La direction interministérielle du numérique (Dinum) a signalé lundi 8 juin après-midi un incident de sécurité constaté au niveau de Tchap, l’application de messagerie sécurisée consacrée à l’été 2025 comme l’outil de référence à utiliser pour toute la fonction publique.
L’incident aurait été constaté la veille, dimanche 7 juin, par l’ANSSI. Celle-ci a « détecté une compromission du service Tchap de messagerie instantanée chiffrée de l’État, à la suite d’une usurpation de compte ».
« A ce stade, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a été identifié. Il a été immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant et permettre une analyse approfondie des données auxquelles il a pu accéder. Les investigations se poursuivent, notamment par l’étude des journaux d’événements (logs), pour identifier les conversations auxquelles l’attaquant a pu accéder et la nature des données exfiltrées. », écrit la Dinum.
L’incident n’aurait donc pas affecté les serveurs de la messagerie : il semble localisé au niveau d’un compte utilisateur, qui a donc pu être utilisé pour consulter les salons publics hébergés sur Tchap. Rappelons que cette messagerie, basée sur le protocole Matrix, promet un chiffrement bout en bout des échanges, mais uniquement pour les messages privés. Les conversations publiques ne sont quant à elles pas chiffrées.
« Un message a été transmis à l’ensemble des utilisateurs de Tchap rappelant qu’une conversation publique (ou « salon public ») peut être trouvée et rejointe par tout utilisateur et que son contenu n’y est pas chiffré. Conformément aux modalités d’utilisation de Tchap, aucune information personnelle, sensible ou couverte par le secret professionnel ne doit y être échangée : ces échanges doivent être réservés aux salons privés », rappelle à ce sujet la Dinum, qui ajoute avoir notifié l’incident à la Cnil.
Une annonce publiée sur un forum dédié aux vols de données revendiquait, dimanche, l’exfiltration d’un jeu de données issues de la messagerie Tchap comprenant notamment les profils de 73 000 agents avec un certain nombre d’informations professionnelles (email, institution de rattachement, etc.), un solde de 643 000 messages, et de nombreux fichiers multimédias. La véracité de ces allégations n’a pas été confirmée.
La direction interministérielle du numérique (Dinum) a signalé lundi 8 juin après-midi un incident de sécurité constaté au niveau de Tchap, l’application de messagerie sécurisée consacrée à l’été 2025 comme l’outil de référence à utiliser pour toute la fonction publique.
L’incident aurait été constaté la veille, dimanche 7 juin, par l’ANSSI. Celle-ci a « détecté une compromission du service Tchap de messagerie instantanée chiffrée de l’État, à la suite d’une usurpation de compte ».
« A ce stade, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a été identifié. Il a été immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant et permettre une analyse approfondie des données auxquelles il a pu accéder. Les investigations se poursuivent, notamment par l’étude des journaux d’événements (logs), pour identifier les conversations auxquelles l’attaquant a pu accéder et la nature des données exfiltrées. », écrit la Dinum.
L’incident n’aurait donc pas affecté les serveurs de la messagerie : il semble localisé au niveau d’un compte utilisateur, qui a donc pu être utilisé pour consulter les salons publics hébergés sur Tchap. Rappelons que cette messagerie, basée sur le protocole Matrix, promet un chiffrement bout en bout des échanges, mais uniquement pour les messages privés. Les conversations publiques ne sont quant à elles pas chiffrées.
« Un message a été transmis à l’ensemble des utilisateurs de Tchap rappelant qu’une conversation publique (ou « salon public ») peut être trouvée et rejointe par tout utilisateur et que son contenu n’y est pas chiffré. Conformément aux modalités d’utilisation de Tchap, aucune information personnelle, sensible ou couverte par le secret professionnel ne doit y être échangée : ces échanges doivent être réservés aux salons privés », rappelle à ce sujet la Dinum, qui ajoute avoir notifié l’incident à la Cnil.
Une annonce publiée sur un forum dédié aux vols de données revendiquait, dimanche, l’exfiltration d’un jeu de données issues de la messagerie Tchap comprenant notamment les profils de 73 000 agents avec un certain nombre d’informations professionnelles (email, institution de rattachement, etc.), un solde de 643 000 messages, et de nombreux fichiers multimédias. La véracité de ces allégations n’a pas été confirmée.
SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.
L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.
Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.
Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran
Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.
Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.
Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.
Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.
SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.
L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.
Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.
Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran
Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.
Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.
Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.
Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.
Réunis au sein de la Browser Choice Alliance, six éditeurs de navigateurs dont Chrome, Opera ou Vivaldi, appellent dans une lettre ouverte Microsoft à mettre fin aux pratiques visant à avantager son propre client, Edge, sur Windows.
« Assez, c’est assez », titrent les six navigateurs réunis au sein de la Browser Choice Alliance (Google Chrome, Opera, Vivaldi, Wavebox, Midori et Waterfox). Mercredi 3 juin, la coalition formée en 2024 a publié une nouvelle lettre ouverte adressée à Satya Nadella, CEO de Microsoft. Elle y réclame, une nouvelle fois, que l’éditeur de Windows mette un terme à toutes les pratiques qui lui permettent d’avantager Edge, son propre navigateur, au détriment des solutions concurrentes.
Liberté de choix
Les fondamentaux du discours sont inchangés pour qui suit l’actualité des navigateurs depuis l’ère Internet Explorer :
« Microsoft tire parti de sa position extrêmement puissante en tant que fournisseur du système d’exploitation omniprésent dans le monde du PC (…) pour inciter les utilisateurs à adopter son navigateur propriétaire, Edge, en recourant à des tactiques qui restreignent, déforment et subvertissent le choix de l’utilisateur. »
Bien que le combat dure depuis plus de vingt ans, Microsoft se rendrait toujours coupable des mêmes pratiques abusives. Les signataires listent ainsi les mesures techniques visant à prévenir la désinstallation d’Edge, l’apparition de messages alarmants lorsque l’utilisateur tente d’installer un autre navigateur ou l’utilisation du système de mise à jour Windows Update pour rétablir Edge comme navigateur par défaut.
Dans certaines configurations, Bing sur Edge affiche un bandeau de pub visant à dissuader l’utilisateur d’installer Vivaldi – capture d’écran BCA
Ils dénoncent également la façon dont Teams ou Outlook forcent l’ouverture de liens via Edge même si l’utilisateur a paramétré un autre navigateur par défaut, ou l’ancrage d’Edge sur des fonctionnalités telles que la recherche Windows ou les widgets du système.
Cette réponse partielle ne satisfait logiquement pas les membres de la coalition qui, face à des pratiques susceptibles de varier dans le temps ou selon les juridictions, appellent à une harmonisation par le haut.
Harmoniser les bonnes pratiques par le haut
Ils demandent ainsi à Microsoft de ne pas empêcher la préinstallation de navigateurs tiers auprès des fabricants de PC, de mettre un terme à tous les dark patterns visant à limiter l’installation d’alternatives à Edge, et de cesser toutes les pratiques favorisant implicitement son propre navigateur :
« Lorsque tous les développeurs de navigateurs – y compris Microsoft – rivalisent de mérite pour offrir aux utilisateurs le navigateur le meilleur et le plus adapté possible, tout le monde en profite : cela stimule l’innovation, améliore les performances et, au final, offre de meilleurs résultats aux millions de personnes qui utilisent quotidiennement un PC pour accéder au Web et aux services Web tels que les applications d’IA. »
La question de l’IA n’est pas anodine : pour les signataires, le segment de l’IA générative est susceptible d’entrainer un regain d’intérêt pour le PC et donc pour les logiciels associés. La question du libre choix de l’utilisateur final serait donc dans ce contexte particulièrement pressante.
