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Reçu — 13 avril 2026 De tout et de rien

IA : Sacrifier notre avenir sur l’autel du droit d’auteur ?

13 avril 2026 à 21:18

Empêcher l’entraînement des IA en France, voire même leur commercialisation, au nom de la protection des auteurs. Irréaliste ? Délirant ? Économiquement criminel ? C’est pourtant le sens de la nouvelle loi votée à l’unanimité par nos sénateurs.

À l’abri de la lumière médiatique, le Sénat vient d’adopter à l’unanimité une proposition de loi sur le rapport entre l’IA et le droit d’auteur. Portée par la sénatrice Laure Darcos, elle a également reçu le soutien direct de Renaissance, de LR et du Parti communiste, dans un attelage pour le moins baroque. Ce texte introduit dans le Code de la propriété intellectuelle un article unique qui bouleverse l’équilibre entre création et innovation. Désormais, « sauf preuve contraire, l’œuvre ou l’objet protégé par un droit d’auteur ou par un droit voisin est présumé avoir été utilisé par le fournisseur du modèle ou du système d’intelligence artificielle, dès lors qu’un indice afférent au développement ou au déploiement de ce système ou au résultat généré par celui-ci rend vraisemblable cette utilisation ».

En d’autres termes, si un indice quelconque laisse penser qu’une IA a pu utiliser une œuvre protégée (un livre, une photo, une musique, etc.) pour s’entraîner ou pour générer un contenu, on considérera automatiquement que c’est le cas… sauf preuve du contraire. À partir de là, tout auteur ou ayant droit pourra engager une procédure judiciaire sur la base d’un simple indice (similarité stylistique ou graphique, etc.). De quoi encore davantage submerger nos tribunaux, déjà au bord de la crise de nerfs, et conduire les entreprises investies dans l’IA à passer leur temps à se défendre plutôt qu’à innover.

La charge de la preuve, qui pesait jusqu’alors sur les ayants droit, bascule donc sur les entreprises. L’intention proclamée est noble en apparence : mettre fin à ce que les défenseurs du texte qualifient de « pillage » ou de « moissonnage » massif des œuvres par les modèles génératifs. Mais, derrière cette rhétorique protectrice, se dissimule un dispositif qui menace non seulement l’essor de l’IA en France, mais aussi le principe même de la création, qu’elle soit humaine ou algorithmique. Ce texte, adopté dans une urgence presque fébrile, révèle une fois encore les travers d’une culture législative française qui, sous couvert de régulation vertueuse, étouffe l’innovation et saborde ses propres atouts dans la course technologique mondiale.

Le principe même des IA remis en cause

Au cœur de cette proposition réside une mise en danger fondamentale de l’entraînement des intelligences artificielles. Un modèle de langage de grande envergure, qu’il s’agisse des architectures open-weight de Mistral AI ou des systèmes plus opaques des géants américains, ne surgit pas du néant. Il se construit par une immersion profonde, une digestion statistique colossale de milliards de données textuelles, visuelles ou sonores collectées sur le web ouvert ou dans des corpus publics. Cet apprentissage, loin d’être une simple copie mécanique, consiste en une synthèse qui permet à la machine de recombiner des concepts et de générer des créations originales au profit de l’être humain qui les prompte.

Interdire ou rendre périlleux cet entraînement revient à nier la nature même de l’IA générative : un outil qui, comme l’esprit humain, progresse par imprégnation cumulative et transfiguration créatrice. Prétendre qu’un système doit rester vierge de toute influence antérieure pour être légitime, c’est ignorer que toute intelligence — biologique ou artificielle — s’élève précisément en absorbant un océan de connaissances préexistantes. Le texte du Sénat ne se contente pas de réguler l’usage ; il fragilise l’architecture cognitive elle-même des modèles, en rendant leur développement techniquement et juridiquement hasardeux sur le sol européen.

Une inversion de la charge de la preuve techniquement insurmontable

Cette fragilisation devient catastrophique lorsqu’on mesure l’ampleur de l’inversion de la charge de la preuve qu’impose le dispositif. Comment un fournisseur d’IA pourrait-il, en pratique, démontrer l’absence totale d’utilisation d’une œuvre protégée au sein de données qui atteignent souvent plusieurs centaines de téraoctets, accumulés sur des années ?

