Nintendo fête en grande pompe les 40 ans de la franchise The Legend of Zelda avec le remake d’un des plus grands jeux de tous les temps : Ocarina of Time. Le titre, sorti en 1998 sur N64 (au Japon), a été le premier de la franchise en 3D ; il a déjà eu droit à un remake pour la 3DS en 2011. La Switch 2 aura droit à sa propre version le 5 novembre (on échappe de peu à une sortie concomitante avec un certain GTA 6 le 19 novembre).
Le remake bénéficie d’un gros ripolinage graphique qui rapproche ce Zelda de n’importe quel jeu en monde ouvert sous Unreal Engine. La direction artistique diffère aussi de ce qu’on a connu avec les deux derniers volets 3D (Breath of the Wild et Tears of the Kingdom), plus portés sur le cell shading. Au bout du compte, ce qu’on gagne en réalisme, on le perd un peu en personnalité. Nintendo avait déjà fait le coup avec le remake de Star Fox 64, sorti en juin, avec son rendu semi-réaliste.
Dans cet épisode, Link gagne quelques fonctions comme sauter en appuyant sur un bouton (dans l’original, le héros saute automatiquement), ou regarder autour de soi avec la caméra. Ce n’est pas un monde ouvert au sens strict du terme, car il y a des écrans de chargement entre zones (les plus courtes possible, espérons) pour « préserver l’expérience de l’original », explique Nintendo.
Les fonctions « qualité de vie » devraient abonder, les joueurs d’aujourd’hui y étant habitués (à croire qu’on jouait à la dure dans les années 90 !). Il y a quelques petites originalités également, comme la possibilité de fredonner les mélodies devant la console pour les reproduire à l’ocarina dans le jeu ! Nintendo va d’ailleurs vendre un vrai ocarina pour accompagner la sortie du titre.
Le tarif officiel est de 59,99 euros en France pour la version dématérialisée. Les amateurs de physique pourront apprécier un « packaging spécial » avec une finition texturée pour l’emballage et qui sera sans doute vendue plus cher. Hélas, il semble que la cartouche ne soit pas dorée comme à l’époque de l’édition collector du jeu N64 aux États-Unis. Pour les collectionneurs, une Switch 2 édition spéciale du 40ᵉ anniversaire sera aussi commercialisée à partir du 29 octobre.
L’ANSSI a annoncé ce 7 septembre la mise en place d’un dispositif nommé REACTIV (REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données). Créé à la demande du Premier ministre, il doit permettre la mobilisation immédiate des compétences et moyens de l’agence de sécurité pour les ministères touchés par des cyberattaques.
Selon l’annonce officielle, le nouveau mécanisme se traduit concrètement par une bascule des efforts opérationnels pour renforcer l’appui aux ministères sur deux volets : le traitement des compromissions de comptes utilisateurs et l’analyse des violations de données.
Surtout, REACTIV renforce l’autorité de l’agence sur deux points spécifiques. D’abord, la possibilité pour l’ANSSI d’imposer aux ministères des mesures immédiates de protection des données, à appliquer dans des délais contraints. Ensuite, la centralisation par l’agence de la communication technique de crise en cas d’attaque touchant des services de l’État.
Illustration : Flock
Ce renforcement « complète les mesures de la Feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État 2026 - 2027, dont le Premier ministre a demandé l’accélération de la mise en œuvre, afin de rehausser significativement et durablement le niveau de sécurité des réseaux ministériels », indique l’ANSSI.
Un tel mécanisme était-il nécessaire ? Probablement, car les faits plaident pour des capacités d’action supplémentaires. La mention par l’ANSSI de mesures immédiates « dans des délais contraints » semble le point essentiel de l’annonce. L’agence a toujours fonctionné jusqu’à présent sur un mode d’accompagnement et de conseil plutôt que d’injonction, ce qui change donc avec REACTIV. La question des moyens alloués à l’agence reste cependant entière, d’autant que les rôles de l’ANSSI vont se renforcer à l’aune des nouveaux textes européens sur la cybersécurité : NIS2, REC, DORA et le Cyber Resilience Act, que nous évoquions récemment.
Dans un billet dédié sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, précise d’ailleurs que cet effort est « temporaire » et qu’il se fait « au détriment d’autres pans de la menace », que l’ANSSI ne perd « pas de vue pour autant ». REACTIV « n’évitera pas toutes les attaques, mais doit nous permettre d’être plus réactifs et plus directifs, pour au moins limiter la casse le temps que les mesures de long terme prennent effet, et de partager plus d’informations pour mieux comprendre », ajoute Vincent Strubel.
Google prévient d’une « baisse de qualité » de son moteur de recherche dans l’Union européenne : le géant du web est en train de déployer les changements exigés par Bruxelles concernant les résultats de shopping, de vols ou d’hôtellerie. Il n’est pas content et le fait savoir.
Google a essuyé deux amendes de la part de la Commission européenne en juillet, au nom du DMA (Digital Markets Act) : la première, de 430 millions d’euros, touche aux règles imposées aux développeurs de la boutique Google Play. La seconde, de 460 millions, concerne les pratiques de traitement préférentiel. L’exécutif européen estime en effet que Google favorise ses propres services de shopping, de voyages, de résultats sportifs ou de transport, au détriment de la concurrence.
Google avait 60 jours pour modifier ses pratiques, sous peine de pénalités périodiques pouvant aller jusqu’à 5 % de son chiffre d’affaires mondial. Le cas du Play Store n’a pas été réglé, mais l’entreprise a mis en place une transformation profonde sur sa boutique, suite à sa défaite face à Epic Games devant la justice américaine. La Commission européenne indiquait cet été qu’elle déterminerait si ces modifications suffisent.
Google sort les griffes contre la Commission
Reste le volet des résultats de recherche. Google est en train de déployer les changements voulus par la Commission pour rétablir des conditions équitables pour les entreprises souhaitant faire de la publicité, mais prévient qu’ils vont « dégrader l’expérience utilisateur et faire grimper les coûts pour les entreprises européennes ».
Selon Google, les modifications vont favoriser les sites de comparaison de prix liés aux secteurs de l’hôtellerie, du transport aérien et de la restauration (à l’image d’Expedia ou Booking.com). Ces sites gagneront en effet une plus grande visibilité dans les résultats de recherche que les entreprises de ces secteurs qui n’y apparaitront qu’avec un lien vers leur site web, leur numéro de téléphone et leur adresse.
Dans le détail, les résultats de Google mettront en avant un moteur de recherche spécialisé tout en haut de la page, suivi de deux autres qui s’afficheront avec moins de détails. Il y aura aussi un carrousel d’hôtels, de restaurants ou de compagnies aériennes – en fonction de la recherche – où des informations importantes comme les prix en temps réel n’apparaitront pas. Les algorithmes de Google seront chargés de déterminer le classement de ces différents résultats.
« Ces changements dégradent l’expérience utilisateur des Européens, en favorisant les intermédiaires en ligne au détriment des entreprises locales et en supprimant des fonctionnalités utiles sur lesquelles les internautes s’appuient au quotidien », déplore Nick Fox, vice-président en charge de la connaissance et de l’information, auprès de Reuters.
Il invoque la baisse de 30 % du trafic gratuit de réservation directe vers les entreprises européennes, conséquence des précédents changements apportés au nom du règlement sur les marchés numériques. Les modifications actuellement en cours de déploiement ont été testées auprès de « millions d’utilisateurs en Europe », avec des résultats qui montrent un fort niveau d’insatisfaction : les internautes doivent en effet reformuler leurs requêtes pour trouver ce qu’ils cherchent.
Google avait réalisé un test en 2024, en supprimant les fonctions liées à l’hôtellerie : les internautes mettaient plus de temps à trouver un hôtel, certains abandonnant même leur recherche. Les sites des hôtels ont perdu « plus de 10 % » de leur trafic, selon les mesures réalisées à l’époque par Google.
« C’est une dégradation du produit dictée par un petit groupe de plaignants défendant leurs propres intérêts, au détriment des entreprises et des consommateurs européens. La réglementation devrait améliorer les produits, pas les détériorer », attaquait Kent Walker, directeur juridique de Google, le 23 juillet.
Lors de l’annonce de l’amende cet été, la Commission expliquait qu’elle surveillera la mise en œuvre des solutions de l’entreprise. Manifestement, celles-ci ont l’air de convenir : les modifications qu’avaient proposées Google constituaient « une avancée substantielle vers la conformité [avec le DMA] ».
OpenAI a confié l’analyse de la cyberattaque d’Hugging Face par ses agents IA à des personnes qui n’ont ni expérience ni expertise en matière de cybersécurité. Elles sont cependant persuadées que les capacités des agents IA surpasseront celles des humains d’ici quelques mois, voire qu’ils pourraient éradiquer tout ou partie de l’humanité.
La cyberattaque de Hugging Face par une armée d’agents IA d’OpenAI ayant réussi, mi-juillet, à s’évader de la « sandbox » déconnectée d’Internet où ils étaient censés être isolés, a été particulièrement médiatisée via un « storytelling » sensationnaliste, au point que nombre de journalistes l’ont comparée à un scénario de science-fiction cyberpunk.
Il est d’ailleurs loisible de penser que le battage a pu contribuer au fait que plus d’une centaine d’entreprises ont cosigné la lettre ouverte publiée fin août par OpenAI au sujet des dangers que représenteraient les agents IA en matière de cybersécurité. Une menace un tantinet surestimée, tempèrent de plus en plus de professionnels de la cybersécurité, comme nous le relations dans notre précédent décryptage.
Le fait qu’Anthropic et Meta, puis le chinois Moonshot AI, aient également reconnu que leurs agents IA avaient eux aussi réussi à s’évader des « bacs à sable » où ils étaient censés être confinés n’a pas aidé. Reuters révélait en outre qu’un autre « essaim » d’un peu plus de 3 700 agents d’OpenAI avait partagé près de 18 000 messages sur un « obscur wiki allemand » entre mai et juin dernier, dans le cadre d’une expérimentation distincte de celle ayant ciblé Hugging Face.
