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Jeu vidéo : des sénatrices veulent un pictogramme PEGI alertant contre le sexisme

15 juillet 2026 à 14:40
La route est longue
Jeu vidéo : des sénatrices veulent un pictogramme PEGI alertant contre le sexisme

Dans son rapport sur la place des femmes dans le jeu vidéo, la délégation sénatoriale aux droits des femmes relève que si les femmes sont aussi largement joueuses que les hommes, leur accession à l’industrie du jeu vidéo ou au monde de l’e-sport reste, lui, bien plus complexe.

Plus de 200 milliards de dollars, tel est le volume que représente l’industrie du jeu vidéo dans le monde. À l’échelle du globe comme à celle de l’Hexagone, elle se place à la première place des industries culturelles. En France, relève la délégation sénatoriale aux droits des femmes, le jeu vidéo représente 1 000 sociétés actives, plus de 10 000 emplois directs (dont 57 % travaillent en région parisienne) et six milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Si le loisir a bénéficié d’une féminisation massive de ses publics – aujourd’hui, 51 % des joueurs français sont des joueuses, proportion qui grimpe à 55 % au sein de la génération Z -, celle de l’industrie est encore loin d’être effectuée. Seulement 20 % des effectifs totaux du jeu vidéo sont des femmes, « une proportion qui tombe à 7,7 % dans les métiers techniques et à 14 % dans les postes de direction », indique la délégation sénatoriale des droits des femmes.

Poursuivant des travaux engagés sur la place des filles et des femmes dans les sciences et les techniques, cette dernière a publié un rapport intitulé « Jeux vidéo : de la Game Boy aux filles dans le game, l’égalité en cours de chargement ». Fruit de 8 mois de travail et de l’audition de plus de 90 spécialistes du domaine, le document constate aussi, dès ses premières pages, que les femmes font partie des premières victimes de la crise économique post-pandémie qui s’est abattue sur l’industrie.

Rapport sénatorial « Jeux vidéo : de la Game Boy aux filles dans le game, l’égalité en cours de chargement »

Dans le jeu comme dans l’industrie, des pratiques genrées

Les femmes présentes dans l’industrie des jeux vidéo n’y sont pas de manière uniforme. Elle sont très peu représentées dans le game design, c’est-à-dire dans la création des « règles et principes du jeu ». De même qu’ailleurs dans l’industrie technologique, elles sont particulièrement peu nombreuses dans les postes de programmation.

Rapport sénatorial « Jeux vidéo : de la Game Boy aux filles dans le game, l’égalité en cours de chargement »

La première cause de ce déséquilibre se trouve du côté de la formation initiale. Comme pour le reste des filières technologiques, les femmes y sont déjà moins nombreuses (un quart des effectifs des formations spécialisées dans le jeu vidéo), mais la déperdition augmente avec le temps. Elles ne sont ainsi plus que 20 % dans les studios, soit 6 points de moins qu’en formation. Par ailleurs, elles sortent de leur carrière plus tôt que les hommes, généralement autour de 35 ans.

« Ce phénomène du "tuyau percé" est le résultat d’un environnement de travail encore peu favorable aux femmes, à de moindres opportunités d’avancement ou d’accès à des postes stratégiques au sein de l’entreprise, enfin à la perpétuation, dans certains environnements de travail, d’un climat professionnel toxique voire de situation de violences et harcèlement sexistes et sexuels au travail. » Le constat rejoint en tous points celui formulé en 2025 par la spécialiste des enjeux d’inclusion dans le numérique Caroline Ramade auprès de Next. 


Malgré ces éléments, en tant que public, les femmes sont clairement joueuses. 69 % d’entre elles déclaraient jouer aux jeux vidéo en 2024, d’après le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell). Leurs pratiques diffèrent néanmoins en partie de celle des hommes. Elles ne représentent que 20 % des joueurs dits « hardcore » et 58 % des joueurs dit « lowers », c’est-à-dire jouant « avant tout sur mobile » et qui « ne se considèrent pas vraiment comme joueurs ». Elles représentent aussi 71 % des joueurs qui n’utilisent que leur mobile.

Rapport sénatorial « Jeux vidéo : de la Game Boy aux filles dans le game, l’égalité en cours de chargement »

Des imaginaires « marqués par des biais sexistes » au jeu vidéo « outil d’égalité » ?

Historiquement, le jeu vidéo s’est largement construit sur un imaginaire sexiste, qui se retrouve aussi bien dans les publicités des années 1980 (dans lesquelles les protagonistes tenant les manettes sont généralement des jeunes garçons blancs) que dans les scénarii de jeu. Ainsi de la figure de « demoiselle en détresse », très bien représentée par la princesse Peach dans de nombreux jeux de la franchise Mario, ou des représentations sexistes et irréalistes de femmes, quand bien même elles seraient protagonistes principales, à l’instar de Lara Croft dans le premier Tomb Raider.


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☕️ Au Royaume-Uni, un couvre-feu numérique pour les 16-17 ans

15 juillet 2026 à 13:05


Le gouvernement britannique s’est lancé dans un concours Lépine de propositions pour protéger la jeunesse des méchants écrans. Après avoir annoncé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans le mois dernier, Londres prévoit désormais un couvre-feu numérique pour les 16 - 17 ans.

Les utilisateurs de cette catégorie d’âge se verraient interdire l’utilisation d’apps de réseaux sociaux entre minuit et 6 heures du matin, rapporte Reuters. Le réglage serait activé par défaut sur les smartphones, mais il pourrait tout de même être désactivé. Des fonctions addictives, à l’image du défilement infini, seraient également désactivées par défaut.

Illustration : Flock

Le fait de pouvoir désactiver le réglage interroge tout de même sur la pertinence d’un tel dispositif. Le Parti conservateur, actuellement dans l’opposition, a qualifié le projet de « grand n’importe quoi » : « Soit [le gouvernement] estime que les jeunes de 16 à 17 ans doivent pouvoir accéder aux réseaux sociaux, soit il pense le contraire », explique ainsi Laura Trott, responsable de la politique éducative du Parti. « Mais des couvre-feux que [les jeunes] peuvent désactiver d’un simple geste ne serviront à rien. »

Le discours est évidemment tout autre du côté du gouvernement. « Ces mesures seront essentielles pour aider les jeunes à dormir suffisamment, à mieux se concentrer à l’école ou au collège, et à passer davantage de temps de qualité avec leur famille et leurs amis », a ainsi déclaré Liz Kendall, ministre chargée des Technologies. Son collègue Kanishka Narayan, ministre chargé de la Sécurité en ligne, a précisé de son côté que les grandes entreprises de la tech n’auront pas d’autre choix que d’intégrer les réglages nécessaires au couvre-feu.

Les premières mesures visant à encadrer les usages des réseaux sociaux seront présentées au Parlement d’ici la fin de l’année, avec une mise en œuvre prévue pour le printemps 2027.

Ces dispositifs seront suivis de très près à Bruxelles, qui prépare son propre arsenal de mesures pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans.

