Evénement incontournable, le Tour Auto s’élance depuis 35 ans sur les routes de France. A l’image de son alter ego sur 2 roues, il parcours l’hexagone en s’éloignant des grands axes. C’est peut-être sa plus grand force.
A l’heure ou la métropolisation fait rage, le Tour Auto est un paradoxe. Hautement médiatisé et visible, il tire sa force de sa présence sur les départementales et dans les villages de l’hexagone. En traversant des lieux chargés d’histoire, il amène un patrimoine vivant éclairer des lieux souvent loin des projecteurs. Alors oui bien sur il y a la compétition. Mais les enjeux n’ont rien de comparable avec ceux du championnat du monde des rallyes. Le ticket d’entrée plutôt élevé ne freine en rien le succès du Tour Auto. Près de 300 véhicules s’inscrivent chaque année. Paradoxalement, il fédère plus largement que les épreuves modernes. Certains s’emerveillent devant une Bugatti 57 ou une Alfa 33. D’autres sont ravi de croiser les célébrités qui participent à la manifestation. Enfin beaucoup se régalent en suivant cette caravane ou en la croisant sur des routes mythiques.
Escapade pyrénéene
Si nous avons pu prendre part au Tour Auto de nombreuses fois, c’est au pied des Pyrénées que nous l’avons suivi cette année. Cols de première catégorie et villes d’eaux sont au programme des deux étapes reliant Toulouse à Biarritz via Pau. Sur des routes au gabarit limitées, MGA ou BMW 2002 sont bien plus à l’aise que les SUV d’assistance ou les Ferrari modernes des VIP. Si les circuits comme Albi ou Nogaro sont des grands classiques, les organisateurs réussissent l’exploit chaque année. de renouveler le genre sans le dénaturer. Le Tour Auto historique a trouvé ses marques, tout autant que l’épreuve originelle. Rendez vous ce soir à Biarritz et en avril 2027 pour la prochaine édition
Le constructeur français a bâti sa réputation sur l’alliance entre performance extrême et luxe ostentatoire. Pourtant, le concept Type Sigma d’Edouard Suzeau bouleverse cette approche en proposant une vision radicalement différente : celle d’une Bugatti dépouillée de tout artifice, où la sculpture prime sur la surenchère visuelle. Cette approche minimaliste puise ses racines dans l’héritage de la Type 57SC Atlantic des années 1930, tout en questionnant l’avenir esthétique de la marque de Molsheim.
L’héritage de l’Atlantic revisité par la modernité
La Type 57SC Atlantic des années 1930 demeure l’une des créations les plus emblématiques de Bugatti, non seulement pour sa rareté mais surtout pour sa technique de construction révolutionnaire. La carrosserie en aluminium assemblée par rivetage créait cette nervure centrale caractéristique qui courait du capot à la poupe, transformant une nécessité technique en signature esthétique intemporelle. Cette approche où la fonction génère la beauté a marqué l’histoire de l’automobile et continue d’inspirer les designers près d’un siècle plus tard.
« Où l’Atlantic célébrait sa méthode de construction, la Type Sigma dissimule chaque couture, chaque joint de panneau, chaque indice de la façon dont elle pourrait réellement être construite. » – Edouard Suzeau, designer
Le concept Type Sigma s’inscrit dans cette filiation tout en inversant complètement la philosophie. Là où l’Atlantic assumait et sublimait ses contraintes techniques, le concept de Suzeau efface toute trace de fabrication. La carrosserie semble coulée d’une pièce, comme un drapé de tissu tendu sur une armature invisible. Cette finition gris mat, délibérément dépouillée, force le regard à se concentrer sur les proportions et la gestuelle plutôt que sur les détails et les ornements. L’exercice révèle toute la complexité du design contemporain : savoir résister à la tentation du détail pour privilégier l’essentiel.
Une identité Bugatti réinventée sans perdre son âme
Malgré sa radicalité esthétique, la Type Sigma conserve l’ADN génétique de Bugatti tout en le traduisant à travers un filtre contemporain. La calandre en fer à cheval, signature absolue de la marque depuis 1910, s’intègre verticalement dans le museau sans pour autant dominer la composition. Cette intégration subtile témoigne d’une maturité stylistique rare, où l’identité de marque s’exprime par la retenue plutôt que par l’ostentation.
