Vue normale

☕️ Meta échoue à faire censurer les droits voisins devant la Cour de justice de l’UE

12 mai 2026 à 09:41


Un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne rejette la demande de Meta, qui cherchait à faire invalider la « compensation équitable » mise en place par l’Autorité italienne de régulation des communications au profit des éditeurs de presse en ligne. Ce faisant, la CJUE renforce en droit, à défaut de le consacrer, le mécanisme de droits voisins de la presse, régulièrement attaqué, en France comme dans le reste de l’Union, par les géants du numérique.

Dans son arrêt daté du 12 mai 2026, la Cour statue que le droit européen ne s’oppose pas à une réglementation nationale prévoyant que les éditeurs de presse puissent obtenir « une rémunération équitable en contrepartie de l’autorisation d’utiliser leurs publications donnée aux fournisseurs de services de la société de l’information ».

De la même façon, la CJUE valide que l’autorité nationale (en l’occurrence, l’Arcep italienne) impose aux fournisseurs de services en ligne d’entamer des négociations avec les éditeurs de presse, mais aussi qu’ils mettent à sa disposition les « informations nécessaires à la détermination du montant d’une telle rémunération équitable ».

La Cour a estimé à ce niveau que la mesure était appropriée, compte tenu de la « position de négociation faible » dans laquelle se trouvent les éditeurs de presse face aux géants du numérique, et de l’objectif d’équité poursuivi.

Crédit Greg Bulla (@gregbulla)

La Cour dispose enfin que la réglementation nationale est conforme au droit européen dès lors qu’elle respecte la possibilité pour les éditeurs de refuser l’autorisation de réutiliser leurs contenus, et tant qu’elle n’impose pas aux plateformes sociales ou moteurs de recherche de payer un acteur dont ils n’utiliseraient pas les contenus.

Meta de son côté ne remettait pas en cause la directive de 2019 qui encadre le mécanisme des droits voisins à l’échelle de l’Union, mais arguait que l’Italie outrepassait le cadre prévu par cette dernière. Le groupe états-unien, représenté par sa filiale irlandaise, dénonçait le caractère obligatoire de cette compensation. Il invoquait par ailleurs la liberté d’entreprise et le principe de proportionnalité garantis par les articles 16 et 52 de la Charte des droits fondamentaux pour défendre son droit à refuser de négocier ou communiquer des informations à caractère stratégique.

La Cour admet que ces obligations, assorties du pouvoir de sanction dont dispose l’autorité italienne, constituent bien une forme de restriction à la liberté d’entreprise, mais comme elle l’explique dans son communiqué [PDF], elle l’estime « justifiée et proportionnée par rapport aux objectifs du droit de l’Union d’assurer un marché du droit d’auteur performant et équitable ».

Deepl, Cloudflare et GitLab coupent dans leurs effectifs au nom de l’IA

12 mai 2026 à 09:01
Three little birds in a row
Deepl, Cloudflare et GitLab coupent dans leurs effectifs au nom de l’IA

Trois acteurs de la tech ont annoncé ces derniers jours des plans de départ significatifs. Chacun à sa façon, l’Allemand Deepl et les deux États-uniens Cloudflare et GitLab affirment que ces réductions de voilure sont liées à l’adoption d’outils d’intelligence artificielle dans leurs processus internes.

Deepl, Cloudflare et GitLab ont tour à tour annoncé des restructurations significatives de leurs équipes ces derniers jours. Et dans le discours de ces trois acteurs, qui évoluent pourtant dans des secteurs assez distincts de la tech (la traduction, le réseau, le développement logiciel), on retrouve un paradoxe en passe de devenir une antienne : l’IA est utilisée pour justifier à la fois les ambitions de croissance de l’entreprise et les coupes franches qu’elle déclenche au sein des effectifs.

« Nous sommes nous-mêmes notre client le plus exigeant »

La communication de Cloudflare est sans doute la plus éloquente à ce niveau. L’entreprise a publié le 7 mai dernier des résultats qui font état d’une activité en hausse de 34 % sur un an, avec un chiffre d’affaires de 640 millions de dollars sur le premier trimestre 2026.

« Nous avons connu un excellent début d’année 2026. L’IA est à l’origine d’une refonte fondamentale d’Internet et d’un changement de paradigme dans la création et l’utilisation des logiciels ; elle s’annonce comme le plus grand atout que nous ayons jamais connu dans l’histoire de Cloudflare », déclare à cette occasion Matthew Prince, CEO de Cloudflare.

Quelques lignes plus tard, il annonce la mise en place d’un plan de restructuration qui doit conduire au départ de 1 100 personnes, soit environ 20 % de l’effectif, au nom de l’évolution vers un modèle opérationnel axé sur l’IA agentique.

Le propos est développé dans une lettre ouverte :

« Notre activité ne consiste pas qu’à développer et vendre des plateformes et des outils assistés par IA. Nous sommes nous-mêmes notre client le plus exigeant. L’utilisation de l’IA par Cloudflare a augmenté de plus de 600 % au cours du seul dernier trimestre (…). La décision d’aujourd’hui n’a pas pour objectif de réduire les coûts ni d’évaluer individuellement les performances de nos collaborateurs. Il s’agit pour Cloudflare de définir la manière dont une entreprise d’envergure mondiale en forte croissance fonctionne et crée de la valeur à l’ère de l’IA agentique.  »

La rhétorique employée, et cette idée selon laquelle Cloudflare réfléchirait à une transformation structurelle plutôt qu’à une réduction de coûts motivée par des objectifs de court terme, rappellent l’annonce formulée fin février par Block, le groupe de Jack Dorsey, qui avait soudainement décidé de supprimer 40 % de ses effectifs.

À l’époque, certains commentateurs observaient que le fondateur de Twitter mettait sans doute la charrue avant les bœufs : l’IA n’a pas encore fait la preuve de sa capacité à remplacer 40 % de la main-d’œuvre humaine dans les secteurs financiers. Ils y voyaient donc une volonté de plaire aux marchés financiers plutôt qu’une décision véritablement motivée par des considérations opérationnelles.

Dans le cas de Block, l’annonce avait été accueillie favorablement, avec un sursaut de l’action à Wall Street. Chez Cloudflare, dont la rentabilité n’est pas aussi évidente, la publication du 7 mai a été sanctionnée par une baisse immédiate de 20 %.

GitLab inaugure son « acte 2 »

Chez GitLab, le couperet est tombé lundi 11 mai, là aussi sous forme de lettre ouverte annonçant l’entrée de la célèbre forge logicielle dans son acte 2. « L’ère des agents offre à GitLab la plus grande opportunité de notre histoire en tant qu’entreprise, et nous prenons les décisions structurelles et stratégiques nécessaires pour la saisir », attaque l’entreprise, avant d’annoncer la révision à la baisse de son « périmètre opérationnel ».

GitLab annonce ainsi se retirer d’un tiers des marchés dans lesquels l’entreprise entretient une présence physique, en ciblant les pays où les équipes sont les plus réduites, qui seront désormais gérés commercialement par un réseau de partenaires revendeurs. L’entreprise annonce également travailler à supprimer jusqu’à trois niveaux hiérarchiques dans son organisation, et à remodeler ses effectifs R&D en équipes à la fois plus petites et plus spécialisées.

Après l’acte 1, qui a vu l’entreprise traverser la période Covid et s’introduire en bourse, GitLab annonce son acte 2, dessiné par l’IA agentique – capture d’écran

Cette nouvelle structure devrait être sous-tendue par de nouveaux outils. « Nous sommes en train de repenser nos processus internes grâce à des agents d’IA, d’automatiser les révisions, les approbations et les transferts afin d’accélérer notre travail, et nous prévoyons d’adapter la taille des postes dans toute l’entreprise en conséquence », écrit GitLab. Le périmètre exact des départs n’est pas spécifié, mais l’entreprise s’engage à communiquer plus précisément sur le sujet d’ici le 1er juin.

Au-delà de l’annonce proprement dite, le discours de Bill Staples, CEO de GitLab, illustre lui aussi l’ambigüité de la situation :

« Ce processus de restructuration est différent de ceux dont vous avez pu entendre parler dans l’actualité. Bien sûr, l’IA transforme nos méthodes de travail et fait partie intégrante de notre plan de transformation, mais il ne s’agit pas ici d’une optimisation liée à l’IA ni d’une opération de réduction des coûts. »

Les trois fondamentaux de ce fameux Acte 2 ne sonnent pourtant pas radicalement différemment des discours lus ou entendus chez d’autres grands noms de la tech engagés dans des licenciements. Outre la nécessité d’investir dans des infrastructures, il évoque ainsi la nécessité de combiner plus efficacement rapidité d’exécution et qualité (notamment grâce à l’automatisation de tout ce qui peut l’être), le renforcement des responsabilités individuelles et l’attention primordiale accordée aux clients.

D’après son dernier rapport d’activité (PDF), GitLab comptait 2 375 salariés dans 60 pays au 31 janvier 2025. Le groupe a réalisé 260 millions de dollars de chiffre d’affaires sur le quatrième trimestre de son exercice fiscal 2026, clos le 31 janvier dernier. Il avait annoncé à cette occasion un plan de rachat d’actions à hauteur de 400 millions de dollars, une opération qui vise à doper le cours en bourse et donc à augmenter la valeur du titre pour les actionnaires.

Pionnier de l’IA, DeepL licencie au nom de l’IA

C’est via LinkedIn que Jarek Kutylowski, CEO de DeepL, a lui aussi annoncé le 7 mai un plan de licenciement à grande échelle, puisque 250 employés sont concernés, soit environ un quart des effectifs de cette entreprise allemande, pionnière de la traduction automatisée, notamment grâce aux grands modèles de langage. Il invoque la nécessité de s’adapter face à une technologie qui évolue nettement plus vite que ne peut le faire son entreprise.

