Vue normale

«Tout le monde négocie» : l’eldorado immobilier de Dubaï se fissure sous le poids de la guerre au Moyen-Orient

DÉCRYPTAGE - Refroidis par la crise, les acheteurs se font rares. Les rabais des promoteurs abondent et les prix baissent.

© Amr Alfiky / REUTERS

Selon Goldman Sachs, seuls 400 logements sur plan ont été proposés à la vente entre le 1er et le 18 avril 2026, à Dubaï, contre près de 10 900 l’année dernière à pareille époque.

Un «Tinder» de la reprise : les mesures du gouvernement pour aider à la transmission d’entreprises

DÉCRYPTAGE - 500 000 entreprises chercheront un repreneur dans les dix ans à venir. Un enjeu de taille auquel Bercy veut s’attaquer avec son plan d’action «Objectif reprises».

© metamorworks / stock.adobe.com

500 000 entreprises chercheront un repreneur dans la décennie qui vient.

Frappée de plein fouet par la crise au Moyen-Orient, l’économie allemande tangue dangereusement

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement de Friedrich Merz abaisse fortement ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, emboîtant le pas au FMI et à cinq grands instituts allemands.

© Aude Bariéty de Lagarde / Le Figaro

La ministre Katherina Reiche a annoncé des prévisions de croissance à 0,5% en 2026 et 0,9% en 2027.

En pleine guerre en Iran, les Français ont investi dans la tech américaine et les grandes valeurs françaises

DÉCRYPTAGE - Les particuliers qui investissent en Bourse sont plus nombreux en France depuis la pandémie de Covid, et plus jeunes. Ils ne fuient pas lors des bourrasques.

© maurice norbert / stock.adobe.com

Le CAC 40 est de nouveau en hausse depuis le début de l’année.

Crédit immobilier : le spectre d’un grippage à cause du taux d’usure ressurgit

DÉCRYPTAGE - Les taux d’intérêt proposés par les banques remontent depuis le début de la guerre dans le Golfe. Ce qui aboutit à des blocages de dossiers.

© stock.adobe.com

En avril, le plafond de l’usure a été fixé à 5,19 % pour les crédits de plus de 20 ans, à 4,48 % pour les durées comprises entre 10 et 20 ans, et à 4 % en dessous de 10 ans

L’éditorial de Jacques-Olivier Martin : «À tous ceux qui ne croient pas aux ravages du surendettement...»

Notre «planète France» est devenue championne des émissions de dette. Et si rien ne change, la trajectoire est connue : le bord de la falaise, puis la chute. Autrement dit, la faillite.

© Le Figaro

Jacques-Olivier Martin.

Malgré les contraintes, 36 milliards de plus à trouver jusqu’en 2030 pour financer l’effort de défense

DÉCRYPTAGE - La révision de la loi de programmation militaire intervient dans un contexte budgétaire dégradé par la guerre au Moyen-Orient.

© DGA/ministère de la Défense

Un Caesar MkII en train de tirer.

Assurances très chères, routes moins rapides... Les compagnies maritimes dans l’enfer du blocus d’Ormuz

DÉCRYPTAGE - Les armateurs doivent faire avec une guerre relancée depuis ce week-end. Le port de Dubaï, hub crucial, est toujours inaccessible.

© Stringer / REUTERS

Des dizaines de porte-conteneurs sont à nouveau bloqués dans le détroit d’Ormuz. Un navire de CMA CGM a essuyé des tirs de semonce samedi

La guerre au Moyen-Orient contraint Bercy à annoncer des coupes budgétaires

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement réunit ce mardi le comité d’alerte des finances publiques pour évaluer la situation budgétaire assombrie par la crise énergétique.

© François BOUCHON/Le Figaro

Vue du ministère de l’Économie et des finances à Bercy où aura lieu la réunion du comité d’alerte des finances publiques, ce mardi.

«Une opération d’une complexité inédite» : le rachat de SFR, un big bang pour les télécoms français

ANALYSE - Quatorze ans après l’arrivée de Free, le marché français des télécoms s’apprête à basculer. Soumis à l’accord des autorités, le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pourrait redessiner durablement le paysage concurrentiel et social du secteur.

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Patrick Drahi, le propriétaire d’Altice France, lors d’une audition au Parlement.

Avec son IA Mythos, Anthropic suscite l’effroi et fait de la cybersécurité la chasse gardée du secteur privé américain

17 avril 2026 à 05:44
La mode des boîtes d'IA en ce moment : "On a une nouvelle IA, mais fouyouyou elle est trop puissante, alors on ne peut la montrer à personne".
Mythos, oui, gros mythos.