☕️ Au Royaume-Uni, un couvre-feu numérique pour les 16-17 ans

15 juillet 2026 à 13:05


Le gouvernement britannique s’est lancé dans un concours Lépine de propositions pour protéger la jeunesse des méchants écrans. Après avoir annoncé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans le mois dernier, Londres prévoit désormais un couvre-feu numérique pour les 16 - 17 ans.

Les utilisateurs de cette catégorie d’âge se verraient interdire l’utilisation d’apps de réseaux sociaux entre minuit et 6 heures du matin, rapporte Reuters. Le réglage serait activé par défaut sur les smartphones, mais il pourrait tout de même être désactivé. Des fonctions addictives, à l’image du défilement infini, seraient également désactivées par défaut.

Illustration : Flock

Le fait de pouvoir désactiver le réglage interroge tout de même sur la pertinence d’un tel dispositif. Le Parti conservateur, actuellement dans l’opposition, a qualifié le projet de « grand n’importe quoi » : « Soit [le gouvernement] estime que les jeunes de 16 à 17 ans doivent pouvoir accéder aux réseaux sociaux, soit il pense le contraire », explique ainsi Laura Trott, responsable de la politique éducative du Parti. « Mais des couvre-feux que [les jeunes] peuvent désactiver d’un simple geste ne serviront à rien. »

Le discours est évidemment tout autre du côté du gouvernement. « Ces mesures seront essentielles pour aider les jeunes à dormir suffisamment, à mieux se concentrer à l’école ou au collège, et à passer davantage de temps de qualité avec leur famille et leurs amis », a ainsi déclaré Liz Kendall, ministre chargée des Technologies. Son collègue Kanishka Narayan, ministre chargé de la Sécurité en ligne, a précisé de son côté que les grandes entreprises de la tech n’auront pas d’autre choix que d’intégrer les réglages nécessaires au couvre-feu.

Les premières mesures visant à encadrer les usages des réseaux sociaux seront présentées au Parlement d’ici la fin de l’année, avec une mise en œuvre prévue pour le printemps 2027.

Ces dispositifs seront suivis de très près à Bruxelles, qui prépare son propre arsenal de mesures pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans.

OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

15 juillet 2026 à 11:43
IA école ?
OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

Les deux startups américaines proposent chacune une offre adressée spécifiquement au corps enseignant en lui promettant de le débarrasser des tâches administratives et de la préparation des cours.

Alors que les vacances d’été ont commencé et que les personnels de l’éducation pensent déjà (un peu) à la rentrée, OpenAI et Anthropic mettent en avant leurs offres en direction des enseignants états-uniens.

Les deux entreprises leur proposent des outils s’appuyant sur leurs modèles d’IA générative, avec des offres de lancement gratuites… pendant un an pour Anthropic et « jusqu’en juin 2028 » pour OpenAI. Elles se donnent donc un ou deux ans pour convaincre les enseignants d’utiliser en masse leurs outils, espérant les rendre indispensables dans leurs pratiques, pour ensuite facturer les institutions. Les deux offres sont calibrées pour être utilisées par les enseignants qui travaillent officiellement dans le cadre du K-12, le système scolaire des États-Unis allant de la maternelle (Kindergarten) au secondaire (grade 12).

OpenAI vise aussi maintenant les chefs d’établissement

Du côté d’OpenAI, une offre était déjà disponible pour les enseignants en novembre dernier en promettant déjà de simplifier le travail quotidien. À l’époque, l’entreprise annonçait une offre gratuite jusqu’en juin 2027. Elle repousse maintenant cette date « jusqu’en juin 2028 » mais en ajoutant à sa cible les chefs d’établissements. L’entreprise assure aux personnels enseignants que cette offre est différente d’un accès normal à ChatGPT dans le sens où elle leur fournirait «un espace de travail sécurisé qui […] permet de collaborer avec d’autres enseignants » de leur établissement ou de leur district (l’équivalent à une académie en France) ainsi que « des fonctionnalités avancées en matière de confidentialité des données et de conformité ».

Notamment, les chefs d’établissements et responsables de district peuvent demander un domaine propre pour regrouper les enseignants au sein d’un même espace de travail dont l’authentification peut se connecter à un service d’authentification unique (SSO) via SAML.

L’entreprise assure aussi aux enseignants que, par défaut, elle n’entrainera pas ses modèles sur leur matériel pédagogique ou la préparation de leurs cours. OpenAI leur promet un travail plus rapidement accompli grâce à des « suggestions de prompts directement dans l’application ».

Les espaces numériques de travail en ligne de mire

De la même façon, Anthropic vise les enseignants américains en les faisant rêver de « revenir à ce qui [les] a poussés à devenir enseignants ». « Se concentrer sur les élèves plutôt que sur la planification, la préparation et la paperasse » promet l’entreprise avec son programme « Claude for K-12 teachers », oubliant que la préparation des cours fait partie des tâches essentielles du métier d’enseignant. L’entreprise met en avant le fait d’avoir connecté son système avec des programmes d’études fondés sur les données, citant notamment les Learning Commons.

Anthropic met en avant son partenariat avec l’association Teach for America qui se donne notamment pour but de réduire les inégalités en matière d’éducation, mais ne fait pas l’unanimité. L’association a ainsi été accusée de « saper le système éducatif public américain à la base même en prônant le remplacement d’enseignants de carrière expérimentés par un modèle néolibéral d’éducateurs interchangeables et d’évaluations standardisées ».

L’entreprise de Dario Amodei donne, pour l’usage de ses outils par les enseignants, des exemples de plan de cours, de prompts d’analyse des notes des élèves, de notes de cours ou de gestion de la communication avec les parents. Elle aussi promet de ne pas entrainer ses modèles avec les données des enseignants et élèves.

Au final, les deux entreprises semblent espérer, à terme, remplacer les espaces numériques de travail (ENT) des écoles par un outil tout-en-un boosté par leurs modèles.

Le risque de confier la préparation des cours à une IA est notamment de laisser passer des informations ou des représentations hallucinées ou biaisées par les IA. Rappelons l’exemple de l’IA pour enseignants d’Universcience, Ada, qui accompagnait des cours d’images générées par IA absurdes sur l’évolution.

OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

15 juillet 2026 à 11:43
IA école ?
OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

Les deux startups américaines proposent chacune une offre adressée spécifiquement au corps enseignant en lui promettant de le débarrasser des tâches administratives et de la préparation des cours.

Alors que les vacances d’été ont commencé et que les personnels de l’éducation pensent déjà (un peu) à la rentrée, OpenAI et Anthropic mettent en avant leurs offres en direction des enseignants états-uniens.

Les deux entreprises leur proposent des outils s’appuyant sur leurs modèles d’IA générative, avec des offres de lancement gratuites… pendant un an pour Anthropic et « jusqu’en juin 2028 » pour OpenAI. Elles se donnent donc un ou deux ans pour convaincre les enseignants d’utiliser en masse leurs outils, espérant les rendre indispensables dans leurs pratiques, pour ensuite facturer les institutions. Les deux offres sont calibrées pour être utilisées par les enseignants qui travaillent officiellement dans le cadre du K-12, le système scolaire des États-Unis allant de la maternelle (Kindergarten) au secondaire (grade 12).

