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Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

24 juin 2026 à 15:11
Mêmes règles pour tous ?
Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Contempteur de l’encyclopédie participative depuis déjà plusieurs années après avoir participé à sa fondation, Larry Sanger vient d’en être banni pour avoir demandé de l’aide en dehors du site pour influencer son contenu.

Larry Sanger est l’un des cofondateurs de Wikipédia et même de son ancêtre plus élitiste, Nupedia. Mais après plus de 25 ans d’existence, il vient d’être banni de l’encyclopédie. La page de son profil indique « Cet utilisateur est actuellement bloqué », et ce avec une durée de validité indéterminée.

Cela fait des années que Larry Sanger critique Wikipédia. L’année dernière, il se réjouissait que les Républicains ouvrent une enquête sur de supposés biais anti-Israël de Wikipédia. Elon Musk avait annoncé son projet de Grokipedia quelques semaines après, prolongeant ces critiques.

Accusé d’avoir biaisé la discussion en démarchant à l’extérieur

Mais en 2021, il accusait déjà la version anglophone d’être trop pro-démocrates en ne citant pas, par exemple, le regard des républicains à propos de Joe Biden. « Tout le monde sait désormais que Wikipédia exerce une grande influence dans le monde. Il y a donc un jeu très vaste, sordide et complexe qui se joue en coulisses pour que l’article dise ce que certains veulent qu’il dise », affirmait-il à l’époque.

C’est justement à propos de ce genre de jeu d’influence qu’il a été accusé de jouer par la communauté anglophone de Wikipedia.

La note indiquant son blocage sur son profil renvoie vers une discussion où Larry Sanger est accusé d’avoir appelé sa communauté sur des sites extérieurs (notamment X) pour peser en sa faveur sur les discussions en cours sur Wikipédia. Ce procédé, appelé « démarchage » sur le site participatif, est considéré comme incorrect s’il est fait de manière massive, biaisée, en direction d’une audience partisane, ou de façon secrète.

Un des messages de Larry Sanger posté sur X le 9 juin est cité, ainsi qu’un autre du 19 juin. Dans la discussion ci-dessous, on peut voir qu’il est tout à fait conscient qu’il joue avec les règles :

Après plusieurs jours de discussions, la sentence est tombée : « Il existe un consensus clair en faveur d’une exclusion de la communauté de l’utilisateur User:Larry Sanger. Les participants s’accordent généralement à dire qu’il s’est livré à des activités de démarchage en dehors du wiki et qu’il n’est pas ici pour contribuer de manière constructive à l’élaboration de l’encyclopédie ». Certains ont notamment retenu qu’en envoyant ces appels à ses plus de 91 000 followers sur X, il faisait du « bourrage d’urne ». La note explique aussi que « de nombreux rédacteurs partagent par ailleurs une vive inquiétude quant au fait que ses agissements pourraient être interprétés comme des appels à la divulgation d’identité ».

Un projet de diversité intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle ?

La discussion qui a déclenché tout ça portait sur la proposition de créer un projet officiel de Wikipedia de « diversité intellectuelle » que soutenait Larry Sanger et pour lequel il avait déjà développé un outil appelé PolicyScanner. Il présentait ce projet comme « un groupe de personnes qui s’accordent à dire que la politique de Wikipédia devrait être, à bien des égards, plus accueillante envers un ensemble de contributeurs beaucoup plus diversifié sur le plan intellectuel ; à ce titre, nous pouvons mener ensemble de nombreuses actions, un peu comme un club de réforme », ce qui revient notamment à amener plus de contributeurs proches des Républicains, si on suit les critiques que Larry Sanger lance depuis des années.

Les débats étaient vifs sur le sujet. Il affirmait que ce projet s’adressait « à une immense communauté de wikipédiens actuels et potentiels — tous ceux qui ont été systématiquement écartés par des pratiques et des politiques qui marginalisent ceux dont les points de vue sont systématiquement exclus de Wikipédia ». Ce à quoi un des wikipédiens lui a répondu  :« D’après ce que je peux constater, les seuls points de vue  » systématiquement exclus de Wikipédia » sont ceux dont la fausseté peut être démontrée. Cela ressemble moins à un « projet Wikipédia sur la diversité intellectuelle » qu’à un « projet Wikipédia sur la malhonnêteté intellectuelle » ».

