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☕️ Face aux vols à l’arraché, Apple prépare un nouvel antivol pour l’iPhone

27 mai 2026 à 15:42


Face à des voleurs à la tire toujours mieux organisés, les constructeurs de smartphones multiplient les systèmes de protection. Apple planche ainsi sur une nouvelle fonction antivol qui combine plusieurs signaux de l’iPhone et met à contribution l’Apple Watch.

Selon du code analysé par le site 9to5Mac, une nouvelle fonctionnalité antivol pourrait apparaître sous peu pour les iPhone. Elle se base sur plusieurs signaux, à commencer par l’analyse de l’accéléromètre : un smartphone arraché des mains de son propriétaire provoque des mouvements inattendus du capteur. L’appareil pourrait alors se verrouiller automatiquement.

L’antivol pourra aussi prendre en compte la distance entre l’iPhone et l’Apple Watch associée. La fonction vérifiera également si le smartphone est connecté à un réseau Wi-Fi connu, comme à la maison ou au bureau. Si les informations renvoyés par ces signaux sont suspects, elles pourront provoquer le verrouillage de l’iPhone. On ignore quand la fonctionnalité sera activée, mais elle est en développement.

Tout cela n’est pas inédit. Google propose un système de verrouillage en cas de détection de vol très similaire pour les smartphones Android : « si quelqu’un vous arrache le téléphone des mains et s’en va en courant, à vélo ou en voiture, le verrouillage en cas de détection de vol peut s’activer. » Personne ne s’offusquera que dans le domaine des antivols, Apple et Google s’inspirent l’un l’autre.

Un iPhone peut exiger un délai pour modifier les réglages de sécurité quand l’appareil ne se trouve pas dans un lieu connu.

Au fil des années, les deux constructeurs ont mis au point de nombreux systèmes de protection des données en cas de vol (ici chez Apple, chez Google). Tous ces dispositifs rendent très difficile la revente de smartphones verrouillés. Si les margoulins peuvent toujours les démonter pour récupérer des composants, plusieurs d’entre eux sont liés matériellement ou logiciellement à l’appareil, ce qui en réduit fortement la valeur sur le marché parallèle.

C’est pourquoi les smartphones déverrouillés sont devenus une prise de choix pour les voleurs. D’où la nécessité de trouver des mécanismes antivol dans ce cas précis.

Le New York Times rapportait récemment la nouvelle tactique extrêmement agressive des voleurs de smartphones à Londres. Les victimes ou leurs proches reçoivent des messages de plus en plus menaçants pour les pousser à désactiver les iPhone volés de leur compte Apple. Des escrocs envoient même des vidéos d’hommes armés et des menaces de mort (!) pour tenter d’obtenir le déverrouillage complet de l’appareil.

Micron et SK hynix dépassent les 1 000 milliards de dollars de valorisation

27 mai 2026 à 14:54
De l'or en barre(ttes mémoire)
Micron et SK hynix dépassent les 1 000 milliards de dollars de valorisation

L’américain Micron et le sud-coréen SK hynix ont tous deux vu leur capitalisation boursière dépasser cette semaine le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars. La valeur du premier a ainsi été multipliée par huit en un an, tandis que celle du second a progressé d’un facteur dix.

Si l’on était de vils spéculateurs, on conclurait qu’à défaut d’avoir pu trouver à bon prix des barrettes de mémoire pour nos machines, il aurait sans doute mieux valu acquérir des actions des spécialistes du secteur. Leur valorisation atteint en effet des records sans précédents, marqués cette semaine par le double franchissement d’un seuil symbolique.

x10 en un an

Mercredi 26 mai, le sud-coréen SK hynix a ainsi franchi pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. La veille, c’est son concurrent états-unien Micron qui s’est enorgueilli d’avoir atteint, puis dépassé, ce même palier. Les récentes péripéties géopolitiques liées au détroit d’Ormuz n’ont pas entravé la croissance des deux titres, bien au contraire. Le cours de l’action Micron a ainsi gagné 18 % sur la seule journée du 25 mai, tandis qu’à la bourse de Séoul, le titre SK hynix s’est contenté d’une « modeste » progression de 13 %.

Sur douze mois, la hausse du cours s’établit à 800 % pour Micron, contre 1 000 % pour SK hynix. Des performances ahurissantes, qui traduisent bien sûr l’engouement des marchés pour le secteur de l’IA. Elles profitent également de la hausse générale des valeurs technologiques, mais dans des proportions sans commune mesure avec les autres acteurs du secteur. À titre de comparaison, l’action NVIDIA n’a progressé « que » de 60 % sur un an.

Trajectoire boursière comparée sur un an de Micron, SK hynix et Samsung, qui constituent le trio de tête du marché de la mémoire – capture d’écran Google Finance

Le marché cyclique de la mémoire

Si la hausse est aussi élevée pour ces deux industriels très spécialisés, c’est d’abord peut-être parce qu’ils partaient de plus loin, ce qui s’explique en partie par le caractère cyclique du marché de la mémoire.

La mémoire (DRAM, mémoire vive, ou flash, pour le stockage) alterne en effet traditionnellement entre des périodes d’abondance, où l’offre dépasse largement la demande, et des moments de fortes tensions, pendant lesquels le phénomène inverse se produit. Ce cycle se traduit assez directement sur le prix public des composants associés : on a connu, avant la vague des investissements dans l’IA, un laps de temps assez long pendant lequel les barrettes de mémoire et les SSD s’échangeaient à des prix particulièrement abordables.

