Vue normale

☕️ Le prix de la licence « à vie » Plex Pass s’envole à 690 euros

3 juillet 2026 à 14:53


Annoncés en mai dernier, les nouveaux tarifs d’abonnement Plex sont désormais effectifs, avec une hausse particulièrement conséquente sur la licence perpétuelle, qualifiée d’abonnement « à vie » : son prix, qui était passé de 120 à 250 dollars en mars 2025, s’envole désormais à 750 dollars !

L’éditeur du célèbre logiciel de gestion multimédia a cette fois tenu compte des écarts de devises, et il affiche pour l’Europe un tarif à 690 euros. C’est trois fois le montant qui était demandé jusqu’ici.

Peut-être pour faciliter la digestion, Plex introduit à cette occasion une nouvelle formule d’abonnement sur cinq ans, facturée 230 euros. Le Plex Pass mensuel reste quant à lui à 6 euros par mois, contre 60 euros pour l’abonnement annuel.

La licence perpétuelle est maintenant affichée à 690 euros – capture d’écran Next

« Cette mise à jour reflète la valeur réelle et continue du logiciel et notre engagement à développer, améliorer et soutenir Plex pour les années à venir », justifie Plex, comme il l’avait déjà fait l’an dernier lors de la précédente augmentation de tarif, qui s’accompagnait d’une nouvelle option payante pour la lecture à distance de contenus personnels. L’éditeur indique d’ailleurs avoir envisagé la suppression de la licence perpétuelle, « étant donné que les abonnements récurrents nous aident à assurer le développement à long terme ».

Si Jellyfin, Kodi et d’autres logiciels open source constituent des alternatives sérieuses pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s’acquitter d’un abonnement pour un serveur multimédia domestique, Plex développe de nombreuses fonctionnalités connexes qui justifient, selon l’éditeur, la souscription d’une licence.

Lors de l’annonce initiale de cette hausse de prix, en mai dernier, il listait par exemple la capacité à regrouper automatiquement les fichiers par famille (série TV par exemple), la création et l’édition de listes de lecture depuis l’application mobile, la prise en charge des métadonnées NFO, ou l’ajout d’une option pour avoir le son des dialogues renforcé pendant la lecture d’une vidéo, à l’instar de ce que propose Amazon Prime Video.

Selon les pays, le logiciel donne ainsi accès à des contenus (films et séries) gratuits, à des chaînes de télévision, à des options d’achat ou de location. Plex revendiquait début juin 42 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans 180 pays.

Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

3 juillet 2026 à 09:39
Fini le Dev, on Externalise
Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

Microsoft et Amazon viennent tour à tour d’annoncer la création d’entités dédiées au Forward Deployed Engineering, soit le placement d’ingénieurs IA directement chez les clients entreprise. Inspirée de Palantir, la démarche a déjà suscité des investissements significatifs chez OpenAI, Anthropic ou Google.

Nouvelle entité au sein du groupe, la Microsoft Frontier Company est présentée comme la division la plus richement dotée du marché, à la fois en moyens financiers et en compétences humaines de pointe, en matière d’accompagnement des projets IA en entreprise. « Elle constituera l’organisation d’ingénierie la plus importante, compétente et orientée vers l’obtention de résultats concrets et mesurables pour les clients », vante dans un communiqué Judson Althoff, le CEO de Microsoft Commercial Business, la branche B2B de l’éditeur.

Microsoft muscle son jeu sur l’IA en entreprise

En pratique ? Microsoft annonce déployer 2,5 milliards de dollars d’investissements et réunir « 6 000 experts métier et ingénieurs » au sein de cette division chargée de travailler directement avec les clients entreprise pour « co-concevoir, co-innover, déployer et améliorer en continu des systèmes d’IA à grande échelle, en s’appuyant sur des résultats métiers mesurables ».

La démarche passe principalement par le placement d’experts métier directement chez les clients concernés. Le phénomène a donné naissance à un nouvel intitulé de poste, le Forward Deployed Engineer (FDE).

Microsoft promet cependant d’aller plus loin que la simple mise à disposition de compétences. Pour ce faire, l’éditeur compte bien sûr s’appuyer sur ses propres outils et ressources en matière d’IA ou de cloud. À ce niveau, il revendique une approche ouverte et cherche à désamorcer tout soupçon d’enfermement. « La plateforme de Microsoft offre aux organisations la flexibilité nécessaire pour utiliser le modèle le plus adapté à chaque usage, qu’il provienne d’OpenAI, d’Anthropic, de Microsoft AI, de l’open source ou d’un modèle spécialisé conçu pour un secteur d’activité spécifique, sans jamais perdre le contrôle au profit d’un acteur unique », assure Judson Althoff.

Une tendance marché déjà bien engagée

Si Microsoft met en avant des chiffres significatifs, c’est que les autres grands noms de l’IA ne sont pas en reste en matière de FDE. Dans le lot, on pense bien sûr à Palantir, qui a popularisé le terme et a fait de ces ingénieurs placés directement chez le client l’une de ses marques de fabrique, y compris dans les contrats sensibles. ChapsVision, qui vient de souffler au géant états-unien le contrat de la DGSI française, en fait d’ailleurs un axe de différenciation.

Outre Palantir, Amazon Web Services (AWS) a procédé plus tôt cette semaine à une offensive similaire. Le groupe a lui aussi annoncé la création d’une entité dédiée, explicitement baptisée Forward Deployed Engineering et associée à un investissement chiffré à 1 milliard de dollars.

OpenAI a également dégainé en mai sa propre initiative en la matière. À partir du rachat de l’ESN Tomoto, le laboratoire a en effet créé une entité dédiée, The OpenAI Deployment Company, elle aussi centrée sur la notion de FDE. Cette nouvelle filiale fait l’objet d’un financement spécifique, qui associe 19 investisseurs, pour une mise de départ affichée à « plus de 4 milliards de dollars ».

Une semaine plus tôt, c’est Anthropic qui sortait du bois, avec un modèle similaire : la société a pris le parti de s’associer à des acteurs financiers pour créer une structure commerciale dédiée, au sein de laquelle des ingénieurs d’Anthropic évolueront aux côtés de compétences issues des intégrateurs partenaires de l’entreprise pour faciliter ou accélérer le déploiement de projets basés sur les modèles Claude. Cette fois, l’investissement consenti n’est pas précisé.

Nouvelle guerre des talents en vue

Google n’est pas en reste. Début juin, le CEO de Google Cloud affichait ainsi son intention de recruter massivement des ingénieurs en vue de missions directement chez les clients :

« Bien que le recours à des FDE ne soit pas nouveau chez Google Cloud, la demande des clients et des partenaires pour les produits d’IA d’entreprise de Google et pour l’aide fournie par les ingénieurs de Google dans l’adoption du développement agentique croît très rapidement ».

En mars, le Wall Street Journal remarquait déjà que les profils de FDE figuraient parmi les plus demandés du marché, avec une multiplication par dix des offres d’emploi recensées sur Indeed entre 2024 et 2025. Il qualifiait dans le même temps les postes en question de « peu glamour ». La logique du FDE rappelle en effet celle du consultant placé chez le client que connaissent déjà bien les ingénieurs employés par les entreprises de services numériques (ESN) ou les cabinets de conseil.

☕️ Vint Cerf, toujours aussi élégant, se prépare à prendre sa retraite de Google à 83 ans

2 juillet 2026 à 15:01


Vinton Cerf intervenait mardi 30 juin lors d’une conférence Open Frontier organisée à San Francisco. Il est apparu à distance, cravate impeccablement nouée et costume ajusté, pour un panel consacré à la construction de choses qui durent dans le monde informatique.

« Déjà dans les années 70, c’était le scientifique le mieux habillé que j’aie rencontré », a salué David Patterson, professeur à Berkeley et inventeur (entre autres) du RAID, qui animait la table ronde concernée. Il a dans la foulée révélé que Vinton Cerf quitterait d’ici quelques jours ses fonctions chez Google. À 83 ans, l’intéressé occupe en effet depuis 2005 le poste de vice-président et Chief Internet Evangelist chez le géant de la recherche en ligne. « Je crois qu’on peut l’applaudir pour ce parcours plutôt correct », a plaisanté Patterson.

Vint Cert intervenait à distance depuis son domicile de Virginie, toujours tiré à quatre épingles – capture d’écran

Vinton Cerf, dit Vint, est pour mémoire l’un des principaux artisans de TCP/IP, la suite de protocoles fondatrice de l’Internet moderne, élaborée dans le prolongement des travaux du projet Cyclades, piloté par Louis Pouzin.

Et il a défendu, pendant environ 45 minutes, l’idée selon laquelle le recours à des standards ouverts était l’un des prérequis de cette pérennité. Pour Cerf, si TCP/IP sous-tend encore aujourd’hui nos échanges, c’est précisément parce qu’il n’appartient à personne.

« Dans le cas d’Internet, cela n’a fonctionné que parce que le système était distribué dès le départ. Nous avons donc laissé les règles très souples. Nous avons simplement dit que si vous trouviez quelqu’un à qui vous connecter et que vous respectiez les règles des protocoles, cela devrait fonctionner », a-t-il notamment déclaré.

Cette question de l’ouverture était, sans surprise, envisagée à l’aune du développement de l’intelligence artificielle générative, un univers dans lequel une partie des grands laboratoires développent des modèles propriétaires, mais travaillent également à des logiques de passerelles entre environnements concurrents, à l’image du MCP (Model Context Protocol) conçu par Anthropic.

Interrogé sur les velléités de centralisation des grands acteurs de l’IA, Vinton Cerf a estimé que cette ouverture finirait par s’imposer, notamment si l’on délègue à l’IA des tâches de plus en plus complexes. « Le modèle agentique de l’IA, avec de multiples agents provenant de plusieurs sources interagissant entre eux, va imposer la composabilité, ainsi qu’une exigence d’interopérabilité et de standardisation ». Reste à trouver le meilleur moyen de faire parler ces agents entre eux… ce qui suppose peut-être d’explorer de nouvelles voies.

