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☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
Les androïdes rêvent-ils de moutons (de poils) électriques ?
Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

☕️ L’assistant IA de Meta permettait de voler des comptes Instagram

2 juin 2026 à 05:54


L’assistance IA mise en place par Meta pour la gestion des comptes Instagram a autorisé pendant plusieurs semaines n’importe qui d’assez malin à changer l’adresse e-mail associée à un compte. Les propriétaires légitimes se retrouvaient donc « enfermés dehors », incapables de se connecter à leur compte et de reprendre la main.

Depuis le mois de mars, les utilisateurs de Facebook et d’Instagram qui ont besoin d’aide pour gérer leur compte peuvent faire appel à un assistant IA spécialisé, « fiable, rapide, efficace, disponible en tout temps », promettait Meta. Un soutien « axé sur l’action » pour résoudre les problèmes de compte « de A à Z ». Ce qui signifie réaliser des opérations particulièrement sensibles comme la réinitialisation du mot de passe ou le changement de l’e-mail associé au compte.

Capture d’écran : 404media

Depuis la mise en place de ce nouveau mécanisme IA, plusieurs profils Instagram de premier plan, comme un compte appartenant à Barack Obama, celui de la marque Sephora ou du chef des sous-officiers de la Space Force, ont été piratés ces dernières semaines. Les propriétaires légitimes de ces comptes ne pouvaient plus y accéder et pour cause, l’adresse e-mail associée avait changé sans leur autorisation.

Le « nouveau » propriétaire du compte était alors en mesure de publier n’importe quel contenu, contacter les abonnés, diffuser des arnaques, revendre le compte à des tiers… 404media rapporte que Meta aurait corrigé la vulnérabilité qui ouvrait la porte à ces margoulins. C’est la méthode qui est intéressante ici : il ne s’agit pas d’une faille de sécurité à proprement parler, mais d’ingénierie sociale appliquée aux agents IA.

Sur Telegram, des chercheurs en sécurité et des groupes de hackers ont partagé des vidéos et des captures d’écran explicitant le mode opératoire pour voler un compte Instagram. Le scénario est le suivant : l’attaquant connaît le nom d’utilisateur Instagram de la cible ; armé d’un VPN, qui lui permet d’apparaître dans le même pays ou la même région que la victime, il lance une procédure de récupération de compte.

Après avoir ouvert une conversation avec l’assistant IA de Meta, le pirate convainc le bot de remplacer l’adresse e-mail associée au compte par une adresse qu’il contrôle. L’IA envoie alors un code de validation à cette nouvelle adresse. Une fois l’adresse modifiée, l’attaquant peut demander une réinitialisation du mot de passe et prendre le contrôle du compte.

L’IA de Meta aurait accepté une opération extrêmement sensible sans vérifier correctement que l’utilisateur était bien le propriétaire du compte. Cette technique d’injection de prompts contourne les sécurités habituelles liées à un changement d’adresse e-mail, une opération qui ne peut normalement pas être effectuée sans une authentification forte et un délai ou une validation depuis l’ancienne adresse. L’assistance de Meta bénéficiait donc manifestement de privilèges extrêmement élevés, sans qu’aucun garde-fou ne vienne mettre le holà.

En décembre dernier, OpenAI abordait les injections de prompts sur le fond, et admettait qu’il s’agissait d’un problème à long terme. Meta n’est pas le seul acteur IA à y faire face.

☕️ Anthropic lance officiellement son projet d’entrée en Bourse

1 juin 2026 à 16:29


Ça, c’est fait. Après des mois de rumeurs, Anthropic a confirmé, sans trop de surprise, son intention d’entrer en Bourse (IPO). Le labo IA a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le tout de manière confidentielle, comme c’est souvent le cas. En conséquence, le dossier n’a pas été rendu public ; l’entreprise et l’autorité peuvent ainsi discuter à l’abri des regards indiscrets.

Il s’agit d’une première étape, puisque ce dépôt ne signifie pas qu’Anthropic va automatiquement entrer en Bourse. Mais la société se donne la possibilité de le faire une fois l’examen réglementaire terminé.

En l’absence de toute information publique, il est impossible de dire le nombre d’actions qui seront mises sur le marché, ni leur prix. L’opération dépend également de la situation : si les marchés sont agités, si la conjoncture est défavorable, ou si la valorisation attendue n’est pas au rendez-vous, Anthropic peut repousser son projet d’IPO ou tout simplement l’annuler.

Tout laisse cependant penser que cette introduction en Bourse ira à son terme. Le dernier tour de table d’Anthropic lui a permis de réunir 65 milliards de dollars d’argent frais, sur la base d’une valorisation de 965 milliards de dollars. Soit davantage qu’OpenAI (852 milliards de dollars début avril). Le créateur de ChatGPT aurait lui aussi l’intention de se lancer en Bourse d’ici la fin de l’année.

Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

1 juin 2026 à 15:04
La facture tombe pour Spliiit
Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

Spliiit est dans la panade. Le service de partage d’abonnement a été lourdement condamné par le tribunal judiciaire de Paris, qui s’est largement rangé du côté d’Apple, Disney et Netflix. Outre le versement d’une provision significative, le modèle économique de Spliiit est sévèrement remis en cause.

Apple, Disney et Netflix accusaient Spliiit de parasitisme et de contrefaçon de marques. Leur plainte déposée en 2022 a connu bien des rebondissements. Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, avait expliqué en avril à Next que le procès était désormais « sans objet » : « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs ». Avant de rappeler que ces plateformes de streaming et services en ligne avaient changé leurs offres, avec l’ajout de formules « abonné supplémentaire ».

Un espoir douché par le tribunal judiciaire de Paris. Le jugement sur le fond a finalement été publié vendredi dernier et partagé par le site L’Informé. S’il n’est pas tendre pour Spliiit, le tribunal a toutefois rejeté l’idée que l’activité même de mise en relation pour partager un abonnement est automatiquement illégale : « l’activité exercée par la société Spliiit […] n’est pas en elle-même illicite ».

Capture d’écran Spliiit.

Dans un communiqué, Spliiit relève que le tribunal a rejeté les accusations de parasitisme et qu’il n’a pas retenu l’argument « selon lequel le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements ».

Le manque à gagner des plaignants

Pour le reste, le tribunal considère que le service a commis des actes de complicité de violation des conditions générales d’utilisation, des actes de concurrence déloyale et de contrefaçon de marques. Spliiit ne peut plus utiliser les marques Apple, Disney et Netflix au-delà de ce qui est strictement nécessaire, ne peut plus proposer de partage d’abonnements lorsqu’il implique une violation des conditions d’utilisation, et doit modifier plusieurs éléments de son site jugés trompeurs ou insuffisamment clairs.

