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6 Heures de Barcelone – WEC : les infos de l’avant-course, Genesis en pole

17 octobre 2026 à 18:27

Déjà dans l’histoire de l’endurance. Avant même le départ, les 6 Heures de Barcelone, avant-dernière manche du Championnat du monde d’endurance 2026 (WEC), proposent déjà de l’inédit. 

Genesis en pole

La Genesis n°17 s’envolera, dimanche midi, depuis la pole position sur le circuit de Montmeló. C’est une première pour la marque, qui a débuté dans la catégorie en avril dernier. 

« Je suis vraiment heureux, a déclaré le patron de l’équipe Genesis Magma Racing, Cyril Abiteboul. Dans le sport, il n’y a pas de meilleure façon de montrer la quantité et la qualité du travail accompli que d’obtenir un bon résultat. Nous avons fait des déclarations, nous avons dit que la voiture était bonne, que les pilotes étaient très compétents et que l’équipe trouvait sa cohésion. Mais le dire est une chose. Le montrer dans une séance en est une autre ». 

Cette première pole position, réalisée aux 6 Heures de Barcelone, est aussi le résultat d’un tour remarquable bouclé dans la séance Hyperpole par le jeune Français Mathys Jaubert. Son 1’30’’166 était 170 millièmes de seconde plus rapide que la Toyota n°8 de Ryo Hirakawa, leader du championnat. 

« La voiture était parfaitement dans sa fenêtre de performance, expliquait le pilote de 21 ans quelques minutes après sa première pole position à l’échelon mondial. Nous avons changé quelques stratégies entre la séance de qualification et l’Hyperpole ce qui nous a fait faire un pas en avant. Après, il s’agissait de mettre tous les ingrédients ensemble ». 

Genesis : à l’aise dans le rapide

Lors des essais libres, les Genesis semblaient déjà particulièrement en forme. Pilote de la Genesis n°19, Paul-Loup Chatin explique : « C’était clair dès notre première sortie en piste avec cette voiture : nous avons un bon potentiel dans les virages à grande vitesse. Et bien sûr, le tracé va dans ce sens, d’autant plus maintenant que le dernier secteur a retrouvé son tracé d’origine ». 

Pour ces 6 Heures de Barcelone, les organisateurs ont choisi d’escamoter l’odieuse chicane, rendant la dernière partie du tracé plus fluide… Une bonne nouvelle pour la voiture coréenne au moment où Genesis entend transformer ses bons fondamentaux en résultats. Pour l’heure, et malgré de belles performances, les équipages n’ont rapporté que dix points au championnat. Le meilleur résultat à ce jour est une 7e place à Austin (Etats-Unis).

« Nous n’avons pas su traduire notre rythme en résultats concrets, en particulier avec la voiture n°19, analyse Mathieu Jaminet, l’un de ses pilotes. Les deux dernières courses, à Fuji et à Austin, en sont le meilleur exemple. Nous avions le rythme pour figurer sans aucun doute dans le top 7 ou 8, et même plus haut dans le classement. Et pourtant, nous n’avons toujours aucun point à notre actif ». 

Cette deuxième Genesis s’élancera en troisième position, malgré une petite alerte technique dans la séance Hyperpole. Le résultat d’ensemble du constructeur impressionne. Reste à confirmer en course. 

Toyota pour le titre

La marque nipponne peut décrocher la couronne constructeurs ce dimanche. Mais Toyota aura besoin d’un bon résultat d’ensemble : « Ça ne sera pas facile. Les cartes ne sont pas seulement dans nos mains, parce que ça dépend aussi de celui de nos concurrents, admet David Floury, directeur technique de Toyota Racing. L’objectif, c’est de se focaliser, comme on l’a fait cette année. Je pense qu’on a une bonne dynamique ». 

Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa l’avaient emporté lors de la dernière manche à Fuji (Japon) aux commandes de la n°8. Le trio compte 10 points d’avance sur l’équipage de la Toyota n°7 (Conway, Kobayashi, de Vries) au championnat pilotes. Là aussi, le couronne peut être attribuée ce week-end en cas de résultat favorable.

Photo : DPPI / WEC

BMW dans le dur

Si l’Hélice est encore dans la course au titre à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone, les dernières sorties ont été décevantes. Tout comme les qualifications. Les deux voitures ont été éliminées dès la première partie, ratant la séance Hyperpole. Elles prendront le départ aux 14e et 16e places. 

