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Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

28 juillet 2026 à 15:07
Un seul code vous manque et tout est perdu
Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».

Depuis deux jours, le compte X de GrapheneOS répond à de nombreuses questions sur la gestion de ses mots de passe. L’équipe en a fait une synthèse dans son forum pour résumer toutes les informations.

L’équipe explique que le système mobile est basé sur Android 17 et « sur le matériel le plus sécurisé disponible pour Android », la liste se limitant aujourd’hui aux seuls Pixel de Google. Elle rappelle cependant que la situation va évoluer en 2027, grâce à un partenariat avec Motorola Mobility et « aux progrès réalisés par Qualcomm ». Un signal assez fort pour l’industrie, qui pourrait se rapprocher de Graphene pour lancer des smartphones très orientés vers la sécurité. On parle bien de nouveaux modèles, car aucun appareil Motorola actuel ne dispose des sécurités nécessaires.

Les informations se concentrent tout particulièrement sur la protection des mots de passe et autres secrets, ainsi que sur les défenses du système mobile contre l’extraction de données. Le chiffrement du disque constitue ainsi la première ligne de défense : même les attaquants les plus sophistiqués ne peuvent le casser directement, et doivent soit exploiter l’OS en état « After First Unlock » (après premier déverrouillage), soit forcer le PIN ou mot de passe par force brute.

L’équipe indique également que GrapheneOS supporte uniquement les appareils ayant un secure element avec des limitations strictes sur les tentatives de mots de passe et codes PIN : 4 heures après 10 tentatives échouées, 41 jours après 15, avec seulement 20 tentatives autorisées au total. Le secure element est pour rappel une puce dédiée, physiquement et logiciellement isolée, conçue pour stocker les secrets et résister à leur extraction. Dans le contexte de GrapheneOS, il a en outre un rôle précis : il détient les compteurs de tentatives de déverrouillage et applique la limitation de débit, expliquant les délais de plus en plus longs entre les tentatives. Stocker les compteurs dans la puce empêche de « tricher » en les réinitialisant.

Parmi les autres points abordés, on peut citer la limite de caractères des mots portée de 16 à 128, la possibilité d’utiliser un facteur biométrique pour que le système reste utilisable au quotidien (5 tentatives biométriques seulement, qui comptent dans le quota général), des allocateurs de mémoire durcis, le hardware memory tagging (MTE) pour renforcer la résistance aux exploitations de failles inconnues, le blocage par défaut des nouvelles connexions USB quand l’appareil est verrouillé, ou encore un minuteur de redémarrage automatique, ramenant l’appareil en état « Before First Unlock » (avant premier déverrouillage) au bout de 18 heures (par défaut) sans déverrouillage de l’appareil. Ce dernier comportement a d’ailleurs été repris par Apple et Google dans leurs systèmes.

Dans le billet, on trouve également un paragraphe consacré au PIN de contrainte. Présentée comme un outil relativement mineur et optionnel, il efface l’appareil quand il est saisi dans n’importe quelle invite d’authentification (déverrouillage, changement de réglage sensible, etc.). Il fonctionne sur tous les profils, y compris les utilisateurs secondaires et Private Spaces. L’équipe de GrapheneOS insiste : les données ne dépendent pas de cette fonctionnalité pour être protégées. Elle est considérée comme un outil parmi d’autres, et son usage réel doit être mûrement réfléchi compte tenu des conséquences physiques ou juridiques possibles.

L’affaire Samuel Tunick

La mention des conséquences juridiques n’est pas due au hasard. Si l’équipe de Graphene communique tant autour des protections de son système en ce moment, c’est à cause d’un évènement juridique majeur aux États-Unis lié à la tech.

Pour la première fois (a priori), des procureurs fédéraux poursuivent en effet un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint » intégré au logiciel d’un téléphone. C’est le lien avec la communication abondante : le logiciel en question n’est autre que GrapheneOS.

Samuel Tunick a été initialement arrêté sans mandat le 25 janvier 2025 à l’aéroport de Hartsfield-Jackson (Atlanta) par les douanes américaines, sur la base de l’exception de fouille frontalière au Quatrième amendement. Alors que les agents fédéraux tentaient d’accéder à son téléphone lors de l’inspection, Tunick aurait saisi un mot de passe de contrainte GrapheneOS qui a immédiatement effacé les données stockées sur l’appareil.

Tunick est donc poursuivi en vertu de la loi américaine pour avoir fourni aux agents frontaliers un code d’accès ayant causé l’effacement du contenu numérique de son téléphone, ce que les procureurs qualifient de destruction intentionnelle de biens pour empêcher leur saisie.

