqué dans l’attaque d’Hugging Face, néanmoins l’entreprise en a profité pour intégrer les enseignements de cette fuite d’agents. « Nous estimons que les protections d’Astra réduisent suffisamment le risque de préjudices graves pour permettre sa sortie conformément à notre cadre de préparation ». Ouf.

Loin de l’AGI selon ARC-AGI-3

Un benchmark indépendant apporte un peu de nuance au message forcément marketing et flatteur de Greg Brockman. Astra est en effet passé au tamis d’ARC-AGI-3, un benchmark publié par l’ARC Prize Foundation, une organisation à but non lucratif cofondée par François Chollet, créateur de Keras, la bibliothèque open source pour créer et entraîner des réseaux de neurones, très utilisée.

ARC-AGI-3 ne dit pas qu’Astra est une AGI ; les auteurs indiquent clairement que saturer le bench ne constitue pas une preuve d’AGI. « Même si nous pensons qu’Astra représente un progrès significatif vers la généralisation, nous n’affirmons pas qu’il s’agit d’une AGI », écrivent-ils. Ceci étant dit, les résultats de GPT-6 n’en restent pas moins impressionnants : 62,7 % avec le harnais standard (le cadre de test commun et minimal utilisé pour évaluer tous les modèles de la même façon), et jusqu’à 99,9 % avec un harnais adapté aux spécificités du fournisseur.

Chaque point représente un niveau terminé par Astra en mode Max. Les points situés sous la ligne continue indiquent qu’Astra a utilisé moins d’actions que la référence humaine.

En mode Max, pour les niveaux résolus, Astra se montre bien plus efficace que les humains avec le harnais standard. Il utilise en effet moins d’actions que le médian humain dans 96 % des niveaux terminés, avec 51,7 % d’actions en moins par niveau en moyenne. Spectaculaire… tout comme le coût ! Jusqu’à 26 098 dollars pour le score standard à 62,7 %, et 18 817 dollars pour le 99,9 % avec le harnais « provider adapter ».

À titre de comparaison, les participants humains du test étaient rémunérés 115 dollars par session de 90 minutes, plus 5 dollars par jeu terminé, soit environ 12,78 dollars par jeu tenté avant bonus. La comparaison reste cependant imparfaite : côté humain, on rémunère surtout du temps de participation ; côté IA, on mesure une facture d’inférence.

La performance d’Astra demande donc à être nuancée (tout comme les déclarations enflammées du président d’OpenAI). Ce d’autant que les humains peuvent résoudre 100 % des environnements du benchmark, là où GPT-6 n’atteint pas 63 %. Le modèle peut se montrer plus efficace que le médian humain lorsqu’il comprend un niveau, mais il ne les comprend pas tous. Et puis ARC-AGI-3 reste très balisé, avec des mécaniques et des objectifs bien définis ne reflétant évidemment pas le monde réel. Il est cependant indéniable, au vu des résultats, que le modèle fait de gros progrès sur l’agentique.

L’Hôpital privé de Loire sanctionné pour absence de « mesures élémentaires de sécurité »

3 septembre 2026 à 15:24
C'est l'hôpital qui se fout de la sécurité
L’Hôpital privé de Loire sanctionné pour absence de « mesures élémentaires de sécurité »

Il y a un an, un pirate a pu accéder aux données de 524 867 patients et 202 246 tiers de confiance de l’Hôpital privé de Loire via son système de dossier patient informatisé. La CNIL a choisi de sanctionner cet établissement de soin privé car celui-ci a été particulièrement négligent : absence de VPN, de moyen d’authentification multifacteur, mais aussi mot de passe temporaire identique pour l’ensemble des praticiens après la violation de données.

C’est une sanction de 500 000 euros d’amende que la CNIL a infligée ce jeudi 3 septembre à l’Hôpital privé de la Loire, un établissement du groupe Ramsay Santé.

