Vue normale

L’Afrique va payer le prix fort du blocage du détroit d’Ormuz, même après sa réouverture

Les économies les plus vulnérables ont subi de plein fouet les effets de la fermeture du détroit d’Ormuz. Dans une étude publiée le 30 juin, la Cnuced, l’agence onusienne pour le commerce et le développement, avertit que ces répercussions vont se poursuivre même après la réouverture de cette voie maritime stratégique. L’Afrique est particulièrement concernée.

© Photo Amirhosein Khorgooi/ISNA/REUTERS

Un navire dans le détroit d’Ormuz près du littoral de Bandar Abbas, en Iran, le 30 juin 2026.

Le marché automobile français de juin 2026 dopé par le véhicule électrique

1 juillet 2026 à 09:50

Avec une hausse de 11,4 % par rapport au mois de juin 2025, le marché français automobile continue de retrouver un peu de couleurs. Il est porté par les véhicules électriques qui représentent 30 % de part de marché. Un peu moins de un véhicule sur trois est 100 % électrique !

Un bon mois de juin sur le front des immatriculations

188 787 immatriculations selon les chiffres AAA Data pour la PFA (plateforme automobile). Attention, juin 2026 comptait 22 jours ouvrés contre 20 en 2025. Corrigé des jours ouvrés, on serait donc plus sur une hausse de 1,2 %. Mais « on prend » ces bons chiffres. Les VUL de leur côté son en replis. Signe d’une moindre confiance des entreprises ? D’un certain attentisme ?

Entre Stellantis et le groupe Renault, c’est Stellantis qui grimpe le plus. Avec +9,5 % il se refait un peu la cerise. Il faut dire que Renault a déjà connu une remontée précédemment. Ici +1 % pour le groupe au losange. Toyota remonte un peu après avoir connu aussi des mois difficiles. +4,2 %.

Si on regarde le détail pour Stellantis, on a une bonne performance (enfin) de Citroën avec +9,8 %. La stratégie de la C3 « abordable » semble payer. Peugeot affiche aussi un joli +4,2 %, moins fort que le marché, mais rassurant. Surtout qu’il n’y a pas à proprement parlé de nouveautés pour le moment chez le lion.

Du côté de Renault, Dacia comme Renault sont en léger recul d’environ 1 %. Ce qui permet au groupe de croître un peu c’est…Alpine ! De 616 immatriculations en juin 2025 à 1 630 en juin 2026. Là encore, merci l’électrique pour la marque de Dieppe.

MarqueVolume juin 2026Volume juin 2025%Variation
TOTAL MARCHE188 787169 506+11,37
STELLANTIS45 80141 810+9,55
ABARTH2096-79,17
ALFA ROMEO611548+11,50
CITROEN12 39511 292+9,77
DS1 6881 628+3,69
FIAT3 8671 819+112,59
JEEP8571 153-25,67
LANCIA11475+52,00
MASERATI612-50,00
OPEL3 6243 477+4,23
PEUGEOT22 61921 710+4,19
GROUPE RENAULT50 28649 767+1,04
ALPINE1 630616+164,61
DACIA16 24616 451-1,25
RENAULT32 41032 700-0,89
GROUPE VOLKSWAGEN26 95626 638+1,19
AUDI5 9675 275+13,12
BENTLEY46-33,33
CUPRA2 4932 404+3,70
LAMBORGHIN1115-26,67
PORSCHE407475-14,32
SEAT1 3641 831-25,51
SKODA5 4075 085+6,33
VOLKSWAGEN11 30311 547-2,11
GROUPE B.M.W9 4738 829+7,29
B.M.W.6 4046 285+1,89
MINI3 0672 544+20,56
ROLLS ROYC20
GROUPE TOYOTA10 84510 407+4,21
LEXUS444521-14,78
TOYOTA10 4019 886+5,21
GROUPE FORD3 8954 706-17,23
FORD3 8954 706-17,23
GROUPE NISSAN2 5702 560+0,39
NISSAN2 5702 560+0,39
GROUPE DAIMLER4 4435 457-18,58
MERCEDES4 2805 359-20,13
SMART16398+66,33
GROUPE HYUNDAI7 8696 634+18,62
HYUNDAI3 8153 501+8,97
KIA4 0543 133+29,40
GROUPE GEELY1 5601 586-1,64
VOLVO1 3461 200+12,17
LOTUS57-28,57
POLESTAR16411+1 390,91
LYNK CO45368-87,77
GROUPE TATA13230+340,00
JAGUAR00
LAND ROVER13230+340,00
GROUPE SUZUKI2 1171 703+24,31
SUZUKI2 1171 703+24,31
GROUPE MITSUBISHI82335-75,52
MITSUBISHI82335-75,52
TESLA7 4743 646+104,99
AUTRES15 2845 398+183,14

Un semestre en demi-teinte

Pour en terminer avec « nos » deux groupes automobiles, sur le premier semestre 2026, Stellantis est atone avec +0,6 % et le groupe Renault recule de 3,8 %. Pour le groupe Renault, c’est Dacia qui recule fortement avec -10 % (-1,4 % pour Renault) quand chez Stellantis on a DS à -10,2 %, mais surtout Peugeot à -8,2 % car la marque représente près de la moitié des ventes de Stellantis en France.

Si on regarde les autres groupes automobiles, le groupe Volkswagen est à +1,2 %, Nissan à +0,39, mais surtout le groupe Hyundai-Kia à +18,64 % avec Kia à près de +30 %. Les deux premiers perdent des parts de marché quand le dernier en reprend après avoir reculé plusieurs mois.

Ford et Mercedes, les grands perdants

En revanche, le gadin continue pour Ford avec -17,23 % et un volume de 3 895 immatriculations en juin 2026. Quant à Mercedes, il recule de 20,13 % à 4 280 unités ! Smart vend à peine 163 véhicule (et sans doute pas mal aux concessions). Vous en avez déjà croisé des nouvelles smart ?

