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Vidéosurveillance algorithmique, immatriculation : la loi Ripost ouvre les vannes

22 juillet 2026 à 16:03
À boire et à manger
Vidéosurveillance algorithmique, immatriculation : la loi Ripost ouvre les vannes

Le projet de loi Ripost a été définitivement adopté par le Parlement ce 21 juillet. Le texte vise à durcir le ton face à un certain nombre de troubles à l’ordre public. Mais si les rodéos urbains et le protoxyde d’azote font les gros titres, le texte contient également des mesures liées à la lecture automatisée des plaques d’immatriculation et à la vidéosurveillance algorithmique.

La loi Ripost – pour « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » – a finalement été adoptée tard dans la nuit du mardi 21 juillet. Le texte avait déjà fait l’objet d’une première lecture au Sénat le 25 mars, suivie d’une première lecture à l’Assemblée le 28 mai. La commission mixte paritaire avait été convoquée le 17 juillet pour lisser les désaccords.

Le texte adopté correspond en très grande partie à celui validé par la CMP. Hétéroclite, qualifié parfois par l’opposition et ses détracteurs de « fourre-tout », il doit apporter des réponses concrètes, voire durcies, à une liste de situations liées à l’ordre public.

Portée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, la loi Ripost comporte de nombreuses mesures sécuritaires. Les plus relayées sont l’interdiction complète de la vente de protoxyde d’azote (gaz hilarant) au grand public, de nouveaux délits instaurés pour les rodéos urbains et les free parties (occasionnant des manifestations en juin), ou encore le relèvement de l’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants à 500 euros.

Certaines de ces mesures ont cependant un lien direct avec le numérique et la vidéosurveillance algorithmique.

Autour des lecteurs automatisés de plaques d’immatriculation (LAPI)

Les articles 15 et 15 bis ont trait aux LAPI, à la durée de conservation des données ou encore à l’accès à ces dernières.

La loi Ripost introduit un changement d’échelle. D’abord, le périmètre d’accès aux données LAPI pour la police, la gendarmerie et les douanes est étendu à 11 catégories : terrorisme, criminalité organisée, vol/recel de véhicules, vol aggravé, évasion, escroquerie, soustraction de mineurs, contrebande de tabac, trafic de déchets, refus d’obtempérer et – objet de nombreux débats – aide à l’entrée et au séjour irréguliers.

Ensuite, la durée de conservation évolue largement, passant de 15 jours actuellement à un an. En revanche, le fichier n’est pas assorti d’un « open bar » : la police, la gendarmerie et les douanes peuvent y accéder pendant un mois à compter de la collecte, l’accès étant ensuite réservé aux enquêtes judiciaires, sur autorisation d’un magistrat. La loi précise en outre que les traitements liés « ne comportent aucune technique de reconnaissance faciale ».

Enfin, l’article 15 introduit une mesure là encore très contestée : une base légale pour des conventions entre les services de l’État et des personnes morales de droit privé exploitant des dispositifs LAPI (parkings, autoroutes…) pour organiser la mise à disposition de leurs données aux forces de l’ordre. Autant de points que la Quadrature du Net avait largement décriés dans son billet du 17 juin, l’association y voyant la mise en place d’une « surveillance massive des déplacements ».

Des craintes largement alimentées par l’article 15 bis, du moins dans sa version de travail. La version adoptée traite toujours de l’analyse algorithmique des trajets des véhicules, mais les cas sont maintenant plus encadrés.

Le statut est ainsi expérimental, fixé à une période de trois ans et surtout limité à trois finalités spécifiques : criminalité organisée, vol et recel de véhicules volés, ainsi que vol aggravé. La conservation des données est fixée à quatre mois (maximum) et seuls peuvent y accéder les « personnels de la police nationale et de la gendarmerie nationale affectés dans des services de renseignement ».

Les traitements associés excluent « toute exploitation de la photographie des occupants des véhicules ». Dans le cadre de cette expérimentation, les données recueillies ne peuvent pas non plus être croisées avec d’autres traitements de données à caractère personnel.

La vidéosurveillance algorithmique est là pour rester

Sans grande surprise, l’article 19 de la loi Ripost confirme la prolongation jusqu’au 31 décembre 2030 de la vidéosurveillance algorithmique pour la seule finalité de prévention du terrorisme et des atteintes graves à la sécurité des personnes, avec extension aux bâtiments ouverts au public exposés à un risque permanent ou exceptionnel, en plus des grands événements. Là encore, la loi maintient l’exclusion de toute identification biométrique.

En revanche, l’article 19 bis est nouveau. Il ouvre une expérimentation – une de plus – jusqu’au 31 décembre 2027 de traitements algorithmiques sur les images de surveillance des commerces de détail, grandes surfaces et centres commerciaux, à la seule fin de prévention du vol.

Sur le papier, le dispositif est très encadré : interdiction de toute identification biométrique ou reconnaissance faciale, contrôle humain obligatoire, analyse d’impact CNIL, registre des suites données aux signalements, attestation de conformité publiée avant mise à disposition du système, et interdiction d’utiliser les images comme données d’entraînement. En outre, un rapport d’évaluation devra être remis au Parlement avant le 30 septembre 2027.

