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Reçu — 16 février 2026 De tout et de rien

À Paris, en 2026, Haussmann serait éconduit

16 février 2026 à 19:11

Une offre locative divisée par quatre en seulement trois ans. Pour les classes moyennes et populaires, la capitale est désormais inaccessible. En figeant le présent, la sur-réglementation a rendu tout projet de transformation impossible… au seul bénéfice de quelques privilégiés.

À Paris, l’offre de logement locatif s’est effondrée de 74 % entre 2021 et 2024, créant une catastrophe sans précédent : un studio parisien reçoit désormais en moyenne 832 demandes de location. La France a mis en chantier seulement 272 000 logements en 2025, record historiquement bas, tandis que les mises en chantier ont chuté de 59 500 à 40 800 entre 2022 et 2025 en Île-de-France. L’encadrement des loyers, les interdictions liées au DPE et, désormais, le Plan Local d’Urbanisme Bioclimatique, voté en novembre 2024, forment une tenaille réglementaire qui achève de paralyser le marché. Le plus stupéfiant reste l’ivresse bureaucratique qui accompagne ce désastre : alors que les mises en chantier s’effondrent à des records historiquement bas, les édiles se félicitent bruyamment de la « vertu » de leurs décrets.

Cette cécité n’est d’ailleurs plus une exclusivité parisienne, elle devient une pathologie des métropoles françaises. De Montpellier, où Michaël Delafosse s’obstine dans l’encadrement des loyers, à Nantes, où les élus se gargarisent de nouveaux règlements restrictifs, une même idéologie malthusienne semble avoir saisi les mairies. Sous les atours d’une certaine vision de l’écologie, la Ville de Paris a signé l’arrêt de mort de l’offre immobilière privée. Ce PLU érige un corset normatif qui, sous prétexte de mixité sociale et de résilience climatique, organise méthodiquement la rareté et l’exclusion.

Soviétisation ou passéisme : les errements des politiques du logement

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L’asphyxie par les quotas de logements sociaux

Le péché originel de ce PLU réside dans son mépris des mécanismes de l’offre. Pour faire chuter les prix dans une métropole en tension extrême, la solution est connue : construire massivement, haut et dense. Or le règlement actuel envisage une toute autre stratégie. Dès qu’une opération dépasse 500 m², elle doit désormais sacrifier entre 30 et 50 % de sa surface au logement social. Pour un investisseur, la rentabilité s’évapore instantanément.

Le plus redoutable reste le « pastillage » : plus de 800 adresses sont désormais ciblées par la Ville, qui peut y exiger jusqu’à 100 % de logement social. C’est une forme de nationalisation larvée : certains immeubles ont vu leur valeur chuter de 80 % du jour au lendemain. Le propriétaire perd la maîtrise de son bien, prisonnier d’une Mairie dont la dette explose et qui ne pourra jamais racheter ces biens au prix du marché.

L’urbanisme du vide

Le PLU bioclimatique ne bannit pas la densité par un décret brutal : il la rend techniquement toxique et économiquement suicidaire. Son arme la plus efficace est un acronyme administratif, le SELC (Espace Libre de Construction). Sous prétexte de laisser respirer le sol, la Mairie impose des quotas de vide qui explosent dès qu’une opération devient d’envergure.

Dès que l’on travaille sur une parcelle de plus de 3 500 m², le règlement exige de réserver entre 55 % et 60 % de la surface au vide. C’est un plafond mécanique qui transforme les gisements de logements en « gisements de sol nu ». Le paradoxe est tragique : Paris possède d’immenses emprises publiques — les grands hôpitaux (Pitié-Salpêtrière, Lariboisière), les campus de Jussieu, les casernes ou les faisceaux ferroviaires de la SNCF — qui sont les seuls lieux où l’on pourrait construire vite et fort sans léser le voisinage. Pour les hôpitaux, précisons l’enjeu : il ne s’agit pas ici de raser ces institutions mais d’en optimiser l’espace, d’en exploiter les délaissés fonciers et d’y densifier le bâti là où la place le permet. En soumettant ces sites stratégiques à la logique du « grand terrain = grand parc obligatoire », la Ville verrouille ses derniers réservoirs de croissance.

Pour mesurer l’ampleur du désastre, il faut oser une uchronie. Si le baron Haussmann se présentait aujourd’hui à l’Hôtel de Ville avec ses plans sous le bras, il serait éconduit comme un vulgaire « bétonneur ». L’ADN de Paris, cet îlot périmétral dense aux cours intérieures optimisées qui occupe traditionnellement les deux tiers du sol, est désormais illégal.

En exigeant de laisser la moitié de chaque terrain vide, en élévation comme en sous-sol, ce règlement brise net la morphologie de la « ville-bloc » pour lui substituer un urbanisme de la fragmentation. Si ces règles avaient régi le XIXe siècle : près d’un îlot parisien sur deux n’aurait jamais obtenu son permis de construire. Et l’offre de logements aurait été amputée d’un tiers sur les emprises massives qui font la grandeur de la capitale.

Paris ne serait pas cette métropole vibrante que le monde nous envie, mais une collection de bâtiments isolés émergeant de zones de « pleine terre » imposées. En sanctuarisant le vide au nom d’un idéal contemplatif, la Mairie administre la rareté. Si ces règles avaient existé en 1850, Haussmann n’aurait été qu’un paysagiste de banlieue, et Paris, un grand village étouffé sous ses propres jardinets.

Le sabotage par la complexité

Chaque mètre carré devient un véritable casse-tête d’ingénieur. Végétaliser les toits ? L’obligation impose un tel poids de terre qu’il faut renforcer toute la structure du bâtiment, pour un coût prohibitif. Planter des arbres ? Les distances imposées par rapport aux façades se transforment en interdictions de construire déguisées.

Additionnées, ces exigences techniques, paysagères et morphologiques créent une barrière à l’entrée froide et simple : la petite et moyenne propriété n’a ni la surface financière ni la capacité juridique pour absorber ce degré d’incertitude, d’itérations et d’aléas. Seuls les opérateurs capables de porter des années d’études, de négociations et de surcoûts — et donc de sortir du produit très haut de gamme — survivent.

On n’est plus dans l’urbanisme mais dans un cahier des charges punitif. L’écologie réglementaire produit ce paradoxe cruel : on optimise des opérations qui ne verront jamais le jour.

