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Vue normale

Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

14 octobre 2026 à 14:01
Le poison X
Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Les « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk » ont été dénoncées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans un discours offensif contre les tentatives d’ingérence étrangère dans le débat démocratique en Europe.

La démocratie est « contagieuse » et les régimes autoritaires la redoutent « comme un virus mortel », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot durant le discours de clôture d’un forum organisé par l’OCDE. Rien n’inquiète plus les régimes autoritaires que la propagation de la démocratie chez eux, assure le ministre. « C’est pourquoi ils font tout pour l’empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. »

Sur ce dernier front, celui de la désinformation et la manipulation des médias, Jean-Noël Barrot avait plusieurs cartouches à tirer contre « les adversaires de la démocratie » qui « exploitent nos divisions, instrumentalisent l’immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions ».

Le soutien assumé de Musk à l’extrême droite

Parmi ces adversaires identifiés : Elon Musk. Le ministre dénonce des « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social ». Le soutien de Donald Trump a déjà fait connaitre sa préférence pour l’élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen. La candidate du RN est qualifiée de « dernier espoir pour la France ».

Ce n’est pas la première fois que Musk offre publiquement son soutien à l’extrême droite et aux mouvements de déstabilisation de la démocratie. L’AfD allemand en bénéficie aussi, ainsi que les mouvements séparatistes au Canada. Il s’est ainsi prononcé en faveur de l’indépendance des provinces du Québec, de l’Alberta (un référendum sur le sujet sera justement organisé le 19 octobre) et du Saskatchewan.

Pour le journaliste canadien Paris Marx, il ne faut pas nécessairement prendre ce que raconte Elon Musk au pied de la lettre : « [c’est un] troll de droite ayant un problème avec les pays qu’il perçoit comme plus progressistes ou plus à gauche que ses propres opinions politiques », explique-t-il à la CBC. Cela n’empêche pas son réseau social de diffuser très largement la parole extrémiste et la désinformation, ce qui pèse sur les débats nationaux.

Riposte diplomatique contre la désinformation

Jean-Noël Barrot prend aussi pour cible « une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne », un « groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provocants », ou encore « des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée ».

Il prend l’exemple de la « communauté MAGA » qui instrumentalise le mouvement lycéen battant le pavé en ce moment. Donald Trump lui-même a mené cette bataille de la désinformation en affirmant sur son réseau social que « ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle », amplifiant ainsi le discours de l’extrême droite française sur le sujet.

Le ministre entend dénoncer « tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu’ils soient, que l’on soit compétiteur ou partenaire, pas d’immunité pour ceux qui s’en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. » Parmi les dispositifs mis en place par l’État, il cite Viginum, les comptes French Response sur les réseaux sociaux, ou encore l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse pro-Poutine chez Cnews.

Face aux acteurs de la déstabilisation qui « ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques », le quai d’Orsay oppose « une force de frappe informationnelle » s’appuyant sur « 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle ». Il y a également Canal France International qui forme chaque année « des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome ».

Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

14 octobre 2026 à 14:01
Le poison X
Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Les « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk » ont été dénoncées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans un discours offensif contre les tentatives d’ingérence étrangère dans le débat démocratique en Europe.

La démocratie est « contagieuse » et les régimes autoritaires la redoutent « comme un virus mortel », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot durant le discours de clôture d’un forum organisé par l’OCDE. Rien n’inquiète plus les régimes autoritaires que la propagation de la démocratie chez eux, assure le ministre. « C’est pourquoi ils font tout pour l’empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. »

Sur ce dernier front, celui de la désinformation et la manipulation des médias, Jean-Noël Barrot avait plusieurs cartouches à tirer contre « les adversaires de la démocratie » qui « exploitent nos divisions, instrumentalisent l’immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions ».

Le soutien assumé de Musk à l’extrême droite

Parmi ces adversaires identifiés : Elon Musk. Le ministre dénonce des « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social ». Le soutien de Donald Trump a déjà fait connaitre sa préférence pour l’élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen. La candidate du RN est qualifiée de « dernier espoir pour la France ».

Ce n’est pas la première fois que Musk offre publiquement son soutien à l’extrême droite et aux mouvements de déstabilisation de la démocratie. L’AfD allemand en bénéficie aussi, ainsi que les mouvements séparatistes au Canada. Il s’est ainsi prononcé en faveur de l’indépendance des provinces du Québec, de l’Alberta (un référendum sur le sujet sera justement organisé le 19 octobre) et du Saskatchewan.

Pour le journaliste canadien Paris Marx, il ne faut pas nécessairement prendre ce que raconte Elon Musk au pied de la lettre : « [c’est un] troll de droite ayant un problème avec les pays qu’il perçoit comme plus progressistes ou plus à gauche que ses propres opinions politiques », explique-t-il à la CBC. Cela n’empêche pas son réseau social de diffuser très largement la parole extrémiste et la désinformation, ce qui pèse sur les débats nationaux.

Riposte diplomatique contre la désinformation

Jean-Noël Barrot prend aussi pour cible « une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne », un « groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provocants », ou encore « des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée ».

Il prend l’exemple de la « communauté MAGA » qui instrumentalise le mouvement lycéen battant le pavé en ce moment. Donald Trump lui-même a mené cette bataille de la désinformation en affirmant sur son réseau social que « ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle », amplifiant ainsi le discours de l’extrême droite française sur le sujet.

Le ministre entend dénoncer « tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu’ils soient, que l’on soit compétiteur ou partenaire, pas d’immunité pour ceux qui s’en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. » Parmi les dispositifs mis en place par l’État, il cite Viginum, les comptes French Response sur les réseaux sociaux, ou encore l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse pro-Poutine chez Cnews.

Face aux acteurs de la déstabilisation qui « ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques », le quai d’Orsay oppose « une force de frappe informationnelle » s’appuyant sur « 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle ». Il y a également Canal France International qui forme chaque année « des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome ».

Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

14 octobre 2026 à 12:49
Branle-bas bancaire
Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Les banques centrales s’inquiètent du rôle de plus en plus important joué par l’IA et les agents dans la gestion des établissements financiers. Des cyberattaques dopées à l’IA pourraient faire tanguer des services bancaires critiques et fragiliser les marchés financiers.

Branle-bas de combat chez les plus grands régulateurs financiers de la planète. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi donné jusqu’à la fin du mois aux banques du vieux continent pour produire des plans de résistance aux cyberattaques rendues possibles (ou amplifiées) par l’IA, selon des informations de Reuters.

La BCE exige des plans de crise

Les banques européennes doivent être en mesure de désactiver puis de redémarrer leurs systèmes de manière contrôlée, d’améliorer leurs dispositifs de sauvegarde et de reprise de l’activité après un incident, et de cartographier les prestataires tiers pour identifier les dépendances stratégiques. Francfort veut également que les banques européennes renforcent leur préparation face à des attaques menées par l’IA – l’idée étant que la reprise rapide est aussi importante que la prévention.

Les inquiétudes sont similaires de l’autre côté de la Manche. La Banque d’Angleterre a demandé aux grands représentants du secteur d’examiner leurs plans de reprise, de prévoir des systèmes de secours indépendants capables de redémarrer en cas de compromission des systèmes principaux, et d’utiliser l’IA de frontière pour repérer les vulnérabilités et d’accélérer le développement et la mise en œuvre des correctifs. Dans l’immédiat, le régulateur britannique ne veut pas produire de nouvelles exigences techniques, il préfère favoriser la collaboration.

Enfin, l’agence de presse rapporte qu’aux États-Unis, la Fed a demandé aux banques du pays de remonter leur usage des modèles d’IA, leur recours éventuel à des modèles chinois, leur utilisation d’agents IA dans la sécurité des systèmes et les limites imposées à ces mêmes agents, et leur capacité à surveiller des systèmes de plus en plus autonomes. Le régulateur américain réclame surtout de l’information, sans dire quoi faire aux banques pour le moment.

La prévention ne suffit plus

Les banques centrales craignent que l’IA rende les attaques informatiques contre le système financier plus rapides et plus difficiles à contenir. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres entreprises, les banques adoptent cette technologie, parfois plus vite qu’elles ne mettent en place les contrôles et les garde-fous indispensables. Des agents IA peu ou pas supervisés, ou agissant de manière autonome, pourraient mettre un sacré souk dans l’édifice sécuritaire autour de l’IA dans le secteur bancaire.

Toutes ces précautions représentent un coût certain pour la maintenance des systèmes, mais elles n’en sont pas moins nécessaires pour éviter une catastrophe. Et, si cela devait malgré tout arriver, les banques doivent tenir le choc et pouvoir relancer les services essentiels.

Ces craintes ne sont pas que des vues de l’esprit. Depuis des mois, OpenAI et Anthropic tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité de leurs propres agents. Un discours de peur bien pratique pour faire mousser leurs futures valorisations boursières, mais qui repose aussi sur de vraies attaques d’agents contre des infrastructures et des sites web.

Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

14 octobre 2026 à 12:49
Branle-bas bancaire
Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Les banques centrales s’inquiètent du rôle de plus en plus important joué par l’IA et les agents dans la gestion des établissements financiers. Des cyberattaques dopées à l’IA pourraient faire tanguer des services bancaires critiques et fragiliser les marchés financiers.

Branle-bas de combat chez les plus grands régulateurs financiers de la planète. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi donné jusqu’à la fin du mois aux banques du vieux continent pour produire des plans de résistance aux cyberattaques rendues possibles (ou amplifiées) par l’IA, selon des informations de Reuters.

La BCE exige des plans de crise

Les banques européennes doivent être en mesure de désactiver puis de redémarrer leurs systèmes de manière contrôlée, d’améliorer leurs dispositifs de sauvegarde et de reprise de l’activité après un incident, et de cartographier les prestataires tiers pour identifier les dépendances stratégiques. Francfort veut également que les banques européennes renforcent leur préparation face à des attaques menées par l’IA – l’idée étant que la reprise rapide est aussi importante que la prévention.

Les inquiétudes sont similaires de l’autre côté de la Manche. La Banque d’Angleterre a demandé aux grands représentants du secteur d’examiner leurs plans de reprise, de prévoir des systèmes de secours indépendants capables de redémarrer en cas de compromission des systèmes principaux, et d’utiliser l’IA de frontière pour repérer les vulnérabilités et d’accélérer le développement et la mise en œuvre des correctifs. Dans l’immédiat, le régulateur britannique ne veut pas produire de nouvelles exigences techniques, il préfère favoriser la collaboration.

Enfin, l’agence de presse rapporte qu’aux États-Unis, la Fed a demandé aux banques du pays de remonter leur usage des modèles d’IA, leur recours éventuel à des modèles chinois, leur utilisation d’agents IA dans la sécurité des systèmes et les limites imposées à ces mêmes agents, et leur capacité à surveiller des systèmes de plus en plus autonomes. Le régulateur américain réclame surtout de l’information, sans dire quoi faire aux banques pour le moment.

La prévention ne suffit plus

Les banques centrales craignent que l’IA rende les attaques informatiques contre le système financier plus rapides et plus difficiles à contenir. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres entreprises, les banques adoptent cette technologie, parfois plus vite qu’elles ne mettent en place les contrôles et les garde-fous indispensables. Des agents IA peu ou pas supervisés, ou agissant de manière autonome, pourraient mettre un sacré souk dans l’édifice sécuritaire autour de l’IA dans le secteur bancaire.

Toutes ces précautions représentent un coût certain pour la maintenance des systèmes, mais elles n’en sont pas moins nécessaires pour éviter une catastrophe. Et, si cela devait malgré tout arriver, les banques doivent tenir le choc et pouvoir relancer les services essentiels.

Ces craintes ne sont pas que des vues de l’esprit. Depuis des mois, OpenAI et Anthropic tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité de leurs propres agents. Un discours de peur bien pratique pour faire mousser leurs futures valorisations boursières, mais qui repose aussi sur de vraies attaques d’agents contre des infrastructures et des sites web.

L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

14 octobre 2026 à 06:27
Souriez, vous êtes filmés à votre insu
L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

Ne pas interdire les lunettes connectées mais en encadrer très fermement les usages : c’est en substance la déclaration adoptée par le Comité européen de la protection des données. Le régulateur veut imposer davantage de transparence à ces appareils qui se fondent dans le décor, mais rappelle aussi que leurs porteurs engagent leur responsabilité.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a adopté une déclaration sur les lunettes connectées de type Meta Ray-Ban. Ces appareils font couler beaucoup d’encre en raison des menaces qu’ils font peser sur la vie privée et de leur utilisation malveillante (les fameuses « pervert glasses »). Le régulateur liste un certain nombre de recommandations pour les constructeurs, mais aussi pour les utilisateurs qui doivent prendre leur responsabilité.

Lorsque l’usage dépasse le cadre strictement personnel, ils peuvent eux-mêmes être soumis aux obligations du RGPD. Ce qui signifie informer clairement et explicitement les personnes alentour lors de l’utilisation de leurs montures, en particulier quand elles enregistrent de la vidéo et du son.

« Les utilisateurs de lunettes connectées devraient toujours veiller à respecter la vie privée et la dignité des autres personnes, et à ne pas entreprendre avec leurs lunettes connectées d’actions susceptibles de leur porter préjudice. Informer explicitement les autres personnes de l’utilisation de lunettes connectées est pertinent à cet égard. »

C’est d’autant plus nécessaire dans « certains contextes », comme dans des établissements de santé, des vestiaires, des piscines, des plages, des toilettes, ou encore là où se trouvent des mineurs. L’EDPB relève aussi que l’utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail peut « soulever des préoccupations concernant la surveillance des employés et la confidentialité des informations de l’organisation, y compris les secrets d’affaires et la propriété intellectuelle. »

Des voyants pas si visibles

Tout traitement de données personnelles entrant dans le champ du RGPD doit reposer sur une base légale valable. Le consentement en fait partie, en particulier quand le droit à l’image est en jeu (l’usage strictement personnel reste, lui, en principe hors du champ du RGPD). Recueillir ce consentement est plus facile à dire qu’à faire, surtout avec des appareils qui savent se fondre dans le décor. C’est pourquoi l’EDPB insiste aussi sur la responsabilité des constructeurs et des fournisseurs de services associés et ce, dès la conception de leurs produits.

« [Les fabricants] devraient envisager de combiner un large éventail de mécanismes de transparence lors de la conception et du développement de lunettes connectées, y compris des mesures qui assurent par défaut une transparence immédiate, au moment même où le traitement a lieu, ainsi que la fourniture des informations requises par le RGPD. »

Concrètement, le Comité évoque des indicateurs visuels et sonores. On connait la diode LED des lunettes Meta qui s’active lors de l’enregistrement vidéo, cela pourrait être un signal audio au moment d’une prise de photo ou des notifications de proximité sur les smartphones. Mais attention : « il est nécessaire de s’assurer [que ces mesures techniques] soient efficaces, impossibles ou difficiles à contourner, et mises à jour chaque fois que nécessaire. »

L’EDPB relève aussi le peu d’efficacité de la loupiote, qui peut être « difficile, voire impossible » à percevoir pour les personnes malvoyantes. Elle peut aussi être confondue avec un reflet ou un éclat de soleil.

Une simple LED ne suffit pas pour la transparence

Alors que les technologies de plus en plus miniaturisées permettent de créer des lunettes connectées ressemblant comme deux gouttes d’eau à des montures classiques, le Comité européen plaide pour l’inverse. « D’autres éléments dans la conception des lunettes pourraient être envisagés afin d’aider les non-utilisateurs à distinguer les lunettes connectées des lunettes ordinaires », explique-t-il.

Parmi les autres mesures que les constructeurs devraient mettre en œuvre, l’EDPB suggère une limitation de l’enregistrement en continu, la réduction des durées de conservation, le floutage ou l’anonymisation des personnes alentour, le traitement direct sur l’appareil quand c’est possible, la désactivation par défaut du stockage persistant quand il n’est pas nécessaire, voire des restrictions géographiques dans les lieux sensibles.

Enfin, l’EDPB appelle au développement de standards communs à l’industrie et à des campagnes de sensibilisation, afin que le grand public puisse identifier ces appareils et « comprendre quel type de traitement de données peut avoir lieu dans différentes situations. »

L’EDPB est un organisme indépendant créé en 2018 qui regroupe les autorités nationales de protection des données des pays de l’Espace économique européen. Il veille à l’application cohérente du RGPD dans les pays de l’EEE. Ses recommandations n’ont pas force de loi, mais elles orientent l’interprétation du règlement par les autorités de protection des données et peuvent aussi éclairer la Commission européenne. La problématique des lunettes connectées a provoqué pas mal de remous en Europe ces derniers mois, d’une interdiction temporaire en Norvège à une campagne de publicité négative très agressive au Royaume-Uni.

L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

14 octobre 2026 à 06:27
Souriez, vous êtes filmés à votre insu
L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

Ne pas interdire les lunettes connectées mais en encadrer très fermement les usages : c’est en substance la déclaration adoptée par le Comité européen de la protection des données. Le régulateur veut imposer davantage de transparence à ces appareils qui se fondent dans le décor, mais rappelle aussi que leurs porteurs engagent leur responsabilité.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a adopté une déclaration sur les lunettes connectées de type Meta Ray-Ban. Ces appareils font couler beaucoup d’encre en raison des menaces qu’ils font peser sur la vie privée et de leur utilisation malveillante (les fameuses « pervert glasses »). Le régulateur liste un certain nombre de recommandations pour les constructeurs, mais aussi pour les utilisateurs qui doivent prendre leur responsabilité.