A noter que Ford + Mercedes = 8 175 soit à peine plus que Tesla à lui tout seul qui a enregistré une livraison record de 7 474 véhicules. Notez un Suzuki à +24,31 %. Pas simal.

Sur le semestre, même nombre de jours ouvrés, le marché est étal avec +1,78 %. Stellantis est à +0,56 % avec Alfa Romeo, DS, Jeep et surtout Peugeot qui tire le groupe vers le bas quand Citroën ou Opel grimpent de 7 et 12 % respectivement. Chez Renault, Alpine affiche +30 % grâce à l’A290 et à la fin de l’A110 quand Dacia recule de 10 % et Renault de 1,4 %. BMW croît un peu à +3,15 % surtout grâce à Mini (+9,65 %).

Chez Volkswagen, Skoda sourit, VW fait la grimace

Toyota est en recul de 8 %, VW de 1,66 % rattrapé surtout par Skoda. Hyundai-Kia recule de 6,3 % surtout à cause de Hyundai. Le recette des bonnes ventes en France a été perdue ? Et on a toujours notre groupe Ford à -18,43 %. Il faut dire qu’en jetant aux orties la Fiesta et la Focus qui cartonnaient encore, Ford a misé sur le SUV, plus cher en moyenne. Mauvaise pioche.

Daimler surnage sur le semestre avec -0,35 %. Et donc on retrouve Tesla qui grâce au « nouveau » Model Y et un peu la Model 3, croît de 140 %. Ces chiffres on ne les trouve généralement qu’avec des petits volumes comme Land Rover à +700 % mais 654 véhicules en six mois. Là, Tesla c’est 28 694 immatriculations soit 6 500 de moins que Hyundai-Kia, presqu’autant que BMW et plus que Skoda.

Voitures Particulières (VP) dont6 mois 2026variation en %
STELLANTIS230 959+0,6
ABARTH154-60,4
ALFA ROMEO2 882-18,6
CITROEN65 810+7,0
DS7 025-10,2
FIAT16 451+68,9
JEEP5 133-5,1
MASERATI33-31,3
OPEL19 177+11,9
PEUGEOT113 479-8,2
GROUPE RENAULT223 574-3,8
ALPINE3 887+30,0
DACIA68 951-10,0
RENAULT150 736-1,4
GROUPE TOYOTA56 259-8,0
LEXUS2 500-22,9
TOYOTA53 759-7,2
AUTRES346 374+8,6
TOTAL857 166+1,8

Top 25 de juin 2026 par modèle

La Peugeot 208 caracole en tête avec plus de 8500 immatriculations devant la Sandero et la Clio VI. Mais, attention, la Clio V continue de s’immatriculer. Clio V + Clio VI c’est 10 000 immatriculations (9 986 exactement). Impressionnant !

Les bons chiffres de Tesla sont faits quasiment qu’avec le Model Y qui affiche 6 635 immatriculations sur juin. La Model 5 peine à 830 unités environ. Le Model Y est donc encore le champion du marché électrique français, devant la Renault 5 qui ne démérite pas à 4 213 unités. Chez Renault, la R4 est à 1064 immatriculations, la Renault Twingo à 2 678 unités. La sauce commence à prendre. Cela devrait s’accélérer avec le leasing social pour la petite grenouille.

A noter que 19 véhicules sur ce top 25 sont du groupe Renault ou de l’ex-PSA.

PositionModèleImmatriculations juin 2026
1PEUGEOT 208 II8530
2DACIA SANDERO 37747
3RENAULT CLIO VI6735
4TESLA MODEL Y6635
5PEUGEOT 2008 II5546
6RENAULT RENAULT 54213
7CITROEN C3 IV3588
8RENAULT CLIO V3251
9PEUGEOT 3008 III3183
10DACIA DUSTER 33101
11RENAULT CAPTUR II2976
12TOYOTA YARIS CRO2829
13TOYOTA YARIS2823
14RENAULT TWINGO IV2678
15RENAULT SYMBIOZ2502
16RENAULT SCENIC V2495
17VOLKSWAGEN POLO VI2486
18PEUGEOT 308 III2307
19DACIA BIGSTER2276
20CITROEN C5 AIR II2237
21CITROEN C3 AIRCR.2185
22VOLKSWAGEN T-ROC II2006
23RENAULT AUSTRAL1996
24PEUGEOT 5008 III1918
25TOYOTA C-HR II1566

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ETF, SCPI… Les limites et les risques de ces placements financiers qui séduisent de plus en plus d’épargnants

DÉCRYPTAGE - Ces stars de l’épargne ont retenu l’attention de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans sa cartographie des risques pour 2026.

© peopleimages.com / ADOBE STOCK

Les investisseurs sont de plus en plus jeunes, passent par des néocourtiers accessibles depuis leur téléphone, et choisissent de préférence des titres américains.

Six mois après l’adoption de l’euro, les Bulgares digèrent mal la hausse généralisée des prix

Six mois après l’adoption de la monnaie unique, les Bulgares sont persuadés que tout est désormais plus cher dans leur pays. Et de fait, les prix des denrées les plus basiques s’envolent, en particulier sur la côte de la mer Noire, où tout flambe à l’approche de la saison touristique. Mais le passage à l’euro ne saurait être le seul coupable, nuance la presse.

© PHOTO NIKOLAY DOYCHINOV/AFP

La plage du resort Black Sea, à Albena, en Bulgarie, photographiée le 17 août 2025. Albena est située juste au nord de Varna, station balnéaire touristique qui subit cette année de plein fouet la hausse des prix.

L’UE et la Chine s’accordent pour apaiser les tensions commerciales sur fond de déficit abyssal

Les responsables du commerce de l’Union européenne (UE) et de la Chine se sont rencontrés le 29 juin pour tenter de régler leurs nombreux différends commerciaux au travers d’un mécanisme de concertation qui doit durer trois mois. Si Bruxelles et Pékin se félicitent de cette initiative, la méfiance est toujours de mise.