Un enjeu plus grand que le cas individuel

La communication de GrapheneOS est probablement défensive, pour documenter publiquement la robustesse cryptographique de son modèle de menace face à l’attention médiatique soudaine portée à la fonction « mot de passe de contrainte ».

Sur le plan juridique, l’enjeu dépasse le cas individuel : la question posée aux tribunaux est de savoir si l’activation d’une fonctionnalité de sécurité native – conçue précisément pour protéger des données personnelles en cas de contrainte – peut être qualifiée pénalement de destruction de preuves, y compris lorsque la fouille initiale s’est déroulée sans mandat.

Sans surprise, les avocats de Samuel Tunick contestent cette version des faits. Ils affirment que la détention et la saisie étaient illégales, et accusent le gouvernement américain d’exiger l’accès au téléphone sous prétexte d’une recherche d’images pédopornographiques, sans fournir aucun élément pour étayer ces soupçons.

Pour les avocats, cette arrestation et cette affaire sont politiques. Le gouvernement s’en serait pris à Samuel Tunick non pas pour d’éventuels matériels pédopornographiques, mais pour son association avec un mouvement appelé « Defend the Atlanta Forest ». Ce dernier s’oppose à la création d’un énorme campus de formation pour les forces de l’ordre à Atlanta, surnommé « Cop City », critiqué pour son impact environnemental (plus de 34 hectares déforestés) et son coût de 67 millions de dollars.

Les avocats demandent l’annulation de toute la procédure, au motif qu’elle viole les Quatrième, Cinquième et Sixième amendements de la Constitution américaine. Des violations liées à la manière dont l’interrogatoire a été mené, au refus d’un avocat, à l’absence alléguée d’avertissements Miranda (le fameux « Vous avez le droit de garder le silence »), ou encore à la fouille et la saisie sans mandat.

« Je n’ai jamais vu cela auparavant, même si j’ai discuté du scénario potentiel avec des activistes et des journalistes au fil des années. Je pense que cette affaire rappelle que les autorités peuvent prétendre que vous avez sciemment détruit des données, donc il vaut mieux ne pas avoir ces données sur vous lorsque vous franchissez certaines frontières », a réagi Runa Sandvik, une experte en sécurité informatique, auprès de TechCrunch.

[MàJ] Apple lance la location d’iPhone, d’iPad et de Mac

28 juillet 2026 à 13:27
Petit loyer, gros astérisque
[MàJ] Apple lance la location d’iPhone, d’iPad et de Mac

Les appareils d’Apple sont trop chers ? Il est vrai qu’avec la dernière augmentation en date, le portefeuille souffre encore plus que d’habitude. Néanmoins, le constructeur propose une alternative en lançant un programme de leasing, sobrement baptisé Apple Upgrade. Les prix sont alléchants, mais gare aux petites lignes.

Les appareils d’Apple n’ont jamais été très bon marché, et encore moins depuis la récente hausse vertigineuse imposée par l’explosion des coûts de la mémoire. Pour y remédier, le constructeur vient de lancer, aux États-Unis seulement, un nouveau programme de location, Apple Upgrade.

Il propose aux clients aux budgets serrés la possibilité de louer un appareil sur une durée de 12 à 36 mois. Pour l’iPhone et l’Apple Watch, la location s’échelonne entre 12 ou 24 mois ; sur un Mac ou un iPad, elle s’étire entre 24 et 36 mois. Premier avantage : il n’y a ni apport initial ni dépôt de garantie.

Les petites lignes à prendre en compte

Apple donne plusieurs exemples de son programme de leasing. Un iPhone 17 Pro (256 Go) au prix public de 1 099 dollars (hors taxes) est proposé à 31,99 dollars pour un contrat de 24 mois, ou encore 45,99 dollars sur 12 mois. Ce qui revient à un total de respectivement 767 et 551 dollars.

Un iPad Pro 11 pouces (256 Go) vendu 1 199 dollars reviendra à 24,99 dollars sur 36 mois, ou 31,99 dollars sur 24 mois. Soit 899 et 767 dollars. Un MacBook Pro 14 pouces (16 Go de RAM) normalement vendu 1 999 dollars est proposé à 38,99 dollars sur 36 mois ou 53,99 dollars sur 24 mois, soit 1 403 et 1 295 dollars.

Des prix plutôt avantageux donc, ce qui confirme que les mensualités couvrent essentiellement l’usage et la dépréciation estimée de l’appareil. Il faut avoir en tête que l’appareil en leasing n’appartient pas au client : au terme du contrat, il pourra acheter complètement le produit, mais ni Apple ni Klarna, le partenaire financier dans l’opération, ne précisent le prix de rachat.

