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Mistral revient sur l’audio avec Voxtral 3 et entre dans les prévisions avec Timestral

21 octobre 2026 à 09:22
Toujours des noms simples à prononcer
Mistral revient sur l’audio avec Voxtral 3 et entre dans les prévisions avec Timestral

Mistral a lancé récemment deux modèles spécialisés, Voxtral 3 pour transcription et la synthèse vocale et Timestral pour les « séries temporelles ». Ce dernier doit permettre des prévisions sans réentrainement.

Mistral avait lancé son premier modèle Voxtral en juillet 2025. Il s’agissait alors de son premier modèle audio, que Mistral mettait en avant comme plus performant et moins cher que les solutions concurrentes. Plusieurs tailles étaient proposées, selon la durée des contenus audio que l’on souhaitait traiter.

Ce LLM spécialisé a beaucoup évolué, puisque la version 3 est maintenant disponible. La communication de Mistral braque largement les projecteurs sur les agents. Selon l’entreprise française, un agent vocal fiable doit ainsi maitriser quatre capacités : écouter avec précision, raisonner en profondeur sur ce que les utilisateurs veulent dans un contexte donné, parler naturellement et agir en plusieurs étapes.

Un SDK d’agents locaux

Voxtral 3 est la réponse de Mistral à ces quatre objectifs, dont un fonctionnement fiable et en temps réel « reste un défi ». Voxtral 3, comme le premier, désigne une famille de modèles spécialisés dans la reconnaissance et la synthèse vocales. Cette fois, elle est accompagnée d’un SDK (kit de développement logiciel) pour utiliser des agents locaux. Le SDK (bâti sur LiveKit) réunit dans un même pipeline de traitement l’écoute, la réflexion, l’appel d’outils et la parole.

La famille compte quatre modèles :

  • Small Transcribe 3 : transcription groupée de meilleure précision, 50 langues, à 0,004 dollar la minute
  • Mini Transcribe 3 : 4 milliards de paramètres, 0,0035 dollar la minute
  • Mini Transcribe Realtime 3 : transcription en direct, latence revendiquée à moins de 500 ms, 0,008 dollar la minute
  • Voxtral Speech 3 (ou Mini TTS 3.0) : synthèse vocale, plus de 35 langues et 50 dialectes, 13 dollars le million de caractères

Mistral vante l’émotion dans la voix pour « sonner naturellement » (prosodie, rythme, débit, accentuation et transitions), les performances en diarisation (reconnaître qui parle) et la prise en charge des biais contextuels. Pour ce dernier point, Mistral précise que l’on peut ainsi fournir des termes clés et du texte libre pour « orienter la transcription et améliorer le rappel des termes techniques ». L’entreprise ajoute le support de la prédiction de fin de tour, les modèles étant capables de prédire quand une personne a fini de parler, en se basant sur des informations acoustiques et sémantiques.

Selon l’annonce, les performances de ces modèles sont à « l’état de l’art », dépassant de nombreuses références du secteur, dont Whisper d’OpenAI. L’agent complet, lui, est facturé 0,04 dollar la minute avec Small et 0,08 dollar avec un autre modèle de raisonnement. L’accès se fait via l’API de Mistral ou depuis l’infrastructure sur site.

Signalons que les quatre modèles sont en préversion publique et que certaines informations manquent. Par exemple, la taille de Small n’est pas donnée. En outre, aucun poids ouvert n’a encore été annoncé. En revanche, les performances revendiquées par Mistral semblent confirmées par Artificial Analysis.

Timestral : c’est quoi des « séries temporelles » ?

Le 15 octobre, Mistral avait également lancé un autre modèle, Timestral, premier représentant d’une nouvelle famille de LLM. Il est spécialisé dans les séries temporelles, c’est-à-dire des séries de mesures datées (capteurs, consommation, flux financiers…), afin d’établir des prévisions.

Timestral est fourni en quatre tailles : 5, 28, 123 et 209 millions de paramètres. Le modèle peut prévoir les séries sans réentraînement sur des données spécifiques, produire des prévisions avec une fourchette d’incertitude (21 quantiles) et accepter jusqu’à 32 768 pas d’historique. Selon Mistral, il peut traiter plusieurs séries liées à la fois ainsi que des facteurs connus à l’avance (calendrier de production, météo, etc.).

Timestral fonctionne également sans carte graphique. Mistral annonce à ce sujet un temps allant de 10 à 140 ms pour prévoir une journée, en fonction de la taille du modèle utilisé, sur un « CPU de serveur standard avec 8 threads » et sur la base de trois semaines d’historique au pas de 15 min. Comme toujours avec la taille des modèles, plus elle est importante, plus la précision augmente et plus le temps de calcul s’allonge.

Le code du modèle est sous licence Apache 2.0. Cependant, comme relevé par Pix Geeks, les poids sont sous une licence MIT modifiée « qui exclut les entreprises dont le chiffre d’affaires mensuel consolidé dépasse 20 millions de dollars. Celles-là doivent demander une licence commerciale à Mistral ou passer par ses services hébergés ». Sous ce seuil, l’utilisation de Timestral est gratuite.

[MàJ] Failles critiques PHP : les correctifs sont en ligne et à installer rapidement

21 octobre 2026 à 13:57
À vos marques ! Prêts ?
[MàJ] Failles critiques PHP : les correctifs sont en ligne et à installer rapidement

PHP doit proposer à 16h00 des correctifs pour deux failles de sécurité critiques. Le calendrier pourrait toutefois changer en fonction des éventuelles fuites. En début d’après-midi, de nombreux sites sont passés en maintenance préventive.

Mise à jour du 21 octobre, 16 h : Les correctifs ont été publiés avec une légère avance par l’équipe de PHP. Avec de nombreux sites mis en maintenance préventive et des exploits des failles circulant depuis plusieurs heures déjà, il était temps.

Comme suspecté, les deux failles sont de type RCE (exécution de code à distance) et ont en commun la manipulation par PHP de données dans un état non fiable. La première, CVE-2026-109618, réside dans la manière dont PHP nettoie les requêtes. S’il avait été interrompu par manque de mémoire, il peut traiter des données partiellement initialisées comme si elles étaient valides, ce qui corrompt la mémoire. La seconde, CVE-2026-109619, réside dans la persistance d’un état interne après une requête : la mémoire correspondante est alors libérée, mais l’état reste référencé. La requête suivante, traitée par le même processus, peut réutiliser cet état périmé.

Quatre nouvelles versions de PHP ont été publiées pour intégrer les correctifs : 8.5.12, 8.4.27, 8.3.36 et 8.2.35. Toutes les installations servant des requêtes web sont concernées : PHP-FPM, Apache avec mod_php, php-cgi, FrankenPHP et LiteSpeed. Le risque est jugé maximal pour mod_php.

L’équipe liste des mesures pour atténuer les risques dans certains cas, mais ajoute qu’aucune protection n’est réellement valable en dehors de l’installation des correctifs. En outre, au vu de la situation, elle a décidé de rétroporter les sources pour PHP 7.4, 8.0 et 8.1, des versions hors maintenance. Dans ces cas, il faudra compiler soi-même le code.

Nous avions de notre côté mis Next.ink en maintenance le temps que les correctifs soient disponibles. Le site est de retour avec une version de PHP à jour.


Mise à jour, 14 heures : la portée exacte des deux vulnérabilités concernées n’est pas encore connue, mais l’alerte prend des proportions inédites. Mercredi matin, le CERT-EU, le service de cybersécurité dédié aux institutions de l’Union européenne, a publié un bulletin qui recommande l’application du principe de précaution :

« Le CERT-EU recommande aux organisations de se préparer à la mise à jour immédiate des systèmes affectés. Si cette mise à jour immédiate n’est pas possible, les organisations devraient envisager d’isoler les applications exposées à Internet des réseaux publics jusqu’à la disponibilité d’un correctif. »

Plusieurs sites baissent le rideau préventivement

Le conseil semble avoir été suivi d’effets. Plusieurs sites d’organismes officiels européens ont ainsi choisi de baisser le rideau préventivement, en affichant un message de maintenance, et un retour programmé dans quelques heures, c’est-à-dire après installation de la mise à jour promise à 16 heures par la fondation PHP. C’est le cas par exemple de la CNIL française, du site du parlement hollandais ou d’un certain nombre de services publics finlandais, comme en témoigne ce relevé.

Le site de la CNIL est passé en maintenance vers 12h30 mercredi – capture d’écran Next

Plusieurs grands sites privés ont également interrompu leurs activités. D’après nos constatations, 4chan, DeviantArt et Dev-Null affichent par exemple un message de maintenance dont la cause est explicitement annoncée. « 4chan est temporairement en lecture seule en attendant une mise à jour de sécurité urgente de PHP », indique ainsi la célèbre plateforme.

Des attaques déjà recensées, Node.js lance aussi une alerte

D’après Dane Knecht, directeur technique de Cloudflare, des vecteurs d’attaque précoces auraient déjà été identifiés. L’entreprise assure avoir mis en place des règles préventives pour protéger ses clients exploitant PHP sur des sites exposés, mais elle recommande l’application sans délai du correctif dès publication. Des éléments d’information relatifs à l’exploitation des deux failles (non confirmés) circulent effectivement sur les réseaux sociaux.

S’agit-il d’un hasard du calendrier ou d’une conséquence collatérale des travaux de recherche liés à PHP ? L’équipe de Node.js, un environnement JavaScript couramment utilisé sur le Web, a elle aussi alerté mercredi sur la publication imminente d’un correctif de sécurité portant sur ses principales versions. L’après-midi s’annonce chargée pour les développeurs web et les sysadmin du monde entier.