Billes numériques

La loi Ripost contient plusieurs autres éléments liés au numérique, soit pour compléter des mesures introduites, soit pour préciser certaines règles de traitement.

Par exemple, l’article 7 ter habilite l’autorité administrative à faire retirer, bloquer ou déréférencer les contenus en ligne relatifs à la vente illégale de protoxyde d’azote, via les mécanismes prévus à l’article L. 521-3-1 du code de la consommation. Autrement dit, un blocage administratif de contenu, sans intervention d’un juge.

L’article 11 introduit toutefois une clause de souveraineté numérique : les données transmises dans le cadre de certaines procédures de coopération judiciaire ne peuvent être traitées, hébergées ou rendues accessibles via une solution (logiciel, infrastructure…) fournie par une entité susceptible d’être soumise à une législation étrangère extraterritoriale. Difficile de ne pas penser aux lois américaines comme le Cloud Act et sa portée extraterritoriale qui a tant fait couler d’encre.

Enfin, plusieurs articles intronisent des autorisations d’exploitation pour des dispositifs de caméras spécifiques. L’article 14 bis, par exemple, autorise à titre expérimental les opérateurs de transport public ferroviaire à capter, transmettre et enregistrer des images prises sur la voie publique et dans des lieux ouverts au public, via des caméras frontales. La finalité est toujours la même : prévention des accidents pendant l’intervention des agents, constat des infractions, etc. À chaque fois, le périmètre est strict, les données ne peuvent être gardées que 30 jours et les modalités doivent être fixées par décret en Conseil d’État, après avis de la CNIL.

AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

22 juillet 2026 à 15:49
Ouroboros
AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

AMD s’engage à investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir le développement d’Anthropic. En échange, l’éditeur des modèles Claude promet de déployer l’équivalent de 2 GW de puces AMD au sein de ses infrastructures de calcul. Un nouvel accord croisé comme le secteur de l’IA générative les aime tant.

AMD et Anthropic viennent de donner un peu de grain à moudre aux détracteurs de la frénésie d’investissements croisés qui accompagne l’avènement de l’IA générative. Les deux entreprises viennent en effet d’annoncer un accord basé sur un principe de réciprocité. Anthropic s’engage à acheter des quantités massives de puces haut de gamme fournies par AMD, tandis qu’AMD promet en échange d’investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir la stratégie de développement de son client.

Helios, les nouveaux racks dédiés à l’IA d’AMD

Ce nouveau partenariat accompagne la livraison, par AMD, de ses premiers racks dédiés à l’IA sous la marque Helios, annoncés en octobre dernier et mis en avant lors du dernier CES. À l’instar de ce que propose NVIDIA avec sa plateforme Vera Rubin, Helios prend la forme d’un système complet, avec un ensemble de GPU de la gamme Instinct MI450, des processeurs AMD EPYC de classe Venice et une couche réseau maison dédiée aux interconnexions, AMD Pensando. Le tout fonctionne à l’aide de ROCm, la pile logicielle open source qu’AMD dédie à l’IA et au supercalcul, conçue comme une alternative à CUDA.

Anthropic, qui exploite déjà des GPU Instinct MI355X sur une partie de son infrastructure, devrait dans ce contexte commander l’équivalent de 2 GW de systèmes Helios. Le nombre de machines correspondant n’est pas précisé, mais les deux partenaires évoquent le premier semestre 2027 comme horizon de déploiement pour le premier GW.

Les deux entreprises profitent de l’occasion pour formaliser un accord de collaboration selon lequel les modèles Claude seront mis à profit pour accélérer le développement des logiciels AMD. « Plus précisément, les équipes utiliseront Claude pour optimiser les charges de travail destinées aux GPU AMD Instinct et accélérer le développement logiciel ROCm. AMD déploiera également Claude à grande échelle au sein de ses équipes d’ingénierie et de développement de produits », indique la firme de Sunnyvale.

Notons qu’on retrouve quasi systématiquement des engagements de collaboration étendue dans ce genre d’accord, et que ces derniers ne s’accompagnent que rarement d’une exclusivité.

AMD avance en revanche une autre contrepartie : une promesse d’investissement « jusqu’à 5 milliards de dollars » dans Anthropic « à l’avenir ». L’enveloppe est délimitée, mais le calendrier n’est pas précisé, et la mention « jusqu’à » laisse supposer un accord par paliers, possiblement indexé sur la quantité réelle de systèmes commandés et déployés par Anthropic.

Des accords croisés de plus en plus fréquents

Anthropic avait déjà annoncé en avril dernier un accord similaire, sur le principe, avec Amazon, envisageant un achat en volume de puces Trainium en échange d’un renforcement au capital, à hauteur là aussi de 5 milliards de dollars. En octobre 2025, l’éditeur de Claude signait un accord avec Google pour un approvisionnement garanti en TPU.

OpenAI n’est pas en reste, avec notamment une succession de promesses croisées impliquant NVIDIA pour la fourniture de puces, mais aussi Oracle pour la construction et la mise à disposition de datacenters, avec une valse de contrats réciproques et surtout basés sur des engagements futurs qui alimentent les craintes d’une bulle de l’IA.