La FAQ précise cependant que « le prix de rachat correspondra au prix catalogue, duquel seront déduits les loyers déjà versés, ainsi que les éventuelles remises restantes ou le crédit accordé pour la reprise d’un ancien appareil, hors taxes et éventuels frais liés à des dommages. » Si toutes les conditions sont réunies, Apple assure qu’on ne paiera pas plus cher un appareil auparavant en leasing. Cependant, des « frais substantiels » pourront s’appliquer si on décide de terminer un contrat avant terme.

Attention à la casse

Il est aussi possible de signer un nouveau contrat de location pour obtenir un appareil neuf. L’ancien modèle devra être rendu, en bon état. Si ce n’est pas le cas, des frais supplémentaires pourraient être exigés. Sachant que l’assurance AppleCare n’est pas incluse dans l’offre de leasing, il sera donc nécessaire de faire soit très attention à son matériel, soit casquer pour la garantie en plus. L’entreprise vient d’ailleurs de lancer une offre AppleCare One pour cumuler des assurances sur plusieurs appareils, à tarif préférentiel.

Attention, ne rien faire à l’échéance du contrat n’arrête pas la location : des mensualités sont toujours prélevées pendant un maximum de 6 mois, et elles sont susceptibles d’augmenter. À la fin de la prolongation, et sans nouvelle de la part du client, Klarna facturera automatiquement le prix de rachat.

En cas de second échec d’un prélèvement, Klarna explique sur son site que la mensualité impayée est ajoutée au prochain paiement prévu, avec des frais de retard qui peuvent s’appliquer (et une mauvaise note de crédit au passage, ce qui peut être problématique aux États-Unis).

Afin d’atténuer le feu des mensualités, Apple propose de combiner la reprise d’un ancien matériel, ce qui implique d’abandonner un bien appartenant au client pour un autre qu’il ne possèdera pas. La communication d’Apple est habile (« Un iPhone 17 Pro à partir de 17,99 dollars par mois ! »), mais le consommateur accepte d’entrer dans un cycle de location, de restitution et de renouvellement.

Ce programme a certainement vocation à s’étendre à d’autres pays, puisque les prix des appareils Apple sont élevés partout dans le monde. Actuellement, sur l’Apple Store français, il est toujours possible de contracter un crédit à taux 0 % (auprès de Cetelem) sur certaines durées. Et à la fin des paiements, l’appareil appartient au client.

Mise à jour 21 h — Ouf ! Apple n’a pas l’intention de verrouiller l’iPhone ou le Mac des mauvais payeurs. Le constructeur a indiqué à The Verge qu’« il n’y aura pas de mode restreint ni de limitation des fonctionnalités de l’appareil en cas de retard ou de défaut de paiement dans le cadre du programme Apple Upgrade. »

Il y avait tout lieu de craindre le pire : du code dans une bêta d’iOS 27 débusqué par 9to5Mac faisait référence à un système permettant à un partenaire financier (Klarna pour Apple Upgrade) d’effectuer des vérifications régulières de l’état d’un appareil et de le placer dans un « mode restreint » si le propriétaire n’était pas à jour dans ses paiements. Seule une poignée d’applications devaient rester disponibles, comme Téléphone, les réglages, Cartes et l’App Store.

Klarna a de son côté précisé qu’en cas de trois paiements successifs manqués, le contrat de location sera résilié « et le client devra régler la totalité du solde restant dû ».

☕️ Firefox active sa nouvelle interface Nova par défaut dans le canal Nightly

28 juillet 2026 à 09:49


La nouvelle interface de Firefox est désormais activée par défaut dans le canal Nightly du navigateur. Rappelons que cette préversion peut être installée aux côtés de la version stable sans mélanger les données, permettant de tester les nouveautés facilement.

Cette nouvelle interface, baptisée Nova, avait été présentée en mai pour la première fois. On pouvait alors l’essayer en activant un flag de test dans le about:config. On reste globalement dans ce qui avait été montré, avec des finitions supplémentaires.

Dans son nouveau billet, Mozilla évoque « un aspect et une sensation plus cohérents sur les onglets, menus, panneaux et autres surfaces du navigateur ». On note bien sûr les formes d’onglets « plus douces », des couleurs « plus chaudes », de nouvelles icônes et autres. Mozilla dit aussi avoir tenu compte des retours et réintégré le mode compact, qui va effectivement vite sembler nécessaire à une partie des utilisateurs.

Par défaut, l’interface prend en effet ses aises et propose une zone « barre de titre + barre d’onglets » plus épaisse que la concurrence. Le mode compact permet de réduire l’ensemble à ce que l’on a l’habitude de voir. Mozilla insiste sur l’aspect non terminé de son projet, expliquant d’ailleurs toujours sa présence dans le canal Nightly, le plus « brut » des canaux de préversion.

