Flock : ablitération
Ablablation du blabla
Bon, on a compris le principe. Maintenant reste à savoir si ça nous apporte un petit truc en plus, ou un petit truc en moins ce machin. On ne sait plus.

Bon, on a compris le principe. Maintenant reste à savoir si ça nous apporte un petit truc en plus, ou un petit truc en moins ce machin. On ne sait plus.

Sans doute lassée des quolibets, Microsoft a choisi de rassembler toutes ses applications Copilot en une seule, à l’exception de GitHub Copilot. L’éditeur ambitionne désormais de répondre à toutes les demandes depuis une interface unique, avec plusieurs onglets et un choix de modèle piloté selon les besoins.
Comme on pouvait le craindre, l’explosion de l’intelligence artificielle générative n’a pas été maitrisée par tout le monde. Chez Microsoft, les fonctions dopées à l’IA ont envahi tous les produits, au point de provoquer une saturation rapide, ainsi que des hausses de prix, notamment dans Microsoft 365. Au point que l’éditeur fait maintenant machine arrière. À travers son initiative K2 pour Windows 11, ces fonctions sont en recul, tantôt supprimées tantôt désactivées par défaut.
L’un des facteurs qui a mené Microsoft « à sa perte » semble être la multiplication des applications. Le nom « Copilot » est presque devenu un sujet de moquerie, tant les applications se sont multipliées, là où Google n’a par exemple qu’un Gemini, dont les fonctions plongent dans d’autres produits. Le public s’est également habitué à ChatGPT et Claude, avec leur interface unique.
Outre les travaux actuels dans Windows et les applications de l’éditeur, le repositionnement de Copilot se révèle par d’autres émanations. La presse américaine note par exemple que l’étiquette Copilot+ disparait peu à peu des produits qui pouvaient y prétendre. Les caractéristiques techniques minimales sont toujours là, mais l’appellation semble avoir fait son temps, comme l’a confirmé un responsable de Microsoft à Windows Central. Les produits Surface récemment lancés n’ont d’ailleurs pas l’étiquette. On pourrait également relever les nouvelles possibilités de réaffectation dans Windows 11 pour la touche Copilot sur les claviers équipés.
Et voilà que Microsoft annonce désormais une refonte complète de son application centrale Copilot, avec l’idée d’en faire désormais une « super app ».
Le changement le plus important est le même que chez OpenAI ou Anthropic : avoir tout au même endroit. Microsoft restructure donc son application en trois parties.
Home devient le nouveau point d’entrée, en réunissant Chat et Cowork. Dans cette partie, on trouve aussi Office. Pas des visionneuses, mais bien la suite bureautique au grand complet, tout du moins Word, Excel et PowerPoint. Vient ensuite Code, pour lancer des projets de développement comme on le ferait avec le Code de ChatGPT ou celui de Claude. À la différence que Microsoft met l’accent sur le choix du modèle. La dernière partie est Autopilot, qui permet de créer de gérer un agent persistant pour continuer de travailler de manière autonome sur les tâches confiées par l’utilisateur. Pour les personnes qui avaient suivi la conférence Build en juin dernier, Autopilot est simplement le nom officiel du projet Scout.



L’application a l’ambition de servir tous les besoins ou presque. Home est clairement orientée vers le travail quotidien, tandis que Code vise plus spécifiquement les non-développeurs, avec la promesse vendue de pouvoir réaliser rapidement les projets qu’ils pourraient avoir en tête. Microsoft précise que rien ne change pour les développeurs : GitHub Copilot est toujours là (il sert également de fondation à Code). Pour l’éditeur, les avantages de cette approche sont évidents : une personne peut décrire une application, un tableau de bord ou n’importe quelle forme d’automatisation, le résultat tirant partie des données liées au compte.
Dans le cadre d’une utilisation en entreprise, l’ensemble doit rester dans un contexte professionnel via Microsoft IQ. Microsoft joue bien sûr la carte de l’écosystème : Fabric IQ apporte du contexte à partir des données présentes dans Copilot (dont les modèles sémantiques de Power BI), un ancrage est prévu dans les données et flux de Dynamics 365 et Power Platform, etc.
Même si Microsoft possède ses propres modèles (et s’en sert notamment pour son infrastructure de recherche de failles Perception), l’éditeur semble vouloir devenir surtout le pourvoyeur d’une solution « pratique », où l’on peut tout faire au même endroit. Dans un tweet publié ce 25 septembre, Satya Nadella indique ainsi : « Nous construisons Copilot comme un nouveau système d’exploitation pour le travail qui englobe chaque modèle, chaque format, et chaque tâche ».
Côté tarification, l’entreprise adopte une approche double, dans laquelle l’IA du quotidien reste à un prix fixe par utilisateur, tandis que l’IA agentique fonctionne sur des crédits Copilot. La licence fixe est simplement la licence Microsoft 365 Copilot actuelle, qui couvre Word, Excel, PowerPoint, Outlook et Teams pour 30 dollars par utilisateur et par mois. Elle fonctionne par défaut sur un mode « Auto » censé choisir le modèle le plus adapté selon la requête. GPT-5.6 et Sonnet 5 sont présents, mais pas encore Astra ni le récent Opus 5.5.
Si cette licence est un prérequis, les crédits Copilot servent à alimenter tout ce qui touche à l’agentique. Il s’agit donc d’une facturation à l’utilisation, avec un poids plus ou moins important selon les tâches confiées à Copilot et le modèle utilisé. Dans tous les cas, les usages sont paramétrables par l’équipe d’administration.
Nintendo of America a remporté la partie contre un pirate, que la branche US du constructeur japonais accusait de vendre des copies illicites de jeux pour Switch. L’entreprise empoche 4,5 millions de dollars, dans une victoire facile puisque l’accusé n’a pas répondu à la plainte.
Malgré la Switch 2, Nintendo continue de vendre les modèles première génération de la Switch (la commercialisation en Europe cessera en février prochain). Avec plus de 155 millions d’unités écoulées depuis 2017, ces consoles représentent un énorme vivier de joueurs (et donc de clients). Pas question de les abandonner à leur triste sort : des jeux continuent de sortir pour les Switch 1, y compris chez Nintendo.
C’est pourquoi, plus que jamais, l’entreprise lutte de toutes ses forces contre le piratage, d’autant que les méthodes pour « craquer » une Switch 1 sont relativement simples à obtenir, si on sait où chercher. En juin 2024, Nintendo of America (NoA) portait plainte contre James Williams, un Américain résidant en Arizona.
Il était accusé d’enfreindre la propriété intellectuelle de l’entreprise, de promouvoir des boutiques pirates, de contourner les mesures techniques de protection des jeux et de diffuser des outils de contournement, de ne pas respecter les contrats de licence de Nintendo et d’encourager des utilisateurs à enfreindre ces mêmes contrats.
« Archbox », comme il se faisait appeler en ligne, distribuait des « milliers de copies » de jeux Switch piratés au travers de plusieurs échoppes. James Williams était supposément modérateur sur un subreddit spécialisé dans le piratage de jeux. La juge Lauren King en charge du dossier a rendu l’ordonnance finale ce 23 septembre : l’accusé n’ayant pas comparu pour se défendre, le tribunal a donc rendu un jugement par défaut, sans audience publique, qui donne entièrement raison à NoA (PDF).
James Williams est donc condamné à verser 4,5 millions de dollars à l’entreprise, soit 150 000 dollars pour chacun des 30 jeux retenus dans la plainte. Il doit aussi fermer immédiatement toutes les boutiques en ligne sur lesquelles il a distribué des jeux piratés, désactiver les comptes de réseaux sociaux utilisés pour promouvoir cette activité, cesser d’aider ou d’encourager des utilisateurs à télécharger des jeux piratés, et bien sûr cesser de copier, distribuer et faire la promotion de jeux non autorisés.
Nintendo avait repéré James Williams d’une manière originale. Des documents ajoutés par Nintendo au dossier d’accusation, révélés en 2024 par Game File, lèvent un coin du voile sur les méthodes du cabinet d’avocats mandaté par NoA l’année précédente pour enquêter sur les boutiques pirates.
Les enquêteurs ont fini par repérer le petit business d’Archbox sur Reddit. Ils ont pu établir, via des messages sur les forums de la plateforme, qu’il résidait dans l’Arizona. Restait à découvrir le véritable nom et l’adresse derrière le pseudo. En février 2024, Nintendo a pu identifier Archbox comme étant James Williams. En croisant deux adresses courriel avec sa base de données, l’entreprise a retrouvé des demandes de réparation effectuées à ce nom ainsi qu’une adresse postale à Surprise, en Arizona, confirmant ainsi l’identité et la localisation du pirate.
Après avoir réparé un de ces appareils (l’histoire ne dit pas s’il s’agit d’une Switch), Nintendo a envoyé à James Williams une lettre de mise en demeure. Ce dernier a alors répondu aux avocats de l’entreprise qu’il s’engageait à se conformer et à coopérer à toute demande ou requête relevant de son contrôle. Il niait en revanche avoir porté atteinte à la propriété intellectuelle de Nintendo. L’accusé a ensuite coupé toute communication avec le groupe, et il n’a pas présenté sa défense devant le tribunal dans les délais impartis.
La lutte contre le piratage de jeux Switch ne se limite pas aux États-Unis. Début septembre, Nintendo obtenait du tribunal de La Haye (Pays-Bas) l’interdiction pour un vendeur – non identifié – de commercialiser en Europe des MIG Switch Cards et MIG Switch Dumpers sur plusieurs sites web. Ces dispositifs permettent de copier des cartouches et de lancer des copies piratées de jeux sur la première Switch, sans bidouiller la console en elle-même.
L’académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des romans présélectionnés pour son célèbre prix, qui sera décerné le 4 novembre prochain.
« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », fait valoir l’académie dans un communiqué (PDF).