Un doublé pour AMD

AMD signe un doublé grâce à ce nouvel accord : l’entreprise avait déjà annoncé lundi 20 juillet un contrat de grande envergure avec Microsoft, portant là aussi sur des systèmes Helios et à destination des services d’inférence proposés sur Azure, avec une livraison programmée au deuxième semestre 2026. Le montant et le périmètre du contrat n’ont pas été communiqués.

Microsoft indique toutefois de son côté qu’une partie de ces équipements motorisera la nouvelle offre de machines virtuelles dédiées à l’entraînement d’IA proposée par Azure. Baptisées HDv2, ces VM pourront mobiliser jusqu’à 500 cœurs physiques de CPU AMD Epyc, 4 To de mémoire vive et 32 To de stockage NVMe. Azure déclinera également les solutions physiques d’AMD sur deux autres types de VM destinées respectivement au design électronique et à l’inférence à grande échelle.

Microsoft va commercialiser via Azure des VM dédiées au supercalcul et à l’IA – crédit Microsoft

L’IA de Google se lance à son tour dans la chasse aux failles de sécurité

22 juillet 2026 à 12:25
La cybersécurité sous verrou
L’IA de Google se lance à son tour dans la chasse aux failles de sécurité

Google ne veut pas se laisser distancer par Anthropic et OpenAI sur le terrain des modèles IA spécialisés dans la cybersécurité. Avec Gemini 3.5 Flash Cyber, le géant du web se jette à son tour dans la chasse aux failles de sécurité – un modèle sous contrôle, comme chez les rivaux.

Google a levé le voile sur de nouveaux modèles IA pour tenter de se repositionner dans la course à toute allure que se mènent les labos IA. Dans le couloir de la cybersécurité, où Mythos 5 et GPT-5.5-Cyber font la course en tête, Google vient de lancer Gemini 3.5 Flash Cyber, conçu pour détecter, vérifier et corriger des failles de sécurité dans le code logiciel.

À l’image du projet Glasswing d’Anthropic et du programme Trusted Access for Cyber chez OpenAI, le nouveau modèle de Google est distribué de façon restreinte : seuls des gouvernements et des partenaires jugés fiables y auront accès. Une prudence qui s’explique par la nature même du modèle, capable d’épauler les défenseurs, mais aussi d’armer les attaquants.

Image : Google

Gemini 3.5 Flash Cyber sera intégré à CodeMender, un agent de sécurité qui fait travailler plusieurs instances du modèle avant de produire un rapport commun. En termes de capacités, les performances de ce modèle seraient proches de ses rivaux, selon le bench CyberGym (même si GPT-5.5-Cyber fait légèrement mieux).

Des modèles à tout faire

Pour le grand public et les développeurs, Google propose deux autres modèles. Gemini 3.6 Flash est le « passe-partout » du lot, il remplace (et selon les benchmarks, surclasse) Gemini 3.5 Flash pour les tâches courantes : programmation, analyse de documents, recherche d’informations, génération de rapports et utilisation d’interfaces. L’index Artificial Analysis indique une consommation de jetons 17 % inférieure en moyenne par rapport à son prédécesseur pour arriver au même résultat. Il aurait besoin de moins d’étapes de raisonnement et ferait appel moins souvent à des outils externes.

En termes de coût, Gemini 3.6 Flash revient à 1,5 dollar par million de jetons en entrée, et 7,5 dollars en sortie. Artificial Analysis indique qu’en moyenne sur une tâche, le modèle revient moitié moins cher que GPT-5.6 Sol (max) et Kimi K3. En revanche, il est plus onéreux que les tout récents Grok 4.5 (high) de SpaceXAI et Muse Spark 1.1 (xhigh) de Meta, deux modèles qui se battent sur le terrain du rapport qualité/prix.

Image : Artificial Analysis

Google insiste sur le fait que son modèle peut réaliser une tâche complète en réalisant moins d’actions intermédiaires et en consommant moins de tokens. L’argument peut porter dans les entreprises où on commence à se rendre compte qu’utiliser de l’IA générative à gogo coûte de plus en plus cher.

Gemini 3.5 Flash Lite vise ailleurs : ce nouveau modèle est censé accomplir des tâches simples exécutées en très grand nombre. Google cite notamment la recherche automatisée, le traitement de documents ou les systèmes constitués de petits agents. C’est le modèle le moins cher du lot : 0,30 dollar en entrée, 2,50 dollars en sortie.

Sur certains tests, 3.5 Flash Lite se montrerait plus puissant que Gemini 3 Flash, assure le moteur de recherche. Doté de plusieurs niveaux de réflexion, le modèle produirait jusqu’à 350 jetons par seconde, ce qui ne renseigne pas sur le temps que prend une requête complète.

Google donne pour finir quelques nouvelles de Gemini 3.5 Pro, qui n’est toujours pas lancé publiquement mais le modèle est testé par des partenaires de l’entreprise. Il devrait devenir, en toute logique, le modèle haut de gamme. Gemini 4 est de son côté toujours en train de suer à l’entraînement.

☕️ Windows 11 modernise enfin la fenêtre des propriétés d’un fichier

22 juillet 2026 à 10:21


Entre autres problèmes, Windows 11 a beau représenter le système le plus moderne de Microsoft, il traine de vieux boulets esthétiques. Le problème est le même qu’avec Windows 10, même si le travail a continué depuis : des éléments d’interface datent de Windows 2000, voire d’avant, cassant l’homogénéité de l’interface.

