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Au secours, Rabbit revient avec un netbook « project cyberdeck »

12 mars 2026 à 12:24

Le « project cyberdeck » de Rabbit n’existe pas. Enfin, le projet existe, le produit, non. Pour le moment ce « netbook » est surtout un peu de 3D glissée dans des images pour appâter l’investisseur.

L’objectif de ce « project cyberdeck » serait de construire une sorte de netbook « basique » permettant de piloter des applications de « vibe coding ». Autrement dit, de piloter des IA distantes à l’aide de prompts. Ce type de machine a un autre nom, il s’agit d’un terminal.

Jesse Lyu a déjà un Mac...

Jesse Lyu a déjà un Mac…

L’idée de ce produit est simple, elle vient du PDG génial et ultra-charismatique de Rabbit, Jesse Lyu. Sans grande surprise, après son développement totalement raté d’une IA pour son gadget de poche qui a floppé de manière spectaculaire, il a compris que dans une ruée vers l’or, ce qui était le plus rentable n’était pas de chercher des pépites mais de vendre des pelles.

Il a donc pivoté comme on dit dans les startups en échec. Au lieu de travailler à concevoir l’agent IA promis avec son assistant, agent en totale concurrence avec des petites boîtes comme Google, Anthropic ou OpenAI ne disposant que de tout petits budgets, il a décidé de changer son fusil d’épaule.

L’idée est donc assez simple. Rabbit s’est dit que de plus en plus d’utilisateurs vont utiliser des IA de développement. Claude Code, en premier lieu. Pour ces utilisateurs, l’usage d’un PC puissant n’est pas important, ce qu’il faut c’est leur fournir un engin qui les accompagne partout pour qu’ils puissent « prompter » au sortir de leur douche. Ou prompter après un petit café. Parfois on prompte de manière impromptue, vous savez, c’est comme une crampe. Ça vous vient au cerveau, on se connecte à une IA distante et on lui file les droits sur ses fichiers et dossiers pour qu’elle puisse faire joujou avec. Apres on regrette parfois. Mais c’est le Far West un peu le vibe-coding. Hein, bro.

project cyberdeck

project cyberdeck

Quelle aubaine en tout cas pour Rabbit. Grâce aux bons mots-clés on va pouvoir créer un « project cyberdeck » qui ne sera rien d’autre qu’un cœur de smartphone et un écran assemblés avec un clavier pour permettre de se connecter à son IA depuis n’importe où. On enferme le tout avec une charnière dans un pseudo netbook et on peut enfin vendre des pelles aux chercheurs d’or.

Jesse Lyu détaille son projet autour d’une recherche personnelle sur Engadget. Adepte lui même du Vibe Coding (Surprised Pikachu), il aurait cherché un portable de ce type mais n’aurait rien trouvé à son goût sur le marché. C’est sûr qu’en ayant en ligne de mire les fabuleux VAIO Picturebook de Sony hélas disparus, l’état du marché netbook actuel a dû lui apparaitre un peu maladroit.

Sony VAIO C1VE

Sony VAIO C1VE

Sony a lancé des ultra-ultraportable VAIO pendant quelques courtes années. Le VAIO Picturebook est l’une d’entre elles, je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises lors de la présentation de différents modèles de netbooks comme le GPD Pocket. Il s’agit d’une gamme d’ordinateurs portables de 8 pouces qui a donné des machines quasi mythiques malgré leurs défauts. Pour beaucoup, cela a été l’âge d’or esthétique et technique des ultra-portable pendant quelques années. D’une finition exemplaire, avec des trouvailles incroyables pour l’époque, ils étaient cependant pilotés par des systèmes peu adaptés et équipés de composants discutables3. Ce qui ne les a pas rendus très populaires car ils étaient vendus à des tarifs horriblement chers. Sony  a rapidement jeté l’éponge et les netbooks low-cost les ont enterrés sans fleurs ni couronne.

Le Project Cyberdeck de Rabbit a donc pour ambition de renouveler ce genre. En proposant un engin haut de gamme dans sa conception. Il est décrit comme un mélange entre les Rabbit R1, le VAIO Picturebook et la Nintendo DS sur Engadget. Un engin avec un écran, un clavier et pas moins de quatre ports USB Type-C pour le brancher sur des écrans et périphériques externes. 