L’écologie à l’envers

L’ironie est mordante : ce plan trahit les principes mêmes de l’écologie rationnelle. Le levier le plus puissant de la décarbonation est la densité. Un Parisien qui marche ou prend le métro pollue bien moins qu’une famille exilée en deuxième couronne, dépendante de la voiture. Le mécanisme des « espaces à libérer » (EAL) est, à cet égard, éloquent : il condamne toute extension sur des emprises existantes, actant leur démolition future pour « verdir » le sol.

Pour le climat et la prospérité, vive la densité urbaine !

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En verrouillant les emprises publiques, les dents creuses et en empêchant les surélévations, la Mairie encourage mécaniquement la bétonisation des terres agricoles à 50 kilomètres de là. Sous un vernis de chlorophylle, c’est un égoïsme municipal antisocial qui s’exerce.

En administrant ainsi la rareté, la Mairie fracture Paris en 2 mondes : d’un côté, les bénéficiaires d’un logement social captif ; de l’autre, les détenteurs de fortunes capables de s’offrir le très rare résiduel privé.

Un véritable plan bioclimatique libéral embrasserait une tout autre philosophie : il simplifierait drastiquement les 271 pages de ce règlement, libérerait le potentiel des immenses emprises publiques et substituerait aux quotas confiscatoires des incitations à bâtir dense afin de faire baisser naturellement les prix. Pour restaurer le pouvoir d’achat immobilier et soigner le climat, le remède est connu : il faut des grues, de la densité et de la liberté. Sans un revirement radical, Paris ne sera bientôt plus qu’un décor végétalisé pour une ville qui a cessé de battre, un musée de la bonne conscience pétrifié dans son malthusianisme vert.

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Électroscope #14 : Ariane 6, fusion nucléaire et surprises médicales

16 février 2026 à 05:34

Voir triompher Ariane 64, franchir un cap décisif dans la fusion nucléaire, réinventer la robotique, transformer l’imagerie médicale et redonner la vue… C’est parti pour Électroscope 14.

Ariane 64 : le poids lourd de l’Europe reprend sa couronne

Alors que tous les regards sont rivés sur l’arrivée de l’astronaute française Sophie Adenot dans la Station spatiale internationale, l’Europe vient de franchir une étape décisive. Le ciel de Kourou a tremblé ce 12 février, et avec lui, les doutes qui pesaient sur l’autonomie spatiale européenne : pour son vol inaugural, la configuration « 64 » d’Ariane 6, équipée de quatre propulseurs d’appoint à poudre, a réalisé un sans-faute.

La fusée a placé sur orbite basse une grappe de 32 satellites pour la constellation Amazon LEO, marquant le début d’un ballet logistique qui verra l’Europe déployer une large partie de l’infrastructure que désire construire le géant américain du cloud et du e-commerce.

Ce succès valide la stratégie de modularité prônée par le CNES et ArianeGroup. Là où Ariane 62 (deux boosters) assure les missions institutionnelles et scientifiques plus légères, la version 64 s’attaque frontalement au marché des constellations, jusqu’ici chasse gardée de SpaceX. Les deux boosters supplémentaires offrent la poussée nécessaire pour arracher jusqu’à 21,6 tonnes à la gravité terrestre vers l’orbite basse. Dans cette configuration, qui inclut également une coiffe longue de 20 mètres, elle s’impose comme la fusée la plus puissante et la plus haute jamais construite par une nation européenne…Mais au-delà de la performance technique, c’est la flexibilité industrielle qui est saluée. Le corps central reste identique, quelle que soit la mission : seul l’ajout de la coiffe et des P120C change la donne. Cette évolution est d’ailleurs loin d’être terminée, puisque l’arrivée prochaine des boosters P160C, plus performants, promet déjà d’accroître encore la capacité d’emport de la fusée !

Cette « mécanique de Lego » permet de cadencer la production et de rationaliser les coûts, une nécessité vitale dans une économie spatiale devenue impitoyable. Avec ce superbe vol, la France et ses partenaires européens prouvent que le Vieux Continent dispose d’une technologie capable de porter les charges les plus lourdes du marché.

Helion Energy : l’étoile en bouteille se rapproche

Si Ariane maîtrise le feu chimique, Helion Energy apprivoise la fusion nucléaire. La start-up américaine, basée à Everett, vient d’annoncer une percée majeure vendredi dernier : son prototype « Polaris » a atteint une température de plasma de 150 millions de degrés Celsius, soit dix fois la température du cœur du Soleil !

Plus significatif encore, l’entreprise a obtenu des réactions de fusion deutérium-tritium mesurables et stables, ce qui constitue une première pour une si petite entité privée !

L’approche d’Helion tranche aussi radicalement avec les titanesques réacteurs de type tokamak (comme ITER). Au lieu de maintenir un plasma en continu dans un immense anneau magnétique, Helion utilise la technique « magnéto-inertielle pulsée ». Quèsaco ? Imaginez deux anneaux de plasma (du gaz ionisé) propulsés l’un contre l’autre à des vitesses supersoniques au centre d’une chambre à vide. La collision qui en résulte permet de comprimer le combustible jusqu’à la fusion, et l’énergie libérée est capturée directement par induction électromagnétique, sans passer par le cycle vapeur-turbine traditionnel.

Cette prouesse change la donne économique : en s’affranchissant de la lourde machinerie des turbines à vapeur, Helion promet de convertir l’énergie de fusion en électricité avec un rendement inégalé. Là où les réacteurs conventionnels perdent une immense partie de leur puissance en chaleur « inutile », ce système produit directement le courant. Ce qui permet d’envisager des centrales nucléaires compactes, rapides à construire et infiniment moins coûteuses que les chantiers pharaoniques actuels.

Les nouveaux jalons réalisés par Helion sont cruciaux pour maintenir la feuille de route ambitieuse de l’entreprise, qui vise la mise en service de sa centrale pilote « Orion » d’ici 2028. Cette installation, atteignant 50 mégawatts, sera la première au monde conçue non pour l’expérience scientifique, mais pour injecter de l’électricité de fusion « commerciale » dans le réseau. Celle-ci sera achetée par Microsoft pour alimenter ses data centers.

L’objectif ultime de l’entreprise reste la fusion aneutronique utilisant l’hélium-3, un « Saint Graal énergétique » : une électricité sans déchets radioactifs à longue vie. Avec les résultats encourageants du prototype Polaris, Helion suggère que l’ère de l’énergie de fusion pourrait arriver bien plus tôt qu’imaginé.