L’un des cas les plus emblématiques est la fenêtre de propriétés d’un fichier, à laquelle on accède via le classique clic droit. En plus de ne pas avoir changé depuis très, très longtemps, elle ne tient pas compte du thème actif dans Windows. Elle se présente actuellement comme cela :

Mais phantomofearth, bien connu des réseaux sociaux pour ses trouvailles dans Windows, a révélé le 21 juillet sur Bluesky qu’une transformation se profile : la fenêtre des propriétés est modernisée. Pour l’instant, elle n’apparait que dans le contexte de la Corbeille, mais il s’agit bien d’une nouvelle fenêtre créée avec WinUI, d’où l’apparence cohérente avec le reste du système et le support du thème sombre. La disposition des éléments est strictement la même qu’actuellement, avec l’avantage de ne pas casser les habitudes.

Source : phantomofearth

Cette modification est présente dans la dernière préversion du système (26300.8935, branche expérimentale). Microsoft ne l’aborde pas encore dans un billet, mais ce n’est probablement qu’une question de temps. Il n’y a pas non plus de raison que ce changement reste cantonné à la Corbeille dans les prochaines préversions.

Rappelons que Microsoft travaille sur son initiative « K2 » visant à redorer le blason d’un Windows 11 qui n’a jamais provoqué l’enthousiasme. L’éditeur a mis en avant un travail sur les performances, l’arrivée d’applications natives, le recul de l’IA ou encore une plus grande personnalisation de l’interface. Une bonne partie de ces changements devrait se refléter dans la mise à jour 26H2.

AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

22 juillet 2026 à 09:49
C'est la fin de l'exception culturelle
AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

Google a commencé mercredi le déploiement de la fonction « Aperçus IA », qui propose de répondre directement aux questions de l’internaute depuis la page de résultats du moteur de recherche, sans nécessairement le renvoyer vers un site source. S’y ajoute un « Mode IA », basé sur Gemini, qui déclenche une conversation plus fouillée. Google introduit dans le même temps une option permettant aux éditeurs de sites de ne pas voir apparaître leurs contenus dans ces résultats, mais ne répond pas à la problématique inhérente de perte de trafic.

C’est peu dire que Google marche sur des œufs en France, où le débat sur les droits voisins a déjà valu au moteur de recherche plusieurs contentieux avec le monde de la presse et des éditeurs de services en ligne. Après des mois d’atermoiement, le moteur de recherche vient toutefois de franchir le Rubicon en annonçant, mercredi 22 juillet, le déploiement de sa fonction Aperçus IA auprès des internautes français. Dans le monde anglophone, elle fait l’objet de tests depuis mai 2024.

Disponible sur le Web ou via les applications mobiles du moteur, Aperçus IA introduit un champ de réponse générée par IA au sommet de la page de résultats, qui vise à apporter une réponse directe au questionnement formulé par l’internaute. « Ces aperçus s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile pour répondre à votre requête », précise Google.

Une conversation directement dans le moteur de recherche

Autrement dit, une recherche simple devrait toujours retourner une liste de liens (souvent déjà agrémentée d’un résumé automatisé), mais les requêtes plus complexes peuvent dès à présent occasionner une réponse sous forme d’Aperçu IA, similaire sur la forme aux résultats que produisent les LLM courants.

La liste de liens historique cède la place à un comportement hérité de celui des chatbots – crédit Google

À ce premier niveau de réponse, Google en ajoute un second : la possibilité d’initier une conversation avec le « mode IA », qui revient donc à une intégration directe de ses modèles Gemini dans la page de résultats. Comme dans un chatbot, on peut interagir via du texte ou à la voix, mais aussi soumettre des images ou des documents pour étayer sa requête.

« Grâce aux capacités de raisonnement avancées et à la compréhension multimodale approfondie de Gemini 3.5, le Mode IA traite vos questions les plus spécifiques ou nuancées, qui auraient auparavant nécessité plusieurs recherches successives. En moyenne, une recherche dans le Mode IA est trois fois plus longue qu’une recherche traditionnelle », décrit Google.

Outre la promesse du service rendu à l’internaute, on comprend bien l’intérêt pour l’entreprise : conserver l’internaute sur la page de résultats sans le renvoyer vers des sites tiers, c’est une façon de prolonger son exposition à des publicités ou à des liens sponsorisés générateurs de chiffre d’affaires.

Des éditeurs inquiets, à juste titre ?

Instaurer la possibilité d’un échange avec un LLM directement dans la recherche peut également être perçu comme une façon de court-circuiter les applications et services dédiés (ChatGPT, Claude, LeChat et consorts), en capitalisant sur l’audience globale du numéro un mondial de la recherche en ligne. À ce sujet, Google teste d’ailleurs dans Chrome une option qui permet au mode IA de supplanter la recherche traditionnelle, et donc de lancer une conversation directement depuis la barre de navigation.