EDIT: Article sur le sujet : https://calnewport.com/is-claude-mythos-terrifying-or-just-hype/
(Permalink)

PAC vs isolation : pourquoi nous nous trompons de combat

17 avril 2026 à 05:11

C’est un virage à 180°. Depuis des décennies, la politique française, guidée par le dogme de la sobriété, a préféré l’isolation des bâtiments aux pompes à chaleur. Rattrapée par la réalité, elle veut désormais en installer un million en trois ans.

Le mantra a longtemps résonné dans les couloirs du ministère de la Transition écologique et de l’ADEME : « L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas. » Ce dogme de la sobriété a imposé l’isolation des bâtiments comme le préalable absolu à toute décarbonation. C’est la stratégie du « Insulate First » : l’interdiction morale de changer de chauffage sans avoir, au préalable, transformé sa maison en bouteille thermos.

Pourtant, cette approche décroissante par l’enveloppe se heurte aujourd’hui au mur de l’économie. Face à l’envolée des prix du gaz et du fioul, le gouvernement semble enfin opérer un virage pragmatique. Le plan d’électrification massif porté par Sébastien Lecornu marque la fin de cette schizophrénie française en programmant l’arrêt des chaudières gaz dans le neuf et en fixant un cap industriel clair : installer un million de pompes à chaleur (PAC) d’ici 2030.

Le « Hall of Shame » des errances étatiques

Pour comprendre l’impasse actuelle, il faut revenir sur plus de vingt ans d’errements. La France a longtemps privilégié une vision comptable de l’énergie au détriment de l’urgence climatique.

Le péché originel réside dans le coefficient d’énergie primaire. En appliquant un malus arbitraire de 2,58 à l’électricité, l’État a artificiellement disqualifié l’électron propre. Pour 1 kWh consommé chez vous, on en comptabilisait 2,58 dans les statistiques officielles (ce coefficient est passé à 1,9 depuis le 1er janvier 2026). Résultat ? On a favorisé le gaz et le fioul, dont le coefficient est de 1, alors même que notre mix électrique est l’un des plus décarbonés au monde (environ 50 g de CO2/kWh).

À cette aberration statistique s’est ajoutée une gestion tarifaire désastreuse. En vingt ans, le prix de l’électricité pour les ménages a bondi de près de 80 %. En surchargeant la facture de taxes pour financer d’autres politiques ou en liant le prix du kWh nucléaire aux cours mondiaux du gaz, l’État a saboté le signal-prix de la décarbonation. Comment convaincre les citoyens de passer à l’électrique quand l’énergie la plus vertueuse est celle dont le prix est le plus instable ?

Cette schizophrénie a atteint son paroxysme avec la réglementation thermique RT2012, qui, en plus de favoriser l’installation de chaudières à gaz dans le neuf via le fameux coefficient de 2,58, a massivement soutenu le chauffage au bois. Pire encore, les aides aux PAC étaient jusqu’alors refusées si l’appareil, réversible, pouvait rafraîchir le logement, condamnant les Français à subir les canicules ou à s’équiper de climatiseurs mobiles inefficaces.

Le mirage du bois : une fausse solution coûteuse et polluante

Parmi les erreurs de trajectoire, le soutien au chauffage au bois occupe une place de choix. Présenté comme écologique, il bénéficie de subventions massives qui se font au détriment direct de l’électrification.

En 2022 et 2023, les équipements bois (poêles et chaudières à granulés) ont capté près de 25 % du budget de MaPrimeRénov’, soit plusieurs centaines de millions d’euros par an. Cet argent public finance pourtant une source d’énergie dont le bilan sanitaire est calamiteux. Contrairement à une idée reçue, un poêle à bois moderne, même labellisé « Flamme Verte », émet plus de particules fines (PM2,5) et de composés organiques volatils (COV) qu’une vieille chaudière au fioul. En hiver, le chauffage au bois est le premier responsable de la pollution atmosphérique en France, bien devant le trafic routier.

Au-delà de l’air que nous respirons, cette pression sur la ressource sylvicole fragilise nos écosystèmes. L’exploitation intensive de la biomasse pour le chauffage peut mener à un appauvrissement des sols forestiers et dégrader des habitats essentiels à la biodiversité. En transformant des forêts vivantes en simples réserves de pellets, on réduit leur résilience face au changement climatique.

Enfin, l’argument de la « neutralité carbone » du bois est une illusion temporelle. Si le bois est théoriquement renouvelable, il ne l’est que sur un cycle de 30 à 80 ans. Or, c’est précisément le temps qui nous manque. Brûler un arbre aujourd’hui libère instantanément tout son carbone, alors qu’il faudra des décennies pour que la forêt le capture à nouveau. Dans la décennie critique 2020-2030, chaque poêle à bois installé est une dette carbone supplémentaire, là où la PAC offre une décarbonation immédiate.