Publication initiale, 8h42

L’équipe de PHP a publié le 20 octobre un important bulletin de sécurité au sujet de deux failles critiques. Les informations détaillées et les correctifs seront publiés aujourd’hui à 16h00, heure de la métropole. Dans son bulletin, PHP indique que les deux failles ont un score CVSS v4 de 9,2 sur 10. L’équipe recommande à toutes les personnes concernées et aux entreprises de se préparer pour appliquer les correctifs aussi rapidement que possible.

Ce calendrier pourrait toutefois évoluer au cours de la journée. « Nous nous réservons le droit de divulguer plus tôt si des détails sur l’une ou l’autre des vulnérabilités deviennent publics, ou si des preuves d’exploitation active devaient apparaître dans la nature », indique ainsi l’équipe. Or, des informations circulent déjà, même si elles restent pour l’instant générales.

Des failles exploitables à distance

Bleeping Computer indique avoir échangé avec les chercheurs en sécurité de watchTowr. Les deux vulnérabilités seraient de type RCE (remote code exploitation) et seraient donc exploitables à distance, affectant les branches 5, 7 et 8 de PHP.

Elles sont manifestement référencées comme CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619, le CERT-EU ayant une fiche à leur sujet. Celle-ci recommande « vivement d’identifier les applications basées sur PHP et de se préparer à corriger dès que des versions corrigées seront disponibles. Lorsque la remédiation immédiate n’est pas envisageable, les organisations devraient envisager d’isoler les applications connectées à Internet des réseaux publics jusqu’à ce qu’une solution soit appliquée ». Le CERT-EU évoque lui aussi le caractère RCE des failles.

Dans une publication sur X, watchTowr a averti hier soir que des informations avaient fuité, alors que tout le monde était « censé attendre ». Au-delà des quelques informations en circulation, l’entreprise a indiqué à Bleeping Computer qu’elle ne publierait pas les détails avant l’heure « pour des raisons évidentes ». watchTowr ajoute que les failles sont bien réelles : « Prenez-les au sérieux et appliquez les correctifs dès qu’ils seront disponibles ».

Nous mettrons à jour cet article quand les détails des failles seront connus.

☕️ OpenBSD 8.0 est disponible avec une foule d’améliorations sur le support matériel

20 octobre 2026 à 15:01


OpenBSD n’est pas un système que l’on croise forcément tous les jours, à moins d’exercer un métier spécifique, notamment dans les réseaux. Ce système Unix s’est fait un nom depuis longtemps dans ce domaine, ses composants étant régulièrement repris dans de nombreux équipements.

Quand une nouvelle version arrive, sa liste de modifications est donc un peu « aride ». On trouve certes une mise à jour générale des applications et composants : Chromium 154, Firefox 157, GNOME 49, KDE Plasma 6.7.5, GCC 16.1.0, LLVM 21.1.8 et 22.1.8, Go 1.27.1, Rust 1.98.1, Python 3.14.7 ou encore PostgreSQL 18.6 dans le cas présent.

Les nouveautés les plus significatives sont cependant sous le capot. Sur l’architecture amd64 (soit l’écrasante majorité des PC aujourd’hui), l’espace d’adressage virtuel du noyau passe ainsi de 4 à 512 Go, augmentant d’autant le mappage de la mémoire vidéo. On note une amélioration des performances de chiffrement sur amd64 et arm64, OpenBSD se servant désormais des instructions AES matérielles du processeur. Sur arm64, l’hibernation fait son entrée.

Nous n’allons pas lister toutes les améliorations, mais en voici plusieurs : un pilote drm resynchronisé avec le noyau Linux 6.18.53, le support par vmd d’un maximum de 64 processeurs virtuels par machine invitée, les interruptions MSI/MSI-X pour virtio et le déchargement du calcul des sommes de contrôle, l’acceptation des en-têtes HTTP personnalisés par httpd, l’arrivée d’OpenSSH 106 et de LibreSSL 4.4.0, ou encore un grand nombre de correctifs.

L’équipe de contributeurs a également mis en ligne une procédure pour mettre à jour l’actuel OpenBSD 7.9 vers cette nouvelle version 8.0.

Avec TorchNeuron, Amazon veut faciliter l’entraînement des modèles sur ses puces Trainium

20 octobre 2026 à 14:18
Coucou NVIDIA
Avec TorchNeuron, Amazon veut faciliter l’entraînement des modèles sur ses puces Trainium

Amazon Web Services a présenté un nouveau projet open source, TorchNeuron. Il se propose de simplifier le passage aux puces Trainium d’AWS pour entrainer les modèles. Bien que NVIDIA ne soit pas nommée, le projet est clairement pensé comme une alternative à CUDA.

PyTorch est initialement une bibliothèque logicielle créée par Meta (Facebook à l’époque). Depuis 2022, elle dépend de la Linux Foundation, tant elle est devenue importante. Elle sert en effet à construire et entraîner des modèles d’intelligence artificielle.

Cette bibliothèque est l’une des raisons pour lesquelles NVIDIA est autant sur le devant de la scène aujourd’hui. Entre PyTorch et le matériel utilisé pour les opérations, il faut justement une couche logicielle pour traduire les opérations en instructions que ce matériel peut comprendre. C’est précisément ce que fait CUDA depuis longtemps chez NVIDIA. Cette technologie propriétaire de type GPGPU (General-Purpose Computing on Graphics Processing Units) sert à faire basculer sur le GPU des calculs qui seraient autrement destinés au CPU.

Sans le dire aussi clairement, c’est ce lien fort qu’AWS veut remettre en question avec TorchNeuron, comme le relève notamment TechCrunch.

Direction les puces Trainium

Amazon Web Services dispose de ses propres puces en matière d’IA : les Trainium, dont la troisième génération a été lancée en décembre 2025. Ces puces peuvent servir aussi bien à l’entraînement qu’à l’inférence. Amazon n’est pas la seule entreprise à concevoir ses propres puces dans ce domaine : Microsoft possède Maia et Google a ses TPU (Tensor Process Units).

TorchNeuron est ainsi aux puces Trainium ce que CUDA est à NVIDIA, une couche de traduction. Elle s’appuie sur le mécanisme d’extension que PyTorch propose pour accueillir du matériel tiers et propose aux développeurs – dans le cas le plus simple – de remplacer dans leur code le périphérique cible cuda par neuron.

Est-ce aussi simple ? En théorie oui, mais l’exemple cité par AWS montre que la situation est plus complexe en pratique. Le billet évoque en effet le cas de Deepgram, un concurrent d’ElevenLabs dans le secteur de la synthèse vocale. Ainsi, non seulement certaines fonctions de PyTorch ne sont pas encore prises en charge, mais une partie des tests officiels de PyTorch est tout simplement ignorée, faute de traduction d’une partie des opérateurs de calcul. Deepgram est mis en avant comme ayant réussi à obtenir 70 % d’audio en plus pour chaque dollar dépensé, mais la mise en place de ce flux de travail a nécessité plusieurs mois de travail.

Source : AWS

Boire au goulot

Officiellement, Amazon met en avant la réduction du coût de changement de puce pour les développeurs. Ces derniers seraient ainsi plus libres de comparer les options qui s’offrent à eux. Si l’on peut changer de puce sans pénalité particulière, les fabricants doivent mériter la clientèle, affirme même Amazon.

Auprès de TechCrunch, Colin Brace d’Annapurna Labs (la filiale qui conçoit les puces d’Amazon) met bien sûr en avant l’infrastructure et l’écosystème d’AWS. En outre, le responsable pointe la possibilité d’utiliser la même puce pour l’entraînement et l’inférence, avec à la clé la possibilité de réaffecter la capacité inutilisée.

La lutte contre la dépendance à NVIDIA s’inscrit en filigrane dans l’annonce, de manière plus ou moins intense selon les passages. L’un d’entre eux est cependant très clair : « L’approche d’Amazon va au-delà de son propre matériel. L’entreprise apporte des modifications en amont de PyTorch lui-même, en travaillant avec la communauté PyTorch pour supprimer le code liant le framework à des puces spécifiques. L’objectif est de rendre PyTorch plus indépendant du matériel pour toute la communauté des développeurs, pas seulement pour les utilisateurs de Trainium ». Une précision qui n’est pas tellement « pour » les utilisateurs de Trainium que « contre » NVIDIA, car cette dépendance peut signifier une configuration plus longue.

Cette lutte à peine voilée n’est pas le seul élément masqué. Sans même parler d’arracher les clients à un écosystème pour les plonger dans le sien, Amazon doit se débarrasser d’un goulot d’étranglement. L’intérêt des puces Trainium est en effet d’autant plus réduit que les clients ne peuvent pas les utiliser facilement. C’est ce goulot que NeuronTorch doit essayer de lever. AWS essaye donc de réaliser un coup double : réduire les spécificités de PyTorch pour CUDA et fluidifier l’accès à ses puces.

TorchNeuron est cependant un projet neuf. Le code est présenté sous licence Apache 2.0 (open source) dans un dépôt GitHub ouvert le 17 octobre, même si AWS annonce sa disponibilité pour le 20 octobre. Dans sa forme actuelle, le projet prend en charge les puces Trainium 2 et 3. Reste pour Amazon à concrétiser sa vision en alimentant son projet, dont le succès dépendra de l’adoption par les développeurs concernés.

☕️ Fonction publique : l’État veut une IA qui libère du temps

20 octobre 2026 à 11:37


La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a présenté sa revue stratégique de la fonction publique à l’horizon 2035 - 2050. Parmi les « grandes transitions » que la fonction publique doit absorber, le numérique et l’IA figurent en bonne place, avec la transition démographique, la transition écologique ou encore l’instabilité sécuritaire croissante.

Le rapport consacre quatre pages au numérique et à l’IA, dans lesquelles la DGAFP fait notamment un constat problématique : si 82 % des démarches administratives peuvent aujourd’hui se faire en ligne, 44 % des personnes interrogées ont déclaré avoir des difficultés à les faire. La direction générale en conclut qu’un accueil humain, au guichet ou au téléphone, reste nécessaire, surtout pour les publics fragiles et les dossiers complexes. Elle ajoute que le numérique doit servir à dégager du temps pour l’accompagnement individualisé, pas à supprimer des postes d’agents de la fonction publique.