La CNIL n’a pas pour habitude de sanctionner fortement des structures comme les hôpitaux, elle préfère souvent les accompagner dans une démarche de meilleure sécurisation de leurs infrastructures. Mais là, il semble que les manquements de sécurité de cet hôpital aient largement dépassé les bornes de ce que l’autorité peut laisser passer sans sanction concernant la mauvaise protection de données de santé.

Dans sa délibération, la CNIL explique que cet hôpital a été victime d’une violation de données de son dossier patient informatisé (DPI) en juin 2025. L’attaquant s’est connecté au DPI via les identifiants d’un médecin libéral rattaché à la structure.

Entre le 26 juin et le 1er juillet 2025, il a « procédé à l’exfiltration de 524 867 fiches patients contenant des informations telles que l’état civil, le numéro de sécurité sociale, les coordonnées postales et électroniques et le numéro d’identifiant permanent des patients concernés ». Plus de 46 000 de ces fiches étaient aussi associées au recto de la carte d’identité et plus de 202 000 comportaient des données relatives à la personne de confiance désignée par le patient. Enfin, 43 fiches comportaient des données de santé.

Pas de VPN ni d’authentification à 2 facteurs

Dans sa décision, la CNIL souligne « que l’obligation de sécurité prévue par l’article 32 du RGPD est une obligation de moyens ». Or, sa rapporteure « reproche à l’hôpital de ne pas avoir mis en place des mesures appropriées pour sécuriser l’accès au DPI des utilisateurs externes ». En effet, au moment de la violation de données, cet accès s’effectuait grâce à un identifiant et un mot de passe mais « sans connexion préalable à un VPN, ni moyen d’identification électronique à deux facteurs ».

Un référentiel de sécurité relatif à l’identification électronique des utilisateurs des services numériques en santé existe pourtant depuis la publication d’un arrêté le 28 mars 2022. Et celui-ci demande bien expressément de mettre en place ces dispositifs pour sécuriser les connexions extérieures.

La rapporteure souligne que, justement, l’attaquant a exploité cette vulnérabilité pour accéder au dossier patient informatisé de l’hôpital et extraire les données qu’il contenait.

Pas de surveillance automatique des logs

Autre reproche : l’hôpital n’avait pris aucune mesure d’analyse automatisée des journaux d’évènements permettant de repérer des activités inhabituelles sur le DPI. En effet, si la structure hospitalière avait mis en place un centre des opérations de sécurité (SOC), un système de supervision et un système de journalisation avec enregistrement des traces applicatives, elle n’avait pas activé l’analyse automatique en temps réel des traces applicatives du DPI.

« Cette carence de surveillance a permis à l’attaquant d’effectuer un nombre extrêmement élevé de requêtes au sein du DPI de l’hôpital pendant près d’une semaine », souligne la rapporteure. La CNIL montre d’ailleurs, après analyse des logs, que l’activité de l’attaquant aurait sans doute été détectée par un système automatisé : pendant la phase d’extraction automatique mise en place par l’attaquant, son système consultait une moyenne de 73 fiches de patients par minute.

Un mot de passe temporaire pour tous

Et ce n’est pas tout. La CNIL pointe une mauvaise pratique mise en place par l’hôpital pour atténuer les effets de l’attaque. En effet, celui-ci a enclenché une procédure de réinitialisation des mots de passe. Mais celle-ci était pour le moins problématique : elle a consisté « à attribuer un mot de passe temporaire identique à l’ensemble des praticiens, qui de surcroit ne leur a pas été transmis directement, mais a été communiqué au président de la commission médicale d’établissement, à charge pour lui de le leur retransmettre ». L’hôpital a reconnu le problème mais a insisté sur le caractère d’urgence de cette mesure.

Précisons quand même que ce mot de passe temporaire n’était valable « que » pendant une semaine. Mais la CNIL rappelle que, même temporaire, les mots de passe « doivent être confidentiels et personnels à chaque utilisateur ». L’autorité remarque que l’hôpital « a au demeurant fourni à l’ensemble des utilisateurs les moyens de se connecter à des comptes de tiers, dès lors que tous avaient durant plusieurs jours le même mot de passe, et d’accéder ainsi à toutes les données à caractère personnel auxquels ces tiers pouvaient accéder ».

