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Comment OpenAI et Anthropic se voient en futurs financeurs de la recherche mondiale

1 octobre 2026 à 14:28
Philantropie avec des dollars virtuels
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Via la création de fondations « philantropiques » et de « financements sur projet », les entreprises d’IA générative et notamment OpenAI se présentent comme les futurs financeurs de la recherche mondiale, alors qu’elles ne font paradoxalement pas de profits.

Les financements publics de la recherche sont particulièrement menacés ces temps-ci, en France mais aussi aux États-Unis et ailleurs. Les entreprises de l’IA générative affichent une volonté de prendre le relai avec de l’argent qu’elles n’ont pour l’instant pas, et ainsi attirer (et choisir) les chercheuses et chercheurs qui ont besoin de financements pour faire tourner leurs laboratoires.

Une « philanthropie » donnant droit à des avantages fiscaux et finançant des entreprises

Les entreprises du numérique et leurs décideurs états-uniens ont souvent affiché une « philanthropie » à travers des fondations comme la Gate Foundation de Bill Gates et Melinda French Gates, dont le budget 2025 atteignait 91 millions de dollars [PDF]. On peut citer aussi la Chan Zuckerberg Initiative de Mark Zuckerberg et Priscilla Chan, critiquée l’année dernière pour avoir abandonné bon nombre de causes qu’elle soutenait. Ces fondations proposent des « financements sur projet » souvent dans le domaine de la recherche et de la santé.

Ce « philanthrocapitalisme » a été notamment étudié par les chercheurs Linsey McGoey, Darren Thiel et Robin West dans un article (publié en 2018) dans lequel elles expliquent que cette nouvelle philanthropie consistait notamment « à distribuer à des entreprises des subventions « philanthropiques » donnant droit à des avantages fiscaux ». Elles y ajoutaient que « les organisations philanthrocapitalistes orientent de plus en plus leurs dons vers des entreprises à but lucratif » et prenaient l’exemple de la Fondation Gates qui « a commencé à octroyer un pourcentage croissant de ses subventions à des entreprises telles que Vodafone, Mastercard et Scholastic (l’un des plus grands éditeurs d’ouvrages éducatifs au monde) sous forme d’aides non remboursables ».

OpenAI et Anthropic suivent la même voie

Les startups de l’IA générative suivent la même voie. Ainsi, la fondation OpenAI, créée en octobre 2025, vient d’annoncer dans la revue scientifique Nature s’être engagée à hauteur de 125 millions de dollars de financements pour des projets concernant la création de données librement accessibles pour la recherche dans les domaines de la santé et des sciences de la vie (mise au point des vaccins contre le cancer, recherche sur la maladie d’Alzheimer, réutilisation de données provenant d’entreprises de biotechnologie en faillite…).

En juillet dernier, Anthropic annonçait des « financements sur projet » pour la recherche scientifique sur les maladies rares. La présidente d’Anthropic, Daniela Amodei, a aussi affirmé récemment à The Economist que la santé mondiale devenait « une priorité pour Anthropic, qui collabore avec des organisations humanitaires à travers l’Afrique afin d’utiliser Claude dans le domaine des soins de santé et pour prévoir les famines ». Rappelons que Donald Trump, sur recommandation d’Elon Musk, a mis fin l’année dernière à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et ainsi coupé les financements publics d’un nombre colossal de projets concernant la santé mondiale.

« Mais les initiatives passées visant à intégrer la technologie dans l’aide humanitaire nous rappellent qu’un accès moins coûteux à l’expertise ne suffit pas », prévient The Economist. « Les outils de santé numériques ont souvent donné de bons résultats lors des essais, mais n’ont pas réussi à s’imposer dans les systèmes de santé locaux », cite en exemple le média, qui ajoute : « les donateurs ont également tendance à percevoir le monde à travers le prisme de leur propre expertise ».

Avec quel argent ?

On peut aussi se demander comment ces entreprises financent ces projets. Elles ne dégagent en effet, aucun profit pour l’instant. Du côté des financements sur projet d’Anthropic, ils ne se font pas en argent sonnant et trébuchant, mais en crédits d’utilisation de Claude sur une période de 6 mois (« jusqu’à 50 000 dollars sous forme de crédits Claude » indique l’entreprise).

La fondation OpenAI, elle, compte sur l’entrée en bourse de l’entreprise. Celle-ci ne fait toujours pas de bénéfice et n’a pas encore indiqué quand elle prévoyait d’en faire, mais elle vise une valorisation d’environ 1 400 milliards dollars. Avec une participation de 26 % dans OpenAI, sa fondation s’imagine déjà créer un fonds de 25 milliards de dollars, ce qui en ferait une des organisations sans but lucratif les plus riches du monde.

Ainsi, Jacob Trefethen, qui est à la tête de la fondation OpenAI, affirme à Nature : « Au cours de notre première année, nous avons pour objectif d’octroyer plus d’un milliard de dollars de subventions dans tous les domaines ». Et il ajoute : « Lors de nos six premiers mois d’activité, nous avons déjà octroyé plus d’un quart de milliard de subventions dans le domaine des sciences de la vie et de la lutte contre les maladies ». Mais tout cela reste donc suspendu à la valorisation d’une entreprise dont on ignore si ses comptes seront un jour à l’équilibre.

