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Présidentielle 2027 : un débat sur l’IA entre souveraineté et clivages rejoués

2 octobre 2026 à 08:41
Let's agree to disagree
Présidentielle 2027 : un débat sur l’IA entre souveraineté et clivages rejoués

À Marseille, huit représentants des candidats à l’élection présidentielle ont débattu de l’intelligence artificielle sous l’égide des médias du groupe CMA-CGM. Entre souveraineté, réglementation et investissements dans les datacenters, les échanges ont surtout permis de rejouer les clivages existants entre les différentes forces en présence.

Quelle sera la vision stratégique de la France pour l’IA lors du prochain quinquennat ? Les médias du groupe CMA-CGM (BFM, La Tribune, Brut, La Provence) ont réuni le 25 septembre dernier huit représentants des candidats à l’élection présidentielle de 2027 pour ce qui devait être le premier « grand débat IA de la présidentielle ».

Organisé dans le cadre d’un événement commercial plus largement consacré à l’intelligence artificielle et à ses acteurs, le débat n’a pas permis aux huit forces en présence de confronter directement leurs points de vue. Il a en réalité pris la forme de deux tables rondes successives et relativement déséquilibrées.

La première réunissait un candidat déclaré, Olivier Faure (Parti socialiste), un probable candidat, Xavier Bertrand (Les Républicains, mais qui parle de se lancer en indépendant), et trois lieutenants : Sarah Knafo pour Reconquête, Manuel Bompard pour La France insoumise et Alexandre Loubet pour le Rassemblement national.

Deux représentants du bloc central, Paul Midy pour Renaissance et Laurent Marcangeli pour Horizons, et le député européen David Cormand pour Les écologistes, ont ensuite embrayé pour une seconde séquence.

L’IA entre menaces et opportunités

Relativement convenue, la question n’en est pas moins importante, particulièrement pour ce débat thématisé qui constitue une première dans la campagne en cours : l’IA doit-elle être perçue comme une menace ou comme une opportunité ?

Tous s’accordent à dire que l’IA, générative ou non, est un vecteur de progrès, mais que les ruptures qu’elle est susceptible d’entraîner soulèvent des risques dont le politique doit s’emparer. Pour Sarah Knafo et Xavier Bertrand, il serait contre-productif, voire dangereux, d’aller contre le mouvement. « L’IA est là, soit on surfe sur cette vague, soit on va se réfugier dans un château-fort et on commence à faire bouillir de l’eau », ironise le président de la région Hauts-de-France. « Soit nous la maitrisons, soit nous la subirons », soutient également Alexandre Loubet, conseiller de Jordan Bardella au RN.

Les trois évoquent le risque que prendrait la France à se laisser dépasser par les acteurs étrangers, États-Unis et Chine en tête. « Les Français se sont emparés de l’IA bien avant leurs politiques », lance Sarah Knafo, selon qui la classe dirigeante actuelle ferait preuve de dédain vis-à-vis de la technologie, quand d’autres pays ne s’embarrassent pas d’autant de scrupules. La représentante de Reconquête se dit opposée à toute régulation, notamment pour tout ce qui touche aux risques de type deepfakes ou tentatives d’extorsion : « pour ça, on a notre code pénal. Les faussaires existent depuis toujours ».


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☕️ [MàJ] Sur LinkedIn, drôle de passe d’armes entre J-B Kempf (VLC) et Gérald Darmanin

1 octobre 2026 à 06:45


Mise à jour, 1er octobre 2026, 8h45, complété à 10h00 pour préciser la chronologie : L’appel public lancé par Jean-Baptiste Kempf semble avoir porté ses fruits. Le Journal Officiel du 30 septembre révèle en effet qu’Audrey Prévost et trois autres candidats sont finalement admis « à titre définitif » au troisième concours de recrutement d’auditeurs de justice de la session 2025.

Le bulletin du JO révèle que l’administration a, sous la plume du garde des Sceaux, retiré « ses décisions de refus de concourir » formulées à l’encontre des quatre candidats, dans une requête adressée à la présidente du jury du concours le 15 septembre dernier.

Daté du 23 février dernier, le post LinkedIn dans lequel Jean-Baptiste Kempf s’insurgeait de la non prise en compte de l’expérience de son épouse au sein de l’association VideoLAN avait suscité de nombreux relais et commentaires de soutien, notamment dans la sphère des entrepreneurs de la tech et du numérique.

Quelques jours plus tôt, un autre candidat déçu, Maxence Mathey, ancien entrepreneur, avait exprimé publiquement sa déception le 17 février dernier, après une première tentative de saisine du Conseil d’État en suspension-référé. Il y faisait valoir que les quatre évincés du troisième concours ne pouvaient être considérés comme susceptibles de prendre la place d’autres postulants issus de parcours plus académiques, puisque la session 2025 avait accueilli moins de candidats qu’il n’y avait de postes ouverts.

Suite au coup de projecteur donné par Jean-Baptiste Kempf à l’affaire, Gérald Darmanin a retiré son refus, et demandé le 9 mars à la présidente du jury d’une nouvelle liste intégrant les quatre lauréats déçus, ce qu’a refusé cette dernière dans un courrier daté du 19 mars au nom de la souveraineté du jury. Dix jours plus tard, le cabinet du ministre informe les candidats qu’ils ne seront pas inscrits, le délai de quatre mois permettant de retirer une décision étant dépassé.

Deux des candidats en appellent alors à nouveau au Conseil d’État, qui rend deux décisions favorables le 22 juin, considérant que le refus initial n’était pas légalement justifié. Les deux intéressés ont, de ce fait, fait l’objet d’une admission à titre provisoire en juillet dernier, ce qui a permis aux deux derniers candidats d’écrire au ministère pour bénéficier à leur tour de cette admission au nom du principe d’égalité, comme le rapporte Actu-Juridique.


Publication initiale, 24 février 2026, 11h07 : Jean-Baptiste Kempf, l’un des principaux contributeurs du projet VideoLAN et de son célèbre lecteur VLC, s’est fendu lundi 23 février d’une charge virulente adressée au garde des Sceaux Gérald Darmanin. « J’envisage de quitter la France, et c’est intégralement la faute de M.Darmanin », titre l’ingénieur, dont la publication LinkedIn devient très vite virale.

Il y raconte les démêlés de sa femme, Audrey Prévost Kempf, avec l’administration en charge des admissions au concours de l’École nationale de la magistrature (ENM), qu’elle passe avec brio à sa seconde tentative, avant d’être informée, par courrier, qu’elle n’a finalement pas le droit de concourir.

D’après le résumé qu’en fait Jean-Baptiste Kempf, le ministère de la Justice décide de retoquer sa participation, a posteriori et alors qu’elle se classe 9ᵉ à l’issue du grand oral, « au motif d’une prétendue insuffisance d’activité juridique qualifiante ».

Intro du billet publié par J-B Kempf le 22 février sur LinkedIn

Audrey Prévost Kempf avait elle-même relaté cette déconvenue quelques jours plus tôt. Son éviction du concours de l’ENM (qui concerne également au moins un autre candidat) intervient dans le cadre des nouvelles modalités d’admission introduites suite à la réforme de 2023.

Aux premier et deuxième concours (destinés respectivement aux jeunes diplômés et aux salariés de la fonction publique), elle ajoute un troisième concours réservé aux candidats venus du privé, sous réserve que ces derniers puissent justifier d’au moins quatre ans d’une expérience « particulièrement qualifiante dans le domaine juridique, administratif, économique ou social ».

Et c’est là que le bât semble avoir blessé dans le cas d’Audrey Prevost Kempf : ses dix ans d’implication aux côtés de Jean-Baptiste Kempf dans VideoLAN n’auraient pas été reconnus comme une expérience « particulièrement qualifiante ».

« Le légal dans VideoLAN est plus compliqué et complexe que dans la plupart des sociétés que je connais, et avec un champ d’application bien plus large. Et devinez qui m’a aidé dans tout ce travail pendant dix ans ? Audrey, évidemment. Moi, je n’ai aucune base scolaire en droit. »

S’ensuivent cinq mois d’échanges avec le ministère avec un recours au fond, jusqu’à cette interpellation publique.

« Le travail autour de VideoLAN est titanesque, même bénévole, et il n’appartient pas au Garde des Sceaux ni à son administration de déjuger notre travail. Le mieux, c’est lorsque M. Darmanin écrit que  « le numérique […] et le droit du numérique ne sont pas utiles au magistrat de l’ordre judiciaire » », écrit Jean-Baptiste Kempf, fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2018, qui jure qu’on ne l’y prendra plus.

« Jamais plus je n’aiderai l’État français gratuitement par mon travail, et tant pis pour les agents de la justice (utilisant beaucoup VLC) qui auraient besoin de lire de nouveaux formats de vidéo. Cracher sur le professionnalisme du travail de VideoLAN est totalement inadmissible. »

Quelques heures plus tard, Gérald Darmanin lui répond en commentaire de sa publication LinkedIn, indiquant d’abord ne pas avoir été saisi personnellement du litige et regrettant le ton agressif de la missive, avant de finalement écrire : « il me semble que ma réponse avant le recours formulé devant le Conseil d’État était de demander à mon administration de revoir sa décision. Mais je veux vous le lui confirmer de façon certaine ».

« J’ai le plus grand respect pour elle d’avoir réussi ce difficile concours et, en effet, la magistrature manque de personnes connaissant le numérique », écrit encore le ministre.

Les 375 nouveaux auditeurs de justice qui constituent la promotion 2026 de l’ENM, dont 49 issus du troisième concours, ont fait leur rentrée le 16 février dernier.

☕️ [MàJ] Sur LinkedIn, drôle de passe d’armes entre J-B Kempf (VLC) et Gérald Darmanin

1 octobre 2026 à 06:45


Mise à jour, 1er octobre 2026, 8h45, complété à 10h00 pour préciser la chronologie : L’appel public lancé par Jean-Baptiste Kempf semble avoir porté ses fruits. Le Journal Officiel du 30 septembre révèle en effet qu’Audrey Prévost et trois autres candidats sont finalement admis « à titre définitif » au troisième concours de recrutement d’auditeurs de justice de la session 2025.

Le bulletin du JO révèle que l’administration a, sous la plume du garde des Sceaux, retiré « ses décisions de refus de concourir » formulées à l’encontre des quatre candidats, dans une requête adressée à la présidente du jury du concours le 15 septembre dernier.

Daté du 23 février dernier, le post LinkedIn dans lequel Jean-Baptiste Kempf s’insurgeait de la non prise en compte de l’expérience de son épouse au sein de l’association VideoLAN avait suscité de nombreux relais et commentaires de soutien, notamment dans la sphère des entrepreneurs de la tech et du numérique.

