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☕️ La Russie a accédé aux données de l’iPhone d’un opposant grâce aux outils de Cellebrite

25 juin 2026 à 15:15


En mai 2021, suite à l’incarcération de l’opposant au régime russe Andreï Pivovarov, plusieurs autres personnalités politiques avaient été soumises à des perquisitions policières.

Il n’avait pas donné ses mots de passe, mais les autorités russes ont pu accéder aux données de son iPhone 12 qui lui avait été confisqué avec son MacBook.

Illustration : Flock

Les chercheurs du Citizen Lab ont pu analyser le smartphone de l’activiste et trouver des traces des outils d’extraction de l’entreprise de cybersécurité israélienne. Dans un billet de blog, ils expliquent qu’ils ont pu détecter que l’iPhone a été branché à un appareil dont ils avaient déjà attribué précédemment l’Host ID à l’entreprise de cybersécurité israélienne Cellebrite. Ils ont ensuite pu obtenir un document du Centre russe d’expertise de cybersécurité du ministère russe de l’Intérieur (MVD) qui confirme l’utilisation des outils de cette entreprise pour analyser l’iPhone.

Pour le MacBook d’Andreï Pivovarov, « les autorités semblent ne pas avoir réussi à y accéder », affirme le Citizen Lab.

Pour ce faire, la Russie n’aurait pas respecté les conditions du contrat de Cellebrite dans cette affaire. En effet, interrogée par les chercheurs, l’entreprise israélienne a envoyé une réponse [PDF] dans laquelle elle explique que « toute utilisation de matériel Cellebrite en Russie après mars 2021 est strictement interdite. Le matériel Cellebrite vendu avant mars 2021 sera désormais incompatible avec les appareils modernes et fonctionnerait sans notre assistance technique, sans notre consentement et sans aucune autorisation légale de la part de Cellebrite. Les progrès technologiques rapides rendent le matériel et les logiciels de cybersécurité obsolètes en très peu de temps. La Russie figure de manière permanente sur notre liste de clients soumis à des restrictions ».

85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

25 juin 2026 à 09:58
Qui aurait pu prévoir ?
85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

Trois mois après la mise en place de la nouvelle loi australienne interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, il n’y a pas eu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens, constatent des chercheurs.

En décembre dernier est entrée en application l’interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans après le vote d’une loi en 2024. Mais, trois mois après, des chercheurs n’ont pas vu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens.

Premier pays à mettre en place ce dispositif juridique, la mesure en a inspiré d’autres comme les exécutifs français et britannique. Ainsi, Emmanuel Macron a pesé de tout son poids pour la mise en place d’une loi similaire pour les moins de 15 ans, votée récemment et en cours d’examen par la Commission européenne. Le gouvernement français espère pouvoir l’appliquer dès la rentrée prochaine.

Lors du vote de la loi en Australie, certains experts critiquaient sa mise en place sans attendre les résultats d’une enquête sur les effets des réseaux sociaux sur la société australienne. Le professeur à l’Université de technologie du Queensland, Daniel Angus, jugeait « imprudent » et « irréfléchi » le projet de loi et affirmait à l’AFP qu’il « sape l’enquête et les principes de la démocratie délibérative et menace de causer de sérieux torts en excluant les jeunes d’une participation importante et saine au monde numérique ».

Mise en œuvre limitée, respect partiel et contournement massif

À défaut de la prise en compte de cette enquête avant le vote de la loi, des chercheurs australiens ont pris en charge le suivi de l’utilisation des réseaux sociaux par une petite cohorte d’un peu plus de 400 adolescents de moins de 16 ans dans leur pays après sa mise en application. Leurs résultats après trois mois viennent d’être publiés dans la revue scientifique British Medical Journal.

« Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l’entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en œuvre limitée, un respect partiel de la législation et un contournement massif des restrictions imposées aux réseaux sociaux », expliquent Courtney Barnes et ses collègues.

Ils constatent que « plus de 85 % des participants âgés de moins de 16 ans ont déclaré utiliser, lors du suivi, des plateformes de réseaux sociaux relevant du champ d’application de la loi, principalement via leurs propres comptes (54 à 68 %) ».

Pas de ralentissement de la pratique quotidienne

La mesure ne semble pas non plus avoir eu de conséquences importantes sur leur pratique quotidienne des réseaux sociaux. « Entre le début de l’étude et le suivi, l’utilisation quotidienne des réseaux sociaux est restée stable chez les 12 - 13 ans ; elle a légèrement diminué chez les 14 - 15 ans (passant de 78 % à 69 %) et a augmenté chez les plus de 16 ans (passant de 80 % à 89 %) », expliquent les chercheurs.

Et la loi ne semble pas avoir eu non plus de réelles conséquences, après trois mois du moins, sur le temps passé sur TikTok, Instagram, Snapchat et YouTube : « Le temps consacré aux réseaux sociaux était moins important lors du suivi chez les jeunes âgés de 14 à 15 ans […] et restait similaire chez les adolescents plus jeunes (12 - 13 ans) et chez les plus âgés (en dessous de 16 ans) ».

Une loi qui n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge

Les chercheurs rappellent que, dans la loi Australienne, « les plateformes concernées sont tenues de prendre des mesures raisonnables pour empêcher les utilisateurs âgés de moins de 16 ans de créer ou de conserver des comptes, notamment en mettant en œuvre des mesures rigoureuses de vérification de l’âge garantissant la protection de la vie privée » mais qu’elle « n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge ; elle laisse au contraire aux plateformes le soin de déterminer les méthodes appropriées, à condition qu’elles soient efficaces et proportionnées ». La loi prévoit cependant que les plateformes qui ne sont pas conformes s’exposent à des amendes pouvant atteindre 30,2 millions d’euros.

De fait, 66 % de ceux qui sont sur les réseaux sociaux « ont déclaré avoir été soumis à une vérification de l’âge sur la plateforme, le plus souvent par la déclaration de leur âge (24 à 39 %) ou par le téléchargement d’une photo (" selfie ") (13 à 27 %) ». Une petite partie (entre 15 à 19 %) utilise un « faux » compte pour contourner les restrictions. « L’utilisation des VPN n’a toutefois été que rarement signalée », expliquent les chercheurs.

Cependant, les auteurs de l’étude ne repoussent pas totalement l’idée que la loi ait un impact. En effet, ils imaginent que la loi pourrait s’avérer plus efficace pour empêcher ou retarder l’accès aux réseaux sociaux chez les jeunes enfants de moins de huit ans qui n’y ont pas encore accès. D’où l’intérêt aussi de continuer à poursuivre leur étude sur un plus long terme.

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Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

24 juin 2026 à 15:11
Mêmes règles pour tous ?
Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Contempteur de l’encyclopédie participative depuis déjà plusieurs années après avoir participé à sa fondation, Larry Sanger vient d’en être banni pour avoir demandé de l’aide en dehors du site pour influencer son contenu.

Larry Sanger est l’un des cofondateurs de Wikipédia et même de son ancêtre plus élitiste, Nupedia. Mais après plus de 25 ans d’existence, il vient d’être banni de l’encyclopédie. La page de son profil indique « Cet utilisateur est actuellement bloqué », et ce avec une durée de validité indéterminée.

Cela fait des années que Larry Sanger critique Wikipédia. L’année dernière, il se réjouissait que les Républicains ouvrent une enquête sur de supposés biais anti-Israël de Wikipédia. Elon Musk avait annoncé son projet de Grokipedia quelques semaines après, prolongeant ces critiques.

Accusé d’avoir biaisé la discussion en démarchant à l’extérieur

Mais en 2021, il accusait déjà la version anglophone d’être trop pro-démocrates en ne citant pas, par exemple, le regard des républicains à propos de Joe Biden. « Tout le monde sait désormais que Wikipédia exerce une grande influence dans le monde. Il y a donc un jeu très vaste, sordide et complexe qui se joue en coulisses pour que l’article dise ce que certains veulent qu’il dise », affirmait-il à l’époque.

C’est justement à propos de ce genre de jeu d’influence qu’il a été accusé de jouer par la communauté anglophone de Wikipedia.

La note indiquant son blocage sur son profil renvoie vers une discussion où Larry Sanger est accusé d’avoir appelé sa communauté sur des sites extérieurs (notamment X) pour peser en sa faveur sur les discussions en cours sur Wikipédia. Ce procédé, appelé « démarchage » sur le site participatif, est considéré comme incorrect s’il est fait de manière massive, biaisée, en direction d’une audience partisane, ou de façon secrète.

Un des messages de Larry Sanger posté sur X le 9 juin est cité, ainsi qu’un autre du 19 juin. Dans la discussion ci-dessous, on peut voir qu’il est tout à fait conscient qu’il joue avec les règles :

Après plusieurs jours de discussions, la sentence est tombée : « Il existe un consensus clair en faveur d’une exclusion de la communauté de l’utilisateur User:Larry Sanger. Les participants s’accordent généralement à dire qu’il s’est livré à des activités de démarchage en dehors du wiki et qu’il n’est pas ici pour contribuer de manière constructive à l’élaboration de l’encyclopédie ». Certains ont notamment retenu qu’en envoyant ces appels à ses plus de 91 000 followers sur X, il faisait du « bourrage d’urne ». La note explique aussi que « de nombreux rédacteurs partagent par ailleurs une vive inquiétude quant au fait que ses agissements pourraient être interprétés comme des appels à la divulgation d’identité ».