L’isolation : entre urgence sanitaire et rendements décroissants

L’isolation n’est évidemment pas inutile, mais elle est aujourd’hui mal hiérarchisée. Pour le parc immobilier construit avant 1974, le constat relève souvent d’une question de dignité. Des millions de Français vivent dans des passoires thermiques sans aucune isolation, où l’humidité et les parois froides rendent les logements insalubres.

Dans ce cas précis, l’isolation est parfaitement justifiée : elle offre un gain immédiat de confort et de santé publique, avec une rentabilité réelle souvent inférieure à dix ans. Mais l’isolation obéit à une loi physique incontournable : celle des rendements marginaux décroissants. Plus un bâtiment est initialement isolé, plus il est coûteux et inefficace d’ajouter des couches supplémentaires. S’acharner à transformer chaque maison en bâtiment BBC (Bâtiment basse consommation) est un gouffre financier pour un gain carbone dérisoire.

Plus l’isolation est mauvaise (facture de fioul importante), meilleure est la rentabilité économique du projet (retour sur investissement faible).

Le match : PAC 1 – Isolation 0

D’un point de vue rationnel, une fois le minimum décent d’isolation thermique atteint, la pompe à chaleur est la solution qui offre de loin le meilleur « coût d’abattement ». C’est-à-dire que, pour chaque euro investi, c’est avec une PAC que l’on réduira le plus les émissions de CO2.

Calculateur de Rentabilité d’une Pompe à Chaleur

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Le match est sans appel. Prenons l’exemple d’une maison standard des années 1990, faiblement isolée, d’environ 150 m². Si elle est chauffée autour de 20 °C, sa facture atteindra facilement 3 600 € pour 2 000 litres de fioul. Réisoler l’ensemble coûtera aisément 50 k€ (hors aides) pour un gain sur la facture d’environ 1 900 € par an. Installer au contraire une pompe à chaleur (sans isoler) coûtera plutôt autour de 15 k€ (hors aides) pour un gain de 2 500 € par an. Le temps de retour sur investissement passe de 26 ans pour l’isolation à moins de 6 ans pour la PAC. Et il en va de même pour le CO2. Les gains d’émissions sont d’environ 3,4 tonnes par an pour l’isolation, contre 6,2 tonnes pour la pompe à chaleur.

De plus, une PAC s’installe en 48 heures et supprime instantanément 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Pour l’État comme pour le particulier, investir 15 000 € dans une PAC est une action climatique radicale. Investir 50 000 € dans une rénovation globale pour gagner les derniers pourcents d’efficacité thermique est un luxe que le calendrier climatique et le déficit budgétaire ne nous permettent plus.

L’effet rebond : quand le confort et le statut absorbent les économies

La science confirme d’ailleurs ce pragmatisme. Une étude majeure de l’Université de Cambridge a analysé 55 000 logements sur douze ans et a montré que les économies d’énergie réelles après isolation sont systématiquement inférieures aux prédictions théoriques.

Il faut toutefois nuancer : l’effet rebond n’est pas toujours de 100 %. Les économies ne sont pas systématiquement annulées, mais elles sont très souvent amputées. Si une isolation permet d’économiser 40 % d’énergie sur le papier, mais que le comportement des usagers réduit ce gain à 20 %, le coût d’abattement carbone de l’opération double instantanément, rendant l’investissement public et privé encore moins rationnel face à une PAC.

Ce décalage s’explique d’abord par la réalité de la précarité énergétique. Les simulations estiment souvent que les familles se chauffaient à 20 °C avant les travaux. Or, de nombreux foyers vivaient en réalité à 15 °C dans une seule pièce chauffée. Après travaux, la physique ne se trompe pas : l’isolation réduit bien les déperditions, mais le comportement des habitants était mal anticipé, ces derniers préférant maintenir leur budget constant pour enfin obtenir un confort décent partout. C’est une victoire sociale, mais un échec climatique.

Confort thermique : pourquoi 19 °C ne pèsent pas le même poids pour tous

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Enfin, l’efficacité de l’isolation est souvent sapée par un détournement de l’esprit des aides, le fameux effet « cobra ». De nombreuses rénovations dites « thermiques » servent en réalité à financer des travaux statutaires : changement de menuiseries pour l’esthétique, pose de portes plus sécurisées ou, pire, construction de vérandas et d’extensions qui augmentent la surface chauffée. On dépense alors des milliards pour un effet thermique marginal, voire contre-productif, là où le remplacement du vecteur de chauffage aurait eu un impact immédiat.