Spliiit doit également verser des dommages et intérêts ; ils sont certes inférieurs à ce que demandaient les plaignants (9,2 millions d’euros), mais en tout, le service doit verser 785 000 euros. Outre les 49 000 euros de frais de procédure, l’entreprise doit verser 10 000 euros à Apple, 20 000 euros à Disney et 30 000 euros à Netflix pour contrefaçon des marques. Des provisions sont exigées pour compenser le manque à gagner subi par les sociétés plaignantes : 25 000 euros pour Apple (iCloud, Apple Music, Apple TV, etc.), 100 000 euros pour Disney, 300 000 euros pour Netflix France et autant pour Netflix International.

Cette notion de manque à gagner se base sur le fait que des consommateurs ont pu choisir de passer par Spliiit « à moindre frais » plutôt que de souscrire directement un abonnement conforme aux règles fixées par les sociétés éditrices. Si l’activité de mise en relation n’est pas illicite en soi, le tribunal estime qu’elle devient fautive lorsqu’elle facilite des partages contraires aux conditions d’utilisation des plateformes.

Le tribunal constate que ces limitations contractuelles font partie intégrante des abonnements proposés par Netflix, Disney ou Apple, et que Spliiit a facilité des usages permettant de les contourner.

Le partage d’abonnements reste licite

Spliiit pourra toujours se consoler en constatant que son activité n’a donc rien d’illégal. La société explique que le débat ne porte pas sur son existence ni sur le principe de partage de frais, « mais sur les conditions dans lesquelles certains abonnements peuvent être partagés au regard des conditions générales d’utilisation définies par chaque service. » Il n’empêche : la condamnation reste lourde. Spliiit prend acte de la décision, mais annonce la contester fermement et « confirme son intention de faire appel ».

L’entreprise estime que « certaines offres peuvent continuer à être proposées sur sa plateforme dans un cadre conforme ». C’est un interstice dans lequel Spliiit a l’intention de se glisser.

Le service de partage d’abonnements avait obtenu une petite victoire en 2022 : dans une ordonnance de référé, le tribunal avait en effet estimé que les règles de partage des streameurs étaient ambiguës et incohérentes, mais renvoyait à une décision sur le fond. Une médiation avait été demandée l’an dernier, sans que les parties parviennent à se mettre d’accord.

Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

1 juin 2026 à 07:37
Freedom !
Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Microsoft poursuit son travail de fond pour apporter plus de personnalisation, de stabilité et de fiabilité à Windows 11. Le chantier ouvert en début d’année multiplie les nouveautés, grandes et petites. Nouveau point d’étape.

En mars, Microsoft annonçait un retour aux fondamentaux pour Windows 11, après les errements de l’IA à tous crins. L’éditeur a du pain sur la planche, car le système d’exploitation souffre beaucoup de performances en berne et d’une stabilité aux fraises. Les choses ont commencé à s’améliorer avec les premières livraisons des versions bêtas de Windows 11.

La nouvelle fournée pour les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider a été présentée, et la grosse nouveauté n’est autre que la possibilité, finalement, de positionner la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l’écran. Une fonction réclamée depuis des années, que Microsoft va finalement livrer !

Les miracles existent. Image : Microsoft

Microsoft ajoute la possibilité de choisir l’alignement des icônes selon la position de la barre des tâches, l’affichage des libellés des apps ouvertes pour mieux distinguer les fenêtres, et la possibilité d’opter pour une version plus compacte de la barre pour libérer de l’espace.

Le menu Démarrer gagne lui aussi en flexibilité, puisqu’il sera possible d’afficher ou de masquer les sections « Épinglés », « Recommandés » et « Toutes les applications » de manière indépendante. La taille des menus pourra être modifiée et le nom et la photo de profil de l’utilisateur masqués pour davantage de confidentialité.

L’amélioration de Windows 11 passe aussi par de toutes petites choses. La vue Détails de l’Explorateur de fichiers affiche ainsi le poids des fichiers avec les unités appropriées (ko, Mo, Go) au lieu d’être systématiquement exprimé en ko. La barre d’adresse de ce même Explorateur prend en charge davantage de formats de chemins (notamment ceux contenant des guillemets ou des doubles antislashs : C:\Users\user ou “C:\Users\user”), ce qui facilitera le copier-coller depuis d’autres applications. Des bugs liés au renommage de fichiers ont aussi été corrigés.

Isolation vocale et personnalisation visuelle

Ces améliorations peuvent paraitre anodines, mais ce sont des fonctions dont se servent des millions d’utilisateurs chaque jour. L’accessibilité de Windows 11 est aussi un chantier à ciel ouvert. Du côté des commandes vocales, la nouveauté principale est Voice Isolation, qui réduit l’impact des bruits de fond afin de mieux isoler la voix de l’utilisateur. De quoi améliorer la reconnaissance des commandes vocales même dans un environnement bruyant.

Image : Microsoft

L’éditeur ajoute également de nouvelles options de personnalisation visuelle. Une fonction de teinte d’écran permet notamment d’ajuster les couleurs et l’opacité de l’affichage selon les préférences de l’utilisateur ou les conditions d’éclairage. Il est plus facile de définir un niveau de zoom dans l’outil Loupe, et de modifier le grossissement depuis son interface, sans avoir à fureter au fin fond des réglages de Windows.

Microsoft poursuit en parallèle ses efforts pour améliorer la fiabilité de son système d’exploitation en s’attaquant à un élément souvent invisible mais essentiel : les pilotes matériels. L’éditeur a présenté durant la conférence WinHEC 2026 un nouveau programme, Driver Quality Initiative (DQI), pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité des drivers en travaillant avec les constructeurs de périphériques.

Ces nouveautés sont en cours de déploiement via le nouveau canal Experimental du programme Windows Insider.

☕️ Microsoft voudrait ranger tous ses Copilot dans une app unique

1 juin 2026 à 06:53


Même si Microsoft s’est décidé à rationaliser la présence (parfois envahissante) de l’IA dans Windows, l’éditeur ne compte pas lâcher l’affaire. Pour remettre de l’ordre dans sa galaxie de Copilot, l’entreprise préparerait une « superapp » regroupant tous ses assistants IA au sein d’une interface unique.

On ne compte plus les Copilot : les déclinaisons de l’IA chez Microsoft sont tellement nombreuses que plus personne n’y comprend rien. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot, Copilot Cowork, le chatbot grand public Copilot… Difficile de s’y retrouver, les utilisateurs ne savent plus très bien à quoi sert tel ou tel service. Microsoft a commencé à réagir, en réduisant le forcing de Copilot et la surcharge de l’IA dans le système d’exploitation. Mais il reste encore beaucoup de travail pour trouver une cohérence à ce bazar d’IA.