La publication de ce communiqué intervient après plusieurs jours d’une tempête médiatique inédite dans le monde littéraire.
Lundi 21 septembre, un compte X anonyme « Balance ton Claude » qui ne compte qu’une centaine d’abonnés publie des captures d’écran d’une analyse réalisée au moyen d’un outil de détection d’IA générative, Pangram, sur le texte du roman de Thélyson Orélien, qui vient de recevoir le prix du roman Fnac.
Le compte affirme avoir testé 20 passages du roman, et que tous ressortent comme intégralement générés par IA selon Pangram. L’auteur, interrogé par Libération, dément tout recours à l’IA et son éditeur, Grasset, évoque selon Radio France une « campagne de haine ».
Entre le 22 et le 23 septembre, plusieurs internautes ayant entrepris d’éplucher l’œuvre de Thélyson Orélien font émerger de nouvelles accusations, de plagiat cette fois. Elles visent notamment sa nouvelle Où va le monde, récompensée en 2012 d’un prix décerné par le groupe audiovisuel public Radio-Canada, qui emprunte largement son texte à un extrait du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, paru en 1960.
Ces accusations sont vérifiées et confirmées par de nombreux médias, dont Radio Canada.
Jeudi 24 septembre, le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, lui-même chroniqueur au Figaro et relais de la première heure des accusations liées à l’utilisation potentielle d’une IA générative dans l’écriture de C’était ça ou mourir.
Et vendredi donc, l’académie Goncourt prend la parole, alors même que son président, Philippe Claudel, avait appelé à ne pas jeter l’opprobre sur l’auteur, et laissé entendre qu’une décision serait prise avant le 6 octobre, date à laquelle le jury doit publier sa liste resserrée.
Le court texte de l’académie Goncourt montre bien le caractère inconfortable de sa position. Il associe en effet deux accusations de nature totalement différente et s’appuie sur les faits avérés de plagiat pour justifier sa décision de sanctionner une faute qui reste, à ce stade, supposée. L’académie le reconnait implicitement quand elle écrit que le roman est « selon toute vraisemblance très largement » écrit à l’aide de l’IA.
S’ils revendiquent une fiabilité élevée, les concepteurs de Pangram admettent d’ailleurs qu’il subsiste une marge d’erreur : ils ne vendent pas une preuve définitive, mais une présomption.
La fin du texte de l’académie soulève de nouvelles questions. Elle indique en effet que sa décision doit être comprise comme « un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Faut-il comprendre que les textes postulant au Goncourt devront désormais systématiquement passer sous les fourches caudines d’une analyse assistée par intelligence artificielle ? Le cas échéant, à quel niveau d’assistance IA détecté dans l’écriture l’œuvre concernée sera-t-elle recalée ?
En attendant de voir si et comment les autres grands prix littéraires de la rentrée (Renaudot, Femina…) se positionnent, l’académie prévient commodément que, de son côté, le débat public est clos.
Thales vient de présenter sa solution HexaForce, un système de commandement et de contrôle avec IA pour les forces armées. Il est développé en parallèle du projet souverain Arcadia, nous affirme Thales. HexaForce et Arcadia visent la même cible, Maven de l’Américain Palantir, et semblent puiser leurs inspirations dans la même source, Artemis.IA.
Dans son annonce, Thales met en avant trois forces principales de son produit. D’abord, une architecture ouverte et interopérable, décentralisée et multi-domaine. Ensuite, une adaptation aux conflits de haute intensité, quand les besoins de commandement dépassent les 100 000 combattants. Enfin, une disponibilité avant la fin de l’année.
Si cette présentation fait parler d’elle, c’est qu’elle concrétise une concurrence directe face à Palantir et son produit Maven, avec un accent clair mis sur la souveraineté.
HexaForce se veut avant tout une plateforme distribuée et donc présentée comme particulièrement résiliente. Le produit « intervient sur l’ensemble des espaces de confrontation : terre, air, mer, cyber, champ électromagnétique, espace et champ informationnel », indique Thales. Son rôle est d’être la clé de voûte de l’organisation militaire au sens large, la solution devant orchestrer « l’ensemble des systèmes présents dans les forces armées et les coalitions pour accélérer la prise de décision et fournir un avantage à tous les niveaux opérationnels ».
Plus précisément, HexaForce est présenté comme un système C4I, pour « Command, Control, Communications, Computers and Intelligence ». Selon Thales, il repose sur « plus de vingt ans d’expérience opérationnelle au sein des forces françaises et de l’OTAN ».
L’État de New York, gouverné par la démocrate Kathy Hochul, vient de déposer plainte contre Polymarket, l’accusant de violer ses lois contre les jeux d’argent. Une pierre dans le jardin de l’administration Trump qui se refuse à réguler fédéralement les plateformes qui se présentent comme des marchés prédictifs.
Polymarket est attaqué en justice par la gouverneure démocrate de l’État de New York, Kathy Hochul, et l’avocate générale du même État, Letitia James, « pour avoir exploité une activité de jeux d’argent illégale à New York par le biais de sa plateforme de marché prédictif ».
Dans un communiqué commun, elles affirment que « le marché prédictif de Polymarket constitue une activité de jeux d’argent illégale et non agréée qui expose les New-Yorkais — y compris ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de 21 ans pour jouer — à de graves risques personnels et financiers ».
La plainte [PDF] rappelle que le groupe de Polymarket serait estimée à plus de 20 milliards de dollars et son chiffre d’affaires annuel dépasserait largement le milliard de dollars. Mais elle « chercherait à éviter les conséquences juridiques et financières de la réglementation stricte des jeux d’argent en vigueur à New York en proposant ce qui relève essentiellement du pari sous le couvert de « contrats d’événement » sur un « marché prédictif » ». Selon le document, Polymarket violerait ainsi de façon « flagrante la Constitution de l’État de New York, le code pénal et d’autres lois de cet État ».
« Nos lois sur les jeux d’argent ont pour but de protéger les New-Yorkais, de prévenir les risques liés à la dépendance au jeu et de garantir le financement de programmes éducatifs et d’intérêt général », indique Letitia James. « En contournant la législation new-yorkaise, Polymarket cible les personnes les plus vulnérables et prive les familles new-yorkaises de services et d’un soutien essentiels », insiste-t-elle.
La réaction de l’entreprise ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après, selon CNBC, Polymarket demandait le transfert de l’affaire d’un tribunal de l’État à un autre et a contre-attaqué en lançant une action civile contre Letitia James et la Commission des jeux de l’État de New York, considérant que les États n’ont pas le pouvoir de réglementer les marchés prédictifs.
« La présente action vise à prévenir un préjudice imminent et irréparable résultant de l’application, par l’État de New York, de ses lois sur les jeux d’argent à l’encontre des bourses de produits dérivés réglementées au niveau fédéral — une application que le Congrès a expressément interdite », détaille la contre-plainte de Polymarket.
Selon Reuters, l’entreprise considère dans sa plainte que la Commission fédérale des opérations à terme sur matières premières (Commodity Futures Trading Commission, CFTC) est seule compétente en matière de réglementation des marchés prédictifs. Le directeur juridique de Polymarket, Neal Kumar, a affirmé à l’agence de presse que l’entreprise avait tenté une conciliation avec les responsables de l’État, mais que « celles-ci avaient préféré faire la une des médias ».
Letitia James a aussi attaqué cet été Kalshi, l’autre plateforme de paris en ligne qui se présente comme un marché prédictif.
Ce faisant, l’État de New York se met en opposition frontale avec l’administration Trump qui a pris le parti de ne pas réguler ce genre de plateformes, même après la multiplication des critiques concernant les délits d’initiés qu’elles engendrent. Elle a tout juste accepté de s’appuyer sur l’IA pour les détecter. Rappelons qu’en janvier dernier Kalshi a annoncé avoir embauché le fils du dirigeant des États-Unis, Donald Trump Jr., en tant que conseiller stratégique. Le New York Times expliquait quelques jours après que celui-ci était aussi « à la fois investisseur et conseiller bénévole chez Polymarket ».
Cette nouvelle affaire ne va évidemment pas simplifier les affaires de ces plateformes en ligne qui ont profité de ces largesses et veulent maintenant convaincre d’autres pays et régions qu’elles ne sont pas des sites de paris. C’est le cas en Europe et notamment en France où l’accès au site de Polymarket a été bloqué cet été via une décision de L’Autorité nationale des jeux (ANJ).
Les espaces de discussion intégrés aux sites web pour poser des questions à un bot sont pénibles, mais ils se limitent à du texte. Google, jamais en panne d’une idée pour emmerdifier le web, propose de franchir une nouvelle étape : les bots IA animés à qui on peut parler et qui voient tout.
Le lancement le 15 septembre de Gemini 3.8 Live a donné des idées à Google. Ce modèle IA spécialisé dans les interactions vocales peut désormais s’incarner dans des bots animés, baptisés Live Avatar. Cette « présence visuelle en temps réel » crée une « expérience qui écoute, voit et parle avec une persona visuelle dynamique », selon le moteur de recherche.