La rapporteure de la CNIL reproche encore à l’hôpital d’avoir laissé à la société éditrice du logiciel de gestion de son DPI un accès permanent aux données à caractère personnel des patients. Si l’hôpital a tenté de mettre en avant le besoin de cet accès pour un support rapide et efficace, l’autorité considère que l’accès permanent et sans contrôle au DPI de l’hôpital et aux données des patients « n’est pas nécessaire au regard de la mission d’assistance technique et de maintenance de la société éditrice du logiciel ». Elle ajoute même qu’au contraire, « les salariés de l’éditeur du logiciel auraient dû systématiquement solliciter l’autorisation préalable de l’hôpital » pour effectuer une opération de maintenance.

Enfin, l’hôpital se voit reprocher sa mauvaise communication envers les personnes concernées. En effet, si son effort pour contacter ses patients n’est pas remis en cause, la CNIL considère qu’il aurait dû contacter les 202 246 personnes concernées désignées comme tiers de confiance par des patients de l’hôpital.

Outre l’amende de 500 000 euros prononcée par la CNIL, l’autorité enjoint l’Hôpital privé de la Loire de mettre en conformité ses outils de sécurité et à n’ouvrir l’accès de l’éditeur du logiciel Expert Santé au DPI que sur autorisation préalable de l’hôpital sous menace de peines de jours-amende. Comme dans pareille décision de la CNIL, l’Hôpital privé de la Loire peut faire un recours devant le Conseil d’État dans un délai de deux mois.

Le G20 adopte l’approche pro-IA portée par les États-Unis

3 septembre 2026 à 14:55
La main légère sur l'IA
Le G20 adopte l’approche pro-IA portée par les États-Unis

Les États-Unis et l’industrie de l’IA tiennent leur victoire diplomatique tout autant que symbolique : les membres du G20 ont accepté à l’unanimité d’adopter un ensemble de principes, non contraignants, pour une approche allégée de la gouvernance de l’intelligence artificielle.

C’est une victoire pour la Silicon Valley, mais aussi pour l’administration Trump après l’accord obtenu à l’issue du sommet sur la technologie et l’innovation organisé par les États-Unis en Caroline du Nord. Les membres du G20 ont approuvé un ensemble de principes, dont une des principales composantes est d’éviter les législations trop lourdes contre les technologies émergentes – comprendre : l’intelligence artificielle générative.

Ne pas alourdir les réglementations IA

Le texte en question, couché sur le papier par le ministère américain du Commerce, ne ressemble pas aux habituels coups de menton d’une administration qui a pris l’habitude de brutaliser ses partenaires. Il est certes très orienté « pro-IA », notamment dans sa volonté de ne pas soumettre l’IA à un régime réglementaire spécifique, mais plutôt de s’en remettre autant que possible aux cadres juridiques sectoriels déjà existants.

Il est aussi question de « soutenir l’adoption des technologies émergentes par nos populations », ce qui est une gageure à l’heure actuelle : la construction des datacenters indispensables pour mouliner l’IA ne fait pas du tout l’unanimité aux États-Unis – en pleine campagne électorale pour les mid-terms – et ailleurs dans le monde.

« Cette technologie en est à ses débuts, et le conseil que je donnerais serait de réglementer les préjudices pratiques et réels, plutôt que les préjudices théoriques et hypothétiques », a plaidé Jensen Huang, directeur général de NVIDIA. « Chaque entreprise doit prendre sur elle de développer cette technologie de manière sûre », a-t-il encore déclaré, ce qui est un peu fort de café après les tribulations des agents IA d’OpenAI contre Hugging Face, les autres attaques du même tonneau, et le discours de la peur qui fait bien les affaires d’Anthropic.

