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Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

13 juillet 2026 à 20:48
Canicule dans les serveurs d'Apple
Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

Les utilisateurs européens devront se contenter de la portion congrue. Le gros morceau des systèmes d’exploitation « 27 » d’Apple, Siri AI, ne sera en effet pas lancé dans l’UE pour cause de bisbilles entre Apple et Bruxelles sur le DMA. Est-ce une raison de bouder la première bêta publique ?

C’est devenu une tradition au fil des ans : avant la version finale de ses nouveaux systèmes d’exploitation, Apple propose à tous ceux qui veulent mettre les mains dans le cambouis de se frotter à une bêta publique. Plus solide que la bêta pour les développeurs, mais forcément susceptible de bugguer davantage qu’une mouture finale, cette préversion permet tout de même de profiter des nouveautés d’une manière relativement confortable. Ce d’autant qu’iOS 27 se montre, d’après nos tests, plutôt stable.

Apple vient donc de mettre en ligne la bêta publique pour iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 Golden Gate, watchOS 27, tvOS 27, HomePod OS 27 et le logiciel interne des AirPods (ouf !). La grande affaire de cette nouvelle mouture n’est autre que Siri AI, qui se montre enfin à peu près au niveau des autres assistants du même genre – grâce à un coup de main de Google et de ses modèles Gemini.

Hélas, ce nouveau Siri ne sera pas livré dans l’UE sur iPhone et iPad. L’assistant ne sera dans un premier temps disponible qu’en anglais (en saisissant des requêtes textes en français, il saura répondre en français mais uniquement en texte). Mais surtout, Apple reproche au règlement sur les marchés numériques (DMA) de l’empêcher de proposer Siri AI en Europe. « [Le] refus [de la Commission] de s’engager de manière constructive sur des solutions qui préservent la vie privée et la sécurité signifie que nous n’avons pas encore de calendrier pour la disponibilité de Siri AI sur iOS et iPadOS dans l’UE », indiquait l’entreprise.

Optimisations au menu

En Europe, Siri AI sera néanmoins proposé sur macOS, qui ne fait pas partie des plateformes essentielles au sens du DMA. C’est dommage, mais Apple et la Commission finiront peut-être par trouver une solution. En attendant, il est vrai que les nouveautés des OS 27 d’Apple sont assez ténues. La plus significative est certainement le travail de ripolinage de Liquid Glass : le langage de design gagne une réglette globale pour réduire les effets de transparence.

Sur macOS, les gros écueils de la nouvelle interface ont aussi été rabotés, au plus grand plaisir de nombreux utilisateurs pas très friands de certaines excentricités de Liquid Glass. Apple Intelligence continue de déployer ses ailes pour les retouches photo et Image Playground qui devient un peu plus utilisable. L’app Raccourcis peut désormais générer des raccourcis en fonction d’une requête. Safari sait regrouper des onglets automatiquement.

Toutes ces fonctions restent cependant soumises à des exigences matérielles relativement élevées, en particulier sur les smartphones : il faut posséder un iPhone 15 Pro ou 15 Pro Max, un iPhone 16 (tous modèles) pour prétendre à Apple Intelligence. C’est plus généreux sur les tablettes : à partir de l’iPad mini (A17 Pro) et tous les iPad avec puce Mx. Le MacBook Neo (A18 Pro) et tous les modèles de Mac avec puce Mx sont également compatibles.

Les OS 27 ont surtout fait l’objet d’un gros travail de stabilité et d’optimisation. Les apps se lancent plus vite, les transitions entre réseaux se veulent plus fluides, la recherche s’améliore (enfin !) dans Mail, et beaucoup d’autres petites améliorations ici et là vont faciliter la vie de tous les utilisateurs, pas uniquement ceux qui possèdent le dernier iPhone à la mode.

Pour télécharger la bêta publique, il faut s’inscrire sur le site dédié (il suffit de renseigner les identifiants de son compte Apple). Ensuite, rendez-vous dans le panneau Mise à jour logicielle (dans les réglages Général) puis sélectionnez le menu Mises à jour bêta. On ne recommande pas l’opération sur des machines de production ! La bêta publique est la bêta 3 qu’Apple a livrée aux développeurs la semaine dernière.

☕️ Mineurs : Meta estime risquer jusqu’à 1 400 milliards de dollars d’amende aux États-Unis

13 juillet 2026 à 15:00


D’après les calculs de Meta, les plaintes déposées par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey pourraient l’exposer à 1 400 milliards de dollars d’amende si l’entreprise est déclarée coupable d’avoir conçu Facebook et Instagram de manière à rendre les plus jeunes utilisateurs dépendants de leur usage.

L’entreprise a soumis ce chiffre dans un document déposé devant la Justice ce lundi et relayé par Reuters. Il est très proche de sa capitalisation actuelle, qui s’élève à 1 500 milliards de dollars.

« Une telle sanction n’a pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs », indique la société, qui estime que les plaintes manquent de fondement.

Illustration : Flock

La société est poursuivie devant un tribunal californien pour avoir « priorisé ses profits sur la sécurité des enfants, alimentant la crise de la santé mentale que nous observons toucher toute une génération de jeunes États-uniens », selon l’équipe du procureur Rob Bonta.

Lors d’une audience de juin, des représentants des États plaignants ont déclaré calculer le montant qu’ils allaient réclamer en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique.

Le nombre de violations, lui, serait égal à une estimation du nombre d’adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les actes de Meta.

Au mois d’août, la juge Yvonne Gonzales Rogers se prononcera sur les plaintes des quatre États en question, ainsi que sur celles des vingt-neuf États qui poursuivent l’entreprise essentiellement au motif que celle-ci aurait collecté des données de mineurs sans consentement parental adéquat.

Meta nie les accusations et déclare que les procureurs n’ont pas d’éléments permettant de démontrer une « addiction aux réseaux sociaux », dans la mesure où celle-ci n’est pas une maladie psychiatrique établie.

Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram

13 juillet 2026 à 14:30
Oops... they did it again !
Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram

Très critiqué pour les enjeux de vie privée posés par son nouveau modèle Muse Image, Meta a décidé de suspendre l’outil permettant de générer des images en utilisant des photos d’autres utilisateurs Instagram.

L’expérience aura fait long feu. Déployée la semaine dernière, la fonction du modèle Muse Image permettant d’exploiter des images d’autres utilisateurs d’Instagram a été suspendue par Meta. En d’autres termes, les utilisateurs du réseau social peuvent toujours générer des images avec ce nouvel outil, mais ils n’ont plus la possibilité d’y faire figurer un autre utilisateur. En cause : de multiples critiques sur la manière dont le réseau social encourageait les internautes à utiliser les images des autres utilisatrices et utilisateurs pour générer de nouveaux contenus à l’aide de l’intelligence artificielle.

Le 8 juillet, Meta a dévoilé un modèle de génération d’image intégrée à son chatbot Meta AI et déployé des fonctionnalités de cet outil dans Instagram, permettant aux usagers de créer de nouvelles images et de retoucher ou de fictionnaliser des images existantes. Les possibilités vont de l’évolution d’une photo en lui appliquant un filtre jusqu’à la transformation complète des éléments représentés à l’image (pour leur donner l’aspect de pâte à modeler, par exemple). Elle permettait aussi de représenter d’autres internautes, grâce à une simple mention de leur handle Instagram.

« Incompréhension totale de l’opinion publique » envers ce type d’outils

Le 10 juillet, l’entreprise est revenue sur son projet. Dès la publication de Muse Image, Meta s’est retrouvée sous un feu de critiques nourries sur le choix de déployer les fonctionnalités de recours à son modèle sur le modèle de l’opt-out. De fait, les utilisateurs se retrouvaient automatiquement embarqués dans le système, et ne pouvaient s’y opposer qu’en se rendant dans les paramètres de leurs comptes, à l’onglet « Partages et réutilisations ». Des célébrités et des syndicats hollywoodiens se sont même emparés du sujet.

Ainsi de Hannah Einbinder, révélée par la série Hacks, ou du syndicat des acteurs états-uniens SAG-AFTRA, qui ont appelé leurs audiences respectives à refuser ce réusage de leurs images et publications Instagram. Pour SAG-AFTRA, « toute modalité autre qu’un choix [opt-in, ndlr] clair et évident pour ce type d’utilisation des images des utilisateurs d’Instagram est inacceptable, et une incompréhension totale de l’opinion publique vis-à-vis des dangers évidents que ce genre d’utilisation provoque ».

De fait, difficile de ne pas penser à la vague de deepfakes pornographiques qui a enseveli X lorsque des fonctionnalités similaires y ont été rendues disponibles à l’hiver 2025. Difficile, aussi, de ne pas voir les problématiques de droits d’auteurs que ce type d’outil amplifie, dans la mesure où Instagram est très largement utilisé par les artistes graphiques pour faire connaître une partie de leur travail.

La fonctionnalité n’a « pas répondu aux attentes »

« Notre souhait était de fournir un outil créatif utile et de donner aux gens le contrôle sur la possibilité de laisser leur contenu public être référencé de cette manière », a déclaré Meta dans un communiqué. Outre le contenu publié par les internautes, la photo de profil faisait aussi partie des contenus susceptibles d’être réutilisés si l’usager laissait Meta AI libre d’accéder à ses publications.