C’est pourquoi l’éditeur plancherait actuellement sur une « superapp », une application unique regroupant tous les Copilot derrière une seule interface. La rumeur rapportée par Fortune consisterait en un guichet unique donnant accès à tous les Copilot de l’utilisateur. À cela s’ajouterait un système d’automatisation à base d’agents IA, baptisé Autopilot.

Le projet n’est pas sans rappeler la propre « superapp » que développe OpenAI, en prenant comme base l’outil de vibe coding Codex. À terme, l’idée est de répondre à l’ensemble des requêtes de l’utilisateur grand public, développeur ou professionnel.

La stratégie de la superapp a du sens pour Microsoft comme pour OpenAI, même si on peut faire valoir qu’une telle application « fourre-tout » peut désorienter les utilisateurs qui cherchent à réaliser une tâche précise. Ou rendre l’ensemble plus difficile à appréhender.

Au mois de mars, le directeur général Satya Nadella nommait un « chef » de Copilot en la personne de Jacob Andreou, qui est chargé de remettre du sens et de l’ordre dans la pléthore de fonctions et de services Copilot. On pourrait entendre parler de cette superapp dès cette semaine, à l’occasion des conférences Build de Microsoft, même s’il ne serait pas question de montrer l’app en elle-même. Celle-ci pourrait cependant ne pas tarder : la rumeur évoque en effet un lancement d’ici la fin de l’été.

☕️ Brûler des tokens n’est pas travailler : Amazon ferme son classement IA interne

1 juin 2026 à 05:31


Brûler des tokens pour se faire bien voir de ses patrons ne sert à rien, mieux vaut se concentrer sur la qualité des produits développés avec l’IA. C’est en substance le message en interne chez Amazon, qui a mis fin à un classement mesurant la quantité de tokens utilisés.

Amazon veut que ses employés utilisent l’IA générative pour développer de nouveaux produits et services ; mais pas en brûlant des tokens sur des tâches sans intérêt. L’entreprise a mis un terme à Kirorank, un classement mesurant l’utilisation de Kiro, une plateforme de développement assisté par IA. Plus un employé utilisait cet outil IA, plus son score grimpait.

Illustration : Flock

Pour gagner des places, certains petits malins avaient commencé à « optimiser » leur usage de l’IA, en lançant des agents IA pour générer artificiellement de l’activité, ce qui leur permettait de consommer un maximum de tokens sans produire davantage de travail « utile ». Cette pratique du « tokenmaxxing » revient cher : les modèles IA ne sont pas gratuits, ils consomment des ressources de calcul que les entreprises doivent payer.

Si des milliers d’employés commencent à faire tourner des agents IA pour des tâches sans valeur ajoutée, la facture grimpe rapidement. Et c’est d’autant plus sensible qu’Amazon est un des principaux acteurs du secteur, avec des investissements massifs pour ses infrastructures (200 milliards rien que cette année).

Dave Treadwell, vice-président d’Amazon, a reconnu que ce classement avait été créé avec de « bonnes intentions », mais qu’il avait produit des effets toxiques. « N’utilisez pas l’IA simplement pour utiliser l’IA », a-t-il indiqué dans un mémo publié par le Financial Times. L’entreprise préfère désormais suivre d’autres indicateurs comme les « déploiements normalisés » qui mesurent si l’IA aide réellement à produire du code utile, plutôt que de simplement compter le volume de tokens brûlés.

« Le tableau de bord bêta n’était pas un outil officiel ni approuvé, et il a depuis été abandonné », a confirmé Amazon dans une déclaration. Ce classement avait été créé par un groupe d’employés « qui souhaitaient sensibiliser leurs collègues à la manière dont l’IA peut accélérer le travail ». L’entreprise préfère se concentrer sur « l’efficacité opérationnelle ».

La pression n’en reste pas moins forte pour adopter l’IA dans le travail de tous les jours. Amazon s’est fixé un objectif de 80 % de développeurs devant utiliser cette technologie chaque semaine.

☕️ La licence perpétuelle d’Office 2019 pour Mac a du plomb dans l’aile

29 mai 2026 à 15:59


Gros soupçon d’obsolescence programmée chez Microsoft. Les logiciels de la suite Office 2019 pour Mac seront bientôt limités à la lecture et à l’impression de documents. Par conséquent, il sera impossible de les modifier, de les sauvegarder ou de créer de nouveaux fichiers. La seule solution : passer à une version plus récente ou basculer vers l’offre sur abonnement, ce qui implique de mettre la main à la poche.

À compter du 13 juillet, les utilisateurs d’Office 2019 et d’Office 2021 sur Mac, et certains utilisateurs de Microsoft 365 sur macOS, iOS ou iPadOS ne pourront plus modifier ou sauvegarder des documents dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook ou OneNote. Les logiciels bureautiques n’offriront plus que la lecture seule des fichiers, ce qui permettra uniquement de voir les documents et de les imprimer. MacGeneration rapporte qu’il s’agit d’un problème de certificat de sécurité.

Image : Microsoft

Pour ce qui concerne Microsoft 365, la version de la suite bureautique sur abonnement, la solution est simple : il suffit de mettre à jour les différents composants logiciels. Une opération qui n’est pas nécessaire sur Windows ou Android, mais qui s’impose sur les systèmes d’exploitation d’Apple. Pour Office 2021, Microsoft recommande également de mettre à jour les applications.

Attention toutefois : la configuration minimale pour pouvoir utiliser Microsoft 365 ou Office 2021 est un Mac sous macOS 12 Monterey (sorti en 2021), ou iOS 17 (sorti en 2023) pour les appareils mobiles. Tout le monde ne veut pas forcément passer ses machines à une version plus récente de leurs systèmes d’exploitation. Pour les appareils incompatibles avec Monterey ou iOS 17, les solutions proposées par l’éditeur ne sont guère réjouissantes : utiliser la version web de Microsoft 365 (gratuite mais avec des fonctions limitées), ou… s’en servir sur un ordinateur compatible.

Mais le vrai problème concerne Office 2019. Comme Office 2021, il s’agit d’une suite vendue sous la forme d’une licence perpétuelle… mais qui n’a de « perpétuelle » que le nom, finalement. Le support de cette mouture a cessé en octobre 2023, ce qui n’empêchait pas — jusqu’à présent — de s’en servir normalement.

