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Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

13 juillet 2026 à 20:48
Canicule dans les serveurs d'Apple
Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

Les utilisateurs européens devront se contenter de la portion congrue. Le gros morceau des systèmes d’exploitation « 27 » d’Apple, Siri AI, ne sera en effet pas lancé dans l’UE pour cause de bisbilles entre Apple et Bruxelles sur le DMA. Est-ce une raison de bouder la première bêta publique ?

C’est devenu une tradition au fil des ans : avant la version finale de ses nouveaux systèmes d’exploitation, Apple propose à tous ceux qui veulent mettre les mains dans le cambouis de se frotter à une bêta publique. Plus solide que la bêta pour les développeurs, mais forcément susceptible de bugguer davantage qu’une mouture finale, cette préversion permet tout de même de profiter des nouveautés d’une manière relativement confortable. Ce d’autant qu’iOS 27 se montre, d’après nos tests, plutôt stable.

Apple vient donc de mettre en ligne la bêta publique pour iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 Golden Gate, watchOS 27, tvOS 27, HomePod OS 27 et le logiciel interne des AirPods (ouf !). La grande affaire de cette nouvelle mouture n’est autre que Siri AI, qui se montre enfin à peu près au niveau des autres assistants du même genre – grâce à un coup de main de Google et de ses modèles Gemini.

Hélas, ce nouveau Siri ne sera pas livré dans l’UE sur iPhone et iPad. L’assistant ne sera dans un premier temps disponible qu’en anglais (en saisissant des requêtes textes en français, il saura répondre en français mais uniquement en texte). Mais surtout, Apple reproche au règlement sur les marchés numériques (DMA) de l’empêcher de proposer Siri AI en Europe. « [Le] refus [de la Commission] de s’engager de manière constructive sur des solutions qui préservent la vie privée et la sécurité signifie que nous n’avons pas encore de calendrier pour la disponibilité de Siri AI sur iOS et iPadOS dans l’UE », indiquait l’entreprise.

Optimisations au menu

En Europe, Siri AI sera néanmoins proposé sur macOS, qui ne fait pas partie des plateformes essentielles au sens du DMA. C’est dommage, mais Apple et la Commission finiront peut-être par trouver une solution. En attendant, il est vrai que les nouveautés des OS 27 d’Apple sont assez ténues. La plus significative est certainement le travail de ripolinage de Liquid Glass : le langage de design gagne une réglette globale pour réduire les effets de transparence.

Sur macOS, les gros écueils de la nouvelle interface ont aussi été rabotés, au plus grand plaisir de nombreux utilisateurs pas très friands de certaines excentricités de Liquid Glass. Apple Intelligence continue de déployer ses ailes pour les retouches photo et Image Playground qui devient un peu plus utilisable. L’app Raccourcis peut désormais générer des raccourcis en fonction d’une requête. Safari sait regrouper des onglets automatiquement.

Toutes ces fonctions restent cependant soumises à des exigences matérielles relativement élevées, en particulier sur les smartphones : il faut posséder un iPhone 15 Pro ou 15 Pro Max, un iPhone 16 (tous modèles) pour prétendre à Apple Intelligence. C’est plus généreux sur les tablettes : à partir de l’iPad mini (A17 Pro) et tous les iPad avec puce Mx. Le MacBook Neo (A18 Pro) et tous les modèles de Mac avec puce Mx sont également compatibles.

Les OS 27 ont surtout fait l’objet d’un gros travail de stabilité et d’optimisation. Les apps se lancent plus vite, les transitions entre réseaux se veulent plus fluides, la recherche s’améliore (enfin !) dans Mail, et beaucoup d’autres petites améliorations ici et là vont faciliter la vie de tous les utilisateurs, pas uniquement ceux qui possèdent le dernier iPhone à la mode.

Pour télécharger la bêta publique, il faut s’inscrire sur le site dédié (il suffit de renseigner les identifiants de son compte Apple). Ensuite, rendez-vous dans le panneau Mise à jour logicielle (dans les réglages Général) puis sélectionnez le menu Mises à jour bêta. On ne recommande pas l’opération sur des machines de production ! La bêta publique est la bêta 3 qu’Apple a livrée aux développeurs la semaine dernière.

L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

13 juillet 2026 à 13:34
Dehors les moins de 13 ans
L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié. Il contient plusieurs recommandations adaptées à différentes catégories d’âge.

« Les constructeurs automobiles doivent garantir la sécurité de leurs véhicules », a expliqué Ursula von der Leyen durant la présentation du rapport sur la sécurité des enfants en ligne, co-signé par Jörg M. Fegert (directeur du département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier universitaire d’Ulm) et Maria Melchior (directrice de recherche à l’INSERM).

« Nous n’attendons pas des enfants qu’ils conçoivent eux-mêmes leur ceinture de sécurité. Nous n’attendons pas non plus des parents qu’ils installent des airbags à la maison. Il doit en aller exactement de même pour les géants de la tech. »

D’où la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) : cet ensemble de règles censées responsabiliser les grandes plateformes et renforcer la transparence des algorithmes. La Commission a d’ailleurs exigé, pas plus tard que la semaine dernière, de lourds changements dans Facebook et Instagram pour réduire les risques d’addiction de ces réseaux sociaux.

Des ceintures de sécurité pour les réseaux sociaux

La principale recommandation du rapport (PDF) est de mettre en place une restriction étagée de l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, en fonction de leur âge. De la naissance à l’âge de 2 ans, les auteurs proposent de limiter fortement l’exposition aux écrans, ce qui ne signifie pas pour autant de l’interdire complètement. « Il s’agit plutôt de tenir compte des besoins des enfants en matière de développement affectif, sensoriel et d’acquisition précoce du langage », expliquent-ils.

Il convient de privilégier les interactions en face à face, entre les parents (et les personnes en charge) et les enfants, en restant attentif à son propre usage des appareils numériques. Il faut donner « le bon exemple et éviter la « technoférence », c’est-à-dire les interruptions des interactions causées par les technologies. » Une approche recommandée par l’OMS.

Dessin satirique de Flock

De 3 à 12 ans, le rapport recommande une utilisation supervisée des appareils et des « réseaux sociaux+ ». Ce n’est pas une nouvelle catégorie juridique, mais un raccourci utilisé par les auteurs pour désigner un ensemble très large de services en ligne : réseaux sociaux, boutiques d’applications, certains jeux vidéo, « compagnons IA »…

Sans surveillance, les enfants de cette catégorie d’âge ne devraient pas être autorisés à se servir d’appareils connectés à internet. L’accès doit être encadré dans les établissements scolaires, et limité aux appareils utilisés à des fins éducatives. Il s’agit de « développer la culture numérique et médiatique, la résilience émotionnelle et la capacité à réfléchir de manière critique aux risques. »

Il revient aux parents et aux personnes en charge d’encadrer et d’accompagner « progressivement » les enfants vers davantage d’autonomie numérique, « au moyen de réseaux sociaux et d’autres services numériques adaptés à leur âge ». Il faudrait aussi encourager les enfants à participer à des activités hors ligne.

Enfin, de 13 à 18 ans, l’accès des adolescents devrait se limiter aux réseaux sociaux et aux autres services en ligne adaptés à leur âge et « sûrs par défaut », par exemple des services ayant mis en place des limites au défilement infini de contenus et aux systèmes de recommandation. En attendant que de tels services soient développés, des outils de contrôle parental « et une supervision adaptés à l’âge de chaque adolescent [resteront] indispensables. »

Pour les ados de plus de 16 ans, le rapport pointe le risque toujours existant de risques liés à l’exposition à des contenus préjudiciables. Les parents et les tuteurs devront donc continuer à discuter avec les mineurs de leurs expériences en ligne.

« L’enfance est une période de développement cérébral à la fois extraordinaire et délicate », rappelle la présidente de la Commission européenne. « À ce stade, nos enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel. Du temps pour jouer, nouer des amitiés en face à face et faire des erreurs. Du temps pour construire leur propre identité et leur propre personnalité, avant qu’un algorithme ne les façonne à leur place. »

Maintenant que le rapport est entre les mains de l’exécutif européen, des propositions seront faites après l’été. Ursula von der Leyen met déjà en avant l’app de vérification d’âge européenne, qui n’est cependant pas une solution miracle.

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Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

10 juillet 2026 à 22:24
La surprise du vendredi soir
Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

Apple sort l’artillerie lourde contre OpenAI. Le constructeur informatique a porté plainte contre le labo IA, accusé d’avoir au minimum organisé la récupération systématique de secrets industriels pour accélérer la conception de futurs appareils grand public. La plainte vise OpenAI, la filiale io Products, et deux anciens cadres d’Apple.

Les bruits de couloir qui couraient ces derniers mois dans la Silicon Valley prédisaient qu’Apple et OpenAI ne passeront pas leurs vacances ensemble. C’est désormais chose faite, avec le dépôt d’une plainte ce 10 juillet devant le tribunal fédéral du nord de la Californie (PDF).

Apple et OpenAI ont pourtant travaillé en bon terme, allant jusqu’à intégrer ChatGPT (certes, au forceps) dans Siri. En juillet 2024, le constructeur aurait même pu obtenir un poste d’observateur au conseil d’administration du labo IA. C’est Phil Schiller, ancien directeur du marketing et désormais responsable de l’App Store, qui était pressenti pour ce rond de serviette, sans droit de vote. Cette coopération très étroite ne s’est jamais concrétisée, pire encore les relations se sont franchement détériorées.