Récidive

Mais ce n’est pas la première fois que Larry Sanger est accusé de « démarchage » sur Wikipédia. Ilyas Lebleu, un administrateur de la Wikipédia anglophone, a expliqué à 404 Media que Larry Sanger avait déjà été averti il y a deux mois pour un comportement similaire.

« Larry a tenté de présenter le débat communautaire comme un processus pseudo-juridique, en avançant une liste d’ « accusations » et de « chefs d’accusation » formulés par des « procureurs », au lieu d’un débat communautaire ouvert », explique-t-il à nos confrères.

« Wikipédia est devenue plus que jamais une anarchie où règne la loi de la rue », a de son côté répondu Larry Sanger à 404 Media, ajoutant : « Lors de ce simulacre de procès au cours duquel une foule m’a évincé, les administrateurs de Wikipédia ont montré qu’ils ne semblaient pas accorder d’importance à des détails tels que les chefs d’accusation formels, la désignation d’un procureur, les règles élémentaires de bienséance, la distinction entre le ministère public et le juge, un jugement impartial, etc. Ils ne disposent d’aucun système approprié, si ce n’est celui de mobiliser une foule pour faire appliquer de manière sélective leur méli-mélo de règles vagues ».

Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

24 juin 2026 à 14:04
There might be an alternative
Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

Le secrétaire général de l’ONU inaugure une initiative sur la transparence environnementale de l’IA et appelle globalement les secteurs polluants et les États à accélérer leurs actions pour faire face au changement climatique.

Alors que l’Europe est frappée d’une canicule historique, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, appelle l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux. Il a lancé une AI Environmental Transparency Initiative, dédiée à obtenir ces informations, et a appelé les sociétés du secteur à recourir à des énergies renouvelables.

« Le chaos climatique s’accélère devant nos yeux » a-t-il déclaré à Londres, tandis que la crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient « démontre la folie d’un monde dépendant aux hydrocarbures ». Ces deux crises peuvent « sembler différentes. Mais elles partagent la même origine destructrice : les énergies fossiles. »

Côté data centers, des appels à accroître le recours aux énergies fossiles

Quelques jours plus tôt le représentant du lobby européen des centres de données Lex Coors déclarait qu’il fallait ouvrir le débat du recours aux énergies fossiles pour alimenter les data centers européens. Selon lui, si l’Europe continuait de chercher à remplir ses objectifs climatiques, elle serait nécessairement dépassée par les États-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle. L’autre alternative serait de passer par le recours au gaz, notamment.

Une étude de l’ONU publiée début juin constate que l’industrie des centres de données consomme plus d’électricité que quasiment tous les pays du monde : seulement dix en consomment plus. Or, dans le monde, l’essentiel de cette consommation repose sur de l’énergie fossile, participant à la fois à aggraver la crise énergétique actuelle et la crise climatique plus globale.

Autant d’eau qu’1,3 milliard de personnes d’ici 2030 ?

En pleine London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU a inauguré une initiative dédiée à la transparence du secteur. Si plusieurs d’entre elles indiquent, sur des bases de volontariat, travailler à recourir à des solutions solaires ou (le plus souvent) nucléaires pour alimenter leurs infrastructures, l’essentiel utilise pour le moment toutes les solutions qu’elles peuvent trouver. Dans le cas de xAI, cela comprend aussi l’installation non autorisée de générateurs au gaz.

D’ici 2030, les secteurs de l’IA et des data centers qui leur permettent de fonctionner « pourraient utiliser plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et autant d’eau que le volume nécessaire pour répondre aux besoins de base des 1,3 milliard de résidents d’Afrique subsaharienne en un an », a encore alerté António Guterres. Si, en France, le secteur repose assez peu sur l’eau pour refroidir ses serveurs, il en va autrement du reste du monde, comme l’illustrait l’enquête Dirty Data, à laquelle Next a pris part.

L’ONU le déclare désormais clairement : la question de la consommation énergétique ne suffit pas à comprendre les effets concrets de l’expansion des centres de données sur les populations. Selon les régions, celle-ci peut aussi se traduire par des pressions accrues sur les ressources en eau ou encore sur les territoires. Les deux tiers des centres de données que l’industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 sont par exemple supposés être installés dans des zones subissant déjà des stress hydriques.

