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Une coalition de huit éditeurs européens lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source

2 avril 2026 à 10:29

Après l’'annonce du projet d’infrastructure commune Euro-3C déjà présenté sur LinuxFR.org, une nouvelle annonce dans le domaine bureautique commun au niveau européen vient d’être faite en cette fin de mois à Berlin.

Une coalition d’entreprises européennes du logiciel libre lance Euro-Office, une suite bureautique souveraine et open source.

NdM : sur la thématique de suites bureautiques, beaucoup d’actualités ces derniers temps
ODF est l’avenir, OOXML le passé, NextCloud et le format ODF : des gros nuages orageux, Allemagne : le format ODF obligatoire dans l’administration, ONLYOFFICE suspend son partenariat avec Nextcloud suite a son fork pour le projet Euro-office, Euro-Office : IONOS, Nextcloud et Proton lancent le fork européen d’ONLYOFFICE qui veut en finir avec Microsoft Office, «Bercy réfléchit bien à trouver une alternative au Microsoft de Windows», etc.

Euro-Office est un outil d’édition bureautique en ligne conçu pour être intégré dans des plateformes existantes comme des solutions de partage de fichiers ou de gestion de projet. Contrairement aux suites complètes, il ne gère pas l’ensemble de l’environnement de travail mais se concentre sur l’ouverture, l’édition et la coédition de documents, avec une interopérabilité affichée avec les formats Microsoft.

Portée par Ionos, Nextcloud, XWiki, OpenProject, Eurostack, Soverin, Abilian et BTactic, l’initiative publie une préversion technique disponible immédiatement sur GitHub, avec une première version stable annoncée pour l’été.

Le projet s'appuie sur le code d’OnlyOffice, qui a une base Open Source, sous licence AGPL.

Elle intervient au moment précis où Onlyoffice met fin à son offre cloud, contraignant des milliers d’organisations à chercher une alternative.

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ODF est l’avenir, OOXML le passé

Ceci est la traduction d’un article (en) d’Italo Vignoli (en), co-fondateur de TheDocumentFoundation (TDF), la fondation qui pilote la suite bureautique LibreOffice sur le blog de TDF.

Italo Vignoli rappelle que le choix d’un format de fichier n’est pas anodin et qu’il se prolonge dans l’avenir. Il explique en quoi le format Open Document Format (ODF) est préférable au format Office Open XML (OOXML) de Microsoft. Notamment de par sa conception qui fait de l’ODF un format transparent qui n’est lié à aucune entreprise commerciale et qui peut ainsi être adopté par n’importe qui sans restriction.

Sommaire

Quand une personne, un gouvernement, une école ou une entreprise choisit un format pour conserver et échanger ses documents numériques, ce n’est pas seulement une décision technique, mais cela revient à placer un pari sur le type d’infrastructure numérique dont ils dépendront dans le futur.

En ce sens, les formats ODF et OOXML ne sont pas des options équivalentes parmi d’autres, mais des solutions radicalement différentes : l’une est tournée vers un avenir d’ouverture, d’interopérabilité et de souveraineté numérique, quand l’autre est resté sur un passé où l’on défendait la position dominante d’une entreprise via un verrouillage numérique.

ODF est conçu pour être ouvert et transparent

Le format OpenDocument a été envisagé dès le départ comme un standard ouvert. Il a été conçu et développé par une communauté sous les auspices du consortium OASIS, puis ratifié par l’ISO, afin d’être implémenté par n’importe qui, sur n’importe quelle plateforme, sans avoir à verser des redevances et sans dépendre d’une seule entreprise ni nécessiter son autorisation.

Il ne s’agit pas là de détails techniques insignifiants, mais bien d’une déclaration de stratégie politique et économique inhérente au format lui-même.

ODF est basé sur un schéma XML épuré facile à lire même pour les personnes non initiées à la technique et réutilisable. La nomenclature des couleurs respecte les conventions Web et son architecture réutilise des composants issus des normes ouvertes largement adoptés. Le format a été conçu pour travailler dans une infrastructure transparente et ouverte, pas contre elle.

Lorsqu’une administration publique archive un document au format ODF, on peut être sûr que n’importe quel futur gouvernement, n’importe quelle future application, propriétaire ou libre, et n’importe quelle future plateforme pourra le lire, le gérer, traiter et transformer ce document parce que les spécifications sont publiques et qu’elles sont claires, complètes et exemptes de toute restriction.