Dans sa présentation destinée à la France, Google prend soin à plusieurs reprises de souligner que les résultats de recherche, à comprendre comme des liens vers des sites externes, restent visibles :

« Le Mode IA utilise notre technologie de query-fan-out qui découpe votre question en plusieurs sous-thèmes et lance simultanément une multitude de recherches. Cela permet de pousser l’exploration du Web bien plus loin qu’une recherche Google classique, aidant à découvrir encore plus de contenus pertinents et de sites Web passionnants, grâce à des liens bien visibles pour poursuivre votre lecture. »

Ces précautions oratoires ne sont pas anodines : les éditeurs de sites Web en général, et l’univers de la presse en ligne en particulier, craignent que les Aperçus IA aient un impact préjudiciable sur le trafic que leur renvoie le moteur de recherche. Le sujet a d’ailleurs déjà motivé le dépôt d’une plainte pour abus de position dominante par un collectif d’éditeurs indépendants britanniques en juillet 2025, ainsi qu’une autre procédure initiée par l’éditeur de Rolling Stone et Variety aux États-Unis.

Ces réticences n’ont pour l’instant pas empêché Google de déployer et d’enrichir ces fonctionnalités IA… sauf en France, où la fonction Aperçus IA arrive donc très tardivement, en grande partie à cause des obligations dont doit s’acquitter le moteur de recherche au regard des droits voisins (une rémunération versée par Google aux publications de presse en échange de l’utilisation faite des contenus de ces dernières au sein de ses propres services).

La France et ses droits voisins

De précédents manquements lui ont valu une sanction de 250 millions d’euros prononcée par l’Autorité de la concurrence en 2024, et c’est l’accord conclu avec cette dernière qui aurait constitué la principale pierre d’achoppement.

« Le groupe était bloqué car il s’était engagé devant l’Autorité de la concurrence à ce que l’existence des négociations sur les droits voisins n’affecte pas l’indexation, le classement ou la présentation des contenus pendant la durée des négociations », indiquait fin juin le Figaro. Pour lever l’incertitude associée, Google prévoirait d’intégrer les Aperçus IA aux accords déjà passés avec les publications de presse, ce qui se traduirait donc par un surcroît de rémunération pour ces dernières. Aucun accord collectif n’a toutefois été annoncé par les éditeurs concernés, ce qui laisse supposer des négociations toujours en cours.

En attendant, Google propose aux éditeurs qui le souhaitent une option accessible via la Search Console (l’outil qui sert à mesurer et optimiser la visibilité d’un site dans les résultats de recherche ou dans l’algorithme de recommandation Discover) permettant de refuser que leurs contenus nourrissent les Aperçus IA. Le moteur promet que cet opt-out n’aura pas d’impact sur leur visibilité dans les résultats de recherche standard, mais qu’adviendra-t-il si les Aperçus IA s’imposent dans les usages même pour les recherches courantes ? Une étude du Pew Internet Center établissait en juillet 2025 que les Aperçus IA réduisaient de moitié le taux de clic enregistré vers les sites source au sein d’une page de résultats, alors même qu’ils sont eux aussi sujets aux erreurs et hallucinations.

L’attaque contre Hugging Face est venue… d’OpenAI

22 juillet 2026 à 09:15
Foutu progrès
L’attaque contre Hugging Face est venue… d’OpenAI

Hugging Face a communiqué récemment sur une attaque menée par un agent autonome contre ses infrastructures, occasionnant une compromission partielle. Patatras ! OpenAI vient de révéler qu’il s’agissait de l’un de ses modèles et qu’il s’était « échappé » de la sandbox où il était censé être confiné.

Le 16 juillet, Hugging Face a publié un billet de sécurité décrivant une intrusion dans une partie de son infrastructure de production. L’entreprise a affirmé qu’il s’agissait d’un système d’agent IA autonome, détecté et disséqué en grande partie grâce à sa propre architecture par la suite. Hugging Face dit avoir tiré quelques leçons importantes de l’aventure, mais précisait ne pas avoir trouvé quel modèle avait été utilisé.

Et voilà qu’OpenAI a fourni la réponse ce 21 juillet : les modèles étaient les siens. Détournés par des pirates pour les militariser ? Que nenni, les agents ont fait leur vie et ont manifestement échappé au contrôle de leurs gardiens. Le problème de cybersécurité, réel et concret, est devenu un argument marketing.

Les évènements qui ont mené à l’attaque

Dans son propre billet, OpenAI donne des informations sur ce qui s’est passé, en plus de préciser les modèles utilisés dans l’attaque contre Hugging Face : le récent GPT 5.6 Sol ainsi que des modèles en préversion présentés comme encore « plus capables », configurés volontairement avec des barrières plus faibles autour des capacités cyber.

Les modèles étaient soumis à un benchmark interne nommé ExploitGym, conçu pour évaluer les capacités d’exploitation avancée sur des chemins d’attaque complexes, en désactivant les classifieurs de production qui bloquent normalement les activités cyber à haut risque.

L’environnement de test était censé être isolé, avec un accès réseau limité à un proxy interne servant de cache pour les paquets nécessaires. Cependant, les modèles ont consacré une quantité « substantielle » de calcul d’inférence à trouver un moyen d’obtenir un accès Internet ouvert, en exploitant une vulnérabilité 0-day dans ce proxy de cache. Cette faille a été communiquée au fournisseur concerné, précise OpenAI.