Tout va très bien, madame la marquise

Les risques sur les infrastructures et autres dangers que font peser les IA ont été minimisés par les principaux responsables de l’industrie IA ayant participé à ce sommet. Ces menaces ne justifient pas des réglementations strictes qui limiteraient l’accès à cette technologie, selon eux. « Dire “nous n’aurons pas d’IA dans notre pays” serait une idée à peu près aussi mauvaise que de dire “nous n’aurons pas d’électricité dans notre pays” il y a plus de cent ans », a ainsi indiqué Sam Altman, le patron d’OpenAI.

Elon Musk a lui aussi affirmé qu’une réglementation la plus légère possible était essentielle pour favoriser l’innovation. Fidèle à ses habitudes, le patron de SpaceXAI a sorti de son chapeau des chiffres au doigt mouillé, en estimant que l’IA pouvait accélérer la croissance de l’économie mondiale de 20 à 30 %. Sans surprise, il a également critiqué la position européenne sur le dossier.

Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, a de son côté convenu que l’IA créait de nouvelles opportunités et que l’UE souhaitait dynamiser l’innovation. Elle a toutefois ajouté que les nouvelles menaces liées à l’IA exigeaient, dans le même temps, une coordination étroite entre les gouvernements. « Il n’est pas facile de parvenir à un accord entre autant de pays différents » sur un sujet comme l’IA, a-t-elle rappelé.

Ce texte sur l’IA n’est ni un traité, ni une réglementation, ni un accord juridique. La Maison-Blanche parle de « principes partagés » et d’une « déclaration de consensus », mais ces principes ne sont pas contraignants.

« Personne ne devrait payer le prix d’une offre Premium » : les brevets plombent Disney+

3 septembre 2026 à 13:43
Pas de licence, pas de 4K HDR
« Personne ne devrait payer le prix d’une offre Premium » : les brevets plombent Disney+

Tant qu’il n’existera aucun accord de licence entre Disney+ et InterDigital, les abonnés ne bénéficieront pas de tous les avantages de la formule Premium. C’est le message de Josh Schmidt, directeur juridique du détenteur des brevets, à Next.

Depuis le début de l’année, c’est la roulette russe pour les abonnés Premium de Disney+. En France et dans plusieurs autres pays, des avantages de l’offre à 15,99 euros par mois comme la 4K Ultra HD ou le HDR disparaissent un jour pour mieux réapparaitre le lendemain, et disparaitre encore le jour d’après. Il ne s’agit pas d’un problème technique, mais d’une guérilla juridique menée par InterDigital, détenteur de plusieurs brevets clés sur les technologies d’encodage vidéo.

Cette entreprise américaine a été fondée en 1972 sous le nom International Mobile Machines Corporation (IMM) ; elle devient InterDigital vingt ans plus tard en fusionnant avec SCS Mobilcom et SCS Telecom. Longtemps centrée sur les technologies mobiles et sans fil, l’entreprise se renforce dans la vidéo avec l’acquisition, en 2018, de l’activité de licences de brevets de Technicolor. Depuis 2020, elle fait fructifier ces brevets en négociant des licences.

Josh Schmidt, directeur juridique d’InterDigital.

Pour éviter les accusations de « patent troll », Josh Schmidt, directeur juridique de l’entreprise, affirme à Next qu’« au cours des cinq dernières années, nous avons investi environ un milliard de dollars dans nos activités de recherche et dans le développement de notre portefeuille de brevets ». Depuis 2021, InterDigital a signé une soixantaine de contrats de licence, « seule une poignée a donné lieu à une procédure judiciaire ». Disney+ en fait partie.

Les brevets au cœur du litige

Pendant plusieurs années, InterDigital a essayé de parvenir à un accord autour de licences liées à des technologies de compression vidéo. « Disney utilise sans licence plusieurs technologies que nous avons contribué à développer », résume le dirigeant. « Nos chercheurs spécialisés dans la vidéo, pour la plupart basés en France, ont consacré des années à la mise au point de ces méthodes », poursuit-il. « Lorsqu’un abonné paie un supplément pour bénéficier de la 4K et du HDR, il paie pour le résultat de ce travail. »

Parmi les technologies en question, on trouve l’encodage HEVC, qui réduit la taille d’un fichier vidéo pour permettre sa diffusion sur internet. HEVC ramène le volume d’un film de 130 minutes en 4K (ce qui représente près de 12 To de données sous forme brute) à un volume plus digeste d’environ 14 Go. Le HDR est également concerné, InterDigital possédant des brevets sur cette technologie de grande plage dynamique « depuis plus de vingt ans ».