L’appel d’António Guterres à l’adresse de l’industrie de l’IA se fait dans un contexte plus global d’urgence à adapter la vie économique pour faire face au changement climatique. Comme de nombreux spécialistes du sujet le rappellent ces derniers jours (et depuis des années, notamment via les travaux du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’adaptation à la situation climatique impose de prendre des décisions politiques de long terme. Quant à inverser le réchauffement climatique, cela implique de passer à de vraies logiques de sobriété, voire de renoncement. À ce titre, Antonio Guterres souligne que « chaque émetteur majeur doit accélérer son action (…) et chaque pays doit surperformer sur ses engagements ».

Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

24 juin 2026 à 12:00
L'addiction est un bon filon
Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

Meta a dans les cartons une application, nommée Arena, qui pourrait, à terme, concurrencer Polymarket et Kalshi sur le marché des plateformes de paris en ligne. Celui-ci est cependant assez instable légalement aux États-Unis et se voit critiqué par une partie de la classe politique.

Après le Metaverse, les lunettes connectées et l’IA générative, Mark Zuckerberg a dans le viseur un autre marché du numérique à la mode : les plateformes de paris en ligne. En effet, Meta a dans les cartons une application expérimentale nommée Arena prévue pour concurrencer les deux grosses plateformes du marché, Polymarket et Kalshi.

Des sources du New York Times ont expliqué à nos confrères que, contrairement aux plateformes citées ci-dessus, Meta avait prévu, au moins dans un premier temps, que les utilisateurs d’Arena ne puissent pas utiliser de l’argent réel pour parier. L’idée est de proposer des paris avec un système de points comme dans un jeu vidéo. Mais Meta n’exclut pas d’introduire ensuite des paris utilisant de l’argent réel.

Un projet en « priorité absolue » dans l’entreprise

Si Arena devrait être une application indépendante d’Instagram, Facebook ou WhatsApp, Meta espère bien s’appuyer sur le nombre d’utilisateurs de ces plateformes pour créer rapidement une audience importante à sa plateforme de paris en ligne.

Au sein de l’entreprise, le projet reste étiqueté « expérimental » mais est considéré comme une « priorité absolue » poussée par Mark Zuckerberg.

Des applications qui jouent sur la ligne de la légalité, voire qui la dépasse

Les applications comme Polymarket et Kalshi sont présentées à leurs utilisateurs comme des plateformes de paris. Et elles peuvent générer du revenu en prélevant une commission sur chaque pari. Mais, comme nous l’expliquions, aux investisseurs, elles s’affichent comme de potentiels systèmes de prédiction pour le milieu financier. D’autant plus qu’on a vu apparaitre, rapidement et en nombre, des paris soupçonnés de s’appuyer sur des délits d’initiés. L’administration Trump parie d’ailleurs sur l’IA pour les détecter.

Ça n’empêche pas, pour le moment, des cas de délits d’initiés de faire les titres de la presse états-unienne. Récemment, le Département de la Défense du pays a par exemple lancé lancé une enquête à propos de l’ancien élu à la Chambre des représentants des États-Unis, George Santos.

Et la légalité du marché des applications de paris est remise en cause dans certains États comme celui de New York. La procureure générale de cet État expliquait en avril s’allier avec 37 autres procureurs généraux contre Kalshi, « accusée de proposer illégalement des paris sportifs en violation de la législation de l’État en matière de jeux d’argent ». En mai, l’administration Trump a, de son côté, attaqué la loi récemment votée dans l’État du Minesota contre ce genre de plateforme.

Du côté de Polymarket, les utilisateurs américains doivent utiliser un VPN pour accéder au site autrement qu’en lecture seule. Ça n’a pas empêché l’entreprise de payer des influenceurs américains pour créer et partager des vidéos de promotion de la plateforme montrant de faux gains faramineux.

« Marché de prédiction »

De fait, Meta n’en est pas à son premier essai dans le secteur. En effet, l’entreprise de Mark Zuckerberg (qui s’appelait encore Facebook à l’époque) avait lancé Forecast de façon opportune dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Le projet, lancé seulement aux États-Unis et au Canada permettait de poser des questions et d’utiliser des points gagnés dans l’application pour faire des prédictions. Ainsi, l’entreprise invitait les personnels de santé et de la recherche de proposer des prévisions concernant la pandémie et ses impacts. Finalement, l’entreprise a fermé le projet au bout d’un peu plus de deux ans.