Allonic : la robotique hongroise qui a du « muscle »

Pendant ce temps, une révolution silencieuse s’opère dans des ateliers de Budapest. La start-up hongroise Allonic entend bousculer les paradigmes de la robotique humanoïde en remplaçant le métal… par du tissu.

Jusqu’ici, construire une main robotique signifiait assembler des centaines (et même des milliers) de petites pièces rigides : moteurs, engrenages, vis et câbles. Allonic propose une approche radicalement différente : le « 3D Tissue Braiding » (soit le tissage de tissus 3D). La machine d’Allonic « tisse » littéralement la structure du robot, intégrant un squelette rigide, des tendons souples et des actionneurs directement dans un processus de fabrication continu. Le résultat est une véritable main proposant quasiment les mêmes caractéristiques que celle des humains, et bientôt des corps entiers.

Cette méthode confère à leurs créations une fluidité « bio-inspirée ». La main d’Allonic possède une souplesse quasi naturelle. Elle peut encaisser des chocs, saisir des objets fragiles sans capteurs de pression complexes et interagir avec l’humain sans risque de blessure. En s’inspirant de la biologie pour la fabrication, Allonic espère résoudre un défi majeur de la robotique moderne : la complexité d’assemblage.

Vers le dépistage du cancer du sein à domicile

L’innovation médicale prend parfois la forme d’une simple sonde. Des chercheurs du MIT ont dévoilé début février une version mature de leur capteur à ultrasons portable, capable de scanner les tissus mammaires en profondeur. Contrairement aux mammographies traditionnelles, coûteuses, irradiantes et nécessitant une visite à l’hôpital, ce dispositif d’échographie souple se glisse aisément dans un sac et permet une imagerie en temps réel et en 3D.

L’enjeu est colossal : le cancer du sein reste l’un des plus meurtriers par sa fréquence, et son pronostic dépend presque entièrement de la précocité du diagnostic. Le problème actuel réside dans l’intervalle entre deux dépistages : une tumeur agressive se développe très vite entre deux mammographies espacées de plusieurs années. Le dispositif du MIT comble cet angle mort en permettant une surveillance trimestrielle ou même mensuelle à domicile, sans douleur.

La technologie repose sur un nouveau matériau piézoélectrique capable de générer des ondes ultrasonores de haute qualité tout en épousant les courbes du corps. Les essais cliniques récents montrent une résolution d’image désormais comparable à celle des échographies hospitalières, à même de repérer des kystes de 3 mm, voire plus petits. En démocratisant l’accès à l’imagerie médicale, le MIT propose de passer d’une médecine de réaction (traiter la maladie sur le tard) à une médecine vraiment préventive.

Miracle neurologique : quand le cortex s’éveille après le noir

C’est une histoire, médiatisée par le médecin-journaliste Marc Gozlan, qui défierait presque les manuels de neurologie. Une récente étude publiée par l’Université Miguel Hernández d’Elche (Espagne) rapporte le cas d’un patient aveugle depuis plus de trois ans, ayant recouvré une forme de vision naturelle à la suite d’une expérimentation d’implant cérébral.

Initialement, l’expérience visait à tester une prothèse visuelle intracorticale : un réseau de micro-électrodes implanté directement dans le cortex visuel pour « contourner » les yeux et le nerf optique défaillants. L’objectif de l’étude était de créer des points lumineux artificiels pour permettre au patient de s’orienter. L’implant a fonctionné, mais l’inattendu s’est produit en marge de cette stimulation artificielle.

Après plusieurs sessions, le patient a rapporté percevoir des lumières et des mouvements spontanément, sans que l’appareil ne soit activé ! Les tests ont confirmé qu’il parvenait à localiser des sources lumineuses et des silhouettes avec une précision qui était impossible avec sa condition antérieure. Contrairement aux essais précédents (comme ceux menés sur Bernadeta Gómez), qui avaient nécessité une stimulation active, cette nouvelle étude rapporte donc un cas de plasticité « inédit ».

Les chercheurs, stupéfaits, émettent l’hypothèse d’une adaptation neuronale rapide. La stimulation électrique aurait soit « réveillé » des circuits neuronaux dormants, soit forcé le cerveau à réorganiser ses voies de traitement visuel résiduelles. Ce cas unique (à ce stade) suggère que le cerveau, même privé de sens pendant de nombreuses années, ne s’éteint pas définitivement. Il attend parfois juste l’étincelle adéquate pour se rallumer…

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Reçu — 15 février 2026 De tout et de rien

Vers un remède universel pour le cœur, le foie et l’addiction ?

15 février 2026 à 06:00

Loin des stars aux silhouettes affinées sur les tapis rouges d'Hollywood, une lame de fond silencieuse est en train de redessiner la carte de la médecine mondiale. Et si les analogues du GLP-1 étaient le « couteau suisse » médical du XXIe siècle ?

Pendant longtemps, le récit autour de ces médicaments (Ozempic, Wegovy, Mounjaro, etc.) s'est cantonné à une équation simple : moins d'appétit égale moins de poids. Mais depuis peu, les chercheurs observent avec stupéfaction une série de phénomènes qui dépassent de loin le simple cadre de l'obésité. Des cœurs qui rajeunissent, des foies qui cicatrisent, des reins qui résistent à la maladie… Ces traitements semblent « réparer » l'organisme bien au-delà de ce pourquoi ils ont été conçus. Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle révolution ?

Quand le cœur et les reins entrent dans la danse

Le tournant historique porte un nom : l’étude SELECT. En août 2023, Novo Nordisk publie les résultats de cet essai clinique titanesque, qui a provoqué une véritable onde de choc. L'objectif était de répondre à une question simple : le sémaglutide protège-t-il le cœur de toutes les personnes en surpoids, même si elles ne sont pas diabétiques ?

Les résultats ont fait l'effet d'une bombe dans le milieu de la cardiologie : chez les participants, le médicament a réduit de 20 % le risque d'événements cardiovasculaires majeurs (AVC, infarctus, décès d'origine cardiaque). Pour la première fois, on prouvait qu'un traitement contre l'obésité n'était pas seulement « cosmétique » ou de confort, mais qu'il sauvait littéralement des vies en apaisant l'incendie dans nos artères…

Mais ce n’était que le début !