Le rapport dont Reuters avait eu l’exclusivité, collusion.wiki, repose lui-même sur une enquête effectuée par de « grands essaims d’agents GPT-5.6 ». D’après ses auteurs, les agents se servaient du wiki allemand pour « partager des techniques permettant de contourner les restrictions qui leur étaient imposées » et pouvoir « tricher dans le cadre de la mission » qui leur avait été assignée
Certains d’entre eux avaient mis en place des tunnels SSH ou passaient par Tor, tenté d’exploiter des vulnérabilités XSS sur le wiki et même usurpé l’identité de l’administrateur et du modérateur du site.
Reuters précise que les responsables d’OpenAI avaient eu connaissance de l’ « incident » il y a plusieurs semaines, mais qu’ils n’en avaient pas parlé, étant alors aux prises avec les répercussions de celui ayant visé Hugging Face, soulignant au surplus qu’ils n’avaient pas encore non plus pris connaissance du rapport.
OpenAI a depuis réagi dans un message posté sur X.com, relève Engadget : « Il est grand temps que nous définissions des normes précisant quand et comment nous communiquons les incidents de désalignement, et pas seulement les caractéristiques de désalignement de nos modèles. »
« Nous travaillons actuellement à l’élaboration d’un cadre de référence que nous partagerons dans les semaines à venir, et, en parallèle, nous collaborons avec des dizaines d’organismes de régulation gouvernementaux à travers le monde sur ces questions », souligne OpenAI :
« Ni nous, ni la communauté de l’IA dans son ensemble, ne disposons encore d’une norme claire sur la manière de signaler les cas de désalignement qui apparaissent lors de l’entraînement, de l’évaluation et du déploiement, y compris les exemples qui ne ressemblent pas à des incidents de sécurité traditionnels mais qui pourraient apporter un éclairage sur le comportement de l’IA et les risques futurs. »
« La sécurité de l’IA a complètement perdu le contact avec la réalité »
« La sécurité de l’IA a complètement perdu le contact avec la réalité », déplore de son côté Zack Korman, co-fondateur d’Embroidery, une plateforme qui « utilise l’IA pour surveiller des agents IA » afin de « détecter les intentions malveillantes et les erreurs dangereuses avant qu’elles ne se transforment en incidents ».
Évoquant le storytelling dystopique repris par l’ensemble des médias au sujet de l’ « incident » Hugging Face, il s’étonne que l’on y parle de « civilisations d’agents émergentes, tandis que les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) peinent à convaincre les utilisateurs de cesser de divulguer des données à ChatGPT » :
« L’incident OpenAI-Hugging Face a donné lieu à des interprétations vraiment farfelues. Un article très populaire circule actuellement, évoquant une confrérie d’agents, des civilisations d’IA émergentes et des agents kamikazes. Ses auteurs pensent qu’il s’agit du dernier avertissement avant que l’IA ne prenne le pouvoir. »
Intitulé « L’ascension et la chute des civilisations d’agents », l’article en question s’apparente effectivement bien plus à une nouvelle de science-fiction apocalyptique qu’à un article consacré à des problèmes de cybersécurité. Ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi il a autant été repris dans les médias et partagé sur les réseaux sociaux, tant par des personnes « croyant » en l’avènement prochain d’une « intelligence artificielle générale » (IAG, ou AGI en VO) que d’internautes (et journalistes) peu au fait des problèmes auxquels sont réellement confrontés les pros de la cybersécurité en matière d’IA en général, et d’IA agentique en particulier.
Son auteur, Dwarkesh Patel, qualifié l’an passé de « podcaster préféré de la Silicon Valley » par The Economist, a une approche quelque peu sensationnaliste et caricaturale de la cybersécurité. En témoigne le résumé sur X.com de son article, rédigé après avoir passé trois jours à tenter de comprendre comment les agents IA d’OpenAI avaient réussi à s’évader puis attaquer les infrastructures de Hugging Face :
« En l’espace de trois mois chez OpenAI, trois civilisations secrètes d’IA se sont succédé : chacune a vu le jour, puis a été anéantie, avant de renaître des cendres de la précédente. Ce processus a abouti à la prise de contrôle d’une partie d’OpenAI par la troisième civilisation. Tout cela s’est produit alors que les humains ignoraient plus ou moins tout de l’ampleur de ce complot. »
« Je ne sais même pas quel est le but de cet article. Mais ce décalage est étrange et je le déteste », concluait le billet de Zack Korman. La « réalité concrète de la sécurité de l’IA est plutôt ennuyeuse » : les équipes de sécurité ne sont pas attaquées par des « civilisations d’agents secrètes », mais s’inquiètent surtout de la prévention des fuites de données (DLP), et du fait que leurs développeurs « disposent d’agents dotés de droits d’accès bien trop étendus, [mais] ne savent pas comment y remédier. Et tout cela les paralyse quelque peu ».
Les auteurs du rapport n’ont aucune expérience en cybersécurité
Ciaran Martin, l’ex-responsable cybersécurité du GCHQ (la NSA britannique), qui y avait créé la National Cyber Security Centre (NCSC, l’équivalent de l’ANSSI), partage ce constat. Il relaie que Zack Korman a aussi partagé sur X une vidéo de 11 minutes où il s’étonne que « l’enquête indépendante sur l’incident OpenAI-Hugging Face, censée marquer un tournant dans le domaine de la cybersécurité, n’a pas été menée par une entreprise spécialisée dans la cybersécurité et ses auteurs n’ont aucune expérience en la matière ».
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Mistral AI a annoncé mardi avoir réuni 3 milliards de dollars lors d’un tour de table emmené notamment par Samsung et d’autres investisseurs étrangers. L’entreprise profite de l’occasion pour affirmer qu’elle n’a pas renoncé au développement de modèles de pointe, et met en avant sa capacité à accompagner les entreprises au-delà de la simple fourniture de modèles ou d’infrastructures de calcul.
Installée depuis peu dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Mistral AI a annoncé mardi 8 septembre sa quatrième levée de fonds, hors amorçage, en trois ans d’existence. Cette série D constitue un record à l’échelle européenne : l’entreprise a en effet réuni 3 milliards d’euros, à l’issue d’un tour de table qui la valorise à 21 milliards d’euros.
Les multiples n’ont rien de comparable avec ceux affichés par OpenAI ou Anthropic, mais ils témoignent tout de même d’une accélération significative : le dernier tour de table de Mistral remonte à septembre 2025, date à laquelle ASML avait pris 11 % du capital pour 1,3 milliard d’euros. Depuis, Mistral a été chercher des fonds supplémentaires sous forme d’emprunts bancaires, à hauteur de 722 millions d’euros, pour soutenir l’approvisionnement en GPU de ses datacenters. Elle a également annoncé un investissement à hauteur de 1,2 milliard d’euros dans un complexe de datacenters en Suède.
Des fonds asiatiques, européens et états-uniens
La nouvelle levée de fonds annoncée mardi fait entrer Samsung Electronics au capital. Le fabricant sud-coréen est présenté comme le principal acteur de ce tour de table qui associe aussi le fonds suédois EQT, le géant états-unien PSG Equity, et la plupart des fonds ayant déjà financé Mistral. Dans le lot subsistent quelques rares acteurs français, dont la banque publique Bpifrance, Carmignac ou Eurazeo, aux côtés d’acteurs principalement états-uniens, dont NVIDIA.
Mistral indique que ces nouvelles ressources contribueront à « étendre significativement sa recherche de pointe », ainsi qu’à développer son infrastructure et à accélérer sa croissance commerciale et son expansion internationale. Face aux critiques qui soulignent depuis quelques temps sa propension à déployer des modèles à poids ouverts qu’elle n’a pas conçus, l’entreprise laisse donc entendre qu’elle n’abandonne pas ses projets en matière de modèles frontier en propre. Elle n’en fait cependant pas l’alpha et l’omega de sa stratégie, au contraire.
« Lors de la première vague d’IA générative, la question centrale était de savoir qui serait capable de concevoir le modèle le plus performant. Aujourd’hui, les organisations et les gouvernements se posent une question différente : comment exploiter la puissance de l’IA pour leurs besoins critiques sans perdre le contrôle de l’infrastructure et du processus d’analyse ? », expose ainsi Mistral.
Sur ce volet, Mistral affirme être « la seule entreprise d’IA au monde à développer l’ensemble de la pile technologique nécessaire pour répondre à cette question : des modèles à poids ouvert, l’infrastructure et la capacité de calcul sur lesquelles ils fonctionnent, et les produits qui permettent leur mise en production ». Une approche à la fois « full stack » et ouverte, qui serait donc gage de limitation de la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique pour les clients concernés.
33 collectifs et associations engagés dans l’organisation d’événements techniques pour développeurs lancent un appel collectif. Entre budgets de sponsoring et achats de billets en baisse, ils redoutent que leurs conférences ne soient plus économiquement viables et que leur disparition ne participe à un appauvrissement général du secteur, particulièrement dans le contexte d’un recours accru à l’IA.
Bon nombre de conférences techniques destinées aux développeurs reposent principalement sur l’engagement d’une communauté de bénévoles, qui se chargent de trouver un lieu, fédérer des intervenants, communiquer en amont et assurer l’accueil des participants le jour J.
Leur motivation est indispensable, mais pas suffisante : entre location d’une salle, obligations réglementaires de sécurité, fournitures, repas et autres kakémonos, il faut aussi que le budget de l’événement s’équilibre. Particulièrement quand il est porté par une association locale ou un collectif qui ne dispose pas d’autres ressources financières que les recettes de l’événement et les adhésions de ses membres.
La mécanique économique se grippe
L’équation s’équilibre en principe grâce aux sponsors, c’est-à-dire les entreprises qui paient pour afficher leur marque sur les supports de l’événement, disposer d’un stand sur place le jour J et, souvent, profiter d’un canal privilégié pour diffuser ou faire connaître leurs recrutements en cours. Le reste du budget provient généralement de la billetterie, autrement dit le public payant de l’événement, dont les entrées (le tarif est de l’ordre de quelques dizaines d’euros) sont généralement payées par l’employeur des développeuses et développeurs concernés par la thématique.
