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Reçu — 20 février 2026 MiniMachines.net

Le retour des configurations médiocres ?

20 février 2026 à 15:07

Poussé en avant par son prix, le portable HP 15-fd0165nf n’a absolument rien pour lui. Lancé en 2024, il réunit peut-être un des pire compromis de composants possible. C’est typiquement le genre de machine qui passe sous les radars en France habituellement, pourtant aujourd’hui il est mis en avant comme une bonne affaire.

Crise des composants oblige, ce sont les fonds de tiroirs qui sont poussés en avant par les revendeurs. Les vieilles machines invendables qui peuvent à nouveau séduire. Il suffit de maquiller cela avec la complaisance idiote de quelques commentaires flatteurs et on peut faire passer un engin absolument pitoyable pour une bonne affaire. Le HP 15-fd0165nf est le symbole même de ces vieux clous qui commencent à réapparaître chez certains marchands comme ici à 299.99€ chez CDiscount.

HP 15-fd0165nf

Le HP 15-fd0165nf propose une fiche technique catastrophique

La machine d’HP est sortie, a priori, en 2024. C’est difficile d’être totalement affirmatif parce que c’est le genre de machine qui disparait très vite du catalogue du fabricant. Il s’agit de répondre à un cahier des charges simple : proposer un produit qui va ressembler aux solutions classiques mais pour un prix très bas afin de remplir les catalogues de revendeurs. C’est ce qui sera mis en avant dans votre boite aux lettres comme une bonne affaire parce que l’engin propose un design semblable à des produits plus classiques. Associé à un tarif très bas, ce genre de machine a pour objectif de faire croire à des néophytes qu’ils font une bonne affaire.

Le HP 15-fd0165nf est un portable 15.6″ qui propose un affichage Full HD avec une dalle de type TN. Ce type de dalle offre des angles de vue très faibles auxquels nous ne sommes plus habitués. En général, lorsqu’on s’éloigne un peu trop du centre de l’écran, qu’on n’est plus bien en face, les couleurs commencent à se délaver. Au bout de quelques degrés supplémentaires, la luminosité disparait et l’écran devient noir. C’est très désagréable quand on a été habitué à des écrans de type IPS depuis des années. La luminosité est de 250 cd/M² ce qui est dans la moyenne très basse pour un ordinateur portable. Sa colorimétrie est basique avec 45% du spectre NTSC. Bref, c’est un mauvais écran emballé dans un châssis à bordures fines.

Il est piloté par une puce que j’aime beaucoup, un processeur Intel N100 Alder Lake-N que l’on a retrouvé dans de nombreux MiniPC au fil des ans. C’est un processeur simple aux capacités solides et capable de mener à bien de nombreuses tâches. Enfin, c’est le cas quand il est accompagné par assez de mémoire vive. Ici, ce sont 4 Go de DDR4-3200 qui sont proposés. Sur un support SODIMM et donc évolutif, mais par défaut bien trop faible pour épauler convenablement le processeur. Pour avoir testé le N100 dans à peu près toutes les configurations possibles de mémoire vive, de 4 à 32 Go embarqués en monocanal, les solutions en 4 Go sont fort peu confortables. Encore moins sous Windows 11. La partie graphique absorbe déjà une part de ces 4 Go pour fonctionner, le peu restant est ensuite en grande partie aspiré par Windows. La partie mise à jour du système 

Il suffit de lancer un navigateur web pour mettre la machine à genoux. Avec si peu de mémoire, chaque opération va limiter vos possibilités. Lancer la décompression d’un fichier bloquera une autre tâche. Ouvrir un traitement de texte et une session de navigation aura des conséquences sur la fluidité de l’ensemble. Les performances s’en trouvent fortement amoindries et la machine se met à travailler avec le stockage pour piloter les données à afficher. C’est simplement pénible. Avec 8 Go c’est correct et on peut travailler avec un PC N100 de ce type. Ce n’est pas très agréable mais c’est suffisant. Il faut au minimum 16 Go de mémoire vive pour que le N100 dégage tout son potentiel. Cela ne fera pas une machine capable de calculer plus vite, un fichier mettra autant de temps à se décompresser, par exemple. C’est son chargement et son déplacement qui seront beaucoup, beaucoup plus rapides. On passe d’un engin pénible en 4 Go à un engin exploitable en 8 Go pour une solution confortable en 16 Go. 