« Nous avons entendu les commentaires indiquant que cette fonctionnalité n’avait pas répondu aux attentes », a continué l’entreprise. À ce titre, indique-t-elle, elle n’est plus disponible. Ce 13 juillet, la formulation des encarts qui indiquaient encore vendredi « Autoriser la réutilisation de votre contenu sur Instagram et avec les fonctionnalités IA de Meta » déclare désormais seulement « Autoriser la réutilisation de votre contenu ». Le texte explicatif mentionnant les fonctionnalités d’IA a été modifié, supprimant cette évocation.

Seule la partie dédiée à la réutilisation des reels (les vidéos verticales) souligne qu’en cas de consentement de l’internaute, « tout ou partie de votre audio d’origine » peut être réutilisé « sur les applications et le site Web de Meta AI ».

Avant Meta, OpenAI avait déployé des fonctionnalités similaires avec son modèle Sora 2, aux États-Unis. Là encore, les outils avaient été déployés sur le mode de l’opt-out. Et dans ce cas aussi, l’entreprise avaient été suffisamment critiquée pour décider de modifier sa politique. Elle a finalement coupé l’accès à Sora en mars 2026.

☕️ Le nom de domaine marinelepen.fr mis à prix à 25 000 euros

13 juillet 2026 à 14:05


C’est sur marinelepen.com que la cheffe du Rassemblement National a lancé sa campagne pour la Présidentielle 2027, juste après avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics (elle se pourvoit en cassation).

Pourquoi marinelepen.com et pas .fr, pour un rendez-vous national de cette importance ? Parce que marinelepen.fr n’était pas disponible : d’après le Bulletin Quotidien, le nom de domaine a été acheté en 2021 par une entreprise belge spécialiste du référencement, Score Worldwide.

Celle-ci a récupéré le nom de domaine avant la dernière campagne présidentielle de Marine Le Pen, en 2022, pour une seule raison : son nom était de plus en plus recherché en ligne. 
Auprès de Libération, un cadre de l’entreprise indique même que l’achat a été effectué « sans savoir qu’elle était une femme politique française ».

Pendant un moment, la page du site web a présenté un portrait de l’élue et l’indication que le nom de domaine était à vendre. Actuellement, il annonce simplement, en français et en anglais : « Ce domaine de marketing est à vendre : toute offre supérieure à 25 000 € HT sera prise en considération. Veuillez envoyer votre proposition avant le 14 juillet 2026 à l’adresse servicedesk@score-worldwide.com. » La date butoir n’est qu’« indicative », précise le responsable de l’entreprise.

Capture d’écran du site marinelepen.fr le 13 juillet 2026

Le message est assorti d’une publicité pour des cliniques privées de Belgique et du Nord de la France supposées aider ses clients à « prolonger [leur] espérance de vie grâce à notre stratégie de longévité et à nos traitements urologiques ».

S’il a utilisé le nom de domaine marinelepen.fr un temps, le Rassemblement National a visiblement oublié de renouveler son droit annuel d’usage du nom de domaine, ce qui a permis à Score Worldwide de s’en emparer.

Alors que l’entreprise avait demandé au parti s’il souhaitait en récupérer l’accès (contre finances), le parti vient de s’adjoindre les services du cabinet Mark pour tenter d’en récupérer l’accès gratuitement. Auprès de Libération, Score Worldwide déclare ne pas envisager de céder le nom de domaine sans contrepartie.

L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

13 juillet 2026 à 13:34
Dehors les moins de 13 ans
L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié. Il contient plusieurs recommandations adaptées à différentes catégories d’âge.

« Les constructeurs automobiles doivent garantir la sécurité de leurs véhicules », a expliqué Ursula von der Leyen durant la présentation du rapport sur la sécurité des enfants en ligne, co-signé par Jörg M. Fegert (directeur du département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier universitaire d’Ulm) et Maria Melchior (directrice de recherche à l’INSERM).

« Nous n’attendons pas des enfants qu’ils conçoivent eux-mêmes leur ceinture de sécurité. Nous n’attendons pas non plus des parents qu’ils installent des airbags à la maison. Il doit en aller exactement de même pour les géants de la tech. »

D’où la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) : cet ensemble de règles censées responsabiliser les grandes plateformes et renforcer la transparence des algorithmes. La Commission a d’ailleurs exigé, pas plus tard que la semaine dernière, de lourds changements dans Facebook et Instagram pour réduire les risques d’addiction de ces réseaux sociaux.

Des ceintures de sécurité pour les réseaux sociaux

La principale recommandation du rapport (PDF) est de mettre en place une restriction étagée de l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, en fonction de leur âge. De la naissance à l’âge de 2 ans, les auteurs proposent de limiter fortement l’exposition aux écrans, ce qui ne signifie pas pour autant de l’interdire complètement. « Il s’agit plutôt de tenir compte des besoins des enfants en matière de développement affectif, sensoriel et d’acquisition précoce du langage », expliquent-ils.

Il convient de privilégier les interactions en face à face, entre les parents (et les personnes en charge) et les enfants, en restant attentif à son propre usage des appareils numériques. Il faut donner « le bon exemple et éviter la « technoférence », c’est-à-dire les interruptions des interactions causées par les technologies. » Une approche recommandée par l’OMS.

Dessin satirique de Flock

De 3 à 12 ans, le rapport recommande une utilisation supervisée des appareils et des « réseaux sociaux+ ». Ce n’est pas une nouvelle catégorie juridique, mais un raccourci utilisé par les auteurs pour désigner un ensemble très large de services en ligne : réseaux sociaux, boutiques d’applications, certains jeux vidéo, « compagnons IA »…

Sans surveillance, les enfants de cette catégorie d’âge ne devraient pas être autorisés à se servir d’appareils connectés à internet. L’accès doit être encadré dans les établissements scolaires, et limité aux appareils utilisés à des fins éducatives. Il s’agit de « développer la culture numérique et médiatique, la résilience émotionnelle et la capacité à réfléchir de manière critique aux risques. »

Il revient aux parents et aux personnes en charge d’encadrer et d’accompagner « progressivement » les enfants vers davantage d’autonomie numérique, « au moyen de réseaux sociaux et d’autres services numériques adaptés à leur âge ». Il faudrait aussi encourager les enfants à participer à des activités hors ligne.

Enfin, de 13 à 18 ans, l’accès des adolescents devrait se limiter aux réseaux sociaux et aux autres services en ligne adaptés à leur âge et « sûrs par défaut », par exemple des services ayant mis en place des limites au défilement infini de contenus et aux systèmes de recommandation. En attendant que de tels services soient développés, des outils de contrôle parental « et une supervision adaptés à l’âge de chaque adolescent [resteront] indispensables. »

Pour les ados de plus de 16 ans, le rapport pointe le risque toujours existant de risques liés à l’exposition à des contenus préjudiciables. Les parents et les tuteurs devront donc continuer à discuter avec les mineurs de leurs expériences en ligne.

« L’enfance est une période de développement cérébral à la fois extraordinaire et délicate », rappelle la présidente de la Commission européenne. « À ce stade, nos enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel. Du temps pour jouer, nouer des amitiés en face à face et faire des erreurs. Du temps pour construire leur propre identité et leur propre personnalité, avant qu’un algorithme ne les façonne à leur place. »

Maintenant que le rapport est entre les mains de l’exécutif européen, des propositions seront faites après l’été. Ursula von der Leyen met déjà en avant l’app de vérification d’âge européenne, qui n’est cependant pas une solution miracle.

☕️ Linux Mint 23 aura enfin une session Wayland finalisée

13 juillet 2026 à 11:37


Dans un billet d’actualités mensuel, publié le 8 juillet, Clément Lefebvre, fondateur et principal développeur de la distribution Linux Mint, a indiqué que le support de Wayland dans Cinnamon n’était plus expérimental.

La prochaine version majeure de Linux Mint, estampillée 23 et prévue pour la fin de l’année, proposera donc une « vraie » session Wayland, aux côtés de la session X11 classique, qui restera telle quelle. Le développeur ne dit pas en revanche si la session Wayland sera utilisée par défaut, ou si le choix sera plus conservateur. La décision sera probablement annoncée dans les mois qui viennent.

Clément Lefebvre indique que le travail sur le support de Wayland a été intense, avec de nombreux résultats positifs. On note ainsi des améliorations pour la stabilité générale, la gestion des fenêtres, le support du multi-écran, la prise en charge du HiDPI et de l’échelle fractionnaire ou encore des GPU NVIDIA.

Linux Mint 22 selon Flock
Illustration : Flock

Ces nouveautés étant prévues pour la prochaine version de Cinnamon, elles seront automatiquement reprises dans Linux Mint 23, qui doit arriver en décembre. S’agissant de la première mouture à sortir après la publication d’Ubuntu 26.04, elle en reprendra donc les bases, avec à la clé une vaste modernisation de la base technique.

Les améliorations citées ne seront pas les seules. Lefebvre évoque par exemple une cartographie correcte de la taille et de la position des fenêtres quand Cinnamon est utilisé avec Wayland. Même chose pour les applets et les menus de contenu. Le prochain Cinnamon intègrera aussi un mécanisme de prévention du vol de focus (« focus stealing » en VO), pour s’assurer que la saisie ou les clics ne se fassent pas dans une autre application sans interaction explicite de l’utilisateur. Nous avions souligné ce risque de sécurité dans notre dossier consacré à la transition de X11 vers Wayland.