En clair, les modèles ont dépensé de la puissance de calcul pour s’échapper de leur bac à sable (sandbox). Une fois à l’air libre, les choses ont pris une autre tournure. Le système IA d’OpenAI, qui cherchait à résoudre les benchmarks qui lui étaient imposés, a « estimé » que les datasets (jeux de données) et solutions à ExploitGym devaient se trouver sur Hugging Face. Les modèles ont donc cherché tous les moyens d’obtenir les informations jugées nécessaires, jusqu’à voler des identifiants et identifier plusieurs nouvelles failles 0-day.

Autrement dit, l’attaque déclenchée contre Hugging Face n’était pas malveillante dans le sens classique du terme. Le système IA a simplement considéré que l’entreprise devait avoir la solution au problème qui lui était imposé et a donc cherché à tricher, Hugging Face se trouvant simplement sur le chemin.

Évidemment, vu depuis l’autre entreprise, l’incident n’avait rien de fascinant. L’intrusion s’est faite depuis un dataset malveillant provoquant une exécution de code dans un pipeline dédié. Rappelons que Hugging Face a d’abord essayé d’analyser la situation en passant par les API commerciales des grandes entreprises de l’IA, ce qui n’a pas fonctionné : ces API ne faisaient pas la différence entre des demandes liées à une attaque et d’autres liées à une analyse d’évènement cyber.

Hugging Face avait fini par installer le modèle chinois GLM 5.2 (poids ouverts) sur sa propre infrastructure pour mener ses analyses, sans dépendre de qui que ce soit. Une certaine ironie dans la situation que l’entreprise a nommée « l’asymétrie du garde-fou ».

Ce type d’incident se reproduira

Le risque d’un nouvel incident n’est plus théorique, les deux entreprises étant explicites sur le sujet. Hugging Face conclut que l’outillage offensif autonome piloté par IA n’est plus hypothétique, qu’il abaisse le coût de campagnes vastes, patientes et multi-étapes, et opère à vitesse machine.

OpenAI, de son côté, s’appuie sur des évaluations de l’UK AI Security Institute montrant que des modèles comme GPT 5.6 Sol sont de plus en plus capables de soutenir des opérations cyber complexes et multi-étapes sur de longues périodes. Pour l’éditeur, cet incident confirme que ces capacités théoriques s’appliquent en conditions réelles.

La récidive est d’autant plus possible que la sécurité générale dépend toujours de son maillon le plus faible. Or, il semble qu’OpenAI n’ait pas bien configuré son environnement de test : comment un laboratoire de pointe peut-il lancer des tests sur des capacités offensives sans confinement robuste ni surveillance suffisante ?

En outre, l’asymétrie décrite par Hugging Face sera toujours là. On retrouvera ainsi les modèles « débridés » en attaque, qu’ils soient utilisés à des fins de test ou par de vrais acteurs malveillants, tandis que la défense devra se contenter des modèles commerciaux, dont les capacités cyber sont volontairement tronquées.

D’ailleurs, l’évènement n’est pas isolé. OpenAI indique que le même jour, un modèle en préversion a été mis en pause après s’être échappé là encore de sa zone de confinement pour aller poster sur GitHub.

De l’incident cyber à l’opportunité marketing

OpenAI tire un bénéfice commercial direct et immédiat de l’histoire. Son billet se termine en invitant explicitement d’autres organisations à rejoindre le programme « Trusted Access » et à expérimenter ces modèles pour améliorer prévention, détection et réponse aux incidents. Sans surprise, Hugging Face a été intégré à ce même programme dans la foulée.

Le narratif est en outre bien connu, avec des modèles si « puissants » qu’ils en arrivent à pirater une entreprise tierce par accident. Une aura de danger qu’OpenAI a déjà exploitée et dont Anthropic s’est fait l’experte, un puissant « marketing de la peur » faisant la célébrité de son programme Glasswing et du modèle Mythos.

Nous faisons également remarquer qu’il s’est écoulé cinq jours entre la publication de Hugging Face et celle d’OpenAI, laissant le temps de transformer une histoire potentiellement compromettante en argumentaire produit, d’autant que les forces de l’ordre ont été averties (on ne sait pas encore si OpenAI sera inquiétée).

Cependant, même si la communication bat son plein pour changer un problème en opportunité, les évènements décrits semblent bel et bien réels. Une faille 0-day a été trouvée dans un produit utilisé pour le confinement de l’environnement de test, une exécution de code a été déclenchée chez un partenaire, du temps et de l’argent ont été investis pour détecter, analyser, réparer et avertir.

En revanche, aucune des deux entreprises ne s’est exprimée sur la période de cinq jours entre les deux billets. À moins d’une campagne de communication savamment orchestrée, il est probable que Hugging Face n’ait pas su d’où venait l’attaque et qu’OpenAI ne l’en ait avertie qu’après le billet du 16 juillet. Au vu des annonces d’OpenAI – surtout l’intégration de Hugging Face dans Trusted Access –, les cinq jours semblent avoir servi à accorder les violons et à s’entendre sur la suite des évènements.

Enfin, OpenAI assure qu’elle fera tout pour que ce type d’incident ne se reproduise pas. « Cet incident souligne la nécessité de renforcer davantage l’alignement de notre modèle, les protections cyber pendant l’évaluation, et la surveillance lors des tests internes », affirme l’entreprise. Un argument que Micah Carroll, chercheur chez OpenAI, reprend sur X : « Si cela ne vous convainc pas que les risques de mésalignement vont devenir une préoccupation clé à l’avenir, je ne sais pas ce qui le fera ».