Concernant le nouveau projet de Meta, le sénateur Richard Blumenthal (démocrate) a réagi sur X, en affirmant : « Meta s’est inspiré des machines à sous pour rendre les enfants accros à Instagram. Aujourd’hui, Zuckerberg transforme son entreprise en marché de prédiction. » Il a ajouté : « Le modèle économique de Meta consiste à tirer profit de la dépendance : enfants, joueurs, etc. Mettons-y un terme grâce à KOSA [le projet de loi fédérale Kids Online Safety Act qu’il porte, ndlr] et à mes projets de loi sur les marchés prédictifs. »

☕️ Dans le noyau Linux 7.2, la suppression du vieux strncpy a réclamé un audit gigantesque

24 juin 2026 à 10:32


Depuis des décennies, les développeurs Linux utilisent une fonction nommée strncpy pour copier du texte. Développée en C, elle est étiquetée comme dangereuse par la propre documentation du noyau. Problème, elle est omniprésente.

Pour comprendre le problème, on peut utiliser une analogie. Supposons que la mémoire de l’ordinateur est comme une série de casiers. Quand un programme veut enregistrer un texte, il réserve une boite d’une certaine taille et y écrit le texte. En langage C, l’ordinateur n’a pas de moyen « naturel » pour savoir quand le mot s’arrête. Il y a donc une règle simple : quand le programme écrit un texte, il faut qu’un point rouge (caractère de fin de chaîne \0) en signale la fin.

Photographie retouchée de Long Ma pour Unsplash
Long Ma pour Unsplash

Et c’est là que les ennuis commencent. La fonction strncpy() est responsable de la copie des textes, mais elle a un gros défaut : quand le texte est trop long, elle coupe la séquence de caractères, mais oublie d’ajouter un point. Et quand le texte est trop court ? Elle ajoute autant de points rouges que nécessaire pour remplir le champ réservé. Les conséquences vont du gaspillage d’énergie à la fuite de secrets, car l’absence de point rouge entraine l’application ou le service à lire ce qui se trouve au-delà, donc des informations présentes dans d’autres « casiers ».

Ces problèmes sont connus depuis longtemps, mais leur résolution a demandé un vaste effort d’ingénierie. Des développeurs ont ainsi passé les six dernières années à référencer toutes les occurrences de la fonction strncpy dans l’intégralité du code du noyau, totalisant 362 commits (des participations, en quelque sorte), rapporte Phoronix. La version 7.2 à venir sera donc la première à ne plus posséder strncpy, remplacé par des variantes modernes et beaucoup plus sécurisées.

Dans la plupart des cas, il s’agira de strscpy, qui possède le comportement adapté : l’outil copie du texte, mais si la séquence est trop longue, il la tronçonne en ajoutant systématiquement un point rouge à la fin de chaque morceau. Strncpy est donc supprimé définitivement à partir du prochain noyau, avec impossibilité d’y faire appel.

Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

24 juin 2026 à 09:01
Fake cote, fake gain, fake respect
Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Aux États-Unis, pour promouvoir ses activités, la plateforme de paris en ligne Polymarket aurait payé des influenceurs pour produire du contenu manipulé.

En janvier, George Makihara, un étudiant, a publié une vidéo dans laquelle il gagnait 100 000 dollars. Le pari qui lui a permis de rafler la mise ? Celui que le président Trump dirait publiquement le nom « McDonald’s » au fil du mois suivant. Problème : d’après une analyse du Wall Street Journal, personne n’a gagné un tel pari au mois de janvier 2026 sur la plateforme.

Pire : d’après le journal, l’entreprise qui a défrayé la chronique au point d’être interdite en France et dans plusieurs autres pays a purement et simplement payé des internautes pour mettre en scène de faux gains sur les réseaux sociaux. L’entreprise a construit des « copies quasi-parfaites de son site web », puis leur a demandé de « simuler ces paris sur les faux sites et de cacher le fait qu’ils avaient été payés par Polymarket ».

« Bro, what ? »

La dissimulation a plutôt fonctionné : certaines de ces vidéos sont devenues virales, au point que les 1 105 vidéos étudiées pour l’enquête ont cumulé 140 millions de vues sur YouTube, TikTok et Instagram. Pour les produire, les créateurs de contenu concernés se sont vus envoyer des guides rédigés au format bullet point, ce qui conduit plusieurs d’entre eux à reprendre exactement les mêmes termes.