Cette abondance, qui tire les marges vers le bas et limite les perspectives de croissance, a sans doute tiré les valeurs des entreprises concernées vers le bas. « Les fabricants de puces mémoire ont été irrationnellement sous-évalués, mais nous constatons actuellement un redressement de leur écart de valorisation », estime ainsi Kang DaeKwun, directeur des investissements chez Life Asset Management à Séoul, cité par Bloomberg, selon qui le phénomène de rattrapage pourrait bien n’en être encore qu’à ses débuts.

L’offre peine à rattraper la demande

Les investissements programmés dans l’IA (700 milliards de dollars en 2026 pour le seul quatuor Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet) suscitent en effet une demande en mémoires haut de gamme, notamment HBM (High-Bandwith Memory) que les industriels du secteur sont, d’après leurs propres déclarations, encore bien incapables de combler.

C’est d’ailleurs cette demande exacerbée qui a conduit Micron à annoncer l’arrêt de sa marque grand public Crucial, et à pronostiquer de fortes tensions sur la chaîne d’approvisionnement au moins jusqu’en 2028. Sans surprise, tous les nouveaux produits annoncés par Micron début 2026 concernent exclusivement le monde du datacenter et du calcul dédié à l’IA, notamment pour répondre à la demande impulsée par NVIDIA.

SK hynix poursuit de son côté des investissements massifs en direction de nouvelles lignes de production dédiées à la mémoire HBM, avec le soutien du gouvernement coréen, mais là aussi il faudra du temps pour que la production se mette au diapason de la demande.

Quid des craintes régulièrement exprimées d’une bulle de l’IA qui, si elle éclatait, donnerait sans doute un coup d’arrêt aux investissements pharaoniques promis dans le secteur ? L’inversion du rapport entre offre et demande pourrait déclencher un nouveau cycle baissier pour les valeurs liées à la mémoire.

Mais en attendant, les analystes s’accordent à dire que le rallye haussier n’est pas terminé : UBS a ainsi revu à la hausse ses objectifs de cours et vise désormais 1 625 dollars pour l’action Micron, ce qui signifierait un nouveau x2 en matière de capitalisation.

Samsung entre bénéfices record et négociations salariales

Les résultats stratosphériques publiés par Samsung au premier trimestre participent sans doute à cet optimisme général. Le sud-coréen a annoncé début avril (PDF) un bénéfice opérationnel de 57 200 milliards de wons sur les trois premiers mois de 2026 (33 milliards d’euros environ), multiplié par huit en un an, essentiellement grâce à l’envolée des prix des semiconducteurs et notamment de la mémoire (flash ou DRAM) dont le conglomérat est le premier producteur mondial.

L’impact de l’IA sur l’activité globale est tel que le groupe (qui a lui aussi dépassé les 1 000 milliards de dollars de capitalisation en bourse courant mai) fait face depuis le début de l’année à un mouvement social sans précédent en Corée du Sud. Au paroxysme du mouvement, mi-mai, deux syndicats menaçaient notamment de mettre au vote une motion pour déclencher une grève de 18 jours susceptible d’être suivie par 48 000 salariés du groupe.

Mercredi 27 mai, Samsung et ces deux syndicats ont annoncé la validation d’un accord, approuvé par 74 % des 62 616 employés syndiqués votants, rapporte Reuters. Selon les termes de ce dernier, Samsung s’engage, entre autres revalorisations, à flécher 10,5 % des bénéfices générés par son activité semiconducteurs vers un bonus annuel spécial destiné aux employés des usines concernées.

78 000 personnes seraient concernées, avec la perspective d’un bonus annuel moyen de l’ordre de 290 000 euros, sur la base d’un bénéfice annuel attendu à 331 000 milliards de wons (190 milliards d’euros).

Mi-mai, le conseiller du président coréen Kim Yong-beom avait déclenché une vive polémique en imaginant, via un long texte publié sur Facebook, la création d’un fond national dédié à la redistribution de dividendes issus de l’économie liée à l’IA, sorte de prélude à un revenu universel. Le président Lee Jae-myung a pris la parole deux jours plus tard pour désamorcer la controverse, en expliquant que son conseiller ne parlait pas de redistribuer les super profits des entreprises de l’IA, mais le revenu fiscal excédentaire généré par ces dernières.

L’Union européenne verrouille ses fréquences satellites face à Starlink et Amazon

27 mai 2026 à 14:20
La bataille en basse orbite
L’Union européenne verrouille ses fréquences satellites face à Starlink et Amazon

Nouvelle bataille en vue pour la domination des cieux européens. La Commission a officiellement confirmé sa volonté de prendre la main sur une partie importante des fréquences satellites, avec un objectif politique assumé : celui de la souveraineté technologique face à la Chine et surtout aux États-Unis.

Bruxelles entend gérer les attributions de la bande 2 GHz MSS, qui correspond aux fréquences utilisées par les services de satellites mobiles. Comme le rappelle Euronews, ces fréquences ont été attribuées en 2009 à deux opérateurs européens, Viasat et EchoStar. Leur usage est limité (notamment aux appels d’urgence dans une zone blanche), mais la Commission veut les exploiter pour autoriser la connexion directe entre un satellite et un smartphone (« Direct to Device », D2D). Cette bande a aussi des utilisations militaires et gouvernementales.