Quelques jours plus tôt, un autre candidat déçu, Maxence Mathey, ancien entrepreneur, avait exprimé publiquement sa déception le 17 février dernier, après une première tentative de saisine du Conseil d’État en suspension-référé. Il y faisait valoir que les quatre évincés du troisième concours ne pouvaient être considérés comme susceptibles de prendre la place d’autres postulants issus de parcours plus académiques, puisque la session 2025 avait accueilli moins de candidats qu’il n’y avait de postes ouverts.

Suite au coup de projecteur donné par Jean-Baptiste Kempf à l’affaire, Gérald Darmanin a retiré son refus, et demandé le 9 mars à la présidente du jury d’une nouvelle liste intégrant les quatre lauréats déçus, ce qu’a refusé cette dernière dans un courrier daté du 19 mars au nom de la souveraineté du jury. Dix jours plus tard, le cabinet du ministre informe les candidats qu’ils ne seront pas inscrits, le délai de quatre mois permettant de retirer une décision étant dépassé.

Deux des candidats en appellent alors à nouveau au Conseil d’État, qui rend deux décisions favorables le 22 juin, considérant que le refus initial n’était pas légalement justifié. Les deux intéressés ont, de ce fait, fait l’objet d’une admission à titre provisoire en juillet dernier, ce qui a permis aux deux derniers candidats d’écrire au ministère pour bénéficier à leur tour de cette admission au nom du principe d’égalité, comme le rapporte Actu-Juridique.


Publication initiale, 24 février 2026, 11h07 : Jean-Baptiste Kempf, l’un des principaux contributeurs du projet VideoLAN et de son célèbre lecteur VLC, s’est fendu lundi 23 février d’une charge virulente adressée au garde des Sceaux Gérald Darmanin. « J’envisage de quitter la France, et c’est intégralement la faute de M.Darmanin », titre l’ingénieur, dont la publication LinkedIn devient très vite virale.

Il y raconte les démêlés de sa femme, Audrey Prévost Kempf, avec l’administration en charge des admissions au concours de l’École nationale de la magistrature (ENM), qu’elle passe avec brio à sa seconde tentative, avant d’être informée, par courrier, qu’elle n’a finalement pas le droit de concourir.

D’après le résumé qu’en fait Jean-Baptiste Kempf, le ministère de la Justice décide de retoquer sa participation, a posteriori et alors qu’elle se classe 9ᵉ à l’issue du grand oral, « au motif d’une prétendue insuffisance d’activité juridique qualifiante ».

Intro du billet publié par J-B Kempf le 22 février sur LinkedIn

Audrey Prévost Kempf avait elle-même relaté cette déconvenue quelques jours plus tôt. Son éviction du concours de l’ENM (qui concerne également au moins un autre candidat) intervient dans le cadre des nouvelles modalités d’admission introduites suite à la réforme de 2023.

Aux premier et deuxième concours (destinés respectivement aux jeunes diplômés et aux salariés de la fonction publique), elle ajoute un troisième concours réservé aux candidats venus du privé, sous réserve que ces derniers puissent justifier d’au moins quatre ans d’une expérience « particulièrement qualifiante dans le domaine juridique, administratif, économique ou social ».

Et c’est là que le bât semble avoir blessé dans le cas d’Audrey Prevost Kempf : ses dix ans d’implication aux côtés de Jean-Baptiste Kempf dans VideoLAN n’auraient pas été reconnus comme une expérience « particulièrement qualifiante ».

« Le légal dans VideoLAN est plus compliqué et complexe que dans la plupart des sociétés que je connais, et avec un champ d’application bien plus large. Et devinez qui m’a aidé dans tout ce travail pendant dix ans ? Audrey, évidemment. Moi, je n’ai aucune base scolaire en droit. »

S’ensuivent cinq mois d’échanges avec le ministère avec un recours au fond, jusqu’à cette interpellation publique.

« Le travail autour de VideoLAN est titanesque, même bénévole, et il n’appartient pas au Garde des Sceaux ni à son administration de déjuger notre travail. Le mieux, c’est lorsque M. Darmanin écrit que  « le numérique […] et le droit du numérique ne sont pas utiles au magistrat de l’ordre judiciaire » », écrit Jean-Baptiste Kempf, fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2018, qui jure qu’on ne l’y prendra plus.

« Jamais plus je n’aiderai l’État français gratuitement par mon travail, et tant pis pour les agents de la justice (utilisant beaucoup VLC) qui auraient besoin de lire de nouveaux formats de vidéo. Cracher sur le professionnalisme du travail de VideoLAN est totalement inadmissible. »

Quelques heures plus tard, Gérald Darmanin lui répond en commentaire de sa publication LinkedIn, indiquant d’abord ne pas avoir été saisi personnellement du litige et regrettant le ton agressif de la missive, avant de finalement écrire : « il me semble que ma réponse avant le recours formulé devant le Conseil d’État était de demander à mon administration de revoir sa décision. Mais je veux vous le lui confirmer de façon certaine ».

« J’ai le plus grand respect pour elle d’avoir réussi ce difficile concours et, en effet, la magistrature manque de personnes connaissant le numérique », écrit encore le ministre.

Les 375 nouveaux auditeurs de justice qui constituent la promotion 2026 de l’ENM, dont 49 issus du troisième concours, ont fait leur rentrée le 16 février dernier.

Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

30 septembre 2026 à 14:44
"They're not loot boxes, they're surprise mechanics"
Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

Placé sous l’égide de Bruxelles, le réseau européen des autorités nationales de protection des consommateurs lance une série d’actions coordonnées contre dix éditeurs de jeux vidéo dont Blizzard, Ubisoft, Riot et Supercell. Elles ciblent principalement les monnaies virtuelles et cherchent à aboutir à l’application de principes tels que la transparence sur les prix, le respect du droit de rétractation ou la protection des joueurs vulnérables.

Après les tentatives de persuasion et les guides de bonnes pratiques, place à des démarches plus vindicatives : le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), coordonné par la Commission européenne, a annoncé mercredi le lancement d’une série d’actions coordonnées visant à assainir les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monnaies virtuelles.

Une action coordonnée pour assainir les pratiques

Le réseau CPC rappelle qu’il a déjà tenté d’initier un échange avec les éditeurs de jeux vidéo au sujet des monnaies virtuelles. À cette fin et en parallèle d’une action déjà engagée contre l’éditeur du jeu Star Stable Online (simulateur d’équitation), il avait notamment publié au printemps 2025 un guide des « principes clés des monnaies virtuelles dans les jeux ».

Problème : selon le réseau CPC, « le dialogue n’a pas donné de résultats satisfaisants », ce qui a conduit ses membres à analyser les pratiques des éditeurs en la matière. Il en tire une liste de jeux qui devraient, selon lui, faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Sur cette base, le réseau annonce l’ouverture d’actions contre neuf éditeurs, chacun d’entre eux étant visé pour au moins un jeu.

Dans le lot figurent Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King.com (Candy Crush), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt : Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium Europe (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Le réseau CPC indique par ailleurs mener une action spécifique à l’encontre d’Activision Blizzard (via sa filiale britannique) « afin de garantir le respect de la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les jeux Diablo Immortal et Call of Duty Mobile ».

Ces actions visent, selon le réseau CPC, à garantir l’application des principes qu’il prônait dans son guide de 2025, à savoir principalement la transparence des prix (montrer le prix réel d’un objet en jeu, ne pas masquer les coûts associés, fournir une information claire et complète).

Ils appellent également à renforcer la lutte contre les mécaniques d’incitation (qui poussent à acheter de grandes quantités de monnaie virtuelle), le respect du droit de rétractation de 14 jours (y compris pour les monnaies non utilisées) et la protection des consommateurs vulnérables, notamment les enfants.

Dans une déclaration conjointe, les membres du réseau ajoutent vouloir vérifier la conformité de certaines techniques susceptibles d’être qualifiées de trompeuses (dark patterns) telles que les comptes à rebours, la fausse rareté des objets virtuels, ou les systèmes de récompense variable (les fameuses loot boxes).

Un coup de semonce, en attendant des procédures nationales ?

Reste à voir quelle sera la portée réelle de cette action conjointe qui, pour l’instant, fait surtout office de nouveau coup de semonce.

Le réseau CPC s’appuie en effet sur le règlement du même nom (2017/2394) qui permet aux autorités nationales (dont la DGCCRF pour la France) d’agir ensemble contre des infractions généralisées, qui touchent tout ou partie des États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne coordonne l’ensemble, mais c’est tout de même aux autorités nationales qu’il revient « d’ouvrir des enquêtes ou des procédures de leur propre initiative si elles apprennent l’existence d’infractions couvertes par le présent règlement ».

« Environ la moitié des Européens jouent à des jeux vidéo, remarque dans un communiqué Michael McGrath, commissaire européen à la démocratie, à la justice, à l’état de droit et à la protection des consommateurs. Avec cette portée vient la responsabilité. L’industrie doit veiller à ce que ses jeux n’exposent pas les joueurs – en particulier les enfants – à des pratiques néfastes ou déloyales ».

Le sujet a notamment été porté à l’attention de l’exécutif européen par les associations de consommateurs. Que Choisir Ensemble (qui s’appelait alors UFC-Que Choisir) a par exemple saisi la DGCCRF et la Commission européenne contre la présence et l’usage de monnaies virtuelles dans des jeux vidéo comme Diablo IV, Fortnite ou encore Minecraft en septembre 2024.

Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

30 septembre 2026 à 14:44
"They're not loot boxes, they're surprise mechanics"
Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

Placé sous l’égide de Bruxelles, le réseau européen des autorités nationales de protection des consommateurs lance une série d’actions coordonnées contre dix éditeurs de jeux vidéo dont Blizzard, Ubisoft, Riot et Supercell. Elles ciblent principalement les monnaies virtuelles et cherchent à aboutir à l’application de principes tels que la transparence sur les prix, le respect du droit de rétractation ou la protection des joueurs vulnérables.

Après les tentatives de persuasion et les guides de bonnes pratiques, place à des démarches plus vindicatives : le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), coordonné par la Commission européenne, a annoncé mercredi le lancement d’une série d’actions coordonnées visant à assainir les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monnaies virtuelles.

Une action coordonnée pour assainir les pratiques

Le réseau CPC rappelle qu’il a déjà tenté d’initier un échange avec les éditeurs de jeux vidéo au sujet des monnaies virtuelles. À cette fin et en parallèle d’une action déjà engagée contre l’éditeur du jeu Star Stable Online (simulateur d’équitation), il avait notamment publié au printemps 2025 un guide des « principes clés des monnaies virtuelles dans les jeux ».

Problème : selon le réseau CPC, « le dialogue n’a pas donné de résultats satisfaisants », ce qui a conduit ses membres à analyser les pratiques des éditeurs en la matière. Il en tire une liste de jeux qui devraient, selon lui, faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Sur cette base, le réseau annonce l’ouverture d’actions contre neuf éditeurs, chacun d’entre eux étant visé pour au moins un jeu.