Un projet de diversité intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle ?

La discussion qui a déclenché tout ça portait sur la proposition de créer un projet officiel de Wikipedia de « diversité intellectuelle » que soutenait Larry Sanger et pour lequel il avait déjà développé un outil appelé PolicyScanner. Il présentait ce projet comme « un groupe de personnes qui s’accordent à dire que la politique de Wikipédia devrait être, à bien des égards, plus accueillante envers un ensemble de contributeurs beaucoup plus diversifié sur le plan intellectuel ; à ce titre, nous pouvons mener ensemble de nombreuses actions, un peu comme un club de réforme », ce qui revient notamment à amener plus de contributeurs proches des Républicains, si on suit les critiques que Larry Sanger lance depuis des années.

Les débats étaient vifs sur le sujet. Il affirmait que ce projet s’adressait « à une immense communauté de wikipédiens actuels et potentiels — tous ceux qui ont été systématiquement écartés par des pratiques et des politiques qui marginalisent ceux dont les points de vue sont systématiquement exclus de Wikipédia ». Ce à quoi un des wikipédiens lui a répondu  :« D’après ce que je peux constater, les seuls points de vue  » systématiquement exclus de Wikipédia » sont ceux dont la fausseté peut être démontrée. Cela ressemble moins à un « projet Wikipédia sur la diversité intellectuelle » qu’à un « projet Wikipédia sur la malhonnêteté intellectuelle » ».

Récidive

Mais ce n’est pas la première fois que Larry Sanger est accusé de « démarchage » sur Wikipédia. Ilyas Lebleu, un administrateur de la Wikipédia anglophone, a expliqué à 404 Media que Larry Sanger avait déjà été averti il y a deux mois pour un comportement similaire.

« Larry a tenté de présenter le débat communautaire comme un processus pseudo-juridique, en avançant une liste d’ « accusations » et de « chefs d’accusation » formulés par des « procureurs », au lieu d’un débat communautaire ouvert », explique-t-il à nos confrères.

« Wikipédia est devenue plus que jamais une anarchie où règne la loi de la rue », a de son côté répondu Larry Sanger à 404 Media, ajoutant : « Lors de ce simulacre de procès au cours duquel une foule m’a évincé, les administrateurs de Wikipédia ont montré qu’ils ne semblaient pas accorder d’importance à des détails tels que les chefs d’accusation formels, la désignation d’un procureur, les règles élémentaires de bienséance, la distinction entre le ministère public et le juge, un jugement impartial, etc. Ils ne disposent d’aucun système approprié, si ce n’est celui de mobiliser une foule pour faire appliquer de manière sélective leur méli-mélo de règles vagues ».

Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

24 juin 2026 à 12:00
L'addiction est un bon filon
Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

Meta a dans les cartons une application, nommée Arena, qui pourrait, à terme, concurrencer Polymarket et Kalshi sur le marché des plateformes de paris en ligne. Celui-ci est cependant assez instable légalement aux États-Unis et se voit critiqué par une partie de la classe politique.

Après le Metaverse, les lunettes connectées et l’IA générative, Mark Zuckerberg a dans le viseur un autre marché du numérique à la mode : les plateformes de paris en ligne. En effet, Meta a dans les cartons une application expérimentale nommée Arena prévue pour concurrencer les deux grosses plateformes du marché, Polymarket et Kalshi.

Des sources du New York Times ont expliqué à nos confrères que, contrairement aux plateformes citées ci-dessus, Meta avait prévu, au moins dans un premier temps, que les utilisateurs d’Arena ne puissent pas utiliser de l’argent réel pour parier. L’idée est de proposer des paris avec un système de points comme dans un jeu vidéo. Mais Meta n’exclut pas d’introduire ensuite des paris utilisant de l’argent réel.

Un projet en « priorité absolue » dans l’entreprise

Si Arena devrait être une application indépendante d’Instagram, Facebook ou WhatsApp, Meta espère bien s’appuyer sur le nombre d’utilisateurs de ces plateformes pour créer rapidement une audience importante à sa plateforme de paris en ligne.

Au sein de l’entreprise, le projet reste étiqueté « expérimental » mais est considéré comme une « priorité absolue » poussée par Mark Zuckerberg.

Des applications qui jouent sur la ligne de la légalité, voire qui la dépasse

Les applications comme Polymarket et Kalshi sont présentées à leurs utilisateurs comme des plateformes de paris. Et elles peuvent générer du revenu en prélevant une commission sur chaque pari. Mais, comme nous l’expliquions, aux investisseurs, elles s’affichent comme de potentiels systèmes de prédiction pour le milieu financier. D’autant plus qu’on a vu apparaitre, rapidement et en nombre, des paris soupçonnés de s’appuyer sur des délits d’initiés. L’administration Trump parie d’ailleurs sur l’IA pour les détecter.

Ça n’empêche pas, pour le moment, des cas de délits d’initiés de faire les titres de la presse états-unienne. Récemment, le Département de la Défense du pays a par exemple lancé lancé une enquête à propos de l’ancien élu à la Chambre des représentants des États-Unis, George Santos.

Et la légalité du marché des applications de paris est remise en cause dans certains États comme celui de New York. La procureure générale de cet État expliquait en avril s’allier avec 37 autres procureurs généraux contre Kalshi, « accusée de proposer illégalement des paris sportifs en violation de la législation de l’État en matière de jeux d’argent ». En mai, l’administration Trump a, de son côté, attaqué la loi récemment votée dans l’État du Minesota contre ce genre de plateforme.

Du côté de Polymarket, les utilisateurs américains doivent utiliser un VPN pour accéder au site autrement qu’en lecture seule. Ça n’a pas empêché l’entreprise de payer des influenceurs américains pour créer et partager des vidéos de promotion de la plateforme montrant de faux gains faramineux.

« Marché de prédiction »

De fait, Meta n’en est pas à son premier essai dans le secteur. En effet, l’entreprise de Mark Zuckerberg (qui s’appelait encore Facebook à l’époque) avait lancé Forecast de façon opportune dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Le projet, lancé seulement aux États-Unis et au Canada permettait de poser des questions et d’utiliser des points gagnés dans l’application pour faire des prédictions. Ainsi, l’entreprise invitait les personnels de santé et de la recherche de proposer des prévisions concernant la pandémie et ses impacts. Finalement, l’entreprise a fermé le projet au bout d’un peu plus de deux ans.

Concernant le nouveau projet de Meta, le sénateur Richard Blumenthal (démocrate) a réagi sur X, en affirmant : « Meta s’est inspiré des machines à sous pour rendre les enfants accros à Instagram. Aujourd’hui, Zuckerberg transforme son entreprise en marché de prédiction. » Il a ajouté : « Le modèle économique de Meta consiste à tirer profit de la dépendance : enfants, joueurs, etc. Mettons-y un terme grâce à KOSA [le projet de loi fédérale Kids Online Safety Act qu’il porte, ndlr] et à mes projets de loi sur les marchés prédictifs. »

Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

24 juin 2026 à 06:32
Chatcontrol version dirigeants ?
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.

Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?

On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.

Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.

Un groupe de discussion éventé dans la presse

C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.

Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».

Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.

Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux

Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».

Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.

Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».

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Meta : les données du projet de surveillance des employés étaient accessibles en interne

23 juin 2026 à 08:47
Qui aurait pu prédire ?
Meta : les données du projet de surveillance des employés étaient accessibles en interne

Meta met sur pause son projet de surveillance de ses employés destiné à entraîner ses moteurs d’IA. En cause : les données sensibles récoltées étaient accessibles par toutes les personnes travaillant dans l’entreprise de Mark Zuckerberg.

Ce ne sont pas des considérations éthiques sur la récolte et l’utilisation de données sensibles de ses employés qui poussent Meta à stopper (au moins temporairement) son projet Model Capability Initiative (MCI), mais plutôt le manque de sécurisation de l’accès à ces données.

En avril dernier, on apprenait que le groupe dirigé par Mark Zuckerberg lançait en interne cet outil qui récupère les mouvements de curseur des souris, les clics, les frappes clavier de ses employés et réalise des captures d’écran de temps en temps. L’entreprise promettait de ne pas s’en servir pour surveiller ses employés, mais pour récolter des données afin d’entrainer ses modèles, notamment dans l’objectif d’améliorer les fonctions d’agents IA.

Des données disponibles aux yeux de tous en interne

Mais récemment, des employés de l’entreprise ont remarqué qu’ils pouvaient accéder à ces données qui étaient, pour ainsi dire, disponibles aux yeux de tous en interne. Business Insider a ainsi pu consulter des captures d’écran montrant qu’il était possible de consulter des discussions privées, des données de performance et des transcriptions.