En attendant IRIS²

La Commission a adopté une proposition qui lui permettra, au renouvellement des fréquences de cette bande (à partir de mai 2027), d’attribuer au niveau européen des autorisations de licence jusque-là largement gérées par les États membres. Ce qui pouvait poser un problème d’harmonisation entre pays. Les opérateurs pourront ainsi lancer leurs services à l’échelle de l’Union européenne, sans devoir négocier avec chaque capitale… même si les États conservent une certaine marge de manœuvre en imposant leurs obligations techniques et des règles de sécurité.

La législation sur les réseaux numériques (ADN), qui repose sur le Code des communications électroniques de l’UE de 2018, a été adoptée le 21 janvier dernier. Elle contient, entre autres, un volet sur « l’harmonisation juridique maximale » visant à faciliter les opérations et la fourniture de services paneuropéens. Parmi les mesures : une autorisation de spectre satellitaire au niveau de l’UE.

Dans le détail, la Commission a décidé de couper en trois la poire de la bande. Le premier tiers est réservé aux usages gouvernementaux et militaires européens, pour les communications critiques et pour s’assurer de la sécurité de ces communications. Ce morceau de fréquences devra être exploité par un opérateur européen et intégré au programme IRIS², la constellation de satellites de l’UE.

À l’origine, le « Starlink » européen devait être opérationnel d’ici 2027. Même si le programme recycle des infrastructures existantes, IRIS² sera plus long à s’élever dans les airs : aux dernières nouvelles (qui remontent au mois de février), ce projet en est toujours dans sa phase de conception et de développement, et cela jusqu’en 2028. Le déploiement est programmé de 2029 à 2030, et l’exploitation entre 2030 et 2037. La pleine capacité opérationnelle est désormais prévue d’ici 2030.

La menace américaine

Voilà pour le premier tiers. Les deux autres tiers seront dévolus aux usages commerciaux : connectivité satellite pour smartphones, objets connectés et services d’urgence. Mais Bruxelles a une idée assez claire des opérateurs qui pourront candidater : la moitié des fréquences est ainsi réservée aux acteurs européens, l’autre moitié est ouverte aux entreprises européennes et non européennes.

On l’aura compris, il s’agit de favoriser l’émergence de fournisseurs européens, tandis que les champions américains (SpaceX, Amazon Leo) auront la portion congrue au nom de la souveraineté. « Plus que jamais, une connectivité satellitaire à haute capacité et largement disponible est essentielle pour renforcer la résilience des réseaux de communication de l’Union européenne », explique Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la souveraineté technologique.

Ces infrastructures satellitaires, considérées comme critiques par Bruxelles, sont devenues un enjeu de sécurité pour l’Europe. Le poids lourd américain Starlink, avec sa constellation d’environ 10 000 satellites en basse orbite et ses services d’accès internet et de téléphonie D2D, est devenu essentiel à l’effort de guerre en Ukraine… mais l’entreprise d’Elon Musk reste soumise aux lois américaines sur l’exploitation des données de ses utilisateurs (Cloud Act, FISA).

C’est le cas aussi d’Amazon Leo (anciennement Kuiper), qui s’est d’ailleurs offert récemment Globalstar. Ces deux sociétés doivent aussi composer avec la pression, toujours possible, de la Maison Blanche, dans un contexte de très fortes tensions transatlantiques.

Brendan Carr, le très trumpiste président de la Commission aux communications fédérales (FCC), avait mis en garde l’UE lors de sa visite au salon MWC de Barcelone, au mois de mars. « L’Europe dispose de fournisseurs satellitaires nationaux champions qui réalisent une activité importante aux États-Unis », menaçait-il. « Si l’Europe persiste à suivre une voie de souveraineté satellitaire excluant les fournisseurs qui ne sont pas basés sur le continent, alors les États-Unis devront en tenir compte concernant le traitement réciproque que nous accordons. » Ambiance.

Cette décision de la Commission devrait en tout cas booster les acteurs européens, à l’image d’Eutelsat et de sa constellation OneWeb LEO (600 satellites en basse orbite) combinée à des satellites géostationnaires. Eutelsat fait également partie du consortium SpaceRISE chargé de la mise en œuvre d’IRIS².

Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

27 mai 2026 à 13:03
Independance day
Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Le gouvernement néerlandais vient de bloquer le rachat de la société numérique Solvinity par l’acteur états-unien Kyndryl. En cause : des préoccupations en matière de souveraineté.

Aux Pays-Bas, les citoyens recourent régulièrement à l’application gouvernementale DigiD app pour s’authentifier à divers services numériques. L’application leur sert aussi bien pour échanger avec l’administration que pour acheter une maison ou prendre un rendez-vous médical.

DigiD app est construit par une société locale, Solvinity, qui gère aussi la plate-forme administrative nationale MijnOverheid. Solvinity est par ailleurs en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.

Alors que la société états-unienne Kyndryl avait annoncé le rachat de l’acteur néerlandais, les autorités ont bloqué la transaction. Le recours à des technologies états-uniennes inquiète de plus en plus au sein de l’Union européenne.