« Je ne pense pas que l’anglais soit le meilleur choix. Il y a une ambiguïté, et je pense que la précision sera primordiale pour l’interaction entre les agents », a-t-il expliqué, prenant l’exemple du « jeu du téléphone », où un message circule de bouche à oreille et finit par être déformé au fil des relais. «  Un agent doit vraiment s’assurer que l’autre agent comprend bien ce qu’ils viennent de convenir de faire ensemble ».

OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

2 juillet 2026 à 12:00
Capitammunist
OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

OpenAI aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital, avec une prise de participation publique à hauteur de 5 %. La manœuvre est présentée comme une façon de permettre une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA vers le public américain. Difficile toutefois de ne pas y voir, aussi, une forme de précaution face aux possibles évolutions du cadre réglementaire, voire un garde-fou face au risque d’explosion de la bulle IA…

À contre-courant des processus habituels de nationalisation, la proposition aurait cette fois émané directement d’OpenAI. D’après le Financial Times, l’éditeur des modèles ChatGPT aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital à hauteur de 5 %. La prise de participation représenterait ainsi quelque 43 milliards de dollars, si l’on se base sur la valorisation de l’entreprise estimée à 852 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, début avril.

Capital contre influence ?

D’après deux sources proches du dossier mentionnées par le FT, Sam Altman aurait lui même porté ce message auprès de Washington, en arguant qu’une prise de participation publique était le meilleur moyen de garantir une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA en direction des contribuables états-uniens.

L’administration Trump a déjà manifesté des velléités d’investissement direct dans les grandes entreprises de la tech. En 2025, elle est ainsi entrée au capital d’Intel à hauteur de 10 %, une opération dont ne manque d’ailleurs pas de s’enorgueillir Donald Trump puisque le cours en bourse de l’entreprise est depuis largement reparti à la hausse.

Du côté d’OpenAI, difficile de ne pas imaginer qu’une telle proposition recouvre des enjeux autres que le simple partage de la valeur. Une participation financière au capital serait une façon de consolider les relations entre l’entreprise et l’administration. Un entregent particulièrement utile lorsqu’on sait que les États-Unis réfléchissent à encadrer le développement et la distribution des modèles d’IA de pointe, après des mois de polémique liées aux capacités offensives de ces derniers en matière de cybersécurité, sur fond de concurrence accrue avec la Chine.

Donald Trump a en effet signé le 2 juin dernier un executive order qui ordonne aux grandes agences fédérales, dont la NSA, de construire un « processus d’évaluation comparative classifié visant à évaluer les capacités cyber avancées des modèles d’IA ». Selon le Financial Times, le cadre en question pourrait être annoncé dès la semaine prochaine, et il pourrait fortement contraindre la façon dont les laboratoires IA sont autorisés à distribuer leurs modèles les plus avancés.

Rassurer les investisseurs

L’appel du pied d’OpenAI à la Maison-Blanche peut également être interprété comme une recherche de garanties sur le plan financier, alors que la course aux investissements dans l’IA ne cesse de raviver les craintes d’une possible bulle. Disposer de l’État à son capital confèrerait en effet à OpenAI une forme de statut « too big to fail » (trop gros pour faire faillite), c’est-à-dire d’entreprise dont le poids et le caractère systémique sont devenus trop importants pour que l’administration puisse la laisser tomber, même en cas de retournement de marché.

L’argument n’est pas anodin pour OpenAI, qui a déposé début juin le premier formulaire préparatoire à son introduction en bourse mais hésite encore, d’après les rumeurs, sur le calendrier exact de l’opération, notamment parce que le grand concurrent Anthropic affiche une croissance supérieure à la sienne, et lorgne lui aussi vers Wall Street.

Les partenaires d’OpenAI lui réclament peut-être par ailleurs ce genre de garanties. Oracle, très impliqué dans le projet Stargate, a admis dans son dernier bilan financier annuel que son engagement dans l’IA était désormais tellement massif qu’il semblait difficile de faire marche arrière. Alors qu’il s’était envolé en bourse, le groupe de Larry Ellison suscite désormais la défiance des marchés. Il a ainsi perdu 40 % de sa valeur en seulement un mois avec une action passé de 250 à 142 dollars, alors même qu’il vient de procéder à une vague de 21 000 licenciements en seulement un an.

Softbank, bras armé historique d’OpenAI sur le plan financier, semble lui aussi avoir besoin de gages de confiance. Reuters a ainsi révélé mercredi que le groupe japonais devait renégocier les modalités d’un prêt de 10 milliards de dollars destiné à financer ses investissements dans OpenAI, précisément parce que les créanciers émettaient des doutes sur la valorisation réelle de l’entreprise.

Une idée qui fait son chemin

Sam Altman a déjà publiquement défendu l’hypothèse d’une prise de participation publique dans OpenAI au nom du bien commun en avril dernier, dans un manifeste (PDF) qui développe l’idée d’une prospérité partagée et heureuse rendue possible grâce aux apports de l’intelligence artificielle. Bien que les bénéfices réels de cette dernière pour l’économie états-unienne soient régulièrement remis en question, y compris par des banques qui financent le développement de l’IA, l’idée revient régulièrement depuis dans le débat public. Elle a notamment été relancée par le sénateur démocrate Bernie Sanders début juin, lequel propose que les États-Unis créent un fonds souverain destiné à accueillir 50 % des actions des sociétés liées à l’IA.

☕️ Sony annonce la fermeture du PlayStation Store pour PS3 et PS Vita

2 juillet 2026 à 06:34


La PS3 et la PS Vita vont symboliquement tirer leur révérence : les appareils et leurs jeux physiques restent en théorie fonctionnels, mais les deux consoles vont perdre leur PlayStation Store et donc la capacité à télécharger de nouveaux jeux de façon dématérialisée. L’annonce a été formulée par Sony le 1ᵉʳ juillet et elle est présentée comme une nécessité, face à l’évolution des habitudes des joueurs.

« À mesure que le PlayStation Store évolue pour prendre en charge les systèmes de commerce modernes, notamment les normes de traitement des paiements mises à jour, les PS3 et PS Vita ne sont plus en mesure de prendre en charge ces mises à jour au niveau requis. »

En pratique, le PlayStation Store fermera pour ces deux consoles selon un calendrier en trois temps, avec deux étapes en 2026 pour la plupart des pays d’Amérique latine et d’Europe de l’Est, avant une extinction généralisée programmée à juillet 2027.

La première version de la PS3 de Sony est sortie en 2007 – crédit PlayStation

« Cela signifie qu’il ne sera plus possible d’acheter de nouveaux contenus sur ces appareils après la fermeture du PlayStation Store. Pour faciliter la transition, les joueurs pourront continuer à télécharger les contenus achetés précédemment après la date de fermeture, et ce pour une durée indéterminée », indique encore Sony.

Cette durée indéterminée fera sans doute tiquer les joueurs déjà échaudés par l’annonce, formulée le même jour, de la fin des jeux sur support physique pour la famille PlayStation à compter du mois de janvier 2028. Elle souligne en effet que le passage au tout dématérialisé soumet les collections personnelles au bon vouloir du constructeur, qui peut décider de mettre un terme à son service commercial et donc couper l’accès aux jeux.

De quoi, sans doute, donner du grain à moudre à ceux qui militent pour que les studios et éditeurs soient tenus à une forme d’obligation de pérennité des jeux vidéo qu’ils distribuent…

SFR active par défaut sa « navigation protégée » basée sur un filtrage DNS

1 juillet 2026 à 14:55
Puisqu'on te dit que c'est pour ton bien
SFR active par défaut sa « navigation protégée » basée sur un filtrage DNS

SFR communique en direction de ses clients pour annoncer la mise en place d’un nouveau service de « navigation protégée », censé bloquer l’accès aux sites problématiques. Il prend la forme d’un filtrage DNS, opéré à partir des données d’un prestataire français, EfficientIP, en passe d’être racheté par un fonds américain. Le dispositif est activé par défaut, alors même que l’opérateur ne donne aucune information précise sur son fonctionnement.

Annoncé par voie de communiqué de presse le 2 juin dernier (PDF), « SFR Navigation Protégée » est un nouveau service offert par l’opérateur au carré rouge à tous ses clients fibre, SFR ou Red by SFR. Il est présenté comme une « solution de protection intégrée, automatique et efficace directement au niveau du réseau » qui permet de bloquer de façon préventive l’accès aux sites frauduleux ou dangereux, dès lors que l’internaute surfe par l’intermédiaire de sa box.

Un filtrage DNS en forme de boîte noire

Depuis quelques jours, SFR communique plus directement auprès de ses clients fibre pour les informer de l’intégration de ce service à leur forfait. « Avec SFR Navigation Protégée, vous naviguez plus sereinement. Les sites dangereux identifiés par notre partenaire EfficientIP sont automatiquement bloqués et vous en êtes averti en temps réel. Vous n’avez rien à faire : pas d’installation, pas de réglage, le service est inclus et activé automatiquement », écrit l’opérateur dans un email dédié, expédié fin juin.

Les sites considérés comme frauduleux ou dangereux sont bloqués et le navigateur affiche un écran dédié – crédit SFR

EfficientIP, fondée en 2004 et installée en région parisienne, se présente comme un spécialiste de la gestion des aspects liés au DNS (qui traduit les adresses IP en noms de domaine), au DHCP (qui attribue les adresses IP au sein d’un réseau) et à l’IPAM (gestion des adresses IP). Outre une plateforme de gestion centralisée de ces différents aspects, la société vend plusieurs briques spécialisées, destinées notamment à la sécurité des réseaux télécom d’entreprise.

