Apple veut donner à la nouvelle version de son assistant le meilleur accès possible à l’actualité. Et le constructeur y mettrait les moyens. D’après le Wall Street Journal, le constructeur informatique veut utiliser les contenus des éditeurs de presse qui permettront à Siri AI de fournir aux utilisateurs des informations à jour.
Image : Apple
Les négociations auraient débuté il y a quelques mois, avec des accords sur plusieurs années et à neuf chiffres (100 millions de dollars et au-delà). Dans le détail, l’entreprise proposerait un plan de rémunération variable : les paiements seraient ainsi versés aux partenaires dès que leurs contenus sont utilisés.
Ce n’est pas la première fois qu’Apple fait appel aux éditeurs de presse pour son intelligence artificielle, mais les précédents accords portaient sur l’entraînement des modèles IA de l’entreprise. Il s’agit cette fois de muscler la capacité de Siri à donner l’heure juste en matière d’actualité. L’assistant n’a jamais été très fortiche en la matière (ni sur le reste, d’ailleurs).
Siri AI fait bien meilleure impression. Alimenté par des modèles basés sur ceux de Gemini, le nouvel assistant se rapproche finalement des chatbots comme ChatGPT ou Copilot. Tout n’est pas parfait, mais la version qui sera proposée dans iOS 27 est infiniment supérieure à celle qui traîne sa pauvre carcasse depuis des années.
Malheureusement, Siri AI ne sera pas disponible dès septembre dans l’Union européenne sur iPhone, iPad et l’Apple Watch, Apple boudant toujours le DMA. En revanche, on pourra s’en servir sur Mac, sous réserve de parler anglais.
Apple a déjà eu une expérience malheureuse en prise en charge de l’actualité par ses systèmes d’IA. Début 2025, les résumés de notifications pour les titres de presse générés par Apple Intelligence se sont révélés catastrophiques, ce qui a forcé l’entreprise à suspendre cette fonction et à revoir sa copie.
Dans sa saga judiciaire avec Epic, Apple a tenté tous les recours possibles et imaginables, mais n’a pas pu éviter le dépôt d’une proposition sur les achats effectués via des liens externes depuis les applications iOS et iPadOS. Surprise, le constructeur propose aussi un règlement à l’amiable sans donner de détails.
Apple a soumis à la cour fédérale de San Francisco sa proposition sur les commissions (PDF) que l’entreprise souhaite prélever sur les achats réalisés sur une boutique externe ou un site web depuis une application iOS ou iPadOS. Par exemple, si un utilisateur de l’app Spotify veut souscrire à un abonnement Premium, l’app peut le rediriger vers le site du service de streaming. Apple veut prélever une commission sur cette transaction.
En attendant l’examen par la Cour suprême d’une partie du dossier, Apple a donc mis sur la table une proposition qui doit encore être validée (ou non) par la juge Yvonne Gonzalez Rogers.
Comme le rapporte 9to5Mac, le groupe propose 15 % de commission sur les achats externes pour les applications standards, au lieu du taux habituel de 30 %. Les membres du programme Small Business, les développeurs qui réalisent moins d’un million de dollars par an sur l’App Store (ils sont la majorité), seraient soumis à une commission de 5 %, au lieu de 15 %. Les membres des autres programmes plus spécialisés (Video Partner, News Partner, Mini Apps Partner) ainsi que le renouvellement d’abonnement seraient soumis à une commission de 10 %.
Apple justifie cette commission par les coûts de conception des outils et des services pour les développeurs : App Store, outils de développement, API, systèmes d’exploitation, propriété intellectuelle, découverte, marque, sécurité, support, etc. Étonnamment, Apple n’a jamais réclamé ça sur macOS, et n’indique pas non plus qu’une partie de ces coûts est forcément intégrée dans les prix de ses appareils.
Une proposition d’entente à l’amiable
Apple souligne qu’Epic a accepté, dans son accord avec Google, des commissions plus élevées sur les paiements externes : de 10 à 20 % selon les cas. L’entreprise reconnait toutefois que si la cour applique strictement la notion très étroite de « coûts nécessaires » définie par la cour d’appel fédérale du 9ᵉ circuit (dont relève le tribunal de première instance de la juge Yvonne Gonzalez Rogers), cela aboutirait à une commission de quasiment 0 %.