En ce sens, l’engagement en faveur d’ODF est tourné vers l’avenir, car il s’inscrit dans la lignée de l’évolution des technologies et des infrastructures basées sur le logiciel libre ainsi que dans celle de la stratégie européenne en matière de souveraineté numérique.

OOXML a été conçu pour préserver le passé

Le format OOXML, ou Office Open XML, n’a pas été conçu dans un souci d’interopérabilité, mais pour répondre à un objectif très précis : encoder les formats binaires de Microsoft Office en XML de manière à permettre à Microsoft de prétendre respecter la norme sans pour autant renoncer à son emprise sur les utilisateurs par le biais d’un verrouillage technologique.

Cette genèse n’est pas de l’histoire ancienne, mais remonte à la période comprise entre 2006 ‒ par pure coïncidence, l’année où le format ODF a été approuvé par l’ISO ‒ et 2008, année de l’événement grotesque connu sous le nom de « Ballot Resolution Meeting » (réunion de résolution des votes), qui a conduit à l’approbation d’OOXML par l’ISO et qui est consignée dans toutes les versions de la spécification.

OOXML Transitional, la variante que presque tous les documents Microsoft Office utilisent en pratique, et la seule disponible aujourd’hui, est explicitement définie comme une couche de compatibilité avec les anciens formats binaires (les, désormais oubliés, DOC, XLS et PPT, qui n’étaient rien d’autre que l’enregistrement de la mémoire de travail sur le disque), et contient des milliers d’éléments non documentés, d’exceptions spécifiques au format et de références à des systèmes Microsoft hérités qu’aucun tiers ne peut reproduire intégralement.

La spécification elle-même reconnaît que les fichiers Transitional peuvent contenir des éléments dont le comportement est « hérité » et dont l’affichage correct nécessite une connaissance des systèmes propriétaires de Microsoft. En bref, pour implémenter correctement OOXML Transitional, il faut décoder trente ans d’histoire de Microsoft Office, ce que personne, à l’exception de Microsoft, ne peut faire, et que personne ne pourra jamais faire.

En ce sens, choisir OOXML n’est pas un pari mais un choix rétrograde, parce que le format n’est ouvert qu’en apparence ‒ mais il suffit de très peu, d’un peu de bonne volonté, pour se rendre compte qu’il est complètement fermé ‒ et a été conçu pour être un mécanisme de verrouillage.

Deux voies de normalisation complètement différentes

Le parcours de l’OOXML vers la ratification ISO est un catalogue de tout ce qui ne devrait jamais se produire au cours d’un processus de normalisation, à commencer par la méthode Fast Track. Un commentaire disait : « Ce serait vraiment triste si l’ISO abaissait ses normes au point d’accepter cette monstruosité ».

Un autre commentaire, émanant d’un membre du comité technique de l’ISO qui a approuvé OOXML, résume bien les problèmes de ce format : « Le problème avec OOXML ne réside pas seulement dans le fait que le document lui-même est d’une taille monstrueuse. Le format OOXML actuel présente un certain nombre de problèmes techniques qui ont été énumérés en détail ailleurs. Un autre problème réside dans le fait que la spécification elle-même n’est pas rédigée comme une norme, mais plutôt comme le type de documentation technique que l’on s’attendrait à trouver pour un produit commercial. Cela entraînera de graves problèmes d’interopérabilité dans la pratique, et comme l’interopérabilité est l’essence même d’une norme, cela est inacceptable ».

Le marché a confirmé ce que le processus de normalisation avait cherché à dissimuler : OOXML Transitional n’a jamais offert l’interopérabilité qu’il promettait, ainsi que le confirment les pertes de contenu, les différences d’affichage et diverses autres incompatibilités entre la mise en œuvre de Microsoft Office et celles de tiers, qui persistent et sont encore documentées aujourd’hui. Une véritable norme devrait être parfaitement reproductible en suivant sa spécification, et ne devrait pas nécessiter de recourir à la rétro-ingénierie ou à des approches par essais et erreurs.

L’ODF, en revanche, a suivi le processus de normalisation ISO, et c’est pour cette raison qu’il s’agit du format recommandé par le cadre d’interopérabilité de l’UE, par le Deutschland-Stack allemand ‒ qui l’impose aux côtés du PDF/UA à tous les niveaux de l’administration publique ‒ et par un nombre croissant de cadres nationaux, qui ont conclu de manière indépendante qu’une réelle interopérabilité nécessite une norme véritablement ouverte, qui réponde à la définition d’une norme telle que l’ODF.