L’une d’elles, baptisée DNS Threat Pulse, prend justement la forme d’une liste de domaines malveillants que le client peut intégrer à ses propres serveurs DNS pour en bloquer préventivement l’accès. D’autres font appel à un moteur d’inspection, à l’image de DNS Guardian, qui tourne sur le serveur DNS et fait de l’inspection de trafic en temps réel pour, par exemple, détecter une tentative d’exfiltration de données.

Dans le lot, quelle est la solution mise en œuvre par SFR ? S’il insiste sur la simplicité inhérente à cette protection, l’opérateur ne donne aucun détail technique dans son email. La question n’est cependant pas triviale dans la mesure où le service est activé par défaut pour tous les clients, sans qu’ils aient à en faire la demande.

Son communiqué de début juin se veut légèrement plus disert : « Fort de plus de 10 ans d’expérience, EfficientIP s’appuie sur l’Intelligence Artificielle pour fournir à SFR une base de données de menaces constamment mise à jour et enrichie par la collecte et l’analyse de données à l’échelle d’Internet, assurant ainsi une défense de pointe contre les menaces émergentes ».

Présenté de la sorte, le service ressemble à une liste opérée par SFR au niveau de ses propres serveurs DNS, mais impossible de l’affirmer de façon catégorique. Contacté pour vérification, le FAI n’a pas répondu à nos questions.

Une protection activée par défaut chez tous les clients fibre

L’une des pages de FAQ de la marque Red by SFR accrédite la thèse d’un simple filtrage DNS. Elle explique en effet que l’on peut désactiver SFR Navigation Protégée « en paramétrant le service DNS tiers de son choix » au niveau de l’interface d’administration de sa box. La mesure ne sera cependant valable que de façon limitée. « En cas de désactivation, le service SFR Navigation Protégée sera réactiver [sic] lors de la prochaine réinitialisation de votre RED Box Fibre », indique en effet l’opérateur.

Pour procéder à une désactivation définitive, il n’y a pas d’autre choix que de formuler une demande explicite. « Le filtrage est actif par défaut sur votre ligne. Vous pouvez demander son retrait à tout moment auprès de notre Service Client », précise la FAQ hébergée cette fois sur le site principal SFR. Elle précise au passage que son filtrage « ne bloque pas l’accès aux sites illégaux (exemple : peer-to-peer) ».

Complaisamment relayée dans les médias en ligne début juin, l’annonce de ce nouveau service a tout de même fait quelques mécontents, comme cet internaute très remonté parce que sa box lui coupe l’accès à des sites « d’opinion en géopolitique » d’obédience pro-russe.

Plusieurs lecteurs de Next nous ont également signalé l’email reçu de leur opérateur, en s’émouvant que ce dernier s’arroge, même si c’est via un intermédiaire technique, une forme de contrôle sur les sites qu’ils visitent. Dans le lot, certains ont fait remonter l’information selon laquelle « l’entreprise française » sur laquelle s’appuie SFR n’était plus tout à fait française. Comme l’a révélé l’Informé mi-avril, EfficientIP vient en effet d’être racheté par un fonds californien, Francisco Partners.

Rappelons que les internautes qui souhaitent se protéger des sites malveillants sans en déléguer la gestion à leur opérateur peuvent tout à fait mettre en place leur propre filtrage DNS, en s’appuyant par exemple sur les listes proposées par DNS4EU, celles-là même que Free met en œuvre dans l’offre mVPN intégrée à ses forfaits mobiles.

Sony met fin aux supports physiques pour les jeux PlayStation à partir de janvier 2028

1 juillet 2026 à 12:52
Les boutiques JV vont devoir vendre beaucoup de figurines pour survivre
Sony met fin aux supports physiques pour les jeux PlayStation à partir de janvier 2028

Sony a annoncé mercredi 1ᵉʳ juillet que les jeux PlayStation ne seraient plus distribués sur des supports physiques à compter de janvier 2028. Après cette date, les jeux ne seront donc disponibles qu’en version numérique, que ce soit sur le PlayStation Store ou les revendeurs tiers.

Que restera-t-il aux boutiques de jeux vidéo et à la grande distribution spécialisée ? Sony a scellé mercredi le sort des supports physiques pour tout ce qui touche aux consoles PlayStation, avec une date de fin fixée à janvier 2028.

Une « suite logique » selon Sony

« Face à l’évolution constante des préférences des consommateurs et du secteur du divertissement, qui délaissent les disques physiques au profit du numérique, la production de disques pour tous les nouveaux jeux sur consoles PlayStation sera arrêtée à partir de janvier 2028, écrit le groupe. Après cette date, les nouveaux jeux seront disponibles uniquement en format numérique sur le PlayStation Store et chez les revendeurs ».

PlayStation précise que cette décision ne concerne pas les jeux déjà sortis ou à paraître avant janvier 2028, et la justifie par l’évolution des habitudes de consommation. « Cette transition nous permettra de mieux répondre aux préférences de notre communauté en matière d’accès et de jeu », affirme Sony, qui prend soin de mentionner qu’il restera possible d’acheter les jeux « chez les revendeurs », en parallèle des services de son PlayStation Store.

Les détaillants en seront-ils réduits à distribuer de simples boîtes de jeu contenant un code de téléchargement ? C’est en tout cas le chemin qu’a dessiné Rockstar avec son très attendu GTA VI, qui tire lui aussi un trait sur le disque Blu-ray physique dès sa sortie sur console (PS5 et Xbox Series S/X) prévue le 19 novembre prochain.

« Cette évolution est une suite logique pour Sony Interactive Entertainment, qui s’adapte aux tendances de consommation, la préférence générale pour les supports numériques dépassant largement celle pour les disques physiques », justifie une nouvelle fois Sony, qui s’apprête donc à catalyser encore le phénomène.

Les supports physiques console pèsent 7 % du marché du jeu vidéo en France

En France, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) remarquait justement dans son rapport 2025, publié en avril dernier (PDF), que la galette à insérer dans sa console n’avait pas dit son dernier mot. « Si les ventes physiques sont en recul, à l’image des autres marchés européens, la France se distingue toujours par le dynamisme de son réseau de distribution et l’attachement de ses joueurs au format physique », faisait valoir son président, James Rebours.

Dans ce même rapport, le SELL estimait que les ventes de « software physique console », c’est-à-dire les jeux vendus par l’intermédiaire d’un disque, représentaient encore 7 % d’un marché global annuel du jeu vidéo estimé à 5,8 milliards d’euros. Chez Sony, les téléchargements ont pesé pour 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos le 31 mars dernier (PDF).

Le jeu vidéo console sur support physique représente 7 % du marché total du jeu vidéo français en 2025, contre 18 % pour les jeux dématérialisés – source rapport annuel du SELL, capture d’écran Next

Outre la question de l’impact sur le commerce en boutique, le passage au tout numérique soulève également la question de la revente des jeux dématérialisés, mais aussi celle de la conservation, à plus forte raison quand l’actualité récente montre que Sony peut supprimer à distance un catalogue de films pour des raisons de droits expirés

Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

30 juin 2026 à 12:56
Le pays du matin vénère
Comment la Corée du Sud veut doubler sa capacité de production de RAM d’ici cinq ans

Entouré des représentants de Samsung et de SK hynix, le président sud-coréen Lee Jae Myung a annoncé lundi un plan d’investissement public privé sans précédent. Il doit permettre de doubler la capacité de production de mémoire vive du pays d’ici cinq ans, mais aussi de positionner le pays comme un leader en matière de datacenters et de robotique. Les différentes enveloppes évoquées dépassent allègrement la barre des 1 000 milliards d’euros, mais risquent de se heurter à quelques contingences matérielles…

C’est lors d’une allocution télévisée, et entouré des patrons de Samsung Electronics et de SK hynix, que le président sud-coréen Lee Jae Myung a dévoilé, lundi 29 juin, les trois « méga projets » qui permettront, selon lui, de positionner le pays en première position dans la course au progrès technologique. La démarche est présentée non pas comme un objectif de développement économique, mais comme une question de survie, selon ses propos rapportés par le Korea Herald :

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. »

Le gouvernement sud-coréen justifie cette déclaration alarmante par un rappel du déclin que connaitrait l’économie nationale, avec un taux de croissance potentielle passé de 3,4 % en 2013 à 1,9 % en 2025 (données OCDE de février 2026), sous l’effet du vieillissement et de la baisse de la population active.

Le gouvernement sud-coréen justifie son plan massif par le ralentissement structurel de sa croissance potentielle – capture d’écran Next

Les trois méga projets englobent donc trois domaines de pointe connexes : les semiconducteurs, incarnés principalement en Corée du Sud par la fabrication de mémoire vive, dont Samsung et SK hynix sont les leaders mondiaux, la robotique et les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, autrement dit les datacenters.

Doubler la production de RAM d’ici cinq ans

La fabrication de mémoire vive, et plus particulièrement des mémoires HBM exploitées dans les GPU ou les puces spécialisées dédiées à l’intelligence artificielle, figure déjà au centre des préoccupations industrielles de la Corée du Sud. Fin 2024, le pays avait ainsi déjà encouragé (financièrement et au moyen de facilités réglementaires) les projets d’investissement portés par Samsung et SK hynix, qui doivent donner naissance à d’immenses complexes dans la région de Yongin, au sud de Séoul.

La crise de la mémoire vive et les trajectoires d’investissements dans l’IA (plus de 700 milliards de dollars promis en 2026 par les seuls hyperscalers) semblent avoir aiguisé les appétits sud-coréens. « Nous vivons un moment véritablement décisif, car le paysage de l’économie mondiale est en pleine mutation, a encore déclaré le président sud-coréen. Les grandes puissances, dont les États-Unis et la Chine, sont engagées dans une concurrence acharnée aux enjeux colossaux ».