Pour une écologie de résultat

Soyons rationnels : le climat se moque bien des kWh consommés, il ne compte que les molécules de gaz à effet de serre. L’isolation doit retrouver sa juste place : un outil de lutte contre l’insalubrité pour le bâti ancien et un complément de confort. Elle ne doit plus être le verrou bureaucratique qui bloque l’accès à l’électrification.

L’objectif d’un million de PAC d’ici 2030 doit sonner la fin de l’ère du rationnement pour ouvrir celle de l’efficacité. Car si l’isolation est pertinente d’un point de vue énergétique, elle ne l’est que rarement d’un point de vue économique — et donc écologique. De même, la solution « isolation + bois », si séduisante sur le papier des subventions, échoue face à la réalité sanitaire et au calendrier carbone. Il est temps que la PAC joue le premier rôle de la décarbonation du chauffage et que le bois et l’isolation soient relégués au rôle de simples remplaçants.

L’article PAC vs isolation : pourquoi nous nous trompons de combat est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Lufthansa rattrapé par la crise dans le golfe Persique

RÉCIT - Le groupe allemand de transport aérien va fermer sa filiale régionale, CityLine, et réduire même ses activités long-courriers. La conséquence des grèves et de l’emballement des prix du kérosène.

© Jana Rodenbusch / REUTERS

L’activité de Lufthansa a été borée par des grèves à répétition depuis quelques mois

L’éditorial de Jacques-Olivier Martin : «Aulnay, Flins, Poissy… Le douloureux déclin de l’automobile française»

L’arrêt de la production à Poissy illustre la fragilisation d’un secteur clé de l’économie française. Entre perte de compétitivité, mutations technologiques et concurrence mondiale, c’est l’avenir même de notre industrie qui se joue.

© Le Figaro

Jacques-Olivier Martin.

Stéphane Manigold : «1er Mai, nos députés préfèrent-ils McDonald’s aux boulangeries ?»

TRIBUNE - Le 10 avril, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi sénatoriale qui visait à autoriser les salariés des commerces de bouche à travailler le 1er Mai, sur la base du volontariat. Dans le même temps, les fast-foods peuvent ouvrir, dénonce le restaurateur.

© Fabien Clairefond

Stéphane Manigold  

Comment et pourquoi investir en actions

15 avril 2026 à 23:39

Doubler son capital, ou presque : c’est ce qu’aurait obtenu un particulier en investissant 100 € par mois sur le S&P 500 ces dix dernières années. Pourtant, seul un Français sur 14 possède des actions. Prêts à vous lancer ? Mode d’emploi.

Ouvrir un PEA, choisir des unités de compte dans son assurance-vie, acheter des parts d’un ETF : à chacune de ces occasions, on investit en actions. Ces titres sont l’instrument d’investissement le plus connu, et pourtant souvent le plus mystérieux pour ceux qui débutent. On ne sait pas toujours ce que c’est vraiment, quand cela s’achète, comment donner un ordre, ou par où commencer concrètement.

Adam vient de vendre sa vieille voiture. Il a 8 000 € à placer et l’envie d’investir « en Bourse ». Sonia vient de terminer de rembourser un crédit : elle a désormais 200 € disponibles chaque mois. Tous les deux entendent parler d’actions depuis des années et, comme la majorité des Français, ils n’ont pas sauté le pas jusqu’à maintenant. Comment doivent-ils s’y prendre ?

Une action, c’est quoi ?

Quand vous achetez une action TotalEnergies, LVMH ou de toute autre société cotée, vous achetez une fraction de la propriété de cette entreprise. Ce titre vous donne deux droits principaux. D’abord, un droit aux dividendes : si l’entreprise réalise des bénéfices et décide d’en distribuer une partie, vous recevez votre quote-part. Ensuite, un droit à la plus-value : si vous revendez vos actions plus chères que vous ne les avez achetées, vous empochez la différence.

Le dividende rapporte-t-il vraiment ?

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En contrepartie, vous supportez le risque entrepreneurial. Si l’entreprise va mal, l’action baisse. Si elle fait faillite, les actionnaires sont les derniers servis, après l’État, les salariés, les créanciers et les obligataires. C’est ce risque supérieur qui explique que les actions ont historiquement rapporté davantage que les livrets ou les obligations sur le long terme.

Action ≠ spéculation

Les actions sont souvent associées au casino. C’est une confusion fréquente. Acheter une action, c’est devenir copropriétaire d’une entreprise réelle, avec ses salariés, ses clients, ses brevets. La spéculation consiste à acheter uniquement dans l’espoir de revendre rapidement plus cher, sans s’intéresser à la valeur réelle. Ces deux démarches utilisent le même instrument, mais n’ont pas la même logique.

