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☕️ Fox met la main sur Roku pour 22 milliards de dollars

15 juin 2026 à 15:40


Petit acteur sur le marché français et européen des appareils de streaming, Roku est en revanche un poids lourd en Amérique du Nord. Et c’est ce qui explique la grosseur du chèque signé par le groupe Fox pour s’offrir le constructeur : 22 milliards de dollars.

Grosse transaction dans le paysage du streaming : Fox, un des principaux groupes audiovisuels américains (Fox News, Fox Sports…), a annoncé l’acquisition de Roku pour la modique somme de 22 milliards de dollars. Cela représente une prime d’environ 20 % par rapport à la valeur de l’action Roku vendredi dernier ; la clôture de l’opération est prévue pour le premier semestre 2027.

Image : Roku

Fox ajoute donc à son arsenal tout un catalogue de boîtiers de streaming et de téléviseurs connectés, mais ce n’est pas tellement le matériel qui intéresse le groupe détenu par la famille Murdoch, bien que Roku soit un mastodonte dans ce secteur. La plateforme revendique plus de 100 millions de foyers actifs dans le monde… un monde qui reste largement circonscrit à l’Amérique du Nord. Roku est tout simplement la plateforme numéro 1 aux États-Unis, au Canada et au Mexique en nombre d’heures visionnées.

Fox cherche surtout à renforcer sa position sur le marché plus général du streaming qui lui échappe aujourd’hui. « Ensemble, Fox et Roku entendent créer un groupe média et technologique de nouvelle génération doté d’une grande envergure, à la croisée de deux tendances majeures qui redessinent la consommation vidéo : la place toujours centrale du sport et de l’information en direct, et la progression continue du streaming », peut-on lire dans le communiqué.

Avec Roku, Fox met également la main sur The Roku Channel, l’un des principaux services gratuits financés par la publicité aux États-Unis, qui viendra compléter sa propre plateforme Tubi.

Certaines sources évoquent chez CNN l’impérieuse nécessité pour Fox de sortir de son isolement relatif, surtout après les premiers feux verts réglementaires donnés au rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Fox risquait de devenir le seul grand groupe média américain sans véritable plateforme de distribution grand public.

Au-delà de ses box, Roku est aussi et surtout un coffre au trésor publicitaire. L’entreprise possède en effet une montagne de données utilisateurs, des outils de ciblage publicitaires et un important inventaire d’espace publicitaire sur les téléviseurs connectés. Le groupe pourra ainsi vendre des campagnes qui combineront ses deux principaux canaux de diffusion Fox News et Fox Sports, mais aussi Tubi, The Roku Channel et au-delà, l’écosystème de Roku.

Histoire de rassurer les partenaires qui ont contribué au succès de Roku, Fox promet que la plateforme restera ouverte – elle continuera d’accueillir Netflix, Disney+, YouTube, Prime Video et d’autres services qui sont désormais des concurrents directs.

Londres multiplie les interdictions pour les moins de 16 ans : réseaux sociaux, jeux vidéo…

15 juin 2026 à 13:06
Think of the children !
Londres multiplie les interdictions pour les moins de 16 ans : réseaux sociaux, jeux vidéo…

« Redonner leur enfance aux enfants », c’est le nouveau credo de Keir Starmer, le Premier ministre britannique. Ce dernier a annoncé ce lundi 15 juin la mise en place d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, en y ajoutant des restrictions sur les jeux vidéo et les plateformes de streaming vidéo en direct.

D’ici l’année prochaine, l’horizon des internautes de moins de 16 ans pourrait bien se réduire fortement au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a annoncé un projet de loi imposant de nouvelles restrictions significatives aux jeunes du pays : pas de réseaux sociaux, interdiction de diffuser des vidéos en direct, interdiction pour des inconnus adultes de contacter directement des mineurs, limites pour d’autres services en ligne comme certaines plateformes de jeux vidéo. Sans pour autant empêcher les enfants de participer à des jeux multijoueurs en ligne type Minecraft ou Roblox.

Ban à gogo

Pour éviter un effet de seuil brutal à 16 ans, le projet prévoit de laisser actives certaines restrictions pour les 16 et 17 ans, notamment celles concernant les contacts avec des inconnus et certaines fonctions à risque comme les « compagnons romantiques » générés par IA (qui ne seraient plus accessibles qu’aux adultes). Londres doit publier des détails supplémentaires courant juillet sur plusieurs autres pistes, à l’instar d’un couvre-feu numérique nocturne, ainsi que des interruptions obligatoires du scrolling infini pour réduire le temps passé sur les plateformes.

Le tout repose sur l’Online Safety Act, ce texte qui impose la vérification de l’âge sur les sites porno. Les contrôles sont jugés insuffisants par le gouvernement, qui veut désormais imposer des systèmes de vérification plus robustes et qui finiront par s’imposer à tous les internautes outre-Manche. Les autorités se sont inspirées du modèle australien, qui a banni les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, mais en y ajoutant des plateformes et des fonctionnalités en ligne supplémentaires.

« Sur plusieurs aspects, nous allons plus loin qu’une simple interdiction », convient Keir Starmer. « Nous nous attaquons aux fonctionnalités à risque présentes sur les sites de jeux vidéo ou les plateformes de diffusion en direct, où des inconnus peuvent actuellement contacter n’importe quel enfant sans véritable contrôle. » Le gouvernement veut également empêcher le partage de photos intimes par des ados.

La défense des plateformes

Les principales intéressées ont expliqué qu’une interdiction généralisée allait pousser les enfants vers des services plus risqués n’offrant pas le même niveau de protection qu’elles ont mis en place. Autre angle d’attaque : les plateformes visées proposent aussi des fonctions qui aident les plus jeunes. « YouTube est une ressource essentielle pour les jeunes, les enseignants et les parents », a déclaré un porte-parole.

Snapchat indique de son côté que cette interdiction couperait les adolescents des échanges privés avec leurs amis et leur famille (les messageries comme WhatsApp ou Signal ne sont pas concernées). Meta, qui est une des principales entreprises visées avec Facebook et Instagram, a fait valoir que l’expérience australienne augmentait les risques d’isolation des ados de leur communauté.

« Une interdiction n’est pas seulement une loi : c’est aussi l’expression de nos valeurs, une norme sociale », ajoute le Premier ministre. « Bien sûr, certains enfants trouveront des moyens techniques de contourner l’interdiction. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas agir ou que cette mesure sera sans effet. » Le texte devrait être en vigueur d’ici le printemps 2027.

Un projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans est également en discussion dans l’Union européenne, tandis qu’en France ils devront demander l’âge afin de bloquer les utilisateurs de 15 ans ou moins.

☕️ KPMG retire un rapport chantant les louanges de l’IA après la découverte d’hallucinations

15 juin 2026 à 06:33


Quoi de mieux pour chanter les louanges de l’IA qu’un rapport truffé d’hallucinations rédigé par une IA ? KPMG a dû retirer une étude sur l’IA agentique après la découverte de plusieurs cas d’usage apparemment inventés. Oups.

Tout ce que raconte l’IA n’est pas d’or. KPMG, une des plus grandes agences de conseil au monde, a publié en octobre dernier un rapport pour « redéfinir l’excellence à l’heure de l’IA agentique ». Destiné aux dirigeants et aux décideurs, le document multiplie les études de cas censées illustrer l’adoption de cette technologie dans les secteurs de la finance, des transports ou encore de la santé.

Illustration : Flock

Seul problème : de nombreux exemples du rapport sont faux, ou à tout le moins factuellement incorrects. Le rapport affirmait ainsi que la banque UBS utilisait des agents IA pour le conseil en investissement, la gestion des risques et la conformité réglementaire au sein d’une plateforme développée avec Microsoft. Des affirmations qui reposent sur des faits incorrects, affirme l’établissement financier au Financial Times et aux chercheurs d’hallucinations du détecteur de contenus générés par IA GPTZero.

Quand l’IA vante l’IA

Autre exemple, celui des chemins de fer fédéraux suisses, chez qui des agents IA étaient censés aider les voyageurs à planifier, réserver et optimiser leurs trajets en fonction de leurs préférences, des conditions en temps réel et de l’impact carbone. Sauf que la description donnée dans le rapport n’était « pas exacte ». Il prétendait aussi que Transport for London (TfL) employait des agents IA pour prévoir et gérer la congestion, personnaliser les informations aux voyageurs et coordonner les modes de transport. Une présentation « trompeuse », selon la TfL.

Enfin, KPMG affirmait que des agents IA prédisaient les réadmissions à l’hôpital, réalisaient un tri des patients et automatisaient les orientations médicales au sein du système de santé dans le grand Manchester. De fausses informations provenant manifestement de la mauvaise interprétation d’un communiqué sur un outil de détection du… cancer du poumon.

Sur les 45 références citées dans le rapport, seules 5 renvoient correctement à des sources réelles, a calculé GPTZero. 28 autres citations fournissent des titres paraphrasés et/ou des éléments erronés pour une source réelle. Les 12 dernières sont trop vagues ou comportent trop d’erreurs pour permettre de déterminer avec certitude si une source existe.