En juin dernier, les abonnés Premium français de Disney+ perdaient le Dolby Vision (à gauche).

L’entreprise revendique aussi des brevets sur des fonctions bien ancrées dans les habitudes, comme le fait de pouvoir lancer rapidement l’épisode suivant d’une série, ou encore l’affichage de sous-titres. « Les fonctionnalités pour lesquelles l’abonné [Disney+] paie un supplément reposent largement sur nos inventions : la résolution 4K Ultra HD et la grande plage dynamique sous ses différentes formes, notamment HDR10, HDR10+ et Dolby Vision », selon Josh Schmidt.

Après avoir tenté en vain d’obtenir un accord de licence avec Disney+, InterDigital a engagé, en février 2025, des actions en contrefaçon de brevets aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil et devant la Juridiction unifiée du brevet (JUB). Cette juridiction est une cour commune à plusieurs pays de l’Union européenne, elle est compétente pour certains litiges liés aux brevets européens.

Depuis 2023, elle permet à une entreprise d’obtenir, avec une seule décision, des effets dans plusieurs États participants, au lieu de devoir saisir séparément les tribunaux nationaux de chaque pays. « Des juridictions indépendantes relevant de trois systèmes juridiques distincts ont examiné les éléments techniques et statué en notre faveur. Au total, nous avons obtenu sept injonctions », rapporte le dirigeant.

Les tribunaux donnent raison à InterDigital

La situation en Europe est complexe. En Allemagne, le tribunal de Munich a prononcé trois injonctions distinctes à la fin de l’an dernier et au début de 2026 en faveur d’InterDigital sur la diffusion en HDR, la compression HEVC et les techniques de superposition d’un flux vidéo sur un autre (comme des sous-titres).


Il reste 59% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

☕️ Zohran Mamdani, le maire de New York, interdit l’utilisation de l’IA générative avant la 4e

3 septembre 2026 à 12:52


La ville de New York met en place un moratoire d’un an sur l’utilisation de l’IA générative par les élèves de ses établissements scolaires. Celui-ci entre en vigueur pour l’année scolaire 2026 - 2027 pour les classes allant de la maternelle (2-K) à la quatrième (aux États-Unis, le huitième grade).

Cette décision touchera environ 600 000 élèves dans le district scolaire (l’équivalent d’une académie en France) le plus important des États-Unis, selon CNN.

Illustration : Flock

« Les enfants ont besoin d’enseignants et de liens humains pour apprendre et s’épanouir. Ils doivent acquérir des compétences aux côtés de leurs camarades, nouer des relations avec leurs enseignants et se confronter seuls à des problèmes complexes », a affirmé Zohran Mamdani lors d’une conférence de presse à ce sujet. « Le secteur des technologies veut nous faire croire que l’éducation préscolaire basée sur l’intelligence artificielle est non seulement inévitable, mais aussi nécessaire. Nous ne partageons pas ce point de vue », a-t-il ajouté.

Rappelons qu’en France un cadre d’usage de l’IA générative existe. S’il est critiqué par certains, une chose y est claire : pas d’utilisation pédagogique de l’IA à l’école avant la quatrième.

☕️ Vivaldi prépare une version entreprise de son navigateur

3 septembre 2026 à 10:47


Vivaldi 8.2 vient tout juste de paraître. À son bord, plusieurs nouvelles fonctions, dont la simplification de la calculatrice, qui peut désormais s’utiliser directement dans la barre d’adresse.