Résultat des courses : Lee Jae Myung aligne des chiffres qui donnent le tournis. La ventilation exacte entre financements publics et fonds privés n’est pas précisée, mais il est question de 400 billions de wons (environ 225 milliards d’euros) d’investissements supplémentaires portés par SK hynix, tandis que Samsung investirait une somme équivalente, pour un nouveau complexe industriel dédié à la mémoire HBM situé dans la banlieue de Gwangju, plus au sud-ouest. Ce dernier bénéficierait donc d’une enveloppe totale de près de 500 milliards de dollars.


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Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

30 juin 2026 à 07:46
À quand la fusion ArianeGroup Eutelsat ?
Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

Le fabricant de fusées Rocket Lab vient d’annoncer l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites pour environ 8 milliards de dollars. Rocket Lab entre ainsi de plain pied dans le monde des services de connectivité par satellite et se dote d’une activité rentable, qui la positionne comme une alternative aux acteurs déjà intégrés que sont SpaceX (avec Starlink et Echostar) et Amazon (via Globalstar).

Accéder à l’espace, c’est bien. Y déployer des services commerciaux, c’est plus rentable : telle est en substance la promesse formulée par Rocket Lab, qui a annoncé, lundi 29 juin, l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites en orbite basse. L’opération, soumise à l’approbation des autorités compétentes, dont la FCC aux États-Unis, sera réalisée moitié en cash, moitié en actions Rocket Lab, sur la base d’une valeur d’entreprise fixée à approximativement 8 milliards de dollars. La conclusion de la transaction est attendue mi-2027.

Rocket Lab s’offre une activité rentable

Un pied en Nouvelle-Zélande et l’autre aux États-Unis, Rocket Lab dispose pour mémoire d’un lanceur léger réutilisable déjà opérationnel, Electron. La société développe également depuis 2021 un lanceur de moyenne puissance, Neutron, qui devrait pouvoir emmener jusqu’à 13 tonnes de chargement en orbite basse et jusqu’à 1,5 tonne sur des vols longue distance vers Mars ou Vénus. Elle développe aussi Haste, un lanceur de test hypersonique.

En 2025, l’entreprise a affiché 602 millions de dollars de chiffre d’affaires, notamment grâce à onze missions Electron réussies. Le vol inaugural de Neutron est quant à lui programmé pour le dernier trimestre 2026. Soutenue par plusieurs grands contrats auprès d’agences états-uniennes, notamment dans la défense, Rocket Lab affiche un carnet de commandes de plus de 2 milliards de dollars.

L’entreprise reste toutefois structurellement déficitaire, par ses très importantes dépenses d’investissement requises pour le programme Neutron, entaché fin janvier par l’échec du test du réservoir destiné au premier étage de la fusée. Acquérir une activité déjà installée, à la rentabilité éprouvée, offre dans ce contexte des gages de confiance au marché.

Iridium a de son côté un profil radicalement différent : l’entreprise enregistre 872 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025. Sa croissance se révèle modérée (+ 5 % sur un an), mais son bilan est largement positif, avec une marge opérationnelle de 27 % et un résultat net de 114 millions de dollars sur l’année. L’entreprise exploite 66 satellites en opération, avec des services (IoT, voix et data, Direct-to-Device) distribués en direction de 2,55 millions de clients, notamment institutionnels. Elle dispose de revenus récurrents garantis, là où Rocket Lab dépend des campagnes de lancement décidées par ses clients et de la réussite de ses nouveaux programmes.

Un modèle intégré dans la foulée de Starlink

Rocket Lab ne cache pas son ambition de construire un modèle intégré d’accès à l’espace et de services associés, à l’image de ce que proposent Starlink et Amazon.

Outre sa propre constellation Starlink, l’entreprise d’Elon Musk a récemment acquis les fréquences d’Echostar avec le soutien de l’administration Trump, ce qui lui permet maintenant d’envisager de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis, tandis que le groupe de Jeff Bezos se prépare de son côté à mettre la main sur GlobalStar pour 11,57 milliards de dollars.

Rocket Lab se positionne dans le sillage de SpaceX et Amazon – capture d’écran extraite de sa présentation aux investisseurs

Avec Iridium, Rocket Lab s’offre à la fois une constellation en activité, mais aussi une bande de fréquences attribuée, grâce à laquelle l’entreprise estime être en mesure d’accélérer le déploiement de nouveaux services.

« En associant le riche héritage d’Iridium, son infrastructure fiable et son spectre très recherché aux vastes capacités de lancement et de fabrication éprouvées de Rocket Lab, nous sommes en mesure d’ouvrir des marchés entièrement nouveaux. Nous irons bien au-delà de la simple préservation de cet héritage ; nous allons le développer pour créer des applications spatiales de nouvelle génération et offrir des solutions très demandées à nos clients actuels et futurs », déclare Peter Beck, fondateur et CEO de Rocket Lab.

L’acquéreur indique avoir sécurisé les financements nécessaires à la réalisation de cet investissement, notamment via une ligne de crédit de 3,6 milliards de dollars souscrite chez Deutsche Bank et Wells Fargo.

« Il s’agit de notre entrée dans le marché des revenus récurrents des applications spatiales, mais ce n’est pas la ligne d’arrivée. Plutôt que de simplement poursuivre le développement du réseau Iridium, nous allons l’étendre pour conquérir des marchés inexploités et innover dans le domaine des services spatiaux », promet encore l’entreprise.

☕️ Apple corrige 32 failles de sécurité avec iOS 26.5.2

30 juin 2026 à 05:59


Apple a publié lundi 29 juin une mise à jour de sécurité destinée à ses iPhone et iPad. Estampillée 26.5.2, cette nouvelle mouture d’iOS et d’iPadOS intervient pour corriger un total de 32 failles de sécurité.

Dans le lot, 25 sont relatives à Webkit, le moteur qui sous-tend le fonctionnement du navigateur Safari, avec des risques de confusion de type, d’écriture/accès hors limites, et plusieurs problèmes de cross-origin permettant l’exfiltration de données.

Trois des CVE (Common Vulnerability and Exposure) publiées concernent le noyau, avec des vulnérabilités présentées comme capables d’entraîner une corruption de la mémoire vive ou un plantage pur et simple de l’appareil. Deux autres affectent l’implémentation de la bibliothèque libxslt au sein d’iOS, avec là aussi la possibilité de provoquer un crash du système grâce à l’injection de contenu malveillant.

Apple a publié iOS 26.5.2 le lundi 29 juin

Les différentes vulnérabilités corrigées concernent la majorité des appareils compatibles avec iOS 26.5, soit les terminaux commercialisés à partir des iPhone 11, iPad Pro 12,9 pouces de troisième génération et iPad Pro 11 pouces, iPad 8, iPad mini 5, ou iPad Air 3.

Apple ne précise pas, dans son bulletin de sécurité, si certaines de ces vulnérabilités ont donné lieu à des attaques identifiées. L’entreprise souligne cependant que plusieurs de ces CVE ont été découvertes à l’aide d’outils d’IA générative. Trois d’entre elles mentionnent ainsi OpenAI Codex Security dans leurs crédits, tandis que deux autres ont impliqué respectivement Claude (Anthropic) et GLM (Z.AI).

Alors qu’Apple travaille actuellement à iOS 26.6, sa prochaine mise à jour fonctionnelle, les possibilités liées à l’IA générative semblent avoir contribué à accélérer la publication de cette mise à jour. « L’entreprise a déclaré à Reuters lundi qu’elle s’adaptait à une réalité : compte tenu de la capacité de l’intelligence artificielle à accélérer la création d’outils de piratage malveillants, elle devait réduire le délai entre la publication initiale des mises à jour et leur mise à disposition des clients », rapporte l’agence de presse.

☕️ Panne de grande ampleur sur le réseau mobile Orange [MàJ]

29 juin 2026 à 12:01


[Mise à jour, lundi 29 juin, 14 heures] Orange a signalé le rétablissement progressif de son réseau mobile à 12h37. « Les réseaux 4G et 5G pour certains clients grand public et entreprise ont été perturbés, avec des difficultés ponctuelles de connexion, sans coupure totale de service. La situation sur la 4G et la 5G est désormais revenue à la normale depuis 11 h », a annoncé l’opérateur sur X. Orange n’a pour l’instant donné aucune information précise ou à caractère technique sur la nature de cet incident.

[Publication initiale, lundi 29 juin, 9h11] De nombreux clients mobiles d’Orange et de sa marque Sosh signalent des difficultés d’accès au réseau mobile lundi matin. Des témoignages affluent de toute la France sur les réseaux sociaux. L’opérateur a confirmé un incident technique peu avant 9 heures par l’intermédiaire de son compte X.

« Depuis ce matin, un incident technique affecte une partie des services mobiles d’Orange, avec des perturbations sur la 4G, la 5G, le roaming ainsi que certains services destinés aux entreprises. Les équipes techniques sont pleinement mobilisées pour analyser la situation et rétablir le service au plus vite. Orange présente ses excuses auprès des clients concernés ».

Le marché entreprises semble effectivement ne pas avoir été épargné. Sur une liste de diffusion spécialisée, le DSI d’une grande entreprise signale ainsi une indisponibilité à l’échelle des 3 500 lignes mobiles de son parc. Nous avons de notre côté observé une coupure totale de l’accès mobile à partir de 8h10 dans la région de Bordeaux sur deux lignes, avec un retour de la 3G peu avant 9 heures. Une autre ligne située aux alentours de Grenoble disposait quant à elle d’un accès 5G fonctionnel sur la période. L’incident semble donc avoir une portée nationale, mais sans affecter l’intégralité du réseau de l’opérateur.

Orange a confirmé un incident technique à 8h51 lundi matin

La carte dédiée au suivi des incidents réseau chez Orange retournait elle aussi un message d’erreur vers 9 heures, conséquence possible d’un afflux inhabituel de requête.

Message d’erreur rencontré sur iOS alors que l’appareil affiche une connexion 3G – capture d’écran Next

Nous mettrons à jour cette actu si de nouveaux éléments font surface.