« Comment assurer la pérennité d’une entreprise mondiale spécialisée dans l’IA face à ce rythme d’évolution ? Sommes-nous prêts à relever ce défi ? La réponse honnête était non. Ce qui nous a permis d’en arriver là ne nous mènerait pas là où nous devons aller. Nous avons donc choisi d’agir. »

Kutylowski a peut-être inspiré Staples chez GitLab. Le patron de DeepL annonce lui aussi sa volonté de transformer l’entreprise vers de petites équipes plus agiles, au sein desquelles l’IA gèrerait les tâches courantes pour que l’humain se concentre sur ce qui amène le maximum de valeur.

En creux, le CEO de DeepL révèle tout de même que cette restructuration vise à soutenir les capacités d’investissement de l’entreprise : il annonce coup sur coup l’intégration de la startup Mixhalo, spécialisée dans la diffusion audio, et l’ouverture d’un bureau à San Francisco.

Lui aussi convoque enfin l’argument de l’urgence, qui présente l’avantage de déporter une partie de la responsabilité sur une contrainte conjoncturelle. « Nous n’attendons pas que le changement soit parfaitement évident pour tous les acteurs du marché ; le bon moment pour agir ainsi, c’est avant d’y être contraint. »

☕️ La France insoumise victime d’un vol de données personnelles

11 mai 2026 à 11:59


La France Insoumise (LFI) a informé certains de ses adhérents ou sympathisants d’un vol de données personnelles survenu au niveau de ses outils internes. Elle y indique avoir été victime d’une attaque cybercriminelle susceptible d’avoir conduit à l’exposition d’informations telles que le nom et prénom, l’adresse email, l’adresse postale, les « informations de profil » et la « participation à certains groupes ou événements ».

Le parti politique ne précise pas le canal par lequel a été réalisée l’attaque, mais les informations personnelles évoquées, notamment l’allusion aux groupes ou événements, suggèrent qu’il pourrait s’agir du site actionpopulaire.fr, la plateforme via laquelle LFI propose à ses sympathisants d’organiser leurs actions de terrain.

Revendication d’un dump de la base actionpopulaire.fr publiée le 7 mai – capture d’écran Next

Cette allusion aux groupes semble également cohérente avec les revendications publiées par un internaute le 7 mai dernier sur un forum spécialisé. Celui-ci affirmait avoir réalisé un dump (une copie) du site actionpopulaire.fr, qui lui donnerait accès à 120 000 emails uniques, 20 000 numéros de téléphone, un nombre non précisé d’adresses physiques, ainsi qu’aux messages et échanges réalisés par l’intermédiaire de la plateforme.

Outre les messages individuels adressés aux victimes potentielles, LFI a communiqué de façon plus large auprès de ses sympathisants. Signé par Manuel Bompard et diffusé, notamment, sur les canaux Discord du parti, le message admet une fuite, mais ne corrobore pas les allégations du pirate supposé :

« Nous sommes encore en train d’investiguer pour préciser les conséquences de ces attaques. Il semble qu’en effet des données liées à certaines personnes ont pu être compromises. En revanche, contrairement à ce qui a été indiqué sur les réseaux sociaux, il ne s’agit ni du fichier de tou·tes les utilisateur·rices d’Action populaire, ni des signataires sur le site de soutien de la campagne présidentielle. »

Message de Manuel Bompard, diffusé dans le canal Annonces d’un des salons Discord de LFI – capture d’écran Next

Le coordinateur du parti confirme par ailleurs qu’une plainte va être déposée, outre l’alerte transmise à la CNIL et à l’ANSSI. « De manière générale, dans le contexte de généralisation de piratages de données ayant par exemple visé des institutions publiques, nous invitons tou·tes les camarades à faire preuve de la plus grande vigilance dans les messages qu’elles et ils pourraient recevoir sur leurs coordonnées personnelles », écrit encore le parti, avant d’appeler aux habituels conseils de vigilance.

La divulgation de cette attaque intervient alors que le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé dimanche 3 mai, au 20 heures de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le dépôt GitHub dédié au code d’actionpopulaire.fr témoigne quant à lui d’une forte accélération du volume de commits depuis le 23 avril dernier.

Rappelons que d’un point de vue réglementaire, les informations qui révèlent l’orientation politique relèvent de ce que le RGPD qualifie, dans son article 9, de « données sensibles ».

☕️ Micron pousse le SSD jusqu’à 245 To

11 mai 2026 à 09:15


L’avantage des SSD sur les disques durs magnétiques traditionnels en matière de densité trouve une nouvelle incarnation éloquente avec l’annonce de la gamme 6600 ION NVMe de Micron : le fabricant états-unien décline en effet cette dernière sur des capacités de 30, 61, 122 et 245 To, le tout dans une enveloppe correspondant à celle du format 2,5 pouces utilisé sur les marchés grand public.

Ici, il n’est cependant pas question d’équiper des PC pour joueurs ou des stations de travail. Ces SSD, qui se déclinent en formats U.2 (15 mm d’épaisseur), E3.S 1T (7,5 mm) et E3.L, sont destinés au monde des datacenters, où ils permettent d’atteindre des capacités de stockage record à l’échelle de la baie ou du rack. Micron revendique ainsi 4,9 Po sur un U (à raison de 40 SSD au format U.2), ce qui permet d’envisager d’intégrer 176,9 Po sur un rack.

Dans sa fiche produit (PDF), Micron met cette promesse de densité et la consommation électrique associée en face de ce qu’autorisent les disques durs magnétiques. Le fabricant de mémoire revendique ainsi une densité 5,6 fois supérieure à celle des disques durs 44 To qui commencent à être disponibles. Côté consommation, il affiche 30 watts par SSD, soit 8,2 To par watt, qu’il compare aux 10 watts avalés par un disque 44 To. L’efficacité serait donc ici 1,9 fois supérieure.

La gamme 6600 affiche des performances de l’ordre de 14 Go/s en lecture séquentielle, soit la bande passante permise par l’interface PCI-Express 5.0 sur quatre lignes – crédit Micron

Sans surprise, Micron se garde bien de donner la moindre indication quant au prix de ces nouveaux modèles, dont le lancement intervient sur fond de tensions persistantes sur le marché de la mémoire (vive ou Flash). Rappelons que le groupe a pris la décision fin 2025 de mettre un terme à sa marque grand public Crucial même s’il affirme ne pas vouloir totalement délaisser le consommateur final.

Piraté, le site de JDownloader a distribué un malware au lieu du fichier d’installation

11 mai 2026 à 08:41
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère
Piraté, le site de JDownloader a distribué un malware au lieu du fichier d’installation

Victime d’un piratage, le site officiel de JDownloader a pendant 48 heures distribué un malware en lieu et place du fichier d’installation proposé pour Windows et Linux. L’équipe en charge du projet affirme que seuls les liens de téléchargement ont été modifiés : les binaires du logiciel et l’infrastructure sous-jacente n’auraient pas été touchés. Les internautes ayant téléchargé l’utilitaire entre le 6 et le 7 mai sont toutefois invités à la prudence.

Très populaire chez les adeptes du « direct download », du fait de sa capacité à lever les restrictions sur les téléchargements gratuits, l’utilitaire JDownloader a été victime d’un incident de sécurité les 6 et 7 mai dernier. C’est plus précisément le site officiel du logiciel qui a été affecté par une attaque de type supply chain (chaîne d’approvisionnement) : pendant 48 heures environ, certains des liens de téléchargement affichés sur le site ont pointé vers un malware et non vers les binaires légitimes du client.

Des liens modifiés au niveau du CMS

L’équipe en charge du projet indique que deux liens ont été affectés : l’option « Download Alternative Installer » proposée pour Windows, et l’URL pointant vers l’installateur en ligne de commande pour Linux. « Nos packages d’installation originaux n’ont pas été modifiés ; seuls les liens de téléchargement publiés ici pointent vers des fichiers erronés. Les fichiers binaires de l’installateur restent hébergés sur des serveurs externes, comme d’habitude », promet JDownloader dans un billet dédié.

L’incident y est retracé de façon chronologique. D’après l’équipe, les assaillants auraient d’abord procédé à une première modification sur une page peu exposée du site, le 5 mai dans la soirée, avant d’insérer les deux liens piégés sur la page principale dédiée au téléchargement, le 6 mai aux alentours de deux heures du matin (heure de Paris).

Les auteurs du projet ont sonné le branle-bas de combat le 7 mai vers 19 heures, suite à l’alerte lancée par un internaute sur Reddit. « Des téléchargements suspects et des alertes ont été détectés ; le problème a été confirmé et une procédure de gestion d’incident a été lancée. Le serveur a été arrêté à 17h24 UTC [19h24 heure de Paris] », décrit-elle. Le site est ensuite resté hors ligne à des fins de nettoyage et de contrôle, jusqu’à sa remise en route dans la nuit du 8 au 9 mai.

Vérifier la légitimité du fichier téléchargé

C’est au niveau du CMS (gestionnaire de contenus, le « moteur » du site Web) que serait intervenue l’intrusion. Le code de JDownloader, et les mécaniques de mise à jour « in-app » n’ont de ce fait pas été affectées, assure l’équipe : « Chaque mise à jour installée via le système intégré de l’application est signée par RSA et vérifiée par cryptographie. Ce canal est indépendant des liens de téléchargement du site web qui ont été manipulés. »

Reste à accompagner les internautes exposés à un fichier compromis. Sous Windows, l’équipe invite à contrôler la signature du client téléchargé (clic droit, propriétés, signatures numériques). Si l’écran affiche AppWork GmbH, le fichier peut être considéré comme légitime. Elle propose également un tableau récapitulatif des différentes versions du client, avec leur taille exacte et le checksum associé.

