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Des informations clients de LastPass compromises après un incident chez Klue

23 juin 2026 à 16:42
Ouf, les coffres-forts ont tenu bon
Des informations clients de LastPass compromises après un incident chez Klue

LastPass est de nouveau touché par une fuite de données. Le gestionnaire de mots de passe a prévenu ses utilisateurs que des informations personnelles ont été volées non pas sur ses serveurs, mais chez un partenaire. Le résultat est le même : des données clients se sont retrouvées entre les mains d’attaquants.

Le 12 juin, LastPass a été informé d’un incident de sécurité chez Klue, une plateforme tierce utilisée par les équipes commerciales du gestionnaire de mots de passe. Des attaquants ont réussi à obtenir des jetons d’authentification OAuth que Klue conservait pour plusieurs clients, dont LastPass. Ces identifiants ont ensuite été utilisés pour accéder à des données clients de LastPass stockées dans son environnement Salesforce.

Une fuite par procuration

L’incident, qui se limite aux systèmes connectés à Klue, n’a pas affecté les produits, services et infrastructures de LastPass. Les coffres-forts des utilisateurs sont restés en sécurité. L’entreprise a coupé l’accès de ses employés à Klue, renouvelé les jetons d’accès API compromis et lancé une enquête avec Klue et Salesforce. L’affaire a été signalée aux autorités.

Les données compromises concernent des informations CRM et commerciales : nom des clients, numéros de téléphone, adresses email et postales, données des tickets de support, informations commerciales et de vente. LastPass affirme qu’aucun mot de passe maître n’a été compromis. Les informations dérobées pourraient toutefois servir à alimenter des campagnes de hameçonnage ciblé.

LastPass recommande à ses clients de faire preuve d’une vigilance renouvelée sur les courriels, les appels téléphoniques et les demandes d’informations non sollicitées. Elle ne réclamera jamais un mot de passe maître à un utilisateur.

L’entreprise, qui compte plus de 33 millions d’utilisateurs, dont 1,6 million de clients payants (chiffres de 2024), a déjà été touchée par une importante fuite de données en 2022, qui aurait notamment servi à escroquer des détenteurs de portefeuilles de cryptomonnaies.

L’incident de sécurité chez Klue a également touché d’autres sociétés, dont Titanium, Jamf, Gong, HackerOne ou encore Sprout Social.

☕️ Sync-in 2.4 fiabilise ses transferts de fichiers et améliore sa sécurité

23 juin 2026 à 14:38


Sync-in est une solution d’hébergement et de synchronisation de fichiers libre et open source (licence AGPL 3), dont le code est disponible depuis un dépôt GitHub. Nous nous étions entretenus avec le créateur du projet, Johan Legrand, qui nous avait alors expliqué ses motivations : proposer une solution simple de synchronisation et de gestion des fichiers, et se concentrer sur l’aspect collaboratif.

La version 2.4, disponible depuis ce 23 juin, comporte bon nombre d’améliorations. En plus d’OnlyOffice et Collabora, l’outil prend en charge Euro-Office. Il est désormais possible d’annuler des tâches (envois, téléchargements, extractions…) depuis le panneau des tâches. Les tâches liées aux fichiers sont d’ailleurs maintenant mises en file d’attente et limitées par utilisateur. Ce changement doit empêcher de lancer un trop grand nombre d’opérations lourdes en parallèle.

On note également deux améliorations bienvenues. Sync-in 2.4 apporte ainsi le support des archives ZIP, en plus des TAR et TGZ déjà prises en charge. D’autre part, l’outil peut à présent vérifier l’email OpenID Connect. Il s’agit d’une option, qui permet aux administrateurs d’exiger qu’un utilisateur OIDC ait une adresse vérifiée avant de pouvoir associer son compte.

Une mesure de sécurité complétée par plusieurs corrections, notamment pour une application renforcée de l’authentification multifacteur et une meilleure défense contre les essais répétés de codes TOTP (Time based One Time Password). On note aussi des améliorations de fiabilité, dont les téléchargements depuis une URL, diverses corrections pour les éditeurs texte et Markdown, la sélection filtrée, le démarrage du serveur et le chargement de configuration.

Le projet a largement accéléré depuis l’automne dernier, avec la sortie de multiples versions. Au cours des six derniers mois, on a pu voir l’arrivée d’un éditeur Markdown intégré, la rétention optionnelle de la corbeille, une amélioration de l’indexation, l’OCR pour les PDF, le support d’OpenID Connect ou encore une refonte de l’interface.

La fondation Rust se paye un ingénieur sécurité à plein temps

23 juin 2026 à 13:58
Brèches et oxydation
La fondation Rust se paye un ingénieur sécurité à plein temps

Le langage Rust et son écosystème ont désormais un ingénieur sécurité résident. Le contrat prévoit pour l’instant qu’il reste six mois, et davantage en fonction du financement. Cette embauche doit permettre la coordination et l’évolution de la sécurité au sein de l’écosystème Rust.

La fondation Rust est la structure créée en février 2021 pour gérer le développement et l’orientation du langage créé par Mozilla. Depuis, elle gère une Security Initiative destinée à protéger les parties de l’écosystème « qu’aucun mainteneur individuel ne peut raisonnablement couvrir seul » : modélisation des menaces pour crates.io (les crates sont des binaires ou des bibliothèques), signature de provenance des artefacts, publication de confiance, ou encore création d’outils comme Painter et Typomania pour cartographier les dépendances et détecter les typosquattages.

Comme l’indique la fondation dans un communiqué publié le 16 juin, l’ensemble est soutenu financièrement par des membres de la fondation (AWS est cité) et par Alpha-Omega, « une initiative inter-industrie qui finance des travaux de sécurité dédiés à travers les projets open source critiques ». C’est dans ce cadre et grâce à ces apports que la fondation annonce l’embauche d’un ingénieur à temps plein pour chapeauter la sécurité de Rust et de son écosystème.

L’impact de l’intelligence artificielle

Dans le communiqué d’Alpha-Omega publié le même jour, on peut lire que cette embauche découle d’un constat : les outils automatisés sont suffisamment puissants pour révéler les failles de sécurité à grande échelle. Plusieurs grands projets Rust ont ainsi reçu des signalements pour corriger de vraies vulnérabilités.

Cependant, le communiqué note aussi que ces outils génèrent un grand nombre de signalements qui peuvent être aussi plausibles qu’inutiles. Alpha-Omega évoque les heures perdues par les mainteneurs à trier ces informations. Une mention qui renvoie, une fois encore, à l’exemple de FFmpeg qui se plaignait du flot ininterrompu de signalements par des personnes n’ayant que peu d’expérience et incapables de voir si les informations envoyées étaient crédibles. Les signalements doivent cependant tous être analysés de peur de laisser passer une faille importante, avec une contrainte forte sur les petites équipes.

Un travail de synthèse et de lubrification

Le nouvel ingénieur, Jacob Finkelman, utilisera « un mélange de méthodes dirigées par l’humain et assistées par l’IA » pour examiner le langage Rust proprement dit et les crates sur lesquels l’écosystème s’appuie le plus. Il sera chargé de séparer le bon grain de l’ivraie : les vrais problèmes exploitables d’un côté, le reste à la poubelle, pour que seules des informations utiles soient envoyées aux mainteneurs.

Jacob Finkleman est un ingénieur logiciel plus connu sous le pseudonyme Eh2406. Il a commencé à utiliser Rust en 2015 et fait partie de l’équipe Cargo de Rust depuis 2018. Il est également le mainteneur de pubgrub-rs, un résolveur de dépendances qui alimente notamment uv, un gestionnaire de paquets et projets Python (écrit en Rust). « Sa connaissance du graphe de dépendances des crates le positionne idéalement pour travailler sur les risques liés à la chaîne d’approvisionnement logicielle », indique la fondation Rust.

Le travail s’effectuera en collaboration avec « les pairs d’autres écosystèmes » et le SRWG (Security Response Working Group) de Rust. Tout ce petit monde devra se concerter pour évaluer rapidement la gravité du contexte et aider autant que possible au développement rapide des correctifs. Cette équipe réduite devra en outre coordonner la divulgation et la publication responsables des informations. Elle servira aussi de guichet unique pour les rapports entrants, « y compris ceux arrivant via des initiatives comme le Project Glasswing », et d’intermédiaire entre chercheurs et mainteneurs quand des situations urgentes se produisent.

Six mois pour commencer

Au vu de l’attraction dont jouit Rust depuis plusieurs années et son utilisation plus intensive dans les projets commerciaux (y compris chez Microsoft et Google qui l’utilisent en programmation système), l’écosystème a de quoi se réjouir.