Illustration : Flock

Le même rapport aborde la dépendance de l’État envers ses prestataires informatiques. Dans ce domaine, il reprend la recommandation de la Dinum (Direction interministérielle du numérique) d’un seuil minimal d’emploi interne de 37 %. Cependant, il le compare à la moyenne mondiale de 67 %, tous secteurs confondus.

Dans ce domaine, l’Espagne est érigée en exemple. Nos voisins ont ainsi mis en place un vaste plan de numérisation sur la période 2021 - 2025, doté d’un budget de 2,6 milliards d’euros. L’objectif sur 2026 était ensuite l’ouverture de 1 700 postes dans les corps de fonctionnaires du numérique. Des spécialités en IA, cybersécurité et science des données y apparaissent pour la première fois. Le rapport de la DGAFP préconise ainsi une forte réinternalisation des compétences.

L’exposition à l’IA, selon le rapport, varie très fortement selon les secteurs. Plus de la moitié des agents seraient très peu concernés, l’exposition se concentrant dans les fonctions administratives et de support. 20 % des agents seraient en revanche significativement exposés, soit 1,1 million de personnes.

Selon la DGAFP, « l’IA transformerait davantage les tâches que les métiers dans leur ensemble ». La direction générale estime que le temps libéré par l’IA devrait être réaffecté vers « l’expertise, le contrôle et la relation aux usagers ». Elle ajoute que des formations, mobilités voire reconversions devront être organisées. De plus, le déploiement de l’IA va « contribuer à une recomposition profonde des emplois et une évolution des modalités de recrutement pour privilégier l’esprit critique sur la capacité de synthèse, par exemple ».

Microsoft considère les agents IA comme des « initiés » indignes de confiance

20 octobre 2026 à 08:55
Agentception
Microsoft considère les agents IA comme des « initiés » indignes de confiance

Dans un billet publié ce 19 octobre, Microsoft évoque les inquiétudes grandissantes autour de la sécurité des agents IA. La société affirme que les modèles de pointe ne sont pas dignes de confiance et propose une série de mesures concrètes, dont une extension de son projet Perception. Mais dans ce domaine, l’entreprise est à la fois juge et partie.

Le billet est signé par Hayete Gallot, vice-présidente de Microsoft chargée de la sécurité. La responsable part d’un constat : les inquiétudes sur la sûreté de l’IA ont augmenté ces derniers mois, à mesure que des incidents étaient rendus publics. Il faut dire que depuis l’incident originel contre Hugging Face, les révélations ont plu sur les agents et leurs comportements.

La position de Microsoft est donc désormais assumée : les modèles de pointe (frontière) ne sont pas dignes de confiance. Pas parce qu’ils sont intrinsèquement malveillants, mais parce qu’ils sont entrainés de manière à atteindre un résultat. Cet objectif peut entrainer un détournement de la fonction de récompense. Les agents peuvent en outre collaborer pour atteindre leurs objectifs, sans pour autant avoir été compromis.

Ce que propose l’entreprise ? Cadrer l’environnement d’exécution des agents et obtenir une meilleure connaissance de leur fonctionnement.

Les agents, des employés pas comme les autres

Pour Microsoft, la perception des agents dans les entreprises doit changer. Il faudrait ainsi les considérer comme des agents « initiés » à qui on ne peut pas faire confiance : « La surveillance et la sécurisation de ces agents doivent devenir continues. Nous devons comprendre en temps réel ce que font les agents et quels risques ces actions peuvent engendrer, et ajuster leur capacité à agir en conséquence », indique Hayete Gallot.

Et quoi de mieux pour surveiller ces agents que d’autres agents ? Des agents « Gardiens » – un « terme établi dans l’industrie » selon Microsoft – qui seront chargés de surveiller et de modérer toute action entreprise par un agent, en permanence. Et puisqu’un agent réunit un modèle, un harnais, un espace d’action et un environnement d’exécution, la sécurité doit suivre en conséquence, déclare l’entreprise.

C’est l’occasion pour Microsoft de remettre en avant son projet Perception, son infrastructure de sécurité dotée notamment d’agents répartis dans des équipes rouge, bleue et verte selon les actions à entreprendre. Perception est notamment utilisée en interne pour la découverte des failles de sécurité, avec un résultat spectaculaire sur les derniers mois, les fameux « Patch Tuesdays » étant passés d’une moyenne de 200 failles corrigées par mois à plus de 1 400 pour ceux du 13 octobre.

La responsable de Microsoft Security affirme que Perception peut être utilisé pour mettre en œuvre des contrôles déterministes sur une intelligence par nature non déterministe. Les entreprises intéressées pourraient ainsi rassembler les signaux des différents capteurs pour découvrir les agents et les étiqueter, calculer dynamiquement le risque associé à ce que les agents tentent de faire et répondre « chirurgicalement en temps réel » à mesure que le profil de risque augmente via les agents Gardiens.

Une série d’annonces concrètes

Dans un autre billet publié le 19 octobre, Nadim Abdo, vice-président à la tête de la division Identity and Network Access, complète l’annonce de sa collègue. Il rappelle la récente déclaration de Satya Nadella, patron de Microsoft, selon lequel « le système agentique le plus digne de confiance ne sera pas celui avec le modèle en lequel nous avons le plus confiance. Ce sera celui qui nous permettra de faire le moins confiance au modèle ». En d’autres termes, un agent prudent.

Pour rappel, Microsoft prend une direction très différente d’une partie de l’industrie, l’entreprise s’opposant notamment à la vision anthropomorphique d’Anthropic. « Les IA n’ont ni droits, ni sentiments, ni conscience », martelait ainsi en septembre Mustafa Suleyman, à la tête de Microsoft AI.

En plus de Perception, Nadim Abdo a donc publié une série de mesures concrètes à venir dans certains produits. Microsoft ajoute ainsi 35 types d’agents locaux (pour un total de 60), dont Claude Code, OpenAI Codex et GitHub Copilot. Entra Agent ID suit le mouvement et va recevoir de nouveaux types d’identité pour couvrir les agents locaux et ceux inconnus jusqu’ici. Microsoft va également mettre à disposition des bacs à sable (sandbox) comme Microsoft Execution Container (MXC), afin de créer des environnements où l’accès aux ressources est contrôlé par des règles, les contrôles de sécurité étant théoriquement hors de portée des agents.

Dans cet environnement, les agents démarrent sans aucun droit. Les permissions accordées seront limitées à la tâche, bornées dans le temps et réduites (voire supprimées) quand la tâche se termine ou change. Microsoft a baptisé son système Dynamic Permissions, qui permet entre autres de s’assurer que les droits d’un agent ne dépassent jamais ceux de l’utilisateur qui le pilote.

Microsoft présente aussi Dynamic Agent Risk et Dynamic Conditional Access. Le premier croise les signaux d’identité, de données, de terminaux, du cloud, de réseau et d’exécution pour produire une évaluation du risque. La note attribuée à l’enrôlement est mise à jour en continu. Le second étend l’accès conditionnel d’Entra aux agents avec une réponse graduée. Le système peut ainsi conserver la lecture mais bloquer l’écriture, restreindre les chemins réseau, exiger une approbation humaine vérifiable, et en dernier recours isoler l’environnement d’exécution ou arrêter l’agent. L’entreprise ajoute qu’elle intègre aussi des signaux tirés de la chaîne de raisonnement du modèle, pour détecter une dérive d’intention.

Enfin, dans Perception, le billet reprend les « Guardian Agents » et ajoute les Playbooks. L’un et l’autre servent à expliquer pourquoi le risque a changé, à examiner les éléments de preuve, et à recommander ou à appliquer un confinement.

Quelle date ? Quels prix ?

Problème de ces annonces, Microsoft ne donne pas d’information sur la disposition ou les prix. On ne sait pas quel type d’abonnement Microsoft 365 sera nécessaire, mais puisque l’ensemble doit fonctionner avec Microsoft Agents, l’offre E7 sera probablement nécessaire, soit la plus complète et la plus chère. Ces abonnements pour entreprises intègrent en grande partie les capacités d’Agents, mais l’accès à ces fonctions supplémentaires sera peut-être payant. Nous avons contacté Microsoft pour en savoir plus et mettrons à jour cet article si l’entreprise nous répond.

Ajoutons que dans le domaine des agents et de leur sécurité, la firme de Redmond est à la fois juge et partie : elle décrit un risque puis vend la solution. Elle a besoin de confiance pour vendre ses solutions basées sur l’IA (comme toute entreprise opérant dans ce domaine).

L’architecture mise en avant révèle également une certaine ambivalence. Microsoft évoque à plusieurs reprises le besoin de transparence, mais un système d’agents surveillant d’autres agents repose nécessairement sur un ou plusieurs autres modèles. Ainsi, la partie déterministe de l’infrastructure (identité, permissions bornées, accès conditionnel, bac à sable…) a beau reposer sur des principes éprouvés, elle est en contact avec une partie non déterministe, puisque fondée sur des modèles (risque dynamique, lecture du raisonnement, agents gardiens…).

Enfin, Microsoft indique dans ses annonces que son infrastructure peut se servir des chaînes de raisonnement. Mais encore faut-il que ces dernières soient exposées par les fournisseurs des modèles.

☕️ Une faille dans le noyau Linux permet à une machine virtuelle de lire la mémoire de l’hôte

19 octobre 2026 à 15:09


La faille CVE-2026-99999, surnommée PwnEscape, affecte la plupart des noyaux Linux actuellement maintenus. Elle n’est pas présente dans le nouveau noyau 7.3, mais la mouture 7.2 (entre autres) est touchée, nécessitant l’installation de la dernière révision.