OpenAI vise aussi maintenant les chefs d’établissement

Du côté d’OpenAI, une offre était déjà disponible pour les enseignants en novembre dernier en promettant déjà de simplifier le travail quotidien. À l’époque, l’entreprise annonçait une offre gratuite jusqu’en juin 2027. Elle repousse maintenant cette date « jusqu’en juin 2028 » mais en ajoutant à sa cible les chefs d’établissements. L’entreprise assure aux personnels enseignants que cette offre est différente d’un accès normal à ChatGPT dans le sens où elle leur fournirait «un espace de travail sécurisé qui […] permet de collaborer avec d’autres enseignants » de leur établissement ou de leur district (l’équivalent à une académie en France) ainsi que « des fonctionnalités avancées en matière de confidentialité des données et de conformité ».

Notamment, les chefs d’établissements et responsables de district peuvent demander un domaine propre pour regrouper les enseignants au sein d’un même espace de travail dont l’authentification peut se connecter à un service d’authentification unique (SSO) via SAML.

L’entreprise assure aussi aux enseignants que, par défaut, elle n’entrainera pas ses modèles sur leur matériel pédagogique ou la préparation de leurs cours. OpenAI leur promet un travail plus rapidement accompli grâce à des « suggestions de prompts directement dans l’application ».

Les espaces numériques de travail en ligne de mire

De la même façon, Anthropic vise les enseignants américains en les faisant rêver de « revenir à ce qui [les] a poussés à devenir enseignants ». « Se concentrer sur les élèves plutôt que sur la planification, la préparation et la paperasse » promet l’entreprise avec son programme « Claude for K-12 teachers », oubliant que la préparation des cours fait partie des tâches essentielles du métier d’enseignant. L’entreprise met en avant le fait d’avoir connecté son système avec des programmes d’études fondés sur les données, citant notamment les Learning Commons.

Anthropic met en avant son partenariat avec l’association Teach for America qui se donne notamment pour but de réduire les inégalités en matière d’éducation, mais ne fait pas l’unanimité. L’association a ainsi été accusée de « saper le système éducatif public américain à la base même en prônant le remplacement d’enseignants de carrière expérimentés par un modèle néolibéral d’éducateurs interchangeables et d’évaluations standardisées ».

L’entreprise de Dario Amodei donne, pour l’usage de ses outils par les enseignants, des exemples de plan de cours, de prompts d’analyse des notes des élèves, de notes de cours ou de gestion de la communication avec les parents. Elle aussi promet de ne pas entrainer ses modèles avec les données des enseignants et élèves.

Au final, les deux entreprises semblent espérer, à terme, remplacer les espaces numériques de travail (ENT) des écoles par un outil tout-en-un boosté par leurs modèles.

Le risque de confier la préparation des cours à une IA est notamment de laisser passer des informations ou des représentations hallucinées ou biaisées par les IA. Rappelons l’exemple de l’IA pour enseignants d’Universcience, Ada, qui accompagnait des cours d’images générées par IA absurdes sur l’évolution.

Grok Build a envoyé des dépôts de code entiers à xAI : pourquoi la réponse de Musk ne convainc personne

15 juillet 2026 à 08:40

Grok Build, l'outil de codage en ligne de commande de xAI, envoyait les dépôts entiers de ses utilisateurs vers le cloud de l'entreprise, secrets compris. Elon Musk a promis de tout effacer, mais la communication de SpaceXAI peine à convaincre.

☕️ Le nom de domaine marinelepen.fr mis à prix à 25 000 euros

13 juillet 2026 à 14:05


C’est sur marinelepen.com que la cheffe du Rassemblement National a lancé sa campagne pour la Présidentielle 2027, juste après avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics (elle se pourvoit en cassation).

Pourquoi marinelepen.com et pas .fr, pour un rendez-vous national de cette importance ? Parce que marinelepen.fr n’était pas disponible : d’après le Bulletin Quotidien, le nom de domaine a été acheté en 2021 par une entreprise belge spécialiste du référencement, Score Worldwide.

Celle-ci a récupéré le nom de domaine avant la dernière campagne présidentielle de Marine Le Pen, en 2022, pour une seule raison : son nom était de plus en plus recherché en ligne. 
Auprès de Libération, un cadre de l’entreprise indique même que l’achat a été effectué « sans savoir qu’elle était une femme politique française ».

Pendant un moment, la page du site web a présenté un portrait de l’élue et l’indication que le nom de domaine était à vendre. Actuellement, il annonce simplement, en français et en anglais : « Ce domaine de marketing est à vendre : toute offre supérieure à 25 000 € HT sera prise en considération. Veuillez envoyer votre proposition avant le 14 juillet 2026 à l’adresse servicedesk@score-worldwide.com. » La date butoir n’est qu’« indicative », précise le responsable de l’entreprise.

Capture d’écran du site marinelepen.fr le 13 juillet 2026

Le message est assorti d’une publicité pour des cliniques privées de Belgique et du Nord de la France supposées aider ses clients à « prolonger [leur] espérance de vie grâce à notre stratégie de longévité et à nos traitements urologiques ».

S’il a utilisé le nom de domaine marinelepen.fr un temps, le Rassemblement National a visiblement oublié de renouveler son droit annuel d’usage du nom de domaine, ce qui a permis à Score Worldwide de s’en emparer.

Alors que l’entreprise avait demandé au parti s’il souhaitait en récupérer l’accès (contre finances), le parti vient de s’adjoindre les services du cabinet Mark pour tenter d’en récupérer l’accès gratuitement. Auprès de Libération, Score Worldwide déclare ne pas envisager de céder le nom de domaine sans contrepartie.

☕️ Le nom de domaine marinelepen.fr mis à prix à 25 000 euros

13 juillet 2026 à 14:05


C’est sur marinelepen.com que la cheffe du Rassemblement National a lancé sa campagne pour la Présidentielle 2027, juste après avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics (elle se pourvoit en cassation).

Pourquoi marinelepen.com et pas .fr, pour un rendez-vous national de cette importance ? Parce que marinelepen.fr n’était pas disponible : d’après le Bulletin Quotidien, le nom de domaine a été acheté en 2021 par une entreprise belge spécialiste du référencement, Score Worldwide.

Celle-ci a récupéré le nom de domaine avant la dernière campagne présidentielle de Marine Le Pen, en 2022, pour une seule raison : son nom était de plus en plus recherché en ligne. 
Auprès de Libération, un cadre de l’entreprise indique même que l’achat a été effectué « sans savoir qu’elle était une femme politique française ».

Pendant un moment, la page du site web a présenté un portrait de l’élue et l’indication que le nom de domaine était à vendre. Actuellement, il annonce simplement, en français et en anglais : « Ce domaine de marketing est à vendre : toute offre supérieure à 25 000 € HT sera prise en considération. Veuillez envoyer votre proposition avant le 14 juillet 2026 à l’adresse servicedesk@score-worldwide.com. » La date butoir n’est qu’« indicative », précise le responsable de l’entreprise.