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Reçu — 13 février 2026 De tout et de rien

...si les recours aux différentes forment de modulation de la production augmentent dans les mêmes proportions.

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
...si les recours aux différentes forment de modulation de la production augmentent dans les mêmes proportions.

Ça me paraît contradictoire tout ça.

Bon au pire on aura du productible, à défaut de production, de réserve pour le jour où la consommation remontera.

On continue à développer les énergies renouvelables électriques intermittentes et la consommation stagne.

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
On continue à développer les énergies renouvelables électriques intermittentes et la consommation stagne.

Donc on améliorera peut-être la disponibilité, le productible nucléaire, mais ça n'implique pas forcément une hausse de production...

Ce que je trouve le plus stupide sur le volet électrique (pas encore eu le temps de m'intéresser au volet thermique) de cette PPE, c'est l'objectif d'...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Ce que je trouve le plus stupide sur le volet électrique (pas encore eu le temps de m'intéresser au volet thermique) de cette PPE, c'est l'objectif d'augmentation chaque année de la production nucléaire par l'amélioration de la disponibilité des réacteurs.

Quoted post from Tristan K. @tristankamin.bsky.social:
Si je comprends bien les articles et éditos qui me sont parvenus, pour cette PPE, on part sur (côté électricité)
1 • hypothèse de hausse significative mais raisonnable de consommation électrique
2 • relance du nucléaire confirmée, clause de revoyure pour en revoir l'ampleur

PPE3 : qui paye la facture ?

13 février 2026 à 06:00

Dix ans de dépenses, de subventions et de choix énergétiques viennent d’être présentés avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Un catalogue paradoxal cédant aux désirs des opérateurs. Hélas, le réel va présenter l’addition. Et elle sera salée.

Vous avez peut-être raté l’info, noyée entre deux polémiques sur les cancers et un énième rebondissement judiciaire. La France vient de présenter sa feuille de route énergétique pour les dix prochaines années : la PPE3. Un sujet qui devrait constituer le cœur du débat politique de cette fin de quinquennat et du prochain. Même si rien n’est moins sûr, hélas.

Elle était attendue depuis deux ans, et a été sans cesse repoussée sur l’autel de l’instabilité politique. Mais voilà ! Nous y sommes. Notre PPE3 a enfin été dévoilée par Sébastien Lecornu et aussitôt publiée au Journal officiel. Elle prétend fixer un cap clair de souveraineté énergétique. Elle vise une forte réduction de la dépendance aux énergies fossiles et une augmentation de la production électrique décarbonée. L’objectif ? La porter à 60 % de la consommation finale en 2030 et 70 % en 2035. Le document, à rebours de la précédente PPE qui souhaitait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires, place l’atome au cœur de la stratégie présentée, avec l’optimisation du parc existant de 57 réacteurs pour atteindre 380 à 420 TWh dès 2030. Une bonne chose, même si elle souligne une certaine incohérence d’une décennie l’autre, et s’avère économiquement peu compatible avec l’autre grosse annonce dans ce domaine. À savoir, la confirmation de la construction de six EPR2 et la possibilité de lancer huit réacteurs supplémentaires dans le courant de l’année. Quand on aime on ne compte pas… tragique erreur. Parallèlement, notre PPE prévoit une poursuite raisonnée du développement des énergies renouvelables terrestres, avec des objectifs revus à la baisse par rapport aux versions antérieures : environ 48 GW de solaire photovoltaïque en 2030 et 55-80 GW en 2035 et un développement mesuré de l’éolien terrestre privilégiant la remotorisation, ainsi qu’un maintien de la croissance de l’éolien offshore.

Bref, un texte qui, derrière les objectifs affichés, semble surtout très politique, tant il veut donner des gages à tout le monde. Qu’importent les évidents paradoxes de la démarche. D’autant qu’elle ne répond ainsi pas aux plus pressantes urgences en matière de stratégie énergétique que représentent les questions du coût, de la demande et de la consommation. On se retrouve alors face à une bataille de chiffres entre pro-nucléaires et pro-renouvelables. Combien d’EPR2 ? Combien d’éoliennes ? Quelle puissance installée en 2035 ? On croirait un concours de gigawatts.

Pendant ce temps, un éléphant se promène tranquillement au milieu de la pièce. La France dépense chaque année environ 60 milliards d’euros pour acheter du pétrole, du gaz et du charbon à l’étranger. Soixante milliards qui partent chaque année en fumée — au sens propre du terme.

Et personne, dans ce grand débat sur les capacités, ne semble s’attaquer frontalement au seul sujet qui compte, soit : comment éviter cette dépense colossale en s’exemptant de ces importations ?

Le problème avec les gigawatts

Une situation découlant d’une erreur tentante — à laquelle nos dirigeants succombent depuis des décennies : croire qu’il suffit de planifier l’offre pour que la demande suive. Or c’est faux…

Prenez votre propre cas. Vous chauffez votre maison au gaz. Votre chaudière fonctionne parfaitement. Pour que vous passiez à une pompe à chaleur électrique, de quoi avez-vous besoin ? Qu’on vous montre un beau graphique de puissance installée en 2050 ? Ou qu’on vous prouve, facture en main, que l’électricité sera durablement moins chère que le gaz ? La réponse est facile.

C’est la même chose à l’échelle industrielle. Quand ArcelorMittal, Lafarge ou n’importe quel autre chimiste décide du lieu d’implantation de sa prochaine usine — ou s’il électrifie ses fours — il compare les coûts énergétiques, pays par pays. Pas la qualité rédactionnelle des communiqués de presse.

Or, et c’est là où le constat pique : la demande française d’électricité stagne. L’industrie temporise. L’électrification des procédés avance au ralenti. Les relocalisations tant promises restent, pour beaucoup, à l’état de vœux pieux.

La raison n’est pas mystérieuse. Tant que le mégawattheure électrique n’est pas clairement, avec visibilité et structurellement plus attractif que le gaz, personne ne bougera. Ni les industriels, ni les ménages. Décarboner à coups de PowerPoint n’a jamais permis de faire baisser une facture.

Le trésor qu’on gaspille

Regardons les choses en face. La France a un avantage colossal, envié par la plupart de ses voisins : un mix de production d’électricité déjà décarboné.