Mais Apple affirme qu’il serait juridiquement et économiquement mauvais d’imposer un tel niveau de commission : « Une commission de 0 % supprimerait [pour Apple] une incitation essentielle et ancienne à réinvestir dans ses outils, technologies et services protégés par la propriété intellectuelle. »
La mention n’a pas échappé à Epic Games, qui a réagi sur les réseaux sociaux à cette proposition : « Epic estime que ces frais dépassent largement le cadre fixé par [la cour d’appel du 9e circuit] pour les frais autorisés, et nous disposons d’environ 60 jours pour déposer notre opposition, étayée par des témoignages d’experts. » L’affaire est donc loin d’être terminée… à moins que la justice accède à la demande d’Apple d’un règlement amiable entre les deux parties.
Dans un second dépôt judiciaire (PDF), Apple propose en effet de tenir des discussions rapidement et en parallèle des procédures de renvoi en cours. Il s’agirait d’utiliser ce cadre confidentiel pour tenter de résoudre le différend, notamment autour de la question délicate des commissions sur les achats externes. Le constructeur assure que cette procédure n’a pas pour but de gagner du temps, et qu’elle pourrait économiser les ressources du tribunal.
Après des années d’attaques parfois en dessous de la ceinture, cette proposition de conciliation est pour le moins étonnante. Mais peut-être qu’Apple sent que l’étau se resserre et cherche une issue de secours honorable. Epic n’a consenti à rien pour le moment.
L’explosion des prix de la mémoire donne des idées à Intel. Le directeur général du géant américain des processeurs laisse entendre que le groupe pourrait s’intéresser de nouveau à ce marché longtemps jugé trop banal, mais redevenu stratégique avec l’IA, la HBM et les nouvelles architectures CPU-mémoire.
Ironie de l’histoire, Intel pourrait fabriquer de nouveau de la mémoire. C’était le cœur de son activité à sa naissance, en 1968 : l’entreprise fabriquait en effet des puces SRAM et DRAM jusque dans les années 80, avant de laisser ce marché à ses rivaux japonais. Un mal pour un bien, puisque cela lui a permis de se recentrer sur les microprocesseurs, avec le succès que l’on sait.
Intel est cependant revenu de temps en temps à ses premières amours, la dernière tentative (ratée) en date étant les SSD Optane basées sur la technologie 3D Xpoint. Celle-ci permettait de réduire la latence et d’améliorer l’endurance par rapport à des SSD classiques. Malgré ce positionnement original entre mémoire vive et SSD, l’activité n’a pas connu le succès escompté. Annoncée en 2015, elle est revendue à SK Hynix en 2020 et prend le nom de Soligdim.
Lip-Bu Tan télégraphie les intentions d’Intel
« Avant, j’avais tendance à dire : n’investissez pas dans la mémoire, parce que c’est un marché assez banalisé », a expliqué Lip-Bu Tan, le directeur général d’Intel, au micro du podcast TechSurge. « Mais aujourd’hui, la donne a changé : beaucoup de nouvelles technologies émergent, donc nous regardons ça de près. » Est-ce à dire qu’Intel est prête à remettre au pot de la mémoire ? Tout semble désormais possible dans une industrie où les prix de ces composants attisent les convoitises.
« Nous sommes très enthousiastes face à l’IA agentique et à l’inférence : la demande en CPU est énorme », ajoute-t-il. « Je passe beaucoup de mes journées au téléphone avec des dirigeants qui me disent : “Je veux plus de CPU de votre part.” Nous faisons donc tout notre possible pour répondre à cette demande. »
Lip-Bu Tan. Image : Intel
Pour certains, c’est le macramé ou le sudoku, pour Lip-Bu Tan, l’étude de « nouvelles architectures mémoire » est un de ses sujets de prédilection. Le dirigeant ne s’étendra malheureusement pas sur le sujet, si ce n’est qu’il y a « beaucoup de choses à faire autour du couple CPU-mémoire, notamment avec des techniques d’empilement, mais aussi en explorant de nouvelles architectures mémoire ». Il ajoute que « d’une certaine manière, il n’y a pas encore eu tant d’innovation que cela dans la mémoire, ce qui en fait un domaine très intéressant. »
La mémoire à haute bande passante (HBM), dont la filière IA est très friande, repose sur des piles de puces DRAM placées au plus près du processeur ou de l’accélérateur, dans le même package. Les Xeon CPU Max d’Intel intègrent ainsi jusqu’à 64 Go de HBM dans le package du CPU. L’entreprise ne part donc pas de nulle part. Et Lip-Bu Tan est assez transparent sur ses intentions : « j’ai recruté mon bon ami Seok-Hee Lee, qui a dirigé SK Hynix. Cela vous donne donc une idée de ce à quoi je réfléchis. »
SK Hynix sur tous les fronts
Une embauche confirmée par Lip-Bu Tan le mois dernier. « Au début de sa carrière, il a passé plus de dix ans chez Intel, où il a contribué à plusieurs technologies de procédés critiques de l’entreprise », rappelle le dirigeant. Chez Intel, Seok-Hee Lee supervisera le développement des technologies de packaging avancé et pilotera de nouveaux projets d’intégration système.