Cette embauche n’est cependant pas définitive. La fondation précise que ce nouveau poste sera à temps plein pour six mois et la suite dépendra de plusieurs facteurs, selon ce que les personnes impliquées « apprendront » et… les financements disponibles bien sûr.

En revanche, la fondation précise que tout ce travail donnera naissance à des méthodes, manuels et consignes qui seront dûment documentés « pour que le travail ne s’arrête pas avec le contrat ». Les outils et pratiques seront partagés avec d’autres écosystèmes, en particulier ceux ayant aussi reçu un financement d’Alpha-Omega, comme la fondation PHP et la Drupal Association.

Enfin, la fondation invite les mainteneurs de crates largement utilisés à la contacter pour être pris en compte dans le cadre de cette initiative de sécurisation.

Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

23 juin 2026 à 13:17
Technosolutionnisme magique
Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Les esprits s’échauffent à la Chancellerie, et ce n’est pas uniquement à cause de la canicule. Au lendemain de la publication du pré-rapport de la mission d’inspection chargée de faire la lumière sur l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé « un choc numérique » au ministère de la Justice.

« Zéro papier d’ici six mois » : l’annonce de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a de quoi étonner. Le ministère de la Justice n’est donc pas complètement numérisé et connecté ? Le traitement de la plainte pour viols sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, a mis en lumière plusieurs défaillances de la justice, comme l’a pointé le pré-rapport [PDF] de la mission d’inspection (la version définitive est attendue le 5 septembre, avec une étape intermédiaire le 10 juillet).

Courrier mal trié

Est notamment mise en cause la communication entre le parquet de Toulouse, qui s’était dessaisi du dossier au profit de celui d’Auch : la procédure a été transmise par courrier postal avec un scellé, sans envoi en parallèle d’une version dématérialisée. Alors que c’est tout à fait possible, et cela aurait permis d’accélérer la prise en compte rapide de la procédure.

Ce d’autant qu’une fois à Auch, cette procédure a été mal triée et n’a pas été enregistrée comme urgente. « La procédure prioritaire qui aurait dû être enregistrée le jour de son entrée au [Bureau d’ordre pénal] a été classée dans le stock des affaires à enregistrer sans caractère d’urgence, en raison d’une erreur de tri, par un service affecté d’un retard important d’enregistrements de procédures papier », explique le rapport. Le parquet de Toulouse n’a pas insisté sur le caractère prioritaire du dossier – pas de coup de fil ou de courriel.

Interrogé par France Info, Gérald Darmanin promet « un choc numérique au ministère de la Justice ». Un « choc » qui a commencé « depuis un an » affirme-t-il, avant d’expliquer que les deux juridictions possèdent bien des boîtes email, et que les parquets de Toulouse et d’Auch ont internet, « je tiens à vous rassurer ». Seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés à son arrivée au ministère en 2024, indique-t-il aussi, contre la quasi-totalité aujourd’hui.

Un des problèmes qui se pose à la Justice, c’est le manque de moyens, et le garde des Sceaux ne le cache pas : « ce n’est pas si facile que ça avec les moyens que m’a donnés le président de la République ». Une manière polie de pousser l’Élysée à prendre ses responsabilités… « On a encore entre 20 et 30 % de papier dans les juridictions », déplore-t-il encore.

L’IA à tout faire

Une autre solution : faire appel à l’IA. « On va tout scanner [avec] l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ». L’IA peut-elle raisonnablement être la réponse aux difficultés du ministère ? Il est permis d’en douter, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité des données que cette technologie pose.

Gérald Darmanin en convient d’ailleurs, en notant aussi que les données de la Justice sont « très sensibles » et qu’il n’est pas question de les stocker ailleurs qu’en France. Mais il n’en démord pas : « Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l’IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens ».

Sébastien Lecornu a présenté mi-juin la feuille de route de l’État pour intégrer l’IA dans les rouages de l’administration. Le ministère de la Justice va pouvoir accéder aux technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées.

En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

23 juin 2026 à 11:37
DystopIA générative
En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

Cherchant à imaginer où en sera notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050, la délégation à la prospective du Sénat hésite : modèle trumpien des « faits alternatifs » ? Un monde dominé par les fantasmes d’humanité « augmentée » des prophètes des Big Tech’, où la réalité « n’a plus d’intérêt » face aux mondes virtuels ? Ou un « sursaut démocratique » qui ferait suite à une intense fatigue informationnelle engendrée par l’incapacité à distinguer le vrai du faux… mais un tantinet bisounours ?

Les médias d’opinion et de « réinformation », partisans des théories du complot et mercenaires de la désinformation, descendants de Donald Trump et Elon Musk, parviendront-ils à consolider leurs coups d’État sur la « post-vérité » au point qu’une grande partie de la population, immergée dans des mondes « virtuels » collant à leurs fantasmes, perde la notion même de « réalité » ?

Après avoir posé les termes du débat (voir notre premier article) concernant notre rapport à l’autorité et à la vérité, la délégation à la prospective du Sénat revient, dans une trentaine de pages de son rapport consacré au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 », sur quatre scénarios d’anticipation à l’horizon 2050.

Relevant clairement de la politique-fiction, ils s’inspirent par contre des dérives illibérales et autoritaires en cours aux États-Unis notamment, et de l’influence grandissante des Big Tech’. Ce pourquoi ils reposent sur deux variables : le degré d’autorité politique des dirigeants des démocraties occidentales, et la liberté de recherche de la vérité et de l’information, en cherchant à anticiper ce qui sera considéré comme plus ou moins acceptable d’ici 2050, eu égard à la fenêtre d’Overton.

Les quatre axes susceptibles d’améliorer ou d’altérer notre rapport à la vérité

Le rapport souligne cela dit en préambule que « la principale inconnue dans ces quatre scénarios est la survenue d’une guerre de haute intensité », alors que « les états-majors occidentaux anticipent une nouvelle guerre menée par la Russie sur le territoire européen d’ici 2030 ».

Le choix d’illustrer ces quatre scénarios par des images bas de gamme générées par IA, et donc de l’ « AI slop », est par ailleurs un marqueur signifiant révélateur du niveau quelque peu caricatural de ces projections prospectives. Leur lecture n’en reste pas moins instructive eu égard aux lignes de front auxquelles nous sommes d’ores et déjà confrontés en matière de rapport à l’autorité et à la vérité.

Les enseignants peuvent lire dans le cerveau des gens, et les dénoncer aux autorités


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Sécurité : OpenAI veut « patcher la planète »

23 juin 2026 à 10:32
Patch the world, make it a better place
Sécurité : OpenAI veut « patcher la planète »

OpenAI étend le front de guerre sur la cybersécurité avec une extension de son programme Daybreak. L’entreprise a fait plusieurs annonces, dont le lancement d’une version finale pour son modèle dédié GPT-5.5-Cyber et l’initiative Patch the Planet destinée au monde de l’open source.

En mai, OpenAI lançait Daybreak, une plateforme de cybersécurité conçue pour rassembler tous les produits et services de l’entreprise dans ce domaine. On y trouvait notamment trois modèles combinés à Codex Security : le GPT-5.5 classique, le même avec l’option Trusted Access for Cyber (TAC) et GPT-5.5-Cyber, alors en préversion. Plus on grimpe dans les modèles, plus l’outil se veut puissant, et plus les vérifications sont importantes.

Ce 22 juin, OpenAI a annoncé une importante extension de sa plateforme et veut clairement doubler Anthropic sur le devant de la scène.

Un GPT-5.5-Cyber mis à jour

On commence avec une nouvelle version du modèle GPT-5.5-Cyber, qu’OpenAI décrit bien sûr comme plus puissante. Il est présenté par l’entreprise comme le plus puissant et le plus permissif « pour des travaux avancés et autorisés en cybersécurité ».

« C’est notre modèle le plus solide à ce jour pour trouver et aider à corriger les vulnérabilités logicielles, tout en conservant l’intelligence polyvalente de GPT-5.5 et sa capacité à travailler sur des tâches longues et complexes », affirme OpenAI.

L’analyse se veut notamment plus profonde sur les grandes bases de code. Selon OpenAI, GPT-5.5-Cyber peut identifier les composants importants pour la sécurité, trouver le code vulnérable, identifier et valider les problèmes probables dans des environnements contrôlés, développer et tester des correctifs, ou encore préparer des preuves pour des examens humains.

Pour l’entreprise, il n’est plus question de seulement détecter les problèmes, mais d’aider les développeurs à « traverser toute la boucle de remédiation ». En clair, faciliter l’intégralité du processus allant de la détection à la correction.