De plus, environ la moitié des affirmations étayées par ces 45 citations semblent être fausses ou attribuées à tort – probablement parce qu’un outil de recherche sur l’IA a trop pris au pied de la lettre une demande visant à trouver des exemples d’« IA agentique » exploitées en production.

Après avoir été alerté par le FT et GPTZero, KPMG a retiré le rapport de ses sites web, tout en affirmant prendre très au sérieux « l’exactitude et l’intégrité » de ses publications. Le cabinet a rappelé que ses employés doivent respecter des règles internes sur l’usage responsable de l’IA.

« Nous attendons de l’ensemble de nos collaborateurs qu’ils respectent nos directives relatives à l’utilisation responsable de l’IA, notamment en assurant une supervision humaine pour valider les contenus et vérifier les sources indépendantes », indique un porte-parole. Une enquête interne a été lancée, mais c’est un peu tard : les conclusions de ce rapport avaient déjà été reprises par plusieurs publications spécialisées du secteur, ainsi que par un important quotidien tchèque.

Ce n’est pas une première, les exemples d’hallucinations d’IA prises pour argent comptant se sont multipliés dans tous les domaines, et on n’est pas près d’en voir le bout.

L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football

12 juin 2026 à 15:11
Carton rouge pour l'IPTV illégale
L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football

La Coupe du monde est lancée, mais tous les supporters ne la regarderont peut-être pas dans les mêmes conditions. Pour les utilisateurs d’IPTV illégale, l’Arcom annonce une compétition rythmée par les coupures de flux, grâce à un dispositif inédit de blocage des adresses IP en direct.

Le coup d’envoi de la Coupe du monde de football a été donné ce jeudi 11 juin : 48 équipes vont se mesurer aux quatre coins du Canada, de Mexique et des États-Unis, avec en point d’orgue la finale du 19 juillet. Combien de ces matchs pourront être suivis par les utilisateurs d’IPTV illégale ? Idéalement, aucun ! C’est du moins ce qu’espèrent les diffuseurs officiels, et ce que promet l’Arcom.

L’arme ultime contre l’IPTV illégale ?

Les utilisateurs des plateformes de streaming illégal et autres abonnés à des services d’IPTV illicite devraient en être quitte pour suivre la coupe du monde de loin. L’Arcom a en effet mis en place un système de blocage des adresses IP en temps réel. L’adresse est coupée au début du match, elle est réactivée à la fin de la rencontre.

L’Arcom est aux avant-postes de ce combat. En 2025, elle a fait bloquer à sa demande près de 6 500 noms de domaines, contre 772 en 2022. Un volume réalisé grâce à un outil permettant aux ayants droit de signaler les sites miroirs à bloquer. Mais bloquer des noms de domaine à l’infini n’est pas suffisant. « L’intérêt du blocage IP, c’est de toucher les serveurs. Une fois qu’on touche la source, c’est quand même beaucoup plus compliqué de créer de nouvelles plateformes », explique Pauline Combredet-Blassel, la directrice générale adjointe de l’Arcom, à Franceinfo

Le blocage des adresses IP est présenté comme la solution ultime au piratage des compétitions sportives. Le procédé avait été testé durant le tournoi de Roland-Garros. Il est certes facile de créer « autant d’adresses internet qu’on veut », mais « une fois que les serveurs ne sont plus accessibles, c’est quand même plus compliqué de se répliquer », indique-t-elle.

C’est aussi une arme de plus dans l’arsenal des ayants droit, en plus du blocage des URL, des DNS et même des VPN qu’a obtenu Canal+ l’an dernier (au grand dam des fournisseurs).

En mai, le régulateur avait adopté des modèles d’accords à destination des titulaires de droits et des intermédiaires techniques, avec pour objectif de « faciliter la coopération entre les acteurs ». Les modèles favorisent une mise en œuvre « simultanée et rapide » des mesures de lutte contre le piratage sportif.

Il s’agit effectivement de bloquer les diffusions illégales au moment où les matchs ont lieu. L’Arcom rappelle que le préjudice direct lié à ces retransmissions pirates se montait à 290 millions d’euros en 2024. Les clubs professionnels sont les plus directement touchés, mais l’ensemble de l’écosystème en pâtit également.

Anticiper la loi

La proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel contient plusieurs mécanismes facilitant le blocage quasi immédiat des sites IPTV pirates et leurs clones pendant les retransmissions de compétitions en direct. Le texte a été adopté par le Sénat au mois de mai, il est désormais entre les mains de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

Le dispositif mis en œuvre à Roland-Garros – et désormais pendant la coupe du monde – anticipe la mise en œuvre de la loi. L’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (AAPS) espère que l’automatisation sera opérationnelle d’ici la fin de l’année, rapportait L’Informé mi-mai. Les intermédiaires techniques se sont engagés à traiter jusqu’à 10 000 adresses IP simultanément.

Il y a les plateformes pirates, et il y a les utilisateurs. En mars, le parquet d’Arras a sanctionné des abonnés à des offres d’IPTV illégale à des amendes comprises entre 300 et 400 euros. La Ligue de football professionnel (LFP) s’en était évidemment réjouie, tout en appelant à la mise en œuvre de moyens d’action accrus, dont le dispositif de blocage par IP.

Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?

12 juin 2026 à 14:18
Pikachu s'en va-t-en guerre
Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?

Les joueurs de Pokémon Go ont-ils contribué à l’effort de guerre américain ? Les données collectées via l’application auraient en effet servi à entraîner un système de navigation désormais proposé à des acteurs du secteur militaire états-uniens. Niantic Spatial dément.

De prime abord, il n’y a rien de plus innocent que Pokémon GO. L’application, lancée en 2016 et toujours très populaire, offre de capturer les petites bestioles de Nintendo dans le monde réel. Développé par Niantic, une entreprise issue de Google, le jeu propose notamment aux joueurs de scanner leur environnement dans le cadre de « missions » pour gagner de petites récompenses : il faut filmer un monument, une statue, une fontaine, un point d’intérêt en tournant autour.

Les joueurs de Pokémon GO donnent un coup de main à l’armée US

Les vidéos parviennent ensuite à Niantic, qui créé une représentation 3D du lieu. Toute cette cartographie en réalité augmentée est un moyen d’améliorer « l’expérience » du jeu et surtout, de construire une carte 3D du monde. Les joueurs ont réalisé plus de 30 milliards de scans AR de lieux réels, qui ont contribué à l’entraînement des modèles spatiaux de Niantic Spatial – la branche dédiée à la géolocalisation et à la visualisation spatiale.

Ce système de positionnement visuel (VPS) de Niantic Spatial, une alternative aux satellites GPS, est au cœur d’une controverse. En fin d’année dernière, Niantic Spatial annonçait un accord avec la société Vantor, pour travailler sur la navigation dans des environnements où le GPS est brouillé, perturbé ou indisponible. L’idée était de combiner les données de Niantic Spatial prises sur le terrain avec les données aériennes de Vantor, pour développer un système de positionnement permettant à des drones et autres appareils de se localiser, en l’absence de données GPS.

Or, comme l’a relevé le site Trouw, Vantor compte parmi ses clients des agences gouvernementales américaines, dont des organismes de sécurité nationale comme la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l’armée US. L’entreprise se présente elle-même comme un acteur dans les secteurs de la défense et du renseignement.

D’ici à penser que les scans AR des joueurs de Pokémon Go ont servi à piloter des drones militaires, il n’y a qu’un pas, que l’article de Trouw ne franchit pas. Néanmoins, il peut exister une suspicion chez certains, ce d’autant qu’il existe une continuité technologique plausible.

Zones d’ombre dans le VPS

Niantic a vendu en mars 2025 sa branche jeux vidéo à Scopely, propriété du géant saoudien Savvy Games, qui a mis la main sur le gisement de données relatives aux utilisateurs de l’app. Niantic a conservé ses activités de cartographie et d’intelligence spatiale au sein d’une nouvelle société indépendante, Niantic Spatial. Elle est notamment propriétaire des modèles de navigation développés à partir des scans réalisés par les joueurs.

Interrogée par Kotaku, Niantic Spatial a tenu à faire la part des choses. « Depuis son intégration à Scopely, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial », assure un porte-parole qui rappelle que les scans AR ont été fournis volontairement par les joueurs ayant choisi d’activer cette fonction. On pourrait toutefois rétorquer qu’en acceptant les conditions d’utilisation du jeu, les utilisateurs n’imaginaient sans doute pas à quoi ces données allaient servir.

L’entreprise explique que « l’arrêt de la collecte de scans AR et la fin du partage de données avec Niantic Spatial faisaient partie du plan de transition mis en place lors du transfert de Pokémon GO à Scopely. » De son côté, Vantor précise que les données de Pokémon GO ne sont pas utilisées dans le cadre de son partenariat avec Niantic Spatial. L’entreprise refuse toutefois de préciser si les modèles qu’elle exploite aujourd’hui ont été entraînés à partir de ces données dans le passé.