L’ODF est « tourné vers l’avenir »

Un format tourné vers l’avenir est un format qui réduit la dépendance future, et non qui la renforce. C’est un format qui peut être utilisé sans nécessiter la connaissance des technologies propriétaires d’un seul fournisseur. C’est un format qu’une administration publique peut confier en toute confiance à ses citoyens, à ses archives et à ses successeurs.

ODF répond à ces critères. Son architecture est transparente, ses schémas sont clairs et sa gouvernance est véritablement ouverte. Ses différentes implémentations démontrent chaque jour qu’il peut être mis en œuvre intégralement et fidèlement par des projets très différents les uns des autres, non pas parce qu’ils l’ont rétro-conçu, mais parce que les spécifications sont complètes et facilement compréhensibles.

Un format « tourné vers le passé », en revanche, est un format qui lie l’avenir aux stratégies commerciales d’un seul fournisseur. En ce sens, OOXML Transitional est un artefact archéologique qui préserve le passé au détriment de l’avenir. Les organisations qui l’adoptent comme norme parient ‒ ou peut-être espèrent-elles simplement ‒ que la feuille de route de Microsoft, la tarification de Microsoft et les choix de plateformes de Microsoft resteront inchangés indéfiniment.

C’est un risque qu’aucun gouvernement, aucune entreprise ni aucune institution ‒ ni d’ailleurs aucun individu soucieux de l’intégrité à long terme de ses données ‒ ne devrait se sentir à l’aise de prendre.

Le problème avec les « alternatives » c’est qu’elles ne sont pas vraiment alternatives

L’OOXML ‒verrouillé par conception comporte une deuxième dimension, plus subtile‒ et bien plus dangereuse pour les utilisateurs et les utilisatrices ‒, qui mérite d’être expliquée : le rôle des logiciels qui se présentent comme une alternative à Microsoft Office, mais qui utilisent OOXML comme format natif par défaut.

C’est un choix technique biaisé. Il s’agit là d’un choix technique partial. Lorsqu’une suite bureautique, qu’elle soit propriétaire ou « nominalement » open source, définit OOXML comme format par défaut pour les documents, elle n’offre pas de moyen de sortir de l’écosystème Microsoft, mais le renforce en réalité. Chaque fichier OOXML créé par une application non-Microsoft est un fichier qui valide OOXML en tant que norme, ce qui alimente le discours de Microsoft sur l’interopérabilité et rend la migration hors de la collection de formats Microsoft légèrement plus difficile.

Les alternatives réelles ‒ les applications qui prennent au sérieux l’interopérabilité et les normes ouvertes ‒ utilisent ODF par défaut et traitent OOXML comme une couche de compatibilité pour l’importation/exportation, et non comme un format natif. La distinction est importante : c’est la différence entre soutenir l’écosystème des formats ouverts et confier sa stratégie de format à l’architecture héritée de Microsoft, tout en parlant d’ouverture.

L’Allemagne a fait son choix

Le mandat allemand sur le Deutschland-Stack est le signal le plus clair de ces derniers temps quant à la direction prise par la politique européenne. En rendant l’ODF obligatoire à tous les niveaux fédéral, régional et municipal, l’Allemagne a institutionnalisé ce que les défenseurs de cette cause réclamaient depuis au moins vingt ans : que les normes ouvertes soient des pré-requis pour une souveraineté numérique, et non une simple option.

Cette obligation n’est pas contre Microsoft mais en faveur de la souveraineté, parce qu’elle affirme que les documents administratifs appartiennent à l’État, et non à un seul fournisseur. Les données des citoyens doivent rester lisibles à jamais et ne peuvent en aucun cas être soumises à une licence logicielle. Par conséquent, le format de document doit permettre aux administrations publiques de faire un choix indépendant et de migrer sans que le format lui-même ne constitue un obstacle.

La voie est claire

L’ODF est le format de la souveraineté numérique et d’une infrastructure publique ouverte, transparente et interopérable. Il a été conçu pour un avenir où aucun fournisseur unique ne pourra contrôler le niveau documentaire de la civilisation.

OOXML est un format étroitement lié à l’histoire de l’entreprise Microsoft, traduit en XML et ratifié au milieu de la controverse. Il a été conçu pour garantir que l’avenir reste compatible avec le passé de Microsoft, ce qui réduit considérablement la liberté de choix des gouvernements, des organisations, des entreprises et des particuliers et qui limite leur contrôle sur leurs documents.