L’entreprise, qui a classé cet incident au niveau 2 de son échelle de sévérité (de 5 à 0, 0 étant le plus haut niveau), répond à nos confrères que « nous avons soigneusement conçu ce programme en intégrant des mesures de protection de la vie privée, et bien que nous n’ayons pour l’instant aucune indication laissant penser que des employés de Meta auraient accédé de manière abusive à des données, nous le suspendons le temps de mener notre enquête ».

L’avis de sécurité, qui circulait en interne lundi et que Wired a pu consulter, indique que « les données des employés contenues dans 45 000 tables Hive » étaient exposées.

De quoi raviver les critiques de son personnel quant à la gestion de ce projet. Déjà au début du mois, face à une fronde interne, Meta avait mis un tout petit peu d’eau dans son vin en permettant à ses employés de mettre MCI en pause sur leurs ordinateurs. Cette fonctionnalité n’était pas un bouton de désactivation de l’outil de surveillance puisqu’elle ne leur permettait un répit que de 30 minutes.

Des salariés furieux

Mais depuis la révélation du problème de sécurité interne, certains employés ont redoublé leurs critiques. « Je suis furieux », a écrit l’un d’entre eux dans un groupe de discussion interne, selon Business Insider.

« J’ai consulté des informations fiscales et médicales personnelles depuis mon ordinateur professionnel, tout comme des milliers d’autres employés. On nous avait assuré que ces données seraient protégées et utilisées uniquement à des fins professionnelles légitimes, après avoir été soumises à un filtrage rigoureux », explique un autre dans un post cité par Reuters.

Comme l’indique Wired, certains se demandent pourquoi les contrôles de confidentialité mis en place par Meta n’avaient pas détecté le problème. Ils aimeraient que chaque employé concerné puisse participer à une réunion d’analyse des causes de l’incident. Sur le canal dédié aux discussions de machine à café, l’un d’entre eux a posté un mème extrait de la série The Office où Jim Halpert tient une pancarte sur laquelle est écrit : « 0 jour depuis notre dernière bêtise ».

Nos confrères ont aussi pu consulter un message que le CTO de Meta, Andrew Bosworth, a envoyé en interne affirmant : « Nous avons mal configuré les ACL [listes de contrôle d’accès] et nous devons comprendre comment cela s’est produit, retracer chaque accès aux données et en analyser les causes ».

Si certains salariés de l’entreprise s’expriment sur l’outil interne de communication, ils ne sont pas autorisés à parler publiquement, mais certains, anonymement, ont expliqué à Wired que l’incident était maintenant marqué comme « fermé » et serait donc résolu.

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Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

22 juin 2026 à 15:10
Ça ne mange pas de pain
Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Alors que l’Europe est sur le point d’adopter formellement l’omnibus numérique, le Sénat français vient d’adopter une résolution critiquant fortement le sens des « simplifications » prévues par la Commission et le Parlement européens.

Le digital omnibus proposé par la Commission européenne en novembre dernier est encore en cours de discussion en Europe. Alors qu’elle a réussi à trouver un accord avec le Parlement européen concernant la mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act, le Sénat français, lui, vient de voter, ce vendredi 19 juin, une résolution très critique du texte.

L’institution française, qui penche majoritairement à droite, dit accueillir « favorablement » la volonté « de simplifier le cadre applicable et de réduire la charge administrative et les coûts de conformité, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites entreprises à moyenne capitalisation (PEMC), en vue d’améliorer leur compétitivité, » et qu’elle se « se réjouit des mesures techniques destinées à améliorer la coordination des différentes normes européennes dans le secteur numérique, aux fins de clarté et de sécurité juridiques ».

Ne pas trembler ni transiger

Mais les sénatrices et sénateurs estiment que le contenu du projet européen est en contradiction avec cet objectif de simplification affiché. Et ils appellent « l’Union européenne à ne pas trembler ni transiger dans l’application de l’arsenal juridique novateur et ambitieux qu’elle a commencé à construire pour encadrer l’IA et le secteur numérique ». Le Sénat « déplore que la proposition de règlement dépasse pour partie le seul objectif de simplification, tendant à complexifier un cadre régulatoire déjà complexe et dense, au risque de nuire à sa clarté et à son acceptation par les entreprises et les citoyens ».

La chambre haute du Parlement français critique la précipitation dans laquelle la Commission européenne mène les débats sur cet omnibus. Elle regrette l’absence d’étude d’impact et « souligne que les évolutions de la régulation en matière numérique ne doivent pas être menées avec une précipitation excessive, au risque d’être dictées par l’industrie numérique ».

Sur le terrain du droit d’auteur, les sénateurs et sénatrices français regrettent aussi « l’absence de clarification du régime juridique du droit d’auteur en matière d’IA, alors que les juridictions commencent à se prononcer sur des cas d’espèce et que des solutions juridiques ont été identifiées pour veiller à la rémunération des contenus culturels utilisés par les systèmes d’IA ».

Vous en voulez encore ? Le texte adopté au Sénat « déplore que le train de mesures omnibus numérique sur l’IA n’ait pas été l’occasion d’assurer une meilleure prise en compte de l’empreinte environnementale de l’IA ». Concernant les reports de plusieurs dispositifs de l’AI Act entérinés par la Commission et le Parlement européens, les élus français regrettent notamment que cela repousse de six mois le marquage des contenus générés par l’IA. Et il ajoute que « ce report révélateur tant de la difficulté à réguler et à réglementer un secteur technique aux évolutions si rapides, que des limites du processus décisionnel européen pour allier agilité et stabilité des normes  ».

Soutien à l’interdiction des systèmes de « nudification » 

Les sénateurs français soutiennent quand même le texte sur la proposition d’interdiction des systèmes d’IA de « nudification » mais ils ajoutent tout de suite après regretter que l’interdiction des systèmes d’IA capables de générer, manipuler ou reproduire des contenus (image, vidéo, audio) pédopornographiques n’ait pas abouti.

Concernant le déplacement des règles en matière de cookies de la directive « e-Privacy » vers le RGPD, les élus français considèrent que cela « créerait un double régime dangereux […] sans répondre à l’enjeu de réduction de la fatigue du consentement aux traceurs  ». Les sénateurs considèrent « que les révisions proposées au RGPD sont trop substantielles et potentiellement dangereuses, eu égard à un texte devenu une référence mondiale en matière de protection des données à caractère personnel ».

Cette résolution du Sénat a été proposée par les sénatrices Catherine Morin-Desailly (Centriste) et Karine Daniel (PS). Celles-ci avaient déposé mi-mai un rapport sur le sujet, affirmant, en titre, que l’Omnibus numérique européen était « un risque pour la protection des droits numériques des citoyens ».

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Simplification, sécurisation, souveraineté : la DINUM affirme son rôle de chef d’orchestre

10 juin 2026 à 07:52
La Cour des comptes ? Je connais pas
Simplification, sécurisation, souveraineté : la DINUM affirme son rôle de chef d’orchestre

Avec la montée en puissance des services d’authentification FranceConnect et ProConnect et de la Suite numérique, la DINUM revendique, de nouveau en 2025, son rôle de « chef d’orchestre » de numérique de l’État.

Si en 2024 la Cour des comptes avait critiqué la stratégie de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) ainsi que sa feuille de route présentée en 2023, le service rattaché au Premier ministre assume avoir continué, en 2025, dans la même direction.

La Suite Numérique, fer de lance de la DINUM

Dans le rapport d’activité 2025 de la DINUM, la directrice interministérielle du numérique, Stéphanie Schaer, résume : « L’année a principalement été dédiée à la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie numérique de l’État et de la feuille de route pour la DINUM, officiellement lancées en juin 2023 après un travail de concertation, en consolidant notamment une offre de produits numériques souverains pour les usages collaboratifs, à l’image de LaSuite ».

Il faut dire que cette dernière a obtenu le soutien du gouvernement. En janvier, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, annonçait la généralisation de l’utilisation de l’outil Visio de La Suite numérique. Dans son rapport, la DINUM note « une accélération notable en 2025 » de l’adoption des services de la Suite numérique en général. Ainsi, le service interministériel souligne que sa solution de partage et stockage de documents Resana a franchi «le seuil des 450 000 comptes, tandis que la messagerie Tchap rassemble désormais 368 000 utilisateurs mensuels actifs ».

Celle-ci est d’ailleurs devenue une cible pour les pirates : la DINUM a admis récemment l’usurpation d’un compte utilisateur sans pour autant confirmer l’exfiltration de données revendiquées sur un forum dédié.

FranceConnect et ProConnect massivement utilisés

Justement, en ce qui concerne la sécurité, la DINUM met en avant FranceConnect et ProConnect. Ces solutions SSO, basées sur le protocole OpenID Connect et dont le code est sous licence MIT, sont vues par le service interministériel comme « les piliers de la confiance et de la simplification numérique ».

Concernant le premier, la DINUM souligne qu’il a permis « de certifier, avec une rigueur inédite, la fiabilité de la pétition la plus soutenue de l’histoire institutionnelle française », se gardant de nommer le texte contre la loi Duplomb signé par plus de 2 millions de personnes. Plus largement, FranceConnect a maintenant atteint 44,5 millions d’utilisateurs et a « un volume record de 500 millions de connexions (+ 20 %) » en 2025. Un deuxième facteur d’authentification par mail est en train d’être généralisé, déployé l’année dernière sur le portail impots.gouv.fr après l’avoir été sur Ameli et MSA. Concernant ProConnect, il devient l’identifiant de référence pour les agents du service public avec 930 000 connexions mensuelles.

