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Nissan veut exporter des VE made in China vers le Canada

25 mai 2026 à 14:05

Nissan envisage d’exporter ses véhicules électriques fabriqués en Chine avec Dongfeng vers le Canada, le Brésil et le Mexique pour réduire ses coûts.

Nissan explore une nouvelle voie pour relancer sa compétitivité sur les marchés de l’hémisphère occidental : exporter des véhicules électriques fabriqués en Chine en partenariat avec Dongfeng Motor Group Co. vers plusieurs marchés, dont le Canada, le Brésil et le Mexique. Christian Meunier, responsable de Nissan pour les Amériques, a confirmé cette orientation stratégique lors d’une interview, sans préciser quels modèles issus de la coentreprise Nissan-Dongfeng seraient concernés ni selon quel calendrier. « Au Canada, le gouvernement a ouvert la porte à certains produits chinois », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous examinons cela. » Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large qui traverse l’ensemble de l’industrie automobile mondiale : s’appuyer sur les coûts de production plus bas de la Chine et sur des cycles de développement de véhicules électriques plus rapides pour maintenir une compétitivité tarifaire face à une concurrence internationale de plus en plus agressive.

Le Canada ouvre son marché aux véhicules électriques fabriqués en Chine

Le projet de Nissan s’appuie sur un changement de politique commerciale significatif au Canada. En janvier dernier, le gouvernement canadien a accepté de supprimer une interdiction de facto qui pesait jusqu’alors sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, ouvrant son marché à l’entrée annuelle de jusqu’à 49 000 de ces véhicules. Cette décision a immédiatement suscité l’intérêt de plusieurs constructeurs automobiles, désireux de profiter de cette fenêtre d’accès à un marché nord-américain particulièrement réceptif aux véhicules électriques abordables.

Tesla Inc. a été l’un des premiers à saisir cette opportunité : le constructeur américain a récemment commencé à commercialiser au Canada une berline Model 3 à un tarif de 42 132 dollars canadiens — soit environ 30 900 dollars américains — après frais de livraison, un prix sensiblement inférieur à son tarif catalogue précédent. Ce véhicule semble provenir de l’usine Gigafactory de Tesla implantée à Shanghai, bien que le constructeur n’ait pas confirmé officiellement cette information. L’exemple de Tesla illustre comment la production en Chine permet de proposer des véhicules électriques à des tarifs compétitifs sur des marchés étrangers, une logique que Nissan entend désormais répliquer pour sa propre gamme de véhicules électriques issus de sa coentreprise avec Dongfeng.

Au-delà du Canada, Nissan vise également le Brésil et le Mexique comme débouchés potentiels pour ses véhicules électriques fabriqués en Chine. Le premier modèle destiné à l’Amérique latine sera une berline électrique baptisée N7, accompagnée d’un pick-up électrique surnommé Frontier Pro — deux véhicules conçus pour répondre à la demande de mobilité électrique à coût maîtrisé sur des marchés émergents particulièrement sensibles au prix d’acquisition des véhicules.

Une stratégie de redressement articulée autour de la production chinoise

L’offensive de Nissan sur les marchés des Amériques avec des véhicules électriques produits en Chine s’inscrit dans une stratégie de redressement plus globale pilotée par le directeur général Ivan Espinosa. Le constructeur japonais traîne le poids d’une gamme de véhicules vieillissante, d’un endettement important et de plusieurs années de turbulences managériales qui ont fragilisé sa position compétitive sur ses principaux marchés. Face à des vents contraires croissants aux États-Unis et au Japon, Nissan se tourne vers la Chine comme levier de compétitivité et de croissance.

Espinosa a précisé que son entreprise prévoit d’augmenter progressivement ses exportations depuis la Chine : 100 000 unités dans un premier temps, puis potentiellement 300 000 unités à terme. Ce volume ambitieux témoigne de l’importance que Nissan accorde à sa stratégie d’exportation depuis ses usines chinoises comme outil de rééquilibrage de sa structure de coûts et de diversification de ses sources de revenus à l’échelle mondiale.

La coentreprise entre Nissan et Dongfeng Motor Group, l’un des principaux constructeurs automobiles d’État chinois, constitue le socle industriel sur lequel repose cette stratégie. Cette alliance, qui produit déjà des véhicules pour le marché intérieur chinois, devient ainsi un outil d’exportation à vocation mondiale, capitalisant sur les avantages compétitifs de la base industrielle automobile chinoise — coûts de production contenus, chaînes d’approvisionnement en composants de véhicules électriques matures et cycles de développement accélérés — pour alimenter des marchés où Nissan cherche à reconquérir des parts de marché perdues ou à s’implanter durablement.