OpenAI aligne évidemment des scores issus de benchmarks. Sur CyberGym (qui mesure la capacité d’un agent à reproduire des vulnérabilités connues dans des environnements logiciels), GPT-5.5-Cyber a obtenu 85,6 %, contre 81,8 % pour GPT-5.5 classique, mais surtout contre 83,6 % pour Mythos 5. OpenAI n’évoque pas le grand concurrent dans son communiqué, mais le score apparaît quand même dans un tableau. Sur deux autres benchmarks, ExploitGym et SEC Bench Pro, GPT-5.5-Cyber obtient respectivement 39,5 % et 69,8 %, contre 29,95 % et 63,1 % pour GPT-5.5. Pas question de modèles concurrents cette fois.

La société indique dialoguer avec le gouvernement américain sur son approche cyber. Elle déclare travailler en collaboration avec le Center for AI Standards and Innovation (CAISI) sur les tests préalables au déploiement de GPT-5.5 et 5.5-Cyber, avec le Bureau du Directeur national de la cybersécurité (ONCD) et avec l’Office de la politique scientifique et technologique (OSTP) sur la mise en œuvre du décret présidentiel du 2 juin sur l’IA.

OpenAI ajoute que la combinaison GPT-5.5 avec Trusted Access for Cyber et Codex Security constitue un « bon point de départ ». Le duo a aidé à identifier et à valider des failles dans diverses bases de code, dont Firefox, V8, Safari, OpenBSD, FreeBSD et les implémentations HTTP/2.

Quant à GPT-5.5-Cyber, il est destiné « aux défenseurs vérifiés dont le travail autorisé nécessite nos capacités cyber les plus avancées et un comportement plus permissif, associé à une vérification, un suivi, des contrôles et une révision plus stricts ». En d’autres termes, le même type d’acceptation sur dossier que pour Mythos chez Anthropic.

Patch the Planet : l’offensive sur l’open source

Autre initiative d’OpenAI, particulièrement intéressante celle-là : Patch the Planet. Créée avec Trail of Bits et en partenariat avec plusieurs structures comme HackerOne, elle vise à financer des chercheurs en sécurité reconnus et à les équiper avec Codec Security pour travailler directement avec les mainteneurs de code open source.

OpenAI cite une étude de la Linux Foundation et d’Harvard selon laquelle 94 % des projets open source les plus utilisés ont moins de dix personnes responsables de plus de 90 % du code ajouté sur une année. « Les logiciels open source alimentent des produits, des services publics, des outils pour développeurs et des infrastructures critiques à travers les secteurs. Une vulnérabilité dans une bibliothèque réseau largement utilisée peut affecter des milliers de systèmes en aval », déclare OpenAI.

Le processus suit un cheminement spécifique : une consultation entre les chercheurs et les mainteneurs, la définition par ces derniers des priorités et préférences, puis la prise en charge par les chercheurs du travail. Ce dernier comprend la validation et la déduplication des vulnérabilités et correctifs avant qu’ils atteignent les mainteneurs, réduisant d’autant leur charge.

« Les projets participants reçoivent ChatGPT Pro, un accès conditionnel à Codex Security, ainsi que des crédits API pour le développement principal, l’automatisation des mainteneurs et les flux de travail de publication », ajoute OpenAI. Pour plusieurs projets, le « sprint initial » (5 jours) aurait montré des centaines de problèmes. Des dizaines de correctifs auraient été fusionnés avec d’autres en cours. Trail of Bits a également publié un communiqué sur le sujet.

Reste à voir maintenant si l’initiative tiendra ses promesses et si les conditions d’accès ou encore les crédits seront modifiés par la suite. OpenAI frappe en tout cas là où de gros problèmes ont été révélés ces dernières années, notamment le manque de financement, de mainteneurs et la gestion de la sécurité. On se souvient aussi que l’IA a un impact négatif sur les mainteneurs, le nombre de signalements augmentant drastiquement, comme s’en était plainte l’équipe de FFmpeg.

La cybersécurité pour presque tous

OpenAI annonce également des collaborations « étroites » avec des gouvernements et institutions du monde entier, avec l’objectif de renforcer leur niveau de cybersécurité. Courant mai, la France a ainsi obtenu un partenariat pour GPT-5.5 avec Trusted Access for Cyber, de même que l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Japon, la République de Corée et des institutions européennes comme l’ENISA, l’agence de cybersécurité de l’Union.

La question de la souveraineté n’est pas abordée par OpenAI. Mi-mai, cette facette a été directement mise en avant par Mistral, via son CEO Arthur Mensch, qui accusait notamment Anthropic – sans le nommer – de verser dans le « marketing de la peur ». Le message de l’entreprise française était clair : « Vous ne pouvez pas avoir les bases de données et le code de l’armée française scannés par Mythos. Ça crée une dépendance tellement irrémédiable qu’il faut absolument trouver des solutions ». Et Mistral a assuré qu’elle en aurait bientôt à proposer.

Mistral prépare son IA chasseuse de failles, Microsoft déploie déjà son armée d’agents

Cette question se pose d’autant plus que les ambitions d’OpenAI sont claires. Parmi les annonces du 22 juin, la société indique ainsi qu’elle va travailler directement avec des « opérateurs éligibles d’infrastructures critiques, y compris les réseaux gouvernementaux ». OpenAI veut être en mesure de proposer des « garanties adaptées » et devenir ainsi un acteur incontournable de la cybersécurité. Incontournable probablement au point que l’industrie logicielle ne pourra bientôt plus se passer de l’IA pour la recherche et la correction de failles de sécurité.

Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

23 juin 2026 à 09:28
To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

Meta : les données du projet de surveillance des employés étaient accessibles en interne

23 juin 2026 à 08:47
Qui aurait pu prédire ?
Meta : les données du projet de surveillance des employés étaient accessibles en interne

Meta met sur pause son projet de surveillance de ses employés destiné à entraîner ses moteurs d’IA. En cause : les données sensibles récoltées étaient accessibles par toutes les personnes travaillant dans l’entreprise de Mark Zuckerberg.

Ce ne sont pas des considérations éthiques sur la récolte et l’utilisation de données sensibles de ses employés qui poussent Meta à stopper (au moins temporairement) son projet Model Capability Initiative (MCI), mais plutôt le manque de sécurisation de l’accès à ces données.

En avril dernier, on apprenait que le groupe dirigé par Mark Zuckerberg lançait en interne cet outil qui récupère les mouvements de curseur des souris, les clics, les frappes clavier de ses employés et réalise des captures d’écran de temps en temps. L’entreprise promettait de ne pas s’en servir pour surveiller ses employés, mais pour récolter des données afin d’entrainer ses modèles, notamment dans l’objectif d’améliorer les fonctions d’agents IA.

Des données disponibles aux yeux de tous en interne

Mais récemment, des employés de l’entreprise ont remarqué qu’ils pouvaient accéder à ces données qui étaient, pour ainsi dire, disponibles aux yeux de tous en interne. Business Insider a ainsi pu consulter des captures d’écran montrant qu’il était possible de consulter des discussions privées, des données de performance et des transcriptions.

L’entreprise, qui a classé cet incident au niveau 2 de son échelle de sévérité (de 5 à 0, 0 étant le plus haut niveau), répond à nos confrères que « nous avons soigneusement conçu ce programme en intégrant des mesures de protection de la vie privée, et bien que nous n’ayons pour l’instant aucune indication laissant penser que des employés de Meta auraient accédé de manière abusive à des données, nous le suspendons le temps de mener notre enquête ».

L’avis de sécurité, qui circulait en interne lundi et que Wired a pu consulter, indique que « les données des employés contenues dans 45 000 tables Hive » étaient exposées.

De quoi raviver les critiques de son personnel quant à la gestion de ce projet. Déjà au début du mois, face à une fronde interne, Meta avait mis un tout petit peu d’eau dans son vin en permettant à ses employés de mettre MCI en pause sur leurs ordinateurs. Cette fonctionnalité n’était pas un bouton de désactivation de l’outil de surveillance puisqu’elle ne leur permettait un répit que de 30 minutes.

Des salariés furieux

Mais depuis la révélation du problème de sécurité interne, certains employés ont redoublé leurs critiques. « Je suis furieux », a écrit l’un d’entre eux dans un groupe de discussion interne, selon Business Insider.

« J’ai consulté des informations fiscales et médicales personnelles depuis mon ordinateur professionnel, tout comme des milliers d’autres employés. On nous avait assuré que ces données seraient protégées et utilisées uniquement à des fins professionnelles légitimes, après avoir été soumises à un filtrage rigoureux », explique un autre dans un post cité par Reuters.