D’autres apports sont prévus et seront probablement accueillis avec joie par les utilisateurs. Par exemple, l’accélération matérielle a été intégrée au compositeur, au bureau et aux clients Wayland et XWayland (mécanisme de compatibilité pour les applications X11 dans une session Wayland). On note aussi la prise en charge de la session graphique de systemd pour améliorer la compatibilité avec d’autres distributions (Cinnamon peut être installé sur d’autres systèmes, comme Ubuntu et Fedora)

Ubuntu 26.10 va remplacer le vieux dbus-daemon par dbus-broker

13 juillet 2026 à 10:22
Ça change tout, mais ça ne change rien
Ubuntu 26.10 va remplacer le vieux dbus-daemon par dbus-broker

Ubuntu 26.10 remplace enfin dbus-daemon par dbus-broker comme implémentation par défaut de D-Bus, un changement essentiellement interne visant à améliorer les performances, la robustesse et l’extensibilité. Aucun impact particulier n’est attendu sur les applications.

D-bus est un bus de messages : grâce à lui, les processus Linux peuvent communiquer entre eux. Ce composant est crucial, car il permet aux fonctions d’avoir le résultat attendu. Par exemple, le gestionnaire de fichiers demande au système de monter une clé USB pour en afficher le contenu, le panneau de configuration modifie la luminosité de l’écran, une application demande l’ouverture du sélecteur de fichiers, etc.

Pour quoi faire ?

À compter d’Ubuntu 26.10, le composant chargé des messages internes sera changé. dbus-daemon sera remplacé par dbus-broker, avec à la clé de sérieux avantages techniques : traitement asynchrone des messages, meilleure gestion des ressources, comptabilisation plus précise des clients, ou encore meilleure résistance générale lors de pics de trafic D-bus.

Il ne devrait y avoir aucun changement visible dans la grande majorité des scénarios. Bien que dbus-broker soit plus moderne, il est davantage pensé pour éviter les goulets d’étranglement que pour fournir une accélération dans les opérations basiques.

Si Canonical a décidé ce remplacement, c’est que dbus-daemon a été créé il y a 22 ans. Malgré son âge vénérable, il a reçu de nombreuses évolutions. Cependant, il accuse le poids des années : son architecture a été conçue à une époque où le nombre de services système était bien plus faible qu’aujourd’hui, où les environnements de bureau étaient plus simples et les charges de travail beaucoup moins importantes.

Pourquoi pas avant ?

Cette décision n’a rien d’avant-garde. Fedora, souvent la première distribution à opérer des changements techniques d’envergure, a déjà réalisé cette bascule en 2019. Pourquoi Canonical a-t-elle attendu si longtemps ? L’entreprise cite deux raisons :

  • Il a fallu attendre que GDM (le gestionnaire de connexion/bureau de GNOME) se débarrasse de ses dépendances à dbus-daemon, ce qui a fini par arriver avec GNOME 49
  • et attendre que dbus-broker atteigne une compatibilité complète avec AppArmor, notamment pour certaines fonctions liées à la gestion des paquets Snap

La stratégie de Canonical face à la nouveauté ne change pas. Les bascules ne s’opèrent que lorsque l’entreprise estime que la situation s’y prête. On se souvient par exemple que le passage à Wayland s’était fait plusieurs années après d’autres distributions, un peu plus de cinq ans après celle de Fedora, par exemple. Le remplacement des composants historiques se fait progressivement, pour éviter une cassure chez les utilisateurs, Ubuntu étant la distribution Linux la plus utilisée au monde.

Bun présente une réécriture intégrale en Rust, réalisée en 11 jours avec Fable 5

13 juillet 2026 à 09:29
Des agents et de la rouille
Bun présente une réécriture intégrale en Rust, réalisée en 11 jours avec Fable 5

Bun, un environnement d’exécution JavaScript et un gestionnaire de paquets, a annoncé le 8 juillet une conversion complète de son code vers Rust en un temps record. L’opération a été en grande partie menée grâce à l’utilisation de Claude Fable 5. Bien qu’il s’agisse d’un exemple concret en production, il ne peut pas être appliqué à tout type de projet.

Bun est un environnement et un gestionnaire de paquets pour JavaScript. Il est développé avec le langage Zig, est open source et sous licence MIT. Le projet est relativement récent sur la scène du développement, car la version 1.0 stable est sortie en septembre 2023. La dernière révision stable est la 1.3, publiée fin 2025. Elle a notamment ajouté le remplacement à chaud des modules (Bun est également un groupeur de modules, ou module bundler).

Les projecteurs se sont brusquement braqués sur Bun au même moment, quand Anthropic a annoncé son rachat. Une opération logique pour Anthropic, Bun étant déjà utilisé pour certains composants de Claude Code.

Et voilà que Bun vient d’annoncer la réécriture complète de son code Zig en Rust… en seulement 11 jours, entre les 3 et 14 mai.

Direction Rust !

Dans son billet, Jarred Sumner, à la tête du développement de Bun, explique que la version initiale de Bun avait été écrite en un an et en Zig, avant l’apparition des LLM. Aujourd’hui, le CLI (interface en ligne de commande) de Bun est téléchargé 22 millions de fois par mois. Alors pourquoi une réécriture totale en Rust ?

Selon Sumner, le choix n’est pas idéologique, mais motivé par une liste précise de bugs récurrents dans la version Zig : des dizaines de bugs de type use-after-free (le noyau réutilise un pan de mémoire qu’il a déjà libéré), double-free (double utilisation de la fonction free() sur la même adresse mémoire) et fuites mémoire dans des modules critiques (node:zlib, node:http2, UDPSocket, crypto.scrypt, TLS…).

L’argument central de Sumner est que Zig, comme le C, ne gère pas la mémoire pour vous, et ne dispose pas de constructeurs/destructeurs. Le nettoyage repose sur le mot-clé explicite defer. Il est manuel et il faut donc penser à l’utiliser, rendant l’erreur humaine quasi inévitable à grande échelle.

« Chaque allocation mémoire doit être examinée avec minutie. Où ces octets sont-ils libérés ? Comment s’assurer qu’il ne soit libéré qu’une seule fois ? Avons-nous bien vérifié les exceptions JavaScript ? Ce pointeur collecté à la poubelle est-il visible pour le scanner de pile conservateur ? Est-ce de la mémoire récupérée ou de la mémoire gérée manuellement ? », liste Jarred Sumner, parmi les questions récurrentes.

Après avoir envisagé le C++, il se tourne finalement vers le Rust, car une bonne partie des problèmes rencontrés sont liés à la gestion de la mémoire. Avec le « nouveau » langage, loué pour la sécurité induite justement en mémoire, ces problèmes apparaissent à la compilation. Encore faut-il que le code soit en Rust « sûr » (safe).

Sumner aborde d’ailleurs ce point. 4 % du code Rust de Bun se trouvaient ainsi dans un bloc unsafe, soit environ 13 000 mots-clés unsafe dans environ 27 000 lignes sur un total d’environ 780 000. La totalité du code ne peut pas être en Rust safe, car Bun continue d’embarquer des dépendances C/C++ significatives, comme JavaScriptCore, uWebSockets, BoringSSL, SQLite et lshpack/lsquic.

Le rôle prépondérant de Claude Fable 5

Le billet détaille amplement les méthodes utilisées. Par exemple, le choix d’une réécriture complète (plutôt qu’incrémentale) a été motivé par la propre expérience de Jarred Sumner dans ce type d’opération, et par la disponibilité d’une suite de tests indépendante du langage d’implémentation. Selon Sumner, elle a permis de garder un filet de sécurité comportemental identique pour l’avant/après.

On apprend en outre que la « revue adversariale » a été faite par deux instances Claude en contexte séparé, chargées de débusquer les bugs et présentées comme le mécanisme central de contrôle qualité. Et c’est justement la présence de Fable 5 au cœur du mécanisme qui rend l’annonce si visible.

La version de test a été produite en 11 jours. Les chiffres associés sont impressionnants : 5,9 milliards de tokens d’entrée non mis en cache, 690 millions de tokens de sortie, et 72 milliards de tokens d’entrée lus en cache. Soit environ 165 000 dollars au tarif de l’API, contre une estimation d’environ un an de travail pour trois ingénieurs à temps plein sur le code existant pour les 535 496 lignes de code, selon Jarred Sumner.

Source : Bun

Cette performance – en moyenne 1 300 lignes de code à la minute – concerne cependant la phase de génération brute, pas le code fonctionnel. Le billet précise qu’à ce stade, « absolument rien ne fonctionnait encore ». Une performance à relativiser également sur l’utilisation du LLM, car elle n’avait rien de « naïf ». L’orchestration humaine a été lourde, avec environ 50 flux de travail dynamiques et jusqu’à 64 instances de Claude en parallèle, réparties en quatre arbres de travail (worktrees). Sumner dit avoir lui-même surveillé manuellement les sorties pendant l’essentiel des 11 jours de travail.

Le billet documente aussi des échecs répétés du modèle dans des cas précis : interprétation erronée de consignes, ajout de commentaires justificatifs longs pour masquer des contournements… Un comportement suffisamment problématique pour que Sumner ait fini par ajouter une règle explicite aux réviseurs adversariaux : « Si vous avez besoin d’un paragraphe entier pour justifier qu’un contournement est correct, c’est que le code n’est pas bon – corrigez le code ».

Bon… et alors ?