© PHOTOS PEDRO PARDO, ANNABELLE GORDON/AFP

Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic (à droite) a rencontré à Bruxelles son homologue chinois Wang Wentao le 29 juin 2026.

Derrière Shein et Temu, NordVPN, roi des sponsos tech sur les réseaux sociaux

30 juin 2026 à 14:12
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Derrière Shein et Temu, NordVPN, roi des sponsos tech sur les réseaux sociaux

Avec son nouvel Observatoire des pratiques de l’influence, l’association Paye ton influence éclaire les pratiques publicitaires des marques de grande consommation. Que ce soit en matière de partenariats avec des influenceurs ou de publications sponsorisées, les géants de l’ultra fast-fashion Shein et Temu inondent TikTok, Instagram et YouTube.

Pour qui les créatrices et créateurs de contenu en ligne font-ils de la publicité ? Dans 16 % des cas, pour des marques de mode, dans 17 % des cas, pour des marques de beauté. La technologie arrive en troisième position (11,5 % des publicités), suivie par l’alimentation (11,3 %).

Deux des dix marques qui ont le plus de partenariats avec des influenceurs sont des marques à impact sociaux et écologiques « jugés négatifs », indique l’Observatoire des pratiques de l’influence : Temu et Shein. Ces enseignes correspondent aux « marques aux impacts négatifs avérés, comme la fast-fashion, les industries fossiles, etc », explique à Next Amélie Deloche, cofondatrice de l’association Paye ton Influence.

Dans l’analyse menée avec l’aide de l’ONG Data for Good, ce type de marques représente 10 % du panel de 1 308 enseignes repérées. Elles totalisent en revanche 18 % des publications sponsorisées étudiées. L’enjeu d’autant plus important que l’ensemble des internautes s’informe désormais plus via les plateformes, notamment sociales, que via les sites web ou applications de média. C’est donc là qu’ils sont le plus exposés à des publicités, en particulier lorsqu’ils ont entre 18 et 24 ans. En effet, dans cette tranche d’âge, plus d’une personne sur deux (52 %) déclare consommer son information sur les réseaux sociaux et plateformes de vidéos.

Lutter contre les impacts environnementaux de la consommation.

Créé en décembre 2021, Paye ton influence veut « provoquer le réveil écologique du secteur de l’influence et responsabiliser ses acteurs ». En pratique, il s’agit de dénoncer « les imaginaires à rebours des enjeux environnementaux popularisés par les influenceurs : surconsommation, partenariats avec des entités responsables d’impacts écologiques et sociaux importants, mise en avant de lobbies », indique l’association sur sa page Tipeee.


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Canicule : les ventes des fabricants asiatiques de climatiseurs explosent

Les géants asiatiques de l’électroménager, spécialistes des climatiseurs mobiles, augmentent leur production pour répondre à la demande en Europe, tandis que les investisseurs parient sur la demande de systèmes de refroidissement industriels.

© PHOTO NICOLAS GUYONNET/HANS LUCAS/AFP

Des climatiseurs de la marque chinoise Midea dans un magasin de bricolage et de décoration de l’enseigne Leroy Merlin à Valence, dans la Drôme, en mai 2026.

Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

30 juin 2026 à 12:56
Le pays du matin vénère
Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

Entouré des représentants de Samsung et de SK hynix, le président sud-coréen Lee Jae Myung a annoncé lundi un plan d’investissement public privé sans précédent. Il doit permettre de doubler la capacité de production de mémoire vive du pays d’ici cinq ans, mais aussi de positionner le pays comme un leader en matière de datacenters et de robotique. Les différentes enveloppes évoquées dépassent allègrement la barre des 1 000 milliards d’euros, mais risquent de se heurter à quelques contingences matérielles…

C’est lors d’une allocution télévisée, et entouré des patrons de Samsung Electronics et de SK hynix, que le président sud-coréen Lee Jae Myung a dévoilé, lundi 29 juin, les trois « méga projets » qui permettront, selon lui, de positionner le pays en première position dans la course au progrès technologique. La démarche est présentée non pas comme un objectif de développement économique, mais comme une question de survie, selon ses propos rapportés par le Korea Herald :

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. »

Le gouvernement sud-coréen justifie cette déclaration alarmante par un rappel du déclin que connaitrait l’économie nationale, avec un taux de croissance potentielle passé de 3,4 % en 2013 à 1,9 % en 2025 (données OCDE de février 2026), sous l’effet du vieillissement et de la baisse de la population active.

Le gouvernement sud-coréen justifie son plan massif par le ralentissement structurel de sa croissance potentielle – capture d’écran Next

Les trois méga projets englobent donc trois domaines de pointe connexes : les semiconducteurs, incarnés principalement en Corée du Sud par la fabrication de mémoire vive, dont Samsung et SK hynix sont les leaders mondiaux, la robotique et les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, autrement dit les datacenters.

Doubler la production de RAM d’ici cinq ans

La fabrication de mémoire vive, et plus particulièrement des mémoires HBM exploitées dans les GPU ou les puces spécialisées dédiées à l’intelligence artificielle, figure déjà au centre des préoccupations industrielles de la Corée du Sud. Fin 2024, le pays avait ainsi déjà encouragé (financièrement et au moyen de facilités réglementaires) les projets d’investissement portés par Samsung et SK hynix, qui doivent donner naissance à d’immenses complexes dans la région de Yongin, au sud de Séoul.

La crise de la mémoire vive et les trajectoires d’investissements dans l’IA (plus de 700 milliards de dollars promis en 2026 par les seuls hyperscalers) semblent avoir aiguisé les appétits sud-coréens. « Nous vivons un moment véritablement décisif, car le paysage de l’économie mondiale est en pleine mutation, a encore déclaré le président sud-coréen. Les grandes puissances, dont les États-Unis et la Chine, sont engagées dans une concurrence acharnée aux enjeux colossaux ».