Adam achète ses premières actions

Adam achète 10 actions TotalEnergies à 55 € l’unité, 550 € au total. Trois mois plus tard, l’action est à 62 € : sa position vaut 620 €, soit une plus-value latente de 70 €. Latente, car il n’a pas encore vendu. TotalEnergies verse ensuite un dividende de 3 € par action : Adam perçoit 30 € sur son compte, mais l’action ouvre le lendemain à 59 € au lieu de 62 €, c’est le mécanisme du détachement. Sa richesse totale n’a pas changé : 590 € en actions + 30 € en cash = 620 €. Si l’action tombait à 20 €, sa position ne vaudrait plus que 200 €.

La Bourse : quand ça ouvre, quand ça ferme

Une action cotée en Bourse ne s’achète pas à n’importe quel moment. Les marchés financiers ont des horaires d’ouverture précis, en dehors desquels vos ordres sont enregistrés par votre courtier mais ne sont pas encore exécutés : ils « attendent » l’ouverture suivante.

Pour les actions françaises, celles du CAC 40, du SBF 120 ou de la plupart des entreprises européennes, la Bourse Euronext Paris est ouverte du lundi au vendredi, de 9 h 00 à 17 h 30 (heure de Paris). Les week-ends et les jours fériés, les marchés sont fermés. Il existe aussi une phase de pré-ouverture de 7 h 15 à 9 h 00, pendant laquelle les ordres s’accumulent pour calculer le cours d’ouverture, mais aucune transaction n’a lieu.

Pour les actions américaines (Apple, Amazon, Microsoft, Tesla, etc.), Wall Street (NYSE et Nasdaq) ouvre à 15 h 30 et ferme à 22 h 00, heure française.

Les principales places boursières européennes

Pour un investisseur français, la bonne nouvelle est que toutes les grandes Bourses européennes sont ouvertes aux mêmes heures que Paris, à quelques minutes près. Voici un panorama des principales places :

Place boursièrePays / GroupeHoraires locauxHeure de Paris (approx.)
Euronext ParisFrance : Euronext9h00 – 17h309h00 – 17h30
Euronext AmsterdamPays-Bas : Euronext9h00 – 17h309h00 – 17h30
Xetra (Francfort)Allemagne : Deutsche Börse9h00 – 17h309h00 – 17h30
LSE (Londres)Royaume-Uni : LSEG98h00 – 16h309h00 – 17h30
Borsa Italiana (Milan)Italie : Euronext9h00 – 17h359h00 – 17h35

Le risque et la diversification : la règle de base

Une action peut perdre 90 %, voire 100 % de sa valeur si l’entreprise fait faillite. Ce n’est pas un scénario théorique : France Télécom a perdu 96 % entre 2000 et 2002, Wirecard s’est effondrée à zéro en 2020. C’est le risque spécifique, le risque propre à une entreprise particulière.

La réponse à ce risque est la diversification : ne jamais concentrer ses investissements sur un seul titre, un seul secteur ou un seul pays.

La diversification repose sur un principe simple : les difficultés d’une entreprise, d’un secteur ou d’un pays ont peu de chances d’affecter simultanément des centaines d’autres entreprises dans des pays et des secteurs différents. Détenir des actions de cinquante entreprises dans cinq pays réduit considérablement le risque qu’une faillite isolée anéantisse votre épargne. En détenir plusieurs centaines, dans une douzaine de secteurs et sur plusieurs continents, le réduit encore davantage.

Cette diversification peut s’obtenir de plusieurs façons. On peut acheter des actions de nombreuses entreprises individuellement, mais cela demande du capital, du temps et des connaissances. On peut confier la gestion à un professionnel via un fonds investi en actions, qui répartit lui-même les investissements sur un grand nombre de titres. Le chapitre suivant présente ces différentes voies en détail.

Sonia et les actions de sa grand-mère : Eurotunnel, 1987–2003

Sonia a hérité de titres Eurotunnel acquis lors de l’introduction en bourse en novembre 1987, à 35 francs l’unité (environ 5,30 €). Sa grand-mère avait investi dans 100 actions, soit l’équivalent de 530 €. En 2003, les 100 actions valaient environ 0,50 € l’une, soit 50 € en tout. Une perte de plus de 90 % en quinze ans.

Leçon : concentrer ses économies sur un seul titre, même soutenu par deux États, peut conduire à une perte quasi totale. La diversification n’est pas un luxe : c’est la règle de base.