Le tracé catalan ne correspond pas aux caractéristiques de la M Hybrid V8, nous confirme René Rast, pilote de la n°20, actuellement troisième au championnat avec son partenaire Robin Frijns. 

« De manière générale, il semble que nous soyons un peu plus en difficulté cette année sur les circuits qui comportent beaucoup de virages », constate l’Allemand, vainqueur à Spa et deuxième au Mans. Il est vrai que Montmeló est nettement plus sinueux. Et son asphalte est plus ancien, limitant l’adhérence et épuisant les pneumatiques. BMW devra être créatif pour conserver ses chances. 

Alpine : exit l’option Geely

Le programme Alpine prendra fin après la finale de Monza (Italie), début novembre. Et le constructeur chinois Geely, longtemps pressenti pour reprendre l’effort, n’a finalement pas signé. 

Philippe Sinault, patron de l’équipe, l’a confirmé à nos confrères de L’Equipe : « C’était du sérieux, on a discuté très longtemps, il y avait un réel intérêt de leur part. Mais ça ne se fera pas, et ce n’est pas une bonne nouvelle ». 

La structure Signatech, chargée depuis trois saisons de l’exploitation des Alpine Hypercar, cherche désormais des alternatives. Des contacts sont en cours mais à un niveau moins avancé que le dossier Geely. Le temps presse : les engagements sont bouclés en novembre. « Je me dois d’être optimiste », assure Philippe Sinault. 

Pilote de l’Alpine n°35, Charles Milesi abonde : « Dans l’équipe, ce n’était le choix de personne d’arrêter. C’est pour ça qu’on est tous soudés. Pour le moment, ça s’est plutôt bien passé, même si on aurait pu optimiser un peu plus les résultats ici et là ». 

Les Alpine partiront des 4e et 7e places dimanche midi. 

Photo : DPPI / WEC

Alors, ces 6 Heures de Barcelone ? 

Le tracé catalan est arrivé cet été au calendrier après les annulations des manches au Qatar et à Bahreïn. C’est une première en WEC pour ce circuit. 

Si la grande tribune face aux stands sonnait un peu creux vendredi, elle était nettement plus garnie samedi. L’un des pilotes les plus encouragés est Miguel Molina, vainqueur des 24 Heures du Mans 2024. Il est aussi natif de Gérone, à 50 minutes du circuit. 

« Je pense que ça va être un beau week-end, s’enthousiasme le Ferrariste. Je suis très attaché à ce circuit depuis longtemps, j’ai beaucoup roulé au début de ma carrière de pilote. Donc, arriver ici en tant que pilote officiel Ferrari, en lutte pour la victoire, c’est le moment fort de ma carrière ». 

Parmi les régionaux engagés dans la catégorie Hypercar, on relève aussi Alex Riberas (Aston Martin) et Daniel Juncadella (Genesis). 

Les organisateurs attendent environ 20 000 spectateurs ce week-end. Pas mal, quand on sait que l’évènement n’a été officiellement programmé qu’à la fin de mois de juillet. Et que la météo n’est pas très encourageante (on en reparle plus loin). 

Dur avec les pneus

Le tracé de Barcelone est particulièrement retors avec les pneumatiques. « Sur un tiers de la piste, soit près d’un kilomètre et demi, le pneu est soumis à plus de 2 G d’efforts latéraux », nous décrypte Pierre Alves, directeur des opérations endurance chez Michelin. 

« C’est le circuit le plus énergétique du championnat. A Spa, le pneu a le temps de respirer un peu en ligne droite. Ici, ça n’arrête jamais ». L’enjeu sera donc de préserver les gommes pour effectuer deux relais avec le même train. Les pilotes doivent donc surveiller la température interne du pneu, affichée sur le volant. Ou encore limiter au maximum les dérives. 

A moins que… 

Et la pluie s’invite aux 6 Heures de Barcelone…

L’agence météo espagnole est très pessimiste pour ce dimanche. L’Aemet a même diffusé une alerte orange pour pluies abondantes sur le littoral catalan. Dans le paddock, tous les téléphones portables ont sonné avec un message appelant à la prudence, samedi en début d’après-midi, alors que le ciel était encore dégagé.

