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☕️ Pour ses 30 ans, Quake s’offre une extension surprise

7 août 2026 à 15:02


On a peine à le croire, mais Quake a fêté son 30e anniversaire au mois de juin. Difficile de résumer l’impact du jeu d’id Software qui a posé les bases du FPS 3D moderne, et dont l’héritage continue de se faire sentir aujourd’hui… et ce n’est pas qu’une façon de parler puisqu’un nouvel épisode vient de sortir.

« Dawn of the Machine » est une création conjointe d’id et de MachineGames, le studio qui a repris en main la destinée de Wolfenstein (et à qui l’on doit le récent Indiana Jones et le Cercle Ancien). Cette extension comprend une campagne inédite composée de 19 maps, une nouvelle bande-son et une nouvelle carte match à mort.

Histoire de varier les plaisirs, l’épisode propose non seulement de revisiter des niveaux modifiés par la structure temporelle chamboulée du royaume, mais aussi d’affronter des variantes des ennemis classiques avec de nouveaux comportements. Fort heureusement, Ranger pourra s’équiper de nouvelles versions d’armes comme la Super Hache ou le toujours sympathique Canon laser.

Pour les plus férus d’archéologie, le Coffre d’id offre la possibilité de parcourir une galerie consacrée aux coulisses du développement avec des contenus inédits, et surtout d’explorer des niveaux remontant aux premières étapes du développement du jeu. On pourra aussi leur recommander de visionner le livestream de présentation de l’extension avec John Romero durant la Quakecon. L’événement se tient jusqu’à dimanche, d’autres annonces sanglantes ne sont pas à exclure !

L’extension est proposée gratuitement à tous les possesseurs de Quake sur PC (Steam et Microsoft Store), Xbox Series X/S et Xbox One, PS4 et PS5, Nintendo Switch et Switch 2 (grâce à la rétrocompatibilité). En revanche, les versions distribuées sur GOG et l’Epic Games Store n’y ont pas droit.

Meta de nouveau condamnée : Facebook et Instagram qualifiés de « nuisance publique »

7 août 2026 à 14:31
Près d'un milliard de dollars d'amendes pour Meta
Meta revient aux poids ouverts avec Muse Glimmer, un modèle IA local

En mars dernier, Meta était condamnée par un tribunal du Nouveau-Mexique à 375 millions de dollars pour avoir, en toute connaissance de cause, exposé les jeunes à des outils et pratiques jugés dangereux. Le géant des réseaux sociaux n’est pas au bout de ses peines sur ce dossier.

Si la première sanction a été infligée par un jury, cette fois c’est le juge Bryan Biedscheid qui a ajouté à la facture 567 millions de dollars (PDF). Durant la seconde phase de ce procès, le juge devait déterminer si Meta et ses plateformes (Facebook et Instagram, principalement) créaient une « nuisance publique » et, le cas échéant, décider des mesures de protection appropriées. Il l’a confirmé.

La somme devra abonder un fonds de réparation destiné à financer la prévention, le traitement et des mesures contre les dommages causés aux jeunes. Bien que le montant de ce fonds soit inférieur aux 779,5 millions de dollars réclamés par les avocats de l’État américain, sa création est « nécessaire, compte tenu de l’ampleur des répercussions du préjudice et de la complexité de la réparation », a affirmé le juge.

Meta au cœur de la tempête

En tout, Meta est sanctionnée à hauteur de 942 millions de dollars. Pour une période de cinq ans, le groupe devra en outre mettre en œuvre des dispositifs pour renforcer les outils de vérification et d’estimation de l’âge, passer les comptes Instagram des mineurs en privé par défaut, empêcher qu’un compte de mineur soit recommandé à un adulte n’ayant aucune relation avec le jeune utilisateur, afficher des alertes plus fermes en cas de risque de sextorsion ou de contact suspect, ou encore bloquer l’envoi ou la réception par des mineurs d’images de nudité contraires aux règles de Meta.

Le juge veut aussi que Meta limite l’usage des mineurs à 90 heures par mois au total sur Instagram et Facebook. En revanche, il a écarté certains dispositifs demandés par le Nouveau-Mexique, comme l’arrêt du scrolling infini ou une refonte des algorithmes. Meta a l’intention de faire appel : « Nous restons confiants dans notre bilan en matière de protection des adolescents en ligne et continuerons à nous défendre contre des accusations qui déforment les faits », a déclaré un porte-parole au Wall Street Journal.

Un autre procès doit s’ouvrir dans les prochains jours en Californie : Meta est accusée par les procureurs généraux de quatre États américains d’avoir conçu Facebook et Instagram de telle manière à rendre les jeunes utilisateurs dépendants, tout en trompant le public sur la sécurité de ses plateformes. Selon l’entreprise, cette procédure pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités.

Fin mars, Meta était condamnée à verser 4,2 millions de dollars à une plaignante qui accusait l’entreprise d’avoir provoqué et entretenu l’addiction à ses plateformes alors qu’elle était mineure. YouTube a aussi été sanctionné. Lors de ses résultats trimestriels, Meta a signalé aux investisseurs que les procédures judiciaires en cours pourraient avoir un « impact négatif » sur ses résultats financiers : au second trimestre, elles ont représenté des dépenses de l’ordre de 2,4 milliards de dollars.

Suno veut mettre fin au far-west de la musique générée par IA

7 août 2026 à 08:35
La cacophonie de la transparence
Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

Le temps du Far West dans le secteur de la musique générée par IA est-il bientôt terminé ? Suno, une des principales startups sur ce marché bouillonnant, promet davantage de transparence pour lutter contre la fraude et les abus, sans pour autant freiner l’adoption de l’IA générative parmi les professionnels de la filière.

Depuis son accord l’an dernier avec Warner Music Group, Suno veut filer doux. En échange de l’arrêt des poursuites de la major, la jeune pousse a pris plusieurs engagements, en particulier sur le téléchargement. Une nouvelle politique va être mise en œuvre pour limiter la distribution massive de morceaux générés par IA sur les plateformes de streaming.

Les serveurs des services de streaming sont pris d’assaut par la musique générée par IA. Au mois d’avril, Deezer avait ainsi annoncé que c’était le cas pour 44 % des chansons téléversées. La plateforme signale d’ailleurs quand le contenu est généré par IA (ou par un humain dans le cas de Spotify).

L’industrie tente de s’organiser, par exemple via l’organisation Digital Data Exchange (DDEX, qui fédère les entreprises et organisations ayant des intérêts commerciaux dans le domaine des contenus multimédias numériques, mais dont Suno ne serait pas membre) pour mettre en place des standards communs, mais chacun y va aussi avec ses propres outils.

C’est le cas de Suno, qui en plus de rappeler cette fameuse politique anti-téléchargements de masse dont les détails sont encore inconnus, vient d’annoncer plusieurs nouveaux dispositifs. À commencer par l’adoption « dans les prochaines semaines » de technologies de filigrane (watermarking) audio et de fingerprinting pour lutter contre la fraude et les usages abusifs. Des outils de transparence vont aussi être proposés pour faire en sorte que les chansons générées par Suno puissent être identifiées si elles sont partagés avec d’autres plateformes.

De la transparence pour les oreilles

Il s’agit pour l’entreprise de s’aligner avec les standards de l’industrie… et probablement aussi des régulateurs. Depuis le 2 août, l’AI Act impose une obligation de transparence aux fournisseurs d’IA qui passe par un marquage technique de détection sur les sons, mais aussi les images, les vidéos ou textes générés ou modifiés par IA.

Les systèmes commercialisés avant le 2 août ont cependant quatre mois pour respecter ces obligations, qui ne s’appliqueront pas aux éditeurs d’information générale si le contenu généré par IA a fait l’objet « d’un examen humain ou d’un contrôle éditorial ». Une zone grise pleine de flou qui pourrait justifier tous les abus.

L’UE propose d’ailleurs des badges (optionnels) à placer à côté des contenus générés par IA :

L’icône basique quand l’IA a servi à la création du contenu.
L’icône à afficher quand l’intégralité du contenu a été généré par IA.
L’icône à afficher quand du contenu humain a été modifié partiellement par de l’IA.

Suno clarifie également ses règles de communauté, avec une interdiction explicite des imitations non autorisées, des téléversements sans droits, de l’utilisation de voix ou d’image sans permission, des scams, faux engagements, et des contenus trompeurs. La plateforme IA va également renforcer sa collaboration avec Audible Magic et Musixmatch pour détecter les usages non autorisés.

Suno ne veut pas se poser en gardien des « valeurs artistiques », ni juger si « telle chanson est bonne, porteuse de sens ou suffisamment humaine ». En revanche, la société estime qu’il est de sa responsabilité de « rendre plus difficile l’utilisation abusive des outils d’IA d’une manière qui fragilise un écosystème musical sain. » Une réflexion bienvenue mais qui sonne étrange à l’oreille, au vu du pillage orchestré par la startup pour entraîner ses modèles IA.

☕️ ChatGPT fait sauter la limite sur les conversations texte pour les comptes gratuits

7 août 2026 à 07:20


Les utilisateurs qui se servent gratuitement de ChatGPT vont bénéficier d’une douceur. OpenAI fait en effet sauter les limites des discussions texte, qui deviennent donc illimitées. Une proposition très agressive parmi les chatbots généralistes.