Rachat par une émanation d’IBM

Issue de la scission des services d’infrastructures d’IBM, Kyndryl a été créée en 2021. Cotée à la bourse de New York, elle est actuellement valorisée à 2,7 milliards de dollars.

Solvinity est quant à elle détenue par la société britannique de capital-investissement Vitruvian Partners. Les fondateurs néerlandais de cette société de 275 employés, qui enregistraient 70 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2025, maintiennent quant à eux une participation minoritaire à son capital.

Mais dès l’annonce de la revente, en novembre 2025, l’opération a créé des remous : elle était critiquée pour sa propension à mettre à portée d’application du Cloud Act états-unien un opérateur d’infrastructure numérique sensible.

Évaluation négative

Alors que le rachat était validé par Vitruvian Partners, puis accepté par l’Autorité néerlandaise de la concurrence, l’ACM, la secrétaire d’État chargée de l’économie numérique Willemijn Aerts a demandé à l’agence chargée d’examiner les investissements transfrontaliers (BTI) d’étudier les risques que posait le transfert.

Dans une lettre ouverte adressée au Parlement, cette dernière indique que l’autorité a considéré le rachat comme un « risque probable pour l’intérêt public ». C’est la première fois que cette dernière intime d’empêcher une acquisition états-unienne depuis sa création, en 2020. Ce 25 mai, le gouvernement néerlandais a décidé de suivre cet avis et de bloquer l’opération.

Si les Pays-Bas « portent une grande valeur à la présence d’entreprises étrangères, en particulier de sociétés technologiques issues des États-Unis (…) ils maintiennent un cadre indépendant d’examen des investissements afin de protéger l’intérêt public », indique la lettre. Kyndryl s’est déclaré « extrêmement déçu » et a regretté la « politisation » de l’affaire. La société s’engage néanmoins à « continuer d’accompagner [ses] clients aux Pays-Bas dans la modernisation de leurs systèmes », notamment en leur proposant des« méthodologies d’IA agentique ».

Solvinity, de son côté, se dit ouvert aux discussions avec le gouvernement sur les questions de « sécurité nationale, de souveraineté numérique et de protection des infrastructures critiques néerlandaises ». Quant au service DigiD, il a publié ses propres informations, soulignant que Solvinity n’est que le « fournisseur de l’infrastructure de plateforme sur laquelle DigiD fonctionne, celle-ci étant hébergée sur un data center gouvernemental ». Il souligne que les données personnelles des citoyens sont protégés par chiffrement, et que les employés de Solvinity n’y ont jamais accès.

Cette décision est rendue alors que la Commission européenne doit proposer d’ici quelques semaines une série de mesures dédiées à renforcer la souveraineté numérique et à réduire la dépendance de l’Europe envers des technologies étrangères, en particulier dans les domaines du cloud, des puces et de l’IA.

Aux Pays-Bas, sept fournisseurs de cloud travaillent d’ailleurs collectivement pour tenter de proposer une alternative aux fournisseurs états-uniens, rapportait NRC début avril. Ils se sont notamment mis d’accord pour utiliser les mêmes standards, afin de faciliter la circulation d’un fournisseur à l’autre et permettre de travailler sur de plus gros projets, et pour permettre à leurs concurrents de récupérer les projets critiques si jamais l’une d’entre elles était rachetée par un acteur non européen.

Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

27 mai 2026 à 12:02
En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

Raspberry Pi 6, Zero 3, Pico en USB Type-C… : point d’étape sur les travaux en cours

27 mai 2026 à 09:32
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Raspberry Pi 6, Zero 3, Pico en USB Type-C… : point d’étape sur les travaux en cours

Il faudra patienter au moins deux ans avant de voir une nouvelle version du Raspberry Pi, la 5ᵉ génération a donc encore de beaux jours devant elle. Pour la fondation éponyme, 2025 était une « année charnière » : pour la première fois, elle a expédié plus de micro-controleurs que de micro-ordinateurs.

La semaine dernière, trois pontes de chez Raspberry Pi se sont livrés à un AMA, ou Ask Me Anythings, sur Reddit : Eben Upton (CEO), James Adams (CTO hardware) et Gordon Hollingworth (CTO software). Bien évidemment, la question du futur Raspberry Pi 6 est rapidement arrivée. Oui, il est en préparation. Non, il n’arrivera pas avant deux ans (pour résumer).

Pas avant début 2028 pour le Raspberry Pi 6

« Si l’on se réfère au rythme historique des sorties de plateformes majeures, il est d’environ 4 à 4,5 ans. Donc, sur cette base, pas avant début 2028 », explique Eben Upton. Le Raspberry Pi 5 a été lancé en 2023, la version 4 en 2019.

Le calendrier était un peu plus resserré auparavant avec le Raspberry Pi 3 en 2016 et le Raspberry Pi 2 en 2015. Le tout premier micro-ordinateur de la fondation date de 2012. Nous avons pour rappel consacré un article complet aux différentes versions et déclinaisons du Raspberry Pi.

Le patron de Raspberry Pi ne semble pas pressé : « Le Raspberry Pi 5 a vraiment de beaux jours devant lui en tant que plateforme, donc je peux imaginer qu’il reste le produit phare pendant encore un petit moment ». Sans donner le moindre détail, il ajoute que la 6ᵉ génération « aura des caractéristiques générales et un format très similaires, mais avec des améliorations (processeurs plus rapides, E/S améliorées, bande passante DRAM accrue, etc.). Des changements quantitatifs, et non qualitatifs ».