Quelques notes de la traductrice

Quand Italo Vignali dit que le format :

ODF est basé sur un schéma XML épuré facile à lire même pour les personnes non initiées à la technique

Il a tout à fait raison. Les spécifications sont plutôt faciles à comprendre dans l’ensemble et le système de balisage est tout aussi facile à comprendre. Quant à la structure d’un fichier ODF (qui est en fait un fichier compressé) est aussi simple et claire. Et cela même si le fichier XML peut être plutôt difficile à lire selon la complexité du fichier généré.

J’ai traduit « open source » par « logiciel libre » car il m’a semblé que c’était clairement le propos.

Cet article s’inscrit dans toute une série d’articles qu’Italo Vignoli a écrit sur le format ODF (EN), il n’est pas improbable qu’il l’ait écrit (ou, tout au moins, mis en ligne) en réaction à la décision de NextCloud de configurer l’OOXML comme format par défaut de Collabora Online.

L’article d’origine est sous licence CC BY-SA 3.0, qui est une version plus ancienne de celle utilisée par défaut sur LinuxFR.

Et enfin, cette traduction a été assistée par DeepL.

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IA, PDF et souveraineté : comment la nouvelle version d’ONLYOFFICE 9.3 réinvente la productivité sans compromis [Sponso]

25 février 2026 à 15:06

Cet article a été réalisé en collaboration avec ONLYOFFICE

Pas besoin de confier ses données aux géants de la tech pour être productif et efficace : ONLYOFFICE propose des solutions clés en main pour les particuliers, collectivités, associations et entreprises qui souhaitent créer, éditer, réviser ou partager des documents de manière fiable et sécurisée.

Cet article a été réalisé en collaboration avec ONLYOFFICE

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LibreOffice 26.2 : Markdown, accessibilité et plein d’autres nouveautés et améliorations

En février, il y a la corvée commerciale de la Saint-Valentin et les réjouissances intellectuelles consécutives à la sortie d’une nouvelle version de la suite bureautique LibreOffice. C’est, bien évidemment, sur LibreOffice 26.2 que l’on va se pencher. Au menu, du très visible, comme les boites de dialogues, du très attendu comme la prise en compte du Markdown ou du moins visible comme le travail sur l’accessibilité.

Il va de soi que les notes de version sont plus exhaustives et qu’il ne s’agit ici que d’une sélection.

Logo de LibreOffice

Sommaire

Avant de commencer : toutes les captures d’écran ont été faites, volontairement, sur une interface très personnalisée.

L’accessibilité

L’accessibilité de la suite bureautique est un important chantier pour lequel une personne a été recrutée en 2023 (en). Cette version-ci a fait l’objet d’améliorations sensibles. Parallèlement, Sophie Gautier, coordinatrice de The Document Foundation[1] (Foundation coordinator) est en train de monter un groupe de travail qui a pour objectif la publication d’un rapport de conformité en matière d’accessibilité pour répondre à la norme européenne EN 301 549 (en) d’accessiblité numérique. La langue de travail de ce groupe est l’anglais.

Concernant les améliorations de cette version :

  • la boite de dialogue « Vérifier les mises à jour », Aide > Vérifier les mises à jour… est devenue accessible aux lecteurs d’écran ;
  • les fonctions d’accessibilité des aperçus des bordures, onglet « Bordures » des boites de dialogue, ont été revues afin qu’elles ne perturbent plus les dispositifs d’assistance ;
  • sur Linux : la boite de dialogue Outils> Orthographe est annoncée correctement par le lecteur d’écran ;
  • quand on supprimait la sélection accessible, le curseur se déplaçait automatiquement au début du texte, ce comportement perturbant est supprimé ;
  • dans Writer, les fautes d’orthographe ne sont plus signalées par les dispositifs d’assistance si la vérification orthographique n’est pas activée ;
  • l’accessibilité au clavier de la boite de dialogue des extensions : Outils >  Extensions est accessible aux lecteurs d’écran ;
  • et enfin, il est possible de naviguer entre les onglets verticaux avec des raccourcis clavier.