Ainsi de l’idée selon laquelle, grâce à ces paris, ils gagneraient de « l’argent gratuit », ou des phrases « bro, what ? » et « wait, what ? », dédiées à accrocher l’attention des internautes. Une fois leurs vidéos tournées, ces derniers étaient encore supposés les envoyer à Polymarket qui s’assure de leur aspect crédible. À défaut, l’entreprise demandait aux vidéastes de recommencer.

Surtout, les vidéos s’appuyaient fréquemment sur un faux site Polymarket dont l’URL, poiymarket.com, est difficilement distinguable de la vraie lorsqu’elle est écrite avec un i majuscule. 70 % des paris analysés n’auraient ainsi jamais été vraiment réalisés. Dans certains cas, les vidéos montrent aussi les influenceurs réagir à des éléments d’actualité dépassée.

Dans un des clips, un internaute déclare par exemple avoir parié que Donald Trump dirait les mots « April fools » pendant la première semaine du mois d’avril. L’extrait auquel on le voit réagir devant son écran de télé comme s’il venait de remporter la mise, en revanche, date du mois de mars précédent. En conditions réelles, une personne qui aurait reproduit le même pari aurait perdu. Dans la plupart des cas, les créateurs de contenu ont ajouté des précisions sur le fait qu’ils avaient été payés après avoir été contactés par les médias américains.

Paris perdants

La campagne a particulièrement visé les utilisateurs états-uniens, quand bien même Polymarket n’est accessible que de manière détournée. En 2022, rappelle ArsTechnica, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a en effet conclu que Polymarket opérait une plateforme d’échanges financiers de manière illégale. Depuis, le site principal de la marque n’est accessible qu’en mode « lecture seule »… sauf si les internautes recourent à un réseau privé virtuel (VPN).

Quoiqu’il en soit, Polymarket s’est tourné vers des influenceurs qui devaient avoir au moins 60 % de leur audience aux États-Unis. Au total, ces derniers montrent avoir placé pour environ 1,9 million de dollars de paris et remporté près de 900 000 dollars. S’ils avaient été placés pour de vrai, selon les calculs du Wall Street Journal, ces paris auraient entraîné des pertes de plus de 166 000 dollars.

L’affaire vient s’ajouter à de multiples critiques qui visent ces plateformes de paris en ligne. En novembre 2025, une étude de la Columbia University estimait déjà qu’au moins un pari sur quatre enregistré sur Polymarket relevait de l’amplification artificielle pour simuler une demande forte.

En janvier, un internaute avait gagné plus de 430 000 dollars en pariant pile au bon moment sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des aléas qui n’empêchent pas Mark Zuckerberg d’envisager lancer son propre service de paris.

☕️ MesVaccins.net touché par un vol de données, tous les utilisateurs potentiellement concernés

24 juin 2026 à 08:21


Le site MesVaccins.net est la dernière victime en date d’un vol de données. La plateforme, qui centralise les données de vaccination et propose un carnet de vaccination numérique, a prévenu ses utilisateurs et donné quelques détails.

Un tiers non autorisé a accédé à certaines données personnelles traitées par MesVaccins.net, et en a obtenu une copie. D’après l’enquête toujours en cours, la cyberattaque a compromis des informations d’identification et de contact comme les adresses email et les numéros de téléphone, ainsi que les données d’état civil (dont le numéro de sécurité sociale s’il a été renseigné).

Illustration : Flock

Les mots de passe des comptes étant chiffrés, ils ne sont pas concernés – prudence étant mère de sûreté, le site recommande tout de même de changer de mot de passe. En ce qui concerne les données vaccinales, les informations du profil santé (là encore, s’il a été renseigné) ne sont pas stockées en clair mais « sous forme codée ». Une formulation plutôt vague qui peut inquiéter. MesVaccins.net indique n’avoir identifié aucune exposition directe des informations médicales en clair.

La plateforme n’est pas en mesure d’identifier avec certitude les personnes touchées par ce vol de données. Mais elle considère que l’ensemble des titulaires d’un carnet de vaccination numérique est susceptible d’être concerné par l’incident. Les responsables de MesVaccins.net ont mis en œuvre des mesures de sécurité renforcée pour contenir la fuite, notifié la CNIL (c’est obligatoire) et déposé plainte.

Ces données peuvent être utilisées dans des attaques de phishing. Le site conseille de faire preuve d’une vigilance particulière à la réception d’emails, de SMS ou d’appels téléphoniques inhabituels réclamant des informations personnelles. Vérifiez systématiquement l’identité de l’interlocuteur et ne communiquez aucune information sensible : un conseil qui doit faire office d’hygiène de vie numérique pour tout le monde. Le site du gouvernement sur la cybermalveillance peut aussi être une adresse utile.