La « preuve contraire » exigerait soit une inspection exhaustive et rétroactive des données — une entreprise colossale, coûteuse et souvent impossible sans dévoiler les secrets industriels les plus sensibles —, soit une transparence forcée des algorithmes qui exposerait les acteurs européens à une vulnérabilité concurrentielle sans précédent face aux géants américains ou chinois, moins contraints par de telles obligations. Les contentieux se multiplieraient en un véritable tsunami judiciaire. Chaque génération de contenu « à la manière de », chaque restitution partielle pourrait déclencher une présomption de culpabilité. Les procédures s’éterniseraient devant les tribunaux, paralysant les startups comme les laboratoires de recherche, tandis que l’innovation stagnerait sous le poids d’une infernale machine administrative et contentieuse. Loin de protéger les créateurs, ce mécanisme risque de créer une insécurité juridique permanente.

Le droit d’auteur détourné de son essence philosophique

Mais le détournement le plus insidieux opéré par ce texte concerne sans doute le droit d’auteur lui-même, dont il pervertit le sens. Ce droit, dans sa philosophie forgée par les Lumières et affinée au fil des siècles, protège l’exploitation frauduleuse et directe d’une forme originale, singularisée par l’empreinte personnelle de son créateur. Il ne vise nullement à entraver l’inspiration, la lecture assidue, l’écoute répétée ou l’étude minutieuse des œuvres antérieures.

Toute l’histoire de l’art, cette longue chaîne ininterrompue de filiations et de ruptures, repose sur ce principe de digestion et de transfiguration. Les peintres de la Renaissance, qu’ils soient flamands ou italiens, copiaient inlassablement les maîtres antiques ou contemporains, analysaient leurs compositions, réinterprétaient leurs motifs avant de forger leur propre langage. Les compositeurs romantiques, de Beethoven à Chopin, s’abreuvaient des partitions de Bach, de Mozart ou de Haydn, non pour les plagier, mais pour les sublimer dans des formes nouvelles. Les écrivains du XXe siècle, de Proust à Joyce en passant par les surréalistes, dévoraient les textes de leurs prédécesseurs avec une voracité intellectuelle qui nourrissait leur génie propre.

Considérer qu’un modèle de langage ne peut s’entraîner sur les œuvres existantes équivaut, en réalité, à interdire au jeune artiste de décrypter les toiles de ses aînés ou au musicien en herbe d’écouter des milliers d’heures de répertoires avant de composer. L’IA ne procède pas autrement : elle lit, elle absorbe, elle synthétise à une échelle surhumaine. Elle ne reproduit pas ; elle recrée à partir d’une mémoire collective digérée à la demande d’un être humain. Assimiler cet apprentissage statistique à un vol revient à méconnaître la nature profonde de la création humaine, qui n’a jamais existé en vase clos, mais s’est toujours enrichie de l’héritage commun.

Quand la photo faisait aussi peur que l’IA

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La peur légitime des artistes, mais un combat mal orienté

Pourtant, la crainte qui anime de nombreux artistes face à cette révolution technologique est compréhensible. Ils voient leurs métiers menacés par des outils capables de produire en quelques secondes des textes, des images ou des compositions d’une qualité souvent époustouflante. Cette angoisse s’exprime avec une force particulière chez les comédiens et les instrumentistes, qui se sentent les premiers exposés au risque d’un remplacement pur et simple.

Leur combat est compréhensible, mais il n’en demeure pas moins mal orienté. Car face à l’IA, dont la perfection parfois froide et « inhumaine » peut laisser un sentiment de frustration chez une partie du public en quête d’authenticité, le spectacle vivant retrouve un boulevard inattendu et prometteur. Le théâtre, le concert, la performance en chair et en os regagnent leur noblesse primordiale : celle de l’incarnation physique, de la présence irremplaçable, de l’imperfection vibrante qui seule touche l’âme. Le public, lassé des productions trop lisses générées par des algorithmes, reviendra en masse vers la scène vivante, vers l’émotion partagée en temps réel.

Quant aux véritables créateurs — réalisateurs, scénaristes, romanciers, etc. —, l’intelligence artificielle ne les supplante pas ; elle les élève à un rang inédit. L’art du prompt, cette nouvelle forme d’écriture précise et nuancée, devient un talent décisif. Celui qui sait structurer sa pensée avec rigueur, affiner son langage, anticiper les subtilités d’une machine probabiliste obtient d’elle exactement ce que son esprit imagine, sans recourir à des processus de production extrêmement coûteux en temps, en énergie ou en ressources. Loin de dévaloriser les littéraires, l’IA les replace au cœur du jeu créatif.