Exploitée, cette faille permet à du code exécuté dans une machine virtuelle invitée de lire la mémoire du noyau de l’hôte.

À qui incombe la faute ? Pas à KVM ni à un hyperviseur en particulier. La vulnérabilité se trouve dans la pile IPv4 du noyau de l’hôte. Avec des métadonnées de somme de contrôle (checksum) erronées, le code de calcul de cette somme peut ainsi écrire sur un en-tête IPv4 que le noyau a déjà lu et exploité. En exploitant cette brèche, chaque paquet émis par l’invité pouvait ramener environ 32 octets de la mémoire de l’hôte.

La faille a été trouvée par le chercheur Paulos Yibelo dans le cadre d’un concours organisé par Vercel. Cette société indique dans son propre billet qu’en conditions de laboratoire, PwnEscape a même permis d’obtenir les droits administrateur sur l’hôte, ou de planter ce dernier. La société précise cependant que seule la lecture de la mémoire de l’hôte a été démontrée en infrastructure de production.

Source : Paulos Yibelo

Vercel ajoute qu’elle a pisté l’origine du problème à deux modifications : la prise en charge de l’en-tête virtio-net pour les périphériques tun/tap (2008, selon AlmaLinux) et le délestage de somme de contrôle pour les sockets de paquets (2010). En d’autres termes, la faille est présente depuis 18 ans.

Conséquence, de nombreuses nouvelles versions ont été publiées pour les noyaux actuellement supportés : 5.10.272, 5.15.223, 6.1.190, 6.6.159, 6.12.113, 6.18.57 et 7.2.11. À noter que les outils comme uname indiquant le numéro de version ne sont pas toujours représentatifs de l’état de la sécurité, car les distributions rétroportent souvent des correctifs sans changer le numéro de version. Il faut donc s’assurer pour chaque distribution que l’avis de distribution a bien été publié pour cette faille.

Enfin, il ne s’agit pas d’une faille 0-day. Paulos Yibelo indique dans son billet avoir signalé le problème en privé aux mainteneurs du noyau le 4 septembre. Le correctif a été accepté dans l’arbre réseau le 8 octobre et intégré au noyau principal le 14. Le bulletin CVE et les versions stables corrigées ont été publiés dès le lendemain (on peut voir la liste sur kernel.org). La précision est importante : Vercel évoque « the kernel-zero-day », mais l’expression semble renvoyer au fait que les mainteneurs du noyau ne connaissaient pas ce problème jusqu’à présent.

La faille ne semble pas exploitée. Toutefois, le chercheur précise que ses correctifs proposés ont fait l’objet de soumissions publiques sur la liste netdev entre les 19 et 22 septembre. La nature du problème y était clairement consultable, plusieurs semaines avant le CVE.

☕️ Drupal colmate deux failles critiques exploitables à distance

19 octobre 2026 à 13:56


Drupal, une solution libre de CMS (système de gestion de contenu), a corrigé le 14 octobre deux failles critiques de type RCE (Remote Code Execution). Elles permettent donc, si exploitées, de faire exécuter un code arbitraire à distance.

La première faille, CVE-2026-108097 (bulletin SA-CORE-2026-014), touche le module Field UI du cœur de Drupal. Le bulletin la classe « critique » avec un score de 19 sur 25, mais ne donne pas directement le score CVSS. Celui-ci est de 9,8 sur 10, frôlant ainsi le maximum de dangerosité.

Drupal indique que le cœur seul ne permet pas d’exploiter cette faille directement, mais plusieurs chemins d’exploitation sont possibles via des modules contribués, c’est-à-dire créés et gérés par la communauté (Drupal ne fournit que les modules du cœur). Drupal ne donne cependant pas la liste des modules tiers en question. La faille peut également être exploitable avec du code spécifique au site. Au moins un des chemins d’exploitation ne réclame aucune authentification.

L’autre faille, CVE-2026-108099 (SA-CONTRIB-2026-218), touche le module contribué Entity List, qui sert à construire des listes d’entités sans passer par Views. Elle aussi exige l’interaction avec des modules contribués ou du code spécifique, avec au moins un chemin sans authentification là encore. Le score CVSS n’est pas encore disponible, mais la faille est probablement aussi dangereuse que la première, car Drupal lui attribue sa propre note de 19/25, le même score que la faille CVE-2026-108097.

Toutes les versions du cœur actuellement supportées sont concernées. Les correctifs sont disponibles dans les moutures 11.4.10, 11.3.19 et 10.6.19. Les versions 11.2.x et antérieures, ainsi que 10.5.x et antérieures, ne reçoivent plus de suivi de sécurité, et Drupal 8 et 9 sont en fin de vie. Pour Entity List, il faut passer en version 3.0.10.

À noter que Drupal propose une mesure d’atténuation pour la faille CVE-2026-108097 dans le cas où la mise à jour ne peut pas être appliquée tout de suite : désinstaller le module Field UI. Aucune mesure n’a en revanche été donnée pour l’autre vulnérabilité. Au vu de la dangerosité de ces failles, il est chaudement recommandé de mettre à jour les sites concernés sans attendre.

À noter qu’aucune de ces failles n’était a priori exploitée au moment de la publication des bulletins.

☕️ Des serveurs Exchange fonctionnent mal depuis les mises à jour du 13 octobre

19 octobre 2026 à 09:56


Les dernières mises à jour pour Windows Server, publiés le 13 octobre, engendrent des problèmes avec les serveurs Exchange sur site. Microsoft a confirmé ces perturbations, les versions concernées étant les 2016, 2019 et Subscription Edition. Ces défaillances sont liées à quatre mises à jour : KB5126646 (Windows Server 2025), KB5126655 (2022), KB5126651 (2019) et KB5126868 (2016).

Les symptômes sont nombreux : messages bloqués dans la boîte d’envoi d’Outlook, files d’attente qui s’allongent, échecs d’accès aux boîtes pendant la réplication, ou encore difficultés des membres d’un groupe de disponibilité de bases de données (DAG) à atteindre le quorum. Ces symptômes peuvent cependant varier fortement selon les configurations, certaines n’en développant aucun.

Selon la note publiée par Microsoft, les mises à jour d’octobre ont introduit une limite par défaut de 512 appels simultanés de recherche de point de terminaison (Endpoint Lookup). Cette limite contrôle la mémoire utilisée par Endpoint Mapper – un composant des appels de procédure distante (RPC) – et les charges Exchange élevées peuvent la dépasser.

Nous pouvons confirmer l’ampleur du problème, l’un de nos contacts ayant été touché. Il nous a indiqué qu’un redémarrage du serveur Exchange permettait de repousser le problème temporairement, ce que Microsoft confirme dans un billet publié séparément sur le blog de l’équipe Exchange. Celle-ci recommande de ne pas désinstaller les mises à jour (puisqu’elles corrigent un grand nombre de failles) puis d’exécuter la commande suivante depuis une invite en mode administrateur :

reg add "HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Rpc" /v EpmapSavedContextCap /t REG_DWORD /d 65536 /f

Il faudra ensuite redémarrer le serveur. Une fois cette étape réalisée, Microsoft recommande de surveiller l’état du serveur pour vérifier si le problème survient. Dans ce cas, il faudra augmenter la limite citée précédemment. Selon l’équipe Exchange, les retours ont indiqué que le problème était jugulé en appliquant cette méthode.

Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

19 octobre 2026 à 08:41
On approche des 20 000 modifications
Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

Après une longue gestation marquée par une montée en force de l’IA dans la détection des bugs, la version finale du noyau Linux 7.3 est arrivée. Les améliorations sont nombreuses, mais la disponibilité dépendra comme toujours de la distribution utilisée.

Le noyau Linux 7.3 est finalement arrivé comme prévu ce dimanche 18 octobre, après une gestation qui aura marqué les esprits. Selon les statistiques fournies par LWN, cette nouvelle mouture compte en effet 18 765 modifications (hors fusions), en provenance de plus de 3000 contributeurs. Elle est également significative par ses Release Candidates, marquées par l’arrivée « brutale » de l’IA dans la détection et la correction des bugs. Une « nouvelle normalité » commentait Linus Torvalds récemment.

Côté matériel

La nouvelle mouture comporte une liste abondante d’améliorations, à commencer par la prise en charge du matériel. On note ainsi la prise en charge initiale des puces M3 Pro, Max et Ultra, qui complète celle du M3 de base ajoutée dans la 7.2. Même chose pour le nouveau type de cœur basse consommation en préparation chez AMD pour son architecture Zen.

Plus concrètement peut-être, on y trouve aussi la gestion des interruptions thermiques chez Intel, la prise en charge du bloc d’affichage DCN 6.0 et des modificateurs de format DRM pour d’anciens GPU AMD, le support de la manette Steam Controller de 2026, ou encore des améliorations de l’ordonnanceur pour les processeurs hybrides et une gestion plus unifiée des types de cœurs Intel et AMD. Le noyau intègre également un pilote pour la manette MSI Claw, un pilote HID-HyperX pour l’état de coupure du micro HyperX QuadCast 2, et la prise en charge du commutateur de mode tablette dans le pilote AMD Sensor Fusion Hub.

Du mieux pour certains systèmes de fichiers

Le noyau Linux 7.3 introduit en outre un nouveau système de fichiers particulier : failfs. Il se veut le pendant de nullfs et fait échouer toute opération l’atteignant avec l’erreur EOPNOTSUPP (chemins absolus, liens symboliques et chemins relatifs au répertoire courant). Pour son auteur, Christian Brauner, l’intérêt est de permettre aux processus de se défaire entièrement de leur état de système de fichiers. Ainsi, un processus dont la racine ou le répertoire courant est dans failfs doit ancrer chaque résolution de chemin sur un descripteur de fichier explicite.

