Vue normale

Reçu — 24 juillet 2026 Next - Articles gratuits

Meta vend une IA optimiste sur fond de fin du monde

24 juillet 2026 à 15:21
Souriez, vous êtes filmés
Meta vend une IA optimiste sur fond de fin du monde

Vous allez voir que l’IA rapprochera les humains et profitera à tous, affirme Meta dans sa dernière campagne de pub. Ce discours optimiste se heurte à une réalité qui a la tête dure.

Les craintes, voire la haine, que suscitent l’IA générative chez certains sont largement alimentées par les agissements et la communication désastreuse des grands acteurs du secteur. OpenAI ressemble à un bateau ivre emmené par des capitaines en totale roue libre, Anthropic annonce régulièrement l’apocalypse, SpaceXAI cache son usage massif de turbines à gaz pour son centre de données géant, tandis qu’une économie circulaire s’est mise en place qui brasse des centaines de milliards de dollars au profit d’une poignée de dirigeants… aspirant au passage les capacités de production de mémoire, ce qui fait exploser les prix des ordinateurs et des consoles. Sans oublier le tropisme militaire très appuyé des labos IA, les conséquences environnementales des datacenters, le pillage généralisé des œuvres de l’esprit, ou encore la hausse des prix de l’énergie, le tout avec l’aide très visible des gouvernements.

Une technologie difficile à aimer

Le tableau n’est donc pas spécialement glorieux. Histoire de redresser la barre, Meta a produit un spot de pub à la gloire de l’IA dans lequel le groupe – qui investit sans compter dans cette technologie – se veut optimiste pour l’avenir. « Certains voudraient vous faire croire que l’IA nous isolera davantage, qu’elle finira par nous laisser sur le bord du chemin », explique la réclame. « Nous ne pourrions être plus en désaccord. Traitez-nous d’optimistes, de rêveurs. Comme nous l’avons toujours fait, nous misons sur les gens », poursuit Meta.

Les mauvais esprits auront relevé que la chanson de David Bowie qui illustre la publicité, « Five Years », parle de… fin du monde, comme s’en amuse TechCrunch. L’humanité n’a plus que cinq années à vivre, chante-t-il. Pas sûr que ce spot rassure les personnes inquiètes du nouveau monde merveilleux promis par Meta !

L’ironie n’a en tout cas pas atteint Mark Zuckerberg, qui écrit sur Facebook que « que nous entrons dans cette nouvelle ère de l’IA, [et] nous continuons de penser que l’avenir appartient à tout le monde. Nous voulons donner à chacun les outils nécessaires pour réaliser pleinement son potentiel et veiller à ce que les bénéfices de la technologie profitent à tous. »

Un discours en droite ligne avec la « vision » du fondateur et patron de Meta sur la « superintelligence personnelle », autrement dit d’une IA au service de tous. Un projet qui se concrétise entre autres par les lunettes connectées embarquant l’assistant maison, Meta AI. Malgré les belles paroles sur une IA qui libérerait l’humanité de ses chaînes, Meta reste Meta et cherche à transformer le succès de ces produits en outil de surveillance généralisée : l’entreprise tente depuis quelques temps d’intégrer en douce une fonction de reconnaissance faciale, et réfléchit à un système qui enregistrerait tout, tout le temps.

Quand les lunettes dérapent

Meta ne veut cependant pas tuer la poule aux œufs d’or. La réputation de ses lunettes, conçues en partenariat avec EssilorLuxottica, commence en effet à se dégrader en raison de l’utilisation malsaine que certains font de ses capacités d’enregistrement vidéo. On a vu fleurir ces derniers mois sur les réseaux sociaux des vidéos de type « caméra cachée » (blagues douteuses, drague lourde) postées par des petits malins qui bidouillent la loupiotte de leurs lunettes pour éviter de prévenir qu’un enregistrement est en cours.

Meta va serrer les boulons pour empêcher l’enregistrement vidéo en cas de diode trafiquée. Nul doute que d’autres solutions émergeront pour contourner cette protection ; et puis une petite lumière n’est parfois pas suffisante pour alerter les gens alentour (qui ne connaissent pas tous nécessairement ces appareils).