Ce n’est pas complètement inédit dans le secteur : Microsoft propose depuis début 2025 un accès gratuit et illimité au modèle de raisonnement avancé Think Deeper (propulsé par o1) de Copilot, ainsi qu’aux conversations vocales… mais avec des interruptions possibles en cas de forte demande. La formule standard (gratuite) du moteur de réponses IA Perplexity offre aussi des recherches quasiment illimitées.

Néanmoins, cela n’en reste pas moins un gros coup pour OpenAI qui propose ainsi une carotte fort alléchante pour ferrer des utilisateurs qui pourront se transformer un jour en abonnés payants. Ce d’autant qu’ils ont aussi accès au bouton « Think » qui génère des réponses approfondies. Le modèle utilisé passe également de GPT-5.5 à GPT-5.6 Luna, l’« entrée de gamme » de la nouvelle famille de modèles IA et désormais la version par défaut de ChatGPT.

En revanche, la génération d’images, la voix et l’examen de fichiers et d’images sont toujours limités. Il faut passer à la caisse pour accéder aux modèles plus évolués Terra et Sol. Les abonnés payants bénéficient d’ailleurs d’une mise à jour de Sol, présenté comme plus efficace sur les tâches à accomplir rapidement (Codex et ChatGPT Work n’ont cependant pas droit à cette déclinaison de GPT-5.6 Sol, comprenne qui pourra).

Les abonnés Plus et Pro obtiennent aussi une nouvelle réglette pour choisir plus facilement le niveau d’effort de GPT-5.6 : tout à gauche pour les questions du quotidien, plus à droite pour la planification, l’écriture, le code ou les décisions qui nécessitent un peu plus de jugeote qu’à l’accoutumée.

☕️ BMW transforme ses voitures en panneaux publicitaires pour Spider-Man

7 août 2026 à 06:42


Les BMW sont des supports publicitaires comme les autres. Plusieurs conducteurs n’ont guère apprécié voir sur l’écran de leurs voitures une réclame pour le blockbuster Marvel estival Spider-Man: Brand New Day. La publicité, pardon, « l’animation festive » selon la description du constructeur, se lance plein écran en cliquant sur le bandeau. La vidéo, dans laquelle Spider-Man virevolte autour d’une voiture de la marque, s’accompagne d’une musiquette de fond et d’un « spectacle lumineux » dans l’habitacle. Elle sera proposée jusqu’au 10 août.

@bmw 🚨 Spoiler Alert: Something amazing is waiting in your BMW. 🤫 See #SpiderManBrandNewDay exclusively in cinemas 31st July.#BMW @spidermanmovie ♬ original sound – bmw

Cette « surprise spéciale » a été conçue dans le cadre d’un partenariat avec le film, dans lequel une BMW iX3 et une BMW 5 Series font des apparitions. Si le placement de produit est un grand classique dans l’histoire d’Hollywood, subir de la sorte une réclame dans sa voiture est inédit. Et ce n’est pas du goût de tout le monde. Au vu des prix des véhicules BMW, les conducteurs sont nombreux à estimer qu’ils pourraient au moins être dispensés de publicité.

Il arrive que des animations spéciales s’affichent sur l’écran des BMW, mais habituellement pour des occasions comme Noël ; il ne s’agit pas de vendre un produit ou ici, un film. L’entreprise affirme pourtant au Spiegel que la vidéo de Spider-Man n’est pas une promotion pour le long métrage, et qu’elle ne sert pas non plus de bande-annonce. À cet égard, ce n’est donc pas une réclame traditionnelle. L’argument est pour le moins audacieux, mais BMW assure recevoir de nombreux retours positifs sur cette campagne.

En 2023, Stephan Durach, le dirigeant de BMW en charge de l’infodivertissement, assurait qu’il ne vendrait jamais l’écran de ses véhicules à des annonceurs. « Je ne peux pas l’imaginer, c’est un espace privé (…) C’est l’endroit où vous pouvez faire ce que vous voulez, seul : vous avez la bonne température, la musique que vous voulez ». Et profiter d’une publicité pour Spider-Man, donc.

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☕️ Meta ouvre Muse Code et casse les prix face à OpenAI et Anthropic

6 août 2026 à 15:54


Dans la foulée de la version 1.2 de son modèle Muse Spark, Meta ouvre à tous les développeurs son agent de programmation Muse Code en bêta « pour créer des choses qui comptent ». Et qui ne coûtent pas trop cher non plus : les tarifs de Muse Spark 1.2 sont en effet plus proches de ceux des modèles chinois que de ceux d’OpenAI ou d’Anthropic.

La tarification standard à l’usage est de 1,25 dollar par million de tokens en entrée et 4,25 dollars par million de sortie (0,15 dollar par million en entrée en cache). Le mode « contributeur », qui permet à Meta d’exploiter les données pour améliorer ses modèles de langage, réduit encore les coûts : 0,10 dollar en entrée, 0,20 dollar en sortie, 0,002 dollar en cache. Ce mode impose des limites d’usage sur une fenêtre glissante de 5 heures plutôt qu’en nombre de requêtes.

Meta accepte également les demandes « zéro rétention de données », ce qui signifie que l’entreprise ne conserve pas les données, « une fonctionnalité majeure pour les entreprises, importante pour beaucoup d’utilisateurs », explique Alexandr Wang, le patron du Meta Superintelligence Labs, au Wall Street Journal.

Image : Meta

On est très loin des prix pratiqués par la concurrence directe : l’utilisation de Claude Sonnet 5 est facturée 2 dollars en entrée et 10 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.6 Terra, auquel Spark 1.2 se compare, coûte 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie.

« Nous pensons que, pour de nombreux cas d’usage, cela peut être une option extrêmement intéressante, notamment du point de vue des coûts », indique Alexandr Wang. Cette stratégie tarifaire agressive a été initiée avec Spark 1.1, lancé le 9 juillet. Meta veut rattraper son retard en jouant la carte du prix, un sujet devenu très sensible du côté des entreprises.

Les modèles Spark ne se présentent pas comme des champions des benchmarks, et c’est le cas aussi de la version 1.2. Meta indique que la nouvelle mouture apporte une « amélioration modérée » par rapport au précédent modèle, mais surtout qu’il a été optimisé pour les tâches confiées aux agents de développement (refactorisation sur plusieurs fichiers, longues sessions de débug, gestion de tâches multiples).

Artifial Analysis a publié ses propres benchmarks : ils positionnent Spark 1.2 au même niveau que Grok 4.5, avec qui il partage la même envie de secouer le cocotier des prix. Les deux modèles se placent derrière Opus 5, Fable 5, Opus 4.8, GPT-5.6 Sol et Kimi K3. Muse Code peut s’installer dès aujourd’hui via une ligne de commande dans un terminal (macOS et Linux). Il fonctionne évidemment avec Spark 1.2, disponible aussi sur la plateforme OpenRouter.

☕️ Les profits de Nintendo en forte hausse malgré le recul des ventes de Switch 2

6 août 2026 à 13:33


Des ventes de consoles et un chiffre d’affaires en baisse, mais des profits en forte hausse : c’est le bilan à grands traits du premier trimestre fiscal de Nintendo (le deuxième du calendrier). Le constructeur japonais a écoulé 3,82 millions de Switch 2 entre avril et juin, soit 2 millions d’unités en moins (ou - 34,4 %). Il n’y a pourtant rien d’étonnant ni d’inquiétant : la nouvelle génération de la console hybride ayant été lancée en juin 2025, la comparaison n’est logiquement pas très favorable.

Ce volume n’en demeure pas moins important, ce malgré la hausse de prix de la Switch 2 au Japon au mois de mai (ce sera le 1ᵉʳ septembre pour le reste du monde). En tout, la Switch 2 a atteint 23,68 millions d’unités – soit davantage que la GameCube dont les ventes ont plafonné à 21,7 millions sur l’ensemble de sa carrière.

La base installée de joueurs consomme du jeu vidéo : 9,46 millions de copies de jeux Switch 2 se sont écoulées sur le trimestre (+ 9,2 %). La Switch 1, toujours dans le commerce (0,6 million d’unités vendues), a enregistré une belle performance en termes de jeux avec 33,81 millions de copies, soit + 38,6 % par rapport à l’an dernier. Le phénomène Tomodachi Life: Living the Dream, jouable sur les deux générations de consoles, y a largement participé avec 7,94 millions de copies.

Le chiffre d’affaires a reculé de 9,5 % à 517,8 milliards de yens, soit 2,8 milliards d’euros. En revanche, le résultat opérationnel a bondi de 150,5 % à 142,5 milliards de yens (770 millions d’euros), avec une marge opérationnelle de 27,5 % contre 9,9 % un an plus tôt.

Nintendo a bénéficié d’un coup de pouce providentiel de la part du gouvernement américain : un remboursement des droits de douane de 300 millions de dollars. Ces tarifs, finalement annulés, ont été absorbés par l’entreprise « plutôt que répercutés sur les consommateurs par une hausse des prix des produits », explique Nintendo… qui a tout de même augmenté les tarifs sur plusieurs appareils et accessoires aux États-Unis.