Dans le lot figurent Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King.com (Candy Crush), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt : Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium Europe (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Le réseau CPC indique par ailleurs mener une action spécifique à l’encontre d’Activision Blizzard (via sa filiale britannique) « afin de garantir le respect de la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les jeux Diablo Immortal et Call of Duty Mobile ».

Ces actions visent, selon le réseau CPC, à garantir l’application des principes qu’il prônait dans son guide de 2025, à savoir principalement la transparence des prix (montrer le prix réel d’un objet en jeu, ne pas masquer les coûts associés, fournir une information claire et complète).

Ils appellent également à renforcer la lutte contre les mécaniques d’incitation (qui poussent à acheter de grandes quantités de monnaie virtuelle), le respect du droit de rétractation de 14 jours (y compris pour les monnaies non utilisées) et la protection des consommateurs vulnérables, notamment les enfants.

Dans une déclaration conjointe, les membres du réseau ajoutent vouloir vérifier la conformité de certaines techniques susceptibles d’être qualifiées de trompeuses (dark patterns) telles que les comptes à rebours, la fausse rareté des objets virtuels, ou les systèmes de récompense variable (les fameuses loot boxes).

Un coup de semonce, en attendant des procédures nationales ?

Reste à voir quelle sera la portée réelle de cette action conjointe qui, pour l’instant, fait surtout office de nouveau coup de semonce.

Le réseau CPC s’appuie en effet sur le règlement du même nom (2017/2394) qui permet aux autorités nationales (dont la DGCCRF pour la France) d’agir ensemble contre des infractions généralisées, qui touchent tout ou partie des États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne coordonne l’ensemble, mais c’est tout de même aux autorités nationales qu’il revient « d’ouvrir des enquêtes ou des procédures de leur propre initiative si elles apprennent l’existence d’infractions couvertes par le présent règlement ».

« Environ la moitié des Européens jouent à des jeux vidéo, remarque dans un communiqué Michael McGrath, commissaire européen à la démocratie, à la justice, à l’état de droit et à la protection des consommateurs. Avec cette portée vient la responsabilité. L’industrie doit veiller à ce que ses jeux n’exposent pas les joueurs – en particulier les enfants – à des pratiques néfastes ou déloyales ».

Le sujet a notamment été porté à l’attention de l’exécutif européen par les associations de consommateurs. Que Choisir Ensemble (qui s’appelait alors UFC-Que Choisir) a par exemple saisi la DGCCRF et la Commission européenne contre la présence et l’usage de monnaies virtuelles dans des jeux vidéo comme Diablo IV, Fortnite ou encore Minecraft en septembre 2024.

☕️ Droit d’auteur et IA générative : la Commission européenne lance une consultation

30 septembre 2026 à 12:15


À défaut de bouger en France, les lignes entre droit d’auteur et intelligence artificielle générative pourraient-elles se déplacer à l’échelle européenne ? Bruxelles vient de donner un signe allant dans le sens d’une possible évolution du cadre réglementaire. La Commission européenne a en effet lancé, mardi 29 septembre, une consultation visant à recueillir des « commentaires sur les défis et les perspectives d’avenir concernant l’impact des technologies sur le droit d’auteur ».

Bien que le droit communautaire protège déjà le droit d’auteur (notamment via la directive de 2019 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique), Bruxelles estime que « les nouveaux défis et l’évolution du marché soulèvent la question de savoir si ce cadre devrait être renforcé par d’éventuelles mesures supplémentaires ».

Entre autres sujets d’étude, la consultation se concentre notamment sur « l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur en intelligence artificielle ».

La silhouette d'un Zorro brandissant un livre dont des feuilles s'envolent sur fond de la lettre Z
Illustration Flock

À ce sujet, la Commission indique, dans l’avant-propos du questionnaire dédié, vouloir étudier « des moyens de faciliter l’octroi de licences et l’application du droit d’auteur et des droits connexes dans le contexte de l’IA et d’améliorer les conditions de rémunération des créateurs, tout en permettant aux fournisseurs de modèles et de systèmes d’IA, y compris les start-up, d’accéder légalement au contenu protégé par le droit d’auteur et de l’utiliser pour l’innovation en matière d’intelligence artificielle ».

La consultation ne se limite cependant pas à l’IA. Elle interroge aussi la « lutte contre le piratage en ligne de contenus tels que les événements en direct », « l’application du droit à une rémunération équitable unique pour les artistes-interprètes et les producteurs de musique » et « le droit d’auteur sur la recherche scientifique ».

Ouverte jusqu’au 3 novembre prochain, cette démarche qui vise donc à explorer des solutions s’adresse notamment aux titulaires de droits d’auteur et droits voisins, aux acteurs de l’IA générative, aux organismes de gestion collective, mais aussi aux organismes de recherche, aux associations de consommateurs et aux autorités nationales ou organisations non gouvernementales.

Bruxelles avait déjà procédé à une phase de cadrage (call for evidence) entre le 18 mai et le 25 juin 2026. À l’époque, l’exécutif européen évoquait explicitement la possibilité de faire évoluer la directive de 2019.

Rappelons qu’en France, la proposition de loi qui souhaitait instaurer la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur a achoppé en juillet dernier à l’Assemblée nationale, alors qu’elle avait été votée à l’unanimité au Sénat.

☕️ Droit d’auteur et IA générative : la Commission européenne lance une consultation

30 septembre 2026 à 12:15


À défaut de bouger en France, les lignes entre droit d’auteur et intelligence artificielle générative pourraient-elles se déplacer à l’échelle européenne ? Bruxelles vient de donner un signe allant dans le sens d’une possible évolution du cadre réglementaire. La Commission européenne a en effet lancé, mardi 29 septembre, une consultation visant à recueillir des « commentaires sur les défis et les perspectives d’avenir concernant l’impact des technologies sur le droit d’auteur ».

Bien que le droit communautaire protège déjà le droit d’auteur (notamment via la directive de 2019 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique), Bruxelles estime que « les nouveaux défis et l’évolution du marché soulèvent la question de savoir si ce cadre devrait être renforcé par d’éventuelles mesures supplémentaires ».

Entre autres sujets d’étude, la consultation se concentre notamment sur « l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur en intelligence artificielle ».

La silhouette d'un Zorro brandissant un livre dont des feuilles s'envolent sur fond de la lettre Z
Illustration Flock

À ce sujet, la Commission indique, dans l’avant-propos du questionnaire dédié, vouloir étudier « des moyens de faciliter l’octroi de licences et l’application du droit d’auteur et des droits connexes dans le contexte de l’IA et d’améliorer les conditions de rémunération des créateurs, tout en permettant aux fournisseurs de modèles et de systèmes d’IA, y compris les start-up, d’accéder légalement au contenu protégé par le droit d’auteur et de l’utiliser pour l’innovation en matière d’intelligence artificielle ».

La consultation ne se limite cependant pas à l’IA. Elle interroge aussi la « lutte contre le piratage en ligne de contenus tels que les événements en direct », « l’application du droit à une rémunération équitable unique pour les artistes-interprètes et les producteurs de musique » et « le droit d’auteur sur la recherche scientifique ».

Ouverte jusqu’au 3 novembre prochain, cette démarche qui vise donc à explorer des solutions s’adresse notamment aux titulaires de droits d’auteur et droits voisins, aux acteurs de l’IA générative, aux organismes de gestion collective, mais aussi aux organismes de recherche, aux associations de consommateurs et aux autorités nationales ou organisations non gouvernementales.

Bruxelles avait déjà procédé à une phase de cadrage (call for evidence) entre le 18 mai et le 25 juin 2026. À l’époque, l’exécutif européen évoquait explicitement la possibilité de faire évoluer la directive de 2019.

Rappelons qu’en France, la proposition de loi qui souhaitait instaurer la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur a achoppé en juillet dernier à l’Assemblée nationale, alors qu’elle avait été votée à l’unanimité au Sénat.

☕️ Opera sur Android propose désormais d’acheter une eSIM pour les séjours à l’étranger

30 septembre 2026 à 09:29


Nouvelle diversification inattendue pour Opera : dans sa version Android, le navigateur permet désormais d’acheter une carte SIM virtuelle (eSIM) dédiée aux données mobiles lors des séjours à l’étranger (roaming).

L’option s’active directement depuis l’interface du navigateur. L’utilisateur est alors invité à ajouter une carte SIM virtuelle à son système, qui servira ensuite à se connecter a Internet une fois le téléphone connecté à un réseau étranger éligible.

« Vous n’avez donc pas besoin d’une application supplémentaire, fini les files d’attente aux guichets des aéroports pour obtenir une nouvelle carte SIM et les factures d’itinérance exorbitantes. Vous pouvez configurer l’eSIM chez vous ; elle ne sera décomptée qu’à votre arrivée à destination. L’eSIM est dédiée aux données et ne remplace pas votre numéro de téléphone actuel », décrit l’éditeur.

Opera revendique 47 destinations disponibles pour ce service opéré par l’intermédiaire d’un prestataire spécialisé, Holiday.com. Le principal prérequis technique consiste à disposer d’un téléphone compatible eSIM, sous Android 10 ou version ultérieure.

Description du parcours de souscription d’une eSIM à partir du navigateur – crédit Opera

Pour séduire les nouveaux utilisateurs, l’éditeur propose une offre de bienvenue gratuite qui permet de profiter de 3 Go de données pendant trois jours, sans enregistrement préalable (ni email, ni carte bancaire nécessaire).

Au-delà, il faudra en passer par les packs payants. Opera et Holiday fonctionnent sur une logique de packs à l’achat unique, qui ouvrent droit respectivement à 3 Go, 5 Go et 10 Go à consommer sur 30 jours. Le prix dépend de la destination visée.

Les pays couverts par le service sont les suivants : Albanie, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Égypte, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hong Kong, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Malte, Monténégro, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Corée du Sud, Espagne, Sri Lanka, Suède, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Turquie, Royaume-Uni et États-Unis.

☕️ Opera sur Android propose désormais d’acheter une eSIM pour les séjours à l’étranger

30 septembre 2026 à 09:29


Nouvelle diversification inattendue pour Opera : dans sa version Android, le navigateur permet désormais d’acheter une carte SIM virtuelle (eSIM) dédiée aux données mobiles lors des séjours à l’étranger (roaming).

L’option s’active directement depuis l’interface du navigateur. L’utilisateur est alors invité à ajouter une carte SIM virtuelle à son système, qui servira ensuite à se connecter a Internet une fois le téléphone connecté à un réseau étranger éligible.

« Vous n’avez donc pas besoin d’une application supplémentaire, fini les files d’attente aux guichets des aéroports pour obtenir une nouvelle carte SIM et les factures d’itinérance exorbitantes. Vous pouvez configurer l’eSIM chez vous ; elle ne sera décomptée qu’à votre arrivée à destination. L’eSIM est dédiée aux données et ne remplace pas votre numéro de téléphone actuel », décrit l’éditeur.