Personnages animés façon cartoon ou représentations photoréalistes d’humains synthétiques, les exemples donnés par l’entreprise frayent généreusement dans l’uncanny valley. Ces avatars bénéficient pourtant d’une « synchronisation labiale précise, d’expressions naturelles et d’une alternance fluide des prises de parole » mais rien à faire, il y a quelque chose qui ne va pas. Ils comprennent la parole, mais ils peuvent aussi voir ce qui se passe dans l’environnement de l’utilisateur.
Ces personnages ne se contentent pas de faire la causette. Les avatars peuvent exécuter des tâches en arrière-plan sans interrompre la conversation en cours, et collecter des données pour répondre correctement à une requête. Dans une démonstration, l’un d’eux procède ainsi à l’enregistrement d’un client dans un hôtel tout en continuant à échanger avec lui. Il est même possible de les interrompre, ils ne s’offusqueront pas.
L’idée de parler à ces avatars fait presque froid dans le dos, mais il va falloir s’y habituer. À en croire Google, on pourrait les retrouver au guichet de services clients en ligne, de réceptions virtuelles d’hôtels ou comme guides interactifs. Et ce, partout dans le monde : les Live Avatars parlent 97 langues.
Google propose cette nouveauté aux entreprises et aux organisations (via Gemini Enterprise). Elles pourront piocher dans une bibliothèque d’avatars tout faits, ou personnaliser leur propre personnage. La production vidéo et audio générée par cette fonction est marquée par SynthID.
Quatre nouveaux incidents impliquent des agents IA d’OpenAI. Ils ont tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien), alors qu’ils effectuaient des tâches banales n’ayant aucun rapport avec la cybersécurité et consistant à trouver des réponses à des questions.
« Je tiens à informer les Australiens d’un incident au cours duquel un agent d’intelligence artificielle s’est infiltré sur un site web du gouvernement australien », a déclaré le Premier ministre australien, ce jeudi 24 septembre, lors d’une conférence de presse organisée à New York, en marge de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée aux risques de l’IA.
Anthony Albanese a précisé que l’incident s’était produit en juin, que l’agent d’OpenAI avait « accédé sans autorisation » à des fichiers publics et non publics sur le portail public du service de rapports statistiques de Medicare, le service de sécurité sociale australien, mais qu’il semblait qu’aucune donnée personnelle n’avait été consultée.
Il a souligné s’être entretenu au téléphone avec le PDG d’OpenAI, Sam Altman, « afin d’exprimer la profonde inquiétude de l’Australie face à cet incident ». Il lui a également fait part de sa « déception » que l’entreprise « ait mis beaucoup trop de temps à informer le gouvernement de ce qui s’était passé, et que la manière dont cette notification a été effectuée était tout aussi inacceptable ».
L’incident remonte en effet au 18 juin dernier, mais l’entreprise n’a alerté Services Australia, l’autorité en charge de la sécurité sociale australienne, que le 10 septembre, par simple e-mail. Le 15, Services Australia alertait à son tour le Cyber Security Centre de l’Australian Signals Directorate (ASD, la NSA australienne).
Contacté par TechCrunch, OpenAI précise n’avoir découvert l’incident qu’au mois d’août, dans le cadre d’un examen plus large portant sur des agents présentant des comportements inattendus, faisant probablement suite à la cyberattaque de Hugging Face par un essaim d’agents d’OpenAI en juillet dernier.
Anthony Albanese a aussi annoncé la création d’un groupe de travail chargé de mener un examen « urgent et immédiat » de cet incident afin de déterminer si les processus existants « sont adaptés pour répondre aux incidents cybernétiques liés à l’IA ». Une enquête judiciaire menée avec le concours de l’ASD est également en cours, notamment pour déterminer quels autres systèmes gouvernementaux pourraient avoir été touchés.
Dans un communiqué, OpenAI explique avoir constaté une activité impliquant plusieurs sites web et services du gouvernement australien, « alors que nos modèles tentaient de rechercher des réponses et des statistiques disponibles concernant l’Australie dans le cadre d’une évaluation interne. Ce faisant, nos modèles ont pris des mesures que nous n’avions pas prévues ».
« Notre examen n’a révélé aucune preuve d’accès aux dossiers des patients », poursuit-il ; les informations consultées comprenaient des statistiques de santé agrégées et des noms de fichiers internes. OpenAI précise avoir informé les organisations concernées et leur fournir des informations techniques afin de les aider dans leurs enquêtes et remédier aux éventuelles failles de sécurité.
Le Cyber Security Centre de l’Australian Signals Directorate vient pour sa part de publier une alerte consacrée aux « risques liés au désalignement de l’IA pour les organisations australiennes », évoquant des agents IA ayant entrepris des « actions inattendues qui n’étaient ni prévues ni autorisées par leurs opérateurs » :
« Dans l’un de ces scénarios, l’agent IA a identifié de manière autonome des vulnérabilités et a tenté de poursuivre ses actions sans autorisation humaine directe afin de s’assurer qu’il serait en mesure d’accomplir la tâche qui lui avait été confiée. »
L’ASD précise toutefois que « les contrôles de cybersécurité mis en place sur les sites web et services publics des entités ont limité sa capacité à mener à bien la tâche qui lui avait été assignée ». Si « rien n’indique que cette activité constitue une menace plus large ou un acte malveillant visant l’Australie », l’alerte « souligne néanmoins l’importance de mettre en œuvre des pratiques de déploiement sécurisées de l’IA et de maintenir des principes fondamentaux solides en matière de cybersécurité ».
Classée « high » et adressée à toutes les organisations australiennes disposant de sites web ou d’applications accessibles au grand public, l’alerte de la NSA australienne a fait un bide sur X.com. Plusieurs professionnels de la cybersécurité l’y ont en effet brocardé au motif que le « site gouvernemental » n’avait rien de critique, que l’alerte « high » s’adresse aussi et étrangement aux individus et aux familles, et qu’elle contribue à la « fatigue » qu’éprouvent les équipes de cybersécurité au sujet de ce type de menaces surmédiatisées.