En attendant, Instagram a décidé de sévir : Adam Mosseri, le patron du réseau social, a annoncé que les vidéos de ce type seront retirées. « Si vous publiez du contenu qui exploite des personnes ou les harcèle, comme beaucoup de ces vidéos de techniques de drague dont nous avons entendu parler et que nous avons vues, nous supprimerons ce contenu », a-t-il expliqué dans une Story.

Le dirigeant ajoute : « Nous ne voulons pas que des personnes filment discrètement d’autres gens, les harcèlent, puis publient ces vidéos sur notre plateforme. Nous essayons donc de lutter contre ce phénomène par tous les moyens possibles. » Les comptes de deux « coachs en séduction », qui comptaient plus d’un million d’abonnés, ont ainsi été désactivés. Ils se filmaient en train d’aborder des femmes dans les lieux publics avec des lunettes Meta.

L’entreprise veut absolument éviter que le surnom qui commence à émerger pour ses lunettes (« pervert glasses », ou « lunettes de pervers ») ne leur colle à la peau. Il est peut-être déjà trop tard. Meta peut bien promettre une IA qui rapproche les humains et « libère leur potentiel » : quand ses produits basés sur l’IA servent à filmer des inconnus à leur insu pour les exposer devant des millions de personnes, le discours publicitaire se prend rapidement le mur de la réalité.

☕️ Un badge sur Facebook pour distinguer les vrais humains des faux profils

24 juillet 2026 à 13:50


Sur internet, personne ne sait que vous êtes une IA… sauf avec un badge « vérifié ». Meta vient de lancer un nouveau programme Facebook Verified pour aider les humains du réseau social (mais en reste-t-il ?) à communiquer avec d’autres humains. Il s’agit d’un badge avec une coche, affiché à côté du nom du profil.

La vérification est gratuite, mais elle nécessite l’enregistrement d’un selfie vidéo. Ce dernier est ensuite comparé aux photos du profil pour confirmer que l’utilisateur est bien la personne qu’il annonce être. Le processus est rapide, promet Meta.

Au vu des informations que possède l’entreprise sur ses utilisateurs, un selfie vidéo de plus ou de moins ne changera probablement pas grand-chose, mais l’opération implique tout de même de confier à Meta une donnée biométrique supplémentaire.

Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Facebook âgés de 18 ans et plus, qui respectent les standards de la communauté, notamment les règles interdisant la fraude, les arnaques et les pratiques trompeuses. Le comportement de l’utilisateur ne devra présenter aucun signe de comportement non authentique. Le déploiement se fera progressivement, pays par pays.

Le badge « vérifié » sera visible sur les profils du Marketplace, du service Rencontres, des groupes et du profil pour commencer. À terme, les coches feront leur apparition dans les publications du fil d’actualité, ce qui ne sera pas inutile sur un réseau social où les IA et les contenus générés par IA pullulent. « Il devient essentiel de pouvoir distinguer clairement les vraies personnes », reconnait le groupe.

☕️ Pour Bruxelles, TikTok ne protège pas assez les comptes des mineurs

24 juillet 2026 à 12:57


Nouvelle étape dans l’enquête au long cours sur TikTok que mène la Commission européenne depuis février 2024. Sans vraiment de surprise, les conclusions préliminaires publiées aujourd’hui par Bruxelles indiquent que le réseau social ne protège pas suffisamment les comptes des mineurs, alors que c’est une obligation du règlement sur les services numériques (DSA).

Le nœud du problème demeure dans les réglages de confidentialité. Sur TikTok, les mineurs ont la possibilité de rendre leur compte public : les contenus postés sont alors visibles par tous, y compris par des personnes qui n’ont pas de compte TikTok. Les contenus des mineurs de 16 - 17 ans peuvent même être recommandés à n’importe quel autre utilisateur du réseau social dans le fil « Pour toi ».

La Commission estime aussi que la protection d’un compte « privé » est insuffisante : le profil peut être retrouvé dans les listes d’abonnés et d’abonnements des autres utilisateurs. Par ailleurs, la photo de profil reste visible publiquement. Cette exposition augmente les risques de contacts indésirables, de harcèlement en ligne et de comportements prédateurs. Tous ces contenus publiés par des mineurs peuvent rester en ligne pour toujours, et avoir des conséquences par la suite.