Une course humide à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone constituerait un saut dans l’inconnu pour les équipes. D’autant qu’elles découvrent ici pour la première fois le nouveau pneumatique pluie proposé par Michelin. 

Stratégies alternatives

Cette saison, on a vu beaucoup d’équipes rentrer aux stands plus tôt que prévu pour bénéficier d’une piste claire. L’objectif est de doubler les adversaires au moment où ils doivent s’arrêter à leur tour. 

C’est ainsi que la BMW n°15 s’était extraite du peloton à Spa-Francorchamps pour l’emporter. Ou comment les deux voitures de l’écurie Toyota sont revenues dans le groupe de tête aux 24 Heures du Mans, après des qualifications décevantes. 

« Si la piste reste sèche, on verra ce week-end de nombreuses stratégies pour bénéficier d’une piste dégagée », prévoit René Rast. Il a l’oeil de l’expert. Il était l’un des trois pilotes victorieux en Belgique grâce à cette astuce. 

Charles Milesi (Alpine) explique : « La différence de rythme est énorme, surtout quand on est en pack ou dans le trafic. Parfois, l’écart peut être entre une seconde et demie et trois secondes par tour ». 

Ferrari l’a bien remarqué aussi : « C’est quelque chose qui prend de plus en plus d’importance en WEC, admet Mauro Barbieri, responsable de la performance et des simulations au sein de l’équipe transalpine. 

« C’est un aspect sur lequel nous nous concentrons généralement lors de nos réunions stratégiques d’avant-course, puis que nous surveillons de près pendant la course elle-même. Cela peut être déterminant ». 

McLaren suit le plan

James Barclay, chef d’orchestre du programme McLaren en Hypercar, a fait part de son optimisme à cinq mois des débuts en compétition de la MCL-HY. 

« Depuis le premier roulage à Varano en mai, nous avons effectué six séances de tests, si l’on exclut certains extras comme des essais aérodynamiques en ligne droite. Cela a été un processus vraiment positif, non seulement en termes de validation, mais aussi pour commencer par rendre la voiture opérationnelle et tester la durée de vie des pièces, ce que nous continuons d’ailleurs à faire. »

« Nous avons évidemment encore du chemin à parcourir jusqu’au début de l’année prochaine, mais une étape importante approche également avec l’homologation ». 

Celle-ci aura lieu d’ici la fin de l’année calendaire. Et il ne faudra pas se rater : la voiture sera en effet gelée dans cette configuration pour plusieurs saisons. 

La première campagne de McLaren l’an prochain sera-t-elle aussi encourageante que celle de Genesis cette année ? 

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6 Heures de Fuji : Alpine était si près…

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WEC : la FIA envisage-t-elle de se passer de l’ACO et des 24 Heures du Mans pour 2027 ?

18 septembre 2026 à 07:46

La FIA et l’ACO restent sans accord pour la WEC 2027. Un autre promoteur pourrait être choisi pour organiser le championnat à l’avenir.
Cela jette une zone d’ombre sur l’intégration des 24 Heures du Mans au calendrier FIA WEC 2027. Mais qui voudra d’un championnat sans ce monument du sport automobile d’endurance ?

Les contrats entre la FIA et l’ACO auraient expiré en juin

C’est le média allemand Auto Motor und Sport qui sort l’information. Le désaccord entre la FIA et l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) porte notamment sur les nouveaux contrats encadrant leur collaboration. Ceux-ci ont en effet expiré en juin 2026 et le renouvellement achope.

Le premier contrat confie à Le Mans Endurance Mangement (LMEM), une filiale de l’ACO, l’organisation du championnat du monde d’endurance. Le second prévoit que les 24 Heures de Le Mans figurent au calendrier de la WEC.

Ces accords définissent également plusieurs éléments de leur coopération, dont les contributions financières versées à la FIA pour les titres mondiaux, les droits de participation aux décisions, ainsi que les responsabilités de chaque partie.

La FIA réclamerait davantage de moyens et de pouvoir

Réélu – sans concurrence – en décembre 2025, le président de la FIA Mohammed ben Sulayem avait engagé une renégociation des contrats liés aux différents championnats du monde automobiles.