Sécurité : le premier point de situation REACTIV de l’ANSSI illustre l’ampleur du problème

1 octobre 2026 à 13:55
Il y a du travail
Sécurité : le premier point de situation REACTIV de l’ANSSI illustre l’ampleur du problème

L’ANSSI a publié le premier point de situation de son dispositif REACTIV. Le rapport est sobre et direct, alignant les causes des différents incidents cyber des deux derniers mois contre les ministères, avec des chiffres éloquents.

Le dispositif REACTIV (pour REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données) a été créé par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu. Annoncée publiquement le 7 septembre, elle constitue une réorientation des moyens opérationnels de l’ANSSI vers deux tâches : le traitement des comptes utilisateurs compromis et l’analyse des violations de données.

Cybersécurité : l’ANSSI lance son mécanisme REACTIV dédié aux services de l’État – Next↗

Comme nous l’indiquions au moment de l’annonce, l’agence obtient deux pouvoirs nouveaux. D’abord, elle centralise la communication technique de crise. Ensuite, et surtout, l’ANSSI peut imposer aux ministères des mesures de protection immédiates dans des délais contraints. Vincent Strubel, directeur de l’agence, avait bien précisé lors de l’annonce que l’effort était temporaire et qu’il se faisait au détriment d’autres pans de la menace.

La situation exigeait une forme d’urgence. Il n’aura fallu que trois semaines pour que l’ANSSI publie un premier point d’étape, faisant le bilan des attaques des deux derniers mois contre plusieurs ministères.

Des brèches en pagaille

Depuis le 1ᵉʳ août 2026, 99 violations de données ont été signalées à l’ANSSI, dont 67 sont confirmées et 32 sont en cours de traitement par l’agence.

Parmi les incidents, la faille CVE-2026-72898 (score CVSS 10) dans Metabase (une plateforme open source dédiée à l’intelligence économique) et son exploitation sont en bonne place. L’ANSSI évoque neuf instances ministérielles compromises depuis début août. « Cette vulnérabilité, de type injection SQL, permet l’accès à la base de données de l’application Metabase pour un utilisateur non authentifié et l’obtention des droits administrateurs de l’instance », indique le rapport.

Lorsque la faille a été découverte le 3 août par Metabase, elle était déjà exploitée. Le correctif a été publié le 6 août. Pour les ministères français en revanche, il ne s’agissait probablement déjà plus d’une faille 0-day, l’attaque contre France VAE étant par exemple survenue le 8 août. L’exploitation de cette faille a servi également contre Zéro Logement Vacant, Qualicharge et probablement Docurba, même si l’enquête n’est pas terminée.

Mais cette faille a aussi servi contre le propre Laboratoire d’innovation de l’ANSSI et contre la Direction interministérielle du numérique (DINUM), deux agences relevant du Premier ministre. Dans le premier cas, l’ANSSI pointe « la compromission de 118 comptes utilisateurs Metabase dont une trentaine de comptes d’utilisateurs externes (données statistiques d’utilisation, identifiants, courriels et mots de passe hachés) ». Les instances vulnérables ont été mises à jour, les mots de passe ont été renouvelés pour l’ensemble des comptes et les comptes inutilisés depuis plus de trois mois ont été désactivés.

Dans le cas de la DINUM, deux instances Metabase ont été compromises, ProConnect et Nuage-Public. « Les données exfiltrées portent sur des informations administratives d’organismes publics (SIREN, SIRET, budgets, effectifs), des métadonnées de contributions à des projets logiciels open source, et des historiques de connexions anonymisés », indique l’ANSSI. L’agence ajoute que ces données étaient cependant déjà publiques. Là encore, les vulnérabilités ont été colmatées, les secrets réinitialisés et les comptes créés par l’attaquant supprimés.

Le rapport n’indique pas toutefois dans quelle mesure ces instances Metabase étaient exposées à internet. Dans tous les cas, l’information tombe mal pour l’ANSSI, qui doit montrer l’exemple, notamment en matière de réactivité sur les correctifs sortant régulièrement. Il s’est écoulé au moins plusieurs jours entre la publication du correctif de Metabase et les premiers signes d’attaque contre la faille au sein des ministères, témoignant d’un retard dans l’application. Dans le cas de l’agence, même s’il s’agit uniquement de son Laboratoire d’innovation, le signal renvoyé n’est pas glorieux.

On peut noter également que l’avis du CERT-FR sur plusieurs failles Metabase a été publié le 24 août, alors que trois des quatre failles (dont CVE-2026-72898) étaient connues depuis le 6 et la dernière le 11.

Des défauts de sécurisation classiques

Les autres incidents relèvent malheureusement de défauts de sécurité classiques. Par exemple, des identifiants volés par des infostealers sur des postes personnels ou de partenaires, puis utilisés contre des services exposés sans double authentification. C’est le cas pour le PIGP (Portail de la Gestion Publique de la DGFIP), le cadastre et l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

L’absence de double authentification ressort justement dans le rapport, ou un deuxième facteur par simple e-mail, cette méthode n’étant plus considérée comme robuste depuis longtemps. Le point de situation évoque également la compromission de sous-traitants, dont un de TRACFIN, et le serveur d’échange avec les prestataires de la DGDDI.