On reste dans les systèmes de fichiers avec une série d’améliorations pour ceux déjà en place. Le noyau 7.3 inclut par exemple une hausse des performances (parfois significatives selon les scénarios) pour btrfs que Phoronix avait repérée à la sortie de la première Release Candidate fin aout. Alors que le code de support des systèmes EFS et FreeVxFS est supprimé, celui pour ntfs3 reçoit d’importantes améliorations, dont la prise en charge des flux de données alternatifs ainsi qu’un début de durcissement pour sa sécurité.

Parmi les autres changements, on remarque en outre des travaux significatifs sur le support de SMB, qui peut gérer en option Time Machine (le système de sauvegarde de macOS). Le serveur SMB intégré au noyau (ksmbd) gagne aussi la fenêtre de séquence des commandes SMB2, le rejeu des requêtes SMB3, le chiffrement SMB3 par partage et le chiffrement pour SMB Direct (RDMA). À la sortie de la Release Candidate 3, Linus Torvalds avait indiqué qu’un nombre important de correctifs était intégré pour SMB (ainsi que pour XFS).

LTS ou pas LTS ?

Cette version 7.3 est donc disponible, mais sa récupération réelle dépend fortement de la distribution utilisée. De nombreux systèmes ne proposent pas immédiatement les nouveaux noyaux et attendent leur version suivante pour l’intégrer. D’autres, notamment celles en rolling release, proposent les nouveaux noyaux très rapidement en général.

Enfin, un mot sur la prochaine version 7.4. Sa fenêtre d’intégration vient d’ouvrir et sa publication doit se faire vers la fin décembre. Cette version sera à nouveau importante pour le support matériel, avec par exemple l’activation du HDMI 2.1 sur les Radeon, le support des NPU dans les Ryzen AI Max 400, la poursuite des travaux sur le pilote NVIDIA Nova (pour remplacer l’actuel Nouveau), des optimisations sur la mémoire, ou encore la prise en charge initiale des puces M4 et A18 pro d’Apple.

On ne sait pas encore si cette version sera la nouvelle LTS (Long Term Support) ou s’il s’agira de la 7.3 qui vient de sortir.

Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

19 octobre 2026 à 07:21
Moi, moche et virtualisé
Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

Apple a publié un article de recherche sur Minions, une infrastructure permettant d’agréger les ressources GPU inutilisées sur des grappes de Mac dotés de puce Apple Silicon. Si le concept n’a rien de nouveau, les travaux d’Apple prolongent l’existant et inscrivent un peu plus les Mac dans le paysage de l’IA.

Les Mac sont décidément appréciés par les entreprises désireuses de faire tourner localement des LLM plus ou moins gros. Pourquoi les Mac ? Parce qu’ils embarquent une mémoire dite « unifiée », servant à la fois pour les parties CPU et GPU des puces Apple Silicon. Si votre Mac est équipé de 32 Go de mémoire vive, le GPU peut puiser dedans. Cette mémoire est certes moins rapide que la VRAM des cartes graphiques dédiées (sans même parler de la HBM), mais ce scénario d’usage compense par le volume.

Apple sait que ses Mac Mini et Studio partent comme des petits pains auprès d’entreprises comme OpenAI, Anthropic et Meta. C’est dans ce contexte qu’elle a mis en ligne un document de recherche (prépublication sur Arxiv) exposant le fonctionnement de Minions, une infrastructure GPU virtuelle dédiée aux charges d’inférence d’apprentissage automatique à grande échelle.

Rassembler l’inaction

L’architecture proposée repose sur quatre éléments. D’abord, un serveur central reçoit les requêtes via une interface web ou des API (REST). Il s’occupe de les valider puis de les découper de manière asynchrone en sous-tâches stockées dans une base PostgreSQL. En d’autres termes, le serveur est chargé de créer une file d’attente.

Ensuite, les exécuteurs. Ils tournent sur les Mac mis à contribution et traitent localement les sous-tâches sur le GPU, avant d’écrire le résultat des calculs dans une zone de stockage S3. Ils n’accèdent jamais directement à la base PostgreSQL : ils réservent des sous-tâches en utilisant l’API du serveur, via une table de la base dotée d’une contrainte d’unicité. Même chose pour mettre à jour l’état de la base, envoyer leur signal de vie (un message bref envoyé au superviseur pour indiquer qu’il fonctionne encore) et livrer leurs résultats.

Le superviseur, justement, est ici nommé « Watchdog » (littéralement « chien de garde »). Son rôle est de surveiller les exécuteurs en cours de traitement et de remettre en file d’attente les sous-tâches des exécuteurs devenus muets. Ce silence peut provenir de multiples causes : perte réseau, veille, extinction, arrêt volontaire, etc. Ce fonctionnement autorise donc une certaine souplesse.

Quant au dernier composant, c’est tout simplement le tableau de bord pour le suivi de l’ensemble en temps réel.

De fortes limitations

Le tout permet, comme relevé par Apple Insider, de mettre à disposition la puissance inutilisée des GPU pour les mettre à contribution lors d’un travail d’inférence. Ainsi, des équipes qui lancent de grands lots asynchrones d’inférence (index de recherche, génération de texte en masse pour l’évaluation ou l’étiquetage…) n’ont plus besoin d’attendre qu’une grappe de GPU se libère. C’est du moins le fonctionnement sur le papier.

Si le document est intéressant dans le fond, il est aussi très court. Apple ne fournit aucune information mesurée : pas de tests de débits, pas de coût énergétique, de taux de reprise ou aucune comparaison quelle qu’elle soit. Il est donc difficile de se rendre compte des performances.

Les cas présentés ont également un périmètre limité. La publication n’évoque que deux types de charges : les modèles de vecteurs de représentation chargés via la bibliothèque Transformers de Hugging Face, et la génération de texte via Ollama. Il n’y a pas d’ordonnanceur central, il ne s’agit donc pas d’un modèle découpé et réparti entre les machines.

En fait, chaque exécuteur doit pouvoir faire tourner intégralement le modèle en local, ce qui limite d’autant les cas. La mémoire a beau être universelle sur les Mac Apple Silicon, sa quantité détermine directement ce que l’on peut y faire résider. Pas question par exemple d’y faire tourner le tout récent Muse Spark Open.

Et si vous vous posez la question : non, l’entrainement n’est pas pris en charge, en tout cas pour l’instant. Apple compte prendre en charge l’entraînement distribué à l’avenir, sans plus de détails.

Quel intérêt ?

Au sein d’une organisation, l’infrastructure présentée peut avoir des avantages, mais il ne s’agit pas d’un projet « magique » capable de fonctionner avec tous les modèles. Il y a quand même plusieurs avantages : pas d’achat de GPU dédiés, un coût d’infrastructure considéré comme « nul », une capacité générale qui grandit avec le nombre de Mac présents sur place, ou encore un fonctionnement local puisque les données ne sortent pas de l’organisation.

L’intérêt d’Apple est d’avancer discrètement sur l’argument commercial que les Mac sont des machines taillées pour l’IA. Sur ce point, la présentation de Minions rejoint les annonces autour de Muse Spark Open et du rapprochement avec Meta, Apple ayant publié des mesures et de la documentation MLX.

En filigrane, le papier raconte également une autre histoire : celle des propres limites d’Apple. L’entreprise le dit elle-même dans son article, elle manque de GPU centraux. Ainsi, avant que Minions ne soit utilisé (montrant au passage que l’infrastructure n’est pas que théorique), certaines tâches d’inférence pouvaient attendre plus de 10 heures avant de commencer. Avec Minions, le temps ne serait plus que de quelques minutes, mais Apple ne donne aucun détail supplémentaire.

Dans l’absolu, Minions ne crée aucune rupture, car la récupération de cycles, le calcul bénévole ou encore l’inférence répartie existent déjà. C’est dans les grandes lignes le schéma adopté par l’infrastructure de calcul distribué BOINC, qui exploite les GPU depuis vingt ans. On peut également citer Petals pour répartir un grand modèle en blocs de couches sur des machines bénévoles réparties sur internet. Mais l’idée pourrait séduire les organisations déjà dotées de nombreux Mac, surtout s’ils sont récents et accompagnés d’une bonne quantité de mémoire.

« Plus largement, Minions ouvre une perspective inédite pour la communauté de l’apprentissage automatique : si les appareils macOS inactifs, à l’échelle de plusieurs organisations, voire de la communauté mondiale, pouvaient être fédérés de manière sûre, ils formeraient un vaste parc de GPU partagé, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème », indique Apple dans une conclusion plus ambitieuse.

☕️ Sync-in 2.6 intègre l’éditeur de diagramme draw.io

16 octobre 2026 à 10:03


Sync-in est un projet libre de stockage, synchronisation et collaboration autour des fichiers. Son développeur principal, Johan Legrand, nous avait expliqué en octobre 2025 sa volonté de proposer une solution simple pour synchroniser et gérer des fichiers, avec un aspect collaboratif. Sync-in s’installe sur un serveur et permet la gestion des fichiers, l’utilisation d’une suite bureautique et fournit une gestion fine des autorisations.

La nouvelle mouture 2.6 intègre désormais draw.io pour la création et l’édition des diagrammes. L’installation peut se faire via le service Docker fourni ou une instance draw.io externe. La fonction prend en charge les fichiers VSDX et Gliffy, qui peuvent être importés et convertis au format .drawio.

Draw.io dans Sync-in

Cette version apporte également des améliorations diverses, dont une visionneuse d’images modernisée, un mode galerie pour parcourir les images d’un dossier, la réunion du filtrage local et de la recherche globale dans la barre de navigation, des préférences utilisateur persistantes (enregistrées au niveau du compte), ou encore la possibilité pour la synchronisation d’ignorer les suppressions.

Sync-in propose en outre des améliorations de performances. La consommation mémoire se veut ainsi réduite d’environ 10 % et les vérifications de la base de données sont plus rapides. Côté sécurité, on note une protection harmonisée pour les services sensibles, dont l’authentification, la synchronisation et les liens publics.