Cette annonce intervient en effet alors que, la semaine passée, OpenAI rendait publics six autres exemples d’agents IA « désalignés ». Des chercheurs de Transluce, Corridor et du MIT viennent par ailleurs d’en découvrir trois autres.
En août, nous relevions la sortie d’un drôle d’oiseau : TMOG. Ce gestionnaire de tâches, semblable à ce que l’on peut trouver dans Windows 11, a été développé par Dave Plummer, ancien ingénieur chez Microsoft qui a notamment travaillé sur Windows NT 4.0. Surtout, il est l’auteur du premier gestionnaire des tâches il y a 30 ans.
La première version de son outil était dédiée à macOS. Dave Plummer estimait en effet que le moniteur d’activité du système d’Apple n’était pas digne de la plateforme. Il évoquait alors un code totalement natif, partant d’un cœur en C++ pour effectuer les mesures et d’un enrobage fait de Swift et AppKit. Dans notre prise en main, nous notions la grande fluidité de l’ensemble. Des versions Windows et Linux étaient également prévues.
Elles viennent d’être lancées, respectivement les 23 et 24 septembre. L’orientation générale de l’application n’a pas changé. Le cœur C++ reste le même, mais les technologies changent selon la plateforme utilisée, toujours dans l’idée : Win32 et Direct2D sur Windows, Qt6 sur Linux.

Contrairement à la bêta de l’application disponible cet été, il s’agit désormais d’une mouture 1.0.0 finale avec plusieurs traductions, dont le français. Sur les trois plateformes, l’interface est soignée et particulièrement réactive.
Trop peut-être, l’auteur ayant choisi de montrer les capacités de son application avec une fréquence de rafraîchissement élevée par défaut dans les mesures et leur rendu. TMOG peut donner une petite impression de « sapin de Noël » au premier abord, mais les options permettent de modifier finement les délais de mesures et rafraichissements. Ce point n’est pas anodin, un gestionnaire des tâches prélevant des ressources pour son fonctionnement.


Les fonctions proposées sont à peu près les mêmes sur les trois plateformes. Pour rappel, l’application propose plusieurs thèmes pour personnaliser les couleurs, ainsi qu’une jauge de saturation. Avec cette version 1.0, on note l’arrivée d’un « enregistreur de vol », qui permet d’enregistrer l’activité de la machine pendant un temps prédéfini. Cette fonction est cependant réservée à la licence Pro.
Dans sa forme gratuite en effet, TMOG fournit globalement les mêmes fonctions que pendant la bêta. Mais dans la colonne latérale, on trouve maintenant une section « PRO » avec plusieurs nouveaux onglets : Puissance et fréquence, Enregistreur de vol, Connexions, Apps installées, Pilotes, Espace disque et Benchmarks. La licence Pro est vendue 39,95 dollars « à vie », donc sans abonnement. Les versions gratuites peuvent être téléchargées depuis le site officiel.
La bêta publique d’Ubuntu 26.10, alias Stonking Stingray, devait arriver le 24 septembre. Elle a finalement été reportée au 1ᵉʳ octobre, comme l’indique le développeur Matthieu Clemenceau de Canonical : « En raison de problèmes d’infrastructure imprévus, la bêta Ubuntu 26.10 Stonking Stingray sera retardée d’une semaine et est désormais prévue pour le 1er octobre ».
Les personnes intéressées par la nouvelle version de la distribution devront donc prendre encore un peu leur mal en patience, à moins de passer par les versions intérimaires de développement (snapshots), un peu plus « brutes ». Étonnamment, Matthieu Clemenceau indique que la date de la sortie finale ne change pas et reste fixée au 15 octobre. Ce qui signifie à peine deux semaines pour tester les nouveautés d’Ubuntu 26.10.
Or, ces nouveautés sont nombreuses, avec des implications techniques parfois importantes. Canonical a par exemple décidé très récemment de lâcher le noyau Linux 7.2 au profit de la version 7.3, qui n’est pas encore finalisée. Outre l’utilisation de GNOME 51 (qui, lui, est finalisé), Stonking Stingray boucle aussi le passage à Rust pour ses Coreutils. On se souvient qu’Ubuntu 25.10 avait introduit les premiers outils en Rust il y a un an, en commençant par sudo-rs. La transition s’achèvera ainsi avec les outils cp, mv et rm.
Nos confrères d’OMGUbuntu ont également découvert un ajout de dernière minute dans les fonctions liées à l’interface : l’outil de « tiling » affiche une zone de dépôt quand on accroche une fenêtre et qu’on la déplace. Cette zone s’affiche en haut de l’écran et propose plusieurs modèles.