À partir de juillet, ses fonctionnalités seront donc réduites au strict minimum. On peut basculer sur la version web gratuite de Microsoft 365, ou pour ceux qui ont besoin de toutes les fonctions de la suite, s’abonner à Microsoft 365 ou acheter Office 2024. L’entreprise suggère aussi de changer d’appareil et d’acquérir un nouveau Mac, iPhone, iPad ou PC… Facile à dire !

Le compte à rebours pour les utilisateurs d’Office 2021 ne va pas tarder, puisque la fin du support est programmée le 13 octobre 2026. Là encore, Microsoft ne devrait pas empêcher de se servir de toutes les fonctions, mais pour combien de temps ? L’éditeur précise tout de même que dans tous les cas, les fichiers ne sont heureusement pas affectés.

Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

29 mai 2026 à 14:50
Essaie encore une fois
Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Intel se lance sérieusement à l’assaut du marché des consoles portables qui n’a d’yeux que pour AMD. La nouvelle famille de puces Arc G3 va équiper plusieurs nouveautés signées MSI, Acer et OneXPlayer.

Intel avait trempé un doigt de pied dans le marché des consoles portables avec le Core Ultra 155H utilisé par MSI dans la Claw, en 2024. Cette première incursion s’est transformée en désastre, la puce offrant des performances bien en deçà du silicium d’AMD sur des consoles plus anciennes. Intel et MSI avaient rattrapé le coup l’année suivante avec la Claw 8 AI Plus et sa Core Ultra 7 258V.

Intel veut mettre un coup d’arrêt à AMD

Malgré tout, il manquait au catalogue du géant américain une gamme de puces dédiée au jeu portable capable de se mesurer à toute la puissance des Ryzen Z d’AMD. C’est désormais chose faite, avec les Arc G3 et G3 Extreme. Ces deux modèles s’appuient sur l’architecture des Core Ultra Series 3 (Panther Lake), et ils sont fabriqués avec le procédé 18A, le nœud de classe 1,8 nanomètre sur lequel Intel mise beaucoup.

Les deux puces embarquent un CPU doté de 14 cœurs : 2x P (performants), 8x E (efficients) et 4x LP-E (efficients basse consommation). Les cœurs P tournent à un maximum de 4,6 GHz pour l’Arc G3, et 4,7 GHz pour la déclinaison Extreme. Chacun embarque 12 Mo de mémoire cache L3, jusqu’à 96 Go de mémoire LPDDR5X, pour une enveloppe thermique comprise entre 8 et 35 W, et un NPU de 46 TOPS.

Au-delà du processeur, c’est surtout le GPU intégré qui nous intéresse ici. Intel accole un Arc B370 équipé de 10 cœurs Xe3 jusqu’à 2,2 GHz sur le G3, et un Arc B390 avec 12 cœurs jusqu’à 2,3 GHz sur le modèle Extreme. Le groupe ne précise par contre pas la consommation.

Les iGPU du fondeur ont bonne presse et Intel affirme qu’il proposera un suivi 0-day des pilotes pour les nouveaux jeux. À confirmer dans les mois à venir. Les benchmarks d’un portable de démonstration réalisés en début d’année par Tom’s Hardware confirment les bonnes dispositions du composant, avec un framerate solide qui tourne autour de 60 FPS sur des jeux récents en 1080p.

Image : Intel

La question de l’autonomie reste posée, car elle est évidemment essentielle sur les consoles portables. Intel met en avant le support du XeSS 3, la technologie d’upscale maison. Outre l’upscaling IA, le XeSS 3 combine la génération d’images et une latence réduite. C’est la réponse d’Intel aux technologies similaires chez NVIDIA et AMD.

Intel ajoute au lot une fonction de précompilation des shaders depuis le nuage pour une sélection de titres, de quoi en accélérer le lancement (les joueurs sont bien trop souvent soumis à une longue attente, le temps de calculer les shaders). La gamme Arc G3 apporte également le support du Wi-Fi 7 avec prise en charge des fonctions Release 2 d’Intel (censées optimiser les performance et la gestion du trafic réseau), d’une architecture Bluetooth 6 à double antenne, et du Thunderbolt 4 (40 Gbps).

Grosses perfs, gros prix

Intel ne part pas seul dans la bataille, où le retard à combler est considérable face à AMD. Plusieurs constructeurs ont dévoilé leur jeu avec de nouvelles consoles Windows qui seront présentées plus avant durant le Computex : la Predator Atlas 8 chez Acer, la OneXPlayer 3 et la Claw 8 EX AI Plus de MSI.

La Claw 8 EX AI Plus de MSI. Toutes ces consoles fonctionnent sous Windows 11, avec « l’expérience plein écran » Xbox.
Predator Atlas 8 d’Acer et OneXPlayer 3

Ces appareils sont bâtis autour des nouvelles puces Intel, même si seul Acer proposera une déclinaison G3 standard. Les batteries sont volumineuses, elles dépassent les 80 Wh, et les écrans ont une fréquence d’images de 120 Hz et plus.

Hélas, les constructeurs ne précisent pas les prix, mais au vu du contexte actuel — Valve vient d’augmenter les prix du Steam Deck de 240 euros… —, il n’y a pas de miracle à attendre. Le revendeur italien Ollo a affiché le modèle de MSI (1 To de SSD, 32 Go de mémoire) à 1 599 euros.

Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

29 mai 2026 à 13:37
De l'IA entre les oreilles
Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

Les serveurs des services de streaming musicaux sont pris d’assaut par les morceaux générés par IA. Et ce n’est pas une exagération : Deezer a révélé que 44 % des chansons provenant de ses fournisseurs sont générées par IA. Des volumes ahurissants que l’industrie tout entière devrait apprendre à gérer collectivement, selon Aurélien Hérault, le directeur de l’innovation de la plateforme française.

« Contenu généré par IA » : c’est la petite phrase qui apparait sur les albums qui contiennent des titres identifiés par Deezer comme ayant été générés avec l’aide d’une IA. Le service de streaming communique régulièrement son travail de fond sur une problématique qui touche toutes les plateformes : développement d’un outil de détection mis à disposition de la filière, effort de transparence vis-à-vis des abonnés, et lutte contre les fraudes au streaming qui accompagnent souvent ces chansons IA.

Capture d’écran du message affiché par Deezer sur les contenus générés par IA

Aurélien Hérault est le directeur de l’innovation chez Deezer. Il est à la tête des équipes qui planchent sur les projets R&D de l’entreprise, qu’il s’agisse des algorithmes de recommandations, des fonctions de recherche ou des expérimentations sur de nouvelles technologies. Pour Next, il revient en détail sur le chantier de l’IA.