Elle le doit à un parc nucléaire existant, très largement amorti, les centrales ayant été payées il y a des décennies. Mais aussi à son renouvelable installé, dont le coût marginal est quasi nul : une fois l’éolienne ou le panneau solaire posé, chaque MWh supplémentaire est presque gratuit. Et enfin, à un système électrique globalement exportateur. Rappelons que si la France vend régulièrement du courant à ses voisins, l’inverse est très rare.

Nous ne sommes pas l’Allemagne de 2022, qui fermait ses centrales nucléaires tout en brûlant frénétiquement du lignite pour compenser. Nous ne sommes pas davantage le Royaume-Uni, qui jongle avec un réseau vieillissant. Notre chance est d’avoir les cartes énergétiques en main.

La question se pose donc : pourquoi ne jouons-nous pas cette main ?

Le débat se focalise sur les investissements futurs — nouveaux EPR, nouvelles fermes éoliennes — et semble oublier une question beaucoup plus immédiate : tire-t-il le meilleur parti de ce que nous possédons déjà ?

Le coût affiché du parc nucléaire existant intègre des investissements futurs massifs (le Grand Carénage, les programmes de prolongation), des exigences de sûreté renforcées — légitimes — et des méthodologies comptables très prudentes. Si prudentes, parfois, qu’un parc amorti finit par apparaître artificiellement coûteux.

Soyons clairs : la sûreté nucléaire n’est pas un paramètre ajustable. On ne négocie pas avec la physique. Mais la manière dont on traduit nos atouts en signal économique relève en revanche d’un choix politique. Or, aujourd’hui, ce choix nous dessert. Un parc amorti devrait être une arme commerciale. Pas une ligne comptable anxiogène.

Construire, oui — mais pas n’importe comment

Aucune personne sérieuse ne conteste la nécessité de renouveler le parc nucléaire à terme, comme d’investir dans de nouvelles capacités et de préparer l’outil industriel de la prochaine génération. La question n’est pas si, mais quand et dans quel ordre.

La France de 2025 n’est pas celle de 1973. Nous ne faisons pas face à un risque de pénurie imminente. Nous n’avons pas besoin de construire dans l’urgence. Nous devons construire pour accompagner une montée en puissance de la demande. Mais ce phénomène aura seulement lieu si notre électricité est compétitive.

C’est un cercle, et il peut être vicieux ou vertueux.

Il sera vicieux si on lance des chantiers pharaoniques. On alourdira alors le système de coûts fixes, renchérissant l’électricité, provoquant une fuite des industriels, une stagnation de la demande et l’obligation de faire tourner les centrales en sous-régime. Flamanville, quand tu nous tiens…

Notre cercle épousera en revanche la vertu si on commence par rendre l’électricité existante imbattable. De quoi faire décoller la demande, permettre le lancement d’investissements au bon moment, et amener les nouvelles capacités en face de clients prêts à consommer. La filière se structure, les coûts baissent.

Le vrai courage politique

La PPE3 semble parfois guidée par une nostalgie — celle du grand volontarisme industriel, du moment où de Gaulle (ou Messmer, au choix) décidait d’une trajectoire voyant le pays suivre sans broncher… ou presque.

Ce monde n’existe plus. Le capital est mondial et mobile. Les finances publiques françaises sont dans un état qui interdit les paris à 100 milliards sans filet. La concurrence entre pays pour attirer les usines se joue à quelques centimes par kWh.

Le vrai courage, ce n’est pas d’annoncer des gigawatts depuis un pupitre — qu’il soit à Belfort ou à l’Élysée. C’est de poser la question qui dérange : comment rend-on l’électricité française suffisamment attractive pour que toute l’économie ait intérêt à basculer ?

Cela veut dire revoir la régulation. Revoir le signal tarifaire. Assumer que le parc existant est un avantage à exploiter, pas un héritage embarrassant. Et séquencer les investissements nouveaux en fonction de la demande réelle, pas du calendrier politique.

Si nous réussissons cela, la demande viendra. Les industriels investiront. L’électrification des transports, du chauffage, des usines cessera d’être un objectif sur un slide pour devenir une réalité économique. Et les 60 milliards d’importations fossiles commenceront enfin à fondre.

Alors oui, construire de nouvelles capacités aura tout son sens.

Sinon, nous aurons planifié l’offre. Mais pas créé le mouvement.

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Reçu — 12 février 2026 De tout et de rien

4) Éolien terrestre : je n'ai rien contre mais je suppose que le repowering est un bon choix pour continuer à développer la capacité tout en répondant...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
4) Éolien terrestre : je n'ai rien contre mais je suppose que le repowering est un bon choix pour continuer à développer la capacité tout en répondant aux critiques sur une invasion des campagnes par les turbines...

3) PV : toujours une utilité discutable à mes yeux, avec une production très très très intermittente et mal corrélée à la consommation. On sent les li...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
3) PV : toujours une utilité discutable à mes yeux, avec une production très très très intermittente et mal corrélée à la consommation. On sent les limites du réseau et du système électrique en Europe, déjà. Alors éviter le déploiement au forceps indépendant des besoins ou des capas réseau... Ok.

2) nucléaire : 6 tranches vont bien occuper la filière pour le moment. Mais si on veut que le tissu industriel se mette en branle pour un vrai renouve...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
2) nucléaire : 6 tranches vont bien occuper la filière pour le moment. Mais si on veut que le tissu industriel se mette en branle pour un vrai renouvellement du parc, à terme, il faudra prendre des engagements au long terme sans trop traîner

1) la conso : de toute façon il faut qu'on arrive à la relancer via l'électrification... Partir sur un entre-deux en attendant un plan d'électrificati...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
1) la conso : de toute façon il faut qu'on arrive à la relancer via l'électrification... Partir sur un entre-deux en attendant un plan d'électrification sérieux me semble un bon début.

3 • ralentissement sur le PV

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
3 • ralentissement sur le PV
4 • focus, pour l'éolien terrestre, sur le repowering plutôt que les nouveaux parcs
5 • maintien de la cadence dans l'éolien marin

De quoi fâcher LFI, EELV et toute l'extrême droite (LR inclus), mais moi ça me semble plutôt bien. Tout a du sens.