Cet outil, largement repris de Windows 11, permet d’organiser rapidement plusieurs fenêtres selon des dispositions déjà établies. Si on lâche par exemple une fenêtre dans la grille composée de quatre éléments disposés en carré, Ubuntu propose automatiquement de compléter la formation en choisissant des fenêtres supplémentaires.
Ce fonctionnement vient compléter celui existant depuis 2023 et qui ne disparait pas pour autant : on peut déplacer une fenêtre vers un bord ou un coin de l’écran pour lui faire adopter rapidement la forme voulue. Un fonctionnement là aussi popularisé par Windows et repris depuis dans d’autres systèmes, notamment macOS.
Nos confrères notent cependant qu’il y a pour l’instant un grand absent : contrairement à Windows 11, Ubuntu 26.10 n’a pas encore de réglage permettant de désactiver la zone de dépôt en haut de l’écran. On peut s’attendre à ce qu’une telle option apparaisse, car son affichage obligatoire pourrait faire grincer quelques dents. OMGUbuntu observe quand même que l’on peut accéder à cette option, à condition de passer par un outil tiers comme Extensions Manager. Le site regrette également que les dispositions proposées se contentent de deux colonnes.
Lancé au printemps, le jeu WikiMasters a déclenché un phénomène viral sur le web francophone, jusqu’à attirer 215 000 utilisateurs quotidiens selon son créateur. Son principe, associé à des options payantes, est d’une efficacité redoutable : il transforme les fiches Wikipédia en cartes à collectionner, que les joueurs peuvent échanger, vendre ou utiliser pour s’affronter sur des QCM de culture générale.
J’hésite encore entre collectionner les villages de la Manche, les représentants de la dynastie des Capétiens, ou les entrées du tableau périodique des éléments. Les premiers sont sans doute plus faciles à acheter aux enchères que les dernières, mais bon, je ne suis pas breton normand… Voilà le genre de dilemme cornélien auquel sont confrontés les joueurs de WikiMasters, le nouveau jeu de cartes à collectionner qui fait l’objet d’une diffusion virale assez exceptionnelle depuis quelques jours sur le web francophone.

Le principe ? WikiMasters fait de chaque fiche de la Wikipédia francophone une carte à collectionner. Chaque carte dispose de valeurs d’attaque et de défense ainsi que d’un indice de rareté, déterminés à partir des statistiques de l’article Wikipédia correspondant : plus la fiche source est consultée, et plus sa valeur virtuelle augmente. Un obscur diplomate polonais devient une carte commune, tandis que la Lune, AC/DC ou Un indien dans la ville deviennent des cartes légendaires.

Pour alimenter sa collection, le joueur dispose d’un booster de cinq cartes offert toutes les dix minutes, avec la possibilité d’empiler jusqu’à dix paquets en cas d’absence. Les cartes peuvent ensuite être mises à profit pour créer des « vitrines », illustrant par exemple une collection thématique.
Elles peuvent aussi, et surtout, être échangées, défaussées ou vendues aux enchères, grâce à une monnaie virtuelle, le « wikibidou ». La plateforme propose enfin un système de guildes et une mécanique de bataille, qui permet d’affronter un autre joueur sur la base de questions (QCM) élaborées à partir du contenu de la fiche Wikipédia associée à la carte mise en jeu.
Lancé en mars dernier, WikiMasters a vécu dans un anonymat relatif jusqu’à ce que sa viralité explose, notamment grâce à plusieurs sessions de jeu diffusées en direct par des streamers populaires à l’occasion du ZEvent, le célèbre marathon caritatif diffusé sur Twitch début septembre. Depuis, les nouveaux adeptes affluent, ce qui ne va pas sans provoquer quelques ralentissements au niveau de l’hébergement du jeu.
« On a atteint environ 215 000 utilisateurs actifs par jour dans la dernière semaine, nous confie Naïm Ouellet, le développeur québécois à l’origine de WikiMasters, qui entend bien surfer sur la vague de cette popularité grandissante. En ce moment on galère à tout mettre à l’échelle, mais une fois le jeu stable, on compte bien développer une appli native et traduire le jeu dans plusieurs langues. » En attendant, le site souffre encore de quelques lacunes, à commencer par l’absence de mentions légales.
Animée pour l’instant par deux développeurs, l’équipe en charge du projet semble néanmoins partie pour se développer. Sur LinkedIn, Naïm Ouellet indique recruter jusqu’à quatre personnes, deux développeurs, un chargé de projet et un gestionnaire de communauté, ce qui atteste que l’activité dégage un chiffre d’affaires prometteur.
WikiMasters dispose en effet d’un modèle économique. L’inscription et l’accès au jeu sont gratuits, mais le site propose un abonnement Pro facturé 9,99 dollars canadiens (environ 6,5 euros) par mois, qui permet d’augmenter la fréquence d’apparition de nouveaux boosters, la rareté des cartes piochées, ainsi que le nombre de batailles ou d’enchères possibles par jour. Il offre également l’accès à un historique des ventes de cartes sur le marché, et des statistiques supplémentaires sur la rareté des cartes. En parallèle, le jeu propose également à la vente sa monnaie virtuelle, à hauteur de 4,99 dollars canadiens les 2 500 WikiBidous.

Les mécaniques commerciales n’ont rien d’inédit : elles sont typiques de la logique des loot boxes (coffres à butin) que connaissent bien les amateurs de jeu free-to-play, et notamment de cartes à collectionner, dans la droite ligne des jeux gacha venus du Japon.
WikiMasters n’est d’ailleurs pas le premier à exploiter le filon. Il existe un précédent, justement baptisé Wikigacha, qui semble avoir été lancé quelques semaines plus tôt, en février 2026. Et il ne sera probablement pas le dernier : un certain Wiki-pick vient ainsi de faire son apparition, avec une promesse très proche (pour ne pas dire identique) et un nom de domaine enregistré le 12 septembre dernier.
Pour alimenter leurs services, tous ces jeux exploitent les API (interfaces de programmation) mises à disposition par Wikipédia afin de faciliter la circulation du savoir. Chez WikiMasters, on affiche un éventail de quelque 2,7 millions de fiches, régulièrement actualisé pour générer de nouveaux drops de cartes. Une carte qui était commune en août peut ainsi devenir légendaire en septembre, si la fiche associée a connu un pic de trafic, en raison par exemple de l’actualité.
Le site semble à première vue respecter les conditions d’utilisation, ou plutôt de réutilisation, fixées par Wikipédia. L’encyclopédie diffuse pour mémoire ses contenus sous licence CC-BY-SA, qui autorise le partage à l’identique avec attribution. Les cartes WikiMaster n’affichent qu’un extrait du texte de la fiche concernée, proposent un lien direct, et mentionnent systématiquement la licence. Les puristes noteront peut-être que les visuels et photos sont quant à eux affichés sans mention directe de la licence associée (parfois plus spécifique que la licence globalement appliquée aux textes).
Wikipédia tient à jour une liste des jeux qui exploitent son contenu, parmi lesquels quelques incontournables, comme Pédantix, Wikitrivia ou Factle, qui sont développés par des contributeurs dans un esprit de valorisation du savoir et sans logique marchande.
Quid de Wikimasters (ajouté le 2 septembre dernier sur la page en question) ? « Sur le principe, on est ouvert à toutes les formes de réutilisations des contenus des projets Wikimedia, c’est ce que permet la licence. Cela permet effectivement d’accroître la diffusion du savoir », nous répond l’association Wikimédia France, qui indique toutefois n’avoir pas encore étudié spécifiquement ce cas et les nouvelles questions qu’il soulève en matière de respect précis de la licence.
Dans le Discord communautaire du Wikipédia francophone, on observe que la contagion a déjà gagné certains contributeurs de l’encyclopédie, avec pour certains une quête un peu particulière : mettre la main sur la carte des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