Les opérations y sont réalisées en temps réel, un appui sur Entrée envoyant les informations dans le presse-papier. Vivaldi précise que ces entrées ne sont pas enregistrées, même pas dans l’historique. Pour les personnes qui préféraient réserver cette fonction aux commandes rapides, une option permet de désactiver la calculatrice dans la barre d’adresse.

Vivaldi 8.2 renforce également la découverte des PWA (Progressive Web Apps). Le changement consiste surtout en un bouton apparaissant à droite de la barre d’adresse quand une application web compatible est découverte, par exemple WhatsApp. Après un clic sur le bouton, un petit panneau apparait pour confirmer l’installation. Une PWA profite, pour rappel, de certains comportements intégrés du système utilisé. Sur Windows par exemple, on peut l’épingler à la barre des tâches et dans le menu Démarrer. Chaque application a ses propres réglages.

Si les notes de version sont plus courtes que d’habitude, elles se finissent sur une annonce importante : Vivaldi travaille sur une version entreprise. L’éditeur dit viser « les organisations de toutes tailles – des entreprises et institutions publiques aux écoles ». Il donne peu d’informations pour l’instant, évoquant simplement une gestion de la vie privée, le déploiement centralisé et les mises à jour, ainsi que des personnalisations pour les organisations.

L’arrivée de cette version pourrait être significative pour Vivaldi. Viser le marché des entreprises implique notamment un cycle dédié de parution des mises à jour, pour pouvoir corriger les bugs et failles de sécurité, sans toucher au cycle fonctionnel. C’est ce que fait par exemple la version ESR de Firefox. Chrome et Edge disposent eux aussi d’une telle version, mais sur un délai bien plus court de huit semaines, via le canal Extended Stable.

Généalogie des modèles d’IA ouverts : la CNIL propose un outil pour s’y retrouver

3 septembre 2026 à 10:02
« Kimi K3 GGUF, je suis ton père ! »
Généalogie des modèles d’IA ouverts : la CNIL propose un outil pour s’y retrouver

Hugging Face déborde de modèles d’IA générative. Mais il est facile de se perdre dans les méandres de tous les modèles ouverts. La CNIL propose un outil permettant de s’y retrouver.

Si on veut utiliser un modèle d’IA générative pour un projet, le premier réflexe peut être d’aller sur Hugging Face. Mais là, difficile de s’y retrouver dans les 2 millions de modèles publiés et de savoir quels sont les dérivés des principaux connus. En effet, souvent l’idée n’est pas d’utiliser le modèle d’origine mais de trouver celui qui a été le plus adapté (par inférence, par exemple) à l’utilisation qu’on veut en faire.

Le LINC (Laboratoire d’innnovation numérique de la CNIL) a créé un outil qui permet de s’y retrouver. Appelé Genmod ou « Généalogie des modèles », il a été présenté l’année dernière par les chercheurs de l’autorité de protection des données, mais son interface était jusque-là assez récalcitrante. Un effort a été fait depuis et une nouvelle version est maintenant utilisable.

Inspecter la descendance d’un modèle

On peut, par exemple, aller inspecter la descendance du modèle Kimi K3 de Moonshot AI.

Petite précision, le moteur de recherche de l’outil est encore difficile à utiliser. Pour chercher Kimi K3, mieux vaut d’abord taper le nom du dépôt de l’entreprise éditrice moonshotai/ puis taper les premières lettres du modèle. On peut ainsi trouver moonshotai/Kimi-K3 et afficher les « modèles importants » de sa descendance (de la même façon, pour qwen3.8, il faut taper qwen/qwen3 pour se voir proposer le modèle) :

En cliquant sur « Voir l’arbre généalogique », on obtient la liste de tous les modèles qui en découlent avec des précisions sur la méthode qui a permis la dérivation.

On peut ainsi observer que le modèle « unsloth/Kimi-K3-GGUF » est un dérivé de Kimi-K3. L’outil précise qu’il a été spécialisé pour de l’ « Image-Text-to-Text » en utilisant la quantisation (comme le précise l’outil, cette méthode réduit la précision des poids du modèle source « afin de diminuer son empreinte en mémoire »). On peut voir qu’à son tour ce modèle a été dérivé pour en donner d’autres.