Le débauchage chez Apple comme méthode de collecte d’infos

Jusqu’à aujourd’hui donc, et cette plainte contre la fondation OpenAI et OpenAI Group PBC, les deux piliers du groupe ; io Products, la startup matérielle créée par Jony Ive (ancien designer en chef d’Apple) rachetée en mai 2025 par OpenAI ; et deux individus : Chang Liu et Tang Tan. Ces derniers sont d’anciens ingénieurs d’Apple ayant rejoint OpenAI.

Chang Liu a travaillé 8 ans chez Apple comme ingénieur principal en systèmes électriques, notamment sur l’iPhone. Il a rejoint OpenAI en début d’année. Tang Tan est un vétéran de Cupertino où il a travaillé pendant 24 ans. Il était vice-président chargé du design produit de l’iPhone et de l’Apple Watch. Il est devenu directeur du matériel d’OpenAI après avoir participé à la création d’io Products.

Les accusations les plus précises concernent Chang Liu. L’ingénieur n’aurait pas rendu au moins un ordinateur professionnel quand il a quitté Apple. Il n’aurait pas non plus répondu aux demandes d’entretien de départ ni aux sollicitations de son ex employeur pour vérifier s’il avait bien restitué le matériel et supprimé des données confidentielles. Ces informations et documents ont-ils permis à Chang Liu de décrocher plus facilement un poste chez OpenAI ?

Ça n’est pas tout, Apple accuse aussi Chang Liu d’avoir aidé une collègue, Alyssa Peng, à préparer son recrutement chez OpenAI. Il lui aurait ainsi indiqué les dossiers internes à consulter et comment copier des fichiers sans attirer l’attention des collègues. Elle a rejoint OpenAI au mois d’avril.

En ce qui concerne Tang Tan, la plainte rapporte qu’il demandait aux employés d’Apple passant des entretiens d’embauche chez OpenAI de donner des détails sur des produits en développement. Ils devaient donner des noms de code internes, détailler leur expérience des fournisseurs et des procédés de fabrication, et même fournir des composants (batteries, cartes mères, boîtiers…).

En parallèle, OpenAI aurait conseillé aux futurs salariés de ne pas révéler immédiatement qu’ils partaient chez OpenAI, d’éviter un départ immédiat imposé par Apple, de rester en poste aussi longtemps que possible, de ne signer aucun nouveau document pendant l’entretien de sortie et de prévenir OpenAI si Apple leur demandait une signature. Une manière, selon le constructeur, de conserver plus longtemps l’accès à des informations internes.

« Plutôt que d’investir les ressources qu’exigerait un développement légitime, OpenAI aurait choisi de détourner des secrets commerciaux pour profiter de décennies d’innovation chez Apple », estime l’entreprise. En plus de ces secrets provenant d’anciens employés, Apple reproche à OpenAI d’avoir soutiré des informations de fournisseurs concernant des technologies de batterie, sur des finitions, et plus généralement de production industrielle.

« Récemment, des éléments importants ont émergé, laissant penser que des personnes employées par OpenAI se sont indûment approprié des informations secrètes et confidentielles d’Apple concernant nos technologies, nos procédés et nos produits qui n’ont pas encore été dévoilés », a expliqué un porte-parole d’Apple à la presse US. « Nous défendrons toujours le travail et les innovations de nos équipes, et nous prenons toutes les mesures appropriées pour le faire. »

Les futurs appareils d’OpenAI sous la menace d’une injonction

Ce n’est un secret pour personne qu’OpenAI développe des appareils basés sur l’IA, avec l’aide de Jony Ive. La plainte évoque d’ailleurs plus de 400 anciens salariés d’Apple travaillant désormais au sein du labo. Des ex employés ont bien sûr le droit de travailler ailleurs avec leurs connaissances et leurs bagages, mais la ligne rouge tracée par Apple est la conservation de documents confidentiels, la révélation d’informations non publiques, le vol de prototypes ou de procédés de fabrication.

Pour Apple, OpenAI a voulu éviter plusieurs années de recherche et développement coûteuses en s’appuyant sur les connaissances d’anciens employés et sur des infrastructures patiemment construites au fil des ans par le constructeur.

OpenAI, prévenue en février de l’enquête menée par Apple, n’aurait pas répondu aux demandes d’éclaircissements de l’entreprise. Un silence présenté comme l’une des raisons ayant poussé Apple à porter plainte. Celle-ci utilise des formules très agressives pour faire valoir sa position :

« Apple n’a aucune visibilité sur ce qui se passe à huis clos chez OpenAI, où de tels agissements seraient devenus la norme et incarnés par la direction. Une chose est toutefois claire : à tous les niveaux, des membres du personnel technique jusqu’au directeur du matériel, et en coordination avec ses partenaires commerciaux, OpenAI détournerait les secrets commerciaux et les informations confidentielles d’Apple. En conséquence, l’activité matérielle naissante d’OpenAI repose désormais sur des fondations extrêmement fragiles, pourries jusqu’à la moelle par son recours illégal au détournement de secrets commerciaux. »

Apple ne réclame pas une somme précise en dommages-intérêts, mais le montant sera déterminé pendant la procédure ou durant un éventuel procès. Le constructeur informatique veut d’abord et avant tout obtenir une injonction qui obligerait OpenAI à restituer tous les documents et équipements d’Apple, de cesser de les exploiter, de ne détruire aucune preuve et de ne plus accéder à l’infrastructure d’Apple.

L’actualité de ces prochaines semaines et de ces prochains mois sera certainement rythmée par les soubresauts de ce dossier. OpenAI peut-elle poursuivre le développement de produits matériels avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Le risque évident à l’heure actuelle est un report du lancement de cette gamme… voire une annulation pure et simple.

Mise à jour — Drew Pusateri, le directeur des communications d’OpenAI, a brièvement réagi sur les réseaux sociaux à la plainte d’Apple : « Nous ne nous intéressons aucunement aux secrets industriels d’autres entreprises. Nous restons concentrés sur le développement de technologies innovantes qui donnent à chacun, partout dans le monde, les moyens d’agir. »

☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram

10 juillet 2026 à 13:01


Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

La Commission européenne mène une enquête sur Meta depuis mai 2024 : elle craint que les systèmes de Facebook et d’Instagram favorisent des comportements addictifs chez les enfants. Deux ans plus tard, les résultats préliminaires sont tombés et ils ne sont guère favorables à l’entreprise américaine.

Bruxelles estime ainsi que Meta n’aurait pas correctement évalué les effets des mécanismes employés dans Facebook et Instagram pour retenir l’utilisateur : défilement infini, lecture automatique de vidéos, notifications, recommandations personnalisées ou encore enchaînements de Reels et de Stories. Tout cela est de nature à affecter le bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables, juge le régulateur.

« Ces fonctionnalités incitent l’utilisateur à faire défiler toujours plus de contenus et placent son cerveau en « mode pilote automatique », ce qui peut favoriser de mauvaises habitudes et un usage compulsif », déplore la Commission. En outre, Meta n’aurait pas tenu compte des informations disponibles sur le temps passé par les mineurs sur ses réseaux sociaux la nuit.

Nouvelle passe d’armes entre Bruxelles et Meta

Meta s’inscrit en faux face aux accusations européennes. Un porte-parole affirme ainsi que les conclusions de l’enquête « ne tiennent pas correctement compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents ». Sauf que ces mesures correctives sont jugées insuffisantes par la Commission : les rappels de temps d’écran peuvent être facilement ignorés, les contrôles parentaux seraient trop complexes et les conseils renvoyant vers un centre de sécurité ne réduiraient pas concrètement les risques.

Bruxelles considère maintenant que de simples avertissements ne suffisent plus et que Meta devrait modifier ses applications et services. La Commission évoque plusieurs changements lourds que Meta devrait effectuer dans ses applications, comme la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, de véritables pauses obligatoires ou plus difficiles à contourner et des recommandations moins optimisées pour maximiser l’engagement.

« Le règlement sur les services numériques fournit un cadre clair permettant de tenir les plateformes responsables de la conception addictive de leurs services et de ses effets », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’une condamnation définitive. Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des changements. Le Comité européen des services numériques sera également consulté. Mais si les conclusions sont confirmées, l’exécutif européen pourra adopter une décision de non-conformité et infliger une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de Meta. Le montant réel dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère éventuellement répété de l’infraction.

En février dernier, cette même Commission lançait une enquête sur TikTok, pour des raisons similaires. Le réseau social n’aurait pas suffisamment évalué les conséquences des mécanismes addictifs de sa plateforme et de la manière dont ils « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

Avec GPT-5.6, OpenAI veut faire de ChatGPT sa super app

10 juillet 2026 à 07:15
Trois apps dans un grand shaker
Avec GPT-5.6, OpenAI veut faire de ChatGPT sa super app

OpenAI profite de la sortie du purgatoire de GPT-5.6 pour lancer une nouvelle offensive afin d’installer ChatGPT au cœur de tous les usages – aussi bien pour le grand public que pour les professionnels. Les annonces du labo sont un rien désordonnées, alors essayons d’y voir clair.

GPT-5.6 est finalement disponible, après la levée des restrictions imposées par le gouvernement américain sur le nouveau modèle. OpenAI ne s’est pas contentée de cette nouvelle : l’entreprise en a profité pour se rapprocher de son rêve de « super app ».