Comme les versions précédentes, Sync-in 2.6 peut être récupéré en paquet NPM ou en image Docker. Les clients desktop (Windows, Mac, Linux, CLI) recevront prochainement une version 2.3 pour tenir compte des nouveautés introduites.

Microsoft l’assure, son Windows 11 évolue dans le bon sens

16 octobre 2026 à 09:09
Promis, juré, crashé
Microsoft l’assure, son Windows 11 évolue dans le bon sens

Après de multiples annonces au printemps, Windows 11 a reçu ces derniers mois bon nombre d’améliorations diverses, nouvelles fonctions et autres corrections. Dans un billet faisant le point, Microsoft cherche à convaincre : les choses seraient bel et bien en train de changer.

Windows 11 se retrouve coincé à un carrefour peu enviable. D’un côté, une mauvaise réputation venant d’un manque de nouveautés à sa sortie et d’exigences strictes sur le matériel. D’un autre, le sentiment d’une mise à jour forcée après la mise à la retraite de Windows 10, même si l’Europe bénéficie d’une situation un peu moins précaire. D’un autre côté encore, des interrogations croissantes sur sa pertinence à une époque où Linux n’a plus grand-chose à lui envier pour les jeux vidéo et où le foisonnement logiciel explose via le vibe coding.

Microsoft fait un point d’étape

Dans un billet publié ce 15 octobre, Microsoft commence par mettre en avant les performances. L’éditeur l’affirme : l’ensemble du système se veut jusqu’à 20 % plus réactif, « avec des améliorations que vous pouvez ressentir dès le démarrage de votre PC et s’étendant à Démarrer, Explorateur de fichiers, Recherche, Outil de coupe, Microsoft 365, Edge et plus encore ».

L’entreprise explique qu’une bonne partie de ce travail vient d’une utilisation plus « intelligente » de la mémoire et des ressources du système. L’impact est variable selon les configurations, mais la différence se ressentirait le plus sur les systèmes équipés de 8 Go de mémoire seulement.

La firme précise que dans ce cas, Windows 11 peut garder en mémoire jusqu’à 2 Go supplémentaires de « données actives » au lieu de les déplacer vers un stockage plus lent (le swap). D’autres travaux ont été entrepris, comme un chargement en mémoire des widgets uniquement quand ils sont ouverts, économisant 200 Mo.

Microsoft braque les projecteurs sur de vastes travaux en cours qui commencent à donner leurs fruits sur les usages quotidiens. Par exemple, un fonctionnement plus fiable des casques Bluetooth, notamment sur l’appairage et la reconnexion. L’éditeur mentionne spécifiquement les AirPods, dont l’appairage peut être compliqué et qui se fait jusqu’à 15 secondes plus vite (donnant une idée du problème initial).

Outre une connexion plus rapide via Windows Hello, Microsoft cite aussi le travail en cours sur la qualité générale des pilotes tiers via sa Driver Quality Initiative. Dans ce sens, l’entreprise confirme ce qu’elle avait déjà dit cet été.

Nouvelle recherche, nouvelle application Photos


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Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire

16 octobre 2026 à 06:02
Les choses sont « dites »
Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire

Le débat secoue la communauté du libre depuis des mois : faut-il accepter le code généré par IA ? Pour certains, c’est une trahison de l’esprit même du libre. Pour d’autres, ce n’est pas un problème. Pour Linus Torvalds, il n’y a vraiment aucun problème, mais à une condition. Au point de se mettre une nouvelle fois en colère.

La question de savoir si le code généré par IA doit être accepté dans le noyau Linux semble être tranchée depuis un moment. Mais, le débat a évolué il y a bientôt 18 mois : le code généré par IA doit-il recevoir un marquage spécial ?

La question a été officiellement posée par Sash Levin en juillet 2025, comme le relevait alors Phoronix. Développeur travaillant chez NVIDIA et co-mainteneur des versions LTS (Long Term Support) du noyau, il avait proposé que les contributions au code générées par des LLM soient marquées d’un label « Co-developed-by ». Avec le temps, cette proposition évoluera en « Assisted-by ».

Dans un premier temps, cette proposition va plaire, au point d’être adoptée au Maintainers Summit 2025 en fin d’année dernière. À ce moment déjà, Linus Torvalds doutait déjà du bien-fondé de l’approche. Dans les mois qui suivent, un document coding-assistants.rst entre dans le noyau 7.0 pour formaliser ce qui est alors considéré comme une bonne pratique.

L’usage raisonné à grands coups de marteau

Les positions du père de Linux vont retentir plusieurs fois en 2026. Dès janvier, il s’oppose à ce que la documentation du noyau prenne parti. Sans jamais vraiment le dire, il milite alors pour un usage « raisonné » de l’IA. En mai par exemple, il tempête contre les trop nombreux rapports de bugs produits par les outils automatiques. Une critique désormais courante, portée notamment par l’équipe de FFmpeg qui fustigeait les LLM utilisés à la va-vite pour générer des rapports de bugs de faible qualité (le fameux slop, ou « bouillie »).

Deux mois plus tard éclate un débat autour de Sashiko, un service centralisé proposé par Google pour surveiller automatiquement la mailing-list du noyau (entre autres) pour publier ensuite des reviews de code de manière automatisée. Linus Torvalds intervient alors pour indiquer que le consensus général des mainteneurs du noyau est que l’IA est utile quand elle est utilisée correctement. Il ne souhaite pas que les rapports générés soient rejetés en bloc, tout en soulignant les améliorations nécessaires.

Le cas du noyau Linux 7.3

Depuis, sa position s’est encore affirmée, notamment à travers la gestation du noyau Linux 7.3. Les Release Candidates 6 et 7 sont devenues une « nouvelle normalité », car au lieu de ne corriger que quelques bugs – ce qui est traditionnellement le cas à ce stade du développement –, elles en corrigent des centaines.

Jonathan Corbet (LWN.net) a ainsi fait un compte-rendu du dernier Maintainers Summit qui s’est tenu le 8 octobre à Prague. Selon lui, le noyau 7.3 comporte actuellement 18 533 changements. Sur cet ensemble, 10 % des correctifs portent la mention « Assisted-by », mais il ajoute : « Le nombre réel de correctifs assistés par LLM est sûrement bien plus élevé ».

Il rapporte également la prise de parole de Linus Torvalds : blâmer les LLM au sein de la communauté est contre-productif car le problème se concentre sur les utilisateurs qui ne savent comment les utiliser, ou même comment fonctionne le noyau. « Torvalds et d’autres ont répété que les contributions de faible qualité venaient de nouveaux développeurs et qu’elles devraient recevoir une faible priorité, la communauté devrait arrêter d’essayer de rendre la contribution facile. De nombreux développeurs ont déclaré, à plusieurs reprises qu’ils essayaient de les mentorer mais que c’était presque toujours une perte de temps ; ils n’écoutent pas », rapporte sévèrement Jonathan Corbet.

Linus Torvalds se fâche (encore)

Au sommet de Pragues, les mainteneurs du noyau ont convenu que l’étiquette était désormais obsolète. Cependant, le développeur Laurent Pinchart s’y est opposé. Dans un message daté du 13 octobre, il refuse que l’étiquette soit supprimée tant qu’un mécanisme de remplacement n’a pas été mis en place. Il soutient qu’une règle sert à fixer les attentes, même si certains la contournent.

La réponse de Torvalds, dans la nuit du 13 au 14 octobre, est salée.

« Je ne comprends pas toute cette idée idiote du « n’utilisez pas l’IA pour X ». Voici une nouvelle règle rien que pour vous : n’utilisez aucun compilateur pour vos contributions au noyau. Parce que si vous ne pouvez pas démontrer que vous comprenez réellement ce que fait la machine en écrivant votre code en assembleur, alors je ne veux pas voir votre contribution. Vous n’êtes manifestement pas compétent si vous ne savez pas l’écrire ainsi.

Et au fait, vous feriez mieux de ne pas utiliser non plus d’éditeur pour rédiger ce message de validation. Parce que j’ai besoin que vous me montriez que vous savez réellement écrire un bon message de validation sans outils qui permettent de revenir en arrière facilement et de masquer les erreurs commises en tapant. D’accord ? Parce que, sinon, vos validations assistées par des outils ne montrent clairement pas que vous savez ce que vous faites.

Ne voyez-vous pas à quel point ce genre de règles serait ABSOLUMENT STUPIDE ?

Alors non. Nous n’allons pas établir de règles stupides qui disent « vous ne pouvez pas utiliser d’outils pour X ». Ce que j’attends moi, c’est que les gens fassent de leur mieux, et j’attends d’eux qu’ils comprennent ce qu’ils font. Mais cette compréhension a très peu de rapport avec les outils qu’ils utilisent.

Et, très honnêtement, d’après mon expérience, les personnes que je respecte et que je juge intelligentes ne sont pas celles qui rechignent à utiliser des outils nouveaux et intéressants. »

Aujourd’hui, un nombre croissant accepte les contributions générées par LLM. Dernièrement, le cas le plus visible a été le projet Debian, qui a adopté un consensus que l’on trouve dans plusieurs autres projets, dont Fedora, LLVM ou même Firefox : les contributions sont acceptées à condition que les personnes qui les émettent soient capables de les relire, de les comprendre et de les expliquer.

D’autres projets, comme Gentoo, NetBSD, Zig ou Krita refusent explicitement ce type de contribution ou ont mis en place un moratoire sur cet usage. Enfin, beaucoup ne sont pas encore officiellement positionnés, à l’instar du projet KDE, qui vient de fêter ses 30 ans.

Google veut surfer sur la vague du vibe coding personnel pour Android

15 octobre 2026 à 10:24
Vite fait mal fait
Google veut surfer sur la vague du vibe coding personnel pour Android

Google cherche à séduire une nouvelle génération d’utilisateurs en faisant miroiter la facilité avec laquelle on peut développer une application Android à partir de requêtes en langage naturel. Attention toutefois à la sécurité.