Microsoft n’a pas réagi publiquement à cette lettre ouverte, mais sa position est globalement connue : l’éditeur affirme jouer selon les règles et assure ne pas chercher à entraver la concurrence. En attendant, lui aussi semble convaincu que l’IA va constituer un catalyseur pour le monde du PC. Outre Scout, son nouvel agent autonome inspiré d’OpenClaw ou la future plateforme Solara, Microsoft vient ainsi d’annoncer l’intégration prochaine de nouvelles fonctions d’IA dérivées de ses modèles de langage au sein d’Edge.
Réunis au sein de la Browser Choice Alliance, six éditeurs de navigateurs dont Chrome, Opera ou Vivaldi, appellent dans une lettre ouverte Microsoft à mettre fin aux pratiques visant à avantager son propre client, Edge, sur Windows.
« Assez, c’est assez », titrent les six navigateurs réunis au sein de la Browser Choice Alliance (Google Chrome, Opera, Vivaldi, Wavebox, Midori et Waterfox). Mercredi 3 juin, la coalition formée en 2024 a publié une nouvelle lettre ouverte adressée à Satya Nadella, CEO de Microsoft. Elle y réclame, une nouvelle fois, que l’éditeur de Windows mette un terme à toutes les pratiques qui lui permettent d’avantager Edge, son propre navigateur, au détriment des solutions concurrentes.
Liberté de choix
Les fondamentaux du discours sont inchangés pour qui suit l’actualité des navigateurs depuis l’ère Internet Explorer :
« Microsoft tire parti de sa position extrêmement puissante en tant que fournisseur du système d’exploitation omniprésent dans le monde du PC (…) pour inciter les utilisateurs à adopter son navigateur propriétaire, Edge, en recourant à des tactiques qui restreignent, déforment et subvertissent le choix de l’utilisateur. »
Bien que le combat dure depuis plus de vingt ans, Microsoft se rendrait toujours coupable des mêmes pratiques abusives. Les signataires listent ainsi les mesures techniques visant à prévenir la désinstallation d’Edge, l’apparition de messages alarmants lorsque l’utilisateur tente d’installer un autre navigateur ou l’utilisation du système de mise à jour Windows Update pour rétablir Edge comme navigateur par défaut.
Dans certaines configurations, Bing sur Edge affiche un bandeau de pub visant à dissuader l’utilisateur d’installer Vivaldi – capture d’écran BCA
Ils dénoncent également la façon dont Teams ou Outlook forcent l’ouverture de liens via Edge même si l’utilisateur a paramétré un autre navigateur par défaut, ou l’ancrage d’Edge sur des fonctionnalités telles que la recherche Windows ou les widgets du système.
Cette réponse partielle ne satisfait logiquement pas les membres de la coalition qui, face à des pratiques susceptibles de varier dans le temps ou selon les juridictions, appellent à une harmonisation par le haut.
Harmoniser les bonnes pratiques par le haut
Ils demandent ainsi à Microsoft de ne pas empêcher la préinstallation de navigateurs tiers auprès des fabricants de PC, de mettre un terme à tous les dark patterns visant à limiter l’installation d’alternatives à Edge, et de cesser toutes les pratiques favorisant implicitement son propre navigateur :
« Lorsque tous les développeurs de navigateurs – y compris Microsoft – rivalisent de mérite pour offrir aux utilisateurs le navigateur le meilleur et le plus adapté possible, tout le monde en profite : cela stimule l’innovation, améliore les performances et, au final, offre de meilleurs résultats aux millions de personnes qui utilisent quotidiennement un PC pour accéder au Web et aux services Web tels que les applications d’IA. »
La question de l’IA n’est pas anodine : pour les signataires, le segment de l’IA générative est susceptible d’entrainer un regain d’intérêt pour le PC et donc pour les logiciels associés. La question du libre choix de l’utilisateur final serait donc dans ce contexte particulièrement pressante.
Microsoft n’a pas réagi publiquement à cette lettre ouverte, mais sa position est globalement connue : l’éditeur affirme jouer selon les règles et assure ne pas chercher à entraver la concurrence. En attendant, lui aussi semble convaincu que l’IA va constituer un catalyseur pour le monde du PC. Outre Scout, son nouvel agent autonome inspiré d’OpenClaw ou la future plateforme Solara, Microsoft vient ainsi d’annoncer l’intégration prochaine de nouvelles fonctions d’IA dérivées de ses modèles de langage au sein d’Edge.
Le Canard enchaîné a révélé dans son édition du 2 juin 2026 que Doctolib livrait « les infos de ses utilisateurs à des géants américains de l’IA » et que ces données servaient l’entraînement des grands modèles de langage d’acteurs tels que Microsoft, Anthropic ou Google. Contactée par Next, l’entreprise dément fermement ces allégations. Le volume de prestataires sur lequel s’appuie Doctolib peut toutefois légitimement interroger.
Coup de palme à la carotide. Le Canard s’est fendu, dans son édition du 2 juin 2026, d’un article au vitriol au sujet de Doctolib, le poids lourd des services numériques dédiés aux professionnels de santé. Il y affirme notamment que la licorne française « transmet la plupart de ses informations à Google, Microsoft et Anthropic, pour entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle ».
Le Canard évoque notamment la nouvelle offre d’assistant virtuel à la consultation, commercialisée depuis 2024 par Doctolib auprès des professionnels de santé. Cet assistant de consultation, qui figure effectivement au catalogue de l’éditeur, est chargé d’écouter la consultation, après information du patient, et de prendre des notes à la place du praticien, pour ensuite générer de façon autonome compte-rendus et courriers médicaux.
Des données personnelles utilisées à des fins d’entraînement ?
Sur son site commercial, Doctolib affirme que l’ensemble des données associées à ce service « sont hébergées sur des serveurs basés dans l’Union Européenne, certifiés Hébergement de Données de Santé (HDS) ». Ce qui ne convainc pas le palmipède :
« Sauf que ces notes, à en croire la politique de protection des données de l’entreprise, entraînent les modèles d’intelligence artificielle eux-mêmes coachés par Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot). Carton rouge ! Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser », écrit le Canard.
Nous avons à notre tour épluché les différents documents contractuels de Doctolib pour tenter de voir plus clairement de quoi il retourne, dans une version Web native ou sous forme de PDF en date de mars 2026. Microsoft, Google et Anthropic apparaissent effectivement au chapitre des « sous-traitants ultérieurs », définis comme des prestataires susceptibles d’avoir accès à des données personnelles collectées par Doctolib à des fins de traitement spécifiques.
Le tableau en question liste plusieurs prestataires spécialisés dans le support client, le marketing ou l’hébergement. Il affiche également une rubrique Autres dans laquelle figurent Microsoft Azure, Anthropic et Google Irlande, à la fois pour l’IA générative Gemini et pour l’outil d’annuaire Google My Business.