Capture d’écran du site marinelepen.fr le 13 juillet 2026

Le message est assorti d’une publicité pour des cliniques privées de Belgique et du Nord de la France supposées aider ses clients à « prolonger [leur] espérance de vie grâce à notre stratégie de longévité et à nos traitements urologiques ».

S’il a utilisé le nom de domaine marinelepen.fr un temps, le Rassemblement National a visiblement oublié de renouveler son droit annuel d’usage du nom de domaine, ce qui a permis à Score Worldwide de s’en emparer.

Alors que l’entreprise avait demandé au parti s’il souhaitait en récupérer l’accès (contre finances), le parti vient de s’adjoindre les services du cabinet Mark pour tenter d’en récupérer l’accès gratuitement. Auprès de Libération, Score Worldwide déclare ne pas envisager de céder le nom de domaine sans contrepartie.

L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

13 juillet 2026 à 13:34
Dehors les moins de 13 ans
L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié. Il contient plusieurs recommandations adaptées à différentes catégories d’âge.

« Les constructeurs automobiles doivent garantir la sécurité de leurs véhicules », a expliqué Ursula von der Leyen durant la présentation du rapport sur la sécurité des enfants en ligne, co-signé par Jörg M. Fegert (directeur du département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier universitaire d’Ulm) et Maria Melchior (directrice de recherche à l’INSERM).

« Nous n’attendons pas des enfants qu’ils conçoivent eux-mêmes leur ceinture de sécurité. Nous n’attendons pas non plus des parents qu’ils installent des airbags à la maison. Il doit en aller exactement de même pour les géants de la tech. »

D’où la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) : cet ensemble de règles censées responsabiliser les grandes plateformes et renforcer la transparence des algorithmes. La Commission a d’ailleurs exigé, pas plus tard que la semaine dernière, de lourds changements dans Facebook et Instagram pour réduire les risques d’addiction de ces réseaux sociaux.

Des ceintures de sécurité pour les réseaux sociaux

La principale recommandation du rapport (PDF) est de mettre en place une restriction étagée de l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, en fonction de leur âge. De la naissance à l’âge de 2 ans, les auteurs proposent de limiter fortement l’exposition aux écrans, ce qui ne signifie pas pour autant de l’interdire complètement. « Il s’agit plutôt de tenir compte des besoins des enfants en matière de développement affectif, sensoriel et d’acquisition précoce du langage », expliquent-ils.

Il convient de privilégier les interactions en face à face, entre les parents (et les personnes en charge) et les enfants, en restant attentif à son propre usage des appareils numériques. Il faut donner « le bon exemple et éviter la « technoférence », c’est-à-dire les interruptions des interactions causées par les technologies. » Une approche recommandée par l’OMS.

Dessin satirique de Flock

De 3 à 12 ans, le rapport recommande une utilisation supervisée des appareils et des « réseaux sociaux+ ». Ce n’est pas une nouvelle catégorie juridique, mais un raccourci utilisé par les auteurs pour désigner un ensemble très large de services en ligne : réseaux sociaux, boutiques d’applications, certains jeux vidéo, « compagnons IA »…

Sans surveillance, les enfants de cette catégorie d’âge ne devraient pas être autorisés à se servir d’appareils connectés à internet. L’accès doit être encadré dans les établissements scolaires, et limité aux appareils utilisés à des fins éducatives. Il s’agit de « développer la culture numérique et médiatique, la résilience émotionnelle et la capacité à réfléchir de manière critique aux risques. »

Il revient aux parents et aux personnes en charge d’encadrer et d’accompagner « progressivement » les enfants vers davantage d’autonomie numérique, « au moyen de réseaux sociaux et d’autres services numériques adaptés à leur âge ». Il faudrait aussi encourager les enfants à participer à des activités hors ligne.

Enfin, de 13 à 18 ans, l’accès des adolescents devrait se limiter aux réseaux sociaux et aux autres services en ligne adaptés à leur âge et « sûrs par défaut », par exemple des services ayant mis en place des limites au défilement infini de contenus et aux systèmes de recommandation. En attendant que de tels services soient développés, des outils de contrôle parental « et une supervision adaptés à l’âge de chaque adolescent [resteront] indispensables. »

Pour les ados de plus de 16 ans, le rapport pointe le risque toujours existant de risques liés à l’exposition à des contenus préjudiciables. Les parents et les tuteurs devront donc continuer à discuter avec les mineurs de leurs expériences en ligne.

« L’enfance est une période de développement cérébral à la fois extraordinaire et délicate », rappelle la présidente de la Commission européenne. « À ce stade, nos enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel. Du temps pour jouer, nouer des amitiés en face à face et faire des erreurs. Du temps pour construire leur propre identité et leur propre personnalité, avant qu’un algorithme ne les façonne à leur place. »

Maintenant que le rapport est entre les mains de l’exécutif européen, des propositions seront faites après l’été. Ursula von der Leyen met déjà en avant l’app de vérification d’âge européenne, qui n’est cependant pas une solution miracle.

L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

13 juillet 2026 à 13:34
Dehors les moins de 13 ans
L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié. Il contient plusieurs recommandations adaptées à différentes catégories d’âge.

« Les constructeurs automobiles doivent garantir la sécurité de leurs véhicules », a expliqué Ursula von der Leyen durant la présentation du rapport sur la sécurité des enfants en ligne, co-signé par Jörg M. Fegert (directeur du département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier universitaire d’Ulm) et Maria Melchior (directrice de recherche à l’INSERM).

« Nous n’attendons pas des enfants qu’ils conçoivent eux-mêmes leur ceinture de sécurité. Nous n’attendons pas non plus des parents qu’ils installent des airbags à la maison. Il doit en aller exactement de même pour les géants de la tech. »

D’où la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) : cet ensemble de règles censées responsabiliser les grandes plateformes et renforcer la transparence des algorithmes. La Commission a d’ailleurs exigé, pas plus tard que la semaine dernière, de lourds changements dans Facebook et Instagram pour réduire les risques d’addiction de ces réseaux sociaux.

Des ceintures de sécurité pour les réseaux sociaux

La principale recommandation du rapport (PDF) est de mettre en place une restriction étagée de l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, en fonction de leur âge. De la naissance à l’âge de 2 ans, les auteurs proposent de limiter fortement l’exposition aux écrans, ce qui ne signifie pas pour autant de l’interdire complètement. « Il s’agit plutôt de tenir compte des besoins des enfants en matière de développement affectif, sensoriel et d’acquisition précoce du langage », expliquent-ils.

Il convient de privilégier les interactions en face à face, entre les parents (et les personnes en charge) et les enfants, en restant attentif à son propre usage des appareils numériques. Il faut donner « le bon exemple et éviter la « technoférence », c’est-à-dire les interruptions des interactions causées par les technologies. » Une approche recommandée par l’OMS.