Opera revendique 47 destinations disponibles pour ce service opéré par l’intermédiaire d’un prestataire spécialisé, Holiday.com. Le principal prérequis technique consiste à disposer d’un téléphone compatible eSIM, sous Android 10 ou version ultérieure.

Description du parcours de souscription d’une eSIM à partir du navigateur – crédit Opera

Pour séduire les nouveaux utilisateurs, l’éditeur propose une offre de bienvenue gratuite qui permet de profiter de 3 Go de données pendant trois jours, sans enregistrement préalable (ni email, ni carte bancaire nécessaire).

Au-delà, il faudra en passer par les packs payants. Opera et Holiday fonctionnent sur une logique de packs à l’achat unique, qui ouvrent droit respectivement à 3 Go, 5 Go et 10 Go à consommer sur 30 jours. Le prix dépend de la destination visée.

Les pays couverts par le service sont les suivants : Albanie, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Égypte, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hong Kong, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Malte, Monténégro, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Corée du Sud, Espagne, Sri Lanka, Suède, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Turquie, Royaume-Uni et États-Unis.

Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

30 septembre 2026 à 07:25
Demain c'est trop tard
Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

La place de marché française de Rakuten (ex PriceMinister) fermera ses portes le 30 septembre à 23h59. Les acheteurs ou vendeurs conserveront un accès leur permettant de récupérer les sommes dues ou l’historique de leurs transactions jusqu’au 10 novembre.

Fin de parcours pour l’un des pionniers de l’e-commerce français. Après l’échec du processus de recherche d’un repreneur, la direction de l’antenne française du géant japonais du commerce en ligne Rakuten a signé mercredi l’acte de décès de la plateforme Rakuten France.

Baroud d’honneur

À la connexion sur le site, un bandeau informe que le site fait l’objet d’une cessation d’activité programmée au 30 septembre à 23h59. « Rakuten France cessera toute activité de mise en relation entre acheteurs et vendeurs le 30 septembre 2026. À partir de cette date, il ne sera plus possible d’y effectuer de nouveaux achats ou ventes », indique le panneau d’information associé.

Rakuten France acte sa fermeture, programmée au 30 septembre, 23h59 – capture d’écran

Ce dernier renvoie vers un document plus formel (PDF), qui informe « de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs » et par conséquent de « l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59 ».

En page d’accueil, Rakuten France affiche une ultime promotion titrée « jour de fermeture », avec 30 euros offerts sur un panier d’au moins 300 euros.

Les clients ont intérêt à récupérer leurs informations d’achats

Dans son document contractuel, la place de marché se veut rassurante quant au service après-vente relatif aux produits vendus par son intermédiaire, mais elle ne s’engage à rien, se contentant de renvoyer vers la responsabilité du vendeur : « vous pourrez contacter directement nos vendeurs professionnels en particulier, ceux-ci restant directement tenus des garanties légales, notamment celles de conformité et de vices cachés, couvrant les produits vendus par l’intermédiaire de notre Plateforme ».

Elle indique par ailleurs qu’un accès aux comptes utilisateurs, comprenant à la fois attestations d’achats et coordonnées des vendeurs professionnels le cas échéant, reste ouvert « jusqu’au 10 novembre 2026, 23h59, date à laquelle celui-ci sera rendu définitivement inaccessible ».

L’équipe française conclut sur un mot de remerciements. « De PriceMinister à Rakuten France, vous avez contribué à l’évolution et à l’histoire de notre plateforme. Merci d’avoir fait partie de cette aventure à nos côtés ».

Reprise manquée

La fin était programmée : Rakuten France avait en effet annoncé mi-juillet que sa fermeture interviendrait avant la fin de l’année, faute d’avoir trouvé un repreneur suite au processus de cession lancé en avril dernier.

« Malgré les efforts déployés par le Groupe pour mener à bien une cession de l’activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir à une solution viable permettant d’assurer la poursuite de l’activité de manière pérenne », déclarait alors Rakuten France.

Plusieurs candidats à la reprise s’étaient pourtant manifestés. Dans le lot figurait notamment Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister en 2000, accompagné d’autres anciens dirigeants et d’un fonds d’investissement. Rappelons que le site Priceminister a été racheté en 2010 par le géant japonais Rakuten avant d’être rebaptisé Rakuten France en 2018. Autres figures du e-commerce français, les frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania, s’étaient aussi positionnés.

Aucune des offres n’a cependant été retenue. « Chaque offre reçue a été rigoureusement évaluée, notamment à l’aune des critères suivants : la préservation des emplois, les conditions financières de l’offre et les risques qui y sont associés, ainsi que la capacité du plan de redressement à assurer la pérennité de l’activité à long terme. Aucune des offres reçues ne remplissait ces trois critères », justifiait Rakuten France en juillet.

Le 28 juillet, Rakuten France avait fait évoluer ses conditions générales d’utilisation pour interdire l’inscription de nouveaux vendeurs, particuliers ou professionnels.

Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

30 septembre 2026 à 07:25
Demain c'est trop tard
Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

La place de marché française de Rakuten (ex PriceMinister) fermera ses portes le 30 septembre à 23h59. Les acheteurs ou vendeurs conserveront un accès leur permettant de récupérer les sommes dues ou l’historique de leurs transactions jusqu’au 10 novembre.

Fin de parcours pour l’un des pionniers de l’e-commerce français. Après l’échec du processus de recherche d’un repreneur, la direction de l’antenne française du géant japonais du commerce en ligne Rakuten a signé mercredi l’acte de décès de la plateforme Rakuten France.

Baroud d’honneur

À la connexion sur le site, un bandeau informe que le site fait l’objet d’une cessation d’activité programmée au 30 septembre à 23h59. « Rakuten France cessera toute activité de mise en relation entre acheteurs et vendeurs le 30 septembre 2026. À partir de cette date, il ne sera plus possible d’y effectuer de nouveaux achats ou ventes », indique le panneau d’information associé.

Rakuten France acte sa fermeture, programmée au 30 septembre, 23h59 – capture d’écran

Ce dernier renvoie vers un document plus formel (PDF), qui informe « de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs » et par conséquent de « l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59 ».

En page d’accueil, Rakuten France affiche une ultime promotion titrée « jour de fermeture », avec 30 euros offerts sur un panier d’au moins 300 euros.

Les clients ont intérêt à récupérer leurs informations d’achats

Dans son document contractuel, la place de marché se veut rassurante quant au service après-vente relatif aux produits vendus par son intermédiaire, mais elle ne s’engage à rien, se contentant de renvoyer vers la responsabilité du vendeur : « vous pourrez contacter directement nos vendeurs professionnels en particulier, ceux-ci restant directement tenus des garanties légales, notamment celles de conformité et de vices cachés, couvrant les produits vendus par l’intermédiaire de notre Plateforme ».

Elle indique par ailleurs qu’un accès aux comptes utilisateurs, comprenant à la fois attestations d’achats et coordonnées des vendeurs professionnels le cas échéant, reste ouvert « jusqu’au 10 novembre 2026, 23h59, date à laquelle celui-ci sera rendu définitivement inaccessible ».

L’équipe française conclut sur un mot de remerciements. « De PriceMinister à Rakuten France, vous avez contribué à l’évolution et à l’histoire de notre plateforme. Merci d’avoir fait partie de cette aventure à nos côtés ».

Reprise manquée

La fin était programmée : Rakuten France avait en effet annoncé mi-juillet que sa fermeture interviendrait avant la fin de l’année, faute d’avoir trouvé un repreneur suite au processus de cession lancé en avril dernier.

« Malgré les efforts déployés par le Groupe pour mener à bien une cession de l’activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir à une solution viable permettant d’assurer la poursuite de l’activité de manière pérenne », déclarait alors Rakuten France.

Plusieurs candidats à la reprise s’étaient pourtant manifestés. Dans le lot figurait notamment Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister en 2000, accompagné d’autres anciens dirigeants et d’un fonds d’investissement. Rappelons que le site Priceminister a été racheté en 2010 par le géant japonais Rakuten avant d’être rebaptisé Rakuten France en 2018. Autres figures du e-commerce français, les frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania, s’étaient aussi positionnés.

Aucune des offres n’a cependant été retenue. « Chaque offre reçue a été rigoureusement évaluée, notamment à l’aune des critères suivants : la préservation des emplois, les conditions financières de l’offre et les risques qui y sont associés, ainsi que la capacité du plan de redressement à assurer la pérennité de l’activité à long terme. Aucune des offres reçues ne remplissait ces trois critères », justifiait Rakuten France en juillet.

Le 28 juillet, Rakuten France avait fait évoluer ses conditions générales d’utilisation pour interdire l’inscription de nouveaux vendeurs, particuliers ou professionnels.

Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

29 septembre 2026 à 08:32
For whom the bell tolls
Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

Consulté par Reuters, le prospectus destiné aux investisseurs d’Anthropic révèle que l’entreprise a bien intégré la notion de « risques existentiels » associés au développement de l’IA générative à sa communication financière. Il souligne dans le même temps que l’entreprise maintient une politique de dépenses massives, avec 518 milliards de dollars de dépenses programmées sur les prochaines années.

Anthropic avance encore sous les radars, mais les modalités de son introduction en bourse commencent à se préciser, avec un lancement désormais programmé aux alentours de novembre, probablement juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

L’agence Reuters a en effet révélé lundi 28 septembre avoir eu accès au prospectus d’Anthropic, c’est-à-dire le document que présente l’entreprise à ses actionnaires potentiels dans le cadre de la tournée (roadshow) qui sert à recueillir l’engagement des investisseurs institutionnels.

Il faut encore attendre qu’Anthropic publie la version complète de son document d’enregistrement préalable (le formulaire S-1, déposé en juin dernier mais assorti d’une clause de confidentialité) pour pouvoir auditer avec précision ses comptes.

Le prospectus consulté par Reuters révèle néanmoins un certain nombre d’indicateurs financiers, à commencer par la capitalisation visée par Anthropic. L’entreprise, qui se valorisait 965 milliards de dollars en mai dernier à l’occasion de sa dernière levée de fonds, ambitionnerait d’atteindre les 2 000 milliards de dollars.

À l’appui de sa démarche, elle affirme que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer plus profondément l’économie que ne l’ont fait l’industrialisation, l’électricité ou Internet.

Chiffre d’affaires, croissance et dépenses

Reuters évoque des chiffres arrêtés à fin 2025, avec un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards de dollars, multiplié par 12 en un an. D’après l’agence, Anthropic précise dans son prospectus qu’un quart de ce chiffre d’affaires est réalisé auprès de deux clients principaux (non identifiés). L’entreprise souligne par ailleurs que beaucoup de ses grands clients ne sont pas liés par des engagements de long terme, ce qui est présenté comme un facteur de risque concurrentiel.

Au 31 décembre 2025, Anthropic disposait par ailleurs de 20,28 milliards de dollars de réserve, répartis entre du cash et des placements à court terme.