Résultat des courses : Lee Jae Myung aligne des chiffres qui donnent le tournis. La ventilation exacte entre financements publics et fonds privés n’est pas précisée, mais il est question de 400 billions de wons (environ 225 milliards d’euros) d’investissements supplémentaires portés par SK hynix, tandis que Samsung investirait une somme équivalente, pour un nouveau complexe industriel dédié à la mémoire HBM situé dans la banlieue de Gwangju, plus au sud-ouest. Ce dernier bénéficierait donc d’une enveloppe totale de près de 500 milliards de dollars.


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Le risque d’une crise inflationniste est-il déjà écarté en France ?

DÉCRYPTAGE - La hausse des prix a nettement reculé en juin pour s’établir à 1,8 %, contre 2,4 % en mai, principalement en raison du ralentissement des produits pétroliers. Les experts sont partagés sur l'impact de cette trajectoire sur l’économie.

© Sarah Meyssonnier / REUTERS

Ce mardi matin, le ministre de l’Économie Roland Lescure voulait voir dans le recul de l’inflation un « signal de relance ».

La Hongrie peut-elle passer à l’euro d’ici à 2030 ?

Défenseur de la monnaie unique, le Premier ministre Peter Magyar ambitionne de faire entrer le pays dans l’antichambre de la zone euro d’ici à la fin de son mandat. Si la tâche est réalisable, les obstacles restent nombreux, car la Hongrie doit encore se remettre de la “politique économique hasardeuse” du pouvoir précédent, avertissent médias et experts.

© PHOTO JOHN THYS/AFP

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, tiennent une conférence de presse conjointe à l’issue de leur rencontre au siège de l’Union européenne à Bruxelles, le 29 mai 2026.

Alliance Renault-Nissan : Renault reprend la main et fait tomber un administrateur clé de Nissan

29 juin 2026 à 16:20

Renault vient d’envoyer un signal fort à son partenaire japonais. Les actionnaires de Nissan ont voté contre le renouvellement de Motoo Nagai au conseil d’administration — un administrateur indépendant auquel Renault a retiré son soutien. Un geste rare, mesuré, mais lourd de sens.

Un vote qui ne doit rien au hasard

Lors de la dernière assemblée générale de Nissan, les actionnaires ont voté contre le maintien de Motoo Nagai au sein du conseil d’administration. Derrière ce vote, une main française. Renault, premier actionnaire de Nissan avec environ 36 % du capital, avait délibérément choisi de ne pas soutenir la nomination de ce dernier.

Le constructeur au losange a justifié sa position en évoquant des questions d’indépendance, tout en prenant soin de préciser dans un communiqué qu’il s’agissait d’une décision mûrement réfléchie, reflet de sa retenue habituelle vis-à-vis des affaires internes de Nissan — et non d’une opposition frontale.

La nuance est diplomatique. Le fond, lui, est clair : Renault n’hésite plus à peser de tout son poids quand ses intérêts sont en jeu.


Qui est Motoo Nagai, et pourquoi son éviction compte ?

Motoo Nagai n’est pas un administrateur ordinaire. Ancien banquier du groupe Mizuho Financial — principal créancier de Nissan — il avait acquis une influence considérable sur les nominations à la direction de l’entreprise après la chute de Carlos Ghosn. C’est également lui qui s’était fait le promoteur actif d’un rapprochement entre Nissan et Honda, projet d’alliance domestique japonaise qui a finalement capoté en 2025.

Son départ du conseil n’est donc pas anodin. Il marque la fin d’une ligne de pensée orientée vers un repli nippon — et potentiellement l’ouverture vers des partenariats technologiques internationaux, dont Renault pourrait bénéficier.


Un actionnaire minoritaire dans les droits, majoritaire dans les faits

La situation actionnariale de l’Alliance est paradoxale. Renault détient environ 36 % du capital de Nissan, mais ne dispose que de 15 % des droits de vote — une asymétrie négociée lors de la refonte de l’Alliance en 2023, quand les deux partenaires avaient entrepris de rééquilibrer leurs relations après des années de tensions.

Malgré cette limitation formelle, le retrait du soutien de Renault à la nomination de Nagai a suffi à faire basculer le vote. Ce qui dit, au fond, que le poids symbolique et économique de Renault chez Nissan reste bien supérieur à ce que les statuts laissent entendre.

Pour les analystes de la place londonienne, ce geste révèle une préoccupation croissante de Renault face à l’avenir de son partenaire japonais : le constructeur français est d’ordinaire très prudent lorsqu’il s’agit d’intervenir dans les affaires internes de Nissan.


Deux groupes en difficulté, deux stratégies divergentes

Ce coup de force intervient dans un contexte difficile pour les deux partenaires.

Du côté de Nissan, le PDG Ivan Espinosa pilote une restructuration de grande ampleur : suppressions de 20 000 emploisfermeture de sept usines dans le monde. Pionnier du véhicule électrique avec la Leaf dès 2010, le constructeur n’a pas réussi à s’imposer durablement face à Tesla en Amérique du Nord ni face aux marques chinoises sur leur propre marché. Des premiers signes de redressement commencent toutefois à apparaître : Nissan vise le rebond grâce à sa restructuration.

Du côté de Renault, le nouveau PDG François Provost a affiché dès sa prise de fonction une priorité : la maîtrise des coûts. Le groupe a parallèlement cherché de nouveaux alliés — notamment en s’associant avec le chinois Geely sur certains marchés comme le Brésil et la Corée du Sud, une stratégie déjà engagée de longue date et qui s’est notamment concrétisée par la coentreprise Horse dédiée aux moteurs thermiques, aux côtés de Geely et d’Aramco.


Rapprochement ou éloignement ? La question reste ouverte

L’éviction de Nagai pose davantage de questions qu’elle n’en résout. S’agit-il pour Renault d’un premier pas vers un désengagement progressif de Nissan ? Ou au contraire, d’un repositionnement stratégique visant à reprendre la main avant une coopération renforcée ?