On peut aussi faire une « recherche experte » qui permet de sélectionner les critères qui nous intéressent :

Retrouver les différentes utilisations d’un jeu de données

L’outil permet aussi de faire la généalogie de l’utilisation des jeux de données. En effet, les chercheurs de la CNIL ont créé Genmod avant tout pour la traçabilité. On peut donc retrouver tous les modèles qui utilisent le jeu de données The Cauldron, par exemple (de la même façon, mieux vaut connaître d’abord le nom du dépôt racine, ici « HuggingFaceM4/ »).

Dans leur article de présentation de l’outil, les chercheurs du LINC posaient en exemple cette question : « Dans le cas où les données à caractère personnelle d’un individu seraient mémorisées par un modèle, comment est-il possible d’identifier les modèles par lesquels ces données seraient également susceptibles d’être mémorisées ? ». L’idée est de pouvoir retrouver les modèles susceptibles de régurgiter les mêmes données sur lesquelles ils ont été entraînés. Rappelons que les modèles d’IA générative sont aussi soumis au RGPD.

Cela peut aussi être utile, par exemple, dans le cas d’accusations de régurgitations de contenus sous copyright, comme il est question dans le procès entre le New York Times et OpenAI.

Orano (ex-Areva) : données RH et salariales de 4 700 employés étaient open-bar en interne

3 septembre 2026 à 09:30
La transparence des salaires oui, mais pas à ce point !
Orano (ex-Areva) : données RH et salariales de 4 700 employés étaient open-bar en interne

Il y a toute une panoplie de types de fuites de données. Celle du jour n’était pas directement accessible depuis Internet, mais des « milliers de salariés » d’Orano pouvaient consulter les données RH et salariales très détaillées de leurs collègues. Elles étaient librement accessibles sur un serveur partagé sur son réseau interne. « Près de 4 700 collaborateurs » sont concernés, nous confirme l’entreprise.

Dans un message interne envoyé par la direction de BU Recyclage et que nous avons pu consulter, Orano reconnait que « des dossiers de travail numériques relatifs à la rémunération et aux avantages sociaux avaient été rendus accessibles en interne au-delà des personnes autorisées sur un serveur informatique partagé d’Orano Recyclage ».

« L’ensemble des salariés des activités Recyclage d’Orano » sont concernés

Contacté par Next, Orano confirme et nous précise que « les données concernaient l’ensemble des salariés des activités Recyclage d’Orano, soit près de 4 700 collaborateurs ». Les accès au répertoire partagé ont évidemment été bloqués « dès que cette situation a été portée à notre connaissance ». La société ajoute que, « par mesure de précaution, tous les serveurs RH ont été déconnecté. Leur accès est fermé et toutes les restrictions d’accès font actuellement l’objet d’une analyse approfondie ».

Capture d’écran du message envoyé en interne par la direction de la BU Recyclage d’Orano – crédit Next

Comme toujours en pareille situation, nous avons droit au chapelet habituel sur le sérieux des procédures et le renforcement de la sécurité : « Nous avons toujours eu à cœur de mettre en place des process et procédures destinés à garantir la meilleure protection des données personnelles. À ce titre, les données hébergées sur ce serveur sont protégées par des règles de stricte confidentialité et de limitation d’accès. Ces règles ont d’ailleurs été renforcées à la suite d’une alerte en décembre 2025 ».

La direction en profite pour mettre en garde ses employés dans son courrier aux employés : « la copie, la diffusion, la conservation et/ou l’exploitation de ces informations par un salarié sans y être expressément autorisé constitue un traitement illicite puni par la loi. Les éventuelles copies qui auraient pu être faites doivent donc être immédiatement détruites ». Une autre manière de lire cette mise en garde : Orano reconnait donc que les documents n’auraient jamais dû être accessibles si largement.

Salaires, performances, retours de congé maternité…


Il reste 64% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

❌