SK Hynix est, avec Samsung et Micron, un des grands gagnants du boom de l’IA. Le groupe coréen procède actuellement à une offensive massive – 720 milliards de dollars d’investissements ! – avec plusieurs projets d’envergure détaillés par CNBC. Un « méga-cluster » d’usines de fabrication de mémoire est en construction à Yongin : quatre fabs sont en développement, et le chantier a débuté pour la première.
SK Hynix a également entrepris une importante expansion dans ses salles blanches de Cheongju, un site stratégique pour la production de mémoires. L’entreprise a aussi des billes aux États-Unis, avec une usine de packaging dans l’Indiana (4 milliards de dollars d’investissements). Le site, qui doit ouvrir ses portes en 2028, ne fabriquera pas de mémoire à proprement parler, mais il sera chargé de les empiler et de les interconnecter.
Et puis il y a la filiale Solidigm, restructurée en début d’année pour devenir une « AI Company » aux États-Unis avec un engagement prévu de 10 milliards de dollars. Le projet ne prévoit pas, à ce stade, de nouvelle usine américaine de fabrication.
Grand ménage en cours chez Microsoft. L’éditeur a annoncé un coup de balai pour Copilot, qui va perdre des fonctions jugées inutiles – comme la fameuse mascotte Mico oubliée de tous –, tout en se rapprochant du concept de « superapp ».
Les « superapps », tous les acteurs IA n’ont plus que ça à la bouche. OpenAI a fondu ChatGPT dans Codex (à moins que ce ne soit l’inverse), avec à la clé une certaine confusion dans les fonctionnalités. Anthropic a installé au chausse-pied Cowork dans son application Chat, tandis que l’app Gemini embarque des capacités agentiques.
Et pourquoi pas Copilot ? Microsoft a annoncé un ménage estival pour son chatbot, qui se décline dans une pléthore de versions et se noie sous des fonctions pas franchement pertinentes ni très utilisées. Une rumeur annonçait début juin la volonté de l’éditeur de réduire cette cacophonie : c’est désormais officiel.
Dégraisser le mammouth Copilot
Cela passe par la fusion de l’application Copilot pour le grand public avec celle destinée à Microsoft 365. Les utilisateurs pourront toujours générer du texte et des images, mais aussi accéder aux fichiers, aux contenus et aux logiciels bureautiques d’Office. Il est possible de se connecter dans cette nouvelle app Copilot avec un compte personnel, d’école ou professionnel pour avoir accès à ses courriels, son agenda et ses documents stockés dans le nuage.
Microsoft liste beaucoup de cas en fonction des connexions et des documents, un petit tour sur la page d’explication ne sera pas de trop pour votre cas particulier. L’éditeur met aussi au rebut plusieurs fonctions Copilot : les discussions de groupe ne seront plus disponibles à partir du 18 août. Ce sera aussi le cas de la fonction de création et d’accès aux podcasts.
Plus étonnant, la recherche approfondie fait aussi ses valises pour les comptes grand public. Seuls les utilisateurs Microsoft 365 Premium y auront droit. Les recherches approfondies générées jusqu’au 18 août resteront disponibles par la suite, via l’historique des discussions.
Microsoft retire aussi de la circulation les Copilot Labs, un programme qui permettait de tester des fonctions IA expérimentales. Les contenus qui ont pu être créés sur cette plateforme (clips audio, objets 3D) ne seront plus accessibles.
Enfin, et ce sera probablement un déchirement pour la poignée d’utilisateurs qui s’en servait, Mico va disparaître du mode vocal de Copilot. Ce petit blob animé, dévoilé en octobre dernier, devait donner une « personnalité » amicale au chatbot. Manifestement, le succès n’a pas été au rendez-vous, la fonction est restée au stade de bêta.
Mico continuera cependant de traîner sa carcasse, mais uniquement dans le mode d’apprentissage de Copilot où l’IA agit davantage en tuteur en direct qu’en assistant. Le mode vocal de Copilot demeure lui bien en place.