Dessin satirique de Flock

De 3 à 12 ans, le rapport recommande une utilisation supervisée des appareils et des « réseaux sociaux+ ». Ce n’est pas une nouvelle catégorie juridique, mais un raccourci utilisé par les auteurs pour désigner un ensemble très large de services en ligne : réseaux sociaux, boutiques d’applications, certains jeux vidéo, « compagnons IA »…

Sans surveillance, les enfants de cette catégorie d’âge ne devraient pas être autorisés à se servir d’appareils connectés à internet. L’accès doit être encadré dans les établissements scolaires, et limité aux appareils utilisés à des fins éducatives. Il s’agit de « développer la culture numérique et médiatique, la résilience émotionnelle et la capacité à réfléchir de manière critique aux risques. »

Il revient aux parents et aux personnes en charge d’encadrer et d’accompagner « progressivement » les enfants vers davantage d’autonomie numérique, « au moyen de réseaux sociaux et d’autres services numériques adaptés à leur âge ». Il faudrait aussi encourager les enfants à participer à des activités hors ligne.

Enfin, de 13 à 18 ans, l’accès des adolescents devrait se limiter aux réseaux sociaux et aux autres services en ligne adaptés à leur âge et « sûrs par défaut », par exemple des services ayant mis en place des limites au défilement infini de contenus et aux systèmes de recommandation. En attendant que de tels services soient développés, des outils de contrôle parental « et une supervision adaptés à l’âge de chaque adolescent [resteront] indispensables. »

Pour les ados de plus de 16 ans, le rapport pointe le risque toujours existant de risques liés à l’exposition à des contenus préjudiciables. Les parents et les tuteurs devront donc continuer à discuter avec les mineurs de leurs expériences en ligne.

« L’enfance est une période de développement cérébral à la fois extraordinaire et délicate », rappelle la présidente de la Commission européenne. « À ce stade, nos enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel. Du temps pour jouer, nouer des amitiés en face à face et faire des erreurs. Du temps pour construire leur propre identité et leur propre personnalité, avant qu’un algorithme ne les façonne à leur place. »

Maintenant que le rapport est entre les mains de l’exécutif européen, des propositions seront faites après l’été. Ursula von der Leyen met déjà en avant l’app de vérification d’âge européenne, qui n’est cependant pas une solution miracle.

« J’espère ne pas être prélevée » : une arnaque au faux Delta Sky Club cible des Français avec leur vrai IBAN

13 juillet 2026 à 09:37

Depuis la nuit du 13 juillet, des dizaines d'internautes reçoivent un mail se faisant passer pour le programme de fidélité Delta Sky Club, réclamant 189 euros. Le message affiche leur nom, leur mail et surtout leur véritable IBAN, ce qui a immédiatement fait grimper l'inquiétude sur les forums d'entraide contre les arnaques.

Netflix et Disney+ face au casse-tête de l’engagement

13 juillet 2026 à 07:28
Et si la solution était la télé à papa ?
Netflix et Disney+ face au casse-tête de l’engagement

Le streaming vidéo est-il à la croisée des chemins ? Plusieurs grandes plateformes cherchent en effet de nouveaux moyens de fidéliser les spectateurs qui papillonnent entre les nombreuses propositions de divertissement.

La bataille pour l’attention et l’engagement des utilisateurs fait rage entre les réseaux sociaux, les jeux vidéo, YouTube, les médias en ligne… Les services de streaming ont depuis longtemps identifié que la vraie concurrence n’était pas leurs rivaux directs.

« Nous rivalisons pour capter l’attention du public face à une offre toujours plus diversifiée, allant du streaming à la télévision hertzienne et au câble, en passant par les jeux vidéo, les réseaux sociaux et les grandes plateformes vidéo des géants de la tech », expliquait en début d’année Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, qui voulait à l’époque s’offrir Warner Bros. Discovery. En vain.

L’opportunité du gratuit

Tous les moyens sont bons pour éviter que les utilisateurs aillent voir ailleurs, surtout quand les augmentations de prix sont de plus en plus difficiles à faire passer. Netflix et plusieurs autres ont donc mis en place des formules financées par la publicité. Mais ce n’est plus suffisant aujourd’hui.


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☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram

10 juillet 2026 à 13:01


Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

La Commission européenne mène une enquête sur Meta depuis mai 2024 : elle craint que les systèmes de Facebook et d’Instagram favorisent des comportements addictifs chez les enfants. Deux ans plus tard, les résultats préliminaires sont tombés et ils ne sont guère favorables à l’entreprise américaine.

Bruxelles estime ainsi que Meta n’aurait pas correctement évalué les effets des mécanismes employés dans Facebook et Instagram pour retenir l’utilisateur : défilement infini, lecture automatique de vidéos, notifications, recommandations personnalisées ou encore enchaînements de Reels et de Stories. Tout cela est de nature à affecter le bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables, juge le régulateur.

« Ces fonctionnalités incitent l’utilisateur à faire défiler toujours plus de contenus et placent son cerveau en « mode pilote automatique », ce qui peut favoriser de mauvaises habitudes et un usage compulsif », déplore la Commission. En outre, Meta n’aurait pas tenu compte des informations disponibles sur le temps passé par les mineurs sur ses réseaux sociaux la nuit.

Nouvelle passe d’armes entre Bruxelles et Meta

Meta s’inscrit en faux face aux accusations européennes. Un porte-parole affirme ainsi que les conclusions de l’enquête « ne tiennent pas correctement compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents ». Sauf que ces mesures correctives sont jugées insuffisantes par la Commission : les rappels de temps d’écran peuvent être facilement ignorés, les contrôles parentaux seraient trop complexes et les conseils renvoyant vers un centre de sécurité ne réduiraient pas concrètement les risques.

Bruxelles considère maintenant que de simples avertissements ne suffisent plus et que Meta devrait modifier ses applications et services. La Commission évoque plusieurs changements lourds que Meta devrait effectuer dans ses applications, comme la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, de véritables pauses obligatoires ou plus difficiles à contourner et des recommandations moins optimisées pour maximiser l’engagement.

« Le règlement sur les services numériques fournit un cadre clair permettant de tenir les plateformes responsables de la conception addictive de leurs services et de ses effets », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’une condamnation définitive. Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des changements. Le Comité européen des services numériques sera également consulté. Mais si les conclusions sont confirmées, l’exécutif européen pourra adopter une décision de non-conformité et infliger une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de Meta. Le montant réel dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère éventuellement répété de l’infraction.

En février dernier, cette même Commission lançait une enquête sur TikTok, pour des raisons similaires. Le réseau social n’aurait pas suffisamment évalué les conséquences des mécanismes addictifs de sa plateforme et de la manière dont ils « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram

10 juillet 2026 à 13:01


Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

La Commission européenne mène une enquête sur Meta depuis mai 2024 : elle craint que les systèmes de Facebook et d’Instagram favorisent des comportements addictifs chez les enfants. Deux ans plus tard, les résultats préliminaires sont tombés et ils ne sont guère favorables à l’entreprise américaine.