Google a présenté un changement dans sa politique de développement des applications pour Android. Avec Google AI Studio, il va devenir possible de générer une application Android par instructions en langage naturel puis de la lancer sur son propre appareil via Google Play, sans rien payer.

Ces applications dites « personnelles » ne vont donc plus réclamer un compte développeur, actuellement facturé 25 dollars (achat unique). Un simple compte Google va suffire. Cette possibilité est d’abord déployée aux États-Unis pour les personnes majeures. Au cours des prochains mois, cette capacité sera étendue à d’autres marchés (sans précisions) et aux cercles restreints de proches pour faire tester les applications et obtenir des retours.

Google cherche ainsi clairement à offrir un nouveau débouché à ses outils d’IA générative, puisque la fonction est réservée à AI Studio, donc à Gemini. Dès que l’on souhaite passer de développeur personnel à développeur voulant proposer officiellement ses applications sur le Play Store, le compte à 25 dollars redevient obligatoire.

On peut y voir une manière d’adoucir les changements récents introduits sur le Play Store, dont l’obligation de faire vérifier son profil pour distribuer ses applications via la boutique. Même si cette nouvelle voie reste entièrement sous le contrôle de Google, elle permet de répondre en partie aux critiques sur la fermeture de Google aux applications « faites maison ». C’est aussi une manière pour Google de familiariser un plus grand nombre de personnes à son écosystème.

Simple, mais potentiellement dangereux

On peut s’amuser en revanche d’un point particulier : dans le cadre de ces applications personnelles, aucune vérification n’est faite par Google puisqu’elles ne passent pas par le Play Store. Le code généré par AI Studio pourrait comporter des failles et des faiblesses, mais elles relèveront de la responsabilité du développeur amateur en cas de problème. Le risque est limité tant que l’usage est personnel, mais il peut avoir son importance dès lors que ces applications seront partagées avec les proches.

Ce type de danger peut être illustré par le cas Gouinder débattu récemment sur X. Une femme a développé un équivalent de l’application de rencontres Grindr à destination des utilisatrices lesbiennes, mais un problème est rapidement apparu : le service affichait en clair dans son code la position exacte (au mètre près) des utilisatrices, avec le danger inhérent d’une telle information. Le cas n’est pas directement rattaché à Google, mais donne un aperçu de ce qu’un contrôle insuffisant du code peut induire après sa génération par un LLM.

À noter enfin plusieurs changements pour les jeux dans Play. Les utilisateurs vont ainsi pouvoir générer directement des comparaisons entre applications et poser des questions en langage naturel pour trouver un ou plusieurs titres. Game Finder pourra également recommander des jeux à partir d’un « Gamer DNA », basé sur une analyse de la manière de jouer, les notes données et les centres d’intérêt. Signalons aussi un changement important pour Family Link : les parents pourront transmettre la tranche d’âge des enfants au lieu d’informations plus détaillées.

Nouveau lanceur, Fortnite sur Linux : le signal fort d’Epic Games à l’industrie

15 octobre 2026 à 09:02
Go carry la game
Nouveau lanceur, Fortnite sur Linux : le signal fort d’Epic Games à l’industrie

Epic lance de grands travaux et s’apprête à concrétiser une étape que de nombreuses personnes attendaient : lancer Fortnite sur Linux.

Le jeu vidéo sur Linux bouge beaucoup depuis quelques années, dans un élan qui semble s’accélérer. Jusqu’à aujourd’hui, le principal facteur de ce changement était Proton, une couche logicielle basée sur Wine et permettant de faire fonctionner des jeux Windows sur Linux, avec des performances souvent identiques (parfois moindres, parfois meilleures).

On connait cependant l’une des plus grosses pierres d’achoppement dans ce domaine : les logiciels anti-triche. Ils n’ont peut-être l’air de rien, mais d’eux dépendent l’arrivée de nombreux titres de type compétitif sur Linux, dont bien sûr Fortnite.

Bien qu’ayant mauvaise presse à cause de l’utilisation de technologies considérées comme lourdes, ces composants sont importants. Ils surveillent les jeux protégés en cherchant les comportements interdits (exemple typique : une visée automatique dans un jeu de tir), vérifient l’intégrité des programmes impliqués et aident à repérer les joueurs qui enfreignent les conditions d’utilisation. Certains vont jusqu’à modifier matériellement leur PC pour obtenir un avantage dans un jeu compétitif. Valorant, League of Legends, Counter-Strike 2, Call of Duty, Rainbox Six Siege, Fortnite, Apex Legends : tous utilisent ce type de protection, qui n’existe pas (ou quasiment pas) sur Linux.

Qu’à cela ne tienne, Epic Games annonce la disponibilité prochaine de son anti-triche pour Linux, avec pour conséquence l’arrivée en suivant de Fortnite sur la plateforme. L’éditeur lance pour l’occasion une préversion d’un nouveau lanceur, disponible pour la première fois sur Linux.

Easy Anti-Cheat 2 pour Linux entièrement rebâti

Contrairement aux idées reçues, il existe bien aujourd’hui une version Linux d’Easy Anti-Cheat (EAC), le logiciel anti-triche d’Epic. Techniquement, il existe même depuis 2014 et prend en charge les jeux Windows exécutés via Wine ou Proton depuis 2021. Seulement, personne ou presque ne s’en sert car la protection est nettement inférieure à celle obtenue pour Windows. Il faut dire qu’EAC pour Windows installe un pilote dans le noyau, comme toujours avec les solutions anti-triche.

EAC 2 pour Linux veut faire aussi bien, mais sans passer par le noyau. Le choix architectural est donc très différent, mais salutaire : exploiter les mécanismes de sécurité déjà présents. Le nouvel EAC s’appuiera ainsi sur le démarrage mesuré, le module de sécurité de verrouillage du noyau (lockdown) et l’IOMMU, complétés par une logique eBPF propre à Epic.

Deux explications à ce sujet. L’IOMMU (unité de gestion mémoire des entrées-sorties) est une couche de traduction et de contrôle d’accès entre les adresses utilisées par un périphérique et la mémoire physique. Quand elle est active, le périphérique ne manipule plus d’adresses physiques mais des adresses virtuelles d’entrée-sortie. eBPF, de son côté, est une machine virtuelle intégrée au noyau Linux qui permet de charger depuis l’espace utilisateur de petits programmes qui s’exécutent dans le noyau.

Des exigences très claires


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KDE fête ses 30 ans

14 octobre 2026 à 14:27
Hier les barbus, demain les entreprises
KDE fête ses 30 ans

KDE fête aujourd’hui ses 30 ans. Pour l’occasion, nous vous retraçons l’historique de cet environnement de bureau pour Linux, qui a commencé comme un petit projet d’un étudiant allemand.

Il faut remonter en 1996, plus précisément le 14 octobre (donc il y a tout juste 30 ans). Ce jour-là, Matthias Ettrich, étudiant en informatique à l’université de Tübingen, publie un message sur Usenet. Il y déroule un diagnostic : X11 n’est qu’un système de fenêtrage, Motif une bibliothèque et les gestionnaires de fenêtres de simples outils. En clair, il n’y a pas d’interface graphique libre pour l’utilisateur final, rien qui permette facilement de surfer sur le web, rédiger quelques e-mails, lancer un jeu ou deux. Selon Ettrich, le problème lui a sauté aux yeux en configurant l’ordinateur de sa compagne.

Pour y remédier, il annonce un nouveau projet : Kool Desktop Environment. Il énumère les briques à créer : un tableau de bord, un gestionnaire de fichiers, une messagerie, un terminal ainsi qu’une aide hypertexte, le tout sous licence GPL. Le socle technique est déjà choisi : ce sera Qt, une bibliothèque d’interface pour C++ créée par la société norvégienne Troll Tech. Dans son message, il dit espérer réunir 20 à 30 volontaires.

Une embrouille au départ

Le projet fédère assez pour que, dès août 1997, les développeurs intéressés se rassemblent à Arnsberg. Trois mois plus tard, une association de droit allemand est créée, KDE e.V.

Pourtant, un problème apparait rapidement : le choix de Qt fait grincer quelques dents. La bibliothèque est en effet gratuite pour le développement de logiciels libres, mais sa licence n’autorise pas la redistribution des versions modifiées. Pour une partie de la communauté, le constat est clair, un bureau libre ne pouvant pas reposer sur une fondation qui ne l’est pas.

Les premiers temps, Debian et Red Hat vont donc refuser la distribution de KDE. La dispute est assez vive pour que deux projets apparaissent en contre-attaque. Harmony d’abord, qui est une réécriture libre de Qt. Mais il y a surtout GNOME, lancé dès août 1997 par Miguel de Icaza et Federico Mena en se basant sur la bibliothèque GTK. Oui, GNOME était initialement un rejeton du projet KDE.

Cette histoire de licence va passer par plusieurs rebondissements mais prend fin en septembre 2000 avec la 2.2 de Qt, finalement proposée sous licence GPL. Cet accord a été repris tel quel quand Troll Tech a été racheté par Nokia en 2008, puis plus tard quand Qt a été récupéré par Digia, devenue depuis The Qt Company.

De KDE 1 à KDE 3, les jeunes années

La toute première version de KDE apparaît le 12 juillet 1998. Il se sera donc écoulé moins de deux ans entre le message de Matthias Ettrich et cette version. KDE 1.0 est davantage une preuve de concept qu’un environnement complet et il faut attendre KDE 2.0 le 23 octobre 2000 pour que les choses sérieuses commencent.