Selon Jarred Sumner, les avantages de Rust sont évidents dans la préversion. Allègement des binaires, consommation de mémoire réduite, résolution de nombreux bugs liés à la mémoire existants dans la version actuelle 1.3.14… Sur le plan des performances, les gains sont plus mesurés, avec 2 à 5 % en moyenne selon les scénarios.

Jarred Sumner veut pour preuve de sa réussite que la version 2.1.181 de Claude Code, publiée le 17 juin, utilise la version de Bun réécrite en Rust. Cela signifie-t-il que tout est parfait et que tout le monde devrait se lancer dans le même type d’opération ? Pas du tout.

Le billet de Bun est assez transparent sur les défis restants. Bun 1.4.0 sera bien la première version intégralement en Rust et des corrections continueront pendant toute la phase de test. Mais plusieurs éléments méritent d’être soulignés, dont le caractère même du billet : intéressant dans le retour d’expérience qu’il rapporte, mais qui reste une communication d’entreprise puisque Jarred Sumner travaille pour Anthropic et a pu bénéficier de Fable 5 quand presque plus personne n’y avait droit en mai.

On pourrait souligner également que des régressions peuvent apparaître avant et après la version finale. 19 ont ainsi été détectées et corrigées, mais la suite de tests, malgré le grand nombre d’exercices (plus de 60 000) a été écrite avant la réécriture de Bun, son périmètre n’est donc pas optimal. En outre, Jarred Sumner ne dit rien des bugs qui ont pu échapper aux instances adversariales bâties sur Claude et qui ont pu être détectés avec d’autres méthodes. Faisons remarquer aussi que les 165 000 dollars présentés comme facture de la migration peuvent être trompeurs : ils n’incluent pas le lourd temps humain de supervision pendant les 11 jours, ni l’infrastructure de calcul, ni le travail de fusion et post-fusion du code.

Ce cas ne peut pas être généralisé. Même si la réécriture de Bun doit s’avérer une franche réussite, elle le devra en bonne partie à la suite de tests indépendants du langage d’implémentation, qui a permis la validation des opérations menées par les agents, en comparant les situations avant et après.

Le résultat ne sera pas non plus un code Rust « idiomatique ». Il sera loin d’être parfait et de répondre aux standards de sécurité auxquels un code dans ce langage peut prétendre, mais le billet est transparent sur la question. Sumner indique que l’objectif était bien la parité comportementale. Le code safe et profitant vraiment de tous les avantages de Rust viendra plus tard, lors de « refactorings ultérieurs ». Il ne donne pas plus de précisions.

Enfin, il ne s’agit clairement pas d’un scénario « lancer et oublier ». Le cas présenté est celui d’un ingénieur senior utilisant des agents comme amplificateurs, pas en remplacement de son expertise. Lancer Fable 5 et lui demander simplement de réécrire du code en Rust n’a aucune chance de donner un résultat approchant.

Le projet Bun disposait d’ailleurs de conditions favorables à la base, comme sa structure pensée pour la portabilité, l’absence de dépendance à des paradigmes très spécifiques au C/C++, ou même le fait que Jarred Sumner est l’auteur principal, travaillant seul sur une bonne partie des tâches.

Un projet C/C++ ancien, avec de multiples contributeurs, des conventions peu claires, des dépendances à des extensions spécifiques de compilateur, ou surtout une suite de tests incomplète ou couplée au langage source, rencontrerait des difficultés bien plus importantes avec cette même méthode. Et les coûts s’envoleraient d’autant.

Des éditeurs pourraient disparaître de Google pour protéger leurs contenus de Gemini

13 juillet 2026 à 08:31
Googlebot, persona non grata
Des éditeurs pourraient disparaître de Google pour protéger leurs contenus de Gemini

La recherche Google qui façonne le web depuis 1998 a-t-elle vécu ? Plusieurs grands éditeurs de presse envisagent en effet de tout simplement quitter le moteur de recherche en lui interdisant d’indexer leurs contenus. Ils dénoncent l’exploitation qui en faite dans les réponses générées par l’IA de Google, alors même que la recherche leur apporte de moins en moins de trafic.

Le groupe USA Today, qui édite le quotidien américain du même nom ainsi qu’une myriade d’autres sites d’actualité à travers les États-Unis, se donne de 6 à 12 mois pour décider du blocage de l’indexation de ses contenus par Google. En d’autres termes, l’éditeur de presse pourrait tout simplement… quitter Google.

Le saut dans l’inconnu

Cette menace se matérialiserait au niveau de robots.txt, un petit fichier placé à la racine du site qui indique aux robots des moteurs de recherche les pages qu’ils sont autorisés à indexer. En bloquant Googlebot, USA Today empêcherait Google de parcourir ses contenus et, à terme, de les faire apparaître dans ses résultats.

« Je ne dirais pas que c’est une décision majeure, puisque nous bloquons déjà d’autres robots d’exploration », explique Mike Reed, le directeur général du groupe, à Adweek. « Ceux avec lesquels nous avons conclu des accords de licence ont accès à nos contenus. Les autres, nous les bloquons », ajoute-t-il. Il semble donc assez clair qu’il s’agit d’une tactique pour pousser Google à la table des négociations.

Néanmoins, c’est un coup de semonce qui pourrait en annoncer d’autres. Beehiiv, la plateforme de création, de diffusion et de monétisation de newsletters, a également annoncé que les membres de son réseau ont désormais la possibilité de bloquer Googlebot. Et Cloudflare est aux avant-postes pour forcer Google à évoluer.


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Netflix et Disney+ face au casse-tête de l’engagement

13 juillet 2026 à 07:28
Et si la solution était la télé à papa ?
Netflix et Disney+ face au casse-tête de l’engagement

Le streaming vidéo est-il à la croisée des chemins ? Plusieurs grandes plateformes cherchent en effet de nouveaux moyens de fidéliser les spectateurs qui papillonnent entre les nombreuses propositions de divertissement.

La bataille pour l’attention et l’engagement des utilisateurs fait rage entre les réseaux sociaux, les jeux vidéo, YouTube, les médias en ligne… Les services de streaming ont depuis longtemps identifié que la vraie concurrence n’était pas leurs rivaux directs.

« Nous rivalisons pour capter l’attention du public face à une offre toujours plus diversifiée, allant du streaming à la télévision hertzienne et au câble, en passant par les jeux vidéo, les réseaux sociaux et les grandes plateformes vidéo des géants de la tech », expliquait en début d’année Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, qui voulait à l’époque s’offrir Warner Bros. Discovery. En vain.

L’opportunité du gratuit

Tous les moyens sont bons pour éviter que les utilisateurs aillent voir ailleurs, surtout quand les augmentations de prix sont de plus en plus difficiles à faire passer. Netflix et plusieurs autres ont donc mis en place des formules financées par la publicité. Mais ce n’est plus suffisant aujourd’hui.


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Pourquoi tous ces emails sur les « pixels de suivi », et comment s’en protéger ?

13 juillet 2026 à 06:38
Le pixel qui en savait trop
Pourquoi tous ces emails sur les « pixels de suivi », et comment s’en protéger ?

À partir du 14 juillet, les éditeurs de services en ligne qui utilisent des pixels de suivi dans leurs emails sont censés être en conformité avec le cadre fixé par la CNIL en mars dernier, ce qui a déclenché une vaste campagne d’information. L’occasion de rappeler qu’il est aussi possible de reprendre la main sur le sujet, en bloquant l’affichage de ces fameux pixels traçants.

Banques, médias, régies de transport en commun, musique en ligne, e-commerçants… vous avez certainement reçu des messages d’information vous proposant de refuser l’utilisation de « pixels de suivi » de la part d’organisations ou de services en ligne dont vous recevez habituellement les emails.

Pourquoi une telle mobilisation en plein cœur d’un été bouillant ? Le 14 juillet correspond à la fin du délai de trois mois fixé par la CNIL pour mettre en application le nouveau cadre réglementaire dédié aux mécanismes de suivi (parfois appelés pixels traçants) mis en œuvre dans les campagnes d’email marketing.

Issu d’une recommandation adoptée le 12 mars et publiée le 14 avril dernier, la recommandation de la CNIL fixe qu’il est désormais nécessaire d’obtenir le consentement de l’internaute avant de l’exposer à un pixel de suivi, un régime inspiré des règles déjà en vigueur pour les cookies marketing.

La Commission n’impose pas d’obtenir un consentement rétroactif, mais elle exige que les destinataires d’emails faisant appel à des pixels de suivi soient dûment informés dans un délai de trois mois. D’où cette avalanche de messages titrés par exemple « Information relative à vos emails » chez TF1.

Un pixel pour analyser les taux d’ouverture (et créer des profils marketing)

Au fait, de quoi parle-t-on ici ? Pour identifier les interactions du destinataire avec leurs envois, les professionnels de l’email marketing ont recours à une image d’un seul pixel. Invisible à l’œil nu, elle est associée à un identifiant unique, hébergée sur un serveur distant, et intégrée dans le corps de l’email.

Lorsque votre client de messagerie interprète le code de l’email pour vous l’afficher, le pixel en question est appelé depuis le serveur. En consultant ses logs, l’émetteur (ou son prestataire) peut ainsi savoir si vous avez ouvert l’email.