On note aussi que plusieurs incidents sont en cours de qualification. Par exemple, pour Signal Logement (identification de logements insalubres) et le BCPR (Bureau des courriers parlementaires et réservés), duquel des e-mails auraient été exfiltrés, sans que l’ANSSI en soit certaine pour l’instant.

En outre, si la mission de REACTIV est surtout de pouvoir imposer des mesures concrètes dans des délais contraints, on ne sait rien des éventuels changements mis en place pour faire évoluer la culture de la cybersécurité chez l’ensemble des personnes concernées. Si l’exploitation de failles peut souvent être combattue par une application stricte des correctifs de sécurité, les attaques passant par des comptes compromis doivent interpeler les utilisateurs impliqués et leur hygiène numérique, dont la gestion de leurs mots de passe.

Une utilisation sérieuse de la double authentification ne semble pas toujours la règle non plus, le mécanisme relevant des ministères et de leurs services informatiques. À ce sujet, la position de l’ANSSI est d’ailleurs claire : « facteur clé de nombreux incidents analysés par l’ANSSI, l’absence de MFA, ou l’utilisation d’un second facteur faible (e-mail), a facilité les intrusions puisqu’un mot de passe faible ou une fuite de mot de passe suffisait à l’attaquant pour s’octroyer a minima un accès utilisateur ».

[màj] Google : Gemini 4 Argon et son million de tokens en sortie disponible pour tous

13 octobre 2026 à 18:27
Un gaz inerte comme emblème ? Pourquoi pas
[màj] Google : Gemini 4 Argon et son million de tokens en sortie disponible pour tous

Alors que les deux mastodontes Anthropic et OpenAI sont lancés dans une course à l’échalote sur les performances (et la désobéissance) de leurs modèles, Google veut revenir dans la course avec Gemini 4 Argon. La cybersécurité et le code sont particulièrement mis en avant.

Mise à jour 13/10 – À chaque jour son nouveau LLM, ou pas loin. Après Meta et Muse Wonder, c’est au tour de Google de lancer Gemini 4 Argon auprès du grand public, après une disponibilité limitée à des spécialistes de la cybersécurité. Le modèle est accessible via l’API dans AI Studio et Gemini, ainsi que pour les abonnés Google AI Ultra (y compris dans la plateforme de création d’agents Antigravity) et Pro dans l’app Gemini et le mode IA de la recherche.

Article original, 1er/10 – Avec ce LLM qualifié de « frontier model », Google se présente comme un bon élève face à Donald Trump : « Nous participons activement au processus volontaire du gouvernement américain pour l’accès anticipé au modèle de prélancement, tout en élargissant progressivement cet accès ». C’est en effet ce que demande le président dans son décret du 2 juin.

Traduction : ne comptez pas en profiter pour l’instant. Ce modèle est « déployé auprès d’un groupe de spécialistes de la cybersécurité de confiance par le biais de notre programme Fairwind ». C’était aussi le cas pour Gemini 3.8 Flash Cyber au début du mois. Cela ne concerne donc que des gouvernements, des autorités nationales de cybersécurité, des opérateurs d’infrastructures critiques et d’autres spécialistes triés sur le volet. Une ouverture à tous est prévue, sans calendrier.

1 million de tokens : Google multiplie par 15 la limite de sortie

Premier changement important, la limite de sortie explose : « nous augmentons la limite de jetons de sortie du modèle à 1 million de jetons, une performance inégalée dans l’industrie, contre 64 000 auparavant ». À titre de comparaison, Fable 5.1 d’Anthropic et GPT-6 Astra d’OpenAI ont une fenêtre de contexte de 1 million de tokens, mais de « seulement » 128 000 tokens en sortie. Une limite huit fois plus large donc chez Google.

Google insiste sur ce point : « Grâce à cette capacité de traitement, le modèle peut analyser en profondeur et générer des centaines de milliers de jetons en une seule étape, ce qui lui permet de résoudre des problèmes complexes d’un seul coup ».

Cette annonce s’accompagne comme toujours d’une série de benchmarks maison, dans lesquels Gemini 4 Argon dépasse généralement GPT-6 Astra et Claude Fable 5.1 et Opus 5.5. Google affirme que son nouveau modèle est particulièrement bon « pour les tâches de codage spécialisées ». On attendra de voir pour les tâches courantes sur le code, car Gemini 3.8 n’était pas bon dans notre test sur l’extension Next.

Google revendique la couronne sur DeepSWE v1.1 et CWE-bench v1

Google en remet une couche : « Les ingénieurs de Google utilisent Argon au quotidien, du débogage courant aux migrations de code à grande échelle et à la conception d’algorithmes. Il établit une nouvelle référence sur DeepSWE v1.1 (77,9 %), qui mesure la performance d’un modèle dans des tâches d’ingénierie logicielle concrètes et à long terme ». GPT-6 Astra est à 74,3 %, Claude Opus 5.5 à 74,2 % et Fable 5.1 à 67,4 %.

Autre exemple : « les agents Argon travaillent à la migration des bases de code C/C++ vers Rust chez Google, allant de quelques dizaines de milliers de lignes pour les bibliothèques essentielles comme re2 et libgav1 à plus de 800 000 lignes pour le noyau Zircon de Fuchsia OS ».