Comme l’indique Wired, certains se demandent pourquoi les contrôles de confidentialité mis en place par Meta n’avaient pas détecté le problème. Ils aimeraient que chaque employé concerné puisse participer à une réunion d’analyse des causes de l’incident. Sur le canal dédié aux discussions de machine à café, l’un d’entre eux a posté un mème extrait de la série The Office où Jim Halpert tient une pancarte sur laquelle est écrit : « 0 jour depuis notre dernière bêtise ».

Nos confrères ont aussi pu consulter un message que le CTO de Meta, Andrew Bosworth, a envoyé en interne affirmant : « Nous avons mal configuré les ACL [listes de contrôle d’accès] et nous devons comprendre comment cela s’est produit, retracer chaque accès aux données et en analyser les causes ».

Si certains salariés de l’entreprise s’expriment sur l’outil interne de communication, ils ne sont pas autorisés à parler publiquement, mais certains, anonymement, ont expliqué à Wired que l’incident était maintenant marqué comme « fermé » et serait donc résolu.

« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

23 juin 2026 à 08:25
Un petit boulot pour les robots
« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Le géant chinois du commerce en ligne JD.com veut remplacer ses centaines de milliers de livreurs par des robots. Richard Liu, fondateur et président du groupe, ne veut cependant laisser personne « sans manger ni travail ».

« Tôt ou tard », les livreurs de JD.com seront remplacés par des robots, a prévenu Richard Liu, le président de l’entreprise, un des plus importants acteurs du commerce en ligne en Chine. « À l’avenir, lorsque les robots livreront les colis, tôt ou tard viendra un jour où les livreurs ne seront pratiquement plus nécessaires », a-t-il expliqué durant le forum des PDG de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Shenzhen.

Plusieurs projets pilotes ont déjà démarré en Chine : livraison de repas à l’aéroport de Shenzhen, directement jusqu’aux portes d’embarquement ; d’autres réapprovisionnent les supérettes en empruntant les trains de banlieue.

Le casse-tête social des robots livreurs

Richard Liu n’est cependant pas allé jusqu’à prédire quand les robots prendront la place de ses livreurs. Néanmoins, il l’a martelé : « Ce seront assurément des robots qui livreront les colis », a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par le Financial Times. Mais il assure aussi qu’il ne laissera personne sur le bord du chemin : « Je ne veux vraiment pas que nos 700 000 collègues se retrouvent sans revenus, sans emploi. » Comment résoudre cette quadrature du cercle ?

Pour lui, les métiers liés à la maintenance des robots devraient se multiplier, « parce que les robots sont des machines (…) et qu’ils finiront toujours, à un moment ou à un autre, par tomber en panne ». La technologie doit « améliorer la vie des êtres humains » et rendre le travail « plus intéressant », indique Liu qui ne veut pas « priver les personnes de leur droit au travail ».

En attendant, JD.com va faire bûcher 120 établissements de formation pour lancer le processus de reconversion des livreurs vers ces nouveaux métiers.

Il n’y a bien sûr pas qu’en Chine que les entreprises de commerce en ligne s’intéressent aux robots de livraison. Amazon travaille ce dossier depuis des années : en 2019 par exemple, le mastodonte américain avait lancé une expérimentation de robots autonomes Scout pour livrer des colis sur le dernier kilomètre dans un quartier au nord de Seattle.

En mars dernier, Amazon s’offrait les services de Rivr, une start-up suisse issue du laboratoire de robotique de l’ETH de Zurich. La jeune pousse conçoit des robots de livraison, là aussi pour parcourir les derniers mètres entre le camion et le client.

Au-delà des livreurs, une enquête du New York Times en octobre dernier indiquait que l’avènement de la robotique allait éviter à Amazon 600 000 nouvelles embauches d’ici 2033. L’entreprise aurait comme objectif d’automatiser 75 % des opérations réalisées dans ses entrepôts.

Aux États-Unis comme en Chine et ailleurs, l’avènement des robots livreurs risque de mettre à mal une grande partie de la « gig economy », autrement dit les travailleurs indépendants à la tâche. En Chine, cette économie des petits boulots occupe 320 millions de travailleurs, d’après le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Ces derniers représenteraient environ 40 % de l’emploi urbain du pays.

Image : JD.com

JD.com opère la plateforme d’e-commerce Joybuy dans plusieurs pays européens, dont la France. Le service possède sa propre logistique entre entrepôts et livreurs regroupés sous la bannière JoyExpress, qui compte une centaine de salariés dans l’Hexagone. Il n’est pas question de les remplacer (pour l’instant) par des robots.

Suite au tollé, AMD réintroduit le chiffrement mémoire sur des Ryzen grand public

23 juin 2026 à 07:02
Vous me voyez, vous me voyez plus
Suite au tollé, AMD réintroduit le chiffrement mémoire sur des Ryzen grand public

Des tests ont révélé qu’AMD avait supprimé une fonction auparavant supportée dans ses processeurs grand public. Nommée TSME, pour Transparent Secure Memory Encryption, elle chiffre et déchiffre à la volée les données placées en mémoire vive. Devant la levée de boucliers, AMD a promis son retour, mais la situation reste floue.

Tout commence en avril 2026, comme le raconte notamment TechSpot. Ben Kilpatrick, qui se décrit lui-même comme un utilisateur Linux avancé et soucieux de sa vie privée, aime vérifier que toutes les protections fournies avec un matériel donné sont actives. Il remarque alors un comportement étrange : avec une récente mise à jour du BIOS, l’outil HSI (Host Security ID) renvoyait le résultat : « Encrypted RAM: not supported », alors que la fonction correspondante, TSME, était activée dans le BIOS.

De quoi parle-t-on ?

Si TSME peut être vu comme une évolution de SME, il faut pourtant savoir de quoi on parle précisément.

SME, pour Secure Memory Encryption, est une fonction de chiffrement des données gérée par le système d’exploitation. Elle utilise une clé unique servant à chiffrer sélectivement certaines pages mémoire. TSME (Transparent Secure Memory Encryption) est gérée directement par le firmware (AGESA) et se sert d’un moteur AES (Advanced Encryption Standard) embarqué dans le processeur. Elle correspond ainsi à une réalité matérielle, gravée dans le silicium de la puce.

Quand TSME fonctionne, les applications et le système d’exploitation exécutent leurs tâches, sans nécessiter de modification. Les opérations de chiffrement sont appliquées par le processeur à l’ensemble des données présentes en mémoire vive, sans intervention d’un autre code que celui fourni par le firmware. C’est cet aspect transparent qui a donné son nom à la fonction. Bien que les noms SME et TSME soient très proches, ils ne sont liés que par la finalité, car les processus impliqués sont complètement différents.

TSME est utile pour bloquer certains scénarios d’attaque parmi les plus évolués, dont ceux par « cold boot ». Elles consistent à refroidir physiquement les modules DRAM pour ralentir la perte de données, puis à éteindre la machine. À ce moment, la mémoire retient sa charge suffisamment longtemps pour que les clés de chiffrement, jetons d’authentification et autres identifiants soient récupérés.

Aller et retour d’un hobbyste

Que s’est-il alors passé ? Ben Killpatrick a fini par ouvrir un rapport de bug sur le dépôt GitHub public d’AMD. Deux ingénieurs de l’entreprise, Tom Lendacky et Mario Limonciello, ont fini par répondre. D’abord, le premier a répondu ne pas comprendre d’où venait le problème et a conseillé de modifier le paramètre dans le BIOS. Le second, qui se trouve être aussi le mainteneur de l’implémentation HSI de fwupd (un utilitaire de mise à jour des firmwares presque omniprésent sur Linux), aboutit à une conclusion similaire. Si la manipulation ne donne rien, il conseille de contacter le fabricant de la carte mère.


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☕️ Le patron de la fintech Cred prend les commandes de WhatsApp

23 juin 2026 à 06:31


Meta s’est offert le nouveau patron de WhatsApp, assez littéralement. En signant un chèque de 900 millions de dollars, le géant des réseaux a non seulement acheté un gros morceau de la fintech Cred, mais aussi Kunal Shah, fondateur de cette entreprise indienne. Il va donc devenir le directeur de la messagerie, à la place de Will Cathcart en poste depuis sept ans.