☕️ OpenAI et Anthropic envisageraient de casser les prix des tokens

12 juin 2026 à 06:32


Le secteur de l’IA se dirige-t-il vers une guerre des prix du token ? Les deux principaux labos IA dans le paysage, OpenAI et Anthropic, envisageraient en effet une baisse du tarif du jeton, au grand bénéfice des consommateurs – mais probablement moins de la marge de profit des deux entreprises. Selon l’analyste Ed Zitron, en l’état actuel, les « utilisateurs peuvent dépenser entre 8 et 13,50 dollars pour chaque dollar de leurs revenus d’abonnement ».

Les utilisateurs grand public voient surtout les modèles d’IA à travers le prix d’un abonnement mensuel, quitte à se heurter parfois à des limites d’usage. Pour les entreprises, l’angle est très différent. Derrière chaque requête adressée à GPT ou Claude se cache une consommation de tokens qui finit par apparaître sur les factures. Les organisations qui se servent des modèles d’Anthropic ont d’ailleurs pu s’en apercevoir ces dernières semaines avec Opus 4.7 et suivants. Et à mesure que les usages se multiplient, les dépenses s’alourdissent.

Les budgets ne sont pas extensibles à l’infini. Le directeur technique d’Uber s’était étonné d’avoir explosé son budget IA de l’année… en seulement quatre mois. À cela s’ajoute la pratique du tokenmaxxing, utilisée par les employés de certaines entreprises pour gonfler inutilement leur consommation de jetons et ainsi, se faire bien voir de leur direction. Amazon a récemment fait fermer un classement pour limiter les abus.

Pendant ce temps, OpenAI et Anthropic ramassent la mise, enfin, façon de parler : les deux entreprises sont encore loin d’être rentables. Chaque token facturé génère certes des revenus, mais ceux-ci peinent encore à compenser les coûts colossaux des centres de données, des puces et du développement de nouveaux modèles. Et pourtant, les deux labos rivaux envisageraient de baisser le prix du token.

Sam Altman a expliqué lors d’un événement relaté par le Wall Street Journal que le coût du token était un « gros problème » : « Je pense que nous trouverons de nombreuses façons de permettre à nos clients d’en faire plus tout en dépensant moins ». Le patron d’OpenAI anticiperait une baisse des prix du token chez Anthropic, dont les produits – notamment Claude Code – sont devenus des outils du quotidien dans de nombreuses entreprises. OpenAI a riposté avec Codex, mais elle a pris du retard.

Le hic, c’est qu’une éventuelle guerre tarifaire pourrait satisfaire les clients, mais elle retarderait encore davantage la perspective de bénéfices pour les deux sociétés qui s’apprêtent à entrer en Bourse. Et à force de se courir après, les services d’OpenAI et d’Anthropic courent le risque de devenir interchangeables, en se différenciant uniquement sur les tarifs.

Apple part en croisade contre l’AICOA, le DMA version américaine

12 juin 2026 à 06:10
Apple recycle ses arguments anti-DMA aux États-Unis
Apple part en croisade contre l’AICOA, le DMA version américaine

C’est désormais un fait bien établi : Apple n’aime pas le DMA européen. Par conséquent, elle n’aime pas non plus son équivalent américain, l’AICOA, que des sénateurs des deux rives ont remis en selle après une première tentative avortée en 2021.

Sans surprise, Apple s’oppose à l’American Innovation and Choice Online Act (AICOA), équivalent états-unien du règlement européen sur les marchés numériques. Ce projet de loi, notamment porté par le sénateur républicain Chuck Grassley et la sénatrice démocrate Amy Klobuchar avec le soutien de sénateurs des deux partis, vise les très grandes plateformes numériques ; au vu des critères retenus, les principales intéressées sont Apple, Google, Meta, Amazon et Microsoft.

Un DMA à l’échelle des États-Unis

En substance, le texte interdit à une plateforme de favoriser ses propres produits ou services au détriment de la concurrence ; une plateforme ne peut pas non plus empêcher un concurrent d’accéder aux mêmes fonctions matérielles ou logicielles que celles dont elle bénéficie ; il est aussi interdit d’empêcher les utilisateurs de changer les apps par défaut et de choisir des alternatives aux services proposés par la plateforme. Des mesures visant la neutralité des classements et du référencement sont également inscrites.

Les sanctions sont très lourdes pour les plateformes réfractaires : des amendes comprises entre 1 et 10 % du chiffre d’affaires réalisé aux États-Unis pendant la période concernée, des injonctions judiciaires et dans certains cas extrêmes, la confiscation d’une partie de la rémunération des dirigeants. Par certains aspects donc, l’AICOA se montre encore plus radical que le DMA.

« Lorsque ces entreprises abusent de leur pouvoir de marché pour se donner un avantageque ce soit par la censure, le favoritisme ou la discriminationce sont les consommateurs et les petites entreprises américaines qui en paient le prix », explique Chuck Grassley. « Alors que les plateformes numériques dominantes (…) favorisent de plus en plus leurs propres produits et services, nous devons veiller à ce que les petites entreprises et les entrepreneurs continuent d’avoir la possibilité de réussir sur le marché numérique », ajoute Amy Klobuchar.

Ce bill est presque devenu un marronnier de la vie politique américaine : il avait en effet déjà été porté en 2021 par les mêmes sénateurs. Il n’a pas été adopté, malgré un soutien bipartisan. Il s’agit d’une nouvelle version du projet de loi. Et les réactions sont similaires : Apple s’y oppose, en remettant au goût du jour des arguments déjà entendus contre le DMA.

La bête noire d’Apple

« Nous nous opposons fermement à l’examen par le Sénat d’une réglementation inspirée du modèle européen, qui freinerait l’innovation et imposerait des changements que les consommateurs n’ont jamais demandés, tout en affaiblissant les protections en matière de confidentialité, de sécurité et de protection des enfants sur lesquelles ils comptent au quotidien », explique le constructeur dans une déclaration à MacRumors.

L’entreprise ne se prive pas de tacler la méchante Europe à plusieurs reprises : « Importer des politiques européennes qui ont échoué ne renforcera pas la concurrence ; cela rendra simplement plus difficile le fait de faire des affaires ici même, sur notre propre marché. » Tous ceux qui ont suivi les débats houleux entre Apple et Bruxelles ne seront pas surpris du ton agressif du groupe.

Si l’AICOA devait devenir une loi (c’est un grand « si »), Apple pourrait être forcée d’accepter l’installation de boutiques alternatives et l’intégration de systèmes de paiement tiers, tout comme dans l’UE. Ces mesures sont très loin d’avoir entamé la force de frappe de l’App Store sur le vieux continent : selon une étude commandée par Apple, les facturations et les ventes générées par sa boutique ont « plus que triplé » en Europe au cours des six dernières années.

Le constructeur va même ouvrir un nouvel Apple Developer Center à Berlin, pour épauler « une vaste communauté de développeurs très active dans toute l’Europe ». Apple continue donc d’investir en Europe malgré les contraintes imposées par le DMA, signe que le marché européen reste stratégique et profitable.

Après le Summer Game Fest, les licenciements reprennent dans l’industrie du jeu vidéo

11 juin 2026 à 14:28
Same player shoot again
Après le Summer Game Fest, les licenciements reprennent dans l’industrie du jeu vidéo

Le Summer Game Fest n’aura été qu’une parenthèse enchantée pour une industrie du jeu vidéo en crise permanente. Après avoir présenté leurs futurs titres durant des événements à forte teneur en paillettes ces derniers jours, les éditeurs s’apprêtent à vivre de nouvelles secousses intenses.

Honneur au régional de l’étape, Ubisoft, qui ferme ses studios de Winnipeg et de Belgrade. Le premier, créé en 2018, comptait une centaine d’employés qui travaillaient sur les moteurs de l’éditeur (Anvil et Snowdrop). Fondé en 2016, le studio de Belgrade a contribué au développement de plusieurs hits, dont The Crew 2 et Tom Clancy’s Rainbow Six.

Ubisoft réduit encore la voilure

À cela s’ajoute une restructuration du studio de Barcelone, qui va se concentrer sur les projets en lien avec Rainbow Six, la vache à lait du groupe. Des réductions de postes sont aussi prévues dans la branche Global Publishing. 380 emplois en tout vont être supprimés, selon le décompte du site VGC.

Cette réduction de la voilure s’intègre dans le vaste plan d’économies mené par Ubisoft, qui l’a poussé à annuler au moins six jeux, reporter sept autres, fermer plusieurs studios et réduire les effectifs (dont 200 postes au QG parisien).

Autre acteur majeur du secteur en grande difficulté : Xbox. Asha Sharma, la directrice générale de la division jeux de Microsoft, et son bras droit Matt Booty en charge des contenus, ont rendu public un mémo qui ne laisse planer guère de doute sur les difficultés à venir.