L’entretien a été édité pour des raisons de concision et de clarté.

Deezer a annoncé que 44 % des chansons téléversées sur les serveurs sont générées par IA, ce qui représente 75 000 chansons chaque jour. D’où viennent toutes ces chansons ? On s’approche du moment où la majorité des morceaux téléversés seront générés par IA.

C’est la raison pour laquelle nous avons développé l’année dernière un détecteur d’IA pour les morceaux uploadés par tous les fournisseurs avec qui nous avons un partenariat. Il y a notamment dans le lot des plateformes qui permettent à des indépendants de livrer du contenu. Et ce qu’on remarque aujourd’hui, c’est le nombre de plus en plus important de morceaux générés par IA. Si vous vous souvenez des chiffres de l’année dernière, on est clairement dans une augmentation continue.

Nous poursuivons nos déploiements sur un certain nombre d’outils. Aujourd’hui, il y a ce qu’on appelle le DDEX, [une organisation] censée répondre à ce genre de problématique : est-ce que c’est un morceau fait par IA ou non ? Aujourd’hui [ce standard de métadonnées] n’est pas encore exploité ou démocratisé chez l’ensemble des acteurs. C’est pour ça qu’on a mis en place nos technologies qui nous permettent de vérifier et de s’assurer si les contenus sont générés par IA ou pas.

Comment Deezer détecte les morceaux générés par IA ?

Il faut savoir que les modèles génératifs sont des modèles prédictifs, statistiques, qui sont entraînés pour générer de la musique ou des vidéos réalistes. Comment faisons-nous pour les détecter ? La production de ces modèles génératifs laisse des traces inaudibles dans le signal audio, caractéristiques de ces modèles. On a développé une technologie capable de détecter ce type de caractéristiques, à partir du signal audio. Ça nous donne une vision assez précise et assez juste de ce qui nous est livré en termes d’IA. Et on continue d’ailleurs à investir et à développer ce type de technologies.

Comment est-ce présenté aux abonnés de la plateforme ?

Il y a un affichage auprès du grand public sur les pages des albums pour informer s’ils contiennent des musiques générées par IA ou pas. C’est une première facette. Et la seconde facette, c’est notre parti-pris d’enlever [le contenu IA] de nos systèmes de recommandation. C’est-à-dire qu’on ne favorise pas ce type de contenu à l’aide de nos algorithmes.

Est-ce qu’il ne serait pas plus simple finalement que Deezer supprime ces chansons du catalogue ?

Il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Déjà, on a un aspect légal et des contrats avec nos distributeurs. Une des obligations est que nous devons publier ce qu’on nous donne. C’est quelque chose qui existe depuis les débuts de Deezer. Mais on souhaite aussi apporter de la transparence à nos utilisateurs.

La seule chose que nous faisons, c’est d’identifier ces morceaux pour pouvoir, à l’avenir, faire évoluer le service, comme par exemple bloquer ces titres dans nos recommandations, ou en étant encore plus sévère. On a une approche très analytique du projet. On essaye de vraiment mesurer les impacts avant de faire évoluer le système.

Spotify vient de mettre en place un badge sur les morceaux qui sont effectivement vérifiés et créés par des humains. Quelle est la différence entre les outils utilisés par Spotify et ceux de Deezer ?


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Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

29 mai 2026 à 07:04
La vérité si je mens
Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.

Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.

Plus d’honnêteté, moins de tokens

Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.

Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de les découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».

Image : Anthropic

En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.

La brûlure des tokens

Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».

Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.

Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.

Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.

L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.

☕️ Face au MacBook Neo, Qualcomm dévoile une puce pour PC Windows à 300 dollars

29 mai 2026 à 06:30


La présentation début mars du MacBook Neo a secoué l’industrie PC. Apple a su construire un ordinateur portable solide et suffisamment performant pour les tâches du quotidien, le tout au prix imbattable (pour un Mac portable) de 699 euros. Et même 599 euros pour les étudiants. Le succès a manifestement été au rendez-vous, les délais de livraison s’étant rapidement allongés peu après le lancement, pour revenir à des délais plus raisonnables (1 à 2 semaines).

Le constructeur de Cupertino a pris de court ses rivaux, qui ne sont pas aidés par une crise de la mémoire dévastatrice pour les marges. Qualcomm relève pourtant le gant, avec une nouvelle puce Snapdragon C. Cette « plateforme » d’entrée de gamme va motoriser des PC portables sous Windows à prix plancher : à partir de 300 dollars… Acer, HP et Lenovo devraient proposer leurs premiers modèles dans le courant de l’année.

Image : Qualcomm

Qualcomm promet une bonne réactivité pour des ordinateurs silencieux, qui tiennent une journée loin d’une prise électrique, et qui ne se transforment pas en radiateur d’appoint au moindre lancement de Chrome. En termes de performances, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles : les applications ou les jeux 3D très gourmands ne seront pas à leur place ici. En revanche, la navigation web, le streaming vidéo et le travail bureautique ne devraient pas poser de problème au quotidien.

Qualcomm oblige, la Snapdragon C embarque aussi des capacités IA en local avec un NPU intégré, même si l’entreprise n’en dit guère plus sur le sujet… ni d’ailleurs sur la fiche technique. Les futurs PC équipés de cette puce ne répondront pas à la liste d’exigences Copilot+, notamment les 40 TOPS pour le NPU.

Qualcomm a aussi indiqué que le processeur de la puce Snapdragon C n’était pas composé de cœurs Oryon, qui sont les moteurs des CPU des Snapdragon X plus haut de gamme, mais des Kryo que l’on retrouve dans des smartphones.

De même, il est peu probable que ces portables emportent 16 Go de RAM ou un SSD confortable, au vu des prix ahurissants des composants. Pour être certifié Copilot+, un PC doit aussi avoir au moins 16 Go de mémoire et de 250 Go de SSD, pour rappel (en plus des 40 TOPS du NPU). Le MacBook Neo se contente de 8 Go de mémoire vive et ne monte pas au-delà de 512 Go de stockage.

C’est d’ailleurs confirmé par Acer avec son Aspire Go 15 annoncé en même temps que le Snapdragon C : il ne proposera que « jusqu’à 8 Go de mémoire » (laissant entendre que des modèles avec encore moins de RAM pourraient voir le jour) avec jusqu’à 512 Go de stockage. Pour la partie GPU c’est comme d’habitude : Adreno, sans aucune indication supplémentaire. Acer ne donne pas de prix ni de date de disponibilité pour l’instant.