Ce que la diversification ne supprime pas

La diversification élimine le risque spécifique, mais pas le risque de marché, la baisse générale de l’ensemble des marchés lors d’une crise. En 2008, même un portefeuille parfaitement diversifié sur 1 300 entreprises a perdu 38 % en un an. La seule vraie protection contre ce risque, c’est l’horizon de placement : un investisseur qui peut attendre 15 à 20 ans traverse les crises sans panique, car les marchés ont toujours fini par se redresser.

Faut-il avoir peur des grandes crises boursières ?

J’approfondis

Comment acheter des actions ? Les quatre grandes voies

Il n’existe pas qu’une seule façon d’investir en actions. Quatre grandes approches coexistent, du plus passif au plus direct.

Vous pouvez acheter des actions dans divers « véhicules » : PEA, compte titres, assurance-vie, PER, plan d’épargne d’entreprise etc. 

Ces différents véhicules feront l’objet d’articles ultérieurs. Le plan d’épargne actions (PEA) est la solution mise en avant pour l’achat d’actions. C’est la solution à privilégier mis à part si vous êtes dans une situation spécifique.

Voie 1, La gestion pilotée

Vous versez de l’argent et confiez entièrement la gestion à un professionnel. Un algorithme (ou un gestionnaire humain) répartit votre épargne entre différentes classes d’actifs, dont des actions, selon le profil de risque choisi au départ (prudent, équilibré, dynamique). Vous n’avez qu’une chose à faire : alimenter votre compte régulièrement.

La gestion pilotée est proposée par les banques traditionnelles, mais aussi par des acteurs spécialisés comme Yomoni, Finary. C’est la solution la plus simple pour quelqu’un qui ne souhaite pas s’impliquer. Son principal inconvénient : des frais plus élevés qui s’accumulent sur le long terme.

Voie 2, Les unités de compte (assurance-vie, PER)

Dans une assurance-vie ou un plan d’épargne retraite (PER), à côté des fonds en euros sécurisés, vous pouvez choisir des unités de compte, des supports dont la valeur évolue. Certains sont des fonds investis en actions.Vous n’achetez pas les actions directement : vous achetez des parts d’un fonds, qui lui détient les actions pour vous. L’avantage majeur est la fiscalité de l’assurance-vie, particulièrement attractive après huit ans. L’inconvénient : la gamme de fonds est limitée à ce que l’assureur a sélectionné, et des frais de gestion du contrat viennent s’ajouter aux frais propres des fonds.

Assurance-vie et PER : pas de cotation en « temps réel »

Dans une assurance-vie ou un PER assurantiels, les supports actions (actions, fonds, ETF) ne sont pas cotés en continu. Leur valeur, dite valeur liquidative, est calculée une fois par jour, après la clôture des marchés.

Vous ne pouvez donc pas acheter « à 15h37 » comme en bourse : votre ordre est transmis à l’assureur et exécuté au prochain prix calculé, souvent le lendemain ou le surlendemain. Concrètement, vous ne choisissez pas votre prix d’achat. Vous transmettez une instruction à l’assureur (« je veux investir 500 € sur cette unité de compte »), et l’ordre est exécuté au prix calculé le soir même ou le lendemain. Contrairement aux actions ou aux ETF dans un compte-titres ou un PEA, l’assureur peut gérer une fraction de valeur pour rendre possible l’achat pour un montant précis.

Pour un investisseur qui place son argent sur dix ou vingt ans, ce délai d’un ou deux jours n’a aucune incidence pratique.

Pour un investisseur de long terme, cela ne change rien de significatif.

Voie 3, L’achat en direct (le « titre vif »)

Vous achetez directement les actions d’une entreprise précise : 5 actions LVMH, 10 actions TotalEnergies, 3 actions Hermès. C’est ce qu’on appelle investir « en titre vif ». C’est la forme la plus directe, et la plus risquée si vous concentrez vos investissements sur quelques valeurs seulement.

Voie 4, Les ETF (fonds indiciels cotés en bourse)

Un ETF (Exchange-Traded Fund, fond négocié en bourse, FNB) est un fonds qui reproduit en général la performance d’un indice boursier, le CAC 40, le S&P 500, le MSCI World. Vous achetez des parts de ce fonds exactement comme une action ordinaire, via votre courtier, pendant les heures d’ouverture de la bourse.

Acheter une seule part d’un ETF MSCI World, c’est investir simultanément dans environ 1 300 entreprises réparties dans 23 pays développés. La diversification est immédiate. Les frais sont faibles, typiquement 0,06 à 0,30 % par an, contre 1,5 à 2 % pour un fonds géré activement.

L’indice MSCI World est actuellement le plus populaire. Il contient, en avril 2026, 1 319 valeurs. Il s’agit d’un indice pondéré par la capitalisation des entreprises. La majorité des ETF qui suivent cet indice ne suivent pas exactement la totalité des valeurs et peuvent par exemple suivre les 1 314 valeurs les plus importantes. Vu les marchés actuels, les entreprises américaines et en particulier de la tech sont surreprésentées. 