Atlas écrasé par le poids de ChatGPT

Jusqu’à présent, l’offre logicielle d’OpenAI se partageait entre trois apps : ChatGPT, Codex et le navigateur Atlas. Un catalogue de logiciels qui va se réduire à l’app ChatGPT intégrant Codex… à moins que ça ne soit l’inverse : c’est en fait l’application Codex qui avale l’app ChatGPT, mais qui est renommée ChatGPT. Les utilisateurs ont toutefois la possibilité de conserver l’icône de Codex, et même l’interface habituelle, puisque le logiciel comprend deux vues, une pour Codex, l’autre pour ChatGPT Work (tout le monde suit ?).

Enfin, OpenAI conserve la précédente app ChatGPT, rebaptisée ChatGPT Classic ! Les utilisateurs Mac voudront peut-être la garder au chaud, car elle est native et respecte donc les canons esthétiques et fonctionnels de macOS. Codex/ChatGPT/Atlas est de son côté un fourre-tout sous Electron.

Atlas aura connu une très courte carrière. Lancé en octobre 2025, le navigateur web va baisser le rideau. Les utilisateurs devront passer par l’application ChatGPT, dans laquelle ils retrouveront les mêmes fonctionnalités (on y reviendra).

Cette nouvelle version de l’app ChatGPT intègre un agent Work, capable de prendre en charge des tâches lourdes : feuilles de calcul, présentations, documents, sites web… Il peut également se brancher à d’autres applications pour chercher des informations (Slack, Gmail, Google Drive, Teams, Salesforce, etc.).

OpenAI donne l’exemple de la transformation d’une étude client en brief pour une campagne marketing qui servira à la création de supports de vente adaptés à différents marchés. ChatGPT Work est censé conserver le contexte à chaque étape, grâce à GPT-5.6.

OpenAI pousse aussi les tâches planifiées : rappels, résumés récurrents, surveillance de changements, rapports réguliers. La limite officielle est d’une exécution par heure au maximum, avec des plafonds selon les formules : 3 tâches actives pour Go, 5 pour Plus, 15 pour Pro, Business et Enterprise.

ChatGPT dans Codex, ou l’inverse

Cet agent est d’ores et déjà disponible sur le web et dans l’app mobile pour les abonnés Pro, Enterprise et Edu. Il est aussi proposé dans les apps ChatGPT pour macOS et Windows à tous les utilisateurs, y compris gratuits.

La version de bureau a ceci d’intéressant qu’elle peut utiliser les fichiers stockés sur les machines. L’application intègre aussi un navigateur web – c’est pourquoi elle peut remplacer Atlas. ChatGPT inaugure en parallèle une fonction (en bêta) de génération de sites web, ce qui permet de partager rapidement un projet ou un prototype.

Dans la version web de ChatGPT, l’extension Chrome du chatbot permettra de l’utiliser depuis une barre latérale. De quoi conserver une partie des usages imaginés pour Atlas, mais sans maintenir un navigateur autonome.

Pour le reste, les modèles GPT-5.4 ont tiré leur révérence le 26 juin, y compris pour les GPTs personnalisés. Tout le monde bascule vers GPT-5.5. La version Instant Mini devient le modèle de secours quand un utilisateur atteint certaines limites de GPT-5.5 Instant ou Auto (il n’apparait pas dans le sélecteur de modèles).

Muse Spark 1.1 : Meta agressif sur les prix pour rattraper les cadors de l’IA

10 juillet 2026 à 06:13
Une muse pour travailler
Muse Spark 1.1 : Meta agressif sur les prix pour rattraper les cadors de l’IA

Après les premiers pas de sa première version « grand public » début avril, Muse Spark s’ouvre aux développeurs tiers. Le nouveau modèle IA de Meta est désormais proposé dans une mouture 1.1 qui ne se présente pas comme le champion des benchmarks, mais sous l’angle du rapport performances/prix.

Dire que Meta mise sur sa famille de modèles IA Muse est un doux euphémisme. L’entreprise a besoin de se recaler dans le peloton de fournisseurs de LLM, après la déception que furent ses anciens modèles Llama. C’est ce qui a motivé les investissements fous de Meta dans le secteur, aussi bien au niveau des infrastructures que de la chasse aux talents. Mark Zuckerberg a dépensé sans compter pour créer le Meta Superintelligence Labs, avec sa tête Alexandr Wang.

L’API en tête de gondole

Le premier résultat de ces travaux est tombé début avril, avec Muse Spark. Puis cette semaine, avec le lancement de Muse Image et la présentation de Muse Video. Il manquait une brique importante : une API permettant aux développeurs d’utiliser les capacités du modèle. Une interface existait bien, mais uniquement en aperçu privé.

À la faveur de Muse Spark 1.1, Meta se lance enfin dans le grand bain face à des poids lourds comme Opus 4.8 ou GPT-5.5, avec une API en préversion publique qui ouvre la possibilité aux développeurs de tester des prompts et de prototyper des intégrations. Cette nouvelle version du modèle est présentée par l’entreprise comme pensée pour les tâches agentiques. Autrement dit, l’utilisation d’outils, la navigation sur ordinateur, le codage, le raisonnement à partir d’images, de documents et de vidéos.

Meta insiste sur une fenêtre de contexte d’un million de tokens et sur sa capacité de Muse Spark à conserver le fil dans de longues sessions : « [le modèle] mémorise les actions, retrouve des informations issues de travaux bien antérieurs et synthétise le tout de façon à conserver les étapes critiques nécessaires pour la suite ».

Image : Meta

Les benchmarks fournis par le groupe montrent que le modèle brille effectivement sur les tâches d’agent, avec une domination nette sur les benchs dédiés face à Gemini 3.1 Pro high, Opus 4.8 max et GPT-5.5 xhigh. En revanche, sur les benchs codage et multimodal, Muse Spark 1.1 laisse sa place aux cadors Opus et GPT. La première version du modèle est en tout cas loin derrière son grand frère, dans tous les cas.

Prière de croire Meta sur parole.

Promo sur les tokens

À l’instar de SpaceXAI et de son nouveau Grok 4.5, Meta ne vend pas le modèle IA le plus puissant ni le plus ambitieux du moment. En revanche, il se rattrape sur la grille tarifaire de l’API : 1,25 dollar pour un million de tokens en entrée, 4,25 dollars pour un million de tokens en sortie, et seulement 0,15 dollar pour l’entrée mise en cache. C’est encore moins moins cher que Grok 4.5 avec 2 dollars le million de tokens en entrée et 6 dollars en sortie. Et bien loin des 5/25 dollars d’Opus 4.8.

Sur le plan de la sécurité, Meta affirme que Muse Spark 1.1 reste dans les « marges sûres » sur les grandes catégories de risques pour les modèles avancés, qu’il s’agisse de cybersécurité, des usages chimiques ou biologiques, ou encore la perte de contrôle. Le modèle serait également plus robuste face aux jailbreaks, aux injections de prompt et aux attaques visant les consignes développeur. Meta revendique au passage moins d’hallucinations et une tendance réduite à aller dans le sens de l’utilisateur à tout prix.

En cherchant non pas le modèle le plus puissant, mais celui au meilleur rapport qualité/prix, Meta joue la carte du pragmatisme. Muse Spark 1.1 doit surtout être assez solide pour les usages agentiques, suffisamment polyvalent pour les développeurs, et assez bon marché pour être utilisé souvent. Il s’agit de pousser des coudes pour se faire une place face à Opus et GPT dans les entreprises et chez les développeurs.

☕️ Google généralise le signalement des publicités générées par IA

10 juillet 2026 à 05:26


Google, une des plus grandes régies pub du monde, permet aux annonceurs de créer leurs propres réclames en utilisant des outils d’IA générative. Autant que ça serve à quelque chose après tout. Mais les progrès de l’intelligence artificielle font qu’il est devenu impossible de distinguer le vrai du faux.

Le géant du web interdit les publicités trompeuses et mensongères, mais un annonceur peut toujours recourir à l’IA pour créer des contenus lourdement modifiés et faire passer des lanternes pour des vessies. Pour l’internaute, il est très compliqué de s’y retrouver.

Google veut renforcer la transparence de l’affichage publicitaire dans son service de recherche en ligne, dans Discover et YouTube. Le panneau « Mes préférences publicitaires » va intégrer une nouvelle catégorie d’information, « Comment cette app est faite ». Il indiquera si le bandeau a été créé ou édité avec de l’IA.

Pour accéder à ce panneau, il suffit de toucher les trois petits points sous la pub, ou encore son icône d’info. Quand un annonceur utilise les outils d’IA de Google, la mention y sera automatiquement ajoutée. Et si ce sont des outils tiers qui ont servi à la création de la pub pour une diffusion sur les espaces de Google, il leur sera possible de préciser si de l’IA a été utilisée. « Selon les exigences locales, une étiquette pourra aussi apparaître directement sur la publicité, soit automatiquement, soit lorsque l’annonceur utilise cette option », ajoute l’entreprise.

Ce n’est pas une nouveauté : depuis 2023, Google impose de signaler la présence de contenus IA ou altérés numériquement dans les publicités électorales. L’obligation est désormais généralisée.

Du côté de Meta, un dispositif comparable a été mis en place. Les annonceurs politiques doivent ainsi signaler les contenus audio, vidéo ou les images générés ou modifiés par IA, qui héritent alors d’une étiquette « Infos IA ». Pour les autres publicités, le groupe précise si les visuels ont été créés ou fortement retouchés avec de l’IA, qu’ils proviennent d’outils maison ou tiers.

La fiche d’assistance, mise à jour il y a 5 semaines, précise que ces outils sont en cours de déploiement, par conséquent « toutes les publicités utilisant les fonctions créatives d’IA générative de Meta ne comporteront pas forcément la mention « Infos IA » ».