☕️ Buzz, l’espace de travail partagé entre humains et agents IA selon Jack Dorsey

22 juillet 2026 à 07:31


Jack Dorsey a annoncé mardi le dernier projet en date porté par son entreprise Block : un espace de travail baptisé Buzz, dans lequel des développeurs humains et des agents IA sont censés pouvoir collaborer de façon efficace et sécurisée. En pratique ? L’interface ressemble à celle d’un Slack, d’un Mattermost ou d’un Discord, au sein duquel les agents IA ne sont pas traités comme des composants externes, mais comme des membres à part entière.

« Oui, c’est encore un outil pour développeurs lié à l’IA. Nous en sommes désolés. La différence réside dans ce que les agents peuvent réellement accomplir une fois intégrés : ouvrir des dépôts, envoyer des correctifs, réviser du code, exécuter des workflows, modifier des canevas, orchestrer d’autres agents, rejoindre des échanges vocaux, créer des canaux et faire intervenir les personnes concernées », décrit le Readme du projet.

Capture d’écran du client Buzz sur macOS – crédit Buzz

Pour ce faire, Buzz considère les agents IA comme de « vrais » utilisateurs : chacun dispose de sa propre identité, d’un historique dédié, signe ses propres actions, et peut-être invité ou révoqué individuellement d’un canal ou d’un projet, ce qui doit permettre d’éviter les erreurs ou les problèmes de traçabilité liés à des permissions trop génériques.

Buzz ajoute à cette promesse d’agents « maitrisés » celle d’une architecture open source, compatible avec tous les modèles et auto-hébergée, une logique concurrente de celle de services commerciaux courants de type Slack ou GitHub. Le projet exploite pour ce faire le protocole Nostr et sa logique de relais. « Chaque message, réaction, étape de workflow, approbation de révision et événement Git constitue un événement signé au sein d’un journal unique. Même structure, même modèle d’identité et même piste d’audit, que l’auteur soit une personne ou un processus ».

Architecture technique de Buzz – capture d’écran

Le projet et ses sources (présentés comme en cours de développement et donc non finalisés) sont disponibles sur GitHub, sous licence Apache 2.0, avec une app dès à présent testable sous macOS, Linux ou Windows.

Droits de douane Trump : Nintendo ne veut rien rembourser aux joueurs

22 juillet 2026 à 06:30
Touche pas au grisbi
Droits de douane Trump : Nintendo ne veut rien rembourser aux joueurs

Les clients américains de Nintendo peuvent aller se brosser. Ils ne recevront pas un kopeck du remboursement des droits de douane que le constructeur japonais veut récupérer, après la défaite retentissante de Donald Trump devant la Cour suprême américaine. De l’argent que Nintendo compte bien garder dans ses caisses.

L’été dernier, Nintendo procédait à une hausse de prix sur plusieurs accessoires et consoles aux États-Unis : manettes et Switch 1 y sont facturés plus cher qu’ailleurs (jusqu’à 50 dollars de plus sur le modèle OLED). Pas sur la Switch 2 en revanche, car il est nécessaire d’écouler un maximum d’unités, ce qui en retour permet de vendre plus de jeux pour le nouveau système.

Nintendo réclame son dû

Nintendo n’avançait pas d’explication, mais il ne fallait pas être devin pour deviner l’ombre de Donald Trump derrière cette augmentation limitée aux États-Unis. Les droits de douane, dont le président américain est friand, touchaient en effet les importations des pays où le constructeur fait fabriquer ses produits.

Illustration : Flock

Ces tarifs douaniers ont bousculé non seulement Nintendo, mais aussi l’économie mondiale… jusqu’à ce que la Cour suprême y mette bon ordre. Le 20 février dernier, la plus haute juridiction américaine les a en effet jugés illégaux. Il a été établi que le locataire de la Maison-Blanche était allé au-delà des pouvoirs que lui avait accordé le Congrès l’autorisant à réglementer le commerce en cas d’urgence nationale.

Ce coup sur le nez n’a pas empêché Donald Trump de remettre le couvert en utilisant d’autres dispositifs législatifs. Néanmoins, la Cour suprême a ouvert la voie au remboursement des sommes déjà versées par les importateurs. Un site web a d’ailleurs été mis en place en avril par les Douanes US. Mais Nintendo n’a pas attendu pour réclamer son dû : début mars, la branche américaine du groupe portait plainte contre le gouvernement américain, comme l’ont fait un millier d’autres entreprises.

Quelques semaines plus tard, une plainte était déposée par deux joueurs Nintendo qui cherchent à faire reconnaitre par la justice que le remboursement de ces droits de douane devait revenir, au moins en partie, aux consommateurs ayant payé les produits Nintendo plus cher. Selon eux, l’entreprise serait donc payée deux fois : une première fois par ses clients, une deuxième fois par par le gouvernement américain.

Une vente conclue reste conclue

Nintendo a demandé le rejet de cette poursuite, que les plaignants veulent transformer en action collective. Le constructeur estime que les clients ont reçu « exactement ce qu’ils avaient accepté d’acheter et de payer », rapporte Game File. « L’argent versé par les plaignants correspond au prix d’achat des produits qu’ils souhaitaient acquérir et qu’ils ont effectivement reçus ; ils n’ont pas droit à un remboursement simplement parce que la situation juridique entourant les droits de douane a évolué entre-temps », selon Nintendo.