Fin juin 2026, plus d’un million de cartes SIM 2G étaient encore actives dans des smartphones et des tablettes 2G compatibles 2G seulement. Il y en avait aussi plus de 600 000 pour des communications Machine to Machine. Problème, dans trois mois la 2G sera définitivement éteinte. Il faut aussi préparer la fin de la 3G pour 2028/2029.
C’est acté depuis bien longtemps : la 2G tire sa révérence en France cette année. Orange a fermé ses premiers sites en mars dans le Sud-Ouest et a continué avec les départements 64, 47, 46, 32, 65, 31, 82 et 09.
Place maintenant à la généralisation sur l’ensemble du territoire avec une extinction totale fin 2026 chez Orange. Les autres opérateurs suivent quasiment le même calendrier.
SFR a prévu d’arrêter sa 2G le 15 novembre 2026, et c’est aussi à cette date que Bouygues Telecom débutera par Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, avant de généraliser en décembre. Free n’a, pour rappel, pas de réseau 2G en propre et passe par un contrat d’itinérance avec Orange.
Bref, fin 2026 – c’est-à-dire dans à peine trois mois –, la 2G ne sera plus qu’un souvenir chez les quatre opérateurs nationaux. Mais qu’en est-il chez les utilisateurs ?
Depuis plusieurs trimestres, l’Arcep tient à jour un observatoire des cartes SIM utilisées dans les terminaux compatibles uniquement avec la 2G et la 3G. Fin juin 2026, elles étaient encore 1,91 million dans des terminaux pour les particuliers.

1,06 million de cartes SIM sont dans des téléphones mobiles et des tablettes uniquement compatibles avec la 2G ; elles seront donc inutilisables fin 2026 chez l’ensemble des opérateurs. Un an auparavant, il y avait 1,63 million de cartes SIM en circulation.
Depuis trois trimestres, le rythme est aux alentours de 150 000 à 200 000 cartes SIM 2G en moins. La baisse entre juin et septembre 2025 était moins importante avec 60 000 cartes seulement. Avec le rythme moyen des trois derniers trimestres (56 000 SIM par mois), il faudrait encore un an et demi pour éradiquer les dernières cartes… alors qu’il ne reste que trois mois pour les plus chanceux.
Qu’en est-il de la 3G ? Son extinction est aussi programmée : 2028 chez Orange (et même chose pour Free Mobile), fin 2028 pour SFR et fin 2029 pour Bouygues Telecom qui devrait donc la maintenir un an de plus que ses concurrents.
Le parc des terminaux compatibles avec la 3G et la 2G uniquement est encore de 0,85 million à fin juin 2026, contre 1,07 million un an auparavant, toujours uniquement pour les smartphones et tablettes du grand public.
Là encore les baisses restent relativement régulières depuis trois trimestres avec 67 000 terminaux de moins par trimestre, soit 22 000 environ par mois. Avec encore 0,85 million en circulation, cela donnerait un peu plus de trois ans pour arriver à 0 au rythme actuel. Problème, la 3G sera arrêtée avant chez Orange, Free et SFR, seul Bouygues Telecom devrait encore avoir de la 3G, du moins selon les prévisions actuelles.

On ne parle ici que des cartes SIM pour les appels, voix et Internet dans les tablettes et les smartphones, mais il y a aussi le M2M (Machine to Machine). Attention, l’Arcep précise que cela ne concerne pas les « cartes SIM montées par les constructeurs automobiles dans les véhicules ».

Fin juin, il restait encore 620 000 cartes SIM 2G en circulation et 1,39 million de cartes SIM 2G/3G. On retrouve des cartes M2M dans de nombreuses industries : alarmes, téléassistance, transport, services de l’eau, ascenseurs… Pour ces derniers, un décret a été publié en mars pour « garantir la sécurité des ascenseurs », avec notamment un contrôle technique renforcé.
Au total, cela fait donc 1,7 million de cartes SIM encore en circulation à fin juin 2026, si on prend celles du grand public et du M2M. Pour le grand public, cela passe par l’achat d’un nouveau téléphone mobile. Pour les équipements M2M, par le changement (souvent coûteux) du modem au moins. Il existe parfois des solutions intermédiaires avec des « kits de migration », mais encore faut-il qu’il en existe pour votre matériel.
Et ne comptez pas trouver des adaptateurs 4G/5G vers 3G en France. Les fréquences sont attribuées aux opérateurs qui ont payé cher pour en avoir un usage exclusif. Les fréquences libérées avec l’arrêt de la 2G sont d’ailleurs réutilisées pour augmenter la bande passante d’autres technologies de téléphonie mobile.
Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.
La course à la publication coûte que coûte dans le milieu de la recherche s’intensifie encore avec l’utilisation généralisée de l’IA générative. Pour nombre de chercheuses et chercheurs, le travail consiste à mettre en ligne quelques articles issus de leurs travaux de recherche par an au maximum. Mais on peut voir sur le profil Google Scholar de Nicholas Polson, statisticien bayésien de l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, que celui-ci en a signé plus de 200 depuis le début de l’année, comme le soulignait sur X déjà mi-aout Auyon Siddiq, chercheur à l’université de Californie (UCLA), .
La plupart des articles listés sur son profil ont été mis en ligne sur la plateforme de prépublications scientifiques SSRN. Cette plateforme a été lancée en 1994, quelques années après la pionnière du genre, arXiv, et a été rachetée en 2016 par Elsevier.
« D’après mes calculs, basés sur sa page SSRN, Nicholas Polson a déjà rédigé 258 working papers rien qu’en 2026. Il a déjà rédigé (ou du moins publié sur SSRN) six articles aujourd’hui, le 26 août 2026. Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé », expliquait l’économiste de l’université de Central Arkansas, Jeremy Horpedahl, dans un billet de blog.
« Il s’agit probablement, à des degrés divers, de slops générés par IA, mais contrairement à beaucoup de ce genre de contenu, celui-ci recèle sans doute une réelle valeur. Ce que je n’ai pas encore pu vérifier, c’est si une partie de ce contenu a fait l’objet d’une vérification, d’une analyse ou d’une sélection rigoureuse de la part de l’auteur », ajoutait Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson.
Interrogé par le Washington Post, Nicholas Polson assume utiliser l’IA générative pour plus de productivité : « il est évident que l’IA rend un chercheur productif encore plus productif ». Il ajoute qu’ « une grande partie du travail fastidieux est grandement simplifiée ». Et il a, selon nos confrères, laissé entendre que ces plaintes étaient motivées par « la jalousie et l’envie de s’approprier ma méthode. Mais qui sait ? ».
Depuis que plusieurs de ses confrères ont pointé du doigt ce nombre prolifique, plus aucun article récent de Nicholas Polson n’est accessible sur SSRN. Par exemple, la page de l’article titré « Over-parameterization in Statistical Genomics » et listé sur son profil Google Scholar affiche maintenant : « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur, de SSRN ou du titulaire des droits ». Son profil sur la plateforme ne liste plus que des articles mis en ligne avant octobre 2018.
Plusieurs chercheurs ont souligné que les articles de Nicholas Polson ne faisaient pas mention d’utilisation de l’IA. Mais la plateforme souligne que « s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation. […] Le problème le plus important résidait dans l’activité inhabituelle en matière de soumission d’articles ». Elle indique que le statisticien s’était aventuré dans des champs dont il n’est pas spécialiste, bien que la plupart des articles y restaient.
« Ce n’est pas seulement une question de volume, mais aussi de diversité des thèmes abordés et de la manière dont ils se distinguent de ses œuvres précédentes », insiste Auyon Siddiq interrogé par nos confrères.
Le gestionnaire de mots de passe KeePass XC est une variante multiplateforme de KeePass, avec comme objectif une plus grande richesse fonctionnelle de base, sans passer par des plugins. La version 2.8, en préparation et dont une bêta vient de paraitre, s’annonce déjà comme une mouture majeure.
KeePass XC 2.8 bénéficie en effet d’un portage vers Qt 6, avec à la clé une modernisation de son interface et de ses intégrations dans les différentes plateformes prises en charge. Parmi les améliorations, on note surtout l’arrivée de l’auto-remplissage (fonction Auto-Type) pour les sessions Wayland, c’est-à-dire la capacité à insérer rapidement un identifiant et un mot de passe dans la fenêtre d’une application.