Les comptes publics des utilisateurs les plus jeunes devraient donc être bien plus verrouillés, selon l’exécutif européen qui voudrait que ces contenus ne soient visibles que par les utilisateurs que les mineurs ont acceptés. Les 16 - 17 ans pourraient conserver la possibilité de partager plus largement sur TikTok, sans que leurs contenus soient accessibles à l’ensemble du web. Et l’entreprise devrait cesser de recommander les contenus de mineurs dans le fil « Pour toi ».

« Le DSA impose aux plateformes d’intégrer la protection des mineurs dès la conception de leurs services, et les tient responsables lorsqu’elles ne le font pas », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente chargée de la souveraineté technologique. « Un niveau de protection élevé ne devrait pas être une option à activer, mais le réglage par défaut. »

TikTok a maintenant la possibilité d’examiner le dossier monté par la Commission, et de répondre à ces allégations. Mais si Bruxelles confirme son analyse, le réseau social pourrait être condamné à une amende pouvant aller jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.

Ce n’est pas le seul front qui oppose les autorités européennes à TikTok. En février, Bruxelles livrait ses conclusions préliminaires sur la conception jugée addictive du service.

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

24 juillet 2026 à 11:19
AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

Écrans LG et publicité McAfee : Microsoft intervient, LG supprime l’offre

24 juillet 2026 à 08:47
Du balais
Écrans LG et publicité McAfee : Microsoft intervient, LG supprime l’offre

La mini-saga de l’été autour des écrans LG vient de finir sa première saison. Le constructeur a supprimé sa publicité pour McAfee, mais le problème sous-jacent reste entier et LG se défend d’avoir mal agi.

LG est sous un feu nourri de critiques pour le comportement observé par de nombreuses personnes autour d’une partie de ses écrans, même dans le haut de gamme et jusqu’à des écrans proposés depuis plusieurs années. Depuis environ trois semaines, des propriétaires de moniteurs LG (essentiellement la gamme UltraGear) constatent qu’après un simple branchement de l’écran, le pilote est récupéré automatiquement par Windows, en même temps qu’une application dont le seul objectif semble être de la publicité pour McAfee.

Comme nous l’avions expliqué, LG exploite un mécanisme présent dans Windows depuis longtemps. Cependant, la documentation de Microsoft recommandait de faire attention avec les comportements déclenchés de cette manière s’ils ne répondaient pas à un besoin concret de l’utilisateur. Une application peut être utile pour fournir des fonctions liées, mais elle peut vite provoquer de la frustration quand elle est utilisée à d’autres fins. Dont acte.

Microsoft intervient, clap de fin (pour l’instant)

On pouvait se demander si Microsoft était au courant de la situation. Sur X le 18 juillet, Tim Sweeney, fondateur et CEO d’Epic Games, a directement interpelé Pavan Davuluri, vice-président de Microsoft à la tête de la division Windows et Appareils. Le lendemain, le responsable remerciait « Tim » et indiquait que l’entreprise se penchait sur la situation.

Le 22 juillet, Pavan Davuluri revient avec un nouveau message : « Merci encore d’avoir porté cela à notre attention. Nous avons pris contact avec l’équipe chez LG et, comme étape immédiate suivante, ils ont accepté de désactiver la fenêtre contextuelle McAfee dans leur application. Nous apprécions la collaboration de LG avec nous vers un objectif commun d’une meilleure expérience pour nos clients mutuels ». Un langage très policé au vu du contexte, mais au moins la situation progresse.

Pour LG, le choix de l’utilisateur a été respecté

« LG Electronics réaffirme que McAfee n’est pas installé automatiquement et n’est jamais installé sans le consentement explicite de l’utilisateur. Le programme d’installation de l’application LG Monitor est distribué via le processus officiel de distribution Windows de Microsoft, qui incluait McAfee en option. McAfee ne sera installé que si l’utilisateur choisit activement de poursuivre l’installation et donne son consentement. McAfee n’est en aucun cas installé automatiquement ou sans l’autorisation de l’utilisateur », nous a quand même indiqué le constructeur.