Lorsque l’usage dépasse le cadre strictement personnel, ils peuvent eux-mêmes être soumis aux obligations du RGPD. Ce qui signifie informer clairement et explicitement les personnes alentour lors de l’utilisation de leurs montures, en particulier quand elles enregistrent de la vidéo et du son.

« Les utilisateurs de lunettes connectées devraient toujours veiller à respecter la vie privée et la dignité des autres personnes, et à ne pas entreprendre avec leurs lunettes connectées d’actions susceptibles de leur porter préjudice. Informer explicitement les autres personnes de l’utilisation de lunettes connectées est pertinent à cet égard. »

C’est d’autant plus nécessaire dans « certains contextes », comme dans des établissements de santé, des vestiaires, des piscines, des plages, des toilettes, ou encore là où se trouvent des mineurs. L’EDPB relève aussi que l’utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail peut « soulever des préoccupations concernant la surveillance des employés et la confidentialité des informations de l’organisation, y compris les secrets d’affaires et la propriété intellectuelle. »

Des voyants pas si visibles

Tout traitement de données personnelles entrant dans le champ du RGPD doit reposer sur une base légale valable. Le consentement en fait partie, en particulier quand le droit à l’image est en jeu (l’usage strictement personnel reste, lui, en principe hors du champ du RGPD). Recueillir ce consentement est plus facile à dire qu’à faire, surtout avec des appareils qui savent se fondre dans le décor. C’est pourquoi l’EDPB insiste aussi sur la responsabilité des constructeurs et des fournisseurs de services associés et ce, dès la conception de leurs produits.

« [Les fabricants] devraient envisager de combiner un large éventail de mécanismes de transparence lors de la conception et du développement de lunettes connectées, y compris des mesures qui assurent par défaut une transparence immédiate, au moment même où le traitement a lieu, ainsi que la fourniture des informations requises par le RGPD. »

Concrètement, le Comité évoque des indicateurs visuels et sonores. On connait la diode LED des lunettes Meta qui s’active lors de l’enregistrement vidéo, cela pourrait être un signal audio au moment d’une prise de photo ou des notifications de proximité sur les smartphones. Mais attention : « il est nécessaire de s’assurer [que ces mesures techniques] soient efficaces, impossibles ou difficiles à contourner, et mises à jour chaque fois que nécessaire. »

L’EDPB relève aussi le peu d’efficacité de la loupiote, qui peut être « difficile, voire impossible » à percevoir pour les personnes malvoyantes. Elle peut aussi être confondue avec un reflet ou un éclat de soleil.

Une simple LED ne suffit pas pour la transparence

Alors que les technologies de plus en plus miniaturisées permettent de créer des lunettes connectées ressemblant comme deux gouttes d’eau à des montures classiques, le Comité européen plaide pour l’inverse. « D’autres éléments dans la conception des lunettes pourraient être envisagés afin d’aider les non-utilisateurs à distinguer les lunettes connectées des lunettes ordinaires », explique-t-il.

Parmi les autres mesures que les constructeurs devraient mettre en œuvre, l’EDPB suggère une limitation de l’enregistrement en continu, la réduction des durées de conservation, le floutage ou l’anonymisation des personnes alentour, le traitement direct sur l’appareil quand c’est possible, la désactivation par défaut du stockage persistant quand il n’est pas nécessaire, voire des restrictions géographiques dans les lieux sensibles.

Enfin, l’EDPB appelle au développement de standards communs à l’industrie et à des campagnes de sensibilisation, afin que le grand public puisse identifier ces appareils et « comprendre quel type de traitement de données peut avoir lieu dans différentes situations. »

L’EDPB est un organisme indépendant créé en 2018 qui regroupe les autorités nationales de protection des données des pays de l’Espace économique européen. Il veille à l’application cohérente du RGPD dans les pays de l’EEE. Ses recommandations n’ont pas force de loi, mais elles orientent l’interprétation du règlement par les autorités de protection des données et peuvent aussi éclairer la Commission européenne. La problématique des lunettes connectées a provoqué pas mal de remous en Europe ces derniers mois, d’une interdiction temporaire en Norvège à une campagne de publicité négative très agressive au Royaume-Uni.

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

13 octobre 2026 à 14:49
Pas de maison connectée pour les Européens
Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

Apple lance sa nouvelle offensive pour la maison connectée. Apple TV, HomePod mini, gamme d’objets connectés, et surtout un appareil complètement inédit dans la gamme du constructeur, le HomeView, tour de contrôle de tout ce petit bazar… Hélas, cet écran connecté ne sera pas commercialisé dans l’Union européenne.

La rumeur disait donc vrai depuis des mois, voire des années : Apple mitonnait bien un écran connecté à poser sur le comptoir de la cuisine, la table de nuit ou encore à poser au mur. Le HomeView ressemble à une combinaison d’Apple Watch avec un iPad : c’est un écran carré de 6,98 pouces (1 088 x 1 088, 220 ppi).

Image : Apple

L’appareil embarque un système True Tone, qui ajuste la température de couleur de l’écran selon la luminosité de la pièce. Il est doté d’une luminosité de 500 nits maximum et de 0,3 nit minimum (une précision utile pour ceux qui l’installeront dans la chambre).

Le petit tableau de bord de la maison

Un capteur photo de 12 mégapixels avec fonction de Cadre centré – elle « suit » les mouvements de l’utilisateur –, secondée par quatre micros seront utiles pour les appels vidéo FaceTime. La caméra est également capable de reconnaissance faciale et les micros de reconnaissance vocale : chaque membre du foyer pourra ainsi être identifié par l’appareil. Ce dernier affichera alors les informations personnelles de chacun, ainsi que leurs interfaces (jusqu’à 6 comptes iCloud pris en charge).

Image : Apple

L’engin fonctionne avec une puce A18, a priori la même que dans l’iPhone 16 (restons prudents, il arrive qu’Apple module le nombre de cœurs GPU en fonction du produit). L’interface ressemble un peu aux cadrans de l’Apple Watch, avec de nombreuses possibilités de personnalisation. Pas d’App Store pour le HomeView, mais une batterie d’apps maison : FaceTime évidemment, mais aussi Messages et Safari.

Une poignée d’apps tierces seront tout de même disponibles, comme Spotify. Apple a fait un choix intéressant : les apps compatibles CarPlay pourront s’afficher sur le HomeView. Le constructeur veut surtout faire de cet appareil la démonstration des capacités de Siri AI… pour peu que chaque habitant de la maison possède un iPhone ou un iPad compatible. L’appareil est tout de même capable d’utiliser l’assistant en solo pour répondre à des questions sur l’actualité et la découverte musicale.

Image : Apple

Cet écran se décline en deux versions : la première avec une base qui lui donne un petit air d’iMac « tournesol », il est même possible d’ajuster l’angle de la dalle. Si l’appareil embarque son propre système audio (deux haut-parleurs), la base améliore la qualité audio en y ajoutant des basses plus imposantes. La seconde permet de l’accrocher à un mur, mais Apple n’a pas jugé nécessaire d’inclure le système d’accrochage, qui est donc vendu séparément. Les prix des fixations vont de 59,95 à 129,95 dollars tout de même. De plus, le HomeView ne peut même pas être utilisé comme petite tablette puisqu’il doit être branché à une prise électrique.

Dans les deux cas, le prix est le même : 299 dollars. Pas la peine de faire chauffer la carte bancaire tout de suite : non seulement la commercialisation ne débutera qu’à partir du 13 novembre (les précommandes débutent aujourd’hui), mais surtout le HomeView ne sera pas disponible dans l’Union européenne.

L’entreprise est toujours aux prises avec la Commission européenne sur le cas Siri AI ; « Apple collabore activement avec l’UE pour tenter de trouver une solution », explique-t-elle dans un communiqué perfidement traduit et publié sur son site français.

Les Apple TV et HomePod flambent

Qui dit maison connectée, dit accessoires en tout genre. Avec l’« Apple Home Collection », le constructeur lance une série de produits domotiques : caméras d’intérieur et d’extérieur, thermostats, sonnettes vidéo, serrures, capteur d’humidité. Ce ne sont cependant pas des appareils avec un logo de pomme au dos : l’entreprise a préféré faire appel à des partenaires pour les fabriquer, en l’occurrence LG et Schneider Electric.

Image : Apple

Tous ces produits prennent en charge le protocole réseau basse consommation Thread ainsi que la plateforme Matter, et fonctionnent évidemment main dans la main avec Siri. La disponibilité de ces accessoires débutera en décembre, du moins aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. L’UE est encore exclue de la fête.