Selon des sources internes citées dans le communiqué, la FIA souhaite notamment obtenir davantage de moyens financiers, de pouvoir et de participation aux décisions techniques. Elle demande également une visibilité accrue sur les circuits.

Des accords récents ont déjà été conclus avec les promoteurs de la Formule 1 et de la Formule E, ainsi que dans le cadre de la commercialisation du championnat du monde des rallyes. La WEC reste, selon le communiqué, le dernier dossier non réglé. Il faut dire que la FIA semble gourmande sur le montant et surtout désireuse d’évincer l’Automobile Club de l’Ouest qui a la main mise sur le règlement et les 24 Heures du Mans.

Un changement de promoteur à l’étude ?

Les négociations avec l’ACO n’ayant pas abouti, la FIA étudierait désormais la possibilité de confier l’organisation de la WEC à un autre promoteur.

Une procédure d’appel d’offres publique pourrait même être lancée pour désigner cet éventuel nouveau promoteur. Une façon de mettre la pression sur l’ACO et Pierre Fillon ? Ouh là ! La pression n’est peut-être pas dans ce camp.

Quel avenir pour les 24 Heures de Le Mans ?

Si la FIA et l’ACO se séparaient, les 24 Heures de Le Mans pourraient ne plus faire partie du championnat du monde d’endurance.

Auto Motor und Sport évoque également des conséquences possibles sur les décisions concernant le règlement technique de la catégorie Hypercar à partir de 2030. Ces choix sont actuellement liés à l’ACO et à son partenaire américain IMSA.

La coopération entre l’ACO, la FIA et l’IMSA pourrait elle aussi être affectée par une rupture entre les deux premières organisations. En gros, scission pure et simple, ou accord boiteux.

Qui voudra d’un championnat sans les 24 Heures du Mans ?

Pour le moment, ce sont des rumeurs, mais le média est souvent assez bien informé. Si le clash devait aller au bout, ce ne serait pas une première. En 1990, l’ACO entre en bras de fer avec Jean-Marie Balestre alors « triple-président » (FIA, FISA et FFSA). Balestre veut (déjà) que l’ACO paie beaucoup plus pour que les 24 Heures du Mans soient au calendrier du Championnat du Monde des Voitures de Sport (WSC).

Pour contraindre l’ACO, la FIA refuse d’homologuer tout circuit ayant une ligne droite de plus de 2 km. Les Hunaudières, symbole du grand circuit du Mans doivent être coupées. Ce sera la création des chicanes et la fin des 400 km/h de pointe. L’édition 1990 est hors championnat.

Mais, le temps a changé. Désormais, le WEC dépend totalement des 24 Heures du Mans. Aucun constructeur ne s’engagerait à plusieurs dizaines de millions d’euros de budget si c’est pour que les 24 Heures ne soient pas au calendrier.

Et si le règlement interdit les voitures du WEC de s’aligner, ou alors avec une pénalité « subtile », il n’y aura aucun intérêt à y aller. Sauf que les 24 Heures existeront toujours, avec ou sans le WEC ! « MBS » veut jouer, mais il n’est pas certain qu’il ait toutes les cartes en main cette fois-ci.

Un peu de dystopie : ACO contre WEC

Imaginons que la FIA (enfin son Président) s’entête et qu’il y a scission avec l’ACO. Rien n’empêcherait les 24 Heures du Mans de se tenir, hors FIA (la rancune…). Et rien n’empêcherait l’ACO d’organiser un mini-championnat en prenant quelques circuits mythiques prêts à affronter l’ire de MBS. Le Mans, Le Castellet, Spa-Francorchamps, Monza et pourquoi pas une virée Outra-Atlantique avec l’IMSA ?

Ironiquement, après le bras de fer FISA-ACO, le WSC a sombré. Devenus trop puissants, les moteurs pouvaient aller briller en Formule 1, plus attractive. Un désengagement qui a sonné le glas du WSC. Le titre de « World Sportscar » est alors récupéré par…l’IMSA (International Motor Sports Association). Bis repetita avec la querelle WEC ACO ?

A trop vouloir être omni-président, le Président de la FIA pourrait bien se brûler les ailes.

Mise à jour : La FIA n’a pas tardé à réagir et confirme qu’un accord est déjà là pour 2027, ce que l’ACO avait annoncé à Ouest-France. Cependant, rien n’est dit sur l’après 2027.

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