Il faudra maintenant voir sur pièce ce que donne un PC Windows doté de la Snapdragon C. Sur le plan des performances bien sûr, mais aussi les finitions : pour 300 dollars, difficile d’en demander trop sur les matériaux ou la qualité de l’écran.

Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

29 mai 2026 à 06:08
Ready (to move) Player one
Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

C’est la mort dans l’âme que la France voit partir un de ses plus grands fleurons technologiques, qui va déménager au Luxembourg : Atari, ou plutôt les actionnaires de l’éditeur mythique de jeux vidéo, ont en effet décidé de voir si l’herbe était plus verte du côté du Grand-Duché. Au-delà de cette accroche certes un rien dramatique, une petite explication s’impose…

Les actionnaires d’Atari ont parlé : le siège juridique de la société va quitter la France pour s’installer au Luxembourg, une décision approuvée à plus de 95 % lors de l’assemblée générale du 27 mai (PDF). L’entreprise change de « nationalité juridique », sans citer de raison particulière.

Game jamais over

On peut raisonnablement penser que ce n’est pas pour profiter de l’air plus frais du Luxembourg, mais plutôt du cadre juridique et financier jugé plus flexible qu’en France. Le Grand-Duché est très utilisé par les groupes européens cotés. Les actionnaires ayant voté contre ce déménagement peuvent quitter le navire en cédant leurs parts à la société ; les sommes seront versées au plus tard à la fin du mois de septembre. Les actionnaires ont aussi la possibilité de les revendre sur le marché.

Ce n’est que le dernier avatar d’une histoire qui compte autant de rebondissements qu’une partie de Pong. Atari, c’est évidemment une entreprise créée en Californie en 1972 par Nolan Bushnell et Ted Dabney. Elle devient célèbre avec ses bornes d’arcade, des jeux fondateurs comme Asteroids et Breakout, et surtout la console Atari 2600. Atari devient un des plus grands noms du secteur, une marque synonyme de jeu vidéo aux États-Unis.

Atari a lancé en 2024 une réédition de la console 7800, sortie à l’origine en 1986.

Les années 80 n’ont pas été tendres pour l’entreprise, avec le crash du secteur en 1983, puis la scission l’année suivante entre Atari Games (la branche arcade) et Atari Corporation (la branche consoles et ordinateurs) opérée par le propriétaire de l’époque, le groupe Warner. Des branches historiques qui finissent par disparaitre progressivement du paysage après une stratégie hasardeuse de cessions tous azimuts pour la première, et des flops monumentaux (les consoles Lynx et Jaguar) pour la seconde.

En 1996, après l’échec de la Jaguar, Atari Corp fusionne avec JTS, un constructeur de disques dur. Deux ans plus tard, Hasbro Interactive rachète l’entité, rebaptisée Atari Interactive, et se fait oublier. Atari Games est rachetée en 1996 par Midway Games, qui retire la marque des bornes d’arcade pour éviter toute confusion avec Atari Interactive. De fait, cela signe l’arrêt de mort d’Atari Games.

Comment dit-on Atari en français ?

C’est en 2001 qu’Atari revient sur le devant de la scène… en France. L’éditeur historique français Infogrames s’offre en effet Hasbro Interactive, et donc les droits sur la marque Atari. Deux ans plus tard (et en résumé car c’est infiniment plus compliqué que ça…), Infogrames adopte le nom Atari, qui n’entretient plus aucun rapport avec l’entreprise originelle. Le groupe essuie de lourdes pertes ainsi que la faillite de la filiale américaine en 2013.

Depuis quelques années, Atari a repris du poil de la bête en suivant une feuille de route axée sur le rétro-gaming : l’éditeur lance régulièrement des remakes de ses jeux les plus célèbres, commercialise des consoles (et du merchandising) rétro, et a multiplié les acquisitions de catalogues et de petits studios spécialisés dans la restauration et la préservation de vieux jeux.

La stratégie est payante. Pour son exercice fiscal 2026, Atari prévoit un chiffre d’affaires de 51 millions de dollars, avec une croissance organique de 40 % environ. C’est la troisième année consécutive de croissance, avec des revenus au plus haut niveau depuis plus de dix ans. On est loin des cadors de l’industrie, mais le redressement n’en reste pas moins spectaculaire pour ce qui était considéré il y a encore peu comme une société zombie. Et ce déménagement signale aussi qu’Atari cherche à se positionner comme un groupe à visée internationale, tout en profitant de la fiscalité avantageuse du Luxembourg.

Data center, AGI, industrie : Mistral AI sur tous les fronts

28 mai 2026 à 15:50
Petit Poucet veut devenir grand
Data center, AGI, industrie : Mistral AI sur tous les fronts

Grosse actualité autour de Mistral AI, le petit Poucet européen de l’intelligence artificielle générative. À l’occasion de l’AI Now Summit, la startup parisienne et son directeur général Arthur Mensch ont multiplié les annonces : centre de données, partenariats industriels, acquisition, nouveaux outils…

Ne l’appelez plus LeChat. Mistral a rebaptisé son chatbot « Vibe », et lui a donné de nouvelles compétences. Le mode Work se connecte à Outlook, SharePoint, GitHub ou encore Slack (d’autres connecteurs sont disponibles) pour générer des rapports, des synthèses, des graphiques, des listes de tâches… Des compétences (skills) personnalisables peuvent automatiser les flux de travail récurrents « avec cohérence et précision » dans l’enchaînement des tâches.

Un mode Code est également présent pour développer et gérer des projets sur GitHub. Vibe s’interface avec VS Code mais peut aussi s’utiliser dans une interface CLI. Le bot Vibe se décline en plusieurs formules : une gratuite pour les tâches de tous les jours et pour taper la discute, à partir de 14,99 $ par mois pour des tâches complexes et de la programmation.

Un nouveau centre de données dans l’Essonne

Mistral AI a également annoncé un nouveau centre de données basé aux Ulis, qui déploiera 10 MW pour les opérations d’inférence de l’entreprise. Cette infrastructure, qui ouvrira ses portes dès le 3ᵉ trimestre, s’ajoute aux sites de Bruyères-le-Châtel, également en Essonne (40 MW), et à Borlänge en Suède (23 MW).

Durant une conférence de presse relayée par Ouest France, les dirigeants de Mistral ont précisé que l’entreprise allait avoir besoin de 200 MW en 2027, et d’1 GW d’ici la fin de la décennie. Cette capacité de calcul supplémentaire servira aussi bien les clients de Mistral, que d’autres entreprises IA. « Les labos d’IA ont cruellement besoin de puissance de calcul, et nous en avons. Certains nous demandent déjà énormément de capacité aujourd’hui », a expliqué le PDG Arthur Mensch à CNBC.