Comme nous l’expliquions récemment, un point important pêche dans le numérique public : son accessibilité. Dans le rapport, la DINUM semble se satisfaire d’une « accélération obtenue » concernant ce sujet en soulignant que « 49 % des démarches essentielles atteignent un taux de conformité supérieur à 75 % » selon les résultats de l’Observatoire « Vos démarches essentielles » de juillet 2025. Et elle ajoute que « la satisfaction des usagers progresse également, avec 35 % des services atteignant la note cible de 8/10 », ce qui laisse encore de la marge. D’autant que, comme la DINUM le souligne elle-même, le Comité interministériel du handicap (CIH) de mars 2025 demandait aux ministères de rendre 50 % de leurs démarches essentielles à la fin 2025 avec un objectif de mise en conformité totale en 2026.

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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

9 juin 2026 à 12:52
L'histoire sans fin
Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

Microsoft a dû bloquer l’accès aux dépôts GitHub de plus de 70 de ses propres projets. Certains d’entre eux ont été piratés au cours d’une campagne de vols d’identifiants d’outils d’IA générative nommée Miasma.

L’éditeur de GitHub n’est pas épargné par les attaques actuelles contre la supply chain de logiciels open source. Ainsi, Microsoft a dû désactiver l’accès à plus de 70 de ses propres dépôts sur GitHub, comme l’expliquait le site Open Source Malware.

Dans le lot, le dépôt d’Azure nommé « functions-action » qui permet de déployer le code d’un projet utilisant « Azure Functions » ou encore le framework Durable Task, « utilisé activement en production par de nombreuses équipes, y compris les équipes d’ingénierie au sein de Microsoft ». Ceux-ci sont maintenant de nouveau accessibles comme d’autres, Microsoft redonnant accès à ses projets au fur et à mesure des corrections et vérifications.

Microsoft avait identifié l’attaque chez Red Hat

Une bonne partie de ces dépôts ont été touchés par la campagne de vol d’identifiants « Miasma », selon Open Source Malware et l’entreprise de sécurité StepSecurity. Ironiquement, l’équipe de recherche en sécurité de Microsoft avait détecté que cette attaque visait la chaîne d’approvisionnement npm de Red Hat, touchant « 32 paquets modifiés de manière malveillante dans plus de 90 versions relevant du périmètre npm @redhat-cloud-services », expliquait l’entreprise le 2 juin dernier.

« Un pipeline CI/CD (Continuous Integration/Continuous Delivery) a permis à des pirates de publier des paquets infectés par des chevaux de Troie via le flux de publication légitime OpenID Connect (OIDC) de GitHub Actions. Ainsi, ces paquets malveillants portaient des signatures de provenance authentiques tout en intégrant le marqueur de campagne « Miasma : The Spreading Blight » », expliquait Microsoft concernant les paquets npm de Red Hat.

Mais l’entreprise de Redmond a été attaquée à son tour. StepSecurity a identifié le commit poussé dans le dépôt Azure/durabletask à l’aide d’un compte de contributeur piraté. « Cette modification a ajouté cinq fichiers destinés à permettre l’exécution automatique du code dans quatre outils de développement différents », explique l’entreprise dans son billet de blog et ajoute : « Cloner le dépôt ne présente aucun risque. L’ouvrir, en revanche, n’est pas sans danger ». Le code s’exécute automatiquement lorsqu’un développeur ouvre le dépôt dans Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code et cherche à récupérer des identifiants.

Step Security fait le lien avec l’attaque Mini Shai-Hulud menée par TeamPCP, notamment car les deux utilisent un même domaine secondaire : C2 t.m-kosche[.]com. Elle explique aussi que « le compte piraté est celui du même contributeur dont les identifiants ont été utilisés lors de l’attaque contre PyPI du 19 mai » que l’entreprise de sécurité avait identifiée dans le dépôt du SDK durabletask maintenu par Microsoft.

La compromission des identifiants développeurs comme porte d’entrée

« Le génie de ce ver Miasma réside dans la manière dont il s’est fondu dans les flux de travail légitimes », explique Cloudsmith, une autre entreprise de sécurité qui a analysé le problème. « Il n’exploite aucune faille logicielle de GitHub ou de npm. Il tire plutôt parti du modèle de confiance sous-jacent de l’écosystème d’ingénierie moderne. La compromission des identifiants de développeurs a permis de demander un jeton OIDC GitHub légitime. Cela a été suivi de la publication d’une version malveillante dotée d’une provenance SLSA valide, ce qui a finalement conduit les scanners conventionnels à la considérer comme une mise à jour de routine fiable. En volant les identifiants légitimes du responsable de maintenance, le ver a pu agir exactement comme l’aurait fait un éditeur authentifié », ajoute Cloudsmith.

Le billet de l’entreprise explique aussi que Miasma génère une charge utile chiffrée de manière unique pour chaque infection, ce qui permet de passer outre les outils de détection traditionnels.

Microsoft a confirmé à 404 Media avoir désactivé les dépôts concernés. Interrogée par TechCrunch, l’entreprise explique : « Nous avons temporairement supprimé certains dépôts pendant que nous enquêtions sur la présence éventuelle de contenus malveillants ». « Certains de ces dépôts ont été rétablis après vérification, tandis que d’autres pourraient rester hors ligne pendant la poursuite des travaux », explique le porte-parole de l’entreprise, Ben Hope.

« Dans le cadre de notre enquête, nous avons contacté un petit nombre de clients susceptibles d’avoir téléchargé du contenu provenant des dépôts concernés. Nous poursuivrons notre enquête et, si nous identifions d’autres éléments nécessitant une intervention de la part des clients, nous les contacterons directement via nos canaux d’assistance habituels », ajoute-t-il, sans préciser ce « petit nombre ».

☕️ Visitez le musée virtuel des systèmes d’exploitation

9 juin 2026 à 08:22


Nostalgiques d’OS/2 d’IBM, de Mac OS 1.0 ou encore de Windows Me (si, ça doit bien exister) ? Voilà un site qui devrait vous intéresser : The Virtual OS Museum, un musée virtuel consacré aux systèmes d’exploitation.

Andrew Warkentin, qui se présente comme développeur et historien de ces systèmes, explique qu’il collectionne des images d’OS émulés depuis 2003. Actuellement, sa liste en contient déjà plus de 1 700.

« Bien que la situation en matière de préservation des logiciels se soit considérablement améliorée au cours des deux dernières décennies, bon nombre des projets de préservation existants restent encore peu accessibles », explique-t-il. « Lorsque j’ai commencé à collecter des images d’émulateurs (en 2003), il n’existait que quelques petites archives d’images de logiciels et de la documentation correspondante, et relativement peu d’émulateurs pour des plateformes autres que les plateformes grand public bien connues, ajoute-t-il. « Aujourd’hui, il existe de nombreuses archives importantes de logiciels et de documentation historiques, ainsi que de nombreux émulateurs, même pour des plateformes très obscures ».

Le Virtual OS Museum passe en revue une grande partie de l’histoire de l’informatique, de la Small-Scale Experimental Machine surnommée « Manchester baby » aux premières versions d’Android et d’iOS, en passant par les premières versions bêta de Windows Longhorn ou l’Amiga UNIX (AMIX) 2.1c :

Amiga UNIX (AMIX) 2.1c – 00 OpenLook desktop with applications

Le projet existe en deux versions : une « full » de 179 Go, qui permet d’accéder à toutes les archives en étant déconnecté, et une « lite » de 21 Go qui nécessite de télécharger ce qui correspond aux disquettes, bandes, etc. Et les sources sont disponibles sur Gitlab.

Ce projet n’est pas sans rappeler celui d’Internet Archive. Andrew Warkentin utilise d’ailleurs le site pour les fichiers Zip de son projet pour le téléchargement direct. Ils sont aussi disponibles en .torrent. Il vient également en parallèle d’un autre projet d’archivage de logiciels lancé il y a plus de 10 ans par l’Inria : Software Heritage.

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Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

8 juin 2026 à 12:14
Casser le thermomètre, littéralement
Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Donald Trump continue sa politique consistant à couper les budgets de la recherche états-unienne. Visant particulièrement les recherches sur le changement climatique, son administration vient de décider le démantèlement d’un réseau de bouées particulièrement crucial pour la récolte de données sur le sujet.

La recherche, et notamment celle sur le climat, continue d’être attaquée par l’administration Trump. En effet, après les coupes dans les budgets et dans les effectifs mises en place depuis l’année dernière, la National Science Foundation (NSF) a annoncé le 21 mai dernier le démantèlement d’une grande partie du réseau d’instruments scientifiques du projet Ocean Observatories Initiative (OOI) qu’elle a financé depuis 10 ans.