Support du Markdown

Le Markdown est devenu le format de balisage léger standard « de fait ». Et c’est celui supporté par LinuxFR. Son support a été introduit dans cette version, c’est un des formats d’enregistrement qui s’est ajouté à la série des autres formats de la suite, pas un format d’export. Pour l’utiliser pour vos sites, passant pour LinuxFR, vous devrez :

  • soit ouvrir le fichier .md dans un éditeur de texte, n’importe lequel, même Mousepad fait l’affaire par exemple, et copier-coller ensuite le tout à partir de l’éditeur de texte là où vous le voulez ;
  • soit, si cela est possible, importer le fichier .md dans ce qui vous sert pour gérer le site comme le fait par exemple l’extension ODT2SPIP pour le système de gestion de contenu SPIP qui permet de créer une nouvelle page dans SPIP avec un fichier.ODT.

Comment ça marche avec LinuxFR ? Plutôt bien. Les styles de caractère Accentuation (ici en italiques) et Accentuation forte (ici gras) sont bien reconnu ainsi que Texte source pour « téléptype », les indications in-texte encadrées de l’accent grave U+0060. Les styles de paragraphes :

  • Bloc de citation (paragraphes de citation précédés d’une ligne blanche et du signe « > » dans la saisie de contenu sur LinuxFR) ;
  • Contenu de tableau ;
  • Corps de texte ;
  • Liste, par contre la numérotation des listes ordonnée ne semble pas bien fonctionner, il faut saisir les numéros à la main ;
  • Texte préformaté pour écrire des blocs de code ;
  • Titre 1, Titre 2, Titre 3 et Titre de tableau.

Les tableaux sont bien repris ainsi que les liens insérés via l’insertion d’hyperliens.

Ce qui ne semble pas fonctionner du tout : ce sont les notes, elles disparaissent corps et âmes. C’est peut-être dû au passage dans l’éditeur de texte qui transforme un peu le document. Et, évidemment, il faut rajouter les images avec la syntaxe LinuxFR.

Petite remarque, si vous utilisez un LibreOffice 25.8, vous avez peut-être pu constater qu’il était question d’enregistrement au format .md, cette information a été ajoutée trop précocement car la version 25.8 ne gère pas le Markdown.

L’interface et les boites de dialogue

Les boites de dialogue, notamment de styles et de formats, ont beaucoup changé. Longtemps elles se sont affichées avec une présentation par onglets en haut et le contenu dessous.

Puis il y a une période de transition en 2025 qui a fait grincer une collection complète de dents où on avait, selon l’endroit où on était, soit des onglets soit une navigation par menu latéral. Cette dernière avait un gros défaut : par exemple pour la configuration des styles dans Writer il fallait descendre tout en bas pour accéder aux options qui étaient cachées. Et il n’y avait pas de barre de défilement pour aller plus vite.

LibreOffice 26.2 voit ces défauts corrigés : les boites de dialogue sont harmonisées dans toute la suite et leur menu latéral, toujours sans barre de défilement qui s’avère finalement inutile, montre clairement tous les types de paramètres auxquels on peut accéder. Et, comme on peut le voir, LibreOffice a intégré une meilleure prise en charge des systèmes d’écritures asiatiques et complexes en affichant deux colonnes, une pour les polices occidentales, ou pour les polices asiatiques ou complexes. Une personne a également été recrutée en 2023 (en) pour travailler sur le support des systèmes d’écriture de droite à gauche (RTL) et complexes (CTL).

Boite de dialogue Style de paragraphe avec la navigation par onglets à gauche, puis les deux colonnes de choix de police, occidental ou asiatique ou complexe

Si toutefois, vous préférez revenir à l’affichage avec les onglets, il suffit d’aller dans le menu Outils > Options > Apparenceau niveau de « Boites de dialogue » et cocher l’option Horizontal en haut.

Choix de la position des onglets des boites de dialogue, LibreOffice 26.2

Il faut savoir que les onglets en haut ne s’affichent que sur une seule ligne et qu’il faudra donc naviguer avec les flèches quand il y a de nombreuses options.

Boite de dialogue avec les onglets en haut

Writer

Il y a un certain nombre d’amélioration autour de la compatibilité avec le format DOCX : séparation de tableaux flottants en plusieurs tableaux, suppression de la numérotation des notes de bas de page à l’ouverture d’un fichier DOCX, etc.

On relèvera deux nouvelles options d’alignement des paragraphes : « Début » et « Fin ». Si vous utilisez l’alphabet latin, vous ne verrez aucune différence avec les deux options « Forcer à gauche/en haut » et « Forcer à droite/en bas ». Elles ont été développées pour réutiliser plus facilement les styles entre les divers systèmes d’écriture.