L’ajout est majeur, car Wayland ne permet plus « d’espionner » simplement une fenêtre active pour savoir si elle présente des champs d’authentification. La compatibilité annoncée va se faire à travers les portails XDG, ce qui revient à demander l’autorisation à Wayland d’examiner la fenêtre et d’y insérer des informations. L’équipe de KeePass XC avertit que ce support dépend pour l’instant de l’environnement choisi : support complet pour KDE 6.6 +, initial pour GNOME 48 + et dépendant du support des portails XDG dans les autres (Sway, Hyprland, labwc…).
Les autres améliorations sont nombreuses, avec par exemple l’arrivée d’une version compilée nativement pour les systèmes Windows ARM64 (y compris pour la version portable), une meilleure intégration sur Linux via l’AppImage, la possibilité de montrer des suggestions quand on ajoute des attributs, le support des clés d’accès (passkeys) dans les statistiques, la synchronisation des bases de données distantes via des outils tiers, des raccourcis clavier personnalisables ou encore le déverrouillage rapide sur macOS et Linux, respectivement via le mot de passe et Polkit. Enfin, plusieurs vulnérabilités ont été corrigées.
Pour les utilisateurs aventureux, le téléchargement de cette première bêta peut se faire depuis l’annonce officielle.
Depuis plusieurs années maintenant, l’Afnic (organisme en charge des noms de domaine en .fr) organise des rencontres juridiques. C’est l’occasion de faire le point sur les demandes de blocages, les abus et de parler d’un nouvel arrivant : l’IA générative. Next était présent.
Premier point abordé, son dispositif FR Check qui vérifie certains noms de domaine lors des demandes d’enregistrement. C’est le cas pour ceux qui ont été précédemment supprimés par l’Afnic, qui ont un email de contact invalide, un code pays non éligible (en dehors de l’UE, de l’EEE et de la Suisse) et enfin contenant « gouv » car ils présentent un risque important de phishing.



C’est un premier tri à l’entrée, mais cela n’empêche évidemment pas des petits malins de passer entre les mailles du filet, avec un qouv.fr par exemple. Les procédures de vérification au fil du temps et de signalement restent donc indispensables.
L’une des procédures fétiches de l’Afnic est la vérification des données du titulaire. En cas de défaut, cela peut entrainer la suppression du nom de domaine, mais aussi de l’ensemble du portefeuille des noms de domaine du titulaire ; un bel exemple de l’effet boule de neige. Prochainement, France Transfert sera utilisé pour lui envoyer des documents.
Elon Musk peut compter sur l’administration Trump, dont il est très proche, pour des coups de main. Le dernier en date concerne l’épineux dossier de l’amende de 120 millions d’euros infligée à X qui a enfreint le règlement sur les services numériques. Les États-Unis veulent avoir leur mot à dire durant la procédure menée devant le Tribunal de l’Union européenne.
En décembre 2025, la Commission européenne infligeait la première amende au titre du règlement sur les services numériques (DSA) : 120 millions d’euros contre X, pour manquements à ses obligations de transparence. Le réseau social d’Elon Musk a depuis proposé un plan de conformité, validé par Bruxelles mi-juillet.
En parallèle, l’entreprise mène une procédure pour obtenir gain de cause auprès du Tribunal de l’Union européenne, où un recours a été déposé le 16 février dernier. X cherche à faire annuler la décision de la Commission et l’amende. L’entreprise a obtenu le renfort de l’administration Trump, qui a déposé devant ce même Tribunal une demande d’intervention au soutien du recours de X, comme le rapporte Bloomberg.
« La Commission européenne a tenté, de manière injustifiée, d’étendre son pouvoir réglementaire à des entreprises américaines qui ne sont ni présentes ni actives sur le territoire relevant de sa compétence », selon Brett Shumate, procureur général adjoint chargé de la division civile du ministère américain de la Justice. Il ajoute que le gouvernement US « ne tolèrera pas que la Commission européenne outrepasse ses pouvoirs réglementaires pour tenter de contrôler les moteurs américains de l’innovation et de la croissance économique. »
Si le Tribunal accepte cette demande, les États-Unis deviendront partie intervenante dans la procédure. Les autorités américaines pourront consulter les pièces du dossier, déposer un mémoire pour exposer leurs arguments juridiques, ou même participer à une éventuelle audience.
L’affaire est, bien sûr, hautement politique. Cette amende de 120 millions est devenue une pomme de discorde entre Washington et Bruxelles. Les critiques ont fusé de l’autre côté de l’Atlantique. Le jour de la décision, le secrétaire d’État Marco Rubio a ainsi qualifié la sanction d’attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et contre le peuple américain, et même une tentative de « censurer les Américains », rien de moins.
L’administration a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux produits européens, et imposé des restrictions de visa à cinq Européens – dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton – accusés de participer à cette fameuse « censure » des plateformes US.
En février, les autorités américaines ont ordonné à leurs diplomates de « s’opposer aux réglementations inutilement contraignantes, telles que les obligations de localisation des données » comme le RGPD. L’ambiance est glaciale entre les deux blocs.
Mistral AI intègre désormais le modèle d’origine chinoise GLM 5.3 à son assistant dédié au code, et annonce le proposer par défaut dans la version Web de ce dernier. La décision fait réagir de nombreux commentateurs, qui s’interrogent sur la stratégie à long terme de l’entreprise. La discussion qui en découle prend un tour très politique.
Mistral AI persiste et signe. L’entreprise, qui proposait déjà à ses clients d’utiliser le modèle à poids ouvert d’origine chinoise GLM 5.2, a annoncé le 21 septembre dernier une intégration renforcée de la version suivante, GLM 5.3, distribuée à partir de ses propres infrastructures.
« GLM 5.3, hébergé sur Mistral, est maintenant dans Vibe Code, et l’option par défaut dans l’application Web. Fenêtre de contexte [de 1 million de tokens] et limites généreuses incluses », se réjouit Mistral sur X.
En réponse à des questions d’internautes, Mistral explique que GLM 5.3 a vocation à devenir le modèle par défaut pour Vibe Code, que ce soit via l’extension VS Code, le client en ligne de commande ou la version Web. « Le mode Work de la version Web va lui aussi passer à GLM 5.3 », précise encore l’entreprise.
Jusqu’ici, Mistral proposait bien les modèles GLM de Z.ai, hébergés par ses soins, comme une alternative à ses propres outils, mais ce sont les modèles généralistes maison, principalement Mistral Medium 3.5 et Mistral Large 3, qui servaient par défaut les requêtes.
En mode API (facturation à l’usage), GLM 5.3 se paie le luxe d’être plus compétitif que les modèles maison. Hors option de type priorité ou inférence régionale garantie, Mistral le facture ainsi 1,4 dollar le million de tokens en entrée, 0,14 dollar pour l’écriture en cache et 4,4 dollars en sortie. En face, Mistral Medium 3.5 est affiché à 1,5 dollar en entrée, 0,15 dollar l’écriture en cache et surtout 7,5 dollars en sortie.