Extrait de l’accord sur la protection des Données à caractère personnel de Doctolib – capture d’écran
Si le service concerné (« fourniture du modèle de LLM ») est explicite, qu’en est-il de la finalité réelle, présentée comme « Analyse et création de contenu à des fins d’automatisation de tâches » ?
Doctolib réfute et avance une protection contractuelle
Contacté par Next, un porte-parole de Doctolib répond que ces deux intitulés « désignent concrètement l’utilisation de leurs modèles pour faire fonctionner des fonctionnalités produit, comme la transcription et la synthèse des consultations médicales, ou l’automatisation de certaines tâches internes ».
Dit autrement, Doctolib exploite donc au moins partiellement des LLM états-uniens dans la production de ses services d’assistance. Est-ce à dire que Google ou Anthropic peuvent entraîner leurs modèles sur les notes médicales concernées ? L’entreprise réfute catégoriquement :
« Les notes de consultation n’entraînent pas leurs modèles d’intelligence artificielle. Ces sociétés interviennent comme prestataires techniques, sur nos seules instructions et dans un cadre contractuel strict qui leur interdit de conserver ou d’exploiter les données pour leur propre compte, et en particulier d’en nourrir leurs propres modèles ».
En réponse au Canard, qui évoque dans son article la question de la portée extraterritoriale de certaines lois états-uniennes – « Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser » – Doctolib nous assure que « les données médicales des patients sont hébergées exclusivement en France et en Allemagne, chiffrées en permanence au repos et en transit ». Même en cas de transfert, les données seraient donc inexploitables, estime l’entreprise, qui stocke ses clés chez Eviden (Atos).
Doctolib admet que certaines données peuvent tout de même servir à des fins d’entraînement, mais l’usage serait limité à l’amélioration de ses « propres modèles », uniquement si le praticien l’a autorisé ou si le patient a consenti. « Cette autorisation comme ce consentement sont demandés séparément, peuvent être retirés à tout moment, et ne donnent en aucun cas aux prestataires le droit d’utiliser ces données pour leurs propres modèles » affirme à ce sujet l’entreprise.
Si certaines données ou notes médicales transitent bien par les serveurs d’Anthropic et de Google à des fins d’inférence, leur non-utilisation par les entreprises concernées serait donc verrouillée contractuellement.
Un détour par les conditions d’utilisation de la startup spécialisée Nabla, qui fournit elle aussi des services de transcription et de synthèse via LLM, révèle d’ailleurs une situation comparable. Sur son site, l’entreprise garantit l’absence totale de « réutilisation des données pour entraîner les modèles », alors qu’une partie de ses traitements est, d’après son propre accord sur la protection des données, réalisée par des modèles tiers sur des serveurs Microsoft.
En définitive, il faudrait donc avoir confiance en la qualité de la relation contractuelle établie entre ces prestataires du monde de la santé et les grands noms de l’intelligence artificielle.
Extension du domaine de la donnée
Du côté du Canard, cette confiance semble entachée par deux circonstances aggravantes. D’abord, une démarche active de lobbying qui aurait motivé 500 000 euros de dépenses en direct en 2025 pour « promouvoir une politique de l’hébergement, de la protection et de la portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib » auprès de parlementaires français, cite l’hebdomadaire. Ensuite, une proximité implicitement taxée de connivence avec l’Élysée, dont le locataire et le patron de Doctolib seraient « copains comme cochons », selon le député Philippe Latombe, cité par le Canard.
D’un point de vue plus technique et sans préjuger de la robustesse de l’infrastructure mise en place par le leader de la réservation médicale, on pourrait s’alarmer de voir la longue liste de prestataires techniques amenés à intervenir sur certains éléments de données personnelles issus de la plateforme Doctolib.
Tout se veut bien sûr cloisonné, mais l’entreprise recense elle-même 33 scénarios de traitements externalisés sur les différents pans de son activité : la relation client chez Salesforce, l’hébergement des données de service chez AWS, les demandes de support chez Atlassian, l’automatisation de la transmission des flux de données chez Zapier, la BI chez Looker, la constitution de fiches des soignants à partir des sources publiques chez Reltio, etc. La fameuse licorne a été épinglée par deux enquêtes entre 2020 et 2021 pour son laxisme en matière de sécurité des données, même si elle s’est toujours défendue de tout manquement.
Le Canard enchaîné a révélé dans son édition du 2 juin 2026 que Doctolib livrait « les infos de ses utilisateurs à des géants américains de l’IA » et que ces données servaient l’entraînement des grands modèles de langage d’acteurs tels que Microsoft, Anthropic ou Google. Contactée par Next, l’entreprise dément fermement ces allégations. Le volume de prestataires sur lequel s’appuie Doctolib peut toutefois légitimement interroger.
Coup de palme à la carotide. Le Canard s’est fendu, dans son édition du 2 juin 2026, d’un article au vitriol au sujet de Doctolib, le poids lourd des services numériques dédiés aux professionnels de santé. Il y affirme notamment que la licorne française « transmet la plupart de ses informations à Google, Microsoft et Anthropic, pour entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle ».
Le Canard évoque notamment la nouvelle offre d’assistant virtuel à la consultation, commercialisée depuis 2024 par Doctolib auprès des professionnels de santé. Cet assistant de consultation, qui figure effectivement au catalogue de l’éditeur, est chargé d’écouter la consultation, après information du patient, et de prendre des notes à la place du praticien, pour ensuite générer de façon autonome compte-rendus et courriers médicaux.
Des données personnelles utilisées à des fins d’entraînement ?
Sur son site commercial, Doctolib affirme que l’ensemble des données associées à ce service « sont hébergées sur des serveurs basés dans l’Union Européenne, certifiés Hébergement de Données de Santé (HDS) ». Ce qui ne convainc pas le palmipède :
« Sauf que ces notes, à en croire la politique de protection des données de l’entreprise, entraînent les modèles d’intelligence artificielle eux-mêmes coachés par Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot). Carton rouge ! Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser », écrit le Canard.
Nous avons à notre tour épluché les différents documents contractuels de Doctolib pour tenter de voir plus clairement de quoi il retourne, dans une version Web native ou sous forme de PDF en date de mars 2026. Microsoft, Google et Anthropic apparaissent effectivement au chapitre des « sous-traitants ultérieurs », définis comme des prestataires susceptibles d’avoir accès à des données personnelles collectées par Doctolib à des fins de traitement spécifiques.
Le tableau en question liste plusieurs prestataires spécialisés dans le support client, le marketing ou l’hébergement. Il affiche également une rubrique Autres dans laquelle figurent Microsoft Azure, Anthropic et Google Irlande, à la fois pour l’IA générative Gemini et pour l’outil d’annuaire Google My Business.
Extrait de l’accord sur la protection des Données à caractère personnel de Doctolib – capture d’écran
Si le service concerné (« fourniture du modèle de LLM ») est explicite, qu’en est-il de la finalité réelle, présentée comme « Analyse et création de contenu à des fins d’automatisation de tâches » ?
Doctolib réfute et avance une protection contractuelle
Contacté par Next, un porte-parole de Doctolib répond que ces deux intitulés « désignent concrètement l’utilisation de leurs modèles pour faire fonctionner des fonctionnalités produit, comme la transcription et la synthèse des consultations médicales, ou l’automatisation de certaines tâches internes ».