« WhatsApp n’a jamais été dans une position aussi solide, et cela m’a semblé être le bon moment pour passer la main », écrit-il sur les réseaux sociaux. Il se dit « fier » d’avoir proposé une messagerie chiffrée de bout en bout à trois milliards d’utilisateurs : « Nous l’avons étendue aux discussions de groupe, aux appareils compagnons et à de nouvelles interfaces, tout en défendant le droit de chacun à des conversations privées partout dans le monde. »

Crédit Greg Bulla (@gregbulla)

Will Cathcart reste chez Meta, où il va occuper un « nouveau poste », annonce Mark Zuckerberg. Il travaillera à « la création de nouveaux produits à partir de zéro », ajoute-t-il. Mais la vedette du jour est Kunal Shah, le fondateur de Cred, qui va apporter « un esprit de bâtisseur et une vision internationale qui lui seront précieux pour prendre les commandes de la plus grande application de messagerie au monde. »

Meta s’offre un dirigeant à coups de milliards

Cred est une fintech indienne créée en 2018, elle se présente comme une plateforme de paiements qui récompense ses clients en réglant leurs dettes en temps et en heure. Elle compte 17 millions de clients en Inde, où son catalogue de services s’étend jusqu’aux prêts, aux assurances, au commerce et à la gestion de patrimoine. Le chiffre d’affaires annuel s’élève à environ 325 millions de dollars. L’entreprise a enregistré son premier trimestre dans le vert cette année.

Meta fait désormais partie des actionnaires minoritaires de la start-up (à hauteur de 20 %), par l’entremise d’un investissement de 900 millions de dollars qui valorise Cred à hauteur de 4,5 milliards. La société a connu des jours meilleurs : à son pic en 2022, sa valorisation avait grimpé à 6,4 milliards, rappelle TNW.

L’opération ressemble beaucoup à celle réalisée l’an dernier avec Scale AI : Meta a dépensé 14 milliards de dollars pour acquérir 49 % de la jeune pousse… et surtout son directeur général, Alexandr Wang. Il dirige désormais le « Meta Superintelligence Lab » chargé de développer les grands modèles de langage de l’entreprise.

Kunal Shah prend la tête d’une plateforme de messagerie en bonne santé, mais que Meta aimerait rentabiliser davantage. La dernière initiative en date a été le lancement d’un abonnement payant pour des options cosmétiques et une poignée de fonctionnalités supplémentaires. Le groupe américain espère aussi imposer la solution de paiement de WhatsApp en Inde, un pays où la messagerie est très populaire. WhatsApp Pay n’a cependant jamais vraiment percé derrière les mastodontes Google Pay et le régional de l’étape, PhonePe.

La Steam Machine démarre à plus de 1 000 euros

23 juin 2026 à 06:04
Ça pique
La Steam Machine démarre à plus de 1 000 euros

On attendait le coup de bambou, et comme redouté, il est arrivé ! Valve a finalement dévoilé les prix de la Steam Machine, sa nouvelle console de salon. Ils sont salés, crise de la mémoire oblige.

La Steam Machine est (presque) là ! Enfin, si vous avez le budget pour. Et si vous avez la chance d’être tiré au sort par Valve… La console de salon, présentée en novembre dernier, commençait à se faire attendre, mais le constructeur n’a pas pu faire autrement que de se dépatouiller de la crise actuelle qui frappe la mémoire vive et le stockage.

Un prix d’entrée de gamme qui n’en est pas un

Les prix de ces composants sont tellement élevés – et ce n’est pas terminé – que les constructeurs n’ont pas d’autre choix : leurs appareils doivent suivre la marche forcée. Tim Cook a ainsi prévenu d’une hausse à venir pour les produits d’Apple. C’est le cas aussi chez Valve, qui n’imaginait pas devoir proposer la Steam Machine d’entrée de gamme à 1 039 euros. Il s’agit du modèle de 512 Go, livré sans manette.

Le bundle complet, avec un Steam Controller et deux façades, revient à 1 428 euros. Image : Valve

Selon une indiscrétion d’IGN, la console de base devait coûter à l’origine autour de 750 dollars, soit une cinquantaine de dollars de plus qu’une Xbox Series X ou une PS5. Un tarif mine de rien plutôt avantageux, sachant que la Steam Machine est aussi un PC Linux de bureau, pour peu qu’on y branche un moniteur, un clavier et une souris. Mais évidemment, au-delà du seuil des mille dollars, c’est une autre histoire.

La version 2 To est commercialisée à 1 359 euros, toujours sans manette. Valve propose des bundles avec le Steam Controller, il faut alors ajouter à la facture 69 euros, ce qui représente une petite économie de 30 euros par rapport au prix de la manette seule.

Dans un billet de blog, Valve explique le raisonnement derrière la grille tarifaire de la Machine. « Nous pensions avoir une vision solide de l’évolution de ces couts au fil du temps lorsque nous avons commencé nos approvisionnements pour la Steam Machine en 2023 », écrit l’entreprise. Mais la vision de prix qui ont « principalement tendance à baisser avec le temps à mesure que de nouvelles technologies émergent » est tombée à côté de la plaque cette fois.

« L’année écoulée a marqué une rupture rapide et importante, spécialement en ce qui concerne les composants de mémoire vive et de stockage. Les raisons en sont multiples, mais toutes affectent directement le matériel informatique, et ce, absolument partout. Il en résulte globalement que notre objectif initial pour le prix de la Steam Machine n’est plus viable. Les prix que nous annonçons aujourd’hui reflètent donc les conditions mondiales actuelles de fabrication. Ou, plus précisément, le coût des composants tels que nous les avons négociés au cours des six derniers mois. »

Pour Valve, il n’est pas question de subventionner la Steam Machine. Dans sa FAQ, le constructeur considère en effet l’appareil non pas comme une console, mais comme « une extension du jeu sur PC ». Pas question donc d’adhérer au modèle économique traditionnel des fabricants du secteur (comme Sony, Microsoft ou Nintendo) « qui consiste à vendre le matériel à perte, puis à compenser ces pertes grâce aux services par abonnement ou à la vente de jeux réservés à la plateforme ».

À court terme, cela peut avoir du sens, mais « les écosystèmes ouverts [comme le PC] sont plus avantageux pour la clientèle sur le long terme ». Pour Valve, « l’histoire du jeu sur PC le démontre : depuis des décennies, l’ouverture de l’écosystème PC est le principal moteur de l’innovation matérielle et logicielle. » La Steam Machine s’inscrit dans cette philosophie : « la liberté de choisir à la fois ses jeux et son matériel ». Est-ce que tout cela vaut les 1 000 euros et plus demandés pour la Steam Machine ?

Malgré des prix difficiles à avaler, Valve ne prend aucun risque avec les scalpers et a mis en place un système de tirage aléatoire. Il faut s’y inscrire avant le 25 juin, et croiser les doigts très fort pour être sélectionné dans la liste des réservations. Dès lors, une Steam Machine a été réservée au nom de l’heureux élu. À mesure que les unités seront prêtes à être expédiées, les personnes sur cette liste recevront un courriel contenant l’option d’achat. Le premier lot d’unités sera envoyé dès le 29 juin.

Image : Valve

Avec quoi repart-on ? Avec une console au design presque cubique, équipée d’une puce AMD Zen « partiellement sur-mesure » équipée de 6 cœurs/12 threads, d’un GPU d’AMD lui aussi « custom » avec 28 CU (Compute Units) RDNA3, 16 Go de mémoire DDR5, 8 Go de mémoire vidéo GDDR6, un SSD NVMe de 512 Go ou 2 To, un slot pour carte microSD, le support du Wi-Fi 6E, du Bluetooth 5.3 et du Gigabit Ethernet.

Une barre lumineuse en façade fait office d’indicateur d’état (pour la progression des téléchargements par exemple), à personnaliser selon les envies. Tout comme la façade : on peut la retirer pour la remplacer par une plus à son goût, bon ou mauvais. La console fonctionne évidemment sur SteamOS, et on peut la basculer sur un mode bureau (environnement KDE Plasma) avec une interface proche de celle d’un PC classique.

C’est d’ailleurs là que Valve tente de justifier son positionnement tarifaire. Contrairement à une console classique, la Steam Machine peut aussi servir d’ordinateur traditionnel, capable d’exécuter des applications Linux classiques. Il est même possible d’installer Windows pour ceux qui le souhaitent.

Une console de salon qui fait aussi PC

Durant la présentation de la Steam Machine l’an dernier, Valve a promis une expérience de jeu 4K à 60 FPS. Dans les faits, il faudra compter sur l’upscale FSR pour y parvenir. Les premiers tests montrent que la promesse n’est pas totalement hors de portée. IGN a obtenu entre 50 et 60 images par seconde dans la plupart des jeux testés en 4K avec FSR, à condition d’accepter des réglages graphiques moyens. Cyberpunk 2077 atteint ainsi 64 FPS après quelques ajustements, tandis que Forza Horizon 6 frôle les 60 FPS dans les mêmes conditions.

The Verge dresse un constat similaire. Le site estime que la machine est davantage à l’aise en 1440p qu’en 4K native, mais souligne la stabilité de ses performances, notamment sur les téléviseurs compatibles VRR. Des titres exigeants comme Indiana Jones et le Cercle ancien, Returnal ou encore Cyberpunk 2077 restent parfaitement jouables depuis un canapé grâce à l’upscaling.

