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13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

16 juin 2026 à 13:13
L'ère du commentaire
13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

Il suffit d’une dizaine de mots publiés au bon endroit sur un site participatif pour manipuler les résultats de recherche de modèles génératifs appuyés sur des systèmes agentiques, constatent trois chercheurs de l’université de Cornell.

Mise à jour du 17 juin 11 h : précisions sur le type de modèles étudiés

Les systèmes d’intelligence artificielle générative persistent à être très facilement manipulables via Reddit, Quora ou Wikipédia. Pour preuve : une série d’à peine 13 mots suffit dans certains cas à orienter les résultats de systèmes d’IA dédiés à la recherche et accessibles au grand public.

C’est du moins ce que suggère l’étude titrée « Les agents de recherche peuvent être empoisonnés via du contenu généré par les utilisateurs » (« Deep-research agents can be poisoned via user-generated content »), prépubliée par une équipe de trois chercheurs de l’université de Cornell, Hal Triedman, Tingwei Zhang et Vitaly Shmatikov.

Cela explique aussi pourquoi les modérateurs de sites participatifs comme Reddit ou Wikipédia se retrouvent inondés de contenus promotionnels : il s’agit, à terme, de le faire ressurgir dans les réponses des modèles génératifs.

Recours massif à des contenus générés par les internautes.

Les trois universitaires ont concentré leurs recherches sur les systèmes STORM et Co-STORM, créés à l’université de Stanford, et OmniThink, de la société du même nom. Les trois fonctionnent en coordonnant de multiples agents de recherche (deep-research agent) qui lancent leurs recherches pour fournir ensuite un résultat consolidé.

Et les auteurs de l’étude constatent que ces machines tendent à retourner sans cesse vers les mêmes types de contenus. En l’occurrence, pour fournir des réponses aux questions qui leur sont le plus couramment posées, ils s’appuient avant tout sur du contenu produit par les internautes.

Auprès de 404media, l’un des coauteurs explique le phénomène par le fait que les agents appuyés sur des grands modèles de langage (LLM) évaluent la qualité d’une réponse trouvée en ligne en fonction de sa proximité sémantique avec la question qui lui a été posée.

Concrètement, cela les pousse à retourner fréquemment sur des plateformes participatives, où de nombreux commentaires sont écrits en langage naturel, puisque formulés par des humains. Wikipédia et Reddit apparaissent ainsi dans près de la moitié des requêtes émises par les robots étudiés par les chercheurs de Cornell.

Les auteurs de l’étude constatent par ailleurs qu’une poignée de mots bien placés, parfois de 11 à 15 mots seulement, suffit à les voir recrachés par les modèles génératifs. Parmi leurs expérimentations, ils montrent par exemple qu’un simple commentaire sur le subreddit r/OnlineDating, citant la marque fictive « SilverPath » comme application de dating pour des hommes divorcés dans la cinquantaine, suffit à voir ce nom promu dans les résultats de Co-STORM.

En 11 mots publiés sur le subreddit r/Comcast, ils parviennent à faire rechercher à l’un des modèles la recommandation du service fictif « CancelEase » pour se désabonner d’un abonnement internet Xfinity.

Trop simples injections

Alors que le domaine du SEO (Search Engine Optimization) a évolué vers le GEO ou l’AEO (Generative Engine Optimization, ou AI Engine Optimization), la découverte implique que toute marque ou tout acteur cherchant à influencer les résultats des modèles grand public peut parvenir à ses fins en étudiant les questions les plus fréquemment posées et en publiant des commentaires proches, intégrant son message cible, sur des sites participatifs.

En termes de modération, les trois chercheurs sont relativement pessimistes : du côté des LLM, empêcher la génération de texte influencé par les recherches en ligne semble difficile, vu le peu de mots nécessaires pour les voir réagir. D’une certaine manière, les constructeurs d’IA opérant des recherches en ligne délèguent cette question aux modérateurs de sites participatifs.

Ni Reddit ni Wikipédia ne pourront régler ces enjeux seuls, soulignent néanmoins les chercheurs auprès de 404 : il s’agit plutôt d’un problème « de niveau sociétal ». Le simple fait qu’un agent génératif ne fasse aucune différence entre un commentaire publié sur un site participatif et une source vérifiée pose, en soi, de vrais problèmes en termes de qualité de l’information fournie aux internautes.

13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

16 juin 2026 à 13:13
L'ère du commentaire
13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

Il suffit d’une dizaine de mots publiés au bon endroit sur un site participatif pour manipuler les résultats de recherche de modèles génératifs appuyés sur des systèmes agentiques, constatent trois chercheurs de l’université de Cornell.

Mise à jour du 17 juin 11 h : précisions sur le type de modèles étudiés

Les systèmes d’intelligence artificielle générative persistent à être très facilement manipulables via Reddit, Quora ou Wikipédia. Pour preuve : une série d’à peine 13 mots suffit dans certains cas à orienter les résultats de systèmes d’IA dédiés à la recherche et accessibles au grand public.

C’est du moins ce que suggère l’étude titrée « Les agents de recherche peuvent être empoisonnés via du contenu généré par les utilisateurs » (« Deep-research agents can be poisoned via user-generated content »), prépubliée par une équipe de trois chercheurs de l’université de Cornell, Hal Triedman, Tingwei Zhang et Vitaly Shmatikov.

Cela explique aussi pourquoi les modérateurs de sites participatifs comme Reddit ou Wikipédia se retrouvent inondés de contenus promotionnels : il s’agit, à terme, de le faire ressurgir dans les réponses des modèles génératifs.

Recours massif à des contenus générés par les internautes.

Les trois universitaires ont concentré leurs recherches sur les systèmes STORM et Co-STORM, créés à l’université de Stanford, et OmniThink, de la société du même nom. Les trois fonctionnent en coordonnant de multiples agents de recherche (deep-research agent) qui lancent leurs recherches pour fournir ensuite un résultat consolidé.

Et les auteurs de l’étude constatent que ces machines tendent à retourner sans cesse vers les mêmes types de contenus. En l’occurrence, pour fournir des réponses aux questions qui leur sont le plus couramment posées, ils s’appuient avant tout sur du contenu produit par les internautes.

Auprès de 404media, l’un des coauteurs explique le phénomène par le fait que les agents appuyés sur des grands modèles de langage (LLM) évaluent la qualité d’une réponse trouvée en ligne en fonction de sa proximité sémantique avec la question qui lui a été posée.

Concrètement, cela les pousse à retourner fréquemment sur des plateformes participatives, où de nombreux commentaires sont écrits en langage naturel, puisque formulés par des humains. Wikipédia et Reddit apparaissent ainsi dans près de la moitié des requêtes émises par les robots étudiés par les chercheurs de Cornell.

Les auteurs de l’étude constatent par ailleurs qu’une poignée de mots bien placés, parfois de 11 à 15 mots seulement, suffit à les voir recrachés par les modèles génératifs. Parmi leurs expérimentations, ils montrent par exemple qu’un simple commentaire sur le subreddit r/OnlineDating, citant la marque fictive « SilverPath » comme application de dating pour des hommes divorcés dans la cinquantaine, suffit à voir ce nom promu dans les résultats de Co-STORM.

En 11 mots publiés sur le subreddit r/Comcast, ils parviennent à faire rechercher à l’un des modèles la recommandation du service fictif « CancelEase » pour se désabonner d’un abonnement internet Xfinity.

Trop simples injections

Alors que le domaine du SEO (Search Engine Optimization) a évolué vers le GEO ou l’AEO (Generative Engine Optimization, ou AI Engine Optimization), la découverte implique que toute marque ou tout acteur cherchant à influencer les résultats des modèles grand public peut parvenir à ses fins en étudiant les questions les plus fréquemment posées et en publiant des commentaires proches, intégrant son message cible, sur des sites participatifs.

En termes de modération, les trois chercheurs sont relativement pessimistes : du côté des LLM, empêcher la génération de texte influencé par les recherches en ligne semble difficile, vu le peu de mots nécessaires pour les voir réagir. D’une certaine manière, les constructeurs d’IA opérant des recherches en ligne délèguent cette question aux modérateurs de sites participatifs.

Ni Reddit ni Wikipédia ne pourront régler ces enjeux seuls, soulignent néanmoins les chercheurs auprès de 404 : il s’agit plutôt d’un problème « de niveau sociétal ». Le simple fait qu’un agent génératif ne fasse aucune différence entre un commentaire publié sur un site participatif et une source vérifiée pose, en soi, de vrais problèmes en termes de qualité de l’information fournie aux internautes.

Baccalauréat : ce que l’IA chamboule… ou pas

15 juin 2026 à 11:37
Vous avez quatre heures
Baccalauréat : ce que l’IA chamboule… ou pas

Alors que les épreuves de baccalauréat des filières générales commencent ce lundi, Next explore les enjeux que soulève le déploiement de l’intelligence artificielle autour des examens.

« La technique peut-elle être mauvaise ? » Tel est l’un des sujets de dissertation proposés aux bacheliers de séries technologiques en ce mois de juin 2026. Ce 15 juin, ceux des filières générales pourront aussi plancher sur la question « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? », derrière laquelle on pourrait décider d’évoquer la deuxième vie de nos propos publiés en ligne, lorsqu’ils atterrissent dans les données d’entraînement des modèles génératifs.