Dit autrement, Doctolib exploite donc au moins partiellement des LLM états-uniens dans la production de ses services d’assistance. Est-ce à dire que Google ou Anthropic peuvent entraîner leurs modèles sur les notes médicales concernées ? L’entreprise réfute catégoriquement :
« Les notes de consultation n’entraînent pas leurs modèles d’intelligence artificielle. Ces sociétés interviennent comme prestataires techniques, sur nos seules instructions et dans un cadre contractuel strict qui leur interdit de conserver ou d’exploiter les données pour leur propre compte, et en particulier d’en nourrir leurs propres modèles ».
En réponse au Canard, qui évoque dans son article la question de la portée extraterritoriale de certaines lois états-uniennes – « Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser » – Doctolib nous assure que « les données médicales des patients sont hébergées exclusivement en France et en Allemagne, chiffrées en permanence au repos et en transit ». Même en cas de transfert, les données seraient donc inexploitables, estime l’entreprise, qui stocke ses clés chez Eviden (Atos).
Doctolib admet que certaines données peuvent tout de même servir à des fins d’entraînement, mais l’usage serait limité à l’amélioration de ses « propres modèles », uniquement si le praticien l’a autorisé ou si le patient a consenti. « Cette autorisation comme ce consentement sont demandés séparément, peuvent être retirés à tout moment, et ne donnent en aucun cas aux prestataires le droit d’utiliser ces données pour leurs propres modèles » affirme à ce sujet l’entreprise.
Si certaines données ou notes médicales transitent bien par les serveurs d’Anthropic et de Google à des fins d’inférence, leur non-utilisation par les entreprises concernées serait donc verrouillée contractuellement.
Un détour par les conditions d’utilisation de la startup spécialisée Nabla, qui fournit elle aussi des services de transcription et de synthèse via LLM, révèle d’ailleurs une situation comparable. Sur son site, l’entreprise garantit l’absence totale de « réutilisation des données pour entraîner les modèles », alors qu’une partie de ses traitements est, d’après son propre accord sur la protection des données, réalisée par des modèles tiers sur des serveurs Microsoft.
En définitive, il faudrait donc avoir confiance en la qualité de la relation contractuelle établie entre ces prestataires du monde de la santé et les grands noms de l’intelligence artificielle.
Extension du domaine de la donnée
Du côté du Canard, cette confiance semble entachée par deux circonstances aggravantes. D’abord, une démarche active de lobbying qui aurait motivé 500 000 euros de dépenses en direct en 2025 pour « promouvoir une politique de l’hébergement, de la protection et de la portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib » auprès de parlementaires français, cite l’hebdomadaire. Ensuite, une proximité implicitement taxée de connivence avec l’Élysée, dont le locataire et le patron de Doctolib seraient « copains comme cochons », selon le député Philippe Latombe, cité par le Canard.
D’un point de vue plus technique et sans préjuger de la robustesse de l’infrastructure mise en place par le leader de la réservation médicale, on pourrait s’alarmer de voir la longue liste de prestataires techniques amenés à intervenir sur certains éléments de données personnelles issus de la plateforme Doctolib.
Tout se veut bien sûr cloisonné, mais l’entreprise recense elle-même 33 scénarios de traitements externalisés sur les différents pans de son activité : la relation client chez Salesforce, l’hébergement des données de service chez AWS, les demandes de support chez Atlassian, l’automatisation de la transmission des flux de données chez Zapier, la BI chez Looker, la constitution de fiches des soignants à partir des sources publiques chez Reltio, etc. La fameuse licorne a été épinglée par deux enquêtes entre 2020 et 2021 pour son laxisme en matière de sécurité des données, même si elle s’est toujours défendue de tout manquement.
SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.
SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.
SpaceX fixe son prix
Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.
De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).
Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.
Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025
Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.
Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).
Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.
Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.
Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.
SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.
SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.
SpaceX fixe son prix
Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.
De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).
Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.
Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025
Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.
Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).
Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.
Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.
Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.
La Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a adopté mardi 2 juin la proposition de loi qui prévoit la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur. Dénoncé par ses opposants comme un bâton tendu dans les roues du champion national Mistral, le texte sera débattu en séance publique le 11 juin prochain.
Le Sénat a voté le 8 avril dernier à l’unanimité la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Le texte, réclamé à cor et à cri par les sociétés de gestion de droits françaises, dispose au travers d’un article unique un principe simple : l’inversion de la charge de la preuve concernant l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur ou un droit voisin par les éditeurs de systèmes d’intelligence artificielle.
Dit autrement : aujourd’hui, il appartient à l’éditeur ou à l’auteur de démontrer qu’un éditeur d’IA a utilisé son œuvre pour l’entraînement de ses modèles. Demain, si la loi est adoptée, cette utilisation est présumée « dès lors qu’un indice afférent au développement ou au déploiement de ce système ou au résultat généré par celui-ci rend vraisemblable cette utilisation ». La mesure contraindrait, selon les défenseurs du texte, les grands noms de l’IA à passer des accords financiers avec les sociétés d’auteur pour se prémunir d’éventuelles poursuites, et contribuerait donc in fine à rémunérer la création culturelle.
Inversion de la charge de la preuve confirmée en Commission
« Ce ne sera plus au créateur de prouver le moissonnage de son œuvre, mais au fournisseur d’IA de prouver qu’il ne l’a pas utilisée. Notre objectif n’est pas de multiplier les procès, mais d’inciter les acteurs de l’IA à abandonner certains comportements de prédation pour un modèle fondé sur la transparence et la négociation. Aujourd’hui, les créateurs ne négocient pas ; ils subissent », faisait valoir en séance la sénatrice Agnès Evren (LR), auteure de la proposition de loi.
Après le Sénat, le texte a fait ses débuts, mardi 2 juin, à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un vote organisé à l’échelle de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Les débats s’y sont révélés relativement consensuels, la plupart des groupes représentés estimant, à l’exception du RN, que le texte défendait efficacement le droit d’auteur face au pillage orchestré par les acteurs de l’IA, sans pour autant obérer les chances de développement économique du secteur.
Le député Éric Bothorel (Côtes-d’Armor, Ensemble pour la République) a tout de même défendu un argument demandant la suppression de l’article unique, expliquant que ce dernier allait créer des risques juridiques, et qu’il serait préférable d’opter pour une obligation de transparence inspirée de ce que contient déjà l’article 34 du DSA. Un autre amendement, déposé par Prisca Thevenot (Renaissance, ex porte-parole du gouvernement Attal) proposait d’amoindrir la portée du texte en réduisant le seuil de déclenchement de la présomption d’utilisation. Les deux ont été rejetés, comme les 14 autres déposés, ce qui signifie que l’Assemblée nationale étudiera l’article unique de la proposition de loi tel qu’il est sorti des débats au Sénat. Elle a été placée à l’ordre du jour de la séance publique du 11 juin, et les débats s’y révèleront peut-être moins policés qu’en commission.
L’article unique de la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle » tel que voté par le Sénat
Il faut sauver le soldat Mistral
Certains ont en effet déjà annoncé leur intention de lutter contre l’adoption du texte au nom de la défense des intérêts français en matière de compétitivité sur le terrain de l’IA. C’est le cas du député Paul Midy (5e circonscription de l’Essonne), qui s’est alarmé publiquement mercredi de l’adoption du texte en commission, y voyant une entrave au développement du champion français du secteur, Mistral AI.