La plupart des éditeurs justifient l’utilisation de ce pixel par la nécessité de savoir si l’email a bien été reçu (délivrabilité) et ouvert. Selon les cas, l’émetteur peut tout de même en profiter pour collecter d’autres informations, comme la date et l’heure d’ouverture, l’adresse IP utilisée, le client de messagerie employé, etc. Des données qui peuvent ensuite être mises à profit pour optimiser l’envoi de campagnes, personnaliser les messages ou travailler le ciblage publicitaire.

La pratique n’a rien de nouveau, mais elle échappait jusqu’ici à tout cadre réglementaire, alors qu’elle tombe sous le coup de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés qui impose, sauf exception, de recueillir le consentement de l’utilisateur final avant toute opération d’écriture ou de lecture sur son terminal.

Consentement exigé pour tous les usages marketing

Le fondement est exactement le même que pour les cookies. L’usage du pixel de suivi est autorisé, sans accord préalable, pour « la mise en œuvre de mesures de sécurité participant à l’authentification de l’utilisateur » (par exemple, une double authentification), et pour « la mesure individuelle du taux d’ouverture des courriels à des fins de délivrabilité ».

Il est également admis pour les emails transactionnels, entendus comme les messages déclenchés à la demande de l’utilisateur (par exemple, la confirmation d’une commande en ligne, le suivi d’un colis, la réinitialisation de mot de passe, le rappel programmé de rendez-vous, etc.), que l’on peut considérer comme sollicités par l’internaute.

En revanche, le consentement est exigé pour les usages qui relèvent de l’optimisation ou du suivi de la performance au sens marketing du terme, et la finalité de chaque pixel ou traceur doit être expliquée, de façon à ce que l’internaute puisse formuler un consentement « éclairé ». Ce consentement doit aussi pouvoir être modifié ou supprimé aussi simplement qu’il a été donné.

À compter du 14 juillet, le consentement doit être préalable à l’utilisation de pixels de suivi pour tous les nouveaux abonnés à une campagne email. Cependant, pour les bases déjà constituées, l’obligation se limite à informer les destinataires de l’usage de pixels et à leur permettre de s’y opposer facilement, via un lien de désinscription par exemple, différent du lien de désabonnement.

C’est ce choix que proposent tous les éditeurs de services qui communiquent en ce moment sur le sujet. « Si tu ne souhaites pas que nous adaptions nos messages selon tes interactions, tu peux le refuser dès maintenant en cliquant sur ce lien d’opposition. Si tu ne fais rien, nous continuerons à utiliser les pixels de suivi d’ouverture dans nos emails dans les conditions décrites ci-dessus », écrit par exemple Deezer à ses utilisateurs.

Se protéger soi-même, en attendant une mise en conformité généralisée

La CNIL n’a pas encore communiqué sur les éventuelles sanctions qui pourraient être mises en œuvre en cas d’infraction à ce nouveau cadre, mais il est possible, voire probable, que tous les acteurs de l’email marketing ne soient pas en conformité avant la date butoir du 14 juillet. On peut donc légitimement chercher à prendre les devants. Pour ce faire, il suffit de bloquer le chargement automatique du pixel de suivi : s’il n’est pas affiché, les informations associées ne remontent pas.

Du côté des clients de messagerie logiciels, la plupart des outils courants proposent une option de blocage du téléchargement automatique des images. Pionnier sur le sujet, Thunderbird a été rejoint par Outlook dans sa version desktop, qui propose un réglage dédié dans le centre de gestion de la confidentialité. Sur Mac ou iPhone, Apple Mail intègre depuis plusieurs années des fonctions dédiées, dont Mail Privacy Protection qui fait transiter les images par un serveur proxy, et masque donc une partie des données liées à la consultation.

Chez les fournisseurs de messagerie en ligne, certains comme Proton ou Tuta bloquent nativement le chargement des images distantes, sans réglage à effectuer. D’autres, comme Gmail, le proposent en option (via les paramètres, menu Général, rubrique images), mais l’activation de cette protection bloque les fonctions de messagerie dynamique (qui permettent d’effectuer certaines tâches directement depuis le contenu d’un email, par exemple ajouter un événement à son calendrier). Il existe également plusieurs extensions dédiées au signalement de ces pixels traceurs.

Une option Gmail permet de bloquer le chargement par défaut des images, au prix des fonctions de messagerie dynamique – capture d’écran Next

Notez toutefois que le blocage des pixels de suivi ne suffit pas à gommer toute traçabilité : la plupart des plateformes d’emailing convertissent par exemple les liens hypertexte contenus à l’intérieur d’un email en leur ajoutant des éléments de suivi. Certaines messageries comme Proton promettent de réécrire ces liens, mais la vigilance reste de mise dès que vous interagissez avec le contenu.

NB : Next ne recourt à aucun pixel de suivi dans ses communications par email 😉

#Flock : Next Summer Time

Par : Flock
11 juillet 2026 à 11:37
Burn baby burn
#Flock : Next Summer Time

Holà les amis ! Voici venu le temps de l’été pour Next ! Le moment où ma rubrique prend une traditionnelle pause pendant cette période de l’année ralentie par les chaleurs insoutenables, où même les big techs lèvent le pied dans leurs aspirations dystopiques. Bon à part Zuck qui continue de siphonner et bincher les scripts de Black Mirror, mais bon, ça fait longtemps qu’il est irrécupérable…
Mais au delà de cette pause qui n’en est pas vraiment une, c’est l’occasion de vous annoncer l’arrivée tout au long de l’été de petits biscuits ludiques (pas de mini-jeux vidéo cette fois) qui viendront parsemer vos lectures de Next, vous procurant de brefs instants de légèreté dans ce monde plombé par les températures. Comme on ne fait pas les choses à moitié, il y aura des petites récompenses à la clé ! Vous en saurez plus très rapidement. En attendant ces réjouissances à venir, saurez-vous retrouver toute la rédac dans cet enfer de populace se vautrant dans la silice ? Ce ne sera pas forcément facile, avec certains membres de la rédac bien cachés sous leurs parasols… (cliquez sur l’image pour une version plus grande) Des bisous et mettez de la crème !

Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

10 juillet 2026 à 22:24
La surprise du vendredi soir
Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

Apple sort l’artillerie lourde contre OpenAI. Le constructeur informatique a porté plainte contre le labo IA, accusé d’avoir au minimum organisé la récupération systématique de secrets industriels pour accélérer la conception de futurs appareils grand public. La plainte vise OpenAI, la filiale io Products, et deux anciens cadres d’Apple.

Les bruits de couloir qui couraient ces derniers mois dans la Silicon Valley prédisaient qu’Apple et OpenAI ne passeront pas leurs vacances ensemble. C’est désormais chose faite, avec le dépôt d’une plainte ce 10 juillet devant le tribunal fédéral du nord de la Californie (PDF).

Apple et OpenAI ont pourtant travaillé en bon terme, allant jusqu’à intégrer ChatGPT (certes, au forceps) dans Siri. En juillet 2024, le constructeur aurait même pu obtenir un poste d’observateur au conseil d’administration du labo IA. C’est Phil Schiller, ancien directeur du marketing et désormais responsable de l’App Store, qui était pressenti pour ce rond de serviette, sans droit de vote. Cette coopération très étroite ne s’est jamais concrétisée, pire encore les relations se sont franchement détériorées.

Le débauchage chez Apple comme méthode de collecte d’infos

Jusqu’à aujourd’hui donc, et cette plainte contre la fondation OpenAI et OpenAI Group PBC, les deux piliers du groupe ; io Products, la startup matérielle créée par Jony Ive (ancien designer en chef d’Apple) rachetée en mai 2025 par OpenAI ; et deux individus : Chang Liu et Tang Tan. Ces derniers sont d’anciens ingénieurs d’Apple ayant rejoint OpenAI.

Chang Liu a travaillé 8 ans chez Apple comme ingénieur principal en systèmes électriques, notamment sur l’iPhone. Il a rejoint OpenAI en début d’année. Tang Tan est un vétéran de Cupertino où il a travaillé pendant 24 ans. Il était vice-président chargé du design produit de l’iPhone et de l’Apple Watch. Il est devenu directeur du matériel d’OpenAI après avoir participé à la création d’io Products.

Les accusations les plus précises concernent Chang Liu. L’ingénieur n’aurait pas rendu au moins un ordinateur professionnel quand il a quitté Apple. Il n’aurait pas non plus répondu aux demandes d’entretien de départ ni aux sollicitations de son ex employeur pour vérifier s’il avait bien restitué le matériel et supprimé des données confidentielles. Ces informations et documents ont-ils permis à Chang Liu de décrocher plus facilement un poste chez OpenAI ?

Ça n’est pas tout, Apple accuse aussi Chang Liu d’avoir aidé une collègue, Alyssa Peng, à préparer son recrutement chez OpenAI. Il lui aurait ainsi indiqué les dossiers internes à consulter et comment copier des fichiers sans attirer l’attention des collègues. Elle a rejoint OpenAI au mois d’avril.

En ce qui concerne Tang Tan, la plainte rapporte qu’il demandait aux employés d’Apple passant des entretiens d’embauche chez OpenAI de donner des détails sur des produits en développement. Ils devaient donner des noms de code internes, détailler leur expérience des fournisseurs et des procédés de fabrication, et même fournir des composants (batteries, cartes mères, boîtiers…).