Le Raspberry Pi 3B se vend bien, les micro-controleurs prennent la tête

Eben Upton en profite pour indiquer que le Raspberry Pi 3B continue de bien se vendre, « avec près d’un million d’unités par an, sept ans après le lancement du Raspberry Pi 4 ». Les hausses de prix régulières – en raison de pénuries d’approvisionnement et de prix de la mémoire accrue – ces derniers mois des Raspberry Pi 4 et 5 n’aident certainement pas à rendre attractives les dernières générations…

Le Raspberry Pi 3B utilise, pour rappel, de la LPDDR2, contre de la LPDDR4(X) pour les Pi 4 et 5. Le Raspberry Pi 5 avec 1 Go de mémoire est vendu 50,70 euros actuellement chez Kubii et l’addition grimpe jusqu’à 327 euros pour 16 Go.

Autre fait intéressant sur les ventes : « 2025 a été l’année charnière : pour la première fois, nous avons expédié plus de RP2040 et RP2350 que de SBC et modules », c’est-à-dire les Single-Board Computer (micro-ordinateurs) et les Compute Module. Les RP2040 et RP2350 sont des microcontrôleurs maison lancés en 2021 et 2024, avec les Pico et Pico 2 respectivement.

Eben Upton revient aussi sur le Zero 2 W en rupture de stock régulièrement à cause d’une « demande très élevée et de contraintes d’approvisionnement en substrat », accusant au passage l’IA d’accaparer une bonne partie de la chaine d’approvisionnement. Un autre fournisseur a été validé, la situation devrait s’améliorer dans les semaines à venir.

Raspberry Pi Zero 3, Pico en USB Type-C et développement logiciel

Un Raspberry Pi Zero 3 pourrait voir le jour, mais avec un sujet sur l’approvisionnement en puce mémoire. Les Zero et Zero 2 utilisent de la LPDDR2 dont Raspberry Pi dispose de larges stocks, une version Zero 3 passerait certainement en LPDDR4/4X avec les soucis d’approvisionnement et la volatilité sur les prix que connaissent les Raspberry Pi. « Un Zero 3 aujourd’hui aurait donc un prix assez inhabituel pour un Zero. Nous y repenserons probablement quand les prix de la DRAM se seront revenus à la normale ».

Au fait, quid du connecteur USB des Raspberry Pi Pico qui est encore au format micro ? « Un jour nous adopterons sûrement l’USB Type-C pour les Pico, mais un connecteur USB Type-C de (bonne qualité) reste nettement plus cher (et légèrement plus grand) que le micro-USB ».

Un dernier mot enfin sur la partie logicielle, avec une déclaration de Gordon Hollingworth : « Nous allons continuer de consacrer 95 % de notre temps d’ingénierie logicielle au support et au développement des bibliothèques, des pilotes, des noyaux et des systèmes d’exploitation pour tous ».

Windows 11 : performances en hausse et audio partagé avec la dernière mise à jour

27 mai 2026 à 08:57
Polissez-le sans cesse, et le repolissez
Windows 11 : performances en hausse et audio partagé avec la dernière mise à jour

Microsoft déploie depuis le 26 mai la mise à jour KB5089573 pour Windows 11. Entre autres nouveautés, elle intègre la possibilité d’utiliser deux périphériques audio Bluetooth à partir d’une même machine et optimise le fonctionnement de l’authentification Windows Hello. Elle promet également une amélioration globale de la réactivité du système, notamment au niveau du menu Démarrer, de la recherche et du centre de notifications.

Au milieu de très nombreux correctifs de sécurité livrés chaque mois à l’occasion du fameux Patch tuesday, Microsoft a pris le temps de finaliser la dernière mise à jour « qualité » dédiée à Windows 11. Estampillée KB5089573 et distribuée via Windows Update depuis le 26 mai pour les versions 24H2 et 25H2 du système, cet ensemble de modifications a vocation à introduire de nouvelles fonctionnalités, ou corriger certains dysfonctionnements liés à d’autres aspects que la pure sécurité.

Une promesse d’amélioration des performances système

Dans le lot des nouveautés annoncées, un point de détail fera plaisir à ceux qui regrettent que Windows 11 ait pris un peu d’embonpoint, jusqu’à perdre, parfois, en réactivité, notamment sur les configurations un peu modestes. Microsoft indique en effet, au chapitre des performances générales, que cette mise à jour « accélère le lancement de l’application et les expériences principales de l’interpréteur de commandes, telles que le menu Démarrer, la recherche et le Centre de notifications ».

Ce gain de performances attendu (dont la portée réelle reste à mesurer) risque cependant de ne pas être sensible dès l’installation de la mise à jour. Il figure en effet au chapitre des fonctionnalités faisant l’objet d’un déploiement progressif, ce qui signifie que Microsoft activera les changements associés sur le parc installé Windows 11 par vagues successives. Cette précaution (habituelle) vise à limiter l’impact d’éventuels bugs qui n’auraient pas été détectés sur la version de test déployée auprès des utilisateurs inscrits au canal Insider.