La correspondance entre taille et checksum permet de contrôler la légitimité de l’exécutable téléchargé – crédit JDownloader

En cas de fichier téléchargé, puis exécuté, JDownloader invite à la réinstallation complète du système d’exploitation, et à la modification préventive de tous les identifiants susceptibles d’avoir été stockés sur la machine.

Les attaques de la supply chain se multiplient

D’après Thomas Klemenc de Malcat, le fichier distribué par les pirates contient bien l’installeur de JDownloader, associé à une charge malveillante de type RAT (Remote Access Trojan) écrite en Python. Bleeping Computer remarque un comportement similaire sous Linux, où la charge s’installe de façon persistante et dissimule son activité grâce à l’outil d’obfuscation Pyarmor.

Ce nouvel incident illustre la tendance qui consiste à attaquer non pas un logiciel, mais sa chaîne d’approvisionnement. Parfois, c’est le site Web qui sert de vecteur, comme ici ou dans le cas de la mésaventure survenue à l’éditeur de CPU-Z. Bon nombre d’attaques se concentrent également sur la distribution de composants open source populaires, comme l’illustre une alerte lancée le 5 mai dernier sur Daemon Tools, ainsi que les épisodes récents relatifs à Axios ou Trivy.


☕️ Noms de domaine : un incident chez BookMyName a affecté les infos de 1868 comptes

7 mai 2026 à 08:50


BookMyName, l’un des bureaux d’enregistrement de noms de domaine de Scaleway (groupe iliad) a temporairement suspendu ses services (web et API) mardi 5 mai en raison d’une activité suspecte détectée au niveau de son système d’information.

« Certains clients ont pu constater une modification de leurs informations de contact associées à leurs noms de domaine, a alerté le service en début de journée. En conséquence, nous avons décidé de suspendre l’ensemble des accès publics à BookMyName le temps de mener les investigations nécessaires. »

Vers 17 heures, le bureau a publié un point d’étape affirmant que les informations de contact modifiées avaient été restaurées et que le service était considéré comme sécurisé, annonçant au passage prendre en charge gracieusement le renouvellement des noms de domaine arrivant à échéance dans les 72 heures.

Le rétablissement du service est finalement intervenu mardi 5 mai vers 22 heures, amputé de certaines fonctionnalités secondaires, dont la récupération de mots de passe.

« Compte tenu du rétablissement effectif du service ce jour, les renouvellements automatiques seront assurés sans interruption. Par conséquent, et contrairement à ce qui a pu être communiqué précédemment, nous ne procéderons pas au renouvellement gracieux des domaines arrivant à échéance ce 5 mai 2026. Ces derniers seront traités selon vos modalités de facturation habituelles », a publié à cette occasion le service.

Rapport d’incident publié mercredi 6 mai – capture d’écran

BookMyName a publié dès mercredi 6 mai le post mortem de l’incident. D’après ce rapport, l’intrusion a permis à l’assaillant de modifier les informations de contact associées à 1 868 comptes clients. « L’adresse e-mail, le prénom, le nom, le mot de passe et le pays ont été modifiés », décrit le bureau d’enregistrement, selon qui aucune opération de transfert non sollicitée n’a été constatée.

« L’incident a été causé par une erreur de logique dans le contrôle d’autorisation du point de terminaison de modification des contacts. Cette faille a permis à un attaquant de modifier n’importe quel champ lié aux contacts en ciblant n’importe quel identifiant de compte en manipulant des paramètres de requête HTTP. Il s’agissait principalement d’une attaque à l’aveugle : aucun compte n’était spécifiquement ciblé », décrit le service sur un volet plus technique.

☕️ Valve publie les fichiers de CAO du Steam Controller sous licence Creative Commons

7 mai 2026 à 07:07


À peine lancé, le Steam Controller semble avoir été victime de son succès. Valve a en effet annoncé mardi 5 mai, au lendemain de la disponibilité générale de sa nouvelle manette de jeu, avoir écoulé la totalité de ses stocks. Les joueurs intéressés devront donc attendre un réapprovisionnement dont le calendrier n’a pas encore été précisé.

En attendant, les bidouilleurs pourront commencer à envisager leurs travaux de personnalisation ou de création d’accessoires : Valve a publié mardi les fichiers de CAO de la coque extérieure (topologie de surface) du Steam Controller et du Puck (le support qui assure la liaison sans fil à faible latence et la recharge). Les fichiers proposés « incluent un modèle STP, un modèle STL et un dessin technique qui met en évidence les éléments critiques et les zones d’exclusion des deux appareils ».

Valve a publié les fichiers CAO du Steam Controller

Valve a fait le choix de la licence Creative Commons dans sa version « Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions » (by-nc-sa 4.0). Le fabricant de claviers mécaniques Keychron a lui aussi récemment procédé à une démarche d’ouverture similaire en publiant les modèles 3D et certains plans de son catalogue de produits.

Chrome peut stocker 4 Go associés à Gemini sur votre machine sans crier gare

6 mai 2026 à 15:17
"Gare !"
Chrome peut stocker 4 Go associés à Gemini sur votre machine sans crier gare

Certains utilisateurs de Chrome constatent la présence, sur leur machine, d’un fichier d’environ 4 Go, intitulé weights.bin et qui semble lié à des fonctions d’intelligence artificielle. Problème : le navigateur n’a jamais alerté les internautes concernés quant au téléchargement de ces données.

Le navigateur de Google prend parfois ses aises au niveau des machines sur lesquelles il est installé. Plusieurs internautes signalent en effet avoir constaté le téléchargement, à leur insu, d’un fichier pouvant peser jusqu’à 4 Go, baptisé weights.bin (weights signifie poids) et placé dans un dossier intitulé OptGuideOnDeviceModel.

Un mystérieux fichier qui pèse jusqu’à 4 Go

Les premiers témoignages remontent à mi-2025, et le sujet refait surface à intervalles réguliers, ce qui illustre au passage que le fichier en question est susceptible d’apparaître aussi bien sur Windows que sur macOS. Faute d’information donnée par le navigateur, son processus d’installation, ou ses paramètres, les utilisateurs concernés en sont réduits aux spéculations. Et sans surprise, les hypothèses formulées tournent autour de l’IA.

« Le fichier weights.bin suggère qu’il pourrait s’agir d’un modèle d’IA/ML [IA ou machine learning] en cours d’entraînement ou téléchargé », subodore un internaute sur Reddit. « Je n’aime pas ça. Je n’utilise pas cette IA stupide et le fait qu’elle occupe 3 Go sur mon disque C, déjà limité, sans même me demander mon avis, c’est inadmissible », répond un autre.

Le mystère du dossier OptGuideOnDeviceModel est revenu sur le devant de la scène lundi 4 mai avec la publication d’un nouveau billet de blog chez Alexander Hanff dit ThatPrivacyGuy, le consultant en sécurité qui a récemment mis en lumière la façon dont l’application Claude Desktop s’arroge le droit de pré-autoriser ses extensions pour navigateurs, là aussi sans consentement ni information préalable.

Téléchargement non consenti

Comme avec Claude, Alexander Hanff analyse longuement la méthode mise en œuvre et ses éventuels manquements juridiques ou réglementaires. Il constate que Chrome télécharge ce fichier dans le quart d’heure qui suit l’ouverture du logiciel, et que le dossier est recréé à chaque nouveau lancement du navigateur s’il a été supprimé.

Il en conclut une nouvelle fois que ce comportement, orchestré en arrière-plan, sans information préalable, et sans moyen simple et direct de supprimer le fichier, constitue notamment un manquement à la directive européenne e-Privacy de 2002. Il appelle de ce fait Google à clarifier les choses, avec une explication claire, à adopter une logique d’opt-in (consentement préalable à la modification), et à permettre une suppression définitive du fichier.

Pour faire bonne mesure, il se lance également dans un calcul, éminemment discutable, visant à essayer d’estimer l’impact environnemental de ces 4 Go téléchargés sur des centaines de millions d’appareils.

Notons que ce fichier n’est pas téléchargé de façon systématique : nous avons contrôlé mercredi quatre machines (trois ordinateurs, fixes et portables, sous Windows ainsi qu’un MacBook) équipées d’une instance de Chrome, sans trouver trace de ce fichier.

Si vous souhaitez contrôler sa présence sur votre machine, voici les répertoires concernés.

Sous Windows :

C:\Users\\AppData\Local\Google\Chrome\User Data\Default\OptGuideOnDeviceModel

Sous macOS :

~/Library/Application Support/Google/Chrome/Default/OptGuideOnDeviceModel

S’il est vrai que Google n’informe pas sur l’existence de ce fichier, et n’a pas encore réagi publiquement (à notre connaissance) à la polémique, la fonction concernée n’est pas si mystérieuse qu’il y parait. Elle est en réalité documentée depuis fin 2024 et concerne, comme on pouvait s’y attendre, l’intégration de modèles Gemini Nano dans Chrome.

Un outil déjà documenté

Ces derniers sont mis à profit dans le navigateur, pour sous-tendre ou améliorer les performances de certaines fonctionnalités liées à l’IA, comme la détection automatique de la langue (pour suggérer les bons choix au niveau des raccourcis vers les outils de traduction). Google associe surtout son modèle à des interfaces de programmation (Prompt API, Summarizer API, Writer API, Rewriter API, Proofreader API), présentées comme autant d’outils destinés aux développeurs pour élaborer des fonctions exploitant l’IA.

Dans cette documentation, Google précise que le téléchargement de Gemini Nano n’intervient que si certaines conditions matérielles sont remplies : il faut notamment 22 Go d’espace disque disponible sur la partition qui stocke le profil Chrome, un CPU doté d’au moins quatre cœurs et un minimum de 16 Go de mémoire vive. Le téléchargement n’est par ailleurs pas censé démarrer si le système est relié à Internet via une connexion limitée (soit à cause d’un paramétrage manuel, soit en raison de l’utilisation d’un smartphone comme intermédiaire par exemple).