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Apple ferme la porte à la restauration de vieux iPhone et iPad

9 juillet 2026 à 15:19
Quand iOS ne répond plus
Apple ferme la porte à la restauration de vieux iPhone et iPad

Apple a cessé de signer le firmware du modem associé à plusieurs vieilles versions d’iOS, empêchant ainsi la restauration logicielle d’anciens iPhone et iPad cellulaires. Les appareils en question restent utilisables, même si on doute que beaucoup soient encore en circulation aujourd’hui. On parle en effet de modèles sortis il y a une quinzaine d’années.

Le changement est plus limité qu’un arrêt classique de signature, une procédure de validation confiée aux serveurs d’Apple au moment de l’installation ou de la restauration. Quand on restaure un iPhone ou un iPad, l’appareil contacte le constructeur pour vérifier que la version du système d’exploitation et certains composants (comme le firmware du modem) sont bien autorisés pour installation. Si Apple ne signe plus cette version ou un composant logiciel, la restauration est bloquée. Il n’est plus possible non plus de procéder à une installation propre de ces OS.

Une liste qui ne rajeunira personne

Apple ne publie pas de liste officielle des version d’iOS signées ou non signées. Il est cependant possible d’obtenir cette information par des voies détournées, ce qui permet à MacRumors de fournir la liste des appareils et des systèmes d’exploitation concernés.

Il s’agit de l’iPhone 4 CDMA (vendu par Verizon en 2011), sur lequel il n’est plus possible de restaurer l’image système IPSW iOS 7.1.2 depuis un Mac. L’iPhone 4S est lui aussi privé de restauration avec les versions « over the air » (OTA) d’iOS 6.1.3 et 8.4.1, ainsi qu’avec les IPSW iOS 9.3.5 et 9.3.6. C’est également le cas de l’iPhone 5 (iOS 8.4.1 en OTA, iOS 10.3.3/iOS 10.3.4 en IPSW) et de l’iPhone 5c (iOS 10.3.3 IPSW).

Du côté des iPad, seuls les modèles cellulaires sont touchés. Cela concerne l’iPad 2 avec iOS 6.1.3/8.4.1 OTA, ainsi qu’iOS 9.3.5/9.3.6 IPSW ; l’iPad 3 (iOS 8.4.1 OTA et iOS 9.3.5/9.3.6 IPSW) ; l’iPad 4e génération (iOS 8.4.1 OTA, iOS 10.3.3/10.3.4 IPSW) ; l’iPad mini (iOS 8.4.1 OTA, iOS 9.3.5/9.3.6 IPSW). Apple n’a commencé à décliner iOS dans une version spécifique à l’iPad (iPadOS) qu’à partir de 2019 et iPadOS 13.

Une tuile pour les bidouilleurs

Puisque le changement porte sur le baseband, les iPad uniquement Wi-Fi ne sont pas concernés par ce retrait de signature : ils n’ont pas de modem cellulaire, donc pas de firmware baseband à valider.

IPSW, qui signifie simplement « iPhone Software », est l’image système utilisée pour restaurer ou mettre à jour un appareil depuis un Mac, un PC, iTunes, ou encore l’app Appareils Apple. On peut télécharger les différentes IPSW pour iPhone et iPad sur le site référence en la matière, IPSW.me, qui ne reflète cependant pas encore ces changements de signature.

Apple fournit aussi des mises à jour OTA signées qui s’installent directement sur l’appareil. Le constructeur pouvait encore signer certaines versions d’iOS quand elles servaient d’étape intermédiaire. C’était le cas d’iOS 8.4.1 qui permettait à certains terminaux à faire la transition vers iOS 9. Elle était aussi utilisée comme point de retour pour les restaurations. C’est une porte qui se referme pour les appareils cités.

Au vu de l’ancienneté de ces terminaux et de ces systèmes d’exploitation, l’arrêt de la signature ne sera pas un problème pour la vaste majorité des utilisateurs de produits Apple. Ce d’autant qu’encore une fois, ils restent fonctionnels. Mais il n’y aura aucune solution en cas de problème qui nécessiterait normalement une restauration ou une installation propre d’iOS.

Ce sera un souci pour les collectionneurs et les bidouilleurs qui veulent conserver ou restaurer de vieux appareils dans un état logiciel précis. Les développeurs qui testent encore d’anciennes versions pour s’assurer de la compatibilité de leurs applications seront aussi dans la panade, comme ceux qui se servent encore de ces iPhone et iPad comme machines de secours.

☕️ Meta réfléchirait à des lunettes qui enregistrent tout, tout le temps

9 juillet 2026 à 13:57


Meta plancherait sur des prototypes de lunettes connectées capables d’enregistrer en continu ce qui se passe autour de l’utilisateur, aussi bien en audio qu’en prenant des photos régulièrement, rapportent des sources du Financial Times. Cela permettrait au porteur de poser des questions sur son environnement en tout temps, sur ce qu’il a entendu ou vu durant la journée.

Le géant des réseaux sociaux pourrait aussi proposer cette fonction aux lunettes connectées déjà sur le marché. Au vu de l’historique de Meta sur les questions de confidentialité et de respect de la vie privée, la perspective d’un appareil enregistrant le moindre de ses faits et gestes n’est guère enthousiasmante – moins pour l’utilisateur finalement, que pour les personnes qui l’entourent et qui n’ont pas nécessairement donné leur accord pour être enregistrées en permanence.

Pire encore, toujours selon le FT, les dirigeants de Meta prévoiraient de ne pas activer la lumière LED lors de l’enregistrement audio et photo. Cette loupiote est pourtant censée s’allumer chaque fois que l’appareil photo des lunettes est en marche ; Meta a même annoncé ce mercredi 8 juillet que les altérations de la diode entraîneront l’arrêt du fonctionnement de l’enregistrement vidéo.

Sans cet indicateur lumineux, personne ne saura si les lunettes enregistrent. Voilà qui ne serait pas de nature à rassurer tous ceux qui craignent l’intrusion de ces appareils dans la vie privée, à l’image de la CNIL et d’associations dédiées à la défense des libertés numériques.

Les images brutes et l’audio ne seraient pas stockés par Meta ni même mis à disposition de l’utilisateur ; les métadonnées extraites des fichiers sonores et des images seraient cependant téléversées sur les serveurs de l’entreprise afin que l’assistant Meta AI puisse piocher dedans. Cette approche aurait moins d’implications pour la vie privée, affirmeraient les promoteurs du projet.

En interne, on s’interrogerait aussi pour pouvoir exploiter les données collectées au travers de ces enregistrements afin d’entraîner les modèles IA de l’entreprise. Meta n’a pas voulu commenter spécifiquement sur cette indiscrétion. En revanche, le groupe assure sans rire que la protection de la vie privée est au cœur de la conception de ses produits.

Le mouchard Limitless.

Cette rumeur de lunettes connectées écoutant discrètement 24/7 est d’autant plus crédible qu’en décembre dernier, Meta rachetait Limitless. Cette start-up fabrique un « pendentif IA » qui enregistre en continu et transcrit les conversations en temps réel. Les utilisateurs peuvent ensuite effectuer des recherches.

L’enregistrement en continu, il y en a qui ont essayé et ils ont eu des problèmes. Microsoft avait proposé avec la fonction Recall quelque chose d’assez similaire pour Windows 11 : il n’était pas question d’enregistrement audio, mais de captures d’écran réalisées régulièrement. Après un coup d’OCR, il était ensuite possible d’y rechercher une information grâce à l’IA de Copilot.

Face aux failles de sécurité et aux trous dans la raquette de la confidentialité, Microsoft a dû revoir en catastrophe cette fonction, finalement livrée avec un an de retard.

Grok 4.5 casse les prix, GPT-Live donne de la voix

9 juillet 2026 à 06:41
La puissance c'est bien, les prix c'est mieux
Grok 4.5 casse les prix, GPT-Live donne de la voix

SpaceXAI lance Grok 4.5, un modèle qui ne domine pas franchement les benchmarks mais qui attaque ses rivaux là où ça fait mal : la facture des tokens. OpenAI, de son côté, a dévoilé de nouveaux modèles vocaux.

Les modèles Grok sont restés dans l’ombre des géants Claude et GPT, mais xAI (qu’il faut maintenant appeler SpaceXAI), entend bien se faire un nom auprès des développeurs et des entreprises avec Grok 4.5. Ce modèle n’est pas un champion absolu des benchmarks, même si ses performances ne sont pas si éloignées des cadors du secteur. C’est surtout au niveau des prix que cette nouvelle mouture se détache nettement du lot.

Grok 4.5 écrase les prix

Sur les performances tout d’abord, Grok 4.5 est présenté comme le meilleur modèle jamais développé par SpaceXAI pour le code. Les benchs fournis par l’entreprise affichent des résultats nuancés : il se défend bien sur certains tests, moins avec d’autres. Sur DeepSWE 1.1, Grok 4.5 est à 53 %, derrière Fable max, GPT-5.5 xhigh et Opus 4.8. Avec 83,3 % sur Terminal Bench 2.1, il fait quasiment jeu égal avec GPT-5.5 (83,4 %) et Fable (84,3 %). Il est devant le modèle d’OpenAI sur SWE Bench Pro (64,7 % contre 58,6 %), mais il traine derrière Opus 4.8 et Fable max (80,4 %).

Captures d’écran.