☕️ SpaceX envisagerait de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis

26 juin 2026 à 08:53


SpaceX aurait dans ses cartons le projet de lancer une offre de téléphonie mobile grand public aux États-Unis. Cette dernière s’appuierait en partie sur les constellations de satellites déjà déployées pour les services de connectivité Starlink, mais elle devrait aussi motiver la création (ou l’acquisition) d’une infrastructure dédiée au sol. La mise en place d’une telle offre positionnerait l’entreprise d’Elon Musk comme un concurrent direct d’opérateurs tels que T-Mobile, qui fait aujourd’hui appel à ses services pour la partie satellite.

Le lancement de cette offre de téléphonie mobile aurait été évoqué par Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, lors de certaines rencontres avec les investisseurs organisées pendant la tournée de préparation de l’introduction en bourse du 12 juin dernier. L’information, révélée vendredi 26 juin par le Financial Times, n’a pas été confirmée par l’entreprise, mais le quotidien britannique affirme avoir eu confirmation de ces déclarations par quatre personnes proches du dossier.

L’hypothèse n’est pas anodine, particulièrement dans le contexte d’une introduction en bourse. Starlink représente déjà une part significative de l’activité totale de SpaceX, avec 11,387 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 7,168 milliards de dollars d’EBITDA et 4,423 milliards de dollars de résultat opérationnel sur l’année 2025.

Illustration : Flock

Mais cette activité, réalisée à l’échelle de 150 pays, pèse encore bien peu par rapport au marché états-unien des communications mobiles. Les trois grands opérateurs du secteur (AT&T, Verizon et T-Mobile) totalisent en effet près de 352 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, auxquels s’ajoutent les revenus réalisés par les opérateurs virtuels (MVNO). Bien que le marché soit considéré comme saturé, une offre accueillie comme agressive ou innovante permettrait sans doute à SpaceX de conquérir des clients.

Renforcer les possibilités offertes par Starlink fait effectivement partie des promesses formulées par SpaceX dans son prospectus boursier, mais les allusions au sujet ont sans doute été éclipsées par les déclarations relatives aux datacenters dans l’espace ou à la conquête de Mars.

« Bien que nous nous attendions à ce que le service Starlink Mobile ait aujourd’hui un impact particulier sur les clients des zones reculées non couvertes par les réseaux mobiles terrestres (…) nous nous efforcerons d’offrir l’expérience de connectivité privilégiée à nos clients, quel que soit leur emplacement, en zone rurale, périurbaine ou urbaine », écrit notamment Starlink.

« La nouvelle génération de satellites Starlink Mobile, associée à notre récent achat de spectre sans fil auprès d’EchoStar, est conçue pour fournir une connectivité à haut débit et à faible latence directement aux appareils des utilisateurs finaux, offrant ainsi une solution de connectivité équivalente aux réseaux mobiles terrestres », poursuit l’entreprise.

L’occasion a peut-être fait le larron : rappelons en effet que SpaceX a pu mettre la main, fin 2025, sur un lot de fréquences dans la bande des 2 GHz auprès de l’opérateur Echostar pour environ 17 milliards de dollars. L’entreprise d’Elon Musk avait été bien aidée, à l’époque, par la FCC et par Donald Trump, qui avait lui-même exhorté Echostar à vendre une partie du spectre qui lui avait été alloué. Une nouvelle plage de fréquences avait d’ailleurs été cédée à SpaceX quelques semaines plus tard, pour 2,6 milliards de dollars supplémentaires.

☕️ Google Finance se dote enfin d’une app mobile, nourrie à l’IA générative

26 juin 2026 à 06:32


Vingt ans après l’ouverture du service Google Finance, le moteur de recherche annonce coup sur coup le déploiement d’une nouvelle interface de gestion des portefeuilles boursiers et l’arrivée d’une application mobile dédiée. Celle-ci n’est pour l’instant proposée que sur Android, mais le moteur de recherche indique qu’une déclinaison iOS sortira d’ici la fin 2026. Le service Web comme l’application, conçus pour fonctionner en adéquation, s’appuient (sans surprise) sur de nouvelles fonctionnalités exploitant les IA génératives maison.

À l’instar de son grand concurrent Yahoo Finance, le service de Google propose pour mémoire un outil de suivi des marchés avec création de listes personnalisées, et suggestions de corrélations entre l’actualité du moment et l’évolution des cours. La firme de Mountain View y ajoute désormais la constitution d’un portefeuille boursier personnel, soit en entrant chacune des valeurs et sa date d’achat, soit en important un PDF ou un CSV issu du fournisseur de services boursiers de l’utilisateur. Contrairement à des applications spécialisées payantes comme Finary, Google ne va donc pas jusqu’à proposer une actualisation automatique du portefeuille via API.

Elle s’engage sur la confidentialité des données ainsi confiées : « Les données de votre portfolio restent confidentielles. Veuillez noter que Google ne conserve aucun fichier ni aucune image que vous téléversez. Vous gardez le contrôle total et pouvez modifier ou supprimer les données de votre portfolio à tout moment ».

Le tout a vocation à être enrichi de conseils personnalisés. « Une fois votre portefeuille mis en place, il est facile d’approfondir l’analyse grâce à l’outil de recherche. Essayez de poser des questions telles que : « Quels secteurs sont actuellement sous-représentés dans mon portefeuille ? » ou « Quel est l’impact de ma répartition en titres à revenu fixe sur mon potentiel de croissance à long terme ? » », illustre Google.


Google Finance peut également être programmé pour la génération d’analyses récurrentes (une veille quotidienne sur une liste de valeurs ou sur les dernières évolutions du marché des cryptomonnaies par exemple). Les contenus ainsi générés par IA seront ensuite poussés sous forme de notifications dans l’application mobile associée.

Dans son billet d’annonce, Google décrit simplement ces nouvelles possibilités, sans évoquer les limitations inhérentes à l’IA générative. Il faut se tourner vers les pages de documentation pour trouver les avertissements de rigueur. « L’IA peut commettre des erreurs. Vérifiez toujours les données financières de manière indépendante et consultez un conseiller financier agréé ou un professionnel avant de prendre toute décision d’investissement », y écrit par exemple l’entreprise.

Outre ces fonctions de gestion des finances personnelles, le service devrait également s’enrichir d’un système d’alerte permettant de suivre en direct ou de retrouver les présentations des résultats financiers d’entreprises cotées, à l’image de ce que propose l’application Quartr.

LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

25 juin 2026 à 09:25
Vapeur contre anabolisants
LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

Alors que Valve vient de lancer les précommandes de sa très attendue Steam Machine, le distributeur lyonnais LDLC lui répond avec un mini-PC de son cru, la Stim Machine. La configuration se veut légèrement supérieure à celle adoptée par Valve, pour un prix équivalent et, surtout, une disponibilité immédiate.

Mise à jour, jeudi 25 juin à 11h25 : la blague n’est finalement plus assumée. LDLC vient en effet de faire disparaitre toutes les mentions Stim Machine de son site, et son ordinateur est maintenant présenté comme une « LDLC Box ». Les arguments comparatifs avec la Steam Machine sont toujours là, mais le groupe lyonnais a manifestement eu peur que Valve n’apprécie pas le détournement de marque. L’info devient donc « LDLC lance un mini PC avec des composants validés pour SteamOS », et l’on perd tout le succès d’eStim (ou d’eSteam ?) que nous avions pour la pirouette initiale.

Publication initiale, 25 juin, 10h19 :

LDLC vient de mettre en ligne un mini-site dédié à la Stim Machine, un PC au format mini-ITX ouvertement inspiré du projet Steam Machine de Valve et destiné à accueillir le système d’exploitation SteamOS. « On fait mieux – au même prix, ou moins cher si vous montez vous-même », promet l’e-commerçant.

Steam vs Stim

Le nom est doublement bien trouvé : outre sa prononciation identique à celle de l’ordinateur de salon tout juste lancé par Valve, il évoque aussi le stim (stimulant) qui donne un coup de fouet aux performances des marines terrans dans Starcraft. Or LDLC promet justement des caractéristiques supérieures à celles de la fameuse Steam Machine. L’e-commerçant annonce par ailleurs une disponibilité immédiate, là où Valve doit composer avec un système de précommandes sur tirage au sort.

Bref, le coup de com est plutôt bien pensé. Reste à voir si la machine suit ? LDLC met à profit son catalogue de pièces détachées pour composer un mini-PC légèrement mieux-disant que la machine de Valve, au moins sur le papier.

Les mérites comparés de la Stim Machine et de la Steam Machine selon LDLC – capture d’écran

Elle s’articule autour d’un processeur Ryzen 5 8400F (6 cœurs, 12 threads) et d’une carte graphique RX 9060 XT (architecture RDNA 4, 8 Go de mémoire vidéo), là où Valve propose un ensemble de puces semi-custom (personnalisées par AMD selon la configuration souhaitée), avec une partie CPU en Zen 4 (également 6C/12T) et un GPU basé sur la génération précédente d’AMD (RDNA3), lui aussi muni de 8 Go de GDDR6.

En théorie, l’avantage va donc à LDLC (dans des proportions qui restent à vérifier), au prix sans doute d’une consommation électrique plus importante, puisque le TDP du processeur proposé par LDLC est de 65 W, contre 30 W annoncés par Valve sur sa propre puce.

Architecture ouverte vs bénéfices d’une intégration poussée

LDLC met par ailleurs en avant l’évolutivité de sa machine, avec la capacité à monter jusqu’à 128 Go de mémoire vive, ou la possibilité de faire évoluer le stockage, avec deux emplacements SATA disponibles en parallèle du SSD NVMe préinstallé. Sur ce point, l’avantage des périphériques supplémentaires est indéniable, mais Valve a déjà confirmé que son premier batch de machines arrivait avec une seule barrette de 16 Go sur deux emplacements disponibles, et qu’il était donc possible d’augmenter cette capacité.