HP 15-fd0165nf

« Touche d’accès rapide aux emojis »…

Le stockage du HP 15-fd0165nf est confié à un UFS de 128 Go soudé à la carte mère sans possibilité d’évolution. C’est peu, d’autant que c’est un Windows 11 qui est installé sur l’engin accompagné de la myriade de logiciels HP habituelle. Cela donne fort peu de place au final pour les données de l’utilisateur. Suffisant pour un usage bureautique et web mais pas très confortable ni, encore une fois, des plus rapides.

HP 15-fd0165nf

Le reste est classique, on note une paire d’enceintes stéréo, un module Wi-Fi6E et Bluetooth 5.3 piloté par un chipset MT7902 et une connectique basique. Deux ports USB 3.2 Type-A, un USB 3.2 Type-C, un HDMI 1.4b et un jack audio combo 3.5 mm. Une webcam HP 720P est présente ainsi qu’un clavier de type chiclets avec pavé numérique. Le pavé tactile est large et profond et un lecteur d’empreintes digitales ajoute une touche de modernité à ce repose poignets.

D’un point de vue autonomie, le portable annonce 7.5 heures d’usage classique grâce à une batterie 41 Wh. 10.75 heures en lecture vidéo. C’est plausible au vu des composants embarqués. La batterie se recharge en 45 minutes d’après le constructeur grâce à un chargeur 45W. L’ensemble pèse 1.59 Kg, mesure 35.98 cm de large pour 23.6 cm de profondeur et 1.86 cm d’épaisseur. Encore une fois, il s’agit de donner l’illusion d’un engin moderne et confortable. Le HP 15-fd0165nf ressemble à un portable 15.6″ classique. 

Pour piloter l’ensemble, HP embarque une licence de Windows 11 S. Une solution qui a quasiment disparu du paysage, limitée en usage mais pouvant être débridée facilement pour passer à un Windows normal. S ou pas, Windows 11 avec 4 Go et un N100 reste une expérience particulière. Il faut avoir une patience infinie pour accepter la réactivité proposée par ce type de solution.

Vous cherchez un portable premier prix ? Regardez plutôt du côté des machines d’occasion de grandes marques comme ce que propose AFBshop. La marque vend des machines reconditionnées issues de grandes entreprises et garanties 1 an. Toutes peuvent passer à 2 ans pour 29€ de plus à l’achat. J’ai acheté plusieurs machines chez eux et encouragé beaucoup de monde à faire de même. Avec toujours d’excellentes prestations. Pour moins cher que ces 299.99€ vous obtiendrez bien mieux. Quelques exemples ? 

Un HP EliteBook 830 G5. Un portable 13,3″ FullHD sous Intel Core i5 8350U, avec 8 Go de mémoire et 250 Go de stockage SSD sous Windows 11 Home est proposé à 229€. La version 850 G5 identique mais en 15.6″ est vendue à 299€.

Un DELL Latitude 5490 de 14″  FullHD également sous Intel Core i5 8350U, 8 Go, 250 Go et Windows 11 est vendu à 289€ en très bon état et 239€ en bon état.

Un LENOVO ThinkPad T14s en 14″ FullHD sous AMD Ryzen 5 4650U toujours en 8 / 250 Go sous Windows 11 est à 259€

Toutes ces machines sont largement plus performantes que ce portable HP 15-fd0165nf. Et de très loin. Elles sont par ailleurs plus évolutives et proposent de meilleures options techniques. Ne cédez pas aux sirènes du design et du prix, même si cela vous est présenté comme une excellente affaire. La crise des composants fait que beaucoup de stocks de vieilles machines invendables il y a encore quelques mois refont progressivement surface. Pensez à prendre le temps d’en examiner les caractéristiques.

Le retour des configurations médiocres 💩 © MiniMachines.net. 2026

AsteroidOS 2.0 : une dose de libre pour montres connectées

20 février 2026 à 10:38

La version 2.0 d’AsteroidOS débarque huit ans après le lancement de la version 1.0 et dix ans après le début de son développement. Ce système vise à remplacer celui installé par défaut sur des montres lancées par différentes marques.

Dans la liste des montres compatibles avec AsteroidOS 2.0, on retrouve des solutions Asus, TicWatch, Oppo, Huawei, LG, Fossil, Moto mais aussi Samsung, Sony et Casio de manière plus expérimentale.