Il ne s’agit cependant que d’une partie du problème. Les personnes concernées avaient bien vu le choix, mais la frustration venait de la question qui leur était posée encore et encore. Gamer Nexus s’était largement penché sur ce comportement, indiquant que la notification était revenue 31 fois sur 32 redémarrages. On reste ainsi sur la volonté de profiter d’une fonction existante pour pousser automatiquement de la publicité.

En outre, la question du processus utilisé reste entière. Dans notre article précédent, nous nous interrogions sur le bien-fondé de cette fonction, qui permet une installation sans intervention de l’utilisateur. L’immense majorité des constructeurs en profite, mais n’a jamais commis l’erreur – grossière – de le faire sans demander la permission. MSI, Gigabyte, Logitech et d’autres font ainsi apparaître une fenêtre demandant si l’application peut s’installer. En cas de refus, la question ne revient pas, à moins d’une mise à jour majeure de Windows (la 25H2 de Windows 11 par exemple). D’autres, comme Razer, ont davantage tiré sur la corde, en installant notamment son application Synapse au branchement d’une webcam de la marque.

☕️ Tails 7.10 revoit sa procédure d’arrêt et son lecteur vidéo

24 juillet 2026 à 07:23


Si Tails 7.9 n’avait pas vraiment marqué par ses nouveautés (essentiellement quelques mises à jour logicielles), la version 7.10 comporte quelques changements plus visibles.

La modification la plus importante est la bascule du processus d’arrêt par défaut vers celui de GNOME. L’équipe justifie ce choix par une procédure certes plus lente, mais qui réduit les risques de pertes de données. Elle signale notamment aux utilisateurs les applications ouvertes avec des documents non sauvegardés.

Source : Tails

Comme le montre la capture, le système s’éteindra dans tous les cas au bout de 60 secondes, que les documents aient été sauvegardés ou non. En outre, « l’arrêt d’urgence » – qui consiste à débrancher le média utilisé pour charger Tails – est toujours disponible, même s’il présente un risque accru de perte de données.

Pour le lecteur vidéo, l’équipe a fait le choix inverse : le lecteur vidéo de GNOME est abandonné au profit de Celluloid, présenté comme « plus moderne et plus fiable ». Au sein de Tails, Celluloid ne peut pas accéder au réseau. L’équipe conseille d’utiliser Tor Browser pour les vidéos en ligne (certains MP4, AVI…), tandis que les adresses vers des flux en streaming peuvent être ouvertes dans VLC. Celluloid pourrait ne pas fonctionner sur certains ordinateurs de 2011 ou plus anciens, auquel cas VLC est de nouveau conseillé.

Pour le reste, Tails 7.10 propose quelques évolutions logicielles et de firmwares, ainsi que la version 15.0.19 de Tor Browser. Pour les personnes ayant une clé USB avec le système, Tails 7.0 et les versions ultérieures intègrent directement un processus de mise à jour.

Apple Plans monte à bord des futures Ford électriques

24 juillet 2026 à 07:03
Apple roule au pragmatisme
Apple Plans monte à bord des futures Ford électriques

Les futurs véhicules électriques de Ford intégreront directement Apple Plans à leur système d’infodivertissement. Il ne s’agit ni de CarPlay, ni de CarPlay Ultra, mais bien du service de cartographie et de calcul d’itinéraires d’Apple. Le tout sans aide de l’iPhone.

CarPlay Ultra a calé au démarrage. Présenté durant la WWDC de 2022, ce concurrent d’Android Automotive intéressait plusieurs constructeurs automobiles, affirmait Apple à l’époque. Des partenaires qui se sont défilés, à l’image de Mercedes-Benz, Renault ou encore Audi. La première incarnation concrète de la plateforme logicielle est finalement apparue chez Aston Martin, trois ans plus tard.

Apple Plans, le GPS natif de Ford

Contrairement à Android Automotive qui offre une grande flexibilité aux constructeurs, CarPlay Ultra nécessite un travail en commun avec Apple pour adapter l’interface aux différents écrans des véhicules. Ce n’est pas non plus CarPlay tout court, le système d’affichage projeté de l’écran de l’iPhone vers celui du véhicule dont le succès n’est plus à démontrer.