Sujet sensible, ce n’est pas l’ingénieur Galen Hunt de Microsoft qui dira le contraire. Il s’était pris une volée de bois vert quand il avait annoncé vouloir « éliminer toutes les lignes de C et C++ de Microsoft d’ici 2030 », grâce à l’IA. Depuis, il y a eu rétropédalage en règle.

Autre axe largement mis en avant par Google : la cybersécurité. « Pour mieux préparer les équipes de cyberdéfense à la nouvelle ère des cyberattaques, nous avons entraîné Gemini 4 Argon à exceller en matière de défense contre les cybermenaces. Argon est capable de détecter, valider et corriger de manière autonome les vulnérabilités logicielles critiques ».

Pour mettre des chiffres sur ces mots, Google annonce un score CWE-bench v1 de 68 %, à égalité avec Grok 4.7 et GPT-6 Astra.

Google fait également une annonce surprenante vu l’actualité autour des agents IA qui font un peu n’importe quoi : « Pour nos équipes de confiance et nos équipes internes chez Google, nous déploierons Argon sans aucune restriction de sécurité afin qu’elles puissent exploiter pleinement ses capacités de pointe en matière de cybersécurité ».

La version anglaise du communiqué de Google est cependant moins forte : « Pour nos partenaires de confiance et nos équipes internes chez Google, nous déploierons Argon sans garde-fous cyber [cyber guardrails en VO, ndlr] afin qu’ils puissent exploiter pleinement ses capacités de pointe en cybersécurité ».

Sans restriction, mais pas sans protection. Pour le grand public, en revanche, des garde-fous sont prévus : « Afin d’empêcher toute utilisation malveillante d’Argon à des fins de cyberattaques ou d’attaques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), le modèle est conçu pour refuser les requêtes malveillantes tout en préservant la recherche scientifique légitime à double usage, conformément à notre cadre de sécurité Frontier ». Pour Google, comme les autres, le message est simple : ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout. Pas facile vu l’actualité récente.

Moins cher qu’Astra et Fable, mais plus loquace

Pour terminer, le prix : Gemini 4 Argon est à 2 dollars en entrée et 10 dollars en sortie, par million de tokens dans les deux cas (le cache en entrée a une réduction de 95 % du prix). C’est un prix promotionnel, il sera par la suite doublé avec 4 et 20 dollars respectivement. Google n’a pas précisé quand cette promotion se terminera.

Fable 5.1 et GPT-6 Astra sont tous les deux à 10 et 50 dollars par million de tokens, respectivement en entrée et en sortie. Gemini 4 Argon est-il donc cinq fois moins cher ? Non, car nous n’avons ici qu’une moitié de l’équation. L’autre partie, c’est la consommation de tokens. Facturer deux fois moins mais produire deux fois plus n’apporterait aucune économie.

Sur ce point, le nouveau modèle ne semble pas tirer son épingle du jeu, selon Artificial Analysis, spécialisé dans les benchmarks d’IA : « Gemini 4 Argon fait en moyenne 62 000 jetons de sortie par tâche, contre 27 000 pour GPT-6 Astra (max) ». Pour rappel, OpenAI double le prix de certains modèles – dont GPT-6 Astra – quand l’entrée dépasse les 272 000 tokens.

Gemini 4 Argon, prix par tâche, tarif promotionnel à 2/10 dollars

Les serveurs e-mail Zimbra visés par l’exploitation très active d’une faille critique

1 octobre 2026 à 07:36
Le correctif était pourtant là
Les serveurs e-mail Zimbra visés par l’exploitation très active d’une faille critique

Les personnes et organisations disposant de serveurs équipés de Zimbra pour la gestion de leurs e-mails doivent mettre à jour aussi rapidement que possible les composants logiciels. Une faille est exploitée depuis plus de deux mois, alors que le correctif existe depuis le 20 juillet.

Dans un long billet publié le 30 septembre, Microsoft Threat Intelligence a fourni une analyse de l’exploitation de CVE-2026-73570, une faille de type « injection de commandes système non authentifiée » dans Zimbra Collaboration Suite (ZCS), une solution e-mail très populaire.

Cette faille, présente dans toutes les versions antérieures à la 10.1.20, est en fait corrigée depuis juillet. Cependant, les systèmes non mis à jour seraient encore nombreux, Microsoft indique que la faille – critique, avec un score CVSS de 8,9 – est exploitée depuis fin juillet au moins. L’éditeur évoque un minimum de plusieurs centaines de serveurs compromis par l’exploitation de cette faille.

Cette vulnérabilité est présente dans le traitement des notifications SNMP de Zimbra. Elle peut être exploitée dès lors que le paquet optionnel zimbra-snmp est installé et que les notifications sont activées. Un attaquant non authentifié peut alors envoyer des requêtes SMTP spécialement conçues pour provoquer une erreur, lui permettant après coup d’exécuter des commandes système arbitraires avec les droits de l’utilisateur zimbra.