Il en existe néanmoins de nombreux autres comme par exemple STOXX 600 les 600 plus grosses entreprises du continent européen, le FSTE all world ou le Solactive GBS Global Markets Large & Mid Cap qui suivent plus d’entreprises que le MSCI World. Un article sur les ETF listera plus en détail différents indices les plus courants.

Certains ETF sont gérés activement : ils ne répliquent pas un indice mais s’appuient sur les décisions d’un gérant. Leurs frais restent généralement inférieurs à ceux des fonds traditionnels, mais supérieurs à ceux des ETF indiciels.

C’est la solution recommandée pour la grande majorité des épargnants qui souhaitent investir régulièrement sans surveiller les marchés au quotidien.

Les deux ETF les plus populaires en PEA sont actuellement deux ETF MSCI World : DCAM et WPEA. Il convient de noter que le nom abrégé (ticker) n’est pas forcément le même partout : privilégiez l’utilisation de l’identifiant unique international (ISIN) et vérifiez toujours le nom complet.

TickernomISINEncours
DCAMAMUNDI PEA MONDE MSCI World UCITS ETF AccFR001400U5Q4700 M€
WPEAiShares MSCI World Swap PEA UCITS ETFIE0002XZSHO11 200 M€

Les ETF feront l’objet d’un article dédié ultérieurement.

Sonia choisit son mode d’investissement

Sonia a deux ressources à placer : les 17 000 € qu’elle vient de libérer d’un livret sous-rémunéré, et 200 € par mois désormais disponibles. Elle est fonctionnaire, sans grande expérience financière, et ne veut pas passer du temps à surveiller les marchés.

Elle écarte la gestion pilotée (trop de frais pour un profil simple) et les unités de compte en assurance-vie (elle n’en a pas encore). Elle ouvre un PEA chez un courtier en ligne en une vingtaine de minutes. Elle y achète un ETF MSCI World en capitalisation, une seule ligne, entre 1 300 et 1 500 entreprises mondiales selon l’ETF. Pour ses 200 € mensuels, elle programme un virement automatique vers ce même ETF. Investir régulièrement est une manière de limiter la volatilité et de bénéficier de l’augmentation moyenne.

Ce que Sonia retient : simple, peu coûteux, diversifié instantanément, et exonéré d’impôt sur le revenu après cinq ans dans le PEA.

L’ordre de bourse : comment donner l’instruction d’acheter

Pour acheter ou vendre une action ou un ETF, il faut passer par un courtier, puis ouvrir un compte titres ordinaire (CTO) ou un PEA (quand c’est possible, tous ne le proposent pas), puis l’alimenter en euros. 

Choisir son courtier : banques, courtiers en ligne et étrangers

J’approfondis

qu’il envoie à la bourse pour exécution. Il existe deux types d’ordres de base, amplement suffisants pour la grande majorité des investisseurs particuliers.

L’ordre au marché

Vous demandez l’achat (ou la vente) au meilleur prix disponible au moment de l’exécution. Votre courtier transmet l’ordre à la bourse, qui l’exécute immédiatement.

  • Avantage : l’exécution est quasi garantie. Vous achetez, point.
  • Inconvénient : vous ne maîtrisez pas exactement le prix final. Sur les grandes valeurs très échangées, la différence est infime, quelques centimes. Sur des valeurs moins échangées, l’écart (le spread) peut être plus significatif.

L’ordre à cours limité

Vous fixez vous-même un prix maximum à l’achat (ou minimum à la vente). Exemple : « J’achète TotalEnergies, mais seulement si l’action est à 56 € ou moins pour jusqu’à une date donnée. ». Si le cours ne passe jamais sous 56 €, vous n’achetez pas.

  • Avantage : vous maîtrisez votre prix d’entrée.
  • Inconvénient : vous risquez de ne pas être exécuté, et parfois de manquer une hausse en attendant un prix qui ne viendra jamais.

Coût d’un ordre

Passer un ordre n’est pas gratuit. L’ordre coûte le prix de la valeur multipliée par le nombre acheté plus des frais de courtage. Les frais se décomposent en trois éléments distincts : 

  • la commission du courtier : c’est la rémunération de l’intermédiaire financier pour le traitement de votre ordre, infrastructure technique, suivi administratif, service client. C’est sur ce poste que les écarts entre courtiers sont les plus importants.
  • le droit de marché : chaque place boursière prélève une redevance sur les transactions qui s’y exécutent. Ce montant est généralement faible et souvent intégré dans la commission du courtier sans être affiché séparément.
  • la taxe sur les transactions financières (TTF) pour une partie des valeurs françaises : elle s’applique à l’achat d’actions d’entreprises dont le siège est en France et dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros, soit les grandes capitalisations du CAC 40 et du SBF 120 pour l’essentiel. Son taux est de 0,3 % du montant de l’opération. Elle ne s’applique pas aux ETF, ni aux ventes, ni aux actions de petites et moyennes capitalisations.