CarPlay Ultra chez Aston Martin. Image : Apple

Devant l’échec de CarPlay Ultra, Apple a manifestement changé son fusil d’épaule en dévoilant une nouvelle initiative automobile plus modeste, mais qui pourrait séduire davantage de constructeurs. Il s’agit d’un kit de développement, MapKit for Automotive, qui permet d’utiliser l’application Plans et ses différents services comme système de navigation natif. Ford, qui faisait partie des partenaires annoncés de CarPlay Ultra, est le premier cobaye à se lancer.

À partir de l’an prochain, les véhicules électriques de Ford fonctionnant avec la plateforme Universal Electric Vehicle (UEV) auront donc droit aux cartes d’Apple Plans sur leurs écrans, sans avoir à connecter d’iPhone. UEV est la nouvelle architecture technique mise au point par Ford pour ses gammes de voitures électriques abordables. Ce socle commun regroupe la batterie, les moteurs, l’électronique, le logiciel et les principes de fabrication.

Le premier modèle labellisé UEV sera un pick-up électrique produit aux États-Unis, avec un prix de départ à 30 000 dollars – très loin des tarifs stratosphériques d’Aston Martin. Le véhicule bénéficiera donc de la cartographie d’Apple, mais également de fonctions comme le guidage étape par étape, les instructions en langage naturel, le trafic et les incidents en temps réel, le calcul d’itinéraires adaptés aux voitures électriques (avec les bornes en chemin), ou encore la préparation de la batterie avant une recharge rapide.

Ce dernier point suppose une intégration profonde de Plans avec le véhicule. L’application doit en effet connaitre l’état de charge et les caractéristiques de la batterie pour choisir les arrêts et demander le préconditionnement du composant. Ford pourra aussi conserver l’habillage graphique de son système d’infodivertissement, ses menus et ses services.

CarPlay toujours en piste

« Avec notre nouveau SDK MapKit for Automotive, nous intégrons encore davantage Plans au quotidien des conducteurs, en leur proposant un système de navigation extrêmement précis, facile à utiliser et parfaitement intégré aux véhicules Ford », se réjouit Eddy Cue, vice-président des services d’Apple. Il peut être ravi, ce kit semble effectivement promis à un meilleur avenir que CarPlay Ultra, sans atteindre le bouquet de fonctions et de services d’Android Automotive.

C’est aussi une manière pour Apple de rester pertinent dans un secteur de l’automobile où plusieurs acteurs cherchent à couper le cordon avec les mastodontes envahissants que sont Apple et Google (Android Auto). C’est le cas de GM, qui a annoncé en octobre dernier l’abandon de ces deux technologies au profit de ses propres systèmes. Ford a d’ailleurs confirmé rester fidèle à CarPlay.

L’autre volet de l’accord avec Apple concerne BlueCruise, le système de conduite mains libres sur autoroute de Ford. Ce dernier va utiliser les infos routières de Plans pour développer la prochaine génération de son logiciel ; les données seront exploitées par Latitude AI, filiale de Ford, notamment pour les voies, les bretelles d’accès et les sorties. Là aussi, il ne s’agit pas pour Apple de fournir toute la pile technologique de BlueCruise, uniquement la partie cartographique.

☕️ Lego ressuscite la borne d’arcade Donkey Kong

24 juillet 2026 à 06:42


Après une incursion dans le monde des briques connectées avec Lego Smart Play, le fabricant danois revient à l’un de ses leviers marketing de prédilection : exploiter la nostalgie des grands enfants en s’associant à des marques emblématiques de la culture geek. En témoigne ce nouveau set issu du partenariat déjà enclenché avec Nintendo, qui propose de construire une mini borne d’arcade Donkey Kong… mais aussi de jouer avec cette dernière !

Le set 72051, baptisé Donkey Kong Arcade, contient 1 367 pièces, pour reconstituer le célèbre décor tout en échafaudages et échelles, le long desquels Jumpman (qui ne s’appelait pas encore Mario) doit éviter des tonneaux roulants lancés par Donkey Kong pour atteindre Lady et la délivrer.