Le syndrome normatif français : légiférer d’abord, comprendre ensuite

On ne peut s’empêcher de reconnaître dans ce texte le symptôme récurrent d’un défaut normatif profondément ancré dans la culture administrative et politique française. Notre pays a toujours manifesté une propension singulière à vouloir légiférer sur tout, et particulièrement sur les innovations issues du secteur privé. Le politique, souvent dépassé par la rapidité fulgurante du monde numérique, réagit par un réflexe réglementaire pavlovien, comme il l’avait fait naguère avec la loi Hadopi. Celle-ci, adoptée en 2009 dans un élan de protection de la création face au téléchargement illégal, est restée dans les mémoires comme un exemple emblématique de dispositif hors-sol, inefficace et contourné par la technologie elle-même.

Ici encore, on légifère sans pleinement appréhender les enjeux, les dynamiques de concurrence internationale ni les subtilités techniques de l’entraînement des modèles. On veut protéger la culture en entravant l’outil même qui pourrait la démultiplier, la rendre accessible à tous et enrichir le terreau créatif français. En réalité, derrière chaque épisode législatif similaire concernant la propriété intellectuelle, on retrouve à la manœuvre les très influents organismes de gestion collective (les fameuses Sacem, SACD, Scam…). Ils ont été à la source d’Hadopi, de la directive copyright et de sa transposition, mais sont aussi parvenus, en 2021, via la loi REEN (réduction de l’empreinte environnementale du numérique), à tordre le bras du législateur pour lui imposer l’introduction d’un prélèvement obligatoire sur les matériels d’occasion reversé aux ayants droit, au titre de la redevance sur la copie privée.

Très chère Hadopi

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Un tir dans le pied face à un potentiel exceptionnel

In fine, ce texte témoigne d’une double et douloureuse distance. Entre l’état du politique et celui de la société d’une part, et entre la France et son propre potentiel d’autre part. Car notre pays dispose, dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais aussi dans la biotechnologie, les techniques CRISPR, les nouvelles technologies génétiques, les startups innovantes et la recherche médicale de pointe, d’atouts et de talents d’une rare qualité. Mistral AI, notre fleuron national, incarnait jusqu’ici l’espoir d’une Europe souveraine capable de rivaliser avec les géants d’outre-Atlantique. Cette proposition de loi risque de remettre en cause son existence même sur le sol français, à moins qu’elle ne choisisse, comme d’autres acteurs l’ont déjà laissé entendre, de délocaliser ses activités vers des juridictions plus accueillantes. Ce serait alors l’illustration tragique de notre capacité à saborder nos champions au nom d’une régulation prétendument protectrice.

L’avenir de la France en matière d’innovation ne doit pas se jouer dans des prétoires surchargés ni dans les commissions parlementaires qui cherchent à tout encadrer avant même d’avoir compris les enjeux profonds des sujets qu’elles abordent. Il s’exprimera dans notre capacité collective à accompagner le progrès tout en préservant l’essence de la création humaine. À l’Assemblée nationale, il est encore temps de refuser ce texte ou de le rééquilibrer en profondeur. Non pour abandonner les artistes, mais pour refuser le faux dilemme entre culture et innovation. Car l’une et l’autre ne s’opposent pas, mais se nourrissent mutuellement depuis la nuit des temps. L’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie de l’esprit créateur ; elle en constitue un prolongement prometteur. La France a le choix : devenir le pays qui régule l’avenir jusqu’à l’étouffer, ou celui qui l’invente avec audace, intelligence et une confiance retrouvée en son génie propre.

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Vous connaissez peut-être le grand concours photo "Close-Up Photographer Of The Year".

Astropierre @astropierre.com posted:
Vous connaissez peut-être le grand concours photo "Close-Up Photographer Of The Year".

L'an dernier, en marge du concours principal, l'organisation avait organisé un défi thématique, intitulé :
"Death and Decay".

À dérouler ci-dessous.

(Trigger warning : mort & décomposition)
#SciArt

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un collembole sur lequel poussent des tiges de champignon blanc. Crédit : Olivier Clerc

Électroscope #22 : Main bionique, pomme de terre indestructible et batterie géante

13 avril 2026 à 05:01

Traiter le mildiou sans pesticides, recycler le lithium, contrôler sa prothèse par la pensée, nettoyer les plages et voir naître la plus grande batterie du monde… C’est parti pour Électroscope #22.