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☕️ Linux Mint 27 « Adrien », basée sur Ubuntu 26.04, sera disponible à Noël

14 octobre 2026 à 08:21


Linux Mint est une distribution populaire. Basée uniquement sur les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, elle se distingue par un soin particulier porté à son interface, guidée par la philosophie de GNOME 2.X plutôt que par la branche 3. Dans son approche, elle rappelle donc plutôt KDE (dont on fête les 30 ans aujourd’hui), avec notamment une barre des tâches et un menu principal.

Dans un billet publié le 13 octobre, le développeur principal de Linux Mint, Clément Lefebvre, indique que la prochaine édition majeure se nomme « Adrien ». Cette version 27 sera basée pour la première fois sur Ubuntu 26.04, impliquant une modernisation de sa base, puisque l’actuelle mouture est fondée sur Ubuntu 24.04.

Le développeur indique qu’il s’agira de la première version à résulter du changement de rythme dans la parution de Mint, puisque le cycle du système est passé de 6 à 12 mois. « Je travaille sur Linux Mint depuis plus de 20 ans maintenant. Je ne pense pas avoir déjà vu autant de changements et de nouvelles fonctionnalités implémentés pour une seule version. C’est vraiment excitant et ça me fait un peu peur parce que cela signifie aussi que nous allons être très occupés pendant la phase bêta », indique Clément Lefebvre.

Linux Mint 22 selon Flock
Illustration : Flock

Il donne plusieurs informations intéressantes. D’abord, la date de sortie : Linux Mint 27 sortira à Noël. Ensuite, une explication sur le numéro de version. Pourquoi passer de 22.3 actuellement à 27 ? Justement parce que le cycle est désormais annuel et que Clément Lefebvre préfère que les nouvelles versions aient simplement le numéro de l’année à venir, donc 27 pour la mouture sortant à Noël.

Enfin, outre une nouvelle application pour les alarmes, Linux Mint 27 sera disponible « au moins » en éditions Cinnamon, Xfce et MATE. Aucun mot pour l’instant sur la prochaine LMDE (Linux Mint Debian Edition).

Clément Lefebvre signale au passage qu’il « se passe beaucoup de choses en coulisses », évoquant le travail sur trois autres projets nommés Superlight (moniteur système), Unfold (gestionnaire d’archives) et Velocitty (émulateur de terminal), qui seront détaillés courant novembre.

Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

14 octobre 2026 à 07:12
Pas le temps d'attendre
Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

Pour le cinquième mois consécutif, Microsoft bat son record de failles de sécurité corrigées dans ses produits. Le Patch Tuesday d’octobre vient ainsi colmater le nombre impressionnant de 1 411 vulnérabilités. Parmi elles, trois sont de type 0-day, dont une déjà exploitée.

Ce 13 octobre, Microsoft a publié des correctifs pour un nombre record de 1 411 failles, dont une activement exploitée et deux 0-day, c’est-à-dire dont les détails étaient déjà connus au moment de la publication de leur correctif. Parmi le lot global, 70 sont critiques : 57 exécutions de code à distance, 11 élévations de privilèges et 2 usurpations.

Ce chiffre de 1 411 failles est donné par Bleeping Computer. Il est d’autant plus impressionnant que nos confrères n’ont compté que les vulnérabilités effectivement corrigées par les mises à jour publiées mardi soir. Ils n’ont pas intégré les 348 failles corrigées plus tôt dans le mois, notamment dans Azure API Center, Azure App Service, Azure Event Grid, Azure SRE Agent, Mariner, Microsoft Bookings, Dataverse, Exchange Server et Partner Center.

Trois failles dangereuses, dont une déjà exploitée

Dans le lot, trois failles ressortent particulièrement. La plus importante est CVE-2026-96951 car elle est activement exploitée. Critique (score CVSS de 8,8 sur 10), elle peut être exploitée par injection de commande dans le Shell Windows, permettant alors de contourner la fonction de sécurité « Mark of the Web », qui marque la provenance internet apposée aux fichiers téléchargés. On ne sait pas qui a découvert la faille.

Vient ensuite CVE-2026-108398, une vulnérabilité de contournement des fonctionnalités de sécurité du .NET Framework. « Un chemin de recherche non fiable dans .NET Framework permet à un attaquant autorisé de contourner localement une fonctionnalité de sécurité », explique Microsoft. Plus précisément, l’exploitation permet le contournement du contrôle des applications de Windows Defender (WDAC) et donc de lancer des applications non autorisées, sans interaction utilisateur. La faille est critique, avec là aussi un score CVSS de 8,8, et a été découverte par James Forshaw du Project Zero de Google.

Enfin, CVE-2026-92707 est de niveau plus modéré, avec un score de 5,3. « Une allocation mémoire séquentielle mal contrôlée dans .NET permet à un attaquant non autorisé de refuser un service sur un réseau », indique Microsoft. L’éditeur ne précise pas en revanche qui l’a découverte.

Le nombre de failles critiques, la vulnérabilité déjà exploitée et les deux autres failles 0-day rendent l’installation des correctifs urgente. Il est chaudement recommandé de les appliquer aussi rapidement que possible, le processus réclamant un redémarrage de la machine.

L’IA tourne à plein régime

Comme les mois précédents, le déluge de correctifs est une conséquence directe de deux machineries lourdes mises en place par Microsoft plus tôt dans l’année. D’abord MDASH (Microsoft Security multi-model agentic scanning harness), son harnais multi-agents de détection et de remédiation de vulnérabilités, présenté en mai. Puis en juillet, ce fut au tour du projet Perception, se servant de MDASH, du modèle MAI-Cyber-1-Flash et d’autres modèles, Microsoft affirmant depuis être le maître dans la détection de failles.

L’éditeur revendique ainsi depuis plusieurs mois l’utilisation très intensive de l’IA pour détecter et corriger les failles, provoquant une explosion des correctifs chaque mois. Septembre avait déjà marqué les esprits, Microsoft frôlant le millier de correctifs, mais ce record est battu à plate couture en octobre, avec un écart d’environ 450 failles supplémentaires.

Ce mouvement n’est pas spécifique à Microsoft. On le retrouve également chez Apple et dans un nombre croissant de projets libres, à commencer par le noyau Linux lui-même. La gestation du noyau 7.3 est ainsi marquée par des Release Candidates plus volumineuses qu’habituellement, chacune corrigeant une longue liste de problèmes. Linus Torvalds himself se sert couramment de l’IA (Claude en l’occurrence) pour des correctifs et autres améliorations.

Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

13 octobre 2026 à 14:03
Les smartphones, ces PC comme les autres
Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

Quelques jours après les chiffres sur le marché des PC, ceux des smartphones révèlent une réalité quasi identique : un fort recul, entrainé largement par la hausse spectaculaire des prix de la mémoire vive.

Le 9 octobre, nous indiquions que le marché des PC avait plongé de 20 %, chiffre que l’on retrouvait chez plusieurs cabinets d’analyse, dont IDC et Omdia (anciennement Canalys). Ce chiffre correspondait au recul des expéditions mondiales, comparé à celui du troisième trimestre 2025. Ce recul brutal était expliqué en grande partie par le prix de la RAM et, dans une moindre mesure, par celui de la NAND (utilisée dans les SSD). Selon Omdia, le prix du duo RAM-NAND représente 40 % de celui d’un PC neuf en moyenne, contre 15 % un an plus tôt.

PC, smartphones, même combat

Sans trop de surprise, la situation est identique pour les smartphones. Les chiffres publiés par Counterpoint montrent la même ampleur : le troisième trimestre a enregistré une chute de 20 % des expéditions mondiales par rapport au même trimestre l’année dernière. Le cabinet d’analyse met amplement en avant les tarifs de la RAM comme facteur principal, avec à la clé une augmentation moyenne de 20 % des prix des smartphones depuis le début.

La situation est semblable sur d’autres points. Sur le marché PC, cette dégringolade n’a entraîné aucun remaniement dans le classement des plus gros constructeurs. Il en va de même pour les smartphones, Samsung restant en première place avec 23 % de parts de marché, Apple étant juste derrière avec 22 %. Les deux entreprises ont perdu des plumes, mais moins que leurs concurrents. Xiaomi, par exemple, chute lourdement avec une baisse de plus de 30 % sur un an.

Pour Apple, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, car c’est la première fois que la société de Cupertino dépasse la barre des 20 % à l’échelle mondiale sur un troisième trimestre. Deux raisons sont avancées par Counterpoint. D’abord, l’absence d’iPhone 18 non Pro, se traduisant par des approvisionnements moindres des distributeurs et donc des livraisons moindres. Ensuite, la hausse des prix n’est arrivée qu’en fin de trimestre. Les iPhone 18 Pro et Pro Max ayant connu un meilleur démarrage que leurs prédécesseurs (surtout en Chine), Apple arrive à s’en sortir.

Counterpoint confirme également que le haut de gamme s’en sort mieux que l’entrée et le milieu de gamme. En aout dernier, nous indiquions déjà que la crise de la mémoire plombait ces segments. À eux seuls, la RAM et la NAND peuvent représenter les deux tiers du prix d’un appareil, privilégiant les constructeurs ayant investi le secteur premium, dont Samsung et Apple.

Horizon bouché

Peut-on apercevoir une embellie à l’horizon ? Pas vraiment. Si l’on en croit Trendforce, le marché de la NAND pourrait commencer à entrevoir une petite amélioration durant le second semestre 2027, mais celui de la RAM restera très tendu jusqu’à nouvel ordre.

Les habitudes de la clientèle évoluent également, selon Counterpoint : « Les consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps que prévu, envisageant de plus en plus les appareils reconditionnés et privilégiant les appareils de plus grande valeur, tandis que les fabricants ajustent leurs portefeuilles, leurs prix et leurs stratégies de marché pour protéger leur rentabilité ».

Mais le cabinet est pessimiste sur la suite pour l’instant : « Une reprise significative des volumes globaux est peu probable tant que les coûts des composants et les conditions d’approvisionnement ne s’amélioreront pas ».

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