Comparaison des nouveaux types d’alignement de LibreOffice 26.2

Pour continuer sur la lancée du travail pour la prise en compte des systèmes d’écriture dont le fonctionnement est différent de celui de l’alphabet latin, il est possible de changer la direction du texte : de gauche à droite ou de droite à gauche en cours de travail. Cela peut se paramétrer dans les styles.

Définition de la direction du texte dans le style de paragraphe

Calc

Un gros travail sur les performances a été fait : vitesse de défilement, rapidité des classeurs avec de nombreuses formes et du rejet des modifications. On voit apparaître de nouvelles options de tri (Données >Trier) qui dépendent de la « locale » (langue définie dans les Options de LibreOffice). On peut ainsi déterminer quel caractère est utilisé comme séparateur de décimal pour le tri naturel.

Les nouvelles options de tri de Calc 26.2

On peut relever aussi une avancée ergonomique qui va plaire à toutes celles et ceux qui utilisent les matrices, on peut maintenant modifier les formules matricielles avec la combinaison de touches : F2 + ↑ Maj + Ctrl + Entrée, il n’est plus nécessaire de modifier la formule elle-même.

Et aussi : si vous utilisez (pourquoi diable ?) le format d’enregistrement XLSX, c’est le format EXCEL2010+1 qui est le format par défaut, il change de nom pour devenir « Classeur Excel 2010-365 ».

En vrac

Base est devenu complètement multi-utilisateur, TDF a, d’ailleurs, recruté une personne pour travailler sur l’application.

Concernant les diagrammes (ou chart) : dans le Volet latéral, quand le graphique est en mode modification et que l’on va, au niveau de « Couleurs », sur la palette, on a une prévisualisation en direct dans le diagramme ce qui permet de tester le choix de couleurs plus facilement.

Les polices embarquées dont la licence ne permettait pas l’édition étaient jusqu’à présent ignorées et remplacées à l’affichage, ni vu, ni connu par une fonte de substitution. Ce défaut a été corrigé.

L’export PDF gère les liens avec les documents externes : Fichier \> Exporter au format PDF \> Liens.

Export PDF de LibreOffice 26.2 et suppression des liens entre documents

Les dictionnaires hongrois, mongol et portugais du Portugal ont été mis à jour ainsi que les règles de césure de la langue hongroise.

JSON, pour JavaScript Object Notation, est un format standard utilisé pour représenter des données structurées. Il est utilisé notamment pour échanger les informations entre un navigateur et un serveur. C’est, par exemple, le format de sauvegarde des marques-pages de Firefox ou de certains fichiers d’archives de Mastodon. Les documents XML et JSON génériques avec des plages pouvant être liées sont maintenant automatiquement mappés à des feuilles dans Calc. Une plage pouvant être liée est une section d’un document contenant des enregistrements tabulaires. Lorsqu’un document contient plusieurs plages pouvant être liées, chaque plage est mappée à une seule feuille[3].

Et si vous avez envie de vous amuser avec les fonctions expérimentales (à activer dansOutils > Options > LibreOffice > Avancé), vous pouvez jouer avec la nouvelle de boite de dialogue « Gestion des macros ».

Pour finir

Cette dépêche a, bien, évidemment, été rédigée avec LibreOffice et, cette fois-ci dans un fichier enregistré en Markdown. Les seules balises que j’ai dû entrer à la main sont celles des images. Kate a l’air de modifier le fichier et, quand je réouvre le .md dans LibreOffice, il y a des styles qui ont sauté mais la mise en forme reste visuellement la même. Kate rajoute aussi des barres obliques devant les « > », aux crochets [ ] et même à certains hyperliens (images). Il y a peut-être des éditeurs de texte plus adaptés ou des réglages à faire.

J’ai rédigé cette dépêche en même temps qu’un article sur LibreOffice 26.2 pour mon site. Si l’article n’est pas vraiment dupliqué, il n’est pas étonnant d’y trouver des morceaux ici.

Que tout cela ne nous empêche d’adresser tous nos remerciements à celles et ceux qui font de LibreOffice une suite bureautique si agréable à utiliser et si performante.

Post-scriptum : si vous voulez savoir comment modifier les couleurs de l’interface comme sur les captures d’écran, ça peut s’envisager, demandez gentiment, avec un peu de chance.


  1. Il y a deux formats OOXML différents et donc deux formats XLSX différents, la version 2007 et la version actuelle depuis 2010. S’il vous est vraiment nécessaire d’enregistrer au format XLSX, il faut utiliser la version de 2010. 

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