« Dans notre pays, tous les criminels ont le droit à la présomption d’innocence, même les terroristes et les pédophiles. Et les fournisseurs d’IA n’y auraient pas le droit ? On voudrait donc mieux traiter dans ce pays les terroristes et les pédophiles qu’Arthur Mensch ? », écrit le député, qui dit encore voir dans cette loi « un signal particulièrement préoccupant envoyé à l’un des secteurs les plus stratégiques pour l’avenir économique de notre pays ».
Sans même relever la comparaison outrancière osée par Paul Midy, la question de la légalité du renversement de la charge de la preuve a été éclaircie en amont par les défenseurs du texte, qui revendiquent une validation a priori par le Conseil d’État, et font par ailleurs valoir que l’esprit de la proposition de loi s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées dans le récent rapport d’Alex Voss voté le 11 mars dernier au Parlement européen qui invite lui aussi à établir une « présomption réfragable ».
Il est en revanche probable que la proposition de loi ne fasse effectivement pas les affaires de Mistral AI et des autres acteurs du secteur. Arthur Mensch, PDG de Mistral, a multiplié les apparitions médiatiques et politiques ces dernières semaines pour dénoncer les risques d’un décrochage européen en matière d’innovation, un risque qu’aggraverait selon lui de nouvelles réglementations. L’entreprise se serait également livrée à un lobbying actif, révèle le Point, en faisant parvenir des argumentaires aux membres de la commission des affaires culturelles.
Certains soutiens du texte estiment par ailleurs que c’est en raison de pressions exercées par les acteurs de la tech que le texte a mis si longtemps à rejoindre formellement l’agenda de l’Assemblée nationale. Son examen n’a en effet pas été retenu par la conférence des présidents de groupe, et c’est via la niche parlementaire du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) qu’il va finalement trouver le chemin de l’hémicycle le 11 juin prochain.
Quand le New York Times appelle les médias à résister
À lobbying, lobbying et demi. On sait, chez Next, le poids qu’ont pu avoir les sociétés d’auteur lorsqu’il s’est agi de débattre des propositions de loi visant à lutter, au pif, contre le téléchargement illégal. Et en matière de droit d’auteur à l’ère de l’IA, les sociétés d’auteur, syndicats liés à l’édition culturelle et groupements d’éditeur de presse semblent bien décidés à faire front commun. En témoigne la publication, fin avril, d’une tribune cosignée par 81 organisations professionnelles, et que plus de 25 000 internautes auraient également signée (au travers d’un formulaire Google Docs, sic).
Dans le petit Landerneau des médias, le sujet vient de recevoir d’un coup de projecteur particulier. A.G. Sulzberger, le patron du New York Times est en effet intervenu le 1er juin à Marseille, lors du colloque annuel de la WAN-IFRA, l’association internationale des éditeurs de presse, et il a tenu un discours particulièrement vindicatif à l’égard des acteurs de l’IA, qu’il accuse de sciemment piller le monde des médias au risque de compromettre la viabilité à moyen terme des producteurs d’information.
« Leur mainmise sur l’espace public est rendue possible par le péché originel qui anime leurs produits d’IA : un vol éhonté de propriété intellectuelle d’une ampleur sans précédent. Les géants de la tech pillent les sites d’information sans autorisation ni compensation. Ils reconditionnent ces contenus volés sous leur propre marque, s’accaparant ainsi l’audience et les revenus qui, autrement, reviendraient aux organes de presse à l’origine de ces travaux. Et cela se produit non pas une seule fois lors de la phase d’apprentissage, mais d’innombrables fois chaque jour », a notamment déclaré A.G. Sulzberger.
Rappelons que le quotidien s’est engagé dans un long bras de fer juridique avec OpenAI et Microsoft au sujet de l’utilisation non consentie de ses contenus. En France, certains médias ou groupes média ont noué des accords au cas par cas avec certains acteurs de l’IA (Le Monde a par exemple signé avec OpenAI puis avec Perplexity), mais les autres en sont pour l’instant réduits au contentieux. L’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français viennent ainsi d’assigner l’éditeur du navigateur Brave en justice, pour tenter d’obtenir une jurisprudence favorable.
La Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a adopté mardi 2 juin la proposition de loi qui prévoit la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur. Dénoncé par ses opposants comme un bâton tendu dans les roues du champion national Mistral, le texte sera débattu en séance publique le 11 juin prochain.
Le Sénat a voté le 8 avril dernier à l’unanimité la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Le texte, réclamé à cor et à cri par les sociétés de gestion de droits françaises, dispose au travers d’un article unique un principe simple : l’inversion de la charge de la preuve concernant l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur ou un droit voisin par les éditeurs de systèmes d’intelligence artificielle.
Dit autrement : aujourd’hui, il appartient à l’éditeur ou à l’auteur de démontrer qu’un éditeur d’IA a utilisé son œuvre pour l’entraînement de ses modèles. Demain, si la loi est adoptée, cette utilisation est présumée « dès lors qu’un indice afférent au développement ou au déploiement de ce système ou au résultat généré par celui-ci rend vraisemblable cette utilisation ». La mesure contraindrait, selon les défenseurs du texte, les grands noms de l’IA à passer des accords financiers avec les sociétés d’auteur pour se prémunir d’éventuelles poursuites, et contribuerait donc in fine à rémunérer la création culturelle.
Inversion de la charge de la preuve confirmée en Commission
« Ce ne sera plus au créateur de prouver le moissonnage de son œuvre, mais au fournisseur d’IA de prouver qu’il ne l’a pas utilisée. Notre objectif n’est pas de multiplier les procès, mais d’inciter les acteurs de l’IA à abandonner certains comportements de prédation pour un modèle fondé sur la transparence et la négociation. Aujourd’hui, les créateurs ne négocient pas ; ils subissent », faisait valoir en séance la sénatrice Agnès Evren (LR), auteure de la proposition de loi.
Après le Sénat, le texte a fait ses débuts, mardi 2 juin, à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un vote organisé à l’échelle de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Les débats s’y sont révélés relativement consensuels, la plupart des groupes représentés estimant, à l’exception du RN, que le texte défendait efficacement le droit d’auteur face au pillage orchestré par les acteurs de l’IA, sans pour autant obérer les chances de développement économique du secteur.
Le député Éric Bothorel (Côtes-d’Armor, Ensemble pour la République) a tout de même défendu un argument demandant la suppression de l’article unique, expliquant que ce dernier allait créer des risques juridiques, et qu’il serait préférable d’opter pour une obligation de transparence inspirée de ce que contient déjà l’article 34 du DSA. Un autre amendement, déposé par Prisca Thevenot (Renaissance, ex porte-parole du gouvernement Attal) proposait d’amoindrir la portée du texte en réduisant le seuil de déclenchement de la présomption d’utilisation. Les deux ont été rejetés, comme les 14 autres déposés, ce qui signifie que l’Assemblée nationale étudiera l’article unique de la proposition de loi tel qu’il est sorti des débats au Sénat. Elle a été placée à l’ordre du jour de la séance publique du 11 juin, et les débats s’y révèleront peut-être moins policés qu’en commission.