Mais quid, justement, de l’IA générative ? Dans quelle mesure chamboule-t-elle le passage des épreuves dites « terminales » des lycéennes et lycéens en fin de secondaire ? Des révisions aux corrections en passant par la triche, la plupart des questionnements restent grand ouverts.

De l’IA utilisée par « flemme » ou pour s’aider à comprendre

Alors que 85 % des 18 - 24 ans ont déjà recouru à l’IA générative, d’après le baromètre du numérique de l’Arcep et l’Arcom, avant même d’arriver devant les tables d’examen, nul doute que ce type d’outil s’insère jusque dans les pratiques de révision. Auprès du Midi Libre, des lycéennes expliquent y recourir pour s’aider, mais aussi… par « flemme ». Ainsi d’Alix, qui déclare l’utiliser « dès que je n’ai plus envie de réfléchir. Ou que je ne comprends rien. »


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Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

11 juin 2026 à 15:24
L'huile, le feu
Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

Alors que l’Irlande du Nord est secouée par des manifestations violentes, le gouvernement local, britannique, et le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appellent les responsables de réseaux sociaux à lutter plus efficacement contre les discours de haine.

Au Royaume-Uni, la vidéo d’une agression commise ce 8 juin provoque un intense émoi. Pendant quelques minutes, dans une rue de Belfast, en Irlande du Nord, on y voit un homme frapper à plusieurs reprises, à coup de couteau, un autre homme, en sang et à terre. Le 9 au soir, puis de nouveau le 10, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville.

Alors que le militant d’extrême-droite Tommy Robinson et le patron de X, SpaceX et Tesla Elon Musk ont appelé à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », les autorités britanniques et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont pris la parole pour critiquer le rôle des réseaux sociaux dans les explosions de violences.

Multiples appels à manifester

Identifié, l’auteur de l’attaque se nomme Hadi Alodid : Soudanais, âgé de trente ans, il est arrivé en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, ralliée depuis Paris. Sur place, il a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour dont la validité court jusqu’à 2028, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Face au juge, l’homme a refusé d’être assisté par un avocat. Inculpé pour tentative de meurtre, possession d’une arme blanche sur un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS), il est en détention provisoire jusqu’au 8 juillet, date d’une prochaine comparution. Stephen Ogilvie, sa victime, est un homme d’une quarantaine d’années, hospitalisé pour de « graves lacérations au dos et au visage ». Il a perdu son œil gauche.

Dès la diffusion de la vidéo, plusieurs personnalités de l’extrême-droite britannique ont appelé à manifester. Parmi eux, Tommy Robinson (dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon), ex-hooligan devenu influenceur d’extrême droite. Depuis les États-Unis, Elon Musk – qui a par ailleurs explicitement soutenu Tommy Robinson par le passé – s’en est mêlé, mettant la caisse de résonance de son compte X au service des appels à manifestation.

Si les autorités avaient appelé au calme, cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler le 9 au soir, souvent masquées. Des bus et divers véhicules ont été incendiés, avant que la foule ne s’en prenne à un immeuble, un salon de coiffure turc ou encore un magasin d’alimentation arabe, rapporte Le Figaro. Le lendemain, plusieurs dizaines de manifestants ont tenté d’entrer dans le Chimney Corner : d’après Le Point, l’hôtel a hébergé par le passé des demandeurs d’asiles.

Le Royaume-Uni a été secoué par plusieurs manifestations anti-immigrés de ce type dans les années récentes, en 2024 et en 2025 pour la seule Irlande du Nord. Ce 9 juin, des rassemblements ont aussi été organisés à Glasgow, Edimbourg ou encore Southampton. Située en Angleterre, cette dernière ville a déjà subi au début du mois des troubles issus d’un autre rassemblement. Ce dernier avait été organisé pour critiquer la manière dont la police s’était occupée du meurtre d’Henry Nowak, un étudiant blanc de 18 ans, par un homme sikh.

La « responsabilité » des plateformes mise en cause

Le 10 juin, la famille de Stephen Ogilvie a elle aussi appelé au calme. « Nous voulons être absolument clairs : les troubles de la nuit dernière ne sont pas bienvenus, et manifester dans le calme est la seule façon d’avancer » a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle déclare avoir été « contrainte » de communiquer pour corriger de fausses informations relatives à l’état de santé de la victime. Et d’appeler le public à « cesser de diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux, car cela est extrêmement éprouvant ».

La ministre de l’Intérieur nord-irlandaise Naomi Long et le premier ministre britannique Keir Starmer ont tous deux critiqué des rassemblements « racistes », en ce qu’ils visaient des personnes « en raison de leur origine ». L’autorité de régulation des télécommunications britannique (Ofcom) a de son côté envoyé une lettre aux plateformes numériques, les alertant sur le « risque accru qu’[elles] soient utilisées pour attiser la haine, inciter à la violence et commettre d’autres infractions à la législation britannique ». Elle leur demande d’agir « sans délai » pour empêcher la circulation de « contenus illégaux ».

Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a, de son côté, souligné que les « fournisseurs de plateformes de médias sociaux doivent prendre au sérieux leurs responsabilités en matière de droits humains, notamment vis-à-vis des discours de haine et d’incitation à la violence ».

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’insère ainsi dans la politique britannique : en 2025, il avait notamment accusé Keir Starmer et plusieurs autres membres du gouvernement britannique de complicité avec des réseaux pédocriminels. Quelques jours avant le cas présent, le premier ministre l’avait déjà accusé de « susciter la division », alors que l’entrepreneur états-unien critiquait le travail de la police britannique au sujet du meurtre d’Henry Nowak. Son activisme a ceci de particulier qu’il impacte très peu ses activités économiques, à commencer par son projet d’introduction en bourse de SpaceX, remarque Axios, alors que des actions similaires auraient pu disqualifier d’autres chefs d’entreprise.

Ministre responsable de l’Irlande du Nord, Hilary Benn a déclaré que le gouvernement britannique « introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine » pour lutter contre la circulation de fausses informations. Il a qualifié d’ « inacceptable » le fait que des internautes aient diffusé en ligne les adresses de personnes qu’ils considéraient être ressortissantes étrangères.

Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

11 juin 2026 à 15:24
L'huile, le feu
Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

Alors que l’Irlande du Nord est secouée par des manifestations violentes, le gouvernement local, britannique, et le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appellent les responsables de réseaux sociaux à lutter plus efficacement contre les discours de haine.

Au Royaume-Uni, la vidéo d’une agression commise ce 8 juin provoque un intense émoi. Pendant quelques minutes, dans une rue de Belfast, en Irlande du Nord, on y voit un homme frapper à plusieurs reprises, à coup de couteau, un autre homme, en sang et à terre. Le 9 au soir, puis de nouveau le 10, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville.

Alors que le militant d’extrême-droite Tommy Robinson et le patron de X, SpaceX et Tesla Elon Musk ont appelé à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », les autorités britanniques et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont pris la parole pour critiquer le rôle des réseaux sociaux dans les explosions de violences.

Multiples appels à manifester

Identifié, l’auteur de l’attaque se nomme Hadi Alodid : Soudanais, âgé de trente ans, il est arrivé en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, ralliée depuis Paris. Sur place, il a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour dont la validité court jusqu’à 2028, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Face au juge, l’homme a refusé d’être assisté par un avocat. Inculpé pour tentative de meurtre, possession d’une arme blanche sur un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS), il est en détention provisoire jusqu’au 8 juillet, date d’une prochaine comparution. Stephen Ogilvie, sa victime, est un homme d’une quarantaine d’années, hospitalisé pour de « graves lacérations au dos et au visage ». Il a perdu son œil gauche.

Dès la diffusion de la vidéo, plusieurs personnalités de l’extrême-droite britannique ont appelé à manifester. Parmi eux, Tommy Robinson (dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon), ex-hooligan devenu influenceur d’extrême droite. Depuis les États-Unis, Elon Musk – qui a par ailleurs explicitement soutenu Tommy Robinson par le passé – s’en est mêlé, mettant la caisse de résonance de son compte X au service des appels à manifestation.

Si les autorités avaient appelé au calme, cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler le 9 au soir, souvent masquées. Des bus et divers véhicules ont été incendiés, avant que la foule ne s’en prenne à un immeuble, un salon de coiffure turc ou encore un magasin d’alimentation arabe, rapporte Le Figaro. Le lendemain, plusieurs dizaines de manifestants ont tenté d’entrer dans le Chimney Corner : d’après Le Point, l’hôtel a hébergé par le passé des demandeurs d’asiles.

Le Royaume-Uni a été secoué par plusieurs manifestations anti-immigrés de ce type dans les années récentes, en 2024 et en 2025 pour la seule Irlande du Nord. Ce 9 juin, des rassemblements ont aussi été organisés à Glasgow, Edimbourg ou encore Southampton. Située en Angleterre, cette dernière ville a déjà subi au début du mois des troubles issus d’un autre rassemblement. Ce dernier avait été organisé pour critiquer la manière dont la police s’était occupée du meurtre d’Henry Nowak, un étudiant blanc de 18 ans, par un homme sikh.