Adam passe son premier ordre

Adam veut acheter 10 actions TotalEnergies. L’action affiche 58,20 €.

Option 1, ordre au marché : l’ordre part immédiatement, exécuté à 58,20 € ou 58,21 €. Adam possède ses 10 actions en quelques secondes. Soit un coût total de 582 € plus les frais de 0,5% soit : 584,91 €.

Option 2, ordre limité à 10 ETF à 57 € pour deux jours : l’ordre attend. Deux jours plus tard, lors d’un repli, l’action descend à 56,85 €, l’ordre est exécuté à 57 €.  570 € plus 0,5% de frais soit : 572,85 €. S’il avait mis 55 € comme limite, l’action n’étant jamais descendue jusque-là : l’ordre aurait expiré sans exécution.

Réflexe à adopter : pour un ETF très échangé (beaucoup d’ordres dans le carnet dédié) avec un encours important (plus de 100 millions d’euros), l’ordre au marché est le plus simple. Pour un titre moins liquide, préférez l’ordre limité légèrement en dessous du cours affiché (parier nettement en dessous est souvent illusoire).

Il existe d’autres types d’ordres

Des ordres plus sophistiqués existent, ordres stop (déclenchés quand un cours franchit un seuil), stop-limites, ordres iceberg (qui masquent une partie de la quantité)… Ils s’adressent à des investisseurs expérimentés. Pour commencer, l’ordre au marché et l’ordre à cours limité couvrent 95 % des situations.

En résumé

  • Une action = un droit de propriété sur une fraction d’une entreprise. Potentiel de dividendes et de plus-values. Risque : la valeur peut descendre jusqu’à zéro si l’entreprise fait faillite.
  • La bourse ouvre du lundi au vendredi : Euronext Paris 9h00–17h30 ; Wall Street 15h30–22h00 (heure française). Les grandes bourses européennes suivent globalement les mêmes horaires. Les unités de compte en assurance-vie suivent la valeur liquidative quotidienne.
  • Quatre façons d’investir : gestion pilotée (le plus passif), unités de compte en assurance-vie ou PER, ETF en bourse (recommandé), achat en titre vif (le plus direct mais le plus risqué sans diversification).
  • Deux ordres de base : ordre au marché (garanti exécuté, prix du moment) et ordre à cours limité (prix maîtrisé, exécution non garantie). Les autres types s’adressent aux investisseurs expérimentés.
  • PEA en priorité : exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans. Pour les ETF MSCI World ou STOXX 600, optez pour des versions synthétiques PEA-compatibles (Amundi, iShares).
  • Diversification = règle fondamentale. Un ETF MSCI World offre une exposition instantanée à 1 300 entreprises dans 23 pays.

5 étapes pour démarrer

  1. Coussin de précaution d’abord, 3 à 6 mois de dépenses avant d’investir (cf. Article 1).
  2. Ouvrir un PEA chez un courtier en ligne, quelques minutes, pas de frais d’ouverture chez la plupart des acteurs.
  3. Choisir un ETF indiciel diversifié en version capitalisation : STOXX 600 pour une exposition européenne large, ou MSCI World pour une diversification mondiale, les deux via ETF synthétique PEA-compatible (Amundi, iShares).
  4. Programmer un virement automatique mensuel, même modeste, la régularité prime sur le montant.
  5. Ne pas surveiller au quotidien : vérifier une fois par an, résister à la tentation de vendre lors des baisses.

5 erreurs à éviter

  1. Investir sans coussin : vous serez forcé de vendre au pire moment si une dépense imprévue surgit.
  2. Concentrer sur un seul titre : le risque spécifique peut anéantir le capital (Eurotunnel, Enron, Wirecard…).
  3. Vendre en panique lors d’une crise : cristalliser une perte latente est souvent la décision la plus coûteuse.
  4. Utiliser un CTO avant le PEA : 31,4 % de flat tax en CTO, contre 18,6 % de prélèvements sociaux seulement dans un PEA après 5 ans, sans raison valable.

Chercher le bon moment pour investir : personne ne sait timer le marché de façon fiable. L’investissement régulier est plus robuste que l’attente.

L’article Comment et pourquoi investir en actions est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

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