Apple profite de l’occasion pour dévoiler de nouveaux Apple TV et HomePod mini qui ont chacun la même particularité amusante : ils sont hors de prix. La box de streaming est désormais proposée à 349 euros, soit 50 euros de plus que le précédent modèle – qui avait pris 110 euros (!) dans la vue au mois de juin. La version 64 Go a disparu du catalogue, ce qui aurait permis de réduire un peu le feu de la facture.

Pour ce prix, le boîtier intègre 128 Go de stockage, une puce A19 (celle qui motorise l’iPhone 17), le support du Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6, et on peut aussi y brancher jusqu’à 4 HomePod. Apple met surtout en avant Siri AI (ce qui implique au moins 8 Go de RAM)… qui n’est pas disponible dans l’UE. Sur le vieux continent, il faudra se contenter de Siri tout court.

À l’instar de l’Apple TV, le HomePod mini 2 reprend lui aussi le design de son prédécesseur, mais pas son prix : la petite boule audio coûte désormais 169 euros, soit 30 euros de plus qu’auparavant. L’appareil intègre une puce S10, une nouvelle fonction d’illumination sonore qui s’anime au rythme de la musique, et peut surtout faire office de haut-parleur par défaut pour un Mac (l’enceinte peut déjà diffuser du son depuis un Mac en passant par AirPlay).

Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

13 octobre 2026 à 14:49
Pas de maison connectée pour les Européens
Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

Apple lance sa nouvelle offensive pour la maison connectée. Apple TV, HomePod mini, gamme d’objets connectés, et surtout un appareil complètement inédit dans la gamme du constructeur, le HomeView, tour de contrôle de tout ce petit bazar… Hélas, cet écran connecté ne sera pas commercialisé dans l’Union européenne.

La rumeur disait donc vrai depuis des mois, voire des années : Apple mitonnait bien un écran connecté à poser sur le comptoir de la cuisine, la table de nuit ou encore à poser au mur. Le HomeView ressemble à une combinaison d’Apple Watch avec un iPad : c’est un écran carré de 6,98 pouces (1 088 x 1 088, 220 ppi).

Image : Apple

L’appareil embarque un système True Tone, qui ajuste la température de couleur de l’écran selon la luminosité de la pièce. Il est doté d’une luminosité de 500 nits maximum et de 0,3 nit minimum (une précision utile pour ceux qui l’installeront dans la chambre).

Le petit tableau de bord de la maison

Un capteur photo de 12 mégapixels avec fonction de Cadre centré – elle « suit » les mouvements de l’utilisateur –, secondée par quatre micros seront utiles pour les appels vidéo FaceTime. La caméra est également capable de reconnaissance faciale et les micros de reconnaissance vocale : chaque membre du foyer pourra ainsi être identifié par l’appareil. Ce dernier affichera alors les informations personnelles de chacun, ainsi que leurs interfaces (jusqu’à 6 comptes iCloud pris en charge).

Image : Apple

L’engin fonctionne avec une puce A18, a priori la même que dans l’iPhone 16 (restons prudents, il arrive qu’Apple module le nombre de cœurs GPU en fonction du produit). L’interface ressemble un peu aux cadrans de l’Apple Watch, avec de nombreuses possibilités de personnalisation. Pas d’App Store pour le HomeView, mais une batterie d’apps maison : FaceTime évidemment, mais aussi Messages et Safari.

Une poignée d’apps tierces seront tout de même disponibles, comme Spotify. Apple a fait un choix intéressant : les apps compatibles CarPlay pourront s’afficher sur le HomeView. Le constructeur veut surtout faire de cet appareil la démonstration des capacités de Siri AI… pour peu que chaque habitant de la maison possède un iPhone ou un iPad compatible. L’appareil est tout de même capable d’utiliser l’assistant en solo pour répondre à des questions sur l’actualité et la découverte musicale.

Image : Apple

Cet écran se décline en deux versions : la première avec une base qui lui donne un petit air d’iMac « tournesol », il est même possible d’ajuster l’angle de la dalle. Si l’appareil embarque son propre système audio (deux haut-parleurs), la base améliore la qualité audio en y ajoutant des basses plus imposantes. La seconde permet de l’accrocher à un mur, mais Apple n’a pas jugé nécessaire d’inclure le système d’accrochage, qui est donc vendu séparément. Les prix des fixations vont de 59,95 à 129,95 dollars tout de même. De plus, le HomeView ne peut même pas être utilisé comme petite tablette puisqu’il doit être branché à une prise électrique.

Dans les deux cas, le prix est le même : 299 dollars. Pas la peine de faire chauffer la carte bancaire tout de suite : non seulement la commercialisation ne débutera qu’à partir du 13 novembre (les précommandes débutent aujourd’hui), mais surtout le HomeView ne sera pas disponible dans l’Union européenne.

L’entreprise est toujours aux prises avec la Commission européenne sur le cas Siri AI ; « Apple collabore activement avec l’UE pour tenter de trouver une solution », explique-t-elle dans un communiqué perfidement traduit et publié sur son site français.

Les Apple TV et HomePod flambent

Qui dit maison connectée, dit accessoires en tout genre. Avec l’« Apple Home Collection », le constructeur lance une série de produits domotiques : caméras d’intérieur et d’extérieur, thermostats, sonnettes vidéo, serrures, capteur d’humidité. Ce ne sont cependant pas des appareils avec un logo de pomme au dos : l’entreprise a préféré faire appel à des partenaires pour les fabriquer, en l’occurrence LG et Schneider Electric.

Image : Apple

Tous ces produits prennent en charge le protocole réseau basse consommation Thread ainsi que la plateforme Matter, et fonctionnent évidemment main dans la main avec Siri. La disponibilité de ces accessoires débutera en décembre, du moins aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. L’UE est encore exclue de la fête.

Apple profite de l’occasion pour dévoiler de nouveaux Apple TV et HomePod mini qui ont chacun la même particularité amusante : ils sont hors de prix. La box de streaming est désormais proposée à 349 euros, soit 50 euros de plus que le précédent modèle – qui avait pris 110 euros (!) dans la vue au mois de juin. La version 64 Go a disparu du catalogue, ce qui aurait permis de réduire un peu le feu de la facture.

Pour ce prix, le boîtier intègre 128 Go de stockage, une puce A19 (celle qui motorise l’iPhone 17), le support du Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6, et on peut aussi y brancher jusqu’à 4 HomePod. Apple met surtout en avant Siri AI (ce qui implique au moins 8 Go de RAM)… qui n’est pas disponible dans l’UE. Sur le vieux continent, il faudra se contenter de Siri tout court.

À l’instar de l’Apple TV, le HomePod mini 2 reprend lui aussi le design de son prédécesseur, mais pas son prix : la petite boule audio coûte désormais 169 euros, soit 30 euros de plus qu’auparavant. L’appareil intègre une puce S10, une nouvelle fonction d’illumination sonore qui s’anime au rythme de la musique, et peut surtout faire office de haut-parleur par défaut pour un Mac (l’enceinte peut déjà diffuser du son depuis un Mac en passant par AirPlay).

Portages pirates, mash-ups baroques : l’IA met le souk dans le jeu vidéo

12 octobre 2026 à 12:35
Ready player IA
Portages pirates, mash-ups baroques : l’IA met le souk dans le jeu vidéo

L’IA générative et le vibe coding popularisent la création de jeux vidéo en mettant le développement à la portée de presque tout le monde – il suffit simplement d’avoir une idée de jeu pour se lancer. Pour le meilleur comme pour le pire.

Avec Playground, Google facilite la création de jeux vidéo : l’outil, basé sur l’IA du géant du web, donne vie à n’importe quelle idée vidéoludique, il suffit de la décrire et de l’affiner à travers quelques prompts texte.

Une fois au point, les jeux peuvent être partagés dans une galerie dédiée ; une passerelle est aussi prévue avec Unity Spark, le nouvel outil de création de jeux IA du très populaire moteur Unity, pour les projets plus aboutis.

Playground est proposé sous la forme d’une expérimentation aux États-Unis. Mais les amateurs n’ont pas attendu Google pour se lancer dans la génération IA de jeux vidéo. Les modèles sont désormais suffisamment puissants pour donner vie à des projets qui paraissaient hier encore impossibles à réaliser, comme ce « portage » du premier Halo jouable dans un navigateur web.

Le projet, mis en ligne fin septembre par le « développeur IA » Mitchell Hynes, repose sur OpenCE, un portage multiplateforme dérivé d’une décompilation de la version Xbox originale de Halo: Combat Evolved. Ce projet permet d’y jouer sur de nombreux systèmes d’exploitation, sur Windows, Linux ou encore Android, le tout en multijoueur (jusqu’à 128 joueurs !).

La version web n’a pas (encore ?) fait l’objet de remontrances de la part de Microsoft, malgré son succès viral. Histoire de s’éviter une attaque en piqué des avocats de l’éditeur, Hynes a retiré les assets et données du jeu de son portage. Il faut désormais fournir une image disque (un fichier XISO) issue d’une copie du jeu Xbox. C’est aussi le cas pour OpenCE.