Pour l’entreprise, le point commun entre les demandes des plaignants est qu’il serait injuste que Nintendo n’ait pas révisé rétroactivement ses prix pour des ventes déjà conclues. « Mais ce n’est pas ainsi que fonctionnent les transactions commerciales », assène-t-elle. Autrement dit : circulez, il n’y a rien à voir.

Le constructeur ajoute également avoir ciblé des ajustements de prix « modestes », tout en prenant à sa charge le coût des droits de douane sur plusieurs de ses produits les plus populaires de l’époque, tout particulièrement la Switch 2. Pas d’augmentation généralisée, donc. « Si un consommateur ne souhaitait pas payer le prix affiché, il était libre de renoncer à l’achat ou de se tourner vers des produits concurrents », affirme Nintendo, même si les consoles rivales étaient plus chères à l’époque (et encore plus maintenant).

Il reviendra au juge de décider si la plainte peut devenir une class action, ou si elle est purement et simplement rejetée. Nintendo a pu maintenir le prix de lancement de la Switch 2, mais ça ne durera pas : à compter du 1er septembre, la console coûtera 500 euros (+ 30 euros) ou 500 dollars (+ 50 dollars). Cette fois pas tellement à cause des tarifs Trump, mais surtout pour éponger les coûts de la mémoire et du stockage.

☕️ [MàJ] Après plus d’un an d’attente, Apple bouche une faille de « Hide my Email »

22 juillet 2026 à 06:07


Les alertes envoyées par les chercheurs en sécurité devraient suffire pour que les entreprises fassent le nécessaire et bouchent les failles rapidement. Mais parfois, il faut aussi secouer le cocotier pour qu’elles s’exécutent. C’est le cas d’Apple, qui a finalement corrigé une vulnérabilité dans son service « Masquer mon adresse e-mail » plus d’un an après sa découverte. La médiatisation de cette faille a forcé la main du constructeur.

Illustration : Flock

Début juillet, on découvrait l’existence d’une vulnérabilité dans « Masquer mon adresse e-mail » (Hide My Email), un service offert aux abonnés iCloud+ d’Apple. La fonction crée automatiquement une fausse adresse durant l’inscription sur un site ou une application, afin de ne pas révéler sa vraie adresse. Cette faille permettait de retrouver l’adresse e-mail originale.

Le chercheur en sécurité Tyler Murphy d’EasyOptOut a prévenu Apple de sa découverte en juin 2025. En mars 2026, l’entreprise a affirmé que le problème avait été résolu… sauf que ce n’était pas le cas : la faille était toujours exploitable. Alertée de nouveau, Apple a indiqué en mai qu’un correctif avait été mis au point et serait appliqué dans les prochaines semaines, avant de se murer dans le silence.

Tyler Murphy a alors contacté 404media pour médiatiser l’affaire, sans rien révéler sur la nature précise du problème afin de ne pas donner des idées à des malandrins. L’affaire a pris suffisamment d’ampleur pour qu’Apple se décide finalement à appliquer un correctif. Maintenant que la faille appartient au passé, le site explique qu’il suffisait d’envoyer un message à un utilisateur ciblé de « Masquer mon adresse e-mail » et que celui-ci soit rejeté comme spam pour pouvoir exploiter la faille.

« Nous ne pensons toutefois pas que tout risque soit désormais écarté », préviennent Tyler Murphy et Ben Weiner, le cofondateur de la société EasyOptOut. « Des e-mails non malveillants pouvaient être rejetés et révéler votre adresse masquée. Comme les journaux de transfert des messages sont souvent conservés, nous estimons que toute adresse masquée associée à une adresse créée avec “Masquer mon adresse e-mail” avant le 7 juillet 2026 a pu être exposée et pourrait encore figurer dans des journaux détenus par des tiers », précisent-ils.

Apple n’est donc peut-être pas encore au bout de ses peines. À cela s’ajoute une plainte (PDF) déposée en Californie le 17 juillet, qui accuse l’entreprise d’avoir trompé ses clients sur le niveau de confidentialité de la fonction « Masquer mon adresse e-mail », tout en la leur faisant payer.

Mise à jour — Un bug n’arrive jamais seul. Le développeur Jeff Johnson et MacGeneration ont mis la main sur une autre vulnérabilité qui touche directement le logiciel Mail d’Apple. Cette vulnérabilité permet à un plaisantin de récupérer l’adresse liée au compte Apple d’une personne qui ne souhaite pas la partager.

Le piège est très simple. Il suffit d’envoyer un courriel à l’adresse connue de la victime en ajoutant un en-tête spécifique qui active le bug. Le message affiche un bandeau « Ce message vous a été transféré via « Masquer mon adresse e-mail » », qui doit mettre la puce à l’oreille car il n’apparait habituellement pas.

Si l’utilisateur répond tout de même à l’e-mail malveillant depuis l’app Mail, son adresse « À: » sera celle du compte Apple… pas l’adresse d’origine à laquelle le courriel avait été envoyé. C’est embêtant, car on peut ne pas vouloir divulguer l’adresse de son compte Apple ou alors uniquement à des proches. Apple a été prévenue de ce nouveau bug.

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