NGT : une pomme de terre anti-mildiou aux Pays-Bas

Libérer notre agriculture de sa dépendance aux pesticides, tout en maintenant le rendement pour ne pas risquer l’effondrement de la sécurité alimentaire mondiale : voilà le défi sociétal et écologique du XXIe siècle. Pour remporter cette course contre la montre, l’Université de Wageningen (WUR) et le ministère néerlandais de l’Agriculture ont annoncé le lancement, dès cette année, en 2026, de tests en plein champ de pommes de terre de nouvelle génération, issues des Nouvelles Techniques Génomiques (NGT).

La cible principale ? Le redoutable Phytophthora infestans, responsable du mildiou. Ce fléau destructeur décime les récoltes et force aujourd’hui les agriculteurs à des pulvérisations intensives. Grâce aux NGT, les scientifiques ont modifié l’ADN de la plante avec une précision chirurgicale pour la rendre naturellement « blindée » contre les parasites. L’objectif affiché : faire chuter drastiquement l’usage des produits phytosanitaires.

Oubliez les OGM d’il y a 20 ans ! À l’époque, le projet néerlandais DuRPh de pomme de terre transgénique s’était aussitôt fracassé contre le mur d’une réglementation européenne paralysante. Ici, la rupture technologique des NGT change la donne : elles reproduisent en un temps record les mêmes mutations défensives que la nature ou la sélection classique auraient mis des décennies à créer. Et puisqu’il s’agit de modifications très ciblées au sein de la même espèce, ces plants ne posent aucun risque sanitaire.

Ces essais sur le terrain tombent à un moment stratégique. L’Union européenne débat actuellement d’une évolution législative (le vote définitif est prévu pour mai 2026) visant à exempter ces cultures NGT des lourdes procédures d’approbation imposées aux OGM. En confrontant la technologie à la réalité de la terre, les Pays-Bas fourniront ainsi un juge de paix factuel. Ces tests démontreront si l’édition génomique est le catalyseur tant attendu dont nous avons besoin pour bâtir une agriculture durable et résiliente.

Le Japon recycle 90 % du lithium des batteries

Pour accompagner l’essor des véhicules électriques sans dépendre des pays miniers, la solution se trouve peut-être dans nos batteries usagées. Alors que la demande mondiale en métaux critiques s’envole, le développement de circuits de recyclage performants devient un enjeu de souveraineté économique et de transition écologique. Au Japon, une avancée technologique récente prouve qu’il est possible de récupérer les composants les plus précieux de nos appareils en fin de vie avec une efficacité redoutable.

La percée concerne l’un des métaux les plus complexes à recycler : le lithium. Jusqu’à présent, les procédés traditionnels peinaient souvent à dépasser un taux de récupération de 50 %, limitant la rentabilité des filières de réemploi. Pour surmonter cet obstacle, un nouveau procédé a été déployé par l’entreprise japonaise JX Metals. La méthode commence par la calcination des batteries usagées dans des fours spécifiques afin d’éliminer tous les éléments plastiques et non métalliques.

La matière restante est ensuite broyée et raffinée pour obtenir une poudre noire fortement concentrée en métaux. C’est lors de l’étape de purification que l’innovation prend tout son sens. Cette poudre est dissoute dans l’eau avant d’être soumise à des réactions chimiques. L’industriel, qui a optimisé les réactifs utilisés, parvient désormais à extraire une poudre de lithium d’une très haute pureté : le rendement de récupération atteint près de 90 %, un taux qui s’impose aujourd’hui comme l’un des meilleurs au monde.

Cette efficacité inédite permet d’envisager un avenir où les batteries d’aujourd’hui fourniront le lithium de demain, sécurisant ainsi les approvisionnements à grande échelle.

Des prothèses « contrôlées par la pensée » à Nantes !

L’être humain bionique n’est plus une chimère réservée aux romans de science-fiction. Au Centre de la main de la Clinique Jules-Verne, à Nantes, une révolution médicale est en marche. L’établissement s’illustre par une prouesse chirurgicale hors du commun : l’implantation de prothèses de main bioniques pilotées par le cerveau.

Aux commandes de cette avancée se trouve une équipe pionnière, portée par le docteur Edward de Keating-Hart, spécialiste en chirurgie de la main. L’intervention repose sur une technologie de pointe appelée « réinnervation musculaire ciblée ». Le principe est fascinant : les chirurgiens récupèrent les nerfs sectionnés au moment de l’amputation, qui conservent leur « mémoire motrice », pour les reconnecter à d’autres muscles sains dans le membre résiduel. Une fois ces nerfs réveillés, une prothèse est alors emboîtée sur le moignon.