« Nous terminerons cet exercice fiscal avec une marge opérationnelle d’environ 3 %, en recul par rapport à l’an dernier », expliquent les deux responsables dans un exercice de transparence inédit. En excluant Activision Blizzard King, propriété de Microsoft depuis octobre 2023, les dépenses se sont hissées à hauteur de 20 milliards de dollars sur les cinq dernières années : investissements dans les contenus, pour la plateforme et les subventions pour le matériel (les Xbox Series S et X, principalement).

« Pourtant, sur la même période, notre chiffre d’affaires annuel a reculé de près d’un demi-milliard de dollars », déplore le mémo. Une situation qui « ne peut pas perdurer ». Asha Sharma ne va pas au-delà du diagnostic, mais il ne fait aucun doute que des coupes claires sont à prévoir.

Bloomberg annonce ainsi qu’une nouvelle restructuration de Xbox est dans les tuyaux et qu’elle pourrait être annoncée peu après la présentation des résultats de l’année fiscale de Microsoft, qui aura lieu le 30 juin.

Microsoft se prépare à des temps difficiles

En plus d’une charrette de licenciements, le groupe pourrait couper dans les dépenses marketing, voire fermer un studio. C’est malheureusement devenu habituel pour la division. Des milliers de postes ont déjà été supprimés ces dernières années, et quatre studios ont mis la clé sous la porte.

La situation est d’autant plus compliquée que la crise de la mémoire enchérit le prix des consoles (Microsoft a déjà procédé à plusieurs hausses de prix des Xbox). « Lorsque j’ai pris mes fonctions de PDG en février, le prix que nous payions pour les composants de stockage de nos consoles était déjà plus de deux fois supérieur à celui de l’automne dernier. Depuis, ces coûts ont encore doublé », écrit Asha Sharma dans le mémo.

La CEO de Xbox anticipe une nouvelle hausse importante à l’approche des fêtes de fin d’année 2027, qui « porterait ces prix à plus de cinq fois le niveau que nous payions seulement deux ans auparavant. » Pour le projet Helix, future génération de Xbox, Microsoft va avoir besoin d’un « nouveau modèle économique et de nouveaux partenariats ». À l’image des consoles portables ROG Ally d’Asus labellisées Xbox, il n’est pas interdit de penser qu’Helix pourra être produit par d’autres constructeurs que Microsoft.

Apple détaille ses cinq nouveaux modèles d’IA et admet à demi-mot ses ratés

11 juin 2026 à 07:01
Le club des cinq
Apple détaille ses cinq nouveaux modèles d’IA et admet à demi-mot ses ratés

Apple renouvelle entièrement les modèles IA qui propulsent les fonctions Apple Intelligence. Et admet (presque) que la précédente génération n’était pas vraiment à la hauteur.

Sous le capot d’Apple Intelligence se trouve une famille de grands modèles de langage. Avec iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 », le constructeur inaugure la 3e génération de ses LLM, baptisés Apple Foundation Models (AFM), dont la particularité est de reposer sur les modèles Gemini de Google. Pas de surprise ici, l’accord entre Apple et Google avait été confirmé au mois de janvier.

Un Apple Intelligence, cinq moteurs

À l’occasion de la WWDC, Apple a présenté les nouvelles capacités de sa plateforme d’IA et de Siri, et aussi levé une petite partie du voile sur les modèles AFM 3. Comme chez les autres acteurs IA quand il s’agit de présenter de nouveaux modèles, Apple n’est pas avare en superlatifs et en promesses de performances. Mais derrière cette communication bien huilée se cache un aveu plus discret : les premiers modèles Apple Intelligence n’étaient manifestement pas au niveau attendu… ce que le retard du nouveau Siri et les critiques entourant Apple Intelligence ont largement mis en lumière.

Avant toute chose, jetons un œil aux forces en présence. Cette nouvelle fournée d’Apple Intelligence s’appuie sur cinq modèles : deux sont exécutés directement sur l’appareil, les trois autres sont hébergés dans le cloud. AFM 3 Core (3 milliards de paramètres) et AFM 3 Core Advanced sont les modèles locaux. Ce dernier compte 20 milliards de paramètres, mais n’en active qu’1 à 4 milliards en fonction des requêtes.

Image : Apple

Cette méthode astucieuse exploite des travaux de recherche internes portant sur la sélection dynamique des paramètres d’un modèle. Au lieu de charger l’intégralité du modèle en mémoire vive, l’appareil active uniquement les portions jugées utiles pour la requête en cours. Les autres paramètres restent stockés dans la mémoire flash de l’appareil, ce qui permet à Apple d’utiliser un modèle beaucoup plus volumineux que ce que la RAM seule autoriserait.

Cette puissance de frappe ouvre de nouveaux horizons à Siri AI : les voix sont plus expressives et il est possible de les personnaliser, la dictée vocale se veut plus précise. Pour en profiter, il faut cependant posséder un appareil doté de 12 Go de mémoire, ce qui qualifie l’iPhone Air, l’iPhone 17 Pro (mais pas l’iPhone 17, limité à 8 Go), un Mac M3 ou iPad M4 suffisamment doté en mémoire.

iOS 27 permet de personnaliser la voix de Siri. Image : Apple

Les trois autres modèles sont hébergés sur des serveurs : AFM 3 Cloud « optimisé pour la vitesse, l’efficacité et les performances », ADM 3 Cloud pour la génération d’images et les outils d’édition photo avancés, et AFM 3 Cloud Pro qui prend en charge les requêtes les plus exigeantes comme les outils agentiques et le raisonnement complexe.

Quelques images générées par ADM 3 Cloud.

Les deux premiers tournent sur des serveurs équipés de puces Apple. AFM 3 Cloud Pro a ceci de spécifique qu’il fonctionne sur des serveurs dotés de GPU NVIDIA hébergés dans Google Cloud. Il a donc fallu étendre Private Cloud Compute, l’architecture de protection des données personnelles d’Apple, à cette configuration. Cette dépendance à deux des principaux acteurs du secteur de l’IA est d’ailleurs inhabituelle pour une entreprise qui n’aime rien tant que maîtriser la chaîne technologique de bout en bout.

Des benchmarks et un aveu caché

Apple donne également quelques détails sur les performances de ses modèles. Dans ce domaine, chaque acteur fait sa petite sauce dans son coin mais en général, les nouveaux modèles utilisent des benchmarks plus ou moins standardisés (SWE-bench, MMLU, Humanity’s Last Exam…) ce qui autorise les comparaisons.

Contrairement à son rapport technique publié l’an dernier, dans lequel Apple comparait ses modèles à GPT-4o, Gemma ou Qwen sur plusieurs benchmarks reconnus du secteur, la présentation d’AFM 3 se concentre presque exclusivement sur des évaluations internes et des comparaisons avec la génération précédente. La méthode est tout à fait légitime, mais elle rend impossibles les comparaisons avec les modèles concurrents.

Image : Apple

C’est d’autant plus vrai qu’Apple ne compare AFM 3 qu’à la génération précédente de ses propres modèles (2025). Ce qui donne des résultats pour le moins flatteurs : pour les capacités générales en texte en local, AFM 3 Core est ainsi préféré dans 45,6 % des cas, contre 23,3 % pour son prédécesseur. En matière de compréhension d’images, AFM 3 Core a été préféré à son prédécesseur dans plus de 61 % des cas où les testeurs ont marqué une préférence.

Sur serveur, pour les capacités texte, AFM 3 Cloud obtient 64,7 % de préférences contre 8,7 % « seulement » (c’est Apple qui le dit) pour l’ancien modèle. Les performances en compréhension d’images progressent fortement, tout comme la dictée et les voix de synthèse. Le constructeur californien ne dira jamais explicitement que ses premiers modèles étaient insuffisants. Mais l’insistance sur les « avancées significatives » et le « bond générationnel » d’AFM 3 montre assez clairement que la première vague d’Apple Intelligence était en retrait, en tout cas insuffisamment performante pour soutenir la vision d’ensemble de l’entreprise.

☕️ Microsoft bloque Claude Fable 5 en interne à cause de la rétention des données

11 juin 2026 à 06:34


Microsoft s’est empressé d’ajouter Claude Fable 5 à l’arsenal de GitHub Copilot et de Foundry, la plateforme destinée au développement et à la gestion d’apps IA. Mais les employés de l’éditeur n’y ont pas accès dans les versions internes du Copilot de GitHub. D’après The Verge, l’entreprise aurait un petit souci avec la politique de rétention des données d’Anthropic.

Le labo IA conserve en effet les requêtes et les contenus générés pendant 30 jours afin de satisfaire aux exigences de sécurité liées à l’utilisation du modèle « de classe Mythos ». Fable repose sur la même base que Mythos, mais est bardé de restrictions : si la question porte sur la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA, elle est « déclassée » et traitée par Opus 4.8.

Ces 30 jours de rétention permettent à Anthropic d’analyser les informations pour détecter les éventuels usages malveillants du modèle. En cas de suspicion, l’entreprise peut même les conserver pour une durée de deux ans. Les données qui ne posent aucun problème sont supprimées passé le délai standard.