La société a été très claire sur un point : il n’est pas question de reverser cette somme aux consommateurs car ils ont acheté les produits qu’ils souhaitaient acquérir et qu’ils ont « effectivement reçus », s’est-elle défendue face à une plainte de clients mécontents.

Ce remboursement étant un événement ponctuel, les résultats du troisième trimestre montreront une image plus juste des performances réelles de Nintendo. Mais le succès du constructeur au printemps repose aussi sur un mix favorable entre les ventes de logiciels et celles numériques.

iCloud+ : le relais privé d’Apple laisse fuiter l’adresse IP des internautes

6 août 2026 à 07:42
Myskin
iCloud+ : le relais privé d’Apple laisse fuiter l’adresse IP des internautes

Il y a décidément quelque chose qui cloche avec iCloud+. Le bouquet de services payants d’Apple promet de renforcer la confidentialité des internautes, notamment grâce au Relais privé. Mais des chercheurs en sécurité montrent que cette fonction peut faire fuiter l’adresse IP réelle des utilisateurs dans certains cas.

La fonction Relais privé iCloud est censée masquer l’adresse IP de l’internaute. Les requêtes sont redirigées via deux relais distincts : le premier connait l’adresse IP mais pas le site web consulté, le second connait le site web consulté mais pas l’adresse IP. Aucun ne possède toutes les informations permettant d’identifier l’utilisateur et de connaitre les sites visités.

Relais privé, réservé aux abonnés payants iCloud+, n’est pas un VPN au sens classique du terme. La fonction protège la navigation web dans Safari en masquant l’adresse IP et en chiffrant les requêtes DNS. Les VPN redirigent tout le trafic de l’appareil au niveau du système d’exploitation, pour toutes les applications. Les fuites dont il est question aujourd’hui « n’affectent pas les VPN », confirme le chercheur en sécurité Tommy Mysk.

Nouvelle déconvenue pour iCloud+

Avec un autre chercheur, Talal Haj Bakry, ils tirent justement la sonnette d’alarme : certaines requêtes générées par WebKit, le moteur de Safari, échappent au mécanisme de protection de Relais privé et des fonctions de proxy pour partir directement de l’appareil. Un site ou un serveur distant est donc en mesure de voir l’adresse IP réelle de l’utilisateur, malgré l’activation du relais.

Trois fonctions de WebKit sont concernées. D’abord, des vérifications liées aux clés d’accès (passkeys) passent par le service système WebAuthn d’Apple (depuis iOS 18.0), et non par le chemin réseau proxy du navigateur. Ensuite, WebKit ouvrirait directement les connexions HTTP/3/QUIC utilisées par WebTransport (depuis iOS 26.4) sans appliquer le proxy. Le serveur WebTransport peut dès lors « voir » la véritable adresse IP.

Enfin, le dernier souci ne concerne pas l’adresse IP, mais le DNS. La résolution d’un nom de domaine à l’avance (DNS prefetching, depuis iOS 26.0) est réalisée directement depuis l’appareil au lieu de passer par le proxy. Cela laisse fuiter les serveurs DNS réellement utilisés par le terminal.

Pour prouver leur découverte, les deux chercheurs ont mis en ligne un site web capable d’identifier ces fuites et de révéler l’adresse IP réelle d’un internaute, y compris lors de l’utilisation du Relais privé iCloud. « Puisque la requête est émise par le service d’identification du système d’exploitation plutôt que par Safari, elle n’emprunte jamais le chemin proxy de Relais privé », expliquent-ils. « Dans tous les cas, le serveur de destination voit l’adresse IP réelle de l’appareil ».

Signalons que la fuite d’informations est également effective sur macOS avec Safari, et tous les navigateurs tiers reprenant ce moteur.

Apple enquête, un correctif évoqué pour l’automne 2026

Cette découverte remet sérieusement en cause l’efficacité de la fonction iCloud+, et pose aussi problème aux navigateurs basés sur WebKit. Le moteur est obligatoire sous le capot des navigateurs alternatifs distribués dans l’App Store ; même si en Europe, le DMA permet en théorie à un éditeur d’utiliser un autre moteur, dans les faits aucun ne l’a encore fait.

Les chercheurs ont ainsi constaté que ces failles touchaient non seulement Safari, mais également au moins un navigateur Tor sur iOS, Onion Browser. Or, Tor est précisément conçu pour anonymiser le trafic en le faisant circuler dans une succession de relais situés dans différents pays. Ces nouvelles fuites peuvent donc, dans certains cas, exposer l’adresse IP réelle de l’utilisateur.

Mysk explique ne pas avoir contacté Apple en amont de la publication (contrairement à Tor et Onion Browser informés) : « Dans un monde idéal, nous aurions signalé les problèmes à Apple, ils les valideraient et publieraient un correctif rapidement. Malheureusement, sur la base de notre expérience passée avec Apple, signaler ce problème impliquerait des mois de retard, des communications incohérentes et, dans certains cas, un déni total de l’impact du problème ».

Selon un message sur X de Psylo – le navigateur axé sur la vie privée développé par ce même Tommy Mysk –, Apple aurait reproduit ces failles et « prévoit de traiter le problème », avec une correction prévue pour l’automne 2026. Cela fait suite à l’envoi d’un rapport à Apple après la publication du billet de blog. Apple confirme à 404 Media enquêter sur le sujet, mais sans plus de détails.

Espérons que ce soit plus rapide que pour boucher la vulnérabilité de « Masquer mon adresse email », là aussi une fonction iCloud+, qui permettait de retrouver l’adresse email originale. Apple a mis plus d’un an à la corriger.

☕️ Disney+ va diffuser des vidéos verticales de TikTok pour occuper les temps morts

6 août 2026 à 07:03


Disney va ouvrir prudemment son service de streaming aux contenus créés par d’autres que ses studios de production. Le géant américain du divertissement a passé un accord avec TikTok pour enrichir le catalogue de vidéos verticales diffusées dans Disney+ par des productions de créateurs.

Ces formats courts seront créés par des fans qui pourront puiser dans le coffre à jouets de Disney. Les vidéos pourront ainsi intégrer des personnages et des univers tirés directement de Star Wars, des films Pixar et Marvel, ou encore bien sûr directement de Disney.

Les contenus « soigneusement sélectionnés » seront diffusés sur TikTok ainsi que dans Disney+, dans la nouvelle section « Verts » (pour « verticals », rien à voir avec la protection de l’environnement) de l’application lancée en mars aux États-Unis. Celle-ci propose une sélection de vidéos format portrait, qui ne sont autres que des extraits des productions maison.

Allez les Verts dans Disney+.

Cette ouverture très contrôlée vers les créateurs TikTok est présentée comme un moyen de faire mousser l’engagement des abonnés. Ils pourront ouvrir Disney+ pour tuer le temps sans avoir à choisir un programme long. Les détails sont encore bien maigres pour le moment, Disney indique simplement que la nouveauté débarquera aux États-Unis dans les prochains mois.

C’est en tout cas une nouvelle tentative pour Disney+ de partager ses franchises (pas gratuitement, évidemment). L’entreprise avait signé un partenariat avec OpenAI pour exploiter la technologie de Sora afin de générer des vidéos par IA, certaines pouvant être diffusées par Disney+. L’affaire est tombée à l’eau après l’abandon de l’application et plus globalement, des modèles de génération vidéo par OpenAI.

Toujours dans l’optique d’attirer un maximum de paires d’yeux, Josh d’Amaro, le CEO de Disney, a confirmé explorer un accès gratuit à son service de streaming durant les résultats trimestriels du groupe. Il y voit un moyen d’élargir l’audience à une clientèle « plus sensible aux prix », avec une offre financée par la publicité.

Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini

6 août 2026 à 06:34
Fin de partie pour AlphaFold
Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini

Google a procédé à des changements importants au sein de ses équipes d’IA les plus stratégiques. Les spécialistes d’AlphaFold, fleuron scientifique d’Alphabet, garnissent en partie les rangs des groupes chargés du développement de Gemini. Et on a assisté à un jeu de chaises musicales chez DeepMind.

Demis Hassabis, le co-fondateur de DeepMind, prend du recul sur la gestion du labo IA. Il en devient le président, un poste qui lui permettra de superviser les travaux de ses équipes, mais sans s’impliquer dans les opérations du quotidien. Il gagne au passage le statut de chef scientifique d’Alphabet. « Dans ces nouvelles fonctions, je continuerai à travailler en étroite collaboration avec Sundar [Pichai, le CEO d’Alphabet et de Google] sur les questions stratégiques et mondiales liées à l’AGI », l’intelligence artificielle générale, véritable Graal du secteur, explique-t-il.

L’IA contre le cancer

Le chercheur anglais reste à la tête d’Isomorphic Labs, une filiale d’Alphabet qu’il a créée en 2021. Elle est spécialisée dans la découverte de médicaments par IA. « J’ai toujours pensé que la première application de l’IA devait être l’amélioration de la santé humaine », écrit Demis Hassabis. « Il est temps que l’IA prouve sa valeur incontestable au monde, et quel meilleur moyen de le démontrer que de contribuer enfin à guérir des maladies comme le cancer. » De sacrées promesses qu’il va maintenant falloir concrétiser – et commercialiser, en partenariat avec l’industrie pharmaceutique. Novartis et Eli Lilly sont d’ailleurs partenaires.