Lorsque le patient « pense » à fermer son poing ou à plier ses doigts, le cerveau envoie un signal électrique aux muscles réinnervés. Des électrodes peuvent capter cette contraction et la traduire instantanément en mouvement mécanique dans la main bionique. Le contrôle de la prothèse se veut complètement intuitif pour les patients.

Initiée historiquement en France à la Clinique Jules-Verne fin 2018 avec la patiente Priscille Déborah, la toute première Française à avoir bénéficié de cette technologie pour un bras bionique, cette démarche médicale redonne un espoir inédit aux patients amputés. Bien que l’intervention et la rééducation post-opératoire soient particulièrement exigeantes, cette prouesse nantaise marque un tournant dans la chirurgie réparatrice.

Les robots nettoyeurs de plage débarquent à Hainan

Le sable fin de l’île de Hainan, en Chine, a récemment accueilli des travailleurs d’un genre nouveau. En marge du prestigieux Forum de Boao pour l’Asie, qui s’est tenu fin mars 2026, l’attention s’est détournée des salles de conférence pour se porter vers les rivages de la province. La véritable vedette ? Le « Jietan Weishi S3 », un robot nettoyeur de plage.

Conçu par l’Institut de recherche de Hainan de la prestigieuse Université Jiao Tong de Shanghai, cet engin chenillé 100 % électrique pourrait transformer la gestion du littoral. Là où le travail humain traditionnel atteint rapidement ses limites, cette sentinelle d’acier redéfinit l’efficacité du nettoyage des plages : la machine pénètre le sable jusqu’à 12 centimètres de profondeur, tamisant méticuleusement son sillage.

Rien ne lui échappe. Avec une précision redoutable de cinq millimètres, le robot engloutit les mégots de cigarettes, les fragments de plastique et les éclats de verre discrètement enfouis, ces déchets insidieux et souvent invisibles à l’œil nu qui empoisonnent les écosystèmes côtiers. Une fois ce tri rigoureux effectué, la machine lisse parfaitement la surface, ne laissant derrière elle qu’une étendue de sable purifiée.

Déployés dans le cadre d’un projet pilote, ces robots accomplissent leur tâche « 6 à 10 fois » plus vite que les humains, selon leurs concepteurs. Silencieux, autonomes et infatigables, ils sont là pour soulager des travailleurs souvent confrontés à un labeur éreintant sous le lourd soleil tropical. Typiquement le genre de job ingrat qui mérite d’être robotisé…

Vers la plus grosse batterie à flux redox en Suisse

Un chantier aux proportions monumentales bat actuellement son plein dans le superbe canton d’Argovie, en Suisse. Le développeur helvétique FlexBase y érige le futur « Centre technologique de Laufenburg », une infrastructure chiffrée à plusieurs milliards de francs suisses qui abritera, dès 2028-2029, la « plus grande batterie à flux redox au monde ».

Sur une surface de 20 000 m², à proximité immédiate du nœud historique de l’électricité en Europe, des travaux de génie civil sont en cours pour soutenir cette installation, dotée d’une capacité de stockage de plus de 1,6 gigawattheure (GWh) et d’une puissance de décharge atteignant les 800 mégawatts. L’utilité de ce mégaprojet réside dans la sécurisation et la stabilisation du réseau électrique continental en agissant comme un amortisseur géant : elle absorbera les excédents d’électricité (issus des renouvelables) lors des pics de production pour les redistribuer instantanément lors des périodes de forte consommation.

Le choix de la technologie à flux redox s’est imposé. Contrairement aux batteries lithium-ion, ce système stocke l’énergie chimiquement dans d’immenses cuves d’électrolytes liquides. Il est particulièrement utile pour le stockage stationnaire à grande échelle, car il est totalement ininflammable, s’affranchit des métaux critiques de plus en plus difficiles d’accès et offre une durée de vie exceptionnelle sans dégradation des performances dans le temps.

Cette batterie sera accompagnée d’un nouveau centre de données dédié à l’IA. Dans une logique d’économie circulaire très utile pour la collectivité, la chaleur résiduelle dégagée par les serveurs informatiques sera récupérée pour alimenter le réseau de chauffage à distance de la ville de Laufenburg. Cette synergie d’une grande utilité devrait permettre d’économiser environ 75 000 tonnes de CO2 sur les trente prochaines années.

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