Ce changement n’en est pas un pour les utilisateurs qui passent par le site web ou les applications mobiles de Claude, puisque la rétention des données est déjà effective pour ces abonnés. En revanche, c’est une nouveauté pour les organisations utilisant la console Claude, ou qui accèdent à Claude via Bedrock, Google Cloud Agent ou encore Foundry avec le mode Zero Data Retention (ZDR).

Ce mode proposé par Anthropic à certains clients professionnels ne conserve pas les requêtes envoyées au modèle ni les réponses générées. Ça n’est donc plus le cas avec Fable. L’équipe juridique de Microsoft évalue ces changements ; le souci majeur concerne les données des utilisateurs et les informations confidentielles. Aucun délai n’a été annoncé.

Le cas Microsoft pourrait donc se répéter chez d’autres entreprises.

☕️ Steam arrête les cartes cadeaux physiques, victimes des escroqueries

11 juin 2026 à 05:36


Les cartes cadeaux Steam vont se faire rares dans les magasins. Et pour cause : Valve a décidé d’arrêter les frais. Les cartes physiques ne seront disponibles que pour une durée limitée : dès que le stock aura été épuisé, il n’y aura pas de réassort. La fin d’une époque.

C’est une décision « difficile », mais que Valve a fini par prendre après de trop nombreux cas d’escroquerie à la carte cadeau. Lancées en 2012, ces cartes prépayées ont fleuri dans les magasins, aux côtés de cartes pour d’autres boutiques comme Netflix, Xbox, Apple, etc. Hélas, des margoulins en ont profité pour monter des arnaques.

Au fil des ans, Valve a mis en place des mesures pour protéger les consommateurs honnêtes, en modifiant les cartes cadeaux (ajout d’un avertissement bien visible pour prévenir les escroqueries), retirer des cartes en cas d’activité anormale, et même limiter la disponibilité des cartes. Le tout en travaillant avec les revendeurs et les forces de l’ordre.

Mais c’est un jeu du chat et de la souris sans fin, car les escrocs trouvent toujours un moyen de s’adapter. « Les arnaques continuent d’affecter la clientèle de Steam et d’autres personnes qui ne se méfient pas », déplore Valve. Par conséquent, l’entreprise coupe le robinet et prévoit une rupture de stock totale d’ici la fin de cette année. Les cartes cadeaux existantes restent bien sûr utilisables sur Steam.

Voilà qui est dommage pour les joueurs, mais aussi pour les finances de Valve (même si on ne s’en fait pas trop pour eux). L’entreprise indiquait que sur la seule période des fêtes de 2023 (du 20 au 31 décembre), « l’équivalent de plus de 80 millions de dollars a été généré via l’activation de cartes-cadeaux ».

La boutique en ligne propose à la place une version dématérialisée de ces cartes. Apparues en 2017, elles ont fait l’objet d’améliorations ces derniers mois, comme la possibilité de les acheter en tant qu’invité, sans avoir de compte Steam.

34 000 comptes Instagram piratés avec l’aide du robot IA d’assistance de Meta

11 juin 2026 à 04:50

34 000 comptes Instagram piratés avec l’aide du robot IA d’assistance de Meta

Révélées début juin, les failles de l’assistance IA générative de Meta ont finalement permis à des personnes malveillantes de récupérer l’accès à quelque 34 000 comptes Instagram, affirme le New York Times sur la base de documents internes.

L’incroyable légèreté de Meta a permis à des pirates de s’emparer de 34 000 comptes Instagram, parmi lesquels ceux de la Maison Blanche sous administration Obama, d’un responsable militaire américain, ou encore d’entreprises de premier plan. La faille a été corrigée depuis, mais le robot reste en place.

Le robot d’assistance de Meta chargé de la gestion des comptes Instagram avait l’IA qui flanche. Mis en route au mois de mars, il pouvait réaliser des opérations critiques, comme le changement de l’email associé à un compte, ou encore la réinitialisation du mot de passe. Les pirates, armés d’un VPN (pour apparaitre dans le même pays que leur victime) et d’une bonne tchatche, ont poussé le bot à lancer la procédure de récupération de compte.

Grâce à cette méthode d’injection de prompts, ils ont pu prendre possession de milliers de comptes : environ 34 000, selon des chiffres internes consultés par le New York Times. 20 000 d’entre eux ont été compromis, donnant aux hackers un accès aux adresses email associées, aux numéros de téléphone, aux dates de naissance et à d’autres données personnelles. Plus de 3 500 comptes piratés ont subi un détournement de leur nom d’utilisateur.

Une vulnérabilité corrigée mais non expliquée

Meta explique ne pas être en mesure de déterminer les informations consultées ou dérobées, ce qui n’est pas rassurant. La vulnérabilité a été bouchée. Un porte parole indique que « certaines de nos vérifications internes côté serveur n’ont pas fonctionné dans ce cas précis, mais cela n’était pas dû à l’agent d’IA lui-même », tente-t-il de rassurer. L’entreprise affirme également que ses agents dédiés au service client ont permis d’augmenter de 30 % le nombre de comptes récupérés après un piratage aux États-Unis et au Canada l’an dernier.

L’incident n’en reste pas moins très problématique pour Meta, qui dépense des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures IA, et injecte cette technologie partout où c’est possible, parfois en dépit du bon sens. Hasard malheureux du calendrier, le groupe a présenté la semaine dernière un nouveau service permettant aux organisations et aux entreprises d’utiliser des chatbots IA pour gérer les prises de rendez-vous pour les clients et compléter des transactions.

Il n’est pour autant pas question de remiser au placard cet agent dédié au SAV d’Instagram. Malgré ces piratages, les documents internes indiquent que Meta maintient tous les produits en service, se contentant de suspendre une « expérimentation en cours » (le système d’oubli de mot de passe).

Les ambitions européennes de Revolut auraient été discrètement freinées par la BCE

10 juin 2026 à 14:52
Aller vite, mais pas trop
Les ambitions européennes de Revolut auraient été discrètement freinées par la BCE

Des bisbilles avec le régulateur pour la branche européenne de Revolut. L’an dernier, la Banque centrale européenne (BCE) aurait discrètement exigé de la fintech britannique qu’elle lève le pied et suspende le lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. En cause : des processus de contrôle qui ne seraient pas suffisamment robustes.

Revolut a obtenu en 2018 une licence bancaire spécialisée de la Banque de Lituanie, ce qui lui a permis de développer ses activités dans l’Union européenne grâce au mécanisme du « passeport bancaire ». Cette autorisation, transformée en licence bancaire complète par la Banque centrale européenne en 2021, permet à la fintech basée à Londres d’accepter des dépôts, d’accorder des prêts aux particuliers et aux entreprises, et de commercialiser des produits financiers.

Aller vite, casser tout

Avec sa stratégie inspirée des startups de la tech, Revolut fonce tant et si bien que sa valorisation est estimée à 115 milliards de dollars. Ce qui en ferait, si elle était cotée en Bourse, la 7ᵉ banque en Europe, devant Barclays et BNP Paribas. La banque en ligne viserait d’ailleurs une introduction en Bourse avec une valorisation de 200 milliards.

Aller trop vite en cassant des choses est un mantra bien connu dans la Silicon Valley. Mais dans le domaine bancaire, les conséquences peuvent être bien plus graves et frapper l’ensemble du système financier. C’est pourquoi les régulateurs se montrent sourcilleux : pas question qu’un produit facilite le blanchiment d’argent, fragilise la protection des consommateurs, ou plus prosaïquement grève les fonds propres de la banque ou ses capacités de liquidité.

La BCE aurait ainsi identifié des « déficiences » dans les procédures d’approbation internes des nouveaux produits de Revolut, rapporte le Financial Times. Des restrictions temporaires auraient été exigées l’an dernier à la branche européenne, entraînant la suspension du lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen (EEE).

Le régulateur aurait aussi réclamé un audit indépendant des fonctions risques, conformité et juridique ; une révision des effectifs et des compétences des équipes chargées d’approuver les nouveaux produits ; une implication plus forte d’experts en interne avant de lancer quoi que ce soit.

Carton jaune pour Revolut

Les restrictions auraient été encore plus fortes pour les activités de la filiale en dehors de l’EEE : interdiction d’accepter de nouveaux clients ou de procéder à des acquisitions d’entreprises dans des pays situés hors du continent européen. Le FT n’a pas pu déterminer si toutes ces restrictions ont été levées, ou si certaines sont toujours en vigueur.

Néanmoins, Revolut a pu lancer depuis 2025 plusieurs produits en Europe, comme des comptes pour adolescents ou même des distributeurs physiques. De fait, la portée exacte de ces restrictions reste difficile à évaluer car elles n’ont manifestement pas empêché la banque de poursuivre son expansion.