Le principe a en revanche vocation à concerner le plus large parc possible, avec Windows, macOS, Linux et ChromeOS sur les ordinateurs. Les plateformes mobiles ne sont quant à elles « pas encore » prises en charge.

Google semble à ce sujet désireux d’implémenter plus largement ses API. « Grâce aux API d’IA intégrées, votre application web peut effectuer des tâches basées sur l’IA sans nécessiter le déploiement ni la gestion de ses propres modèles. Nous travaillons à la standardisation de ces API sur tous les navigateurs. », écrit le moteur de recherche.

Comment s’en débarrasser ?

Reste à voir si et comment Google choisira de communiquer plus ouvertement sur le sujet. Alexander Hanff remarque à ce niveau que le téléchargement du fichier n’est pas opéré par les processus habituellement dédiés et dûment autorisés à procéder aux mises à jour (com.google.GoogleUpdater) mais bel et bien par le navigateur lui-même.

Pour supprimer le fichier litigieux et récupérer l’espace disque correspondant, il devrait en principe suffire de désactiver les fonctions d’IA locale du navigateur, si celles-ci sont proposées (consulter le menu Paramètres, onglet Système pour s’en assurer). Introduites depuis plusieurs mois, celles-ci font en effet l’objet d’un déploiement très progressif chez les utilisateurs finaux, ce qui explique sans doute pourquoi le dossier OptGuideOnDeviceModel n’apparait pas même sur une machine répondant aux matériels requis minimaux.

À défaut, il est possible de bloquer le téléchargement de ce modèle local sous Windows en créant ou modifiant la clé de registre GenAILocalFoundationalModelSettings, ce qui désactivera également l’inférence locale au sein du concurrent Edge (basé sur Chromium), comme documenté par Microsoft.

☕️ Google renouvelle son Android Show le 12 mai et promet des nouveautés majeures

6 mai 2026 à 08:37


Google a confirmé mardi une organisation en deux temps pour ses conférences du mois de mai dédiées à l’univers du mobile. Le moteur de recherche tiendra d’abord une présentation baptisée The Android Show, programmée le 12 mai 2026 à 19 heures (heure de Paris).

Comme en 2025, cet événement centré sur Android est pensé comme un prélude aux sessions plus techniques et couvrant un périmètre plus large de sa traditionnelle Google I/O, organisée à Mountain View les 19 et 20 mai prochain.

D’après Sameer Samat, président des activités Android chez Google, l’événement du 12 mai devrait servir à annoncer les plus importantes mises à jour Android jamais réalisées. « Vous ne voudrez pas manquer ça ! », clame-t-il sur X.

Annonce de l’Android Show du 12 mai 2026

C’est bien sûr Android 17, dont la bêta 2 fait l’objet de tests depuis fin février et dont le SDK final est attendu sous peu, qui devrait constituer le cœur des annonces.

En 2025, l’Android Show s’était révélé riche en nouveautés, centrées notamment autour de la sécurité et de l’intégration renforcée de l’IA Gemini.

☕️ Rakuten France, ex-PriceMinister, cherche un repreneur

5 mai 2026 à 14:14


Pionnier français de la vente en ligne, l’ex PriceMinister devenu Rakuten cherche un repreneur pour ses activités e-commerce en France. À défaut, l’entreprise envisage l’arrêt pur et simple de la version française de sa place de marché, ce qui se traduirait par la suppression d’environ 180 emplois.

Ce projet à deux issues possible, cession ou fermeture, a été présenté aux représentants du personnel le 7 avril dernier. Révélée par Capital, elle a depuis été confirmée par l’intermédiaire d’une déclaration transmise à l’AFP ainsi qu’à la rédaction de Next.

« Ce projet s’inscrit dans un contexte de déclin de l’activité depuis une dizaine d’années, malgré les efforts et investissements continus du groupe Rakuten en France, écrit l’entreprise. La reprise des activités par un acquéreur est privilégiée, dans la continuité des investissements et innovations menés ces dernières années pour soutenir le développement de la marketplace de Rakuten en France. »

À défaut, la fermeture de l’activité serait envisagée à partir du troisième trimestre 2026.

« L’activité de marketplace de Rakuten en France opère depuis une dizaine d’années dans un marché en rapide mutation et fait face à une perte d’activité chronique. Malgré les efforts marketing et opérationnels importants menés (tels que le lancement d’un programme fidélité de premier plan, le développement de l’offre de seconde main, le lancement de l’affiliation et la mise en place d’une solution logistique à destination des marchands), le nombre de clients a baissé de 33% en 10 ans et le trafic a reculé de 42% sur la même période.  », détaille la direction de Rakuten France.

En septembre dernier, Rakuten France annonçait le lancement d’une « version optimisée de sa marketplace » en Espagne.

Fondé en 2001, PriceMinister a fait pendant dix ans figure de poids lourd et de principale alternative à eBay sur le marché e-commerce français, jusqu’à motiver le rachat de l’entreprise par le géant japonais Rakuten en 2010. Renommé Rakuten France en 2018, le site combinait adroitement produits neufs et d’occasion sur sa place de marché, avec des logiques de fidélisation et des mécaniques de cashback avantageuses qui ont longtemps entretenu sa popularité.

La vague a toutefois fini par passer. D’après le baromètre trimestriel Fevad/Médiamétrie, Rakuten France totalisait quelque 9,5 millions de visiteurs uniques mensuels sur son site au troisième trimestre 2025. Une audience toujours très significative, mais inférieure de moitié à celles des nouvelles plateformes vedettes de type Shein et Temu, sans même parler de Vinted ou Leboncoin (30,2 millions de visiteurs uniques par mois) sur la seconde main.

La filiale française n’a communiqué aucun élément financier quant à sa situation, mais les résultats financiers de sa maison mère montrent que l’activité qui réunit Rakuten TV (services de vidéo à la demande) et Rakuten France est déficitaire à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros depuis au moins trois exercices.

Extrait des résultats financiers 2025 du groupe Rakuten. En rose sur le graphique de droite, la contribution négative de l’ensemble EU qui réunit Rakuten TV et Rakuten France

La direction de Rakuten France assure que le projet se limite à sa marketplace et donc aux activités relevant du pur e-commerce :

« Le groupe Rakuten reste engagé en France et en Europe à travers ses autres entités qui poursuivent leur développement : Rakuten Symphony, Rakuten TV, Rakuten Viki, Rakuten Kobo, Rakuten Viber et Rakuten Advertising. Le Centre technologique Rakuten Europe, basé à Paris et jouant le rôle de pôle clé d’innovation technologique pour l’ensemble du groupe Rakuten, continuera de se développer et de soutenir les activités de Rakuten en France, en Europe et en Asie. »

noyb accuse LinkedIn de vendre l’accès à des infos qu’il devrait donner gratuitement

5 mai 2026 à 09:49
L'abo LinkedIn Premium sabordé au nom du RGPD ?
noyb accuse LinkedIn de vendre l’accès à des infos qu’il devrait donner gratuitement

L’association noyb a déposé plainte contre LinkedIn auprès de l’autorité autrichienne de protection des données. Elle constate que le réseau social refuse de communiquer gratuitement la liste des personnes ayant visité le profil d’un utilisateur au nom de l’article 15 du RGPD, alors que ces informations sont accessibles dans le cadre de l’abonnement LinkedIn Premium.

« 270 personnes ont consulté votre profil au cours des 90 derniers jours », affiche LinkedIn, après clic sur une notification signalant la visite d’un « recruteur » et de trois autres personnes. Problème : le réseau social ne donne que des indices succincts sur le profil des curieux en question. Pour savoir qui ils sont vraiment, la plateforme invite, ou plutôt incite, à souscrire son abonnement payant : « Développez votre carrière ou votre entreprise avec Premium. Accédez à la liste complète maintenant ».

Deux poids deux mesures ?

L’accès à ces données ne devrait-il pas être concédé gratuitement sur demande de l’utilisateur ? C’est l’hypothèse soulevée par l’association de défense de la vie privée noyb (none of your business), dans une plainte (PDF en allemand) déposée mardi 5 mai devant l’autorité autrichienne de protection des données, la DSB. Elle y invoque l’article 15 du RGPD, celui qui dispose qu’un internaute est en droit d’accéder aux données personnelles le concernant, sur demande, auprès d’un responsable de traitement.

Dans le détail, l’association explique représenter un internaute qui a tenté d’obtenir, auprès de LinkedIn, la liste des personnes ayant visité son profil. Pour ce faire, l’utilisateur a d’abord utilisé les fonctions de téléchargement des données personnelles mises à disposition par la plateforme. À défaut d’y avoir trouvé les visiteurs de son profil, il a ensuite sollicité directement le réseau social via son formulaire de contact, et se serait vu opposer une fin de non-recevoir.

Après relance, LinkedIn aurait répondu au plaignant ne pas être tenu de mettre à disposition les données relatives aux personnes ayant consulté son profil, dans la mesure où ce ne sont pas ses propres informations personnelles, mais celles d’autres membres.

LinkedIn utilise la possibilité de voir qui a visité votre profil comme un levier vers ses offres d’abonnement payant – capture d’écran

Autrement dit, le réseau social ne pourrait pas communiquer ces informations dans la mesure où elles concernent d’autres utilisateurs. Mais dans le même temps, son abonnement payant permet de faire sauter cette barrière.

Pour noyb, LinkedIn entretient à ce niveau un double discours difficilement tenable. « Il est clair que si ces données sont affichées dans le cadre d’un abonnement Premium, elles devraient également être accessibles sur demande, conformément à l’article 15 du RGPD », résume l’association dans un communiqué.