Bien qu’en forte croissance, les revenus d’Anthropic sont loin de couvrir ses dépenses : le prospectus chiffre ainsi à 12,65 milliards de dollars les dépenses d’exploitation sur l’année 2025, dont environ 7,3 milliards de dollars consacrés au calcul et aux infrastructures informatiques, une somme trois fois supérieure à celle consacrée à ce poste en 2024.

La perte d’exploitation sur l’année se monterait de ce fait à environ 8 milliards de dollars. Anthropic comptabilise cependant une perte nette de 42 milliards de dollars sur l’année. Les 34 milliards de dollars manquants sont associés à une charge comptable qui reflète, selon Reuters, « une augmentation de la valeur estimée du financement qui pourrait éventuellement se transformer en actions Anthropic ».

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’accélération d’Anthropic sur les six premiers mois de l’année 2026. D’après le Financial Times, Anthropic a récemment revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.

Le prospectus révèle qu’en dépit de l’appel lancé par Dario Amodei à ralentir le développement des modèles de pointe, l’entreprise poursuit sa trajectoire d’investissements. Elle évoque ainsi une enveloppe pluriannuelle de 518 milliards de dollars en location ou achats d’infrastructures et dépenses de calcul, notamment chez SpaceXAI.

Risques existentiels non chiffrés

Dans une autre dépêche, Reuters détaille la façon dont Anthropic aborde, au sein de son prospectus, la question du « risque existentiel » que ferait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. Source d’un emballement médiatique sans précédent, cette question du risque occuperait 80 des 261 pages du document, alors qu’elle ne représentait que 38 des 277 pages du prospectus de SpaceX lors de sa propre introduction en bourse, remarque l’agence.

Anthropic y renouvelle l’idée de modèles capables d’acquérir une forme de compréhension des limites que l’homme essaie de leur imposer. « La prise de conscience potentielle des modèles quant à nos efforts d’évaluation constitue une limitation importante de notre capacité à évaluer la sécurité des modèles », écrit l’entreprise, dont le discours anthropomorphiste a récemment été dénoncé par le patron de l’IA chez Microsoft.

Le résumé fait par Reuters illustre une nouvelle fois l’ambiguïté du discours d’Anthropic, qui alerte sur les risques potentiels, mais continue à développer ses nouveaux modèles à un rythme effréné, comme en témoigne les sorties récentes d’Opus 5.5 puis de Sonnet 5.5.

Anthropic ne chiffre pas ce risque dans sa communication financière, mais renouvelle son engagement à publier davantage de données sur les incidents impliquant ses modèles et ses algorithmes d’auto-amélioration récursive. « Nous pensons que la construction de systèmes d’IA fiables, dignes de confiance et sécurisés est une responsabilité collective et que le marché la récompensera », déclare l’entreprise.

Une gouvernance protectrice

Une troisième dépêche illustre quant à elle la façon dont Anthropic prépare l’évolution de sa gouvernance, une fois son capital ouvert au public, notamment en raison de ces fameux risques.

Le sujet n’est pas anodin : l’introduction en bourse de SpaceX a par exemple révélé comment Elon Musk s’assurait de garder un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques de son entreprise grâce à un système d’actions préférentielles.

Anthropic prévoit de son côté de créer un nouveau véhicule, « Founder LLC », qui réunirait les intérêts et les parts des sept fondateurs de l’entreprise, et disposerait d’actions à droits préférentiels garantissant 50,1 % des droits de vote sur les sujets de gouvernance. Cette majorité de contrôle pourrait selon le prospectus prendre des décisions qui entrent « en conflit avec les intérêts financiers et les performances commerciales à court, moyen ou long terme » au nom d’un objectif supérieur qualifié de « bien commun », quitte à pénaliser temporairement la valeur des actions ordinaires.

Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

29 septembre 2026 à 08:32
For whom the bell tolls
Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

Consulté par Reuters, le prospectus destiné aux investisseurs d’Anthropic révèle que l’entreprise a bien intégré la notion de « risques existentiels » associés au développement de l’IA générative à sa communication financière. Il souligne dans le même temps que l’entreprise maintient une politique de dépenses massives, avec 518 milliards de dollars de dépenses programmées sur les prochaines années.

Anthropic avance encore sous les radars, mais les modalités de son introduction en bourse commencent à se préciser, avec un lancement désormais programmé aux alentours de novembre, probablement juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

L’agence Reuters a en effet révélé lundi 28 septembre avoir eu accès au prospectus d’Anthropic, c’est-à-dire le document que présente l’entreprise à ses actionnaires potentiels dans le cadre de la tournée (roadshow) qui sert à recueillir l’engagement des investisseurs institutionnels.

Il faut encore attendre qu’Anthropic publie la version complète de son document d’enregistrement préalable (le formulaire S-1, déposé en juin dernier mais assorti d’une clause de confidentialité) pour pouvoir auditer avec précision ses comptes.

Le prospectus consulté par Reuters révèle néanmoins un certain nombre d’indicateurs financiers, à commencer par la capitalisation visée par Anthropic. L’entreprise, qui se valorisait 965 milliards de dollars en mai dernier à l’occasion de sa dernière levée de fonds, ambitionnerait d’atteindre les 2 000 milliards de dollars.

À l’appui de sa démarche, elle affirme que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer plus profondément l’économie que ne l’ont fait l’industrialisation, l’électricité ou Internet.

Chiffre d’affaires, croissance et dépenses

Reuters évoque des chiffres arrêtés à fin 2025, avec un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards de dollars, multiplié par 12 en un an. D’après l’agence, Anthropic précise dans son prospectus qu’un quart de ce chiffre d’affaires est réalisé auprès de deux clients principaux (non identifiés). L’entreprise souligne par ailleurs que beaucoup de ses grands clients ne sont pas liés par des engagements de long terme, ce qui est présenté comme un facteur de risque concurrentiel.

Au 31 décembre 2025, Anthropic disposait par ailleurs de 20,28 milliards de dollars de réserve, répartis entre du cash et des placements à court terme.

Bien qu’en forte croissance, les revenus d’Anthropic sont loin de couvrir ses dépenses : le prospectus chiffre ainsi à 12,65 milliards de dollars les dépenses d’exploitation sur l’année 2025, dont environ 7,3 milliards de dollars consacrés au calcul et aux infrastructures informatiques, une somme trois fois supérieure à celle consacrée à ce poste en 2024.

La perte d’exploitation sur l’année se monterait de ce fait à environ 8 milliards de dollars. Anthropic comptabilise cependant une perte nette de 42 milliards de dollars sur l’année. Les 34 milliards de dollars manquants sont associés à une charge comptable qui reflète, selon Reuters, « une augmentation de la valeur estimée du financement qui pourrait éventuellement se transformer en actions Anthropic ».

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’accélération d’Anthropic sur les six premiers mois de l’année 2026. D’après le Financial Times, Anthropic a récemment revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.

Le prospectus révèle qu’en dépit de l’appel lancé par Dario Amodei à ralentir le développement des modèles de pointe, l’entreprise poursuit sa trajectoire d’investissements. Elle évoque ainsi une enveloppe pluriannuelle de 518 milliards de dollars en location ou achats d’infrastructures et dépenses de calcul, notamment chez SpaceXAI.

Risques existentiels non chiffrés

Dans une autre dépêche, Reuters détaille la façon dont Anthropic aborde, au sein de son prospectus, la question du « risque existentiel » que ferait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. Source d’un emballement médiatique sans précédent, cette question du risque occuperait 80 des 261 pages du document, alors qu’elle ne représentait que 38 des 277 pages du prospectus de SpaceX lors de sa propre introduction en bourse, remarque l’agence.

Anthropic y renouvelle l’idée de modèles capables d’acquérir une forme de compréhension des limites que l’homme essaie de leur imposer. « La prise de conscience potentielle des modèles quant à nos efforts d’évaluation constitue une limitation importante de notre capacité à évaluer la sécurité des modèles », écrit l’entreprise, dont le discours anthropomorphiste a récemment été dénoncé par le patron de l’IA chez Microsoft.

Le résumé fait par Reuters illustre une nouvelle fois l’ambiguïté du discours d’Anthropic, qui alerte sur les risques potentiels, mais continue à développer ses nouveaux modèles à un rythme effréné, comme en témoigne les sorties récentes d’Opus 5.5 puis de Sonnet 5.5.

Anthropic ne chiffre pas ce risque dans sa communication financière, mais renouvelle son engagement à publier davantage de données sur les incidents impliquant ses modèles et ses algorithmes d’auto-amélioration récursive. « Nous pensons que la construction de systèmes d’IA fiables, dignes de confiance et sécurisés est une responsabilité collective et que le marché la récompensera », déclare l’entreprise.

Une gouvernance protectrice

Une troisième dépêche illustre quant à elle la façon dont Anthropic prépare l’évolution de sa gouvernance, une fois son capital ouvert au public, notamment en raison de ces fameux risques.

Le sujet n’est pas anodin : l’introduction en bourse de SpaceX a par exemple révélé comment Elon Musk s’assurait de garder un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques de son entreprise grâce à un système d’actions préférentielles.

Anthropic prévoit de son côté de créer un nouveau véhicule, « Founder LLC », qui réunirait les intérêts et les parts des sept fondateurs de l’entreprise, et disposerait d’actions à droits préférentiels garantissant 50,1 % des droits de vote sur les sujets de gouvernance. Cette majorité de contrôle pourrait selon le prospectus prendre des décisions qui entrent « en conflit avec les intérêts financiers et les performances commerciales à court, moyen ou long terme » au nom d’un objectif supérieur qualifié de « bien commun », quitte à pénaliser temporairement la valeur des actions ordinaires.

Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

28 septembre 2026 à 12:46
Vibrations judiciaires
Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

Un jury californien vient de condamner Apple à verser 5,7 milliards de dollars de dommages et intérêts à Taction Technology, en raison d’une contrefaçon alléguée de brevets au sein du Taptic Engine, le moteur haptique des iPhone et Apple Watch. Apple a annoncé qu’elle ferait appel de ce verdict au montant record.

Taction Technology, petite société basée à San Diego en Californie, a développé une expertise autour des technologies de retour de force haptique, qu’elle commercialise sous licence, par exemple auprès de Corsair pour son casque audio HS60.

L’entreprise est engagée depuis 2021 dans un bras de fer judiciaire avec Apple : elle accuse la firme de Cupertino d’avoir contrefait deux de ses brevets (10,659,885 et 10,820,117) au sein de son Taptic Engine, le moteur de vibration qui équipe les iPhone et montres Apple Watch.

Taction a obtenu gain de cause le vendredi 25 septembre : un jury de San Diego a en effet considéré qu’Apple s’était bien rendue coupable de contrefaçon sur certaines des revendications couvertes par ces deux brevets, et la condamne à verser 5,721 milliards de dollars de dommages et intérêts à la plaignante. Le jury a cependant jugé que cette contrefaçon n’était pas délibérée, ce qui aurait conduit au triplement de la somme concernée.