L’éditeur demande aux personnes qui testeront la nouvelle interface de porter leur regard sur tout ce qui touche aux icônes, espacements et alignements, aux thèmes et à la personnalisation, aux différentes tailles de fenêtres, à la navigation par le clavier ou encore à tout ce qui touche à l’accessibilité, notamment aux lecteurs d’écrans.

On espère de notre côté que l’aspect personnalisation sera développé. La gestion des thèmes n’est pas si simple actuellement, avec une fâcheuse tendance à rebasculer dans les variantes sombres si l’on ne fait pas attention. Si vous en avez assez de toute cette rondeur (à l’instar de votre serviteur) dans les onglets, boutons et autres, il n’existe pour l’instant aucun moyen intégré de modifier cet aspect. Mozilla devrait s’inspirer de Vivaldi, qui permet de modifier n’importe quel élément de l’interface.

Microsoft affirme battre tout le monde en détection de failles avec MAI-Cyber-1-Flash

28 juillet 2026 à 08:35
Un parapluie, mais pas de baskets
Microsoft affirme battre tout le monde en détection de failles avec MAI-Cyber-1-Flash

Microsoft AI a présenté le 27 juillet 2026 son premier modèle dédié à la cybersécurité. Intégré dans son architecture, l’entreprise annonce battre tous les modèles actuels dans ce domaine, y compris Mythos d’Anthropic, mais attention à ce qui est réellement comparé.

Hier soir, Microsoft a annoncé officiellement MAI-Cyber-1-Flash. Il s’agit du tout premier LLM de l’éditeur consacré à la cybersécurité. Et pour un premier modèle, Microsoft a mis les petits plats dans les grands.

MAI-Cyber-1-Flash est un modèle compact, spécialisé dans le code et dérivé de la lignée MAI-Thinking-1, propre à Microsoft. Il est intégré à MDASH, le harnais multi-agents de détection et de remédiation de vulnérabilités déjà présenté par Microsoft en mai dernier. Plus récemment, l’entreprise est revenue sur le rôle prépondérant que joue désormais MDASH dans la sécurité de ses produits, expliquant l’envolée du nombre de failles corrigées dans les derniers bulletins mensuels : près de 200 en juin et plus de 570 en juillet.

Un modèle, un harnais…

Microsoft n’hésite pas à déclarer que son modèle, profondément intégré à MDASH, a été « perfectionné par les meilleurs experts en cybersécurité du secteur et renforcé dans le plus grand domaine de sécurité au monde ». Ce qui lui permet, toujours selon Microsoft, de battre tout le monde dans le domaine de la détection de failles, y compris Mythos, GPT 5.6 Sol, GPT 5.5 Cyber et Gemini 3.5 Flash Cyber. Avec 95,95 % au test CyberGym, Microsoft dépasse d’au moins 10 points la concurrence.

Mais attention, Microsoft ne compare pas directement son modèle MAI-Cyber-1-Flash aux autres : l’entreprise compare MDASH. Autrement dit, tout le harnais avec le nouveau modèle et GPT 5.4, utilisé en renfort.

Comme expliqué par l’éditeur en effet, MAI-Cyber-1-Flash est un modèle compact, conçu pour « gérer efficacement jusqu’à 90 % de toutes les tâches ». Dans cette configuration, MDASH ne basculerait vers les modèles plus gros et plus couteux (ici GPT 5.4) que dans 10 % des cas en moyenne, « pour les tâches exceptionnellement difficiles qui en ont réellement besoin ».

C’est bien cette architecture complète qui atteint près de 96 % sur CyberGym, battant Mythos de 12 points, insiste Microsoft. Rappelons que ces chiffres sont auto-rapportés et effectués dans un environnement contrôlé par Microsoft. Ils n’ont pas été vérifiés par un tiers indépendant.

Pour l’éditeur, c’est aussi une question d’économies substantielles. La meilleure offre MDASH combinait jusqu’à présent GPT 5.4 + 5.4 mini + codex 5.3. La nouvelle version intégrant MAI-Cyber-1-Flash coûterait moitié moins cher à faire tourner.

… et une plateforme

Mi-juillet, nous avions relayé un bruit de couloir : Microsoft préparait un projet nommé Perception pour venir concurrencer Anthropic et son projet Glasswing, seule manière de pouvoir utiliser Mythos.