L’article 15 mentionne explicitement les « destinataires »

Pour justifier cette position, elle s’appuie notamment sur l’alinéa c) du paragraphe 1 de l’article 15, qui dispose que cette obligation de correspondance englobe « les destinataires » auxquels les données personnelles ont été communiquées. Elle rappelle par ailleurs que cette lecture du règlement a été confirmée par une décision de la CJUE faisant jurisprudence.

Elle fait enfin valoir que LinkedIn offre, au niveau du profil, une option permettant de visiter de façon anonyme la page d’autres utilisateurs du réseau : ceux qui n’activent pas cette option acceptent donc, selon noyb, d’être perçus comme destinataires, ce qui écarterait donc le risque d’une atteinte aux droits et libertés d’autrui telle que prévue par le point 4 de l’article 15.

Sur la base de ces éléments, noyb demande à la CNIL autrichienne de donner suite à la demande d’accès formulée par le plaignant, mais aussi de prononcer une amende dissuasive à l’encontre de LinkedIn. « La protection des droits et libertés d’autrui peut effectivement justifier la non-divulgation de données personnelles partagées. Toutefois, si une entreprise a obtenu le consentement requis et se montre clairement disposée à mettre ces mêmes données à disposition moyennant paiement, cet argument ne tient plus », résume Martin Baumann, l’avocat de noyb.

LinkedIn et sa maison-mère, Microsoft, n’ont pour l’instant pas réagi publiquement.

GameStop veut racheter eBay pour construire un nouveau géant du commerce

4 mai 2026 à 08:02
Une grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille
GameStop veut racheter eBay pour construire un nouveau géant du commerce

La chaîne de magasins spécialisés dans le jeu vidéo GameStop a lancé, dimanche 3 mai, une offre d’achat aussi audacieuse que non sollicitée sur eBay, le vétéran de la vente aux enchères en ligne. La proposition, qui consiste en un mélange de cash, d’actions et d’une dette devant encore être financée, permettrait d’allier les points de vente physiques de GameStop et l’audience d’eBay pour créer un nouveau géant états-unien du e-commerce.

GameStop a formulé dimanche 3 mai une offre d’achat portant sur la totalité du capital d’eBay. Affichée à 125 dollars par action, elle représente une enveloppe totale de 55,5 milliards de dollars, soit une appréciation d’environ 21 % par rapport à la valeur d’eBay à Wall Street (46 milliards de dollars vendredi, sur la base d’un cours à 104,7 dollars).

À cette occasion, GameStop a révélé avoir déjà acquis environ 5 % du capital d’eBay. La chaîne, qui compte environ 1 600 magasins aux États-Unis (et a mis en vente sa filiale française Micromania), pèse de son côté quelque 11,9 milliards de dollars en bourse. Elle s’attaque donc à une cible quatre fois plus grosse qu’elle.

Une offre d’achat financée à 50% en actions GameStop

GameStop dévoile succinctement les deux principaux aspects de son offre dans son offre d’achat : le financement bien sûr, et son plan de transformation pour eBay.

Sur le premier volet, GameStop propose de payer la transaction moitié en cash, et moitié en transfert d’actions. La partie cash viendrait de ses propres liquidités, complétées par une ligne de dette de 20 milliards de dollars, pour laquelle l’acquéreur affirme avoir obtenu une lettre d’engagement de la part du groupe bancaire canadien TD Securities.

Les 50 % proposés en actions constituent la grande inconnue de l’opération : GameStop part du principe que l’offre constitue un premium pour les actionnaires d’eBay dans la mesure où la réunion des deux entreprises doit permettre d’en augmenter la valeur cumulée.

Pour ce faire, GameStop présente un plan en deux parties. D’abord, un programme drastique de réduction des coûts, qui permettrait d’économiser 2 milliards de dollars sur la seule première année, en sabrant notamment les dépenses marketing (1,2 milliard), développement produit (300 millions) et les frais de fonctionnement généraux, dont les ressources humaines (500 millions).

From click to mortar

Dans le même temps, GameStop et eBay enclencheraient une synergie sans précédent, présentée au travers d’une simple phrase dans la communication boursière de l’acquéreur :

« Au-delà des coûts, les quelque 1 600 points de vente GameStop aux États-Unis offrent à eBay un réseau national pour l’authentification, la réception, le traitement des commandes et le commerce en direct. »

Ryan Cohen, CEO de GameStop, a confirmé dimanche au Wall Street Journal que c’est bien là que se situait le cœur de sa proposition en matière de création de valeur : associer le réseau physique de GameStop à la compétence historique d’eBay en matière de commerce en ligne. « Cela pourrait faire un concurrent sérieux pour Amazon », estime l’intéressé.

Sur le papier, la combinaison des deux modèles ne manque pas d’intérêt. GameStop dispose d’un important réseau de magasins. Le groupe a su redresser la barre en diversifiant ses activités au-delà du simple jeu vidéo (cartes à collectionner, figurines, etc.), mais il n’a en revanche jamais vraiment décollé dans la vente en ligne.

eBay dispose de son côté d’une marque à la fois puissante et rentable. Le groupe fondé en 1995 est en croissance et réalise un volume d’affaires significatif (3,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2026), mais il fonctionne sur un modèle de pure place de marché, sans capacités logistiques propres, qui le rend moins compétitif qu’un Amazon sur son marché domestique.

Le conseil d’administration d’eBay n’a pour l’instant pas réagi à cette offre d’achat. Ryan Cohen se dit quant à lui prêt à porter son offre directement auprès des actionnaires en cas d’échec auprès des administrateurs.

Reste à voir comment réagiront les actionnaires en question, notamment vis-à-vis d’un paiement réalisé pour moitié en actions GameStop. eBay entretient en effet une politique de dividende modeste, mais régulier, et procède régulièrement à des rachats d’actions sur le marché pour entretenir son cours en bourse. À 104 dollars, le titre est d’ailleurs sur un plus haut historique.

En face, l’image de GameStop est immanquablement écornée par l’épisode tumultueux de 2021, quand des milliers de petits porteurs s’étaient mobilisés pour faire échouer la vente à découvert orchestrée par certains fonds d’investissement. Le cours de l’action avait alors connu de véritables montagnes russes, avant de revenir à des niveaux de valorisation plus conformes à l’activité réelle du groupe (3,63 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025).

Ryan Cohen a de son côté créé en 2011 un site e-commerce spécialisé dans les produits pour animaux de compagnie, avant de le vendre six ans plus tard pour 3,4 milliards de dollars. Il est entré au capital de GameStop en 2020, devenant rapidement le principal actionnaire individuel de la chaîne, avant d’en prendre les commandes fin 2023 en tant que CEO.

En mars dernier, Cohen frimait au micro de CNBC en affirmant qu’il allait lancer GameStop à l’assaut d’une très, très grosse société cotée en bourse mais surtout sous-évaluée par rapport à son potentiel réel. Dimanche, il a estimé auprès du Wall Street Journal que sous sa houlette, la valorisation d’eBay pourrait se compter en centaines de milliards de dollars. En cas de fusion réussie, son offre d’achat prévoit en effet qu’il prenne les commandes opérationnelles du nouvel ensemble.

Dopés par l’IA, les géants du cloud projettent 700 milliards $ d’investissements en 2026

30 avril 2026 à 14:16
Double down
Dopés par l’IA, les géants du cloud projettent 700 milliards $ d’investissements en 2026

Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet (Google) ont tous quatre profité de la publication de leurs résultats financiers pour annoncer, mercredi, une révision à la hausse de leurs investissements en direction de l’IA. Les enveloppes prévisionnelles cumulées représentent désormais plus de 700 milliards de dollars sur l’année.

S’il y a une bulle de l’IA, elle n’affecte pas encore les performances des grands noms de la tech. Dans une rare publication simultanée de résultats financiers, les quatre groupes ont en effet fait état, mercredi 29 avril, de résultats supérieurs aux attentes pour toutes les activités liées au cloud, c’est-à-dire à la mise à disposition d’infrastructures, de logiciels ou de services informatiques.

Le chiffre d’affaires cloud s’envole

Au jeu de la croissance, Google Cloud affiche (PDF) des chiffres particulièrement impressionnants, avec un chiffre d’affaires qui passe de 12,26 milliards à 20 milliards de dollars sur le seul premier trimestre, soit une augmentation de l’ordre de 60 %. Et la division affiche des perspectives solides, avec un carnet de commandes supérieur à 460 milliards de dollars selon le groupe.

La hausse est moins marquée sur les autres activités, mais elle se révèle néanmoins très soutenue sur la publicité liée au search (+ 20 % sur un an, à 60 milliards de dollars). La maison mère Alphabet conclut de ce fait le trimestre sur un chiffre d’affaires de près de 110 milliards de dollars, en hausse de 22 % sur un an.

Pour Alphabet, c’est l’intelligence artificielle qui sous-tend cette croissance, et pas uniquement dans le cloud. La publicité en ligne ou les investissements sur YouTube profiteraient eux aussi d’une accélération due à la démocratisation des outils d’automatisation dans les processus d’achat, notamment programmatiques.

Sundar Pichai attribue une part significative de ce succès à la surface couverte par Google. « Ces résultats exceptionnels reposent sur notre approche intégrée et différenciée. Nos modèles propriétaires, comme Gemini, traitent désormais plus de 16 milliards de jetons par minute via l’utilisation directe de l’API par nos clients, soit une hausse de 60 % par rapport au trimestre précédent. »

Amazon, leader du marché, n’est pas en reste. Ses résultats (PDF) font ressortir une activité en hausse de 28 % sur un an pour la branche AWS (Amazon Web Services), soit la croissance la plus importante enregistrée sur les 15 derniers trimestres, souligne le groupe. Son chiffre d’affaires s’établit ainsi à 37,6 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l’année, contre 29,3 milliards un an plus tôt.