Revolut a déclaré entretenir un dialogue « continu et constructif » avec les régulateurs, y compris la BCE. Elle s’engage à « respecter les normes les plus élevées en matière de gouvernance et de gestion des risques », ce qui est bien le moins, et renforce « régulièrement [son] environnement de contrôle interne ainsi que [ses] processus opérationnels. »

☕️ Apple serre la vis sur les apps qui n’apportent rien de nouveau

10 juin 2026 à 13:25


L’App Store proposant une myriade d’applications pour iOS, il est donc inévitable que bon nombre d’entre elles ressortent des mêmes catégories. Apple prévient que certaines de ces apps pourraient être retirées de la boutique si elles n’apportent aucune plus-value aux utilisateurs.

À côté des applications qui se téléchargent par millions, des milliers d’autres tentent de se faire une place dans des catégories déjà bondées. Apple considère que certaines catégories ont atteint un point de saturation et prévient qu’elle pourrait faire le tri.

Ça sent mauvais pour les apps de pets

Comme elle le fait régulièrement, le constructeur a amendé le guide des bonnes pratiques de l’App Store, à l’occasion de sa conférence mondiale des développeurs. Et comme l’a repéré TechCrunch, l’entreprise en a profité pour préciser l’article 4.3(b) consacré au spam ; il lui confère le droit de refuser des applications soumises dans des catégories saturées, comme les apps de sons douteux (pets, rots), les jeux à boire, la voyance, les lampes torches, les rencontres ou encore celles consacrées au Kama Sutra.

La mise à jour ajoute au lot les minuteries simples. « Nous n’accepterons donc plus de nouvelles soumissions dans ces catégories, sauf si elles proposent une expérience sensiblement différente ou améliorée », indique Apple. Jusque-là, il ne s’agit que d’une précision, mais le constructeur va plus loin : il se réserve la possibilité de retirer ces applications « si elles ne sont pas mises à jour, améliorées ou si elles ne parviennent pas à attirer des utilisateurs ».

C’est entendu, personne n’a besoin de plusieurs apps de pets, mais le dernier critère interroge : Apple va donc juger les applications en fonction de leur attrait auprès des utilisateurs. Voilà qui est plutôt vague ! Certaines apps très niches n’en sont pas moins utiles à un certain nombre d’utilisateurs.

D’autant que l’historique de validation de l’App Store ne plaide pas toujours en faveur d’une ligne claire et cohérente : Apple a régulièrement été critiquée pour avoir laissé prospérer des applications de qualité très médiocre, tout en refusant ou en retardant des logiciels pourtant parfaitement légitimes.

Quoi qu’il en soit, les développeurs qui s’amuseraient à soumettre de manière répétée ce type d’applications « considérées comme médiocres, de faible qualité ou demandant peu d’efforts de développement » pourraient subir une exclusion pure et simple du programme Apple Developer.

Durant la WWDC, Apple a annoncé plusieurs nouveautés liées à l’App Store, à commencer par de nouveaux outils marketing comme des en-têtes plus attractifs sur les pages produit, la possibilité d’envoyer un message personnalisé quand un utilisateur tente de résilier un abonnement, des abonnements groupés dans une formule unique, ou encore un système de « collections personnalisées » proposant à l’utilisateur une sélection d’apps en fonction de ses intérêts.

☕️ Google baisse le prix de son offre AI Plus d’entrée de gamme

10 juin 2026 à 06:42


Google revoit le prix de sa formule AI Plus et surprise, au lieu de monter comme c’est devenu l’habitude pour les services en ligne, le tarif baisse. Il passe de 7,99 à 4,99 euros par mois soit une baisse de quasiment 38 %. Le moteur de recherche double aussi le stockage compris avec cet abonnement, qui passe de 200 à 400 Go à partager entre Drive, Photos et Gmail. La version 2 To change de nom (elle devient « AI Plus » au lieu de Premium), mais toujours à 9,99 euros.

Capture d’écran : Google

Une offre plutôt généreuse donc, mais Google ajoute de nouvelles limites d’utilisation dans l’app Gemini, selon « la complexité des requêtes, des fonctionnalités utilisées et de la longueur des discussions », explique l’entreprise dans un courriel consulté par Next. Les limites sont actualisées toutes les cinq heures, jusqu’à l’atteinte du plafond hebdomadaire. Les abonnés AI Plus bénéficient de limites « deux fois plus élevées » que les utilisateurs non membres.

Google modifie également les plafonds dans d’autres logiciels et services IA, comme Flow (génération d’images et de vidéos) et Antigravity, la plateforme agentique. Le forfait AI Plus n’inclut plus 200 crédits mensuels, néanmoins « votre expérience ne devrait pas changer avec le nouveau modèle d’utilisation ».

L’offre Google AI Plus a été lancée en septembre 2025, d’abord en Indonésie, elle a été étendue depuis à la quasi-totalité du globe. Comparable à ChatGPT Go (mais désormais trois euros moins chère), cette formule complète l’abonnement AI Pro à 21,99 euros par mois ; celle-ci contient désormais 5 To de stockage en ligne, au lieu de 2. Pour les utilisateurs les plus gourmands, Google AI Ultra est facturé à partir de 99,99 euros (20 To).

Claude Fable 5 : un petit goût de Mythos pour le grand public

10 juin 2026 à 06:10
Il bat Pokémon tout seul !
Claude Fable 5 : un petit goût de Mythos pour le grand public

Comment faire mousser une introduction en Bourse quand on est un labo IA ? Lancer son modèle de langage le plus ambitieux, pardi ! Anthropic, qui s’y connait en buzz et en marketing de la peur, a dévoilé son premier LLM « de classe Mythos » à destination du grand public, Claude Fable 5.

Après Haiku, Sonnet et Opus, Anthropic lance Fable, premier modèle grand public « de classe Mythos ». Il lui emprunte les mêmes fondations, mais avec des garde-fous pour éviter que le modèle ne facilite des attaques informatiques. L’aperçu de Mythos présenté début avril n’est distribué qu’à des partenaires de confiance via le projet Glasswing.

Anthropic entrouvre les portes de Mythos au grand public

Claude Fable 5 se veut puissant, et les benchmarks fournis par Anthropic racontent tous la même histoire : le modèle domine quasiment dans tous les tests. Le plus spectaculaire est clairement le développement logiciel agentique. Sur SWE-Bench Pro, le modèle met plus de 20 points dans la vue à GPT-5.5, qui n’est pourtant pas manchot dans ce domaine.

Image : Anthropic

La startup cherche surtout à montrer que Fable est meilleur pour travailler longtemps de manière autonome. Les benchs sont tous orientés vers le développement logiciel, l’utilisation d’outils, le raisonnement à partir de documents, ou du travail de recherche. Et surtout, avec le test Cybersecurity, le modèle fait plus du double de son concurrent direct chez OpenAI. Et pour cause, il repose sur les bases d’un LLM spécialisé dans le domaine.

Sur un plan plus léger mais tout de même significatif, Fable 5 a battu Pokémon Rouge Feu en un peu plus de 50 heures, uniquement en analysant des captures d’écran du jeu de Nintendo, sans carte ni aide de navigation (le titre sert lui aussi de benchmark pour les éditeurs d’IA). De précédents modèles de Claude parvenaient eux aussi à la fin du jeu, mais de manière très laborieuse, et avec des outils supplémentaires pour s’en sortir dans leur exploration de Kanto.

Toute cette puissance ne saurait être mise entre de mauvaises mains. Fidèle à une communication qui en rajoute sur la dangerosité de Mythos, Anthropic en fait des caisses sur les restrictions de Fable 5. L’entreprise a truffé le modèle de « classifieurs » qui analysent les requêtes. Si le système estime que la question touche à des sujets sensibles, comme la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA, la question sera automatiquement traitée par Opus 4.8. L’utilisateur sera informé du tour de passe-passe.

Dans ses tests, Anthropic affirme que le passage d’un modèle à l’autre concerne moins de 5 % des sessions. Néanmoins, la société reconnaît que ces garde-fous sont volontairement « conservateurs », ils pourront parfois bloquer des requêtes légitimes. La sécurité a été privilégiée au détriment du confort d’utilisation, du moins dans un premier temps.

Fable 5 a aussi été torturé par des équipes spécialisées dans le jailbreak : plus de 1 000 heures y ont été consacrées sans qu’aucun moyen de contournement systématique ne soit trouvé. On ne pariera pas contre les chercheurs, et la prudence recommande d’attendre quelques semaines : la communauté du jailbreak ne manque pas de créativité pour obtenir ce qu’elle veut d’un LLM.

Enfin, Fable et les modèles de classe Mythos vont conserver les requêtes pendant 30 jours pour détecter les attaques, les tentatives de contournement et les usages malveillants. Ces données ne seront pas utilisées pour l’entraînement des modèles promet Anthropic, et elles seront supprimées après cette période, dans la plupart des cas.

Fable 5 aime les tokens

La question du prix est évidemment centrale, ce d’autant que les nouveaux modèles d’Anthropic adorent brûler des jetons. L’utilisation de Fable 5 revient à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie.

Image : Anthropic

L’entreprise divise ainsi par deux le prix de Fable par rapport à l’aperçu de Mythos. Cela n’en fait pas un modèle bon marché pour autant : son tarif est en effet deux fois plus élevé que celui d’Opus 4.8, et identique à celui d’Opus 4.8 Fast, une version aux stéroïdes offrant des temps de réponse plus courts.