Tout dépendra du profil du successeur de Nagai. Si Nissan désigne un administrateur indépendant ouvert aux partenariats technologiques internationaux, la voie d’un rapprochement reste envisageable. Si c’est un autre défenseur du repli japonais qui prend sa place, le fossé entre les deux groupes risque de se creuser davantage. Ce qui est certain, c’est que Renault a rappelé qu’il restait le premier actionnaire de Nissan. Et que Nissan a entendu le message.

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Volkswagen pourrait supprimer jusqu’à 100 000 emplois : un plan inédit évoqué en Allemagne

29 juin 2026 à 15:05

Volkswagen envisagerait de supprimer jusqu’à 100 000 emplois d’ici la fin de la décennie, selon des informations publiées par la presse allemande. Le constructeur n’a pas confirmé ces chiffres. Il indique que les projets évoqués doivent encore être examinés par ses instances de décision.
Cependant, c’est un séisme de grande ampleur dans le pays.

Un projet de réduction des effectifs encore non validé

Selon le magazine allemand Manager Magazin, qui cite deux sources non identifiées, Volkswagen préparerait donc un plan pouvant aller jusqu’à 100 000 suppressions de postes d’ici 2030.

En mars dernier, le groupe avait déjà annoncé un objectif de 50 000 suppressions d’emplois en Allemagne à l’horizon 2030. Des réformes jugées insuffisantes. Si le nouveau projet était validé, il représenterait une réduction d’environ 15 % des effectifs mondiaux du constructeur, qui emploie actuellement 657 000 personnes.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Volkswagen a indiqué que le groupe ne commentait pas des documents internes. Toutefois, il a précisé que les mesures évoquées devaient encore être examinées et validées par les instances compétentes. Cela valide donc ces hypothèses évoquées par la presse Outre-Rhin.

Une industrie confrontée à plusieurs difficultés

Volkswagen explique évoluer dans un contexte de profonde transformation du secteur automobile.

Le groupe fait notamment face à la hausse des coûts de l’énergie, à une concurrence renforcée des constructeurs chinois, aux difficultés liées à la transition vers les véhicules électriques ainsi qu’aux tensions commerciales avec les États-Unis.

Selon les informations rapportées, la baisse des ventes conduit également le constructeur à envisager une réduction de ses capacités de production.

Quatre usines allemandes concernées

D’après les informations publiées par Manager Magazin, le mensuel économique du groupe Der Spiegel, quatre usines situées en Allemagne pourraient être menacées de fermeture.

Le syndicat IG Metall ainsi que les représentants des salariés ont annoncé leur opposition à ce projet. Le Land de Basse-Saxe, actionnaire à hauteur de 20 % de Volkswagen et représenté au conseil de surveillance, s’est également prononcé contre toute fermeture de site.

Le conseil de surveillance doit se réunir le 9 juillet 2026 pour examiner ces questions.

Une forte inquiétude dans les territoires concernés

À Emden, où une usine Volkswagen emploie environ 8 000 personnes pour une ville de 50 000 habitants, les informations relayées par la presse suscitent évidemment de vives inquiétudes.

Selon les éléments rapportés, la fermeture de plusieurs sites en Allemagne constituerait une situation sans précédent pour le constructeur. Les représentants des salariés et les autorités régionales ont déjà annoncé leur volonté de s’opposer à d’éventuelles fermetures.

D’autres « thérapies de choc » font aussi l’objet de rumeurs. C’est par exemple le cas d’une séparation de la marque Volkswagen du reste du groupe.

VW peut-il vraiment supprimer 100 000 emplois ?

La question mérite de se poser car dans le groupe, chaque marque a des accords de garantie de l’emploi qui lui sont propres. Et Volkswagen a un accord qui court jusqu’en 2030 justement, comme Porsche, et Audi jusqu’en 2033.

Autant dire que pour déroger à ces accords, il faudra que toutes les parties tombent d’accord, ce qui est loin d’être gagné. Gageons que si VW veut aller dans cette direction, il se heurtera à des manifestations et grèves monstres.

Sur fond de rumeurs, l’action VW est tombée aujourd’hui en-dessous des 72 euros. Même lors du Dieselgate, ou de la Covid-19 en 2020, le plancher des 90 € n’avait pas été enfoncé. Depuis 15 jours, l’action est passée de 90,42 € le 15 juin à 71,88 en direct (29 juin 16h45).

Notre avis, par leblogauto.com

« Too big to fail » dit-on aux USA. Et pourtant des géants sont déjà tombés par le passé. Même la General Motors n’avait supprimé « que » 74 000 emplois fin 1991, puis plus de 60 000 au moment de la crise des subprimes.

En 1993, Volkswagen avait annoncé un plan de 30 000 suppressions d’emplois. Il semble que l’industrie continue sa révolution et que si l’Allemagne a résisté un peu plus longtemps que la France ou l’Italie, elle doive désormais mettre un genou à terre. Attention à pouvoir se relever ensuite.

L’article Volkswagen pourrait supprimer jusqu’à 100 000 emplois : un plan inédit évoqué en Allemagne est apparu en premier sur Le Blog Auto.

Polestar en France : le CEO Michael Lohscheller répond sans filtre- Interview exclusive

29 juin 2026 à 14:17

Polestar est enfin en France. Après des années d’absence forcée — un litige juridique avec Citroën autour du logo — la marque suédoise débarque sur l’un des marchés électriques les plus importants d’Europe. Et son CEO, Michael Lohscheller, ne mâche pas ses mots.

Dans cette interview exclusive accordée à LeBlogAuto.com, il répond à toutes les questions : la stratégie de croissance, les quatre nouveaux modèles à venir, le retour aux concessions physiques, la proximité avec Geely et Volvo, le bonus écologique qui pénalise les voitures fabriquées en Chine, et l’objectif de rentabilité.