Un plan de croissance en Chine qui dépasse la seule logique exportatrice

La stratégie de Nissan en Chine ne se résume pas à l’utilisation du pays comme plateforme d’exportation de véhicules électriques bon marché vers les marchés étrangers. Le constructeur japonais nourrit également des ambitions de croissance significatives sur le marché intérieur chinois lui-même, avec un objectif affiché d’atteindre 1 million d’unités de ventes annuelles en Chine d’ici la fin de la décennie. Un cap ambitieux dans un marché dominé par les constructeurs locaux de véhicules électriques, mais qui reflète la conviction de Nissan que sa coentreprise avec Dongfeng lui offre les moyens industriels et commerciaux de rivaliser sur ce marché hautement compétitif.

Sur le plan financier, les premiers signes de stabilisation commencent à se manifester. Nissan a récemment publié une prévision de bénéfice d’exploitation nettement supérieure aux attentes des analystes, indiquant que les réductions de coûts engagées par la nouvelle direction commencent à produire leurs effets sur les résultats du groupe. Ce signal positif, combiné à la mise en œuvre d’une stratégie commerciale plus offensive articulée autour des véhicules électriques fabriqués en Chine, donne à Nissan des bases plus solides pour aborder les prochains exercices fiscaux dans un contexte sectoriel mondial encore très incertain.

La démarche de Nissan illustre une tendance de fond qui remodèle l’industrie automobile mondiale : les constructeurs établis, qu’ils soient japonais, européens ou américains, sont de plus en plus contraints de reconsidérer leurs modèles de production et d’approvisionnement pour intégrer les avantages compétitifs offerts par la base industrielle automobile chinoise, sous peine de perdre du terrain face à des rivaux locaux ou internationaux capables de proposer des véhicules électriques à des tarifs inaccessibles pour des productions réalisées uniquement en dehors de la Chine.

Notre avis, par leblogauto.com

La stratégie d’exportation de véhicules électriques fabriqués en Chine envisagée par Nissan est cohérente avec l’évolution du paysage compétitif mondial, où la maîtrise des coûts de production est devenue un facteur déterminant de survie commerciale pour les constructeurs traditionnels face à la concurrence des marques chinoises. L’ouverture du marché canadien à jusqu’à 49 000 véhicules électriques produits en Chine par an crée une fenêtre d’opportunité réelle, dont Tesla a déjà commencé à tirer parti avec sa Model 3 made in Shanghai, validant ainsi la logique commerciale que Nissan souhaite répliquer. L’objectif d’exporter 300 000 unités depuis la Chine à terme représente un changement structurel profond dans le modèle opérationnel de Nissan, qui transforme progressivement sa coentreprise avec Dongfeng d’un outil de pénétration du marché chinois en une plateforme industrielle à vocation mondiale. La publication de prévisions de bénéfices supérieures aux attentes des analystes est un signal encourageant, mais la durabilité du redressement financier de Nissan dépendra en grande partie de la capacité du groupe à concrétiser ses ambitions commerciales dans les Amériques avec des véhicules électriques compétitifs sur le plan tarifaire.

Crédit illustration : Leblogauto.com.

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Essai Cupra Born VZ 2026 de 326 ch

25 mai 2026 à 11:24

L’arrivée d’une énième marque chinoise ne surprend plus personne aujourd’hui. On se rappelle toutefois de l’audace pour Seat, à l’époque, d’en lancer une nouvelle, en l’occurrence Cupra. La gamme s’est depuis bien étoffée et largement électrifiée. La Born, arrivée en 2022, a droit à un restylage et quelques ajustements techniques pour booster sa carrière commerciale. Nous l’avons essayée dans les environs de Madrid.  

Un style plus agressif

La Cupra Born a tenu le rôle de première voiture 100% électrique de la jeune marque Cupra en 2022. Cousine technique de la Volkswagen ID.3, elle en reprenait l’allure monovolume. En 2026, il ne s’agit que d’un restylage, il ne faut donc pas s’attendre à une révolution. Néanmoins, il faut bien admettre qu’au design, les femmes et hommes tenant les crayons n’ont pas chômé pour la rendre encore plus agressive qu’elle ne l’était déjà. On note en premier lieu la signature lumineuse, désormais commune à toutes les Cupra, à l’avant et à l’arrière. Le bouclier de notre version VZ, très ajouré, et ses appendices cuivre boostent sa personnalité et sa sportivité.  