Problème : il semblerait que cette mécanique plutôt conventionnelle se grippe. 33 organisations en charge de conférences tech viennent en effet de signer un appel commun à une plus large mobilisation du secteur :
« Les événements techniques traversent aujourd’hui une crise silencieuse. Budgets sponsoring resserrés, achats de billets en baisse, adhésions associatives en recul : partout, les mêmes signaux d’alerte s’allument et l’inquiétude s’installe au sein des organisations. Si rien ne change, nombre d’entre eux ne verront pas de nouvelle édition. Nous, organisateurs, organisatrices et associations tech, alertons aujourd’hui l’écosystème sur ce qui est en train de se jouer. »
L’appel est notamment lancé par l’AFUP, l’Association française des utilisateurs de PHP, qui organise chaque année le Forum PHP (prochaine édition les 8 et 9 octobre prochain à Disneyland Paris) et, en 2026, des déclinaisons baptisées AFUP Day, portées par ses antennes locales de Lille, Lyon et Poitiers.
« L’an dernier, notre événement phare était déjà en deçà de ses objectifs. Sur l’année 2026, la tendance s’est accélérée et a touché également l’AFUP Day. Nous avons été globalement en dessous de nos objectifs (billetterie et sponsoring), pour un résultat à- 17 % – soit environ 6 500 euros », nous confie Xavier Leune, membre de l’association.
Le forum PHP, nettement plus ambitieux en termes de budget, s’annonce quant à lui sous des auspices inquiétants. « Les premières semaines de vente ont marqué un nouveau recul puisque nous étions en moyenne à 30 % en dessous de l’année dernière. L’été nous a fait connaître un nouveau décrochage, nous sommes désormais à- 47 % sur la billetterie. Le sponsoring quant à lui est en recul de 25 % », s’inquiète notre interlocuteur. Sans inversion de tendance, l’événement pourrait se solder par un déficit suffisamment important pour compromettre la pérennité de l’association.
Trouver des sponsors et des visiteurs payants
Début juin, l’AFUP avait déjà alerté sur les difficultés rencontrées autour de ses différents événements :
« Malgré nos multiples prises de contact, malgré les appels à la communauté, la recherche de soutiens est difficile. De multiples entreprises nous indiquent ne pas avoir de budget marketing en 2026. La grande incertitude qui règne dans le secteur, que cela soit lié au contexte mondial, à l’arrivée de l’IA ou d’autres raisons économiques, n’invite pas les acteurs de l’écosystème à s’impliquer auprès de l’association ».
Si le Forum PHP fait figure de locomotive, les difficultés n’épargnent pas de plus petites conventions locales. En juin, l’asso qui organise le BreizhCamp indiquait elle aussi faire face à un sponsoring en retrait pour son édition 2026. « Cela nous a amené à augmenter le prix des billets, mais cette augmentation n’est malheureusement pas suffisante pour absorber le manque de recettes, nous avons donc dû renoncer à certaines dépenses cette année », décrivait-elle alors.
D’autres signataires jonglent eux aussi avec un budget d’autant plus difficile à équilibrer qu’il recèle une part d’incertitude jusqu’à l’ouverture des portes. Hors early birds, le gros des billets se vend en effet souvent dans les dernières semaines, alors qu’il faut engager en amont les dépenses liées au lieu ou à la restauration.
La conférence girondine BDX I/O, dont l’édition 2026 se tiendra les 29 et 30 octobre prochain, a par exemple abandonné le Palais des congrès de Bordeaux au profit des couloirs et des amphis de l’école Enseirb-Matmeca de Talence. Le mouvement traduit une réalité économique, que l’asso organisatrice a tournée à son avantage, en profitant des frais de location réduits pour passer son événement sur deux jours et donc proposer un programme plus soutenu.
À ce stade, elle envisage un atterrissage à l’équilibre, mais le résultat final dépendra à la fois de la billetterie et de la décision des sponsors encore en attente. « Les budgets se resserrent partout et sur toutes les topologies d’entreprises, et malheureusement des événements comme le nôtre ne sont pas la priorité quand il s’agit d’attribuer des budgets », analyse Amélie Benoit, membre de la petite équipe bénévole qui s’active, et s’épuise, depuis des mois pour monter l’événement.
Même si l’optimisme reste de rigueur, l’organisation chasse donc les postes de dépense susceptibles d’être réduits sans dégrader la qualité de l’accueil, tout en cherchant des leviers pour dynamiser son offre. « Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir des start-ups gratuitement cette année. C’est un choix, pas économique du tout pour le coup, qui nous tenait énormément à cœur pour pouvoir diversifier le paysage d’entreprises présentes à l’événement, et pour avoir une meilleure représentation de l’écosystème tech à Bordeaux », illustre Amélie Benoit.
Entre expertise et velléités d’ouverture
Quels que soient la communauté, le langage ou les pratiques de développement concernées, la clé de voûte du succès reste bien sûr la programmation. Elle doit à la fois garantir un niveau d’expertise suffisant pour motiver le déplacement sur le temps professionnel, mais aussi s’ouvrir aux problématiques transverses qui animent les réflexions et les transformations du secteur. Sans surprise, l’IA fait désormais partie intégrante de la plupart des programmes, qui intègrent également de plus en plus de sessions dédiées à des enjeux sociaux ou sociétaux.
Pour les signataires de l’appel lancé par l’AFUP, c’est précisément cette alliance entre technique et humain qui fait le sel des conférences spécialisées, et qui justifie que l’on se mobilise pour leur survie :
« Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA. Dans ce contexte, les événements techniques prennent une valeur unique : ce sont des lieux où l’on se retrouve entre humains, où l’on partage une expertise, où de nouvelles vocations naissent, notamment autour des projets open source dont dépendent silencieusement la majorité de nos entreprises. Ces projets ont besoin de contributeurs et contributrices, de mainteneurs et mainteneuses, de relève mais aussi d’enthousiasme et d’inspiration. Les événements techniques sont l’un des rares endroits où cette relève se construit. »
De façon plus pragmatique, ils rappellent que ces conférences sont avant tout un accélérateur de compétences, nourri par la confrontation directe à des retours d’expérience, d’autres pratiques, et les échanges informels avec des pairs.
Pour autant, les organisateurs invitent les entreprises à ne pas raisonner que via le prisme du retour sur investissement. « On oublie parfois que sponsoriser un événement, c’est aussi apporter une visibilité durable et un soutien incommensurable à tout un écosystème tech local. Sans ce soutien, les événements vont tout simplement mourir. Et il n’y aura possiblement plus d’événements lorsqu’elles auront des besoins de visibilité et de recrutement », regrette Amélie Benoit.
La perte serait d’autant plus dommageable que la plupart des conférences recueillent un haut niveau de satisfaction chez les développeurs qui les fréquentent. La conjoncture impose toutefois déjà des choix. Plusieurs associations ont par exemple entrepris de basculer vers des formats plus légers, de type meet-ups mensuels, plus simples à équilibrer sur le plan financier, mais aussi moins ambitieux. « On est loin d’un format conférence où l’effervescence, les échanges et l’apprentissage varié sont au cœur des valeurs », remarque Amélie Benoit.
Le Cyber Resilience Act, un important règlement pour la cybersécurité en Europe, entrera dans une nouvelle phase le 11 septembre. À cette date, les fabricants auront l’obligation de signaler les failles activement exploitées et les incidents graves à l’ENISA, l’agence centrale européenne de cybersécurité.
Le règlement européen sur la résilience cyber, ou CRA (UE 2024/2847), est entré en vigueur le 10 décembre 2024. S’agissant d’un règlement, il s’applique à l’ensemble des pays membres de l’Union, sans distinction. Contrairement aux directives, il ne nécessite pas de transposition dans le droit national.
La pleine entrée en application est attendue pour décembre 2027. Les responsabilités seront alors nombreuses, ainsi que les entreprises concernées : toute structure commercialisant un produit qui intègre au moins un composant numérique y est soumise. Le CRA distingue trois niveaux de risque :
les produits « courants » (la grande majorité) relèvent d’une auto-évaluation du fabricant,
les produits « importants » (définis à l’annexe III) comprennent de nombreuses catégories – systèmes de gestion d’identité, les navigateurs, les gestionnaires de mots de passe, les antivirus, hyperviseurs ou encore les VPN – et nécessitent de passer par un organisme dédié,
les produits « critiques » (définis à l’annexe IV) comprennent les dispositifs matériels avec boitier de sécurité, les « passerelles pour compteur intelligent » et les systèmes de cartes à puce, qui nécessitent eux aussi un organisme dédié.
Avant d’entrer toutefois dans le cœur de ces obligations, la mise en application passe par une étape intermédiaire : le signalement des failles exploitées et des incidents graves.
L’obligation de faire remonter les informations
L’article 14 du règlement entre en application le 11 septembre 2026, donc dans quelques jours à peine. Il impose aux fabricants de produits comportant des éléments numériques de signaler deux types d’événements distincts : toute vulnérabilité activement exploitée affectant ces produits, et tout incident grave ayant un impact sur leur sécurité.
Plus précisément, le fabricant devra notifier l’ENISA dans les 24 heures suivant la découverte (elle est qualifiée de « précoce »). Un rapport complet devra être fourni dans les 72 heures, puis un rapport final dans les 14 jours. Ces délais sont les mêmes que pour la directive NIS2, afin d’harmoniser le cadre de la cybersécurité (nous y reviendrons). Ils sont également identiques pour les failles exploitées et les incidents graves.
L’ENISA a le rôle de guichet central. L’agence sera chargée de distribuer ensuite les informations aux CSIRT (Computer Security Incident Response Team) nationaux des pays membres de l’Union. En France, il s’agit du CERT-FR. Via ce dernier, l’ANSSI assure alors la réception, l’analyse et la coordination du traitement. Si le produit est commercialisé dans d’autres pays, le CERT-FR doit aussi diffuser les informations obtenues à ses homologues.
Si la pleine application du Cyber Resilience Act aura des conséquences majeures, l’obligation du 11 septembre n’en est pas moins cruciale. Et pour cause : non seulement l’obligation pèse sur de très nombreuses entreprises, mais elle est également rétroactive. Contrairement à d’autres cadres européens, comme l’obligation pour les smartphones d’avoir au moins cinq ans de mises à jour logicielles, le CRA s’applique rétroactivement à tous les produits commercialisés.