Outre le plaisir de la construction, le principal attrait de la borne vient de son caractère interactif : une fois assemblée, on peut lancer jusqu’à 21 tonneaux, diriger Jumpman à l’aide d’un joystick et lui faire éviter les obstacles en sautant grâce à un bouton dédié. Le dos de la borne d’arcade (dépourvue de monnayeur) révèle le mécanisme qui anime l’ensemble. L’ensemble mesure 39 cm de haut, 27 cm de large et 15 cm de profondeur.

Bref, une jolie madeleine de Proust comme Lego sait en faire (on se souvient de la NES lancée en 2020, ou de la borne Pac-Man de 2023), aussi séduisante que dispendieuse : comptez 170 euros en précommande, avec des livraisons programmées à partir du 1er août prochain.

La borne d’arcade Donkey Kong est lancée à 170 euros – crédit Lego

Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

24 juillet 2026 à 06:12
Pas de console, mais un cloud
Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

Le cloud gaming serait-il une solution au problème du matériel hors de prix ? Pas besoin de consoles ou de PC, une (bonne) connexion internet et une manette potable suffisent pour profiter des blockbusters les plus récents sur sa télé ou son smartphone. Plusieurs solutions sont disponibles, mais les principales sont payantes, chez Sony (PlayStation Plus), NVIDIA (GeForce Now), ou Microsoft (Xbox Cloud Gaming).

Xbox, qui selon le mot d’Asha Sharma veut « divertir plus d’un milliard de personnes chaque jour », a besoin d’élargir sa plateforme au-delà de Windows et de ses consoles. C’est ce qui l’a poussée à adapter plusieurs de ses grosses franchises à la concurrence (rendez-vous compte, le nouveau Halo est disponible sur PS5 !), mais aussi à tenter quelque chose de nouveau : une offre de cloud gaming gratuite pour les joueurs sur Xbox.

Ce nouveau service, objet de rumeurs depuis des mois, est désormais officiel. Xbox propose le streaming depuis le nuage sans frais, mais avec pas mal de contraintes. D’une, il faut posséder les jeux que l’on veut streamer, et seule une petite sélection est compatible ; on n’a pas accès au catalogue pléthorique du Game Pass, en revanche les jeux free to play sont supportés. De deux, les sessions sont limitées à 1 heure. De trois, la formule est financée par la publicité.

Une expérimentation, et plus si affinités

Il s’agit pour le moment d’une expérimentation réservée aux joueurs inscrits au programme Xbox Insiders, qui permet de tester des nouveautés avant qu’elles soient proposées au grand public. Deux minutes de publicités seront jouées avant le début de la session de jeu, il n’y aura pas de pause en plein combat de boss. Si le joueur veut aller au-delà de l’heure offerte, il devra visionner de nouvelles publicités. Microsoft promet d’appliquer à ces réclames « les mêmes critères de qualité qu’à nos contenus », ce qui ne mange pas de pain.

Image : Xbox

Les publicités doivent aussi « apporter une valeur ajoutée » et correspondre aux « attentes des joueurs sur chaque plateforme ». Microsoft s’engage enfin à indiquer clairement ce qui relève de la publicité. « Lorsqu’elle est bien utilisée, elle peut contribuer à réduire le coût d’accès », explique l’entreprise. « Elle offre aux joueurs une autre manière de découvrir des jeux sans devoir payer d’emblée pour le streaming, tout en élargissant le public grâce à de nouvelles façons de jouer. »

L’idée est on ne peut plus claire : alors que les consoles atteignent des prix ahurissants (les Xbox vont encore augmenter au 1er août, la Switch 2 en septembre), le cloud gaming permet de jouer à des titres récents « sans avoir à acheter immédiatement une nouvelle console ». Voilà qui est « particulièrement important dans les régions où les consoles sont plus difficiles à trouver ou moins abordables ».

Xbox veut apprendre de ce test, qui aura une durée limitée. Le Game Pass (payant) était jusqu’à présent le seul moyen d’accéder au streaming du Xbox Cloud Gaming. En parallèle, Microsoft a lancé une nouvelle offre Game Pass « Starter Edition » en bundle avec d’autres abonnements, comme Discord Nitro et Horizon+ (Meta). Elle propose l’accès à une cinquantaine de jeux et 10 heures de cloud gaming par mois.