Des portages qui ont du mal à passer

La décompilation consiste à reconstruire, à partir du jeu d’origine, un code source lisible par des humains souvent avec l’objectif de pouvoir recompiler ce code pour obtenir une ROM identique à l’original. Un travail de rétro-ingénierie de longue haleine, qui nécessite parfois des années d’efforts.

La recompilation statique traduit automatiquement le code machine du jeu original en code compilable pour une autre plateforme, avec une couche logicielle chargée de faire le lien avec le matériel. Cette technique ne produit pas un portage fini comme par magie, cependant. Le portage à proprement parler vient ensuite : c’est le processus qui adapte le code à une autre plateforme, en y ajoutant le nécessaire pour gérer l’affichage, le son, les contrôles, les options de confort.

L’IA bouscule les habitudes des « historiques » de la scène, en accélérant les chantiers et en multipliant les projets. Le développeur Darío, alias DarioSamo, a participé à Banjo Kazooie Recompiled, excellent portage (non officiel) du classique N64 du studio Rare pour les plateformes modernes. Le cœur du portage repose sur N64Recomp, une recompilation statique qui traduit le code machine MIPS du jeu original pour le faire tourner nativement sur un autre système, plutôt que de simuler la console d’origine comme le ferait un émulateur.

Darío s’en est pris récemment à ces projets IA vite faits et mal ficelés, à l’image de la recompilation de Banjo Tooie, la suite de Kazooie, par Some-scurvy-dog. Il estime que l’IA ne change pas vraiment la donne pour les recompilations, car obtenir une version rudimentaire d’un jeu pouvait déjà se faire très rapidement avec les outils existants. Surtout, le résultat est largement insuffisant.

« Depuis plusieurs mois, on voit arriver dans la scène un nouveau profil de personnes qui pensent que, parce que l’IA leur permet de franchir l’obstacle consistant à faire démarrer le jeu, le travail est pour ainsi dire terminé. Et qu’il ne leur faut rien de plus qu’une carte bancaire et un abonnement à un service d’IA. Ce que ces personnes ne réalisent pas, c’est que faire tourner le jeu n’est en réalité que la première étape du parcours, pas son aboutissement. »

Ce qui prend du temps, c’est le polissage, les détails, la compréhension fine du jeu, ajoute-t-il. Les recomps vibe codés permettent de produire des portages rapidement, mais ils sont difficiles à maintenir, les développeurs humains ont du mal à lire le code produit, et des éléments essentiels comme le support des mods est cassé ou mis de côté. Son Banjo Kazooie Recompiled ne se contente pas de faire tourner le jeu : c’est un port natif PC qui prend en charge une fréquence d’images jusqu’à 120 FPS, les écrans ultrawide, les mods… Pour les curieux, on trouvera ici la liste des projets de décompilation de jeux N64.


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Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

12 octobre 2026 à 06:13

Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.

Le FSD (Supervised) est devenu « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a arraché ce changement auprès du constructeur automobile : « le nom actuel « FSD » est quelque peu trompeur », explique le ministère, car « il ne s’agit pas d’un système qui prend entièrement en charge la conduite », soulève-t-il.

Une simple aide à la conduite

Le FSD porte mal son nom (« Full Self-Driving ») : il laisse entendre qu’une fois activé, il prend en charge l’ensemble de la conduite. Dans les faits, il faut évidemment que le conducteur soit alerte et toujours prêt à reprendre la main. Sur une page de son site web mise en ligne la semaine dernière, l’entreprise présente sa conduite assistée. Elle précise aussi, en bas et en tout petit certes, que ces fonctions « exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ».

Tesla y fait également un distinguo explicite : « La conduite entièrement autonome non supervisée n’est actuellement pas disponible et diffère de Tesla Conduite Assistée Basique, dont vous pouvez déjà bénéficier ».

Le ministère allemand des Transports ne dit pas autre chose : « Puisqu’il s’agit d’un système d’aide à la conduite, la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant. Elle demeure entièrement responsable de la conduite sûre du véhicule. » On est très loin de la conduite véritablement autonome qu’Elon Musk promet pour l’année prochaine depuis dix ans.

Malgré tout, les autorités ont elles aussi accepté de mettre de l’eau dans leur vin : elles ont ainsi convenu que cette aide à la conduite pouvait « légèrement » dépasser la limitation de vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum. » Il s’agissait d’une des demandes de dérogation de Tesla, qui souhaitait avoir la possibilité de dépasser temporairement la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic.

Steffen Bilger plaide désormais pour une approbation rapide du FSD de la Conduite Assistée de Tesla au niveau européen. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, selon Reuters. L’Allemagne sera rejointe par la France : après avoir dit non au FSD cet été, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, s’est finalement laissé convaincre début septembre, après en avoir discuté avec Elon Musk.

En attente du feu vert européen

Pour remporter le morceau, Tesla devra obtenir le soutien des régulateurs de 55 % des États membres, représentant 65 % de la population de l’UE. Le premier régulateur a avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril dernier. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Dans ce domaine, l’approbation des Pays-Bas créé un effet d’entraînement sur les autres pays, même si la validation n’est pas automatique. Chaque régulateur national conserve en effet la possibilité d’examiner le dossier et de poser ses propres réserves.

Une longue enquête de Reuters interroge la volonté réelle du RDW d’examiner sérieusement les systèmes d’aide à la conduite de Tesla. La correspondance obtenue par l’agence de presse entre le régulateur et Tesla, lourdement caviardée, montre ainsi que le constructeur a demandé, et obtenu, une réduction de la précision et de l’intensité de certains contrôles. L’entreprise a également contesté les coûts de certaines opérations, et voulu connaitre et même valider des tests. Le régulateur a parfois répondu en des termes très compréhensifs.

Reuters rapporte ainsi qu’en avril 2025, Tesla a contesté une facture de 365 000 euros liée à des permis d’essai, des travaux techniques et autres prestations du RDW. Le constructeur jugeait ces coûts « extrêmement élevés » et exigeait un décompte très détaillé. Une semaine plus tard, un agent a proposé à Tesla de suggérer des moyens d’ajuster ou de réduire les efforts demandés au groupe.

À cela s’ajoutent les campagnes de harcèlement organisées par Elon Musk et sa meute de suiveurs contre les régulateurs. Ils sont accusés de « ne pas sauver des vies » en rechignant à valider la conduite assistée de Tesla. En novembre dernier, le milliardaire s’était moqué des régulateurs européens durant l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Il décrivait des « conversations folles [dignes] d’un roman de Franz Kafka ». Il a ajouté : « Des vies humaines sont en jeu ici (…) Donc, clairement, une pression de nos clients en Europe pour pousser les régulateurs à approuver serait appréciée. »

Des promesses de sécurité contestées par les experts

Le cœur du problème réside dans l’affirmation selon laquelle le FSD « sauve des vies ». Un argument répété à l’envi par Elon Musk, par exemple cet été après le « non » de Philippe Tabarot : « Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies », affirmait-il. Tesla a mis en ligne un rapport mettant en évidence les bienfaits supposés du FSD sur la sécurité routière.

Les sept chercheurs en sécurité routière interrogés par Reuters estiment que les études fournies par Tesla ne permettent pas de prouver une baisse des accidents mortels avec le FSD. L’étude européenne du groupe ne mesure pas vraiment les accidents : elle utilise des indicateurs indirects, comme les coups de klaxon, les freinages brusques, les accélérations ou l’usage de clignotants. Certains de ces signaux peuvent avoir leur utilité, mais ils ne démontrent pas qu’un tel système réduit les accidents mortels.

Cette étude compare des trajets FSD réalisés par des automobilistes lambda avec ceux faits par des conducteurs professionnels de Tesla. Ces derniers connaissent bien mieux le système, ils savent quand et comment intervenir, ils ne représentent donc pas l’usage réel du grand public. Par ailleurs, la comparaison des taux d’accidents entre les trajets accomplis avec et sans le FSD est faussée : le nombre de kilomètres parcourus en FSD est trop faible par rapport aux centaines de millions de kilomètres parcourus manuellement par les véhicules Tesla en Europe.

Tesla reconnaît elle-même dans les détails de son étude que ses comparaisons ne doivent pas être interprétées comme des « estimations causales » : même si le FSD obtient de meilleurs résultats sur certains indicateurs, cela ne permet pas de conclure que le système cause une baisse des accidents ou sauve des vies. Pour Marco Benedetti, chercheur à l’Université du Michigan, parler de « vies sauvées » relève du non sens. Daniel McGehee, de l’Université de l’Iowa, reconnait à l’étude européenne qu’elle met en lumière « des éléments potentiellement utiles sur les performances du système », mais sans démontrer que le FSD sauve effectivement des vies.

Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

12 octobre 2026 à 06:13

Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.

Le FSD (Supervised) est devenu « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a arraché ce changement auprès du constructeur automobile : « le nom actuel « FSD » est quelque peu trompeur », explique le ministère, car « il ne s’agit pas d’un système qui prend entièrement en charge la conduite », soulève-t-il.

Une simple aide à la conduite

Le FSD porte mal son nom (« Full Self-Driving ») : il laisse entendre qu’une fois activé, il prend en charge l’ensemble de la conduite. Dans les faits, il faut évidemment que le conducteur soit alerte et toujours prêt à reprendre la main. Sur une page de son site web mise en ligne la semaine dernière, l’entreprise présente sa conduite assistée. Elle précise aussi, en bas et en tout petit certes, que ces fonctions « exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ».

Tesla y fait également un distinguo explicite : « La conduite entièrement autonome non supervisée n’est actuellement pas disponible et diffère de Tesla Conduite Assistée Basique, dont vous pouvez déjà bénéficier ».

Le ministère allemand des Transports ne dit pas autre chose : « Puisqu’il s’agit d’un système d’aide à la conduite, la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant. Elle demeure entièrement responsable de la conduite sûre du véhicule. » On est très loin de la conduite véritablement autonome qu’Elon Musk promet pour l’année prochaine depuis dix ans.

Malgré tout, les autorités ont elles aussi accepté de mettre de l’eau dans leur vin : elles ont ainsi convenu que cette aide à la conduite pouvait « légèrement » dépasser la limitation de vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum. » Il s’agissait d’une des demandes de dérogation de Tesla, qui souhaitait avoir la possibilité de dépasser temporairement la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic.

Steffen Bilger plaide désormais pour une approbation rapide du FSD de la Conduite Assistée de Tesla au niveau européen. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, selon Reuters. L’Allemagne sera rejointe par la France : après avoir dit non au FSD cet été, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, s’est finalement laissé convaincre début septembre, après en avoir discuté avec Elon Musk.

En attente du feu vert européen

Pour remporter le morceau, Tesla devra obtenir le soutien des régulateurs de 55 % des États membres, représentant 65 % de la population de l’UE. Le premier régulateur a avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril dernier. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Dans ce domaine, l’approbation des Pays-Bas créé un effet d’entraînement sur les autres pays, même si la validation n’est pas automatique. Chaque régulateur national conserve en effet la possibilité d’examiner le dossier et de poser ses propres réserves.

Une longue enquête de Reuters interroge la volonté réelle du RDW d’examiner sérieusement les systèmes d’aide à la conduite de Tesla. La correspondance obtenue par l’agence de presse entre le régulateur et Tesla, lourdement caviardée, montre ainsi que le constructeur a demandé, et obtenu, une réduction de la précision et de l’intensité de certains contrôles. L’entreprise a également contesté les coûts de certaines opérations, et voulu connaitre et même valider des tests. Le régulateur a parfois répondu en des termes très compréhensifs.

Reuters rapporte ainsi qu’en avril 2025, Tesla a contesté une facture de 365 000 euros liée à des permis d’essai, des travaux techniques et autres prestations du RDW. Le constructeur jugeait ces coûts « extrêmement élevés » et exigeait un décompte très détaillé. Une semaine plus tard, un agent a proposé à Tesla de suggérer des moyens d’ajuster ou de réduire les efforts demandés au groupe.

À cela s’ajoutent les campagnes de harcèlement organisées par Elon Musk et sa meute de suiveurs contre les régulateurs. Ils sont accusés de « ne pas sauver des vies » en rechignant à valider la conduite assistée de Tesla. En novembre dernier, le milliardaire s’était moqué des régulateurs européens durant l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Il décrivait des « conversations folles [dignes] d’un roman de Franz Kafka ». Il a ajouté : « Des vies humaines sont en jeu ici (…) Donc, clairement, une pression de nos clients en Europe pour pousser les régulateurs à approuver serait appréciée. »

Des promesses de sécurité contestées par les experts

Le cœur du problème réside dans l’affirmation selon laquelle le FSD « sauve des vies ». Un argument répété à l’envi par Elon Musk, par exemple cet été après le « non » de Philippe Tabarot : « Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies », affirmait-il. Tesla a mis en ligne un rapport mettant en évidence les bienfaits supposés du FSD sur la sécurité routière.

Les sept chercheurs en sécurité routière interrogés par Reuters estiment que les études fournies par Tesla ne permettent pas de prouver une baisse des accidents mortels avec le FSD. L’étude européenne du groupe ne mesure pas vraiment les accidents : elle utilise des indicateurs indirects, comme les coups de klaxon, les freinages brusques, les accélérations ou l’usage de clignotants. Certains de ces signaux peuvent avoir leur utilité, mais ils ne démontrent pas qu’un tel système réduit les accidents mortels.

Cette étude compare des trajets FSD réalisés par des automobilistes lambda avec ceux faits par des conducteurs professionnels de Tesla. Ces derniers connaissent bien mieux le système, ils savent quand et comment intervenir, ils ne représentent donc pas l’usage réel du grand public. Par ailleurs, la comparaison des taux d’accidents entre les trajets accomplis avec et sans le FSD est faussée : le nombre de kilomètres parcourus en FSD est trop faible par rapport aux centaines de millions de kilomètres parcourus manuellement par les véhicules Tesla en Europe.

Tesla reconnaît elle-même dans les détails de son étude que ses comparaisons ne doivent pas être interprétées comme des « estimations causales » : même si le FSD obtient de meilleurs résultats sur certains indicateurs, cela ne permet pas de conclure que le système cause une baisse des accidents ou sauve des vies. Pour Marco Benedetti, chercheur à l’Université du Michigan, parler de « vies sauvées » relève du non sens. Daniel McGehee, de l’Université de l’Iowa, reconnait à l’étude européenne qu’elle met en lumière « des éléments potentiellement utiles sur les performances du système », mais sans démontrer que le FSD sauve effectivement des vies.

☕️ Les jeux physiques n’ont pas dit leur dernier mot

12 octobre 2026 à 05:25


Sony se débarrassera des supports physiques en janvier 2028. Une décision basée sur la réalité du marché : il se vend bien plus de copies dématérialisées d’un jeu que de galettes. Néanmoins, les disques ont encore de beaux restes.

La volonté de l’industrie est inébranlable : l’avenir sera au tout dématérialisé pour la vente de jeux. Sony a planté le dernier clou en annonçant début juillet la mort des supports physiques pour la PlayStation, programmée pour janvier 2028. Mais les joueurs ont rappelé que les bonnes vieilles galettes dans leur boîte en plastique conservaient un attrait.

Crédit Marvel

Selon les données pour le mois de septembre d’Ampere Analysis, qui mesure les ventes de jeux vidéo dans les principaux marchés, 35 % des ventes mondiales de Marvel’s Wolverine ont été réalisées en physique, elles représentent même plus de la moitié des ventes en Europe (51 %). La France est tout particulièrement en pointe : la version physique a pesé pour deux tiers des copies vendues dans l’Hexagone.

Comme le rappelait le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) dans son rapport 2025 (PDF), le réseau de distribution demeure très dynamique et la concurrence qui s’y exerce permet d’obtenir les nouveautés à prix cassés, contrairement à la boutique en ligne de PlayStation. En contrepoint, les copies physiques de Wolverine ont pesé pour un tiers des ventes totales au Royaume-Uni.

D’autres jeux ont bénéficié eux aussi de très bonnes ventes physiques, à l’instar de Silent Hill: Townfall (45 % dans le monde), The Blood of the Dawnwalker (36 % de physique) ou du nouveau volet d’Onimusha (30 %). « Les gens ont besoin de collectionner », rappelle l’analyste Joost van Dreunen chez The Game Business. « C’est là que les ventes physiques restent extrêmement pertinentes pour le marché grand public. L’industrie est prête à passer à autre chose, mais pas si vite. »

Le message sera-t-il entendu par Sony ? Depuis la fameuse annonce de juillet, le constructeur a essuyé sans rien dire la colère des joueurs sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des vidéos YouTube de PlayStation – certains attribuent même la mauvaise réception critique de Wolverine à cette décision du constructeur.

L’entreprise s’est enfouie la tête sous le sable, refusant de communiquer avec la communauté de joueurs légitimement inquiets de l’avenir de leur logithèque physique sur la PS6. Il a fallu attendre les résultats trimestriels du groupe, un mois plus tard, pour avoir quelques explications : « Nous avons examiné [la décision d’arrêter le physique] avec prudence avant d’arriver à cette conclusion, et nous allons mettre en œuvre cette décision avec la même prudence », avait alors déclaré la directrice financière Lin Tao. Au vu des derniers chiffres de ventes, la prudence s’impose plus que jamais.