Koray Kavukcuoglu, l’actuel directeur technologique de DeepMind, prend la place de vice-président senior. Les deux hommes ont travaillé ensemble pendant 13 ans, Kavukcuoglu étant décrit comme « l’un des plus grands experts mondiaux de l’IA [qui] défend la mission de Google DeepMind depuis le premier jour. » Il continuera de développer les modèles Gemini, dont la version 4 est dans les tuyaux, et supervisera la recherche en IA de frontière ainsi que les équipes chargées de Gemini et des outils pour les développeurs.

Enfin, Jeff Dean, chef scientifique de DeepMind et 30ᵉ employé de Google, quitte l’entreprise pour créer Discovery Loop avec le « Google Fellow » Sanjay Ghemawat. Cette société à mission d’intérêt public, soutenue par le géant du web, va développer des solutions IA pour « résoudre automatiquement des problèmes importants en apprentissage automatique, en science et en ingénierie », rien de moins.

AlphaFold pliée

En parallèle, l’équipe d’AlphaFold aurait été démantelée, selon le Financial Times. Ce système IA développé par DeepMind depuis 2018 pour prédire la structure 3D des protéines à partir de leur séquence d’acides aminés a été récompensé par un prix Nobel de chimie en 2024. Près d’un quart des auteurs des articles scientifiques ont quitté Google, les autres ont été réaffectés pour plancher sur les modèles Gemini ou sur des projets autour de la conception d’enzymes, la fusion nucléaire, la génomique, ou sont partis chez Isomorphic Labs.

« Notre stratégie, ces neuf dernières années, a consisté à nous concentrer sur de grands défis, avec un objectif concret autour duquel chaque projet est organisé », explique Pushmeet Kohli, vice-président de la recherche chez Google DeepMind (il a y fondé l’équipe IA pour les sciences). Une stratégie qui a évolué : DeepMind se concentre désormais sur la construction de systèmes basés sur Gemini capables d’épauler les scientifiques. Tout en rivalisant avec OpenAI et Anthropic dans le développement d’agents IA de pointe.

La concurrence est vive sur le terrain des sciences assistées par IA. Anthropic a ainsi lancé cette année Claude Science, une déclinaison de sa technologie conçue pour accompagner la recherche en biologie et la découverte de médicaments. Les changements impulsés par Alphabet ont aussi été pensés pour faciliter le recrutement de têtes bien faites, alors que le vivier de chercheurs capables de bâtir des systèmes d’IA très performants n’est pas très grand.

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Contenus pédocriminels : Telegram rattrapé par ses problèmes de modération

5 août 2026 à 15:56
Un maître chanteur fait dérailler Telegram
Contenus pédocriminels : Telegram rattrapé par ses problèmes de modération

L’application Telegram a été retirée de l’App Store pendant quelques heures en début de semaine. Apple réagissait à la présence de contenus pédocriminels. La messagerie a rapidement réagi pour supprimer le contenu en question et bannir l’utilisateur, ce qui a permis de restaurer l’app dans la boutique. Mais le problème reste entier.

La modération des images pédocriminelles sur Telegram a une fois de plus été prise en défaut. C’était une des raisons pour lesquelles Pavel Durov, cofondateur et PDG de la messagerie, a été arrêté en France durant l’été 2024. La complicité pour détention et diffusion de ce type d’images a fait partie des 12 chefs d’accusation qui ont motivé l’ouverture d’une information judiciaire et l’arrestation du milliardaire franco-russe.

Pavel Durov s’explique

Pavel Durov a depuis retrouvé la liberté, non sans avoir renforcé discrètement les règles de modération de Telegram. Il reste cependant encore bien du travail, puisque Apple a retiré l’application de sa boutique ce lundi 3 août. Elle a retrouvé sa place après quelques heures, non sans avoir passé un coup de balai sur de nouveaux contenus pédocriminels. Apple a expliqué :

« Nous avons brièvement retiré Telegram de l’App Store après que notre examen a révélé du contenu enfreignant nos règles strictes interdisant les contenus relevant d’abus sexuels sur des enfants. L’application a ensuite été rétablie après que le développeur a rapidement supprimé le contenu et banni l’utilisateur qui l’avait publié. »

Apple avait déjà temporairement retiré Telegram de l’App Store en 2018, là aussi pour la même raison. Ce n’est pas la fin de cette nouvelle affaire. Piqué au vif, Pavel Durov a voulu préciser ce qui s’était passé en accusant un « maître chanteur » qui a voulu rançonner des utilisateurs de la messagerie.

Il assure pour commencer que Telegram « supprime rapidement les contenus illégaux des groupes publics » ; pour passer entre les mailles du filet, l’attaquant s’est servi d’une astuce : « Il a inséré du contenu illégal modifié par IA en éditant un ancien message dans un groupe de discussion actif. Résultat : le contenu était en pratique caché aux membres du groupe, les empêchant de le voir et de le signaler. »

Le responsable de cette attaque est « quelqu’un qui exige une rançon des propriétaires de groupes pour ne pas cibler leurs communautés ». Ces maîtres chanteurs utilisent des comptes automatisés pour publier du contenu illégal dans des groupes publics, puis ils le signalent directement à Apple si les responsables refusent de payer. L’idée est de provoquer le retrait de l’application.

Pour Durov, ces attaquants ont trouvé une manière de pousser Apple à réagir « de manière excessive », sans prévenir Telegram au préalable. Un « risque systémique » pour toutes les applications qui hébergent du contenu généré par les utilisateurs. « Si une app utilisée par plus d’un milliard de personnes peut être retirée de l’App Store sans avertissement préalable, n’importe quelle app peut l’être », affirme-t-il.

Une modération « efficace », ou pas

Le patron de Telegram le martèle : la modération sur la messagerie est « efficace », comme le prouve le recours à des contenus antidatés « pratiquement invisibles » pour faire chanter les communautés. Mais « d’autres plateformes ne sont peut-être pas aussi bien préparées ».

Pavel Durov a beau jurer de la probité et de l’efficacité de ses systèmes de modération, la messagerie n’en reste pas moins un repaire de contenus CSAM (child sexual abuse material) ou à caractère sexuel violent non consenti. Un rapport d’AI Forensics avait analysé la manière dont la plateforme est utilisée comme lieu d’échange pour ce type d’images.

Telegram est également sous le coup d’une enquête de l’Ofcom, le régulateur britannique des télécommunications, pour partage de contenus pédocriminels. Fin avril, de ce côté du Channel, c’était l’Arcom qui épinglait l’application pour manque de réactivité sur le retrait des contenus illicites ; en l’occurrence ici, des liens de streaming pour regarder en douce des compétitions sportives.

SpaceX double presque son chiffre d’affaires, mais l’IA plombe l’ambiance

5 août 2026 à 14:35
Des dépenses IA sur orbite
SpaceX double presque son chiffre d’affaires, mais l’IA plombe l’ambiance

Après une introduction en Bourse en fanfare le 12 juin, l’heure est au premier bilan pour SpaceX qui a livré ses tout premiers résultats trimestriels ce 4 août. L’occasion d’en savoir plus sur la véritable santé financière du fourre-tout d’Elon Musk, qui combine des activités de lanceur spatial, d’IA et de réseau social.

Les résultats du deuxième trimestre de SpaceX (ou SpaceXAI) montrent une progression fulgurante du chiffre d’affaires du groupe, à 7,8 milliards de dollars. C’est une croissance de 92 % par rapport au même trimestre de l’an dernier. En revanche, l’entreprise essuie des pertes de 541 millions – ce qui est tout de même mieux que le milliard de dollars de pertes enregistré il y a un an. SpaceX revendique également une trésorerie très confortable de 100 milliards de dollars.

Les investissements en IA plombent les résultats de SpaceX

Un bas de laine qui sera mis à contribution pour financer les dépenses pharaoniques pour l’activité IA : les investissements au service de xAI ont en effet représenté 15,8 milliards de dollars au second trimestre, sur un total de 18,4 milliards. Ce segment a généré pour 2,6 milliards de revenus sur le trimestre, un chiffre en hausse de 247 % sur un an… et de 213 % par rapport au précédent trimestre.

L’entreprise développe certes son propre modèle IA, Grok, qui doit jouer des coudes face à GPT, Claude ou encore Gemini ; si le succès de Grok est tout relatif, son infrastructure peut servir à d’autres, à l’image d’Anthropic qui loue les capacités de calcul du datacenter Colossus. Le carnet commercial du cloud de SpaceX représente 14,1 milliards de dollars.

Colossus, le datacenter qui carbure aux turbines à gaz de SpaceXAI.

Mais tout cela coûte donc très cher, à tel point que cette activité affiche une perte opérationnelle de 1,3 milliard (en recul cependant de quasiment 50 % par rapport au premier trimestre). L’acquisition de Cursor pour la modique somme de 60 milliards de dollars confirme en tout cas que SpaceX a bien l’intention de jouer dans la même cour qu’Anthropic et OpenAI sur le marché du développement de code pour les entreprises. Dans sa version 4.5, Grok se positionne justement sur ses capacités en code et son rapport performances/prix.