Amazon s’y intéresse aussi

Toujours dans le registre du streaming de jeux, Amazon a annoncé l’intégration de son propre service Luna au sein de Prime Video. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un nouvel onglet va apparaitre sur les Fire TV, qui donnera un accès direct au catalogue de la plateforme – elle compte quelques titres pas forcément récents mais bien connus et appréciés, comme Hogwarts Legacy, EA FC 26, Dispatch ou encore Indiana Jones et le Cercle Ancien.

« Seules quelques centaines de millions [de personnes] possèdent une console ou un PC suffisamment puissant pour jouer », explique Amazon. « Pour les autres, le coût et les contraintes les ont jusqu’ici tenues à l’écart. Luna s’adresse à ces joueurs, avec des jeux immersifs accessibles en quelques secondes, aussi faciles à trouver que les séries et les films qu’ils regardent déjà, et disponibles sur les appareils qu’ils possèdent déjà. » Un discours similaire à celui de Microsoft, qui pourrait effectivement être entendu par les joueurs peu enclins à s’équiper de matériel dernier cri.

☕️ Geekbench 7 : AV1, Whisper, CUDA et de nouveaux tests GPU pour refléter les vrais usages

24 juillet 2026 à 05:38


Le fameux outil de benchmark Geekbench est désormais disponible en version 7. Le logiciel, qui sert à mesurer les performances d’un appareil Windows, macOS, Linux, Android et iOS, revoit ses tests pour mieux refléter les usages actuels. Il en va ainsi des mesures du processeur, qui va suer sur de nouvelles charges de travail multimédias ; il s’agit de déterminer la manière dont le CPU gère l’encodage, le décodage et le traitement de contenus audio et vidéo.

Cette torture reproduit des tâches de tous les jours, éprouvées par des millions d’utilisateurs : visioconférence, partage d’écran, consommation quotidienne de contenus. Il y a parmi les tests un encodage de vidéo de partage d’écran en AV1, la compression de musique et de contenus parlés avec le codec Opus, ou encore le décodage de contenus vidéo et audio tout en générant des sous-titres en direct avec Whisper.

Geekbench 7 sur Windows 11

La nouvelle mouture de Geekbench intègre un test supplémentaire de physique de jeu basé sur le moteur Jolt Physics (utilisé notamment dans des jeux comme Horizon Forbidden West ou The Last of Us Part I sur PC). Le test de photothèque a aussi été mis à jour pour prendre en charge l’importation et le traitement de formats d’image comme le JPEG XL et le DNG.

Autre gros changement pour Geekbench : les tests multi-cœurs ont été repensés pour « mieux refléter le comportement de vraies applications ». Désormais, une charge de travail n’est exécutée en multi-cœurs que si elle exploite réellement plusieurs threads dans les logiciels. Le test de navigation HTML5 n’en fait par exemple pas partie, puisque les navigateurs web fonctionnent principalement avec un seul cœur.

Les benchmarks GPU bénéficient aussi d’un sérieux ripolinage, avec des tests qui mettent davantage l’accent sur l’apprentissage automatique (machine learning) et la création de contenus. Les charges de travail des benchs consistent maintenant à suivre des visages et appliquer des filtres vidéo en temps réel, à agrandir des images (super-résolution), et flouter l’arrière-plan des flux de visioconférence.

De nouveaux tests GPU de retouche et de synthèse d’images sont également dans le lot, dont des benchs de traitement de fichiers RAW, l’étalonnage colorimétrique vidéo LUT, le path tracing et la simulation de fluide. Les API prises en charge par le test GPU accueillent CUDA, en plus d’OpenCL, Vulkan et Metal, ce qui permettra de mesurer les performances d’un GPU NVIDIA avec l’API utilisée par ses applications les plus exigeantes.

Enfin, les jeux de données ont été agrandis avec davantage de diversité, pour mieux prendre en compte la taille et la complexité des fichiers actuels. Le test de compression de fichiers contient ainsi du code source et des documents texte. Le test de lecture PDF embarque des plans, des documents techniques et des articles scientifiques.

Geekbench 7 est gratuit, mais les mesures sont automatiquement enregistrées dans la base de données qui est accessible au public. La version payante est facturée 99 dollars (il y a 20 dollars de remise jusqu’au 6 août).

❌