Perception a bien été confirmé hier soir lui aussi. Il est présenté comme le système agentique qui vient chapeauter MAI-Cyber-1-Flash et MDASH. Le billet de blog dédié le présente comme une refonte de l’architecture de sécurité pour l’ère de l’IA : une nouvelle pile de sécurité doit percevoir en continu le risque sur l’ensemble du parc numérique, raisonner sur de vastes quantités de contexte et agir à vitesse machine, tout en apprenant et en s’adaptant à mesure que les environnements évoluent.

Le système coordonne trois familles d’agents spécialisés qui se transmettent le travail sans rupture de charge :

  • Les agents rouges repèrent les chemins de compromission potentiels avant qu’un attaquant ne puisse les exploiter
  • Les agents bleus enquêtent, évaluent le contexte et déterminent quels signaux représentent un risque réel
  • Les agents verts appliquent les correctifs et durcissent l’environnement (renforcent sa sécurité)

Ces agents ne repartent pas de zéro à chaque tâche. Ils s’appuient sur un contexte de sécurité partagé : une représentation mise à jour en continu des actifs, identités, relations et risques de l’organisation. Tous les agents puisent dans ce contexte, réduisant les coûts en tokens et la latence tout en améliorant la cohérence du raisonnement, selon Microsoft.

Un programme complet, mais très jeune

Un serveur MCP est également fourni pour exécuter les actions en ligne de commande. Les agents verts peuvent aussi ouvrir directement des pull requests sur GitHub et construire des correctifs potentiels pour les vulnérabilités. Perception propose donc un système de sécurité en apprentissage continu combinant capteurs, contexte partagé, modèles multiples, agents spécialisés et mécanismes d’action capables de modifier les protections à travers l’environnement.

Le programme se présente ainsi comme une couche d’orchestration, au-dessus de MAI-Cyber-1-Flash et MDASH, avec un déploiement encore très récent et une autonomie d’action volontairement limitée à ce stade. Microsoft insiste sur le maintien d’un humain dans la boucle décisionnelle, ce qui suggère que l’entreprise elle-même reste prudente sur le niveau de confiance à accorder aux agents verts capables de modifier des systèmes de production.

Perception n’est d’ailleurs pas disponible. Le premier accès se fera sous forme de préversion le 3 août et uniquement pour des clients MDASH triés sur le volet. Même une fois lancé en version finale, il est très probable que Perception ne soit accessible qu’au travers d’un accès vérifié, à la manière de Glasswing chez Anthropic ou de Daybreak chez OpenAI.

Apple et Micron s’affrontent sur la mémoire chinoise

28 juillet 2026 à 07:50
La guerre de la mémoire
Apple et Micron s’affrontent sur la mémoire chinoise

Une des solutions mises en œuvre par Apple pour soulager des marges mises à mal par la crise de la mémoire est d’augmenter les prix de ses appareils. Une autre serait d’équiper ses produits avec de la RAM chinoise. Une stratégie industrielle qui se heurte aux restrictions américaines que le constructeur espère faire sauter – mais Micron, principal fournisseur US de mémoire, s’y oppose, tout comme une partie de l’administration Trump.

« Je n’ai jamais rien vu de tel dans aucun domaine en plus de quarante ans », avait expliqué Tim Cook le mois dernier en évoquant la crise de la mémoire. Quelques jours plus tard, Apple augmentait le prix de ses appareils et de quelques uns de ses services histoire, peut-être, de compenser l’effritement des marges sur le matériel.

Les difficiles manœuvres d’Apple

Le constructeur informatique, qui était un des plus importants acheteurs de mémoire avant que les acteurs de l’IA ne viennent tout dévorer avec leur grand appétit et des poches profondes, travaille sur une autre solution : faire appel à des fournisseurs chinois. Apple négocierait avec ChangXin Memory Technologies (CXMT, qui détient 7,67 % du marché mondial de la DRAM) et Yangtze Memory Technologies (YMTC, surtout spécialisée dans la mémoire NAND), dont la production pourrait équiper des appareils vendus en Chine, comme le rapportait le Financial Times début juillet.

Seul problème : ces deux entreprises sont sur des « listes noires » de Washington car elles sont considérées comme liées à l’armée chinoise. YMTC figure de plus sur l’« entity list », qui limite fortement les exportations de technologies et de produits vers les entreprises qui y figurent. C’est pourquoi Apple mènerait depuis quelques semaines une campagne de lobbying qualifiée d’« agressive » par le Wall Street Journal auprès de l’administration Trump.

Un combat difficile pour le constructeur. D’un côté, il doit démontrer le bien-fondé d’utiliser des mémoires chinoises dans ses appareils, alors que ces entreprises sont mal vues de Washington. De l’autre, Apple fait face à une opposition virulente de la part de Micron, un des trois grands fabricants mondiaux de mémoires, et le seul américain du lot face aux coréens Samsung et SK Hynix.