Les investissements pour ces infrastructures s’établissent pour le moment à 4 milliards d’euros, et il en faudra certainement davantage. « L’Europe accuse un retard dans le déploiement des infrastructures, et nous investissons donc pour combler cet écart », indique le dirigeant. Le Vieux Continent est confronté, selon lui, à des problèmes technologique et macroéconomique : l’Europe commencerait à considérer l’IA comme un actif stratégique au même titre que le gaz.

Une plateforme industrielle pour Mistral

Autre annonce réalisée dans le cadre de l’AI Now Summit, organisé ce jeudi 28 mai : le lancement d’une solution industrielle pour « transformer les opérations critiques ». Cette « pile IA » combine modèles, expertise en ingénierie et capacités robotiques, tout en conservant un « contrôle total » sur les données propriétaires, la propriété intellectuelle et les environnements de production.

Au-delà du discours marketing, Mistral liste les premiers partenaires de ce nouveau programme : Airbus, BMW, ASML et EDF. L’avionneur européen intègre les technologies IA de la jeune pousse pour les opérations en lien avec la conception et les capacités embarquées des avions et des hélicoptères, mais aussi dans ses activités de défense et spatiales. Pour BMW, Mistral développe des modèles de raisonnement multimodaux à partir de données d’ingénierie pour des usages complexes comme les simulations d’accident.

Avec le géant néerlandais (et mondial) des équipements pour semi-conducteurs, Mistral planche sur des cas d’usage d’ingénierie « particulièrement complexes » : optimisation de la conception des composants et modèles hyperspécialisés. Enfin, EDF et Mistral ont signé un partenariat de 5 ans autour de l’ingénierie, de la maintenance et de la construction des futurs réacteurs EPR2.

Des bots exploiteront la « mémoire technique » du parc nucléaire de l’énergéticien pour épauler les équipes de terrain et faciliter les opérations de maintenance. Les données seront hébergées dans des infrastructures souveraines, et resteront la propriété d’EDF.

Toujours dans le domaine de l’entreprise, Mistral a rappelé l’acquisition d’Emmi, une société autrichienne spécialisée dans les modèles d’ingénierie et de conception produit : simulations en temps réel, jumeaux numériques… Ces exemples illustrent le modèle économique de Mistral, qui propose des modèles IA adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. Certes, la startup propose aussi des outils grand public, mais les LLM géants et généralistes ne sont pas sa priorité.

Travail, souveraineté, puces maison…

Arthur Mensch a également fait le tour des popotes, que ce soit en France ou aux États-Unis, pour discuter plus généralement de l’IA et de son impact. Chez RTL, il a ainsi décrit la « nouvelle façon de travailler » induite par cette technologie. Cela touche les métiers de l’informatique et singulièrement celui des développeurs, mais à terme « ça va finir par arriver partout […] pour tous les métiers de la connaissance ».

Un point de vue évidemment optimiste, mais le dirigeant convient qu’il existe un « vrai sujet » sur l’aliénation des salariés par l’IA. Pour lui, « il faut faire en sorte que l’utilisateur de l’outil s’enrichisse grâce à l’outil, plutôt qu’il ne désapprenne la tâche qu’il délègue ».

Sur un tout autre sujet, Mensch n’a pas fermé la porte à la possibilité de développer ses propres puces. Concevoir un silicium adapté aux besoins de l’entreprise lui permettrait de « réduire de manière significative le coût du déploiement des tokens », déclare-t-il chez CNBC. À l’heure actuelle, Mistral s’appuie sur Nvidia, « un super partenaire ».

La société s’intéresse également, sans surprise, à l’intelligence artificielle générale (AGI), et alerte sur la situation européenne. « Très bientôt, nous verrons probablement émerger une AGI ou une superintelligence », a indiqué le directeur scientifique Guillaume Lample au Wall Street Journal : « Il est donc très important que nous ayons aussi accès à ces modèles en Europe. Si nous n’y avons pas accès, on ne peut qu’imaginer la gravité de la situation. Il est absolument essentiel que nous y parvenions ».

La question de la souveraineté est centrale pour Mistral. « Tant que nous aurons des adversaires représentant une menace, nous devons disposer de nos propres capacités », affirme Arthur Mensch. « L’Europe, en particulier, doit disposer d’une autonomie stratégique en matière de systèmes de défense. » Cela passera notamment par le développement d’un modèle spécialisé dans la détection de failles de sécurité. Mistral est sur le pont, et travaille avec le secteur bancaire sur un équivalent de Mythos.

☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros

28 mai 2026 à 13:50


Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

Meta teste un abonnement pour ses principaux services, de WhatsApp à l’IA

28 mai 2026 à 07:07
Une 'tite pièce pour rester prop'
Meta teste un abonnement pour ses principaux services, de WhatsApp à l’IA

Si le modèle économique de Meta repose toujours massivement sur le ciblage publicitaire, le géant des réseaux sociaux vient de lancer une offensive impressionnante (et quelque peu confuse) sur le front des abonnements payants. WhatsApp, Instagram, Facebook, Meta AI, tous les services y passent.

L’avenir est manifestement aux abonnements chez Meta. L’entreprise de Mark Zuckerberg a dégainé un feu nourri de formules payantes pour ses différents réseaux sociaux qui, sans supprimer la publicité (contrairement aux offres en Europe), apportent des avantages de confort ou pour les usages professionnels.

Des stickers premium et encore plus d’IA

Côté grand public, Meta va proposer trois abonnements. D’abord WhatsApp Plus à 2,99 $ par mois, axé sur la personnalisation avec des thèmes, des sonneries, des autocollants premium, et quelques babioles « qualité de vie » comme la personnalisation des listes et davantage de conversations à épingler. Cette formule avait fuité il y a quelques semaines.

Instagram et Facebook vont aussi avoir droit à leur offre Plus (à 3,99 $ par mois). Au menu : quelques outils de visibilité comme la mise en avant d’une Story et des statistiques avancées, ainsi que des fonctions de personnalisation (réactions animées, profil…). Ces abonnements n’ont pas vocation à remplacer le programme Meta Verified, qui propose la vérification du compte et la protection contre les usurpations d’identité.

Pour les créateurs et les entreprises, deux offres sont proposées : Meta One Essential à 14,99 $ par mois, et Meta One Advanced à 49,99 $. Elles comprennent les mêmes privilèges que Meta Verified plus une page de liens enrichie, et pour la formule Advanced, une meilleure visibilité dans Facebook et Instagram, la mise en avant dans les résultats de recherche, des outils analytiques plus poussés et de planification, le partage d’accès avec des modérateurs, ou encore des alertes de réutilisation de contenu.