La « responsabilité » des plateformes mise en cause

Le 10 juin, la famille de Stephen Ogilvie a elle aussi appelé au calme. « Nous voulons être absolument clairs : les troubles de la nuit dernière ne sont pas bienvenus, et manifester dans le calme est la seule façon d’avancer » a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle déclare avoir été « contrainte » de communiquer pour corriger de fausses informations relatives à l’état de santé de la victime. Et d’appeler le public à « cesser de diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux, car cela est extrêmement éprouvant ».

La ministre de l’Intérieur nord-irlandaise Naomi Long et le premier ministre britannique Keir Starmer ont tous deux critiqué des rassemblements « racistes », en ce qu’ils visaient des personnes « en raison de leur origine ». L’autorité de régulation des télécommunications britannique (Ofcom) a de son côté envoyé une lettre aux plateformes numériques, les alertant sur le « risque accru qu’[elles] soient utilisées pour attiser la haine, inciter à la violence et commettre d’autres infractions à la législation britannique ». Elle leur demande d’agir « sans délai » pour empêcher la circulation de « contenus illégaux ».

Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a, de son côté, souligné que les « fournisseurs de plateformes de médias sociaux doivent prendre au sérieux leurs responsabilités en matière de droits humains, notamment vis-à-vis des discours de haine et d’incitation à la violence ».

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’insère ainsi dans la politique britannique : en 2025, il avait notamment accusé Keir Starmer et plusieurs autres membres du gouvernement britannique de complicité avec des réseaux pédocriminels. Quelques jours avant le cas présent, le premier ministre l’avait déjà accusé de « susciter la division », alors que l’entrepreneur états-unien critiquait le travail de la police britannique au sujet du meurtre d’Henry Nowak. Son activisme a ceci de particulier qu’il impacte très peu ses activités économiques, à commencer par son projet d’introduction en bourse de SpaceX, remarque Axios, alors que des actions similaires auraient pu disqualifier d’autres chefs d’entreprise.

Ministre responsable de l’Irlande du Nord, Hilary Benn a déclaré que le gouvernement britannique « introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine » pour lutter contre la circulation de fausses informations. Il a qualifié d’ « inacceptable » le fait que des internautes aient diffusé en ligne les adresses de personnes qu’ils considéraient être ressortissantes étrangères.

Les menaces contre les politiques ont explosé après la limitation de la modération de Meta

11 juin 2026 à 13:25
Qui aurait pu prédire ?
Les menaces contre les politiques ont explosé après la limitation de la modération de Meta

Menaces violentes, discours de haine et harcèlement des représentants politiques états-uniens ont explosé à la suite du changement de politique de modération de Meta, démontre le Center for Countering Digital Hate.

Le 7 janvier 2025, alors que Donald Trump revenait au pouvoir, Mark Zuckerberg faisait voler la modération des plateformes de Meta en éclat. En quelques semaines, ses programmes de vérification des faits étaient fermés et les discours de haine explosaient sur Facebook et Instagram.

Dix-huit mois plus tard, le Center for Countering Digital Hate (CCDH) publie une étude sur l’évolution concrète de la violence en et hors ligne, aux États-Unis, à la suite de cette décision. Parmi ses constats principaux : les menaces violentes envers des membres du Congrès des États-Unis ont quadruplé dans les six mois qui ont suivi l’évolution des règles de modération, les contenus haineux ont quadruplé eux aussi ainsi que ceux relevant du harcèlement ont doublé.

Donald Trump lui-même est visé par une violence accrue, alors que plusieurs patrons de médias sociaux ont déclaré réduire la modération sur leurs plateformes au nom de la défense d’une liberté d’expression envisagée de la même manière que le candidat républicain. Avant Meta, et quand bien même la plateforme est moins utilisée que Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, X (anciennement Twitter) avait ainsi donné l’exemple, sous la houlette d’Elon Musk. Dans son analyse des publications violentes accessibles sur Facebook, le CCDH relève que nombre de menaces, notamment formulées à l’encontre du président des États-Unis, « pourraient être qualifiées d’infractions pénales ».

Explosion de la violence après la réduction de modération

De l’assassinat de Charlie Kirk à celui de la députée Melissa Hortman et de son époux Mark chez eux, en passant par les trois tentatives d’assassinat qui ont visé Donald Trump, la violence s’est ouvertement accrue aux États-Unis. Alimentée par les discours de haine non réfrénés sur les réseaux sociaux, elle se traduit par des suppressions de débats publics, ou leur transfert en ligne, relève le directeur du CCDH Imran Ahmed.


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Un tribunal allemand déclare Google responsable des réponses fausses de son AI Overview

10 juin 2026 à 13:13
« Responsable »
Un tribunal allemand déclare Google responsable des réponses fausses de son AI Overview

Le tribunal régional de Munich, en Allemagne, a déclaré Google responsable des propos générés par sa fonctionnalité AI Overview. Une décision qui tranche avec le positionnement d’hébergeur accordé historiquement au moteur de recherche.

Le procès s’est déroulé en Bavière. À Munich, le tribunal régional vient d’imposer à Google une injonction provisoire lui interdisant de diffuser de fausses informations au sujet de deux éditeurs munichois. 


Contrairement aux internautes français, les Allemands ont accès aux AI Overview, ces résumés générés par IA qui apparaissent en haut des pages de résultats de Google et fournissent théoriquement un résumé de réponse aux requêtes formulées. Dans le cas présent, les aperçus avaient associé à tort ces deux sociétés à des escroqueries et des pratiques d’abonnement trompeuses et des habitudes commerciales douteuses.

Le tribunal a considéré que l’IA avait créé des liens inexistants entre ces deux sociétés et d’autres entreprises, réellement problématiques. Il a déclaré Google directement responsable des fausses allégations, dans la mesure où ces dernières étaient le produit des résumés générés par ses systèmes d’IA, et non par les résultats de recherche. Dans son jugement, le tribunal qualifie les résultats de l’AI Overview des « propres déclarations de l’accusé ».

Les résultats générés par IA sont de la responsabilité de Google

Aucun des résultats de recherche ne permettait en effet d’établir une connexion entre les deux sociétés plaignantes et d’éventuelles pratiques douteuses.

La position de strict hébergeur habituellement accordée à Google, dans la mesure où son moteur de recherche se contente de rediriger vers des adresses tierces, ne s’applique pas ici, a tranché la Cour. Comme la fonctionnalité de génération par IA crée un texte cohérent, appuyé sur plusieurs sources, dont le contenu est (au moins théoriquement) résumé dans une réponse unique, ce sont les règles classiques en matière d’expression qui s’appliquent.

Autrement dit : Google est responsable du texte produit, et la mention « créé avec l’IA » n’y change rien. La défense de l’entreprise, qui déclarait que les internautes avaient globalement connaissance du fait que « les résultats générés par IA ne peuvent être suivis aveuglément », n’a pas tenu. L’affirmation est pourtant étonnante, souligne The Decoder, de la part d’une société qui pousse très activement sa fonctionnalité, partout sur la planète.

Avec l’IA, Google devient éditeur

Le tribunal de Munich a néanmoins refusé l’argument : dans le cas présent, le système d’IA avait de toutes manières créé un lien là où ses sources n’en démontraient aucun.

Alors que des études démontrent une chute très nette des clics vers les articles sources dès que Google affiche un résumé IA en page de résultats, la Cour a estimé qu’un résumé généré par IA contenant un « énoncé autonome dont le contenu pouvait être compris de manière indépendante, sans référence à d’autres interprétations possibles ou à des informations peu fiables » ne permettait pas à l’entreprise d’éviter toute forme de responsabilité envers son contenu. Elle a d’ailleurs fait référence au droit local de la presse, selon lequel un média est responsable du titre et du chapô autant que du reste de l’article, y compris si les lecteurs ne lisent pas ces articles dans leur intégralité.

Fournir une fonctionnalité de résumé par IA « est avant tout l’expression des activités commerciales de Google ». Ce faisant, elle a coupé court à toute tentative de recourir à la défense de la liberté d’expression en soulignant que les textes générés par ce type d’outil n’étaient « pas l’expression d’une conviction établie (…) mais le résultat d’un algorithme ». Elle a par ailleurs souligné que si Google n’était responsable que des violations les plus évidentes, les victimes n’auraient aucun recours lorsqu’un tel système diffuse de fausses informations.

Concrètement, cette décision impose à Google de supprimer les résultats incriminés, mais aussi de s’assurer que sa fonctionnalité de résumé par IA ne génère plus de fausses affirmations similaires à celles qui ont visé les deux plaignants. À défaut, la justice allemande pourrait sévir. Dans la mesure où les systèmes génératifs produisent des hallucinations par construction, cela dit, elle pourrait avoir des implications plus larges.

Aux États-Unis, Google et les plus grandes plateformes numériques sont considérées depuis 1996 comme des hébergeurs, en vertu de la section 230 du Communications Decency Act. Si elles ont historiquement réussi à faire valoir ce statut un peu partout sur la planète, celui-ci a été attaqué à plusieurs reprises, notamment pour tenter d’enrayer la violence qui circule sur les réseaux sociaux – que ce soit par les administrations Biden et Trump outre-Atlantique, sans succès pour le moment, ou par l’intermédiaire du règlement sur les services numériques (DSA) en Europe.