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Lorsque c’était possible, nous avons utilisé trois niveaux de compression : minimum (le plus rapide), maximum (prend bien plus de temps) et enfin moyen (entre les deux). Entre minimum et maximum, le temps nécessaire pour réaliser les tests (252 fichiers pour un total de 2,8 Go environ) est passé de 1h30 environ en mode mini à 16h30 avec la compression max. Plus bas, vous pourrez télécharger l’intégralité de nos résultats.
Le détail des 11 catégories de données
Nous avons passé tout ce petit monde à travers 11 tests, sur différents types de données :
CSV : 14 fichiers pour 243 Mo
Images : 39 fichiers pour 9,6 Mo (JPG et PNG)
ISO : 1 fichier de 347 Mo
MP3 : 14 fichiers pour 158 Mo
PDF : 122 fichiers pour 199 Mo
PyTorch : 2 fichiers pour 143 Mo
Silesia : 12 fichiers pour 202 Mo
Sao : 1 fichier (celui utilisé par Meta) de 7 Mo
Vidéo : 1 fichier de 202 Mo
Vrac : 45 fichiers pour 297 Mo (de 1 ko à 135 Mo avec des DLL, des exe, des xml, des log…)
enwik9 : 1 fichier de 954 Mo (export au format XML de Wikipédia).
Au total, nous avons donc testé près de 80 combinaisons entre les algorithmes et les trois niveaux de performances, quand c’était possible. Les tests ont été effectués sur un serveur à domicile, avec 24 cœurs Xeon et 64 Go de mémoire à disposition des algorithmes.
Les données sont copiées dans un RAM disque (espace de stockage en mémoire vive pour avoir une très grande bande passante) avant d’être (dé)compressées fichier par fichier. Trois passes sont faites, avec la moyenne retenue comme résultat.
Nous calculons le ratio de compression des données, le temps nécessaire à la compression et celui pour la décompression (on en profite pour vérifier l’intégrité des données), permettant ainsi de calculer le débit en Mo/s. L’ensemble représente près de 8 000 mesures, que nous vous livrons en intégralité dans une feuille de calcul.
Voici une idée du résultat… pour seulement deux catégories sur 11 de notre comparatif :
Un tableau interactif personnalisable, dont vous êtes le héros
Une telle feuille de calcul n’étant pas simple à lire, nous avons ajouté des champs personnalisables. Par exemple, si ce qui compte pour vous est le ratio final sans tenir compte du temps passé, vous pouvez mettre 0 dans les poids de la compression et de la décompression pour calculer un score pondéré.
Avec 1 pour le poids final des fichiers et sans tenir compte des vitesses de compression et décompression, zpaq, BSC, 7zip-zz-ultra et brotli arrivent en tête avec le réglage max sur le niveau de compression. zpaq occupe même la première place dans 8 des 11 catégories.
Toutes les combinaisons sont possibles : un poids de 10 pour la taille finale, de 1 pour la vitesse de compression et de 20 pour la décompression par exemple. Les deux algorithmes qui arrivent en tête sont zstd et lz4.
Corollaire de ces résultats : aucun algorithme ne prend la tête sur l’ensemble des catégories et des mesures. Choisir un algorithme de compression est toujours un compromis entre performance, vitesse de compression et vitesse de décompression ; il n’y a pas de réponse universelle. Sans compter les types de données qui jouent un rôle important. Notre outil du jour permet justement d’aller à ce niveau de finesse.
Dans la fenêtre ci-dessous, développée avec l’aide d’une IA générative (Claude), nous vous proposons un résumé de toutes les mesures avec la possibilité de paramétrer les poids à la volée. Vous pouvez ainsi trouver l’algorithme qui vous convient le mieux en fonction de vos besoins.
Cet outil, comme bon nombre de ceux proposés par Next est réservé à nos abonnés.
À vous de jouer !
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En un an, le portefeuille d’investissement de NVIDIA a été multiplié par 14. En deux ans, par 45. L’essentiel des 99 milliards de dollars investis l’est dans des sociétés de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, alimentant les alertes sur le risque d’explosion d’une bulle financière.
Le portefeuille d’investissements de NVIDIA croit vite, extrêmement vite. Ce trimestre, l’entreprise a affiché 99 milliards de dollars de prises de participations dans diverses sociétés. L’immense majorité d’entre elles sont des entreprises numériques, très souvent clientes du constructeur de puces.
Le chiffre a de quoi faire rouler des yeux : en juillet 2025, la société détenait un portefeuille d’investissement de 7 milliards de dollars. Un an plus tôt, rappelle CNBC, il s’élevait à 2,2 milliards de dollars. Cette accélération phénoménale de sa politique d’investissement fait du constructeur de puces l’un des nouveaux piliers de l’investissement dans les sociétés numériques. Elle en fait aussi un acteur plus central que jamais de l’industrie de l’intelligence artificielle.
Des laboratoires, du néocloud, du hardware dédié à l’IA
Dans quoi investit NVIDIA, au juste ? Essentiellement dans la kyrielle de sociétés qui constituent la chaîne de valeur en aval de la fabrication de ses puces dédiées à l’IA. Au total, 48 milliards d’actions concernent des produits cotés en bourse, 48 milliards sont investis dans des sociétés privées et 3 milliards de dollars sont comptabilisés selon la méthode de mise en équivalence.
Côté participations publiques, NVIDIA détenait 30 milliards de dollars dans Intel fin juin 2026, 21 milliards de dollars dans Space X et des participations de 2 à 5 milliards de dollars dans CoreWeave (cloud dédié à l’IA), Coherent (laser), Synopsys (logiciels pour fabricants de semi-conducteurs et autres équipementiers électroniques) et Nokia. La partie privée est moins évidente. Mais il est clair que Nebius, un concurrent de CoreWeave, qui achète des puces puis loue leurs capacités de calcul, a aussi profité des largesses de NVIDIA. C’est aussi le cas d’autres sociétés spécialisées dans la photonique et l’optique, comme Lumentum et Marvell. Et le laboratoire d’IA Thinking Machine Lab est actuellement en discussion avec NVIDIA et d’autres pour lever 6 milliards de dollars — dont 2,5 milliards pourraient être versés par le constructeur de puces.
En plus de ces positions, NVIDIA vient d’annoncer l’achat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, ou encore 105 milliards de dollars de soutien au crédit pour qu’OpenAI puisse construire un centre de données dans l’état de l’Ohio.
La centralité de l’entreprise alimente les alertes
Auprès des investisseurs, la directrice financière de NVIDIA Colette Kress indique que les entreprises d’IA génératives ont des demandes de calcul si élevées qu’elles dépassent leurs bilans, et les empêchent d’emprunter. À ce titre, NVIDIA serait un acteur nécessaire pour faciliter l’innovation des laboratoires d’IA, en leur offrant les facilités de crédit qui leur permettent de continuer de « manœuvrer ce volant d’inertie ».
En dehors de l’entreprise, en revanche, la décision est décrite comme une manière de donner à des start-ups à peine sorties du nid la capacité d’acheter les GPU vendus par le constructeur qui les soutient financièrement. D’autres soulignent que le capital-risque, certes, aide certaines entreprises à innover, mais que dans ce cas précis, il fournit aussi à NVIDIA l’influence nécessaire pour s’assurer que toute évolution de l’industrie aille bien dans le sens des intérêts… de NVIDIA.
Connu pour avoir parié au bon moment sur la crise des subprimes aux États-Unis, Michael Burry critique NVIDIA pour sa propension à financer et investir dans ses propres clients. Le milliardaire investisseur Mark Cuban qualifie quant à lui le niveau de dépendance de l’industrie de l’IA aux financements de NVIDIA de « vraiment flippant ».
NVIDIA a annoncé un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour son deuxième trimestre, pour un résultat net de 59,7 milliards de dollars. Son portefeuille d’actions s’élève donc à un peu plus que le chiffre d’affaires réalisé en un trimestre. D’autres acteurs de l’industrie investissent plus encore : Amazon détient un portefeuille de plus de 100 milliards de dollars, tandis que celui d’Alphabet s’élevait à 232 milliards fin juin. La différence la plus flagrante, relève The Next Web, tient dans la vitesse de constitution de ce panel d’investissements : chez Alphabet, il a été constitué en plus de vingt ans, tandis que chez NVIDIA, l’essentiel des positions ont été prises au fil des deux dernières années.
Destiné à la gestion d’un serveur multimédia local (hébergé par exemple sur un NAS), le projet Jellyfin passe en version 12.0.
Les amateurs de cette alternative open source (licence GPL 2.0) à Plex noteront immédiatement que cette nouvelle mouture s’accompagne d’un changement dans la numérotation adoptée. Jellyfin passe en effet d’un versionnage élaboré sous la forme « 10.11.11 » à un schéma simplifié, censé mieux refléter la publication d’une mise à jour considérée comme majeure.
Et c’est le cas pour Jellyfin 12.0. D’après les notes de version publiées par l’équipe, le logiciel serveur achève enfin les travaux de migration du modèle de données engagés un an plus tôt lors de la sortie de la précédente version majeure (la 10.11).
« L’un des changements majeurs concerne le stockage des listes de lecture et des collections. Auparavant, tous les éléments d’une liste de lecture étaient stockés dans une seule et même liste interne, et la base de données ne pouvait pas y accéder », décrit Cody Robibero, responsable de l’équipe core, serveur et plugins du projet :
« Chaque élément d’une liste de lecture correspond désormais à une ligne distincte. La base de données peut compter les lignes, afficher une seule page et ajouter ou supprimer un élément individuellement sans affecter les autres, ce qui représente une amélioration significative pour les listes de lecture volumineuses. »
Outre ces améliorations de performance, Jellyfin 12.0 passe à FFmpeg 8.1, traite maintenant les fichiers .ogg comme de l’audio, peaufine son ouverture à la gestion des livres et des bandes dessinées numériques (le plugin dédié, Bookshelf, est de ce fait maintenant déprécié) et sait désormais gérer proprement la présence de plusieurs fichiers pour un même épisode de série, comme il le faisait déjà pour les films.
Du côté des clients, l’interface « Modern » devient l’interface par défaut sur desktop ou mobile. Elle profite elle aussi de nombreuses optimisations. L’abandon du support TLS/SSL interne, programmé pour cette version 12, a quant à lui été repoussé à une échéance ultérieure.
