Vue normale

Dans le combat contre le cancer, l’IA m’a changé le quotidien !

14 mai 2026 à 15:22

Atteinte de deux cancers, Zohra Bitan explique comment l’IA l’aide au quotidien à comprendre ses symptômes, son traitement, calmer ses angoisses et mieux vivre l’après maladie. Une réflexion sensible sur la place de l’IA dans la vie des patients.

Sur le chemin de la vie, je traverse deux cancers. Comme des millions de gens. Comme beaucoup de patients, j’ai la chance d’être accompagnée par un professeur remarquable, brillant, mais aussi surchargé. La médecine me surveille, me soigne, me suit. Elle me donne les traitements nécessaires, les rendez-vous, les scanners. Et je m’y tiens, comme on s’accroche à une corde solide dans la tempête.

Mais une fois la porte du cabinet refermée, il reste l’autre réalité : le silence, les secousses du corps, les doutes nocturnes, les alarmes intérieures, ces battements secrets qui grondent sous la peau.

Vivre après le cancer, c’est vivre avec des Diablotins. Je les appelle ainsi.

À la moindre secousse, ils surgissent avec leurs gyrophares intérieurs : « Danger ! Il revient ! » Un battement dans la tempe ? Sirène. Un mal de dos ? Gyrophare.

Un chiffre qui bouge sur la balance ? Coup de klaxon. Ce sont mes cicatrices invisibles : digestion capricieuse, douleurs dorsales, selles scrutées comme un oracle, poids qui fluctue. Autant de cavaliers de l’angoisse chevauchant dans l’ombre.

Voilà ce que les médecins voient peu. Car une fois les traitements terminés, la vie continue. Certes. Mais peuplée de fantômes. Le corps parle, le cerveau dramatise. Et aucun docteur n’est là face à chaque micro-signal, à chaque inquiétude de minuit.

Puis, un jour, presque par curiosité, j’ouvre une application d’IA. Au début, j’en reste à des recherches purement techniques : un terme médical, un effet secondaire, une valeur biologique.

Enfin, j’ose aborder des sujets sur lesquels aucun médecin n’aura le temps de m’informer :

  • Est-ce normal de ressentir une certaine sensation après tel repas ?
  • Est-ce qu’un mal de dos peut être dû à une posture ?
  • Pourquoi un symptôme banal devient-il un cyclone dans ma tête ?

Chaque fois, l’IA répond. Jamais elle ne prescrit. Jamais elle ne me dit d’arrêter mes traitements. Elle m’offre ce que nulle consultation ne peut offrir : du temps, de la pédagogie, un miroir devant lequel calmer mes peurs. C’est ainsi que je l’adopte. Non pour remplacer mes médecins. Juste pour respirer entre deux rendez-vous.

L’IA envisagée comme un outil de compréhension, non dans le rôle d’un médecin bis. Aujourd’hui, elle est mon interprète. Un traducteur entre mon corps et mon esprit.

Elle m’explique. Elle recoupe. Elle vulgarise. Elle redonne du rationnel là où mes Diablotins inventent des tragédies. Cela semble peu, mais ça change tout. Parce que comprendre, c’est respirer. Parce que remettre les symptômes à leur juste place, c’est reprendre la main.

Les médecins l’utilisent déjà. Pourquoi pas nous ? Ils s’en servent pour mieux lire certaines imageries, croiser des données, tester des médicaments. Alors pourquoi les patients n’auraient-ils pas, eux aussi, ce droit ?

Non pour se substituer aux médecins. Mais pour se comprendre. Pour prévenir. Pour se calmer. On me dit parfois : « Attention, l’IA peut induire en erreur. » Mais le vrai danger n’est pas l’IA. C’est le mauvais usage que l’on peut en avoir.

Entre un patient qui arrête son traitement sur un forum obscur et un patient qui garde ses rendez-vous, prend ses médicaments et utilise l’IA pour apaiser ses angoisses, il y a un fossé. En vérité, ce n’est pas leur métier que l’IA menace.

C’est l’ancien monde où le savoir médical était confisqué. Aujourd’hui, l’information circule comme l’eau sous une digue fissurée.

Et si elle est bien partagée, l’IA peut rapprocher le patient de son médecin : créer un dialogue plus adulte, plus éclairé, plus autonome. Reconnaître l’IA comme outil de santé du malade devient essentiel. Je ne demande pas qu’on sacralise l’intelligence artificielle. Je souhaite qu’on la reconnaisse comme un outil au service du patient.