C’est en cela que la décision du tribunal allemand pourrait rebattre les cartes, par l’intermédiaire du déploiement accéléré de l’IA générative. En avril 2026, la start-up Oumi constatait en effet que les résumés d’IA générés avec Gemini 3 n’étaient justes que dans 91 % des cas. À l’échelle mondiale, cela signifie que Google génère et affiche des millions d’erreurs factuelles chaque jour en réponse aux requêtes des internautes. Si d’autres juridictions suivaient l’exemple munichois pour considérer que Google est responsable des textes ainsi produits, et non plus simple hébergeur des sites vers lesquels son moteur de recherche renvoie, l’entreprise devrait revoir en profondeur sa manière de déployer ses fonctionnalités appuyées sur de grands modèles de langage.

Un tribunal allemand déclare Google responsable des réponses fausses de son AI Overview

10 juin 2026 à 13:13
« Responsable »
Un tribunal allemand déclare Google responsable des réponses fausses de son AI Overview

Le tribunal régional de Munich, en Allemagne, a déclaré Google responsable des propos générés par sa fonctionnalité AI Overview. Une décision qui tranche avec le positionnement d’hébergeur accordé historiquement au moteur de recherche.

Le procès s’est déroulé en Bavière. À Munich, le tribunal régional vient d’imposer à Google une injonction provisoire lui interdisant de diffuser de fausses informations au sujet de deux éditeurs munichois. 


Contrairement aux internautes français, les Allemands ont accès aux AI Overview, ces résumés générés par IA qui apparaissent en haut des pages de résultats de Google et fournissent théoriquement un résumé de réponse aux requêtes formulées. Dans le cas présent, les aperçus avaient associé à tort ces deux sociétés à des escroqueries et des pratiques d’abonnement trompeuses et des habitudes commerciales douteuses.

Le tribunal a considéré que l’IA avait créé des liens inexistants entre ces deux sociétés et d’autres entreprises, réellement problématiques. Il a déclaré Google directement responsable des fausses allégations, dans la mesure où ces dernières étaient le produit des résumés générés par ses systèmes d’IA, et non par les résultats de recherche. Dans son jugement, le tribunal qualifie les résultats de l’AI Overview des « propres déclarations de l’accusé ».

Les résultats générés par IA sont de la responsabilité de Google

Aucun des résultats de recherche ne permettait en effet d’établir une connexion entre les deux sociétés plaignantes et d’éventuelles pratiques douteuses.

La position de strict hébergeur habituellement accordée à Google, dans la mesure où son moteur de recherche se contente de rediriger vers des adresses tierces, ne s’applique pas ici, a tranché la Cour. Comme la fonctionnalité de génération par IA crée un texte cohérent, appuyé sur plusieurs sources, dont le contenu est (au moins théoriquement) résumé dans une réponse unique, ce sont les règles classiques en matière d’expression qui s’appliquent.

Autrement dit : Google est responsable du texte produit, et la mention « créé avec l’IA » n’y change rien. La défense de l’entreprise, qui déclarait que les internautes avaient globalement connaissance du fait que « les résultats générés par IA ne peuvent être suivis aveuglément », n’a pas tenu. L’affirmation est pourtant étonnante, souligne The Decoder, de la part d’une société qui pousse très activement sa fonctionnalité, partout sur la planète.

Avec l’IA, Google devient éditeur

Le tribunal de Munich a néanmoins refusé l’argument : dans le cas présent, le système d’IA avait de toutes manières créé un lien là où ses sources n’en démontraient aucun.

Alors que des études démontrent une chute très nette des clics vers les articles sources dès que Google affiche un résumé IA en page de résultats, la Cour a estimé qu’un résumé généré par IA contenant un « énoncé autonome dont le contenu pouvait être compris de manière indépendante, sans référence à d’autres interprétations possibles ou à des informations peu fiables » ne permettait pas à l’entreprise d’éviter toute forme de responsabilité envers son contenu. Elle a d’ailleurs fait référence au droit local de la presse, selon lequel un média est responsable du titre et du chapô autant que du reste de l’article, y compris si les lecteurs ne lisent pas ces articles dans leur intégralité.

Fournir une fonctionnalité de résumé par IA « est avant tout l’expression des activités commerciales de Google ». Ce faisant, elle a coupé court à toute tentative de recourir à la défense de la liberté d’expression en soulignant que les textes générés par ce type d’outil n’étaient « pas l’expression d’une conviction établie (…) mais le résultat d’un algorithme ». Elle a par ailleurs souligné que si Google n’était responsable que des violations les plus évidentes, les victimes n’auraient aucun recours lorsqu’un tel système diffuse de fausses informations.

Concrètement, cette décision impose à Google de supprimer les résultats incriminés, mais aussi de s’assurer que sa fonctionnalité de résumé par IA ne génère plus de fausses affirmations similaires à celles qui ont visé les deux plaignants. À défaut, la justice allemande pourrait sévir. Dans la mesure où les systèmes génératifs produisent des hallucinations par construction, cela dit, elle pourrait avoir des implications plus larges.

Aux États-Unis, Google et les plus grandes plateformes numériques sont considérées depuis 1996 comme des hébergeurs, en vertu de la section 230 du Communications Decency Act. Si elles ont historiquement réussi à faire valoir ce statut un peu partout sur la planète, celui-ci a été attaqué à plusieurs reprises, notamment pour tenter d’enrayer la violence qui circule sur les réseaux sociaux – que ce soit par les administrations Biden et Trump outre-Atlantique, sans succès pour le moment, ou par l’intermédiaire du règlement sur les services numériques (DSA) en Europe.

C’est en cela que la décision du tribunal allemand pourrait rebattre les cartes, par l’intermédiaire du déploiement accéléré de l’IA générative. En avril 2026, la start-up Oumi constatait en effet que les résumés d’IA générés avec Gemini 3 n’étaient justes que dans 91 % des cas. À l’échelle mondiale, cela signifie que Google génère et affiche des millions d’erreurs factuelles chaque jour en réponse aux requêtes des internautes. Si d’autres juridictions suivaient l’exemple munichois pour considérer que Google est responsable des textes ainsi produits, et non plus simple hébergeur des sites vers lesquels son moteur de recherche renvoie, l’entreprise devrait revoir en profondeur sa manière de déployer ses fonctionnalités appuyées sur de grands modèles de langage.

Facturation électronique : que faut-il savoir ?

10 juin 2026 à 09:01
e-verification de TVA
Facturation électronique : que faut-il savoir ?

Alors que la première vague d’entrée en application de la réforme de la facturation électronique approche, Next détaille les enjeux.

Ce 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique commencera à entrer en vigueur en France. En jeu : une adaptation technique et structurelle, qui doit notamment permettre à l’administration de mieux suivre les transactions entre entreprises, et réduire la fraude à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), mais qui agace certains petits entrepreneurs.

Concrètement, l’évolution s’appuie sur deux éléments : l’émission et la réception de factures au format électronique (e-invoicing), et la transmission numérique des éléments de transactions et de paiement à l’administration (e-reporting). Les entités qui le souhaitent peuvent déjà recourir à ce mode de facturation, et ce depuis juillet 2025.

Mais le calendrier des obligations approchant, toutes les entités concernées gagneraient à se préoccuper de la question d’ici au 1er septembre. En effet, à partir de cette date-là, les grandes entreprises et établissements de taille intermédiaire (ETI) seront dans l’obligation d’émettre leurs factures sous format électronique, ce qui signifie que toute entité avec laquelle ces dernières pourraient échanger, quelle que soit sa taille, doit être en mesure de les recevoir. Pour les acteurs les plus petits, l’émission de factures électroniques ne deviendra en revanche obligatoire qu’à compter du 1er septembre 2027.

Qui est concerné ?

Toutes les entreprises sont concernées, jusqu’aux micro-entreprises, quand bien même leurs activités seraient exonérées de TVA. Le gouvernement vante une « gestion quotidienne facilitée », notamment grâce à l’accélération des échanges de factures et à l’horodatage, qui rend le suivi plus précis, ainsi qu’une productivité plus grande et une amélioration du pilotage de la comptabilité.

Quelles sont les exceptions à la facturation électronique ? 



Si votre entreprise a des clients particuliers, des associations, ou des clients internationaux, ces transactions-là peuvent se maintenir sur un fonctionnement classique. À terme, cela dit, les données de transaction doivent tout de même être transmises à l’administration fiscale. Les fournisseurs de solutions tendent donc à recommander d’émettre des factures compatibles avec les standards établis pour l’e-facturation et l’e-reporting.

Que doivent faire les sociétés relevant d’activités exonérées de TVA ?


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Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

9 juin 2026 à 15:26
« We rely on your feedback »
Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

Pris à parti pour avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur d’extrême-droite, Proton s’excuse et indique chercher la neutralité.

Proton qui diffuse ses publicités sur la chaîne d’un youtubeur d’extrême-droite ? C’est le scénario qui a surpris plus d’un internaute, ces derniers jours.