En définitive, on retrouve l’éternel débat entre l’architecture hardware ouverte, plus évolutive, et les promesses de compacité et de silence permises par un niveau d’intégration plus poussé. LDLC utilise en effet des composants standard (boîtier Silverstone donné pour 11,5 litres, carte-mère Gigabyte B650I AX) là où Valve exploite un boîtier (nettement plus compact avec 3,8 litres) et une carte-mère propriétaires, dont la connectique et le refroidissement ont, en principe, été calculés au plus juste des usages anticipés.

LDLC propose sa Stim Machine sous forme de lot à assembler soi-même pour 999,95 euros, soit environ 10 % de réduction par rapport à la facture totale des composants (calculée à 1 107 euros sur son propre catalogue). Le montage est proposé en option pour 40 euros supplémentaires.

Il restera dans les deux cas à installer soi-même SteamOS (prêt à l’emploi sur la machine Valve), un processus que LDLC résume en cinq points sur sa page produit pour souligner sa simplicité. Signalons que même si SteamOS est mis en avant, d’autres distributions Linux dédiées aux jeux peuvent être utilisées, comme Bazzite, CachyOS ou la française GLF OS.

Notons que le Steam Controller, la manette officielle de Valve (vendue en option aux côtés de la Steam Machine) ne figure pas au catalogue de LDLC, qui pousse toutefois des alternatives piochées chez Microsoft, 8Bitdo, Asus ou Logitech.

Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

17 juin 2026 à 10:59
Games farm
Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

Valve a donné lundi le coup d’envoi de l’édition Juin 2026 de son Next Fest, un événement d’une semaine pendant lequel des milliers de démos de jeux à venir sont proposées au téléchargement gratuit. Ce Next Fest affiche 4 390 démos disponibles, contre seulement 3 500 en février, et 2 600 il y a un an. Une explosion à mettre au crédit de l’IA générative ?

Prélude aux opérations commerciales de l’été, le Steam Next Fest (ou Néo Fest en VF), qui se déroule du 15 au 22 juin, est un événement récurrent organisé par Valve, qui propose à tous les éditeurs de jeux vidéo inscrits sur sa plateforme de diffuser gratuitement une démo de leurs titres déjà publiés ou à venir. Une façon d’encourager les joueurs à essayer de nouveaux jeux, nourrir leurs listes de souhaits et donc bien sûr motiver de nouveaux achats.

550 démos estampillées « contenu IA » sur 4 390

Déployée depuis 2020, la mécanique du Steam Next Fest est désormais bien rodée. Elle est exploitée aussi bien par des studios ayant pignon sur rue que par des acteurs plus confidentiels, voire des indépendants, qui espèrent réussir à faire émerger leur création dans les méandres du magasin Steam. Mais sortir du lot s’avère un exercice de plus en plus complexe : pour cette édition juin 2026, le Steam Next Fest a en effet reçu quelque 8 764 soumissions de démos, selon les chiffres accessibles via le service tiers SteamDB.

Dans le lot figurent de nombreuses démos dont l’auteur signale avoir eu recours à de l’intelligence artificielle générative dans la création des ressources du jeu : elles sont au nombre de 1 704, toujours selon les données de SteamDB, qui permet de créer un filtre sur le critère « AI content disclosed ». Sur la base de ces chiffres, Eurogamer estime qu’environ 20 % des démos distribuées lors du Next Fest juin 2026 exploitent, d’une façon ou d’une autre, des contenus générés par IA.

Le calcul est juste, mais le périmètre demande en réalité à être précisé. Les 8 764 démos comptabilisées par SteamDB correspondent en effet aux demandes de publication soumises à Steam, et non au volume réel de démos publiées. Celui-ci s’établit en réalité à 4 390 (chiffre en date du 17 juin). Il exclut toutes les démos qui ont été refusées par Steam, mais aussi les jeux qui ont été retirés par leur auteur, les demandes de soumission qui n’ont pas été à leur terme, etc.

En combinant sur SteamDB le critère de disponibilité réelle de la démo (qui confirme l’ordre de grandeur des 4 390 publications) et celui de la déclaration relative à l’IA, on arrive à un total de 550 démos estampillées « contenu IA » par l’éditeur, soit environ 12,5 % du total. Ces chiffres soulignent par ailleurs que 1 200 des démos estampillées IA n’ont pas été au bout du processus de publication ou ont déjà été retirés, sans qu’on sache si ces abandons découlent de la modération opérée par Valve.

Une obligation de déclaration sur les contenus

Valve n’a évidemment aucun moyen de contrôler si et comment des outils d’IA sont mis en œuvre dans le processus de développement et l’écriture du code d’un jeu. L’éditeur de Steam exige cependant de ses clients, studios et développeurs, une forme de transparence pour tout ce qui touche aux aspects « visibles » du jeu :

« Nous savons que de nombreux environnements de développement de jeux modernes intègrent des outils alimentés par l’IA. Les gains d’efficacité grâce à l’utilisation de ces outils ne sont pas le sujet de cette section. Au lieu de cela, il s’agit de l’utilisation de l’IA pour créer du contenu qui est publié dans votre jeu et consommé par les joueurs et joueuses. Cela inclut des éléments tels que des images, du son, la narration, la traduction, etc. »

La démarche reste cependant déclarative, même si Valve avertit que son processus d’évaluation a vocation à vérifier qu’un jeu « tient ses engagements ».

Émerger au milieu de la fête du slop

Une chose est sure : l’avènement de l’IA générative, particulièrement dans le monde du développement logiciel, semble corrélée à une forte augmentation du nombre de démos publiées lors du Steam Next Fest. On en décompte donc 4 390 pour juin 2026, contre 3 536 en février de la même année et 2 645 en juin 2025 d’après les chiffres relevés par la newsletter GameDiscoverCo, soit une accélération de 51 % sur un an.

Le phénomène n’est pas anodin pour les studios ou les indépendants, puisqu’il devient plus difficile pour eux d’émerger dans le brouhaha de ces milliers de démos. Pour répondre à cette problématique, Valve a imaginé un calendrier en deux temps : pendant les 48 premières heures du Next Fest, les démos sont théoriquement exposées de façon équitable chez les joueurs qui affichent les pages dédiées du magasin Steam.

Ensuite, c’est une logique algorithmique classique de popularité qui prend la suite, avec un bonus accordé aux démos qui semblent rencontrer le plus grand succès. Elle a le mérite de faire disparaître les titres relevant de la « bouillie IA » (AI slop), mais soulève d’autres problèmes, puisque le Next Fest devient alors plus un amplificateur de popularité qu’un véritable outil de découverte…

Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

16 juin 2026 à 15:06
SpaceX lave encore plus blanc que blanc
Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

Dans la foulée de son introduction en bourse sur le Nasdaq qui lui a permis de lever plus de 80 milliards de dollars d’argent frais, SpaceX a annoncé mardi son intention d’exercer l’option d’achat posée sur Cursor, ses outils d’orchestration et ses grands modèles de langage dédiés aux développeurs. La transaction sera réalisée en actions dans le courant du troisième trimestre, pour 60 milliards de dollars.

C’est la première annonce stratégique de SpaceX depuis son introduction fracassante en bourse, vendredi dernier. Le groupe d’Elon Musk a en effet signalé (PDF) mardi 16 juin son intention d’exercer, d’ici le troisième trimestre 2026, l’option d’achat posée sur Anysphere, la société qui édite Cursor et ses différents outils d’intelligence artificielle. La transaction devrait être réalisée intégralement en actions, et Cursor a vocation à poursuivre ses activités en tant que filiale détenue par SpaceX.

SpaceX exerce l’option posée fin avril

SpaceX concrétise ainsi l’option posée le 22 avril dernier, date à laquelle le groupe avait annoncé un partenariat étendu avec Anysphere, visant notamment à mettre à profit les infrastructures des datacenters Colossus pour entraîner les modèles développés par Cursor sous ses propres couleurs.

Cursor se présente en effet au départ comme un environnement de développement logiciel (IDE). Parti d’un fork de VS Code (Microsoft), Cursor dispose d’un orchestrateur, indépendant des modèles, et fait depuis quelques mois la part belle aux agents. En parallèle, l’entreprise développe et entraîne depuis fin 2025 ses propres LLM, baptisés Composer et présentés comme particulièrement optimisés pour l’ingénierie logicielle.

Bref, Cursor table sur cette approche intégrée, IDE et modèles spécialisés, pour tailler des croupières aux acteurs plus généralistes de type Anthropic, OpenAI ou même GitHub Copilot. Reste à voir comment les activités xAI (dont Grok) s’interfaceront avec celles de Cursor dans le portefeuille commercial de SpaceX. « Depuis quelques mois, SpaceXAI et Cursor entraînent conjointement un modèle qui sera bientôt disponible dans Cursor et Grok Build », se contente d’indiquer l’acquéreur.

Fin avril, l’annonce d’un accord potentiel avec Cursor était analysée au regard de la future introduction en bourse de SpaceX, et nous la considérions alors comme une forme de légitimation des investissements pharaoniques dans les infrastructures IA consentis par le groupe. Rappelons en effet que les datacenters plombent les finances consolidées du groupe, alors même qu’il enregistre une rentabilité record sur la fourniture d’accès à Internet via Starlink.

Depuis, l’actualité a montré que SpaceX était enclin à rentabiliser ses investissements : le groupe a annoncé coup sur coup deux contrats de mise à disposition d’infrastructures. D’abord avec Anthropic, pour 1,25 milliard de dollars par mois sur trois ans, puis avec Google, pour 920 millions de dollars par mois.