En parallèle, Anthropic lance aussi Mythos 5, frère jumeau de Fable 5, sans certaines restrictions : il ne délègue pas à Opus 4.8 les requêtes les plus sensibles. C’est la raison pour laquelle il ne sera proposé qu’aux membres du projet Glasswing, qui s’ouvrira bientôt à des chercheurs en biologie triés sur le volet. Mythos 5 remplacera l’aperçu actuel de Mythos.

Fable 5 est disponible immédiatement via l’API Claude, ainsi que pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise. Attention cependant, l’inclusion dans les abonnements est temporaire : passé le 22 juin, le LLM ne sera plus proposé sans surcoût. Pour en profiter, il faudra acheter des crédits.

☕️ Mesure exceptionnelle de Bruxelles, qui impose à Meta de rouvrir WhatsApp aux IA concurrentes

10 juin 2026 à 06:06


Ça chauffe entre la Commission européenne et Meta sur le dossier de la présence des assistants IA rivaux de Meta AI dans WhatsApp. Bruxelles a ordonné au géant des réseaux sociaux de restaurer les assistants tiers dans le versant business de la messagerie. Une mesure intérimaire, le temps de l’enquête.

L’exécutif européen impose donc des mesures conservatoires à Meta, ce qui est extrêmement rare. Le régulateur considère que le marché des assistants IA est encore en phase de formation. Ces assistants ont besoin d’accéder aux utilisateurs où ils sont, et une bonne partie d’entre eux se servent de WhatsApp comme messagerie. Si Meta verrouille WhatsApp aujourd’hui, certains concurrents pourraient disparaitre avant même que l’enquête ne soit terminée.

Par conséquent, Meta doit rétablir l’accès gratuit à WhatsApp pour les assistants IA concurrents dans les cinq jours ouvrables, et maintenir cet accès le temps d’examiner si ces restrictions enfreignent les règles européennes de la concurrence. « C’est pourquoi ces mesures conservatoires resteront en vigueur pendant toute la durée de l’enquête, afin d’éviter des dommages qu’il serait presque impossible de réparer », affirme Teresa Ribera, vice-présidente en charge de la concurrence. Lors d’une conférence de presse, elle a précisé le calendrier de ces mesures : jusqu’à la fin de l’enquête donc, ou au plus tard jusqu’en juin 2029.

De quoi laisser le temps aux entreprises IA pour innover et développer leur activité, tout en donnant « la liberté de choix des citoyens européens quant à l’assistant IA qu’ils souhaitent utiliser avec WhatsApp, au lieu de laisser Meta en décider pour eux », ajoute-t-elle.

Les assistants IA tiers pouvaient utiliser l’API WhatsApp Business jusqu’en octobre 2025. Meta a ensuite modifié les conditions d’utilisation de son interface de programmation de telle manière à exclure ses rivaux et favoriser Meta AI. En mars dernier, sur pression de Bruxelles, le groupe a rouvert l’accès de WhatsApp, mais en facturant des frais considérés comme prohibitifs par le régulateur. La procédure formelle avait été ouverte début décembre 2025, la communication de griefs remontant au mois de février.

Meta, qui n’en est pas à sa première passe d’armes avec Bruxelles, va faire appel de cette décision. « La Commission européenne a décidé qu’OpenAI et certaines des plus grandes entreprises du monde peuvent utiliser gratuitement WhatsApp Business, un service normalement payant », affirme l’entreprise (pourquoi dans ce cas l’accès était-il auparavant gratuit ?). « Il s’agit d’un excès de zèle réglementaire financé par les nombreuses entreprises européennes qui, elles, paient pour ce service », se plaint-elle.

☕️ Compatibilité matérielle : le grand écart des nouveaux OS 27 d’Apple

9 juin 2026 à 14:35


Apple a dévoilé hier son nouvel arsenal de systèmes d’exploitation, ainsi que les appareils sur lesquels on pourra les installer. Il y a des surprises, bonnes et moins bonnes.

Image : Apple

À tout seigneur tout honneur, la compatibilité d’iOS 27 est aussi la plus simple à résumer : tous les iPhone capables de faire tourner iOS 26 pourront installer la nouvelle version. Cela inclut l’iPhone 11, lancé en 2019 avec sa puce A13. Une bonne nouvelle pour les propriétaires de ce modèle, qui n’auront pas à se contenter de simples correctifs de sécurité : leur smartphone aura aussi droit aux nouveautés du système (pas toutes, certes).

Apple continue certes d’assurer le service après-vente logiciel de très vieux appareils – l’iPhone 5 s a reçu une mise à jour de sécurité en janvier dernier –, mais voir l’iPhone 11 rester dans la course six ans après sa sortie est un signal encourageant pour la longévité générale des smartphones Apple. Au passage, iOS 27 pourra aussi s’installer sur ce bon vieux iPhone SE de 2e génération.

La liste de compatibilité pour iPadOS 27 est moins généreuse. Les derniers iPad Pro (M4 et M5) sont évidemment supportés, mais l’iPad Pro 12,9 pouces de 3e génération (2018, avec une puce A12X) passe à l’as : il faudra une tablette de 4e génération au minimum, ou plus récente. Idem du côté de l’iPad Pro 11 pouces : iPadOS 27 réclame au minimum un modèle de 2e génération. Exit la mouture précédente sortie en même temps que le 12,9 pouces de 3e gen.

Apple liste également l’iPad Air 11 pouces 4e génération (2020, puce A14), excluant de fait la génération précédente. Bizarrement, le constructeur prend la peine de préciser que les iPad Air 11 et 13 pouces M2 et au-delà sont compatibles avec iPadOS 27, ce qui tombe sous le sens… en omettant le modèle avec puce M1. Qu’on se rassure, il est bien pris en charge également.

Pour le reste, on pourra installer le nouvel OS sur l’iPad de 9e génération (2024) ou plus, l’iPad mini (A17 Pro) ou l’iPad mini 6e génération. iPadOS 27 fait l’impasse sur l’iPad 8e génération (2020) et l’iPad mini 5e génération (2019), deux tablettes équipées d’une A12 et qui étaient compatibles avec iPadOS 26.

Pour macOS 27 Golden Gate, la situation est simple : tous les Mac équipés d’une puce Apple (à partir de la M1) sont pris en charge, ainsi que le MacBook Neo avec sa puce A18 Pro. macOS 26 Tahoe aura été l’ultime version compatible avec les Mac Intel. Néanmoins, Apple s’engage sur trois années de mises à jour de sécurité pour ces modèles, comme l’explique MacGeneration.

Rosetta, la couche de traduction qui fait tourner les applications Intel sur les Mac à puce Apple, continuera de fonctionner sur macOS 27. Ensuite, le constructeur ne conservera qu’une partie des fonctions prenant en charge d’anciens jeux conçus pour des frameworks Intel.

Du côté de watchOS 27, c’est la douche froide pour les possesseurs d’Apple Watch Ultra 1ʳᵉ génération. Ce modèle n’est pourtant pas si vieux (2022), mais il est privé de la prochaine version de l’OS ! Le système d’exploitation fait aussi l’impasse sur l’Apple Watch SE 2ᵉ génération et l’Apple Watch Series 8. Il faudra posséder une SE 3, une Series 9 ou une Ultra 2.

tvOS 27 n’a pas vraiment eu droit aux feux de la rampe durant la keynote, mais il existe ! Et pour l’occasion, Apple en a réduit la compatibilité aux seules Apple TV 4K de 2ᵉ et 3ᵉ générations (2021 et 2022), tvOS 26 prenant en charge l’Apple TV HD de 2015 et les modèles suivants.

Enfin, sans surprise, visionOS 27 est compatible avec tous les modèles de Vision Pro, autrement dit les versions M2 et M5. Rappelons pour finir que les OS en « 27 » mettent surtout l’accent sur les optimisations de performance et la stabilité, ce qui devrait profiter à tous les appareils compatibles.

Apple veut de nouveau sauver le soldat Siri, cette fois avec l’aide de Google

9 juin 2026 à 06:08
Siri, take two
Apple veut de nouveau sauver le soldat Siri, cette fois avec l’aide de Google

Pour présenter les nouveautés Apple Intelligence et Siri, Apple a rejoué la partition de la WWDC 2024. Deux ans après des débuts laborieux, le constructeur promet enfin de livrer l’assistant intelligent qu’il avait alors promis.

On efface tout, et on recommence. Il y a deux ans, Apple avait présenté sa « vision » de l’intelligence artificielle « pour le reste du monde ». Comprendre : une IA qui sert au quotidien pour faciliter la vie des utilisateurs, loin des discours exaltés des grands acteurs de l’IA. Malheureusement, les premiers pas d’Apple Intelligence n’ont guère été encourageants, sans compter la crise ouverte autour de Siri.