Le gros du chiffre d’affaires généré le trimestre dernier par SpaceX concerne Starlink, qui a dégagé des revenus de 4,3 milliards de dollars. C’est 66 % de plus qu’il y a un an, et 32 % de plus qu’au précédent trimestre. Le service de connectivité à internet par satellite compte 12 millions d’abonnés, soit deux fois plus que l’an dernier (+ 1,7 million sur le trimestre). Le revenu moyen par abonné (ARPU) est de 66 dollars par mois, stable par rapport au premier trimestre, mais en net recul de 22 % par rapport à l’an dernier où il s’établissait à 85 dollars. L’expansion à l’international a obligé Starlink à faire des efforts tarifaires.

Au-delà du grand public, Starlink fait aussi et surtout le plein auprès des entreprises et du gouvernement (les liens entre Elon Musk et Donald Trump doivent aider à décrocher facilement des contrats…). Les revenus progressent de 108 % sur un an, et de 63 % sur un trimestre, grâce aux accords passés avec des compagnies aériennes qui proposent un accès internet en vol.

Le service de téléphonie par satellite (« direct-to-cell ») de SpaceX est présenté comme un moyen d’étendre encore l’activité de Starlink, y compris au détriment des opérateurs traditionnels. La présidente Gwynne Shotwell a annoncé que l’entreprise comptait bâtir une infrastructure terrestre pour compléter le réseau de satellite dans l’idée de fournir « un véritable service mobile ».

SpaceX a acheté pour 19,6 milliards de dollars de fréquences à EchoStar en novembre dernier, pour « accélérer la mise en place d’offres direct-to-cell pour les consommateurs et les entreprises ». SpaceX bénéficie aussi des contrats publics : l’entreprise a signé des contrats de plus de 6 milliards de dollars pour Starshield, la version sécurisée du service de Starlink pour les gouvernements et les usages militaires.

L’action explose au décollage

Au bout du compte, l’activité « historique » de SpaceX, les lanceurs spatiaux, est aussi celle qui a généré le moins de revenus sur le trimestre : 962 millions « seulement ». C’est tout de même 29 % de plus qu’il y a un an, et 55 % par rapport au premier trimestre.

Sur les six premiers mois de l’année, SpaceX a procédé à 78 lancements, pour un total de 1 041 tonnes envoyées en orbite. Dont une grande partie destinée aux satellites de Starlink… Les lancements se multiplient en circuit fermé, mais tout cela coûte toujours très cher : les dépenses – en particulier en R&D – ont augmenté de 389 millions sur un an, principalement pour financer le développement de la fusée Starship V3 et de ses capacités de réemploi.

Enfin, les résultats de SpaceX permettent d’avoir une idée beaucoup plus claire et précise du chiffre d’affaires publicitaire de X (anciennement Twitter). Ce n’est pas glorieux à 367 millions de dollars, en baisse de 14 % par rapport à l’an dernier. Sur le premier semestre, le réseau social a engrangé 710 millions de dollars de pubs, soit 160 millions de moins qu’en 2025 sur la même période. Twitter mise désormais davantage sur les abonnements payants.

Ces résultats n’ont pas eu l’heur de satisfaire les investisseurs : hors cote, le titre dévissait de 10 %, une dégringolade due à l’annonce des dépenses d’infrastructures pour l’IA. Et ce n’est pas terminé. « SpaceX prévoit de dépasser les deux gigawatts de capacité de calcul dès cette année, puis de s’approcher des 10 gigawatts d’ici la fin de l’année prochaine », a déclaré Elon Musk.

L’action a déjà fortement reculé depuis l’IPO : lancée à 160 dollars, elle a dépassé les 200 dollars puis rapidement repassé sous son cours d’introduction. Elle se montait hier soir à 115 dollars.

☕️ Bien sûr que Doom tourne dans Paint

5 août 2026 à 08:10


Doom peut tourner sur à peu près n’importe quoi : dans Photoshop via un plugin, un routeur UniFi, dans ScummVM (pas très rapidement, certes), un appareil photo Canon de 2007… Alors, vous pensez bien que l’ancêtre des boomer shooters trouve naturellement sa place dans Paint.

Mark Russinovich, directeur technique d’Azure, s’est penché sur le problème et a trouvé la solution : faire tourner la version shareware de Doom dans ViZDoom, puis transférer frénétiquement chaque image vers Paint par l’intermédiaire du presse-papiers. « Chaque image est ensuite placée dans le presse-papiers de Windows, puis collée sur la zone de dessin de Paint comme une véritable modification du document », explique-t-il dans le dépôt GitHub du projet.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le framerate du jeu est plutôt honorable, jusqu’à 35 images par seconde. Le CTO admet toutefois que la fréquence d’images peut parfois tomber à celle d’un tableur, mais « ça fait partie du charme ».

En bonus, il est possible de sauvegarder à tout moment, ce qui donne… une image PNG. « Du point de vue de Paint, c’est bien vous qui l’avez dessinée », ajoute-t-il. « Paint affiche le jeu, mais ne le fait pas tourner. Paint ne calcule rien. Paint n’a jamais rien calculé. C’est justement ça, la blague. »

DoomPaint – c’est le nom du projet – est distribué sous licence MIT. On trouvera dans le dépôt tout le nécessaire pour l’installer sur son PC, à une définition allant jusqu’à 640 x 400 pixels.

Les smartphones pas chers paient le prix fort de la crise de la mémoire

5 août 2026 à 07:37
Argent trop cher, la mémoire n'a pas de prix
Les smartphones pas chers paient le prix fort de la crise de la mémoire

Le marché des smartphones rabougrit à vue d’œil. La crise de la mémoire enchérit la facture des composants de tous les constructeurs, mais c’est particulièrement sensible dans l’entrée de gamme, un secteur où les marges n’étaient déjà pas bien épaisses.

La mémoire – DRAM et NAND – représentait de 59 à 64 % de la facture de composants (BOM) des smartphones de moins de 400 dollars au premier trimestre, selon Omdia. Une progression de quasiment 100 % par rapport au troisième trimestre 2025. Dans ces conditions, les constructeurs de ces appareils sont obligés de rogner sur absolument tout le reste pour garder des prix serrés : qualité de l’écran, nombre de capteurs, modules radio…

Mais à ce niveau de coût – les prix de la mémoire ont augmenté de plus de 200 % entre 2025 et 2026 (jusqu’à x5 pour les clients) –, économiser sur d’autres composants est encore insuffisant, ce d’autant qu’en échange de gains sur les parts de marché, les constructeurs spécialisés dans l’entrée de gamme rognent sur leurs marges. Ce n’est plus possible ici : Xiaomi, Honor, Vivo, Oppo ou encore Transsion ont tous annoncé des hausses de prix sur leurs smartphones.

La douille de la mémoire

Répercuter l’explosion des coûts de la mémoire sur les clients est cependant une arme à double tranchant. Certes, cela permet de compenser pour le stockage et de la mémoire vive, et ainsi de sauvegarder ce qui reste de marge. Mais les consommateurs de ce segment de marché sont extrêmement sensibles aux prix ; par conséquent, la demande devrait fortement se réduire. Omdia prévoit ainsi un recul des livraisons de 22 % sur l’entrée de gamme en 2026, ce qui contribuera fortement à la baisse attendue de 12 % sur l’ensemble du marché.

La part de la mémoire (NAND et DRAM) sur la facture des composants des smartphones. Image : Omdia

Les segments milieu et haut de gamme devraient de leur côté se porter pas trop mal au vu des circonstances, avec une progression attendue des livraisons de 5,7 %. D’une part, les constructeurs se concentrent désormais sur ces segments du marché, qui s’adressent à des consommateurs moins sensibles aux prix. Les marges de manœuvre sont donc plus importantes. La mémoire pèse évidemment très lourd dans la facture de composants, sa part augmente même de plus de 100 % entre le 3ᵉ trimestre 2025 et le premier trimestre 2026.

Avec une part de 26 % dans la BOM des smartphones premium (800 dollars et plus), le poids de la mémoire n’est effectivement pas négligeable. Mais les fabricants peuvent compenser en jouant sur les prix et les spécifications des puces, des capteurs photo et des écrans. Ce sont parfois des économies de bouts de chandelle, comme troquer les écrans OLED LTPS par des modèles LTPO ; la facture de composants ne s’allège que de 3 à 5 dollars, mais sur le volume, cela peut représenter de jolies sommes.

Les économies sont plus substantielles sur la puce : en réutilisant le SoC haut de gamme de l’an dernier dans leurs nouveaux modèles, les constructeurs peuvent espérer réduire les coûts de 30 à 40 %. Ils ont plutôt intérêt à faire des provisions dès maintenant : Qualcomm, qui fournit de nombreux fabricants de smartphones, a en effet annoncé une hausse de prix sur l’ensemble de sa gamme à partir du 1ᵉʳ septembre.

« Les coûts ont augmenté, les prix vont donc augmenter », a confirmé Cristiano Amon, directeur général de Qualcomm, à CNBC fin juillet. « L’industrie des semi-conducteurs connaît une hausse généralisée de ses coûts, qui touche la fabrication des wafers, l’assemblage, les tests, le packaging avancé, la mémoire et d’autres matériaux », a précisé l’entreprise durant ses résultats trimestriels.