Positifs pour le cash flow du groupe, ces deux accords ont parfois été interprétés comme un aveu d’échec implicite sur le développement en propre de modèles commerciaux (xAI et Grok n’ayant jamais obtenu une traction commerciale comparable à celle des leaders du marché). L’acquisition de Cursor participe indirectement à démentir cette idée, mais elle confirme que xAI, chez qui les départs se sont multipliés ces derniers mois, a probablement besoin de renforts ou de compétences nouvelles pour rester dans la course.

Un premier rachat largement couvert par une IPO record

SpaceX procèdera donc à l’acquisition de Cursor (sous réserve des habituelles validations réglementaires) par échange de titres. Le nombre exact d’actions de type A (aux droits de vote limités par rapport aux actions de type B détenues en grande majorité par Elon Musk) sera basé sur une moyenne du cours en bourse de SpaceX, pondérée par le volume des échanges, sur les sept jours précédant la conclusion du deal.

Difficile à ce stade de prédire à quel cours s’échangera le titre SPCX aux alentours du troisième trimestre. Introduit vendredi à 135 dollars l’action, le titre a dépassé les 220 dollars mardi 16 juin peu après l’ouverture du Nasdaq suite à l’annonce du rachat de Cursor, avant de se stabiliser sur une hausse tout de même conséquente de 10 % par rapport à la clôture de la séance précédente.

Mardi vers 16h30, sa valorisation s’établissait ainsi à 2 700 milliards de dollars, ce qui place SpaceX dans le top 5 des capitalisations boursières mondiales, devant Amazon (environ 2 650 milliards de dollars à la même heure).

Force est de constater que les marchés ont répondu présents à l’appel de SpaceX : l’opération initiale d’introduction en bourse a été largement sursouscrite, et les banques qui en disposaient ont exercé leurs clauses de surallocation (un dispositif qui permet d’acheter un peu plus d’actions que prévu), ce qui a permis à l’entreprise de lever quelque 85 milliards de dollars d’argent frais.

Plusieurs voix, dans le monde financier, s’étaient pourtant élevées pour dénoncer les risques associés à la valorisation possiblement excessive de SpaceX et à la gouvernance concentrée entre les mains d’Elon Musk. D’aucuns rappellent également le caractère utopiste des promesses formulées par l’entrepreneur, qui a construit tout le narratif de l’IPO autour de la possibilité de placer des centaines de MW de puissance de calcul informatique en orbite et d’ouvrir la voie au voyage interplanétaire.

Une chose est sure, son statut de premier « billionnaire » au monde (fortune personnelle dépassant les 1 000 milliards de dollars) et ses nouvelles obligations liées à la cotation de SpaceX n’ont pas entamé le sentiment d’impunité dont semble jouir Musk sur son réseau social. Le 9 juin dernier, pendant que le tout Wall Street spéculait sur le succès de l’IPO, l’entrepreneur relayait sur X les messages du militant d’extrême-droite Tommy Robinson, appelant à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », alors que Belfast était traversée par une vague de manifestations violentes.

Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

16 juin 2026 à 12:30
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Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

Dans un arrêt le mardi 16 juin, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que la France pouvait bien, au regard du droit communautaire, obliger des sociétés basées dans un État membre à mettre en place une vérification d’âge. Elle considère cependant que cette mesure ne peut s’appliquer qu’au cas par cas, et non par l’intermédiaire d’une loi générale, qui engloberait par exemple tous les éditeurs de sites pornographiques.

La France et par extension les autres États membres peuvent-ils imposer une obligation de vérification d’âge à des sociétés basées dans un autre pays de l’Union ? Souhaitée de longue date par le gouvernement et inscrite à l’inventaire des missions de l’Arcom dans le cadre de la protection des jeunes publics face au porno, la question se heurte, notamment, au droit européen.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient justement de rendre un arrêt qui vise à clarifier le débat et devrait alimenter les décisions de justice très attendues dans les différentes affaires qui opposent l’État et l’Arcom à certains éditeurs de sites pornographiques.

Contrôle d’âge et domaine coordonné

En l’occurrence, c’est du Conseil d’État qu’émanaient les questions préjudicielles qui ont poussé la CJUE à plancher plus en détail sur le sujet. En cause, deux sociétés tchèques éditrices de sites X qui contestent devant la plus haute juridiction administrative les mises en demeure envoyées par l’Arcom en invoquant la compétence exclusive du pays d’origine prévue par la directive e-commerce. De ce fait, elles remettent en cause le décret d’application de la loi de 2020 instituant le contrôle d’âge obligatoire.

Cette compétence exclusive renvoie au « principe d’origine » de la directive commerce électronique, qui prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison etc.).

Des mesures de restriction prises par un État membre destinataire des services numériques concernés sont envisageables (article 3 de la directive), mais celles-ci doivent être « nécessaires », pour des raisons tels que l’ordre public, la protection des mineurs ou la lutte contre l’incitation à la haine.

Dans ce contexte, le Conseil d’État souhaitait d’abord savoir si l’obligation du contrôle d’âge relevait bien du « domaine coordonné ». Pour légitimer ses mesures, la France argue en effet que le domaine coordonné ne s’applique que pour les règles explicitement harmonisées par la directive européenne. L’obligation du contrôle d’âge n’en faisant pas partie, elle échapperait au principe d’origine. Sur cette question précise, la CJUE dispose que le domaine coordonné « ne se limite pas aux exigences régies par les dispositions d’harmonisation de la directive, mais englobe en principe toute exigence relative à l’accès ou à l’exercice d’un service de la société de l’information », résume-t-elle dans un communiqué (PDF).

OK pour les mises en demeure, mais individualisées…

« Ainsi, l’application par la France des mesures en cause aux fournisseurs établis dans d’autres Etats membres constitue une restriction à la libre circulation des services », résume le juge Thomas von Danwitz. La CJUE ne ferme cependant pas totalement la porte. « Ces mesures peuvent néanmoins être prises, au cas par cas, dans le respect des conditions matérielles et procédurales prévues par la directive », complète le juge.

Pour ce faire, il faut que les « mesures en cause poursuivent des objectifs reconnus par la directive » et apparaissent « proportionnées », ce qui pour la Cour semble plutôt devoir se concrétiser par « des décisions individuelles de mise en demeure ou d’interdiction adoptées sur la base de la législation nationale », plutôt que sur une réglementation appliquée d’office.

« Il s’ensuit qu’une mesure nationale imposant, au prestataire d’un service donné, la mise en place d’un système de vérification de l’âge des utilisateurs des sites pornographiques doit être considérée comme étant proportionnée à l’objectif de protection des mineurs et de la dignité humaine (…) lorsque ce prestataire n’a pas pris les mesures appropriées (…) », écrit notamment la CJUE dans son arrêt.

… et en suivant la procédure

Le tout sous réserve de respecter la procédure. « Avant de prendre de telles mesures, il faut cependant, sauf en cas d’urgence, d’une part, demander à l’État membre d’établissement du prestataire concerné de prendre lui-même des mesures appropriées et, d’autre part, notifier l’intention de prendre celles-ci à la Commission européenne et à cet État membre », résume la Cour, qui après avoir exprimé cet arrêt fondé sur le droit européen, laisse désormais au Conseil d’État le soin de trancher le litige ouvert à l’échelle nationale.

Rappelons que depuis 2020, l’obligation du contrôle d’âge alimente les passes d’armes médiatiques et juridiques. La question connaît d’ailleurs un regain d’intérêt depuis l’été 2025 et les nouvelles promesses formulées par le gouvernement sur la mise en place d’un contrôle d’âge à l’entrée des réseaux sociaux. C’est également à cette époque qu’est entré en vigueur le décret d’application permettant à l’Arcom de sanctionner les éditeurs de sites en cas de non mise en place des mesures techniques de contrôle d’âge, provoquant le boycott de la France (partiellement levé) par Aylo, l’éditeur de Pornhub.

En face, les éditeurs de sites, notamment pornographiques, tentent par tous les moyens de faire invalider les décrets d’application, et n’hésitent pas à jouer la carte du boycott pour faire émerger le sujet dans l’opinion publique. Ils arguent notamment que les dispositifs de contrôle d’âge obligatoire n’ont qu’une efficacité très limitée (un constat, encore, vérifié en février 2026), mais contestent surtout la validité des dispositifs mis en place par la France. Les différentes procédures intentées ont déjà conduit à quelques volte-faces, notamment au niveau du Conseil d’état.

Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

15 juin 2026 à 10:32
Le loup dans la bergerie
Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

Aqara, fabricant d’appareils connectés populaires dans l’univers HomeKit, a récemment corrigé la bagatelle de 26 défaillances de sécurité détectées principalement au niveau de la plateforme cloud qui sous-tend ses services. Dix des failles découvertes ont donné lieu à publication d’une CVE. L’exploitation combinée des quatre premières aboutit à une vulnérabilité notée 10, le niveau maximal de sévérité.

Une recherche indépendante, publiée le 11 juin dernier, vient de mettre en lumière un vaste ensemble de vulnérabilités affectant les produits de la marque Aqara. Ce fabricant chinois commercialise pour mémoire une large gamme de capteurs de température, caméras IP, ampoules pilotées, thermostats et autres serrures ou verrous connectés. La bonne intégration de ses produits dans Apple Maison (HomeKit) les rend particulièrement populaires chez les amateurs de domotique.

La plateforme cloud qui sous-tend leur fonctionnement présentait toutefois quelques sérieuses failles en matière de sécurité. L’exploitation combinée de plusieurs d’entre elles créait ainsi une voie pour usurper n’importe quel compte enregistré sur la plateforme Aqara, et donc potentiellement de forger un accès à l’ensemble de l’écosystème domotique d’un utilisateur.

Dix CVE et de nombreux problèmes de configuration

L’une de ces failles a reçu la note maximale de 10.0 dans la base de Common Vulnerabilities and Exposures (CVE) officielle – une sévérité qui reflète son rôle dans la chaîne plutôt que son impact pris isolément, le chercheur lui ayant lui-même attribué 7.5. « La passerelle Aqara IAM/SSO (gw-builder.aqara.com) expose des échanges AES bidirectionnels contre la clé de signature de la plateforme sans authentification », indique la notice associée.