Pour le moment, Rabbit serait sur une phase de recherche de composants et de design, ce qui laisse toute amplitude à Jesse Lyu pour changer son discours et se laisser porter au fil des modes et des bons mots-clés à apporter à sa communication. Quelques points sont tout de même, semble-t-il, « établis ». La puce embarquée serait une solution ARM dont les performances seraient proches de celles d’un Raspberry Pi 5. On parle ici de performances décentes pour divers usages locaux donc, mais toujours en ligne de mire une solution essentiellement décentralisée. Pas question d’embarquer une IA pilotée par un ARM Cortex A76  avec quatre cœurs. Même épaulé par 16 Go de mémoire vive, on serait loin du compte du minimum nécessaire pour un travail déconnecté.

L’idée serait surtout de ne pas sentir de ralentissement lorsqu’on se connecterait à une IA tierce sans dépasser un budget maximal pour pas que l’utilisateur n’hésite à s’équiper. Cette puce ARM permettrait donc juste de piloter les outils de la startup mis en place dans RabbitOS. Le gros du budget irait donc dans le reste de l’engin. Divers éléments sont en cours de réflexion. Par exemple un clavier qui serait un « 40% », c’est-à-dire un dispositif occupant 40% de la taille d’un clavier standard. Avec un ensemble de touches mécaniques « low profile » et aux mécanismes interchangeables.

Un écran en cours d’examen est une dalle de 7 pouces OLED haut de gamme. Un affichage dont le rafraichissement atteindrait 165 Hz et la luminosité 815 nits. Des éléments techniques qui peuvent poser quelques petits désagréments d’autonomie sur un engin de cette taille car ils peuvent être gourmands et beaucoup trop tirer sur la batterie forcément limitée sur ce type de machine. 

Vous l’aurez compris, le Project Cyberdeck tel qu’il existe aujourd’hui est surtout un discours d’intention. Une manière d’attirer les regards en empilant promesses et mot clé. Rien n’est réel pour le moment. Jesse Lyu le reconnait lui-même. L’idée est de parler IA et d’égrener des éléments à la mode comme les « cyberdecks » ou le « vibe coding ». Le CEO de Rabbit étant confiant sur les capacités de ses équipes de produire un engin très rapidement une fois l’ensemble des éléments calés. Ce qui sous-entend très fortement le lancement d’un financement participatif pour réunir la somme nécessaire à ce développement.

Je n’y toucherais pas même avec un bâton.

Le « project cyberdeck » est un faux prophète

Je ne suis pas certain que Jesse Lyu ait bien compris la leçon du Rabbit R1. Au premier jour de la présentation de son projet, alors que l’encre électronique de son communiqué de presse n’était pas encore sèche, la moitié de la planète tech avait compris que l’idée d’un assistant personnel IA en plus de son smartphone dans sa poche était complètement idiot. Qui allait vouloir acheter un appareil aux compétences limitées entrant en concurrence frontale avec l’appareil déjà présent et indispensable qu’est le smartphone ? Qui allait s’encombrer d’un engin forcément encombrant, qui faisait tout mal, sur la promesse irréalisable et d’ailleurs non tenue d’un agent conversationnel capable de vous épauler au quotidien ? Le marché n’a pas suivi le Rabbit R1 parce que le moindre smartphone proposait ou allait proposer la même chose.

Qui va acheter un « project cyberdeck » alors qu’il possède déjà un ordinateur portable ? Vous allez me dire que cela peut intéresser le public des gens à la recherche de reconnaissance ou les acheteurs de NFT assez limités pour tomber dans un nouveau panneau. Mais cela ne fait pas vraiment un gros marché. Pour se connecter à une IA en ligne un smartphone, une tablette ou n’importe quel PC suffit.

Pour que ce projet aboutisse, il faudrait pouvoir remplacer dans une certaine mesure un des éléments existant. Et donc être un vrai netbook. Un engin avec assez de ressources pour ne pas dépendre d’un second appareil. Cela veut dire un système d’exploitation abouti, une solution de calcul assez puissante pour le piloter et des composants annexes qui suivent.

Autrement dit, je reste persuadé qu’il y aurait aujourd’hui de quoi refaire un vrai engin à l’image du Sony Picturebook. Proposez au marché un engin sous Linux avec un processeur abordable et compétent, un peu de mémoire et de stockage évolutifs, un écran et un clavier correct pour un prix acceptable avec des distributions localisées et vous en vendrez des tonnes. Essayez de vendre un ersatz de machine qui s’avère être un terminal en doublon avec un autre qui restera indispensable et vous irez droit dans le mur. 

Rabbit R1 : une IA pas au point dans un appareil entrée de gamme

Au secours, Rabbit revient avec un netbook « project cyberdeck » © MiniMachines.net. 2026

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