Apple a rapidement réagi à ce verdict en annonçant son intention de faire appel et en maintenant que son Taptic Engine est fondamentalement différent des procédés protégés par la propriété intellectuelle de Taction.

S’il était confirmé en appel, ce montant constituerait un record en matière d’indemnisation pour violation de brevets aux États-Unis. Le détail du calcul n’a pas été rendu public, mais il s’appuie vraisemblablement sur une somme forfaitaire, considérée comme le juste montant de la redevance qu’aurait dû payer Apple, multipliée par le nombre d’iPhone et d’Apple Watch commercialisés depuis le début de la contrefaçon alléguée.

Le jury prononce 5 721 961 750 dollars de dommages et intérêts – capture d’écran Next

Apple avait pourtant gagné en 2023

Le juge Robinson, sous l’égide de qui ce nouveau verdict a été rendu, avait pourtant accordé un jugement sans procès en faveur d’Apple en août 2023. Dans sa décision de l’époque, il avait déclaré que les avis de l’expert technique mandaté par Taction relevait de la seule interprétation du juge, et non de celle d’un jury, et tranché que l’entreprise n’avait pas su démontrer l’infraction présumée.

Ce premier jugement a toutefois été qualifié de trop restrictif, et finalement annulé par la Cour d’appel du circuit fédéral, dans un arrêt (PDF) rendu le 13 août 2025, ce qui a ouvert la voie à un nouveau procès.

Ce va-et-vient judiciaire illustre la complexité de l’affaire. Taction Technology a réussi à obtenir des brevets qui portent sur la capacité d’un vibreur composé d’un aimant et d’une bobine à fournir la réponse la plus « plate » possible : lors d’une interaction avec l’écran d’un iPhone doté du Taptic Engine, l’utilisateur ressent une réponse nette, qui ne se prolonge pas dans le temps comme avec les vibreurs de génération antérieure.

Le mécanisme couvert par Taction exploite un ferrofluide, un liquide magnétique capable de venir se coller à l’aimant responsable de la vibration pour amortir la résonance, et les brevets détenus par l’entreprise couvrent une plage de résultat attendue, avec un facteur Q (facteur de qualité, qui mesure le niveau d’amortissement) situé entre 1,5 et 3.

Apple de son côté admet utiliser un ferrofluide pour l’amortissement du Taptic Engine, et obtient un facteur Q compatible avec la plage déclarée par Taction, mais revendique une implémentation différente de la technologie, notamment parce que la régularité de la réponse dépend d’un « contrôleur logiciel en boucle fermée ». L’entreprise fait notamment valoir que sans ce dernier, son vibreur ne tomberait pas dans la plage couverte par le brevet.

L’appel d’Apple devrait logiquement creuser cet aspect, tout en attaquant le calcul des dommages et intérêts.

Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

28 septembre 2026 à 12:46
Vibrations judiciaires
Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

Un jury californien vient de condamner Apple à verser 5,7 milliards de dollars de dommages et intérêts à Taction Technology, en raison d’une contrefaçon alléguée de brevets au sein du Taptic Engine, le moteur haptique des iPhone et Apple Watch. Apple a annoncé qu’elle ferait appel de ce verdict au montant record.

Taction Technology, petite société basée à San Diego en Californie, a développé une expertise autour des technologies de retour de force haptique, qu’elle commercialise sous licence, par exemple auprès de Corsair pour son casque audio HS60.

L’entreprise est engagée depuis 2021 dans un bras de fer judiciaire avec Apple : elle accuse la firme de Cupertino d’avoir contrefait deux de ses brevets (10,659,885 et 10,820,117) au sein de son Taptic Engine, le moteur de vibration qui équipe les iPhone et montres Apple Watch.

Taction a obtenu gain de cause le vendredi 25 septembre : un jury de San Diego a en effet considéré qu’Apple s’était bien rendue coupable de contrefaçon sur certaines des revendications couvertes par ces deux brevets, et la condamne à verser 5,721 milliards de dollars de dommages et intérêts à la plaignante. Le jury a cependant jugé que cette contrefaçon n’était pas délibérée, ce qui aurait conduit au triplement de la somme concernée.

Apple a rapidement réagi à ce verdict en annonçant son intention de faire appel et en maintenant que son Taptic Engine est fondamentalement différent des procédés protégés par la propriété intellectuelle de Taction.

S’il était confirmé en appel, ce montant constituerait un record en matière d’indemnisation pour violation de brevets aux États-Unis. Le détail du calcul n’a pas été rendu public, mais il s’appuie vraisemblablement sur une somme forfaitaire, considérée comme le juste montant de la redevance qu’aurait dû payer Apple, multipliée par le nombre d’iPhone et d’Apple Watch commercialisés depuis le début de la contrefaçon alléguée.

Le jury prononce 5 721 961 750 dollars de dommages et intérêts – capture d’écran Next

Apple avait pourtant gagné en 2023

Le juge Robinson, sous l’égide de qui ce nouveau verdict a été rendu, avait pourtant accordé un jugement sans procès en faveur d’Apple en août 2023. Dans sa décision de l’époque, il avait déclaré que les avis de l’expert technique mandaté par Taction relevait de la seule interprétation du juge, et non de celle d’un jury, et tranché que l’entreprise n’avait pas su démontrer l’infraction présumée.

Ce premier jugement a toutefois été qualifié de trop restrictif, et finalement annulé par la Cour d’appel du circuit fédéral, dans un arrêt (PDF) rendu le 13 août 2025, ce qui a ouvert la voie à un nouveau procès.

Ce va-et-vient judiciaire illustre la complexité de l’affaire. Taction Technology a réussi à obtenir des brevets qui portent sur la capacité d’un vibreur composé d’un aimant et d’une bobine à fournir la réponse la plus « plate » possible : lors d’une interaction avec l’écran d’un iPhone doté du Taptic Engine, l’utilisateur ressent une réponse nette, qui ne se prolonge pas dans le temps comme avec les vibreurs de génération antérieure.

Le mécanisme couvert par Taction exploite un ferrofluide, un liquide magnétique capable de venir se coller à l’aimant responsable de la vibration pour amortir la résonance, et les brevets détenus par l’entreprise couvrent une plage de résultat attendue, avec un facteur Q (facteur de qualité, qui mesure le niveau d’amortissement) situé entre 1,5 et 3.

Apple de son côté admet utiliser un ferrofluide pour l’amortissement du Taptic Engine, et obtient un facteur Q compatible avec la plage déclarée par Taction, mais revendique une implémentation différente de la technologie, notamment parce que la régularité de la réponse dépend d’un « contrôleur logiciel en boucle fermée ». L’entreprise fait notamment valoir que sans ce dernier, son vibreur ne tomberait pas dans la plage couverte par le brevet.

L’appel d’Apple devrait logiquement creuser cet aspect, tout en attaquant le calcul des dommages et intérêts.

☕️ L’académie Goncourt se positionne vite et maladroitement contre l’IA générative

25 septembre 2026 à 15:02


L’académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des romans présélectionnés pour son célèbre prix, qui sera décerné le 4 novembre prochain.

« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », fait valoir l’académie dans un communiqué (PDF).

Le communiqué de l’académie Goncourt daté du 25 septembre 2026 – capture d’écran

La publication de ce communiqué intervient après plusieurs jours d’une tempête médiatique inédite dans le monde littéraire.

Lundi 21 septembre, un compte X anonyme « Balance ton Claude » qui ne compte qu’une centaine d’abonnés publie des captures d’écran d’une analyse réalisée au moyen d’un outil de détection d’IA générative, Pangram, sur le texte du roman de Thélyson Orélien, qui vient de recevoir le prix du roman Fnac.

Le compte affirme avoir testé 20 passages du roman, et que tous ressortent comme intégralement générés par IA selon Pangram. L’auteur, interrogé par Libération, dément tout recours à l’IA et son éditeur, Grasset, évoque selon Radio France une « campagne de haine ».

Entre le 22 et le 23 septembre, plusieurs internautes ayant entrepris d’éplucher l’œuvre de Thélyson Orélien font émerger de nouvelles accusations, de plagiat cette fois. Elles visent notamment sa nouvelle Où va le monde, récompensée en 2012 d’un prix décerné par le groupe audiovisuel public Radio-Canada, qui emprunte largement son texte à un extrait du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, paru en 1960.

Ces accusations sont vérifiées et confirmées par de nombreux médias, dont Radio Canada.

Jeudi 24 septembre, le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, lui-même chroniqueur au Figaro et relais de la première heure des accusations liées à l’utilisation potentielle d’une IA générative dans l’écriture de C’était ça ou mourir.

Et vendredi donc, l’académie Goncourt prend la parole, alors même que son président, Philippe Claudel, avait appelé à ne pas jeter l’opprobre sur l’auteur, et laissé entendre qu’une décision serait prise avant le 6 octobre, date à laquelle le jury doit publier sa liste resserrée.

Le court texte de l’académie Goncourt montre bien le caractère inconfortable de sa position. Il associe en effet deux accusations de nature totalement différente et s’appuie sur les faits avérés de plagiat pour justifier sa décision de sanctionner une faute qui reste, à ce stade, supposée. L’académie le reconnait implicitement quand elle écrit que le roman est « selon toute vraisemblance très largement » écrit à l’aide de l’IA.

S’ils revendiquent une fiabilité élevée, les concepteurs de Pangram admettent d’ailleurs qu’il subsiste une marge d’erreur : ils ne vendent pas une preuve définitive, mais une présomption.

La fin du texte de l’académie soulève de nouvelles questions. Elle indique en effet que sa décision doit être comprise comme « un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Faut-il comprendre que les textes postulant au Goncourt devront désormais systématiquement passer sous les fourches caudines d’une analyse assistée par intelligence artificielle ? Le cas échéant, à quel niveau d’assistance IA détecté dans l’écriture l’œuvre concernée sera-t-elle recalée ?

En attendant de voir si et comment les autres grands prix littéraires de la rentrée (Renaudot, Femina…) se positionnent, l’académie prévient commodément que, de son côté, le débat public est clos.

☕️ L’académie Goncourt se positionne vite et maladroitement contre l’IA générative

25 septembre 2026 à 15:02


L’académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des romans présélectionnés pour son célèbre prix, qui sera décerné le 4 novembre prochain.

« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », fait valoir l’académie dans un communiqué (PDF).

Le communiqué de l’académie Goncourt daté du 25 septembre 2026 – capture d’écran

La publication de ce communiqué intervient après plusieurs jours d’une tempête médiatique inédite dans le monde littéraire.

Lundi 21 septembre, un compte X anonyme « Balance ton Claude » qui ne compte qu’une centaine d’abonnés publie des captures d’écran d’une analyse réalisée au moyen d’un outil de détection d’IA générative, Pangram, sur le texte du roman de Thélyson Orélien, qui vient de recevoir le prix du roman Fnac.