Derrière ce scénario du pire (dont aucune mise en œuvre malveillante n’a été attestée) se cache en réalité un catalogue de failles et de lacunes de sécurité bien plus vastes, comme le présente sur GitHub l’auteur de ces découvertes, le Français Sammy Azdoufal. Ses travaux, confirmés par Tod Beardsley de runZero, ont donné lieu à la publication de dix CVE individuelles, dont quatre sont qualifiées de critiques (note supérieure à 9).

« L’audit a révélé dix vulnérabilités côté produit suffisamment graves pour justifier l’attribution de CVE, ainsi que onze problèmes côté opérateur affectant l’infrastructure d’Aqara (son CRM, ses plateformes CI/opérations internes, sa passerelle IAM, son forum et son GitHub). Les quatre premières CVE sont liées entre elles. Aucune d’entre elles n’atteint individuellement le niveau 10.0. C’est leur enchaînement qui aboutit à ce niveau », décrit Sammy Azdoufal.

Il a découvert ces failles en étudiant l’application mobile dédiée à ses utilisateurs, ce qui lui avait déjà permis de découvrir plus d’un million de babyphones espion basés sur le cloud Meari, et près d’un million de pièces d’identité exposées sur Internet par le fournisseur d’un outil de CRM dédié aux coffee shops et autres cannabis clubs sociaux.

Sammy Azdoufal indique avoir listé et informé Aqara d’un total de 27 défaillances. Le fabricant aurait reconnu et corrigé 26 d’entre elles, laissant de côté l’allusion à un forum Discourse dont les messages et les comptes utilisateurs étaient accessibles sans authentification préalable. « L’un des éléments signalés comme corrigés est un problème structurel (CVE-2026-50091, clés cryptographiques codées en dur intégrées au SDK mobile et au firmware déployé) pour lequel un correctif côté serveur n’est pas architecturalement suffisant », estime de son côté l’auteur de la découverte.

La marque minimise l’impact

Il relate par ailleurs la chronologie de ses échanges avec Aqara, de la première prise de contact, en mars, à la déclaration publique transmise le 11 juin, date de la publication de ses découvertes. Dans cette dernière, telle que reproduite par Sammy Azdoufal, l’entreprise affirme que « la possibilité potentielle de contrôler les appareils des utilisateurs se rapporte à un environnement de test totalement distinct des systèmes de production d’Aqara », et que l’accès « à de véritables appareils ou comptes utilisateurs via l’environnement de test est impossible dans notre architecture, car les environnements ne partagent aucune donnée utilisateur, identifiant ni service backend ».

Des affirmations que réfute le chercheur indépendant. « Le point d’accès de récupération des jetons (famille CVE-2026-50083) a renvoyé 2 969 sessions actives, dont les sessions JWT actives de deux employés d’Aqara. Les environnements de test ne contiennent pas les sessions de travail actives des employés réels », fait-il par exemple valoir.

Nous avons contacté Aqara pour essayer de tirer au clair ces contradictions. En attendant, les utilisateurs de l’application du même nom ont sans doute tout intérêt à révoquer les autorisations tierces qu’ils n’auraient pas eux-mêmes accordées dans les paramètres de leur compte. Ainsi qu’à privilégier les options de contrôle local, notamment via HomeKit, plutôt que de piloter leurs appareils par l’intermédiaire d’un cloud opéré par le fabricant. Un conseil qui vaut sans doute d’ailleurs bien au-delà du cas particulier d’Aqara…

☕️ Un démontage confirme que le Trump Phone T1 n’est qu’un modèle HTC rebadgé

11 juin 2026 à 08:53


Trump Mobile, l’opérateur virtuel lancé en juin 2025 par la famille du président des États-Unis, est rapidement revenu sur sa promesse de commercialiser un téléphone « made in USA ». Et pour cause : son premier téléphone, disponible depuis quelques jours dans le commerce, se présente en réalité comme un modèle HTC de 2024, le U24 Pro, légèrement modifié.

L’astuce avait déjà été éventée au printemps lorsque l’appareil a été enregistré auprès de la FCC et que les premiers visuels définitifs ont été rendus publics. Elle a été confirmée mercredi 10 juin à l’issue d’un démontage en règle, réalisé par le site iFixit sous l’œil des caméras de NBC News.


Résultat des courses : sous sa coque dorée ornée de la bannière étoilée, le Trump Mobile T1 dissimule des entrailles héritées de celles du HTC U24 Pro. À l’extérieur, iFixit remarque quelques petits ajustements (la grille des haut-parleurs a été redessinée, comme la partie de la coque qui abrite les capteurs photo dorsaux), mais la carte mère et le design intérieur sont identiques à ce que proposait la marque taïwanaise en 2024.

La configuration a cependant été mise à jour avec une concession patriotique : le Snapdragon 7 Gen 3 qui anime l’ensemble est ainsi accompagné de 12 Go de LPDDR5 et de 512 Go de stockage fournis par l’entreprise américaine Micron, alors que le modèle originel de HTC exploitait une mémoire fournie par SK hynix (Corée du Sud).

Le site spécialisé dans les pièces détachées note par ailleurs que la batterie (produite aux Philippines) présente une capacité légèrement supérieure à celle du smartphone de 2024. La puissance de charge est en revanche limitée à 30 W, là où le U24 Pro acceptait 60 W en entrée.

Compte tenu de ces différents éléments, iFixit conclut qu’il est impossible que le T1 se revendique d’un quelconque label « made in USA », et réserve son jugement quant à la possibilité d’un « assembled in USA », en rappelant que l’assemblage d’un téléphone et les phases finales associées exigent des ressources significatives.

Sur la réparabilité, qui constitue habituellement le critère phare des analyses d’iFixit, le site délivre la note de 3/10, soit la même que celle du HTC U24 Pro en son temps.

Cannabis clubs et coffee shops : 1 million de pièces d’identité exposées sur Internet

11 juin 2026 à 06:12
Voici une confiture verte, singulièrement odorante
Cannabis clubs et coffee shops : 1 million de pièces d’identité exposées sur Internet

Près d’un million de pièces d’identité d’amateurs de cannabis du monde entier ont été exposées sur Internet. En cause, le backend de la plateforme Cannabis Club Systems, utilisée par les coffee shops et autres espaces dédiés à la consommation pour gérer leurs membres. Bien que dûment alertée, l’entreprise éditrice, enregistrée en Irlande, a mis de longues semaines à réagir, au mépris de ses utilisateurs et du RGPD.

En novembre 2025, Cannabis Club Systems revendiquait fièrement avoir franchi la barre des 900 établissements clients de sa plateforme dédiée à la gestion des coffee shops, cannabis social clubs et autres structures dédiées à la distribution ou à la consommation de cannabis.

« Nous ne nous contentons pas d’adapter la technologie des dispensaires, nous concevons de A à Z l’infrastructure numérique des cannabis social clubs », déclarait à cette occasion Ahab Thornhill, cofondateur de cette entreprise, qui se revendique d’origine espagnole mais opère sous mentions légales d’une entité irlandaise, Nefos Solutions Ltd.

1 million de fumeurs exposés, dont 104 000 Français

L’infrastructure en question facilite peut-être la gestion commerciale d’un coffee shop, mais elle a souffert pendant au moins plusieurs semaines de graves carences en matière de sécurité. La plateforme associée a en effet exposé pendant plusieurs semaines les informations personnelles ainsi que les pièces d’identité des membres et clients des clubs et coffee shops affiliés.

La base contient de nombreux passeports européens – capture d’écran Next

« Les clubs qui utilisent Cannabis Club Systems proposent de s’inscrire au travers d’une application mobile, qui demande un scan de la pièce d’identité. C’est en regardant le code de cette application que j’ai découvert que le backend de la plateforme n’était absolument pas sécurisé », nous explique Sammy Azdoufal, le « spécialiste IA » qui avait déjà révélé l’affaire des babyphones espion de l’entreprise chinoise Meari.

En explorant les endpoints (points de terminaison) de la plateforme, il découvre où sont stockées les pièces d’identité, et remarque que chaque utilisateur est associé à un identifiant sous forme d’entier séquentiel. Vous devinez la suite : il suffit d’incrémenter l’ID pour passer à l’utilisateur suivant et consulter sa pièce d’identité.

En lançant une boucle sur la base de données concernée, Sammy Azdoufal arrive à la conclusion que la plateforme liste et expose les données de plus d’un million d’amateurs provenant de 40 pays, dont un peu plus de 104 000 détenteurs d’un passeport ou d’une carte nationale d’identité française. Au total, il dénombre 1 082 680 profils enregistrés, dont 985 841 comportent un document officiel. Il compte aussi 377 clubs (dont des adresses très réputées chez les amateurs, comme les fameux coffee shops Bulldog d’Amsterdam), loin des 900 clients revendiqués par Nefos.

« Le modèle CSC [cannabis social club] fonctionne sur le principe de la discrétion. Les membres font confiance au club pour la confidentialité de leurs informations sensibles, car l’alternative serait le marché noir. Cette confiance dépendait de la configuration du serveur de Nefos. Or, Nefos n’a rien configuré du tout », résume l’auteur de la découverte.

Puffpal : l’application qui en savait trop

Outre sa plateforme de gestion, Cannabis Club Systems propose donc une application mobile optionnelle (Android et iOS) baptisée Puffpal, qui permet à l’utilisateur final de découvrir les clubs cannabis les plus proches et de gérer de façon numérique les formalités d’inscription, en scannant sa pièce d’identité.

Suite à notre premier échange avec Sammy Azdoufal, nous avons entrepris d’inspecter directement le code de la version Android, ce qui nous a permis de confirmer que les principaux endpoints de la plateforme étaient effectivement accessibles sans aucune barrière d’authentification côté client.


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