L’IA ne soigne pas. Elle éclaire. Elle devient une pédagogie du quotidien, un filet de sérénité entre deux examens, un antidote au vacarme des Diablotins.

Mon expérience en est la preuve vivante. Après deux cancers, je sais une chose : le rire, la connaissance et l’autonomie sont mes meilleures armes. Alors, aux médecins qui craignent de perdre du terrain, je dis juste : écoutez nos voix. Celles des patients qui utilisent l’IA intelligemment.

Vous ne devez pas la considérer comme une menace, mais comme une chance. Car si vous voulez vraiment nous aider à vivre après, il faut entendre ce que l’IA nous apporte.

Force à tous les rescapés.
Et longue vie aux outils qui nous rendent notre sérénité.

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Hantavirus : la ministre de la Santé appelle à l’«infovigilance» face à la désinformation

Face aux fake news circulant sur les réseaux sociaux au sujet de l’hantavirus, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est exprimée au Sénat ce jeudi. Elle a parlé de la création d’un dispositif particulier de lutte contre la désinformation.

© Alice Sacco / REUTERS

La ministre française de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist en mai 2026.

Remèdes, vaccins… Où en est-on pour soigner les personnes contaminées par l’hantavirus ?

13 mai 2026 à 11:02

Alors que les cas positifs d'hantavirus augmentent à travers le monde, la question des traitements pour faire face à cette maladie se pose. Sauf que la recherche médicale piétine sur un virus qui n'a que peu d'occurrences chez les humains et qui demeure encore mal connu.

Remèdes, vaccins… On en est-on pour soigner les personnes contaminées par l’hantavirus ?

13 mai 2026 à 11:02

Alors que les cas positifs d'hantavirus augmentent à travers le monde, la question des traitements pour faire face à cette maladie se pose. Sauf que la recherche médicale piétine sur un virus qui n'a que peu d'occurrences chez les humains et qui demeure encore mal connu.

Peut-on vraiment détecter l’hantavirus avec une application ?

13 mai 2026 à 05:15

La propagation du hantavirus hors de son foyer sur le navire MV Hondius semble motiver la création d'outils de détection pas forcément rigoureux scientifiquement. Il est nécessaire de faire preuve de prudence et de ne pas croire à n'importe quelle solution miracle.

Hantavirus : quels rats peuvent transmettre le virus ?

Les rats pygmées des rizières à longue queue, petits rongeurs sauvages natifs d’Amérique du Sud, sont les principaux réservoirs de cette souche potentiellement mortelle.

© Borja Suarez / REUTERS

Le paquebot MV Hondius, affecté par une épidémie d’hantavirus, quitte le port de Granadilla de Abona, Tenerife, Espagne le 11 mai 2026.

Hantavirus : dix jours après sa mort, le corps de l’Allemande décédée est toujours sur le bateau

Trois personnes, qui se trouvaient à bord du bateau de croisière MV Hondius, sont mortes après avoir été contaminées à l’hantavirus. Le corps de l’une d’elles est toujours sur le navire, qui doit arriver dimanche aux Pays-Bas.

© Borja Suarez / REUTERS

Le MV Hondius, affecté par une épidémie d’hantavirus, quitte le port de Granadilla de Abona, à Tenerife (Espagne), le 11 mai 2026.

Hantavirus : pourquoi l’OMS s’inquiète-t-elle des règles sanitaires aux États-Unis

12 mai 2026 à 09:26

Alors que des passagers américains du navire MV Hondius ont été débarqués aux États-Unis, la prise en charge des autorités sanitaires du pays interroge. Des scientifiques dénoncent un laxisme qui pourrait avoir de grandes conséquences au vu des recommandations de Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Hantavirus : un «cas contact» au CHU de Rennes, le MV Hondius en route vers Rotterdam... Ce qu’il faut savoir ce mardi

LE POINT SUR LA SITUATION - Parmi les 22 Français identifiés comme cas contacts d’hantavirus, un homme a été transféré de Concarneau au CHU de Rennes.

© Borja Suarez / REUTERS

Des personnes en combinaisons de protection se tiennent près du navire de croisière MV Hondius, touché par une épidémie d’hantavirus, au port de Granadilla de Abona, à Tenerife (Espagne), le 11 mai 2026.

Ces sites pour suivre la propagation de l’hantavirus sont-ils fiables ?

11 mai 2026 à 10:19

Alors que le nombre de cas confirmés ou suspectés de contamination à l'hantavirus augmente, des sites de « trackers » apparaissent pour suivre la diffusion du virus à travers le monde. Mais s'ils peuvent être utiles pour visualiser l'évolution, ils restent très incomplets.