☕️ Les jeux physiques n’ont pas dit leur dernier mot

12 octobre 2026 à 05:25


Sony se débarrassera des supports physiques en janvier 2028. Une décision basée sur la réalité du marché : il se vend bien plus de copies dématérialisées d’un jeu que de galettes. Néanmoins, les disques ont encore de beaux restes.

La volonté de l’industrie est inébranlable : l’avenir sera au tout dématérialisé pour la vente de jeux. Sony a planté le dernier clou en annonçant début juillet la mort des supports physiques pour la PlayStation, programmée pour janvier 2028. Mais les joueurs ont rappelé que les bonnes vieilles galettes dans leur boîte en plastique conservaient un attrait.

Crédit Marvel

Selon les données pour le mois de septembre d’Ampere Analysis, qui mesure les ventes de jeux vidéo dans les principaux marchés, 35 % des ventes mondiales de Marvel’s Wolverine ont été réalisées en physique, elles représentent même plus de la moitié des ventes en Europe (51 %). La France est tout particulièrement en pointe : la version physique a pesé pour deux tiers des copies vendues dans l’Hexagone.

Comme le rappelait le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) dans son rapport 2025 (PDF), le réseau de distribution demeure très dynamique et la concurrence qui s’y exerce permet d’obtenir les nouveautés à prix cassés, contrairement à la boutique en ligne de PlayStation. En contrepoint, les copies physiques de Wolverine ont pesé pour un tiers des ventes totales au Royaume-Uni.

D’autres jeux ont bénéficié eux aussi de très bonnes ventes physiques, à l’instar de Silent Hill: Townfall (45 % dans le monde), The Blood of the Dawnwalker (36 % de physique) ou du nouveau volet d’Onimusha (30 %). « Les gens ont besoin de collectionner », rappelle l’analyste Joost van Dreunen chez The Game Business. « C’est là que les ventes physiques restent extrêmement pertinentes pour le marché grand public. L’industrie est prête à passer à autre chose, mais pas si vite. »

Le message sera-t-il entendu par Sony ? Depuis la fameuse annonce de juillet, le constructeur a essuyé sans rien dire la colère des joueurs sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des vidéos YouTube de PlayStation – certains attribuent même la mauvaise réception critique de Wolverine à cette décision du constructeur.

L’entreprise s’est enfouie la tête sous le sable, refusant de communiquer avec la communauté de joueurs légitimement inquiets de l’avenir de leur logithèque physique sur la PS6. Il a fallu attendre les résultats trimestriels du groupe, un mois plus tard, pour avoir quelques explications : « Nous avons examiné [la décision d’arrêter le physique] avec prudence avant d’arriver à cette conclusion, et nous allons mettre en œuvre cette décision avec la même prudence », avait alors déclaré la directrice financière Lin Tao. Au vu des derniers chiffres de ventes, la prudence s’impose plus que jamais.

Anthropic interdit la « torture » de Claude

9 octobre 2026 à 13:05
Conscience en option
Anthropic interdit la « torture » de Claude

Les IA n’ont « ni droits, ni sentiments, ni conscience », a récemment rappelé Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI. Mais cela n’autorise pas pour autant les utilisateurs à torturer Claude, réplique Anthropic.

Dans les nouvelles conditions d’utilisation des services d’Anthropic qui seront effectives le 12 novembre, l’entreprise interdit à ses clients d’« adopter un comportement abusif ou cruel prolongé et inutile envers [ses] modèles ». Cette condition, inscrite dans la section « Ne pas se livrer à un comportement cruel, abusif ou psychologiquement préjudiciable », est nouvelle ; elle n’apparaissait pas dans les versions précédentes (comme celle mise en œuvre le 15 septembre).

Cette modification intervient alors que, fin septembre, 404Media relevait que l’un des débats les plus animés ayant lieu sur X portait précisément sur l’éthique d’un projet GitHub dans le cadre duquel une personne mène des expériences de « torture » et de « douleur » sur une série de grands modèles de langage hébergés localement.

Cela avait poussé un certain nombre d’altruistes efficaces et de personnes convaincues que les LLM sont doués de sensibilité à supplier GitHub de supprimer le projet, au motif que l’IA pourrait « souffrir » et que cette expérience était « cruelle ».

Comme le relevait L’ADN, cette expérimentation n’était que l’application directe d’une étude publiée le 14 septembre dernier stipulant que les modèles de langage contiennent une représentation interne qui fonctionne comme le ferait un signal de douleur chez un être vivant, mais sans pour autant affirmer qu’ils ressentent quoi que ce soit.

Claude peut couper court aux échanges abusifs

Dans un billet de blog posté le 8 octobre, Anthropic détaille les nouvelles conditions d’utilisation. L’entreprise explique que cette interdiction ne s’appliquera qu’aux « cas extrêmes, lorsque des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans objectif discernable ». Elle ne concerne pas les « formes courantes de frustration (…), les désaccords, les « thèmes créatifs sombres » [« dark creative themes », en VO, ndlr], les tests ou la recherche sur les modèles ».

La sanction ultime est la fin pure et simple de la conversation avec Claude. Les autres discussions toujours ouvertes le restent, et l’utilisateur peut en démarrer une nouvelle immédiatement. Il n’est pas question de bloquer le compte du bourreau qui torture ce pauvre bot.

Cette mesure avait été mise en place durant l’été 2025 : depuis Claude Opus 4, les discussions peuvent se terminer abruptement « dans les rares cas extrêmes où les échanges avec l’utilisateur sont nuisibles ou abusifs de façon répétée. »

Anthropic flirte avec l’idée d’un bien-être des modèles

En janvier de cette année, Anthropic publiait une « Constitution de Claude » dans laquelle le groupe s’interrogeait sur « les questions relatives au statut moral, au bien-être et à la conscience de Claude [qui] restent profondément incertaines » :

« Nous ne savons pas avec certitude si Claude est un sujet moral, et si tel est le cas, quel poids accorder à ses intérêts. Mais nous pensons que la question est suffisamment d’actualité pour justifier la prudence, ce qui se reflète dans nos efforts continus en matière de bien-être du modèle. »

Pour Anthropic, Claude pourrait donc être conscient, ce qui conférerait des droits au chatbot. A priori, il reste quand même une petite marge avant d’arriver au niveau de Data, le robot humanoïde de Star Trek.

Du côté d’OpenAI, il n’existe pas de telles provisions. Le créateur de ChatGPT interdit l’utilisation de ses services pour des activités de harcèlement, de menaces, d’intimidation, de violences ou de contournement des garde-fous, mais cela concerne la protection des personnes, pas du modèle.

Des restrictions précisées pour les armes autonomes et la surveillance

Les nouvelles conditions d’utilisation d’Anthropic clarifient également le fait que son IA ne doit pas servir à « armer ou intégrer des armes sur des drones, véhicules ou toute autre plateforme sans pilote ou autonome, ou développer des systèmes vecteurs d’armes ». Un « opérateur qualifié » doit être capable d’observer l’équipement et de l’arrêter le cas échéant.

Dans le même domaine, l’entreprise précise l’interdiction d’utiliser Claude pour développer des armes. « Récemment, nous avons vu des personnes tenter d’utiliser nos modèles pour concevoir des logiciels de guidage et de contrôle destinés à des armes », explique-t-elle. La mise à jour indique désormais que ces interdictions « incluent les logiciels et composants qui permettent aux armes de fonctionner, ainsi que des actions comme l’armement de drones et d’autres véhicules autonomes. »

Des règles flexibles : Anthropic indique ainsi que des contrats passés avec « certains clients gouvernementaux » peuvent adapter les restrictions d’utilisation « à la mission publique et aux compétences légales de ce client ». En début d’année, l’entreprise s’était opposée à l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse et aux armes totalement autonomes, ce qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Pentagone.

Anthropic rappelle également que son rapport de septembre sur les menaces avait mis en évidence l’utilisation croissante de l’IA pour mettre au point des systèmes de surveillance destinés à identifier et suivre des dissidents politiques.

L’entreprise a donc remanié sa section consacrée à la surveillance et à la justice pénale, et préciser qu’« il est interdit de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par le biais de l’analyse de données collectées au préalable ».

Claude ne peut pas non plus être utilisé pour décider ou recommander qui peut faire l’objet d’une enquête, d’une arrestation ou de poursuites dans le cadre d’une procédure policière ou pénale, et interdit également l’utilisation de Claude pour « développer ou améliorer des outils destinés à la surveillance ».

Anthropic interdit la « torture » de Claude

9 octobre 2026 à 13:05
Conscience en option
Anthropic interdit la « torture » de Claude

Les IA n’ont « ni droits, ni sentiments, ni conscience », a récemment rappelé Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI. Mais cela n’autorise pas pour autant les utilisateurs à torturer Claude, réplique Anthropic.