En réalité, les deux testeurs considèrent que la machine se situe globalement au niveau d’une PS5 ou d’une Xbox Series X. The Verge constate toutefois que certains jeux affichent une image plus nette sur la console de Sony, malgré un tarif près de deux fois inférieur. Ces premiers retours saluent en revanche le système de refroidissement mis au point par Valve. Malgré son format compact, la Steam Machine se montre particulièrement discrète, y compris en charge. Personne ne veut d’un gros ventilateur qui hurle à la mort à côté de la télé.

En revanche, les joueurs devront souvent mettre les mains dans les réglages graphiques pour trouver le bon équilibre entre qualité d’image et fluidité, là où une PlayStation ou une Xbox masque généralement cette complexité aux utilisateurs. Valve compte ici sur la bonne volonté des développeurs pour faciliter la vie des clients de la Steam Machine, en proposant des réglages « clés en main ».

Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

22 juin 2026 à 16:00
Askip, there is no alternative
Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

D’après le président du principal lobby européen des centres de données, qui représente aussi des acteurs numériques venus des États-Unis, l’Union européenne doit renoncer à ses objectifs climatiques si elle veut rester dans la course à l’IA.

À quelques jours de la vague de canicule historique qui sévit actuellement en Europe, le président de l’association européenne des centres de données a formulé une alerte tout à fait intéressante : soit l’Europe met l’accent sur le développement de l’intelligence artificielle, ce qui ne peut selon lui se faire qu’en recourant à de l’énergie carbonée, soit elle priorise ses objectifs climatiques.

C’est, du moins, les propos de Lex Coors auprès de Politico. Le contexte ? Dans le cadre de son plan d’action pour une IA continentale, la Commission européenne veut tripler les capacités rendues disponibles par l’industrie des centres de données d’ici 2032. Or, pour le président du principal lobby européen de cette industrie, qui représente aussi des géants états-uniens comme Microsoft, Google ou Amazon, ce plan est irréalisable si l’Union ne se repose que sur son énergie nucléaire ou renouvelable.

Entre centres de données et objectifs climatiques, il faudrait choisir

Si la France produit de l’énergie en excédent, cela ne signifie ni que c’est le cas de ses voisins, ni que le réseau permet pour autant d’encaisser les pics que lui demande l’installation de nouveaux data centers. Pour faire face à la demande impressionnante de ces usines de données, une possibilité consiste donc à lancer des projets permettant de les approvisionner directement en énergie.

Or, d’après Lex Coors, toutes les tentatives à l’étude en matière d’alimentation renouvelable ou nucléaire sont trop lentes. Si l’Union européenne veut réellement rester dans la course à l’IA, il appelle à « ouvrir la conversation » sur le recours à des énergies fossiles – des sources énergétiques auxquelles les géants de la tech font déjà largement recours, notamment sur le territoire états-unien.

Ce faisant, il met les pieds dans le sujet sur lequel le Think tank Shift Project alertait dès le mois d’octobre 2025 : menée sans discernement, la politique de l’IA pourrait empêcher l’Union européenne d’atteindre ses objectifs climatiques.

Plus largement, scientifiques et groupes de la société civile spécialisés dans les questions climatiques rappellent régulièrement le rôle des énergies fossiles dans le bouleversement climatique à l’échelle mondiale, et dans la vulnérabilité aux crises énergétiques à l’échelle européenne.

Pression à la souveraineté

Cette opposition entre course à l’IA et enjeux climatiques qui semble ne souffrir aucune alternative est par ailleurs formulée dans un contexte de forte pression à ce que l’Union européenne trouve une manière de renforcer sa souveraineté dans le domaine numérique en général, dans celui de l’IA en particulier.

Mi-juin, un think tank bruxellois publiait par exemple Europe 2031, une « expérience de pensée » qui venait alimenter l’idée selon laquelle l’Union européenne devrait nécessairement se lancer dans la course à l’IA sous des modalités proches de celles observées aux États-Unis ou en Chine, faute de quoi elle se verrait rapidement rayée de la carte économique mondiale. Le lendemain, Donald Trump obligeait Anthropic à fermer l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 aux pays étrangers.

Pour autant, alors que les émissions de CO₂ des centres de données français s’envolent déjà, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen indique que les data centers sont les bienvenus sur le territoire dans la mesure où ils participent à la transition énergétique – c’est-à-dire en finançant le déploiement d’énergie renouvelable et en recyclant leurs émissions de chaleur. L’Union travaille par ailleurs à des standards minimum en termes d’efficacité énergétique qu’elle pourrait imposer aux data centers à venir.

☕️ Cybersécurité : les Five Eyes sonnent l’alerte sur les modèles IA les plus avancés

22 juin 2026 à 15:37


Les agences de cybersécurité des Five Eyes n’ont pas l’habitude de communiquer publiquement, mais elles ont fait une exception. Nous ne serions qu’à quelques mois d’un modèle IA de frontière capable de démultiplier les capacités des attaquants comme des défenseurs.

L’alliance Five Eyes, composée des agences de renseignement des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, préfère travailler dans la discrétion. Mais exceptionnellement, elle a publié un communiqué sur les dangers que font peser les modèles IA de frontière.

Illustration : Flock

« Les modèles d’IA les plus avancés devraient dépasser les attentes actuelles du secteur et transformer en profondeur les capacités offensives comme défensives dans le cyberespace », écrivent-elles dans une déclaration reprise par The Guardian. « L’horizon n’est pas de plusieurs années, mais de quelques mois. » Et ces modèles posent des risques qui « ne peuvent plus être considérés comme une question purement technique », préviennent-elles.

Ces modèles constituent désormais « un risque stratégique pour les entreprises et une responsabilité directe des dirigeants. Une mobilisation de l’ensemble des organisations et de la société est nécessaire ». En résumé, selon les Five Eyes, les avancées de l’IA vont faciliter l’accès à des capacités offensives pour les acteurs malveillants, tout en rendant les cyberattaques plus rapides et plus sophistiquées.

L’avertissement ne tombe pas au hasard : mi-juin, le gouvernement américain interdisait à Anthropic de donner accès à ses modèles les plus performants – Fable 5 et Mythos 5 – à « tout ressortissant étranger, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis ». L’entreprise a préféré couper le robinet à l’ensemble de ses clients.

Le communiqué n’est pas sans rappeler le discours d’Anthropic qui, depuis la présentation de Mythos, multiplie les déclarations catastrophistes sur les possibilités de ces modèles très performants. Une manière pour le labo IA de faire sa promo, mais au vu des premiers résultats obtenus via le projet Glasswing (chez Firefox, par exemple), les capacités de détection des failles de sécurité de Mythos ne sont pas à prendre à la légère.

Reste à voir maintenant de quelle manière cet appel des Five Eyes va être entendu par le reste du monde. Les États-Unis semblent jusqu’à présent vouloir faire à leur façon, sans prendre en compte les intérêts de leurs alliés. Cette déclaration commune pourrait tout de même indiquer une certaine inflexion de l’isolationnisme états-unien en la matière.

Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

22 juin 2026 à 15:10
Ça ne mange pas de pain
Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Alors que l’Europe est sur le point d’adopter formellement l’omnibus numérique, le Sénat français vient d’adopter une résolution critiquant fortement le sens des « simplifications » prévues par la Commission et le Parlement européens.

Le digital omnibus proposé par la Commission européenne en novembre dernier est encore en cours de discussion en Europe. Alors qu’elle a réussi à trouver un accord avec le Parlement européen concernant la mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act, le Sénat français, lui, vient de voter, ce vendredi 19 juin, une résolution très critique du texte.

L’institution française, qui penche majoritairement à droite, dit accueillir « favorablement » la volonté « de simplifier le cadre applicable et de réduire la charge administrative et les coûts de conformité, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites entreprises à moyenne capitalisation (PEMC), en vue d’améliorer leur compétitivité, » et qu’elle se « se réjouit des mesures techniques destinées à améliorer la coordination des différentes normes européennes dans le secteur numérique, aux fins de clarté et de sécurité juridiques ».

Ne pas trembler ni transiger

Mais les sénatrices et sénateurs estiment que le contenu du projet européen est en contradiction avec cet objectif de simplification affiché. Et ils appellent « l’Union européenne à ne pas trembler ni transiger dans l’application de l’arsenal juridique novateur et ambitieux qu’elle a commencé à construire pour encadrer l’IA et le secteur numérique ». Le Sénat « déplore que la proposition de règlement dépasse pour partie le seul objectif de simplification, tendant à complexifier un cadre régulatoire déjà complexe et dense, au risque de nuire à sa clarté et à son acceptation par les entreprises et les citoyens ».