Hantavirus : Sébastien Lecornu tiendra une nouvelle réunion ce lundi après-midi

«Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d’un virus que l’on connaît», a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.

© LUDOVIC MARIN / REUTERS

Le premier ministre français Sébastien Lecornu.

Hantavirus : un Américain passager du MV Hondius testé positif

Sur les 17 personnes en cours de rapatriement aux Etats-Unis, «un passager présente actuellement des symptômes légers et un autre a été testé légèrement positif au virus des Andes par PCR», a écrit le ministère sur X.

© Hannah McKay / REUTERS

Un passager américain du bateau de croisière MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus, est instruit par le personnel après être descendu d’un bateau, au port de Granadilla de Abona, à Ténérife, le 10 mai

Covid-long

9 mai 2026 à 09:56
Quelques chiffres du Covid-19:
- 6,8 millions de décès dans le monde.
- 150 000 décès en France.
- DEUX MILLIONS DE PERSONNES EN FRANCE SONT AFFECTÉES PAR UN COVID LONG.
- Les femmes sont deux fois plus affectées que les hommes.

Les facteurs de risques pour le Covid long:
- Les comorbidités antérieures (+++)
- Être une femme (+++)
- Avoir des difficultés sociales, être dans la précarité (++)
- L’hospitalisation (++)
- Avoir des symptômes intenses et/ou nombreux (++)
- Ne pas être vacciné ou être sous-vacciné (++)
- Absence possible de repos (+)
- Pas de prise d’antiviraux à la phase aiguë (+)
- Les réinfections multiples (+)
- Être une personne âgée (+/-)
(Permalink)

Gérer des ailes n’est pas un problème pour notre cerveau, mais ça ne nous fait pas voler pour autant

9 mai 2026 à 08:44

Une équipe chinoise a entraîné 25 volontaires à voler avec des ailes virtuelles. Au bout d'une semaine, leur cerveau a commencé à traiter ces ailes comme s'il s'agissait de bras.

Google mise sur votre santé : les bracelets et les coachs IA vont tout changer

7 mai 2026 à 14:00

Google transforme son application Fitbit en « Google Health », dévoile un coach IA capable d'analyser les données de santé de ses utilisateurs et officialise le Fitbit Air, un bracelet à 99 euros capable de collecter des données continuellement. Le géant du web s'attaque à Whoop et à Bevel avec un écosystème complet : la santé passe à l'ère de l'IA générative.

Hantavirus : les trois cas suspects ont été évacués du navire et débarqués au Cap-Vert

Deux membres d’équipage malades néerlandais et britannique et une personne cas contact « sont en route pour recevoir des soins médicaux aux Pays-Bas.»

© Reuters TV / REUTERS

Un bateau à côté du navire de croisière MV Hondius, touché par le hantavirus, ancré au port du Cap-Vert, le jour où les passagers malades ont été évacués par bateau du navire de croisière, au port de Praia, Cap-Vert, dans cette capture d’écran obtenue d’une vidéo, le 5 mai 2026.

Être malade mental en France : la double peine

6 mai 2026 à 04:23

« Sur une échelle de 0 à 10, à combien évaluez-vous votre douleur ? » Dans le cas de la santé mentale, cette question n’est jamais posée. Un oubli révélateur : alors que l’accueil des patients en détresse constitue un enjeu majeur, la psychiatrie demeure le parent pauvre de notre système de santé. Il faut y remédier. Urgemment.

En France, la hiérarchie des souffrances est une réalité silencieuse mais réelle. Quand on se voit diagnostiquer une pathologie somatique lourde, tout un protocole et une équipe médicale complète se mettent en branle, aidés de moyens techniques à la pointe de la technologie qui sont mobilisés pour, dans un premier temps, diagnostiquer, puis traiter la souffrance et enfin soigner ou du moins traiter les symptômes. Le trouble mental condamne, lui, trop souvent à l’errance.

Une faillite éthique et structurelle

Si la dépression sévère est biologiquement comparable, dans l’intensité des symptômes, à une fin de vie cancéreuse, et la schizophrénie à une tétraplégie (score DALY), tant le handicap est réel et invalidant, le traitement réservé aux malades mentaux témoigne d’une faillite éthique et structurelle. L’antalgie s’est énormément développée grâce aux percées de la recherche médicale. Quand on est pris en charge aux urgences pour une douleur quelconque, la première chose que demande l’infirmière d’accueil et d’orientation (IAO) est le degré de douleur de la personne (entre 0 et 10). Cette question n’est jamais posée aux malades mentaux. Pourtant, les études l’ont montré, la douleur psychique active les mêmes canaux de la douleur dans le cerveau ; elle peut être encore plus invalidante et se transférer sur des douleurs somatiques réelles : tachycardie, difficultés à respirer, palpitations, frissons, courbatures, maux de tête, etc.