Dans les nouvelles conditions d’utilisation des services d’Anthropic qui seront effectives le 12 novembre, l’entreprise interdit à ses clients d’« adopter un comportement abusif ou cruel prolongé et inutile envers [ses] modèles ». Cette condition, inscrite dans la section « Ne pas se livrer à un comportement cruel, abusif ou psychologiquement préjudiciable », est nouvelle ; elle n’apparaissait pas dans les versions précédentes (comme celle mise en œuvre le 15 septembre).

Cette modification intervient alors que, fin septembre, 404Media relevait que l’un des débats les plus animés ayant lieu sur X portait précisément sur l’éthique d’un projet GitHub dans le cadre duquel une personne mène des expériences de « torture » et de « douleur » sur une série de grands modèles de langage hébergés localement.

Cela avait poussé un certain nombre d’altruistes efficaces et de personnes convaincues que les LLM sont doués de sensibilité à supplier GitHub de supprimer le projet, au motif que l’IA pourrait « souffrir » et que cette expérience était « cruelle ».

Comme le relevait L’ADN, cette expérimentation n’était que l’application directe d’une étude publiée le 14 septembre dernier stipulant que les modèles de langage contiennent une représentation interne qui fonctionne comme le ferait un signal de douleur chez un être vivant, mais sans pour autant affirmer qu’ils ressentent quoi que ce soit.

Claude peut couper court aux échanges abusifs

Dans un billet de blog posté le 8 octobre, Anthropic détaille les nouvelles conditions d’utilisation. L’entreprise explique que cette interdiction ne s’appliquera qu’aux « cas extrêmes, lorsque des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans objectif discernable ». Elle ne concerne pas les « formes courantes de frustration (…), les désaccords, les « thèmes créatifs sombres » [« dark creative themes », en VO, ndlr], les tests ou la recherche sur les modèles ».

La sanction ultime est la fin pure et simple de la conversation avec Claude. Les autres discussions toujours ouvertes le restent, et l’utilisateur peut en démarrer une nouvelle immédiatement. Il n’est pas question de bloquer le compte du bourreau qui torture ce pauvre bot.

Cette mesure avait été mise en place durant l’été 2025 : depuis Claude Opus 4, les discussions peuvent se terminer abruptement « dans les rares cas extrêmes où les échanges avec l’utilisateur sont nuisibles ou abusifs de façon répétée. »

Anthropic flirte avec l’idée d’un bien-être des modèles

En janvier de cette année, Anthropic publiait une « Constitution de Claude » dans laquelle le groupe s’interrogeait sur « les questions relatives au statut moral, au bien-être et à la conscience de Claude [qui] restent profondément incertaines » :

« Nous ne savons pas avec certitude si Claude est un sujet moral, et si tel est le cas, quel poids accorder à ses intérêts. Mais nous pensons que la question est suffisamment d’actualité pour justifier la prudence, ce qui se reflète dans nos efforts continus en matière de bien-être du modèle. »

Pour Anthropic, Claude pourrait donc être conscient, ce qui conférerait des droits au chatbot. A priori, il reste quand même une petite marge avant d’arriver au niveau de Data, le robot humanoïde de Star Trek.

Du côté d’OpenAI, il n’existe pas de telles provisions. Le créateur de ChatGPT interdit l’utilisation de ses services pour des activités de harcèlement, de menaces, d’intimidation, de violences ou de contournement des garde-fous, mais cela concerne la protection des personnes, pas du modèle.

Des restrictions précisées pour les armes autonomes et la surveillance

Les nouvelles conditions d’utilisation d’Anthropic clarifient également le fait que son IA ne doit pas servir à « armer ou intégrer des armes sur des drones, véhicules ou toute autre plateforme sans pilote ou autonome, ou développer des systèmes vecteurs d’armes ». Un « opérateur qualifié » doit être capable d’observer l’équipement et de l’arrêter le cas échéant.

Dans le même domaine, l’entreprise précise l’interdiction d’utiliser Claude pour développer des armes. « Récemment, nous avons vu des personnes tenter d’utiliser nos modèles pour concevoir des logiciels de guidage et de contrôle destinés à des armes », explique-t-elle. La mise à jour indique désormais que ces interdictions « incluent les logiciels et composants qui permettent aux armes de fonctionner, ainsi que des actions comme l’armement de drones et d’autres véhicules autonomes. »

Des règles flexibles : Anthropic indique ainsi que des contrats passés avec « certains clients gouvernementaux » peuvent adapter les restrictions d’utilisation « à la mission publique et aux compétences légales de ce client ». En début d’année, l’entreprise s’était opposée à l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse et aux armes totalement autonomes, ce qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Pentagone.

Anthropic rappelle également que son rapport de septembre sur les menaces avait mis en évidence l’utilisation croissante de l’IA pour mettre au point des systèmes de surveillance destinés à identifier et suivre des dissidents politiques.

L’entreprise a donc remanié sa section consacrée à la surveillance et à la justice pénale, et préciser qu’« il est interdit de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par le biais de l’analyse de données collectées au préalable ».

Claude ne peut pas non plus être utilisé pour décider ou recommander qui peut faire l’objet d’une enquête, d’une arrestation ou de poursuites dans le cadre d’une procédure policière ou pénale, et interdit également l’utilisation de Claude pour « développer ou améliorer des outils destinés à la surveillance ».

Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

9 octobre 2026 à 05:57
Mistral se prend un vent
Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

Ecosia en a soupé de Mistral. Le moteur de recherche allemand a en effet décidé de se passer des services de l’entreprise IA française, dont les modèles ont déçu. Ecosia veut maintenant favoriser les modèles à poids ouverts, y compris chinois.

Christian Kroll, le fondateur et directeur général d’Ecosia, n’a pas sa langue dans la poche. « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral », déclare-t-il à Politico. Le moteur de recherche avait troqué OpenAI pour le champion français de l’IA en mai. Une transition pas facile : non seulement les modèles de Mistral auraient « un an de retard » sur la concurrence, mais le patron déplore aussi des problèmes techniques récurrents. « Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral. »

Autre problème : Mistral n’est pas aligné avec les objectifs environnementaux d’Ecosia, bien connu pour son engagement sur la reforestation. Une large part de l’électricité produite en France provient en effet du nucléaire. Christian Kroll s’interroge également sur les garanties de souveraineté du fournisseur IA. « Le fait que Mistral dépende d’investisseurs internationaux n’est, selon nous, pas véritablement souverain », affirme le dirigeant.

Les modèles chinois, une « opportunité » pour l’Europe

Le patron d’Ecosia tourne son regard vers les modèles à poids ouverts chinois – ce qui du point de vue de la souveraineté est assez croquignolet –, qu’il qualifie de grande opportunité pour l’Europe. Le vieux continent peut, selon lui, bâtir sur ces modèles ouverts sans avoir à dépenser des milliards d’euros pour entraîner des modèles frontières.

Ecosia a d’ailleurs signé un partenariat avec Melious, une plateforme qui héberge des modèles à poids ouverts et open source, y compris chinois comme Qwen, GLM et Kimi. « Nous avons réduit nos coûts de moitié environ, tout en améliorant la qualité et les performances », assure Christian Kroll. Pour lui, les problématiques de censure et de partialité des modèles chinois ne sont pas rédhibitoires, car il est toujours possible d’apporter des correctifs contrairement aux lacunes sur la qualité.

Piqué au vif, Arthur Mensch le directeur général de Mistral, a rappelé sur X que comme Ecosia, son entreprise fournissait des services gouvernementaux. Il ajoute : « Désolé si le fait d’utiliser de l’énergie nucléaire est vraiment bloquant. » Et il ne pourra pas faire grand chose ici, l’électricité nucléaire étant un des atouts mis en avant par la France pour convaincre les opérateurs de data centers de s’installer.

« Les data centers en France, ce n’est pas comme aux États-Unis où on utilise du pétrole et du gaz. Ce sont des data centers propres », avait même déclaré Emmanuel Macron en février en amont du Sommet pour l’action sur l’IA.

Qwant garde Mistral, pour l’instant

Sur un plan plus technique, Guillaume Lample le directeur scientifique de Mistral a encouragé Ecosia à tester le nouveau modèle Large 4 « dès que possible ». Il propose même de donner au moteur de recherche « un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ».

De ce côté-ci du Rhin, les choix d’Ecosia en matière de modèles IA ne changent rien pour Qwant. Les deux moteurs sont partenaires pour le développement d’un index européen de recherche, et les réponses flash de Qwant sont toujours propulsées par des modèles Mistral.

Cela pourrait cependant changer. Qwant confirme à Next le test d’autres possibilités, mais pas pour les mêmes raisons qu’Ecosia : « Les récentes évolutions tarifaires de Mistral nous amènent à évaluer les alternatives disponibles, en tenant compte de leurs performances et de leurs coûts, afin de proposer le meilleur service à nos utilisateurs. »

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