Autrement dit, Grok 4.5 ne met pas une claque définitive aux rivaux. Ses faiblesses, il les compense par les prix. À 2 dollars le million de tokens en entrée et 6 dollars en sortie, Grok 4.5 est nettement moins onéreux que les modèles concurrents cités par SpaceXAI. L’entreprise estime en effet que son modèle consomme beaucoup moins de tokens sur SWE Bench Pro : 15 854 tokens de sortie en moyenne, contre 67 020 pour Opus 4.8, soit 4,2 fois moins.

Pour donner un ordre d’idée, Opus 4.8 coûte 5 dollars par million de tokens en entrée, et 25 dollars par million en sortie. C’est 5 dollars/30 dollars pour GPT-5.6, et 10 dollars/50 dollars pour Fable 5. Le groupe d’Elon Musk emprunte une stratégie typique des modèles chinois de type DeepSeek : casser le coût d’usage pour convaincre le cœur de cible (développeurs et entreprises) de changer de crémerie.

Évidemment, il faudra vérifier sur pièces les capacités annoncées par SpaceXAI, ainsi que la stabilité et l’efficacité réelle du modèle en production. Grok 4.5 est disponible dès à présent dans Grok Build, Cursor (propriété de SpaceXAI), et la console xAI. Des plugins sont aussi proposés pour Word, PowerPoint et Excel. Attention : les utilisateurs européens devront prendre leur mal en patience, le modèle ne sera disponible que mi-juillet sur le Vieux continent.

ChatGPT Voice donne de la voix

OpenAI n’est pas resté les bras ballants. Le labo attend toujours le feu vert de l’administration Trump pour libérer GPT-5.6 ; selon Axios, les restrictions ont été levées : le modèle et ses trois variantes Sol, Terra et Luna ne devraient donc pas tarder.

En attendant, OpenAI a lancé GPT-Live, une nouvelle génération de modèles vocaux qui vont tenter de rendre le mode vocal de ChatGPT moins robotique. Ils peuvent parler et écouter en même temps, et donner l’impression de suivre la discussion en la relançant par des onomatopées. Quand ChatGPT Voice a besoin de piocher une information sur internet ou de raisonner plus longuement, il délègue en temps réel la tâche au modèle le plus performant du moment (GPT-5.5, ici), puis génère une réponse vocale.

En dehors d’une amélioration de la fluidité des conversations, OpenAI promet aussi des voix remastérisées, ainsi que l’affichage de cartes visuelles pendant l’échange (météo, résultats sportifs…). Un écueil toutefois à relever : GPT-Live n’a pas encore les fonctions multimodales du précédent mode vocal. Le partage d’écran avec l’assistant vocal, ainsi que la possibilité de lui poser des questions en ouvrant la caméra du smartphone ne sont pas disponibles, mais ça viendra. C’est la raison pour laquelle le précédent mode vocal reste une option.

Des garde-fous ont été mis en place pour intervenir pendant que le modèle parle. Une demande potentiellement dangereuse peut orienter le modèle vers une réponse plus sûre, ou afficher des messages ou des ressources spécifiques. Il peut même mettre un terme à la conversation dans les cas les plus critiques. Les discussions autour de l’automutilation suggèrent des lignes d’écoute de crise « validées par des experts ».

Le nouveau modèle vocal intègre des protections en plus pour les utilisateurs ados ; il est censé adopter un comportement adapté à l’âge du capitaine pour réduire les réponses inappropriées. Les parents peuvent aussi autoriser ou interdire l’utilisation de ChatGPT Voice.

Deux versions sont disponibles : GPT‑Live‑1 (le modèle vocal par défaut des abonnés Go, Plus et Pro) et GPT‑Live‑1 mini (pour les comptes gratuits), accessibles dès aujourd’hui aux utilisateurs de ChatGPT. OpenAI compte également les intégrer dans son API.

☕️ DuckDuckGo bloque la pub YouTube

9 juillet 2026 à 06:05


DuckDuckGo se paie un gros coup de pub… en les supprimant de YouTube. La dernière version du navigateur web embarque en effet une nouvelle option permettant de bloquer les réclames sur la plateforme vidéo de Google. Qui doit regarder tout ça d’un œil mauvais.

Depuis 2023, Google mène la lutte contre les bloqueurs de pub. Le mastodonte du web utilise tout l’arsenal possible et imaginable pour forcer les utilisateurs excédés par la réclame à souscrire à un abonnement payant. Mais la vie trouve toujours un chemin : des bidouilles font régulièrement surface pour supprimer les pubs, que Google se fait fort de bloquer.

On verra combien de temps DuckDuckGo tiendra, mais la dernière version du navigateur désactive la publicité sur YouTube, au début d’une vidéo comme au milieu. Cela fonctionne sur Windows, macOS et iOS, avec un réglage activé par défaut. Sur Android, il faut l’activer à la main, mais l’option sera également proposée par défaut dans quelque temps.

DuckDuckGo proposait déjà une option pour regarder des vidéos sans pause publicitaire, via le Duck Player, un lecteur embarqué dans le navigateur. Ce dernier n’a pas disparu, il est simplement complémentaire : en plus de supprimer les pubs, le Player empêche le traçage de YouTube. Les vidéos regardées dans le lecteur Duck n’alimentent donc pas les recommandations de la plateforme.

La nouvelle fonction de blocage des pubs conserve « l’expérience » YouTube dans sa totalité, modulo la publicité. Il est possible d’utiliser les deux fonctionnalités simultanément.

DuckDuckGo bloque les publicités YouTube grâce à des listes de filtres communautaires issues d’uBlock Origin. Elles sont régulièrement mises à jour par la communauté. Le service du navigateur peut aussi ajouter ses propres règles pour éviter les bugs et améliorer la compatibilité. Comme avec beaucoup de bloqueurs de pub, cela peut rallonger un peu le temps de chargement des vidéos, mais la lecture se fait ensuite sans être embêté par la réclame.

☕️ Apple : le forfait iCloud+ le plus cher sera nécessaire pour utiliser l’IA de l’app Maison

9 juillet 2026 à 05:36


Apple ne propose pas pour le moment d’abonnement unique pour pouvoir utiliser l’ensemble des fonctions d’Apple Intelligence. Bon nombre d’entre elles sont gratuites, mais d’autres ne sont accessibles qu’à travers des formules payantes. C’est le cas des fonctionnalités IA Creator Studio des logiciels créatifs et bureautiques du constructeur. D’autres nécessiteront un abonnement iCloud+, et encore il faudra bien choisir le pallier.

Avec la future fournée « 27 » des systèmes d’exploitation d’Apple, il faudra ainsi débourser 9,99 euros par mois (le forfait le plus cher) pour accéder aux fonctions IA de l’application Maison. Le constructeur l’a révélé en toute discrétion, au fin fond des notes de version la bêta 3 de macOS 27 Golden Gate, comme l’a repéré Macworld. Puisque ces fonctionnalités sont transversales, les utilisateurs d’iPhone et d’iPad devront également y souscrire pour en profiter.

Apple Intelligence permet à l’application domotique de générer une description de ce qui s’est passé dans une série de vidéos et d’afficher une « notification liée ». Quand un événement est capté par plusieurs caméras, Maison saura regrouper les flux en une seule séquence continue qui s’accompagnera d’une description en langage naturel. Les différentes notifications qui auraient pu être livrées pour chacun de ces instants seront fusionnées en une seule alerte, afin de réduire le volume.

Cela peut être, par exemple, « Untel est arrivé à la maison », derrière lequel se cacherait une série de micro-événements : ouverture de la porte du garage, entrée d’une voiture, puis fermeture du garage. Apple Intelligence permet également à l’utilisateur de retrouver un extrait vidéo en fonction d’un moment précis (l’arrivée d’un paquet, par exemple).

iCloud+ était déjà nécessaire pour le stockage des enregistrements de caméra, qui sont chiffrés de bout en bout. La fonction « Vidéo sécurisée HomeKit » exige le même forfait à 9,99 euros pour ajouter un nombre illimité de caméras, mais le pallier à 0,99 euro est suffisant pour une seule caméra. iCloud+ ne se limite pas à cette fonctionnalité bien sûr, on y trouve aussi un relais privé, l’option « Masquer mon adresse e-mail », le domaine de messagerie personnalisé, et un volume de stockage en ligne (de 50 Go à 2 To).

La rumeur veut qu’Apple ait l’intention de se lancer sur le marché des caméras et des sonnettes connectées. Peut-être qu’à cette occasion, un abonnement dédié pour la domotique IA sera proposé.

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Meta coupe la caméra de ses lunettes connectées quand la LED est trafiquée

8 juillet 2026 à 15:20
Petite lumière, gros problème
Meta coupe la caméra de ses lunettes connectées quand la LED est trafiquée

Meta va désactiver le capteur photo de ses lunettes connectées dès que la monture détectera une altération ou la destruction de sa loupiote LED. L’entreprise met ainsi fin à un business florissant qui permettait d’enregistrer des vidéos en douce, sans prévenir les personnes filmées.

Les lunettes connectées de Meta permettent de capturer des photos et d’enregistrer des vidéos, grâce à une caméra placée à gauche de la monture. Sur la droite, se trouve une diode LED qui s’illumine dès que le capteur photo est actif. C’était évidemment la porte ouverte à des dérives, que ce soit pour surveiller des personnes ou les harceler. En mai dernier, la CNIL avait justement alerté sur les dangers de ces appareils pour la vie privée. Ce d’autant que Meta aurait l’intention d’y intégrer une technologie de reconnaissance faciale.