Un dirigeant direct, lucide sur les défis, et visiblement convaincu que Polestar a sa place sur le marché français. Ancien patron d’Opel, de VinFast et de Nikola, Michael Lohscheller connaît les transformations difficiles. Il nous livre ici la leçon qu’il retient de toutes ces expériences — et comment il l’applique chez Polestar.

Transcription

Stratégie & vision globale

1. Polestar ambitionne de passer de 60 000 ventes en 2025 à 100 000 par an. Quelle est votre feuille de route concrète pour y parvenir, et quel calendrier vous fixez-vous ?

Oui effectivement l’année dernière, nous avons vendu 60 000 véhicules, ce qui représentait une hausse de 35 % par rapport à l’année précédente . Nous sommes centré sur l’Europe qui est un marché très important pour les véhicules électriques et notamment la France où nous démarrons nos opérations depuis peu. Nous allons introduire quatre nouveaux modèles dans les trois prochaines années. Et oui, vendre 100 000 voitures et notre objectif le plus tôt possible, mais tout en gardant l’esprit que notre croissance doit être responsable.

2. Vous préparez quatre nouveaux modèles dans les trois prochaines années — dont la Polestar 5. Comment garantissez-vous que chaque nouveau modèle reste distinctement « Polestar » et ne se confond pas avec Volvo, alors que vous partagez des plateformes et une technologie commune ?

Au plan des lancement, nous commencerons cette année avec 5 Polestar qui est une GT sportive et qui résume parfaitement les valeurs de la marque. Puis au cours du second semestre, nous allons présenter une nouvelle version de la Polestar 4 plus orientée SUV.

L’année prochaine nous présenterons une nouvelle version de Polestar 2 qui a été notre meilleure vente jusqu’à présent et qui sera entièrement renouvelée. Ensuite, nous lancerons le SUV compact Polestar 7. Donc effectivement il y aura bien quatre nouveaux modèles sur cette période qui adressent le hautdegamme, mais aussi les segments plus accessibles du marché.

3. Vous avez abandonné le modèle de vente 100 % en ligne au profit d’un réseau de concessionnaires physiques, en visant 300 points de vente dans le monde. Était-ce un virage douloureux à opérer, et qu’est-ce que cela vous dit sur la façon dont les clients premium veulent acheter une voiture aujourd’hui ?

Ce fut un pivot important lorsque nous avons réalisé que la clientèle voulait des endroits physiques, pouvoir parler des véhicules, les voir, les tester et échanger avec des experts. C’est une sorte de renaissance des points de vente et effectivement un maillon très important de notre distribution sinon son futur. Nous visons 300 points de vente à l’échelle mondiale et l’on en compte environ 260 aujourd’hui. Et notre plan est également très ambitieux pour le marché français.

Identité & positionnement au sein de l’écosystème Geely

4. Geely vous apporte un avantage compétitif en matière de technologie batterie, d’ingénierie des coûts et de fabrication — mais cette proximité avec un groupe chinois complique-t-elle aujourd’hui votre discours auprès des clients européens, dans le contexte géopolitique actuel ?

Il faut tout d’abord rappeler que Polestar est une marque suédoise, née en Suède, historiquement c’était une équipe de course pour Volvo. Il y a donc un ADN suédois que nous entendons préserver, c’est pour ça que notamment, le design, comme la recherche-développement et le management sont basés en Suède.

Mais oui effectivement nous avons accès aux technologies Volvo et Geely, ce qui est pour nous un réel avantage compétitif, car l’ensemble des OEM souhaiteraient avoir accès à ces technologies.

5. Comment Polestar se positionne-t-elle face à Zeekr et Volvo — deux marques qui partagent le même actionnaire et, dans certains cas, les mêmes plateformes ? Où commence Polestar et où s’arrêtent les autres ?

D’abord, visuellement par un design scandinave, comme je l’ai rappelé, et par des intérieurs qui sont fait dans une très grande partie à partir de matière recyclée, témoignant de notre préoccupation environnementale. Et enfin, le niveau de performance est également une valeur spécifique à Polestar. Pour le résumé, en une phrase, on pourrait dire que ce qui caractérise notre marque, c’est un design suédois assorti à une performance responsable. Ce qui nous positionne de façon très singulière par rapport aux autres marques que vous évoquiez.

6. Volvo a considérablement réduit sa participation dans Polestar. Maintenant que les liens avec Volvo se distendent, Polestar peut-elle encore revendiquer une inspiration européenne — ou ce récit devient-il de plus en plus difficile à tenir ?

Oui bien sûr, en plus des éléments que j’ai déjà évoqué, il convient de rappeler que Volvo est un partenaire clé au plan technologique, mais pas seulement, notre réseau de distribution et d’entretien par exemple fait que chaque point de vente ou d’entretien Volvo est aussi un point Polestar. Nous avons donc de nombreux liens avec Volvo qui témoignent de cette proximité.

Marché français — 4 questions

7. Polestar a mis du temps à arriver en France, notamment à cause d’un litige juridique avec Citroën autour du logo. Quel regard portez-vous rétrospectivement sur ces années perdues sur ce marché, et dans quelle mesure ce retard a-t-il changé votre stratégie d’entrée ?

Vous savez, moi je préfère regarder vers le futur, le passé, on ne peut pas le changer. Bien sûr ça aurait été mieux de pouvoir démarrer nos opérations plutôt, surtout sur un marché aussi essentiel que le marché Francais. Mais également en terme d’impact sur les autres marchés européens: C’est pourquoi je suis si content d’être ici pour réaliser l’ensemble de la dynamique française.

Mais en même temps je garde une perspective positive car grace de ce décalage, nous avons appris beaucoup d’autres choses sur les autres marchés que nous appliquons désormais au marché français.