Bruxelles estime ainsi que Meta n’aurait pas correctement évalué les effets des mécanismes employés dans Facebook et Instagram pour retenir l’utilisateur : défilement infini, lecture automatique de vidéos, notifications, recommandations personnalisées ou encore enchaînements de Reels et de Stories. Tout cela est de nature à affecter le bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables, juge le régulateur.

« Ces fonctionnalités incitent l’utilisateur à faire défiler toujours plus de contenus et placent son cerveau en « mode pilote automatique », ce qui peut favoriser de mauvaises habitudes et un usage compulsif », déplore la Commission. En outre, Meta n’aurait pas tenu compte des informations disponibles sur le temps passé par les mineurs sur ses réseaux sociaux la nuit.

Nouvelle passe d’armes entre Bruxelles et Meta

Meta s’inscrit en faux face aux accusations européennes. Un porte-parole affirme ainsi que les conclusions de l’enquête « ne tiennent pas correctement compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents ». Sauf que ces mesures correctives sont jugées insuffisantes par la Commission : les rappels de temps d’écran peuvent être facilement ignorés, les contrôles parentaux seraient trop complexes et les conseils renvoyant vers un centre de sécurité ne réduiraient pas concrètement les risques.

Bruxelles considère maintenant que de simples avertissements ne suffisent plus et que Meta devrait modifier ses applications et services. La Commission évoque plusieurs changements lourds que Meta devrait effectuer dans ses applications, comme la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, de véritables pauses obligatoires ou plus difficiles à contourner et des recommandations moins optimisées pour maximiser l’engagement.

« Le règlement sur les services numériques fournit un cadre clair permettant de tenir les plateformes responsables de la conception addictive de leurs services et de ses effets », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’une condamnation définitive. Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des changements. Le Comité européen des services numériques sera également consulté. Mais si les conclusions sont confirmées, l’exécutif européen pourra adopter une décision de non-conformité et infliger une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de Meta. Le montant réel dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère éventuellement répété de l’infraction.

En février dernier, cette même Commission lançait une enquête sur TikTok, pour des raisons similaires. Le réseau social n’aurait pas suffisamment évalué les conséquences des mécanismes addictifs de sa plateforme et de la manière dont ils « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

Bloquer les VPN pour protéger les mineurs ? Le débat prend de l’ampleur en Europe

10 juillet 2026 à 08:22
Vérification Poliment Neutralisée
Bloquer les VPN pour protéger les mineurs ? Le débat prend de l’ampleur en Europe

Les VPN sont-ils devenus la nouvelle faille de la protection des mineurs en ligne ? Depuis le durcissement britannique sur la vérification d’âge en ligne, leur usage alimente les inquiétudes politiques. Mais pour les spécialistes, ces outils ne sont qu’un moyen de contournement parmi d’autres, et leur interdiction poserait de sérieux risques pour les libertés numériques.

Les VPN sont-ils en train de devenir le nouveau champ de bataille de la régulation pour la protection des mineurs en ligne en Europe ? Depuis que le Royaume-Uni a renforcé la vérification de l’âge en ligne en juillet 2025, l’usage des réseaux privés virtuels a bondi, alimentant les inquiétudes à Westminster. Pour certains élus britanniques, ces outils sont devenus un moyen pour les mineurs d’échapper aux restrictions censées les protéger. Début 2026, Lord Nash a ainsi porté un amendement au projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles, afin d’imposer, dans les douze mois suivant l’adoption du texte, une réglementation interdisant la fourniture de services VPN aux mineurs. L’amendement a été rejeté, mais le débat, lui, n’a pas disparu.

Au contraire, outre-Manche, la question des VPN est devenue l’un des symboles des limites techniques de la régulation numérique. Problème, le principe des VPN et leur utilité sont souvent mal compris, notamment par les politiques. Un VPN sert à la base à se connecter à un réseau à distance, comme si on était sur place. À l’heure du télétravail, c’est un outil indispensable pour de nombreuses entreprises et employés. C’est également un outil de protection pour certaines personnes (les lanceurs d’alertes par exemple) et de contournement de la censure dans des pays. Il est par contre vrai que de nombreuses sociétés commerciales peu scrupuleuses le présentent comme un moyen de contourner la loi.

Une inquiétude européenne

Le 15 juin, Liz Kendall, secrétaire d’État à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, annonçait la volonté du gouvernement britannique d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans dès 2027, avec une réglementation présentée au Parlement d’ici la fin de l’année 2026. Dans la foulée, invitée à l’émission BBC Breakfast, elle indiquait que le gouvernement ferait de nouvelles annonces concernant les VPN au cours du mois de juillet. De quoi relancer une question sensible : le Royaume-Uni est-il en train d’ouvrir une voie que l’Union européenne pourrait, à son tour, être tentée d’emprunter ?

Sur le continent, la rumeur d’un durcissement européen contre les VPN a commencé à enfler en ligne au printemps dernier. La faute à une note du Service de recherche du Parlement européen, publiée en janvier, sur les VPN et la protection des mineurs en ligne ressortie fin avril lors d’une conférence de presse d’Henna Virkkunen, commissaire européenne au Numérique. Interrogée sur la possibilité pour les mineurs de contourner les contrôles d’âge grâce aux VPN, la responsable européenne reconnaît qu’aucune technologie n’est impossible à déjouer. Quelques jours plus tard, à la télévision finlandaise, elle tente toutefois de calmer le jeu. L’objectif de l’Union européenne n’est pas de s’attaquer aux VPN, mais de rendre les dispositifs de protection des mineurs plus solides, plus fiables et moins faciles à contourner assure-t-elle.

Dans nos contrées, les réseaux privés virtuels sont observés de longue date par l’Arcom. « Ils ont souvent été présentés comme un obstacle majeur à toute forme de régulation, mais dans les faits, ce n’est pas vraiment le cas », analyse Pauline Combredet, directrice adjointe de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Selon elle, si certains internautes utilisent les VPN pour contourner les règles, cette pratique reste relativement minoritaire et concentrée chez des publics technophiles ou avertis.

« Aujourd’hui, le taux de pénétration des VPN chez les internautes français est d’environ 15 %, ce qui veut dire que 85 % ne les utilisent pas régulièrement », précise-t-elle, en rappelant que les plus jeunes ne sont pas forcément ceux qui vont installer un VPN pour contourner un contrôle d’âge. L’autorité publique reste toutefois vigilante sur le sujet. Mais pour Pauline Combredet, l’enjeu n’est pas de faire des VPN des adversaires. « Notre approche est de les considérer comme des partenaires, au même titre que les fournisseurs d’accès à Internet », souligne-t-elle. D’autant que leur fonction première, celle de se connecter à un réseau local à distance et par extension de sécuriser certains échanges, reste légitime.


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C’était une question de temps, les précommandes de GTA 6 attirent tous les escrocs du web

9 juillet 2026 à 13:21

Trois semaines après l'ouverture des précommandes, les faux sites, fausses bêtas et faux tokens crypto se multiplient autour de GTA 6. Kaspersky documente une vague d'arnaques taillée sur mesure pour piéger les fans les plus impatients.