Alors que la société suisse est régulièrement citée comme alternative européenne et chiffrée à la plupart des grandes suites de mail et services logiciels états-uniens, voilà qu’elle s’offre une coupure publicitaire de deux minutes vingt dans une vidéo du « réinformateur » Vincent Lapierre.

Interpellée sur Reddit, LinkedIn et ailleurs en ligne, l’entreprise a présenté ce 8 juin ses excuses au public. D’après Vincent Lapierre, elle a mis fin au partenariat qu’elle avait conclu avec lui pour une seule vidéo.

Une publicité chez un ancien soralien

Fort de 672 000 abonnés sur YouTube, 216 000 sur Instagram et 185 000 sur TikTok, ce dernier a travaillé au mitan des années 2010 pour l’association Égalité et Réconciliation fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise reportages et vidéos pour le site d’extrême-droite, avant de cofonder, en 2018, le Média pour tous, sur lequel il continue de cultiver des obsessions classiques de sa famille politique, sur un ton conspirationniste.

Autant dire que pour les internautes qui voyaient en Proton un fournisseur de service numérique alternatif aux Microsoft et Google états-unien, tout en y plaçant des espoirs politiques de résistance au projet autoritaire de Donald Trump, la pilule passe difficilement. Sur Reddit, plusieurs fils de discussion sont ouverts, dont l’un, dans le subreddit r/ProtonMail, dépasse désormais les 4 000 upvotes et le millier de commentaires.

Ce 8 juin, le vidéaste indique sur X que la société a « choisi de mettre fin à son partenariat […] à la suite d’une campagne menée par des militants qui contestent mon travail et mes prises de position ». Il critique ensuite une campagne « d’extrême-gauche ».

Une entreprise qui cherche la neutralité

« Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre, lui répond le PDG de Proton Andy Yen. Nous défendons et protégeons les utilisateurs de tous bords politiques, mais les partenariats exigent une forme de neutralité. Celui-ci n’aurait pas dû passer notre processus de vérification, indépendamment des campagnes publiques. »

Plus loin, il répète à plusieurs reprises que la société ne souhaite pas prendre part au débat politique français. À ce titre, elle ne peut nouer de partenariat « ni avec des figures de la gauche politique, ni de la droite politique, qui pourrait diviser notre communauté ».

Sur LinkedIn, son responsable des politiques publiques Romain Digneaux l’admet : « Nous avons clairement failli à respecter nos propres standards en matière de vérification du profil de M. Lapierre, et ce partenariat n’aurait jamais dû avoir lieu. » Au nom de l’entreprise, il déclare que Proton présente ses « plus sincères excuses aux personnes qui ont été (légitimement) choquées de voir Proton associée à des valeurs qui ne sont pas les [siennes] » et travailler « en interne à ce que ce genre d’erreur ne se reproduise plus ».

Deux messages qui correspondent en tout point à la réponse officielle publiée par la « Proton_team » sur Reddit, et vers lequel ses équipes redirigent Next lorsque nous tentons d’obtenir plus d’information. Elle y indique que la chaîne de Vincent Lapierre n’aurait « jamais dû faire partie de nos programmes d’affiliation ou de partenariat, car nous évitons expressément les associations avec des chaînes dont le contenu pourrait détourner de notre message et diviser notre communauté ».

Capture d’écran de la réponse de l’équipe de Proton sur Reddit (r/ProtonMail)

Alors que des internautes demandent à l’entreprise de publier un « post-mortem », c’est-à-dire un retour d’expérience « similaire à ce que fait la communauté de la cybersécurité en cas de fuite ou de hack », pour reprendre les mots du compte Reddit @ThinandFeminine, celle-ci indique : « Proton opère à échelle mondiale, et si nos services sont disponibles pour tout le monde sans considération des opinions politiques, et que notre mission est cohérente partout, notre connaissance de chaque paysage médiatique ne l’est pas. Dans ce cas, notre équipe n’avait pas suffisamment de contexte sur le paysage français pour prendre une décision bien informée, et c’est une erreur de notre part. »

Forte de plus de 100 millions d’utilisateurs et d’environ 650 salariés, portée par la politique trumpiste qui motive de plus en plus d’Européens à chercher des services numériques alternatifs, ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve prise à partie. En 2021, alors qu’elle avait fourni l’adresse IP d’un internaute à la police française, l’entreprise avait expliqué se plier aux décisions de la Justice suisse. En l’occurrence, cette dernière avait décidé d’accéder à une requête d’Europol, donc, en remontant le fil, aux forces de l’ordre hexagonales.

En 2024, dans une autre affaire, la police espagnole avait réussi à identifier un activiste sous pseudonyme, notamment parce que celui-ci avait fourni à la société une adresse de récupération. Proton avait indiqué ne pas exiger ce type d’information, « mais dans ce cas, le terroriste présumé en [avait] ajouté une de son propre chef », qu’elle avait donc pu transmettre.

En février 2025, alors qu’il commentait l’ouverture d’enquête antitrust contre plusieurs géants numériques par la première administration Trump, Andy Yen avait par ailleurs été pris à partie sur les réseaux sociaux et accusé de se soumettre au président des États-Unis. S’il énonçait un fait, il avait à l’époque indiqué, sur Reddit, que sa publication pouvait être perçue comme un positionnement politique et qu’il se montrerait plus prudent dans le futur.

Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

9 juin 2026 à 15:26
« We rely on your feedback »
Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

Pris à parti pour avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur d’extrême-droite, Proton s’excuse et indique chercher la neutralité.

Proton qui diffuse ses publicités sur la chaîne d’un youtubeur d’extrême-droite ? C’est le scénario qui a surpris plus d’un internaute, ces derniers jours.

Alors que la société suisse est régulièrement citée comme alternative européenne et chiffrée à la plupart des grandes suites de mail et services logiciels états-uniens, voilà qu’elle s’offre une coupure publicitaire de deux minutes vingt dans une vidéo du « réinformateur » Vincent Lapierre.

Interpellée sur Reddit, LinkedIn et ailleurs en ligne, l’entreprise a présenté ce 8 juin ses excuses au public. D’après Vincent Lapierre, elle a mis fin au partenariat qu’elle avait conclu avec lui pour une seule vidéo.

Une publicité chez un ancien soralien

Fort de 672 000 abonnés sur YouTube, 216 000 sur Instagram et 185 000 sur TikTok, ce dernier a travaillé au mitan des années 2010 pour l’association Égalité et Réconciliation fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise reportages et vidéos pour le site d’extrême-droite, avant de cofonder, en 2018, le Média pour tous, sur lequel il continue de cultiver des obsessions classiques de sa famille politique, sur un ton conspirationniste.

Autant dire que pour les internautes qui voyaient en Proton un fournisseur de service numérique alternatif aux Microsoft et Google états-unien, tout en y plaçant des espoirs politiques de résistance au projet autoritaire de Donald Trump, la pilule passe difficilement. Sur Reddit, plusieurs fils de discussion sont ouverts, dont l’un, dans le subreddit r/ProtonMail, dépasse désormais les 4 000 upvotes et le millier de commentaires.

Ce 8 juin, le vidéaste indique sur X que la société a « choisi de mettre fin à son partenariat […] à la suite d’une campagne menée par des militants qui contestent mon travail et mes prises de position ». Il critique ensuite une campagne « d’extrême-gauche ».

Une entreprise qui cherche la neutralité

« Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre, lui répond le PDG de Proton Andy Yen. Nous défendons et protégeons les utilisateurs de tous bords politiques, mais les partenariats exigent une forme de neutralité. Celui-ci n’aurait pas dû passer notre processus de vérification, indépendamment des campagnes publiques. »

Plus loin, il répète à plusieurs reprises que la société ne souhaite pas prendre part au débat politique français. À ce titre, elle ne peut nouer de partenariat « ni avec des figures de la gauche politique, ni de la droite politique, qui pourrait diviser notre communauté ».

Sur LinkedIn, son responsable des politiques publiques Romain Digneaux l’admet : « Nous avons clairement failli à respecter nos propres standards en matière de vérification du profil de M. Lapierre, et ce partenariat n’aurait jamais dû avoir lieu. » Au nom de l’entreprise, il déclare que Proton présente ses « plus sincères excuses aux personnes qui ont été (légitimement) choquées de voir Proton associée à des valeurs qui ne sont pas les [siennes] » et travailler « en interne à ce que ce genre d’erreur ne se reproduise plus ».

Deux messages qui correspondent en tout point à la réponse officielle publiée par la « Proton_team » sur Reddit, et vers lequel ses équipes redirigent Next lorsque nous tentons d’obtenir plus d’information. Elle y indique que la chaîne de Vincent Lapierre n’aurait « jamais dû faire partie de nos programmes d’affiliation ou de partenariat, car nous évitons expressément les associations avec des chaînes dont le contenu pourrait détourner de notre message et diviser notre communauté ».