La chambre haute du Parlement français critique la précipitation dans laquelle la Commission européenne mène les débats sur cet omnibus. Elle regrette l’absence d’étude d’impact et « souligne que les évolutions de la régulation en matière numérique ne doivent pas être menées avec une précipitation excessive, au risque d’être dictées par l’industrie numérique ».

Sur le terrain du droit d’auteur, les sénateurs et sénatrices français regrettent aussi « l’absence de clarification du régime juridique du droit d’auteur en matière d’IA, alors que les juridictions commencent à se prononcer sur des cas d’espèce et que des solutions juridiques ont été identifiées pour veiller à la rémunération des contenus culturels utilisés par les systèmes d’IA ».

Vous en voulez encore ? Le texte adopté au Sénat « déplore que le train de mesures omnibus numérique sur l’IA n’ait pas été l’occasion d’assurer une meilleure prise en compte de l’empreinte environnementale de l’IA ». Concernant les reports de plusieurs dispositifs de l’AI Act entérinés par la Commission et le Parlement européens, les élus français regrettent notamment que cela repousse de six mois le marquage des contenus générés par l’IA. Et il ajoute que « ce report révélateur tant de la difficulté à réguler et à réglementer un secteur technique aux évolutions si rapides, que des limites du processus décisionnel européen pour allier agilité et stabilité des normes  ».

Soutien à l’interdiction des systèmes de « nudification » 

Les sénateurs français soutiennent quand même le texte sur la proposition d’interdiction des systèmes d’IA de « nudification » mais ils ajoutent tout de suite après regretter que l’interdiction des systèmes d’IA capables de générer, manipuler ou reproduire des contenus (image, vidéo, audio) pédopornographiques n’ait pas abouti.

Concernant le déplacement des règles en matière de cookies de la directive « e-Privacy » vers le RGPD, les élus français considèrent que cela « créerait un double régime dangereux […] sans répondre à l’enjeu de réduction de la fatigue du consentement aux traceurs  ». Les sénateurs considèrent « que les révisions proposées au RGPD sont trop substantielles et potentiellement dangereuses, eu égard à un texte devenu une référence mondiale en matière de protection des données à caractère personnel ».

Cette résolution du Sénat a été proposée par les sénatrices Catherine Morin-Desailly (Centriste) et Karine Daniel (PS). Celles-ci avaient déposé mi-mai un rapport sur le sujet, affirmant, en titre, que l’Omnibus numérique européen était « un risque pour la protection des droits numériques des citoyens ».

☕️ ChatGPT va illustrer ses réponses avec les photos de Getty Images

22 juin 2026 à 13:47


Les résultats d’une recherche web sur ChatGPT pourront désormais s’enrichir d’images provenant du catalogue Getty. L’agence photo états-unienne a annoncé un accord avec OpenAI qui permet au chatbot d’utiliser des contenus de la banque d’images dans ses réponses.

« Des contenus visuels de haute qualité et sous licence rendent la recherche et la découverte alimentées par l’IA plus utiles et plus fiables », explique Craig Peters, directeur général de Getty Images. « Ce partenariat avec OpenAI reflète cette conviction commune, et ensemble nous offrirons des expériences visuelles plus riches aux utilisateurs de ChatGPT. »

C’est une bonne nouvelle pour les utilisateurs de ChatGPT qui s’en servent comme moteur de recherche. Ils pourront bénéficier d’une iconographie plus riche, qui ne fera pas appel à des images générées par IA. Pour OpenAI, c’est également tout bénéfice : générer des images photoréalistes coûte cher en ressources, et les résultats ne sont évidemment jamais à la hauteur des photos originales (elles peuvent aussi alimenter la désinformation).

Mais c’est surtout pour Getty que l’accord est intéressant, en particulier pour son cours de Bourse : l’action de l’entreprise a en effet dévissé de 55 % depuis le début de l’année. Les investisseurs craignent que les images générées par ChatGPT et les autres IA ne finissent par remplacer purement et simplement les agences photo.

L’annonce de l’accord avec OpenAI a permis à l’action de rebondir de plus de 100 % en pre-market. On ignore les conditions financières du deal, qui ne précise pas si le labo IA pourra entraîner ses modèles avec la bibliothèque de Getty. L’agence a déjà eu maille à partir avec un labo IA, en l’occurrence Stability AI, créateur de Stable Diffusion. Une plainte avait été déposée en 2023 à Londres.

La même année, Getty lançait un nouvel outil de génération d’images entraîné à partir de son énorme fonds photos (hors photos d’actualités). En octobre 2025, Getty accordait ses violons avec Perplexity afin que le moteur IA de réponses puisse exploiter la banque de photos.

☕️ Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, meurt dans un accident d’avion

22 juin 2026 à 13:05


Ubisoft a perdu un de ses cofondateurs. Claude Guillemot, 69 ans, a trouvé la mort dans un accident d’avion de tourisme vendredi 19 juin, non loin de La Baule (Loire-Atlantique). Avec ses quatre autres frères, il a cofondé l’éditeur français de jeux vidéo (à l’origine sous le nom Ubi Soft) il y a quarante ans, en mars 1986. Le groupe est toujours dirigé par Yves Guillemot, mais les frères de la famille possèdent des parts égales dans l’entreprise ; ils siègent d’ailleurs tous au conseil d’administration.

Aîné de la famille, il cofonde deux ans plus tôt Guillemot Corporation, dont il prend la tête. Cette entreprise est spécialisée dans les périphériques de jeux vidéo, on connait mieux les deux principales marques sous sa bannière : Hercules et Thrustmaster.

Selon Ouest-France, le Cessna 421 de Claude Guillemot est parti vendredi 19 juin en fin d’après midi de Rennes pour participer à un rassemblement programmé le week-end dernier. Le bimoteur s’est écrasé quelques minutes plus tard, non loin de l’aérodrome de La Baule. Outre l’homme d’affaires, on déplore un autre décès, celui du pilote d’avion instructeur. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire pour éclaircir les circonstances du crash.

Le groupe a confirmé la terrible nouvelle dans une déclaration envoyée à la presse : « Ubisoft a appris avec une profonde tristesse le décès de Claude Guillemot, cofondateur du groupe et président de Guillemot Corporation, dans un accident. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve ». Anne Le Hénanff, ministre déléguée en charge du Numérique, a salué la mémoire du « grand entrepreneur breton » sur les réseaux sociaux :

nne Le Hénanff
@ALehenanff

Le monde du jeu vidéo français perd aujourd'hui l'un de ses pionniers.

C'est avec tristesse que j'apprends le décès de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft et grand entrepreneur breton.

Avec ses frères, il a bâti depuis la Bretagne l’un des studios les plus influents au monde, à l’origine de licences devenues cultes : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Rayman, Just Dance… Autant d’univers qui rassemblent des centaines de millions de joueurs et ont hissé la France au sommet de l’industrie mondiale du jeu vidéo.

J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et l'ensemble de ses collaborateurs.
2:29 PM · Jun 20, 2026
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Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

22 juin 2026 à 12:44
Exclusion numérique
Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

Dans un rapport sur l’accessibilité du numérique public, la Cour des comptes explique que « seulement seize des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers (soit 6,6 %) sont conformes » au règlement en vigueur sur l’accessibilité. Elle souligne que cette situation n’est pas une source d’économies mais, au contraire, qu’elle « engendre des surcoûts ».

Malgré la mise en place par l’État d’un « dispositif juridique et administratif très complet, avec un pilotage interministériel et des ressources spécifiques », la Cour des comptes constate la « non-conformité généralisée » du numérique public français.

Elle confirme ainsi ce que dénoncent les associations comme le Collectif Français du Handicap Visuel qui a récemment porté plainte contre la Direction générale des Finances publiques.

La juridiction financière a publié un rapport [PDF] en fin de semaine dernière sur le sujet. Celui-ci rappelle que la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a été adoptée en 2005. Son article 47 affirmait que « les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».

Plus de 20 ans après, la Cour des comptes constate que l’État a continué à affirmer « une ambition politique forte en matière d’accessibilité numérique » en déclinant plusieurs directives européennes « au niveau réglementaire (décret de 2019) et technique (le règlement général d’amélioration de l’accessibilité, RGAA), avec une obligation d’audit régulier des sites internet publics, de déclaration du taux de conformité et de plan de mise en conformité ».

La juridiction financière souligne aussi la mise à disposition de guichets de financement interministériels et la possibilité d’un accompagnement par la DINUM « articulé autour de prestations d’expertise, de formations et d’audits ». La Cour des comptes juge que « ces outils offrent aujourd’hui des moyens étendus pour accompagner les administrations de l’État en charge des services publics numériques ».