Si le dirigeant est sur la même longueur d’onde qu’Omdia, son diagnostic est plus sévère : même sur le segment Android à plus de 400 dollars, les consommateurs sont à la recherche de prix plus bas. « Dans la catégorie premium, les préférences des consommateurs évoluent vers le bas de ce segment, ainsi que vers les modèles de l’an dernier, en raison de la hausse des prix de la mémoire », indique-t-il.

Néanmoins, la pression sur les marges demeure, selon lui, « un phénomène temporaire, à court terme, auquel nous répondons par des hausses de prix. » Peut-être que les marges vont se reconstituer au fil du temps, mais il y a tout lieu de craindre que les prix des smartphones vont rester élevés pendant encore un long moment.

Vers une disparition de l’entrée de gamme ?

Une étude de Counterpoint Research confirme d’ailleurs que les fabricants sont à la recherche de puces meilleur marché : les livraisons de SoC MediaTek (qui fournit surtout l’entrée de gamme) et Qualcomm ont reculé de respectivement 5 et 4 points entre le premier semestre 2025 et les six premiers mois de l’année.

Les expéditions de SoC entre le 1er semestre 2025 et le 1er semestre 2026. Image : Contrepoint

Les constructeurs de smartphones d’entrée et de milieu de gamme produisant moins d’unités, leurs commandes de puces baissent logiquement. Counterpoint relève toutefois une particularité : les livraisons d’Unisoc ont progressé de 2 points, à 13 %. Le fabricant chinois est spécialisé dans les puces très abordables, d’ailleurs c’est sa plateforme 4G qui lui a permis d’engranger cette croissance.

Globalement, les expéditions de SoC ont baissé de 15 % d’une année sur l’autre. Les modèles plus haut de gamme d’Apple et de Samsung n’ont pas eu à souffrir : la progression des livraisons de leurs puces s’établit à 3 points dans les deux cas (à respectivement 19 et 8 %). « Le marché de l’entrée de gamme devrait être le plus durement touché, avec des expéditions susceptibles de chuter de plus de 30 % sur un an cette année », pointe Soumen Mandal, analyste chez Counterpoint. Il ne s’attend pas à une normalisation de l’offre de mémoire avant le second semestre de l’année prochaine.

Malgré tout, la capacité mémoire des smartphones a continué de croître, avec une moyenne de 8,3 Go de RAM (+ 5,5 %) et 279 Go de stockage (+ 10,1 %) en moyenne au premier trimestre, selon une autre étude d’Omdia. Cela parait contre-intuitif au vu de la situation actuelle sur le marché de la mémoire, mais ces hausses sont uniquement portées par les smartphones haut de gamme : cela permet de justifier des prix plus élevés.

En revanche, les fabricants de modèles d’entrée et de milieu de gamme ont plutôt tendance à geler ou carrément baisser les dotations en mémoire. Omdia indique ainsi que les enveloppes moyennes de DRAM et de NAND sur les smartphones de moins de 400 dollars ont rétréci. Des smartphones plus chers et moins bien équipés : c’est la réalité que vivront des millions d’utilisateurs dans les prochains mois.

☕️ Record pour le bug bounty de Microsoft : 20 millions de dollars distribués en un an

5 août 2026 à 06:42


Nouveau record pour le bug bounty de Microsoft. Sur le dernier exercice annuel, le programme a distribué 20 millions de dollars de récompenses à 562 chercheurs en sécurité répartis entre 64 pays. La détection de bugs et de failles s’est accélérée sur les six derniers mois grâce à l’IA.

Le programme de chasse aux bugs de Microsoft a donc fait le plein entre le 1ᵉʳ juillet 2025 et le 30 juin 2026. Durant l’exercice précédent, l’éditeur a distribué 3 millions de dollars supplémentaires à 218 chercheurs de plus. 2 531 rapports de bugs ont été éligibles au bug bounty pendant l’exercice.

Image : Microsoft

« Cette année a été marquée par une forte croissance des programmes de récompenses de Microsoft pour la découverte de vulnérabilités, ce qui nous a permis de distinguer davantage de chercheurs et de failles de sécurité à fort impact », explique l’entreprise.

L’an dernier, Microsoft a agrandi son programme pour récompenser les « recherches importantes » qui vont au-delà du périmètre classique des primes aux failles : logiciels open-source, composants tiers, services cloud. Un élargissement qui a permis à l’entreprise de recevoir « plus de 300 signalements supplémentaires et versé plus de 800 000 dollars de récompenses pour des vulnérabilités qui n’auraient auparavant pas été admissibles. »

Dans son bilan, Microsoft ajoute avoir également « constaté une hausse notable du nombre de signalements au cours du second semestre, qui témoigne à la fois de la forte mobilisation de la communauté des chercheurs et de l’utilisation croissante de l’IA dans la recherche en sécurité. »

Les modèles IA se montrent en effet plutôt doués pour fouiner dans le code logiciel afin d’y repérer des vulnérabilités, et c’est encore plus le cas des modèles spécialisés. On assiste actuellement à une véritable course aux correctifs de la part non seulement de Microsoft, mais aussi d’Apple et de tous les autres constructeurs et éditeurs : leurs mises à jour récentes regorgent en effet de correctifs de sécurité.

Apple a même dû mettre en place un plafond et un délai de carence pour les signalements, afin d’éviter de se noyer dans les rapports de bugs générés par IA.

☕️ EA change officiellement de propriétaires, avec déjà une lourde dette à rembourser

5 août 2026 à 06:03


Electronic Arts passe officiellement entre les mains d’un consortium à majorité saoudienne. Le géant américain du jeu vidéo a annoncé son acquisition par trois fonds d’investissements : le PIF (fonds public d’investissement) d’Arabie saoudite présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, ainsi que les Américains Silver Lake Capital et Affinity Partners. Ce dernier est géré par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

L’annonce de l’opération remonte au mois de septembre 2025, et elle a été menée tambour battant auprès des régulateurs. La Commission européenne a ainsi donné son feu vert le 23 juillet, après l’aval des autorités américaines.

Andrew Wilson, président et directeur général d’EA, a pour l’occasion sorti les grands mots : « Ce moment rend hommage aux personnes extraordinaires dont la créativité, l’ambition et la passion ont fait d’EA l’une des plus grandes entreprises mondiales du divertissement interactif ». Mais, il lorgne surtout sur le nombre de zéros inscrit sur le chèque : 55 milliards de dollars. Soit la deuxième plus grosse acquisition du secteur après le rachat d’Activision Blizzard King par Microsoft (69 milliards).

EA sort donc du NASDAQ, 37 ans après sa première cotation boursière. Les actionnaires ne vont pas y perdre au change, ils recevront en effet 210 dollars en cash pour chaque action détenue. Avant l’annonce de l’offre publique d’achat (OPA) en septembre dernier, l’action tournait autour des 170 dollars, soit une prime de 25 %. Pas une mauvaise affaire, donc.

Les lunettes roses de l’acquisition ne devraient pas rester très longtemps sur le nez des nouveaux proprios. Les résultats du premier trimestre de l’éditeur ne sont pas nécessairement au beau fixe : 1,35 milliard de dollars de ventes et de dépenses dans les jeux (« net bookings »), moins que les 1,48 milliard attendus par les analystes.

La principale faiblesse vient de Battlefield 6. Malgré un lancement solide l’an dernier, le titre peine à maintenir l’engagement des joueurs. Le doute est de mise sur la capacité du concurrent de Call of Duty à générer des revenus sur le long terme, via les achats intégrés et son modèle live-service. Le bénéfice du trimestre a toutefois presque doublé, à 397 millions de dollars, contre 201 millions un an plus tôt. EA gagne donc davantage d’argent, même si son niveau d’activité mesuré par les ventes déçoit.

EA, dont le siège social reste à Redwood City, en Californie, va désormais devoir générer suffisamment de trésorerie pour financer ses activités tout en assurant le service d’une lourde dette. L’acquisition a en effet pris la forme d’un LBO (« leveraged buyout »), un montage dans lequel une partie du rachat est financée par des emprunts que les revenus de l’entreprise acquise doivent ensuite contribuer à rembourser.

Cela représente la bagatelle de 20 milliards de dollars de dette pour EA, dont les intérêts et le remboursement pèseront très fort sur la trésorerie. Pour le moment, aucun plan d’économies, de licenciements ou de fermeture de studio n’a été annoncé.

Reçu — 4 août 2026 Next - Articles gratuits

Microsoft obtient d’Apple un copier-coller entre iPhone et PC

4 août 2026 à 14:55
Apple et Microsoft à la colle
Microsoft obtient d’Apple un copier-coller entre iPhone et PC

Le copier-coller devrait fonctionner de manière aussi transparente entre les OS d’Apple qu’entre un PC et un iPhone. Microsoft va obtenir d’Apple un équivalent de son presse-papier universel, mais pas avant l’automne 2027 au plus tôt, et probablement limité à l’Union européenne.

Apple va développer un mécanisme qui permettra à l’utilisateur d’un PC Windows de copier du texte ou un document, pour le coller sur son iPhone (et vice-versa). Microsoft a déposé une demande d’interopérabilité en mars dernier, dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA) comme le rapporte MacRumors. Le constructeur de Cupertino, en sa qualité de contrôleur d’accès, doit en effet assurer une interopérabilité gratuite et effective : les concurrents doivent être en mesure d’accéder aux mêmes fonctions d’iOS qu’Apple.