L’IA comme moteur de la croissance

Sur le volet cloud, Amazon souligne que le trimestre lui a permis de nouer une trentaine d’accords industriels autour du cloud avec des acteurs de premier plan, au premier rang desquels on trouve plusieurs locomotives de la scène IA dont OpenAI, Anthropic, NVIDIA, mais aussi Meta, l’armée américaine ou le français Veolia.

Pour ne rien gâcher, Amazon affiche également une montée en puissance continue dans le domaine des semiconducteurs, qui lui permet d’être à la fois son propre fournisseur et son premier client. L’activité représente désormais une projection de chiffre d’affaires annuel à plus de 20 milliards de dollars, souligne le groupe, à qui l’on prête l’intention d’ouvrir son carnet de commandes à des tiers.

Là aussi, l’IA est présentée comme l’un des catalyseurs de l’activité AWS, dont la division spécialisée, Bedrock, a traité sur le trimestre plus de tokens « que toutes les années précédentes réunies ».


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☕️ 45 ans plus tard, Microsoft publie le code source de 86-DOS 1.00

30 avril 2026 à 08:36


Quand la publication d’une archive prend des accents de découverte archéologique : Microsoft a annoncé lundi 28 avril la publication du « plus ancien code source DOS jamais découvert ». Le code en question fait effectivement figure d’antiquité à l’échelle de l’informatique moderne : il est daté du 28 avril 1981, et recouvre le noyau ainsi que certains composants clés de 86-DOS 1.00, le système d’exploitation écrit par Tim Paterson qui donnera naissance, quelques mois plus tard, à la première mouture de MS-DOS.

Hébergé sur GitHub, le répertoire dédié est baptisé « Paterson Listings », en référence aux sorties papier d’imprimante qui ont permis à ces lignes de code historiques de traverser l’histoire. Ce projet de conservation prend en effet naissance dans un email de Tim Paterson à Len Shustek, ancien président du conseil d’administration du célèbre Computer History Museum de Mountain View, en Californie.

Paterson y explique avoir retrouvé le code source de certaines des premières versions de MS-DOS, progressivement mises à disposition du public via le site du musée, puis directement sur GitHub par Microsoft en 2018. Dans cet email, Paterson signale aussi avoir retrouvé « une pile de 15 cm d’impressions de listes d’assembleur pour certains de ces programmes et probablement d’autres programmes connexes ».

C’est la numérisation de cette pile de papier qui permet aujourd’hui la publication, sous licence MIT, du code source de 86-DOS 1.00, de son noyau, et de certains utilitaires comme CHKDSK. La valeur de l’ensemble dépasse largement la simple capacité à compiler une vénérable antiquité logicielle, selon Microsoft :

« Il est également important de noter que ces documents ne sont pas de simples versions de système d’exploitation au sens traditionnel du terme. Dans plusieurs cas, il s’agit de documents représentant des états de travail à un instant T et des notes manuscrites, conservées par Tim Paterson lui-même. On peut les comparer à un historique des modifications d’un dépôt Git. Ils retracent la chronologie des changements, indiquant quelles fonctionnalités ont été implémentées, à quel moment, quelles erreurs ont été commises et comment elles ont été corrigées. »

Les archives de Tim Paterson sont diffusées à la fois sous forme de scans des sorties papier, et sous forme de code, récupéré via OCR.

Extrait des premières lignes du code de 86-DOS 1.0

Formule 1, MotoGP : Canal+ fait feu de tout bois pour faire bloquer le streaming pirate

29 avril 2026 à 15:31
Lâche ce rocher, Sisyphe
Formule 1, MotoGP : Canal+ fait feu de tout bois pour faire bloquer le streaming pirate

Canal+ vient d’obtenir du tribunal judiciaire de Paris une salve de décisions ordonnant la mise en œuvre de mesures de blocage portant sur une vingtaine de sites de streaming donnant accès aux retransmissions de la saison en cours de Formule 1 et de MotoGP. Comme dans le foot, Canal+ ratisse large pour défendre ses droits, avec des procédures qui visent opérateurs, moteurs de recherche, fournisseurs de DNS alternatifs et VPN.

Cette nouvelle salve de décisions n’endiguera pas définitivement le phénomène, mais elle devrait conforter Canal+ dans sa volonté de porter le fer aussi souvent que possible pour faire valoir ses droits. Le groupe audiovisuel a en effet obtenu le 17 avril dernier une salve de décisions de justice ordonnant le blocage d’une vingtaine de sites et miroirs de sites diffusant, en streaming (direct ou différé), des compétitions dont il a acquis les droits.

Deux procédures parallèles visaient à défendre la retransmission de la saison 2026 de Formule 1 (du 6 mars au 6 décembre 2026) et son équivalent dans le monde de la moto, le MotoGP, organisé entre le 27 février et le 22 novembre 2026.

Concernant la Formule 1, le tribunal judiciaire de Paris prononce ainsi le blocage sous trois jours des sites suivants :

  1. antenawest.store
  2. antenapluto.store
  3. antenasouth.store
  4. huhu.to
  5. daddylive3.com
  6. rereyano.ru
  7. telestream.mom
  8. kondoplay.cfd
  9. epicplayplay.cfd
  10. lefttoplay.xyz
  11. hoca6.com
  12. rightflourish.net
  13. iptvs.pw
  14. outfitreferee.net
  15. iptvsupra.com
  16. d4ktv.info
  17. king365tv.me
  18. top1iptv.my
  19. smartbox-tv.com
  20. marcobox.in

Un processus désormais bien rodé

Historiquement très impliqué dans la lutte contre le piratage, Canal+ entreprend depuis plusieurs années d’endiguer, à défaut de pouvoir l’interrompre, le streaming illégal. Pour ce faire, le groupe a procédé par étape, en superposant des demandes de blocage visant à prévenir, l’une après l’autre, les mesures de contournement technique.

Soutenu par la loi Arcom d’octobre 2021 puis par l’article L333-10 du Code du Sport, le groupe a d’abord sonné la charge à partir de 2022 en saisissant la justice pour obtenir le blocage de sites pirates par les fournisseurs d’accès à Internet, puis le déréférencement par les moteurs de recherche l’année suivante. Il a ensuite progressivement étendu la portée de ses demandes aux fournisseurs de DNS alternatifs (Google, Cloudflare, etc.) en 2024, puis aux solutions de type VPN ou proxy en 2025, en vertu du DSA.

Rappelons que depuis 2022, ce blocage est fait sous forme d’injonctions « dynamiques » : le juge délivre d’abord une ordonnance enjoignant le blocage d’une liste de sites donnée, pour la durée de la compétition sportive concernée. Le titulaire de droits peut ensuite demander à l’Arcom d’actualiser ou d’étendre cette liste pour prendre en compte les miroirs ou nouveaux sites qu’il aurait découverts, sans qu’il soit nécessaire de retourner devant la justice.

Rappel du principe de l’injonction dynamique selon l’Arcom

C’est le caractère dynamique de ce dispositif qui explique l’explosion du nombre de noms de domaine bloqués par l’Arcom : l’Autorité issue du rapprochement entre le CSA et la Hadopi en référençait ainsi plus de 15 000 depuis 2022 dans son bilan de sa lutte contre le piratage des contenus culturels et sportifs publié fin mars.

Canal+ empile les demandes

Du côté de Canal+, représenté par ici par deux de ses entités, la méthode est désormais largement rodée, comme en témoigne l’une des 18 décisions datées du 17 avril qui incarnent cette double offensive centrée sur la F1 et le MotoGP (voir un exemple). Toutes suivent le même déroulé.

Entre octobre et novembre, Canal+ fait réaliser via l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) des procès verbaux constatant que les sites litigieux diffusent un flux identique à celui des chaînes du groupe au moment des compétitions concernées. Sur la base de ces PV, Canal+ obtient en décembre 2025 l’autorisation d’assigner l’ensemble des prestataires concernés par l’éventail de ses demandes de blocage (opérateurs et FAI, moteurs de recherche, VPN et assimilés) selon une procédure accélérée au fond. L’audience et les décisions s’enchaînent dans un délai d’environ quatre mois.

À quelques menus détails près, la teneur des échanges et de la décision finale reprennent ce que l’on a pu lire dans les textes liés au précédent épisode déclenché par Canal+, lié cette fois à la Ligue des champions 2025/2026, et jugé le 19 décembre dernier.

Pour la F1 comme pour le MotoGP, le tribunal reconnait que Canal+ a bien qualité à agir, et ordonne aux intermédiaire concernés la mise en place, sous trois jours, de toutes mesures de blocage ou de déréférencement propres à empêcher « l’accès aux sites et services IPTV identifiés ci-dessus ainsi qu’aux sites et services IPTV non encore identifiés à la date de la présente décision », et ce « jusqu’à la date de la dernière course de la compétition ».

Au gré des saisons sportives, le nombre d’ordonnances et de décisions augmente, à mesure que Canal+ essaie de combler les trous dans la raquette technique du blocage. Sur cette dernière salve, le groupe audiovisuel obtient des mesures de blocage de la part des principaux opérateurs (en métropole comme dans les DROM-COM) et de Google et Microsoft pour la recherche. Il fait également mouche côté VPN avec un trio de décisions adressées à Proton, NordVPN, Surfshark, Cyberghost et ExpressVPN.

Enfin, Canal+ remet le couvert côté résolveurs DNS alternatifs en visant notamment Cloudflare et Quad9. Le groupe se félicitait d’ailleurs fin mars que les décisions de première instance déjà obtenues à ce niveau aient été confirmées par la cour d’appel de Paris le 27 mars dernier.