Les services de MesVaccins.net, dont le Carnet, sont toujours accessibles et peuvent être utilisés normalement. L’entreprise affirme avoir isolé les systèmes touchés, reconstruit son infrastructure de production, sécurisé davantage l’accès au code source et lancé des audits de sécurité supplémentaires, tout en revoyant ses procédures internes de gestion des accès. Le site est intégré à la plateforme officielle Santé publique France, qui utilise son moteur pour fournir des recommandations vaccinales personnalisées.

2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

24 juin 2026 à 07:54
Retraite active pour les bazous
2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

En cette période de disette de composants informatiques, pourquoi ne pas recycler d’anciens appareils pour construire des serveurs ? L’idée n’est pas neuve, mais le projet de l’université de Californie entend passer à la vitesse supérieure avec un centre de calcul composé de 2 000 smartphones Pixel recyclés.

En moyenne, un utilisateur d’iPhone ou de smartphone Android en change tous les 4 ans, a récemment calculé l’assureur Assurant. Passées ces quatre années, que se passe-t-il pour le vieux modèle ? Il meurt souvent tranquillement au fond d’un tiroir, mais il est possible (et important !) de lui donner une seconde vie : le revendre ou le céder à un proche, ou encore recycler ses composants.

Une seconde carrière pour d’anciens smartphones

Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego (UCSD) considèrent qu’un smartphone avec un peu de bouteille reste un ordinateur tout à fait capable. Certes, le châssis peut avoir souffert, et la puissance de batterie n’est plus qu’un lointain souvenir de ce qu’elle était auparavant. Leur idée a été de récupérer la carte mère du téléphone, le processeur, la mémoire et le stockage, pour les intégrer dans un serveur.

Le projet, soutenu par Google, utilise des smartphones Pixel Fold, et l’objectif ne manque pas d’ambition puisque ce sont 2 000 unités qui seront connectées entre elles dans un centre de calcul. L’université espère ainsi disposer d’une puissance de calcul équivalente à une cinquantaine de serveurs conventionnels.

Les appareils ne fonctionneront pas sous Android ; le système d’exploitation sera une distribution Linux pour que les téléphones puissent exécuter des applications serveur. Pour répartir les tâches automatiquement entre les différents appareils, les chercheurs utilisent Kubernetes.

Ryan Kastner, professeur associé en informatique à l’UCSD, a expliqué à The Register que les premiers essais ont été réalisés avec des smartphones non modifiés. Une solution pas idéale : lors des premières réunions avec Google, « leurs ingénieurs nous ont expliqué que, si nous voulions déployer ces appareils dans un centre de données, il était impensable de conserver les batteries — comme d’ailleurs beaucoup d’autres composants — car ils constituent un risque d’incendie ».

les cœurs les plus puissants du Pixel Fold affichent, sur la plupart des tests du benchmark SPEC, de meilleures performances individuelles que ceux d’un serveur de centre de données de référence.

Le processeur Google Tensor G2 du Pixel Fold abrite deux cœurs Cortex-X1 (2,85 GHz), deux cœurs Cortex-A78 (2,35 GHz) et quatre Cortex-A55 (1,8 GHz), un GPU Mali-G710 et 12 Go de mémoire. Prise seule, cette puce est loin des monstres qui motorisent les serveurs avec leurs centaines de Go de RAM, des dizaines de cœurs et des capacités réseau sans commune mesure. Mais combinez-en 25 à 50 smartphones, et vous obtiendrez un serveur conventionnel convenable pour certains types de tâches.

D’autant qu’en performances par cœur, les processeurs des smartphones modernes peuvent rivaliser avec certains serveurs de centre de données. Ce sont surtout la quantité de mémoire et le nombre de cœurs disponibles qui distinguent encore les deux catégories.

Les serveurs sont-ils solubles dans les smartphones ?

L’idée n’est toutefois pas de remplacer les serveurs IA ou les infrastructures de Google. Mais pour des travaux pratiques d’informatique, certains calculs parallèles, la correction automatique de devoirs, de petites applications web ou pour héberger des notebooks Jupyter (des espaces de travail interactifs utilisés pour programmer et analyser des données), ces serveurs bricolos sont aptes à la tâche.