8. Les premières données suggèrent que le lancement de Polestar en France se fait progressivement  avec dejà 15 points de vente et la perpective  de depasser rapidement la vingtaine: Est-ce suffisant pour installer la marque dans l’esprit des acheteurs français?

ll faut être réaliste et nous savons que cela va prendre du temps. On n’arrive pas à une notoriété de 90 % comme ça: il va falloir du travail et des améliorations. Mais il y a aussi le fait que plus on verra de Polestar circuler, plus la notoriété augmentera. Nous recherchons une croissance certes, mais soutenable, c’est une dimension fondamentale de notre marque. Et notre objectif est d’installer Polestar au coeur du marché des BEV en France.

9. Polestar considère la France comme le plus grand marché électrique en volume en Europe après l’Allemagne. Quels sont vos objectifs de ventes chiffrés pour la France à horizon trois ans, et comment comptez-vous vous différencier de Tesla, BMW ou Mercedes sur le segment premium ?

On pourrait également citer le marché britannique, mais oui le marché français est très important, c’est pour cela que nous sommes ici. Pour nous différencier, nous lisons sur le design suédois et les performances dans le cadre, je le rappelle d’une croissance soutenable. C’est un thème qui est rarement évoqué par la concurrence. Et évidemment le fait de délivrer de la performance car on peut être responsable mais souhaiter prendre du plaisir au volant.

Et je crois que nous nous distinguons assez bien, je vais vous donner un exemple, la Polestar 4 n’a pas de lunette arrière et c’est la seule voiture comme cela sur le marché. Hier en conduisant dans les rues de Paris j’ai vu beaucoup de pouces se lever sur le passage : c’est très encourageant, et c’est comme cela que nous souhaiterions nous distinguer.

10. La politique de bonus écologique en France pénalise structurellement les voitures fabriquées hors d’Europe — ce qui inclut les modèles Polestar produits en Chine. Comment gérez-vous cet obstacle réglementaire, et cela influence-t-il votre stratégie industrielle pour alimenter le marché français ?

Oui effectivement, et pour répondre à cela nous allons localiser une partie de notre production en Europe, ça sera notamment le cas de Polestar 7 comme nous l’avons annoncé. Pour le présent, nous essayons de développer une part de marché qui nous semble atteignable en tenant compte des contraintes réglementaires sur les différents marchés, dont le marché français.

Rentabilité & avenir

11. Vous avez rejoint Polestar avec un mandat clair : atteindre la rentabilité et l’équilibre des flux de trésorerie. Où en êtes-vous précisément sur cette trajectoire, et quand les actionnaires peuvent-ils raisonnablement espérer le premier exercice bénéficiaire ?

Il faut tout d’abord rappeler que la hausse de volume que vous évoquez en introduction, se traduit également par une hausse des revenus et une amélioration des indicateurs financiers. Nous sommes également recapitalisé à hauteur d’un milliard, et avons converti de la dette en actions pour améliorer nos fonds propres: nous disposons donc de plusieurs outils.

Le marché demeure néanmoins très compétitif en ce moment sans même évoquer le sujet des droits de douane auxquels nous sommes exposés ici ou là. Néanmoins, la situation s’améliore et le point d’équilibre se rapproche, je ne pourrai pas vous donner une date, j’imagine que vous n’en attendiez pas, mais on s’en rapproche.

12. Vous avez dirigé Opel, VinFast et Nikola — trois entreprises en pleine transformation difficile. Quelle est la leçon la plus précieuse tirée de ces expériences qui vous est le plus utile chez Polestar aujourd’hui ?

La leçon la plus précieuse pour moi est de rester ouvert d’esprit car les choses évoluent bien plus vite que l’on ne pourrait l’anticiper dans l’industrie automobile d’aujourd’hui. La transformation du secteur s’accélère et les recettes du passé ne s’appliquent plus : Il faut donc rester ouvert et apprendre de nouvelles choses. Il est également important d’être à l’écoute des autres.

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Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire

29 juin 2026 à 06:32
La revanche de Micron
Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire

Les fabricants de mémoire tiennent leur revanche. La demande est telle que ce sont eux, les vendeurs de pelles et de pioches dans cette ruée vers l’or de l’IA. Et pendant ce temps, tous les consommateurs souffrent, avec des hausses de prix vertigineuses sur tous les appareils électroniques… Mais les choses auraient pu être bien différentes si les constructeurs de ces mêmes appareils avaient joué le jeu.

La crise de la mémoire ? C’est de la faute des clients, affirme en substance Sumit Sadana, le directeur commercial de Micron, un des plus grands fournisseurs de mémoire au monde, avec Samsung et SK hynix. Avant que les grands acteurs de l’IA se mettent à acheter de la RAM haut de gamme à tout va pour équiper leurs datacenters, le marché de la mémoire était dans un creux.

Les rois du pétrole

« Nous avons dit à quelques clients qui se montraient très agressifs sur les prix à ce moment-là que ce n’était pas constructif », déplore le dirigeant au Wall Street Journal. Faute d’argent, les fabricants de mémoire, Micron en tête, ont dû suspendre leurs projets d’investissements en 2023 « en raison des prix et de marges vraiment très faibles ».

Évidemment, la situation est complètement inversée aujourd’hui, et Micron partage la couronne de roi du pétrole avec ses deux concurrents. Apple n’a pas été nommément citée par Sadana, mais le constructeur californien est parmi les plus gros clients des fabricants de mémoire. Il utilise ses énormes achats de RAM et de SSD comme levier pour obtenir les prix les plus bas. Une vision court-termiste qui a abouti à l’explosion des prix des appareils Apple la semaine dernière.

« Le secteur de l’électronique grand public fait face à une situation sans précédent. L’expansion rapide des centres de données dédiés à l’IA a provoqué une hausse extraordinaire de la demande en mémoire et en stockage. Nous n’avons jamais vu une augmentation du prix des composants aussi forte, aussi rapidement », s’est justifiée Apple. Avant de menacer de hausses supplémentaires à venir…

Au mois de janvier, Christopher Moore, vice-président de Micron en charge du marketing, avait tenté de défendre l’arrêt des gammes de produits Crucial, destinés au grand public. L’entreprise poursuivait cette activité, mais au travers de ses partenaires constructeurs OEM. Le résultat est à peu près le même, puisque les PC connaissent eux aussi une bouffée de chaleur tarifaire délirante.