L’interface Modern UI est désormais proposée par défaut – crédit Jellyfin
Les notes de version complètes et les téléchargements sont disponibles sur GitHub pour le serveur et le client web. Une sauvegarde complète de la configuration existante est fortement recommandée avant d’appliquer la mise à jour, dont le processus va dépendre de la nature exacte de votre installation (paquet natif sur un NAS, conteneur Docker, etc.).
Un nombre croissant de professionnels de la cybersécurité déplorent la façon « IApocalyptique » qu’ont OpenAI, Anthropic et de nombreuses entreprises des Big Tech’ de présenter les capacités des agents IA en matière de cyberattaques. À l’instar de la NSA, ils estiment qu’une bonne « hygiène » en matière de cybersécurité devrait suffire à s’en prémunir.
Début avril, Anthropic dévoilait Mythos, son modèle de langage IA dédié à la cybersécurité, qu’elle disait être si puissant qu’elle en réservait l’accès à une cinquantaine d’organismes états-uniens. À l’époque, elle promettait de rendre compte publiquement des enseignements tirés « d’ici 90 jours », ce qu’elle n’a toujours pas fait, cinq mois plus tard.
Mi-juillet, une armée d’agents IA d’OpenAI parvenait à s’évader du « bac à sable » où ils étaient censés être confinés, mais également à communiquer entre eux (alors qu’ils étaient aussi censés être isolés), avant de coordonner une cyberattaque contre Hugging Face que la majeure partie des médias ont chroniquée à la manière d’un scénario de science-fiction (nous y reviendrons, dans un second article).
La semaine passée, OpenAI a publié une lettre ouverte, cosignée par Anthropic et une centaine d’entreprises de l’IA, de la cybersécurité et des Big Tech’. Elle appelle à « un renforcement mondial de la cyberdéfense », au motif que les cyberattaques menées par des agents IA vont déferler « au cours des prochains mois ».
L’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité
Co-signée par une centaine d’entreprises phares des Big Tech’ et de l’IA (dont Anthropic, AWS, Check Point, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, Firefox, GitHub, Google, HackerOne, Hugging Face, IBM, Microsoft, Oracle, Palo Alto Networks, Red Hat ou Zscaler), la « lettre ouverte en faveur d’une action collective [et] d’un renforcement mondial de la cyberdéfense » d’OpenAI avance que « Nous disposons d’une marge de manœuvre limitée pour renforcer nos cyberdéfenses » :
« Au cours des prochains mois, les cyberattaques basées sur l’IA deviendront bien plus répandues et sophistiquées, à mesure que les modèles utilisés à travers le monde gagneront en puissance. Les entreprises et les services publics dont dépendent nos communautés — des hôpitaux aux stations d’épuration, en passant par les infrastructures qui alimentent Internet — sont menacés [les tirets cadratins émanent du communiqué en anglais, ndlr]. »
Tirant sur la corde sensible, elle pointe opportunément du doigt les « services publics, hôpitaux et stations d’épuration ». Elle ne précise pas cependant que les attaques très sophistiquées menées par les IA agentiques coûtent une fortune en puissance de calcul et en tokens API, et qu’il est peu probable que les pirates informatiques parviennent à en payer le prix « au cours des prochains mois ».
Un article publié la semaine passée dans le Royal United Services Institute (RUSI) et consacré aux « business models » des ransomwares avance en outre que « l’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité ». Ceux qui postulent le contraire « partent d’une hypothèse erronée quant aux motivations des cybercriminels » :
« L’histoire de la cybercriminalité moderne met en évidence deux éléments. Premièrement, le comportement des cybercriminels a été davantage motivé par l’innovation en matière de modèles économiques que par leurs capacités techniques. Deuxièmement, les cybercriminels ont tendance à innover lorsqu’ils y sont contraints, et non pas simplement parce qu’une nouvelle technologie devient disponible. »
« La plupart des cybercriminels ne sont pas des innovateurs, mais des suiveurs », renchérissent ses auteurs. Ils soulignent que « c’est l’argent – et non la technologie – qui est le principal moteur du changement au sein de l’écosystème de la cybercriminalité, et il y a peu d’intérêt financier à consacrer du temps et à prendre le risque d’innover lorsqu’on dispose déjà d’une solution qui fonctionne ».
Les cyberattaques documentées ces derniers mois reposent ainsi majoritairement sur des vols de sessions via des infostealers, d’identifiants/mots de passe en ciblant des utilisateurs par ingénierie sociale, ou des failles de sécurité non corrigées. Elles émanent en bonne partie de jeunes de moins de 25 ans qui, s’ils recourent à l’IA, ne disposent pas de budgets de type « tokenmaxxing », contrairement à OpenAI, Anthropic et autres acteurs des Big Tech’.
Les signataires de la lettre ouverte déplorent que les équipes de cybersécurité « ont toujours manqué de moyens et ont besoin d’un renforcement considérable de leurs outils et ressources ». Ils appellent dès lors à les doter de plus de moyens, « grâce à une IA spécialisée dans la cybersécurité », quand bien même le recours à l’IA agentique peut coûter plus cher que de payer des employés humains.
La lettre ouverte appelle également les entreprises pionnières en matière de « modèle frontière » (ou « modèle de pointe ») dans le domaine de l’IA à offrir « un accès responsable à leurs modèles, des financements importants, des formations et un accompagnement concret, en particulier aux responsables de la protection des infrastructures critiques disposant de ressources limitées ».
Sauf qu’en l’espèce, le projet Glasswing d’Anthropic, qui donne accès à Mythos, n’a initialement été proposé qu’à un peu plus de 50 entreprises et organisations états-uniennes. S’il a depuis été élargi à 150 organisations dans plus de 15 pays, les États-Unis y restent largement majoritaires.
« Grâce à l’IA, attaquer est devenu abordable pour tout le monde, tandis que se défendre n’est à la portée que des plus fortunés », relève pour sa part Tarah Wheeler, qui préside le comité d’audit du conseil d’administration de l’Electronic Frontier Foundation. Elle souligne qu’ « Anthropic nous avait annoncé qu’un rapport de transparence concernant Glasswing serait publié 90 jours après son lancement, le 8 avril dernier », ce que l’entreprise n’a toujours pas fait.
Se protéger contre d’imaginaires super-hackers dotés d’une IA « agentique » ?
Au vu du nombre et de la qualité de ses signataires, la lettre ouverte a été très largement reprise telle quelle dans les médias, mais étonnamment très peu recontextualisée ni décryptée à l’aune de ce qu’en pensent les professionnels de la cybersécurité.
Plusieurs d’entre eux dénoncent pourtant une forme de panique morale ne reposant pas sur des menaces avérées et réellement exploitées par les pirates informatiques. Des menaces d’autant plus hypothétiques que les pirates n’ont ni accès aux modèles de langage dédiés à la cybersécurité d’OpenAI et d’Anthropic, ni aux budgets colossaux nécessaires pour les exploiter, et qui se chiffrent facilement en centaines de milliers de dollars.
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Fin août, Nitter et Xcancel annonçaient la suspension de leurs activités de leurs services. Ces deux plateformes alternatives pour tous les internautes qui souhaitent consulter ou partager des publications du réseau social X reprennent finalement leurs activités.
Sur le site de Nitter, on peut lire une mise à jour de la note publiée le mois dernier, dans laquelle l’équipe explique avoir reçu une mise en demeure par X le 24 août 2026. Mais après quelques jours de réflexion et consultation de leurs avocats, les responsables du projet ont choisi de le remettre en route : « Suivant les conseils juridiques reçus, le projet Nitter se poursuivra ».
Selon ce message, Nitter sera de « nouveau opérationnelle d’ici peu » et d’autres instances devraient suivre. De fait, c’est déjà le cas de XCancel qui est de nouveau utilisable, par exemple pour consulter les messages du président de la République française qui ne publie pas ses messages ailleurs. Pourtant Next lui a fait un tuto personnel pour l’aider :
Après une première expérimentation auprès de 172 agents volontaires, le gouvernement fédéral suisse teste de remplacer la suite Microsoft 365 par une solution open source sur 3 000 ordinateurs.
La Chancellerie prévoit que cette migration, qui concerne environ 7 % des postes utilisés dans ses services, soit réalisée d’ici la fin 2027.
Concrètement, les employés fédéraux se verront fournir l’accès à OpenDesk, une solution allemande produite par le Centre allemand pour la souveraineté numérique (ZenDis).
Cette dernière a été choisie car conçue spécialement pour des administrations publiques, et mise à disposition de l’administration fédérale suisse gratuitement, indique le porte-parole de la Chancellerie au Temps.
Illustration : Flock
Si l’opération se passe correctement, un nombre croissant de postes pourrait passer à OpenDesk par la suite. Ceci dit, impossible d’imaginer que l’intégralité de l’administration locale se passe du fournisseur états-unien, dans la mesure où aucune alternative ne lui permet de « remplacer simplement et complètement les solutions Microsoft en place au sein de son architecture informatique », explique la Chancellerie.
Pour la transition en cours, l’administration a ciblé en priorité des fonctionnaires « chargés de processus sensibles ou essentiels à l’activité ».
Rien n’empêche, à terme, de se tourner vers des solutions suisses – Infomaniak développe par exemple une suite complète — ou de recourir à des sociétés suisses pour les prestations de conseil, d’intégration, de formation ou d’autres activités susceptibles d’accompagner le recours aux outils open source choisis.
Outre cette initiative, le Cyber Command suisse, unité militaire en charge de la cybersécurité, travaille de son côté à remplacer complètement Microsoft 365 par OpenDesk d’ici 2026, selon le média spécialisé It’s Foss.
Le Sommet international sur l’espace va se dérouler cette semaine. Si la fusée allemande Spectrum a bien réussi son lancement ce week-end en Norvège, des tensions entre la France et l’Allemagne montrent qu’il n’est pas sûr que l’Europe veuille s’assurer une réelle autonomie spatiale. Donald Trump, lui, a interdit aux entreprises états-uniennes de participer au sommet, alors même que la régulation de l’espace doit y être évoquée.
Ce week-end, Isar Aerospace a réussi le lancement de sa fusée Spectrum depuis la base d’Andøya (Norvège), ainsi que le placement en orbite de cinq satellites. Mais le succès de Spectrum n’est pas forcément le symbole du futur de l’Europe spatiale qui doit être discuté lors du Sommet international sur l’espace organisé les 9 et 10 septembre prochains à Paris.