« Ce plan prévoit le retrait de toutes les infrastructures sous-marines de la mer d’Irminger, ainsi que des réseaux de la station Papa, d’Endurance et de Pioneer, sous réserve des contraintes liées au calendrier des navires et d’autres contraintes opérationnelles. Tout le matériel récupéré sera conservé par l’organisme responsable de l’exploitation dans l’attente de nouvelles instructions », explique la NSF, la principale agence de financement de la recherche aux États-Unis. Cette annonce a été faite moins d’un mois après que Donald Trump a viré tous les membres du conseil d’administration de l’agence (qui étaient des chercheurs ou ingénieurs).

Selon le New York Times, ce n’est pas moins de 900 instruments d’observation qui vont être enlevés. Et la NSF prévoit d’envoyer des bateaux pour les récupérer dès ce mois de juin.

Le fonds ajoute garder pour l’instant le « réseau câblé régional » du projet qui se situe au large de Portland ainsi que le data center de l’OOI pour les opérations en cours. Ironiquement, dans son communiqué, la NSF continue à souligner l’importance du projet : « Nous encourageons la communauté à exploiter les données de l’OOI, accumulées depuis plus de dix ans, en les intégrant dans leurs propositions, publications, présentations et échanges avec leurs collègues. Cet engagement continu met en évidence l’impact scientifique et les applications très variées rendues possibles par l’OOI et ses données, soulignant ainsi son importance en tant que ressource pour la communauté océanographique ».

Le système d’observation océanique le plus avancé au monde

Ce réseau d’instruments scientifiques qui a coûté 365 millions de dollars est un outil très utile pour comprendre le changement climatique. L’OOI est le « système d’observation océanique en fonctionnement continu le plus avancé au monde », estime Jim Edson, qui en était responsable en 2022, au New York Times. Comme l’explique l’Institut océanographique de Woods Hole, dans l’océan Austral par exemple, « les premiers déploiements de balises OOI en 2015 ont permis d’obtenir les premières séries chronologiques jamais enregistrées sur les mouvements de chaleur et de masses d’eau dans la région — des données qui revêtent un intérêt particulier pour la population chilienne, alors que le pays est confronté à une sécheresse persistante due à l’évolution des régimes de vent et de pression atmosphérique au-dessus de l’océan ».

La partie du projet située en mer d’Irminger a permis, elle, de mieux comprendre le fonctionnement de l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le système de circulation océanique profonde situé dans l’Atlantique à l’origine des courants. « Ce vaste système de courants marins, dont fait partie le Gulf Stream, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, notamment en transportant de la chaleur des tropiques vers l’Atlantique Nord », explique le CNRS.

Quel pays sera capable de développer un réseau similaire ?

« Cela témoigne une fois de plus du manque de compréhension de la valeur et du mérite scientifiques dont fait preuve l’administration actuelle », se lamente au New York Times Craig McLean, le chercheur qui était le responsable scientifique de la National Oceanic & Atmospheric Administration lors du premier mandat de Donald Trump. « En démantelant un tel système, nous reléguons une nouvelle fois les États-Unis au second plan dans le domaine du leadership scientifique mondial », ajoute-t-il.

Le problème est que le projet n’est pas seulement abandonné mais qu’il est aussi démantelé. Ainsi, pour qu’un autre pays reprenne le relais, il lui faudrait redéployer un réseau d’outils très onéreux.

En mai 2025, en France, des chercheuses et chercheurs tiraient la sonnette d’alarme devant les sénateurs pour que notre pays propose une alternative pour héberger les données menacées par Trump. Le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl, affirmait que les bases de données étaient « l’urgence absolue ». Mais le sénateur Pierre Ouzoulias (PCF) attirait aussi l’attention sur « les bouées de surface dans l’hémisphère nord [qui mesurent paramètres météorologiques et océanographiques], c’est 50 % ».

«Si on perd ces bouées, on est incapables de prévoir des phénomènes extrêmes. Je ne parle même pas du Pacifique, où là, on est totalement dépendants des données météorologiques américaines et nous serions incapables de prévoir des cyclones à Mayotte, à la Réunion ou en Polynésie. Il y a un souci majeur », expliquait-il.

Mais depuis, la France a continué à baisser, elle aussi, les budgets de recherche. Ainsi, l’océanographe et directrice de recherche au CNRS Katell Guizien se plaignait de ne plus pouvoir payer les contrats de travail de chercheurs de son équipe à cause des restrictions budgétaires au sein de l’organisme de recherche. Et le gouvernement a annoncé récemment des coupes budgétaires plus importantes touchant les universités, la recherche et France 2030.

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☕️ [Màj] La NASA demande aux astronautes de l’ISS de reprendre une activité normale

5 juin 2026 à 15:04


L’équipage d’astronautes de la mission Crew-12 (dont la Française Sophie Adenot) qui occupe actuellement la station spatiale internationale a reçu l’ordre par la NASA de se mettre à l’abri dans sa capsule habitable Crew Dragon et d’enfiler ses combinaisons, pour réagir le plus rapidement possible si une évacuation d’urgence était nécessaire.

ISS 80 mm forward nadir mosaic created with imagery from Expedition 66.

La NASA a expliqué à l’agence de presse Reuters que l’équipage russe est de son côté en train d’essayer de réparer une fuite d’air qui s’aggrave sur sa partie du laboratoire orbital.

L’agence américaine et Roscosmos, son homologue russe, discutent depuis plusieurs mois de la cause de petites fuites d’air à bord et de la façon de les résoudre. Elles étaient jusque-là mineures mais elles se seraient aggravées depuis lundi selon une source de l’agence de presse.

Peu de temps après, la responsable presse de la NASA, Bethany Stevens a ajouté sur X que Roscosmos avait suspendu « les travaux de réparation structurelle à l’intérieur du tunnel de transfert du module de service Zvezda […] le temps d’analyser de nouvelles mesures et données ». « Compte tenu de cette situation, la NASA a demandé aux membres d’équipage à bord du vaisseau spatial Dragon de mettre fin aux procédures de sécurité et de reprendre les opérations prévues à bord de la Station spatiale internationale », a-t-elle ajouté.

[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

9 juin 2026 à 07:02
Harcèlement de rue connecté
[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.

Mise à jour le mardi 9 juin, 8h25 : Lors de la dernière mise à jour de son application Meta AI, l’entreprise de Mark Zuckerberg a supprimé les lignes de code correspondant à la fonctionnalité « Name Tag » qu’elle envisageait de mettre en place pour doter ses lunettes de la reconnaissance faciale. En analysant le code de l’application, nos confrères de Wired avaient pu remarquer que Meta avait déployé discrètement du code de cette fonctionnalité sans pour autant qu’elle soit activée ni même finalisée. Après la publication de leur article, l’entreprise a fait machine arrière dans la mise à jour suivante, ont-ils constaté. « Aucune décision définitive n’a encore été prise quant à la marche à suivre, si tant est qu’il y en ait une », a réagi Andy Stone, le vice-président de la communication de Meta.


Article original publié le 5 juin à 16h33 :

Meta a discrètement intégré du code dans son application Meta AI pour activer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, dont les modèles créés en collaboration avec Ray-Ban et Oakley.

En février, on apprenait que l’entreprise de Mark Zuckerberg réfléchissait à une fonctionnalité de ce genre baptisée « Name Tag ». Un mémo datant de janvier 2025 analysait de façon assez cynique que le lancement pourrait bénéficier « d’une période de contexte politique dynamique » dans laquelle les personnes critiques envers ce genre de fonctionnalités « auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

Du code déjà bien intégré dans l’app Meta AI

Mais Wired a pu découvrir que, depuis janvier dernier, plusieurs mises à jour de l’application Meta AI ont permis à l’entreprise d’y ajouter du code implémentant « Name Tag » petit à petit. Nos confrères affirment que des « composants essentiels du système » ont été intégrés dans l’application distribuée à des millions de personnes qui est nécessaire à l’utilisation des lunettes connectées de Meta.

Dès qu’elle sera activée, la fonction « Name Tag » pourra comparer tous les visages passant devant les lunettes à une base de données d’ « empreintes faciales » qui sera stockée sur le téléphone de l’utilisateur. La reconnaissance d’un visage entrainera des notifications à l’utilisateur tandis qu’un nouveau visage sera automatiquement indexé dans cette base dans un dossier « en attente ».

Le code du système « Name Tag » qu’a pu analyser Wired peut aussi récupérer des empreintes faciales depuis les serveurs de Meta et les stocker sur les appareils des utilisateurs afin d’alimenter cette base d’empreintes faciales.

Une empreinte biométrique représentée par une série de 2 048 nombres

Selon l’analyse du code, Meta a découpé la fonctionnalité « Name Tag » en trois : un modèle détecte les visages, une autre partie du code les recadre et enfin une troisième permet de les convertir en données biométriques. Les premières esquisses de l’interface graphique baptiseraient la fonction du nom « Connections » et proposeraient aux utilisateurs des lunettes Meta de « se souvenir des personnes qu’ils ont rencontrées ».

L’Electronic Frontier Foundation (EFF) confirme l’analyse de nos confrères. L’ONG ajoute que la fonctionnalité mise en place par Meta « enregistre les empreintes faciales sous la forme d’une série de 2 048 nombres représentant de manière unique la disposition des traits du visage d’une personne ». « Lorsque cette fonctionnalité est activée, elle convertit chaque nouveau visage capté par les lunettes de surveillance en une série de nombres, puis la compare à toutes les empreintes faciales existantes dans la base de données de l’utilisateur », explique-t-elle.