Enfin, Meta voudrait bien commencer à rentabiliser les investissements énormes du groupe dans l’intelligence artificielle. L’entreprise estime que l’IA améliore déjà l’efficacité du ciblage publicitaire, mais elle cherche aussi d’autres sources de revenus, alors pourquoi pas des abonnements.

Deux offres Meta AI vont ainsi être commercialisés. La première, Meta One Plus (7,99 $ par mois), relève le plafond des capacités de génération d’images et de vidéos, autorise des requêtes plus longues ainsi que des fonctions de raisonnement étendu. Meta One Premium, à 19,99 $, comprend davantage de requêtes lourdes et encore plus de génération de contenus (Meta ne précise pas la limite). La version gratuite de Meta AI ne change pas, elle reste toujours disponible.

Ces abonnements IA, dont les tests débuteront à Singapour, au Guatemala et en Bolivie, devraient inclure à l’avenir des avantages liés aux lunettes connectées Ray Ban. Les formules créateurs et PME débuteront en Arabie saoudite, au Maroc, en Thaïlande et au Bangladesh. Meta a l’intention de déployer largement toutes ces nouveautés, sans qu’on sache quand elles débarqueront sur les rives du Vieux continent.

☕️ Amazon MGM Studios veut industrialiser les séries générées par IA

28 mai 2026 à 06:42


Hollywood commence à intégrer l’IA générative à tâtons et de manière un peu désordonnée. De nombreuses initiatives plus ou moins farfelues ont vu le jour, comme la fausse « comédienne » Tilly Norwood qui a surtout permis à ses créateurs de buzzer. Ou encore l’intégration d’un clone virtuel de Val Kilmer dans un film. On a aussi eu le malheur de poser les yeux sur la série On This Day… 1776 entièrement générée par IA. Réalisée par Darren Aronofsky, elle commémore le 250e anniversaire des États-Unis.

Plus sérieusement, la série argentine El Eternauta a été la première diffusée par Netflix à intégrer une séquence d’effets spéciaux générée par IA. Depuis, la plateforme a établi des principes généraux pour encadrer l’utilisation de cette technologie dans la production de ses contenus.

On pourrait multiplier les exemples de l’incursion de l’IA générative dans les films et les séries télé, malgré les craintes d’une bonne partie de la filière. Un poids lourd de l’industrie a dévoilé ses cartes : il s’agit des studios MGM, ce qui n’est pas une très grande surprise vu le propriétaire, Amazon, très impliqué dans cette technologie.

Le studio a ainsi annoncé le lancement du programme GenAI Creators’ Fund, qui financera des réalisateurs, des créateurs et des startups travaillant sur des films et des séries exploitant l’IA générative. Amazon MGM Studios travaille, en toute logique, avec AWS sur le développement de la courroie de transmission technique, le « projet Nara », une plateforme de production IA.

Elle intègre des outils déjà utilisés dans l’industrie comme Maya, Blender, le moteur Unreal ou encore la suite Adobe, et peut développer des séries d’animation ou en prises de vue réelles. Son architecture est « agnostique », elle combine plusieurs modèles vidéo tiers ainsi que des modèles maison. Un système de suivi a été mis au point pour protéger la propriété intellectuelle de tout ce petit monde.

Trois séries animées ont déjà été commandées par Prime Video, avec une diffusion prévue dans un futur proche. Les producteurs ont cinq semaines pour finaliser leur pilote, afin de démontrer la rapidité du processus. Amazon affirme que le projet Nara permettra non seulement de réduire les coûts et d’accélérer la production, mais aussi d’obtenir un plus grand contrôle créatif d’un bout à l’autre du contenu.

Histoire de rassurer, Albert Cheng, responsable du studio, insiste sur l’approche « centrée sur l’humain » du projet. « Le GenAI Creators’ Fund et le projet Nara placent la créativité humaine au cœur de nos efforts pour intégrer l’IA générative dans nos processus de production chez Amazon MGM Studios », explique-t-il. Les acteurs et comédiens de doublage seront toujours embauchés, et l’IA n’a pas pour vocation de remplacer les équipes créatives de chair et de sang. Chiche ?

☕️ Valve augmente les prix du Steam Deck de plus de 35 %

28 mai 2026 à 06:25


Les joueurs qui ont attendu trop longtemps avant d’acheter un Steam Deck OLED en seront pour leurs frais. Valve a en effet relevé les prix de sa console portable, et pas qu’un peu. La version 512 Go coûte désormais 779 euros, soit 210 euros de plus qu’auparavant. La déclinaison 1 To revient maintenant à 919 euros, ce qui représente une augmentation de 240 euros par rapport au lancement, en novembre 2023.

Image : Valve.

Cette flambée, qui dépasse les 35 %, ne concerne pas les Steam Deck avec écran LCD qui ne sont plus vendus que dans la boutique reconditionnée de Valve. On peut actuellement en trouver à partir de 299 euros pour la version 64 Go. Pour ceux qui voudraient la mouture OLED en revanche, la facture est franchement salée et rapproche le Steam Deck de concurrents plus récents et plus puissants. Le prix public de la ROG Xbox Ally X d’Asus est de 999 euros.

Les Steam Deck OLED pointaient depuis quelques semaines aux abonnés absents dans plusieurs boutiques de Valve (notamment aux États-Unis). Le constructeur a refait les stocks, mais « la hausse des coûts de la mémoire et du stockage » est passée par là, comme il l’explique. Si les prix ont fortement augmenté, « le produit lui-même n’a pas changé », ajoute-t-il. Le groupe se justifie en évoquant « le coût des composants et d’autres contraintes logistiques mondiales qui se répercutent dans l’ensemble du secteur. »

Une explication qui ne surprendra personne, puisque la crise de la mémoire due à l’appétit vorace des centres de données IA frappe dur l’ensemble de l’industrie, à l’image de la fondation Raspberry Pi. Il y a bien quelques gagnants bien sûr, comme les fabricants des composants mémoire… mais pas les consommateurs lambda.

Tout cela est de mauvais augure pour la Steam Machine, pour laquelle Valve n’a toujours pas annoncé de prix. La console de salon se déclinera en deux modèles : 512 Go et 2 To de stockage, 8 Go de mémoire vidéo et 16 Go de RAM DDR5. Les consoliers choisissent en général de répercuter sur les joueurs la douloureuse liée à la mémoire : Microsoft, Sony et Nintendo ont augmenté les prix de leurs consoles, à rebours des usages du secteur depuis toujours.

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