L’article unique de la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle » tel que voté par le Sénat
Il faut sauver le soldat Mistral
Certains ont en effet déjà annoncé leur intention de lutter contre l’adoption du texte au nom de la défense des intérêts français en matière de compétitivité sur le terrain de l’IA. C’est le cas du député Paul Midy (5e circonscription de l’Essonne), qui s’est alarmé publiquement mercredi de l’adoption du texte en commission, y voyant une entrave au développement du champion français du secteur, Mistral AI.
« Dans notre pays, tous les criminels ont le droit à la présomption d’innocence, même les terroristes et les pédophiles. Et les fournisseurs d’IA n’y auraient pas le droit ? On voudrait donc mieux traiter dans ce pays les terroristes et les pédophiles qu’Arthur Mensch ? », écrit le député, qui dit encore voir dans cette loi « un signal particulièrement préoccupant envoyé à l’un des secteurs les plus stratégiques pour l’avenir économique de notre pays ».
Sans même relever la comparaison outrancière osée par Paul Midy, la question de la légalité du renversement de la charge de la preuve a été éclaircie en amont par les défenseurs du texte, qui revendiquent une validation a priori par le Conseil d’État, et font par ailleurs valoir que l’esprit de la proposition de loi s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées dans le récent rapport d’Alex Voss voté le 11 mars dernier au Parlement européen qui invite lui aussi à établir une « présomption réfragable ».
Il est en revanche probable que la proposition de loi ne fasse effectivement pas les affaires de Mistral AI et des autres acteurs du secteur. Arthur Mensch, PDG de Mistral, a multiplié les apparitions médiatiques et politiques ces dernières semaines pour dénoncer les risques d’un décrochage européen en matière d’innovation, un risque qu’aggraverait selon lui de nouvelles réglementations. L’entreprise se serait également livrée à un lobbying actif, révèle le Point, en faisant parvenir des argumentaires aux membres de la commission des affaires culturelles.
Certains soutiens du texte estiment par ailleurs que c’est en raison de pressions exercées par les acteurs de la tech que le texte a mis si longtemps à rejoindre formellement l’agenda de l’Assemblée nationale. Son examen n’a en effet pas été retenu par la conférence des présidents de groupe, et c’est via la niche parlementaire du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) qu’il va finalement trouver le chemin de l’hémicycle le 11 juin prochain.
Quand le New York Times appelle les médias à résister
À lobbying, lobbying et demi. On sait, chez Next, le poids qu’ont pu avoir les sociétés d’auteur lorsqu’il s’est agi de débattre des propositions de loi visant à lutter, au pif, contre le téléchargement illégal. Et en matière de droit d’auteur à l’ère de l’IA, les sociétés d’auteur, syndicats liés à l’édition culturelle et groupements d’éditeur de presse semblent bien décidés à faire front commun. En témoigne la publication, fin avril, d’une tribune cosignée par 81 organisations professionnelles, et que plus de 25 000 internautes auraient également signée (au travers d’un formulaire Google Docs, sic).
Dans le petit Landerneau des médias, le sujet vient de recevoir d’un coup de projecteur particulier. A.G. Sulzberger, le patron du New York Times est en effet intervenu le 1er juin à Marseille, lors du colloque annuel de la WAN-IFRA, l’association internationale des éditeurs de presse, et il a tenu un discours particulièrement vindicatif à l’égard des acteurs de l’IA, qu’il accuse de sciemment piller le monde des médias au risque de compromettre la viabilité à moyen terme des producteurs d’information.
« Leur mainmise sur l’espace public est rendue possible par le péché originel qui anime leurs produits d’IA : un vol éhonté de propriété intellectuelle d’une ampleur sans précédent. Les géants de la tech pillent les sites d’information sans autorisation ni compensation. Ils reconditionnent ces contenus volés sous leur propre marque, s’accaparant ainsi l’audience et les revenus qui, autrement, reviendraient aux organes de presse à l’origine de ces travaux. Et cela se produit non pas une seule fois lors de la phase d’apprentissage, mais d’innombrables fois chaque jour », a notamment déclaré A.G. Sulzberger.
Rappelons que le quotidien s’est engagé dans un long bras de fer juridique avec OpenAI et Microsoft au sujet de l’utilisation non consentie de ses contenus. En France, certains médias ou groupes média ont noué des accords au cas par cas avec certains acteurs de l’IA (Le Monde a par exemple signé avec OpenAI puis avec Perplexity), mais les autres en sont pour l’instant réduits au contentieux. L’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français viennent ainsi d’assigner l’éditeur du navigateur Brave en justice, pour tenter d’obtenir une jurisprudence favorable.
Le Taïwanais Foxconn va s’associer aux Français Thales et Radiall au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia, qui ambitionne de construire une usine dédiée aux semiconducteurs sur la commune du Barp, à 30 km de Bordeaux. Le projet, soutenu par des fonds publics, devrait mobiliser 250 millions d’euros d’investissement.
Le Barp, petite commune du sud de la Gironde, abritait déjà le laser Mégajoule du CEA. Elle pourra bientôt s’enorgueillir d’une usine dédiée aux semiconducteurs, dont la première pierre a été posée lundi 1ᵉʳ juin par les trois entreprises cosignataires du projet : Foxconn, le géant de l’électronique de défense Thales et le spécialiste de l’interconnexion Radiall. Les trois annoncent s’associer au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia Technology SAS (qui n’est pas encore immatriculée), « dédiée à l’assemblage et aux tests externalisés de semi-conducteurs ».
Des SiP spécialisés en petites et moyennes séries
De façon plus concrète, l’usine en question devrait se consacrer à la production et aux tests de composants de type System in Package (SiP), avec un objectif de production fixé à 50 millions d’unités par an d’ici 2033. Les puces en question seront destinées « à l’aérospatial, aux infrastructures télécom, à l’automobile, au médical et à l’industrie », affirme Thales.
Des secteurs sensibles, dans lesquels une production maitrisée sur le sol européen constitue désormais un argument concurrentiel, voire stratégique, même si Tessalia restera dépendante d’un approvisionnement en wafers venus de l’étranger.
Un System in Package (SiP) consiste pour mémoire en l’encapsulation, au sein d’un même élément, de plusieurs composants distincts (processeur, mémoire, radio, etc.), qui peuvent émaner de fournisseurs différents, mais doivent être interconnectés de façon plus dense (par wire bonding, par empilement de dies, etc.) que ce que permet le traditionnel assemblage sur un PCB.
C’est dans l’étape de l’emballage (packaging) que réside tout le potentiel du SiP, par opposition au System on Chip (SoC), qui lui intègre toutes les fonctions requises au sein d’un unique die. Et c’est en partie ce qui explique la destination des puces produites par la future usine : « Nous produirons des petites et moyennes séries destinées à des marchés très spécifiques et exigeants qui demandent performance, robustesse et fiabilité », a déclaré Pierre Gattaz, le PDG de Radiall, cité par la Tribune.
Les trois partenaires promettent à ce niveau d’exploiter « une technologie d’encapsulation innovante visant à développer des packagings à très haute densité ». Apportée par Foxconn, qui revendique une stratégie d’ancrage local, elle est présentée comme une « rupture en termes de rendements et de compétitivité pour les futurs produits ».