Si je comprends bien les articles et éditos qui me sont parvenus, pour cette PPE, on part sur (côté électricité)

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Si je comprends bien les articles et éditos qui me sont parvenus, pour cette PPE, on part sur (côté électricité)
1 • hypothèse de hausse significative mais raisonnable de consommation électrique
2 • relance du nucléaire confirmée, clause de revoyure pour en revoir l'ampleur

Instrumentalisation du cancer : l’ère des « phobistes »

12 février 2026 à 06:00

L’epidémie de désinformation sur le cancer se propage. Tant pis si notre espérance de vie n’a jamais été aussi grande, si on soigne mieux que jamais et si les pesticides sont innocents. Pour combattre la modernité, les marchands de peur ont fait du cancer leur totem.

À force d’instrumentalisation, particulièrement en France, le cancer n’est plus seulement une dramatique épreuve intime et médicale. Il devient une variable d’ajustement des agendas militants, politiques et médiatiques, qui en rendent responsables les pratiques d’une agriculture déjà exsangue et au bord de l’explosion. Un débat ravivé à la faveur des municipales et de la reprise des discussions qui se tiennent actuellement à l’Assemblée autour de l’annonce d’une nouvelle mouture de la loi Duplomb et d’une seconde pétition en contestant la possibilité, la première ayant recueilli plus de 2 millions de signatures. Mais aussi de l’exploitation malhonnête du chiffre de l’évolution du nombre de patients atteints par ces pathologies entre 1990 et 2023, qui a doublé pour des raisons d’une infinie logique, que nous étudierons plus loin. Un phénomène dangereux qui fragilise un secteur économique vital et certaines de ses filières, et détourne l’attention des facteurs à considérer prioritairement pour faire reculer la maladie. De quoi avoir fait réagir plusieurs cancérologues, scientifiques et spécialistes de l’agriculture, qui, notamment à l’initiative de notre contributeur, le Dr Jérôme Barrière, ont publié une tribune en forme de signal d’alarme dans Le Point, le 8 février dernier.

La réalité de l’explosion des cancers

Certes, les chiffres sont éloquents : le nombre de nouveaux cas de cancers en France métropolitaine est passé de 216 130 en 1990 à 433 136 en 2023, soit un doublement en trois décennies. Cette hausse, souvent qualifiée d’”explosion” dans les discours militants, n’est pourtant pas liée aux pesticides ou à l’agriculture intensive. Trois facteurs démographiques et médicaux l’expliquent principalement.

Premièrement, le vieillissement de la population. L’espérance de vie a progressé de manière spectaculaire : chez les hommes, de 72,7 ans en 1990 à 80,3 ans en 2025 ; chez les femmes, de 81,0 ans à 85,9 ans. Parallèlement, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans a quasiment doublé depuis 1990, passant d’environ 8 millions à près de 15 millions. Soit de 14 % de nos concitoyens à 22 %, en tenant compte de l’évolution démographique. Or, le cancer est avant tout une maladie liée à l’âge. Plus on vit longtemps, plus les cellules accumulent des mutations, multipliant les risques. Ce facteur explique à lui seul 48 % de l’augmentation des cas chez les hommes et 27 % chez les femmes entre 1990 et 2023.

Deuxièmement, la croissance démographique amplifie ce phénomène. La population française est passée de 58 millions d’habitants en 1990 à environ 68 millions en 2023 (69,1 millions selon le dernier recensement), soit une hausse de 10 millions. Cette augmentation élève logiquement le volume absolu de diagnostics, indépendamment des taux d’incidence par habitant. Combinés, ces deux éléments – vieillissement et croissance démographique – justifient 78 % de l’évolution chez les hommes et 57 % chez les femmes.

Troisièmement, l’amélioration des dépistages, impulsée par des politiques publiques volontaristes depuis les années 1990, détecte davantage de tumeurs et, ce qui est encourageant, à des stades précoces rendant la guérison plus probable. Des programmes nationaux pour le sein, le colorectal ou le col de l’utérus ont multiplié les diagnostics, y compris pour des cas qui auraient pu passer inaperçus autrefois. Contrairement aux affirmations alarmistes, la France n’établit aucun record mondial ; l’incidence du cancer reste stable ou en baisse pour plusieurs localisations, comme pour le poumon chez les hommes, grâce à la baisse du tabagisme actif. Avec une incidence de 339 cas constatés pour 100 000 habitants, rien qu’en Europe, notre pays est moins touché que le Danemark, l’Irlande, la Norvège, la Belgique ou les Pays-Bas, dont les taux oscillent entre 350 et 400, même s’il faut rester prudent quand on compare les pays entre eux, les registres étant différents dans leur mode de recueil.

Par ailleurs, cette hausse des cas s’accompagne d’avancées médicales remarquables, boostées ces dernières années par les apports d’une intelligence artificielle qui ne fait que commencer à révéler ses promesses. Les taux de survie à cinq ans ont bondi : pour le cancer de la prostate, autour de 93 % aujourd’hui ; pour celui du sein, 89 % ; pour le colorectal, 65 % ; et pour le poumon, 22 %. Ces progrès contrastent avec les narratifs catastrophistes qui occultent les victoires de la médecine et alimentent une peur irrationnelle, détournant des efforts vers des causes secondaires.

Les causes réelles des cancers : prioriser les facteurs modifiables

Les origines du cancer sont multiformes, mais les données épidémiologiques identifient clairement les principaux coupables, loin des accusations récurrentes contre les produits phytosanitaires. Parmi les facteurs modifiables, le tabac domine largement, responsable de 20 % des nouveaux cas en France (29 % chez les hommes, 9,3 % chez les femmes). Il provoque non seulement des cancers du poumon, mais aussi des voies aérodigestives supérieures, du pancréas, de la vessie et bien d’autres. L’alcool suit, à l’origine de 8 % des cas (8,5 % chez les hommes, 7,5 % chez les femmes), touchant l’œsophage, le foie, le sein, le colorectal et, là encore, le pancréas, dont le cancer est le plus redoutable. Le surpoids et l’obésité contribuent chacun à 5,4 % des diagnostics, favorisant des tumeurs hormonodépendantes comme celles du sein ou de l’endomètre, tandis qu’une alimentation déséquilibrée – pauvre en fruits, légumes et fibres, riche en viandes transformées – ajoute 5,4 % supplémentaires. La sédentarité, avec 0,9 %, complète ce tableau des modes de vie délétères.