Pour le reste, en dehors de nouveaux jeux de jantes, le profil évolue peu. La poupe gagne un grand bandeau rouge et le logo rétroéclairé. Surtout, on ne peut pas passer à côté du diffuseur extrêmement imposant compte tenu des dimensions générales de la voiture. Cette Cupra Born 2026 se veut ainsi un peu plus agressive, surtout dans cette version VZ qui coiffe la gamme. Reconnaissons que la marque a su insuffler à ses voitures une âme sportive dans leurs lignes, même si cela ne s’accompagne pas systématiquement de motorisations hyper puissantes. Cela a quelque chose de rafraîchissant dans le paysage.  

Le retour des commandes physiques

À l’intérieur, les changements sont plus importants qu’il n’y paraît. On note déjà une meilleure qualité perçue avec quelques habillages plus softs. On ne parlera pas de retour en arrière, mais disons… d’adaptation aux demandes des clients. En effet, on retrouve des commandes physiques sur le volant, et pour les quatre boutons des vitres. Terminée l’étape du switch « REAR » pour actionner les glaces arrière depuis le poste du conducteur. On aurait juste aimé que Cupra aille jusqu’au bout de la démarche en faisant la même chose pour la climatisation. Au passage, on trouve aussi des aérateurs à l’arrière.  

L’autre grosse évolution provient de l’écran derrière le volant, dont la taille double pour atteindre les 10,25 pouces. À l’ère où les dalles prennent parfois toute la place sur la planche de bord, Cupra ne pouvait plus se contenter du rikiki hérité de l’ID.3. En outre, le grand écran tactile a revu le look de ses menus, avec une ergonomie qui gagne en logique, même si tout n’est pas encore parfait en la matière. Pour le reste, statu quo ! La place disponible pour les passagers n’évolue pas, tout comme le coffre de 385 litres qui suffit pour le quotidien, peut-être un peu moins quand il s’agit de préparer les vacances.  

Puissante et endurante

Cupra, à l’occasion de ce lancement, ne nous a pas laissé le choix de la version. Des VZ pour tout le monde! On disposait donc de la motorisation la plus véloce de 326 chevaux, avec un couple maxi de 545 Nm. Elle ne manque donc pas de puissance pour dépasser et lors des reprises. Le décollage pour atteindre les 100 km/h ne prend que 5,6 secondes. Simplement, on devient gourmand quand on sait qu’il s’agit d’une VZ, et l’on oublie qu’en électrique, Cupra ne peut pas aller aussi loin que pour un Formentor VZ5 à moteur thermique cinq cylindres. Ça tombe sous le sens. Dommage, car encore plus de réactivité aurait donné un meilleur sentiment d’agilité.  

Le nerf de la guerre reste la batterie de 79 kWh (capacité nette). Sur le papier, elle atteint les 631 km, ce qui la place a priori dans le haut du panier de sa catégorie. Sur des essais aussi courts, il nous est toujours difficile de tirer des conclusions pertinentes sur l’autonomie. D’autant plus que, pour balayer le plus de situations de conduite possibles, on ne favorise pas nécessairement l’éco-conduite tout le long de notre itinéraire. Cupra a un peu poussé à l’extrême l’utilisation des modes jouant sur la réactivité du moteur. On préférera toujours n’en avoir que trois, eco, normal et sport. Ici on a un « VZ » en plus. Si l’on ajoute les possibilités de personnalisation, on finit par un peu s’y perdre.  

Lourde propulsion

En 2026, la voiture gagne aussi la possibilité de conduire à une pédale. Cela a le mérite d’exister, mais de notre côté, on n’arrivera jamais à s’y faire. Pour rendre tout ça ludique, on dispose de suspensions pilotées qui renforcent sa polyvalence, que l’on veuille voyager dans le confort ou jouer les pilotes du dimanche. Dans les faits, en conduite dynamique, on mène une voiture à l’amortissement rigoureux, qui assure une assez bonne stabilité, tant que l’on ne la maltraite pas trop tout de même. Il y a d’abord les freins, qui nous rappellent, dans une rapide descente de col, qu’ils doivent à chaque fois ralentir deux tonnes.  

