Mandated Fate, un FPS d’enquête à l’ambiance Blade Runner, avec encore un peu de travail
Dans la masse des jeux annoncés pendant le Steam’s Cyberpunk Fest, Mandated Fate s’est distingué dans la tétrachiée de projets dont notre intérêt n’a pas dépassé le visuel de l’artwork de leur page Steam. Développé en solo par Thibault Billerot, unique développeur du studio français Tetrarchy Studios, le titre se présente comme un thriller narratif, situé dans une uchronie de 1985 dominée par un empire technocratique obsédé par la surveillance et la loyauté. L’ambiance semble inspirée de Blade Runner, avec son mélange de néo‑noir et de rétro‑futurisme, où une entité en pleine expansion, l’Empire technologique, cherche à découvrir une mystérieuse particule anti‑gravité pour asseoir sa domination spatiale. Et dès qu’on commence à parler d’empire, on dérive tout de suite vers un système qui exigera de vous et des autres concitoyens une obéissance et une unité absolue. C’est un élément central du gameplay, puisque chacune de vos actions influencera votre loyauté aux yeux des autorités locales, qui sourient encore moins que l’équipe d’Eidos Montréal lorsqu’on leur demande si un nouveau Deus Ex est en production.
On incarne, dans Mandated Fate, un inspecteur impérial chargé d’enquêter sur un meurtre qui, évidemment, va nous entraîner dans un écheveau d’intrigues politiques et idéologiques. L’histoire repose sur une idée simple : dans un régime où tout est consigné, archivé, vérifié, la vérité est un problème administratif. L’enquête va nous plonger dans un district où les dissidents murmurent, où les loyalistes vous observent comme un formulaire de laisser-passer A38, et où chaque conversation peut faire basculer votre Merit Score, cette jauge officielle qui mesure votre utilité pour l’Empire. Le gameplay alterne entre exploration, interrogatoires, choix moraux et manipulation. Le développeur semble chercher à créer une ambiance où l’on avance en doutant : de soi, des autres, et du système qui vous emploie. Une enquête où chaque réponse peut être une erreur, et chaque silence une faute.
La démo, disponible depuis peu, nous a permis de découvrir la capitale impériale et ses ruelles rétro‑futuristes. Les premières minutes suffisent à confirmer que l’ambiance fonctionne : la direction artistique impose immédiatement son identité, l’esthétique visuelle très marquée et résolument néo‑noir, mêlant avec élégance architecture classique et atmosphère cyberpunk assumée. Le level design donne une vraie sensation d’immensité malgré une exploration encore limitée, et la ville dégage ce mélange de gigantisme et d’oppression propre aux dystopies bien construites. L’immersion est solide, mais en revanche, le storytelling ne fonctionne pas encore : on ne ressent pas cette promesse que chaque conversation ou chaque choix influe réellement sur l’histoire. L’onboarding est inexistant : on est lâché dans le décor, prié de comprendre seul ce que l’Empire attend de nous. On a rencontré quelques bugs de touches, de collisions qui nous font traverser le décor, surtout une optimisation encore à travailler, puisqu’on dépasse difficilement les 60 fps malgré une fluidité correcte. Rien de dramatique, mais on espère que la prochaine démo soit plus complète, et aussi soignée que l’univers qu’elle met en scène.
Pour l’instant, pas encore de date de sortie annoncée. Mais en attendant, vous pouvez toujours essayer la démo, et ajouter Mandated Fate à votre liste de souhaits depuis sa page Steam.