L’équipe explique d’ailleurs que beaucoup de services universitaires tournent déjà sur de très petites machines virtuelles dans le nuage ; un smartphone pourrait assumer ce genre de charge. Les premières expérimentations montrent qu’un cluster de 20 unités peut gérer les pics de travaux soumis par une promotion de plus de 75 étudiants, avec des temps de correction plus rapides que le backend AWS utilisé habituellement (des instances t3.micro équipées de deux vCPU et d’un seul Go de mémoire vive).

Le centre de calcul au complet, avec ses 2 000 smartphones, devrait entrer en service dès cet automne. Il pourrait faire fonctionner une centaine de cours similaires en parallèle. L’installation servira de test grandeur nature, et permettra également de mesurer la fiabilité de matériel grand public utilisé en continu comme infrastructure infonuagique.

Les chercheurs rappellent aussi que la fabrication des appareils informatiques représente une part importante de son empreinte carbone. Or, la carte mère, qui est conservée dans le projet, concentrerait à elle seule près de la moitié des émissions liées à la production d’un smartphone.

En cas de réussite de l’expérience, la vie utile de nombreux smartphones pourrait gagner quelques années – même s’il faut garder en tête que seule une partie des composants est exploitée. Le recyclage reste indispensable pour valoriser le reste de l’appareil.

Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

24 juin 2026 à 06:32
Chatcontrol version dirigeants ?
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.

Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?

On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.

Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.

Un groupe de discussion éventé dans la presse

C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.

Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».

Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.

Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux

Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».

Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.

Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».

☕️ Apple et Tesla rattrapées par une fuite de données chez leur fournisseur Tata Electronics

24 juin 2026 à 06:16


Tata Electronics, un important fournisseur indien d’Apple et de Tesla, a été ciblé par une cyberattaque. Le groupe de pirates à l’origine de l’effraction a posté sur le dark web des centaines de milliers de documents confidentiels sur les produits des deux constructeurs.

Il y a quelques semaines, Tata Electronics a identifié un « incident de cybersécurité » dans son infrastructure. Les protocoles de sécurité ont été déployés immédiatement, et l’incident n’a eu « aucun impact sur les opérations » de l’entreprise. Néanmoins, les pirates de World Leaks ont tout de même pu subtiliser une belle quantité de documents, pour laquelle ils réclament une rançon.

Tata a informé certains employés de son activité d’assemblage d’iPhone de cette fuite de données la semaine dernière, selon Reuters. Apple, un des principaux clients de l’entreprise, procèderait à une « analyse complète » de l’attaque.

Un butin colossal dérobé chez Tata Electronics

World Leaks affirme avoir publié plus de 200 000 fichiers tirés du vol, ce qui représente 630 Go de données. Plusieurs dossiers portent des noms équivoques (« com.apple.factorydata »), tandis que certains sont liés à des spécifications de matériaux. Un document de 52 pages porte des mentions de propriété intellectuelle d’Apple, qui décrivent des procédures de contrôle qualité pour des composants électroniques d’iPhone.

Image : Tata Electronics

Des informations liées à la production des smartphones d’Apple en Inde semblent aussi concernées. Les données comprendraient ainsi 33 fichiers et dossiers associés au terme « Hosur », qui correspond au principal site d’assemblage d’iPhone de Tata dans l’État du Tamil Nadu. Selon le chercheur en cybersécurité Rajshekhar Rajaharia, une recherche du terme « Apple » dans les données divulguées renvoie 181 fichiers et dossiers.

Apple n’est pas la seule entreprise touchée ; c’est le cas aussi de Tesla, même si les documents volés semblent moins fournis. Les fichiers visibles en ligne font état d’informations sur des composants, ainsi que sur un contrôleur de port de recharge destiné à une mise à jour de la Model Y. On trouverait aussi des documents en lien avec le projet « Highland » du constructeur automobile, dans un dossier « TOP SECRET » daté de 2023. Il contiendrait des dessins techniques connectés à la refonte de la Model 3.

Cette fuite tombe à un moment critique pour Apple : Tata Electronics est devenue en quelques années un des piliers de sa stratégie de diversification industrielle. Le constructeur fait assembler en Inde une part de plus en plus importante de ses iPhone destinés au marché mondial. Tata assurerait environ un tiers de la production d’iPhone en Inde, le reste étant confié aux sites indiens opérés par Foxconn. L’entreprise est ainsi devenue l’un des partenaires industriels les plus importants d’Apple en dehors de la Chine.

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