Copier sur l’iPhone, coller sur Windows

Microsoft explique dans sa demande qu’actuellement, une application destinée à Windows ne peut pas surveiller continuellement le presse-papiers d’iOS : il faut que l’app fonctionne activement au premier plan. De plus, l’utilisateur doit autoriser explicitement l’accès au presse-papiers à chaque fois. Des contraintes qui empêchent la synchronisation transparente de ce contenu.

« Le copier-coller entre appareils exige des actions explicites et répétées de la part de l’utilisateur, et ne peut pas fonctionner comme une expérience continue, intégrée au système, comparable à celle proposée entre iOS et macOS », déplore l’éditeur.

Image : Apple

Le presse-papiers universel entre appareils Apple est effectivement un modèle du genre. Pourtant, pour que les concurrents puissent bénéficier d’une expérience similaire, Apple doit intervenir « car les limitations actuelles découlent du fonctionnement de la plateforme et des interfaces système disponibles, et non de contraintes techniques que les développeurs tiers pourraient lever par eux-mêmes », précise Microsoft.

Une fonction qui ne coule pas de source

Dans sa réponse, Apple ne promet pas l’ouverture de son presse-papiers. En revanche, l’entreprise propose un mécanisme beaucoup plus encadré qui passera par une seule autorisation de partage du presse-papiers allouée à l’appareil associé (le PC, en l’occurrence). Le mécanisme en lui-même repose sur une extension qui pourra envoyer son contenu au PC en arrière-plan ; elle serait aussi en mesure d’importer des éléments (de Windows vers l’iPhone).

La transmission se baserait sur l’Accessory Transport Extension framework, et le jumelage sur AccessorySetupKit. Il ne serait ensuite plus nécessaire d’ouvrir une application sur l’iPhone ni de valider chaque transfert, le copier/coller serait donc transparent entre les deux appareils. Attention cependant, cette fonction ne sera pas lancée avant un moment : « Il s’agit d’un chantier d’ingénierie conséquent », prévient Apple.

Le groupe prévoit de terminer le développement de sa solution à l’automne 2027, puis de la proposer en version bêta juste après. Autant dire que le grand public devra se montrer patient avant de pouvoir copier/coller quelque chose entre un PC et un iPhone comme entre un Mac et le smartphone. Toutefois, la fonction est officiellement en chantier. Puisqu’il s’agit d’une demande d’interopérabilité liée au DMA, rien ne dit qu’Apple l’étendra au-delà de l’Union européenne.

Apple a déjà dû faire des concessions sur le plan de l’interopérabilité en Europe. iOS 26.5 a par exemple apporté aux montres connectées autres que l’Apple Watch la possibilité d’interagir avec les notifications envoyées par un iPhone (elles étaient auparavant en lecture seule).

Apple attaque de nouveau OpenAI, qui se défend en public

4 août 2026 à 13:33
Laver son linge sale
Apple attaque de nouveau OpenAI, qui se défend en public

Nouvel épisode dans ce qui va devenir une saga au long cours, celle qui oppose Apple à OpenAI. Le premier a déposé plainte contre le second le mois dernier : l’entreprise d’IA se serait rendue coupable de vol de secrets industriels pour accélérer la conception de nouveaux appareils. Apple demande désormais une injonction, alors qu’OpenAI prend le grand public à témoin.

Apple réclame donc une injonction préliminaire à la justice. Si cette ordonnance devait être accordée, elle empêcherait OpenAI d’accéder à certaines informations confidentielles d’Apple, de les acquérir ou de les transmettre. Ce faisant, le constructeur informatique cherche à ralentir le développement des premiers appareils d’OpenAI, le temps de déterminer si des secrets industriels ont bel et bien été volés.

OpenAI dénonce un dossier bancal

L’entreprise va devoir convaincre la juge en charge du dossier, Virginia K. DeMarchi, que son dossier est suffisamment costaud pour avoir des chances de l’emporter devant le tribunal. « Apple subira un préjudice irréparable si aucune injonction préliminaire n’est prononcée », affirme le groupe dans le document consulté par Reuters.

Apple réclame également une procédure de découverte accélérée : elle veut obtenir rapidement des documents internes d’OpenAI et interroger sous serment plusieurs personnes. Certaines d’entre elles sont citées dans la plainte, à commencer par Chang Liu, un ancien ingénieur, et Tang Tan, ex-vice président en charge du design d’appareils comme l’iPhone et l’Apple Watch. Il s’agit pour le groupe de collecter davantage de preuves.

OpenAI a choisi de se défendre publiquement de toute malversation, en publiant sur son blog un nouvel article, « Apple fait fausse route ». L’entreprise assure que « la demande d’injonction préliminaire d’Apple repose sur des informations erronées et est totalement inutile, car nous ne détenons aucun de ses secrets commerciaux et n’en voulons aucun. » Une défense qui, bien sûr, contraste complètement avec les accusations d’Apple.

OpenAI publie aussi des extraits de conversations sur iMessage entre Chang Liu et d’anciens collègues restés chez Apple, qui lui demandent de les aider dans leur travail alors qu’il a déjà rejoint OpenAI. L’entreprise cherche ici à donner une autre lecture des faits : l’ingénieur n’aurait pas fouiné clandestinement dans des documents confidentiels d’Apple, il se serait contenté de répondre à des questions d’employés.

La note de blog rappelle aussi le quiproquo survenu en février : Apple affirmait alors avoir contacté OpenAI sans obtenir de réponse, mais a finalement reconnu que ses avocats avaient écrit à la mauvaise personne, après avoir confondu deux noms de famille. Le groupe avait également assuré avoir échangé avec le directeur juridique d’OpenAI, une conversation qui n’a jamais eu lieu.

OpenAI, qui reproduit des extraits d’échange avec l’avocat d’Apple, souligne surtout que les accusations du constructeur n’ont pas été évoquées à l’époque. Cinq mois plus tard, Apple déposait sa plainte.

Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

4 août 2026 à 06:59
Derrière l’écran, le tunnel
Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

À quelques semaines d’écart, LG et Samsung ont annoncé la suspension ou l’interdiction sur leurs plateformes de téléviseurs connectés d’applications intégrant des systèmes de proxy résidentiel. Il en existe des utilisations légitimes, mais le manque de transparence de ces SDK, leur activation à distance et la difficulté pour les utilisateurs de comprendre ce à quoi ils consentent posent un vrai problème de confiance.

Début juillet, la société spécialisée en sécurité informatique Spur révélait que 42 % des applications proposées au téléchargement sur webOS – la plateforme smart TV de LG – intégraient des SDK permettant de transformer les téléviseurs connectés du constructeur en nœuds de sortie de proxy résidentiel. La même étude indiquait qu’au moins un quart des téléviseurs de Samsung fonctionnant sous Tizen embarquaient les mêmes composants.

Une fois la télé transformée en nœud de sortie proxy résidentiel, l’IP de l’utilisateur est utilisée par des services pour accéder à Internet… avec tous les risques que cela entraine, surtout en cas d’IP fixe. L’adresse peut être signalée en cas de scraping massif, de contournement de blocage, ou encore si elle sert de courroie de transmission à une activité frauduleuse. Le propriétaire de la télévision pourrait alors avoir des problèmes, sans oublier qu’un tel proxy peut générer de la latence sur son accès internet.

Quoi de neuf à la télé ce soir ? Un proxy

La branche américaine de LG a annoncé à KrebsOnSecurity que le constructeur travaillait avec les développeurs tiers au retrait dans leurs applications de cette fonction de proxy résidentiel. Et les développeurs qui s’y refuseront subiront une suspension de leurs applications. « Un réseau de proxy résidentiel n’est pas un usage prévu pour les téléviseurs connectés LG », déclarait le 21 juillet John Taylor, vice-président de LG Electronics USA.

L’examen des applications était déjà « bien avancé », assure le dirigeant, et « LG continuera de renforcer son processus d’évaluation des applications soumises par les développeurs, y compris celles qui intègrent des SDK de proxy résidentiel ». Au passage, LG file un mauvais coton en ce moment, après la controverse sur l’antivirus McAfee proposé de manière agressive aux utilisateurs de certains de ses moniteurs PC.

Une autre enquête, réalisée cette fois par Mnemonic, explique que des jeux distribués par la boutique de Samsung pour ses smart TV contiennent le kit de développement de Bright Data, une société israélienne qui commercialise des proxys résidentiels donnant accès à des millions de réseaux dans le monde.

Il existe des utilisations légitimes pour le proxy résidentiel, par exemple pour vérifier l’efficacité de dispositifs de censure ou de blocage géographique (voir si certains contenus sont accessibles depuis différents endroits), collecter des données publiques pour comparer des prix, ou encore pour contrôler la conformité de publicités (des marques peuvent vérifier que leurs pubs apparaissent correctement sans être associées à des contenus problématiques). Les proxys résidentiels sont prisés car ils ressemblent à du trafic humain « normal ».