Sanjay Mehrotra, le directeur général de Micron, ainsi que plusieurs dirigeants du groupe, auraient averti Howard Lutnick, le secrétaire au Commerce, pour pousser le gouvernement à garder une position ferme contre CXMT et d’autres entreprises chinoises susceptibles de vendre des composants à des sociétés américaines. Et ce, peu importe la région du monde où les appareils seront commercialisés : c’est le genre de scénario qui permettrait à la Chine d’imposer ses produits, comme cela a été le cas dans l’aciérie et plus largement les usines aux États-Unis.

Micron a de la mémoire

Micron a une dent contre Apple. À mots à peine voilés, le fournisseur de mémoire a accusé le constructeur de Cupertino d’être un des responsables de la crise actuelle après avoir forcé de substantielles baisses de prix sur ces composants. Faute d’argent et de marges, les fabricants de RAM et de SSD ont dû suspendre des projets d’investissements pour construire des usines qui auraient bien été utiles aujourd’hui.

Selon les sources du WSJ, Apple accuse en privé Micron de pratiquer des prix abusifs, et de ne pas investir assez rapidement pour augmenter sa production. Micron réplique en mettant en avant son plan d’investissements à hauteur de 250 milliards de dollars aux États-Unis.

L’administration Trump va devoir faire un choix : faire baisser les prix pour soulager le portefeuille des consommateurs américains quitte à assouplir sa position sur les entreprises chinoises, ou augmenter la production de semi-conducteurs au pays pour réduire la dépendance envers l’étranger. Micron affirme être une partie de la solution, en accélérant la construction d’usines aux États-Unis. « L’importance stratégique des technologies de mémoire et de stockage de pointe n’a jamais été aussi grande », abonde un porte-parole.

« Le plus important, c’est de développer nos capacités de production ici. Et nous ne voulons évidemment pas faire affaire avec une entreprise figurant sur l’Entity List », a déclaré la semaine dernière Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche.

Le hic, c’est que fabriquer de la mémoire est plus difficile que de claquer de doigts, le processus est long et complexe. En attendant que les premières barrettes sortent de ces usines, les consommateurs vont continuer à souffrir tout comme l’industrie, au-delà du seul cas d’Apple.

Apple avait déjà tenté de faire de YMTC un de ses fournisseurs de mémoire. C’était en 2022, et la collaboration était même allée jusqu’à établir un cahier des charges afin que les composants de l’entreprise satisfassent les exigences du constructeur. Ce dernier a par la suite essuyé un torrent de critiques, notamment de la part de Marco Rubio, alors sénateur : celui qui allait devenir le secrétaire d’État de Donald Trump avait alors accusé Apple de « jouer avec le feu ».

En attendant, et à l’image de ses rivaux américain et coréens, CXMT vit sa meilleure vie en Bourse. Durant sa première journée de cotation à Shanghai, le fabricant chinois a enregistré une hausse fulgurante de 466 % de son action, poussant la valorisation de l’entreprise à 484 milliards de dollars.

Amazon Leo veut lancer plus de 5 000 satellites pour concurrencer la téléphonie de Starlink

28 juillet 2026 à 07:09
Embouteillages en orbite basse
Amazon Leo veut lancer plus de 5 000 satellites pour concurrencer la téléphonie de Starlink

Starlink va trouver un sérieux concurrent sur sa route : Amazon. Le mastodonte américain du commerce en ligne bâtit actuellement une constellation de satellites pour de l’accès à internet fixe, et à la faveur d’une communication avec les régulateurs du pays, il confirme qu’il veut également mettre sur pied une offre de téléphonie.

Amazon a déposé auprès de la FCC, la Commission fédérale des communications américaine, une demande pour lancer et exploiter une constellation composée de 5 105 satellites en basse orbite. Ce réseau servira au futur service Direct-to-Device (D2D) d’Amazon Leo. Ce système offrira les appels vocaux, la messagerie, des données et les appels d’urgence dans les régions hors de portée des antennes relais.

Des appels vocaux et de la data par satellite

Amazon Leo, anciennement Kuiper, ne se limitera donc pas à l’accès internet fixe par satellite, comme le groupe l’avait dévoilé mi-avril à l’occasion de l’annonce de l’acquisition de Globalstar pour 11,57 milliards de dollars. La vingtaine de satellites de Globalstar sert principalement à l’iPhone (et l’Apple Watch Ultra 3) pour les appels d’urgence, la messagerie et l’assistance routière. Amazon entend d’ailleurs poursuivre ce partenariat en travaillant avec Apple sur « de futurs services satellites ».