Ces symptômes sont si prégnants que beaucoup de patients finissent aux urgences croyant faire un AVC. Évalués pour ces symptômes, ces patients repartent souvent chez eux sans avoir vu une infirmière psy ou un psychiatre, alors que la douleur est toujours là, bien que les analyses biologiques reviennent négatives.

La loterie des urgences

Quand les malades sont orientés vers le service psychiatrique des urgences, c’est souvent la première fois qu’ils peuvent être écoutés, évalués et se voir proposer un traitement adapté à leur pathologie. Faute de place dans les CMP, faute d’accès à un médecin généraliste (lesquels sont souvent peu formés à la psychiatrie), les urgences sauvent la vie d’un grand nombre de malades, marquent le début du traitement et pavent la voie vers un suivi rapproché et une amélioration de leurs conditions de vie. Toutefois, c’est aussi le lieu d’une grande injustice, d’une double peine. Faute de place dans les hôpitaux psychiatriques, ou suite à un mauvais diagnostic, car réalisé par des internes moins bien formés que les psychiatres (qui n’assurent plus de gardes passé 18 h et le week-end) et en sous-effectif, des patients en grande souffrance repartent chez eux dépités, ayant un sentiment d’abandon et surtout toujours à risque : de décompensation psychotique, d’auto-agressivité, de suicide. En laissant le malade repartir chez lui, on transforme également ses proches (s’il en a) en soignants malgré eux, plongés dans une hypervigilance épuisante qui peut être le terreau de violences intrafamiliales.

Que faire alors ?

Aux urgences tout d’abord, il faut sortir du tri « vital vs non-vital ». Le problème des urgences classiques est qu’on y traite l’immédiat (le sang, le cœur). Celui qui ne saigne pas n’est pas prioritaire. En intégrant des analyses de douleur systématiques basées sur des outils validés comme l’échelle de détresse psychologique, on remet sur un pied d’égalité malades somatiques et malades psy. Il faudrait également qu’un infirmier psychiatrique puisse intervenir au besoin avec l’IAO pour déterminer l’urgence mentale afin d’établir un protocole de soins au plus vite. Enfin, les couloirs et salles d’attente des hôpitaux, glauques, éclairés aux néons et bruyants, ne sont pas propices à un retour au calme. Avoir des box dédiés, apaisants, permettrait d’atténuer la détresse psychologique.

Au niveau des CMP, la transformation passe par une sortie du modèle de « guichet administratif » saturé pour devenir de véritables centres de soins intensifs ambulatoires. Cela implique de créer des accès directs sans rendez-vous et de déployer des équipes mobiles capables d’aller vers le patient lorsqu’il est trop prostré pour se déplacer. Il s’agit de mettre en place un suivi de proximité, un “case management” où un référent unique coordonne le parcours de soins pour éviter les ruptures catastrophiques qui surviennent trop souvent entre deux rendez-vous éloignés de plusieurs mois.

Un changement culturel à opérer

Enfin, chez le médecin traitant, qui reste le premier rempart (80 % des prescriptions d’antidépresseurs et d’anxiolytiques sont faites par les médecins généralistes), il faut systématiser l’utilisation de questionnaires d’évaluation de la vulnérabilité psychologique au même titre que la prise de tension. La création de “hotlines” directes entre généralistes et psychiatres permettrait également aux médecins de premier recours de ne plus porter seuls, en quinze minutes de consultation, le poids de prescriptions lourdes. Il s’agit de passer d’une médecine de l’urgence chimique à une médecine de l’accompagnement humain.

En somme, c’est de la parité des soins dont il est question ici. Pour qu’elle devienne réalité, le changement doit être culturel avant d’être budgétaire. Il faut certes aligner les remboursements, mais surtout accepter, une fois pour toutes, que le cerveau est un organe biologique dont les défaillances sont aussi concrètes qu’une insuffisance rénale. Mieux vaut être atteint d’un cancer que d’une dépression majeure en France ? Sur le plan du soutien logistique et de la reconnaissance sociale, la réponse penche cruellement vers l’affirmative.

Tant que la santé mentale sera traitée comme une variable d’ajustement budgétaire et non comme une urgence vitale, nous continuerons de produire du handicap là où la science et l’organisation nous permettraient de produire du rétablissement.

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