Du Bluetooth audio à deux sur une même machine

Microsoft profite de cette mise à jour pour introduire la prise en charge de l’audio partagé, via Bluetooth Audio LE. En pratique une option Audio partagé fait son apparition au niveau des paramètres rapides de la barre des tâches. Elle permet de sélectionner deux appareils Bluetooth jumelés et connectés, de façon à ce que le son joué par la machine soit diffusé sur deux périphériques distincts. Le volume peut ensuite être réglé de façon individuelle pour chaque appareil.

Windows 11 s’ouvre à l’audio partagé via Bluetooth – crédit Microsoft

« Lors du partage, le flux audio partagé devient la sortie audio par défaut, et tous les autres périphériques d’entrée et de sortie audio Bluetooth sont désactivés. Pour l’enregistrement vocal et les appels, utilisez un microphone intégré ou connecté à votre ordinateur », décrit Microsoft. L’activation du Bluetooth audio partagé exige logiquement des périphériques compatibles avec la norme Bluetooth LE Audio, ratifiée en 2022 par le consortium dédié.

Loupe, gestionnaire des tâches, Windows Hello…

La mise à jour KB5089573 améliore également le fonctionnement de la fonction Loupe, utilisée à des fins d’accessibilité avec les lecteurs d’écran. Elle offre également une visibilité plus fine de l’utilisation des NPU au niveau du gestionnaire des tâches sur les machines qui en sont dotées. L’affichage de la vitesse du processeur dans l’onglet performances dudit gestionnaire est également plus précis, notamment en reprise après veille prolongée, indique Microsoft.

Même logique du côté du service d’authentification Windows Hello, qui propose désormais systématiquement par défaut la connexion biométrique (empreinte digitale ou reconnaissance faciale), même si l’utilisateur a choisi de se connecter via mot de passe lors de sa précédente session. La fonctionnalité Caméra (liée à l’utilisation de la webcam) s’ouvre quant à elle au multi-application, ce qui signifie que plusieurs logiciels peuvent en exploiter le flux de façon simultanée.

Outre la possibilité de personnaliser le nom du dossier utilisateur lors de l’installation de Windows, ou la mise à jour de la pile USB pour plus de fiabilité, notamment au niveau de la prise en charge des écrans, Microsoft promet enfin une amélioration de « la fiabilité de Windows sur les écrans de connexion et de verrouillage, dans Explorateur de fichiers, lors de l’utilisation de mouvements tactiles sur les appareils tactiles et lors de la modification des thèmes dans Paramètres. » On n’en attendait pas moins pour un système d’exploitation dont tous les bugs connus étaient censés avoir été corrigés !

Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

27 mai 2026 à 08:03
Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

Google I/O : l’overdose d’annonces IA profite à DuckDuckGo

27 mai 2026 à 07:27
We don't need no AI slop
Google I/O : l’overdose d’annonces IA profite à DuckDuckGo

Durant la dernière Google I/O, le géant du web a voulu galvaniser ses troupes en les noyant sous un torrent incessant de nouveautés IA. Cette avalanche a aussi pu provoquer chez d’autres un effet repoussoir. Résultat : la version « No AI » de DuckDuckGo a enregistré une fréquentation record.

Google a dégainé l’artillerie lourde ces 19 et 20 mai durant son événement I/O, tout particulièrement bien sûr autour de l’IA (c’est le cas de bon nombre d’entreprises du numérique, depuis quelques années). Entre les nouveautés dédiées à Gemini, les agents à gogo, l’outil de vibe coding AI Studio, et même les lunettes connectées infusées à l’IA, il y en avait pour tous les goûts… enfin, pour ceux qui pensent, vivent et mangent IA. Pour les autres, c’est la curée.

La carte du « No AI »

Même si Google est l’acteur archi-dominant de la recherche en ligne, il existe évidemment des alternatives, y compris sans IA comme chez DuckDuckGo. Le moteur de recherche centré sur la protection de la vie privée propose certes ses propres bots et services IA, mais il en existe également une déclinaison « No AI » qui désactive les réponses assistées par IA et supprime les images générées par IA. Elle a connu un joli succès après l’avalanche de Google I/O.

DuckDuckGo No AI.

Aux États-Unis, les visites sur cette mouture du moteur de recherche ont fortement progressé durant le long week-end du Memorial Day (du 23 au 25 mai) : la hausse moyenne s’est établie à 22,7 % par rapport à la semaine précédente, avec un pic à 27,7 % le 24 mai. Les installations de l’app mobile ont elles aussi enregistré une progression substantielle de 18,1 % en moyenne d’une semaine sur l’autre, toujours aux États-Unis.

Les stats d’installation de l’app sur iPhone et iPad ont profité de cet engouement, avec une progression moyenne de 33 %, et même un pic de 69,9 % le 25 mai. La croissance observée outre-Atlantique a été très supérieure à celle enregistrée ailleurs dans le monde, ce qui peut être interprété comme la conséquence des annonces très américano-centrées de l’entreprise.

« Google impose l’IA aux utilisateurs sans leur laisser la possibilité de s’y opposer », décrypte Gabriel Weinberg, fondateur et PDG de DuckDuckGo auprès de Thurrott.com. « Résultat, les résultats de recherche se dégradent au lieu de s’améliorer. Nous voulons être l’endroit qui redonne le contrôle aux utilisateurs et leur permet de décider de la quantité d’IA qu’ils souhaitent – ou non – utiliser », ajoute-t-il.