Le compte affirme avoir testé 20 passages du roman, et que tous ressortent comme intégralement générés par IA selon Pangram. L’auteur, interrogé par Libération, dément tout recours à l’IA et son éditeur, Grasset, évoque selon Radio France une « campagne de haine ».

Entre le 22 et le 23 septembre, plusieurs internautes ayant entrepris d’éplucher l’œuvre de Thélyson Orélien font émerger de nouvelles accusations, de plagiat cette fois. Elles visent notamment sa nouvelle Où va le monde, récompensée en 2012 d’un prix décerné par le groupe audiovisuel public Radio-Canada, qui emprunte largement son texte à un extrait du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, paru en 1960.

Ces accusations sont vérifiées et confirmées par de nombreux médias, dont Radio Canada.

Jeudi 24 septembre, le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, lui-même chroniqueur au Figaro et relais de la première heure des accusations liées à l’utilisation potentielle d’une IA générative dans l’écriture de C’était ça ou mourir.

Et vendredi donc, l’académie Goncourt prend la parole, alors même que son président, Philippe Claudel, avait appelé à ne pas jeter l’opprobre sur l’auteur, et laissé entendre qu’une décision serait prise avant le 6 octobre, date à laquelle le jury doit publier sa liste resserrée.

Le court texte de l’académie Goncourt montre bien le caractère inconfortable de sa position. Il associe en effet deux accusations de nature totalement différente et s’appuie sur les faits avérés de plagiat pour justifier sa décision de sanctionner une faute qui reste, à ce stade, supposée. L’académie le reconnait implicitement quand elle écrit que le roman est « selon toute vraisemblance très largement » écrit à l’aide de l’IA.

S’ils revendiquent une fiabilité élevée, les concepteurs de Pangram admettent d’ailleurs qu’il subsiste une marge d’erreur : ils ne vendent pas une preuve définitive, mais une présomption.

La fin du texte de l’académie soulève de nouvelles questions. Elle indique en effet que sa décision doit être comprise comme « un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Faut-il comprendre que les textes postulant au Goncourt devront désormais systématiquement passer sous les fourches caudines d’une analyse assistée par intelligence artificielle ? Le cas échéant, à quel niveau d’assistance IA détecté dans l’écriture l’œuvre concernée sera-t-elle recalée ?

En attendant de voir si et comment les autres grands prix littéraires de la rentrée (Renaudot, Femina…) se positionnent, l’académie prévient commodément que, de son côté, le débat public est clos.

WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

25 septembre 2026 à 11:23
Cherche échange sarrasin commun contre loutre d'Europe
WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

Lancé au printemps, le jeu WikiMasters a déclenché un phénomène viral sur le web francophone, jusqu’à attirer 215 000 utilisateurs quotidiens selon son créateur. Son principe, associé à des options payantes, est d’une efficacité redoutable : il transforme les fiches Wikipédia en cartes à collectionner, que les joueurs peuvent échanger, vendre ou utiliser pour s’affronter sur des QCM de culture générale.

J’hésite encore entre collectionner les villages de la Manche, les représentants de la dynastie des Capétiens, ou les entrées du tableau périodique des éléments. Les premiers sont sans doute plus faciles à acheter aux enchères que les dernières, mais bon, je ne suis pas breton normand… Voilà le genre de dilemme cornélien auquel sont confrontés les joueurs de WikiMasters, le nouveau jeu de cartes à collectionner qui fait l’objet d’une diffusion virale assez exceptionnelle depuis quelques jours sur le web francophone.

L’éclectisme des cartes reflète la richesse de Wikipédia – capture d’écran Next

Un booster de cartes toutes les dix minutes

Le principe ? WikiMasters fait de chaque fiche de la Wikipédia francophone une carte à collectionner. Chaque carte dispose de valeurs d’attaque et de défense ainsi que d’un indice de rareté, déterminés à partir des statistiques de l’article Wikipédia correspondant : plus la fiche source est consultée, et plus sa valeur virtuelle augmente. Un obscur diplomate polonais devient une carte commune, tandis que la Lune, AC/DC ou Un indien dans la ville deviennent des cartes légendaires.

La rareté d’une carte dépend de la popularité de l’article dont elle découle – capture d’écran Next

Pour alimenter sa collection, le joueur dispose d’un booster de cinq cartes offert toutes les dix minutes, avec la possibilité d’empiler jusqu’à dix paquets en cas d’absence. Les cartes peuvent ensuite être mises à profit pour créer des « vitrines », illustrant par exemple une collection thématique.

Elles peuvent aussi, et surtout, être échangées, défaussées ou vendues aux enchères, grâce à une monnaie virtuelle, le « wikibidou ». La plateforme propose enfin un système de guildes et une mécanique de bataille, qui permet d’affronter un autre joueur sur la base de questions (QCM) élaborées à partir du contenu de la fiche Wikipédia associée à la carte mise en jeu.

Lancé en mars dernier, WikiMasters a vécu dans un anonymat relatif jusqu’à ce que sa viralité explose, notamment grâce à plusieurs sessions de jeu diffusées en direct par des streamers populaires à l’occasion du ZEvent, le célèbre marathon caritatif diffusé sur Twitch début septembre. Depuis, les nouveaux adeptes affluent, ce qui ne va pas sans provoquer quelques ralentissements au niveau de l’hébergement du jeu.

« On a atteint environ 215 000 utilisateurs actifs par jour dans la dernière semaine, nous confie Naïm Ouellet, le développeur québécois à l’origine de WikiMasters, qui entend bien surfer sur la vague de cette popularité grandissante. En ce moment on galère à tout mettre à l’échelle, mais une fois le jeu stable, on compte bien développer une appli native et traduire le jeu dans plusieurs langues. » En attendant, le site souffre encore de quelques lacunes, à commencer par l’absence de mentions légales.

Une mécanique économique déjà bien rodée

Animée pour l’instant par deux développeurs, l’équipe en charge du projet semble néanmoins partie pour se développer. Sur LinkedIn, Naïm Ouellet indique recruter jusqu’à quatre personnes, deux développeurs, un chargé de projet et un gestionnaire de communauté, ce qui atteste que l’activité dégage un chiffre d’affaires prometteur.

WikiMasters dispose en effet d’un modèle économique. L’inscription et l’accès au jeu sont gratuits, mais le site propose un abonnement Pro facturé 9,99 dollars canadiens (environ 6,5 euros) par mois, qui permet d’augmenter la fréquence d’apparition de nouveaux boosters, la rareté des cartes piochées, ainsi que le nombre de batailles ou d’enchères possibles par jour. Il offre également l’accès à un historique des ventes de cartes sur le marché, et des statistiques supplémentaires sur la rareté des cartes. En parallèle, le jeu propose également à la vente sa monnaie virtuelle, à hauteur de 4,99 dollars canadiens les 2 500 WikiBidous.

Le jeu est gratuit, mais un abonnement permet d’accélérer l’obtention de cartes – capture d’écran Next

Les mécaniques commerciales n’ont rien d’inédit : elles sont typiques de la logique des loot boxes (coffres à butin) que connaissent bien les amateurs de jeu free-to-play, et notamment de cartes à collectionner, dans la droite ligne des jeux gacha venus du Japon.

WikiMasters n’est d’ailleurs pas le premier à exploiter le filon. Il existe un précédent, justement baptisé Wikigacha, qui semble avoir été lancé quelques semaines plus tôt, en février 2026. Et il ne sera probablement pas le dernier : un certain Wiki-pick vient ainsi de faire son apparition, avec une promesse très proche (pour ne pas dire identique) et un nom de domaine enregistré le 12 septembre dernier.

Pour alimenter leurs services, tous ces jeux exploitent les API (interfaces de programmation) mises à disposition par Wikipédia afin de faciliter la circulation du savoir. Chez WikiMasters, on affiche un éventail de quelque 2,7 millions de fiches, régulièrement actualisé pour générer de nouveaux drops de cartes. Une carte qui était commune en août peut ainsi devenir légendaire en septembre, si la fiche associée a connu un pic de trafic, en raison par exemple de l’actualité.

Circulation ou marchandisation du savoir ?

Le site semble à première vue respecter les conditions d’utilisation, ou plutôt de réutilisation, fixées par Wikipédia. L’encyclopédie diffuse pour mémoire ses contenus sous licence CC-BY-SA, qui autorise le partage à l’identique avec attribution. Les cartes WikiMaster n’affichent qu’un extrait du texte de la fiche concernée, proposent un lien direct, et mentionnent systématiquement la licence. Les puristes noteront peut-être que les visuels et photos sont quant à eux affichés sans mention directe de la licence associée (parfois plus spécifique que la licence globalement appliquée aux textes).

Wikipédia tient à jour une liste des jeux qui exploitent son contenu, parmi lesquels quelques incontournables, comme Pédantix, Wikitrivia ou Factle, qui sont développés par des contributeurs dans un esprit de valorisation du savoir et sans logique marchande.

Quid de Wikimasters (ajouté le 2 septembre dernier sur la page en question) ? « Sur le principe, on est ouvert à toutes les formes de réutilisations des contenus des projets Wikimedia, c’est ce que permet la licence. Cela permet effectivement d’accroître la diffusion du savoir », nous répond l’association Wikimédia France, qui indique toutefois n’avoir pas encore étudié spécifiquement ce cas et les nouvelles questions qu’il soulève en matière de respect précis de la licence.

Dans le Discord communautaire du Wikipédia francophone, on observe que la contagion a déjà gagné certains contributeurs de l’encyclopédie, avec pour certains une quête un peu particulière : mettre la main sur la carte des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

En toute objectivité, la meilleure carte du jeu – capture d’écran Next

WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

25 septembre 2026 à 11:23
Cherche échange sarrasin commun contre loutre d'Europe
WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

Lancé au printemps, le jeu WikiMasters a déclenché un phénomène viral sur le web francophone, jusqu’à attirer 215 000 utilisateurs quotidiens selon son créateur. Son principe, associé à des options payantes, est d’une efficacité redoutable : il transforme les fiches Wikipédia en cartes à collectionner, que les joueurs peuvent échanger, vendre ou utiliser pour s’affronter sur des QCM de culture générale.

J’hésite encore entre collectionner les villages de la Manche, les représentants de la dynastie des Capétiens, ou les entrées du tableau périodique des éléments. Les premiers sont sans doute plus faciles à acheter aux enchères que les dernières, mais bon, je ne suis pas breton normand… Voilà le genre de dilemme cornélien auquel sont confrontés les joueurs de WikiMasters, le nouveau jeu de cartes à collectionner qui fait l’objet d’une diffusion virale assez exceptionnelle depuis quelques jours sur le web francophone.