Des attaques rondement menées

Dans son billet, Microsoft dit avoir observé deux outils de balayage le 28 juillet et le 7 août, donc après le correctif mais avant la divulgation, intervenue le 13 août avec la publication des informations dans la base NVD. « Les sondes incluaient des requêtes HTTP et des vérifications d’identité DNS, ICMP et en bande, utilisant des commandes telles que curl, wget, ping, nslookup et id », vers des services d’interaction comme oast[.]fun ou requestrepo[.]com, ou vers une infrastructure propre à la campagne d’attaque sous bypass[.]eu[.]org. Les requêtes HTTP portaient un User-Agent spécifique, ZB73570, suggérant selon Microsoft que des acteurs ont analysé le correctif avant la publication des détails du bulletin CVE.

Les attaquants ont ensuite déposé des pages JSP malveillantes (webshells) dans les répertoires Jetty et mailboxd, puis les ont recopiées sur les autres nœuds de boîtes aux lettres. Ils allaient parfois jusqu’à ouvrir temporairement les droits d’écriture du répertoire public avant de les rétablir. Ils ont aussi installé un service systemd déguisé, zimlog.service, dont les horodatages avaient été modifiés pour imiter sshd.service.

Source : Microsoft

L’exploitation se faisait au moyen du journal zmmailboxd.out remplacé par un lien symbolique vers /etc/pam.d/sudo, qui invoquait alors zmmailboxdmgr, exécuté avec des privilèges élevés. Les pirates étaient ensuite capables de voler des secrets, de se déplacer latéralement dans l’infrastructure et d’exfiltrer des contenus. Microsoft n’attribue cette activité à aucun acteur nommé, le rapport mentionnant des victimes dans plusieurs régions et secteurs, et un mélange d’opérations automatisées et manuelles.

Du pain sur la planche

Selon le rapport, toute instance Zimbra qui n’a pas été mise à jour avant fin juillet doit être considérée comme potentiellement compromise. L’installation de la mise à jour est la mesure la plus urgente à entreprendre. À défaut, si l’opération est impossible dans l’immédiat, Microsoft recommande la désinstallation du paquet zimbra-snmp, la désactivation des notifications SNMP et la restriction de l’accès SNMP et SMTP aux seuls hôtes de confiance.

Une fois la mise à jour effectuée, plusieurs actions sont encore nécessaires :

  • Renouveler toutes les clés zimbraPreAuthKey et zimbraAuthTokenKey
  • Inspecter /etc/sudoers.d/ (notamment 81_metric), /etc/pam.d/ et les unités systemd (zimlog.service, chronyd-helper.service, syslog_init.service)
  • Chercher les JSP et fichiers *_jsp.java inattendus sur la totalité des nœuds

☕️ [MàJ] Sur LinkedIn, drôle de passe d’armes entre J-B Kempf (VLC) et Gérald Darmanin

1 octobre 2026 à 06:45


Mise à jour, 1er octobre 2026, 8h45, complété à 10h00 pour préciser la chronologie : L’appel public lancé par Jean-Baptiste Kempf semble avoir porté ses fruits. Le Journal Officiel du 30 septembre révèle en effet qu’Audrey Prévost et trois autres candidats sont finalement admis « à titre définitif » au troisième concours de recrutement d’auditeurs de justice de la session 2025.

Le bulletin du JO révèle que l’administration a, sous la plume du garde des Sceaux, retiré « ses décisions de refus de concourir » formulées à l’encontre des quatre candidats, dans une requête adressée à la présidente du jury du concours le 15 septembre dernier.

Daté du 23 février dernier, le post LinkedIn dans lequel Jean-Baptiste Kempf s’insurgeait de la non prise en compte de l’expérience de son épouse au sein de l’association VideoLAN avait suscité de nombreux relais et commentaires de soutien, notamment dans la sphère des entrepreneurs de la tech et du numérique.

Quelques jours plus tôt, un autre candidat déçu, Maxence Mathey, ancien entrepreneur, avait exprimé publiquement sa déception le 17 février dernier, après une première tentative de saisine du Conseil d’État en suspension-référé. Il y faisait valoir que les quatre évincés du troisième concours ne pouvaient être considérés comme susceptibles de prendre la place d’autres postulants issus de parcours plus académiques, puisque la session 2025 avait accueilli moins de candidats qu’il n’y avait de postes ouverts.

Suite au coup de projecteur donné par Jean-Baptiste Kempf à l’affaire, Gérald Darmanin a retiré son refus, et demandé le 9 mars à la présidente du jury d’une nouvelle liste intégrant les quatre lauréats déçus, ce qu’a refusé cette dernière dans un courrier daté du 19 mars au nom de la souveraineté du jury. Dix jours plus tard, le cabinet du ministre informe les candidats qu’ils ne seront pas inscrits, le délai de quatre mois permettant de retirer une décision étant dépassé.

Deux des candidats en appellent alors à nouveau au Conseil d’État, qui rend deux décisions favorables le 22 juin, considérant que le refus initial n’était pas légalement justifié. Les deux intéressés ont, de ce fait, fait l’objet d’une admission à titre provisoire en juillet dernier, ce qui a permis aux deux derniers candidats d’écrire au ministère pour bénéficier à leur tour de cette admission au nom du principe d’égalité, comme le rapporte Actu-Juridique.