Ce créneau pourrait bien s’avérer très porteur au vu de la polarisation de plus en plus aiguë entre les pros et les réfractaires à l’IA. Pas fou, DuckDuckGo base d’ailleurs très nettement sa communication sur le rejet que suscite l’IA auprès d’une partie des internautes.

La recherche Google vitrine de l’IA

La recherche en ligne de Google n’a évidemment pas échappé au tsunami d’annonces de Google I/O. L’AI Mode, cette version « bot » de search, fonctionne désormais avec le dernier modèle Gemini 3.5 Flash, tandis que les résumés AI Overviews peuvent répondre à des questions – deux fonctions qui ne sont pas disponibles en France.

L’entreprise inaugure aussi une nouvelle barre de recherche « intelligente », qui signe l’évolution la plus importante depuis 25 ans pour cette fonction centrale de Google : elle peut comprendre des requêtes plus longues et accepter différents types d’entrées (texte, images, fichiers, vidéos et même des onglets Chrome).

La recherche intègre des « agents d’information » qui vont surveiller le web en continu pour suivre un sujet spécifique. Par exemple des annonces immobilières avec des critères précis, ou quand un sportif annonce une collab’ avec une marque de basket. Ces agents seront disponibles dans le courant de l’été pour les abonnés AI Pro et AI Ultra.

Toujours dans ce même registre de la personnalisation des réponses, les nouvelles capacités « Personal Intelligence » de search vont lui permettre de piocher des informations personnelles tirées de Gmail, de Google Photos et de Calendar (pas besoin d’abonnement pour ça).

Google a également annoncé une amélioration des agents de réservation, qui s’étendent à de nouveaux usages comme de trouver une salle de karaoké ou de réserver des services locaux. Le moteur de recherche peut aussi appeler les commerces à la place de l’utilisateur dans certaines catégories (réparation, animaux, beauté). Cette nouveauté sera déployée cet été aux États-Unis.

Enfin, la recherche en ligne va pouvoir générer des tableaux, graphiques, et même des mini-apps (de types simulations ou tableaux de bord). Cela pourra être, par exemple, un système de suivi de remise en forme alimenté par des données puisées dans des avis en ligne ou des cartes.

Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait

27 mai 2026 à 06:42
Ressortez le boulier
Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait

L’IA n’est pas la réponse à tous les maux du monde, et encore moins chez Starbucks. Le géant états-unien des cafés a fini par retirer une intelligence artificielle qui devait améliorer la gestion des stocks de produits et éviter les pénuries de certains articles. Ça n’a pas du tout marché.

En septembre dernier, Starbucks lançait dans sa chaîne de cafés aux États-Unis et au Canada un nouveau logiciel reposant sur l’IA. Plutôt que de compter à la main les produits en stock, les employés plaçaient une tablette devant les étagères de sirops, de lait et autres articles ; charge ensuite à l’application Automated Counting d’analyser ces informations collectées à l’aide de la caméra et du capteur LIDAR.

Combien de bouteilles de lait ?

Cette technologie devait inaugurer « une optimisation plus intelligente de la chaîne d’approvisionnement » et répondre à une problématique aiguë au sein de Starbucks : les pénuries fréquentes de produits de base qui empêchent de concocter des cafés et autres items au menu — ce qui revient souvent à rater des ventes.

Brian Niccol, le PDG du groupe, s’est engagé à trouver des solutions pour améliorer la rentabilité de ses établissements. Ces cinq dernières années, quatre patrons de Starbucks (qui n’est pas en pénurie de dirigeants, manifestement) ont déploré l’approvisionnement difficile de ses milliers de cafés en produits essentiels comme le lait, les viennoiseries ou tout simplement les couvercles de gobelets.

Pour les experts en logistique, une chaîne d’approvisionnement fiable doit assurer des livraisons complètes et ponctuelles dans 95 % des cas. Début 2024, moins d’un tiers des camions arrivant dans les centres de distribution de Starbucks respectaient ces critères, comme d’anciens employés l’ont affirmé à Reuters. En cause : des difficultés de coordination entre les fournisseurs, nombreux, de l’enseigne.

Cette application devait régler une bonne partie du problème. Las : l’IA ne fait pas tout. Toujours d’après l’agence de presse, elle se trompait fréquemment dans le comptage et l’identification des produits. Il lui arrivait de confondre des types de lait similaires, ou de passer complètement à côté… Impossible dans ces conditions d’avoir un inventaire à jour et prêt pour répondre à toutes les commandes.

Une solution pas si fiable

Le prestataire NomadGo en charge du développement assurait pourtant que sa solution est fiable « à 99 % ». En février, Starbucks faisait toujours preuve d’une solide langue de bois en affirmant à qui voulait l’entendre que l’application avait amélioré la disponibilité des produits. Il aura fallu attendre quelques mois de plus pour arrêter les frais : Automated Counting a été retiré des mains des employés, qui ont repris la routine de comptabiliser les stocks comme avant.

« Notre objectif est simple : si un produit figure au menu, les clients doivent pouvoir le commander », indique l’entreprise dans un communiqué. Sauf en cas de pénurie de stocks, évidemment ! Brian Niccol, en poste depuis septembre 2024, a été recruté pour relancer les ventes et simplifier les opérations dans les cafés de l’enseigne. Il a mis en place un programme, « Back to Starbucks », qui inclut la mise en œuvre de technologies IA pour fluidifier les commandes et épauler les barristas.