L’usine en question devrait à terme représenter un bâtiment de 10 000 à 15 000 m². Il susciterait la création de 550 emplois directs une fois le régime de croisière atteint (2033), et pourrait donner lieu à des développements futurs. Le site du Barp, opéré par une foncière dépendant de la région Nouvelle-Aquitaine, dispose en effet de réserves qui permettent d’envisager soit de nouveaux bâtiments, soit l’installation de sous-traitants ou de fournisseurs spécialisés.
250 millions d’euros d’investissements… soutenus par des fonds publics
En 2025, le projet était encore au stade conditionnel, notamment parce que le lieu de son implantation n’avait pas encore été défini. D’après Sud-Ouest, une soixantaine de sites français étaient en concurrence. L’accompagnement, administratif mais aussi financier, des collectivités locales et des pouvoirs publics a donc logiquement joué un rôle dans la sélection de l’emplacement final.
Outre les incitations locales et le soutien financier accordé par l’État, le projet devrait également bénéficier d’aides européennes dans le cadre du Chips Act, dont la version 2.0 sera très prochainement présentée à Bruxelles. Le montant des financements publics pourrait ainsi atteindre 150 millions d’euros, révèle Placéco, sur les quelque 250 millions d’euros de l’enveloppe initiale du projet.
Le Taïwanais Foxconn va s’associer aux Français Thales et Radiall au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia, qui ambitionne de construire une usine dédiée aux semiconducteurs sur la commune du Barp, à 30 km de Bordeaux. Le projet, soutenu par des fonds publics, devrait mobiliser 250 millions d’euros d’investissement.
Le Barp, petite commune du sud de la Gironde, abritait déjà le laser Mégajoule du CEA. Elle pourra bientôt s’enorgueillir d’une usine dédiée aux semiconducteurs, dont la première pierre a été posée lundi 1ᵉʳ juin par les trois entreprises cosignataires du projet : Foxconn, le géant de l’électronique de défense Thales et le spécialiste de l’interconnexion Radiall. Les trois annoncent s’associer au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia Technology SAS (qui n’est pas encore immatriculée), « dédiée à l’assemblage et aux tests externalisés de semi-conducteurs ».
Des SiP spécialisés en petites et moyennes séries
De façon plus concrète, l’usine en question devrait se consacrer à la production et aux tests de composants de type System in Package (SiP), avec un objectif de production fixé à 50 millions d’unités par an d’ici 2033. Les puces en question seront destinées « à l’aérospatial, aux infrastructures télécom, à l’automobile, au médical et à l’industrie », affirme Thales.
Des secteurs sensibles, dans lesquels une production maitrisée sur le sol européen constitue désormais un argument concurrentiel, voire stratégique, même si Tessalia restera dépendante d’un approvisionnement en wafers venus de l’étranger.
Un System in Package (SiP) consiste pour mémoire en l’encapsulation, au sein d’un même élément, de plusieurs composants distincts (processeur, mémoire, radio, etc.), qui peuvent émaner de fournisseurs différents, mais doivent être interconnectés de façon plus dense (par wire bonding, par empilement de dies, etc.) que ce que permet le traditionnel assemblage sur un PCB.
C’est dans l’étape de l’emballage (packaging) que réside tout le potentiel du SiP, par opposition au System on Chip (SoC), qui lui intègre toutes les fonctions requises au sein d’un unique die. Et c’est en partie ce qui explique la destination des puces produites par la future usine : « Nous produirons des petites et moyennes séries destinées à des marchés très spécifiques et exigeants qui demandent performance, robustesse et fiabilité », a déclaré Pierre Gattaz, le PDG de Radiall, cité par la Tribune.
Les trois partenaires promettent à ce niveau d’exploiter « une technologie d’encapsulation innovante visant à développer des packagings à très haute densité ». Apportée par Foxconn, qui revendique une stratégie d’ancrage local, elle est présentée comme une « rupture en termes de rendements et de compétitivité pour les futurs produits ».
L’usine en question devrait à terme représenter un bâtiment de 10 000 à 15 000 m². Il susciterait la création de 550 emplois directs une fois le régime de croisière atteint (2033), et pourrait donner lieu à des développements futurs. Le site du Barp, opéré par une foncière dépendant de la région Nouvelle-Aquitaine, dispose en effet de réserves qui permettent d’envisager soit de nouveaux bâtiments, soit l’installation de sous-traitants ou de fournisseurs spécialisés.
250 millions d’euros d’investissements… soutenus par des fonds publics
En 2025, le projet était encore au stade conditionnel, notamment parce que le lieu de son implantation n’avait pas encore été défini. D’après Sud-Ouest, une soixantaine de sites français étaient en concurrence. L’accompagnement, administratif mais aussi financier, des collectivités locales et des pouvoirs publics a donc logiquement joué un rôle dans la sélection de l’emplacement final.
Outre les incitations locales et le soutien financier accordé par l’État, le projet devrait également bénéficier d’aides européennes dans le cadre du Chips Act, dont la version 2.0 sera très prochainement présentée à Bruxelles. Le montant des financements publics pourrait ainsi atteindre 150 millions d’euros, révèle Placéco, sur les quelque 250 millions d’euros de l’enveloppe initiale du projet.
Alphabet, maison mère de Google, a annoncé lundi 1ᵉʳ juin son intention de procéder à une levée de fonds en trois temps et à hauteur de 80 milliards de dollars, pour soutenir le développement de ses infrastructures dédiées à l’IA.
La levée de fonds (qui consiste donc à céder ou créer des actions en échange d’argent frais) parait un levier inhabituel pour une entreprise valorisée 4 500 milliards de dollars en bourse, à plus forte raison quand cette dernière a dégagé 174 milliards de dollars de cash flow opérationnel sur l’année 2025. Ce cash flow désigne pour mémoire les liquidités entrées dans les caisses de l’entreprise après paiement de ses charges d’exploitation, mais avant les dépenses d’investissements ou le remboursement de la dette.
Pour Alphabet, elle s’explique cependant simplement : la trajectoire d’investissements envisagée pour les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle générative est telle (entre 180 et 190 milliards de dollars prévus en 2026) qu’un financement sur fonds propres dégraderait la flexibilité de l’entreprise.
« Cette offre en actions s’inscrit dans le cadre du plan d’Alphabet visant à financer ses investissements de manière équilibrée tout en conservant un bilan sain », résume le groupe dans un communiqué dédié (PDF). Google précise à cette occasion avoir déjà réuni 85 milliards de dollars sous forme de dette (emprunts bancaires) en 2025, portant son encours total à plus de 100 milliards de dollars.
Illustration : Flock
La levée de fonds annoncée se décompose en trois tranches : 30 milliards de dollars d’actions dont le fonctionnement se rapproche d’obligations convertibles, 40 milliards d’actions qui seront émises au prix du marché à partir du troisième trimestre 2026 et 10 milliards de dollars de placement privé souscrits par Berkshire Hathaway, la société de gestion historiquement dirigée par Warren Buffet jusqu’en janvier dernier.
Google réaffirme à cette occasion sa confiance dans l’effet positif des développements liés à l’IA sur son activité. « Le chiffre d’affaires a progressé de 63 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, le carnet de commandes ayant quasiment doublé d’un trimestre à l’autre pour atteindre plus de 460 milliards de dollars, dont environ 50 % devraient être comptabilisés en chiffre d’affaires au cours des 24 prochains mois », décrit le groupe.