Le pilier en forme de C, autre marqueur historique de Bugatti, ne se contente plus d’être un élément graphique appliqué sur la carrosserie. Il devient une surface fluide qui accompagne le passage de l’habitacle vers l’arrière, créant une continuité sculpturale inédite. Cette évolution du langage stylistique démontre comment les codes historiques peuvent être préservés tout en évoluant vers une expression plus contemporaine.
Le capot allongé et la ligne de toit fastback rappellent les grands routiers qu’Ettore Bugatti concevait pour avaler les continents, des automobiles qui privilégiaient l’élégance et le confort aux côtés de la vitesse pure. Cette filiation avec les GT historiques positionne clairement la Type Sigma dans une tradition différente de celle des hypercars contemporaines, marquant un retour aux sources philosophiques de la marque.
Le parti pris radical du monochrome mat
Le choix de la finition gris mat constitue une rupture majeure dans l’univers esthétique de Bugatti. La marque s’est historiquement appuyée sur les finitions brillantes, particulièrement le bleu et le noir emblématiques, pour créer des jeux de reflets dramatiques. Cette approche traditionnelle fragmente visuellement la carrosserie en facettes géométriques, créant une lecture complexe et dynamique des volumes.
La Type Sigma abandonne cette stratégie au profit d’une approche diamétralement opposée. Le gris mat permet à la lumière de s’étaler et de glisser comme du mercure sur le verre, créant des gradients doux qui épousent et révèlent la forme sous-jacente. Cette technique transforme l’automobile en une masse sculpturale unique plutôt qu’en un assemblage de panneaux distincts. Le résultat produit une lecture immédiate et fluide de l’objet, où chaque courbe et chaque tension devient perceptible.
L’abandon du traitement bi-ton, devenu signature des Bugatti récentes, amplifie cette recherche de pureté. Les modèles contemporains utilisent les contrastes de matériaux pour créer un drame visuel, divisant la carrosserie en sections haute et basse ou employant la fibre de carbone apparente pour signifier l’intention performance. La Type Sigma refuse cette facilité, pariant sur la seule force de ses proportions pour porter le discours esthétique.
Des proportions qui redéfinissent l’ADN sportif
Les proportions de la Type Sigma l’ancrent résolument dans le territoire des grands routiers plutôt que dans celui des hypercars à moteur central. Cette architecture rappelle les fondamentaux des Bugatti d’avant-guerre, ces machines conçues pour dévorer les routes européennes avec une élégance souveraine. Le capot s’étire vers l’avant dans la pure tradition des GT à moteur frontal, créant cette prestance musclée qui définissait les icônes d’avant 1939.
L’habitacle, rejeté vers l’arrière de l’empattement, s’accompagne d’une verrière qui se rétrécit progressivement vers l’arrière pour se fondre dans le hayon fastback. Cette ligne de pavillon possède une qualité presque shooting-brake, s’étendant plus loin qu’un coupé traditionnel sans atteindre les proportions d’un break complet. Cette silhouette unique crée une tension visuelle inédite dans le catalogue Bugatti contemporain.
Les roues semblent être des interprétations modernes des motifs à rayons classiques de Bugatti, référençant possiblement les jantes iconiques de la Type 35 mais rendues avec un détail de turbine multi-rayons contemporain. Les passages de roue, musclés mais lisses, se définissent par la courbure des surfaces plutôt que par des lignes de caractère marquées. Cette approche sculpturale plutôt que graphique renforce l’impression d’homogénéité de l’ensemble.
Une intégration technique au service de l’esthétique
Les évents latéraux, positionnés derrière les roues avant, illustrent parfaitement la philosophie d’intégration poussée à l’extrême. Dans cette finition mate, ils deviennent presque invisibles, révélés uniquement par les jeux d’ombres et les transitions de surface plutôt que par des chromes ou des traitements de surface agressifs. Cette discrétion technique au service de la cohérence esthétique démontre une maturité de design remarquable.