Doctolib veut utiliser vos données pour ses recherches en IA. Vous pouvez refuser.

9 juillet 2026 à 13:12
Un email et c'est parti
Doctolib veut utiliser vos données pour ses recherches en IA. Vous pouvez refuser.

Doctolib va utiliser par défaut les données de ses utilisateurs pour des projets de R&D. Considérant le faire dans son intérêt légitime, l’entreprise a seulement mis en place un formulaire permettant de s’y opposer (procédure d’opt-out).

Ce mercredi 8 juillet, Doctolib a envoyé à certains de ses utilisateurs un email concernant l’utilisation des données de ses utilisateurs pour des projets R&D. L’entreprise, qui revendique quasiment autant de comptes (60 millions en 2021) que la taille de la population française, a décidé de s’appuyer sur les données de ses utilisateurs, sans demander de consentement explicite.

En effet, l’entreprise explique : « À partir d’août 2026, nous collaborerons avec une équipe de recherche associée à trois institutions scientifiques françaises de premier plan (Inria, Inserm et Université Paris Cité) sur le projet de recherche « Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle » ».

C’est notamment l’équipe-projet Heka commune à Inria, Inserm et l’Université Paris Cité qui coopère avec Doctolib.

L’intérêt légitime à conduire des recherches, plutôt que le consentement explicite des utilisateurs

Pour justifier de ne pas demander le consentement explicite de ces utilisateurs, Doctolib s’appuie sur son « intérêt légitime à conduire des recherches scientifiques dans le but d’améliorer les soins pour tous » et cite la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL. Remarquons qu’en mettant en place cette recherche, c’est bien Doctolib qui pourra profiter en premier de ses éventuelles retombées. Cette méthodologie de référence MR-004 « encadre les traitements de données à caractère personnel à des fins d’étude, évaluation ou recherche n’impliquant pas la personne humaine ».

L’article 6.1.f du RGPD prévoit que le traitement de données à caractère personnel est licite s’il « est nécessaire aux fins des intérêts légitimes poursuivis par le responsable du traitement ou par un tiers, à moins que ne prévalent les intérêts ou les libertés et droits fondamentaux de la personne concernée qui exigent une protection des données à caractère personnel, notamment lorsque la personne concernée est un enfant ».

Dans le cadre de la méthodologie de référence MR-004, l’entreprise ne peut pas utiliser n’importe comment les données. Ainsi, par exemple, seuls les personnels de recherche intervenant « dans un lieu de recherche » peuvent conserver le lien entre les noms et prénoms et les données traitées. Les patients doivent aussi être informés.

Nous avons interrogé la CNIL concernant les éventuelles formalités préalables que doit effectuer Doctolib auprès d’elle pour ce genre de projets et si l’entreprise les avait correctement remplies le cas échéant. L’autorité ne nous a pas encore répondu, mais nous mettrons à jour l’article dès que ça sera le cas.

Un formulaire d’opposition

Dans son email, que tous les utilisateurs n’ont pas reçu pour l’instant (nous sommes plusieurs à Next dans ce cas), Doctolib donne un lien vers un formulaire d’opposition. Celui-ci n’oblige pas à être connecté pour le remplir et demande les prénom, nom et date de naissance. C’est via ce formulaire que les utilisateurs de Doctolib peuvent faire appliquer l’article 56 de la loi de 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés données et Libertés. Ainsi, en utilisant ce formulaire, vous pouvez vous opposer à la réutilisation de vos données personnelles (ou celles de la personne dont vous êtes le représentant légal) dans le cadre des projets de R&D de Doctolib :

En s’appuyant sur l’intérêt légitime, Doctolib évite de demander explicitement le consentement des internautes, ce qui pourrait lui garantir d’utiliser un plus grand nombre de leurs données pour ses recherches. En effet, il faut que les utilisateurs reçoivent bien cet email, le lisent dans de bonnes conditions, cliquent ensuite sur le lien vers le formulaire et le remplissent pour sortir leurs données du champ d’utilisation des recherches.

En novembre 2025, Doctolib avait écopé d’une amende de 4,665 millions d’euros de l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. En février dernier, l’entreprise affirmait au Figaro se considérer en concurrence avec Google, Anthropic et OpenAI et leurs applications comme ChatGPT Health. Elle ajoutait vouloir consacrer 160 millions d’euros en 2026 sur ses projets dans l’IA et avoir déjà investi 20 millions d’euros dans son laboratoire d’IA clinique qui chapeaute ces projets de R&D.

Doctolib veut utiliser vos données pour ses recherches en IA. Vous pouvez refuser.

9 juillet 2026 à 13:12
Un email et c'est parti
Doctolib veut utiliser vos données pour ses recherches en IA. Vous pouvez refuser.

Doctolib va utiliser par défaut les données de ses utilisateurs pour des projets de R&D. Considérant le faire dans son intérêt légitime, l’entreprise a seulement mis en place un formulaire permettant de s’y opposer (procédure d’opt-out).

Ce mercredi 8 juillet, Doctolib a envoyé à certains de ses utilisateurs un email concernant l’utilisation des données de ses utilisateurs pour des projets R&D. L’entreprise, qui revendique quasiment autant de comptes (60 millions en 2021) que la taille de la population française, a décidé de s’appuyer sur les données de ses utilisateurs, sans demander de consentement explicite.

En effet, l’entreprise explique : « À partir d’août 2026, nous collaborerons avec une équipe de recherche associée à trois institutions scientifiques françaises de premier plan (Inria, Inserm et Université Paris Cité) sur le projet de recherche « Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle » ».

C’est notamment l’équipe-projet Heka commune à Inria, Inserm et l’Université Paris Cité qui coopère avec Doctolib.

L’intérêt légitime à conduire des recherches, plutôt que le consentement explicite des utilisateurs

Pour justifier de ne pas demander le consentement explicite de ces utilisateurs, Doctolib s’appuie sur son « intérêt légitime à conduire des recherches scientifiques dans le but d’améliorer les soins pour tous » et cite la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL. Remarquons qu’en mettant en place cette recherche, c’est bien Doctolib qui pourra profiter en premier de ses éventuelles retombées. Cette méthodologie de référence MR-004 « encadre les traitements de données à caractère personnel à des fins d’étude, évaluation ou recherche n’impliquant pas la personne humaine ».

L’article 6.1.f du RGPD prévoit que le traitement de données à caractère personnel est licite s’il « est nécessaire aux fins des intérêts légitimes poursuivis par le responsable du traitement ou par un tiers, à moins que ne prévalent les intérêts ou les libertés et droits fondamentaux de la personne concernée qui exigent une protection des données à caractère personnel, notamment lorsque la personne concernée est un enfant ».

Dans le cadre de la méthodologie de référence MR-004, l’entreprise ne peut pas utiliser n’importe comment les données. Ainsi, par exemple, seuls les personnels de recherche intervenant « dans un lieu de recherche » peuvent conserver le lien entre les noms et prénoms et les données traitées. Les patients doivent aussi être informés.