Jusqu’à une certaine vitesse, la voiture sait garder sa trajectoire et se place même assez facilement grâce à cette direction bien calibrée. Mais cette propulsion semble toutefois pousser le train avant quand on réaccélère fortement roues braquées. La trajectoire s’élargit alors.  Néanmoins, il faut déjà bien se cracher dans les mains pour en arriver là. On a bien aussi tenté de tout débrancher pour essayer de jouer avec le train arrière. L’action est difficile à trouver dans les menus, et surtout l’électronique a la fâcheuse tendance à se rebrancher à la première virgule. On se rappelle alors que, toute VZ qu’elle est, elle ne chasse pas sur les terres d’une GTi non plus.  

De 190 à 326 ch, dès 36 570 €

Cette Cupra Born VZ sauce 2026 apporte les améliorations, notamment en termes de vie à bord, que l’on attendait. Ajoutez à cela un look reboosté et l’on obtient une voiture encore plus intéressante. On aime aussi ses performances, son autonomie qui apparaît confortable selon nos premières projections, même si cela reste à vérifier sur un parcours long. On aurait aimé aussi du 800 V, mais ne soyons pas trop gourmands. Il faudra toujours se contenter de 29 minutes pour passer de 10 à 80% (DC 180 kW). Cette Espagnole fabriquée en Allemagne, pour notre modèle d’essai, coûte 46 170 €. La gamme démarre à 36 570 € avec un moteur de 190 ch.

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Tesla recrute en urgence en Chine pour sa conduite autonome

25 mai 2026 à 06:12

Tesla lance une campagne de recrutement urgente dans 9 villes chinoises pour accélérer le déploiement de sa conduite autonome FSD face à Xiaomi et Huawei.

Tesla intensifie ses efforts en Chine pour rattraper son retard sur le déploiement de sa technologie de conduite autonome. Le constructeur américain a lancé une campagne de recrutement marquée comme « urgente » pour des postes liés à l’assistance à la conduite, couvrant neuf grandes métropoles chinoises dont Pékin, Shanghai, Wuhan et Guangzhou — toutes des centres névralgiques de l’industrie automobile et technologique du pays. Cette frénésie d’embauche intervient après des retards répétés dans le lancement officiel de la technologie Full Self-Driving en Chine, un marché où Tesla perd régulièrement des parts de marché face à des concurrents locaux qui ont déjà déployé leurs propres systèmes avancés d’aide à la conduite en série.

La campagne de recrutement publiée sur le site officiel de Tesla cible notamment des ingénieurs de test Autopilot, des étiqueteurs de données et des opérateurs de tests en conditions réelles. Ces profils techniques reflètent les obstacles logistiques et réglementaires que le constructeur s’efforce de surmonter pour finaliser et homologuer son logiciel de conduite assistée sur le territoire chinois, dans un environnement réglementaire particulièrement exigeant et distinct des standards nord-américains.

Des retards répétés sur un marché pourtant stratégique

Elon Musk considère depuis longtemps le déploiement de la conduite autonome complète — baptisée FSD pour Full Self-Driving, une technologie qui, malgré son nom évocateur, nécessite encore une supervision et une intervention humaines constantes — comme crucial pour la prochaine étape de croissance de Tesla en Chine. Le PDG du constructeur avait initialement annoncé un lancement officiel de cette technologie d’assistance à la conduite avancée dès le mois de février, avant que les dirigeants de l’entreprise ne reconnaissent le mois dernier que l’approbation réglementaire n’est désormais attendue qu’au troisième trimestre de l’année en cours. Un nouveau glissement calendaire qui souligne la complexité des démarches d’homologation auxquelles Tesla est confrontée face aux autorités chinoises.

Ces retards sont d’autant plus problématiques que la Chine représente un enjeu commercial de premier plan pour Tesla. La réalité de cet enjeu s’est matérialisée de façon spectaculaire lorsqu’Elon Musk a accompagné le président américain Donald Trump lors de son voyage à Pékin, aux côtés d’autres dirigeants de grandes entreprises américaines comme Tim Cook d’Apple et Kelly Ortberg de Boeing — une délégation qui illustre l’importance stratégique du marché chinois pour les fleurons de l’économie américaine, au premier rang desquels figure Tesla.

Bien que le constructeur ait obtenu des approbations partielles en Chine et lancé des tests pilotes il y a plus d’un an, le déploiement à l’échelle nationale de sa technologie de conduite assistée n’a pas pu être réalisé. Tesla a également dû abandonner l’appellation FSD en Chine l’année précédente pour se conformer à des règles locales plus strictes, qui imposent aux constructeurs automobiles une transparence totale sur les capacités réelles et les limites de leurs systèmes d’assistance à la conduite. Pour poser les bases de son activité technologique dans le pays, Tesla a établi un centre de données local à Shanghai et noué un partenariat de cartographie avec le géant technologique chinois Baidu.