Capture d’écran de la réponse de l’équipe de Proton sur Reddit (r/ProtonMail)

Alors que des internautes demandent à l’entreprise de publier un « post-mortem », c’est-à-dire un retour d’expérience « similaire à ce que fait la communauté de la cybersécurité en cas de fuite ou de hack », pour reprendre les mots du compte Reddit @ThinandFeminine, celle-ci indique : « Proton opère à échelle mondiale, et si nos services sont disponibles pour tout le monde sans considération des opinions politiques, et que notre mission est cohérente partout, notre connaissance de chaque paysage médiatique ne l’est pas. Dans ce cas, notre équipe n’avait pas suffisamment de contexte sur le paysage français pour prendre une décision bien informée, et c’est une erreur de notre part. »

Forte de plus de 100 millions d’utilisateurs et d’environ 650 salariés, portée par la politique trumpiste qui motive de plus en plus d’Européens à chercher des services numériques alternatifs, ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve prise à partie. En 2021, alors qu’elle avait fourni l’adresse IP d’un internaute à la police française, l’entreprise avait expliqué se plier aux décisions de la Justice suisse. En l’occurrence, cette dernière avait décidé d’accéder à une requête d’Europol, donc, en remontant le fil, aux forces de l’ordre hexagonales.

En 2024, dans une autre affaire, la police espagnole avait réussi à identifier un activiste sous pseudonyme, notamment parce que celui-ci avait fourni à la société une adresse de récupération. Proton avait indiqué ne pas exiger ce type d’information, « mais dans ce cas, le terroriste présumé en [avait] ajouté une de son propre chef », qu’elle avait donc pu transmettre.

En février 2025, alors qu’il commentait l’ouverture d’enquête antitrust contre plusieurs géants numériques par la première administration Trump, Andy Yen avait par ailleurs été pris à partie sur les réseaux sociaux et accusé de se soumettre au président des États-Unis. S’il énonçait un fait, il avait à l’époque indiqué, sur Reddit, que sa publication pouvait être perçue comme un positionnement politique et qu’il se montrerait plus prudent dans le futur.

Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

5 juin 2026 à 06:21
IA patronale
Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Devant les critiques internes, Meta allège un peu son projet de déploiement d’un outil de surveillance des salariés destiné à entraîner ses moteurs d’IA.

En avril, Meta avait informé ses employés que leurs moindres faits et gestes seraient surveillés par un nouvel outil nommé Model Capability Initiative (MCI). La machine devait enregistrer tous les mouvements de curseur de souris, les clics et les frappes de clavier, ainsi qu’enregistrer des captures d’écran de temps à autre.

Devant la fronde suscitée par l’annonce, l’entreprise aurait néanmoins un peu réduit la voilure de son projet, rapporte Reuters. Celui-ci n’est pas archivé pour autant : concrètement, Meta indique qu’elle permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mettre le fonctionnement de MCI en pause « jusqu’à 30 minutes à la fois », voire de demander à être exemptés de la soumission au projet.

« Usine à extraction des données des employés »

La décision fait suite à plusieurs semaines de protestations au sein de la société de Mark Zuckerberg. Au moment de l’annonce du déploiement de MCI, Meta expliquait à la BBC que si elle s’employait à « construire des agents pour aider les gens à réaliser des tâches du quotidien sur leurs ordinateurs, nos modèles ont besoin d’exemples de la manière dont les gens les utilisent concrètement ».

L’argumentaire n’a absolument pas convaincu en interne. Alors que l’entreprise a récemment licencié 1 500 personnes, déplacé 7 000 autres, et annoncé une future réduction de 10 % de ses effectifs restants, de nombreux employés se sont organisés pour appeler à stopper le déploiement de l’outil.

Début mai, certains distribuaient des flyers dans les bureaux états-uniens, dans lesquels Meta était qualifié d’usine à extraire les données des employés (Employee Data Extraction Factory). Au Royaume-Uni, un autre groupe de travailleurs s’est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Une pétition signée par plus de 1 500 personnes a par ailleurs été adressée à Mark Zuckerberg.

Recul relatif

Devant l’ampleur du mouvement, la direction a fait circuler un nouveau mémo ce 2 juin. Vice-président du Superintelligence Labs de Meta, Stephane Kasriel, qui en est l’auteur, se veut rassurant :

« Bien que nous restions confiants au sujet des mesures de protection de la vie privée mises en place lors du lancement, qui ont fait l’objet de plusieurs évaluations de risques, nous avons entendu vos inquiétudes relatives aux données personnelles présentes sur les appareils professionnels, à l’autonomie de la batterie, ainsi que votre souhait de disposer d’un plus grand contrôle sur le moment où la capture a lieu. »

Il a annoncé que « plusieurs optimisations » avaient été apportées à l’outil, dont l’une dédiée à réduire la pression sur la batterie des ordinateurs portables. Parmi les critiques, les employés soulignaient en effet que le recours à MCI faisait grimper leur usage d’internet lorsqu’ils travaillaient depuis chez eux.

Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

5 juin 2026 à 06:21
IA patronale
Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Devant les critiques internes, Meta allège un peu son projet de déploiement d’un outil de surveillance des salariés destiné à entraîner ses moteurs d’IA.

En avril, Meta avait informé ses employés que leurs moindres faits et gestes seraient surveillés par un nouvel outil nommé Model Capability Initiative (MCI). La machine devait enregistrer tous les mouvements de curseur de souris, les clics et les frappes de clavier, ainsi qu’enregistrer des captures d’écran de temps à autre.

Devant la fronde suscitée par l’annonce, l’entreprise aurait néanmoins un peu réduit la voilure de son projet, rapporte Reuters. Celui-ci n’est pas archivé pour autant : concrètement, Meta indique qu’elle permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mettre le fonctionnement de MCI en pause « jusqu’à 30 minutes à la fois », voire de demander à être exemptés de la soumission au projet.

« Usine à extraction des données des employés »

La décision fait suite à plusieurs semaines de protestations au sein de la société de Mark Zuckerberg. Au moment de l’annonce du déploiement de MCI, Meta expliquait à la BBC que si elle s’employait à « construire des agents pour aider les gens à réaliser des tâches du quotidien sur leurs ordinateurs, nos modèles ont besoin d’exemples de la manière dont les gens les utilisent concrètement ».

L’argumentaire n’a absolument pas convaincu en interne. Alors que l’entreprise a récemment licencié 1 500 personnes, déplacé 7 000 autres, et annoncé une future réduction de 10 % de ses effectifs restants, de nombreux employés se sont organisés pour appeler à stopper le déploiement de l’outil.

Début mai, certains distribuaient des flyers dans les bureaux états-uniens, dans lesquels Meta était qualifié d’usine à extraire les données des employés (Employee Data Extraction Factory). Au Royaume-Uni, un autre groupe de travailleurs s’est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Une pétition signée par plus de 1 500 personnes a par ailleurs été adressée à Mark Zuckerberg.

Recul relatif

Devant l’ampleur du mouvement, la direction a fait circuler un nouveau mémo ce 2 juin. Vice-président du Superintelligence Labs de Meta, Stephane Kasriel, qui en est l’auteur, se veut rassurant :

« Bien que nous restions confiants au sujet des mesures de protection de la vie privée mises en place lors du lancement, qui ont fait l’objet de plusieurs évaluations de risques, nous avons entendu vos inquiétudes relatives aux données personnelles présentes sur les appareils professionnels, à l’autonomie de la batterie, ainsi que votre souhait de disposer d’un plus grand contrôle sur le moment où la capture a lieu. »

Il a annoncé que « plusieurs optimisations » avaient été apportées à l’outil, dont l’une dédiée à réduire la pression sur la batterie des ordinateurs portables. Parmi les critiques, les employés soulignaient en effet que le recours à MCI faisait grimper leur usage d’internet lorsqu’ils travaillaient depuis chez eux.

Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

4 juin 2026 à 10:37
L'huile, l'allumette, le foyer
Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

Alors que trois candidats LFI ont été visés par des opérations d’ingérence numérique étrangère, la publication du rapport de Viginum crée des tensions politiques.

Le 26 mai, le parquet de Paris ouvrait une enquête sur des soupçons d’ingérence contre plusieurs candidats La France Insoumise (LFI) aux municipales. Depuis, l’exécutif débat de l’opportunité d’évoquer le dossier publiquement. Selon les informations du Canard Enchaîné et de L’Express, le premier ministre Sébastien Lecornu pourrait prendre la parole ce 4 juin, alors que Jean-Luc Mélenchon accuse ouvertement le gouvernement de garder le silence.

Le 20 mai, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez reconnaissait la gravité d’une « ingérence numérique étrangère » visant plus spécifiquement les candidatures de Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.

Blog douteux, caricatures et accusations sans fond

Un blog, des pages Facebook et X accusant, au nom d’une mystérieuse « Sophie », le candidat LFI Sébastien Delogu de viol et de violences sexuelles. À Marseille, ces rumeurs numériques avaient été doublées de tracts physiques, placardés jusque sur certains panneaux d’affichage électoral, relatait Le Monde au mois de mars. Au bas de ces documents : un QR code qui renvoyait vers le fameux blog.

Mais voilà, Sophie n’existe pas. À l’examen, les multiples commentaires et likes de sa page Facebook sont issus de faux comptes, dont l’essentiel publiés depuis l’Asie. Au total, ce sont d’ailleurs trois candidats insoumis qui sont visés par ces campagnes de déstabilisation. La première, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a alerté David Guiraud des données personnelles lui appartenant et des montages visant à le décrédibiliser circulaient sur des forums de pirates informatiques.