Pac-Man et la connexion fantôme

Les téléviseurs enrôlés comme nœuds de sortie via Bright Data peuvent être utilisés pour télécharger des montagnes de données publiques sur le web depuis plusieurs sources à la fois pour éviter les protections anti-scraping. Mnemonic a observé du scraping de profils LinkedIn à grande échelle, ainsi que de la collecte de données pour entraîner des IA. Ce SDK, qui est aussi majoritairement présent dans les apps de proxy résidentiel distribuées par LG, veut pourtant montrer patte blanche.

Bright Data l’affirme à KrebsOnSecurity : « Chaque utilisateur accepte explicitement de participer via un écran de consentement et reçoit une contrepartie en retour ; chaque client est vérifié, et nos pratiques ont désormais fait l’objet d’un deuxième audit indépendant par PwC. » L’entreprise poursuit : « Nous restons attachés à un internet ouvert et transparent, où les entreprises légitimes, les chercheurs et les institutions peuvent accéder de manière responsable aux données relevant du domaine public. »

L’architecture de ces applications, comme la mise en avant de certaines d’entre elles par Samsung dans sa boutique, soulève des questions. Mnemonic indique que tout est « officiel » : le SDK est « dormant » tant que le téléspectateur n’a pas donné son accord… mais les apps ne sont que des coquilles vides qui chargent ensuite le vrai code depuis un serveur distant. Ce que Samsung ou LG vérifient dans leurs boutiques n’est donc pas ce qui se lance sur la télé.

Image : Mnemonic

Les jeux Pac-Man et 2048 Football Cup proposent par exemple une expérience « sans pub », pour peu que l’utilisateur accepte que son téléviseur télécharge des données publiques depuis internet en utilisant l’adresse IP de l’appareil. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » prend ici tout son sens.

Emboîtant le pas de son rival, Samsung a donc commencé à restreindre l’apparition de nouvelles apps intégrant de telles fonctions sur sa plateforme Tizen. « Nous mettons actuellement en place des politiques strictes à l’échelle de la plateforme pour les développeurs, interdisant explicitement les SDK de proxy résidentiel, et nous travaillons à identifier et supprimer toutes les applications actuellement disponibles dans notre boutique qui contiennent ces composants », ajoute un porte-parole de l’entreprise à TechCrunch.

Les proxys résidentiels sont une « menace croissante dans le cyberespace »

Il y a deux ans déjà, Orange alertait sur les proxys résidentiels qui « représentent une menace croissante dans le cyberespace, car ils sont fréquemment utilisés par des groupes d’attaquants qui ainsi se cachent au sein du trafic légitime, mais aussi agissent de manière légitime […] Pour obtenir une infrastructure pouvant atteindre plusieurs millions d’hôtes, les fournisseurs de proxys résidentiels utilisent des techniques qui peuvent induire en erreur les utilisateurs qui installent des logiciels tiers ».

Le nombre d’adresses IP est un point crucial pour les proxys résidentiels, un déploiement massif des points de sortie est donc primordial : « Ces points de sortie incluent les adresses IP des routeurs domestiques, des ordinateurs personnels, des téléviseurs intelligents et, de plus en plus, des téléphones mobiles utilisant les réseaux 4G et 5G ». Il y a des utilisateurs prêts à louer leur connexion, mais aussi d’autres piratés et tout un dégradé de nuances entre ces deux extrêmes.

Depuis maintenant plusieurs années, une des stratégies des proxys résidentiels « est l’implication d’utilisateurs conscients et volontaires », mais qui ne comprennent pas toujours « l’utilisation finale de leur connexion Internet ». Dans le cas présent, nous y sommes probablement.

Côté développeurs, certains proxys résidentiels proposent une sorte de « PaaS » ou « Proxyware as a service » avec un kit pour intégrer directement et facilement cette fonctionnalité dans leur application.

Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

4 août 2026 à 06:04
Un coffre-fort qui manque de combinaisons
Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

Mauvaise surprise pour des utilisateurs de portefeuilles de bitcoins de Coldcard. Des petits malins ont su reconstituer leurs phrases de récupération, générées par une méthode trop simple. Résultat, plus de 110 millions de dollars dérobés, et un rappel utile : les clés cryptographiques ne valent que si le système qui les crée est réellement imprévisible.

Une erreur de programmation aurait empêché certains wallets du fabricant Coldcard d’utiliser leur générateur matériel de nombres aléatoires pour créer des « seeds », ces phrases de récupération de 12 ou 24 mots. Cette erreur logicielle aurait poussé le générateur de ces portefeuilles à se rabattre sur une méthode reposant sur des données relativement prévisibles (numéro de série de la puce ou encore valeurs liées à l’horloge), explique l’équipe Bitcoin Engineering and Security de Block.

Plus de 100 millions de dollars volatilisés

Le 30 juillet, 1 196 adresses ont été entièrement vidées pour un peu plus de 1 082 bitcoins, ce qui représente environ 70 millions de dollars selon les calculs de Galaxy Research. L’opération a été rapide, elle n’a duré en tout et pour tout 41 minutes. Deux autres vagues ont eu lieu par la suite, pour un total de 1 816 BTC, soit 114 millions de dollars.

Image : Coldcard

Les bitcoins ne sont pas stockés dans les wallets Coldcard eux-mêmes, mais sur la blockchain ; le portefeuille physique ne conserve que les clés privées permettant de déplacer les bitcoins. En temps normal, ces clés sont impossibles à deviner. Mais dans ce cas, une entropie très insuffisante – autrement dit un hasard « prévisible » – aurait considérablement réduit le nombre de phrases de récupération possibles.

L’erreur ne venait pas de l’absence d’un générateur matériel de nombres aléatoires, mais d’un mauvais branchement logiciel. Le code chargé de créer les phrases de récupération appelait par erreur un générateur de secours alimenté notamment par l’identifiant de la puce et des valeurs d’horloge. Sur les anciens wallets Mk2 et Mk3 concernés, aucun véritable hasard cryptographique ne venait corriger cette faiblesse. Sur les modèles plus récents, Coldcard ajoutait bien une source sécurisée, mais n’en conservait que 32 bits, réduisant fortement le nombre de seeds possibles.

L’attaquant n’avait donc pas besoin de pirater les appareils : il lui suffisait de reproduire le générateur défaillant sur ses propres machines, puis de tester les seeds candidates. Toutes les clés privées et les adresses du propriétaire en découlent, c’est pourquoi il importe que la seed soit choisie de manière complètement aléatoire et imprévisible, ce qui n’était pas le cas ici.

Les fonds volés sont regroupés sur quatre adresses bitcoin. Leur parcours peut être suivi publiquement, mais les identités des personnes qui contrôlent ces adresses restent inconnues, sauf à recouper ces transactions avec d’autres informations, par exemple celles d’une plateforme d’échange. Il se trouve que l’attaquant aurait utilisé un compte payant auprès d’un fournisseur de données blockchain pour interroger les adresses au moment du vol.

Ces informations ne proviennent pas d’une plateforme d’échange, mais un compte payant peut laisser des traces potentiellement exploitables pour remettre la main sur le ou les auteurs de ce casse. Quant aux utilisateurs de Coldcard, ils ne doivent pas se contenter de mettre à jour leurs portefeuilles. Il faut aussi et surtout créer une nouvelle seed à partir d’un système mis à jour, puis transférer les cryptos vers les nouvelles adresses.

Des clés aux pieds d’argile

Cette histoire rappelle que les clés, même très longues (128 ou 256 bits) ne sont aussi solides que la méthode cryptographique qui sert à les générer. Si elle ne produit qu’un petit nombre de valeurs possibles, la sécurité de la clé devient largement illusoire. Dans le cas Coldcard, les wallets Mk4, Q et Mk5 généraient des clés d’environ quatre milliards de suites réellement distinctes. Un nombre immense à l’échelle humaine, mais suffisamment réduit pour pouvoir être exploré par des ordinateurs.

Il y a plusieurs exemples de mécanismes cryptographiques robustes, mais affaiblis par leur implémentation. On peut rappeler la découverte du groupe fail0verflow qui, fin 2010, révélait la clé privée permettant de signer les jeux et les logiciels de la PS3. Il devenait donc possible de faire tourner des homebrews et des programmes non autorisés par Sony sur la console.

L’algorithme ECDSA utilisé exigeait une valeur secrète différente pour chaque signature (« nonce »). Mais voilà, la PS3 réutilisait la même valeur… En comparant plusieurs signatures, les bidouilleurs ont pu calculer la clé utilisée par Sony. Le problème ne résidait pas dans l’algorithme en lui-même, mais dans son implémentation.

Autre exemple célèbre : en 2014, le National Institute of Standards and Technology (NIST) américain retirait un algorithme cryptographique de son projet de recommandations sur les générateurs de nombres pseudo-aléatoires. Il s’agissait de Dual_EC_DRBG, qui était très lent, favorisait certains nombres plutôt que d’autres, et avait cette réputation d’être un tuyau percé.

En septembre 2013, des documents révélés par Edward Snowden ont ravivé les soupçons autour de cet algorithme, soupçonné depuis plusieurs années de contenir une porte dérobée conçue par la NSA. L’agence avait justement insisté auprès du NIST pour conserver Dual_EC_DRBG, alors que ses faiblesses étaient connues depuis 2007.

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