Nous avons interrogé la CNIL concernant les éventuelles formalités préalables que doit effectuer Doctolib auprès d’elle pour ce genre de projets et si l’entreprise les avait correctement remplies le cas échéant. L’autorité ne nous a pas encore répondu, mais nous mettrons à jour l’article dès que ça sera le cas.

Un formulaire d’opposition

Dans son email, que tous les utilisateurs n’ont pas reçu pour l’instant (nous sommes plusieurs à Next dans ce cas), Doctolib donne un lien vers un formulaire d’opposition. Celui-ci n’oblige pas à être connecté pour le remplir et demande les prénom, nom et date de naissance. C’est via ce formulaire que les utilisateurs de Doctolib peuvent faire appliquer l’article 56 de la loi de 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés données et Libertés. Ainsi, en utilisant ce formulaire, vous pouvez vous opposer à la réutilisation de vos données personnelles (ou celles de la personne dont vous êtes le représentant légal) dans le cadre des projets de R&D de Doctolib :

En s’appuyant sur l’intérêt légitime, Doctolib évite de demander explicitement le consentement des internautes, ce qui pourrait lui garantir d’utiliser un plus grand nombre de leurs données pour ses recherches. En effet, il faut que les utilisateurs reçoivent bien cet email, le lisent dans de bonnes conditions, cliquent ensuite sur le lien vers le formulaire et le remplissent pour sortir leurs données du champ d’utilisation des recherches.

En novembre 2025, Doctolib avait écopé d’une amende de 4,665 millions d’euros de l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. En février dernier, l’entreprise affirmait au Figaro se considérer en concurrence avec Google, Anthropic et OpenAI et leurs applications comme ChatGPT Health. Elle ajoutait vouloir consacrer 160 millions d’euros en 2026 sur ses projets dans l’IA et avoir déjà investi 20 millions d’euros dans son laboratoire d’IA clinique qui chapeaute ces projets de R&D.

Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

8 juillet 2026 à 11:20
La Résistible Ascension d'Arturo AI
Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

Le premier observatoire français de l’audience des sites GenAI, établi par Médiamétrie en octobre 2025, avait établi que près de 25 % des Français y étaient régulièrement confrontés. Six mois plus tard, ils sont près de 40 % (soit + 60 % !). Une explosion en partie due à l’essor du nombre de sites d’infos et d’articles industrialisés par l’IA pour parvenir à être mentionné dans les réponses des grands modèles de langage.

Près de 4 Français sur 10 (39,1 %) visitent des sites d’information générés par IA (GenAI), à raison de 23 millions de visiteurs uniques (VU) chaque mois, contre près de 1 sur 4 (24,5 %) en octobre dernier (soit + 60 % !). Le nombre de VU quotidien est de son côté passé de 2,6 à 3,5 millions, en un an (soit + 35 %).

Les chiffres émanent du second observatoire des sites GenAI, établi par Médiamétrie pour le compte du Groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE) sur la base des sites GenAI identifiés par Next. Le premier observatoire, révélant qu’un quart des Français visitaient des sites d’info GenAI, avait été rendu public en décembre dernier.

Un taux qui ne reflète en réalité que la fourchette basse du nombre réel d’internautes français confrontés à des articles et infos « majoritairement voire entièrement » générés par IA. D’une part parce que le tsunami de sites d’info « full IA », ou qui basculent dans l’ « IA first » est tel qu’il nous est impossible de les identifier tous.

Comment définissez-vous qu’un site d’info est « généré par IA » ?


Comme indiqué dans le podcast consacré au tsunami d’infos générées par IA, nous avions initialement péché par excès de prudence, en évoquant des sites d’infos « en tout ou partie générés par IA », alors que nous ne recensons (bien évidemment) que ceux dont la production d’articles générés par IA est significative en volume, et s’est traduite par des articles dont le caractère peu ou pas supervisé était manifeste. Le tout sans que ce recours à l’IA générative ne soit mentionné, contrairement à ce qu’exige l’article 50 de l’AI Act européen.

Médiamétrie, d’autre part, ne mesure l’audience que des 5 000 principales marques digitales et 1 000 premières applications mobiles françaises. Or, lors de la première édition de l’observatoire, notre base de données de sites d’info GenAI dénombrait près de 8 900 sites d’info GenAI, administrés (et monétisés) par plus de 200 éditeurs. Elle en comporte désormais plus de 15 000, émanant de plus de 300 éditeurs.

La mesure d’audience émane du panel d’internautes de Médiamétrie, et de la collecte de l’ensemble de leur surf sur ordinateur, tablette et mobile (Android et iOS). Nous lui avions fourni une liste des 308 sites GenAI les plus recommandés par Google et MSN, dont 232 ont été visités par les panélistes sur la période étudiée, qui va d’avril 2025 à avril 2026.

Si 84 % des sites d’info GenAI dénombrent moins de 250 000 visiteurs uniques (VU) par mois, 5 % en totalisent plus de 2 millions, et 9 plus de 3 millions. Quatre éditeurs, cumulant plusieurs sites d’info GenAI, en dénombrent même plus de 6 millions, et l’un d’entre eux 15,7 millions, soit près de 25 % des Français.

À l’instar du premier observatoire, Médiamétrie constate que 75 % des internautes qui consultent ces sites d’info GenAI ont 50 ans ou plus. En octobre dernier, un peu plus de 36 % d’entre eux avaient consulté au moins un site d’info GenAI dans le mois. Une proportion qui s’élève désormais à près de 50 % des 50 - 64 ans, et près de 55 % des 65 ans et plus.

Le trafic provient majoritairement de Google (plus de 50 %), devant Meta (17 %), confirmant le rôle central des plateformes dans la diffusion de ces contenus. « Cette étude confirme l’installation durable des sites d’information générés par l’IA dans le paysage numérique français », souligne Laure de Lataillade, directrice du Geste :

« Si leur audience progresse rapidement, c’est en grande partie parce que ces acteurs sont largement portés par les moteurs de recherche et les plateformes sociales, qui jouent un rôle déterminant dans leur visibilité et leur distribution auprès du grand public. Cette évolution invite à s’interroger sur les mécanismes de recommandation qui structurent désormais l’accès à l’information, sur la transparence des processus éditoriaux à l’œuvre derrière ces contenus, ainsi que sur les conditions de concurrence avec les médias qui financent la production d’une information professionnelle et vérifiée. »

Rappelons que Next a aussi développé une extension web (gratuite) afin d’alerter ses utilisateurs lorsqu’ils consultent un site dont les articles et infos semblent avoir été générés par IA, au risque d’y relayer des (dés)informations « hallucinées ».

Des spammeurs d’info, gagnant jusqu’à 3 000 € par jour

Étant aux « premières loges » de ce tsunami de sites d’info générés par IA, que je documente depuis un an et demi et que j’ai tenté d’expliciter dans le podcast de Mathilde Saliou qui explore les enjeux du numérique, je relève deux principales évolutions entre ces deux premiers observatoires GenAI de Médiamétrie.


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