Le réseau Globalstar rejoindra la constellation déjà en place par Leo, qui compte « plus de 390 satellites » en orbite terrestre basse. Une toute petite goutte d’eau dans l’océan de Starlink, qui compte 10 800 satellites actifs autour de notre planète.

Amazon a débuté une phase de test en novembre dernier pour l’accès fixe à internet par satellites, le lancement étant programmé d’ici la fin de cette année. Trois antennes sont d’ores et déjà disponibles : Nano (jusqu’à 100 Mbps en téléchargement), Pro (jusqu’à 400 Mbps) et Ultra (jusqu’à 1 Gbps en téléchargement et 400 Mbps en téléversement). L’Arcep avait donné son autorisation à Amazon Leo dès l’été dernier.

Le système D2D d’Amazon fonctionnera en parallèle des satellites de première et deuxième génération lancés jusqu’à présent, ainsi qu’avec les modèles de Globalstar. En plus de l’usage personnel, Amazon vante les capacités de son service D2D pour les communications durant les interventions en cas de catastrophe, la gestion de flotte à l’échelle internationale, les opérations à distance sur les chantiers et dans les chaînes d’approvisionnement, la connexion à des capteurs IoT (internet des objets) isolés.

Amazon livre des satellites en orbite

Dans le détail, cette flotte de satellites sera répartie sur cinq plans orbitaux (de 510 à 580 km d’altitude). Ces drôles d’engins volants communiqueront avec les smartphones sur des fréquences radio dédiées, les bandes L et S, adaptées aux liaisons satellitaires mobiles.

Les signaux seront traités directement par les satellites D2D avant de les retransmettre, poursuit Amazon. Ces derniers sont également équipés de liaisons optiques intersatellitaires, des connexions laser entre les appareils en orbite pour un acheminement « plus intelligent » du trafic à travers la constellation. Bref, du classique pour ce genre de constellation.

Amazon promet également de ne pas brouiller les fréquences des autres opérateurs, en maintenant l’énergie du signal à l’intérieur des canaux de fréquence attribués, « avec très peu de débordement vers les bandes voisines ». L’entreprise s’engage également à se coordonner « de bonne foi » avec les autres tenanciers de satellites.

Le système ajuste aussi en permanence la manière dont les données sont encodées en fonction de la qualité du signal : débits plus élevés quand les conditions sont favorables, maintien d’une connexion fiable dès qu’elles le sont moins.

À l’instar de Starlink qui a signé des accords avec plusieurs opérateurs traditionnels de téléphonie (T-Mobile aux États-Unis, Salt en Suisse…), Amazon annonce également des partenariats avec Vodafone, DirecTV, les FAI sud-africain Herotel et australien NBN. Si le groupe obtient le feu vert de la FCC, le déploiement des satellites D2D pourra débuter en 2028.

☕️ Impressionnante pluie de correctifs dans iOS 26.6 et macOS 26.6

28 juillet 2026 à 06:26


Fin juin, à l’occasion de la mise en ligne d’iOS 26.5.2, Apple avait expliqué que le processus de distribution des mises à jour de sécurité pour ses systèmes d’exploitation s’était accéléré. En cause : l’IA générative qui permet de développer rapidement « des outils de piratage malveillants ».

Un cycle plus expéditif qui explique aussi peut-être pourquoi la dernière livraison est si riche en correctifs. iOS 26.6 et iPadOS 26.6 corrigent en effet la bagatelle de 87 vulnérabilités, soit autant de CVE dans la longue liste publiée par Apple.

Aucune d’entre elles n’a été exploitée activement avant la publication du correctif (« zero day »), en revanche plusieurs sont considérées comme très sérieuses. C’est le cas de CVE-2026-64747 dans le composant système AVEVideoEncoder, qui permet à une application d’exécuter du code arbitraire avec les privilèges du noyau. Ou encore CVE-2026-43813 dans le composant CloudAttestation chargé de vérifier l’intégrité des applications, qui permet de contourner le contrôle de signature du code.

Plusieurs failles du noyau autorisaient l’écriture et la corruption de sa mémoire, ce qui peut servir à élever les privilèges ou à compromettre plus largement le système.

Le nombre de correctifs est encore plus important dans macOS 26.6 Tahoe : le bulletin dénombre 155 identifiants CVE. Là non plus, aucune faille « zero day » au compteur, mais on retrouve les mêmes vulnérabilités critiques que sous iOS 26.6, avec en plus des failles propres au système (dans Accounts, Core Services, CUPS, Remote Management…) avec à chaque fois un risque d’obtention des privilèges root. Une faille dans HFS peut aussi permettre l’exécution de code arbitraire. Une vulnérabilité dans le Wi-Fi peut faire sortir une app du bac à sable ou lui accorder certains privilèges. watchOS 26.6, tvOS 26.6 et visionOS 26 comprennent plus de 80 correctifs.