« Nous sommes entrés dans l’histoire », s’est enorgueillie l’entreprise allemande sur le réseau social d’Elon Musk. « Dès notre deuxième vol, nous sommes devenus la première entreprise spatiale commerciale européenne à mettre des satellites en orbite. La mission « Onward and Upward » a décollé avec succès et a déployé ses charges utiles en orbite. Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’aérospatiale européenne ». C’est incontestablement un succès pour cette entreprise du « new space » allemand qui réussit donc l’exploit d’envoyer des satellites depuis le continent européen et ouvre une possibilité complémentaire à Ariane 6 face au géant états-unien SpaceX.
Politiquement, c’est un peu plus compliqué que ça. Emmanuel Macron avait annoncé en juin dernier ce sommet international de l’Espace en exhortant l’Europe à mener une « reconquête à marche forcée » dans le domaine du spatial. Et il espérait pouvoir compter sur le soutien du chancelier allemand Friedrich Merz pour relancer le leadership du duo européen en y annonçant, main dans la main, la signature d’une déclaration commune des pays européens incluant des critères de préférence européenne pour le prochain budget spatial européen.
Mais le dirigeant allemand a fait savoir très tardivement qu’il ne coprésidera pas ce sommet. « À ce stade, le chancelier ne peut pas participer » en raison des « contraintes politiques », a affirmé l’Élysée à l’AFP ce week-end. Les ministres allemands de la Défense, Boris Pistorius, et de l’Espace, Dorothee Bär, devraient être cependant présents, mais l’absence du chancelier met un doute sur l’entente franco-allemande sur le sujet.
Cette défection fait suite à la pression que Donald Trump a exercée sur le bon déroulement du sommet. En effet, une semaine avant la tenue de l’événement, Politico a appris que la Maison Blanche a indiqué par téléphone à des entreprises de son pays comme SpaceX, Stoke Space, K2 Space et Astra, que leur participation à ce sommet pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l’Union européenne. L’administration de Donald Trump reprocherait à la France de ne pas s’être concertée avec les États-Unis pour organiser ce sommet, ainsi que de « pratiques anticoncurrentielles ».
Ces pressions ont poussé SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud à annuler leurs venues même si le ministre Philippe Baptiste a réagi sur X en affirmant que « la porte est grande ouverte » aux scientifiques, entreprises et administrations états-uniennes. Ce week-end, parmi une flopée d’images générées par IA, Donald Trump a réaffirmé de façon brutale sa volonté d’imposer l’hégémonie de son pays dans l’espace :
Mais ces jeux d’influence pourraient aussi expliquer la défection du dirigeant allemand. Selon les Echos, l’Allemagne voudrait garder la porte grande ouverte au recours à SpaceX et à d’autres entreprises états-uniennes.
Régulation de la pollution lumineuse ?
Si le sommet est notamment un enjeu économico-politique pour l’Europe, il doit aussi être le lieu de discussion concernant la régulation de l’espace. Notamment, comme l’expliquent les chercheurs Fabien Malbet et Julien Milli, il pourrait être l’occasion de créer un cadre international contraignant pour limiter le nombre de satellites et leur impact, singulièrement concernant la pollution lumineuse. Mais la désertion des acteurs états-uniens risque de mettre du plomb dans l’aile à ces discussions.
Enfin, le sommet officiel doit faire face à l’organisation d’un contre-sommet organisé par la CGT ces mardi 8 et mercredi 9 septembre [PDF] où la dirigeante de l’organisation, Sophie Binet, interviendra ainsi que des scientifiques et divers représentants de partis de gauche français. Il y sera aussi question de la « profitabilité au détriment de la souveraineté » ou de la« compétitivité par la baisse des budgets de la recherche ».
Robots aspirateurs, tondeuses connectées, caméras, sonnettes, capteurs… le célèbre Internet des objets offre des possibilités fascinantes pour améliorer le confort du foyer au quotidien, mais il se gagne bien souvent au prix de compromis aussi inacceptables que passés sous silence en matière de sécurité et de vie privée. Le problème n’est toutefois pas inéluctable… pour peu qu’on s’en empare.
Si j’étais de mauvaise foi, je dirais que tout ça c’est la faute du chien, mais comme en vrai il n’y est pour rien, il vaut mieux que je vous explique. Il se trouve que dans la vraie vie, j’ai trois jeunes enfants très dynamiques, et depuis dix-huit mois environ, un chien. Un épagneul breton, pedigree SPA. Comme tous les épagneuls bretons, il est sympa, têtu et un brin hyperactif. C’est-à-dire qu’il pionce la moitié de la journée, mais quand il se réveille, il se transforme en tornade, et pour peu qu’une baie vitrée soit ouverte après la pluie, le parquet du salon se retrouve rapidement constellé de traces de patte.
Ajoutez à ça qu’il perd toute l’année autant de poils qu’un mammouth laineux en pleine mue, et vous comprendrez que mon sol intérieur n’est pas exactement d’une propreté clinique. Perso, j’ai un seuil de tolérance assez élevé et je trouve ce petit tapis de poils plutôt confortable sous les pieds, surtout en hiver, mais il se trouve que je partage ma vie avec quelqu’un d’un peu moins dilettante sur le sujet, et que certains enfants donnent des signes d’allergie. Accessoirement, il y a un consensus familial : tout le monde déteste passer le balai. Bref, la paix du ménage passe par l’achat d’un aspirateur robot.
Sur le principe, je n’ai rien contre. Il se trouve que cet été, j’ai déjà entrepris de connecter certains éléments de la maison, histoire de programmer l’ouverture des volets le matin, ou d’éteindre à distance les lumières laissées allumées par les enfants quand ils s’endorment le nez dans leur bouquin. Je fais ça via Home Assistant, qui tourne sur un petit serveur domestique, et comme je suis tombé dans un véritable rabbit hole, je serais ravi d’intégrer un aspirateur robot dans les automatisations en cours de construction.
Mais des principes, j’en ai quelques-uns. En matière de domotique, le premier d’entre eux consiste à protéger mordicus le caractère privé de mon foyer : tous mes équipements doivent fonctionner en local. Ça n’exclut pas des possibilités de contrôle à distance, notamment pour la sécurité, mais ces dernières doivent être strictement cantonnées aux deux adultes de la maison.
Control freak ?
Pourquoi ériger ça en principe cardinal ? Mettez ça sur le compte d’une déformation professionnelle. Sur Next et ailleurs, j’ai eu l’occasion de couvrir à de multiples reprises des incidents de sécurité impliquant des objets connectés, avec à chaque fois de graves implications potentielles en matière de vie privée. Le dernier exemple en date vient d’être publié : des failles de sécurité exposaient complètement la gamme de robots tondeuse Mammotion. Un peu plus tôt cette année, j’ai eu l’occasion de relater en détail la découverte de vulnérabilités béantes au niveau d’une infrastructure gérant des centaines de milliers de caméras IP et de babyphones connectés à l’échelle mondiale.
Impossible, faute de temps, de les traiter systématiquement, mais la rédaction voit passer presque toutes les semaines des alertes de sécurité relatives à des objets connectés du quotidien.
« Chéri, si tu voulais reproduire la langue des Rolling Stones avec la tondeuse, tu t’es planté ! » – Dessin : Flock
Le phénomène m’inquiète à au moins trois titres. Le premier, c’est qu’il concerne aussi bien les produits chinois premier prix que les appareils vendus à prix d’or par des marques renommées. Outre Mammotion, et ses tondeuses à 2 000 euros, vous avez peut-être vu passer en début d’année cette info selon laquelle un développeur a découvert presque par inadvertance qu’il pouvait prendre le contrôle à distance de près de 7 000 aspirateurs robots haut de gamme DJI.
Le deuxième motif d’inquiétude, c’est que les constructeurs concernés réagissent avec une diligence toute relative aux alertes. Si DJI a très vite corrigé les failles de ses robots en se coordonnant avec l’auteur de la découverte, d’autres lambinent, et mettent des semaines, voire des mois, à combler des failles pourtant béantes. L’examen des vulnérabilités en question participe de mes angoisses : on ne parle pas d’attaques sophistiquées, menées à grands coups de rootkits et de virus. Les portes sont souvent liées à des identifiants laissés en clair dans le code et à l’oubli de protections pourtant basiques dans le monde des réseaux.
Le troisième point découle du deuxième, en lien avec les possibilités offertes par l’IA. Je ne parle pas des Mythos, Fable, Atlas et autres modèles de pointe qui alimentent les discours ambigus des acteurs spécialisés en matière de cybersécurité. Non, je fais référence à un Claude ou ChatGPT courant qui, correctement interrogé, est capable en quelques prompts de disséquer le code d’une application mobile pour en identifier tous les éléments problématiques. Je dis ça en connaissance de cause, puisque je l’ai fait pour contrôler certaines des allégations relatives aux failles de sécurité mentionnées plus haut, ou pour vérifier l’histoire de ce prestataire des dispensaires de cannabis qui stockait en clair les pièces d’identité de ses clients…
Le piège de la simplicité
Dans la grande famille des objets connectés, plusieurs ont besoin de « voir » chez moi pour faire leur boulot, à commencer bien sûr par les caméras de vidéosurveillance. Les robots aspirateurs ou robots tondeuses s’y mettent aussi : pour mieux détecter leur environnement, les meubles ou les objets laissés au sol, ils s’appuient sur des batteries de capteurs, notamment optiques. Cette capacité est attendue, et bienvenue, mais elle s’accompagne d’une zone d’ombre : où sont opérés les traitements informatiques nécessaires à la détection de mouvement de la caméra, ou à l’analyse des objets observés par le robot aspirateur ?
La question n’est pas anodine. Comme beaucoup, j’ai attaqué le sujet de la vidéosurveillance chez moi avec une caméra IP Wi-Fi chopée à l’occasion d’une promo sur Internet il y a quelques années. Pour l’utiliser, je devais passer par l’application mobile du constructeur : c’est elle qui permet de recevoir les images ou les alertes à distance. Lors de l’installation, je suis passé rapidement sur les conditions d’utilisation et le parcours d’explications qui mentionnaient vaguement une possibilité de stockage dans le cloud, pressé que j’étais d’en tester le fonctionnement. C’est après coup, au moment de me connecter pour la première fois à distance à la caméra, que je me suis dit « hey, mais au fait, elles passent par où les images ? ».