Publication initiale, 24 février 2026, 11h07 : Jean-Baptiste Kempf, l’un des principaux contributeurs du projet VideoLAN et de son célèbre lecteur VLC, s’est fendu lundi 23 février d’une charge virulente adressée au garde des Sceaux Gérald Darmanin. « J’envisage de quitter la France, et c’est intégralement la faute de M.Darmanin », titre l’ingénieur, dont la publication LinkedIn devient très vite virale.

Il y raconte les démêlés de sa femme, Audrey Prévost Kempf, avec l’administration en charge des admissions au concours de l’École nationale de la magistrature (ENM), qu’elle passe avec brio à sa seconde tentative, avant d’être informée, par courrier, qu’elle n’a finalement pas le droit de concourir.

D’après le résumé qu’en fait Jean-Baptiste Kempf, le ministère de la Justice décide de retoquer sa participation, a posteriori et alors qu’elle se classe 9ᵉ à l’issue du grand oral, « au motif d’une prétendue insuffisance d’activité juridique qualifiante ».

Intro du billet publié par J-B Kempf le 22 février sur LinkedIn

Audrey Prévost Kempf avait elle-même relaté cette déconvenue quelques jours plus tôt. Son éviction du concours de l’ENM (qui concerne également au moins un autre candidat) intervient dans le cadre des nouvelles modalités d’admission introduites suite à la réforme de 2023.

Aux premier et deuxième concours (destinés respectivement aux jeunes diplômés et aux salariés de la fonction publique), elle ajoute un troisième concours réservé aux candidats venus du privé, sous réserve que ces derniers puissent justifier d’au moins quatre ans d’une expérience « particulièrement qualifiante dans le domaine juridique, administratif, économique ou social ».

Et c’est là que le bât semble avoir blessé dans le cas d’Audrey Prevost Kempf : ses dix ans d’implication aux côtés de Jean-Baptiste Kempf dans VideoLAN n’auraient pas été reconnus comme une expérience « particulièrement qualifiante ».

« Le légal dans VideoLAN est plus compliqué et complexe que dans la plupart des sociétés que je connais, et avec un champ d’application bien plus large. Et devinez qui m’a aidé dans tout ce travail pendant dix ans ? Audrey, évidemment. Moi, je n’ai aucune base scolaire en droit. »

S’ensuivent cinq mois d’échanges avec le ministère avec un recours au fond, jusqu’à cette interpellation publique.

« Le travail autour de VideoLAN est titanesque, même bénévole, et il n’appartient pas au Garde des Sceaux ni à son administration de déjuger notre travail. Le mieux, c’est lorsque M. Darmanin écrit que  « le numérique […] et le droit du numérique ne sont pas utiles au magistrat de l’ordre judiciaire » », écrit Jean-Baptiste Kempf, fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2018, qui jure qu’on ne l’y prendra plus.

« Jamais plus je n’aiderai l’État français gratuitement par mon travail, et tant pis pour les agents de la justice (utilisant beaucoup VLC) qui auraient besoin de lire de nouveaux formats de vidéo. Cracher sur le professionnalisme du travail de VideoLAN est totalement inadmissible. »

Quelques heures plus tard, Gérald Darmanin lui répond en commentaire de sa publication LinkedIn, indiquant d’abord ne pas avoir été saisi personnellement du litige et regrettant le ton agressif de la missive, avant de finalement écrire : « il me semble que ma réponse avant le recours formulé devant le Conseil d’État était de demander à mon administration de revoir sa décision. Mais je veux vous le lui confirmer de façon certaine ».

« J’ai le plus grand respect pour elle d’avoir réussi ce difficile concours et, en effet, la magistrature manque de personnes connaissant le numérique », écrit encore le ministre.

Les 375 nouveaux auditeurs de justice qui constituent la promotion 2026 de l’ENM, dont 49 issus du troisième concours, ont fait leur rentrée le 16 février dernier.

Discord accusée d’être un « terrain de chasse de mineurs » et de ne pas les protéger

1 octobre 2026 à 06:28
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Discord accusée d’être un « terrain de chasse de mineurs » et de ne pas les protéger

Alors que le procès d’un membre du réseau 764 va s’ouvrir à Paris la semaine prochaine, l’association e-Enfance pointe l’explosion des violences faites aux mineurs sur la plateforme Discord.

Attention : le sujet de cet article est particulièrement difficile et certains détails évoqués peuvent heurter.

Le 5 octobre prochain s’ouvrira, devant la cour d’assises de Paris, le procès d’un des leaders présumés du groupe CVLT (rebaptisé « 764 »), accusé de tortures et actes de barbarie sur douze filles âgées de 11 à 16 ans.

Cet homme, qui reconnaît une fascination depuis son adolescence pour « la fraternité aryenne et le fascisme », comme l’expliquait Nice Matin en mars 2025, est accusé d’avoir attiré et piégé des adolescentes via un forum Discord qu’il administrait pour notamment les forcer à s’infliger des actes de tortures sexuelles.

e-Enfance a annoncé qu’elle se constituait partie civile dans ce procès. Cette association – qui gère le numéro de téléphone 3018 de signalement pour les victimes de cyberharcèlement – a tenu à souligner l’augmentation du nombre de signalements visant Discord pour la première moitié de cette année 2026.