Cette petite lumière est un problème pour plusieurs utilisateurs de ces lunettes, car elle les empêche de filmer en toute discrétion, sans que personne aux alentours ne s’en rende compte. Meta a mis en place avec la deuxième génération de ses montures (lancée en 2025) un système de blocage de la caméra dès que la LED est obstruée (par un bout de scotch, par exemple).

Meta ouvre les yeux sur un business en vogue

Qu’à cela ne tienne, il s’est créé un véritable business autour d’une bidouille consistant à casser la LED pour la remplacer par de la résine. Joanna Stern, ancienne du Wall Street Journal reconvertie en youtubeuse tech, a pu constater l’existence de dizaines de ces spécialistes aux États-Unis. Contre une poignée de dollars, ils délogent la diode sans empêcher le bon fonctionnement de la caméra.

Cela permet aux « rizzcammers » (le terme consacré qui désigne les utilisateurs de lunettes connectées enregistrant des personnes en secret) de continuer leur petit manège sans éveiller les soupçons de leurs victimes. Meta a manifestement eu vent de l’entourloupe.

Dans une FAQ, le constructeur annonce une mesure contre ces « tentatives sophistiquées » visant à modifier ou détruire la LED de capture. Une mise à jour en cours de déploiement désactive la caméra si la diode a été altérée ou détruite. « Aucun autre type de caméra n’a fait cela, et nous sommes fiers de faire avancer l’industrie », lance l’entreprise dans un surprenant accès de satisfaction.

Si cela reste vrai pour les lunettes connectées, les méthodes permettant de désactiver une fonction suite à la modification ou au remplacement d’un composant ne sont pas nouvelles. On peut ainsi rappeler l’erreur 53 de l’iPhone 6 (ce qui ne nous rajeunit pas) : elle transformait l’appareil en cale-porte de luxe après le changement du bouton d’accueil Touch ID non certifié.

Quant aux publicités qui pullulent sur les propres réseaux sociaux de Meta pour ce genre de services, le groupe annonce un effort pour supprimer les réclames, les messages et les annonces Marketplace. Meta n’exclut pas de bannir les comptes concernés, et menace même de poursuites en justice contre les personnes ou les entreprises qui vendent ce genre de services.

Un abonnement payant pour utiliser toutes les fonctions des lunettes

Meta tient avec ses lunettes connectées un véritable succès commercial. EssilorLuxottica, partenaire de l’entreprise qui détient les marques Ray-Ban et Oakley, se réjouit régulièrement des bons résultats de cette activité. En février dernier, le lunetier franco-italien indiquait ainsi avoir écoulé 7 millions de paires en 2025.

Bloomberg avait rapporté en début d’année que Meta et EssilorLuxottica voulaient accélérer la production de leurs lunettes à 20 millions d’unités (ou plus) d’ici la fin 2026. Un signe que la sauce prend pour cette gamme de produits. D’ailleurs, Meta a lancé le mois dernier de nouveaux modèles plus abordables sous sa propre marque.

Le géant des réseaux sociaux n’a jusqu’à présent pas vraiment eu le nez creux avec son offre matérielle. Les casques de réalité virtuelle Quest ont bien connu leur heure de gloire, mais c’est bien terminé désormais. Avec les lunettes connectées, Meta a manifestement trouvé un filon et compte bien l’exploiter.

Dans ses pages d’assistance, l’entreprise indique depuis peu qu’il faudra souscrire à un abonnement payant Meta One pour pouvoir utiliser certaines fonctions IA avancées. « Tous les propriétaires de lunettes IA bénéficient d’un usage mensuel gratuit pour certaines fonctionnalités », explique Meta. Mais « si vous atteignez votre limite d’utilisation mensuelle gratuite, vous pouvez passer à un forfait Meta One Premium payant ou attendre que votre limite gratuite soit actualisée chaque mois civil. »

Le mode « conversation » est ainsi limité à 3 heures par mois sans frais ; les abonnés Meta One ont droit à une rallonge de 12 heures. Ce mode amplifie les voix des interlocuteurs dans les environnements bruyants.

DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

8 juillet 2026 à 13:27
La bête noire qui court sur les nerfs d'Apple
DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

Apple est un contrôleur d’accès aux yeux du règlement sur les marchés numériques (DMA), a jugé le Tribunal de l’Union européenne. Les recours introduits par le constructeur américain ont été rejetés par la juridiction.

En septembre 2023, la Commission européenne nommait les six premiers contrôleurs d’accès (« gatekeepers ») concernés par le DMA, qui totalisaient 22 services de plateformes essentiels (SPE). Parmi eux, Apple, à la tête de l’App Store, d’iOS et du navigateur Safari. Cette désignation, basée sur des critères quantitatifs, impose aux entreprises des obligations liées à la concurrence et à l’interopérabilité.

Bruxelles conforté dans ses décisions

Apple n’a pas cessé de batailler contre ce dispositif, en prenant le grand public à témoin ou devant la justice européenne. C’est peine perdue : le Tribunal de l’Union européenne a rejeté les recours introduits par l’entreprise et confirmé sa désignation « en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS et juge irrecevables les recours relatifs au service iMessage ».

Le dossier iMessage avait rebondi en février 2024. La Commission avait alors finalement décidé de ne pas désigner Apple comme contrôleur d’accès pour son protocole propriétaire d’envoi et de réception de messages texte dans l’application Messages. Néanmoins, l’enquête de Bruxelles a continué de qualifier iMessage comme service de communication interpersonnelle non fondé sur la numérotation (NIICS), ce qui constitue un service de plateforme essentiel.

Apple avait alors saisi le Tribunal pour contester cette décision concernant iMessage, ainsi que sa désignation en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS. La justice a renvoyé (PDF) le groupe dans les cordes. Le Tribunal écarte d’abord un argument procédural d’Apple : l’entreprise ne peut pas contester, dans ce recours, la légalité des obligations d’interopérabilité du DMA. Ces règles ne sont pas directement liées à la décision qui l’a désignée comme contrôleur d’accès.

Apple dans les cordes

Le Tribunal conforte également la Commission dans son appréciation de l’App Store, qui constitue bien un seul et unique service de plateforme essentiel. Apple tentait de faire valoir les différences dans les déclinaisons de sa boutique (pour l’iPhone, pour l’iPad, le Mac, etc.). L’objectif pour l’entreprise était évidemment de circonscrire le statut de SPE à l’App Store pour l’iPhone, le seul qui atteint les seuils requis de désignation.

« Indépendamment des appareils concernés, ces boutiques poursuivent une finalité identique, à savoir mettre en relation les développeurs d’applications et les utilisateurs finaux afin de faciliter la distribution d’applications logicielles », explique le Tribunal. Quant aux griefs d’Apple concernant la qualification d’iMessage comme NIICS constituant un SPE, le jugement les retoque : « cette qualification ne produit pas, à elle seule, d’effets juridiques obligatoires modifiant la situation juridique d’Apple ».

Aucune obligation du DMA ne s’applique à iMessage et pour cause, le service n’est pas désigné comme point d’accès majeur. Malgré ce revers, Apple continue de critiquer le DMA. « Nous sommes fermement convaincus que les obligations imposées par le DMA vont au-delà de ce qui est légal et proportionné, menaçant de fragiliser des décennies de protections en matière de confidentialité et de sécurité que nous avons construites, et exposant nos utilisateurs à de nouveaux risques », s’est plaint un porte-parole à Reuters.

L’entreprise peut faire appel de ce jugement auprès de la Cour de justice de l’Union, la plus haute juridiction européenne.

Le secrétaire général de l’ONU veut interdire les « robots IA tueurs »

8 juillet 2026 à 07:47
Judgment day
Le secrétaire général de l’ONU veut interdire les « robots IA tueurs »

« Certaines décisions doivent rester à jamais humaines — en particulier quand il s’agit de prendre une vie humaine », a affirmé António Guterres. Le secrétaire général de l’ONU a pris position sur cette question brûlante, à l’heure où les armées du monde entier accélèrent l’intégration de l’IA dans leurs opérations militaires.

Les « robots tueurs » qui se donnent le droit de vie ou de mort sur les champs de bataille sont « moralement répugnants », a déclaré sans ambages António Guterres durant le discours inaugural du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA à Genève, repris par le Wall Street Journal. Il évoquait ces « machines qui sélectionnent et attaquent leur cible, jusqu’à ôter une vie, sans contrôle ni jugement humains ».

Le secrétaire général de l’ONU milite pour une interdiction des armes autonomes létales, qui soit inscrite dans le droit international. Il prend de fait une position bien tranchée dans le débat sur la place de l’IA au sein des forces militaires.

L’IA générative déjà utilisée au sein des armées

Le Pentagone s’appuie de plus en plus sur cette technologie dans ses opérations ; les modèles d’Anthropic, utilisés depuis deux ans, ont ainsi servi pour la capture du président du Venezuela, Nicolas Maduro, et durant la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran. Les relations se sont ensuite fortement dégradées entre le département de la Défense et l’entreprise, dont les conditions d’utilisation interdisent de « développer ou concevoir des armes ».

Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, avait expliqué que l’entreprise n’avait jamais soulevé d’objections à l’égard d’opérations militaires, mais a rappelé que l’IA pouvait nuire aux valeurs démocratiques en facilitant la surveillance de masse aux États-Unis, ou encore le développement d’armes autonomes.

Le DoD a depuis désigné Anthropic comme « fournisseur à risque », et changé de crémerie IA. L’affaire est toujours entre les mains de la justice, mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis et le lancement de Mythos a rebattu les cartes au sein de l’administration Trump.