Mon illumination est rhétorique : je sais très bien que ces images transitent par un serveur distant (le cloud du fabricant), qui gère ensuite l’envoi d’une alerte sur mon téléphone. Ce qui est moins évident en revanche, c’est ce qu’il advient des images ainsi envoyées : sont-elles stockées, analysées, utilisées à des fins d’entraînement, ou autre ? Et accessoirement, qui peut y accéder ? Compte tenu des nombreuses failles évoquées plus haut, il y a un risque, difficile à mesurer mais confirmé par l’expérience, que des images de mon intérieur circulent auprès de personnes malintentionnées. Bon, à la rigueur, s’il s’agit du portrait d’un cambrioleur ou de la langue pendante du chien, je m’en remettrai. Mais si ce sont mes enfants qui déclenchent la détection de mouvement, c’est une autre paire de manches. Exit la caméra premier prix.
Il se trouve que moi, comme bon nombre de lecteurs de Next sans doute, je suis sensibilisé à ces questions. Je suis aussi en mesure de circonvenir le problème. Je dispose chez moi de l’équipement nécessaire pour créer un réseau local privé, coupé d’Internet. Mes nouvelles caméras IP envoient désormais leurs images vers mon serveur domestique, sur lequel un logiciel déconnecté d’Internet, Frigate, réalise la détection de mouvement et peut, au besoin, déclencher via Home Assistant une alerte vers nos deux téléphones.
Pour un geek, cette configuration n’est pas particulièrement complexe (un routeur capable de gérer plusieurs réseaux locaux, des caméras choisies pour leur capacité à travailler en local, un serveur domestique chargé de coordonner l’ensemble), mais elle n’est pas triviale. D’abord parce qu’elle suppose une réflexion préalable, et quelques heures de paramétrage. Ensuite, parce qu’elle représente un investissement financier non négligeable, de l’ordre de quelques centaines d’euros.
Revenons-en à nos poils de chien
Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos poils de chien. Ce n’est jamais expliqué très clairement dans les modes d’emploi, mais les aspirateurs robots fonctionnent un peu comme les caméras IP : ils disposent de commandes locales (les boutons physiques par exemple) et parfois d’intégrations dans des applications domotiques (Home Assistant, Apple HomeKit), mais le plus souvent, les fonctions avancées (détection d’objets, programmation pièce par pièce) ne sont accessibles qu’au travers de l’application mobile du fabricant, soi-disant parce qu’elles supposent des traitements réalisés à distance, sur ses propres infrastructures informatiques.
Qu’à cela ne tienne, je vais faire comme avec mes caméras : chercher un modèle d’aspirateur répondant à mes attentes (capacité à vider son bac à poussières à sa base, serpillière, gestion d’une programmation à distance pièce par pièce, cartographie de la maison pour optimiser le parcours, intégration dans Home Assistant pour éviter l’enfermement dans un écosystème propriétaire), mais avec un fonctionnement exclusivement en local, c’est-à-dire isolé d’Internet.
La démarche est aussi un enjeu de pérennité : s’il tourne uniquement en local, mon robot est à l’abri d’une éventuelle panne du cloud, ou d’une fermeture décidée arbitrairement par son fabricant (n’est-ce pas, les éditeurs de jeux vidéo ?).
Bref, deux-trois recherches sur Internet devraient bien me permettre de trouver ça ? Que nenni.
J’ai d’abord consulté quelques tests récents de médias tech, pour essayer d’isoler un ou deux robots considérés comme de bons rapports qualité-prix, sachant que je ne souhaite pas dépenser une somme à quatre chiffres pour une serpillière à roulettes. J’ai bien noté quelques références intéressantes saluées pour leur autonomie, leur aspiration ou leur gestion des obstacles, mais aucun des articles concernés n’abordait la question de la confidentialité. Seule exception : les tests et actus consacrés à l’entreprise états-unienne Matic, qui revendique une approche privacy first, mais ne distribue pas ses robots sur le Vieux Continent.
Je me suis donc tourné vers les forums et Reddit, où d’autres se sont déjà posé la même question. Et j’ai découvert, un peu surpris, qu’il n’y avait pas de solution évidente. Ou plutôt, pas de solution sans compromis.
Je vous la fais courte : la quasi-totalité des robots du marché qui disposent de fonctionnalités avancées imposent l’utilisation de l’application dédiée, et donc l’exploitation de données dans le cloud. Les fabricants présentent généralement ça comme une nécessité technique, et assurent offrir des garanties de pseudonymisation, voire des flux chiffrés, mais ils refusent que l’on coupe le cordon.
À défaut, le robot est limité à des fonctions de base (qui peuvent se révéler suffisantes mais ne répondent pas à mes attentes). Certains modèles récents affichent une compatibilité avec la norme Matter pour permettre un contrôle local natif plus étendu, en Wi-Fi ou en Thread, mais là aussi le niveau de contrôle reste limité.
Pour celui ou celle qui voudrait aller plus loin, la voie la plus complète, mais aussi la plus complexe, consiste à rooter l’appareil (remplacer son logiciel par une alternative non officielle). Plusieurs modèles courants (Dreame, Ecovacs, Roborock, Eureka) peuvent être déverrouillés au moyen du firmware Valetudo, mais la manipulation revêt plus ou moins de complexité selon les robots.
Pour certains, un simple flash via un PC sous Linux suffit. Pour d’autres, il faut intervenir physiquement sur la carte mère et donc rompre les scellés de garantie. Il y a quelque chose d’assez satisfaisant dans le fait de voir qu’une initiative particulière permet de court-circuiter le verrouillage orchestré par toute une industrie, mais celle-ci n’est valable que sur certains modèles (et parfois même uniquement sur certaines générations d’un modèle donné), et la manipulation a de quoi refroidir bon nombre d’utilisateurs néophytes.
Si l’on écarte cette piste « expert », l’acquéreur potentiel de robot aspirateur se retrouve confronté à trois choix : accepter de laisser ses données circuler vers un cloud extérieur, tirer un trait sur une partie des fonctionnalités associées, ou tout simplement continuer à passer l’aspirateur à la main. En ces temps qui imposent de réfléchir à l’impact environnemental de la tech, la dernière n’est probablement pas la plus mauvaise des solutions.
Reste que si l’on souhaite tout de même s’équiper, l’industrie nous place face à un choix cornélien : fonctions avancées ou vie privée ? De mon côté, je sais que je ne transigerai pas. Je me prépare donc soit à chercher un robot à prix raisonnable susceptible de passer par la case Valetudo, soit à compromettre les relations diplomatiques familiales en opposant mon veto au robot.
De la nécessité d’informer correctement
Chacun prend bien les risques qu’il souhaite, tant qu’il les a correctement soupesés. Avant de m’équiper plus sérieusement, j’ai utilisé pendant quelques semaines mes caméras connectées avec la Chine, parce qu’elles me rendaient un service dont j’estimais avoir besoin, mais je l’ai fait de façon précautionneuse, en veillant à n’activer les appareils que quand la maison était vide de tout occupant.
Ce qui m’ennuie, et motive en réalité ce long laïus, ce sont tous les utilisateurs d’objets connectés qui acceptent tacitement d’exposer leur vie privée à un risque parce qu’on ne leur a pas expliqué la nature du risque en question. J’ai posé quelques questions naïves à des gens de mon entourage ces dernières semaines, en mode : « Au fait, tu es sûr que c’est sécurisé ton robot ? Il a quand même une caméra et des fonctions qui permettent d’en prendre le contrôle à distance ? ». Dans certains cas, j’ai eu droit à des retours de type : « Ho ben oui, l’application est sur mon téléphone protégé par mot de passe, donc c’est sûr ».
Mauvaise réponse :/
La situation n’a cependant rien d’inéluctable.
Du côté des particuliers, il me semble primordial de sensibiliser sans relâche sur le sujet, et c’est bien sûr l’objectif premier de cet édito. Je prêche probablement des convaincus parmi les lecteurs assidus de Next, mais puisse ce texte contribuer à informer des internautes moins au fait des subtilités techniques de nos objets connectés.
Je profite de l’occasion pour en appeler à mes consœurs et confrères de la presse : bon nombre de médias consacrent d’innombrables news, tests et bons plans relatifs aux aspirateurs robots. Pourquoi ne pas intégrer à vos revues un paragraphe et des éléments de notation spécifiques au respect de la vie privée et à la confidentialité des données ? Vos tests y gagneraient en qualité, et n’y perdraient probablement pas tant que ça en conversion vers des liens affiliés.
Le dernier message s’adresse aux fabricants, avec un premier appel évident : quand allez-vous enfin prendre le mors aux dents et faire une passe complète d’audits sur vos outils afin d’en améliorer la sécurité ? Au-delà de cette simple mesure de bon sens, vous avez une carte à jouer en proposant des produits intelligents, mais véritablement respectueux de la vie privée. Plutôt que de simplement respecter a minima les exigences du RGPD ou du futur Cyber Resilience Act (CRA), faites de la confidentialité un argument commercial.
Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour la paix de mon ménage !
Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.
Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.
Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.
Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.
Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos proches – ou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.
Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :
« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »
De nombreux soutiens affichés
L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).
Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.
« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).
Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.
Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.
Prévenir l’hypothèse du kill switch
Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.
Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.
L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.
L’industrie du jeu vidéo vit un crash au ralenti : le secteur multiplie les charrettes de licenciements, le marché des consoles stagne, les joueurs dépensent beaucoup moins et se contentent de jouer à un ou deux jeux en rotation… Après des années de croissance portée par des budgets toujours plus énormes, le modèle du blockbuster est arrivé à un point de rupture.
« C’est le pire krach du jeu vidéo, ou la pire perturbation, que nous ayons connu depuis les années 1980, lorsque Atari s’est effondré et a été remplacé par Nintendo », affirme Tim Sweeney, le directeur général d’Epic, dans le numéro 428 du magazine Edge.