D’autres causes incluent les infections (comme le papillomavirus ou les hépatites, évitables par la vaccination et représentant 3 à 5 % des cas) et les expositions professionnelles (3 à 5 %, surtout liées à des substances comme l’amiante ou les solvants). En comparaison, les produits phytosanitaires utilisés en agriculture sont soupçonnés dans la survenue d’environ 0,1 % des cancers, touchant principalement les professionnels exposés (de mieux en mieux protégés désormais car informés), et de manière marginale, selon les études du Centre international de recherche sur le cancer et de Santé publique France. Par ailleurs, comme la plupart de nos voisins européens, mais avec une rigueur parfois supérieure, nous n’utilisons plus de pesticides classés CMR catégorie 1, les plus dangereux (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction avérés ou présumés, selon le règlement CLP européen).

S’obstiner alors sur ces facteurs extrêmement mineurs de survenue des cancers, au point d’être inquantifiables, comme le font certains discours, détourne des priorités essentielles et perpétue une illusion de contrôle sur des risques exagérés.

Des discours dangereux et opportunistes

Or, il s’agit d’un réel danger. Ces narratifs relèvent le plus souvent de médias considérant la peur comme étant plus lucrative que la science, et de militants et politiciens opportunistes et irresponsables suivant un agenda électoral clientéliste. Les premiers, outre de désinformer, laissent certains argumentaires fallacieux et antiscientifiques être déroulés sans jamais que leur soit portée la contradiction, témoignant soit de l’ignorance des journalistes, soit de leur complaisance coupable. Une offensive « phobiste » coordonnée et ravageuse. On pense notamment aux mots scandaleux de Rima Hassan à l’encontre du sénateur Duplomb, sans aucun lien de causalité entre son propos et sa loi : « Ma propre mère est décédée d’un cancer à 3 mois de sa retraite. Comme 2 millions de Français j’emmerde Duplomb qui roule pour l’agro-industrie au détriment de la santé publique. » Une saillie ensuite soutenue sans scrupule par Jean-Luc Mélenchon, faisant par ailleurs référence à la militante Fleur Breteau qui a lancé à la figure des parlementaires ayant voté le texte : « vous êtes des alliés du cancer, et on le fera savoir ! ». Fleur Breteau ? Parlons-en. Styliste, fondatrice d’une chaîne de sex-shops et militante de Greenpeace, elle n’a jamais travaillé dans l’agriculture. Atteinte d’un cancer du sein sans aucun lien avec les pesticides, elle est un exemple emblématique de cette dérive de la politisation du cancer que son malheur ne justifie pas. Une dérive qui s’appuie sur les théories critiques de la modernité, comme celle du prêtre et philosophe austro-américain Ivan Illich, vue comme une machine folle qui, par sa course à la productivité, aliènerait les individus, détruirait leur autonomie, tout en générant une rareté artificielle et une destruction environnementale. Ironie du sort, Illich est mort en 2002, victime d’un cancer qu’il… a refusé de faire soigner pour se conformer à ses théories. Cette critique radicale reste très influente aujourd’hui chez de nombreux militants antipesticides, qui y puisent une dénonciation des logiques industrielles agrochimiques.

La science contre l’émotion et l’instrumentalisation

Outre de passer à côté des véritables enjeux, ces discours alimentent un populisme antiscience qui stigmatise une profession en crise, avec des suicides en hausse parmi les agriculteurs, et poussent à des lois hâtives sans évaluer leurs impacts. Cette polarisation, typique de l’époque, érode le débat démocratique, remplaçant l’analyse factuelle par une indignation sélective qui freine les solutions équilibrées pour la santé et l’environnement. Ainsi, acceptons désormais qu’une pétition signée par 3 % des Français fasse office de référendum et rende caduque toute nouvelle proposition de loi reprenant pourtant scrupuleusement l’avis du Conseil constitutionnel rendu durant l’été 2025.

En remplaçant la science par l’indignation, elle fragilise des secteurs essentiels comme l’agriculture qui poursuit inéluctablement son déclin et occulte les batailles cruciales contre le tabac, l’alcool ou l’obésité, qui pourraient prévenir des dizaines de milliers de cas annuels en visant par exemple une génération sans tabac ou encore une meilleure couverture vaccinale contre les papillomavirus encore insuffisante et inégale sur le territoire. Il est impératif de remettre la raison au centre du débat et de prioriser les facteurs évitables pour booster des taux de survie dont la hausse constante reste remarquable.

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On récapitule : ? Mission VA267 : Ariane 6 est prête ! youtube.com/live/5IiH09mCG5A?feature=share

CNES @cnes.fr posted:
On récapitule : 🚀 Mission VA267 : Ariane 6 est prête ! youtube.com/live/5IiH09mCG5A?feature=share

🗓 Décollage : 12 février 2026
🕐 16h45 – 17h13 (UTC) / 17h45 – 18h13 (heure de Paris) / 13h45 – 14h13 (heure de Kourou)
📍Centre spatial guyanais
#Ariane6 #VA267
@esa.int @transport.esa.int @fr.esa.int

Affiche du lancement VA267 du Cnes, le lanceur Ariane 6 avec un dégradé, la date du 12/02/2026

?‍? Sophie Adenot s’envole vendredi vers l’ISS !

CNES @cnes.fr replied:
👩‍🚀 Sophie Adenot s’envole vendredi vers l’ISS !

🗓 11h15 (heure française)
📺 Live ESA en français à suivre sur la chaîne YouTube du #CNES : youtube.com/live/QbQApHw...

Début de la mission #εpsilon ✨

#MissionEpsilon #ISS @esa.int @fr.esa.int

Visuel du lancement de Sophie prévu le 13/02/2026

Reçu — 11 février 2026 De tout et de rien

L'une des plus puissantes explosions de l'univers stocke un peu de son excédent d'énergie sous la forme d'énergie potentielle dans les noyaux lourds q...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
L'une des plus puissantes explosions de l'univers stocke un peu de son excédent d'énergie sous la forme d'énergie potentielle dans les noyaux lourds qu'elle crée.
Et on libère cette énergie des quelques uns de ces noyaux lourds qui nous sont parvenus.

Au passage : la maîtrise de la fission nucléaire est donc la capacité à inverser l'un des phénomènes ayant cours dans une kilonovae. Excusez du peu.

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Au passage : la maîtrise de la fission nucléaire est donc la capacité à inverser l'un des phénomènes ayant cours dans une kilonovae. Excusez du peu.