Rappelons que, sur Discord, la modération repose surtout sur les administrateurs et éventuels modérateurs de chaque serveur, et que la modération y est très variable. L’entreprise est quand même responsable de la gestion des signalements des « signaleurs de confiance » prévus par le DSA.

Une augmentation importante des signalements à propos de Discord en 2026

e-Enfance, premier signaleur de confiance en France, assure [PDF] avoir reçu 138 signalements entre le 1er janvier et le 30 juin dernier, « contre 44 pour l’ensemble de l’année 2025 : en seulement six mois, ce volume dépasse le triple de celui enregistré sur toute l’année 2025 », s’alarme l’association. Elle ajoute que l’analyse effectuée par son observatoire « identifie une proportion croissante de faits d’une particulière gravité : exploitation sexuelle de mineurs, extorsion, grooming, doxing assorti de menaces de mort ou de swatting ». Et elle souligne que certains signalements « traduisent des modes opératoires rattachables à des mouvances extrémistes violentes issues du réseau cybercriminel « The Com » [dont fait partie CVLT/« 764 »] ».

Son observatoire pointe les manquements de Discord suite aux signalements : « un taux de retrait des contenus signalés limité à 33 % », constate l’association. Elle explique ce faible taux par la condition imposée par la plateforme de l’envoi de l’identifiant utilisateur Discord de l’auteur pour considérer toute notification émise par le 3018. Mais cette information est « difficile d’accès pour les victimes , et rendue inaccessible lorsque celles-ci ont bloqué l’auteur des faits », ajoute e-Enfance. Pour appuyer son analyse, l’association affirme que, depuis le début de l’année, 15 signalements sont dans ce cas, dont 13 concernent des victimes mineures.

Un mécanisme d’extorsion sexuelle envers les mineurs

« Un signalement concernant une adolescente de 14 ans, contrainte à produire des contenus sexuels violents selon un mode opératoire rattachable à la mouvance « The Com », a ainsi pu être transmis au parquet au titre de l’article 40 alinéa 1 du Code de procédure pénale, sans qu’aucune notification ait pu être adressée à Discord », ajoute l’association.

France Info a eu accès à des enregistrements d’enfants victimes de harcèlement et d’extorsion sexuelle et décrit le mécanisme mis en place en citant plusieurs exemples. « Il a commencé à me dire ‘Maintenant, tu es à moi, tu ne parles plus à personne et dès que je te demande un truc, tu le fais », confie une lycéenne. De son côté, un garçon, incité à se dénuder par un adulte se faisant passer pour un jeune joueur, explique : « Il m’a dit « j’ai tes données personnelles, envoie tes parties [intimes], sinon je vais divulguer tes infos personnelles, ton adresse, ton prénom, tout ce qu’il y a sur toi ».

e-Enfance explique que son observatoire a identifié, au premier semestre de cette année, 4 signalements « portant sur des faits particulièrement graves commis à l’encontre de mineurs sur Discord : incitation à l’automutilation, contrainte à la production de contenus sexuels violents et dégradants, exposition à des contenus de torture et de mort, discours de domination et d’emprise ». L’association juge « inégales » les réponses apportées par Discord et souligne que, concernant l’un d’entre eux, la plateforme a affirmé avoir pris des « mesures appropriées », « sans en préciser la nature, ni transmission au NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children), malgré la gravité des faits ».

Contactée par Next, Discord n’a pas directement réagi aux affirmations d’e-Enfance. Elle affirme cependant qu’elle « s‘engage pleinement en faveur de la sécurité de ses utilisateurs » et qu’elle « souhaite que [sa] plateforme de communication soit le lieu idéal où les amis peuvent échanger avant, pendant et après leurs parties ». L’entreprise rappelle que ses conditions d’utilisation prévoient que « tous les utilisateurs doivent être âgés d’au moins 13 ans ». Et elle met en avant que « contrairement aux réseaux sociaux qui utilisent des algorithmes pour sélectionner les contenus et maximiser l’engagement, notre service s’efforce de favoriser des interactions et des liens naturels, en temps réel », en oubliant qu’elle est responsable de la modération des contenus signalés concernant ces liens réels.

« Nous combinons des technologies de pointe et des équipes de modération formées pour détecter et supprimer de manière proactive les contenus qui enfreignent nos règles. Nous mettons en œuvre des systèmes robustes destinés à empêcher la propagation de l’exploitation sexuelle et du grooming sur notre plateforme, et nous collaborons également avec d’autres entreprises technologiques et organismes de sécurité afin d’améliorer la sécurité en ligne sur l’ensemble d’Internet », assure Discord. Enfin, elle évoque l’existence de son « Discord Family Center ».

La plateforme a aussi commencé le déploiement mondial de ses outils de contrôle de l’âge qui catégorisent automatiquement les utilisateurs selon les données qu’elle a recueillies sur eux.

Microsoft dégaine ses conteneurs WSL (Linux) en version finale

1 octobre 2026 à 05:59
Compose viendra, promis
Microsoft dégaine ses conteneurs WSL (Linux) en version finale

Microsoft a donné le coup d’envoi officiel pour ses conteneurs WSL. Ils permettent de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux directement depuis Windows.