Face à Xiaomi, Huawei et Xpeng : une concurrence technologique féroce

La pression concurrentielle qui s’exerce sur Tesla en Chine dans le domaine des systèmes avancés d’assistance à la conduite est considérable. Des acteurs locaux comme Xiaomi, Huawei et Xpeng ont pris une avance significative en déployant leurs propres systèmes de conduite urbaine sophistiqués en tant que fonctionnalités standard sur leurs véhicules électriques, érodant progressivement l’avantage technologique que Tesla avait longtemps revendiqué sur ce segment. Cette évolution défavorable illustre la rapidité avec laquelle les constructeurs et équipementiers technologiques chinois ont comblé leur retard en matière de logiciels embarqués et de systèmes d’aide à la conduite avancés.

Les descriptions de poste publiées par Tesla dans le cadre de cette campagne de recrutement urgente donnent un aperçu concret des défis à relever. Les ingénieurs de test Autopilot devront faire preuve d’une grande flexibilité opérationnelle, avec des responsabilités incluant des déplacements nationaux et internationaux pour effectuer des tests de validation conformes aux protocoles réglementaires existants et à venir. Les candidats retenus devront notamment être capables d’interpréter des réglementations locales complexes et des procédures de test spécifiques au marché chinois — une exigence qui reflète la particularité du cadre normatif qui encadre les véhicules autonomes et semi-autonomes en Chine. De leur côté, les opérateurs de tests en conditions réelles seront chargés d’identifier les améliorations et les régressions logicielles à travers les différentes versions du système, avec pour objectif déclaré d’accélérer les tests au niveau du véhicule pour toutes les fonctionnalités actuelles et futures de l’Autopilot sur ce que Tesla décrit comme le « chemin vers la conduite entièrement autonome ».

Le FSD, pilier d’une stratégie financière au-delà de la simple vente de véhicules

Le déploiement réussi du FSD en Chine représente pour Tesla bien davantage qu’une simple mise à niveau de fonctionnalités premium sur ses véhicules électriques. Il constitue une pierre angulaire de la stratégie financière à long terme du constructeur, qui parie sur les revenus générés par les logiciels et les services pour compenser la pression exercée par une guerre des prix des véhicules électriques en Chine, qui a comprimé les marges automobiles à l’échelle mondiale. En déployant le FSD comme service par abonnement, Tesla ambitionne d’attirer les consommateurs férus de technologie et de créer un flux de revenus récurrents et lucratifs, moins exposé aux cycles de l’industrie automobile traditionnelle.

Elon Musk a placé l’enjeu de la conduite autonome au cœur même de la valorisation de Tesla, affirmant que sans victoire dans cette course technologique, la société valorisée à 1 500 milliards de dollars n’est « qu’un autre constructeur automobile ». Une déclaration qui résume la philosophie du fondateur de Tesla : faire de son entreprise avant tout une société de technologie et de logiciels embarqués, dont les véhicules électriques seraient le vecteur de déploiement, plutôt qu’un constructeur automobile traditionnel cherchant à maximiser ses volumes de production et ses marges unitaires.

Notre avis, par leblogauto.com

La qualification « urgente » apposée sur les offres d’emploi de Tesla en Chine est un aveu implicite du retard accumulé dans le déploiement du FSD sur ce marché, retard d’autant plus préoccupant que les concurrents locaux comme Xiaomi, Huawei et Xpeng ont déjà standardisé des fonctionnalités de conduite urbaine avancée sur leurs modèles de série. Le glissement de l’approbation réglementaire du FSD du deuxième au troisième trimestre 2026 illustre la difficulté de Tesla à naviguer dans un environnement normatif chinois particulièrement exigeant, qui impose une transparence totale sur les capacités réelles des systèmes d’assistance à la conduite. La dépendance de la valorisation boursière de Tesla à son programme de conduite autonome, telle que formulée par Elon Musk lui-même, crée une pression considérable sur les équipes techniques et réglementaires chargées d’obtenir les homologations nécessaires en Chine dans les délais annoncés. L’abandon de l’appellation FSD au profit d’une dénomination conforme aux exigences locales signale que Tesla a dû adapter sa communication produit aux standards réglementaires chinois, ce qui constitue un compromis notable pour une marque habituellement peu encline à modifier sa terminologie selon les marchés.

Crédit illustration : Tesla.

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