Les barres de feux de jour horizontales affleurent la face avant, épurées et minimales, évitant les signatures lumineuses surchargées qui parasitent la plupart des concepts contemporains. Cette retenue dans le traitement des éléments fonctionnels permet de préserver la pureté de l’ensemble sans sacrifier l’efficacité technique.
À l’arrière, une signature lumineuse pleine largeur traverse la poupe, intégrant probablement le script Bugatti ou le logo EB dans le graphisme illuminé. Sous cette signature, le diffuseur affiche un caractère affirmé mais parfaitement intégré, ses ailettes et canaux sculptés dans la carrosserie inférieure plutôt qu’ajoutés comme des éléments aérodynamiques rapportés. Cette approche holistique crée une cohérence remarquable entre fonction et forme.
La façon dont le pilier en C se termine au niveau du hayon révèle une attention particulière aux détails. Plutôt que de s’arrêter brutalement ou de nécessiter un point d’orgue visuel, il se fond seamlessly dans la poupe, créant cette fluidité sculpturale qui caractérise l’ensemble du projet. Les lamelles horizontales dans la lunette arrière font écho à la nervure centrale du Chiron mais de façon abstraite, transformée en ventilation fonctionnelle qui maintient la continuité visuelle avec la gamme actuelle tout en poussant l’esthétique vers plus de sobriété.
La viabilité de production n’était manifestement jamais l’objectif de cet exercice. Les rendus de Suzeau présentent une automobile aux lignes de coupe impossibles à usiner, des surfaces vitrées qui ne passeraient jamais les certifications, et des surfaces aérodynamiques qui existent uniquement pour plaire à l’œil plutôt que pour dompter les flux d’air. La Type Sigma évolue dans le même territoire conceptuel que les plus grandes études de style de l’histoire automobile, ces laboratoires d’idées qui façonnent l’avenir esthétique sans contrainte industrielle.
L’univers des supercars de collection vient d’être secoué par une découverte exceptionnelle. Une Bugatti EB110 Super Sport de 1995 a mystérieusement refait surface en 2019 après avoir disparu des radars pendant 24 longues années. Le plus surprenant ? Cette hypercar légendaire affiche seulement 413 miles au compteur, soit environ 665 kilomètres, un kilométrage dérisoire qui défie l’entendement pour un véhicule de cet âge.
Cette réapparition spectaculaire s’apparente à la découverte d’un trésor automobile. La Bugatti EB110, produite entre 1991 et 1995, représente l’une des dernières créations de l’ère Bugatti originelle avant que Volkswagen ne reprenne la marque. Avec seulement 139 exemplaires produits toutes versions confondues, chaque EB110 constitue déjà une pièce de collection extraordinaire. Mais celle-ci transcende toutes les attentes.
Un joyau technologique des années 90 retrouvé intact
La Bugatti EB110 Super Sport représentait le summum de la technologie automobile au milieu des années 90. Développée sous la direction de Romano Artioli, cette hypercar embarquait un moteur V12 de 3,5 litres suralimenté par quatre turbocompresseurs, délivrant une puissance phénoménale de 611 chevaux. Cette configuration technique révolutionnaire permettait à l’EB110 Super Sport d’atteindre une vitesse maximale de 351 km/h, faisant d’elle l’une des voitures les plus rapides de son époque.
Le châssis en fibre de carbone de l’EB110, une innovation pour l’époque, contribuait à maintenir le poids total à seulement 1 618 kilogrammes malgré la transmission intégrale permanente. Cette prouesse technique permettait des performances stupéfiantes : 0 à 100 km/h en 3,2 secondes, des chiffres qui restent impressionnants même selon les standards actuels.
L’exemplaire retrouvé conserve toutes ses spécifications d’origine, y compris son intérieur en cuir de qualité supérieure et ses équipements de série particulièrement luxueux pour l’époque. Les sièges sport, le tableau de bord en fibre de carbone apparent et les finitions artisanales témoignent du savoir-faire italien qui caractérisait la production de Campogalliano.