Au début de l’été, Microsoft a profité de sa conférence Build pour présenter un nouveau projet baptisé « WSL Container », avec une préversion dans la foulée. L’objectif était clair : fournir un moyen intégré et prêt pour l’entreprise de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux sur Windows, sans nécessiter d’outillage tiers supplémentaire.

Depuis le 29 septembre, la fonction est disponible en version finale. Microsoft n’y va pas par quatre chemins : « WSL est au cœur de notre engagement à faire de Windows le meilleur endroit pour construire, exécuter et gérer des charges de travail Linux. À mesure que l’IA, le développement cloud-native, les conteneurs et les écosystèmes open source continuent de converger vers Linux, de plus en plus de développeurs choisissent d’exécuter ces charges directement sur des appareils Windows ». Les conteneurs sont donc une évolution logique de WSL, affirme l’éditeur.

Petit point de rappel d’abord : qu’est-ce que WSL ? Le Windows Subsystem for Linux est un composant de Windows permettant de faire fonctionner directement une distribution Linux virtualisée. Plusieurs sont disponibles d’ailleurs dans le Microsoft Store, comme Ubuntu et Debian.

Source : Microsoft

Disponible directement dans la nouvelle version de WSL

Pour utiliser les conteneurs, pas besoin d’installer de nouveaux composants, car la nouvelle fonction fait simplement partie de la dernière mouture du WSL (3.0.1). On peut donc l’installer soit en récupérant le binaire depuis le dépôt GitHub, soit via la commande « wsl --update » dans le terminal.

Le produit livré hier soir repose sur deux briques. D’abord, l’outil wslc.exe qui sert à construire, lancer et déployer les conteneurs. Microsoft fournit en même temps un alias intégré container.exe pour reprendre les commandes habituelles. Ensuite, une API – sous forme de paquet NuGet Microsoft.WSL.Containers – pour permettre aux applications Windows natives de piloter ces conteneurs. L’éditeur donne comme exemple l’exécution locale de charges IA.

En matière d’architecture, chaque utilisateur a sa propre session, dont les privilèges peuvent être réglés, y compris de manière centralisée en entreprise. Le stockage, lui, peut se faire de trois manières : un VHD par session, des volumes reposant sur VHD ou des volumes de conteneurs reposant sur virtiofs, que Microsoft présente comme jusqu’à deux fois plus rapides que l’approche plan9 utilisée jusqu’à présent par WSL.

Quant au réseau, il est géré par un composant nommé Consommé, qui consiste en un processus s’occupant de tout ce qui touche au DNS, au routage et au mappage des ports. Cette approche doit notamment permettre de travailler plus facilement avec des VPN et des pare-feux.

Docker dans la ligne de mire

D’accord, mais pour quoi faire ? On trouve sur le site de Microsoft ou dans la presse des exemples d’utilisation. Le plus simple est celui d’une application Windows embarquant un composant Linux. Ainsi, un logiciel de bureau en C# peut lancer un conteneur servant un modèle d’inférence, communiquer avec lui puis l’arrêter à la fermeture. C’est l’exemple de charge IA locale donné précédemment par Microsoft.

Si le nom n’est jamais cité, Docker est directement dans la ligne de mire. Microsoft met en avant ses intégrations avec d’autres produits de son écosystème, Intune et Defender for Endpoint étant cités. L’arrivée des conteneurs WSL permet aux applications Windows de les exploiter directement, sans passer par des produits tiers (il faut quand même que WSL soit installé).

Il s’agit cependant d’une version 1.0, qui cible surtout les grandes entreprises dans lesquelles ce niveau d’intégration peut faire la différence. En outre, il y a des limites. Selon Microsoft, la fonction la plus demandée est la compatibilité avec Docker Compose, via la prise en charge directe des fichiers compose.yaml existants. L’entreprise affirme que ce support est « une priorité pour nos prochaines versions ».

La version finale apporte des nouveautés

Si vous avez testé les conteneurs WSL cet été, la version finale apporte bon nombre d’améliorations, notamment pour les commandes disponibles, qui en comptent une dizaine de nouvelles. Citons par exemple « wslc container restart » qui permet de redémarrer un conteneur en fonctionnement, « wslc system info » pour voir une vue de synthèse de l’environnement conteneur, ou « wslc network connect » pour attacher les conteneurs au réseau (ou « disconnect » pour les détacher).

Entre temps, des intégrations sont également apparues avec des partenaires ou des projets communautaires. Les conteneurs sont ainsi supportés (sans grande surprise) dans Visual Studio Code, dans lequel on peut déclarer wslc comme pilote par défaut pour créer et interagir avec les conteneurs WSL. Microsoft cite aussi Aspire, Lazywslc, WSL Container Desktop ou encore WSLc Remote. Ce dernier permet de lancer wslc depuis les distributions Linux prises en charge par WSL.

Microsoft ajoute que les investissements dans WSL continueront. « Au fil du temps, nous voyons Linux sous Windows évoluer au-delà d’un environnement de développement vers une plateforme d’exécution stratégique pour l’IA et les charges de travail natives cloud, participant aux mêmes cadres de sécurité, de gestion et de gouvernance d’entreprise que Windows », assure ainsi l’entreprise.

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