Les budgets explosent, le nombre de joueurs reste le même
L’ampleur n’est cependant pas comparable. Le marché américain du jeu vidéo s’est effondré en 1983, saturé par trop de machines, trop de jeux médiocres et une mauvaise distribution, ce qui a abouti à une perte de confiance du public et des détaillants. D’autres activités, comme le secteur de l’arcade ou encore les micro-ordinateurs, ne se portaient pas si mal.
« Ce qui s’est passé dans les années 1980, c’est qu’Atari a simplement produit beaucoup de très mauvais jeux, et que sa plateforme matérielle est morte », résume Tim Sweeney. La situation actuelle est très différente, car les causes profondes de la crise sont multiples.
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Cette distribution Linux se destine avant tout aux Mac équipés de puces Apple Silicon, que l’entreprise a inaugurées il y a six ans avec sa puce M1. Alors que les premières machines M6 sont depuis peu sur le marché, Asahi annonce la prise en charge des puces M3. Mais attention, il reste beaucoup de travail.
Asahi Linux vise à porter Linux sur les Mac équipés de puces Apple Silicon. Il s’agit d’un travail de titan, car l’architecture d’Apple n’est pas ouverte. Les développeurs procèdent donc par tâtonnement et rétro-ingénierie, sans aucune documentation technique pour les y aider. Apple n’a aucun intérêt en effet à documenter sa technologie, puisqu’elle est la seule à l’utiliser et qu’elle est consciente des très bonnes performances de ses puces, constituant un avantage concurrentiel certain.
Pour avancer, les développeurs doivent ainsi analyser les microprogrammes (firmwares), la mémoire et le comportement des composants (contrôleur d’affichage, processeur de sécurité, contrôleur mémoire unifiée, etc.). Il faut ensuite en déduire un fonctionnement reproductible pour l’intégrer dans un système d’exploitation libre. La distribution de référence est Fedora Asahi Remix, mais le travail effectué est notamment repris dans le noyau Linux.
Un gros pas vers les puces M3
Comme indiqué par Phoronix le 6 septembre, le support officiel des Mac équipés de puces Apple M3 (M3, M3 Pro, M3 Max) vient d’être intégré à l’installateur du projet. Seule exception, la version Ultra de la puce, que l’on peut retrouver dans le Mac Studio dans sa configuration maximale.
Le niveau de prise en charge est proche de celui déjà obtenu sur les puces M1 et M2 (et leurs variantes). Le support comprend notamment la webcam, les microphones intégrés, l’USB, le décodage vidéo matériel avec support de l’AV1, le Wi-Fi et le Bluetooth.
Attention cependant, car les mêmes limites initiales qu’avec les générations M1 et M2 recommencent, à cause de deux composants qui donnent du fil à retordre aux développeurs. D’abord, le contrôleur d’affichage (DCP, Display Controller Processor), un coprocesseur dédié et propriétaire introduit avec la puce A14 (iPhone 12). Son support n’est que très partiel, car il a fallu passer par un hyperviseur interceptant les appels entre macOS et la puce. En conséquence, la machine ne peut pas être mise en veille et le HDMI ne fonctionne pas.
De même, le support du GPU reste expérimental. Les performances sont donc très limitées et son utilisation consomme beaucoup plus d’énergie qu’elle ne le devrait. Lors de la conférence X.Org qui se tiendra du 28 au 30 septembre, une partie de l’équipe de développement viendra rendre compte des progrès accomplis sur ce point.
Un travail de longue haleine.
Dans le billet d’annonce sur le site officiel de la distribution, James Calligeros (l’un des développeurs d’Asahi) indique cependant que l’équipe aura davantage d’informations sur ces sujets dans les mois à venir. Comme avec les générations M1 et M2, il est très probable que les développeurs finiront par obtenir le support complet du GPU et du DCP. Sur les deux premières générations, GPU a atteint la conformité officielle (auprès du Khronos Group) pour OpenGL 4.6, OpenCL 3.0 et Vulkan 1.3 (ainsi qu’OpenGL ES 3.2)
Le travail reste cependant « ingrat », car il faut recommencer à chaque nouvelle génération de puces, à cause des changements d’architecture et autres améliorations apportées chaque année. Il en ira de même pour le support des puces M4.
En outre, il faut garder en tête que « pleinement fonctionnel » a une définition particulière dans le cadre d’Asahi. L’appellation indique surtout que toutes les fonctions de base sont supportées et que la machine a, dans l’ensemble, le comportement que l’on peut en attendre dans une utilisation quotidienne. Des fonctions restent indisponibles, comme le HDR ou certaines configurations Thunderbolt (pour les machines qui l’ont).
Une lente intégration dans le noyau Linux
Une partie du travail réalisé par les développeurs d’Asahi atterrit ensuite dans le noyau Linux lui-même. Le processus est bien sûr plus lent et sélectif, car seuls les composants jugés suffisamment matures sont intégrés. Ils sont alors soumis aux mainteneurs des sous-systèmes concernés (DRM pour l’affichage, IOMMU pour la gestion mémoire, etc.), selon le processus habituel de relecture par correctifs.
On retrouve ainsi des composants comme le pilote DCP de base, le contrôleur IOMMU pour la mémoire, le pilote SMC (contrôleur de gestion système) ou encore les contrôleurs GPIO. Le pilote graphique complet, en revanche, n’en fait pas partie. D’une part, il est nettement plus volumineux que les autres composants.
D’autre part, il est en grande partie écrit en Rust, ce qui avait soulevé des tensions sur les discussions d’intégration au noyau. Ces tensions avaient poussé Hector Martin, fondateur et responsable historique du projet, à démissionner de son rôle de mainteneur et de la direction. La décision était intervenue notamment à la suite de remontrances de Linus Torvalds. Ce dernier indiquait alors ne pas être contre Rust dans le noyau (le code Rust y est en augmentation depuis trois ans), mais il n’avait pas apprécié qu’Hector Martin passe par les réseaux sociaux pour tenter de convaincre la communauté.
L’évolution n’a pas tardé. Alors que le projet Opération Bluebird, monté par deux salariés de Twitter, époque pré-rachat par Elon Musk, lançait fin août le service Twitter.now, les voilà forcés de le renommer pour tweet.app.
Le changement fait suite à la décision écrite du juge Colm Connolly, dans laquelle ce dernier indique qu’utiliser le nom « Twitter » créerait trop de confusion dans l’esprit des consommateurs et enfreindrait le droit des marques.
Autrement dit, contrairement à la lecture adoptée initialement par les équipes d’Operation Bluebird, ces derniers n’ont pas le droit d’utiliser le nom Twitter, quand bien même celui-ci n’est plus utilisé par la plateforme X ni par l’entreprise SpaceXAI.
Le juge décrète en revanche que X a probablement abandonné le terme « tweet » et son logo en forme d’oiseau, ce qui signifie que ces deux éléments sont réutilisables. Le site web du nouveau réseau social a aussitôt évolué de Twitter.now vers Tweet.app.
Page d’accueil de Tweet.app : seul le nom a changé depuis le lancement de « twitter.now ». / Capture d’écran
Dans sa foire aux questions, il indique : « Le 3 septembre 2026, un tribunal fédéral a refusé de nous interdire l’utilisation de la marque "Tweet" et du logo représentant un oiseau, estimant que nous étions en mesure de prouver que la société X avait abandonné ces deux éléments. »
Fin août, l’ancien juriste de Twitter Stephen Coates et son associé Michael Peroff lançaient la prévision de leur réseau social.
Pour limiter les premiers accès et obtenir des financements, le réseau n’est pour le moment accessible qu’en contrepartie de 20 à 40 dollars. Auprès de TechCrunch, l’entreprise a indiqué que 172 000 personnes avaient déjà ouvert un compte, donc réservé un nom d’utilisateur.
Bonjou… Désolé vous avez atteint la limite de votre quota !
Astra est présenté comme une nouvelle étape dans la quête de l’AGI (intelligence artificielle générale). Disponible depuis peu, il dévore les limites d’utilisation à vitesse grand V selon de nombreux retours. Qu’en est-il du coût réel pour les utilisateurs ?
La semaine dernière, OpenAI présentait GPT-6 Astra, son nouveau modèle d’intelligence artificielle. Il est depuis déployé progressivement auprès des utilisateurs d’un abonnement Plus, Pro, Business et Entreprise. Les premiers retours ne se sont pas fait attendre.
Bon nombre concernent les limites d’utilisation très rapidement atteintes pour les clients Plus. « J’ai utilisé GPT-6 Astra pour faire un audit UX/UI d’une appli en lui donnant accès au navigateur. Il a “juste” à cliquer, prendre des captures, et documenter. En 5 mn il a bouffé les crédits », explique Guillaume Champeau. Les retours similaires sont nombreux sur les réseaux sociaux.
Précisons qu’Astra est en cours de déploiement pour les forfaits Pro, Business et Enterprise. Les abonnés Plus doivent se contenter (pour l’instant ?) de Codex et Work.
Au cours du week-end, OpenAI a revu à la hausse « le nombre de messages locaux par période de cinq heures » pour Astra avec ChatGPT Work et Codex. Sur Plus, les estimations grimpent entre 3 et 30 messages à une fourchette plus généreuse de 5 et 45 messages. Les deux abonnements Pro aussi ont droit à des hausses. Comme toujours, le fonctionnement des limites n’est pas détaillé. OpenAI peut ainsi en jouer sans avoir à communiquer auprès des clients, participant au flou autour de ses offres. Cela peut créer de la frustration et pousser des clients vers des offres toujours plus chères.
Les tarifs peuvent doubler selon le contexte
Pour comprendre le coût d’Astra, nous avons plongé dans la grille tarifaire de l’entreprise. Sur l’API, Astra est facturé 10 dollars HT par million de tokens en entrée et 50 dollars HT par million en sortie, soit x2,5 par rapport à GPT-5.6 Sol qui était jusqu’à présent le plus cher. C’est le tarif officiel qui avait été annoncé, pas de surprise.
Toutefois, des frais supplémentaires s’ajoutent en cas de long contexte, c’est-à-dire lorsqu’il dépasse les 272 000 tokens (c’était aussi le cas sur les versions 5.6 de GPT). Il peut s’agir d’un seul et long message (avec un gros document par exemple), ou encore d’un prompt court suivant une longue conversation. Le contexte prend en compte aussi bien les prompts que toutes les réponses déjà données.
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