« Pas de véritable culture de l’accessibilité numérique »

Mais, malgré cet affichage volontariste, elle note l’inefficacité du dispositif avec, au final, « une très faible accessibilité effective pour les personnes handicapées ». Et la Cour fait le constat amer que « l’accessibilité numérique n’est, au fond, pas traitée comme un enjeu prioritaire. Le décalage est fort entre normes et pratiques ». « On n’observe pas de véritable culture de l’accessibilité numérique » assène-t-elle encore.

Ainsi, « seulement 16 des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers sont aujourd’hui conformes au RGAA, alors que ces démarches ont concentré depuis cinq ans les annonces politiques et les dispositifs de suivi et de pilotage ». Pour la juridiction, les niveaux de conformité sont « globalement insuffisants ».

« Les résultats décevants en matière d’accessibilité se manifestent également sur les sites internet publics les plus fréquentés en France. Les sites francetravail.fr, sante.gouv.fr, solidarites.gouv.fr economie.gouv.fr, ants.gouv.fr, education.gouv.fr, impots.gouv.fr, interieur.gouv.fr, parcoursup.fr et legifrance.fr affichent une conformité partielle tandis que le site ameli.fr est non conforme, énumère-t-elle.

Mais elle ajoute que le périmètre est beaucoup plus vaste, citant ainsi le contrôle automatique de l’accessibilité numérique de 37 000 sites publics mené par l’association Adullact.


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Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

22 juin 2026 à 11:37
Nés sous X
Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

La délégation à la prospective du Sénat consacre une étude au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 ». Elle anticipe une ère de « post-réalité », fictionnalisée et instrumentalisée par les « médias d’opinion » et de « réinformation » promouvant des « faits alternatifs », aux dépens du « vivre ensemble » reposant sur le principe de « réalité partagée » incarné par le journalisme.

« Les journalistes sont parmi les humains les plus malhonnêtes au monde », déclarait en janvier 2017 Donald Trump, au lendemain de sa première cérémonie d’investiture : « j’allume la télé et je tombe sur une chaîne qui montre une esplanade vide. Ils ont dit qu’il y avait 250.000 personnes (…) C’est un mensonge », déplorait le nouveau président, qui revendiquait de son côté 1,5 million de supporters environ, et pas seulement : « C’était le plus grand public jamais vu à une inauguration, à la fois en personne et dans le monde ».

Des propos réitérés par le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, lors de son premier point presse, et défendus par Kellyanne Conway, conseillère du président américain Donald Trump, qui avait alors rétorqué qu’il s’agissait de « faits alternatifs ». Quatre ans plus tard, la cellule de fact-checking du journal Washington Post estimait que Donald Trump aurait menti 30 573 fois pendant son premier mandat, soit plus de 20 mensonges par jour.

Ce qui aurait pu rester anecdotique est depuis devenu programmatique, et pas qu’aux États-Unis, constate la délégation à la prospective du Sénat.

Dans le cadre de son thème de travail 2025 - 2026 « Quelles valeurs en 2050 ? » elle a en effet mené une réflexion selon quatre axes : l’évolution des valeurs dans le champ économique, sociales, l’avenir du modèle démocratique et le futur du rapport à l’autorité et à la vérité :

« Comment pourrait évoluer le rapport à l’autorité, au respect, à la vérité ? Quel impact dans le domaine de l’éducation ? Comment seront perçues la justice, l’information scientifique, la parole des médias ? Comment recréer de la confiance dans les institutions, lutter contre la désinformation ? »

Dans un rapport de 98 pages, elle envisage quatre scénarios d’évolution : un « ministère de la post-vérité » avec une autorité suprême détenue par un « homme fort », un « sursaut démocratique » garant de la libre recherche de la vérité et de l’information, un « empire technologique » mondial dominé par les Big Tech et « destructeur de toutes les formes d’autorité », et des « communautés de résistance pour faire vivre l’idéal de la Vérité ».

Une « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes »

La délégation à la prospective rappelle, de façon liminaire, que dans nos démocraties occidentales, les responsables politiques ont vocation à « garantir le respect de l’autorité des institutions, la libre détermination de la vérité judiciaire par les juges, la recherche scientifique sans entrave, le libre établissement de l’information par les journalistes et la liberté d’enseignement des professeurs ».

Elle n’en constate pas moins que cet idéal est aujourd’hui souvent remis en cause, en particulier dans les démocraties illibérales, et que les figures de l’autorité, individuelles ou collectives, sont toutes questionnées, parfois violemment, « tandis que nous sommes peut-être entrés dans l’ère
de la post-vérité
».

Les 65 premières pages du rapport posent les termes du débat, tout comme les 60 pages de ses 16 annexes. Il y est notamment question de défiance croissante à l’égard des élus nationaux et de la justice, de « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes », de méfiance grandissante envers les scientifiques, d’agressions d’enseignants et de « confiance dans le journalisme en berne ».

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante »

Le rapport rappelle que le concept de « post-vérité », apparu en 2004 mais présenté comme mot de l’année de 2016, est défini dans l’Oxford English Dictionary comme ce qui « concerne ou dénote des circonstances dans lesquelles les faits objectifs sont moins influents pour former l’opinion publique que l’appel aux émotions et aux convictions personnelles ». Une tendance « alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux » et par la « méfiance croissante » à l’égard des médias traditionnels.

La post-vérité se caractérise en outre, d’une part par une « indifférence à la vérité », d’autre part par un « effacement du partage entre le vrai et le faux » et donc un « brouillage des frontières entre la vérité et le mensonge, la sincérité et la tromperie » :

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante, qui présente le monde non pas tel qu’il est, mais tel qu’il devrait être, en créant si besoin des faits factices ou en accordant une place excessive à des faits mineurs. »

La délégation à la prospective estime que les progrès technologiques pourraient nous conduire vers ce qu’elle qualifie de « post-réalité », alors même que le fait de « fonder notre vie ensemble » repose sur le principe de « réalité partagée » :

« Or, ce « principe de réalité partagée » est remis en cause par les « bulles de filtres » créées par les moteurs de recherche comme Google, l’effet d’enfermement des algorithmes sur les réseaux sociaux, l’explosion des deep fake, l’essor des robots conversationnels et les projets de développement des métavers. »

Une rupture sociologique, voire anthropologique, dans l’accès à l’information


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☕️ Projet Myna : Canonical confirme la reconnaissance vocale en local dans Ubuntu 26.10

22 juin 2026 à 09:52


Pour Canonical, l’intelligence artificielle se répartit en deux grandes catégories : l’IA implicite, qui améliore discrètement des fonctions existantes, et l’IA explicite, qui correspond à des fonctions que l’on appelle en toute connaissance de cause. Dans notre article du 8 juin, nous évoquions quelques exemples d’IA implicite donnés, comme l’amélioration de l’autofocus pour la webcam ou la qualité du son sur le micro. Ces opérations pourraient être réalisées assez simplement depuis un modèle local.

La seule fonction d’IA explicite prévue était alors une dictée vocale à l’échelle de tout le système. Le 17 juin, Canonical a précisé dans un billet son projet, nommé Myna : « une nouvelle initiative visant à introduire la dictée vocale sur Ubuntu Desktop. Nommé d’après le myna [mainate religieux en français, ndlr], connu pour sa capacité à imiter la parole humaine, le projet vise à offrir une expérience de dictée qui ressemble naturellement à un ordinateur de bureau tout en respectant la confidentialité des utilisateurs et fonctionnant entièrement sur du matériel local ».

L’éditeur confirme l’arrivée de cette fonction dans Ubuntu 26.10, qui arrivera en octobre. Il s’agira d’une première version, au fonctionnement simple : en appuyant sur une touche, on déclenchera l’écoute et le texte s’affichera dans le champ texte de l’application utilisée. Cette première version visera Ubuntu Desktop sous Wayland avec GNOME. Canonical ajoute que l’architecture sera « suffisamment ouverte pour supporter d’autres environnements de bureau à l’avenir ».

Canonical affirme que la fonction est pensée dès la conception pour la confidentialité. Elle ne fonctionnera qu’en local, sans besoin d’une connexion internet. L’accès au microphone ne se fera qu’avec l’activation explicite du raccourci clavier. Quant à l’audio récupéré, il est effacé de la mémoire après avoir été traité et rien n’est envoyé sur des serveurs.

Ubuntu dit chercher des retours sur cette fonction. Un dépôt GitHub a été ouvert pour l’occasion, mais on ne trouve pour l’instant qu’un peu de documentation.

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