Starbucks n’est pas la seule entreprise à essuyer un ratage lié à l’IA. Certains exemples sont tout aussi spectaculaires, comme la borne vocale McDonald’s développée avec IBM, dont les ratés (commandes absurdes, ajouts d’articles inexistants) ont fait les riches heures des petits plaisantins sur les réseaux sociaux. Ces bornes ont été retirées de la circulation en 2024. N’oublions pas non plus l’AI Overview de Google qui a conseillé de fourrer de la colle dans des pizzas pour faire tenir le fromage…

☕️ NVIDIA enterre son vieux panneau de configuration

27 mai 2026 à 06:16


Après 20 ans de bons et loyaux services, le panneau de configuration de NVIDIA prend finalement sa retraite (ou pas loin). L’outil disponible sur Windows est remplacé par une application dédiée plus complète.

Exit le panneau de configuration NVIDIA. Le logiciel bien connu des joueurs sous Windows (enfin, ceux qui utilisent une carte graphique du constructeur, évidemment) tire finalement sa révérence, un peu plus de deux ans après l’annonce de son remplaçant. Sobrement baptisée app NVIDIA, cette application regroupe les différents réglages du panneau classique, ainsi que les options GeForce Experience (son lancement en 2024 n’a pas été des plus faciles).

Avec la dernière mise à jour de l’app NVIDIA, toutes les fonctions du panneau de configuration qui étaient encore prises en charge pour les utilisateurs GeForce ont été « modernisées et transférées » vers la nouvelle application, écrit l’entreprise. Le panneau prend donc officiellement sa retraite « pour les pilotes Game Ready et Studio ». Il reste encore à migrer les fonctions professionnelles pour les utilisateurs de RTX PRO.

Le panneau continuera d’être disponible au téléchargement sur le Microsoft Store, mais NVIDIA n’y apportera plus de nouvelles fonctions, de correctifs ou de modifications. S’il est déjà installé, le logiciel restera en place.

L’outil permet de gérer les options graphiques avancées, la résolution, le taux de rafraîchissement, le support du HDR, le mode de gestion de l’alimentation, d’activer le V-Sync, de forcer l’anisotropic filtering sur les vieux jeux… Le poids des années, des options parfois obscures et une interface confuse mélangeant de vieux menus Windows avec des fonctions modernes ont poussé NVIDIA à revoir sa copie.

La nouvelle app permet de télécharger et d’installer des pilotes, de gérer les réglages graphiques des jeux et de basculer d’un mode DLSS à un autre, entre autres fonctionnalités. La migration permet aussi (et surtout ?) à NVIDIA de proposer un accès direct vers ses autres applications, ainsi que vers son programme GeForce Rewards.

☕️ Comme en France et ailleurs en Europe, l’Espagne bloque Polymarket et Kalshi

27 mai 2026 à 05:50


Les plateformes de marchés de prédiction (ou de spéculation sur des événements futurs) Polymarket et Kalshi sont désormais bloquées en Espagne. En France, ces services ne sont pas autorisés, l’accès à Polymarket ayant été bloqué fin 2024.

Polymarket et Kalshi font régulièrement la Une de l’actualité, pas nécessairement pour les meilleures raisons. Ces plateformes de marchés prédictifs, ou plus simplement de paris sur l’actualité, servent parfois de courroie de transmission pour des délits d’initiés, comme par exemple ce soldat américain qui avait parié sur la chute de Nicolás Maduro en début d’année.

En Espagne, ces plateformes sont désormais interdites d’accès. Le ministère de la Consommation a ordonné le blocage temporaire des sites web de ces deux entreprises, à titre conservatoire, le temps que l’enquête sur leur nature aboutisse. Polymarket et Kalshi sont soupçonnés d’opérer sans licence de jeu sur le territoire espagnol.

Le site web de Polymarket.

Les autorités considèrent que ces services relèvent des jeux d’argent ; une licence spécifique est donc nécessaire. Par ailleurs, la Direction générale de l’organisation du jeu (DGOJ) à qui l’enquête a été confiée souligne que ces opérateurs non autorisés ne garantissent pas les protections imposées aux plateformes agréées en Espagne, notamment la vérification de l’identité, le contrôle des mineurs ou des personnes interdites de jeu.

En France, Polymarket a fait l’objet d’une intervention fin 2024 de l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Une action déterminée par « la circonstance plus générale que les offres de jeux étaient susceptibles, au regard du droit français, d’être constitutives d’offres de jeux d’argent et de hasard non autorisées. » Adventure One, l’éditeur de droit panaméen du site, a implanté un géoblocage pour empêcher les prises de paris depuis le territoire français. Kalshi a suivi.

Plusieurs autres pays européens ont mis en place des blocages similaires : Allemagne, Belgique, Roumanie, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Grèce, Chypre, Ukraine et Portugal. Là aussi pour une question de licence sur les jeux d’argent. Le marché est colossal : l’ANJ estime que sur les dix premiers mois de 2025, les volumes cumulés des transactions sur les principales plateformes mondiales avaient dépassé les 27,9 milliards de dollars.

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