Toujours en attente du blocage par adresse IP

Du point de vue des ayant-droits, la prochaine étape majeure est désormais dans les mains du gouvernement. La proposition de loi « relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel » adoptée par le Sénat en juin 2025 et transmise à l’Assemblée nationale comporte en effet un chapitre spécifiquement consacré au renforcement de la lutte contre le piratage des contenus sportifs.

Dans sa version actuelle, le texte prévoit notamment que les titulaires de droit puissent communiquer à l’Arcom, selon des modalités définies par cette dernière, « les données d’identification permettant d’assurer la mise en œuvre sans délai » de mesures de blocage. Dit autrement, un groupe comme Canal+ pourrait relever en direct l’adresse IP des sites qui diffusent les compétitions dont il a acheté les droits, et obtenir un blocage immédiat de la part des intermédiaires techniques concernés.

« La reprise de l’examen parlementaire de ces dispositions, à l’Assemblée nationale, pourrait également être l’occasion de compléter le texte pour doter l’Arcom d’un pouvoir coercitif de sanction (et pas seulement d’injonction) pour faire appliquer les demandes de blocages DNS que nous notifions, compte tenu des difficultés d’exécution que nous rencontrons avec certains VPN et certains DNS alternatifs », déclarait à ce sujet Martin Ajdari, président de l’Arcom, le 23 mars dernier, en conclusion du forum de l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS).

L’examen à l’Assemblée nationale devrait, sauf bouleversement du calendrier, débuter le 18 mai prochain, a affirmé mi-avril la ministre des Sports Marina Ferrari. À temps, peut-être, pour la saison 2026 - 2027.

☕️ Serveurs web : correction en urgence de vulnérabilités au niveau de cPanel et WHM

29 avril 2026 à 06:39


L’alerte n’a été que de courte durée, mais elle était de nature à donner quelques sueurs froides aux hébergeurs qui exploitent les panneaux de contrôle cPanel et WHM (Web Host Manager). Mardi 28 avril vers 22 heures (heure de Paris), l’éditeur de cPanel a publié un bulletin de sécurité relatif à un problème de sécurité affectant toutes les versions courantes du logiciel, et concernant différents chemins d’authentification.

Affirmant travailler sur un correctif en urgence, il a indiqué : « En attendant, bloquer l’accès aux ports TCP 2083/2087 via un pare-feu empêchera tout accès non autorisé, mais restreindra également tout autre accès au panneau de contrôle. Il s’agit actuellement de la meilleure solution pour sécuriser vos serveurs jusqu’à la disponibilité du correctif ».

Plusieurs hébergeurs exploitant cPanel ont réagi dans la foulée en suspendant l’accès au logiciel.

« Nous avons proactivement bloqué l’accès à cPanel et WHM sur l’ensemble de notre parc d’hébergement par mesure préventive. C’est la mesure d’atténuation que cPanel recommande elle-même, et c’est actuellement la façon la plus efficace de protéger chaque compte sur chaque serveur WHC jusqu’à la livraison d’un correctif permanent », a par exemple indiqué le canadien WHC.

Même son de cloche chez les Français d’o2switch, sur X : « Malheureusement, l’accès à vos interfaces cPanel est donc impossible tant que l’incident ne sera pas terminé. Cela concerne cPanel au sens large : l’interface technique, les webmails, les webdisks. Dès mise à disposition d’un patch d’urgence par l’éditeur, nous déploierons sur l’intégralité de l’infrastructure ».

Le correctif a été livré environ trois heures après la publication de la première alerte, et largement déployé dans la foulée. « Si vous exploitez un serveur cPanel autogéré ou si vous n’autorisez pas WHC à accéder directement à vos systèmes, vous devez mettre à jour cPanel vous-même dès que possible, ou contacter le support », précise l’hébergeur canadien.

Pour exécuter le correctif, lancez la commande suivante depuis la ligne de commande /scripts/upcp --force.

Capture d’écran de l’alerte cPanel du 28 avril, qui n’a pour l’instant pas fait l’objet d’une CVE

☕️ Ancien de Cloudflare et AWS, Boris Lecoeur prend la tête de Qwant et Shadow

29 avril 2026 à 06:00


Symfonium, la coentreprise montée par les frères Klaba en 2023 avec le soutien financier de la Banque des territoires (25 % du capital), accueillera le 11 mai prochain son nouveau directeur général, Boris Lecoeur. Ancien dirigeant d’AWS France puis de Cloudflare France, il aura la charge de piloter cette entreprise qui rassemble le moteur de recherche Qwant et le service de cloud gaming/desktop Shadow.

« Son profil, à la croisée de la technologie, du produit et du développement commercial, est pleinement aligné avec les ambitions de croissance que nous portons pour Qwant et Shadow dans les prochaines années », salue Octave Klaba, président fondateur de Synfonium (et par ailleurs CEO d’OVHcloud) dans un communiqué.

Boris Lecoeur remplacera donc Olivier Abecassis, arrivé à la tête de Qwant en octobre 2023 et artisan du rapprochement initié avec Ecosia au sein de la coentreprise European Search Perspective. Les raisons du départ de ce dernier ne sont pas expliquées, Octave Klaba se contentant simplement de le remercier « chaleureusement » pour le « travail remarquable accompli ces dernières années ».

Qwant intègre une IA sous forme de chatbot

« Synfonium dispose d’atouts uniques en Europe : une technologie de recherche indépendante avec Qwant et une plateforme de capacité de calcul avec Shadow. Mon rôle est désormais d’aider les équipes à transformer ces fondations en produits utilisés à grande échelle par les entreprises, les développeurs et les acteurs de l’intelligence artificielle en Europe », déclare de son côté le nouveau DG.

La stratégie dessinée par Synfonium dans son communiqué confirme une logique similaire pour les deux entreprises, à savoir développer une brique de services qui puisse à la fois se décliner dans des usages grand public (le cloud gaming, la recherche en ligne, depuis peu assistée par IA) et des débouchés sur le marché entreprise (cloud desktop et mise à disposition de GPU pour de l’inférence côté Shadow, création d’une API de recherche destinée aux acteurs de l’IA baptisée Staan pour Qwant).

« Ces deux dynamiques convergent au sein de Synfonium pour former un ensemble industriel européen capable d’adresser, de bout en bout, les enjeux de la recherche, de la donnée et du calcul à l’ère de l’IA », affirme l’entreprise.

GitHub Copilot passe à une facturation à l’usage à partir du 1er juin

28 avril 2026 à 07:26
Adieu, veau, vache, cochon, couvée
GitHub Copilot passe à une facturation à l’usage à partir du 1er juin

Une semaine après avoir restreint la souscription de nouveaux abonnements individuels, Microsoft annonce le passage prochain de GitHub Copilot à une tarification basée sur l’usage réel. L’utilisateur n’aura donc plus accès aux modèles d’IA générative une fois son crédit mensuel épuisé, à moins d’acheter une option supplémentaire. Dans le même temps, Microsoft annonce le déploiement de Copilot 365 à l’échelle des 743 000 employés d’Accenture.

GitHub rattrapé par la réalité ? La plateforme a annoncé mardi 27 avril une modification substantielle de sa tarification associée à ses outils d’IA générative, réunis sous la casquette GitHub Copilot. À compter du 1ᵉʳ juin prochain, ces derniers seront associés à une facturation à l’usage, en fonction du volume de tokens consommé.

La nouvelle formule s’appuiera sur ce que GitHub qualifie de « crédits IA », avec une enveloppe donnée pour chaque formule prépayée (sur abonnement) et la possibilité de débloquer des tokens supplémentaires en cas de besoin, moyennant finances bien sûr. Microsoft va de ce fait basculer sur un système de tarification identique à ce que l’on connait chez Anthropic ou OpenAI.

Des crédits IA pour mesurer l’utilisation réelle

« L’utilisation sera calculée en fonction de la consommation de jetons (entrées, sorties et jetons mis en cache) selon les tarifs API indiqués pour chaque modèle. Cette modification aligne la tarification de Copilot sur l’utilisation réelle et constitue une étape importante vers une activité et une expérience Copilot durables et fiables pour tous les utilisateurs », justifie l’éditeur.

Microsoft et GitHub abandonnent donc le système actuellement en vigueur, qui combinait une licence (l’abonnement de base) ouvrant droit sans restriction aux requêtes courantes, et une enveloppe de « requêtes premium » (discussion avec un modèle de pointe, fenêtre contextuelle dépassant un certain volume, etc.), faisant l’objet d’une mesure spécifique.

Le changement de tarification présente, d’après GitHub, un caractère presque inéluctable, compte tenu de la double évolution des usages et des modèles :

« Aujourd’hui, une simple question posée via le chat et une session de codage autonome de plusieurs heures peuvent coûter le même prix à l’utilisateur. GitHub a absorbé une grande partie de l’augmentation des coûts d’inférence liés à cette utilisation, mais le modèle actuel de facturation premium n’est plus viable. La facturation à l’usage remédie à ce problème. Elle aligne mieux les prix sur l’utilisation réelle, nous aide à garantir la fiabilité du service à long terme et réduit la nécessité de limiter l’accès aux utilisateurs intensifs. »

Restrictions temporaires en attendant le 1er juin

Les clients de GitHub Copilot verront-ils cette évolution du même œil ? Microsoft veut rassurer en précisant que le prix des abonnements Copilot reste inchangé, et en expliquant que la complétion automatique et les suggestions de code restent disponibles par défaut, sans consommer de crédits IA.

Dans les faits, un abonnement Copilot Pro à 10 dollars par mois ouvrira droit à 1 000 crédits (0,01 dollar par crédit), contre 3 900 crédits pour une formule Copilot Pro+ à 39 dollars par mois. Impossible en revanche de transposer directement cette réserve de crédits en jetons, puisque GitHub précise que le coût exact d’une interaction dépend à la fois du modèle et de la complexité de la requête (voir les coefficients multiplicateurs en fonction du modèle).