À Toulouse, François Piquemal est visé par des images hostiles, représentant des femmes voilées ou une personne affublée de l’inscription « LFI » et tabassant un homme à terre, ou par l’accusation d’être un pédocriminel. Ces contenus ont été publiés « en pleine période de réserve électorale », raconte ce dernier à Franceinfo : il est privé de toute possibilité de communiquer.

Titré « L’alternative 2026 », une autre opération vise l’intégralité de La France Insoumise, se faisant passer pour un site de consignes de vote ciblant la population musulmane, mais dont le but réel semble être de décourager le vote.

Les pistes ouvertes par la découverte de l’entité BlackCore

Le compte X de Sophie est lié à une série d’autres comptes aux profils visiblement générés par IA, et à divers sites web qui participent activement à attaquer François Piquemal et ses collègues. Si le mode opératoire est inédit, une enquête conjointe des médias Libération et Haaretz permet d’en remonter la piste jusqu’à une entité nommée BlackCore. Sur un serveur du site blackcore.online, les médias ont en effet repéré une série d’outils ayant visiblement servi à l’élaboration des campagnes d’influence numérique.

Ils sont parvenus à les lier à deux sociétés localisées à Tel Aviv, en Israël : Galacticos et SNI, dont les représentants affirment « avec la dernière énergie » n’avoir aucun lien avec BlackCore. Libération relève néanmoins que tous les sites web qu’il avait découverts ont disparu dans les deux heures après la prise de contact avec les deux sociétés.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères VIGINUM n’a pour le moment pas confirmé les liens entre les différentes affaires. Certaines notes du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, du secrétariat général du Gouvernement, du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM, en revanche, se penchent bien sur leur cas.

Ainsi de celle du 10 mars, qui souligne (.pdf) la présence de « plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux, qui présentent des caractéristiques d’inauthenticité – notamment des photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes », et relève des « marqueurs techniques étrangers » dans des actions aux élections marseillaises et toulousaines. Le 12, une note qualifie (.pdf) officiellement l’opération d’ingérence numérique étrangère.

Un rapport devenu objet de tensions politiques

Dans la foulée des événements, plusieurs plaintes ont été déposées : par Sébastien Delogu, en mars, pour diffamation, par exemple. À Toulouse, François Piquemal a déposé un recours en annulation de l’élection, perdue de 13 227 voix face à Jean-Luc Moudenc (divers droite), en lien avec ces ingérences. Il a par ailleurs laissé la porte ouverte à des poursuites au pénal.

Depuis la mi-mai, ces différentes affaires ont par ailleurs pris un nouveau tour politique, alors que Jean-Luc Mélenchon a jugé le gouvernement « complice » des ingérences « par son silence ». Le 20 mai, le Canard enchaîné révélait en effet que le RCPE avait débattu de la publication du premier rapport public relatif aux opérations de déstabilisation visant les trois candidats LFI, mais que Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, aurait « exigé que des passages entiers soient caviardés » pour ne pas « servir de tremplin à LFI ».

Interrogé sur le sujet à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a évoqué des faits « graves » et annoncé que le rapport serait « évidemment publié ». Le 26 mai, le parquet de Paris s’est saisi des trois affaires à son initiative, « sans avoir été saisi ni par plainte, ni par signalement, ni sur dessaisissement ». Deux semaines plus tard, le Premier ministre envisagerait désormais de prendre la parole sur le sujet.

Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

4 juin 2026 à 10:37
L'huile, l'allumette, le foyer
Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

Alors que trois candidats LFI ont été visés par des opérations d’ingérence numérique étrangère, la publication du rapport de Viginum crée des tensions politiques.

Le 26 mai, le parquet de Paris ouvrait une enquête sur des soupçons d’ingérence contre plusieurs candidats La France Insoumise (LFI) aux municipales. Depuis, l’exécutif débat de l’opportunité d’évoquer le dossier publiquement. Selon les informations du Canard Enchaîné et de L’Express, le premier ministre Sébastien Lecornu pourrait prendre la parole ce 4 juin, alors que Jean-Luc Mélenchon accuse ouvertement le gouvernement de garder le silence.

Le 20 mai, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez reconnaissait la gravité d’une « ingérence numérique étrangère » visant plus spécifiquement les candidatures de Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.

Blog douteux, caricatures et accusations sans fond

Un blog, des pages Facebook et X accusant, au nom d’une mystérieuse « Sophie », le candidat LFI Sébastien Delogu de viol et de violences sexuelles. À Marseille, ces rumeurs numériques avaient été doublées de tracts physiques, placardés jusque sur certains panneaux d’affichage électoral, relatait Le Monde au mois de mars. Au bas de ces documents : un QR code qui renvoyait vers le fameux blog.

Mais voilà, Sophie n’existe pas. À l’examen, les multiples commentaires et likes de sa page Facebook sont issus de faux comptes, dont l’essentiel publiés depuis l’Asie. Au total, ce sont d’ailleurs trois candidats insoumis qui sont visés par ces campagnes de déstabilisation. La première, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a alerté David Guiraud des données personnelles lui appartenant et des montages visant à le décrédibiliser circulaient sur des forums de pirates informatiques.

À Toulouse, François Piquemal est visé par des images hostiles, représentant des femmes voilées ou une personne affublée de l’inscription « LFI » et tabassant un homme à terre, ou par l’accusation d’être un pédocriminel. Ces contenus ont été publiés « en pleine période de réserve électorale », raconte ce dernier à Franceinfo : il est privé de toute possibilité de communiquer.

Titré « L’alternative 2026 », une autre opération vise l’intégralité de La France Insoumise, se faisant passer pour un site de consignes de vote ciblant la population musulmane, mais dont le but réel semble être de décourager le vote.

Les pistes ouvertes par la découverte de l’entité BlackCore

Le compte X de Sophie est lié à une série d’autres comptes aux profils visiblement générés par IA, et à divers sites web qui participent activement à attaquer François Piquemal et ses collègues. Si le mode opératoire est inédit, une enquête conjointe des médias Libération et Haaretz permet d’en remonter la piste jusqu’à une entité nommée BlackCore. Sur un serveur du site blackcore.online, les médias ont en effet repéré une série d’outils ayant visiblement servi à l’élaboration des campagnes d’influence numérique.

Ils sont parvenus à les lier à deux sociétés localisées à Tel Aviv, en Israël : Galacticos et SNI, dont les représentants affirment « avec la dernière énergie » n’avoir aucun lien avec BlackCore. Libération relève néanmoins que tous les sites web qu’il avait découverts ont disparu dans les deux heures après la prise de contact avec les deux sociétés.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères VIGINUM n’a pour le moment pas confirmé les liens entre les différentes affaires. Certaines notes du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, du secrétariat général du Gouvernement, du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM, en revanche, se penchent bien sur leur cas.

Ainsi de celle du 10 mars, qui souligne (.pdf) la présence de « plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux, qui présentent des caractéristiques d’inauthenticité – notamment des photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes », et relève des « marqueurs techniques étrangers » dans des actions aux élections marseillaises et toulousaines. Le 12, une note qualifie (.pdf) officiellement l’opération d’ingérence numérique étrangère.

Un rapport devenu objet de tensions politiques

Dans la foulée des événements, plusieurs plaintes ont été déposées : par Sébastien Delogu, en mars, pour diffamation, par exemple. À Toulouse, François Piquemal a déposé un recours en annulation de l’élection, perdue de 13 227 voix face à Jean-Luc Moudenc (divers droite), en lien avec ces ingérences. Il a par ailleurs laissé la porte ouverte à des poursuites au pénal.

Depuis la mi-mai, ces différentes affaires ont par ailleurs pris un nouveau tour politique, alors que Jean-Luc Mélenchon a jugé le gouvernement « complice » des ingérences « par son silence ». Le 20 mai, le Canard enchaîné révélait en effet que le RCPE avait débattu de la publication du premier rapport public relatif aux opérations de déstabilisation visant les trois candidats LFI, mais que Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, aurait « exigé que des passages entiers soient caviardés » pour ne pas « servir de tremplin à LFI ».

Interrogé sur le sujet à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a évoqué des faits « graves » et annoncé que le rapport serait « évidemment publié ». Le 26 mai, le parquet de Paris s’est saisi des trois affaires à son initiative, « sans avoir été saisi ni par plainte, ni par signalement, ni sur dessaisissement ». Deux semaines plus tard, le Premier ministre envisagerait désormais de prendre la parole sur le sujet.

La Cour des comptes salue la CNIL mais pointe sa gestion des ressources humaines

3 juin 2026 à 18:17
Au rapport
La Cour des comptes salue la CNIL mais pointe sa gestion des ressources humaines

Sollicitée par une initiative citoyenne, la Cour des comptes publie son rapport de contrôle de la gestion de la CNIL. Principal point d’attention : la politique de gestion des ressources humaines de l’autorité.