C’est entendu, on est encore loin des 570 failles colmatées dans Windows 11 via le dernier Patch Tuesday, mais à l’échelle d’Apple c’est tout de même significatif. Habituellement, les mises à jour de sécurité du constructeur comptent quelques dizaines de vulnérabilités. iOS 26.5.2 affichait ainsi 32 failles de sécurité, ce qui était déjà un joli paquet qui devait être intégré dans iOS 26.6.

Signe des temps, plusieurs outils d’IA sont crédités dans les listes des correctifs : Claude (Anthropic), GLM (Z.AI), l’AI Red Ream de NVIDIA, Codex Security (OpenAI)… Apple est également partenaire du projet Glasswing d’Anthropic, qui lui permet depuis avril d’accéder au modèle Mythos spécialisé dans la cybersécurité. Si l’IA générative aide les attaquants, elle épaule aussi les défenseurs.

En attendant un probable iOS 26.6.1, les utilisateurs d’appareils Apple seront bien avisés d’effectuer ces mises à jour. Ce d’autant que ces versions 26.6 intègrent en plus une fonction en préparation d’iOS 27, d’iPadOS 27 et de macOS 27 Golden Gate : elle optimise l’index de Spotlight (le moteur de recherche interne) pour le futur Siri. Un travail qui nécessite plusieurs jours en tâche de fond. Bien sûr, Siri AI ne sera pas lancé cet automne en Europe sur iPhone et iPad, mais il sera tout de même disponible sur Mac.

☕️ Orange veut décupler la puissance de ses datacenters, avec Morrison

28 juillet 2026 à 05:56


Orange veut partager le fardeau de ses datacenters. L’opérateur historique a ainsi annoncé la création d’une coentreprise avec Morrison, une société néo-zélandaise spécialisée dans les infrastructures, qui aura pour mission de décupler la capacité totale des datacenters Orange – soit un total de 400 MW.

Une progression impressionnante qui nécessite la construction de nouveaux bâtiments. Morrison est précisément là pour ses capitaux et sa capacité à lever de la dette. Orange, de son côté, apporte cinq de ses principaux centres de données répartis sur quatre campus en France (Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil), ainsi que son expertise opérationnelle, les terrains, les bâtiments, et les clients. Orange Business dispose pour rappel d’une qualification SecNumCloud de l’ANSSI dans son datacenter de Grenoble, qui n’est pas dans cette liste.

Image : Morrison

Orange Business sera le partenaire exclusif pour la commercialisation des offres de colocation et d’hébergement auprès des grandes entreprises, des PME et des acteurs du secteur public. Ces infrastructures serviront également aux solutions infonuagiques et IA de la filière pro d’Orange. L’opérateur conserve par ailleurs le contrôle opérationnel des espaces dédiés à ses propres activités, qui resteront hébergés dans ses datacenters. L’entreprise peut ainsi affirmer :

« Cela garantirait aux clients d’Orange et d’Orange Business un niveau de sécurité et de disponibilité des systèmes hébergés et des données associées conforme aux standards nationaux et européens les plus exigeants. »

« Ce projet de coentreprise avec Morrison nous permettrait de révéler la valeur de nos actifs existants et de renforcer notre position dans les data centers », explique Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange. C’est aussi un moyen de créer les « infrastructures numériques souveraines et de confiance » dont la France a besoin, selon elle.

« Avec Orange, nous envisageons la création d’une plateforme associant des actifs d’infrastructure stratégiques, une expertise opérationnelle et des capitaux de long terme pour répondre à cet enjeu », rebondit William Smales, directeur des investissements de Morrison. Un investissement de 3 milliards d’euros est sur la table, financé par les deux partenaires. La création de la coentreprise, détenue à 50/50, est attendue pour le premier semestre de l’année prochaine.

Orange s’interrogeait depuis un moment pour valoriser ses datacenters, des actifs qui jusqu’à présent étaient noyés dans les comptes du groupe. Une coentreprise a cet avantage de pouvoir accueillir de nouveaux capitaux et de pouvoir s’endetter sans que l’opérateur n’ait tout à financer.

La rumeur courait depuis quelques semaines que Morrison était en tête de liste des partenaires possibles, avec Vauban Infrastructure Partners et Macquarie, comme le relevait récemment DCmag. La prise de participation de la société permettrait à Orange d’encaisser de 400 à 500 millions d’euros. Pour l’opérateur, ce serait de l’argent qui servirait au financement d’autres investissements dans l’IA et le numérique.

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