« Une question posée rapidement via une messagerie instantanée avec un modèle léger peut coûter une fraction de crédit. Une longue session de programmation avec un agent utilisant un modèle plus complexe sur plusieurs fichiers coûtera plus cher, car elle implique davantage de travail ».

L’annonce de cette nouvelle tarification ne sera sans doute qu’une demi-surprise pour ceux qui suivent l’actualité de la plateforme. Le 21 avril dernier, GitHub avait déjà décidé la mise en pause des nouvelles souscriptions sur les abonnements individuels, soi-disant pour servir plus efficacement les clients existants, ainsi que l’exclusion des modèles Opus (les plus performants de la gamme d’Anthropic) des forfaits premier prix.

GitHub avait également durci à cette occasion les limites d’usage par session, qui plafonnent le volume de requêtes possibles sur une plage quotidienne (quelques heures) ou hebdomadaire (remise à zéro tous les sept jours).

Ces deux mesures étaient présentées comme temporaires : on comprend maintenant qu’il s’agissait d’introduire la tarification à l’usage.

Accenture passe 743 000 employés sous Copilot 365

Les deux informations n’ont pas de lien direct, mais leur concomitance résonnera de façon particulière auprès des utilisateurs individuels qui paient leur licence GitHub Copilot : si Microsoft avance la nécessité de restreindre l’utilisation chez les développeurs, ou d’ajuster la tarification, c’est aussi parce que l’éditeur négocie des accords entreprise à grande échelle qui sollicitent donc ses infrastructures dédiées à l’IA.

Microsoft s’est ainsi félicité mardi 27 avril d’avoir signé avec Accenture, le leader mondial du conseil, pour un déploiement de Copilot 365 sur la quasi totalité de son parc utilisateurs, soit la bagatelle de 743 000 employés dans le monde. Le contrat n’est pas une nouveauté en soi (Accenture fait partie des premiers partenaires et clients de Copilot depuis son lancement, notamment via Avanade, la coentreprise commune aux deux géants), mais il témoigne d’une diffusion continue de l’IA générative au sein des équipes d’Accenture.

☕️ France Titres : le portail de l’ANTS est fermé pour maintenance depuis vendredi

27 avril 2026 à 08:55


S’agissait-il du piratage de trop ? Le portail France Titres (ants.gouv.fr) a été placé en maintenance technique à compter du vendredi 24 avril, à 19h30 :

« L’accès à votre compte est momentanément indisponible. L’ANTS poursuit les mesures de renforcement de sécurité de son portail. Tous les moyens sont mis en œuvre pour que cette opération soit effectuée dans les meilleurs délais. »

Le site reste accessible, mais la navigation est limitée aux pages qui sont en simple consultation. Toutes les fonctionnalités qui sont placées derrière le processus d’authentification sont quant à elles gelées. Pendant cette phase de maintenance, il n’est donc pas possible d’initier une nouvelle démarche en ligne.

« Pour solliciter un titre d’identité, il est nécessaire de se rendre en mairie après avoir pris rendez-vous, où l’usager pourra remplir un cerfa pour initier sa demande de titre. Le dossier se constituant sur place, le temps passé sur place en mairie sera plus long », précise une FAQ dédiée.

Cette opération de maintenance inédite fait l’objet d’une FAQ dédiée.

Le suivi des dossiers déjà ouverts est également inopérant, même si l’Agence nationale des titres sécurisés assure que les demandes suivent leur cours normal.

« Dans ce cas, pour toute question relative à l’état d’avancement de son dossier, l’usager peut écrire (https://ants.gouv.fr/contactez-nous) ou appeler le centre de contacts citoyens (CCC) de l’ANTS (34 00 en France métropolitaine (numéro non surtaxé), 09 70 83 07 07 depuis l’Outre-Mer et l’étranger). »

Les inscriptions au permis de conduire sont quant à elles gelées, faute de pouvoir obtenir un numéro d’enregistrement préfectoral harmonisé (NEPH). Les obligations de déclaration relatives à la vente d’un véhicule (carte grise) restent quant à elles en vigueur et associées à un délai maximal de 15 jours.

Pour ce faire, l’ANTS recommande « d’utiliser l’application mobile Simplimmat (simplimmat.gouv – attention aux sites frauduleux) qui permet de réaliser chacune de ces démarches administratives de façon totalement dématérialisée, à partir de son smartphone après chargement de l’application, à condition que le vendeur et l’acheteur soient en présence physique lors de la remise des clefs (durée estimée de la procédure d’une dizaine de minutes) ».

Reste enfin la question sans doute la plus cruciale pour les usagers concernés : quand le portail va-t-il rouvrir ? « Tous les moyens sont mis en œuvre pour que cette opération de maintenance soit effectuée dans les meilleurs délais. Les usagers seront tenus informés », se contente de répondre l’Agence.

Cette fermeture sine die du service France Titres est une première motivée par la survenue récente d’une intrusion informatique qui a exposé les données de 11,7 millions de comptes, d’après les annonces faites par le ministère de l’Intérieur.

En septembre dernier, l’ANTS avait enquêté sur une fuite de données revendiquée par des pirates, sans trouver de trace d’intrusion tout en affirmant que l’échantillon mis en ligne présentait de « nombreuses incohérences ». France Titres affirmait alors que, « en tant qu’opérateur du ministère de l’Intérieur manipulant des données sensibles, l’ANTS fait l’objet de mesures de sécurité renforcées et d’une vigilance permanente des services de l’État contre toute intrusion, physique ou informatique ».

Ces dernières exigeaient manifestement un tour de vis supplémentaire.

Mise à jour, mercredi 29 avril, 20 heures : selon nos constatations, l’accès aux démarches en ligne et à l’identification via France Connect sont rétablis.

☕️ XChat : Elon Musk lance son concurrent à Signal ou WhatsApp sur iOS

27 avril 2026 à 08:12


En attendant que X devienne la « super app » bonne à tout faire dont rêve Elon Musk, le réseau social vient de lancer sa messagerie, XChat, sous forme d’application dédiée. Cette première mouture publique est réservée aux utilisateurs d’iPhone sous iOS 26. « Discutez avec n’importe qui sur X. En toute confidentialité. Désormais sur votre écran d’accueil. », promet le message d’annonce, posté vendredi 24 avril.

XChat prend donc la forme d’une interface indépendante, mais l’application est bien adossée à X : on s’y connecte via les identifiants du réseau social (il n’est donc pas indispensable de renseigner un numéro de téléphone comme sur Signal ou WhatsApp), et l’on retrouve sur son téléphone les messages privés déjà échangés via le Web ou l’application X générale.

Le client de messagerie promet cependant d’aller plus loin, avec un chiffrement de bout en bout protégé par code PIN, la possibilité de créer des conversations de groupe allant jusqu’à 500 participants, une option permettant d’empêcher que l’interlocuteur réalise une capture d’écran, et un mode message éphémère, pour lequel on peut paramétrer la durée de conservation (de cinq minutes à quatre semaines).

Rapidement prise en main lundi matin, XChat donne une impression d’inachevé : l’application fonctionne de façon réactive, mais l’interface présente quelques manquements (confirmations d’envoi non datées, etc.) ou imprécisions (rien n’indique par exemple qu’il est impossible de créer une conversation de groupe avec des utilisateurs X n’ayant pas encore installé le client).

Une fonction permet de bloquer la réalisation de captures d’écran (image de droite)

Reste à voir ce que donne la sécurité, présentée comme l’un des arguments phares de XChat. Les choix d’implémentation du chiffrement bout en bout opérés par X avaient déjà soulevé des critiques fin 2025.

Au lancement de cette première version publique, la plupart des éléments pointés du doigt sont toujours d’actualité, comme en témoigne la foire aux questions dédiée à la fonction Chat.

X y admet toujours que les protections mises en œuvre au sein de XChat présentent encore des pistes d’amélioration, notamment en ce qui concerne la confidentialité persistante (forward secrecy) :

« Si la clé privée d’un appareil enregistré est compromise, un attaquant pourrait déchiffrer tous les messages de chat chiffrés envoyés et reçus par cet appareil. Autrement dit, cette implémentation n’est pas sécurisée de manière persistante. Nous travaillons actuellement sur des mécanismes de rotation des clés privées afin d’offrir une meilleure sécurité persistante à l’avenir. »

X utilise pour mémoire le protocole Juicebox pour sécuriser les clés privées des utilisateurs, qui sont ainsi découpées en plusieurs morceaux et recomposées grâce au code PIN, ce dernier étant lui-même théoriquement protégé des attaques par force brute.

Dans l’implémentation actuelle de Chat au sein de X, les morceaux de clé sont stockés sur des serveurs opérés par le réseau social, ce qui soulève là aussi des questions quant à la garantie de confidentialité totale. Là aussi, le réseau social promet des évolutions, sans avancer de date précise :

« À l’avenir, nous prévoyons d’offrir aux utilisateurs davantage d’options, comme la possibilité de choisir des domaines gérés par différentes organisations afin de mieux répartir la confiance et l’autogestion des clés. »

X a par ailleurs profité du lancement de XChat pour annoncer la fermeture des Communautés, la fonction permettant de rejoindre ou créer des groupes thématiques. « Les communautés servaient une vision formidable, mais elles n’étaient utilisées que par moins de 0,4 % des utilisateurs – et pourtant, elles contribuaient à 80 % des signalements de spam, des escroqueries financières et des logiciels malveillants sur X. Certaines semaines, elles occupaient la moitié du temps de l’équipe, tandis que le reste de l’application en pâtissait », a déclaré à ce sujet Nikita Bier, responsable du produit chez X.

Initialement prévue pour début mai, la fermeture des communautés existantes a été décalée au 30 mai et les utilisateurs concernés sont invités à migrer vers XChat, dont le fonctionnement se révèle pourtant assez différent.

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