Les armées d’autres pays s’y intéressent également. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale publié début 2025 rapportait déjà que les drones de combat « reposent de plus en plus sur l’intelligence artificielle et offrent de nouvelles stratégies opérationnelles ».

L’IA est aussi utilisée dans les processus d’aide à la décision militaire. Un outil qui « s’introduit désormais dans des sphères hautement stratégiques et décisionnelles », rappelait Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique.

Sur la même longueur d’onde que le pape

Le discours d’António Guterres ne tombe pas par hasard. Le mois dernier, Donald Trump signait un mémorandum sur la sécurité nationale appelant à accélérer l’utilisation de l’IA « dans les domaines du renseignement et de la conduite de la guerre, conformément aux valeurs américaines » et « de manière responsable ».

Le secrétaire générale de l’ONU rejoint d’autres critiques de l’IA militaire, à commencer par celle du pape Léon XIV et de son encyclique Magnifica Humanitas. La décision de tuer ne doit jamais avoir pour « critères suprêmes » la rapidité et l’efficacité, affirme la bulle. « L’IA ne soustrait pas le conflit à son inhumanité intrinsèque : elle ne peut que le rendre plus rapide et impersonnel, en abaissant le seuil du recours à la violence et en transformant la défense en prévision opérationnelle, les victimes étant réduites à de simples données », indique le texte qui appelle à « désarmer l’IA ».

Ces appels seront-ils entendus ? L’opacité avec laquelle l’administration Trump régule les modèles IA les plus ambitieux, alors que la Chine trace sa propre route, laisse planer le doute sur un accord au niveau mondial.

Microsoft pousse ses modèles MAI pour moins dépendre d’OpenAI et d’Anthropic

8 juillet 2026 à 06:42
Serrer le robinet à tokens
Microsoft pousse ses modèles MAI pour moins dépendre d’OpenAI et d’Anthropic

Microsoft cherche à réduire sa facture de tokens d’Anthropic et d’OpenAI. Le géant logiciel a commencé à remplacer les modèles Claude et GPT de certains de ses produits par ses propres modèles MAI. Un exercice à des fins de réduction de coûts, mais aussi une volonté de montrer que ses modèles maison peuvent tenir tête aux cadors du secteur.

Microsoft a lancé début juin une nouvelle série de modèles IA maison, baptisés MAI (Microsoft AI). Une famille qui compte 7 modèles en tout, la vedette du lot étant MAI-Thinking-1, un modèle de raisonnement de taille intermédiaire avec 35 milliards de paramètres actifs et une fenêtre de contexte de 256 000 tokens (environ 600 pages).

Ces nouveaux modèles commencent à remplacer ceux d’OpenAI et d’Anthropic dans plusieurs de ses logiciels (comme Excel et Outlook). Des dizaines de milliers de requêtes dans ces deux applications seraient désormais traités par MAI chaque semaine, croit savoir Bloomberg. C’est beaucoup dit comme ça, mais ce volume ne représente encore qu’une toute petite partie de l’usage IA dans ces applications très populaires.

Tokens trop chers

Microsoft cherche à réduire progressivement la facture à régler aux deux entreprises IA. Le mastodonte de Redmond utilise des quantités massives de tokens dans ses logiciels et pour son assistant à tout faire Copilot. Pour le moment, Microsoft bénéficie de prix réduits grâce à son partenariat avec OpenAI. Néanmoins, cet arrangement va finir par s’éteindre en raison des changements dans la gouvernance du labo.

Mustafa Suleyman, le patron de l’IA chez Microsoft, admettait en juin dernier que son objectif était de réduire et « d’éliminer » les coûts induits par l’utilisation des modèles tiers. « Nous versons beaucoup d’argent à Anthropic », indiquait-il. Pour les utilisateurs et clients d’Office, les prix des abonnements ne changeront pas, ils paieront les mêmes montants pour une IA dont les performances risquent cependant de différer.

Les benchmarks fournis par l’éditeur indique que Thinking-1 est solide dans les évaluations mathématiques et scientifiques. Il est en revanche nettement en retrait sur tout ce qui est codage agentique, à l’exception de SWE-Bench Pro où le modèle n’est pas très loin d’Opus 4.6. C’était d’ailleurs un argument avancé par Microsoft, qui annonçait aussi des capacités supérieures à GPT-5.5 pour un coût dix fois inférieur.

Une solution pourrait consister à faire de MAI les modèles par défaut pour les fonctions IA des logiciels de Microsoft. Les modèles d’OpenAI et d’Anthropic seraient disponibles via des options payantes supplémentaires. On n’en est pas encore là.

Les modèles MAI sont disponibles dans GitHub Copilot. Ils motoriseront aussi l’outil de transcription de Teams, et seront utilisés dans d’autres logiciels maison dans les prochains mois.

Muse Image : Meta lance son générateur d’« AI slop » maison

8 juillet 2026 à 06:09
Vous reprendrez bien un peu de slop ?
Muse Image : Meta lance son générateur d’« AI slop » maison

Meta étend petit à petit ses modèles IA. Après Muse Spark pour l’assistant maison, voici désormais Muse Image qui, comme son nom l’indique, permet de générer des visuels. Instagram et WhatsApp sont les deux premières applications qui y auront droit, Facebook, Messenger et les annonceurs suivront dans un deuxième temps.

Les milliards de dollars engloutis pour bâtir le ​Meta Superintelligence Labs ont été bien investis : ils permettent désormais de générer de l’AI slop sur les réseaux sociaux de Meta ! Blague à part, le modèle Muse Image peut créer un visuel à partir d’une requête texte, mais aussi d’une photo existante. Des outils d’édition sont disponibles pour ajouter ou effacer des éléments, achevant de corrompre complètement la réalité.

Image générée par Muse Image.

Pour donner des idées, Muse Image suggère une sélection de modifications possibles, des plus simples (coloriser une photo vintage) à des propositions plus farfelues (transformer les individus en pâte à modeler). Le business n’étant jamais très éloigné, le modèle sait également meubler virtuellement une pièce avec des objets et des produits vendus sur internet.

Le modèle est également à l’œuvre dans les outils de création de Stories : 30 nouveaux effets IA sont ainsi proposés dans Instagram. Il est possible aussi de générer des images directement dans une discussion dans WhatsApp, via Meta AI.

Et puisque Meta reste Meta, une fonction un peu glauque permet d’intégrer un autre utilisateur d’Instagram dans une image. Il suffit de taguer la personne dans la requête ; Muse Image va ensuite partir d’une photo publique de l’utilisateur pour le reproduire. Voilà qui ouvre la porte à pas mal de dérives (photos truquées, deepfakes…).

Rappelons qu’il existe des réglages de confidentialité pour interdire la réutilisation des contenus publics de son compte dans ces images IA, ainsi que dans les reels, les vidéos, les stickers et autres fonctions.

Muse Image va s’étendre à l’international, mais pour le moment le modèle est limité aux États-Unis. Ses fonctions sont gratuites « pour les créations de tous les jours », mais ceux qui ont de plus gros besoins devront s’abonner à une des formules payantes du groupe.

Sur un plan plus technique, Muse Image fonctionne comme un agent, explique Meta. Le modèle peut rechercher en ligne pour dénicher des références visuelles et « ancrer les images dans des informations factuelles », le tout en temps réel. Il travaille également avec Muse Spark, avec qui il partage des outils, et peut planifier des tâches.

Les résultats seraient également plus probants si le modèle bénéficie d’un large temps de calcul. Le raisonnement se révèle dans ce cas meilleur, indique Meta, il peut utiliser davantage d’outils pour retravailler ses propositions.

L’entreprise souligne que la manière d’utiliser le budget de calcul compte beaucoup. La génération de plusieurs images pour ne conserver que la meilleure améliore certes les résultats, mais ce processus atteint vite ses limites. La solution : à budget égal, il est plus efficace de laisser Muse Image raisonner, chercher des références ou écrire du code pour corriger les détails.

Selon les benchmarks fournis par l’entreprise, Muse Image se place très haut dans les classements Arena AI réalisés le 5 juillet, même si les modèles GPT Image d’OpenAI demeurent au-dessus. Les modèles de Google, Microsoft, Recraft/Reve ou xAI sont souvent très proches les uns des autres, ce qui permet à Meta de revendiquer une place dans le peloton de tête.

Un modèle vidéo et un filigrane incompatible avec les standards

On n’est pas au bout de nos peines, car Meta a également levé le voile sur Muse Video, le modèle de génération vidéo « le plus avancé » jamais développé par le groupe. Meta promet un suivi de la requête à la lettre, une édition précise, une composition avec plusieurs références, le tout pour un modèle qui s’appuie sur Instagram pour le « contexte social ». Muse Video sera bientôt proposé aux créateurs et dans Meta AI.

Le benchmark Text-to-Video Arena montre que le modèle se défend honorablement face aux rivaux ; il finit à la troisième place, derrière Gemini Omni Flash (Google) et Seedance 2.0 (Bytedance). Comme dans le cas de Muse Image, ces classements Elo sont un indicateur de préférence humaine dans un cadre de test donné, pas une mesure absolue de qualité.

Enfin, Meta a présenté son système de filigrane invisible, Content Seal. Les visuels générés par Muse Image conserveront cette signature, même s’ils sont recadrés, compressés, redimensionnés, ou si une capture d’écran en est faite. Le filigrane Content Seal, qui va s’étendre à Muse Video, n’est malheureusement pas compatible avec les deux autres méthodes du marché que sont SynthID et C2PA Content Credentials. Un outil d’identification est disponible à cette adresse.