L’EFF déplore que « malgré les innombrables raisons de ne pas le faire, Meta semble avoir mis en place les moyens de transformer ses clients en une machine de surveillance décentralisée ». Elle ajoute que « c’est une raison de plus de bien réfléchir avant d’acheter ou d’utiliser les lunettes de surveillance de Meta ».

« En intégrant la technologie dans l’écosystème, on établit des normes et des standards », explique l’ancien responsable de l’encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, Joseph Jerome. « Je ne vois pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable », ajoute-t-il.

L’ambivalente communication de Meta

En avril dernier, plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités signaient une lettre ouverte contre l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta à destination de Mark Zuckerberg. À l’époque, l’entreprise assurait :« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer ».

Face aux révélations de nos confrères, Meta assure maintenant : « les faits sont simples : nous avons déjà indiqué que nous étudiions ce type de fonctionnalités, et ce que vous voyez n’est que la preuve de cette exploration ». L’entreprise ajoute : « rien n’a encore été mis à la disposition des utilisateurs et aucune décision définitive n’a été prise quant à la suite à donner, le cas échéant. Si nous décidons de déployer une telle fonctionnalité, nous adopterons une approche réfléchie et le ferons en toute transparence. Une chose est sûre : nous ne sommes pas en train de créer une base de données centrale de visages ».

Rappelons qu’en 2021, Meta avait annoncé l’abandon de la reconnaissance faciale. Elle expliquait à l’époque devoir « peser l’utilisation positive de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations sociétales croissantes, d’autant plus que les régulateurs n’ont pas encore défini de règles claires ».

En France, la CNIL faisait encore part récemment de ses craintes sur l’utilisation des lunettes connectées et les risques majeurs qu’elles présentent pour la vie privée.

Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

5 juin 2026 à 10:00
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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

Alors qu’elle prépare une entrée en bourse, l’entreprise de Dario Amodei regonfle les discours catastrophistes sur l’IA générative pour sa communication juste après avoir gonflé ses muscles grâce à Mythos.

« Perte de contrôle », évocation du traité sur les armes nucléaires et proposition d’un moratoire sur le développement de l’IA générative, Anthropic y va fort dans sa communication. Celle-ci porte un discours ambivalent et survient alors que l’entreprise prépare une entrée en bourse.

Dans un texte publié sur son site web et signé notamment par Marina Favaro, responsable du pôle R&D, l’entreprise met en avant les avancées de ses outils de génération de code pour soutenir la peur d’une IA générative qui pourrait bientôt être autonome dans la gestion de son amélioration.

L’affichage du danger de l’ « auto-amélioration récursive »

L’entreprise appuie sa communication sur son utilisation de plus en plus importante du code généré par son propre outil pour l’améliorer. « En mai 2026, Claude est l’auteur de plus de 80 % du code que nous intégrons dans la base de code d’Anthropic », argumente ainsi l’entreprise, utilisant au passage l’anthropomorphisme pour attribuer à son outil le statut d’auteur. Elle oublie aussi que, même si Lawrence Lessig affirmait que « le code fait loi » et que son code est grandement généré par Claude, le choix de mettre telle ou telle fonction en place reste bien actuellement dans les mains de ses dirigeants.

Mais qu’importe, selon l’entreprise qui a récemment lancé son projet d’entrée en Bourse de façon officielle : cela pourrait amener d’ici peu, « si l’on pousse le raisonnement assez loin et si l’on dispose de ressources informatiques suffisantes », à l’auto-amélioration récursive de ce genre de système.

Un discours catastrophiste toujours présent

Et, tout en brossant deux autres scénarios possibles, l’entreprise met en avant celui où « les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes capables de s’améliorer de manière entièrement récursive et commencent à créer leurs propres successeurs », quitte à retrouver les accents catastrophistes des myriades d’appels à stopper la course à l’IA qui existent depuis 2015. Pour l’éviter, elle évoque un moratoire sur la R&D de ce genre de système.

Ainsi, pour insister sur l’importance de sa proposition, Anthropic n’hésite pas à évoquer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987. Elle dramatise encore plus en affirmant que « ces régimes ont mis des décennies à mettre en place à la fois les infrastructures et la confiance » et que « nous n’avons pas autant de temps devant nous ».

L’utilisation de cette rhétorique catastrophiste par les entreprises de la tech n’est pas nouvelle. Comme nous le relations au sujet de l’agitation des peurs sur les problèmes d’alignement, Emile Torres et Timnit Gebru expliquaient déjà en 2024 que les discours sur la sécurité de l’IA permettent aux entreprises d’attirer des ressources vers la construction de leurs systèmes et de détourner l’attention. Anthropic n’est pas en reste sur le sujet et s’affiche depuis longtemps comme l’entreprise qui parie sur la sécurité de l’IA comme « stratégie gagnante ».

« Dindons de la farce »

Le chercheur Irénée Régnauld souligne l’utilisation de cette rhétorique alors que l’entreprise prépare son entrée en bourse : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la « Pause » comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde ». Et il ajoute : « les « Pausistes » vont-ils se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce ? ».

Il remarque au passage le paradoxe entre ce nouvel affichage de l’entreprise et son abandon en interne en février dernier d’un pan important de sa politique de sécurité. En effet, le Time expliquait que l’entreprise avait décidé de la revoir en profondeur, renonçant aux limites qui lui interdisaient catégoriquement d’entrainer des modèles au-delà d’un certain niveau si les mesures de sécurité appropriées n’étaient pas déjà en place.

Cette annonce intervient aussi alors qu’Anthropic a utilisé cette stratégie marketing de la peur pour promouvoir Mythos, son IA dédiée à la cybersécurité.

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Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée

4 juin 2026 à 14:29
De l'obsolescence programmée dans les imprimantes ? Étonnant
Epson vs HOP : un premier procès pour obsolescence programmée

Plus de 10 ans après le vote de la loi contre l’obsolescence programmée, un premier procès va s’ouvrir cet été suite à la plainte de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) déposée en 2017. Une première audience doit avoir lieu le 2 juillet prochain.

11 ans après l’instauration d’un délit d’obsolescence programmée dans la loi, un procès va avoir lieu sur le sujet. À l’époque, nous nous demandions si ce nouveau délit n’était qu’un coup d’épée dans l’eau.

Un an après, il y avait de quoi rester dubitatif : alors que le sujet avait été très médiatisé, personne ne s’était encore saisi de cette nouveauté juridique dans la loi française. En 2016, l’association UFC-Que Choisir jugeait « pas du tout surprenant » qu’aucune action n’ait été alors engagée pour sanctionner ce délit « vu la difficulté à démontrer qu’il y a une intention de raccourcir la durée de vie ».

Un premier procès 9 ans après la première plainte

Mais en 2017, l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) déposait une première plainte pour obsolescence programmée, tromperie et « tout autre chef que l’enquête diligentée permettra d’identifier, ainsi que contre tout autre auteur ou complice de ces infractions ». Si cette plainte était déposée contre X, elle visait les fabricants d’imprimantes et notamment Epson. L’association visait notamment deux techniques qui seraient utilisées par ces entreprises :

  • Les cartouches faussement déclarées vides ;
  • La fausse fin de vie du tampon absorbeur.
Flock

L’association ne s’était pas arrêtée à l’attaque de fabricants d’imprimantes : elle avait ensuite porté plainte contre Apple. Celle-ci a finalement accepté une amende transactionnelle pour pratique commerciale trompeuse de 25 millions d’euros en 2020.

Suite à la plainte de HOP visant les fabricants d’imprimantes, le parquet de Nanterre a, quelques mois après, ouvert une enquête préliminaire à l’encontre d’Epson et confié les investigations à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Interrogé par Next (à l’époque, Next Inpact), l’avocat de l’association, Me Émile Meunier, se montrait confiant sur les suites du dossier : « Vous avez des cartouches d’encre qui vous indiquent qu’elles ne peuvent plus imprimer. Il ressort des expertises qu’elles contiennent encore un fort pourcentage d’encre. La question est de savoir pourquoi ? Si le fabricant n’est pas capable d’apporter une explication convaincante, il n’y aura pas d’autre voie possible. Le mobile sera déduit des faits. »

« Une étape historique »

Concernant le procès qui va s’ouvrir donc le 2 juillet prochain, l’association estime, dans un communiqué, que « c’est une étape historique vers la première condamnation potentielle d’une entreprise pour obsolescence programmée. Les consommateur·ices ont été entendu·es, les imprimantes sont devenues le symbole de l’obsolescence programmée entraînant un gaspillage immense d’argent et de ressources. Il est temps que cela cesse et que les acteurs qui ne respectent pas la loi soient condamnés. »

Elle ajoute que « le déclenchement des poursuites par le Parquet est un signal fort pour l’association. La lutte contre l’obsolescence programmée n’est plus cantonnée au rang de vœux pieux, et le texte du délit devient un véritable outil de droit. »

Epson plaide la sécurité de l’imprimante

Mais le procès n’a pas encore eu lieu et Epson n’est pour l’instant pas condamnée. En 2018, le directeur marketing de l’antenne française de l’entreprise, Thierry Bagnaschino, assurait au Monde qu’Epson souhaite « pouvoir démontrer qu’il n’a jamais eu l’intention de voler [ses] clients ». L’entreprise admettait qu’il pouvait rester une certaine quantité d’encre dans les cartouches, mais donnait une excuse : ça serait une mesure de sécurité pour préserver la tête d’impression.