Le système reprend les fonctions les plus classiques de ces différentes montres dans pas moins de 49 langues. Il supporte évidemment les spécificités de chaque montre suivant leur déploiement. Boutons, écrans tactiles capacitifs, pilotage de l’écran pour adapter sa luminosité, contrôle des alarmes et des vibrations. Mais la version 2.0 apporte également son lot de nouvelles fonctionnalités utiles.

AsteroidOS

Affichage permanent de l’heure, détection des mouvements de poignet pour réveiller la montre, mise en veille avec la paume de la main, lecture du rythme cardiaque, contrôle de la musique, Bluetooth, boussole, mode nuit, podomètre et fonction « lampe de poche » avec l’écran. On retrouve évidemment les basiques avec des fonctions d’alarme, de chronomètre, de météo ou de calculatrice. Les notifications et le dialogue avec votre smartphone seront possibles. Certaines de ces fonctions semblent évidentes mais manquaient cruellement à AsteroidOS 1.0.

Evidemment, il faut prendre en compte l’étendue du travail demandé pour porter ces éléments sur un panel si différent de montres. Chaque constructeur a sa propre recette matérielle. Tant sur le plan des composants embarqués que sur la manière dont ils communiquent avec le système. AsteroidOS cherche à faire correspondre un tableau de bord logiciel unique sur différentes solutions. Ce qui ne doit pas être une mince affaire mais plutôt un travail exploratoire de fourmi qui demande aux développeurs d’avoir accès à chaque modèle de montre. 

Le reste doit être du gâteau en comparaison et quand AsteroidOS propose un nouveau menu de gestion interne baptisé QuickPanel pour piloter des raccourcis et adapter l’interface à son goût, cela doit sonner comme une récréation bien méritée.

AsteroidOS

À quoi sert AsteroidOS ?

C’est la bonne question. Qui voudrait changer le système de sa montre connectée ? On se demande bien à quoi cela pourrait servir ? La réponse à cette question est assez simple en réalité. Il suffit d’avoir porté une montre de ce type depuis un moment pour y répondre. Il se trouve que le secteur des montres de ce type est souvent concerné par le fléau de l’enshitification. Plus le temps passe et plus votre produit devient lent et désagréable. Au fil des mises à jour, la montre qui était super fluide à ses débuts se transforme en un outil peu pratique, voire désagréable.

Certes, ce système propose une nouvelle fonction commune avec les nouveaux modèles sortis deux ou trois ans plus tard, mais au prix d’une autonomie divisée par deux ou d’un défilement façon diapositive. J’ai ainsi porté une montre de marque qui a rajouté une fonction parfaitement inutile en transformant radicalement le confort globalement proposé. Il a été possible de revenir en arrière, de réinstaller l’ancien système au prix de quelques manipulations hasardeuses. En revanche, cela n’a plus empêché la montre de me proposer chaque matin au réveil de télécharger une mise à jour dont je ne voulais pas. Ici, le système propose même une option d’installation « temporaire » pour vérifier que votre montre va bien supporter une nouvelle fonctionnalité.

Une autre raison pour avoir envie de basculer vers un outil comme AsteroidOS ? Se détacher d’un possible mouchard technique qui sait où vous allez, vos horaires et peut même relever des éléments concernant votre santé. Avec un système Linux que l’on peut contrôler, dont on peut adapter les outils et l’interface. On est à même de retrouver les éléments de son choix et même de les afficher comme bon nous semble. Il suffit de regarder la vidéo de présentation ci-dessus pour comprendre à quel point l’interface proposée est plus malléable que celle des fabricants.

Comment installer AsteroidOS ?

Pour chaque montre compatible, un énorme travail de prise en main est réalisé. Bien mieux fait que beaucoup de solutions commerciales d’ailleurs. Cela commence par un listing des éléments supportés par chaque montre comme ci-dessus. Le site vous demande ensuite de choisir quelle version du système vous souhaitez, sur quel système tourne actuellement votre montre et depuis quel système vous l’installez. 

Le téléchargement adapté est proposé puis le détail de la méthode d’installation pas à pas. L’idée est de rendre l’opération très facile et sans mauvaises surprises techniques. Vous savez dès le début ce qui risque de marcher ou non.

Le point négatif actuel de ce système est son absence de store, vous ne trouverez pas l’équivalent de ce que propose un WearOS par exemple. Pas de jeux, pas d’applications, aucun loisir de se balader dans un choix de centaines de cadrans. L’équipe en charge du projet y réfléchit mais ce n’est pas pour maintenant.

Le site du projet.

AsteroidOS 2.0 : une dose de libre pour montres connectées © MiniMachines.net. 2026

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