Quoted post from Astropierre @astropierre.com:
3/

Les kilonovae sont légèrement différentes. Elles se produisent lors de la collision de deux étoiles à neutrons, produisant des éléments lourds comme l'or ou l'uranium.

Elles peuvent être détectés grâce aux ondes gravitationnelles qu'elles provoquent et grâce à la lumière que l'explosion émet.

Réanimer les cœurs de ville

11 février 2026 à 06:00

Des vitrines qui ferment. Des rues qui se vident. Les centres-villes, petit à petit, s’endorment. Un déclin que commerçants et élus tentent désespérément d’endiguer à coups de subventions ou d’opérations de com’. Sans jamais s’attaquer au fond du problème : faire revenir les clients.

Si les commerces étouffent, c’est principalement à cause du développement des plateformes digitales et des baux commerciaux trop élevés, dit-on. Certes. Mais on oublie trop souvent qu’un centre-ville ne vit que parce que des consommateurs s’y rendent. Comme un centre commercial, sa puissance dépend de son attractivité, du nombre de clients qu’il touche. Il lui faut donc une importante population en capacité d’y accéder facilement, régulièrement et dans des conditions agréables : ce sont les habitants qui consomment au quotidien, les actifs qui travaillent dans le secteur et les visiteurs qui s’y rendent pour du shopping, des sorties, des loisirs. Or, ces conditions ne sont aujourd’hui plus remplies.

Quand la ville se vide… d’habitants

Historiquement, les centres-villes étaient le premier lieu d’habitation, de vie, d’échanges. Ce n’est plus le cas. Entre 1960 et 1990, le développement des zones périurbaines et avec elles, de quartiers plus accessibles et surtout moins chers, a entraîné le déplacement d’une partie non négligeable des urbains. Aujourd’hui, la population des quatre premiers arrondissements de Paris représente 30 à 40 % de ce qu’elle était il y a un siècle ! Le constat est clair : le logement intra-muros n’est plus compatible avec les contraintes et attentes contemporaines.

Où sont passés les actifs ?

La ville a toujours été un pôle d’attractivité économique. Mais les actifs aussi se sont déplacés vers la périphérie en réponse à la hausse des loyers des bureaux (sans rappeler le départ des industries il y a longtemps déjà), aux difficultés d’accès, aux nouvelles normes. Les premiers à fuir sont l’État et les collectivités. Par exemple, à Orléans, ce sont 5 000 emplois qui ont été déplacés avec le nouvel hôpital. À Strasbourg, près de 1 000 agents de police ont été relocalisés en bordure de voie rapide, loin des quais historiques. Près de 10 000 emplois administratifs ont suivi le regroupement des services du ministère de la Défense vers le site Balard. Ce sont des flux perdus, une masse de consommateurs qui a soudainement abandonné les commerces voisins. S’il subsiste parfois quelques « mairies-vitrines », pour les cérémonies notamment, elles ne parviennent pas à compenser ces départs.

Où est-ce qu’on se gare ?

En plus des habitants et des emplois, la taille de la clientèle d’une ville comprend les visiteurs occasionnels : banlieusards faisant leurs courses et clients venant d’un peu plus loin. Se pose alors la question de l’accessibilité des cœurs de ville. Au-delà des débats sur la voiture et la ville, force est de constater que les politiques mises en place pour entraver la circulation automobile ont considérablement compliqué l’accès et donc contracté l’économie du secteur. Mis à part dans quelques villes, l’offre en mobilités collectives n’a pas suivi, ou pas assez bien (amplitudes horaires, soirée / nuit, continuité des lignes…) : se déplacer devient tout de suite contraignant. De plus, ces nouveaux modes de déplacement modifient la manière de consommer : sans coffre, on achète plus léger, moins encombrant. En d’autres termes, l’évolution de la mobilité transforme la structure commerciale et l’économie des centres-villes.

La disneylandisation de la ville

De toutes les clientèles, le tourisme international est le moins pénalisé. Ainsi son poids économique se renforce, par l’affaiblissement des autres clientèles, entraînant là aussi une modification importante du tissu commercial. Encore cela ne vaut-il que pour les métropoles à dimension internationale, au premier rang desquelles on retrouve bien sûr Paris. Les villes moyennes, elles, subissent une perte sèche.

Pourquoi sortir quand on peut scroller ?

Si le e-commerce n’est pas la cause première de la désertification des centres-villes, son avènement joue le rôle d’accélérateur. Chacun a désormais le pouvoir de consommer ce qu’il veut, quand il veut, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, en quelques clics. Aussi, quand la taille de la clientèle baisse, que générer du flux devient plus difficile et que de l’autre côté, le catalogue digital est disponible à toute heure de la journée ou de la nuit, le résultat est sans appel. Le client n’est plus captif de la ville. Moins attractive, elle doit réinventer sa capacité de séduction. Avant, y venir était une nécessité. Désormais le commerce de ville doit justifier son utilité.

Se balader… en paix

Les acteurs du commerce parlent d’expérience d’achat. La ville obéit au même impératif. L’expérience de la ville commerçante doit mobiliser les acteurs pour faire vivre au client un moment agréable. Or la situation est souvent loin d’être idéale : transports en commun dégradés, poubelles débordantes, rues taguées, incivilités sont courants. Alors que tout est disponible depuis son canapé, personne n’a envie de venir dans une ville s’il s’y sent mal à l’aise. Si l’on souhaite inciter les gens à revenir en ville, il faut d’urgence répondre concrètement à ce sentiment d’insécurité.

Une politique commerciale de la ville

Les politiques publiques ont changé la ville et dégradé sa commercialité. Constatant la situation, les municipalités investissent souvent pour compenser les effets sans traiter les causes. Ainsi certaines détiennent d’importants parcs de locaux commerciaux et prétendent définir l’offre, ce qui n’est pas leur métier et encore moins leur compétence.

Revivifier un centre-ville, ce n’est pas « sauver des boutiques ». C’est reconstruire une mécanique de flux, donc de zone de chalandise, donc d’accès, donc de sécurité, donc d’envie. Tant qu’on traitera le commerce comme un sujet isolé, on continuera à constater la vacance et à déplorer la décommercialisation. À l’inverse, si l’on accepte de regarder les causes structurelles – même quand elles sont difficiles à entendre – alors on peut reprendre la main. Rien n’est figé. Une ville vit de flux, et le flux se mérite.

Le commerce n’a pas tant besoin d’aides que des conditions de son épanouissement.

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