« Pour bien fonctionner, celle-ci doit toujours être baignée dans du liquide, de telle sorte qu’il n’y ait pas d’air qui rentre dedans. Sinon l’impression commence à se dégrader et, à la fin, la tête d’impression est irrécupérable. Or, remplacer cette pièce, avec le coût de la main-d’œuvre, peut coûter plus cher que racheter une imprimante d’entrée de gamme », déclarait Thierry Bagnaschino à nos confrères. De la même façon, concernant le tampon absorbeur, la mesure serait mise en place pour éviter que l’encre se déverse en dehors de l’imprimante.

En 2024, HOP a visé une autre marque d’imprimante : HP. En cause, cette fois-ci, des techniques qui rendraient les clients « captifs » de la marque, via des « stratégies logicielles ».

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Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

2 juin 2026 à 11:58
Confrontation au réel ?
Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

GitHub vient de changer sa manière de facturer son service Copilot pour les développeurs. Se basant sur l’usage réel, ce nouveau système de facturation a surpris beaucoup de développeurs utilisant l’IA générative dans leur travail au quotidien. L’adoption d’autres approches devient nécessaire.

Ce 1ᵉʳ juin, GitHub Copilot est passé à un nouveau système de facturation qui embarrasse quelque peu les développeurs habitués à l’ancien système qui les laissait utiliser des modèles moins gourmands sans entamer leurs quotas. Résultat : dès le premier jour et en quelques requêtes, certains ont déjà atteint le maximum de leur crédit mensuel.

Comme nous l’expliquions fin avril, Microsoft a basculé la facturation de GitHub Copilot vers une tarification basée sur l’usage réel. Jusque-là, les utilisateurs n’étaient limités que sur l’utilisation des nouveaux modèles, celle des modèles moins puissants était comprise dans le prix de l’abonnement sans restriction. Maintenant, chaque formule prépayée est accompagnée d’une enveloppe de « crédits IA » qui sont décomptés, que l’utilisateur choisisse un modèle très puissant ou pas. Le décompte dépend quand même du modèle utilisé et du nombre de tokens consommés, donc de la complexité de la requête, comme l’explique GitHub dans sa documentation.

« Un changement radical »

Même si GitHub a prévenu un mois à l’avance, la bascule est radicale pour les aficionados de GitHub Copilot. « Il s’agit là d’un changement radical, passant d’un « abonnement prévisible » à un service « à la consommation » stressant qui, au lieu de m’aider, nuit à ma productivité », réagit un utilisateur sur le forum de GitHub Copilot, « en tant que développeur professionnel abonné à l’offre Copilot Pro+ (39 $/mois), je trouve que le rythme de consommation actuel est tout à fait insoutenable et qu’il constitue une dévalorisation directe du service pour lequel je paie ». Il explique qu’« en seulement deux heures de travail de développement aujourd’hui », il a utilisé 8 % de ses crédits mensuels.

On peut trouver un peu partout sur les réseaux sociaux, par exemple sur Reddit, d’autres témoignages. Sur X, un développeur explique : « J’ai utilisé 5 000 jetons sur 7 000 pour deux commits, l’un avec Opus 4.8 (niveau moyen) et l’autre avec GPT 5.5 (niveau élevé). De bons résultats dans les deux cas, mais j’ai l’impression qu’Opus était un peu moins coûteux ».

Dans nos contacts, un développeur s’est aussi rendu compte que sa première requête du jour lui avait coûté 18 % de son quota de son forfait Copilot Pro. Elle concernait la découpe d’un fichier JS de 1500 lignes en plusieurs et l’ajout d’une logique (une checkbox en front-end). « C’est quand même une « grosse » requête, donc ce n’est pas si étonnant que ça utilise 500 tokens sur les 1500, nous explique-t-il, mais le choc est brutal ».

Un autre utilisateur ajoute sur le forum de GitHub : « dans un nouveau projet, j’ai remplacé le code de vérification envoyé par e-mail pour la fonction « mot de passe oublié » par un lien de réinitialisation direct. Ce changement m’a coûté 270 jetons IA, soit environ 18 % de ma limite sur Copilot Pro ». L’agent IA lui a fait d’autres suggestions qui ne correspondaient pas à sa demande et qui lui ont coûté des crédits pour rien.

Et comme le remarque ArsTechnica, de nombreux développeurs avaient déjà partagé sur Reddit le mois dernier des estimations de l’explosion de leur facture à utilisation constante :

Mais certains nuancent fortement le problème : « Il y a un monde entre ceux d’entre nous qui travaillent toute la journée sans pour autant avoir beaucoup de temps libre, et ces captures d’écran. J’ai du mal à croire que cela soit dû à des différences de complexité dans la charge de travail », estime l’un d’entre eux. «La seule façon d’en arriver à une telle situation, c’est de se lancer dans du « vibe coding » avec une multitude d’itérations superflues. C’est tout à fait abordable, même pour les petites structures, si on l’utilise comme un outil, quel que soit le fournisseur », ajoute-t-il. Un autre s’étonne aussi : « Je craignais d’utiliser beaucoup de crédits, mais après avoir vu certains de ces exemples, BON SANG ! Vous vous contentez d’utiliser un micro pour parler à l’ordinateur ? Vous savez vraiment coder ? Ou vous vous contentez de dicter des instructions ? Ou, comme on dit… « Vibe code le »… ».

Alors que, jusque-là, les formules d’abonnement permettaient à nombre d’utilisateurs de l’IA générative de l’employer de manière exploratoire, pour voir ce qu’ils pouvaient obtenir avec un simple prompt, quitte à l’optimiser petit à petit, les pratiques vont devoir évoluer si GitHub reste sur sa ligne.

Une adaptation nécessaire

Plusieurs solutions sont possibles. Ainsi, la première est d’aller voir ailleurs, mais les concurrents vont aussi devoir mettre en place des modèles économiques pour rapprocher ne serait-ce qu’un peu le prix d’utilisation de son coût réel. Anthropic a déjà changé le sien récemment.

Une autre solution envisageable est d’apprendre de l’expérience. Ainsi, au lieu de partir de manière exploratoire à chaque fois, s’appuyer sur ce qu’on a pu apprendre de l’utilisation de l’outil pour lui faire générer le plus rapidement possible ce que l’on veut. Les utilisateurs d’IA générative s’échangent déjà des prompts optimisés. Cette solution se confronte à deux choses.

D’abord, l’offre de GitHub évoluant rapidement, l’expérience est très rapidement remise en question par les nouveautés introduites ou les modèles qui seront petit à petit supprimés. On se rappelle de l’émotion de certains utilisateurs de GPT-4o lorsqu’OpenAI a fait le choix de débrancher le modèle, à l’été 2025 d’abord, puis définitivement le 13 février 2026.

Ensuite, le partage de prompts optimisés sur des forums ne revient-il pas, finalement, à faire revivre un Stack Overflow qui ne contiendrait pas du code mais des prompts ? C’est dans l’air du temps, avec des plateformes qui se lancent pour des échanges/ventes de prompts.

Les développeurs, qui ont les capacités techniques de le faire, peuvent aussi envisager plus sérieusement de faire tourner des IA en local (ou sur des VPS avec un GPU). Il faudra toutefois se tourner vers des modèles disponibles et qui ne seront pas toujours à la pointe, mais dont ils maitrisent l’utilisation et le coût.

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Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

1 juin 2026 à 09:53
L'avenir en berne
Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

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☕️ Brave attaquée par des éditeurs de presse français

29 mai 2026 à 13:15


L’entreprise californienne qui édite le navigateur du même nom se voit attaquée devant le tribunal judiciaire de Paris par l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français dont l’Équipe, Libération, Les Échos, Bayard ou encore Ouest-France.

Selon notre consœur des Échos qui a pu consulter l’assignation, celle-ci dénonce des actes de contrefaçon sur les fondements du droit voisin et du droit des marques.

Illustration : Flock

Les éditeurs et l’Apig ont d’abord tenté une démarche de conciliation via la Sacem, mais elle n’a pas abouti. Plus en détail, ils visent notamment la reproduction et la communication au public, « massivement et sans aucune autorisation, [des] contenus issus des publications de presse ».

« Brave illustre non seulement la transformation des moteurs de recherche en moteurs de réponse, mais elle se targue de mettre à disposition de tout l’écosystème de l’IA des outils permettant d’entraîner des modèles ou de créer toutes sortes d’applications visant aux mêmes fins », affirme encore l’assignation.

Les entreprises de presse ainsi que l’Apig demandent une réparation à hauteur d’un peu plus de 80 millions d’euros. Contactée par les Echos, Brave n’a pas répondu.