En parallèle, OpenAI aurait conseillé aux futurs salariés de ne pas révéler immédiatement qu’ils partaient chez OpenAI, d’éviter un départ immédiat imposé par Apple, de rester en poste aussi longtemps que possible, de ne signer aucun nouveau document pendant l’entretien de sortie et de prévenir OpenAI si Apple leur demandait une signature. Une manière, selon le constructeur, de conserver plus longtemps l’accès à des informations internes.

« Plutôt que d’investir les ressources qu’exigerait un développement légitime, OpenAI aurait choisi de détourner des secrets commerciaux pour profiter de décennies d’innovation chez Apple », estime l’entreprise. En plus de ces secrets provenant d’anciens employés, Apple reproche à OpenAI d’avoir soutiré des informations de fournisseurs concernant des technologies de batterie, sur des finitions, et plus généralement de production industrielle.

« Récemment, des éléments importants ont émergé, laissant penser que des personnes employées par OpenAI se sont indûment approprié des informations secrètes et confidentielles d’Apple concernant nos technologies, nos procédés et nos produits qui n’ont pas encore été dévoilés », a expliqué un porte-parole d’Apple à la presse US. « Nous défendrons toujours le travail et les innovations de nos équipes, et nous prenons toutes les mesures appropriées pour le faire. »

Les futurs appareils d’OpenAI sous la menace d’une injonction

Ce n’est un secret pour personne qu’OpenAI développe des appareils basés sur l’IA, avec l’aide de Jony Ive. La plainte évoque d’ailleurs plus de 400 anciens salariés d’Apple travaillant désormais au sein du labo. Des ex employés ont bien sûr le droit de travailler ailleurs avec leurs connaissances et leurs bagages, mais la ligne rouge tracée par Apple est la conservation de documents confidentiels, la révélation d’informations non publiques, le vol de prototypes ou de procédés de fabrication.

Pour Apple, OpenAI a voulu éviter plusieurs années de recherche et développement coûteuses en s’appuyant sur les connaissances d’anciens employés et sur des infrastructures patiemment construites au fil des ans par le constructeur.

OpenAI, prévenue en février de l’enquête menée par Apple, n’aurait pas répondu aux demandes d’éclaircissements de l’entreprise. Un silence présenté comme l’une des raisons ayant poussé Apple à porter plainte. Celle-ci utilise des formules très agressives pour faire valoir sa position :

« Apple n’a aucune visibilité sur ce qui se passe à huis clos chez OpenAI, où de tels agissements seraient devenus la norme et incarnés par la direction. Une chose est toutefois claire : à tous les niveaux, des membres du personnel technique jusqu’au directeur du matériel, et en coordination avec ses partenaires commerciaux, OpenAI détournerait les secrets commerciaux et les informations confidentielles d’Apple. En conséquence, l’activité matérielle naissante d’OpenAI repose désormais sur des fondations extrêmement fragiles, pourries jusqu’à la moelle par son recours illégal au détournement de secrets commerciaux. »

Apple ne réclame pas une somme précise en dommages-intérêts, mais le montant sera déterminé pendant la procédure ou durant un éventuel procès. Le constructeur informatique veut d’abord et avant tout obtenir une injonction qui obligerait OpenAI à restituer tous les documents et équipements d’Apple, de cesser de les exploiter, de ne détruire aucune preuve et de ne plus accéder à l’infrastructure d’Apple.

L’actualité de ces prochaines semaines et de ces prochains mois sera certainement rythmée par les soubresauts de ce dossier. OpenAI peut-elle poursuivre le développement de produits matériels avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Le risque évident à l’heure actuelle est un report du lancement de cette gamme… voire une annulation pure et simple.

Mise à jour — Drew Pusateri, le directeur des communications d’OpenAI, a brièvement réagi sur les réseaux sociaux à la plainte d’Apple : « Nous ne nous intéressons aucunement aux secrets industriels d’autres entreprises. Nous restons concentrés sur le développement de technologies innovantes qui donnent à chacun, partout dans le monde, les moyens d’agir. »

Scaleway rachète Qarnot et ses activités HPC récemment placées en redressement judiciaire

10 juillet 2026 à 15:29

Scaleway rachète Qarnot et ses activités HPC récemment placées en redressement judiciaire

Scaleway, filiale du groupe iliad, a annoncé vendredi l’acquisition de Qarnot, un spécialiste du calcul haute performance, très engagé historiquement sur la valorisation de la chaleur fatale. Auréolé de plusieurs levées de fonds, Qarnot venait de se placer sous la protection du tribunal de commerce, dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire.

Scaleway, fournisseur de cloud et d’IA, ajoute une brique calcul haute performance (HPC) à son épais portefeuille de produits : la filiale d’iliad vient en effet d’annoncer l’acquisition de Qarnot, société parisienne (basée à Montrouge) spécialisée dans la fourniture de ressources dédiées à l’ingénierie, à la simulation et à la recherche.

« Avec Qarnot, Scaleway enrichit sa plateforme Cloud & IA de capacités HPC dédiées, un service stratégique de plus en plus recherché par les acteurs industriels et financiers. Cette acquisition renforce également la position de Scaleway en tant que seul fournisseur européen de cloud souverain à proposer, au sein d’une plateforme unique, des services de cloud, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance », vante l’acquéreur dans un communiqué (PDF).

HPC et récupération de chaleur

Qarnot cible principalement des clients industriels, notamment dans l’aéronautique, le spatial ou l’énergie, à qui l’entreprise fournit « un accès immédiat à des centaines de cœurs CPU et GPU et la possibilité d’exécuter plusieurs clusters en parallèle ».

Elle décline ses services au travers d’une plateforme qui promet une « intégration fluide avec les principaux solveurs du marché, tels qu’Ansys Fluent, Abaqus et OpenFOAM », comme le décrivait l’entreprise en mai dernier au moment d’annoncer la signature d’un contrat avec l’entreprise toulousaine Aura Aero, engagée dans le développement d’avions électriques.

Outre sa simplicité d’accès, Qarnot revendique « un rapport coût-performance inégalé, avec des tarifs jusqu’à 50 % inférieurs à ceux des fournisseurs cloud traditionnels ». Une partie de cette efficacité découle du positionnement historique de Qarnot, qui planche depuis sa création en 2010 sur la valorisation de la chaleur fatale générée par les ressources informatiques.

L’entreprise s’est en effet fait connaître du grand public par l’intermédiaire de ses radiateurs dissimulant des composants dédiés au calcul et notamment au minage de cryptomonnaies. L’idée se révélait particulièrement séduisante sur le papier : l’utilisateur qui installait un radiateur Qarnot à son domicile pouvait en effet être rémunéré pour le fait d’héberger la machine et d’assurer son alimentation électrique, et profitait en bonus d’un chauffage gratuit. Le concept a séduit plusieurs bailleurs et promoteurs immobiliers, avec des résultats mitigés, comme témoigne Gironde Habitat dans un article de Sud Ouest.

Moins connue, l’activité principale de Qarnot consistait en réalité à développer des systèmes de récupération de chaleur dédiés aux serveurs installés dans l’environnement à la fois dense et contrôlé de datacenters, installés à proximité de sites susceptibles de consommer cette chaleur (réseaux de chauffage urbain par exemple). « Grâce à sa technologie de récupération de chaleur, Qarnot valorise 95 % de la chaleur dégagée par les serveurs et se dispense par ailleurs de systèmes de refroidissement pour évacuer la chaleur des serveurs (ventilation, climatisation, etc), permettant ainsi à ses clients Cloud HPC de bénéficier d’une infrastructure bas carbone », explique ainsi l’entreprise.

Des promesses qui collent logiquement aux problématiques opérationnelles de Scaleway, confronté, comme tous les acteurs du cloud, à la nécessité de montrer patte blanche en matière d’impact environnemental. « Demain, on ne choisira plus une plateforme cloud uniquement pour ses performances, mais pour la façon dont elle gère sa consommation d’énergie. L’expertise de Qarnot dans la récupération de la chaleur fatale nous permet de progresser vers cet objectif », se réjouit Damien Lucas, CEO de Scaleway.

35 millions d’euros levés en 2023

Le parcours de Qarnot est émaillé de plusieurs levées de fonds, dont un tour de table significatif dévoilé début 2023 : l’entreprise avait alors annoncé avoir réuni 35 millions d’euros pour industrialiser son système de récupération de chaleur destiné aux datacenters. La Banque des Territoires participait à l’opération pour le compte de l’État dans le cadre du plan France 2030 (PDF).

Cette manne n’a cependant pas permis à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Ses derniers bilans, consultés par Next, révèlent ainsi des pertes cumulées de 9 millions d’euros entre 2023 et 2024, en dépit d’un chiffre d’affaires qui se redresse légèrement, de 2,68 millions d’euros (2023) à 3 millions d’euros en 2024.

En dépit d’une discrète augmentation de capital début 2025, l’entreprise a fini par se placer sous la protection du tribunal des activités économiques de Nanterre, qui a ouvert le 19 mai dernier une procédure de redressement judiciaire. C’est donc dans ce contexte que s’opère la reprise par Scaleway, avec un calendrier qui laisse supposer une procédure négociée en amont (prépack cession) du jugement. Nous avons demandé des précisions à l’acquéreur sur ce volet, qui n’est pas neutre pour les employés de Qarnot et ses investisseurs, sans réponse pour l’instant.

Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

10 juillet 2026 à 13:56
All Cops Are GASPARD
Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

En 2011, la CNIL déplorait l’absence de base légale du fichier GASPARD de photos biométriques policières. 15 ans plus tard, policiers et gendarmes s’en servent quotidiennement depuis leurs téléphones portables pour recourir, en toute illégalité, à la reconnaissance faciale lors de simples contrôles d’identité. Un juge vient de relaxer huit manifestants, dont certains avaient été identifiés (à tort) grâce à la reconnaissance faciale, au motif que la police s’en était servi illégalement.

L’ONG d’investigation Disclose avait déjà révélé, en mars dernier, que 230 000 smartphones NEO 2 utilisés par les policiers depuis 2022 et NeoGend de la gendarmerie depuis 2020 permettent de recourir à la reconnaissance faciale. Une technologie utilisée lors de contrôles d’identité, ce qui est pourtant interdit par la loi.

Ce nouvel équipement opérationnel (NEO), des smartphones Android Xperia X (Sony) ou Core-X4 (Crosscall) modifiés à l’aide de Secdroid, disposent en effet de nombreuses applications métier. Pami elles, une app permettant d’accéder au TAJ (pour « traitement d’antécédents judiciaires »), sorte de « casier judiciaire bis » contenant 24 millions de signalements de personnes « mises en cause » (« MEC », et donc « défavorablement connues », pour reprendre l’expression consacrée dans les médias), dont 16 millions le sont nominativement.

Le TAJ est en outre adossé à un autre fichier, « GASPARD-NG » (pour Gestion automatisée des signalements et des photographies anthropométriques répertoriées et distribuables – Nouvelle génération) qui, bien qu’existant depuis au moins 2008, n’avait été officialisé qu’en 2012. Il pourrait être entâché d’illégalité faute d’avoir été soumis à l’avis de la CNIL.

En 2024, un appel d’offres que Next avait décrypté indiquait que le fichier dénombrait alors quelques 9 millions de photos de face (+ 135 000 nouvelles photos par mois) « comportant des caractéristiques techniques permettant de recourir à un dispositif de reconnaissance faciale (photographie du visage de face) », 4 134 000 tatouages (+ 52 000), et 921 000 signes particuliers (+ 9 000).

Les terminaux NEO disposent quant à eux d’une app dédiée, Reco-TAJ, permettant d’interroger GASPARD à partir d’une photo. De plus en plus de forces de l’ordre se servent de leurs NEO pour prendre en photo des suspects, ou des personnes faisant l’objet de contrôles d’identité… quand bien même l’application précise pourtant qu’elle ne peut être utilisée que « dans le cadre d’une enquête judiciaire (interdit pour un contrôle d’identité) ».

Un mode d’emploi du logiciel de la société allemande Cognitec consulté par Disclose précise qu’il suffirait de charger la photo d’un individu puis de cliquer sur un bouton « Rapprocher » pour obtenir « les 200 photos les plus pertinentes » enregistrées dans le TAJ au bout de « quelques secondes, normalement moins d’une minute ».

Or, le code de procédure pénale limite la consultation du TAJ aux seuls « besoins des enquêtes judiciaires », et donc à la résolution d’infractions, délits ou crimes, et « le fichier ne peut aucunement être consulté lors de contrôles en « temps réel » », souligne Disclose.

« Cette technique n’est pas légale. Il n’y a donc aucune raison que je la cautionne ; au contraire, je la dénonce », avait rappelé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez au Sénat suite aux révélations de Disclose, le 1er avril dernier, tout en précisant : « je n’ai pas à rappeler les instructions, puisqu’elles sont permanentes ».

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais il est coincé par les syndicats »

Disclose et L’œil du 20 heures de France 2 ont néanmoins recueilli plusieurs témoignages de policiers et gendarmes indiquant que la pratique, bien qu’illégale, continue. Ils n’ont depuis reçu aucune consigne leur rappelant le cadre légal d’utilisation de la reconnaissance faciale, ni les risques encourus, à savoir une peine de 3 à 5 ans de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende.

Sous couvert d’anonymat, un gendarme confie à L’œil du 20 h que son supérieur qualifiait le logiciel de reconnaissance faciale d’« outil miracle », et que s’il était installé par défaut sur les terminaux NEO des gendarmes et policiers, c’était pour qu’ils s’en servent, y compris lors des contrôles d’identité.

Le fait de pouvoir l’utiliser aussi facilement générerait également une « confiance aveugle » dans sa capacité d’identifier correctement les personnes déjà fichées, souligne le gendarme, au motif que « le fichier est plus fort que tout »… quitte à verbaliser un innocent.

Or, l’identification biométrique ou génétique, tout comme de nombreuses autres techniques utilisées par la police scientifique, repose sur des calculs de probabilité, qui génèrent donc forcément des faux positifs et faux négatifs. Elle ne saurait donc être considérée comme des « preuves scientifiques », nonobstant le fait que les « experts » peuvent aussi se tromper.

De plus, le Traitement des Antécédents Judiciaires peut lui-même induire en erreur. Il est en effet né sous Nicolas Sarkozy de la fusion de deux fichiers : le STIC de la police et JUDEX pour la gendarmerie. Deux fichiers créés illégalement, et ayant fonctionné dans l’illégalité pendant des années avant d’être légalisés par la CNIL. L’institution les brocardait régulièrement pour être truffés d’erreurs, et pas mis à jour. Des millions de personnes, bien qu’innocentées par la justice, y figuraient ainsi comme « suspectes ».

De 23 jusqu’à 83 % d’erreurs dans les fichiers STIC contrôlés par la CNIL

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais le truc, c’est qu’ils ne peuvent pas vérifier les accès au logiciel de Reco-TAJ de tous les flics », explique à Disclose un policier, pour qui l’ancien préfet de police de Paris serait coincé : « Demain, s’il nous dit que ça ne va pas, il aura tous les syndicats de police sur le dos. »

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé »

Ce recours banalisé serait en outre encouragé par la « course aux chiffres » à laquelle ils sont poussés, afin de multiplier les « amendes forfaitaires délictuelles » (AFD). Instaurées en 2016 afin d’accélérer le traitement de certains délits dits « de masse », sans avoir à passer par la voie judiciaire, ce traitement pénal simplifié est régulièrement critiqué par le Défenseur des droits et la Cour des comptes, rappelle vie-publique.fr.

Le dispositif n’en a pas moins été considérablement élargi depuis, passant de 3 délits routiers en 2016 à 91 infractions en 2023 (de l’usage illicite de stupéfiants au défaut d’assurance et de permis de conduire en passant par la vente à la sauvette, le vol à l’étalage, l’outrage sexiste, etc.). Le nombre de verbalisations a ainsi quasi-triplé entre 2021 et 2024, et celui des contestations a quadruplé.

1,6 million d’AFD ont en effet été dressées entre 2019 et 2024, selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dont près de 500 000 sur la seule année 2024. La part des AFD dans l’ensemble des délits enregistrés explose ainsi de 1 à 10 % en cinq ans.

« La chasse aux statistiques nous encourage à mettre le plus d’AFD possibles », explique une source à Disclose. Elle estime que cette politique du chiffre encourage les contrôles au faciès : « Quand j’ai été formé à l’utilisation de l’outil, on nous a dit que c’était le Graal, l’outil miracle pour bien aiguiller nos contrôles ».

Une autre source avance que « c’est d’abord pour cette raison que l’appli du TAJ avec reco faciale est généralisée sur les NEO », et déplore que cette politique du chiffre se fasse « au détriment du vrai boulot de policiers de terrain » :

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé en AFD. Donc, un policier qui fait 50 AFD pour du shit sera considéré comme meilleur qu’un policier qui fait une prise de 1 kg de cocaïne. »

Une vidéo, datant de fin mai et diffusée par Disclose, montre ainsi un policier en civil de la brigade anticriminalité photographiant avec un terminal NEO le visage d’un individu, contrôlé dans la rue, puis scroller une liste de photographies semblant indiquer qu’il utilise le logiciel de reconnaissance faciale.

Un recours illégal au fichier qui peut lui-même entraîner des erreurs d’identification. Disclose évoque le cas d’une jeune femme rom arrêtée pour cambriolage en 2022 dont les traits du visage « présentent une similitude à 68 % » avec la photo contenue dans GASPARD d’une femme visée par une obligation de quitter le territoire (OQTF).

Condamnée à six mois de prison ferme, la jeune femme fut placée en centre de rétention en vue d’être expulsée vers la Serbie ou la Croatie. Une expulsion finalement empêchée du fait de ne pouvoir attester de sa véritable identité. Mais la personne initialement fichée s’est vue quant à elle attribuer un cambriolage qu’elle n’avait pas commis, relève Disclose.

« Formellement identifié via la reconnaissance faciale »… à tort

Nos confrères reviennent sur une autre erreur d’identification. Mi-mai, huit activistes étaient interpellés pour avoir bloqué pendant une heure un pont, en protestation d’un projet autoroutier. Arrêtés sans opposer de résistance, ils avaient ensuite invoqué leur droit au silence, refusé de décliner leur identité, ainsi que le prélèvement de leurs empreintes digitales et de leur ADN.

Sauf que l’enquêteur qui les auditionnait a branché sa caméra, quand bien même ce dispositif est normalement réservé aux suspects de crimes ou aux victimes mineures précise Disclose, afin de pouvoir faire une capture d’écran de leurs visages, et interroger le TAJ.