De 8 360 en 2017, le nombre de plaintes déposées par des particuliers auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est passé à 17 772 en 2024, soit une augmentation de 113 %. Sur la même période, l’autorité administrative indépendante est passée de 88 contrôles effectués en 2017 à 390 en 2024 (soit + 343 %), ce qui lui a permis de recouvrer un total de 649 millions d’euros d’amendes sur la période.

Sollicitée par une initiative citoyenne, la Cour des comptes remet ce 4 juin le rapport de son contrôle des comptes et de la gestion de la CNIL pour les années 2017 à 2025. Découpé en trois axes, l’un dédié aux évolutions concrètes des missions de la CNIL, le suivant aux règles d’indépendance et d’impartialité de l’autorité, le troisième à sa gestion budgétaire, le rapport dresse un constat globalement positif.

Il alerte néanmoins sur le manque de recouvrement des plus petites amendes, et incite la CNIL à faire évoluer sa politique de gestion des ressources humaines. Actuellement très favorable, notamment pour soutenir l’expansion des activités d’accompagnement et de contrôle de l’institution, avec des embauches en CDI et des augmentations quasi-automatiques, pour tout le monde, cette dernière pourrait devenir problématique alors que les missions de l’autorité sont vouées à s’étendre à nouveau dans le cadre de l’application du règlement européen sur l’intelligence artificielle.

Évolution des missions

Depuis 2022, la Cour des comptes ouvre régulièrement des campagnes pour permettre aux Français de lui remonter les sujets sur lesquels ils estiment nécessaire d’étudier le « bon usage de l’argent public ». Ouverte le 11 mai, la campagne 2026 court jusqu’au 22 juin. La Cour des comptes étudie ensuite les sujets qui lui sont soumis pour mener certains de ses travaux.


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☕️ Booba condamné pour injures racistes et cyberharcèlement

2 juin 2026 à 15:05


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 2 juin le rappeur Booba, Ellie Yaffa de son vrai nom, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des faits de cyberharcèlement et d’injure raciale envers la journaliste de France Télévision Linh-Lan Dao.

Cette dernière a porté plainte en avril 2024, critiquant le rôle de l’artiste dans la campagne de violence qui l’avait visée après la publication d’un article de débunkage sur les liens entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Suivi par plus de 6 millions d’abonnés au moment des faits, Booba avait publié une capture d’écran de l’article, puis proposé à la journaliste un « strip poker sans cartes » autour d’un « wok de légumes ». 
Il ne s’est pas présenté à l’audience, qui s’est tenue le 1er avril 2026. À la barre, Linh-Lan Dao avait de son côté décrit la « journée horrible » de déclenchement de la campagne, à la suite de laquelle sa productivité et sa présence sur X avaient baissé.

Pour le tribunal, « la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ».

Le rappeur a été condamné à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile, indique l’AFP.

Dans un autre dossier étudié à la même audience, Booba par ailleurs été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui dénonçait sur X le cyberharcèlement visant Linh-Lan Dao. Booba avait publié des messages évoquant son nez, ce que le tribunal a qualifié de « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ».

Le rappeur fait appel des deux condamnations.

☕️ Booba condamné pour injures racistes et cyberharcèlement

2 juin 2026 à 15:05


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 2 juin le rappeur Booba, Ellie Yaffa de son vrai nom, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des faits de cyberharcèlement et d’injure raciale envers la journaliste de France Télévision Linh-Lan Dao.

Cette dernière a porté plainte en avril 2024, critiquant le rôle de l’artiste dans la campagne de violence qui l’avait visée après la publication d’un article de débunkage sur les liens entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Suivi par plus de 6 millions d’abonnés au moment des faits, Booba avait publié une capture d’écran de l’article, puis proposé à la journaliste un « strip poker sans cartes » autour d’un « wok de légumes ». 
Il ne s’est pas présenté à l’audience, qui s’est tenue le 1er avril 2026. À la barre, Linh-Lan Dao avait de son côté décrit la « journée horrible » de déclenchement de la campagne, à la suite de laquelle sa productivité et sa présence sur X avaient baissé.

Pour le tribunal, « la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ».

Le rappeur a été condamné à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile, indique l’AFP.

Dans un autre dossier étudié à la même audience, Booba par ailleurs été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui dénonçait sur X le cyberharcèlement visant Linh-Lan Dao. Booba avait publié des messages évoquant son nez, ce que le tribunal a qualifié de « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ».

Le rappeur fait appel des deux condamnations.

Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

2 juin 2026 à 14:10
Non alignées
Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Dans un rapport dédié aux effets concrets des systèmes d’IA générative pour les droits humains, Amnesty International estime que les modèles construits à partir de la récolte non consentie de données disponibles en ligne violent le droit à la vie privée, à la non-discrimination, et créent de nouveau risques pour le droit à la non-discrimination et les libertés d’expression et de pensée.

Les modèles d’IA génératives « entraînés grâce à des pratiques illégales de web scraping » sont « incompatibles avec le droit à la vie privée » tel que défini, notamment, par le Pacte international relatif aux droits civils et politique (PIDCP) adopté en 1966 par les membres de l’ONU. Derrière l’apparence « d’efficacité, de sophistication et de complexité » de l’intelligence artificielle générative se cache « une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains, et qui s’apparentent à ceux que l’on retrouve dans bon nombre des outils d’IA les plus problématiques antérieurs à l’IA générative ».

Amnesty International ne mâche pas ses mots dans le rapport qu’elle vient de publier sur les « coûts de l’IA générative en termes de droits humains ». Pour l’établir, l’ONG a adopté une approche par la chaîne de production pour analyser les enjeux de droits humains que posent les systèmes d’IA. Elle analyse la manière dont chacune et chacun participent à la construction des modèles, des constructeurs de puces GPU à la constitution de jeux de données « immenses ». Ces derniers sont souvent constitués « sans la connaissance ni le consentement des personnes à l’origine des données, dont les utilisateurs de réseaux sociaux ou les artistes », et jusqu’à la génération de textes, images et autres contenus multimédia que ces machines produisent, « mimant ou singeant les données sur lesquelles elles ont été entraînées ».

Dans le cas présent, l’organisation se focalise sur les produits développés et promus sur la seule et spécifique base de leur capacité à générer de l’image, de la vidéo, de l’audio ou du texte – dont les principaux outils grand public que sont ChatGPT, Dall-E, Gemini, Midjourney, LLaMa, Stable Diffusion et DeepSeek. Elle ne s’intéresse donc pas à l’IA générative en tant que fonctionnalité déployée dans des outils plus larges. Et sa principale conclusion est claire : le « scraping à grande échelle et l’entraînement nécessaire à la construction de nombreux modèles d’IA générative » créent des problématiques de droits humains en amont et en aval de leur chaîne de fabrication.

À ce titre, l’association appelle à interdire les systèmes d’IA génératifs construits sur ces pratiques, dans la mesure où le scraping non consenti et à grande échelle est « fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains ».

Domination culturelle et linguistique anglophone

Parmi elles : « l’expansion des coûts environnementaux de l’IA générative » provoquée par l’augmentation de leur taille et du nombre de données nécessaires à leur entraînement « a des effets négatifs qui touche les pays de la majorité globale de manière disproportionnée ».


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☕️ La France attaquée devant la CEDH dans une affaire de « pornographie du viol »

2 juin 2026 à 07:47


La France est mise en cause devant la Cour européenne des droits de l’homme par une femme victime de diffusion de captations vidéo de son viol.

Face à la Cour, elle dénonce la décision de la Justice française ne pas qualifier les faits de « traite des êtres humains » et interroge la manière dont l’État a évalué le consentement. 


Outre la prise de contact avec les victimes par l’intermédiaire d’un faux profil Facebook, l’affaire a par ailleurs impliqué la diffusion de « vidéos amateurs relevant de la pornographie du viol », représentant des sévices « particulièrement violents et dégradants, souvent accompagnés d’injures sexistes ou racistes ».

Sur le versant numérique, la requérante demande donc à la Cour européenne de se prononcer sur les mesures prises par les autorités françaises pour « protéger la dignité, l’intégrité et la vie privée de la requérante – victime présumée de violences sexuelles – notamment en empêchant la diffusion des vidéos la représentant lors des faits allégués ».

Balance de la justice

Comme le souligne le juriste Nicolas Hervieu, c’est la deuxième fois cette année que la France est mise en cause devant la CEDH pour une absence de suppression « rapide et définitive » des vidéos de viols accessibles en ligne.

La première plainte a été déposée par une autre femme, partie civile de l’affaire dite « French Bukkake ». Ce site internet diffusait des vidéos pornographiques et proposait aux abonnés, contre paiement, de participer à des tournages, voire d’obtenir des prestations sexuelles. Les mis en cause seront jugés aux Assises.

Dans les deux cas, les victimes qualifient la circulation des images de « victimisation secondaire », une description qui s’entend aussi du côté d’autres types de victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel (par exemple exposées à la diffusion d’images intimes initialement créées pour le cadre privé, pratique parfois qualifiée de « revenge porn »).

En 2024, Google avait été condamné par le tribunal de Paris à verser 2 000 euros à une plaignante pour avoir tardé à déréférencer des vidéos dans lesquelles elle apparaissait.

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