En septembre dernier, l’Alliance, accompagnée du Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), avait mis en demeure Common Crawl de retirer les sites de ses membres de son archivage.

Sur le front, les militaires états-uniens ciblés grâce aux données de tracking commercial

29 mai 2026 à 10:16
À malin, malin ennemi ?
Sur le front, les militaires états-uniens ciblés grâce aux données de tracking commercial

Le département de la Défense états-unien l’a confirmé : des militaires de son armée ont bien été ciblés en utilisant des données de géolocalisation obtenues via des courtiers de données.

Ça devait arriver. Sur le front, les militaires peuvent être ciblés avec l’utilisation de données obtenues par des courtiers en données qui les revendent sans se soucier de leur utilisation.

Le Commandement central des États-Unis (USCENTCOM), qui dépend du département de la Défense états-unien (DoD), a confirmé au sénateur démocrate de l’Oregon, Ron Wyden, qu’il « a reçu plusieurs signalements de menaces concernant l’exploitation par des adversaires de données de localisation commerciales afin de cibler ou de surveiller le personnel américain sur le terrain », révèle Reuters.

Dans cette lettre [PDF], l’USCENTCOM assure enjoindre « au personnel de désactiver la fonctionnalité de géolocalisation lorsqu’elle n’est pas nécessaire, de vérifier régulièrement les paramètres de confidentialité des appareils et des applications, et de limiter le partage public d’informations ».

Elle ajoute que « ces directives soulignent que la désactivation des fonctions de géolocalisation ne les rend pas toujours totalement inopérantes sur les produits commerciaux, ce qui oblige le personnel à mettre en œuvre des mesures de sécurité complètes pour les appareils, notamment la vérification des paramètres de confidentialité » et qu’elle impose « les contrôles de géolocalisation les plus restrictifs » à ses troupes engagées au Moyen-Orient depuis le 28 février dernier.

La question du tracking des militaires américains soulevée par des élus

Dans un courrier [PDF] envoyé au DoD, Ron Wyden et 13 autres sénateurs et membres du Congrès des États-Unis s’inquiètent qu’il « n’ait pas pris les mesures élémentaires nécessaires pour protéger le personnel militaire américain contre la grave menace que représentent, en matière de contre-espionnage et de protection des forces, la collecte et la vente de données personnelles, notamment les données de localisation des téléphones portables, par des courtiers en données » et l’accusent de ne pas avoir « mis en place les mesures de cyberdéfense de bon sens recommandées par les agences fédérales ».

« Les données de localisation à des fins commerciales peuvent servir à identifier les lieux où se rassemblent les troupes américaines ainsi que leurs habitudes de vie, informations que des adversaires pourraient exploiter pour mener des attaques ciblées, notamment à l’aide de missiles, de drones et de bombes placées en bord de route, ou à des fins de contre-espionnage », détaillent-ils. À Reuters, Ron Wyden a déclaré qu’il était temps de « commencer à considérer le secteur des technologies publicitaires comme une menace pour la sécurité nationale ».

Un tracking utilisé par les États-Unis depuis 2016

On sait pourtant depuis quelques années que les données des applications commerciales peuvent être utilisées pour localiser des personnes, et donc que l’identifiant publicitaire est une information très sensible qui doit être cachée au maximum d’éventuels ennemis. Ainsi, les données laissées par l’utilisation de Strava permettent de remonter la piste de personnes comme des agents des renseignements.

Les États-Unis ne sont pas en reste pour la récolte de ce genre de données qui sont, au départ, utilisées pour le tracking publicitaire. On sait que l’ICE, leur service de l’immigration et des douanes, s’est confectionné un vaste jeu de données publiques et privées, achetées aussi bien auprès des géants numériques, de courtiers comme Thomson Reuters ou LexisNexis, que du gouvernement américain. Et les systèmes d’analyse et données collectées par Palantir sont utilisées par l’armée américaine, l’armée israélienne, l’OTAN ou encore la DGSI française pour améliorer leur ciblage sur le terrain.

Dans un article publié ce mardi 26 mai, le Wall Street Journal explique que le DoD a été informé par son sous-traitant PlanetRisk dès 2016 que ses employés avaient découvert qu’ils pouvaient suivre les opérations militaires américaines grâce à ce genre de données venant des smartphones des soldats américains.

Selon les sources de nos confrères, PlanetRisk était à l’époque en train de mettre au point un outil de surveillance pour suivre les réfugiés syriens qui fuyaient vers l’Europe et les États-Unis dans l’espoir de le vendre aux gouvernements de ces pays.

Pour cela, elle utilisait notamment des données de tracking provenant d’applications de météo, de jeux ou de rencontres. Dans les données collectées, l’entreprise a remarqué des données faisant le lien entre des bases militaires et une cimenterie syrienne, qui jusque-là n’était pas connue pour servir de zone de rassemblement des forces états-uniennes et leurs alliés.

PlanetRisk a ensuite aidé le Pentagone à utiliser les données de tracking jusqu’à lui permettre de surveiller les téléphones des membres de l’entourage du président russe Vladimir Poutine, comme le racontait Wired.

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Vidéosurveillance algorithmique : la loi Ripost étend encore la prolongation jusqu’en 2030

28 mai 2026 à 14:34
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Vidéosurveillance algorithmique : la loi Ripost étend encore la prolongation jusqu’en 2030

Votée ce mardi 26 mai au Sénat, la loi Ripost déposée par Laurent Nuñez entend pousser l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique aux Jeux olympiques jusqu’à la fin de l’année 2030 mais aussi en l’étendant à tous les bâtiments ou lieux ouverts au public, incluant les voies publiques de circulation. Le texte doit encore repasser devant l’Assemblée nationale.

À peine la prolongation de l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique aux Jeux olympiques validée jusqu’en 2027 par le Conseil constitutionnel, le Sénat vient de voter sa prolongation jusqu’en décembre 2030.

C’est par le texte que Laurent Nuñez a déposé en mars dernier, et connu sous le nom de Loi Ripost, que cette prolongation arrive. En janvier, les députés avaient voté une loi encadrant les JO de 2030 (proposée par la sénatrice Isabelle Florennes, Modem) prolongeant jusqu’au 31 décembre 2027 l’expérimentation de « vidéoprotection algorithmique » (VSA) prévue à l’origine à l’occasion des JO de 2024.

Prolongement jusqu’à fin 2030 sans tarder

Saisi par des députés de gauche, le Conseil constitutionnel avait émis en mars dernier des réserves sur le texte mais pas sur les dispositions concernant la VSA, considérant que « les dispositions contestées se bornent à reconduire, pour une durée limitée, l’expérimentation prévue par l’article 10 de la loi du 19 mai 2023 » et que « ces dispositions n’affectent, par elles-mêmes, ni le droit à un recours juridictionnel effectif, ni le droit au respect de la vie privée, ni la liberté d’aller et de venir ».

À l’époque, certains députés s’étaient étonnés de cette date de report qui ne correspond pas à l’année des prochains JO se passant en France. La ministre des Sports, Marina Ferrari, avait alors affirmé que « la prolongation de cette expérimentation [jusqu’à la fin 2027] permettra de mieux l’évaluer pour décider s’il convient de déployer l’outil en 2030 ».

Finalement, le gouvernement n’a pas attendu cette expérimentation de l’expérimentation pour proposer un prolongement jusqu’à la fin 2030. Pendant les débats, Isabelle Florennes a salué « la prolongation de l’expérimentation de la vidéoprotection algorithmique, sur laquelle [elle avait] déposé une proposition de loi. Là encore, le Sénat peut s’appuyer sur ses propres travaux, en l’occurrence le rapport d’information de Mmes Françoise Dumont et Marie-Pierre de La Gontrie –  c’est une force ».

Extension aux bâtiments ou lieux ouverts au public et aux voies publiques

Mais le nouveau texte étend encore la portée de l’expérimentation à de nouveaux lieux. La précédente loi prévoyait l’utilisation de la VSA dans les lieux de manifestations sportives, récréatives ou culturelles et dans les gares et transports en commun. Ici, sont aussi inclus, les « bâtiments ou lieux ouverts au public, incluant les voies publiques de circulation, qui, par leur nature, sont de façon permanente ou en raison de circonstances exceptionnelles particulièrement exposés à ces risques et dont la liste est définie par arrêté du ministre chargé de l’intérieur, et à leurs abords ».

Les sénateurs de gauche ont essayé de s’y opposer. « On touche aux libertés individuelles. Monsieur le ministre, vous avez reconnu que c’était illégal, alors interdisez-la [en parlant de la la surveillance algorithmique] ! » s’est ainsi exclamé le sénateur Guy Benarroche (Les Écologistes), « créer une société de surveillance généralisée pour plus de sécurité nous paraît toujours autant ubuesque et dangereux. Notre groupe votera donc contre ce texte et ses fausses solutions à de vrais problèmes ». La droite sénatoriale majoritaire ne les a pas suivis.

Comme l’expliquent nos confrères de Public Sénat, le texte de la loi Ripost doit encore passer en deuxième lecture à l’Assemblée nationale et il pourrait encore subir un parcours houleux. Il n’y est d’ailleurs pas encore à l’ordre du jour.

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