Siri AI arrive… mais pas pour tout le monde

En dehors des optimisations plutôt bienvenues pour ses systèmes d’exploitation en « 27 », Apple a donc levé le voile sur une batterie de nouveautés liées à sa plateforme d’IA… qui ressemblent furieusement à celles de 2024. Mais cette fois, grâce aux modèles de langage de Google, ça va aller beaucoup mieux… surtout du côté de Siri, où les promesses devraient finalement être tenues, du moins le constructeur l’espère.

Apple n’a cette fois pas joué au plus malin. Les démonstrations vues durant la keynote n’ont pas été coupées au montage : les temps de réflexion de Siri ont semblé bien réels, et plutôt longs. Bien sûr, il faudra voir sur pièce, ce qui ne risque pas d’arriver tout de suite ; les développeurs pourront tester immédiatement « Siri AI » (c’est le nouveau nom de l’assistant) via la première bêta d’iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 et visionOS 27. Mais c’est sur liste d’attente.

Les utilisateurs attendront « plus tard dans l’année » de mettre les mains sur Siri AI, qui leur sera proposé en bêta. Est-ce à dire que le nouvel assistant ne sera pas disponible dès l’automne, en même temps que les versions finales des OS ? Par ailleurs, seul l’anglais sera pris en compte. D’autres langues suivront.

Pire encore, les utilisateurs européens d’iOS et d’iPadOS seront privés de Siri AI, le temps que le constructeur accorde ses violons avec l’Union européenne. « Apple œuvre sans relâche pour trouver une voie permettant de préserver la vie privée et la sécurité de ses utilisateurs », précise l’entreprise qui s’est même fendue d’un communiqué contre le DMA fourré à la rage froide. macOS 27 Golden Gate et watchOS 27 ne sont pas concernés par le règlement sur les marchés numériques.

Siri AI nécessite aussi une certaine puissance. Apple annonce une compatibilité à partir de l’iPhone 15 Pro et de l’iPhone 16e ; il faudra au minimum un iPad mini (A17 Pro), un iPad Air ou un iPad Pro M1 ; un Mac avec puce M1 ou plus ; une Apple Watch Series 10, une Ultra 2 ou une Apple Watch SE (3e génération).

Les mêmes promesses qu’en 2024

Ceci étant dit, à quoi ressemble ce nouveau Siri ? Apple le présente comme « plus utile, plus compétent et plus intelligent ». Il gagne en capacités conversationnelles, il peut aussi répondre à des questions relatives au contenu affiché à l’écran et piocher dans les données de l’utilisateur (photos, emails, messages…) pour comprendre le « contexte personnel ». Il sait enfin fureter sur le web pour répondre de la manière la plus pertinente possible.

Les exemples donnés par Apple sont convaincants, sur le papier. On peut ainsi demander à Siri les détails d’un concert à venir, obtenir des informations à son sujet (où acheter des tickets ?), créer un rappel pour l’ouverture de la billetterie, puis finalement écouter la nouvelle chanson du groupe. Tout cela dans une fenêtre qui se déroule depuis la Dynamic Island de l’iPhone. Et il est possible d’en discuter avec l’assistant.

L’« intelligence visuelle » est une des rares fonctions d’Apple Intelligence qui a su trouver son public rapidement : avec un iPhone compatible, des informations peuvent être obtenues à partir d’une photo (ChatGPT peut également être autorisé à scruter l’image). Apple l’étend franchement dans l’app Appareil photo avec un nouveau mode Siri qui sait par exemple afficher des infos nutritionnelles sur un plat ou diviser une addition entre amis avec Apple Cash (toujours pas dispo en France hélas).

Sur iPad et sur Mac, Siri AI vit maintenant dans Spotlight, il fait même partie des menus contextuels des systèmes (control + clic sur un fichier, une photo…). L’assistant est également présent sur Apple Watch, CarPlay et les AirPods. Une application dédiée à Siri complète le dispositif, afin de remettre la main sur une conversation passée, ou pour en entamer une nouvelle. L’intelligence visuelle fait son apparition sur ces deux plateformes : sur Mac, en passant par un raccourci clavier permettant d’entourer un objet ; sur iPad, via une capture d’écran.

Les outils d’aide à l’écriture sont toujours bien en place, ils s’améliorent en intégrant Siri qui peut rédiger un brouillon de texte au complet. Mieux encore (ou peut-être pas ?), l’assistant « comprend » le style d’écriture employé en fonction des correspondants : plus professionnel avec le boss, plus cool avec les amis. Les textes générés par Siri peuvent s’y adapter – ne pas oublier de relire, quand même.

Le constructeur a truffé ses apps de fonctions étiquetées « Apple Intelligence ». Impossible de toutes les énumérer ici, mais relevons :

  • Spatial Reframing, qui va recomposer une photo en exploitant les données de profondeur et en générant les contenus manquants ;
  • l’organisation des onglets par rubriques pertinentes et une fonction de création d’extension web dans Safari ;
  • le changement automatique de mots par passe par lot, en cas de mots de passe faibles ou compromis ;
  • la construction d’une automatisation dans l’app Raccourcis via une requête texte ;
  • la recherche d’un événement dans une vidéo enregistrée par l’app Maison…

Pour bénéficier de ces fonctionnalités Apple Intelligence, les configurations minimales sont l’iPhone 15 Pro et l’iPhone 16, l’iPad mini (A17 Pro), iPad M1, MacBook Neo (A18 Pro), ou une Apple Watch Series 10, Ultra 2 ou SE (3e génération) pour peu que ces modèles de montres soient connectés à un iPhone compatible Apple Intelligence.

Il faudra cependant posséder une configuration musclée pour bénéficier du modèle IA embarqué le plus avancé, autrement dit un appareil équipé de 12 Go de mémoire. Cela comprend les iPhone 17 Pro ou iPhone Air (mais pas l’iPhone 17 qui se contente de 8 Go), un iPad avec puce M4 ou un Mac avec une puce M3 avec au moins cette enveloppe de mémoire, ou un Vision Pro M5. Les bienheureux propriétaires de ces terminaux auront droit à une voix plus expressive de Siri AI, la personnalisation et le débit de cette même voix, ainsi qu’une plus grande précision de la dictée partout dans le système.

Apple précise qu’il faudra posséder un abonnement iCloud+ payant pour obtenir un accès accru à certaines fonctions, comme la génération d’images dans l’app Image Playground.

Gemini sous le capot d’Apple Intelligence

Toutes ces nouveautés (et ces fonctions promises il y a deux ans) sont le résultat d’un travail de fond sur les Foundation Models d’Apple, dont l’architecture repose sur les modèles Gemini. Certaines fonctions tournent en local, d’autres sur des serveurs avec le système Private Cloud Compute. Ce dernier remonte à 2024 et au lancement d’Apple Intelligence (Google s’en est d’ailleurs inspiré pour son propre Private AI Compute).

L’idée générale est de protéger les données des utilisateurs qui transitent par ces serveurs ; elles ne sont « jamais stockées ni communiquées » à Apple ou à quiconque. Durant un « tech talk » inédit après la keynote, Craig Federighi, le grand manitou du logiciel chez le constructeur californien, a affirmé qu’Apple Intelligence n’utilise ni Google Assistant, ni l’app Gemini, ni la recherche Google. La collaboration avec Google porte uniquement sur certains modèles d’IA utilisés par Apple, intégrés dans son propre système et exécutés sur son infrastructure.

Image : Apple

Un composant central, le System Orchestrator, analyse les requêtes et décide quelles ressources utiliser : applications, données personnelles indexées par Spotlight, contexte affiché à l’écran, etc. De nombreuses tâches sont traitées directement sur l’appareil, grâce à des modèles locaux (compréhension vocale, synthèse de la voix, analyse d’images et de texte). Les demandes plus complexes sont envoyées vers le nuage du Private Cloud Compute.

Les nouveaux modèles Apple Foundation Models (AFM) de troisième génération sont le fruit d’un partenariat avec Google. Les modèles AFM Core, Core Advanced, Cloud et Cloud Image sont des modèles Apple entraînés avec des données propriétaires et affinés à partir des modèles Gemini les plus avancés. Le modèle le plus puissant, AFM Cloud Pro, affiche selon Apple un niveau de qualité comparable aux modèles Gemini les plus avancés. Des GPU NVIDIA hébergés dans le cloud de Google sont utilisés pour l’inférence d’AFM Cloud Pro.

Enfin, quand une requête nécessite des informations d’actualité ou des connaissances générales, Apple s’appuie sur son propre service World Knowledge Service, pas sur la recherche Google.

Est-ce que c’est la bonne cette fois pour Siri et Apple Intelligence ? Impossible à dire pour l’instant, et puis les utilisateurs européens vont devoir prendre leur mal en patience. C’est cependant la dernière chance pour Apple de revenir dans le peloton de tête dans la course à l’IA avec son architecture maison.

☕️ [màj] Londres veut empêcher les mineurs d’échanger des photos intimes

9 juin 2026 à 05:45


Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.

« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?

Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.

La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.

Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »

Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.

Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.

Mise à jour : Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.

Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».

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