☕️ Windows peut s’installer sur la Steam Machine, sans dual-boot pour le moment

8 juillet 2026 à 05:34


La Steam Machine est une console de salon qui peut aussi faire office de PC de bureau. Il suffit de basculer dans le mode bureau de SteamOS pour avoir accès à une interface plus traditionnelle. Pour autant, certains utilisateurs voudront aller plus loin encore, et installer Windows. Le constructeur a mis en ligne de nouvelles ressources et pilotes.

La Steam Machine est qualifiée par Valve non pas de console, mais d’« extension du jeu sur PC ». Les constructeurs de consoles écoulent leur matériel sans aucune marge voire à perte (ce qui est de moins en moins vrai) et compensent par la vente de jeux et de services. Valve a préféré lancer un PC, un écosystème qui offre « la liberté de choisir à la fois ses jeux et son matériel ». Pour l’entreprise, cette explication est aussi un moyen de justifier l’absence de subvention sur son appareil, ce qui aurait permis d’abaisser un peu le feu de la facture.

La Steam Machine est d’ailleurs présentée comme un PC de bureau tout ce qu’il y a de plus traditionnel, en plus de ses capacités à trôner à côté de la télé pour jouer. SteamOS est basé sur Arch Linux et propose un mode bureau qui utilise un environnement de bureau KDE Plasma plus proche d’une interface classique. Il suffit de joindre au petit cube un clavier, une souris et un moniteur pour le transformer en ordinateur traditionnel.

Valve ne s’est pas arrêté à SteamOS. Il est ainsi possible de troquer le système d’exploitation maison contre Windows ; c’était déjà le cas avec le Steam Deck, ça l’est maintenant pour la Steam Machine. L’entreprise a livré les pilotes nécessaires à l’installation de l’OS de Microsoft : les drivers graphiques, Wi-Fi, Bluetooth et pour le lecteur de cartes SD sont désormais disponibles.

Malheureusement, on ne parle pas de dual-boot, où l’on pourrait choisir le système sur lequel démarrer ; ce sera soit SteamOS, soit Windows, mais pas les deux. Courage : une solution arrive. Valve promet un assistant pour le Steam Deck et la Steam Machine, qui sera fourni avec SteamOS une fois au point.

Installer Windows sur une Steam Machine (ou un Steam Deck) nécessite d’effacer toutes les données de l’appareil. Pour saisir la clé de l’OS, il faut une connexion internet et donc un branchement Ethernet pour réaliser l’opération, étant donné que le pilote Wi-Fi n’aura pas été installé.

Reçu — 7 juillet 2026 Next - Articles gratuits

☕️ JADEPUFFER utilise un agent IA pour mener une attaque au rançongiciel presque tout seul

7 juillet 2026 à 09:37


Une IA a conduit une opération de rançongiciel en solo, d’après la découverte des chercheurs de Sysdig. JADEPUFFER, le petit nom de cette menace, s’appuie sur un agent IA chargé des opérations de reconnaissance, de voler des identifiants, de s’installer confortablement chez ses victimes, d’obtenir les privilèges nécessaires et de chiffrer les données afin que les pirates puissent réclamer une rançon.

L’attaquant exploite une faille (CVE-2025-3248) dans Langflow, une plateforme open-source utilisée pour créer des applications IA. L’éditeur a corrigé la vulnérabilité le 1er avril, rappelle BleepingComputer ; en mai de la même année, l’agence de la cybersécurité états-unienne (CISA) établissait qu’elle avait été exploitée dans des attaques ciblant des points d’accès connectés à internet et contenant des identifiants cloud et des clés API.

Illustration : Flock

Une fois dans la place, JADEPUFFER fouille la machine pour repérer les fichiers intéressants comme des portefeuilles cryptos, des bases de données, des fichiers de configuration, des clés API et des identifiants cloud donc, etc. Le point d’accès Langflow compromis sert ensuite de tremplin vers un serveur de production MySQL et Nacos (Naming and Configuration Service), un outil de configuration très utilisé dans certains environnements Alibaba. L’agent IA tente sa chance en testant plusieurs chemins pour créer un compte admin dans la base Nacos.

Quand une première tentative échoue, l’agent corrige son approche très rapidement, en quelques dizaines de secondes. C’est un des éléments qui permettent à Sysdig de parler d’agent autonome. Les chercheurs relèvent aussi qu’une fois les données verrouillées derrière une clé AES, celle-ci n’est ni stockée, ni transmise. Résultat : personne ne peut plus récupérer le contenu, que la rançon ait été versée ou pas.

Autre signe que l’attaque est pilotée par un agent IA : les commentaires détaillés en langage naturel dans le code qui expliquent les objectifs, les priorités et les corrections à appliquer. Un style qui, ajouté aux corrections rapides après un échec, correspond davantage à du code généré et exécuté par une IA qu’à un humain qui tape laborieusement ses commentaires à la main.

Les techniques utilisées ici ne sont pas inédites ou « particulièrement sophistiquées », soutient Sysdig. Elles s’en prennent aussi à des vulnérabilités pas toutes neuves qui ont pu être négligées par les administrateurs.

En revanche, l’aspect notable de cette découverte est qu’un modèle IA a enchaîné ces opérations de rançongiciel en autonomie. « Le niveau de compétence nécessaire pour lancer un ransomware est désormais ramené au coût d’exécution d’un agent. Et si cet agent fonctionne avec des identifiants volés via du LLMjacking, le coût pour l’attaquant devient presque nul », s’alarme l’équipe.

Les défenseurs ne sont pas démunis face à ces attaques : les payloads générés par IA laissent des traces qui peuvent être détectées par les solutions de sécurité.

Bruxelles retoque le projet français d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

7 juillet 2026 à 06:10
Même pas mal
Bruxelles retoque le projet français d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La Commission européenne rejette la proposition française d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, car elle marche sur les plate-bandes du règlement sur les services numériques (DSA). Un revers attendu pour le gouvernement français, qui ne l’empêche pas de confirmer l’objectif d’une majorité numérique à 15 ans dès le 1er septembre.

Non, c’est… oui ? Saisie de la proposition française d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans depuis le 9 avril, la Commission européenne a rendu son verdict ce lundi 6 juillet – comme prévu, une fin de non-recevoir, mais le gouvernement assure qu’il peut aller de l’avant malgré tout.

Revers européen pour la France

Ce feu rouge n’est pas vraiment une surprise : en début d’année, le Conseil d’État avait déjà publié un avis concernant cette proposition de loi. L’institution avait alors expliqué que « les Etats membres peuvent définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès, mais ne peuvent pas imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ».

Autrement dit, la France peut encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, mais elle ne peut pas créer seule de nouvelles contraintes pesant directement sur les plateformes (domiciliées dans un autre pays européen, souvent l’Irlande). C’est un terrain déjà largement occupé par le règlement européen sur les services numériques (DSA). C’est aussi ce qu’a dit Bruxelles : « L’avis de la Commission contribue à garantir que toute mesure nationale soit efficace et conforme au droit de l’UE. Nous devons réduire au minimum la fragmentation des systèmes nationaux, qui pourrait créer une insécurité juridique ou affaiblir l’application de la loi », a expliqué le porte-parole Thomas Regnier à l’AFP, reprise par Le Figaro.

En revanche, l’exécutif européen partage « pleinement l’objectif des autorités françaises : les mineurs doivent être mieux protégés en ligne ». Une consolation qui permet à Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique, d’afficher un grand optimisme. « La Commission européenne confirme la légitimité pour la France de fixer à 15 ans l’âge minimal d’accès aux réseaux sociaux », se réjouit-elle sur les réseaux sociaux. Ce qui est vrai… mais imposer de nouvelles exigences aux plateformes doit passer par l’échelon européen.

Malgré ce revers, la majorité numérique à 15 ans reste « un objectif à notre portée ». La ministre déléguée ajoute que la France peut s’en doter « dès le 1er septembre prochain ». Voilà qui parait tout de même aller un peu vite en besogne.

Quelle interdiction pour quels réseaux sociaux ?

Après le vote de la proposition au mois de janvier, le Sénat s’en était emparé pour retoucher le texte en profondeur. C’est cette version qui a été proposée à la Commission européenne, avec une date limite fixée au 10 juillet. « Une commission mixte paritaire sera convoquée dans les prochains jours pour nous permettre d’atteindre cet objectif », indique Anne Le Hénanff. Elle sera chargée de « faire évoluer la rédaction du texte afin de le rendre pleinement conforme au droit européen ».

Le texte modifié par le Sénat prévoyait la mise en place d’une liste des réseaux sociaux nécessitant l’accord d’au moins un parent, et d’une seconde liste noire pour les plateformes jugées les plus à risque, définie par arrêté ministériel après avis de l’Arcom. Une source de l’AFP a fait part des craintes de la Commission vis à vis du pouvoir donné au régulateur des médias. La proposition votée par l’Assemblée voulait une interdiction bien plus large touchant tous les réseaux sociaux. Il va falloir revoir de nouveau cette copie, et vite si l’objectif du 1er septembre doit être tenu.

Sans attendre que toute la tuyauterie législative se mette en place, Anne le Henanff avait convoqué les dirigeants des grandes plateformes pour leur communiquer le calendrier de la mise en place des dispositifs de vérification de l’âge. La charrue avant les bœufs ?

La date de la commission paritaire n’a pas été fixée, mais si le processus est rapide, la proposition remaniée pourrait faire l’objet d’un examen à l’Assemblée le 21 juillet, puis au Sénat dans la foulée, avant d’être définitivement adoptée.

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