Un mystère de 24 ans enfin élucidé
L’histoire de cette Bugatti EB110 Super Sport ressemble à un roman d’aventures automobiles. Produite en 1995, soit l’année de la faillite de Bugatti Automobili SpA, cette voiture a mystérieusement disparu de la circulation peu après sa sortie d’usine. Pendant 24 années consécutives, aucune trace de ce véhicule n’a pu être retrouvée dans les registres officiels ou les bases de données spécialisées.
Les circonstances exactes de cette disparition prolongée demeurent floues, mais plusieurs hypothèses circulent parmi les experts. Certains évoquent un stockage dans un garage privé par un collectionneur discret, d’autres suggèrent une acquisition par un investisseur qui aurait choisi de préserver le véhicule comme un placement à long terme. La réalité pourrait être plus prosaïque : un propriétaire passionné mais peu rouleur qui aurait simplement conservé sa Bugatti dans des conditions optimales.
Ce qui frappe les spécialistes, c’est l’état de conservation exceptionnel du véhicule. Après plus de deux décennies, la carrosserie, les éléments mécaniques et l’habitacle présentent un niveau de préservation remarquable. Cette conservation parfaite suggère un stockage dans des conditions contrôlées, à l’abri de l’humidité et des variations de température.
La réapparition en 2019 s’est faite de manière inattendue, probablement suite à une succession ou à la décision du propriétaire de se séparer de sa collection. Les premiers experts qui ont examiné le véhicule ont été stupéfaits par son état, certains déclarant n’avoir jamais vu d’EB110 dans une condition aussi parfaite.
Une opportunité unique sur le marché des enchères
Mecum Auctions, l’une des maisons de ventes aux enchères automobiles les plus prestigieuses au monde, a eu l’honneur de proposer cette pièce d’exception lors de sa vente de mai 2024. Cette sélection par Mecum confirme le statut extraordinaire de cet exemplaire dans l’univers des supercars de collection.
Le marché des Bugatti EB110 a connu une évolution spectaculaire ces dernières années. Si les premiers exemplaires se négociaient autour de 500 000 euros au début des années 2000, les prix ont littéralement explosé avec la renaissance de la marque sous l’égide de Volkswagen. Aujourd’hui, une EB110 en bon état peut facilement dépasser le million d’euros, et les versions Super Sport atteignent régulièrement des sommets entre 1,5 et 2,5 millions d’euros.
Cette appréciation s’explique par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la rareté extrême : avec seulement 31 exemplaires de Super Sport produits, chaque voiture disponible suscite une concurrence féroce entre collectionneurs. Ensuite, la reconnaissance croissante de l’EB110 comme précurseur des hypercars modernes, notamment de la Veyron qui lui succédera une décennie plus tard.
L’exemplaire proposé par Mecum présente des atouts supplémentaires considérables. Son kilométrage exceptionnellement faible le place dans une catégorie à part, même parmi les EB110 les mieux préservées. Les experts estiment qu’il pourrait établir un nouveau record pour le modèle, dépassant potentiellement les 3 millions d’euros compte tenu de son caractère unique.
Les collectionneurs les plus fortunés voient dans cette Bugatti bien plus qu’un simple véhicile de collection. Elle représente un témoin authentique de l’histoire automobile, une capsule temporelle qui a traversé près de trois décennies sans altération. Pour les passionnés de la marque Bugatti, posséder cet exemplaire équivaut à détenir un morceau de l’âme même de la manufacture italienne.
Au-delà de sa valeur financière, cette EB110 Super Sport incarne l’esprit visionnaire des années 90, une époque où les constructeurs repoussaient les limites techniques sans les contraintes réglementaires actuelles. Son moteur suralimenté par les quatre turbocompresseurs de marque Ishikawajima-Harima, sa transmission manuelle et son caractère brut en font un objet de désir ultime pour les puristes de l’automobile.
Cette découverte rappelle que le monde des supercars de collection recèle encore des trésors cachés. Dans des garages privés, des entrepôts oubliés ou des collections secrètes, d’autres merveilles automobiles attendent peut-être leur heure pour refaire surface et éblouir à nouveau les passionnés du monde entier.