L’un des manifestants, Julien* (prénom d’emprunt, ndlr), 22 ans, fut ainsi confondu, à tort, avec un autre jeune homme de 23 ans, Marius*, « défavorablement connu des services de police » (car fiché au TAJ) pour « usage illicite de stupéfiants » et « violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité lors d’une manifestation sur la voie publique ».

Julien*, qui a depuis pu consulter les pièces de la procédure, à commencer par la fiche TAJ du vrai Marius*, et donc sa photo, a pu constater qu’ils portent certes tous deux la moustache, ont des cheveux bruns, mais aussi que leurs visages ne sont pas si ressemblants que ça : « C’est à croire qu’ils ont pris pour argent comptant les résultats de l’intelligence artificielle sans même comparer nos photos », déplore l’activiste.

Au total, trois des huit militants furent « formellement identifié [sic] via la reconnaissance faciale », sans que Disclose ne précise si les deux autres avaient été dument identifiés, ou pas. Mediapart, qui a couvert leur procès au tribunal de Valence, ce lundi 6 juillet, pointe d’autres problèmes.


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☕️ macOS 28 ne prendra plus en charge les volumes au format HFS+ chiffré

10 juillet 2026 à 13:22


Dans une note technique publiée le 7 juillet, Apple commence à informer d’un changement important à venir dans la mouture 28 de macOS, qui sortira l’année prochaine : la fin de la prise en charge des volumes en HFS+ chiffrés. Ces derniers ne pourront plus être montés dans le système : ils n’apparaitront tout simplement plus.

On y apprend que dès macOS 26 – la version actuelle – des avertissements vont être affichés pour les personnes concernées. Le système de fichiers HFS+ (aussi appelé HFS Extended ou Mac OS Étendu) a longtemps été utilisé sur les Mac. Il a depuis plusieurs années été remplacé par défaut par APFS, pensé pour la mémoire flash et disposant de fonctions plus modernes : schéma de partition GPT (GUID Partition Table), instruction TRIM, inodes 64 bits, instantanés (snapshots), ou encore chiffrement intégral ou par fichier.

Les volumes HFS+ chiffrés sont donc anciens. Il peut s’agir de Mac dont la transition vers APFS n’a pas été faite, ou plus probablement de périphériques de stockage sur lesquels cette opération n’a pas eu lieu.

Apple précise que la notification émise par macOS pointera directement le volume concerné. On peut quand même vérifier manuellement quel système de fichiers est utilisé sur ses volumes via les manipulations suivantes :

  • ouvrir l’Utilitaire de disque, dans Applications > Utilitaires ;
  • dans le menu Affichage de la barre de menu, choisir « Afficher uniquement les volumes » ;
  • dans la barre latérale de l’Utilitaire de disque, sélectionner le nom du volume ;
  • chercher les informations affichées directement en-dessous du nom de volume à droite : si « Mac OS Extended » et « Encrypted » apparaissent tous deux, le volume sera concerné par la fin de prise en charge.

Pour s’éviter une rupture dans l’utilisation, il n’y a que deux solutions possibles : déchiffrer le disque ou reformater. Le déchiffrement est l’opération la plus rapide et Apple en donne la marche à suivre dans sa note. Car si le HFS+ chiffré n’est plus supporté, le HFS+ classique le sera encore. L’autre solution est de reformater le volume en APFS ou en HFS+, mais l’opération nécessite des déplacements de données. Pour les supports utilisés régulièrement, Apple recommande le reformatage en APFS.

S’agissant d’anciennes technologies, il est probable que peu de personnes soient concernées. L’avertissement devrait remplir son office, car il reste plus d’un an avant l’abandon de la version chiffrée du HFS+.

☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram

10 juillet 2026 à 13:01


Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

La Commission européenne mène une enquête sur Meta depuis mai 2024 : elle craint que les systèmes de Facebook et d’Instagram favorisent des comportements addictifs chez les enfants. Deux ans plus tard, les résultats préliminaires sont tombés et ils ne sont guère favorables à l’entreprise américaine.

Bruxelles estime ainsi que Meta n’aurait pas correctement évalué les effets des mécanismes employés dans Facebook et Instagram pour retenir l’utilisateur : défilement infini, lecture automatique de vidéos, notifications, recommandations personnalisées ou encore enchaînements de Reels et de Stories. Tout cela est de nature à affecter le bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables, juge le régulateur.

« Ces fonctionnalités incitent l’utilisateur à faire défiler toujours plus de contenus et placent son cerveau en « mode pilote automatique », ce qui peut favoriser de mauvaises habitudes et un usage compulsif », déplore la Commission. En outre, Meta n’aurait pas tenu compte des informations disponibles sur le temps passé par les mineurs sur ses réseaux sociaux la nuit.

Nouvelle passe d’armes entre Bruxelles et Meta

Meta s’inscrit en faux face aux accusations européennes. Un porte-parole affirme ainsi que les conclusions de l’enquête « ne tiennent pas correctement compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents ». Sauf que ces mesures correctives sont jugées insuffisantes par la Commission : les rappels de temps d’écran peuvent être facilement ignorés, les contrôles parentaux seraient trop complexes et les conseils renvoyant vers un centre de sécurité ne réduiraient pas concrètement les risques.

Bruxelles considère maintenant que de simples avertissements ne suffisent plus et que Meta devrait modifier ses applications et services. La Commission évoque plusieurs changements lourds que Meta devrait effectuer dans ses applications, comme la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, de véritables pauses obligatoires ou plus difficiles à contourner et des recommandations moins optimisées pour maximiser l’engagement.

« Le règlement sur les services numériques fournit un cadre clair permettant de tenir les plateformes responsables de la conception addictive de leurs services et de ses effets », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’une condamnation définitive. Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des changements. Le Comité européen des services numériques sera également consulté. Mais si les conclusions sont confirmées, l’exécutif européen pourra adopter une décision de non-conformité et infliger une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de Meta. Le montant réel dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère éventuellement répété de l’infraction.

En février dernier, cette même Commission lançait une enquête sur TikTok, pour des raisons similaires. Le réseau social n’aurait pas suffisamment évalué les conséquences des mécanismes addictifs de sa plateforme et de la manière dont ils « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

☕️ Xavier Niel va devenir le premier actionnaire de Vodafone

10 juillet 2026 à 10:05


L’opérateur émirati Emirates Telecommunications Corporation, plus connu sous sa marque commerciale Etisalat, ou son logo e&, a annoncé (PDF) vendredi la vente de sa participation dans le groupe Vodafone à une société dédiée intégralement détenue par la famille Niel.

Baptisé Vega, ce véhicule d’investissement se prépare ainsi à acheter l’équivalent de 16,21 % du capital de Vodafone et de 17,13 % des droits de vote, pour une somme d’environ 5,2 milliards d’euros.

À l’issue de l’opération et sous réserve de l’accord des autorités compétentes, Xavier Niel deviendra, via Vega, le premier actionnaire de l’opérateur britannique, présent notamment dans neuf marchés européens (dont l’Italie qui avait déjà motivé une tentative de rapprochement) et six pays d’Afrique.

Patron du groupe iliad, présent en France, en Italie, en Pologne et en Irlande, Xavier Niel étend ainsi sa sphère d’influence sur le marché des télécoms. Il est également actionnaire minoritaire de Millicom, en Amérique latine, et du suédois Tele2.

Logo Vodafone

Microsoft officialise son utilisation intensive de l’IA pour la découverte des failles

10 juillet 2026 à 09:10
Déluge en perspective
Microsoft officialise son utilisation intensive de l’IA pour la découverte des failles

En mai 2026, Microsoft avait indiqué brièvement que ses équipes d’ingénieurs utilisaient de plus en plus les LLM pour chercher les failles de sécurité. Cette fois, l’entreprise détaille sa façon de faire, en insistant sur l’importance que représentent désormais les grands modèles dans la sécurité de ses produits, Windows en tête.

Le « Patch Tuesday » est le nom que l’on donne au deuxième mardi de chaque mois, date retenue par Microsoft pour effectuer un lâcher de correctifs. Or, celui de juin a marqué une rupture : avec quasiment 200 failles colmatées au compteur, il établissait un nouveau record. Dans un billet en mai, la firme avait indiqué que ses ingénieurs utilisaient les LLM et le faisaient de plus en plus. On pouvait donc supposer que même si le Patch Tuesday de juin était un record, le rythme n’allait pas ralentir.

L’éditeur a justement publié un long billet de blog pour expliquer comment l’IA générative faisait désormais partie intégrante de ses processus.

De l’IA à presque tous les étages

Microsoft explique avoir fait évoluer ses systèmes d’ingénierie et de validation pour réduire le délai entre la découverte d’une vulnérabilité et la protection des clients, en priorisant les zones à plus fort risque. Concrètement, l’IA est intégrée plus tôt dans le cycle de développement, l’évaluation passant toujours par l’expertise humaine, de même que l’arbitrage sur les risques et la garantie que les correctifs respectent le niveau de qualité attendu, affirme l’entreprise.

Faut-il donc s’attendre à une déferlante chaque mois ? Il n’y a bien sûr aucune raison que l’IA utilisée pour débusquer autant de problèmes en mai et juin soit délaissée par la suite. Microsoft prévient ainsi que les clients verront un volume plus élevé de mises à jour de sécurité dans chaque publication. L’éditeur précise rapidement que ce changement est la preuve que les équipes de défense s’améliorent dans l’identification et le traitement des problèmes, pas un signe de dégradation de la sécurité de Windows.


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