L’éclectisme des cartes reflète la richesse de Wikipédia – capture d’écran Next

Un booster de cartes toutes les dix minutes

Le principe ? WikiMasters fait de chaque fiche de la Wikipédia francophone une carte à collectionner. Chaque carte dispose de valeurs d’attaque et de défense ainsi que d’un indice de rareté, déterminés à partir des statistiques de l’article Wikipédia correspondant : plus la fiche source est consultée, et plus sa valeur virtuelle augmente. Un obscur diplomate polonais devient une carte commune, tandis que la Lune, AC/DC ou Un indien dans la ville deviennent des cartes légendaires.

La rareté d’une carte dépend de la popularité de l’article dont elle découle – capture d’écran Next

Pour alimenter sa collection, le joueur dispose d’un booster de cinq cartes offert toutes les dix minutes, avec la possibilité d’empiler jusqu’à dix paquets en cas d’absence. Les cartes peuvent ensuite être mises à profit pour créer des « vitrines », illustrant par exemple une collection thématique.

Elles peuvent aussi, et surtout, être échangées, défaussées ou vendues aux enchères, grâce à une monnaie virtuelle, le « wikibidou ». La plateforme propose enfin un système de guildes et une mécanique de bataille, qui permet d’affronter un autre joueur sur la base de questions (QCM) élaborées à partir du contenu de la fiche Wikipédia associée à la carte mise en jeu.

Lancé en mars dernier, WikiMasters a vécu dans un anonymat relatif jusqu’à ce que sa viralité explose, notamment grâce à plusieurs sessions de jeu diffusées en direct par des streamers populaires à l’occasion du ZEvent, le célèbre marathon caritatif diffusé sur Twitch début septembre. Depuis, les nouveaux adeptes affluent, ce qui ne va pas sans provoquer quelques ralentissements au niveau de l’hébergement du jeu.

« On a atteint environ 215 000 utilisateurs actifs par jour dans la dernière semaine, nous confie Naïm Ouellet, le développeur québécois à l’origine de WikiMasters, qui entend bien surfer sur la vague de cette popularité grandissante. En ce moment on galère à tout mettre à l’échelle, mais une fois le jeu stable, on compte bien développer une appli native et traduire le jeu dans plusieurs langues. » En attendant, le site souffre encore de quelques lacunes, à commencer par l’absence de mentions légales.

Une mécanique économique déjà bien rodée

Animée pour l’instant par deux développeurs, l’équipe en charge du projet semble néanmoins partie pour se développer. Sur LinkedIn, Naïm Ouellet indique recruter jusqu’à quatre personnes, deux développeurs, un chargé de projet et un gestionnaire de communauté, ce qui atteste que l’activité dégage un chiffre d’affaires prometteur.

WikiMasters dispose en effet d’un modèle économique. L’inscription et l’accès au jeu sont gratuits, mais le site propose un abonnement Pro facturé 9,99 dollars canadiens (environ 6,5 euros) par mois, qui permet d’augmenter la fréquence d’apparition de nouveaux boosters, la rareté des cartes piochées, ainsi que le nombre de batailles ou d’enchères possibles par jour. Il offre également l’accès à un historique des ventes de cartes sur le marché, et des statistiques supplémentaires sur la rareté des cartes. En parallèle, le jeu propose également à la vente sa monnaie virtuelle, à hauteur de 4,99 dollars canadiens les 2 500 WikiBidous.

Le jeu est gratuit, mais un abonnement permet d’accélérer l’obtention de cartes – capture d’écran Next

Les mécaniques commerciales n’ont rien d’inédit : elles sont typiques de la logique des loot boxes (coffres à butin) que connaissent bien les amateurs de jeu free-to-play, et notamment de cartes à collectionner, dans la droite ligne des jeux gacha venus du Japon.

WikiMasters n’est d’ailleurs pas le premier à exploiter le filon. Il existe un précédent, justement baptisé Wikigacha, qui semble avoir été lancé quelques semaines plus tôt, en février 2026. Et il ne sera probablement pas le dernier : un certain Wiki-pick vient ainsi de faire son apparition, avec une promesse très proche (pour ne pas dire identique) et un nom de domaine enregistré le 12 septembre dernier.

Pour alimenter leurs services, tous ces jeux exploitent les API (interfaces de programmation) mises à disposition par Wikipédia afin de faciliter la circulation du savoir. Chez WikiMasters, on affiche un éventail de quelque 2,7 millions de fiches, régulièrement actualisé pour générer de nouveaux drops de cartes. Une carte qui était commune en août peut ainsi devenir légendaire en septembre, si la fiche associée a connu un pic de trafic, en raison par exemple de l’actualité.

Circulation ou marchandisation du savoir ?

Le site semble à première vue respecter les conditions d’utilisation, ou plutôt de réutilisation, fixées par Wikipédia. L’encyclopédie diffuse pour mémoire ses contenus sous licence CC-BY-SA, qui autorise le partage à l’identique avec attribution. Les cartes WikiMaster n’affichent qu’un extrait du texte de la fiche concernée, proposent un lien direct, et mentionnent systématiquement la licence. Les puristes noteront peut-être que les visuels et photos sont quant à eux affichés sans mention directe de la licence associée (parfois plus spécifique que la licence globalement appliquée aux textes).

Wikipédia tient à jour une liste des jeux qui exploitent son contenu, parmi lesquels quelques incontournables, comme Pédantix, Wikitrivia ou Factle, qui sont développés par des contributeurs dans un esprit de valorisation du savoir et sans logique marchande.

Quid de Wikimasters (ajouté le 2 septembre dernier sur la page en question) ? « Sur le principe, on est ouvert à toutes les formes de réutilisations des contenus des projets Wikimedia, c’est ce que permet la licence. Cela permet effectivement d’accroître la diffusion du savoir », nous répond l’association Wikimédia France, qui indique toutefois n’avoir pas encore étudié spécifiquement ce cas et les nouvelles questions qu’il soulève en matière de respect précis de la licence.

Dans le Discord communautaire du Wikipédia francophone, on observe que la contagion a déjà gagné certains contributeurs de l’encyclopédie, avec pour certains une quête un peu particulière : mettre la main sur la carte des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

En toute objectivité, la meilleure carte du jeu – capture d’écran Next

Mistral met GLM 5.3 par défaut dans Vibe Code et relance le procès en renoncement

25 septembre 2026 à 07:07
Les chiens aboient, que fait la caravane ?
Mistral met GLM 5.3 par défaut dans Vibe Code et relance le procès en renoncement

Mistral AI intègre désormais le modèle d’origine chinoise GLM 5.3 à son assistant dédié au code, et annonce le proposer par défaut dans la version Web de ce dernier. La décision fait réagir de nombreux commentateurs, qui s’interrogent sur la stratégie à long terme de l’entreprise. La discussion qui en découle prend un tour très politique.

Mistral AI persiste et signe. L’entreprise, qui proposait déjà à ses clients d’utiliser le modèle à poids ouvert d’origine chinoise GLM 5.2, a annoncé le 21 septembre dernier une intégration renforcée de la version suivante, GLM 5.3, distribuée à partir de ses propres infrastructures.

« GLM 5.3, hébergé sur Mistral, est maintenant dans Vibe Code, et l’option par défaut dans l’application Web. Fenêtre de contexte [de 1 million de tokens] et limites généreuses incluses », se réjouit Mistral sur X.

GLM 5.3 moins cher que Mistral Medium 3.5

En réponse à des questions d’internautes, Mistral explique que GLM 5.3 a vocation à devenir le modèle par défaut pour Vibe Code, que ce soit via l’extension VS Code, le client en ligne de commande ou la version Web. « Le mode Work de la version Web va lui aussi passer à GLM 5.3 », précise encore l’entreprise.

Jusqu’ici, Mistral proposait bien les modèles GLM de Z.ai, hébergés par ses soins, comme une alternative à ses propres outils, mais ce sont les modèles généralistes maison, principalement Mistral Medium 3.5 et Mistral Large 3, qui servaient par défaut les requêtes.

En mode API (facturation à l’usage), GLM 5.3 se paie le luxe d’être plus compétitif que les modèles maison. Hors option de type priorité ou inférence régionale garantie, Mistral le facture ainsi 1,4 dollar le million de tokens en entrée, 0,14 dollar pour l’écriture en cache et 4,4 dollars en sortie. En face, Mistral Medium 3.5 est affiché à 1,5 dollar en entrée, 0,15 dollar l’écriture en cache et surtout 7,5 dollars en sortie.

Comparaison des tarifs entre les modèles généralistes de Mistral et GLM hébergé par Mistral – montage Next

Mistral AI aurait-elle décidé de saborder ses propres modèles ? Sur X, c’est la conclusion à laquelle sautent un certain nombre de commentateurs, qui voient dans cette annonce une forme de renoncement à l’ambition de proposer des modèles frontière développés en propre, et la confirmation d’une bascule stratégique.

Pour ces derniers, Mistral avouerait tacitement ne plus être le champion européen de l’IA tant vanté par les médias et les politiques, mais un simple revendeur d’inférence, doublé d’un intégrateur à la façon d’une entreprise de services numériques. « Mistral est finito et condamné à devenir un Capgemini de l’IA Européenne, c’est triste », résume un anonyme sur X.

Mistral défend l’idée d’une souveraineté via les infrastructures

Si l’annonce liée à GLM 5.3 relance une salve de critiques, la position de Mistral sur le sujet n’est pas nouvelle. L’entreprise parisienne défend en effet de longue date l’idée selon laquelle la souveraineté en matière d’IA n’est pas liée à l’origine du modèle, mais plutôt au contrôle du déploiement de ce dernier et des infrastructures associées. Et c’est justement parce que Mistral a elle-même développé des modèles ouverts de pointe que l’entreprise s’estime bien placée pour mener cette démarche, qui motive ses lourds investissements en infrastructures, notamment en France et en Suède.

Mistral a une nouvelle fois soutenu cette vision dans un billet de blog publié au cœur de l’été, quand elle a commencé à héberger et distribuer GLM 5.2. « Ce modèle ouvert, ainsi que les modèles ouverts futurs, fonctionneront sur la même infrastructure, les mêmes contrôles régionaux et les mêmes engagements de service que les modèles Mistral, permettant ainsi aux clients d’élargir leur choix de modèles sans fragmenter l’emplacement d’exécution de leur IA », écrivait alors l’entreprise.

Cette orientation se justifie donc, selon Mistral, par la nécessité qu’ont ou qu’auront les entreprises de recourir non pas à un unique modèle bon à tout faire, mais à une combinaison de modèles plus spécialisés, comme ceux qu’elle développe en matière d’OCR (reconnaissance de caractère et extraction de documents), de transcription, ou de modération.

Mistral assumait alors son virage vers une stratégie dite de neocloud, c’est-à-dire de mise à disposition de capacités d’inférence. Elle en faisait même l’un des moteurs de son développement, en expliquant que c’était grâce aux engagements d’achats pluriannuels de ses clients qu’elle pourrait former, avec eux, une « coalition pour garantir une capacité de calcul européenne en IA à long terme », avec un objectif fixé à un équivalent de 1 GW de puissance de calcul à horizon 2030.


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