Rappelons que ses concurrents Microsoft, Amazon, Meta et les spécialistes de l’IA que sont xAI (intégré à SpaceX), OpenAI et Anthropic multiplient eux aussi les manœuvres et les montages complexes pour financer leur course aux datacenters.
Alphabet, maison mère de Google, a annoncé lundi 1ᵉʳ juin son intention de procéder à une levée de fonds en trois temps et à hauteur de 80 milliards de dollars, pour soutenir le développement de ses infrastructures dédiées à l’IA.
La levée de fonds (qui consiste donc à céder ou créer des actions en échange d’argent frais) parait un levier inhabituel pour une entreprise valorisée 4 500 milliards de dollars en bourse, à plus forte raison quand cette dernière a dégagé 174 milliards de dollars de cash flow opérationnel sur l’année 2025. Ce cash flow désigne pour mémoire les liquidités entrées dans les caisses de l’entreprise après paiement de ses charges d’exploitation, mais avant les dépenses d’investissements ou le remboursement de la dette.
Pour Alphabet, elle s’explique cependant simplement : la trajectoire d’investissements envisagée pour les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle générative est telle (entre 180 et 190 milliards de dollars prévus en 2026) qu’un financement sur fonds propres dégraderait la flexibilité de l’entreprise.
« Cette offre en actions s’inscrit dans le cadre du plan d’Alphabet visant à financer ses investissements de manière équilibrée tout en conservant un bilan sain », résume le groupe dans un communiqué dédié (PDF). Google précise à cette occasion avoir déjà réuni 85 milliards de dollars sous forme de dette (emprunts bancaires) en 2025, portant son encours total à plus de 100 milliards de dollars.
Illustration : Flock
La levée de fonds annoncée se décompose en trois tranches : 30 milliards de dollars d’actions dont le fonctionnement se rapproche d’obligations convertibles, 40 milliards d’actions qui seront émises au prix du marché à partir du troisième trimestre 2026 et 10 milliards de dollars de placement privé souscrits par Berkshire Hathaway, la société de gestion historiquement dirigée par Warren Buffet jusqu’en janvier dernier.
Google réaffirme à cette occasion sa confiance dans l’effet positif des développements liés à l’IA sur son activité. « Le chiffre d’affaires a progressé de 63 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, le carnet de commandes ayant quasiment doublé d’un trimestre à l’autre pour atteindre plus de 460 milliards de dollars, dont environ 50 % devraient être comptabilisés en chiffre d’affaires au cours des 24 prochains mois », décrit le groupe.
Rappelons que ses concurrents Microsoft, Amazon, Meta et les spécialistes de l’IA que sont xAI (intégré à SpaceX), OpenAI et Anthropic multiplient eux aussi les manœuvres et les montages complexes pour financer leur course aux datacenters.
Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.
Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.
« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.
SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.
Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next
45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters
L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.
Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.
L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.
Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.
Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française
Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.
Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.
Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.
Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.
« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.
SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.
Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next
45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters
L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.
Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.
L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.
Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.
Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française
Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.
Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.
Après 22 ans passés à développer Paint.NET, on imagine la satisfaction de Rick Brewster, son principal artisan. Celui-ci vient en effet de mettre la main sur le nom de domaine paint.net, lequel pointera bientôt vers le site dédié à ce célèbre logiciel de retouche photo gratuit (aujourd’hui hébergé à l’adresse getpaint.net).
Même si Paint.NET tire son nom de l’environnement .NET de Microsoft (et non de l’extension de nom de domaine .net), l’obtention de cette adresse revêt une portée symbolique évidente pour Brewster, qui raconte, dans un thread Bluesky, avoir cherché à l’obtenir dès les débuts de l’aventure : « J’essaie d’obtenir ce nom de domaine depuis 22 ans. C’est un truc de dingue. »
Sans surprise, il explique que les anciens propriétaires du nom de domaine en voulaient une somme qu’il ne pouvait pas se permettre. Les noms de domaine composés d’un mot très générique comme « paint » (peinture en anglais) associé à un domaine de premier niveau ancien et populaire comme .net sont en effet particulièrement recherchés, et s’échangent souvent à prix d’or.
C’est en définitive l’appétit du dernier propriétaire en date qui fera basculer la situation. « Finalement, en décembre, le dernier propriétaire (enfin, l’ancien ) a commencé à héberger du contenu entièrement consacré à Paint.NET, tentant de tromper les utilisateurs en leur faisant croire qu’il s’agissait du site officiel. Liens brisés, publicités, etc. Ils tiraient profit de ma marque déposée », décrit Rick Brewster.
La Wayback machine confirme que l’ancien propriétaire du domaine a tenté une démarche de référencement parasite – capture d’écran
« Et c’est ainsi que l’affaire est devenue une preuve flagrante de contrefaçon de marque et d’accaparement de nom de domaine. Grâce à un avocat, j’ai récupéré le nom de domaine », poursuit l’auteur de Paint.NET, qui promet que le site actuel du logiciel basculera vers sa nouvelle adresse dans les prochains jours. Le logiciel, passé dans sa branche 5.x en 2023, est actuellement disponible en version 5.1.12.
Après 22 ans passés à développer Paint.NET, on imagine la satisfaction de Rick Brewster, son principal artisan. Celui-ci vient en effet de mettre la main sur le nom de domaine paint.net, lequel pointera bientôt vers le site dédié à ce célèbre logiciel de retouche photo gratuit (aujourd’hui hébergé à l’adresse getpaint.net).
Même si Paint.NET tire son nom de l’environnement .NET de Microsoft (et non de l’extension de nom de domaine .net), l’obtention de cette adresse revêt une portée symbolique évidente pour Brewster, qui raconte, dans un thread Bluesky, avoir cherché à l’obtenir dès les débuts de l’aventure : « J’essaie d’obtenir ce nom de domaine depuis 22 ans. C’est un truc de dingue. »
Sans surprise, il explique que les anciens propriétaires du nom de domaine en voulaient une somme qu’il ne pouvait pas se permettre. Les noms de domaine composés d’un mot très générique comme « paint » (peinture en anglais) associé à un domaine de premier niveau ancien et populaire comme .net sont en effet particulièrement recherchés, et s’échangent souvent à prix d’or.
C’est en définitive l’appétit du dernier propriétaire en date qui fera basculer la situation. « Finalement, en décembre, le dernier propriétaire (enfin, l’ancien ) a commencé à héberger du contenu entièrement consacré à Paint.NET, tentant de tromper les utilisateurs en leur faisant croire qu’il s’agissait du site officiel. Liens brisés, publicités, etc. Ils tiraient profit de ma marque déposée », décrit Rick Brewster.
La Wayback machine confirme que l’ancien propriétaire du domaine a tenté une démarche de référencement parasite – capture d’écran
« Et c’est ainsi que l’affaire est devenue une preuve flagrante de contrefaçon de marque et d’accaparement de nom de domaine. Grâce à un avocat, j’ai récupéré le nom de domaine », poursuit l’auteur de Paint.NET, qui promet que le site actuel du logiciel basculera vers sa nouvelle adresse dans les prochains jours. Le logiciel, passé dans sa branche 5.x en 2023, est actuellement disponible en version 5.1.12.