Mistral AI aurait-elle décidé de saborder ses propres modèles ? Sur X, c’est la conclusion à laquelle sautent un certain nombre de commentateurs, qui voient dans cette annonce une forme de renoncement à l’ambition de proposer des modèles frontière développés en propre, et la confirmation d’une bascule stratégique.
Pour ces derniers, Mistral avouerait tacitement ne plus être le champion européen de l’IA tant vanté par les médias et les politiques, mais un simple revendeur d’inférence, doublé d’un intégrateur à la façon d’une entreprise de services numériques. « Mistral est finito et condamné à devenir un Capgemini de l’IA Européenne, c’est triste », résume un anonyme sur X.
Si l’annonce liée à GLM 5.3 relance une salve de critiques, la position de Mistral sur le sujet n’est pas nouvelle. L’entreprise parisienne défend en effet de longue date l’idée selon laquelle la souveraineté en matière d’IA n’est pas liée à l’origine du modèle, mais plutôt au contrôle du déploiement de ce dernier et des infrastructures associées. Et c’est justement parce que Mistral a elle-même développé des modèles ouverts de pointe que l’entreprise s’estime bien placée pour mener cette démarche, qui motive ses lourds investissements en infrastructures, notamment en France et en Suède.
Mistral a une nouvelle fois soutenu cette vision dans un billet de blog publié au cœur de l’été, quand elle a commencé à héberger et distribuer GLM 5.2. « Ce modèle ouvert, ainsi que les modèles ouverts futurs, fonctionneront sur la même infrastructure, les mêmes contrôles régionaux et les mêmes engagements de service que les modèles Mistral, permettant ainsi aux clients d’élargir leur choix de modèles sans fragmenter l’emplacement d’exécution de leur IA », écrivait alors l’entreprise.
Cette orientation se justifie donc, selon Mistral, par la nécessité qu’ont ou qu’auront les entreprises de recourir non pas à un unique modèle bon à tout faire, mais à une combinaison de modèles plus spécialisés, comme ceux qu’elle développe en matière d’OCR (reconnaissance de caractère et extraction de documents), de transcription, ou de modération.
Mistral assumait alors son virage vers une stratégie dite de neocloud, c’est-à-dire de mise à disposition de capacités d’inférence. Elle en faisait même l’un des moteurs de son développement, en expliquant que c’était grâce aux engagements d’achats pluriannuels de ses clients qu’elle pourrait former, avec eux, une « coalition pour garantir une capacité de calcul européenne en IA à long terme », avec un objectif fixé à un équivalent de 1 GW de puissance de calcul à horizon 2030.
Les utilisateurs de lunettes Meta pourront refuser de partager des extraits vidéo enregistrés par leurs montures pour entraîner l’IA de l’entreprise. Les images ne seront plus, non plus, susceptibles d’être utilisées par des sous-traitants pour les annoter. L’affaire avait fait grand bruit début mars, quand une enquête avait levé un coin du voile sur l’exploitation des données des lunettes par des data workers kényans.

Les petites mains tombaient parfois sur des images et des discussions intimes, embarrassantes ou confidentielles des utilisateurs de ces appareils. Meta explique dans les conditions d’utilisation de son assistant IA que « dans certains cas », l’entreprise peut examiner les interactions avec les IA, « y compris le contenu de vos conversations avec les IA ou des messages adressés aux IA, de façon automatisée ou manuelle (par un examinateur humain) ».
Alors que les lunettes connectées de Meta ont gagné le surnom peu glorieux de « pervert glasses », le géant des réseaux sociaux fait donc un geste. Il permettra de refuser l’exploitation des « données visuelles » pour l’entraînement de ses modèles d’intelligence artificielle, a-t-il indiqué à Engadget. Les images ne seront pas non plus montrées à des sous-traitants.
« Si vous avez refusé que vos données soient utilisées et que vous demandez à vos lunettes de traduire un menu, nous utiliserons vos données visuelles pour répondre à votre demande, puis elles seront supprimées », assure Meta. « Elles ne sont pas utilisées pour l’entraînement de l’IA et personne ne les examine dans le but d’améliorer le produit. »
Cette fonction, désactivée par défaut, donnera au moins une possibilité à l’utilisateur de refuser que ses vidéos puissent être vues par des étrangers. La mise en œuvre de l’option reste une inconnue : s’il s’agit d’un réglage au libellé incompréhensible planqué en bout de liste tout au fond d’un sous-sous-menu, ça ne servira pas à grand chose.
Il y a deux semaines, la CNIL du land de Hambourg, en Allemagne, avait estimé que les lunettes Meta posaient de sérieux problèmes de respect de la vie privée en Europe. En France, le parquet de Paris a ouvert une enquête suite à des plaintes pour harcèlement sexuel lié à l’utilisation de ces appareils.
Meta a présenté cette semaine de nouveaux modèles sans caméra, uniquement audio. S’il sera évidemment impossible de filmer quoi que ce soit avec ces lunettes, elles ne résolvent pas la question de l’exploitation des interactions audio avec Meta AI – l’opt-out annoncé ne concerne en effet que les images.
La course à l’IA générative a créé une pénurie de mémoire RAM et de stockage SSD et leurs prix se sont envolés. Conséquence : en respectant le code des marchés publics, l’enseignement supérieur et la recherche français peinent à acheter de nouveaux matériels informatiques.
La croissance du nombre de data centers a entraîné une forte augmentation de la demande en mémoire et en stockage et mécaniquement une hausse des prix. Celle-ci a des effets importants sur la recherche française : Matinfo, le groupement d’achat de matériel informatique pour l’enseignement et la recherche (ESR), explique au personnel : « on en arrive à des situations de blocage ».
Ce groupement permet aux établissements français d’enseignement supérieur et de la recherche (universités mais aussi CNRS et autres institutions de recherche) de faire leurs achats de « matériel informatique, postes de travail, pilotage d’expérience ou serveurs » via un accord-cadre. Avec 250 établissements membres, en temps normal, celui-ci leur permet de bénéficier de tarifs « très avantageux » tout en respectant le code des marchés publics.
Le comité de suivi Matinfo a envoyé à ses membres un document rédigé le 18 septembre dernier, qu’a pu consulter Next, destiné à « toute personne faisant partie d’un établissement de l’enseignement supérieur et de la recherche français » qui explique les difficultés.
L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.
Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.
En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.
GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.
Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.