Des capacités de production difficiles à construire

Il affirmait aussi que la filière de la mémoire s’efforçait de construire de nouvelles lignes de production. Un processus complexe qui met de nombreux mois avant d’aboutir, car il faut aussi prendre en compte les pénuries de main-d’œuvre, les réglementations et les besoins en énergie. Ce d’autant que la HBM nécessaire aux serveurs IA exige des protocoles délicats et sensibles.

Christopher Moore avait toutefois omis de rappeler que le marché de la mémoire fonctionne par cycles, entre phases d’abondance et périodes de tension. Faire sortir des usines de terre coûte très cher : les fabricants préfèrent donc avancer prudemment, même si cela prolonge les pénuries. Et puis, malgré les annonces de nouvelles capacités, leurs investissements restent sans commune mesure avec les dépenses engagées par les géants du cloud et de l’IA, dont les besoins explosent.

« Les pénuries de mémoire et de stockage prendront beaucoup de temps à se résorber », confirmait Sanjay Mehrotra, directeur général de Micron, durant les derniers résultats financiers de l’entreprise. Il s’attend à une amélioration progressive de l’offre… en 2028. « Nous n’avons actuellement aucune visibilité sur le moment où l’offre de mémoire pourra rattraper la demande croissante », indiquait-il encore au grand désespoir des consommateurs.

En attendant, le fabricant encaisse. L’entreprise a ainsi annoncé un bénéfice de 28,24 milliards de dollars durant son troisième trimestre, contre 1,88 milliard un an plus tôt.

Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire

29 juin 2026 à 06:32
La revanche de Micron
Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire

Les fabricants de mémoire tiennent leur revanche. La demande est telle que ce sont eux, les vendeurs de pelles et de pioches dans cette ruée vers l’or de l’IA. Et pendant ce temps, tous les consommateurs souffrent, avec des hausses de prix vertigineuses sur tous les appareils électroniques… Mais les choses auraient pu être bien différentes si les constructeurs de ces mêmes appareils avaient joué le jeu.

La crise de la mémoire ? C’est de la faute des clients, affirme en substance Sumit Sadana, le directeur commercial de Micron, un des plus grands fournisseurs de mémoire au monde, avec Samsung et SK hynix. Avant que les grands acteurs de l’IA se mettent à acheter de la RAM haut de gamme à tout va pour équiper leurs datacenters, le marché de la mémoire était dans un creux.

Les rois du pétrole

« Nous avons dit à quelques clients qui se montraient très agressifs sur les prix à ce moment-là que ce n’était pas constructif », déplore le dirigeant au Wall Street Journal. Faute d’argent, les fabricants de mémoire, Micron en tête, ont dû suspendre leurs projets d’investissements en 2023 « en raison des prix et de marges vraiment très faibles ».

Évidemment, la situation est complètement inversée aujourd’hui, et Micron partage la couronne de roi du pétrole avec ses deux concurrents. Apple n’a pas été nommément citée par Sadana, mais le constructeur californien est parmi les plus gros clients des fabricants de mémoire. Il utilise ses énormes achats de RAM et de SSD comme levier pour obtenir les prix les plus bas. Une vision court-termiste qui a abouti à l’explosion des prix des appareils Apple la semaine dernière.

« Le secteur de l’électronique grand public fait face à une situation sans précédent. L’expansion rapide des centres de données dédiés à l’IA a provoqué une hausse extraordinaire de la demande en mémoire et en stockage. Nous n’avons jamais vu une augmentation du prix des composants aussi forte, aussi rapidement », s’est justifiée Apple. Avant de menacer de hausses supplémentaires à venir…

Au mois de janvier, Christopher Moore, vice-président de Micron en charge du marketing, avait tenté de défendre l’arrêt des gammes de produits Crucial, destinés au grand public. L’entreprise poursuivait cette activité, mais au travers de ses partenaires constructeurs OEM. Le résultat est à peu près le même, puisque les PC connaissent eux aussi une bouffée de chaleur tarifaire délirante.

Des capacités de production difficiles à construire

Il affirmait aussi que la filière de la mémoire s’efforçait de construire de nouvelles lignes de production. Un processus complexe qui met de nombreux mois avant d’aboutir, car il faut aussi prendre en compte les pénuries de main-d’œuvre, les réglementations et les besoins en énergie. Ce d’autant que la HBM nécessaire aux serveurs IA exige des protocoles délicats et sensibles.

Christopher Moore avait toutefois omis de rappeler que le marché de la mémoire fonctionne par cycles, entre phases d’abondance et périodes de tension. Faire sortir des usines de terre coûte très cher : les fabricants préfèrent donc avancer prudemment, même si cela prolonge les pénuries. Et puis, malgré les annonces de nouvelles capacités, leurs investissements restent sans commune mesure avec les dépenses engagées par les géants du cloud et de l’IA, dont les besoins explosent.

« Les pénuries de mémoire et de stockage prendront beaucoup de temps à se résorber », confirmait Sanjay Mehrotra, directeur général de Micron, durant les derniers résultats financiers de l’entreprise. Il s’attend à une amélioration progressive de l’offre… en 2028. « Nous n’avons actuellement aucune visibilité sur le moment où l’offre de mémoire pourra rattraper la demande croissante », indiquait-il encore au grand désespoir des consommateurs.

En attendant, le fabricant encaisse. L’entreprise a ainsi annoncé un bénéfice de 28,24 milliards de dollars durant son troisième trimestre, contre 1,88 milliard un an plus tôt.

Pièce à pièce, le yuan s’installe dans les échanges internationaux

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